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Les cercles de lumières: les crop circles ne sont pas faits pour tourner en rond mais pour aller plus loin

Finis les aliens, place aux zombies. Cela n’empêche pas quelques exceptions (qui a cité Stranger Things?) et ne boudons pas notre plaisir, replongeons dans les crop circles qui servait de cœur à l’histoire développée par Makyo et Laval NG: Les cercles de lumière. Une triste histoire puisqu’elle ne fut pas finie. Delcourt publia le premier tome avant de s’en aller voir d’autres horizons et de laisser le récit incomplet. Dans son malheur, voilà que, quatre ans plus tard, les Éditions du Long Bec bouclent la boucle et publie l’intégralité du diptyque dans une intégrale qui vaut le détour.

Résumé de l’éditeur: Depuis plusieurs décennies, des figures géométriques complexes apparaissent dans des champs cultivés partout dans le monde, sans que l’on sache de manière irréfutable s’il s’agit de canulars ou de phénomènes paranormaux… Ces signes seraient-ils porteurs de messages provenant d’une « supra-intelligence » ? Gabrielle, membre d’un groupe de recherche sur ces mystérieux « agroglyphes », et sa sœur Murielle, après la mort de leur père, vont s’approcher au plus près des mystères de ces « crop circles »… Et Julia la fille de Gabrielle, semble être directement concernée…

 

 

 

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À force de témérité et de passion, bien plus que de calcul des risques et d’hésitations entre « je le fais – je le fais pas », la cigogne a des principes. Et elle fait bien de s’y tenir. En témoigne cette intégrale qui donne le fin mot de cette histoire restée incomplète avec 58 planches. Une histoire qui, de notre avis, aurait d’ailleurs dû sortir en un one-shot plutôt que de la diviser en deux. Soit, il a fallu du temps, mais voilà, nous pouvons enfin (re)découvrir le travail de Makyo et Laval NG (qui avaient déjà travaillé ensemble sur plusieurs tomes de Balade au bout du monde) dans son intégralité. Et ça vaut le détour.

Ainsi, nous entrons en premier contact avec Gabrielle et Murielle, deux sœurs. Murielle, écrivaine à ses heures, se nourrit des personnes qu’elle croise dans la réalité pour de potentiels romans. Cash, la jeune femme n’hésite pas à classer tous ceux qui l’entourent en deux catégories, les « ganglieux » et les généreux. Généreuse, Gabrielle l’est d’ailleurs sans aucun doute, professeure de math avenante, souriante et exaltée dès qu’on lui parle d’agroglyphes, ces dessins bizarres et intrigants qui prennent possession des champs sans que rien ne puisse expliquer leur apparition. Et si les deux sœurs sont complètement différentes, le lourd secret que renferme leur papa, fraîchement sorti d’un inextricable coma et qui se met à peindre des toiles qui en disent long sur le monde de demain, va les unir un peu plus, au présent comme pour les générations futures. La métamorphose de leur existence est en marche.

 

 

 

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Comment critiquer cette bande dessinée sans en dire de trop? En vous disant avant tout que la surprise est de taille et que les chemins balisés par les films et documentaires sur les crop circles ne sont pas vraiment employés ici. Notre monde est fait de trop de territoires inconnus que pour aller voir du côté du ciel et des vaisseaux spatiaux, même si Makyo laisse la porte entrouverte.

 

 

 

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Mais le scénariste frappe fort par son indéniable talent à faire du neuf en amenant des thèmes nouveaux et des enjeux actuels sur un thème vieux comme le monde. On flirte avec l’ésotérisme et le thriller, un peu avec l’héritage maya, beaucoup avec le drame familial, mais il est aussi plus que jamais question du lien humain et de l’importance de jouer collectif. Le dessin de Laval NG répond bien au scénario de Makyo, acquis à sa cause, onirique et bien ajusté. Un ouvrage aussi déroutant qu’essentiel.

 

Alexy Seny

 

Titre: Les cercles de lumière

Scénario: Makyo

Dessin: Laval NG (Fb)

Couleurs: Laval NG et Vincent Wagner

Genre: Fantastique, Thriller, Drame

Éditeur: Éditions du Long Bec (FB)

Nbre de pages: 128 (dont un dossier de contextualisation de 14 pages)

Prix: 23,50€



Publié le 27/10/2016.


