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Maître de l’espace et du temps, l’Imbattable de Pascal Jousselin accomplit ses douze travaux… en un seul album

Petite devinette. Qu’est-ce qui est jaune et noir, a du pain sur la planche, a toutes ses cases et vous entraîne dans son voyage dans le temps sans que vous ne puissiez jamais le quitter des yeux? Alors, vous avez trouvé ?

 

 

 

 

 

 

 

© Pascal Jousselin chez Dupuis (Dans un supplément abonné au journal Spirou)

 

Résumé de l’éditeur : Prenez garde, vilains de tous bords, voici Imbattable ! Il porte secours à la veuve et à l’orphelin comme tout héros qui se respecte, mais il sauve aussi les chiens, les terrains de pétanque, le fils du maire et la ville tout entière. Masqué, comme tout justicier, capé, comme tout justicier, il mène la vie dure aux mauvais plaisantins, sans jamais oublier de ramener le pain.

 

 

 

 

 

© Pascal Jousselin chez Dupuis

 

Elle est curieuse et pas facile tous les jours, la vie de héros de BD. Et si certains se voient très vite un avenir doré et tout tracé, d’autres (et leur(s) auteur(s) avec) doivent batailler pour enfin connaître la joie d’un album. C’est la mésaventure vécue par Imbattable créé par Pascal Jousselin (membre éminent de l’Atelier Mastodonte), dans une tradition fidèle à l’OuBaPo (mouvement cher à Lecroart, Killofer et autres membres de L’Association). En dépit de son potentiel décoiffant, le héros en collant noir et jaune apparu pour la première fois dans le Spirou 3920 du 8 juin 2013 (presque quatre ans, quand même) a mis du temps à passer de la revue à l’album le consacrant enfin et le révélant un peu plus aux yeux du monde bédéphile.

 

 

 

 

© Pascal Jousselin chez Dupuis

 

Si je me souviens bien, il était même question qu’Imbattable paraisse chez un éditeur autre que Dupuis. Avril 2017 arriva et tout rentra dans l’ordre (ou dans le désordre? on ne sait jamais avec ce drôle de héros) avec un premier album-compil. Révélation pour certains, confirmation pour d’autres. Et encore plus.

 

 

 

 

© Pascal Jousselin chez Dupuis

 

Tous les héros de DC, Marvel et les autres, peuvent essayer, ce n’est pas demain (et même en se levant tôt) qu’ils battront notre ami Imbattable. Allez, peut-être, Deadpool mais c’est plus qu’incertain. Imbattable ne paye peut-être pas de mine au premier abord, sous son costume pas franchement clinquant, mais ne vous fiez pas aux apparences : il envoie du lourd. Sans besoin de griffe en adamantium ni de toiles d’araignées sortant de ses poignets, ni même de Batmobile surpuissante. Imbattable pourrait faire office de gendre idéal : serviable, le coeur sur la main, toujours prêt à soulever des montagnes… bref, un homme simple mais efficace. Un homme de terrain, par-dessus tout. Car oui, elle est là la clé de son don insurmontable, à l’instar de quelques héros majoritairement de comics (Deadpool, donc, mais aussi Miss Hulk, Scott Pilgrim ou encore Achile Talon), le savoureux héros de Pascal Jousselin a bien conscience qu’il est partie intégrante d’une bande dessinée. Brisant le quatrième mur et en pleine crise de « conscience comics », s’adresser au lecteur ne lui pose donc aucun problème.

 

 

 

 

© Pascal Jousselin chez Dupuis

 

Mais ça, c’est juste l’apéritif. Car, tant qu’à bien faire les choses, Pascal Jousselin a donné à son héros d’un nouveau genre la capacité de se déplacer de case en case. « Oui, et alors ? N’est-ce pas l’apanage de n’importe quel héros de BD qui se respecte ? » Si bien sûr, mais vous ne m’avez pas compris : dans ses aventures, Imbattable s’impose comme un maître de l’espace et du temps, pouvant à son gré décider du sens de lecture mais aussi filer un coup de pied à un méchant trois cases plus loin, remonter un paquet du bas d’une planche vers son début ou, en toute maladresse, de changer le cours d’un gag ou d’une histoire… Être là où on ne l’attend pas, telle est la force, jubilatoire, de ce petit miquet masqué.

