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Luc Mazel est un dessinateur hors pair dans le style franco-belge grande époque

 «  - Annabelle Babble ! ça alors, quelle bonne surprise !

-          Mathilde ! Alfred ! ça fait si longtemps !

-          Annabelle, toi ici ! Tu t’es lancée dans la restauration à ce qu’il paraît ?

-          Oui, et voici mes associées.

-          Sacrée Annabelle, toi qui rêvais d’évangéliser les indiens ! (…) Nous sommes désolés ! Cette fusillade ne vous était pas destinée.

-          A qui alors ? Que se passe-t-il ? Vous avez des ennuis ?

-          C’est notre fille Jessie Jane qui nous cause du souci avec nos voisins.

-          Jessie Jane ! C’est vrai, où se cache ma filleule ? Elle doit avoir bien grandi maintenant.

-          Hélas ! »

 

 

 

© Mazel - Frydman pour Dupuis

 

 

Lorsqu’avec mes deux compatriotes, la bourrue irlandaise Alma et la délicate intellectuelle Alexandrine Dumas, nous arrivâmes au ranch Parsons, nous ne nous attendions pas à trouver les parents de ma filleule dans un tel désarroi. Je ne savais pas que cette dernière était devenue l’égérie de la plaine, la pin-up du Far-West, sexy oui, mais au colt acéré. Je ne l’avais plus vue depuis ses six ans.

 

 

 

© Mazel - Frydman pour Dupuis

 

 

Nous sommes cantinières. A bord de notre food-truck, ou plutôt chariot-cantine comme on l’appelait à l’époque, nous parcourions l’ouest américain. Dans « Flirt à la Winchester », nous avons hérité de la surveillance de Jessie. Ses prétendants sont un tantinet envahissants. Ses parents refusent de la laisser se rendre seule chez Parsifal Brown. Elle a été promise en mariage à son fils, mais les parents Parsons se sentent trop vieux pour l’accompagner. En plus de marraine, ils m’ont attribué la lourde charge de témoin. J’ai donc l’idée de la conduire à destination dans la carriole de mes associées. Ha, elle va en manger la jolie Jessie du potage de consommé de fayots, des fayots en gelée, des paupiettes de fayot et de la macédoine de fayots ! Mais à nous la charge de ne pas laisser les jolis cœurs s’approcher trop près. Entre amoureux transis, vils cow-boys et braves pieds-jaunes, les flings vont pétarader.

 



Dans « Le shérif à quatre étoiles », nous allons nous trouver confrontés à un groupe de malfaisants opprimant une ville où plus personne n’ose représenter la loi. Avec Jessie et mes collègues, nous allons arborer l’étoile de la justice. Prenez garde à vous Ron Reg, Willie le veinard, Chuck Bradfer et Bullet Mackintosh. Vos hold-ups sont comptés !

 

Nos deux grandes aventures sont réunies dans cette belle intégrale, accompagnées d’un court récit « enplumé ». L’introduction de Patrick Gaumer nous en apprend énormément sur la genèse, la vie et la disparition de cette série qui avait tout pour devenir un incontournable de chez Dupuis, et qui s’est retrouvée fauchée en plein vol, ou plutôt en pleine plaine.

Gérald Frydman, le scénariste, vient du milieu du cinéma. Il insuffle à la série une énergie spécifique toute faite pour l’envolée du graphisme de Mazel. Frydman ne s’est pas attardé dans le neuvième art. Outre Jessie Jane, il fait une incursion chez Pilote où il travailla avec Touïs sur Sergent Latterreur, aujourd’hui réédité chez Le Coffre-à-BD.

Luc Mazel est un dessinateur hors pair dans le style franco-belge grande époque. Les personnages secondaires ont des trognes tout droit sorties des westerns à la papa avec John Wayne. Jessie Jane est sexy, belle et rebelle. Les chevaux sont maîtrisés. Bien sûr, certaines scènes pourraient se trouver dans un épisode de Lucky Luke, comme celle où des indiens tournent autour de chariots placés en formation arrondie. Mais la série aurait offert un joli parallèle au monde de Morris sans marcher sur ses plates-bandes. D’ailleurs, le cow-boy qui tire plus vite que son ombre avait déjà quitté la maison Dupuis au moment où la belle cow-girl arpentait les plaines du Far-West.

 

 

 

 

© Mazel - Frydman pour Dupuis

Les caractères apparemment antagonistes de Charles Dupuis et de Luc Mazel ont empêché chacune de ses séries de se transformer en succès. Et pourtant… Aussi bien Câline et Calebasse, les mousquetaires, que Boulouloum et Guiliguili, les jungles perdues, réunissaient toutes les conditions, au même titre que Jessie Jane, pour devenir de grandes collections dans le catalogue de l’éditeur, à l’égal des Tuniques Bleues, des Petits Hommes ou du Scrameustache. Dans le cas précis de la série ici concernée, Patrick Gaumer raconte qu’un auteur maison se serait plaint auprès de Monsieur Dupuis que Jessie Jane risquerait de faire de l’ombre à son héroïne. Ainsi fut-elle enterrée alors que le scénario du troisième épisode était prêt à être dessiné.

Bref, des conséquences de cette mésaventure, il reste cette magnifique intégrale, chevauchée humoristique et aventure dynamique. Allez, Jessie, ta marraine te ramène au ranch !

 

Série : Jessie Jane

Tome : Intégrale

Genre : Western

Scénario : Frydman

Dessins : Mazel

Couleurs : Léonardo

Éditeur : Dupuis

Collection : Dupuis Patrimoine

Nombre de pages : 160

Prix : 28 €

ISBN : 9782800170266



Publié le 26/10/2017.


Source : Bd-best


Tank Girl, Art of Wakfu, Piège sur Zarkass, un festival de sorties étonnantes en octobre chez Ankama

Ankama nous offre en ce dernier trimestre 2017, un panel de sortie flamboyant. Cette fois nous nous intéressons particulièrement à celles d'octobre et en l’occurrence à trois albums et recueils qui méritent le coup d’œil.