Source : Bd-best


Arthus Trivium, t.2: cataclysme ésotérique et démoniaque au temps de Nostradamus

Après un premier tome qui nous propulsait à l’époque fantasmée de Nostradamus, entre magiciens et démons, Raule et Landa continue leur traversée de la France de Charles IX en provoquant le monde des ténèbres. Les deux auteurs se lâchent en explorant la fiction qui se cache derrière les prédictions vérifiées de Nostradamus. Trépidant, horrifique et haut de gamme.

Résumé de l’éditeur: Nostradamus et ses trois disciples devront recourir à la ruse et à la force brutale pour affronter les légions de morts-vivants prêts à dévorer la chair tendre du jeune roi Charles IX !

 

 

 

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Alors que le premier tome prenait le temps d’imposer ses personnages et son univers, voilà que tout s’accélère dans les « Trois magiciens ». Entre présent et passé de ce brave Michel de Nostredame, Raule et Landa en ont fini de préparer le terrain, place à l’action, aux chevauchées catastrophées et à la revanche des âmes en peine flouées et oubliées.


Tout refait surface et ça sent la poudre autant que le soufre dans la petite maison de Salon-de-Crau où Nostradamus pensait être en sécurité avec sa famille. Il ne pensait pas si bien (pré)dire et quand un roi s’invite entre les rats, l’aubaine est trop belle et les retrouvailles ont tôt fait de se transformer en prise d’otages aux mains (et aux os, surtout) de l’armée des ténèbres sous les ordres du Grand Zagan (pas Peter Zagan, hein!), le Seigneur de toute chose. Le mystérieux troisième magicien et les fidèles compagnons de Nostradamus arriveront-ils à tirer leur épée du jeu?

 

 

 

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Le premier tome était bien ficelé, le deuxième n’en est que plus grandiose. Le trop rare Juan Luis Landa dévore son récit de puissance et nous oppose frontalement à l’horreur à l’état pur. Épatant à chaque case. Et si l’effroi est palpable, Raule ne tremble pas et profite complètement de l’arme de destruction massive que lui offre le dessinateur. La fresque fantastico-historique n’en est qu’à ses débuts (et néanmoins la fin d’un premier diptyque) mais porte déjà le sceau des aventures épiques et au long cours.

 

Alexis Seny

 

Série: Arthus Trivium

Tome: 2 – Le troisième magicien

Scénario: Raule

Dessin et couleurs: Juan Luis Landa

Genre: Fantastique, Cape et épée

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 48 (+ cahier graphique de 8 pages)

Prix: 13,99€



Publié le 27/10/2016.


Source : Bd-best


Sambre tome 7, les débuts...

Bernard-Marie Sambre souffre chaque jour de cauchemars horribles. Il partage sa souffrance avec ses ancêtres aux yeux rouges. Bernard-Marie chaque jour reprend cette guerre des yeux écrite par son grand-père Hugo. Sa mère, Julie Saintange est partie sous un faux nom dans le Sussex. Elle est recueillie par sa belle-famille. Judith est dans un pensionnat où elle fait aussi des cauchemars. Contre une pièce, la petite fille montre son corps à Giuseppe pendant que Kazimir les espionne. Plus tard, elle qui ne sait pas se tenir est adoptée par la famille Belgrand de Polignac.

 

 

 

 

Un nouveau cycle

Il s’agit du premier tome d’un triptyque consacré à la troisième génération de la famille Sambre dans la série mère. Yslaire est seul à signer scénario et dessins. C’est la petite Judith qui prend le récit à son compte. Au lieu de profiter d’une famille aimante, elle se retrouve à la rue. Yslaire prend plaisir à nous montre ses héros sous leurs côtés de débauchés. Le trait est précis et le découpage rythmé. L’intrigue fascine même si les personnages son choquants.

Le plaisir est au rendez-vous malgré la menace qu’on sent peser. Et, on attend le prochain tome avec impatience.