 

 

 

 

© Pascal Jousselin chez Dupuis (Question d’un lecteur dans Spirou)

 

Ce premier album baptisé « Justice et légume frais » se révèle, si besoin était encore de le prouver, un tour de force démentiel, imparable et réjouissant. Dans ce quotidien urbain où pourrait planer l’ennui mortel, Imbattable trouve toujours une astuce pour le subjuguer, le rendre magique. Mieux, ce nouveau venu enchante les clichés, comme ce chat coincé dans un arbre ou les fatidiques combats entre le bon et le savant fou qui prennent un tour insolite et remarquable. Ici, le suspense est toujours entier et ne se limite pas au cliffhanger de fin de page puisque celui-ci se renouvelle à chaque case (celle du haut, du bas, de droite ou de gauche, ou toute ensemble, d’ailleurs). Sans compter les personnages dans la plus pure tradition franco-belge, drôlatiques à mourir mais bousculés sur leurs bases par ce héros qui vient nuancer les règles établies depuis des décennies. Sauf Pépé Cochonnet, Le Plaisantin (pas si loin du Joker) et… Toudi, qui sera bientôt le « Robin » d’Imbattable, et qui lui aussi a un pouvoir incroyable (qu’on vous taira pour vous laisser la surprise… ou parce qu’on est tout bonnement incapables de l’expliquer clairement).

Mais ne vous y méprenez pas, il ne faudrait pas qu’Imbattable vole la vedette à Pascal Jousselin dont le crayon bienveillant n’a certainement d’égal que la torture que l’auteur s’impose pour, non seulement, tirer des idées d’histoires aussi lumineuses mais aussi, et c’est là que le bât aurait pu blesser, les rendre possible graphiquement. À chaque page, on se demande combien d’aspirines l’auteur a dû ingérer pour calmer les maux de tête procuré par ces casses-tête dessinés. Puis, on se rend à l’évidence, l’apprenti sorcier n’en est plus un, réinventant son art pour le faire dialoguer avec la malice de la vie.

 

 

 

 

Bref, si vous avez parfois eu l’impression que la BD stagnait, le Maître Jousselin vous prouve tout le contraire en questionnant son art, mine de rien, et en proposant un premier opus à la classe folle et à l’originalité impériale (qui va quand même jusqu’à « déchirer » génialement une page), surprenant jusque dans ses derniers retranchements. Un début d’oeuvre qui, sous ses dehors gamins, possède une maturité sans faille, celle d’un auteur cumulant près de vingt ans de carrière et qui vient d’accomplir ses douze travaux… en un seul album, et notamment celui de réaffirmer mortellement « l’exception 9ème Art ». Car une telle maestria est difficilement envisageable sur un autre forma, quel qu’il soit. Édifiant et retentissant !

 

Alexis Seny

 

Série : Imbattable

Tome : 1 – Justice et légumes frais

Scénario et dessin : Pascal Jousselin (Page Facebook)

Couleurs : Laurence Croix

Genre : Aventure, Humour, Super-héros, OuBaPo Métalangage

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€

Date de sortie : le 07/04/2017



Publié le 12/04/2017.


Source : Bd-best


Magic 7 se frotte intelligemment à des monstres qui n’ont rien à envier aux Godzilla et autres Pokémon et ça décoiffe

Pour Le retour de la bête, le troisième tome de Magic 7, la série au rythme phénoménale et qui comptera quasiment quatre albums en un an, Kid Toussaint, Rosa La Barbera et Giuseppe Quattrocchi semblent enfin décidés à lever un peu le voile sur l’origine des pouvoirs des six pré-adolescents qui pourraient bien sauver le monde, un de ces quatre. Mais s’ils sont six mages, la question perdure : qui est le septième ?

Vous avez loupé un épisode ? Avant de continuer la lecture, on vous rafraîchit la mémoire : Magic 7, « contre tous » mais avec les arguments de la séduction et du renouveau
Y’a d…u Rembrandt dans l’air dès le storyboard de Geoff!

