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Ça sent le roussi pour Mélusine, la sorcière rousse pourtant incendiaire

Résumé de l’éditeur : Catastrophe ! Tous les dragons de l’école ont disparu ! Le mage Epispontex tente de calmer le directeur affolé : ils reviendront ! En effet, comme tous les 300 ans, c’est l’année du dragon. Tous les dragons s’envolent vers un endroit secret pour donner naissance à une nouvelle génération de l’espèce. Plus grave pour l’école, Song Hui, le fournisseur officiel de l’école de magie de Mélusine, a cessé toutes ses livraisons. Les potions doivent être chauffées au feu de dragon pour avoir des propriétés magiques, et Song Hui préfère attendre le retour de la nouvelle génération de dragons avant de reprendre ses livraisons. Alors que l’école de magie tourne au ralenti, le vol d’un philtre d’illusion chez Song Hui va propulser Mélusine dans une nouvelle mission sur la trace des dragons en phase de reproduction.

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Vingt-cinq tomes au compteur et pas une ride ! Sans doute la jolie rousse a-t-elle trouvé le philtre de jouvence pour ne pas prendre un seul cheveu blanc (pourtant au vu des aventures stressantes et abracadabrantesques, elle aurait pu). Pourtant, depuis cinq albums aux commandes de la série, Clarke lui a donné un tour inattendu, se lassant de l’immuabilité des choses pour les faire avancer, évoluer et maturer. Quitte même à commettre l’irrémédiable, à faire un pas en arrière pour faire un grand bond en avant et faire entrer la série dans une nouvelle ère, sans la dénaturer.

 

 

 

 

© Clarke

 

Ainsi, dans une grande interview, Clarke nous confiait que jamais plus Mélusine ne serait une série d’albums à gags. La tendance se confirme avec une grande aventure, une nouvelle fois, avant un diptyque (après un récit complet d’une centaine de pages et intitulé Les Danois). Mais revenons à nos moutons, ou plutôt nos dragons. Car comme le titre, L’année du dragon, l’indique, ce 25ème tome prend la tradition chinoise au mot et ce n’est pas de la rigolade ! Imaginez un peu que ces dragons, qui fonctionnent finalement comme certains animaux et élisent comme maître le premier être dans leur champ de vision, deviennent les fidèles serviteurs d’un être malintentionné. Une puissance de feu qui pourrait bien asservir le monde des sorciers. Aïe, aïe, aïe…

 

 

 

 

© Clarke

 

Heureusement que Mélusine et… Mélisande ont des ressources ignifuges pour sauver une nouvelle fois le monde magique et pallier au manque de collaboration des Chinois. S’épanouissant dans de nouveaux décors, Clarke fait intervenir une série de personnages triée sur le volet (quitte à laisser au repos certains classiques de la série) pour remuer ciel et terre avec, comme dans toute quête contée, des adjuvants et des opposants dans lesquels l’auteur met toute son originalité (à partir de ce jour, vous apprendrez à vous méfier des origamis). Avec un bémol, en dépit des qualités graphiques redoutables (et les couleurs de la fidèle Cerise sont au diapason) et d’une fin on ne peut plus « what the fuck », ça se lit beaucoup trop vite et on reste un rien sur notre faim, arrêtés net dans la vivacité de cette histoire. Une raison de plus pour attendre de pied forme le diptyque annoncé.

 

Alexis Seny

 

Série : Mélusine

Tome : 25 – L’année du dragon

Scénario et dessin : Clarke

Couleurs : Cerise

Genre : Fantastique, Aventure, Humour

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€



Publié le 13/06/2017.


Source : Bd-best


La fille du Z, José-Luis Munuera s’en donne à cœur joie avec un des méchants les plus caricaturaux du 9ème art

  « - Je suis la fille d’une caricature du méchant d’un film de James Bond… Je veux juste faire ce que font toutes les filles de mon âge… »

            « - Tu n’es pas comme toutes les autres, Zandra… Tu es un exemplaire unique, irremplaçable. Je n’ai pas de copie de sécurité. S’il t’arrivait quelque chose, je… »

            « - Il faudra bien que tu surmontes ça, papa. Désolée, mais je n’ai pas l’intention de vivre isolée et seule dans une prison. Si tu veux moisir dans ton paradis technologique, libre à toi…mais ne compte pas sur moi pour que je te tienne compagnie !!! »

 

Lorsque l’on est la fille de Zorglub et que l’on ne peut pas se faire une petite sortie ciné avec un jeune homme sans que ça ne tourne au grand burlesque, il y a de quoi être en colère. Et quand, accidentellement, le méchant papa déclenche par erreur son grand projet expérimental de rayon Z, Zandra ne va quand même pas le laisser tomber. Même s’il ne les maîtrise pas, les inventions de Zorglub font des envieux. Zandra va devoir aider son père et apprendra que toutes les vérités ne sont pas forcément faciles à entendre.

 

 

 

 

 

 

José-Luis Munuera s’en donne à cœur joie avec un des méchants les plus caricaturaux du 9ème art. Après s’être fait la main sur la série mère Spirou et Fantasio, et avoir été remercié par les éditions Dupuis, le dessinateur ibérique revient seul aux commandes sur cette série spin-off autour de Zorglub. Il aborde la tâche avec un atout : il s’est fait la main et connaît le malfrat jusqu’à sa source (cf. Aux sources du Z, cinquantième album de Spirou et Fantasio). Munuera est ici beaucoup plus libre. Cette reprise est son choix et il y est libéré de la quasi-totalité des contraintes incombant à la série du groom. L’histoire commence même par des allusions se moquant des diverses reprises et des multiples spin-off foisonnant au cinéma (et en BD) ces dernières années.

