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Cosmik Roger se décline en intégrale. L'univers n'a qu'à bien se tenir !

URGENT !
Cherche grosse planète déserte et pas trop froide pour sauver l'humanité.
Demander Cosmik Roger au «Rendez-vous des Anneaux».

Dans le futur, les problèmes de surpopulation sur la Terre ont atteint un seuil critique. Alors que les êtres humains s'entassent là où ils peuvent (jusque dans la Maison Blanche qui sert aussi de crèche et de supermarché), le président des Terriens décide d'envoyer un homme, Roger, explorer l'espace à la recherche d'une planète inhabitée et viable. Mais Roger est plus intéressé par la boisson et les femmes que par les problèmes de l'humanité.

 

 

 

© Mo-Julien/CDM - Fluide Glacial

 

 

Cosmik Roger est apparu sous les traits et la plume de Julien Solé connu aussi sous le pseudo de Julien/CDM.
Cet anti-héros de l'espace est né en 2002. Maladroit, gaffeur, pochetron et porté sur la cuisse, Cosmik Roger est censé sauver le monde.
Mo/CDM n'a donc pas tardé à rejoindre son comparse Julien pour ensemble créer des gags aussi spatialement tordants les uns que les autres.
Véritable parodie de S.F. avec pour seule prétention de nous faire rire aux éclats, c'est un pari qui à toujours réussi et qui donne le prétexte

 

 

 

 

© Mo-Julien/CDM - Fluide Glacial

 

Julien CDM, veut dire «Chiures De Monde» qui est un mix du titre d'un album de Tardi : Chiures de gomme et du titre d'un album de Moebius : Tueur de Monde. Julien est né en 1971 en Seine-Saint-Denis, ce qui est déjà curieux. Mais il abandonne très vite les chaussons de danse pour se consacrer à sa passion secrète et dévorante : la musique en général et la basse en particulier. Mais l'apparition d'ampoules disgracieuses au bout de ses doigts le contraignent à mettre un terme à une carrière pourtant prometteuse. En 1997, il rencontre, toujours chez Fluide, Manu Larcenet qui lui scénarise des petites histoires pour le mensuel. Il continue dans le registre futuriste, mais tout seul cette fois-ci, avec un nouveau personnage, Cosmik Roger, dont le premier tome sort début 2002. Chez Fluide, on lui doit également le surprenant Zumbies, nominé à Angoulême 2011.


Mo, pas encore labellisé «CdM» à l'époque, a vu le jour le 30 mai 1971 sous le soleil de Papeete. Accra au dessin depuis qu'il a la force de tenir un crayon, il crée le fanzine Chieurs de Mondes au lycée, en compagnie de Ralph Meyer et Julien. Plus tard, il entame une collaboration durable avec «Fluide Glacial», et débarque dans les pages du mensuel, aux commandes de Forbidden Zone, puis il reprend le scénario de Cosmik Roger à la demande de son vieux compère Julien/CdM. Mo/CDM n'a pas reçu la Légion d'Honneur.
à réunir les trois premiers volumes en intégrale.

A ce jour 7 albums constituent la série.
Cette intégrale reprend les albums suivants : Tome 1 - Cosmik Roger, Tome 2 - Une planète sinon rien et Tome 3 - Cosmik Roger contre le général Gore

Tyle Craig


Titre : Cosmik Roger Intégrale 1 - T1 à T3

Collection : Série or

Genres : Humour

Nb. pages : 144

Éditeur : Fluide Glacial

Prix : 14 EUR



Publié le 22/05/2017.


Source : Bd-best


Oeil pour oeil, dent pour dent et… nain contre nain dans un bras de fer politico-financier plongé en héroïc fantasy

« On a souvent besoin d’un plus petit que soi. » La Fontaine ne croyait pas si bien dire, et voilà que la série Nains, et ses personnages complexes mais aussi attachants (bon pas de trop près, ils sont souvent armés jusqu’aux dents), est toujours aussi prenante et addictive. Dans le deuxième volet de cette deuxième salve, et au-delà du titre Derdhr du Talion, c’est une vieille connaissance que nous retrouvons : Ordo du Talion, dont nous suivions déjà les exploits dans le deuxième tome de la série.

 

 

 

 

© Jarry/Crety/Digikore Studios chez Soleil

 

Résumé de l’éditeur : Quinze années se sont écoulées depuis l’incendie qui a ravagé Fort Druz. L’ordre du Talion n’a pas été détruit. Le pouvoir a seulement changé de mains, passant de celles des archivistes à celles des seigneurs de la banque de Pierre. Pourchassé par les maîtres assassins de la loge Noire, Ordo a renoncé à sa vengeance… Jusqu’au jour où la belle et mystérieuse Derdhr, l’un des plus puissants seigneurs de la banque de Pierre, vient le trouver pour lui proposer de terminer ce qu’il a commencé…

 

 

 

 

©Jarry/Créty

 

Dans ses premières aventures, Ordo sacrifiait tout à la vengeance envers et contre ceux qui avaient sacrifié sa vie et son enfance sur l’autel de la violence. Pourtant, le temps a encore un peu plus passé et Ordo s’est ravisé. Parce que le premier acte de sa vengeance ne s’est pas passé comme il le souhaitait et que même en mettant le pouvoir à feu et à sang, il y a toujours des serpents latents qui reprendront les rênes du royaume quelques moments plus tard. Alors Ordo est résigné. De l’équipe qu’il avait formée il y a quinze ans, il ne reste plus que le trio qu’il forme avec la solitude et le mensonge. Ben oui, il faut bien se protéger quand on a « les treize maîtres de la loge noire au joufflu ». De quoi apprendre à profiter de chaque moment comme si c’était le dernier mais aussi de s’inventer « vie après vie », cette fois il est le maître-coordinateur de chantier Joris, en espérant que personne ne retrouvera sa trace.