 

 

 

 

 

 

 Toussaint/Geoff chez Dupuis

 

 

Résumé de l’éditeur : Léo, le spirite, n’a qu’un but : trouver le septième mage ! Grâce aux révélations d’Alice, la devineresse, il sait que c’est quelqu’un qu’il a déjà rencontré et qu’il porte vraisemblablement une tache de naissance comme les six autres. Alice fait une autre prédiction : l’un des cinq rencontrera l’enchanteur le mercredi suivant. Chacun suit alors ses intuitions et tente de provoquer des rencontres qui semblent totalement fortuites avec son suspect favori. L’enchanteur, ignorant tout de son pouvoir, laisse de curieuses créatures sur son passage, aidant bien involontairement les six à le trouver. Une course contre la montre est alors lancée, car une terrifiante et gigantesque bête a envahi la ville et détruit tout sur son passage…

 

 

 

 

© Toussaint/La Barbera/Quattrocchi/Mengozzi/Marcora chez Dupuis

 

Comment ça la bête est de retour? De un, on ignorait qu’elle existait, de deux, comment peut-elle être de retour si nous ne l’avons jamais rencontrée. On ne sait même pas à quoi elle pourrait ressembler. Et la couverture de ce troisième tome ne nous aide pas follement, la bête serait-elle ce tout petit lézard-mutant ? On n’y croit guère. Sous des dehors aussi facétieux que cruels, Kid Toussaint n’a pas son pareil pour attiser l’envie d’en savoir plus. Et si l’auteur nous confiait savoir où il allait et avoir quelques longueurs d’avances dans l’intrigue de sa saga (dont il écrit actuellement le septième tome), force est de constater qu’au fil des deux premiers albums fort bien menés, le scénariste namurois n’avait pas boudé son plaisir de nous faire patienter, nous laissant carrément dans le flou.

 

 

 

 

© Toussaint/La Barbera/Quattrocchi/Mengozzi/Marcora chez Dupuis

 

Cette fois, ça y est, les choses sérieuses semblent s’embrayer et on en apprend plus sur l’histoire ancestrale des dons de nos héros, des pouvoirs fantastiques et puissants qui seraient le fruit de l’union d’un ange et d’un démon. Des capacités surhumaines qui pourraient s’avérer dévastatrices si elles étaient utilisées à mauvais escient. Mais plus loin que la conscience et la maîtrise de ces dons (ce que s’efforcent de faire nos six jeunes héros), le danger guette peut-être encore plus dans l’inconscience et le non-contrôle de ces facultés. Et il semblerait que l’encore inconnu qui fera figure de septième mage ne se soit pas encore rendu compte des horribles conséquences de ces actes quotidiens et néanmoins (et désormais) magiques : ainsi semble-t-il libérer d’infernales créatures qui risquent bien de tétaniser la ville, ou pire, l’anéantir. Une véritable arme de destruction massive qui ne tient qu’à son imagination.
Le storyboard du monstre par Geoff

 

 

 

 

 Toussaint/Geoff chez Dupuis


 

Jouant malicieusement de références allant de Transformers aux Pokémon, c’est un scénario taillé sur mesure que Kid Toussaint « jette » en patûre au talent de Rosa La Barbera et Giuseppe Quattrocchi. Le résultat final n’a rien à envier à un Kong ou à un Godzilla et permet au quintet (n’oublions pas Francesca Mengozzi et Giovanni Marcora à l’oeuvre aux couleurs détonantes) de tâter, sans modération, du monstre de bien beau calibre. Pendant ce temps-là, l’histoire avance et se révèle de plus en plus prenante.


Notons, que le quatrième tome, Vérités, sonnera en quelque sorte l’interlude. Sans négliger le fil rouge qui suit Léo et ses amis, cet album conviera quelques autres auteurs pour plonger dans la mythologie de la série par le biais de sept histoires courtes intégrées dans la narration. Participeront José Maria Beroy, Denis Bodart, Clarke, Benoit Ers, Chris Evenhuis, Jheremy Raapack et Roc Upchurch et des coloristes comme Hamo ou José Villarrubia. Notons encore que les aventures de Léo seront, cette fois, dessinées par Kenny Ruiz. Excusez du peu.

