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La vie passionnée de Monsieur Le Mans, une rencontre avec Jean-Marc Krings

Fils d’un grand journaliste sportif et frère du plus jeune pilote d’avion au monde, Jacky Ickx montre très vite qu’il a lui-aussi de l’essence dans le sang. À seize ans à peine, il participe à ses premiers championnats. En trial d’abord, puis en tourisme, en courses d’endurance et en monoplace, Jacky cultive un éclectisme et une polyvalence qui le rendront invincible sur tout type de circuit. Évoluant en F2 en 1967, il fait sensation sur le circuit de Nurbürgring en surclassant la plupart des F1 malgré son manque de puissance. Quelques années plus tard, dans une édition des 24 Heures du Mans restée mythique, son « départ marché » et sa victoire finale le feront entrer définitivement dans la légende...

Grâce à ce diptyque 100% belge de la collection Plein Gaz, découvrez la vie de Jacky Ickx, probablement l’un des pilotes automobiles les plus célèbres de tous les temps, renommé à la fois pour son palmarès, sa belle gueule et son comportement de gentleman.

 

 

Bonjour Jean-Marc. Nous te retrouvons au volant d’un diptyque sur Jacky Ickx. Comment as-tu embarqué sur ce projet ?

Bonjour. En fait, c’est l’éditeur qui me l’a proposé directement. On venait de faire « La dernière Targa Florio » avec Dugomier dans la collection Plein Gaz. C’était une fiction qui parlait de la fameuse course qui avait eu lieu en Sicile pendant presque un demi-siècle. On avait fait un album là-dessus où on avait évoqué Jacky Ickx qui devait y participer. L’éditeur nous a proposé d’embrayer sur un nouvel album si j’ose dire. Il nous a spontanément proposé de faire une biographie de Jacky Ickx. Il voulait que ce soit des auteurs belges qui s’en chargent, donc Dugomier et moi, parce que Jacky Ickx est un coureur automobile belge. On a poussé le concept belgo-belge jusqu’au fait que le coloriste soit aussi belge afin de bien comprendre les atmosphères. La Belgique est bien mise à l’évidence surtout dans le premier tome. On voulait que ce soit vraiment dans l’esprit de notre pays.

 

 

 

 

© Krings - Dugommier - Glénat

 

Es-tu à la base passionné de sport automobile ?

Non, pas du tout. En fait, j’aime bien dessiner des voitures mais je n’y connais pratiquement rien. J’ai dû m’y intéresser par la force des choses. On ne fait pas un album comme ça sans s’intéresser un minimum au sujet et en se documentant un maximum quand même, ce que j’ai fait avec Dugommier. J’ai découvert l’univers du sport automobile mais je ne le suivais pas du tout. J’ai trouvé le challenge intéressant parce que c’était quelque chose que je n’avais jamais fait. J’aimais bien dessiner des voitures et l’éditeur croyait en mes capacités à faire l’album, et on s’est lancé.

La grande époque de Jacky Ickx en Formule 1 et aux 24 heures du Mans correspond à ton enfance et ton début d’adolescence. Suivais-tu de prêt sa carrière ?

Je connaissais le coureur comme tout le monde bien sûr, mais j’avais juste souvenir qu’il avait fait le Paris-Dakar avec l’acteur Claude Brasseur. Par contre, mon scénariste était beaucoup plus intéressé à sa carrière que moi.

 

 

 

 

© Krings - Dugommier - Glénat

 

Le point de vue que tu as adopté avec Dugomier au scénario fait le choix de suivre la vie du pilote d’un point de vue chronologique, avec de nombreux récitatifs. Comment avez-vous fait pour ne pas tomber dans un album trop littéraire ou descriptif ?

Ça, c’est le talent de Vincent. C’est un grand scénariste. Je dois dire qu’il a fait un travail remarquable. J’ai pas mal souffert sur l’album quand même. Passer d’un univers comme la Ribambelle à celui-ci, ce n’est pas rien. Mais je pense qu’on s’en est bien sorti. La qualité de l’album au niveau du récit, on la doit énormément à Vincent bien sûr. Moi, je n’ai fait que le mettre en image.

Lorsque son père l’amène pour la première fois sur un circuit, Ickx ne semble pas franchement intéressé.

Non, c’est un fait. On a voulu aller au-delà de l’exploit sportif. On trouvait cela un peu trop basique comme récit. On voulait s’intéresser au bonhomme. On a donc visité des expositions qui lui étaient consacrées à l’époque à Bruxelles. On s’est très vite rendu compte que Jacky Ickx n’était au départ pas du tout intéressé par le sport automobile, et même qu’il n’aimait pas ça. Lui était, et il l’est toujours, attiré par la nature. Il se voyait garde-forestier, ce genre de chose. C’est par une suite d’événements qu’il s’est retrouvé dans la course et qu’il y a fait la carrière qu’on connait.

 

 

 

 

© Krings - Dugommier - Glénat

 

 

Il signe sa première victoire en F1 au Grand Prix de France de 1968, à Rouen, sous une pluie battante, ce qui lui vaudra son surnom de « maître de la pluie » : « The Rain Master ». Ce titre s’est-il vite imposé pour la première partie de ce diptyque ?

Oui. Il avait pas mal de fans en Belgique. Il y pleut beaucoup. Il a eu plusieurs surnoms. Il s’est d’abord appelé « Ring Master » en référence au Nurburgring allemand où il s’était distingué. Mais les deux surnoms qui ont le plus marqué sa carrière sont Rain Master et Monsieur le Mans. C’est pour cela que le tome deux s’appelle Monsieur le Mans.

Deux albums pour une vie si remplie que celle de Jackie Ickx, n’est-ce pas un peu frustrant ?