 

 

 

 

© Jarry/Crety/Digikore Studios chez Soleil

 

Pour le coup, c’est raté et voilà que la vénéneuse Derdhr, seigneur de la Banque de Pierre, arrive pour lui proposer un marché qui commence déjà par quelques menus chantages. Ordo est piégé et la quête de pouvoir financier de Derdhr fait désormais écho à la lutte vengeresse passée du guerrier. Ordo, rouage nécessaire à la gigantesque machination politico-financière qui se met en place, va devoir reprendre les armes et renouer avec sa vengeance sans pitié. Avec en ligne de mire… son père, celui qu’il avait juré de tuer avant de se raviser, celui qui fait figure d’ultime obstacle pour Derdhr et son accession à la domination.

 

 

 

 

© Jarry/Crety

 

Rabattant une nouvelle fois les cartes sans perdre de vue les dimensions père-fils et amour-haine inhérente à la totalité des récits de cette série, Nicolas Jarry nous emmène, cette fois, dans une sorte de thriller financier et politique toujours aussi bien englouti et digéré par le monde de l’Héroïc fantasy. Alors, rassurez-vous, si on parle argent et gros bonnets, les têtes tombent toujours autant, la guerre gronde entre dragons et soldats surentraînés mais s’invite aussi dans les intrigues médisantes et machiavéliques du palais. Et Ordo, dans tout ça, tente de surnager pour ne pas jouer sa dernière pièce dans un final que n’aurait pas renié Jules César. Dans ce jeu de manipulation et de stratégie, Stéphane Créty continue à faire valoir la grande qualité graphique de cette saga. Il retrouve son héros, le métamorphose physiquement, sans toucher à la puissance de son univers, vertigineux entre plongée et contre-plongée, sans jamais se casser les dents sur les éperons rocheux où se perchent les châteaux imprenables (du moins, on le pensait). Le crayon de Créty est un tranchoir de bien belle facture ! Et Nains continue sa success story.

 

Alexis Seny

 

Série : Nains

Tome : 7 – Derdhr du Talion

Scénario : Nicolas Jarry

Designer : Pierre-Denis Goux

Dessin : Stéphane Créty

Couleurs : Digikore Studios

Genre : Héroïc fantasy

Éditions : Soleil

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€

 



Publié le 22/05/2017.


Source : Bd-best


Jazz, l’éclat de lucidité vital du jeune Marcel Pagnol remis sur les planches… de BD

On vous en a déjà  parlé, depuis quelque temps, la collection Grand Angle a commencé un chantier totalement fou, à savoir : adapter l’intégralité de l’oeuvre de Marcel Pagnol en bande dessinée. Les plus connues comme les méconnues. À l’instar de Jazz, pièce de théâtre touchant au domaine fantastique et qui fut, en 1926, le premier succès du natif d’Aubagne. Ou comment un professeur qui a voué sa vie à la recherche d’un texte inédit de Platon va être bien obligé de changer son fusil d’épaule et d’aller à la rencontre de l’esprit de sa vie (et pas seulement des Noëls) passée.

 

 

 

 

 

 

 

© Scotto/Stoffel/A.Dan chez Grand Angle

 

Résumé de l’éditeur : À 56 ans, Blaise vient de terminer l’étude approfondie d’un texte inédit qu’il attribue à Platon. Cette thèse lui permettra d’accéder à une chaire à la Sorbonne. Mais la révélation par un spécialiste américain des erreurs d’hypothèses qu’il a commises ruine ses espérances. Alors qu’il a consacré plus de trente ans à ce travail. Blaise réalise qu’il a oublié de vivre sa vie. Une vie qui s’avère désormais sans aucun but.

 

 

 

 

© Scotto/Stoffel/A.Dan chez Grand Angle

 

« (…) Jouissez de la vie, sans perdre une seconde ! Celui qui vous le dit a raté la sienne ! » Un air de Reggiani et de son Temps qui reste, un peu d’ultramoderne solitude (même si c’est en 1926, même s’il s’agit de langues anciennes) et une once de Dickens au pays des cigales, Jazz, c’est un peu tout ça et bien plus encore. C’est l’inéluctable quête d’un homme qui se rend compte trop tard qu’il a raté sa vie trop tôt. Que toutes les réjouissances qui ont comblé sa vie et son vide, il se les créait. Sa dernière quête, cette recherche du Phaéton de Platon, pouvait lui amener la gloire et la reconnaissance éternelle, mais voilà déjà que, si proche du but, on se rend compte que tous les efforts de Blaise ne tenaient pas de bout.

 

 

 

 

© Scotto/Stoffel/A.Dan chez Grand Angle

 

De héros en risée, Blaise fait finalement ce qu’il sait faire le mieux : se cloîtrer chez lui, plus pour travailler mais pour se morfondre. Mais c’est sans compter l’esprit du jeune et fringant homme qu’il était autrefois, celui qui goûtait à la vie et croyait en l’amour. Mais, peut-être n’est-il pas trop tard? Alors, comme dans un ultime baroud qui est moins d’honneur que de vie, le quinquagénaire retrouve ses ailes d’antan. Et envoie valdinguer la bienséance si chère à ses contemporains. « Un scandale ? Parce que dans la maison des morts, l’un d’entre eux s’est levé et s’est mis à vivre… »

 

 

 

 

© Scotto/Stoffel/A.Dan

 