Commençons par Tank Girl. On ne la présente plus, sauf si vous habitez sur une île déserte perdue au milieu de l'océan dépourvue de connexion wi-fi et de liaison satellite ou si elle n'est carrément pas votre genre. Tank Girl, cette nana déjantée est née sous les plumes d'Alan Martin et Jamie Hewlett. Souvenez vous du design des clips du groupe Gorrilaz, c'était l'un d'entre eux.

Résumé de l'éditeur : Égérie de la BD britannique du début des années 90, Tank Girl remonte à bord de son char blindé et repart à l'assaut du monde ! Sex, drugs and rock'n'roll ! Après une pause de vingt ans, Jamie Hewlett (Gorillaz), cocréateur de Tank Girl, reprend les armes ! Pour 21st Century Tank Girl, Jamie rejoint son binôme Alan Martin et une équipe de six dessinateurs (vétérans et nouveaux venus) pour vous délivrer une bombe ultime de stupidité. Tout le monde à terre, protégez vos parties intimes et préparez-vous à un carnage épique !

 

 

 

 

 

 

© Alan Martin, Jamie Hewlett, Philip Bond, Bret Parson, Jim Mahfood, Warwick Johnson Cadwell, Jonathan Edwards, Craig Knowles pour Ankama

 

Ce nouvel album développé sous crowfunding nous revient chez Ankama avec de tout nouveaux récits. Et il s'entoure de talents tels que Philip Bond, Bret Parson, Jim Mahfood, Warwick Johnson Cadwell, Jonathan Edwards et Craig Knowles, une dream team absolument fabuleuse pour ce come-back exceptionnel. Tous les ingrédients adorés des fans sont bien là, ils ne seront pas déçu. Chacun des auteurs y va de sa petite histoire, bourré d'humour, osé avec des personnages tout aussi haut en couleurs que Jet Girl, Barney ou encore Booga.

 

 

 

© Alan Martin, Jamie Hewlett, Philip Bond, Bret Parson, Jim Mahfood, Warwick Johnson Cadwell, Jonathan Edwards, Craig Knowles pour Ankama

 

 

Un retour vachement bien réussi qui nous mets l'eau à la bouche et nous fait espérer un retour plus prononcé de Jamie Hewlett plus précisément !

Titre : Tank Girl : 21st Century

Tome : 1

Scénario et dessin: Alan Martin, Jamie Hewlett, Philip Bond, Bret Parson, Jim Mahfood, Warwick Johnson Cadwell, Jonathan Edwards

Coloriste : Craig Knowles

Genre : Action, Aventures

Éditeur : Ankama

Prix: 13.90 €

ISBN : 9791033504795

 

 

 

 

THE ART OF WAKFU saison 3

Vous rêviez de découvrir l'envers du décors de Wakfu? Vous étiez impatient de lever le voile sur les secrets de conception de cette saison 3? Vous allez vous régaler sur ce recueil de plus de 200 pages dans un format à l'italienne enrobé d'une jaquette sublime au demeurant agréable au touché, excusez du peu !

Résumé de l'éditeur : Cet artbook bilingue français-anglais dévoile les coulisses de la saison 3 de Wakfu. Pour célébrer le retour de la série sur le petit écran, l’équipe de Wakfu s’est donnée corps et âme afin de vous faire vibrer. Les rebondissements en surprendront plus d’un et vous tiendront en haleine. L‘artbook vous révélera les dessous et les secrets de cette nouvelle saison !

 

 

 

 

© Ankama

 

Voilà en quelques sortes tout est dit ou presque. Cet élégant pavé vous en mettra plein les yeux et vous propose études et détails de personnages, anecdotes, traits de caractères, le développement, en résumé, tout ce que vous devez savoir en étant un fan pur et dur sur cette troisième saison qui à mis tout de même pas loin de cinq années à se concevoir.

Ce bijou graphique est agrémenté d'une préface de TOT et d'un avant-propos de Fabrice Nzinzi. Du pur bonheur pour les amateurs de Wakfu.

Titre : The Art of Wakfu saison 3

Auteurs : Collectif

Éditeur : Ankama

Collection : Krosmoz

Prix : 25,90 €

ISBN : 9791033504740

 

 

 

 

 

PIEGE SUR ZARKASS, l'intégrale

Figure française emblématique du roman de SF française, Stefan Wul s'est imposé avec ses récits en très peu de temps. L'éditeur à eu la bonne idée de transposer en BD et s'entourer des talents de Didier Cassegrain (dessinateur) et Yann (scénariste). Ces derniers ont su adapter intelligemment toute l'essence de Piège sur Zarkass avec brio. Le scénariste nous gratifie comme à l'accoutumée de ses joutes verbales et de son arc narratif incomparable. Le graphisme de Cassegrain ne déroge pas à la règle et nous émerveille par son style unique. Dans cet intégrale sont donc condensé les trois albums paru avec un cahier supplémentaire contenant interview, illustration et études de personnages. On ne se moque donc pas du lectorat. Un achat indispensable qui trouvera une place de choix dans votre bédéthèque !

Résumé de l'éditeur : Comptoir terrien de la planète Zarkass. De mystérieux engins volants de forme triangulaire perturbent l’harmonie instaurée entre la population indigène et la colonie humaine implantée. Qui pilote ces Triangles et quel est le but de leurs manœuvres dans l’espace aérien du protectorat ?

 

 

 

 

© Cassegrain - Yann pour Akama

 

 

Escortées par un équipage d’autochtones, deux agents aussi dissemblables qu'incompatibles se voient dépêchées sur place : Louis, officier scientifique délicate et raffinée ; et son guide Marcel, coéquipière aussi rude que râblée.

Leur couverture : étudier faune, flore et coutumes Zarkassiennes. Leur mission officieuse : accéder à la zone où l’un des vaisseaux aliens semble s’être crashé... Mais dans la jungle luxuriante et menaçante de Zarkass, les deux jeunes femmes ne tardent pas à soupçonner que chacune dissimule les véritables motifs de sa présence...


Titre : Piège sur Zarkass, l'intégrale

Auteurs : Yann et Cassegrain

Éditeur : Ankama

Prix : 19.90 €

ISBN : 9791033504764



Publié le 26/10/2017.


Source : Michel D.