 

Sedyas colore les différentes scènes avec des tons modernes et tranchés, dynamisant le dessin déjà survolté de Munuera.

 

Zorglub, tu as bien fait d’attendre, ton heure est arrivée ! Eviv Bulgroz !

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Zorglub

Tomes : 1 - La fille du Z

Genre : Aventure fantastique

Scénario & Dessins : Munuera

Couleurs : Sedyas

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 64

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800170138



Publié le 13/06/2017.


Source : Bd-best


Infinity 8, blacksploitation et mini-Woodstock pour un space-psychédélique opera organisé par le club des 27

Après avoir échappé de justesse aux kornaliens nécrophages, à un Fuhrer ressuscité et cosmique et aux desseins cupides de pilleurs de tombes détournant une quête quasi-biblique à leur avantage, voilà l’équipage de l’Infinity 8 en route vers de nouvelles aventures. Enfin, nouvelles, on se comprend, puisque usant de boucles temporelles, on repart à zéro dans un quatrième reboot qui entraîne l’ersatz d’Angela Davis dans une guérilla symbolique. Un happening auquel contribuent cette fois Kris, toujours aux côtés de Lewis Trondheim, et Martin Trystram pour une odyssée pop qui trimbale le parfum des héroïnes de la Blacksploitation.

 

 

 

 

 

 

 

© Kris/Trondheim/Trystram chez Rue de Sèvres


 

Résumé de l’éditeur : 5 ans d’infiltration fichus en l’air d’un seul coup de fil ! Quand le Capitaine de l’Infinity convoque Patty Stardust au risque de griller sa couverture, l’agente est furieuse : sa mission au sein de la Guerilla symbolique était sur le point d’aboutir ! Mais Patty connaît-elle vraiment ce groupe d’artistes psychédéliques ? Quand elle comprendra que le happening organisé par leur gourou risque de coûter la vie à une bonne partie des passagers du vaisseau, l’agente va devoir revoir ses priorités !

 

 

 

 

© Kris/Trondheim/Trystram

 

Un nouveau Woodstock dans l’espace ! C’est un peu ce dans quoi surnage Patty depuis cinq ans, entouré de doux (si ce n’était que ça) fous illuminés. Pas qu’elle aime expérimenter les fumées bleues et ces drôles de happenings prônés par le gourou et artiste déluré Ron (alias… Alejandro Jodorowsky ! signe que Martin Trystram s’est fait plaisir dans son casting) mais qu’elle est en mission top-méga-secrète sur le point d’aboutir. Sauf que…

 

 

 

 

© Kris/Trondheim/Trystram chez Rue de Sèvres

 

Sauf qu’après trois reboots insatisfaisants, l’Infinity 8 se prépare à aborder, avec toujours plus d’appréhension, son quatrième. Et devinez qui va être de la revue ? Patty, évidemment, qui sous sa coupe afro enrage sérieusement. Mais on ne peut rien refuser au capitaine, d’autant plus que ce sera l’occasion de se débarrasser de Moosh l’agaçant blogger qui tient plus du paparazzi instagrammé que du reporter tout terrain. Même si pour cela elle doit subir les avances misogynes et perverses du capitaine. Enfin, faut prendre son mal en patience, bientôt Patty sera seule dans l’espace (quoique…) entre les maudits souvenirs de son collègue mort sur le terrain et le but vital qui lui a été assigné, explorer la gigantesque nécropole qui lui tend les bras… décomposés.

 

 

 

 

Une planche finalement réorganisée et recolorisée pour l’album © Kris/Trondheim/Trystram

 

Une nouvelle fois dans cette octologie de science-fiction, c’est le foutoir, le bazar dans cet univers aussi barge qu’inquiétant. Pourtant, les auteurs savent où ils veulent en venir et ce qui paraît sans queue-ni-tête a un sens très aiguisé et pas si éloigné (loin des années lumières, en tout cas) de ce que nous vivons au jour le jour dans notre modernité. L’hyperconnectivité est dans les gênes de la série depuis le début (quoiqu’encore un peu plus présente ici) et, cette fois, c’est à la course à l’audience ainsi qu’à l’activisme et à la communion artistique borderline que la part belle est faite. Une sorte de secte pas bien méchante (sauf si…) qui place ses rêves les plus fous dans un club des 27 enfin réunis. Et les effluves rockeuses et psychédéliques de parfumer cette histoire sans temps mort qui finit dans un bain de sang explosif.

 

 

 

 

© Kris/Trondheim/Trystram chez Rue de Sèvres

 

C’est tripant, osé, formidablement maîtrisé par un Martin Trystram plus que jamais dans son élément (et dans les couleurs ménagées avec Hubert pour aller comme un gant à cette épopée pas si rose que ça) pour imposer sa marque tout en assurant l’héritage des trois premiers tomes de cette série résolument inouïe. Et dire qu’on est qu’à mi-chemin.


 

Alexis Seny

 

Série : Infinity 8

Tome : 4 – Guérilla symbolique

Scénario : Lewis Trondheim et Kris

Dessin : Martin Trystram

Couleurs : Martin Trystram et Hubert

Genre : Space opera, Science-fiction

Éditeur : Rue de Sèvres

Produit par : Comix Buro

Nbre de pages : 96

Prix : 17€



Publié le 12/06/2017.