Si vous deviez citer dix oeuvres de Marcel Pagnol,  sans doute que Jazz n’en ferait pas partie, parce que méconnue, comme nous le disions. C’est d’autant plus plaisant de découvrir en compagnie de Serge Scotto et Éric Stoffel, au scénario, et d’A.Dan (le trio qui avait signé Merlusse, il y a quelques mois) cet éclat de lucidité d’un Pagnol encore très jeune. Mais comment adapter une pièce de théâtre sur les planches de la BD ? Ça s’est déjà vu, ça se verra encore, et il n’y a sans doute pas de recette miracle. Ici, Scotto et Stoffel gardent tout le sel, le charme et le rythme de la pièce et de ses jeux de ping-pong entre les personnages principaux, tandis qu’A.Dan parvient impeccablement à dépayser et à varier les décors souvent difficilement interchangeables d’une pièce de théâtre. Si bien que sur les 58 planches de cet album, la leçon de vie est sublimée et fait encore bien plus écho, nonante ans plus tard.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Jazz

Récit Complet

D’après la pièce de théâtre de Marcel Pagnol

Scénario : Serge Scotto et Éric Stoffel

Dessin et couleurs : A. Dan

Genre : Pièce de théâtre, drame

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nbre de pages : 68 (+ dossier de 3 pages)

Prix : 16,90€



Publié le 18/05/2017.


Source : Bd-best


Du pain et des jeux entre Bourreau et Bouffon, que demande la plèbe ?

Avec leur premier tome du Bourreau, quelque part entre Victor Hugo et le combat du bien et du mal façon « super-héros américains », l’équipe emmenée par Mathieu Gabella et Julien Carette nous avait pris au jeu de ce piège fantastique et médiéval qui se refermait sur les criminels parisiens. Mais si, dans cette mission divine, le bourreau s’était trompé et avait tué un innocent. Les certitudes se déglinguent d’autant plus qu’un Bouffon sorti d’on ne sait où risque bien de mettre en doute sa suprématie d’exécuteur. Place aux Mascarades.

 

 

 

 

 

 

Illustration © Julien Carette

 

Résumé de l’éditeur : Le Bourreau n’est plus le seul capable de miracles à Paris. Un mystérieux saltimbanque a fait son apparition, redonnant espoir aux Parisiens. Le Parlement a ordonné son arrestation, mais l’exécuteur est obsédé par cet enfant que le Bouffon a sauvé, et par l’étrange cave qu’il a découverte… Curieusement, les nobles sont déterminés à l’empêcher de fouiller dans cette direction. Le Bouffon, l’enfant miraculé, les nobles… Tout est lié, il le sent, mais par quoi ?

 

 

 

 

 

 

© Gabella/Carette

 

Mûri dans le sens du sacrifice et dans le souvenir ensanglanté de ce qui arrive aux bourreaux qui ne suivent pas la loi divine, voilà que notre Bourreau doit désormais faire face à des doutes coriaces qui risquent bien de l’ébranler, tout invincible soit-il. Pourtant, au vu de son don, identifier les criminels les plus saugrenus de la Ville pour ensuite les convoquer dans un piège à souris imparable, cela n’avait rien de sorcier (enfin si, un peu). Mais l’indétrônable Bourreau, que tout Parigot qui ne serait pas droit dans ses bottes et aurait déjà versé le sang se doit de craindre, pourrait bien avoir failli, induit en erreur par son propre allié, son… Don.

 

 

 

 

© Gabella/Carette/Benoit

 

Et si l’Exécuteur doit comprendre et expier son erreur, son temps est compté. Un Bouffon vient jouer les trouble-fêtes pour mieux tourner en ridicule le taulier sanctionnateur et le déstabiliser. Car, oui, le Bourreau doit l’admettre : il n’est plus l’exception, le seul être à posséder ce pouvoir de vie et de mort, d’immortalité… Pire, le Bouffon semble bien lui être supérieur en diable et pourrait bien le tuer.

 

 

 

 

© Gabella/Carette/Benoit

 

C’est sûr, il n’est jamais évident de mettre en oeuvre une histoire se déroulant à la fois dans les flashbacks et le présent. Tout comme il n’est pas évident non plus de sortir des sentiers et les schémas battus et rabattus par les enquêtes plus ou moins médiévales. Avec le Bourreau, c’est jour de promo, puisque les deux aspects sont bien inhérents à cette trilogie (pour commencer ? car on n’ose croire que les auteurs auront tout exploité en trois albums) et qu’en plus ils se mettent en place de manière géniale.

 

 

 

 

© Gabella/Carette/Benoit

 

C’est vrai que ce n’est pas tous les jours qu’on a affaire à un super-héros moyenâgeux qui survole les toits avec une légèreté qui n’a d’égale que la dureté de ses sanctions. Mais quand on escalade les murs de la Ville qui n’est pas lumière, la chute peut survenir à tout moment… mais pas dans ce deuxième tome. Habiles équilibristes, Mathieu Gabella et Julien Carette (aidé par une armada d’artistes : Sylvain Guinebaud au storyboard, Jérôme Benoit pour les décors, Simon Champelovier aux couleurs souvent ombragées, le trio Didier Poli – Jérôme Benoit – Lou à la couverture, le tout sous la coordination de Nautilius Studio) ne flanchent pas et continuent sur l’excellente lancée du premier tome, éclairant un peu les zones d’ombre sans trop en dévoiler. De quoi préparer une voie royale au troisième tome.



 

 

Alexis Seny

 

Série : Le bourreau

Tome : 2 – Mascarades

Scénario: Mathieu Gabella

Storyboard: Sylvain Guinebaud

Dessin: Julien Carette

Décors: Jérôme Benoit

Couleurs: Simon Champelovier

Couverture: Didier Poli, Jérôme Benoit et Lou

Coordination artistique: Nautilus Studio

Genre: Fantastique, Thriller, Cape et épée

Éditeur: Delcourt

Collection: Terres de légende

Nbre de pages: 56

Prix: 14,95€



Publié le 16/05/2017.