Non, parce que l’on a pu exploiter toutes les parties de sa vie qui nous paraissaient les plus intéressantes. Le deuxième album sera très Porsche, notamment la 935 et la 936 qui sont mises vraiment en vedette. C’est à ce moment-là qu’il a signé son contrat avec ce constructeur après avoir signé une victoire fracassante contre eux. Après, on embraye sur sa participation au Dakar. On y verra aussi un accident spectaculaire en Formule 1 où il s’est brisé les deux chevilles. Il a dû sortir du véhicule en marchant sur ses chevilles cassées pour éviter de brûler dans la voiture. Il y a eu d’autres accidents bien sûr, dont un en Espagne avec son père. Nous avons visionné une vidéo avec Vincent où Jacky fait le tour d’un circuit avec d’autres pilotes de sa génération. Aujourd’hui, Ickx est le seul qui soit encore vivant. Il y avait pratiquement un mort par mois à une époque. Ça n’a plus rien à voir avec ce que l’on voit maintenant. Ils risquaient réellement leur vie. J’ai pu approcher les bolides que Jacky Ickx pilotait, notamment la 312 qu’on voit sur la couverture. Ce sont de vrais tubes à dentifrice. Moi-même, je ne rentre pas dans l’habitacle. Ils avaient des physiques de jockey. Ces voitures étaient des tape-culs, avec un moteur explosif à l’arrière. On pouvait partir dans le décor comme un rien, ce qui lui est arrivé plusieurs fois.
Evidemment, on a dû faire l’impasse sur certaines courses parce que Jacky Ickx en faisait pratiquement une par semaine à une période. Il y a forcément des choses dont on n’a pas pu parler. Avec Vincent, on s’était mis d’accord sur les scènes les plus emblématiques, les choses les plus intéressantes par rapport au personnage lui-même et sur sa vie. On s’est plus attardé là-dessus. On a du faire des choix scénaristiques.

Ce n’est pas la première fois que Jacky Ickx flirte avec la BD puisqu’il a été « personnage » dans Michel Vaillant, de Jean Graton. Etais-tu lecteur de cette série ?

Ickx connaissait très bien Graton qui l’appelait l’enfant terrible. En fait, Graton l’a connu tout petit parce que son père était chroniqueur sportif. Jacky Ickx s’appelait d’ailleurs Jacques Ickx. Graton a vu grandir Jacky et a suivi sa carrière de près, d’où les clins d’œil dans plusieurs albums.

 

 

 

 

© Krings - Dugommier - Glénat

 

As-tu rencontré Jacky Ickx ?

Pas encore. J’ai rencontré sa fille Vanina qui est coureur aussi. Elle a beaucoup aimé l’album. J’ai eu Jacky plusieurs fois par mails.

Sais-tu s’il a lu l’album ?

Sa fille et lui ont beaucoup apprécié l’album et j’ai spontanément proposé de leur offrir des originaux. Contrairement à ce que j’aurais pu penser au départ, Vanina n’a pas demandé les planches où son père est au volant d’une voiture ou un exploit sportif. Elle désirait avoir des planches qui racontent son enfance et qui ne parlent absolument pas des voitures ou très peu. Elle a voulu vraiment ces scènes-là qu’elle trouvait vraiment très justes. Elle a trouvé l’album très humain. Ce sont ces scènes-là qui l’ont le plus touché au départ. Elle les a prises pour les offrir à son propre enfant, le petit fils de Jacky Ickx.
On avait réussi à trouver des détails très précis de sa vie d’adolescent, notamment la maison de la famille qui est dessinée dans l’album. Quand il reçoit sa première moto, la devanture du magasin est authentique. C’est vraiment le modèle en question et le nom du vendeur qui lui a vendu sa moto. C’est un travail de fourmi.

La conception de cet album est vraiment une belle histoire.

On a recueilli plus de deux mille documents : des photos, des vidéos, des bouquins, des gens qui l’on rencontré. On a eu beaucoup de détails. Nous sommes ravis que l’album ait plu à la famille. Il est toujours délicat de faire un livre sur quelqu’un. Ça peut parfois être mal perçu par la personne elle-même, mais ce n’est pas le cas ici.

L’album est paru sous le label Plein Gaz chez Glénat. C’est ta deuxième participation à cette collection après La dernière Targa Floria, déjà avec Dugomier au scénario. Après le second Ickx, poursuivrez-vous votre collaboration dans la collection ?

 

Je suis sur tout à fait autre chose. Je viens de clôturer un album sur lequel j’ai travaillé en même temps. Je viens de signer un gros contrat avec l’éditeur néerlandais Standaard. C’est la maison d’édition de Bob et Bobette. Ils m’ont confié un spin-off de De kiekeboes, une série culte qui est tirée à très gros exemplaires en Flandres et en Hollande. Je crois qu’elle atteint les deux cent mille. Je viens de finir le premier tome. C’est un thriller, un polar. On est à mille lieux de Jacky. C’est aussi un graphisme semi-réaliste par contre. Le premier tome est sous presse en ce moment. Il sortira en avril. Il y aura tout un événement parce qu’en Flandres c’est un personnage très connu. En Hollande aussi ils vont faire plein d’événements autour de la sortie du bouquin. Je viens d’entamer le tome deux.  La série De kiekeboes en est à cent quarante épisodes. C’est une série fleuve au même titre que Bob et Bobette, série néerlandaise très connue. L’éditeur est venu me voir parce qu’il aimait beaucoup ce que je faisais. Il m’a demandé de créer ce spin-off avec la complicité de l’écrivain de thrillers néerlandais Toni Coppers. Nous avons mis en scène Fanny, la jeune fille de la famille De kiekeboes, le personnage principal de la série. Il y aura une version luxe et un tas d’événements liés à la série et au personnage Fanny. En Flandres, on en a déjà énormément parlé. On a fait la une des journaux et du journal télévisé. L’album sera traduit en Français.

Après des participations à des guides juniors, tu as fait ton entrée dans le métier par la grande porte, chez Dupuis, sur des scénarios de Didier Tronchet, en reprenant en plein tome 3 le dessin de Violine. Comment t’es-tu retrouvé sur cette reprise ?

Je connaissais très bien Fabrice Tarrin que j’avais rencontré sur le net. J’avais sympathisé avec lui avant que je sois professionnel dans la BD. Au moment où j’ai rencontré Fabrice, je venais d’entamer le Guide Junior des Filles qui était mon tout premier album. Fabrice m’avait dit qu’il arrêtait Violine. Il m’a spontanément proposé de la reprendre. J’ai fait ça sans conviction parce que je ne pensais vraiment pas pouvoir avoir la chance d’être sélectionné. A ma grande surprise, si. La série s’est arrêtée d’un commun accord quelques albums après.

 

 

 

© Krings - Tronchet - Dupuis

 

 

Parallèlement, tu signes des albums de gags chez Bamboo, séries qui auraient très bien pu se retrouver dans Spirou. Pourquoi, alors que tu avais un pied dans l’hebdomadaire, ça ne s’est pas fait ?