Source : Bd-best


Du feu de l’instant au feu de l’action, au pays des purs, la photo à l’épreuve des balles

Cela fait déjà un bon paquet d’années que la photographie et la BD sont liées, tant ces deux arts peuvent en dire long l’un sur l’autre. Tout le monde a en mémoire Le photographe d’Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier. Mais plus récemment, le processus s’est intensifié, par une collection comme Magnum Photo, notamment. Mais les autres éditeurs ne sont pas en reste. Cette fois, la Boîte à Bulles nous emmène au Pays des Purs, le Pakistan, dans les traces de la photographe tout risque Sarah Caron, croquée par Hubert Maury alors que l’esprit de Benazir Bhutto, vivante ou morte, est partout.

 

 

 

 

 

 

 

 
© Hubert Maury chez La Boîte à Bulles

 

Résumé de l’éditeur : Le 27 décembre 2007, la ville de Rawalpindi, au Pakistan, est la proie de violentes émeutes, suite à l’assassinat de Benazir Bhutto, principale opposante au régime en place. Dans la foule, Sarah Caron, photographe française, saisit avec son appareil les moindres détails de la scène. Mais très vite, la jeune femme est repérée et se retrouve poursuivie, craignant pour sa vie.

 

 

 

 

© Hubert Maury chez La Boîte à Bulles

 

Quand on est photographe française free-lance et adepte des grands-reportages, c’est peu de dire qu’on est soumis au courant d’air imprévisible d’une actualité qui peut changer de direction à tout moment. Et quand le vent souffle vers vous, il vous faut opérer très vite quitte à négliger votre propre sécurité. Le feu de l’action, le feu de l’instant.

 

 

 

 

© Hubert Maury chez La Boîte à Bulles

 

Début novembre 2007, Sarah Caron profite d’un moment de tranquillité, dans le jardin de son hôtel de Katmandou. Un moment de battement, de « blues », qui ne durera pas elle le sait. Pourtant, après avoir suivi à la semelle et pendant des semaines les guerriers népalais de l’armée britannique, les Gurkhas, Sarah ne sait vers quelles aventures demain l’emportera. Demain ou… le plus tôt possible, à la quête de l’événement qui aura besoin de son regard photographique, de son déclic. Et cet événement ne se fait pas attendre. Le lendemain, l’état d’urgence est déclaré au Pakistan et Musharraf devient titulaire des pleins pouvoirs. Et forcément l’opposition ne se fait pas attendre, notamment par la voix de Benazir Bhutto, une icône en devenir aux initiales BB.

 

 

 

 

© Hubert Maury chez La Boîte à Bulles

 

Réactive, l’info titille la photographe et fait vite son chemin : le Pakistan sera la nouvelle destination de la Française qui se retrouve à l’aéroport sans ses bagages (ça arrive à tout le monde) sauf le plus important, le matos photo. Pas le temps de s’apitoyer, la ville gronde et Sarah est tout de suite dans le bain avec comme mission de pouvoir s’entretenir avec Benazir et de lui tirer le portrait… jusque dans la prison dorée (y’a même du homard ! ) au Musharraf l’a assignée.

 

 

 

 

© Hubert Maury

 

Le pays des purs, qui est en réalité emprunté au surnom donné au Pakistan, c’est une Aventure avec un grand A qui se déroule sur seulement quelques semaines, tâtant des extrêmes, entre l’intelligentsia et les Talibans, entre la face publique de Benazir Bhutto et ses aspérités guère reluisantes de femme de pouvoir autrefois corrompue. Il ne faut pas se fier les apparences, encore moins derrière un appareil photo. Le cliché doit être représentatif mais aussi juste et sincère par rapport à la réalité qu’il représente, qui se joue parfois entre le noir et le blanc, dans le gris. D’ailleurs, Hubert Maury (étonnante reconversion pour ce dessinateur qui, dans une première vie, a eu une fructueuse carrière militaire et diplomatique) fait usage de noir et de blanc, deux couleurs qui prennent l’ascendant dans le tumulte de l’attentat qui coûta la vie à Benazir et engendra une grosse frayeur à Sarah, « l’étrangère » pourchassée par une meute hostile. Mais au-delà de cette dichotomie anti-chromatique, Clémentine Louette va aussi chercher des teintes « sable » pour donner du relief à ce qu’il relate et y mettre de l’authenticité, comme sur ces documents un peu jaunis mais révélant une mine de trésor.

 

 

 

 

© Hubert Maury

 

Quelque part entre Chaland et la spécialiste du biopic Catel, Hubert Maury réussit là un premier roman graphique qui réussit à trouver un peu d’humour dans les faits dramatique et n’a pas grand-chose à envier à la force de conviction d’un Guy Delisle. Il incarne les choses. Et même dans les moments de relâche, la tension vient toujours récupérer sa part. Et si cette histoire date d’il y a dix ans, par leur intensité mais aussi leur recul, leur science du terrain, la photographe et le dessinateur prouvent que rien de ce qu’ils racontent ne s’est démodé et que des Benazir et des situations de quasi-guerre civile, il y en a eu tant d’autres depuis.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le pays des purs

Récit complet

D’après l’histoire de Sarah Caron

Adaptation et dessin : Hubert Maury

Bichromie : Clémentine Louette

Genre : Autobiographique, Guerre, Histoire, BD Reportage

Éditeur : La boîte à bulles

Collection : Contre-Coeur

Nbre de pages : 176 (+ 16 pages de dossier photos)

Prix : 25€



Publié le 12/06/2017.