Source : Bd-best


Le fulgur : Bec et Nenadov surfent sur la vague Verne pour aller vers l’infini et au-delà et tâter des monstres abyssaux

Dernièrement, on vous a pas mal parlé d’H.G.Wells adapté en BD. Mais il n’y a aucune raison pour que ce pionnier de la science-fiction soit le seul à bénéficier des yeux doux du Neuvième Art. Jules Verne aussi a la cote dans la BD tant l’univers auquel il a donné vie ne cesse de nourrir l’imaginaire d’auteurs tous azimuts. La preuve avec le récent Fulgur de Christophe Bec, Dejan Nedanov et Tanja Cinna qui nous projettent dans les entrailles de la Terre. Et en 1900, celles-ci peuvent receler bien des dangers.

 

 

 

 

 

 

© Bec/Nenadov/Cinna chez Soleil

 

 

Résumé de l’éditeur : 1907. Suite à une terrible tempête, un navire voguant dans le canal du Yucatan sombre dans une fosse sous-marine avec un milliard d’or pur dans ses soutes. Bientôt, un groupe hétéroclite, savants, aventuriers, hommes d’affaires et journalistes, embarque à bord du Fulgur, un sous-marin unique en son genre, afin de retrouver la cargaison perdue. Mais leur aventure à 4 000 mètres de profondeur va rapidement prendre une tournure défiant l’entendement!

 

 

 

 

Ex-libris pour BDFugue © Bec/Nenadov/Cinna chez Soleil

 

20 000 lieues sous les mers, c’est beaucoup, mais 4000 mètres, ça suffit déjà amplement à connaître le grand frisson et à séduire les amateurs de sensations fortes. Surtout quand on voyage au centre de la terre, ou presque. Tombée en plein milieu d’un western nautique (des premières cases aux dialogues très far west), l’équipe du Fulgur entend bien retrouver le trésor de la Sierra Maestra envoyée, avec son milliard d’or pur, au fond du canal du Yucatan par un ciel de colère. De quoi nourrir les fantasmes des plus aventureux chercheurs d’or qui se sont construit un sous-marin révolutionnaire. Révolutionnaire mais toujours submersibles d’autant plus quand il est sujet à l’attaque de monstres marins insoupçonnés.

 

 

 

 

© Bec/Nenadov/Cinna chez Soleil

 

Si le cinéma renoue avec les monstres au grand air comme les Godzilla et autres King Kong, le fond des mers ne doit pas pour autant être sous-estimés tant il regorge de monstres à faire pâlir, Bruce, le requin de Spielberg dans Les dents de la mer. Ainsi, ce qui devait être une promenade de santé frôlant les abysses va vite devenir un parcours du combattant en scaphandrier face à des requins géants, des dinosaures ressuscités d’on ne sait où et bien d’autres bébêtes que ni vous ni moi ne souhaitons connaître (la dernière planche laisse penser que nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises).

 

 

 

 

© Bec/Nenadov/Cinna chez Soleil

 

Derrière les trois chapitres de ce premier tome (sur trois), on identifie très vite Christophe Bec car le scénariste continue dans la lignée de deux de ces oeuvres récentes, Blood Red Lake mais surtout Bikini Atoll, et cette incursion dans les mortelles profondeurs ne désarçonne pas son auteur qui, tout en jouant d’un univers maintes fois exploré, parvient à séduire par l’aspect totalement glauque et désespéré de cette oeuvre encore mystérieuse. Côté dessins, le Serbe Dejan Nenadov trouve chaussure à son pied et matière à prouver si besoin était qu’il n’a pas son pareil pour créer d’affreuses créatures aux dents carnassières. Mais le Fulgur, ce n’est pas qu’un cirque freak des profondeurs, et c’est avant tout une audace steampunk et une ambiance début de siècle parfaitement restaurée. Puis, des gueules, surtout des gueules, burinées, de gars qui n’ont rien à perdre (mais qui ne pensaient tout de même pas pouvoir perdre la vie) et pas forcément commodes mais qui remporte quand même, par leur témérité et leur esprit d’aventure, l’adhésion des lecteurs dans cette éprouvante quête de survie. Les couleurs de Tanja Cinna finissent d’ajouter à cette fresque la dose d’effroi qui nous parcoure l’échine durant ces 62 pages laissées en suspens par un « à suivre », comme toujours désarmant.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le Fulgur

Tome : 1/3 – Au fond du gouffre

Scénario : Christophe Bec

Dessin : Dejan Nenadov

Couleurs : Tanja Cinna

Couverture : Yvan Villeneuve

Genre : Aventure, Horreur

Éditeur : Soleil

Nbre de pages : 64

Prix : 15,50€



Publié le 16/05/2017.


Source : Bd-best


De Germinal en Geronimo, de peaux noires en gueules rouges

Après nous avoir dépaysés au fil des délires spatiaux de Mobutu, le dessinateur Eddy Vaccaro nous plonge, avec Jean-Michel Dupont, dans une tout autre ambiance : celle de ch’nord et de la mine crasseuse, qui fait toussoter et cracher noir, au mieux, et vous prend la vie, au pire. Les mines terreuses y sont assorties, de génération en génération, entre ceux qui s’y résolvent et ceux qui rêvent encore et toujours d’évasion. Et si celle-ci était entrevue dans le passage tonitruant du show de Buffalo Bill dans le coin ?