Jean Jacobs

Sambre T7 Fleur de Pavé, 72 pages, Glénat Collection caractères, 15.50 €



Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Blood Red Lake de Christophe Bec et Renato Arlem: la fête était… mortelle

Résumé de l’éditeur: Danny et Nathan sont aux anges. Ils sont en route pour la méga fête de l’année et, cerise sur le gâteau, ils vont parcourir 1300 kilomètres en compagnie de la plus jolie fille du lycée et de sa copine. Une vraie aubaine pour les deux ados les plus ringards du lycée ! Sauf que d’horribles parasites vont s’inviter au voyage et venir gâcher la fête. Les réjouissances ne vont pas tarder à se transformer en massacre…

D’habitude, c’est en revenant des Spring Break’s enivré d’alcool, de drogue, de fatigue et de sexe, que le périple se fait dangereux. Pas de chance pour Danny et Nathan, Molly et Jenny, l’horreur semble bien décidée à s’inviter avant même la fiesta annoncée. Une météorite au loin, un routier vicelard, un autostoppeur accidenté, voilà les ingrédients qui font que l’histoire dérape. Et bien.

 

 

 

© Bec/Arlem chez Glénat

 

 

D’emblée, on se retrouve dans cette histoire imaginée par Christophe Bec (qui avait déjà signé Bikini Atoll et Sunlight dans la première salve) et Renato Arlem (le Brésilien qu’on connaît notamment pour certains épisodes de X-Men ou de X-Factor) comme on pousserait la porte nous menant vers l’univers des 80’s (dans l’armoire à disque, nous avions même pioché le Random Access Memories des Daft Punk et force est de constater qu’en BO de ce récit, ça fonctionne du tonnerre). Ambiance décontractée, et voilà que Danny et Nathan tirent des plans sur la comète (et des plans cul, surtout) à propos des incroyables sex-symbols qu’ils vont pouvoir convoyer jusqu’à Lake Tahoe. C’est sexiste, mais pas bien méchant non plus de la part de deux ados encore dans l’âge con, très teen movie et so eighties (entre Hitcher et Dahmer), sauf qu’ici les références sont celles The Walking Dead. So actual aussi, donc.

 

 

 

© Bec/Arlem chez Glénat

 

 

Puis le fantastique s’invite charriant son lot de réflexes hérités de survival. Des amants criminels, une épidémie insidieuse qui se répand comme le sida et qui transforme les humains en animaux jamais repus de sang et de carnage. Des humains comme les autres si ce n’est quelque chose dans le regard. C’est effrayant tout autant que tripant et exaltant, le scénario est sans prétention mais tout bonnement imparable et superbement mené tandis que Renato Arlem est simplement impressionnant. Dans Blood Red Lake, tout est prétexte à faire monter dans les tours une adrénaline qui ne demandait que ça.

 

Alexis Seny

 

Bec/Arlem, Glénat Comics, 128 pages, 14,95€.



Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Voyage au pays de la peur de Rodolphe et Dzialowski: huis clos en haute-mer entre icebergs et cauchemars

Résumé de l’éditeur: Chaque année, H. P. Lovecraft et d’autres collaborateurs réguliers à la revue Weird Tales se retrouvent pour se raconter des histoires terrifiantes. Invité à l’une de ces réunions, un certain Grogan Masson leur évoque l’histoire du Sphinx des Neiges. Parti à la découverte du Pôle Sud, ce navire avait été le théâtre d’événements étranges… Avaries, disparitions, mutinerie, épidémies, hystéries collectives, le voyage n’avait pas tardé à se transformer en véritable cauchemar. De tout l’équipage, Masson est le seul survivant.

 

 

 

Le port de l'angoisse n'était qu'un début... © rodolphe/dzialowski chez Glénat

 

 

Parmi les huis-clos les plus privilégiés, le bateau perdu en mer en est un on-ne-peut-plus privilégié. Mettez-y quelques personnages prêts à jouer à leur insu le rôle des dix petits nègres, saupoudrez l’océan de quelques icebergs et de beaucoup d’algues infranchissables, ajoutez-y quelques drôles de bestioles sanguinaires ainsi qu’une femme à bord, et vous obtiendrez le sinistre cocktail (salé comme il se doit) concocté par Rodolphe (l’excellent compère de Léo depuis un bon paquet d’années et outre une bibliographie impressionnante) et Dzialowski (dessinateur qui se promène entre la patrouille de France et Batman).