Source : Bd-best


Les chevaliers d’Héliopolis : Louis XVII mort mais ressuscité par la force de l’alchimie de Jodorowsky et Jérémy

Quand l’histoire passe au flou certains événements, il y a souvent là de formidables catalyseurs de fiction. Et l’Histoire française, celle des Rois notamment, s’est montrée terriblement habile à faire entrer dans la légende des secrets qui, pourtant, devaient être bien gardés. Même si la nébulosité persiste entre le vrai et le faux. On ne connaît que trop bien l’Homme au masque de fer, alors l’immense Alejandro Jodorowsky (remis de son odyssée épico-hippie) s’est associé à ce forban de Jérémy pour s’intéresser au sort du 17, Louis XVII. Lui offrant une vie d’adulte ésotérique et valeureuse, dans un premier tome qui surprend son monde et fait d’emblée sensation.

Résumé de l’éditeur : Fin du XVIIIe siècle. Dans un monastère au Nord de l’Espagne, se dissimule le temple sacré des Chevaliers d’Héliopolis : une assemblée d’alchimistes immortels et coupés du monde. Alors que le disciple Dix-sept s’apprête à compléter sa formation et à intégrer l’ordre, son maitre Fulcanelli dévoile aux autres chevaliers le terrible secret de ses origines. Dix-Sept est en réalité le fils caché de Louis XVI et de Marie-Antoinette : le roi de France Louis XVII ! Héritier de cette destinée, le jeune homme va-t-il réclamer le trône qui lui est dû ou rester dans l’ombre, fidèle aux préceptes millénaires de l’Alchimie ?

 

 

 

 

© Jodorowsky/Jeremy

 

Louis XVII n’a jamais régné et a vécu seulement dix ans. Fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Louis-Charles de France est né seulement quatre ans avant la révolution et c’est peu de dire que l’ex-futur-roi n’avait pas franchement mis toutes les chances de son côté pour s’assurer un règne long et serein… à part sur les rats et le royaume des barreaux qu’est cette prison du Temple où la jeune tête couronnée périra à 10 ans (ici, pour que l’histoire fonctionne, c’est en 1793).

 

 

 

 

© Jodorowsky/Jeremy/Felideus chez Glénat

 

Du moins, selon la version officielle. Car dans les faits relatés par Jodo et Jérémy, c’est dans un combat démesuré face à un gorille anthropomorphe que nous retrouvons l’héritier du trône. Il a grandi, s’est musclé mais s’est surtout exilé en Espagne, parmi les Chevaliers d’Héliopolis qui, eux-mêmes, ignore tout de qui il est. Tous sauf Tadéo, l’homme à qui le Dauphin doit la vie. Et ce soir-là, début du reste de la vie d’un héritier qui va devenir chevalier, Tadéo range l’épée pour se faire conteur et dévoiler la vérité de cette histoire mystérieuse.

 

 

 

 

© Jodorowsky/Jeremy

 

Dans la première partie de ce tome, c’est dans un long flash-back habilement négocié que nous entraînent les deux surdoués Jodo et Jérémy pour mieux rattraper la grande Histoire que nous évoquions tout à l’heure. Nous voilà de nuit à Versailles entre l’apparition d’un éléphant et le sang d’un paon. Et les cris des fantômes. Tout s’enchaîne, la timidité infantile et infertile de Louis XVI, la jouissance d’une Marie-Antoinette enfin comblée, les frivolités de Louis avec Charlotte Corday, la naissance du fils tant attendu, le bonheur de courte durée avant les têtes tranchées. Et des auteurs qui jouent de coudées franches pour se détacher des éléments véridiques (le meurtre de l’héritier, ou de celui qui le remplace, est ainsi ramené en 1793 au lieu de 1795) et faire le bonheur de leur histoire en la couplant à celle de Charlotte Corday, l’assassine de… Marat.

 

 

 

 

© Jodorowsky/Jeremy/Felideus

 

 

Le pacte de lecture est clair et si la retranscription de l’ambiance de ce Paris croque-mort ainsi que sa reconstitution sont sans faille, le lecteur comprend bien vite que ce récit va dans l’intérêt des auteurs et non des historiens purs et durs. Tant mieux, surtout quand on sait le talent des deux lascars. Que dis-je, les trois, puisque les couleurs sont assurées par Felideus qui donne un peu plus de vie et d’intensité à chacune des cases, jouant avec les codes (pour voyager dans le temps ou revenir au présent recomposé selon les cartes rabattues par les auteurs).

 

 

 

 

Jaquette pour l’édition Canal BD © Jodorowsky/Jeremy/Felideus

 

Après cette mise en bouche historique rondement menée, vient la seconde partie où tout peut désormais partir en live au fil de l’imagination de Jodorowsky (à 88 ans, Jodo se révèle d’une jeunesse et d’une vitalité éclatante, d’une imagination redoutable) et du trait étincelant de Jérémy, virevoltant au-dessus des toits, soulevant la poussière au bas de ceux-ci. Et c’est un travail herculéen qui s’offre à Louis XVII pour passer de l’oeuvre au noir à l’oeuvre au blanc, la deuxième étape alchimique. Et pour ça, il va devoir retrouver sa couronne. Et tout ça commence sur les chapeaux de roue. On n’en doutait d’ailleurs pas une seule seconde, la confirmation n’en est que plus évidente, entre paranormal, duels bien sentis et une porte sur un univers riche à souhait puisque toute l’Histoire est à recréer. Sur quatre tomes, d’après ce qui est annoncé.

 

Alexis Seny

 

Série : Les chevaliers d’Héliopolis

Tome : 1 – Nigredo, l’oeuvre au noir

Scénario : Alejandro Jodorowsky

Dessin : Jérémy (Facebook)

Couleurs : Felideus

Genre : Ésotérique, Héroïc fantasy, Cape et épée

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages : 56

Prix : 14,50€



Publié le 12/06/2017.