 

 

 

 

 

© Dupont/Vaccaro chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Été 1905. En tournée dans toute l’Europe, le cirque de Buffalo Bill s’arrête à Valenciennes. Un événement considérable pour la population locale et l’occasion pour Gervais, un gamin qui travaille au fond de la mine, d’élargir son horizon. De sa rencontre poignante avec des Sioux du cirque va naître une terrible erreur judiciaire quand ses amis indiens sont accusés d’un meurtre sauvage…

 

 

 

 

© Dupont/Vaccaro chez Glénat

 

Au nord, c’étaient les corons… L’air est connu, le refrain aussi et, pourtant, des tréfonds de la terre et de la mémoire des anciens, la mine a encore des choses à nous dire. On en veut pour preuve Les Gueules rouges, première collaboration entre Jean-Michel Dupont et Eddy Vaccaro. Un ouvrage surprenant et attrayant tant il croise deux mondes qu’on n’aurait pas forcément relié. Celui des mineurs, d’abord, où chaque jour (pour peu qu’ils le voient) est un éternel recommencement, où les plaisirs sont finalement vains, entre misère, alcool et l’invitation des femmes de petite vertu. C’est comme ça et, si rien ne change, cela continuera. Pourtant, ce n’est pas forcément cette vie-là que s’était imaginé Gervais. Brillant élève, par ses notes prestigieuses et la fierté de son instituteur, Gervais pensait bien échapper à l’appel du monstre des profondeurs. Mais, dans ce village (en est-ce un ou est-ce plutôt un dortoir?) à deux pas du monument cycliste Arenberg, on n’a pas vraiment le contrôle de son destin. Et, même si, pour quelques jours, Buffalo Bill et sa troupe promettent des chevauchées fantastiques.

 

 

 

 

© Dupont/Vaccaro chez Glénat

 

Pourtant, dans la première partie, on en est loin. Loin que ce soit tout noir, on rigole avec les mineurs, mais on sent bien que cette vie-là, elle n’est pas tenable. En attendant, Dupont et Vaccaro se livrent à une chronique bien vue et fidèle de ce que les prolétaires vivaient au jour le jour, en ce temps-là. Ça dure quelques dizaines de planches, puis, le western arrive à la charge, sans pour autant désorganiser la vie des piocheurs, des molineux et autres porions. Pour le moment. Et après avoir goûté au pain d’alouette, Gervais goûte aux profondeurs minières en espérant ne pas goûté au grisou.

 

 

 

 

© Dupont/Vaccaro chez Glénat

 

C’est toutes les incertitudes d’un gamin, bien trop jeune que pour être employé à la dure tâche des gueules noires, qui se confrontent dans l’exiguïté et l’ombre. Puis, comme un horizon peut-être bien atteignable, voilà qu’une affiche de Buffalo Bill lui parvient. Commence alors une randonnée vers la ville, un peu semblable à celle de Duchazeau, quelques lustres plus tard, à la poursuite de la Mano Negra.

 

 

 

 

© Dupont/Vaccaro chez Glénat

 

Dès lors, Dupont et Vaccaro brillent tout autant et s’emploient à reconstituer en grande pompe l’arrivée de William Bill Cody, ses Indiens et ses bêtes sauvages. Le drame humain ch’ti (avec une saveur inhérente aux dialogues en chtimi) croise les grandes épopées du Far West avant que les deux auteurs y invitent, de manière totalement inattendue, une enquête policière. Récit en plusieurs volets, Les Gueules Rouges réussit à mêler les genres sans rien oublier de sa portée mémorielle, pour ne rien oublier du passé terreux et dangereux de nos contrées. Le dessin de Vaccaro préfère la puissance de ses ambiances (auxquelles collaborent parfaitement ses couleurs aquarelles et charbonneuses, incendiaires comme une lueur d’espoir dans la mine) à la précision de son trait. Et c’est très réussi.

 

Alexis Seny

 

Titre : Les gueules rouges

Récit complet

Scénario : Jean-Michel Dupont

Dessin et couleurs : Eddy Vaccaro

Genre : Chronique sociale, Historique, Western

Éditeur : Glénat

Collection : 1000 feuilles

Nbre de pages : 120

Prix : 20,50 €



Publié le 12/05/2017.


Source : Bd-best


Wonder Woman, au cinéma et en libairie avec Urban Comics

En attendant le film Wonder Woman, en salles le 7 juin prochain, nous vous proposons de découvrir les principales séries de ses aventures, de Wonder Woman Dieux et mortels, de Georges Pérez, qui a servi de base à l'écriture du scénario du film, à l'actuelle refondation du mythe Wonder Woman par Greg Rucka, avec Wonder Woman T1, dans le cadre du Rebirth DC Comics. Sans oublier, pour les amateurs comme pour les néophytes, Wonder Woman Anthologie, qui retrace 75 ans d'aventures et de création autour du personnage de la Princesse Amazone.

Aux côtés de Superman et de Batman, Wonder Woman est le troisième pilier de la Trinité de DC Comics. De par ses origines puisées dans la mythologie grecque, elle représente également l’héritière des demi-dieux de l’Antiquité, dont les exploits anticipaient ceux des justiciers aux pouvoirs faramineux des comics. Mais elle est aussi une somme de paradoxes : issue d’une grande lignée de guerrières, elle prêche la paix, sa force et ses aptitudes lui confèrent une grande indépendance, mais elle a longtemps été fiancée à Steve Trevor, le premier homme à avoir posé les pieds sur l’île où elle a grandi ; enfin, membre de la Ligue de Justice, elle siège dans le même temps aux côtés du panthéon de l’Antiquité.

 

 

 

 

Quatre Questions à Yann Graf, éditeur d’urban comics, responsable de la collection dc antholoGie et auteur de Wonder Woman anthologie :

Comment est née wonder woman ?