C’était un graphisme type Marcinelle qu’affectionnait également Bamboo. Comme le contrat était arrêté chez Dupuis et qu’on ne m’avait rien proposé pour redémarrer, j’ai naturellement été ailleurs.

Est-ce que faire des séries de gags (Livraison express, Les informaticiens) ne serait pas la meilleure école pour s’entraîner à tout dessiner dans toutes les situations ?

Je dirais plutôt que les séries de gags obligent à être efficace, à aller droit au but et à éviter de se perdre dans des dessins trop compliqués ou qui finalement n’apportent rien au récit. Il faut se concentrer sur le récit lui-même et veiller à ce que le dessin serve vraiment le récit.

Est-ce que le gag est un domaine dans lequel tu pourrais retourner ?

Je ne pense pas. J’en ai fait, ça m’a plu, mais je me plais beaucoup plus dans les longs récits, et dans le semi-réalisme actuellement.

En 2011, tu relances La Ribambelle avec Zidrou, une reprise parfaite. Est-ce toi ou Zidrou qui en a eu l’initiative ?

C’était tout un tas d’événements. A l’époque, j’étais en contact avec les éditions Dupuis. Le rédacteur en chef de Spirou Olivier Van Vaerenbergh m’avait contacté. Pour les 70 ans du journal qui se préparaient à l’époque, il voulait demander à différents dessinateurs d’illustrer par un récit ou par une illustration un des personnages du patrimoine Dupuis. Avec Zidrou, on a tout de suite pensé à La Ribambelle parce que l’on est tous les deux amoureux de cette série. On avait commencé à écrire et dessiner une petite histoire courte pour le journal, puis il y a eu un changement de cap radical aux éditions Dupuis comme c’est souvent le cas dans les grandes maisons d’édition. On a dû renoncer à ce projet là, mais nous nous étions trop amusés à le faire. Comme on savait que la série n’appartenait pas à Dupuis, si on voulait la continuer, il allait falloir convaincre Dargaud. On a fait ni une ni deux. On est allé trouver Philippe  Ostermann qui a dit oui tout de suite. On a donc fait ces albums chez lui. Le deuxième, La Ribambelle au Japon, est un des albums dont je suis le plus fier. On espère en faire d’autres, même si pour l’instant rien n’est prévu. Nous avons chacun tellement de projets.

 

 

 

© Krings - Zidrou - Dargaud

 

 

As-tu eu des difficultés à prendre en mains les personnages de Roba, créés à l’origine par Jo-El Azara ?

En fait, oui sur certains personnages. Celle qui m’a le plus compliqué la vie c’est Grenadine. On la voulait plus sexy sans être vulgaire. On lui a fait des seins ce que Roba n’a pratiquement pas fait. Mais la grosse difficulté fut de dessiner le bus. Roba ne l’a dessiné que de dos, sauf une seule fois où il a été dessiné de face par Jidéhem, dans l’album La Ribambelle contre-enquête. J’ai ainsi pu repérer le modèle que c’était. Après plein de recherches, j’ai découvert que c’était un Renault MP4H qui a servi à la RATP Paris de 1935 à 1970. Dernièrement, j’ai eu la bonne surprise en visitant un musée de l’automobile dans la région à Ludon-Hénaux de passer devant une salle où il y avait le bus qui était exposé. J’étais tout fou comme un gosse. Le conservateur m’a fait le plaisir de me laisser entrer dans le véhicule. J’ai pu aller m’asseoir au volant. C’était vraiment le bus de la Ribambelle, le modèle exact.

Toujours avec Zidrou, en 2015, tu signes Waw chez Paquet. Au niveau automobile, tu t’en donnes aussi à cœur joie. Est-ce que ce one shot va devenir une série ?


A l’origine, il devait y avoir trois tomes. Pour l’instant, on n’a pas de retour de l’éditeur, donc on ne sait pas trop si cette série va se poursuivre. Je ne pense pas car, ayant d’autres engagements ailleurs, ça va être compliqué.

 

 

 

© Krings - Zidrou - Paquet

 

 

Avec l’Agence Quanta, en 2014, tu es enfin à 100 % aux commandes d’une série. Peux-tu nous en raconter la genèse ?

Zidrou est derrière cette histoire aussi. Il faut savoir qu’il est un peu mon grand frère dans la BD. C’est un des premiers auteurs que j’ai admiré avant même d’être dans la profession. J’ai eu la chance de le rencontrer assez tôt quand j’ai débuté. Il m’a vite pris sous son aile. Quand j’ai un souci dans le métier, ou que j’ai un doute sur une idée ou sur un contrat, il est toujours là pour me guider. Ce que j’aime bien avec lui, c’est qu’il n’a pas la langue de bois. Quand c’est mauvais, il te le dit cash. Quelqu’un qui m’a beaucoup aidé comme ça aussi, c’est Eric Maltaite. Ce que j’apprécie aussi avec lui c’est qu’il est très très franc. S’il y a quelque chose de mauvais, il te le dira et s’il te fait un compliment, c’est qu’il le pense vraiment. Ça a d’autant plus de valeur.
J’avais donc fait part à Zidrou mes idées de scénariste seul, mais je n’osais pas me lancer. Il m’a encouragé, Gihef également. J’ai trouvé un éditeur et signé le contrat. La série va être éditée en néerlandais et un éditeur néerlandais souhaite faire la suite.

 

 

 

© Krings - Vent d'Ouest

 

 

Outre la suite de Ickx, quels sont tes projets à venir ?

Je suis sur Fanny K. Je dois aussi faire un Bob et Bobette avec Zidrou dans le même esprit que les one-shot parallèles de Spirou, aux éditions Standaard. Nous sommes Zidrou et moi parmi les auteurs qui ont été sélectionnés, après deux pages d’essais qui ont été validées. L’album va se faire, mais pas avant 2018- 2019.

Merci, Jean-Marc.

Propos recueillis par Laurent Lafourcade



Publié le 26/02/2017.


Source : Bd-best


Dark Divas, un recueil des plus belles illustrations érotiques de Nick Guerra

Amateurs de charmes, de belles courbes et de contrastes voici un nouvel album fait pour vous. Sortit en février 2017, Dark Divas est une pin-up collection signée Nik Guerra, un auteur italien dont les œuvres sont réunies dans ce recueil signé Graph Zeppelin et Tabou BD.