Source : Bd-best


Les nouvelles aventures de Sibylline, Netch réalise graphiquement la meilleure reprise que l’on pouvait imaginer

Les nouvelles aventures de Sibylline 1 : Le secret de Mélanie Chardon

 

            « - Taboum… ça suffit… Déchire-moi ça tout de suite… Tu ne dois avoir d’yeux que pour moi…ta fiancée !

-         Ma pauvre Sibylline, j’ai bien peur que toute supplique soit vouée à l’échec… Ce pauvre garçon me semble littéralement subjugué…

-         Je dirais plutôt envouté ! Ceci est œuvre de magie…l’œuvre d’une puissante sorcière.

-         Une sorcière… Laquelle ? (…)

-         Mélanie Chardon ! »

 

Mais qui est donc ce drôle de rat accompagné d’un chat sans poil tirant une roulotte ? C’est le mage Typhus, pourfendeur du mal, exorciste patenté et grand amateur de beauté. Mais ce charlatan sent la malhonnêteté à plein nez. Il pourchasse la puissante sorcière Mélanie Chardon, dont l’affiche fascine Taboum. Sibylline et ses amis réussiront-ils à désenvoûter leur compagnon ? Que cache cette épouvantable sorcière ?

 

 

 

 

© Casterman - Netch - Corteggiani

 

Sibylline et les habitants du bosquet joyeux vont avoir à résoudre bien des énigmes. Ils vont se trouver embringués dans un jeu du chat (et du rat) et de la souris dans lequel les cartes vont être rebattues. Il faut toujours se méfier des apparences.

 

Créée en 1965 dans le beau journal de Spirou par le génial Raymond Macherot, Sibylline entame sa troisième vie. Après 11 albums chez Dupuis, 5 aux éditions Flouzemaker réalisés par André Taymans et François Corteggiani, et sans compter une réédition en intégrale de la période Macherot chez Casterman, les bestioles reviennent pour une série de nouvelles aventures.

 

 

 

 

© Casterman - Netch - Corteggiani

 

Corteggiani reste au scénario. Il a déjà montré ses capacités à reproduire la sensibilité, la tendresse et la cruauté de ce monde animalier. Il utilise chacun des personnages avec la même finesse que leur créateur : le corbeau Flouzemaker est aussi phraseur que margoulin, le brigadier Verboten est aussi discipliné que déterminé. Les dialogues montrent une connaissance fine des intentions de Macherot pour chacune de ses marionnettes de papier.

Netch réalise graphiquement la meilleure reprise que l’on pouvait imaginer. Les personnages et les décors semblent tout droit sortis de la plume de leur dessinateur verviétois. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Plus d’un spécialiste pourrait s’y tromper. Quel bel hommage !

La maquette de l’album est, soulignons-le, une belle réussite classique, jusqu’à la quatrième de couverture présentant le visuel du prochain album de façon bien alléchante.

 

Ce retour de Sibylline ravira les jeunes lecteurs et il est impossible qu’il déçoive les nostalgiques. Le bosquet joyeux n’a pas fini de receler des mystères.

                           

Laurent Lafourcade                                    

 

Série : Les nouvelles aventures de Sibylline

Tomes : 1 - Le secret de Mélanie Chardon

Genre : Aventure animalière

Dessins : Netch

Scénario : Corteggiani

Couleurs : Netch & Cookielie

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 32

Prix : 9,90 €

ISBN : 978-2203109148



Publié le 08/06/2017.


Source : Bd-best


L’homme parfait est un connard et même qu’il est blond et qu’il arrive en BD

Si la femme parfaite est une connasse, les hommes aussi ont leur modèle tant aimé, ou tant haï plutôt. Inventé par Gad Elmaleh, il y a déjà une bonne dizaine d’années, Le Blond a pris le temps, il n’est pas pressé puisqu’il fait tout mieux que tout le monde et sans perdre une minute, pour débarquer en grande pompe et avec un brushing impeccable sur les planches de BD. Qu’il chausse d’ailleurs aussi bien que ces skis alors que vous vous êtes déjà planté quatre fois en une demi-seconde. Bref, vous l’aurez compris, il est toujours aussi agaçant. Une adaptation facile, qui n’apporte pas grand-chose au mythe du Blond mais pas mal goupillée, pour autant.

Résumé de l’éditeur : On a tous un pote qui sait tout sur tout, un pote super sportif, un pote super sociable… Eh bien, le Blond, c’est un peu tous ces mecs à la fois et bien plus encore. Le Blond, il a son propre langage : il commence toutes ses phrases par  » Dis donc ! « , ponctue chaque moment-clé par  » Pim, pam, poum  » et les termine par  » C’est pourtant simple ! « . Vous savez ?Le Blond, celui qui fait un  » clac clac  » parfait en enfilant ses chaussures de ski, un  » schpluf  » qui n’asperge pas quand il plonge, qui ne transpire pas quand il danse all night long en boîte de nuit, qui a fait  » option Ikea 3e langue  » et donc pour qui monter un meuble Flürgoeburg est un jeu d’enfant… Voilà, LUI !
© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

Il y a douze ans de cela, Gad Elmaleh (qui ne faisait pas encore des pubs pour LCL) révélait à la face du monde et du commun des mortels (masculins, surtout), son ennemi juré. Il est beau, il fait gendre idéal, il est bâti comme un dieu grec; bref il est blond. Pas blond vénitien, hein. Blond, rayonnant comme un soleil en toutes circonstances, avec tous les avantages et les faveurs de la nature de son côté. Sans oublier une chance insolente que ni vous ni moi n’oserions espérer.