Wonder Woman est née sous l’impulsion de William Moulton Marston, psychologue (inventeur du détecteur de mensonge) et amateur de bandes dessinées qui désirait offrir un personnage féminin aussi puissant que superman qu’il admirait. Il a donc proposé un projet aux éditeurs d’All American Comics (ancêtre de DC Comics) qui s’appelait « Suprema, the Wonder Woman » et que l’éditeur Sheldon Mayer a aidé à aiguiller pour aboutir à la Wonder Woman que tout le monde connaît.

Quelles sont ses traits caractéristiques ?

Wonder Woman a bien sûr des pouvoirs prodigieux (force, vitesse…) qui la rendent aussi redoutable au combat que ses homologues masculins, et elle utilise des armes et engins (lasso de vérité, avion invisible) qui en font une héroïne à part entière. Mais Wonder Woman est aussi la Princesse Amazone de l’Île de Themyscira, elle est donc à la fois une guerrière et une pacifiste. Ce paradoxe aboutit aux récits les plus intéressants comme Kingdom Come et son futur où elle est devenue plus agressive, ou Greg Rucka présente Wonder Woman, où on se concentre sur son action d’Ambassadrice et sa vision féministe.

Quelle est son évolution au sein de l’univers dc, et au-delà  ?

Wonder Woman a connu rapidement un gros succès commercial qui l’a amenée à être publiée au cours de la Seconde Guerre mondiale dans pas moins de trois revues dont une à son nom (Sensation Comics, Comic Cavalcade et Wonder Woman) mais également dans All Star Comics où elle fait partie de la Société de Justice, premier groupe de super-héros de l’histoire des comics (elle en sera même un temps la secrétaire). Avec le temps, Wonder Woman devient un des rares personnages DC à avoir été publiés sans interruption sur 75 ans (comme Batman et Superman) : elle est un des piliers de leur groupe phare, la Ligue de Justice. Comme eux, elle a su s’adapter aux modes et aux évolutions de la société.

En quoi peut-on considérer qu’elle constitue une icône de la pop culture aujourd’hui ?

Tout le monde connaît Wonder Woman de par le monde, grâce notamment à la série télévisée où elle était incarnée par Lynda Carter. Elle est également devenue une icône féministe (elle a fait la couverture du premier numéro du magazine Ms.) dans les années 1970, après avoir connu une période « mode » dans les années 60 (relookée façon Emma Peel dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir), et une figure de propagande (dans les années 1940). C’est cette adaptabilité qui fait la marque des grands héros de la pop culture.

 

 

Cinq ouvrages pour (re)déCouvrir la prinCesse amazone :

wonder woman - dieux et mortels de George pérez

 

 

La version classique de la célèbre amazone, la plus puissante guerrière de l’Univers DC. Le titre aborde des sujets complexes comme le féminisme, la menace nucléaire, la drogue, le suicide, tout en demeurant une série super-héroïque spectaculaire. Cette saga a également été la base des scénaristes pour l’écriture du film à venir.
 
t.2 en librairie le 2 juin - dc essentiels - 344 pages - 28 €


 

Wonder woman anthologie Collectif

 

De ses débuts dans les années 1940, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale, à sa réactualisation moderne par Brian Azzarello et Cliff Chiang, retrouvez toutes les facettes de la Princesse Amazone, dévoilées par ses plus grands auteurs : William Moulton Marston, Harry G. Peter, George Pérez, Gene Colan, Ross Andru, John Byrne, Mike Deodato Jr, Yanick Paquette, Phil Jimenez et Greg Rucka.

en librairie depuis le 15 avril - dc anthologie - 400 pages -  25 €

 

 

Greg rucka présente wonder woman Greg rucka, J.G. Jones & drew Johnson

 

 

Les débuts du romancier Greg Rucka sur le personnage de Wonder Woman, dix ans avant sa reprise pour l’événement DC Rebirth ! Ces épisodes composent une série qui mêle action et politique fiction, dans la lignée des meilleures productions télévisuelles.

t.2 en librairie le 19 mai - dc signatures - 296 pages -  22,50 €


 

 

Wonder woman t.1 Greg rucka & nicola scott

 

 

Dix ans après ses débuts, Greg Rucka retrouve Wonder Woman pour la reprise de ses aventures ! Diana, fille de la reine Hippolyte de Themiscyra, est une enfant vive et provocatrice. Élevée dans le respect de ses sœurs amazones, elle va être amenée à remettre en question son héritage lorsque le militaire Steve Trevor échoue sur les plages de leur île.

en librairie le 9 juin - dc rebirth - 168 pages -  15 €


 

Wonder woman terre-un Grant morrison & Yanick paquette

 

Grant Morrison et Yanick Paquette modernisent les origines de Wonder Woman. à la fois provocantes et uniques, ces nouvelles aventures dépeignent une Princesse Amazone révoltée, volontaire et iconoclaste.

en librairie le 19 mai - dc deluxe - 144 pages -  15 €











Publié le 12/05/2017.


Source : Bd-best


D’une Fleur de Bambou à une guerre civile pas si lointaine, il n’y a qu’un monde, celui de Marazano

Alors que la moyenne des dessinateurs de BD sort un album par an, il est beaucoup plus aisé pour les scénaristes de diversifier leurs parutions sur une année. Certains privilégient un genre en particulier quand d’autres aiment se diversifier et tester tous les domaines possibles et imaginables. Comme les Zidrou, Runberg ou encore Richard Marazano. C’est de ce dernier, également souvent à l’oeuvre pour les storyboards, dont il sera question, ici, avec deux premiers tomes augurant deux séries totalement différentes. L’une pour les enfants (mais pas que), Fleur de Bambou avec Cat Zaza; l’autre pour les lecteurs plus matures, Mémoire de la guerre civile pour lequel le scénariste retrouve Jean-Michel Ponzio.