L’automne à Pékin, le roman sans queue ni tête de Vian dominé de la tête aux pieds par les Brizzi Brothers

Mais qu’allait-il faire dans ce… désert ? Septante ans après sa parution, l’inclassable roman de Boris Vian, « L’automne à Pékin » (qui ne se passe ni en automne, ni à Pékin et tout juste compte-t-il quelques pékins qui vont se révéler aussi barges que ce titre délirant), sème ses grains de sable plus que ses feuilles mortes dans une bande dessinée de Gaëtan et Paul Brizzi totalement acharnée à rendre au mieux le grand n’importe quoi de Vian. Ça fonctionne du tonnerre !

 


 

 

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Résumé de l’éditeur : Il ne sera question ici ni de Pékin, ni d’automne mais d’une valse de rencontres impromptues entre des personnages loufoques (atypiques) dans des situations pour le moins cocasses, et dans un décor étonnant. Chacun est arrivé là, porté par de curieuses ambitions, des appétits déraisonnables ou des rêves insensés. Une foule se presse alors au milieu de nulle part. En Exopotamie (pays loufoque inventé par Vian), les masques vont tomber.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Il n’est jamais trop tard pour se lancer dans la BD. N’ayant plus rien à prouver dans le domaine de l’animation où ils sont passés maîtres (des Studios Disney et de La bande à Picsou, notamment, à La surprise de César ou le court-métrage qui les a césarisés, Fracture, sans oublier leurs storyboards et illustrations), les Brizzi Brothers ont décidé d’en découdre avec le Neuvième Art.

En 2015, d’abord, en compagnie d’un autre nouveau venu du cinéma, Christophe Malavoy, et d’une autre figure du patrimoine littéraire français, Louis-Ferdinand Céline et La cavale du Dr. Destouches. Avec Vian, Gaëtan et Paul Brizzi (au scénario comme au dessin) retrouvent des couleurs pour brasser les destins fulgurants et semblant inconciliables de personnages pas piqués des hannetons.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Oeuvre chorale dont l’absurde est maître de cérémonie, L’automne à Pékin est une curiosité qui tel un cyclone en plein désert emporte tout sur son passage, de cet ingénieur de la Wacco qui périra décapité, de ce médecin farfelu et savant fou à ses heures perdues, de cet Indiana Jones de pacotille qui découvre une cité antique, de ce prêtre aux yeux et mains baladeurs en passant par cette jolie fille aux charmes ravageurs et ce duo mal-assorti composé de Anne le musclé fonceur et Angel (le même que dans L’Attrape-coeurs) le maigrelet tourmenté. Alors que le chantier qu’il décrit n’est pas forcément sur les bons rails, voilà un roman qui déraillait à volonté et contenait tout l’ADN d’un Tex Avery pour nous faire sortir les yeux des trous.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Et ça, Gaëtan et Paul Brizzi y parviennent à merveille tirant le meilleur de cette oeuvre radicalement surréaliste, menée par les pulsions et les réflexes plus que par un raisonnement intellectuel. Les deux jumeaux font indéniablement partie de ses auteurs dont le trait ne demande qu’à s’animer, bourré de vie dans tous les sens et faisant lien ténu entre Neuvième et Septième Arts.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

L’automne à Pékin, c’est complètement fou, barré, incompréhensible aussi et c’est ça qui en fait la saveur. Vian y prédomine, se demandant si le non-sens qu’il décrit n’est pas celui du monde qui l’entoure, mais cette adaptation en bande dessinée est aussi traversée par un Jacques Tati mais aussi un Franquin période « Idées noires.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Un café enfumé, une route de tard le soir, le mur d’un temple ancien recouvert de hiéroglyphes exopotamiens ou un désert désespéramment jaune, aucun ne résiste aux ambiances amenées par les Brizzi Brothers. Et si tout cela semble sans queue ni tête, le sujet est lui dominé de la tête aux pieds. 

 

 

Titre : L’automne à Pékin

D’après le roman de Boris Vian

Scénario, dessin et couleurs : Gaëtan et Paul Brizzi

Genre : Aventure, Humour, Absurde

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 120

Prix : 21€



Publié le 26/10/2017.


Source : Alexis Seny


Harmony 3 : ce n’est plus de la BD, c’est du cinéma… du bon !

Après deux albums qui tenaient le haut du pavé dans la mare des bandes dessinées pour ados (mais pas que), Harmony revient dans un troisième tome qui sent la fin de cycle. Mathieu Reynès ne relâche pas la tension et assène encore quelques révélations et beaucoup d’explosions. Ça boume, et on ne croit pas si bien dire.

 

 

 

 

 

 

 

© Mathieu Reynès

 

Résumé de l’éditeur : Parce qu’elle est différente des autres adolescents, parce que la puissance de son don télékinésique n’a d’égale que la force de sa détermination, Harmony a pris sa décision : elle ira porter secours à Payne et à Eden, ses amis toujours prisonniers du camp d’entraînement d’où on l’avait extirpée quelque temps plus tôt, et rien ni personne ne pourra l’empêcher de mener sa mission à bien. Pas même William Torres, surnommé Nita par la vieille chamane Mahopmaa et qui constitue à ce jour son plus proche soutien.

 

 

 

 

© Mathieu Reynès

 

Il est de bon ton et de qualité d’avoir une série fantastique et héroïque chez Dupuis. Magic 7 et Harmony en sont les preuves brillantes. Et ce troisième tome, tel une course folle emmenée comme un bon blockbuster l’est au cinéma, ne nous laisse aucun répit, aucun temps mort face aux enjeux dont notre monde dépend. Et cette fois, la tâche de notre héroïne et de ses gentils petits amis (néanmoins redoutables) emprisonnés pour des besoins plus militaires que scientifiques, va se compliquer encore un tout petit peu avec l’arrivée d’un mutant antique. Dont la force s’est décuplée depuis 4000 ans à force de mûrir sa jalousie et d’ourdir sa vengeance, lui qui devait être roi et qui s’est retrouvé à n’être rien. Associé avec le tyran qui en veut tant à Harmony et à ses pouvoirs, ça risque de faire mal. Une héroïne qui n’a pas peur de se « sacrifier » pour aider ses comparses.

 

 

 

 

© Mathieu Reynès

 

Entre jour et nuit, chiens et loups, calme et tempête, c’est un spectacle terrible que Mathieu Reynès sort de son crayon. Au fil des planches, on mesure à quel point ce tome 3 a dû être oeuvre de sacrifices et de patience, de difficultés graphiques aussi.