 

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

Le Blond, c’est un phénomène, sexy au possible et souriant en toutes circonstances. Pendant que les autres, vous, moi, eux, nous nous traînons dans un quotidien qui ne nous épargne jamais. C’est dur de surnager parmi les loosers alors que Le Blond promène son aura et son charisme, promettant d’être l’idéal de ces dames. En un mot comme en cent, c’est frustrant !

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

Une frustration qui ne date pas d’hier, comme le rappelle (non sans humour) en préface celui qui est un peu le papa (je sais, on dirait pas) du Blond, Gad Elmaleh, et qui nous remet sur les bancs de l’école aux côtés de ce camarade à qui, déjà, tout réussissait. Un insolent bambin devenu grand, ce qui a exacerbé sa capacité à nous énerver encore plus et à pousser le bouchon trop loin. Un blond, c’est comme un con, « On a tous un Blond autour de nous… pas forcément blond d’ailleurs. » Après être devenu un personnage mémorable sur scène, voilà que Le Blond s’offre une BD largement inspirée des sketchs de Gad Elmaleh accommodés en dessin par Bastien Pasquier est Spoon.

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

Bon, ce n’est pas le premier, on se souviendra, en d’autres temps des adaptations BD bien belges de la Gertrude de Stéphane Steeman ou de Tatayet. Mais c’est vrai que, d’habitude, ce sont plus les humoristes que leurs créations qui se prêtent au Neuvième Art comme Bérengère Krief, Jean-Marie Bigard ou encore Renaud Rutten et Michel Cymes (docteur comique sur les bords).

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

Reprenant le principe des sketchs d’Elmaleh, Pasquier et Spoon basent l’essentiel de leurs gags sur l’opposition et la comparaison entre « toi », un peu bedonnant, un peu dégarni, assez passe-partout, et le « Blond » rutilant et en tout point parfait. Y’a pas photo que ce soit à la piscine, à la vie, au lèche-vitrine ou encore à la neige, le Blond sort toujours gagnant du duel. Tout comme les auteurs qui réussissent, et font mentir les critiques toujours virulentes face à ce genre d’oeuvre surfant la vague du succès d’une star, à incarner l’imaginaire de Gad Elmaleh en planche tout en retrouvant la rage et la détresse de notre pauvre Monsieur tout le monde. On rit et, surtout, on se reconnaît dans ces gags où chacun des deux héros n’est jamais logé à la même enseigne. Et ce, même si les éclats d’originalité laissent cruellement à désirer et que les deux auteurs restent un peu trop vissés au canevas balisé par le maître et comique parmi les plus populaires de France. Ce n’est pas une suite mais une adaptation plan-plan, prêtée au pouvoir du Neuvième Art.

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

On reste donc un peu sur notre faim, un morceau de salade entre les dents alors que le Blond sourit de toutes ses dents éclatantes. Rah qu’il est énervant ! Énervant aussi car ses aventures, telles que ressassées ici, ne justifiaient sans doute pas une BD. Comme bien d’autres albums, remarquez, à l’heure où le marché surproduit. Mais, cela dit, le plaisir est coupable et loin d’être désagréable (loin de la catastrophe mercantile annoncée par certains) et voilà un album qui risque de passer de main en main chez vous et parmi vos amis. Surtout s’ils sont des inconditionnels du gars Gad ou que, justement, ils n’y connaissent rien.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le Blond

D’après le personnage créé par Gad Elmaleh

Scénario : Bastien Pasquier et Spoon

Dessin : Spoon

Couleurs : Jack Domon et Spoon

Genre : Humour, Gag

Éditeur : Michel Lafon

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€



Publié le 08/06/2017.


Source : Bd-best


Yoko Tsuno 28 : Le temple des immortels,  Roger Leloup reste au top de sa forme

  « - Où mène cet escalier latéral ? »

            « - Tout droit aux caves du cottage de Mac Nab…que j’ai racheté pour un prix dérisoire à Cécilia. Avec Vic et Pol, nous avons libéré le passage de ses éboulis ! »

            « - Tu as parlé à Cécilia de cette jonction avec le monde des Vinéens ? »

            « - Non ! L’affaire de la servante de Lucifer l’a effrayée et c’est inutile d’y ajouter une couche ! Du moins pour l’instant… »

            « - En lui révélant l’accès vers l’enfer ? »

            « - Reste à définir si ce dernier est sous nos pieds ou au-dessus de nos têtes… »

 

 

 

 

 

 

 

© Leloup - Dupuis

 

 

 

Yoko et Emilia, accompagnées de Rosée du Matin, ont brusquement quitté le château de Rheinstein et leurs amis Ingrid, Vic et Pol. Khâny a envoyé un message vidéo leur signifiant que le « passage » était ouvert. Zhyttâ, envoyée en émissaire, est captive de l’ambiguë Zarkâ.

 

 Roger Leloup reste au top de sa forme. Vinéens, dragons et temple souterrain sont au programme de cette vingt-huitième aventure de l’électronicienne. Un quatrième épisode devrait venir conclure la tétralogie en cours. L’auteur soigne le moindre des arrière-plans. Chaque trait est minutieusement posé, avec une application méticuleuse dont il est l’un des derniers chantres. Tout cela prouve que le travail acharné offre une récompense de régularité. Leloup met deux ans pour proposer chaque nouvelle aventure de Yoko Tsuno. Il travaille seul et s’impose une discipline stricte. Le résultat est payant.