Puisque les grands ont, normalement, appris la patience, commençons par Fleur de Bambou qui ravira les plus jeunes sans pour autant exclure les parents, au pays des animaux tout mignons mais courant pourtant un grand danger. Un récit qui pourrait être taillé pour l’École des Loisirs, la preuve il est édité par sa maison soeur, Rue de Sèvres.

 

 

 

 

© Marazano/Zaza chez Rue de Sèvres

 

Résumé de l’éditeur : Tout allait dans la forêt jusqu’à ce que les bambous se mettent à fleurir, ce qui, comme chacun sait, annonce la mort imminente de ces arbres. Devant ce phénomène, les animaux parlementent et s’organisent : il faut réagir ! Une seule solution s’impose : partir en quête du grand esprit fondateur de la forêt, et lui demander de nouvelles graines de bambou. Panda Roux l’intrépide et la Fouine, nettement moins courageux, se mettent en route. Ils seront même accompagnés de la fille des hommes, habitante de la forêt elle aussi menacée et pas si terrifiante qu’on pourrait le croire de prime abord. Un parcours semé d’embûches et de rencontres les attend, où ils devront faire preuve d’ingéniosité et de solidarité.

 

 

 

 

recherches pour l’héroïne


 

Fleur de Bambou, c’est un peu la rencontre, jusqu’ici improbable, entre Les animaux du bois de Quat’sous et le Livre de la jungle, le tout porté par un élan contemporain pour l’écologie. Avec cette fable initiatique par excellence au pays des bambous, dans une jungle inventée et dont on ne sait si les déboires sont causés par l’homme, Richard Marazano et Cat Zaza ne font pas oeuvre professorale et unidirectionnelle, pour autant.

 

 

 

 

© Marazano/Zaza

 

Et pendant que leurs personnages manquent de tact et se rejettent la faute de la floraison de la forêt qui, si elle est belle, signifie la mort prochaine de leur écosystème; les deux auteurs tissent une belle histoire dans laquelle les choses ne sont pas toujours celles que l’on pense être. Quitte à être tous sous la même menace, autant ne pas mettre tout le monde dans le même panier et faire fruit des forces et des faiblesses de chacun.

 

 

 

 

© Marazano/Zaza

 

Ainsi, la petite équipe se met en marche et n’est pas au bout de ses surprises dans cette végétation luxuriante allumée de toute la biodiversité dont sont capables le dessin et les couleurs de Cat Zaza qui a muri ce projet pendant plus de quatre ans et réussit de manière sublime son entrée dans le monde de la BD. De quoi faire oublier la trame de ce premier tome, peut-être un peu trop attendue mais permettant à ce très bel univers de se mettre en place.

 

 

 

 

© Marazano/Zaza

 

Reste que les gosses n’y verront que du feu et suivront avec bonheur les frimousses attachantes de ces vivants existants (des ours aux gorilles en passant par le craquant panda roux) ou fantasmés. Et si, en plus, cet album leur permet de prendre conscience de la nature qui nous entoure et est à chérir, ce sera déjà ça de pris.

 

Alexis Seny

 

Série : Fleur de bambou

Tome : 1 – Les larmes du grand esprit

Scénario et storyboard : Richard Marazano

Dessin et couleurs : Cat Zaza (FB)

Genre : Aventure, Fantasy, Anthropomorphe

Éditeur : Rue de Sèvres

Nbre de pages : 52

Prix : 12€



Publié le 10/05/2017.


Source : Bd-best


The Last Contract : Papy n’est pas encore mort et c’est bien là le problème !

Quand nos gouvernements entendent mettre les vieillards de plus en plus tard au boulot, on peut s’attendre à tout. Enfin bon, soit, l’activité du vieillard, dont les derniers faits d’armes nous sont contés par Ed Brisson, Lisandro Estherren et Niko Guardia, n’est pas très… légale. Ainsi, avec le vieillissement de la population, il n’est désormais plus rare de voir des vétérans de la carabine trusté les premiers rôles. La preuve, ce 3 mai, Morgan Freeman, Alan Arkin et Michael Caine tenteront de braqué le box-office. Dans un tout autre genre, The Last Contract nous offre un héros dans la lignée du Harry Brown du même Michael Caine. Et il n’est pas franchement question de… rédemption.

 

 

 

 

 

 

 

© Brisson/Estherren/Guardia chez Boom! Studio

 

Résumé de l’éditeur : Après une vie passée comme tueur à gages, un vieil homme profite d’une retraite paisible en compagnie de son chien. Mais lorsque la liste de ses contrats pour un boss mafieux est révélée par un mystérieux maître-chanteur, il est obligé de faire face aux démons du passé et de revenir aux affaires. Alors qu’il se bat pour survivre et protéger ceux qui sont exposés par cette liste, le vieux tueur fait tout pour découvrir l’identité du maître-chanteur, sans se soucier de ce qui l’attend au bout du chemin.
Variant Cover de Vanesa Del Rey pour Boom! Studio

Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme, pourrait-on emprunter à la traduction française d’un film des frères Coen et d’un livre monumental de Cormac McCarthy. C’est vrai, par rapport à cette oeuvre, le décor a changé, The Last Contract se veut urbain (ce n’est pas pour rien qu’il s’érige sous le label 619) mais l’ambiance qui hante chaque recoin de case est tout aussi désespérée. Et même si les lumières de cette ville aux mille feux charment l’autre rive, sur la rive des hommes, des vrais, c’est la barbarie de l’ombre qui règne en maître.