 

 

 

 

© Mathieu Reynès/Valérie Vernay chez Dupuis

 

Pourtant, Reynès s’en sort haut la main en proposant un rythme et un sens du découpage impériaux, terriblement efficaces et résistant à la facilité. La pellicule s’embrase sous les couleurs ombragées et lumineuses de l’auteur et de Valérie Vernay, on attrape le pop-corn, ce n’est plus de la BD, c’est du cinéma… qui réussit à garder le supplément d’âme du dessin.

 

 

 

 

© Mathieu Reynès

 

Et quand arrive la dernière planche, le cycle se finit pour s’ouvrir sur un autre. Le suspense est relancé. Cette histoire ne ferait que commencer, nous n’allons pas nous en plaindre !

 

Série: Harmony (Facebook)

Tome: 3 – AGO

Scénario et dessin: Mathieu Reynes

Couleurs: Valérie Vernay et Mathieu Reynes

Bande Originale: Thomas Kubler

Genre: Fantastique, Thriller

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 56

Prix: 12€



Publié le 25/10/2017.


Source : Alexis Seny


Entre sang neuf et héritage, les monstres d’aujourd’hui n’ont rien à envier à ceux d’hier #9 : du Danemark au Krakatoa, il n’y a qu’un… Cri de Munch

Plus d’un mois avant la date fatidique et mortelle, les magasins s’habillaient déjà de leurs plus frissonnants atours et mettaient en vitrine des costumes plus halloweenesque les uns que les autres. Les monstres sont de retour. Et même si leur âge d’or est passé depuis longtemps, ces créatures, nouvelles ou archaïques, n’ont pas dit leur dernier mot. Alors que Universal se prépare à réveiller un peu plus les monstres les plus incontournables du cinéma avec son Dark Universe, la bande dessinée n’est pas en reste. Petit tour d’horizon des parutions récentes, histoire que vous soyez fin prêts pour le 31 octobre. Pour l’épisode 9, faisons coup double en plongeant dans les entrailles de la terre. Qui sait dans quel état nous en ressortirons.

 

 

 

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu chez Delcourt



Résumé de l’éditeur : 1890, Copenhague. Edvard Munch, déjà fragile mentalement, est interné en secret suite à la mort de son père. Face à la détresse d’une amie du peintre, le directeur demande l’assistance d’un jeune médecin ouvert aux nouvelles théories psychanalytiques. Ensemble, ils pensent avoir découvert l’origine du traumatisme de Munch et décident de l’emmener au bout du monde se confronter à son propre cauchemar.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu chez Delcourt



Alors que le Chat, les Bidochons et d’autres héros populaires ont pris l’habitude de visiter les musées dans des ouvrages souvent faciles, Alcante et Gihef nous ouvrent pour la deuxième fois les portes du Dark Museum en ralliant à leur cause Luc Brahy et Delphine Rieu. Après American Gothic, les quatre auteurs ont trouvé un autre tableau incontournable pour assouvir leur soif de secrets fantasmés et terrifiants : Le Cri d’Edvard Munch. L’oeuvre la plus chère et la plus glauque du monde possédait dans son ciel torturé et surtout dans ce visage de l’effroi tout l’ADN pour nous entraîner dans la fièvre et le sang, dans une histoire qui dépasse l’entendement et les lois humaines.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu chez Delcourt

 

Après un premier tome qui nous file encore des frissons rien que d’y penser, Alcante et Gihef récidivent dans le monde des arts et du bizarre. Cette fois, c’est Alcante qui a pris le tableau par les cornes du diable (American Gothic était un peu plus l’idée de Gihef) et qui nous emmène dans son antre, serrés par l’étreinte de la folie. Retrouvant Edvard Munch dans un asile et en proie aux pires tentations, comme mu par une force qui le dépasse, un esprit surhumain. Plutôt que d’aller lui chercher un exorciste, le duo de scénaristes offre au peintre torturé une balade de santé au bon air de l’Indonésie, lui proposant de soigner le sang par les cendres et la lave du… Krakatoa.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu chez Delcourt

 

Ça en jette comme pitch, non ? Et vous n’allez pas être déçu par la suite. Comme toujours, l’aventure (car c’en est une réelle et baignée dans l’horreur) ne se révélera pas de tout repos et les embûches auront tôt fait de tomber un à un les membres de cette véritable expédition aux frontières de l’humainement acceptable. Liant l’homme et le tableau à de noirs desseins qui les dépassent, la joyeuse troupe de conservateurs du musée des horreurs réussit à égaler la force du premier tome.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu

 

Dans un autre registre graphique, Luc Brahy succède à l’impérial Perger et réussit à nous emporter avec son dessin incandescent capable de passer d’Indiana Jones à Kon-Tiki (avec une superbe planche muette et pourtant criante de la détresse d’un voilier mis à mal par des requins) et de marier les ambiances glaciales du Copenhague de 1890 avec, quelques planches plus tard, la sueur et la tension palpable dans la jungle indonésienne. Delphine Rieu fait peser les ombres sur le visage de Munch et donne toute sa puissance au feu de la colère qui ravage le final de l’album. Le fantastique mène la danse, macabre et irréversible car rien ne sera jamais comme avant.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu

 

La collection n’est pas temporaire et la vraie vie qui se cache derrière les tableaux se grave dans le marbre, dans la tête, dans les yeux. Qu’on soit sur la digue et sous ce ciel brûlant ou dans son fauteuil sous un lustre tamisé, on se prend la tête entre les mains, le cauchemar ne fait que commencer quand arrive le mot fin. Bonne nuit (ou pas).

 

Alexis Seny

 

Série : Dark Museum

Tome : 2 – Le Cri

Scénario : Gihef et Alcante

Dessin : Luc Brahy

Couleurs : Delphine Rieu

Genre : Horreur, Aventure

Éditeur : Delcourt

Collection : Machination

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€



Publié le 23/10/2017.


Source : Bd-best


Jerôme K Jerôme Bloche, chaque personnage possède son caractère propre, avec son passé, ses fêlures et sa part de mystère

« - Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans cette famille pour qu’une enfant de onze ans s’enfuit comme ça de chez elle ?