 

 

 

© rodolphe/dzialowski chez Glénat

 

 

Contant cette aventure en territoire horrifique comme si HP Lovecraft avait pu lui-même la raconter, les deux auteurs n’ont pas peur de la comparaison et mènent leur barque (si l’on peut dire) admirablement, évitant (au contraire de leur pauvre équipage) le fracas des lames de fond. Voyage au pays de la peur est généreux tout en contenant ses effets fantastiques et en les utilisant à bon escient. Et la fin, inextricable et ouverte, ne vient que renforcer le malaise du lecteur.

 

Alexis Seny

 

Rodolphe/Dzialowski, Glénat, 128 pages, 14,95€.



Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Le comics à la française se défend bec et ongles et… flesh and bones!

Flesh and bones, en français, ça veut dire chair et os. On a fait de cette expression, une série, et voilà que Flesh and Bones devient une nouvelle collection, glaçante, chez Glénat Comics. Ou comment des auteurs français parmi les plus doués de leur génération s’essaient à des thématiques oscillant entre séries B et Z et dont les comics et le cinéma américain se sont montrés assez férus. Un exercice de style et de genre dont la rentrée littéraire a accueilli la deuxième salve et trois nouveaux récits taillés dans l’horreur, les frissons et le survival. La petite manufacture balbutiante du comics à la française n’a rien à envier à la grandeur (et la décadence) américaine. Un petit théâtre de noir et blanc qui lorgne jouissivement sur le cinéma spectaculaire.

 

 

 

 

© Guerin/Sentenac chez Glénat

 

 

50 de Rémi Guérin et Alexis Sentenac: combo d’influences pour course-la-montre éffrénée

Résumé de l’éditeur: Aux États-Unis, une unité spéciale du FBI a pour mission de référencer, classer et traquer les pires serial killers du pays. Mais certains ne répondent à aucun schéma, ne correspondent à aucun profil, ils sont pour ainsi dire insaisissables. Ces « suspects zéros » sont au nombre de 50. Le plus redoutable de tous, le Chat de Schrödinger, décide de lancer un défi au FBI en donnant lui aussi la chasse aux 50. Les règles du jeu sont simples : si la police les trouve avant lui, il donnera un indice permettant de l’approcher. En revanche, si les enquêteurs arrivent trop tard, il tuera l’un d’eux ou l’un de leurs proches, sans sommation…

Entre le Seven de David Fincher (référence assumée puisque citée dans ce comics), Le témoin du mal de Gregory Hoblit ou encore Que justice soit faite de F. Gary Gray, il y avait une jolie place. Rémi Guerin (Pinkerton, City Hall…) et Alexis Sentenac (un touche-à-tout vu dans Siberia 56, Nous irons tous au bois ou Carthago Adventures) ne se sont pas fait prier et voilà qu’ils assurent et assument un récit original qui fait froid dans le dos et multiplie quelques scènes qui vont nourrir bien des cauchemars.

 

© Guerin/Sentenac chez Glénat

 

 

Passé un prologue qui dévoile un peu la fin du récit et instille autant le doute qu’une certitude, une intime conviction (un peu trop?), les auteurs nous emmènent dans les pas d’O’Leary, une jeune et téméraire agente du FBI qui n’a pas froid aux yeux. Pourtant l’affaire qui l’occupe risque bien de changer à jamais sa vie, pour peu que ce ne soit pas déjà le cas. Glaçant et angoissant à la fois, le duo maléfique Guerin-Sentenac réussit à tirer son épingle d’un jeu qui aurait pu causer leur perte. L’habileté est de mise et la qualité de ce dessin criminel fait oublier que la solution de l’énigme est spoilée dans les premières pages. Dommage mais pas inconsolable car le plaisir est ailleurs!

 

Alexis Seny

 

Guérin/Sentenac, Glénat, 128 pages, 14,95€



Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Nestor Burma, amour roux et ligne rouge pour quelques lingots de plus

L’année passée, nous avions laissé Nestor Burma en 1956 au Boul’mich en compagnie de Nicolas Barral (qui apparaît malencontreusement sur le dos de ce nouvel album). Et voilà que nous repartons de plus belle dans le passé du célèbre détective, emmené par Emmanuel Moynot (que nous retrouvons après une interview il y a quelques mois) qui reprend le flambeau après sept ans d’absence. Nous sommes en mars 1942, et en ces temps troubles, quand un meurtre a lieu et que Nestor Burma est dans les parages, on pense forcément à lui comme… coupable idéal. CQFD?