Résumé de l'éditeur : Célèbre pour son dessin sensuel où les regards ardents jouent avec les reflets des bas nylon plus vrais que nature, Nik GUERRA présente avec Dark Divas son premier recueil de pin-up pulpeuses, sombres, démoniaques et envoûtantes !
Plus de 100 illustrations où le noir rétro se marie au rouge hémoglobine.

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur est spécialisé en dessins sensuels. Il affectionne par conséquent les bas nylon et les femmes mystiques qui les portent. Il a été cité parmi les 100 plus belles bande dessinées par le magazine Beaux Arts. Il est le créateur également de Magenta, Une détective fétichiste. Retrouvez donc dans plus d'une centaine de pages ses illustrations les plus magnifiques.

L'album est conçu avec une cover souple couleur or broché et pelliculé. Les cahiers sont imprimé sur papier demi matt qui rendent aux dessins toute leur intensité. Principalement composé de rouge et noir ou tantôt de couleurs rose pourpre et de blanc, voici un subtil mélange de sensations rehaussant à leurs tours les formes divines qui se succèdent sous nos yeux ravis. Ici il n'est donc nul question de pin-up rose bonbon mais du contraste de celle-ci :  sauvages, félines, prédatrices.
Les traits de Nik Guerra sont élégants et provoquent les fantasmes les plus fous et les plus secrets.

 

 

 

 

Point de vulgarité dans ce best-of Guerra, le contenu est sexy et préfacé par Vincenzo Mollica (journaliste à la Rai 1 et auteur de diverses biographies et reportages consacrés à des auteurs de bande dessinée et il a dirigé des expositions consacrée à Andréa Pazienza à Rome). En fin de parcours, un sketch de 10 pages de crayonnés de toutes beautés vient clôturer et accompagner une biographie de l'auteur.

A reprendre les propos de l'éditeur lui-même : un superbe livre qui sera aussi bien convoité par les amateurs de pin-up que par les collectionneurs de bandes dessinées.

Un tirage limité, numéroté de 200 à 999, coédité Graph Zeppelin/Tabou BD est parrallèlement distribué et comprend une pochette de 8 ex-libris érotiques réservés à un public averti. Également un coffret hors commerce numéroté de 1 à 199 signé par l'auteur et composé d'une pochette de 12 ex-libris est lui réservé aux festivals de bande-dessinées.

Tyler Craig

 

Titre : Dark Divas, Pin up Collection

One shot

Genre : Érotique

Dessins et Couleurs : Nik Guerra

Éditeur : Graph Zeppelin - Tabou BD

Nombre de pages : 112

Prix : 30 €

ISBN :  9791094169087



Publié le 17/02/2017.


Source : Bd-best


Le Projet Bielberg, la terrible machination qui menace l'humanité toute entière

Serge Letendre, le scénariste de la quête de l'Oiseau du temps mène un thriller-polar haletant tiré du roman de Khara paru aux éditions Critic, un best-seller. Il s'adjoint les services de Frédéric Peynet, l'excellent dessinateur de Prométhée et des Vestiges de l'aube.

 

Résume de l'éditeur : Depuis des décennies, une mystérieuse organisation met en tout en œuvre afin de créer un nouvel ordre mondial. Son premier allié, dans les années 1920 : Hitler, à qui elle a promis, en échange de contreparties, d'énormes moyens afin d'accéder au pouvoir... Depuis, venue des heures les plus sombres de l'Histoire, une terrible machination s'est mise en marche, menaçant l'humanité tout entière. N'est-il pas déjà trop tard pour l'arrêter ?

 

 

 

 

 

 

Jeremy Novacek est un jeune loup dans le monde du trading. Un événement tragique le confronte soudain à un drame terrible. Bernard Dean, son patron le couvre alors qu'il se cloître dès lors dans son appartement cosy. Jusqu'au jour ou deux militaires lui soumettent un protocole et les effets de son père ainsi que le drapeau américain plié comme le veut la tradition. Sa mère qu'il n'avait plus vu depuis des années lui confie alors un pendentif qui contient un vieux papier où sont écrit une série de chiffres donnant accès à un compte en banque suisse et une clé marqué du sceau de la croix gammée. L'effroyable passé va se présenter à lui comme un diable en boite et les secrets les plus terribles vont se révéler.

 

 

 

 

 

 

L'intrigue se distille peu à peu et captive l'intérêt du lecteur. Les éléments de mettent en place brique par brique et ne démentent pas le savoir faire du scénariste. L'adaptation du roman en bande dessinée est une réussite indiscutable et respecte par conséquent ce dernier. Les aller-retours narratifs dans le passé sont autant d'éléments qui tiennent en haleine et les scènes d'actions sont mises en valeurs par le trait efficace et les couleurs soignées de Frédéric Peynet.

 

 

 

 

 

 

Le Projet Bleiberg, la terrible machination qui menace l'humanité toute entière commence donc avec dynamisme et suspense intense. Les surprises ne manquent pas et le cliffhanger nous donne une grande envie de connaître la suite de cette série qui sera déclinée en trois volumes, dont le deuxième tome paraîtra courant du second semestre 2017.

 

Tyler Craig

 

Série : Le projet Bleiberg

Tome : 1-Les Fantômes du Passé

Genre : Polar Thriller

Scénario : Serge Le tendre

Dessins et Couleurs : Frédéric Peynat 

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 64

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782205074949



Publié le 17/02/2017.


Source : Bd-best


Irena tome 1 Le Ghetto, Le parti pris graphique est percutant

« - Pourquoi nous donner des fonds pour soulager la vie de ceux qu’ils ont de toute manière décidé d’exterminer ? »

            « - Je ne suis pas sûre, mais peut-être y en a-t-il parmi eux qui ont encore un peu de compassion. »

            « - On peut aussi voir ça comme le sadisme le plus extrême. »

            « - Tu as raison, mais…à nous de profiter de ça. Quelles que soient leurs raisons, pour aider les prisonniers du ghetto à survivre. Le plus longtemps possible ! »

 

            Comme quasiment tous les jours, Antoni et Irena se rendent au ghetto de Varsovie. Ils font partie du service de l’aide sociale à la mairie de la capitale. En ce mois de mars 1941, une jeune femme de 24 ans meurt en laissant un petit garçon. Irena Sendlerowa va décider de changer le destin des enfants juifs promis à une mort certaine et organiser leurs évasions.