 

 

 

© Leloup - Dupuis

 

 

Dans un entretien accordé à BD-Best en 2015, Roger Leloup déclarait : « Si j’ai gardé, au fil des ans, autant de passion à faire vivre Yoko, c’est parce qu’elle m’offre un éventail imaginaire très varié dans lequel je peux lui offrir action et réflexion dans une ambiance saine.… En bref une existence réelle dans laquelle je veille sur son image physique et morale. Il est une devise qui me guide : Ne pas donner aux enfants des autres ce que je ne voudrais pas que les miens lisent ! »

 

Monsieur Leloup, les lecteurs ne demandent qu’à lire encore de nouvelles aventures de Yoko.

 

 

Laurent Lafourcade                                  

 

Série : Yoko Tsuno

Tomes : 28 - Le temple des immortels

Genre : Aventure fantastique

Scénario & Dessins : Leloup

Couleurs : Leonardo

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800169538

 



Publié le 06/06/2017.


Source : Bd-best


Manifest Destiny 2 : entre crapaud mortellement baveux et moustiques de la mort qui tue, la croisière ne s’amuse plus du tout !

C’est un fait, la forêt a le vent en poupe pour assurer un max de frissons et d’horreurs. Cette fois, c’est dans une expédition de colonisation véridique, que l’histoire et la fiction se troussent. Avec des cow-boys, des Indiens et surtout d’horribles bébêtes qui ne vous veulent pas que du bien. Après les minotaures et les zombies d’un premier tome qui côtoyait l’esprit Walking Dead, place à des monstres pas moins terrifiants. Entre amphibiens et insectes qui semblent avoir… muté. Ce n’est plus un secret, les survivants risquent de se compter sur les doigts d’une main.

 

 

 

 

 

 

 

© Dingess/Roberts/Gieni chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur : Merriwether Lewis et William Clark, accompagnés des survivants de leur expédition, poursuivent vers l’ouest à travers les territoires américains inconnus. Ils doivent cependant se rendre à l’évidence : lorsque l’on est coincé sur un bateau, il n’y a pas vraiment de fuite possible… Et les dangers auxquels ils ont dû faire face lors de la première partie de leur voyage ne sont rien au regard de ce qui les attend.

 

 

 

 

© Dingess/Roberts/Gieni chez Delcourt

 

Un immense batracien aux langues dévastatrices, une arche végétale qui piège le bateau de l’expédition et une petite plage infestée de moustiques et autres insectes grandeur plus que nature, tous avides de sang humain. Voilà le menu de ce deuxième recueil de Manifest Destiny (du #7 au #12). Et comme la nature a une dent contre ces étrangers, elle compte bien diviser pour mieux régner dans cette aventure qui met son avancée vers l’Ouest en stand-bye et stagne au même endroit durant 144 pages. Voilà l’équipage scindé en deux, Merriwether Lewis sur le bateau et William Clark à terre. Entre chaque équipe, un mince fil tendu permet de s’échanger renseignements, échantillons de cette faune effrayante et plans pour quitter cet infernal piège naturel.

 

 

 

 

© Dingess/Roberts/Gieni chez Delcourt

 

Un mort. C’est, en vérité, le bilan total de la vraie expédition Lewis-Clark initiée par Thomas Jefferson en vue de découvrir un peu plus son pays, d’autant plus depuis que la France a vendu aux États-Unis la Louisiane. Ces bases historiques et aventureuses (la vraie aventure ne fut pas de tout repos, même sans affreux monstres), Chris Dingess (qu’on connait plus comme producteur pour la télévision pour Homicide: life on the street, Marvel’s Agent Carter et d’autres), Matthew Roberts (un ancien militaire devenu dessinateur tout risque et tout-terrain) et Owen Gieni ont décidé de leur donner un virage horrifique, de les tremper dans le survival tout en lorgnant du côté de The Mist, Bone Tomahawk ou Cowboys et envahisseurs (en beaucoup moins poilant et ridicule) et autres histoires avec des animaux XXL et dangereux.

 

 

 

 

© Dingess/Roberts/Gieni chez Image Comics

 

Après La faune et la flore, voilà donc nos héros malgré eux et un peu colons sur les bords, pris entre amphibiens et insectes. Les auteurs n’ont pas leur pareil pour mettre en scène des monstres semblant tout droit sortir de nos cauchemars. Des monstres réellement terrifiants, pas grotesques pour un sou mais ayant droit de vie et de mort sur nos pauvres explorateurs qui commencent à se rendre compte que la croisière tranquille promise pourrait bien cacher de plus secrets desseins. D’autant plus que si le lien entre l’humain et l’animal semble ébréché, les relations humaines, et notamment entre hommes et femmes, ne sont pas forcément en bonne posture.

 

 

 

 

© Dingess/Roberts/Gieni chez Delcourt

 

Chris Dingess, Matthew Roberts et Owen Gieni poursuivent leur excellent boulot s’éloignant de la vérité pour accommoder leurs fantasmes de maîtres de l’horreur. Sous ce soleil et envahi de sueurs froides, Manifest Destiny se joue comme un huis-clos en plein air sur un lopin de quelques kilomètres carrés sur lequel l’étau se resserre de plus en plus. Les pertes humaines sont d’ailleurs de plus en plus importantes et les forces en présence s’affaiblissent. Et nous, à l’abri de ces dangers (du moins, pour le moment, car qui sait ce qui pourrait arriver avec le réchauffement de la planète ?), on prend un malin plaisir à se demander quelle sera la prochaine étape, le prochain cran d’in… sécurité! Car jusqu’ici, la croisière ne s’amuse plus du tout !