-  Ça va, Maman ! On le sait que tu ne portes pas Antoine dans ton cœur, mais ça peut arriver à n’importe quels parents ce genre de chose. Va savoir ce qui peut se passer dans la tête d’une gamine de cet âge !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Dodier - Dupuis

 

 

-  N’empêche ! Deux jours et bientôt deux nuits passées dehors, ça commence à être sérieux comme fugue, surtout par ce temps ! (…) Alors, si même les recherches des gendarmes n’ont rien donné, je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus. »

 

Pourtant, tu es détective privé, Jérôme. Alors, si on t’a demandé de résoudre l’énigme, c’est que tu en as les compétences.

 

La fille d’Antoine, patron d’industrie à Bergues, a disparu du collège devant lequel sa mère l’a déposé. Antoine dirige l’usine dans laquelle travaille l’oncle du détective. Qui plus est, Jérôme était à l’école avec Adrien le fils d’Antoine. C’est comme cela qu’il s’est retrouvé sur l’affaire. Par conséquent, deux nouvelles pour Babette : annulation du week-end à Venise et direction Bergues avec son chéri pour des « vacances » (?) en famille dans les Hauts-de-France.

 

 

 

 

© Dodier - Dupuis

 

 

A partir d’un fait divers banal, Alain Dodier, qui est à la bande dessinée policière ce que Georges Simenon est au roman du même genre, coud une intrigue dans laquelle chaque personnage possède son caractère propre, avec son passé, ses fêlures et sa part de mystère. Les conversations alternant humour et tension sont dignes des plus grands dialoguistes du cinéma ou de la littérature.

 

Dodier, prince du suspens et roi du « Whodunit », signe, avec sa série  Jérôme K. Jérôme Bloche, une désormais longue collection d’enquêtes plaçant son privé au rang d’Hercule Poirot, Nestor Burma ou autre Ric Hochet.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Jérôme K. Jérôme Bloche

Tome : 26- Le couteau dans l’arbre

Genre : Policier

Scénario & Dessins : Dodier

Couleurs : Cerise

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 60

Prix : 12 €

ISBN : 9782800170435

 



Publié le 23/10/2017.


Source : Bd-best


Image de la Femme, pollution des océans et inquiétudes pour leurs retraites, la relecture de Valérian et Laureline par Lupano et Lauffray est canon !

Après un Pilote spécial sorti à l’occasion du film et invitant pas mal de pointures à donner au format court leur vision des deux personnages et de leur univers créés par Christin et Mézières, place au format long en compagnie de Wilfrid Lupano et Mathieu Lauffray. Les Shingouz ont foiré et voilà que la mission de Valérian et Laureline qui devait n’être qu’une simple formalité est détournée. C’est rien de moins que la planète Terre qui est menacée !



 

 

 

 

 

 

 

Recherches © Mathieu Lauffray

 

Résumé de l’éditeur : À la suite d’une malencontreuse partie de cartes, les shingouz perdent la propriété de leur société, La Shingouzlooz.Inc. Or il se trouve que cette société, à cause d’une approximation dans l’interprétation des lois intergalactiques, est détentrice de la Terre ! Valérian – par ailleurs très préoccupé par sa future retraite d’agent spatio-temporel – et Laureline doivent rattraper cette bourde et convaincre le nouveau propriétaire, un certain Sha-Oo, « l’Assoifeur de monde », de la restituer à Galaxity.

 

 

 

 

L’antre de l’assoifeur © Wilfrid Lupano/Mathieu Lauffray


 

On a beau retourner le problème dans tous les sens, on arrive toujours à la même conclusion : c’est un véritable festival que nous offrent les deux auteurs pour cette reprise. On n’aime jamais tant les reprises et hommages que quand ceux-ci sont décomplexés, qu’ils résistent à la tyrannie et l’oppression de faire comme les auteurs originaux, de ne pas trop dévier des chemins qu’ils ont balisés. Je ne pense pas que la réussite soit toujours affaire de fidélité exacerbée.

 

 

 

 

© Lupano/Lauffray

 

Je ne comprends d’ailleurs pas que, quand reprise il y a (à la suite du décès des auteurs originels ou d’un départ à la retraite) que certains auteurs puissent brider, briser leur trait pour continuer une oeuvre de mimétisme au lieu de tirer les personnages à eux (de ce côté-là, on est donc plus Spirou qu’Astérix). Soit, là n’est pas la question puisque Lupano et Lauffray évitent les pièges avec brio (et, franchement, connaissant ces deux créateurs protéiformes plus que caméléons, on n’en doutait pas).
© Lupano/Lauffray chez Dargaud

Burlesque, inattendu et toujours aussi aventureux (mais pas à n’importe quel prix, et pas forcément pour une retraite de misère, hein Valérian ?), le tout dans un décor édifiant qui porte la marque Lauffray, ce Shingouzlooz Inc. est un grand cru qui suit la trace du Lucky Luke de Bonhomme mais aussi de celui de Bouzard, pour ne parler que de l’homme qui tire plus vite que son ombre. Une réinvention, une réappropriation mais avec le talent de retrouver aussi le bon goût des ingrédients qui nous ont fait aimer une série. Et cet apport moderne et actuel que Christin et Mézières n’ont eu de cesse de prôner dans leurs albums.

 

 

 

 

 

© Lupano/Lauffray chez Dargaud

 

Ainsi, bien qu’à des années-lumière de notre bonne vieille planète bleue (qui risque de moins l’être si la bande de vampires stellaires de l’Assoifeur se décide à lancer l’assaut et les sceaux), si celle-ci est en danger, elle n’est pas une planète parmi tant d’autres et nos deux héros (ceux renfermés dans l’album mais aussi ceux qui l’ont conçu) sont concernés ! En ce, ils ont toujours le don de nous parler de nos problèmes, de la pollution, des paradis fiscaux, du rapport à la privatisation de la planète, de notre rapport à l’image de la Femme (tiens, tiens, par les temps qui courent) quand on apprend que Laureline pourrait prêter son effigie à des clones très sexy. Des allusions par petites touches, par des gags, une réplique ça ou là, c’est anodin et pourtant bien présent et remarquablement fluide car si cela nuance et enrichit l’aventure, ça n’empêche en rien sa tenue fun et à sensations fortes.