 

 

 

 

 

 

Irena a existé. Résistante et militante polonaise, elle sauva 2500 enfants juifs du ghetto. Les auteurs entreprennent de raconter son combat sous forme de fiction. Séverine Tréfouël et Jean-David Morvan ont cherché à comprendre la vie de la Juste, faisant le tri dans les informations contradictoires qu’ils ont pu rencontrer dans divers ouvrages, afin de transmettre le mieux possible l’esprit de son combat.

 

 

 

 

 

 

            Le parti pris graphique est percutant. Par le biais d’un trait proche de la bande dessinée pour enfant, du « gros nez », David Evrard arrive à tirer des larmes aux lecteurs tellement ses acteurs sont criants de sincérité. Irena se dévoile en femme déterminée, sûre d’elle. Antoni a le rôle parfait de la raison, analysant les limites entre la prise de risques et le choix judicieux. L’obersturmführer dégoûline de haine et de détestation. Les enfants sont criants d’innocence et d’émotion. Le découpage en grandes cases amène le lecteur au cœur de l’action et des sentiments, soit par de très gros plans, soit par des compositions à la « Où est Charlie » nous introduisant au cœur même du ghetto, dont l’insalubrité est montrée grâce aux couleurs boueuses de Walter.

 

            Le deuxième tome d’Irena va paraître de façon très rapprochée dès le mois prochain et la conclusion l’année prochaine. Une place de choix est à réserver sur les étagères des bibliothèques à côté du chef-d’œuvre Maus d’Art Spiegelman.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Irena

Tome : 1-Le ghetto

Genre : Histoire

Scénario : Morvan & Trefouël

Dessins : Evrard

Couleurs : Walter

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344013632



Publié le 16/02/2017.


Source : Bd-best


Coup de coeur : Dark Museum... dernière la toile, le sang et l'horreur.

Auteurs prolifiques et créatifs, Gihef et Alcante nous on concocté une nouvelle surprise et non des moindres. A peine remis de nos émotions avec Starfucker, les voici qui enchainent avec un genre diamétralement opposé et au concept pour le moins original.

Résumé de l'éditeur : Pour entrer au Dark Museum, une toile doit provoquer chez son observateur une impression morbide que seule une origine mystérieuse semble pouvoir expliquer. L’austère American Gothic de Wood y tient une place de choix…

1930, Iowa. Les effets de la crise sont terribles dans cette partie de l’Amérique.

Avec la misère, l’égoïsme prévaut. L’installation d’un cirque en pleine sécheresse finit d’échauffer les esprits. Alors que Lazarus Henkel désespère de pouvoir nourrir sa famille, un accident de voiture se produit près de sa ferme. L’odeur du corps du conducteur en train de brûler lui inspire une macabre solution…

 

 

 

 

 

 

Américan Gothic, le tableau de Grant Wood faisant partie de la collection de l'Institut d'art de Chicago. L'artiste fut inspiré par un chalet conçu dans le style néogothique. Il peignait le genre de personne qu'il imaginait vivre dans cette maison. Il n'en fallait pas plus à Gihef et Alcante pour creuser le sujet et imaginer à leur tour une genèse horrifique à ces personnages qui déjà en l'état et sur toile n'inspirent pas le plus élémentaire des confiances... et pour cause !

 

 

 

 

 

 

Nous sommes dans l'Iowa des années 30 et nous découvrons Epiphany et Lazarus Henkel. Ces protagnonsites vivent dans un endroit miséreux et où la faim taraude les estomacs les plus serrés tandis que le maire lui ne pense qu'au bien être de son compte en banque en acceptant, sur les terrains de sa localité qu'un cirque s'installe et pompe l'or bleu qui fait tellement défaut à la population locale. (procédure vénale qui tant à devenir de plus en plus d'actualité à notre époque).

 

Les paysans grondent, la colère monte et le manque de moyen fait commettre les actions les plus inavouable au risque de finir son existence sur un sort funeste et sanglant. Si vous avez vu la série tv Dexter, sachez qu'à côté de cet album cette dernière est une véritable promenade de santé. Nous vous laisserons découvrir (si vous achetez l'album) les scènes bien fournie en hémoglobine et les découpages anatomiques pour ne pas vous gâcher le plaisir... rassurez-vous, vous ne serez pas déçu si vous aimez le genre. On ne vous montre donc ici sur cette page que les premières planches histoire de vous titiller la curiosité et croyez bien qu'elle sera comblée (surtout pour les aficionados de bain de sang et de membres désossés).

 

 

 

 

 

 

Mais Dark muséum n'est pas qu'une accumulation d'horreur, ce serait trop facile. Il est aussi un enchainement de dialogues croustillants, d'effrois avec un dessin et des couleurs de Stéphane Perger qui catalyse à merveille le récit du duo d'enfer Alcante-Gihef (ces complices qui décidément n'en finissent pas de nous étonner, au risque de me répéter). Ces touche-à-tout font à chaque fois mouche et ce n'est pas ce présent opus qui dérogera à cette règle. Que dire de plus sans gâcher l'effet de surprise? Rien en fait, je vous laisse plutôt le découvrir vous-même, ce plat rouge sang admirablement bien réussi dont on aimerait plus souvent en déguster les pages...si je puis dire.

 

Tyler Craig

 

Série : Dark Museum

Tome : 1 – American Gothic

Scénario : Gihef et Alcante

Dessin et couleurs : Stéphane Perger

Genre : Horreur

Éditeur : Delcourt

Collection : Machination

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€



Publié le 16/02/2017.


Source : Bd-best


Au bout du fleuve, un voyage onirico-initiatique vers le delta du Niger entre croyances et dure réalité

Toujours aussi fantastique pour nous convier au voyage, Jean-Denis Pendanx nous revient seul à la plume et au pinceau pour nous emmener en bateau (ou plutôt en barque de fortune et d’infortune) vers le delta du Niger entre les croyances, les drames de la vie et la loi de la débrouille.  

 

 

 

 

 

 

Recherche © Jean-Denis Pendanx chez Futuropolis

 

Recherche © Jean-Denis Pendanx chez Futuropolis


 

Résumé de l’éditeur : Kémi entreprend un long voyage à la recherche de son frère jumeau et de son âme perdue. De Cotonou au delta du Niger, c’est un long périple dans une Afrique gangrénée par la misère et l’exploitation de leurs ressources par les grands groupes pétroliers.