 

Alexis Seny

 

Série : Manifest Destiny

Tome : 2 – Amphibiens et insectes

Scénario : Chris Dingess

Dessin : Matthew Roberts

Couleurs : Owen Gieni

Traduction : Benjamin « KGBen » Rivière

Genre : Aventure, Fantastique, Horreur, Western

Éditeur : Delcourt

Éditeur VO : Image Comics (label : Skybound)

Nbre de pages : 144

Prix : 15,95€



Publié le 01/06/2017.


Source : Bd-best


Les Belges, les plus braves des peuples de la Gaule ? Attendez, les Bretons sont pas mal non plus dans leur genre, voilà leur grande Histoire en BD

À l’aise Breizh, c’est vrai quoi, on n’est pas pressé. Pourtant dieu sait qu’avant de gagner leur sérénité, les Bretons (au sens large, qu’ils soient d’un côté ou de l’autre de la Manche) ont dû faire face à de nombreux va-et-vient de l’Histoire, avec un grand H, dans leur contrée qui regorgeait de héros vivants et à venir. Ici, gisent peu à peu les cendres de l’empire de Romulus, de César et les autres, mais les Bretons sont toujours là, vibrants de courage et indomptables. Cela valait bien une BD en cinquième tome pour nous conter cette épopée. Ce qu’ont fait sans se prier Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Daniel Brecht et Erwan Seure-Le Bihan.

 

 

 

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Résumé de l’éditeur : Il y a 2500 ans, les peuples celtiques occupaient les deux tiers de l’Europe. Certains d’entre eux passèrent du continent à la grande île à qui ils donnèrent leur nom : la Bretagne. Les Bretons y vécurent libres jusqu’à l’arrivée des Romains. Malgré la résistance de grandes figures, telles Boudicca, la reine des Icènes, tout le sud de l’île fut assujetti à Rome. Mais à la faveur du morcellement de l’Empire, les Bretons reprennent leur indépendance. Certains d’entre eux sont alors appelés en Armorique pour combattre les pirates saxons. C’est le début des grandes migrations…

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Pfiou ! Y’a pas que des pyramides que l’on peut dire que 2000 ans nous contemplent, ça marche aussi dans un coin de la Bretagne, la grande, la belle, la verdoyante le long des mers ondulantes. Et là où c’est intéressant c’est que cette histoire de petit empire en intermittence va côtoyer celle décadente de l’Empire Romain. Décadent, mais pas encore assez que pour ne pas vaincre ces Bretons bretteurs en diable mais n’ayant pas assez de science du combat. Car malheureusement, le coeur et le courage ne suffiront pas. Mais, entre légende et réalité, les Bretons ne cesseront de pousser vers la lumière des formidables héros comme Boudicca mais aussi le fameux Roi Arthur, Roi Ours au milieu d’un océan de flou. Qui était-il ? Quand a-t-il vécu ?

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Alors qu’on attend la suite de L’or de Morrison, c’est dans un tout autre genre que Daniel Brecht s’illustre. Illustrateur, le mot est lâché. Car ici, sur les mots érudits de Thierry Jigourel et de Nicolas Jarry (des Nains et des esprits légendaires à la Bretagne, il n’y avait qu’un pas), Daniel doit faire oeuvre de précision, se concentrant plus souvent sur les cases que sur les liens qu’elles entretiennent entre elles, sur les séquences. Se concentrant sur les cartouches et la plus-value à leur apporter que sur les rares phylactères qui sortent des sentiers bretons balisés par la voix off.

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Ce n’est pas la première fois que l’histoire de la Bretagne est traitée en BD; déjà au début des années 1990, les reconnaissables et peu attirantes éditions E.R.S. se lançaient dans cette épopée. Avec du sang neuf et un traitement de faveur (rien que la couverture, somptueuse avec son dos toilé qui lui donne un peu plus de cachet), les éditions Soleil mettent toutes les chances de leur côté. Car cette bande dessinée est un véritable livre d’histoire boosté par l’aura qui baigne chaque dessin de Daniel Brecht, rendu plus fort par la couleur d’Erwan Seure-Le Bihan (qui passe aussi au dessin dans le deuxième tome) pour nous faire voyager de jours sombres en jours plus fastes. Jigourel et Jarry n’ont pas lésiné sur l’information, cumulant les notes de bas de page et les lectures foisonnantes d’historiens pas toujours d’accord entre eux. Dans ce premier tome de Breizh qui s’apparente à une thèse scientifique rendue ludique par ses dessins raccords, les auteurs n’assènent pas la vérité, ils nuancent et laissent la place au doute, à l’entre-deux… avis bien tranchés des auteurs de référence.

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Dommage pourtant que s’il a le souffle des histoires au long cours, Breizh ne nous laisse pas le temps de le reprendre, ce souffle. Trop d’éléments à emmagasiner, trop de références, de personnages, de synthèse. Et malheureusement, ça nous perd un peu. Pas assez que pour décrocher, hein, il faudrait être fou ! Mais sans doute vaut-il mieux privilégier une lecture par chapitre qu’une lecture d’une traite. Histoire de profiter de la puissance graphique mais aussi de la mine d’or exhumée par les deux scénaristes à propos d’une histoire qu’on ne connait que trop peu !

Deuxième tome à paraître, le 6 juin. Il s’intitulera Une nouvelle terre.

 

 

Alexis Seny

 

Série : Breizh – Histoire de la Bretagne

Tome : 1 – Le peuple indomptable

Scénario : Nicolas Jarry et Thierry Jigourel

Dessin : Daniel Brecht

Couleurs : Erwan Seure-Le Bihan

Genre : Histoire, Guerre, Documentaire

Éditeur : Soleil

Collection : Celtic

Nbre de pages : 60

Prix : 15,50€



Publié le 31/05/2017.


Source : Bd-best


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