 


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(c) Moynot

 

 

Résumé de l’éditeur: Nestor Burma sous l’occupation, à la recherche de lingots d’or pour les beaux yeux d’une femme fatale. 1942. Nestor Burma vient à peine de rouvrir l’agence Fiat Lux qu’il tombe sur une affaire « en or » : retrouver trois lingots disparus lors de l’attaque d’un train postal avant guerre.

 

 

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(c) Moynot

Nestor Burma contre CQFD, c’est la deuxième enquête du détective de choc dans le Paris occupé. Si cette enquête se déroule quelques mois après 120, rue de la Gare (deuxième tome des aventures dessinées par Tardi), il a fallu près de trente ans pour que cette histoire de Léo Malet voit le jour en BD. Ce n’est pas bien grave et c’est même assez chouette de retrouver un héros transbahuté d’une époque à l’autre (et d’un univers graphique à un autre, même si chaque repreneur marche toujours sur les traces du géant Tardi), bien en retrait des séries trop linéaires et chronologiques.
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(c) Moynot
On perd nos repères (comme Nestor perd la tête, enivré d’amour) mais on les retrouve très vite. Ne fut-ce que par la carte qui orne les première et deuxième de couverture. Et le moteur des avions bombardiers nous rappellent aux tristes souvenirs d’une époque révolue, heureusement. Y’a pas à dire, le dessin de Moynot et les couleurs de Chantal Quillec se marient bien pour faire ressentir ces temps tragiques où l’on serrait les ceintures au maximum.
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(c) Moynot
La privation est de mise, mais pas en matière d’aventure au coin de la rue. Une porte qui s’ouvre, la folle cavalcade d’une rousse, un cadavre encore chaud, et voilà ce flâneur de Nestor rattrapé par ses devoirs d’enquête et pour le coup… suspecté. La faute à sa proximité avec les lieux du crime et à une carte de son agence, Fiat Lux, retrouvé à deux pas de la malheureuse victime.
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(c) Moynot
Ça craint! D’autant plus que si l’affaire est compliquée par la multiplication des pistes et des personnes impliquées, la presse de caniveau n’est pas en reste et parasite le travail des enquêteurs (déjà en ce temps-là, c’est dire!). Et si CQFD n’a finalement qu’un petit rôle à jouer dans cette histoire de faux-(res)semblants, on s’amuse, on cherche le fin mot pour être les premiers à retrouver ces trois lingots rapinés par des malfrats de seconde zone. Mais Nestor est le plus fort… quoique. Du début à la fin absurde et terrifiante (comme dans une histoire fantastique, en fait), l’auteur n’a rien perdu de sa maîtrise de l’univers du détective: Moynot est comme un poisson dans l’eau!
Alexis Seny

 

Série: Nestor Burma
Tome: 10 – Nestor Burma contre CQFD
D’après le roman de Léo Malet et l’univers de Jacques Tardi
Scénario et dessin: Emmanuel Moynot
Couleurs: Chantal Quillec
Genre: Polar
Éditeur: Casterman
Nbre de pages: 72
Prix: 15€


Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Une plume en plus au service d’un Yakari désormais incapable de parler aux animaux

Alors que ses cinquante ans approchent, Yakari semble toujours aussi galopin et intrépide. Et s’il parle toujours sioux, voilà que, sous l’égide de Grand Aigle, le papoose accueille un nouveau totem dans son univers: Joris Chamblain. Élevé dans un monde de filles plutôt populaires (à commencer par Cerise dont les carnets cartonnent), le scénariste prend la succession au pied levé de Job pour emmener l’Amérindien le plus populaire de la BD dans de nouvelles aventures, toujours avec le fidèle Derib. Et pour commencer, on coupe le son!

 

Résumé de l’éditeur: Quand Yakari se montre colérique et injuste vis-à-vis de Petit-Tonnerre, il va vite découvrir que ses actes ont des conséquences et que rien n’est jamais acquis dans la vie. Ni les dons précieux, ni l’amitié… Face à un grizzly qui ne semble pas dans son état normal, Yakari devra faire preuve d’encore plus d’ingéniosité que d’habitude pour aider ses amis animaux et pour regagner la confiance de son fidèle compagnon d’aventure… et celle de Grand Aigle !