 

 

Recherche pour le Delta du Niger © Jean-Denis Pendanx

 

 

Recherche pour le Delta du Niger © Jean-Denis Pendanx

 

Toujours avec le coeur et l’art en voyage, Jean-Denis Pendanx est toujours aussi doué pour nous faire parvenir l’invitation en bonne et due forme au voyage, quel que soit le coin du globe où son imagination le porte. Avec Au bout du fleuve, c’est en plein dans l’Afrique rurale et profonde que le Landais volant et voyageur nous entraîne, à cheval entre le Bénin et le Niger. Le Bénin, où les moments de détentes autour du sacré ballon rond sont vite mis au pas face au besoin criant d’un peu d’argent pour subsister.

 

 

 

 

© Jean-Denis Pendanx encrage chez Futuropolis

 

Alors, de père en fils, on frelate de l’essence, et on les emmène en moto et par gros bidons sur les places marchandes. Mais, attention, entre les policiers qui guettent et l’étincelle qui peut être fatale à tout moment,  la vie peut s’arrêter net. Comme celle du père de Kémi. Kémi, avec son bras cassé (notez, c’est mieux qu’Omer, son pote, fixé sur un fauteuil roulant), qui attend d’avoir assez d’argent de côté pour se le faire remettre en place. Kémi qui désespère de ne plus jamais voir son frère, parti on ne sait où après un coup qui a mal tourné. Alors quand un voyant le met sur sa piste, Kémi se met en route, sans compter la longueur du voyage vers le Nigéria où, soi-disant, on gagne un peu mieux sa vie.
 

On le répète, mais qu’est-ce que Jean-Denis Pendanx est doué. Seul à la barre de ce voyage onirique mais résolument vivant et laissant tout au hasard, l’auteur nous ravit de ses magnifiques ambiances. Car Au bout du fleuve a le sens des paysages qui dé…paysent dans ce qu’ils ont de plus beaux mais aussi de plus miséreux. Et pour son premier scénario, Jean-Denis ne ménage pas son intrigue, y saupoudrant, sur 110 pages, une multitude d’éléments tout en évitant le fouillis qui aurait pu émerger. Tout reste d’une cohérence à toute épreuve. Et les dimensions très réalistes mais aussi spirituelles, jumelles, rituelles et fantastiques font force commune pour porter le récit superbement mis en images par le dessinateur-peintre. C’est un très poignant ouvrage que nous offre Jean-Denis Pendanx, mettant de l’âme et des rencontres sur ce qui est bien plus qu’un carnet de voyage aventureux.

 

Alexy Seny

 

Titre : Au bout du fleuve

Scénario, dessin et couleurs : Jean-Denis Pendanx

Genre : Aventure, Drame

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 112

Prix : 20€



Publié le 16/02/2017.


Source : Bd-best


Ce livre, ce n’est pas que Prévert, c’est aussi Paris, le Paris des surréalistes et de Saint-Germain-des-Prés

« - Alors, c’est vous, Prévert ? Pourquoi n’êtes-vous pas venu avec vos amis excités l’autre jour ? »

            « - Je réponds pas aux convocations. Ce n’est pas ma vocation. »

            « - Ah… Je vois… Asseyez-vous, on va bavarder. (…) Donc, Monsieur Tanguy peint, et de belle manière. Et vous, qui êtes si drôle et jouez si bien avec les mots, que faites-vous ? »

            « - Moi, je ne fais rien. »

            « - Ah ! Très bien, ça. Il ne faut jamais travailler ! »

 

            Prévert et Breton se rencontrent à la brasserie Cyrano. Le surréalisme va émerger. Ce sera le cœur de l’œuvre du poète.

            Dans la première partie de cette biographie, les auteurs nous racontent les années 20 de la vie de Prévert par le truchement de tableaux et de scénettes courtes qui sont tout autant d’anecdotes sur la vie du poète touche-à-tout. Le caporal de Constantinople a 21 ans lorsque commence le récit. Il apprend l’anglais aux enfants du Capitaine, avant de rejoindre Paris à la fin de son service. Il y retrouve Yves Tanguy, son camarade, son copain des premiers jours de service. Mais voilà, ni l’un, ni l’autre n’ont envie de travailler. C’est cette envie, plus que le besoin, qui guidera Prévert tout au long de son existence. Il préfèrera vivre petitement, déménageant d’appartement en appartement, se nourrissant de livres, de spectacles et d’écriture, de débats philosophiques et de discussions nocturnes.

 

 

 

 

 

            Dans une deuxième partie, les années 30 mettent en exergue le Prévert agitateur, le rebelle, le révolutionnaire, l’homme de théâtre et le scénariste de cinéma.

            En 1948, Prévert tombe par la fenêtre du premier étage de la Radiodiffusion française. C’est par cet événement que s’ouvre la troisième partie de l’ouvrage. Tel Piccoli dans Les choses de la vie, celui qui n’est soi-disant pas un poète, revient sur la décennie qui s’achève : l’Amérique, re-le cinéma, les années de guerre, puis la chanson.

 

             Ce livre, ce n’est pas que Prévert, c’est aussi Paris, le Paris des surréalistes et de Saint-Germain-des-Prés, le Paris des cinémas de quartiers, des théâtres et des cafés, le Paris des créateurs et des auteurs de génie : Breton, Queneau, Grimault, sans oublier les stars, celles qui le sont et celles qui le seront : Gabin, Gréco, Gainsbourg et leurs contemporains.

 

 

 

 

 

 

            Il y a deux ans et demi, est paru « Jacques Prévert, inventeur », premier tome d’une trilogie. Quelle surprise de découvrir aujourd’hui une intégrale de cette aventure sans que ne soient parus les tomes indépendants suivants, mais quel bel événement à l’occasion des quarante ans de la disparition de Prévert. Pour ceux possédant le premier album paru, les éditions Dupuis proposent à tout acheteur de l’intégrale de l’échanger gratuitement dans une librairie contre un autre album Aire libre du même calibre.

            Lors de la parution de ce premier volume, France Inter a consacré une visite de la maison de Prévert avec les auteurs de la BD. On peut la revivre sur https://www.franceinter.fr/culture/visite-dessinee-de-la-maison-de-jacques-prevert.