 

 

 

 

© Lupano/Lauffray chez Dargaud

 

C’est fluide et étincelant. En 54 pages, Lupano et Lauffray, par leur vision, permettent à Valérian (un tant soit peu loser magnifique, ici) et Laureline de faire un bond en avant, de ne pas être dénaturés mais de s’offrir des nouvelles têtes, du sang neuf et un univers qui s’étend d’un coup. Tout est parfait, jusqu’à ce maniement malin des paradoxes temporels. Le genre d’album qui nous fait dire sans nous forcer : « vive les reprises »!

 

Alexis Seny

 

Série : Valérian, vu par…

Tome : Shingouzlooz Inc.

D’après l’univers de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières

Scénario : Wilfrid Lupano

Dessin et couleurs : Mathieu Lauffray

Genre : Science-fiction, Aventure, Humour

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 56

Prix : 13,99€



Publié le 20/10/2017.


Source : Bd-best


Avec Benjamin et Benjamine, les explosifs Goscinny et Uderzo fignolaient la grammaire et la recette de leur chef d’oeuvre

C’est le Jour J, le nouvel album d’Astérix, celui qui l’entraînera dans un périple Transitalique, est sorti. Les médias nous en parlent depuis des mois, vous n’allez quand même pas me dire que vous ne tiendrez pas un jour de plus ? Si ? Bon, soyons francs, on ne peut rien pour vous, on ne l’a pas encore lu… Par contre si vous voulez patienter et passer après le rush sachez que, de derrière les fagots, les Éditions Albert René viennent de sortir, dans leur format si reconnaissable, l’intégrale de Benjamin et Benjamine. Un chaînon manquant (deux albums seulement avaient été publiés dans les années 90) mais désormais ressoudé, dans l’ère Goscinny-Uderzo, entre Luc Junior et celui qui allait définitivement leur donner leurs lettres de noblesses, le valeureux petit Gaulois dont tout le monde connait désormais le nom. Pourtant, couple de BD comme l’était Modeste et Pompon et comme le sont toujours Bob et Bobette (même à l’ombre d’eux-mêmes), Benjamin et Benjamin possédait déjà l’ADN et la marque de fabrique des deux auteurs et légendes du Neuvième Art.

 

 

 

 

 

 

La toute première planche, inédite © Goscinny/Uderzo aux Éditions Albert-René

 

Résumé de l’éditeur : Ils sont fous, ces héros ! Un fer à repasser volant, un conflit survolté entre les redoutables « Boudtchous » et les redoutés « Bobohs », des billets de banque qui tombent du ciel… Chaque jour amène son lot d’aventures incroyables au duo constitué par Benjamin et Benjamine !

 

 

 

 

© Goscinny/Uderzo aux Éditions Albert-René

 

Ils ont beau ne rien demander à personne, dès qu’il y a un petit souffle d’aventure, ils s’y engouffrent, Benjamin et Benjamine. Et comme le hasard et la (mal) chance (qu’ils font de toute façon toujours tourner à leur avantage) leur filent des coups de pouces, il ne faut pas s’étonner que le duo se retrouve toujours dans des péripéties abracadabrantes. Benjamin, Benjamine. Au-delà de l’accord des noms, voilà un couple qui s’est bien trouvé, toujours à se relancer mutuellement pour le meilleur et pour le… rire.

 

 

 

 

© Goscinny/Uderzo aux Éditions Albert-René

 

Il faut dire que leurs deux papas n’ont pas ménagé les intrigues souvent explosives: les bousculant pour qu’ils soient le couple royal des Boudtchous (cette secte qui attribue à ces « merveilles » un hochet de majesté et croule sous les richesses malgré le conflit insoluble qui les oppose aux Bobohs), leur faisant gagner le gros lot (empoisonné qui les transformera en véritable héros du Far West moderne ou les faisant devenir les assistants d’un savant fou mais néanmoins adorable qui se voit pousser des ailes. Voilà le menu consistant des trois aventures (plus une courte dans  laquelle les deux héros sont enrôlés à l’insu de leur plein gré pour prendre un vol avec un colis… piégé) de longue haleine que nos nouveaux-anciens amis vivront entre 1957 et 1959.

 

 

 

 

© Goscinny/Uderzo avant restauration

 

Deux années bien chargées, donc, pendant lesquelles René Goscinny et Albert Uderzo ébranleront de rire et de frénésie un peu plus un monde de la BD qui n’a pu se passer de leurs histoires et de leur héritage. Pourtant, cinq ans après leur première collaboration, Goscinny et Uderzo sont encore des jeunes loups, brillants mais élaborant toujours plus la grammaire impossible à enrayer qui allait faire d’eux des légendes.

 

 

 

 

© Goscinny/Uderzo aux Éditions Albert-René

 

Pour moi, Benjamin et Clémentine, c’est un peu le Spirou, le Benoît Brisefer de nos deux as du Neuvième Art. Il y a cette même modernité de la fin des 50’s, ce charme vintage des villes épanouissantes et tranquilles, cette envie de progrès (technologiques notamment) aussi tout en restant simple, direct et efficace, sans chercher la sophistication ni la complexification du propos. Notez quand même, que les histoires racontées par notre duo magique n’ont pas réussi à devenir désuètes et restent quand on y pense d’une certaine actualité. Ces récits sont inébranlables et intemporels.

 

 

 

 

© Goscinny/Uderzo aux Éditions Albert-René

 

Mais c’est vrai qu’en ce temps-là, « la BD, c’est pour les enfants » disent la majorité des grands. Et ça s’en ressent dans Benjamin et Clémentine. Le ton reste bon enfant, nos deux auteurs restent des gamins et ne pensent pas forcément aux adultes qui s’en accommodent pourtant (il suffit de voir les BD’s puérils qui sortent de nos jours et dans lesquelles les parents n’ont pas intérêt à mettre les pieds sous peine de s’en mordre les doigts). Benjamin et Benjamine, c’est du tout public, comme Astérix mais sans avoir trouvé la force de parler d’une part aux grands et d’autre part aux têtes blondes. Ça allait venir.