 

 

 

 

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(c) Yakari par Chamblain et Derib chez Le Lombard

Coup de (Petit) tonnerre dans le monde des héros indémodables de la BD franco-belge: Yakari a perdu sa voix. Enfin pas celle qui lui permet de communiquer avec ses amis sioux, de ce côté-là tout va bien, mais celle qui lui permettait d’interagir avec les animaux et de les comprendre. Sur un coup de tête et de sang, le don s’est évaporé, comme si Yakari avait choppé le rhume de Benoît Brisefer. D’autant plus que le temps est à l’orage et à la pluie.
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(c) Yakari par Chamblain et Derib chez Le Lombard
Et ça fonctionne, encore et encore. Dans ce monde d’émerveillement et de bons sentiments, où le mauvais jour d’un Yakari levé du mauvais pied, on se reprend au jeu. Joris Chamblain est le digne héritier de Job tandis que Derib n’a ni besoin de forcé le talent ni même la dextérité pour prêter vie et nature au petit monde du Papoose.
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(c) Yakari par Chamblain et Derib chez Le Lombard
On retrouve les castors, un grizzli rendu fou et un Petit-Tonnerre toujours aussi impétueux. Tous les ingrédients sont là, une histoire faussement naïve (qui nous rappelle la nécessité de communiquer sur la même longueur d’onde à l’heure de la technologie galopante). Par le grand manitou, après 39 albums, Yakari a encore de l’avenir et ne s’essouffle en rien!
Alexis Seny 
Série: Yakari
Tome: 39 – Le jour du silence

Scénario: Joris Chamblain

Dessin: Derib

Couleurs: Rebekah Paulovich sous la supervision de Dominique

Genre: Aventure

Éditeur: Le Lombard

Nbre de pages: 46

Prix: 10,6€



Publié le 24/10/2016.


Source : Bd-best


Chronosquad, les voyages (dans le temps) forment la… détresse

Alors, comme ça, encore un voyage dans le temps? Oui, Monsieur! Et vous ne pensez pas qu’il y a déjà eu assez d’histoires (illustres) traitant de ce thème? C’est un peu de cette manière que s’est invité le dilemme intérieur en commençant le nouvel opus (une petite brique) de Grégory Panaccione en compagnie du débutant (du moins dans ce genre) Giorgio Albertini. Mais ces deux conteurs qui s’essaient à la science-fiction décomplexée, à une époque où l’on part côtoyer Jeanne d’Arc comme on prépare ses vacances au Maroc, réussissent leur pari, avec brio qui plus est.

 

Résumé de l’éditeur: Bloch vient de recevoir l’appel de sa vie : il va enfin intégrer la mythique Chronosquad… pour une mission en Égypte antique ! Une banale fugue d’adolescents d’un centre de vacances que l’expérience de ses coéquipiers, Penn et Beylogu, devrait permettre de résoudre rapidement. Mais ce qui se présentait comme une balade temporelle de santé se transforme bientôt pour Bloch en voyage initiatique…

 

 

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Au moment de passer devant la timetable tout à fait ordinaire si elle ne proposait pas des voyages chimériques vers le Paris de 1789, le Gondwana du Crétacé ou encore le Jérusalem du Christ, Bloch n’en croit pas ses yeux. Sous ses allures maladroites, ce modeste docteur universitaire qui n’a pas vraiment brillé aux épreuves de formation se prépare à devenir un professionnel du voyage dans le temps. Un vrai, un dur, sans peur et sans reproche: un membre du Chronosquad.

 

 

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Et l’heure est grave, une jeune fille et son ami ont disparu, fuguant du centre balnéaire établi en Égypte Antique. A priori, ce n’est pas la période la plus craignos de l’histoire. Mais voilà, la fugueuse n’est autre que la fille d’un puissant magnat bancaire (et même le président de la banque centrale). Voilà donc Blotch contraint de jouer les Snake Plissken.

 


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Et voilà que s’installe l’histoire aussi délirante qu’épique d’Albertini et Panaccione. On rit beaucoup (à commencer devant cette critique à peine voilée d’une société de consommation poussée dans l’absurdité la plus complète) mais on se surprend aussi à avoir peur pour ce personnage. Et si, au départ, on a du mal à comprendre comment cette histoire mêlant Égypte antique, Renaissance et ère préhistorique va pouvoir tenir la route durant… quatre tomes de près de 240 pages; les deux compagnons de croisière temporelle nous rassurent vite: ils ne comptent pas nous laisser nous ennuyer et ne ménagent pas leurs effets et leur intrigue. Fou, dément, anachronique et improbable, voilà un trip qui nous plait bien!