 

           Jacques Prévert n’est pas un poète est une œuvre. Ce n’est pas l’œuvre d’un scénariste et d’un dessinateur, mais c’est l’œuvre d’un auteur unique à quatre mains. Rarement textes et dessins se sont retrouvés autant en symbiose dans une bande dessinée. Ils s’encastrent et s’entremêlent pour faire de chaque planche une poésie visuelle.

 

Il est des albums que l’on trouve formidable, tout en ayant parfois du mal à dire pourquoi. Il est des albums impossibles à raconter, qui nous emportent on ne sait où mais quelque part. C’est n’importe où, c’est important.

Jacques Prévert n’est pas un poète et Magritte n’a jamais peint de pipe. Tout le monde le sait.

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Jacques Prévert n’est pas un poète

Genre : Biographie

Scénario : Bourhis

Dessins & couleurs : Cailleaux

Collection : Aire libre

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 232

Prix : 32 €

ISBN : 9782800163611



Publié le 16/02/2017.


Source : Bd-best


Malibu Cheesecake, une sublimation de la pin-up par Olivia de Berardinis

Vous n'avez pas eu l'occasion de fêter la Saint-Valentin? Peu importe, je vous propose de revenir au charme afin de titiller vos sens avec un album de pin-up d'une très grande qualité. Ce recueil d'une immense classe vous propose de rêver à travers les illustrations délicieuse d'Olivia de Berardinis.

Résumé de l'éditeur : Plus de 100 peintures et dessins de pin-up commentés par Olivia De Berardinis. De la technique aux modèles en passant par le processus de création, cette illustratrice mondialement connue, qui signe ses œuvres sous le nom d'"Olivia", nous dévoile dans 160 pages en couleurs tout son talent. Les images sont accompagnées d'interviews de : Hugh Hefner, célèbre fondateur du magazine Playboy, Bettie Page, icône de années 50 mondialement connue pour ses photos de pin-up fétichistes, de Dita Von Teese, danseuse burlesque, mannequin, stripteaseuse, styliste et actrice américaine et de Margaret Cho, actrice, scénariste, productrice et réalisatrice. Ouvertement bisexuelle, elle s'est à plusieurs reprises engagée dans le débat public en faveur des droits LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels).

 

 

 

 

L'auteure originaire de Long Beach en Californie est une illustratrice connue pour ses pin-up. Avec  un parcours des plus précoce (elle a commencé le dessin à l'âge de 4 ans) Elle sort de la New-York School of Visual Arts en 1970. En 1975 elle se lance dans la peinture érotique pour Playboy...un emploi temporaire qui deviendra rapidement sa carrière. En 2005 avec son époux elle crée sa propre société d'édition "Ozone Productions" et réside depuis à Malibu. Elle à du haut de ses 69 ans un parcours des plus étincelant dans le monde de l'illustration de charme.

 

 

 

 

L'éditeur Graph Zeppelin nous offre un écrin digne d'elle avec un album à la mise en page soignée. La couverture est aussi alléchante qu'un...cheesecake, en effet ! Titre à paillette, fond rose bonbon, pin-up craquante tout est réalisé pour nous mettre d'emblée l'eau à la bouche. Inclusss dans ce bel opus des interviews d'Hugh Hefn (fondateur de Playboy magazine), Betty Page la célèbre pin-n up des années 50, Dita Von Teese, la mannequin, stripteaseuse-danseuse burlesque et actrice de son état et Margaret Cho, actrice, scénariste, réalisatrice et productrice.

L'album démarre sur un article à propos de la peinture et le burlesque écrit par Olivia herself et illustré d'une photographie d'elle dans son atelier. Ensuite au fil des pages s'enchainent les interviews et les œuvres à proprement parler. On ne peut qu'être subjugué par l'immense talent qui s'offre à nos yeux. Un érotisme subtil, magnifié par la sublime maîtrise et la technique de l'artiste. De petits commentaires judicieux agrémentent ça et là les illustrations :" j'aimerais bien savoir à quoi vous pensez", "Alors comme ça vous ne croyez plus au lapin de Pâques?", "Et si je vous dévoilais mon jeux" sont autant de petits mots coquins qui subliment ces merveilleuses créatures qui posent pour le plus grand plaisir de nos sens.

 

 

 

 

Vous n'y verrez aucune vulgarité, aucune obscénité. Non ici il s'agit de glamour, chic et charme, de la femme dans toute sa magnificence portée à son firmament par de véritables enchantements graphiques. Et comme le dis si bien l'éditeur : "Un superbe livre qui sera aussi bien convoité par les amateurs de pin-up que les collectionneurs chevronnés", une déclaration juste et à forte raison. Un must que vous ne devez absolument pas manquer à ajouter dans votre bibliothèque.

Notre prochain article sera consacré à Dark Divas par Nik Guerra chez le même éditeur.

 

Tyler Craig

 

Titre :  Malibu Cheesecake : Les Pin-Up D'Olivia De Berardinis

 

Genre : Érotique

textes, dessins :  Olivia De Berardinis

 

Éditeur : Graph Zeppelin

Nombre de pages : 159

Prix : 35 €

EAN 979-10-94169-07-0



Publié le 16/02/2017.


Source : Bd-best


Mousquetaire, Eloise de Grainville, une vision plus authentique par Duval et Calvez

Ravagée par un incendie, Londres est sous la proie des flammes. Un mousquetaire, Alexandre de Bastan et son novice André de Guilebert fuient non sans affronter sur leur chemin les soldats de la garde royale. Le novice sauve la vie de De Bastan lors du combat mais il en est grièvement blessé succombant lors de la traversée en bateau.

 

Voilà la genèse de ce second tome signé Fred Duval et Florent Calvez. Rendu célèbre par Dumas et sa vision plutôt romanesque des Mousquetaires, nous somme face, ici à une version disons plus réaliste des faits. A savoir que le personnage fort connu d'Artagnan à réellement et historiquement existé, faut-il le préciser et ce, sous les règnes de Louis XIII et LOUIS XIV successivement. Nous avons donc affaire à une version plus sombre de ces soldats du roy et très certainement plus authentique que la plupart de la littérature dont nous avons eu coutume de lire mis à part, peut-être quelques adaptations cinématographiques un peu alambiquées.