 

 

 

 

© Goscinny/Uderzo aux Éditions Albert-René

 

Pas de quoi bouder notre plaisir pour autant : Goscinny est déjà aiguisé, Uderzo fulgurant et le cocktail qu’ils concoctent est rocambolesque à souhait, complètement voué à l’humour et à l’aventure, au comique de situation et de répétition ainsi qu’aux personnages plus attachants les uns que les autres et délirant. De ce représentant en cravates reconvertis en garde du corps débonnaire en passant par l’Inspecteur Potiron très collant, puis un précurseur de Kiçàh (le fakir de Rahazade) et des colères monumentales (mais vite passées, on vous rassure) qui ne font qu’augurer les célèbres désaccords nez-contre-nez entre Astérix et Obélix. Tout l’ADN de ce qu’il se passera quelques mois plus tard (et les années qui suivront) est là, peut être encore éparpillé mais empli d’une belle énergie prête à tout emporter de la morosité pour la sacrifier au roi rire haut en couleurs… restaurées, qui plus est.

 

 

 

 

D’une version à l’autre © Goscinny/Uderzo aux Éditions Albert-René

 

Mais puisqu’il y a un avant et un après Benjamin et Benjamine, il serait dommage d’oublier que cette intégrale est aussi composée d’une trentaine de pages d’introduction bien documentée sur le contexte de la naissance de ce joli couple de héros de BD. Puis, en fin d’ouvrage, quand il y en a plus, il y en a encore, et deux courtes séries du tandem inépuisable prolongent le plaisir.

 

 

 

 

© Goscinny/Uderzo aux Éditions Albert-René

 

Poussin et Poussif qui voit un pauvre chien devoir veiller sur un bébé qui ne tient pas en place (le chien a l’air d’être plus grand qu’Idéfix, la filiation est de mise d’autant plus avec ce gamin qui, balancé dans une autre époque, pourrait très bien être… « le fils d’Astérix) et la famille Moutonet-Cokalane, véritable product-placement pour Pétrole-Hahn mais pas galvaudé pour autant. Des chouettes bonus pour un album patrimonial incontournable.

 

Alexis Seny

 

Titre : Benjamin et Benjamine

Intégrale

Scénario : René Goscinny

Dessin et couleurs : Albert Uderzo

Genre : Aventure, Humour

Éditeur : Albert-René

Nbre de pages : 224

Prix : 20,5€



Publié le 19/10/2017.


Source : Bd-best


Zombillénium transforme le cinéma en parc d’attractions horrifiques et révèle toute la fourmilière d’artisans qui lui a donné vie dans un artbook

« Faites-nous rêver », le message est équivoque et ne peut mieux résumer nos attentes, énormes, au sujet du film Zombillénium qui sort ce 18 octobre et prête un peu plus vie à ce parc infernal et maudit du Nord où les monstres sont plus vrais que nature. On l’attend de pied ferme, d’autant plus que son créateur, le phénoménal Arthur De Pins, s’est fait plutôt rare dans le monde de la bd, laissant la suite du tome 3 de Zombillénium en jachère pour s’engouffrer corps et âme (au diable) dans la préparation de ce film à petit budget (13,4 millions) par rapport à ses ambitions et ce qui se fait dans le monde de l’animation (Pixar et les autres). Alors, nous n’avons pas encore vu le film, ce sera chose faite très vite mais, en attendant, un an après l’artbook Vectorama (une vraie gourmandise calorique et riche à souhait pour patienter, voilà que sort l’artbook du film. Un vrai making-of compilant plein de visuels, des balbutiements au rendu final.

 

 

 

 

Zombillénium Art par Von Kummant © Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : À l’automne 2017, préparez-vous à frissonner au cinéma : Zombillénium, la série diablement drôle d’Arthur de Pins, sort dans les salles obscures ! Pour l’occasion, cet album propose une véritable plongée dans les coulisses de l’adaptation cinématographique à travers des interviews inédites de l’auteur et d’Alexis Ducord, son coréalisateur, des images exclusives et une foule d’anecdotes et d’infos sur les processus de création. Pour ceux qui meurent d’envie de découvrir le film, et tous les autres !

 

 

 

 

Zombillénium Art par De Pins © Dupuis

 

De la difficulté d’adapter en bonne et due forme une BD déjà culte, le tout avec un petit budget. Le sous-titre de cet album accompagnant le film pourrait aisément celui-là. Mais si l’argent est le nerf de la guerre… et de la débrouille, surtout, force est de constater qu’il n’a pas empêché Zombillénium de claquer à l’écran. Sans voir le film, ça saute aux yeux, du clip du Nameless World de Skip The Use en 2013 (pour être un vrai bon pilote) à la bande-annonce, Zombillénium le film donne assez d’indices sur sa capacité à se nourrir de l’imaginaire développé sans trahir sa 3D sur un plan pourtant plane, sans ombre au tableau.

 

 

 

 

Zombillénium Art par De Pins © Dupuis

 

Ce n’est pas pour rien que le film a mis plus de six ans à se faire, des envies de départ (toujours avec Maybe Movies malgré des propositions de pas mal de producteurs, dont des Américains aux sommes astronomiques) au résultat final. Aussi, dans les 120 planches qui composent ce bonus littéraire, Marion Tornicelli et Gérard Viry-Babel (le Gégé Babel de Fluide Glacial) ont essayé de rendre au mieux, et en oubliant le moins possible ses acteurs, la réalité des coulisses, sur les quatre sites de productions du film.

 

 

 

 

Zombillénium Art par De Pins © Dupuis

 

Cela passe beaucoup d’interviews des têtes connues comme Arthur De Pins (forcément), son co-réalisateur Alexis Ducord (qui avait été chef-storyboarder sur le fascinant Avril et le monde truqué) et Mat Bastard (qui a signé les chansons de la BO d’Éric Neveux et prête sa voix à Sirius, le squelette syndicaliste) mais aussi des hommes et femmes de l’ombre : Henri Magalon le producteur-aventurier, Sabine Hitier qui a supervisé la 3D, David Nasser qui a dirigé l’animation, Florent Masurel au colorboard mais aussi David Berthier et Simon Andriveau aux storyboards, Sébastien Rossi qui a supervisé les effets spéciaux 3D, les lumières de Bruno Lesieur et le rendu et les compositions de Philippe Jarland. Sans oublier Thomas Von Kummant qui donne sa couverture (grandiose) à cet album et signe quelques concept art à couper le souffle. Et tous les autres, tous ceux qui ont fait que ce petit monde s’anime, ce qui ne doit rien au hasard, propulsé au rythme de huit secondes par… semaine. Pas de risque de se faire flasher, vous me direz pourtant ce rythme de production est élevé par rapport à la plupart des films d’animation.