 

 

 

 

© Brisson/Estherren/Guardia chez Ankama

 

Aussi, sur la centaine de planches que comptent cet album fomenté dans la plus crasse des violences, deux seulement (les deux premières, à vrai dire) transpire par la quiétude. Pour le reste, c’est à la chaleur et à la lueur des cigares, au son des balles qui heurtent la mort à la vie et des cris torturés des humains en sursis. The Last Contract, c’est avant tout le trait de Lisandro Estherren qui s’unit aux couleurs de Niko Guardia pour le pire et le… pire. Ici, comme leur héros qui jamais ne se repentira, la violence n’a rien d’expiatoire, elle est jubilatoire. Hard boiled à souhait et sans temps mort, The Last Contract a beau posséder une trajectoire incertaine et un redoutable twist, il n’éloigne jamais le spectre de ses prédécesseurs.

 

 

 

 

© Brisson/Estherren/Guardia chez Ankama

 

Car, comme on l’a dit, la thématique des vieux qui reprennent du service n’a plus rien d’original et il manque une étincelle pour que la toile ensanglantée des trois auteurs prennent flammes et un peu plus vigueur. Reste une descente en enfer irrésistible qui ne recule devant rien pour aller toujours plus loin.

 

Alexis Seny

 

Titre : The Last Contract

Récit complet

Scénario : Ed Brisson  (Fb)

Dessin : Lisandro Estherren

Couleurs : Niko Guardia

Traduction : Nicolas Meylaender

Genre : Polar, Thriller, Roman noir

Éditeur : Ankama

Label : 619

Nbre de pages : 112

Prix : 14,90€



Publié le 10/05/2017.


Source : Bd-best


Brik et Brok : les humains sont morts et enterrés, place aux robots qui, eux aussi, ont droit à leur Trump

Ah, c’est ballot et on peut comprendre la jalousie et le désespoir de certains. C’est vrai, quoi, qu’on vous parle de robots et c’est toujours des mêmes que vous vous souviendrez. Robocop, C3PO ou encore Wall-E et Astro-Boy. Non mais, aurait-on idée de résumer l’humanité à la gueule de George Clooney ou au cerveau d’Albert Einstein. D’ailleurs, savez-vous qu’il existe une ville entièrement peuplée de robots, sans la moindre trace humaine ? Si si, on peut même vous dire quels auteurs farfelus l’ont créée. Il s’agit de Didier Ray et Rémi Bostal et, sous vos applaudissements, accueillez comme il se doit Brik et Brok, deux héros robotisés qui vont vous déboulonner.

 

 

 

 

 

 

 

© Ray/Bostal

 

Résumé de l’éditeur : Au coeur de Babel, le quartier populaire de New-Capek, sont mis à jour les restes d’un robot aux caractéristiques inhabituelles. Sous le régime autoritaire de Zimov A, Zark, le Premier robot et Zudax le Robpape sont en émoi. Qui d’autre que le professeur de robologie Brok, le meilleur des électromécaniciens légistes, pourrait les éclairer ? Très vite, celui-ci va découvrir que le corps de ce robot comporte des traces d’hybridation organique et peut remettre en cause le dogme officiel de l’origine des robots, il entrevoit les conséquences considérables, politiques et religieuses.  Brik, étudiante du professeur Brok, consciente du danger qu’il court, va essayer de lui venir en aide, ainsi que le robot Tempkine…

 

 

 

 

© Ray/Bostal chez Cerises & Coquelicots

 

Les Daft Punk chantaient Humans after all, Philippe Katerine en avait fait son Robots après tout et Didier Ray et Rémi Bostal semblent bien en avoir fait leur affaire. Les humains ont disparu et voilà les androïdes entièrement indépendants bien loin des premiers prototypes défaillants. Enfin, ce n’est pas pour ça que cette nouvelle société, tout de fer et d’acier, ne défaille pas de temps en temps.

 

 

 

 

© Bostal

 

Enfin tant qu’on obéit aux ordres de Zimov A, il ne faut guère s’attendre à retour de flammes colossal. Car, en effet, si les humains sont passés de mode, ils ont laissé en héritage des idées pas très catholiques (n’en déplaise à Zudax le Robpap) et leurs plus bas instincts.

 

 

 

 

© Ray/Bostal chez Cerises & Coquelicots

 

Si bien que quand une dépouille robotique datant de Mathusalem (ou de Karel Capek, pour coller à l’ère des robots) est retrouvée et contredit la version officielle, mieux vaut quand même oeuvrer pour que ne se répande pas ces alternative facts. Chacun son Trump, après tout.

 

 

 

 

© Bostal

 

C’est sans compter la perspicacité et le courage de Brik et Brok, aidés par le robot un peu moins évolué mais au coeur sur la main, Tempkine. Bref, des braves héros face à de grands méchants, toutefois un peu bêtes, et nous voilà au « Coeur du danger ». Un titre simple et efficace pour un début de série qui en a sous le coude et sous le pied. À tel point que les deux auteurs semblent submergés d’idées pour nourrir ce monde encore peu connu.

 

 

 

 

© Ray/Bostal chez Cerises & Coquelicots

 

Les Mondes de Brik et Brok, c’est une somme de gag, de clins d’oeil, d’idées graphiques n’hésitant pas à faire exploser ce qui a été conçu quelques cases plus tôt (les joies du dessin, vous savez). Et s’il en émerge une part de boxon, trop de (bonnes) idées étant sans doute exploitées, on ne reste pas longtemps insensibles à la générosité et à la fraîcheur apportée par Ray et Bostal qui, sans prétention de rivaliser avec Asimov, déploient un univers qui ne manque pas d’huile dans les rouages pour faire un maximum d’étincelles.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Les mondes de Brik et de Brok

Tome : 1 – Au coeur du danger

Scénario : Didier Ray

Dessin : Rémi Bostal

Couleurs : Didier Ray et Rémi Bostal

Genre : Science-fiction, Aventure

Éditeur : Cerises & Coquelicots

Nbre de pages : 54

Prix : 15€



Publié le 05/05/2017.


Source : Bd-best


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