 

Alexis Seny

 

Série: Chronosquad

Tome: 1 – Lune de miel à l’âge du bronze

Scénario: Giorgio Albertini

Dessin et couleurs: Grégory Panaccione

Adaptation des dialogues: Simon Kansara

Genre: Aventure, Humour, Science-fiction

Éditeur: Delcourt

Collection: Neopolis

Nbre de pages: 240

Prix: 25,50€



Publié le 24/10/2016.


Source : Bd-best


Culottées de Pénélope Bagieu, l’habit ne fait pas… la femme extraordinaire

Brillante bédéiste, Pénélope Bagieu revient avec Culottées, premier tome d’un diptyque dépeignant le portrait de femmes audacieuses et hors normes. Vrai, touchant, truffé d’humour et de girl power, on ne peut qu’être fascinés par tous ces destins. Guerrière apache ou femme à barbe, sœurs rebelles ou créatrice de… trolls, ces culottées vont faire voler en éclat tous nos préjugés ! 

 

 


 


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Clémentine Delait, femme à barbe

 

 

Dans cet album regroupant toutes les planches pré-publiées précédemment sur le blog du Monde, Pénélope Bagieu continue son travail biographique, déjà entamé avec Ma vie est tout à fait fascinante où elle racontait avec son humour légendaire sa vie et poursuivi lorsqu’elle s’est intéressée à la vie de Cass Eliott dans l’album California Dreamin. Avec Culottées, l’auteur passe à un niveau supérieur en retraçant la vie de quinze femmes formidables. De l’inoubliable Joséphine Baker à Georgina Reid, une gardienne de phare investie, en passant par Margaret Hamilton, actrice terrifiante ou encore Wu Zetian, première impératrice chinoise. On redécouvre la vie de certaines, on en découvre d’autres, et chaque portrait est sublime de justesse et d’humour.

 

 

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Christine Jorgensen, célébrité

 

Avec simplicité, Pénélope Bagieu nous dévoile la vie de toutes ces femmes qui ont à leur échelle construit le féminisme. Elle ne rentre jamais dans les détails, se contentant d’exposer le fil rouge de leur existence, ce qui offre à cette bande-dessinée une belle simplicité. Sans filtre, on découvre une femme après l’autre à la manière d’un merveilleux livre de conte. À chaque fin de récit, on retrouve une véritable morale qui ne peut qu’être inspirante pour tous ceux qui décideront d’ouvrir cet album, qu’ils soient féminins ou masculins bien-sûr ! Car justement, Pénélope Bagieu ne se sert pas de ses planches comme d’une tribune pour féministes extrémistes, s’opposant au grand méchant homme. Elle s’exprime avec finesse, fait passer de véritables messages d’égalité, sans haine mais aussi sans prétention !

 

 

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Annette Kellerman, sirène

 

Ouvrir ce livre, c’est entrer dans un univers exclusivement féminin (mais qui n’exclut pas pour autant les hommes, bien au contraire) où des pionnières perdues dans les méandres de l’histoire nous livrent leurs secrets. Des femmes uniques, forçant l’admiration, qui n’ont jamais baissé les bras face à des portes fermées mais qui au contraire, ont pris leur destin en main pour atteindre leurs rêves. C’est avec plaisir qu’on s’égare entre les pages de ce livre magnifique, qu’on se promène de cases en cases au gré des dessins et des répliques pleine d’humour et de tendresse de Pénélope Bagieu. Si ces portraits sont culottés, ils n’en sont pas moins réussis et terriblement inspirants. La femme est démystifiée, le féminisme est subtil et la découverte est superbe ! Attention, je dois tout de même vous prévenir, si vous décidez de vous frotter à ces culottées, l’expérience risque d’être addictive. Mais rassurez-vous, un second opus est prévu pour 2017 et d’ici-là, vous pouvez retrouver Pénélope sur son blog.

 

Alexis Seny

 

Culottées de Pénélope Bagieu

141 pages

19,50 euros

Éditions Gallimard



Publié le 24/10/2016.


Source : Bd-best


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