 

 

 

 

Zombillénium Art par De Pins © Dupuis

 

Et si le film perd de la dimension plus adulte de la BD pour être avant tout dirigé vers les enfants, cet ouvrage se destine surtout aux plus grands, aux curieux qui veulent tout savoir sur le passage, pas anodin du tout, d’une BD au grand écran et en animation. Serré par la contrainte budgétaire (ici, on prend vraiment conscience du poids et de l’impact de l’argent dans un film par rapport à une BD où tout peut être fait dans les limites de l’art de son auteur) mais porté par le savoir-faire et le fier sentiment de participer à une aventure phénoménale. Ça s’en ressent dans les interviews, c’est communicatif… même si l’ensemble des textes aurait gagné à être un peu toiletté, reformulé et mis en relation tant on n’a parfois l’impression que certains racontent un peu la même chose que d’autres.

 

 

 

 

Zombillénium Art par De Pins © Dupuis

 

Pas de quoi de nous mettre véritablement de mauvais poil (de loup-garou, évidemment) mais c’est dommage parce qu’il manque ça pour que l’ouvrage soit parfait, tant il contient beaucoup de riches informations à sélectionner dans cette tempête de thèmes pas zombifiants du tout et de petits secrets allant de Pierre Bachelet repris façon « Catherine Lara » à un cerbère à trois têtes (berger allemand, doberman et… yorkshire) en passant par les tatoos de Gretchen (la vampirette badass du groupe) et le pourquoi du remplacement d’Aurélien (le héros de la BD) par Hector, l’homme qui voulait fermer le parc d’attractions mais va en devenir un résident.

 

 

 

 

Zombillénium Art par De Pins © Dupuis

 

Sans parler de l’apport visuel, de l’arrière à l’avant-plan. Et comme vous savez que, dans nos chroniques, on aime toujours vous servir des bonus, des étapes qu’on ne voit pas toujours dans les albums finis; on est servis. Amplement. On est ravi d’avoir des extraits de storyboard, de croquis d’Arthur et des autres (à se mettre sous la dent (de vampire, bien sûr). Puis, il y a cette quantité folle d’images issues de film, les recherches et characdesign autour des nombreux personnages (dont il a fallu parfois limiter le temps de parole au fil des cinq ou six versions du scénario). Un must donc qui s’admire et fait l’effet d’un ultime teaser pour nous donner la grande envie de voir ce film qui semble avoir la ferveur des premières critiques.

 

 

 

 

Zombillénium Art par De Pins © Dupuis

 

Notons encore qu’Arthur De Pins et l’équipe du film exposerent leur travail à la Galerie Arludik jusqu’au 11 novembre.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : L’art de Zombillénium

Auteur : Marion Tornicelli et Gérard Viry-Babel

Genre : Making-of, Artbook

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 120

Prix : 32€



Publié le 19/10/2017.


Source : Bd-best


All Star Batman, La tête du Dark Knight mise à prix et un Double Face avec plus d'un tour dans son sac

Fans et amateurs de Batman, Préparez-vous à encaisser du lourd avec le retour de votre héro favoris sous la houlette de Scott Snyder, John Romita et Declan Shalvey. Voici une nouvelle version qui décoiffe et envoie du métal. Avec un premier tome d'une nouvelle série qui nous promet encore plus de dynamisme, d'action et de violence, cette nouvelle équipe à prit le pari de moderniser l'homme chauve-souris.

Résumé de l'éditeur : Batman est chargé de transporter Double-Face hors de Gotham City mais le criminel a plus d'un atout dans sa manche.
En mettant un prix sur la tête du justicier, il lance à leurs trousses tous les assassins et chasseurs de primes du pays, sans compter les citoyens ordinaires ! Menottés l'un à l'autre, Batman et Double-Face n'ont plus qu'un objectif : survivre à ce « road trip » en enfer !

 


 

 

 

 

© Scott, Romita & Declan - Urban Comics - DC Comics

 

DC Rebirth est une collection qui propose un nouveau point d'entrée pour découvrir les super-héros, comme l'annonce l'éditeur avec un héritage retrouvé de DC Comics. Ce premier opus mets donc en scène Batman chargé de convoyer Harvey Dent pourchassé de toutes part par une horde de super-vilains. Double Face dispose de moyens terribles pour mettre à mal le Dark Knigth.  Le côté sombre des personnages est ici poussé à son paroxysme. Le basculement d'une partie non négligeable de protagonistes dans les côtés les plus sombres de l'âme humaine se déroulent ici avec une déconcertante facilité.

 

 

 

 

© Scott, Romita & Declan - Urban Comics - DC Comics

 

 

A noter aussi certains passages croustillants via des dialogues tels que Batman s'adressant au super-héro de noir et jaune vêtu : "Duke essaie d'être un peu plus rock and roll, que diable..." permettant ainsi au lecteur de découvrir ce dernier face à une quête de lui-même. Ce All Star ne laisse pas de temps mort, il ne fait pas dans la dentelle. Il apporte cependant des éclaircissements sur les rapports antérieurs entre Wayne et Harvey.

 

 

 

 

© Scott, Romita & Declan - Urban Comics - DC Comics

 

Le graphisme est clair et très lisible tout comme le découpage et la mise en scène. Les scènes d'actions sont un délice visuel. Scott Snyder à donné à son scénario un subtil mélange de cascades et baston, de gadgets nombreux et de flashback. La recette fonctionne très bien et l'humour n'est pas en reste.
Un premier tome très prometteur pour une série qui devrait en toute logique avoir un bel avenir devant elle.

Damien Caste



Titre : All Star Batman

Tome : 1

Collection : DC Rebirth

Scénario : Scott Snyder

Dessin : Romita Jr John & Shalvey Declan

Genre : Aventure

Éditeur : Urban Comics

Nbre de pages : 200

Prix : 17,50 €

ISBN : 9791026811831



Publié le 19/10/2017.


Source : Bd-best


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