 

 

 

 

 

 

Résumé de l'éditeur : 1666, la guerre entre la Hollande et l'Angleterre ouvre au jeune roi Louis XIV des perspectives stratégiques et diplomatiques qui vont lui permettre d'asseoir son autorité en Europe. Au milieu des tumultes, ruses, opérations d'espionnage et rendez-vous secrets, Alexandre de Bastan et Éloïse sont éperdument tombés amoureux. Mais leur amour pourra-t-il survivre aux intérêts souvent divergents qu'ils défendent ?

 

Les auteurs nous proposent un vision plus juste de l'époque et ne privilégient pas le héros emblématique que nous connaissons tous et cité plus haut. Complot et machinations sont distillées délicieusement le tout enrobé d'une histoire d'espionnage des plus savoureuse. Éloïse de Grainville, le fil rouge de ce deuxième tome, s'adjoint à cette farandole d'intrigue ou l'on retrouve également Madame Locuste, célèbre empoisonneuse, Edouard-François Colbert et le Duc de l'Aubette au sort funestes. Nous avons même droit aux batailles navales sous le feu nourris de leur vaissaux. Un délice sans nul doutes.

 

 

 

 

 

 

Graphiquement, Calvez produit un dessin très travaillé avec le soucis du détails poussé à son paroxysme concernant costumes et architecture d'époque. L'album profite d'une agréable lisibilité et des couleurs typiques de la coloriste Delf qui n'en est pas à son premier coup d'essais et cela se voit ! Mousquetaire est une belle tranche d'histoire, juste et passionnante qui jongle avec les genres pour notre plus grand plaisir.

 

Tyler Craig

 

Série : Mousquetaire

Tome : 2 - Eloïse de Grainville

Genre : Historique

Scénario & dessins :  Fred Duval & Florent Calvez

Couleurs : Delf

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 64

Prix : 14,95 €

ISBN  9782756080734

 



Publié le 14/02/2017.


Source : Bd-best


Le Retour de Bruno Duhamel : l’artiste dans tous ses états volcaniques sur une île plus vraiment déserte

Après avoir livré deux albums en 2014, Bruno Duhamel s’était fait plus rare sur les étagères biblio- et bédé-phile. Pire, il avait failli tout plaquer, explique-t-il, suite à la « brutalité » du couperet sur les Brigades du temps. Vu le talent de cet artiste complet (la preuve !), on trépignait et on espérait que son retour soit prochain. On ne croyait pas si bien dire et son nouvel album (qui s’intitule, on vous le donne en mille, Le… retour) vient d’arriver (et que le prochain, « Jamais » semble déjà bien embarqué, voir en fin d’article). Une histoire d’île de moins en moins déserte et d’un artiste mégalo et jusqu’au-boutiste au point d’en devenir dérangeant. Pour son premier récit au long cours seul à la barre, Bruno Duhamel livre un ouvrage qui fait le point et arrive pile-poil au bon moment.

Résumé de l’éditeur : Sur une île volcanique imaginaire, le célèbre peintre Cristóbal meurt violemment dans un mystérieux accident de voiture. Sa notoriété et son action politique donnent à cette mort un retentissement tel que la police est contrainte d’ouvrir une enquête. Le peintre a en effet réussi à se créer une véritable collection d’ennemis parmi les investisseurs et les industriels locaux et étrangers. Un inspecteur reçoit alors la lourde charge d’aller fouiller le passé de l’un des hommes les plus puissants (trop peut-être ?) de ce morceau de lave perdu au milieu des océans.

 

 

Recherches de couverture © Bruno Duhamel

 

 

Recherches de couverture © Bruno Duhamel

 

Seul sur le sable, les yeux dans l’eau, son rêve était-il trop beau ? Trop fou, aussi ? Toujours est-il que Cristóbal s’est écrasé avec lui, platement sur les roches d’un ultime virage raté. Et comme sous l’impact de la mort, l’artiste n’a sans doute pas pu voir sa vie défiler sous ses yeux, d’autres vont se charger de la reconstituer. Il faut dire que la mort de Cristóbal est d’autant plus suspecte que ce poids lourd tout aussi volcanique que l’île de laquelle il a changé la face en a divisé ses habitants et ceux qui la convoitaient. Cristòbal, comme un ouragan, « petit con débarqué de New York » après y avoir trouvé fortune et renommée, et bien certain, tel Frankenstein, de transformer son île natale en sa créature à lui tout seul.

 

 

© Bruno Duhamel chez Grand Angle

 

 

© Bruno Duhamel chez Grand Angle

 

Plus qu’un roman graphique, c’est un acte de résistance que propose Bruno Duhamel. Résister par l’art face aux collusions politico-financières et aux sociétés du tourisme qui aimeraient bien disposer de son île pour en faire un parc d’attraction où le soleil brillerait toute l’année sur une mer translucide. S’inspirant, mais pas trop, de l’idée et du travail de César Manrique sur l’île de Lanzarote, Duhamel se sert de l’enquête comme d’un prétexte (loin de la négliger pour autant) pour pousser son raisonnement : qui du maître ou de l’oeuvre est propriétaire de l’autre ? Même en prenant toutes nos dispositions, est-on capable de tout contrôler jusqu’au moindre grain de sable d’une plage infinie ? Et c’est là que se loge le drame de l’artiste fait homme (et vice-versa) qu’est ce tonitruant Cristòbal.

 

 

© Bruno Duhamel chez Grand Angle

 

 

© Bruno Duhamel chez Grand Angle

 

En éloge du lâcher-prise et des merveilles qui nous entourent si on daigne lever le nez de nos « douze travaux », Le Retour est un voyage d’une nonantaine de pages dont on ne sort pas franchement indemne. Parce qu’au-delà du propos, Bruno Duhamel a trouvé une fantastique manière de le mettre en scène. Mieux : de le faire vivre.

En inversant les codes de couleurs, notamment, utilisant un rendu sépia pour suivre l’enquête actuelle et retrouvant les couleurs du passé pour suivre notre héros à travers les époques. Que dire aussi des quelques magnifiques planches bordées de noir pour mieux se confondre à la nuit. C’est fortiche, tout comme ce dessin si généreux et expressif dans un environnement qui, en attendant le réveil du volcan se fait western, huis-clos parfois, est si contemplatif. Ce retour-là, à l’instar des gigantesques sculptures de Cristòbal, il est… géant! Une belle bouffée d’air frais.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le retour

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Bruno Duhamel (et page Facebook)

Genre : Polar, Drame

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nbre de pages : 96

Prix : 18,90€



Publié le 14/02/2017.


Source : Bd-best


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