 

Alexis Seny

 

Série : Magic 7

Tome : 3 – Le retour de la bête

Scénario : Kid Toussaint

Storyboard : Geoff

Dessin : Rosa La Barbera et Giuseppe Quattrocchi

Couleurs : Francesca Mengozzi et Giovanni Marcora

Genre : Fantastique

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 48



Publié le 07/04/2017.


Source : Bd-best


Alex et Ani : la mythologie revue et corrigée en culottes courtes par Legendre et Silvio

Ces gamins, ils ne respectent donc rien! Encore moins quand il s’agit de mythes qu’on pensait inébranlables. Force est de constater qu’avec Alex et Ani, petits héros mythologiques en culottes courtes imaginés par Nathaniel Legendre (avec un coup de pouce de Simon Léturgie) et Silvio Speca, on est loin d’être au bout de nos surprises et c’est Hercule qui en prend pour son grade sur un Mont Olympe délirant. En fin d’article, on vous offre aussi une petite séance de rattrapage avec l' »intégrale » des deux albums consacrés à la mythologie et à Hercule, en particulier, par Serge Le Tendre et Christian Rossi.


Résumé de l’éditeur : En réponse à une provocation stupide voilà Alex, le plus jeune des fils du puissant Héraclès, contraint de devoir marcher sur les traces de son père. Et sa sœur jumelle, Ani, ne manquera pas de partager ces douze travaux-ci avec lui. Mais est-on vraiment obligé de toujours faire la fierté de nos parents, lorsque ceux-ci n’ont su que piétiner les autres tout au long de leurs vies.

Mais, avant toute chose, faisons les présentations des personnages principaux (plein de chouettes bonus et explications, prouvant que malgré la bonne humeur et les délires, rien n’est laissé au hasard et tout est raccord avec la mythologie, à découvrir sur la page Facebook des très chouettes deux héros).

Le soleil est au beau fixe entre centaures et cyclopes dans les jardins du Mont Olympe, de quoi donner à ce paysage déifié des allures de contes de fées. Qui vont pourtant vite tourner en contes… défaits. Ça commence en chamaillerie dans la cour de l’école et ça dégénère très vite. Et ils ont beau être fils et fille de demi-dieu, ce n’est pas pour autant qu’Alex et Ani doivent se croire tout permis. Et cette fois, avec ce provocateur et cafeteur de Phobos, tout petit fiston d’Arès qui l’est. Et voilà que le coup de pied au cul de ce « boloss » va prendre des allures de coups de tonnerre sous la colère du suprêmissime Zeus qui, bien que grand-père de ces deux garnements, doit rester droit dans ces bottes, inconciliable. Et la sentence de tomber : Alex et Ani devront exécuter douze nouveaux Travaux, dans les pas d’Héraclès, leur père.

 

 

 

 

 

 

 

© Legendre/Silvio chez Cerises et coquelicots

 

Avec une préface de Philippe Luguy (dont on espère impatiemment un nouveau Percevan) et des envies mythologiques héritées des fantastiques Centaures de Pierre Seron, c’est peu dire que Nathaniel Legendre et Silvio Speca étaient accompagnés de deux anges gardiens en puissance dans leur création. Et les deux auteurs n’ont pas trahi leur allégeance en s’offrant, avec Alex et Ani, une grande aventure dans des pays légendaires qu’on ne connait que trop bien à force de livres, de films, d’albums de BD ayant remis à leur sauce les grands héros de la Grèce Antique.

 

 

 

 

© Legendre/Silvio

 

Pourtant, ici, l’enjeu est tout autre, il faut sauver le soldat Héraclès et Legendre et Silvio ne se privent pas de l’enfoncer un peu plus dans la mouise. Nous aurait-on menti depuis la nuit des temps, Héraclès n’aurait-il été qu’un imposteur? C’est le postulat tragico-comique des deux auteurs qui envoient valdinguer toute consensualité pour s’amuser comme des petits fous dans ce décor dantesque et impressionnant, apprivoisant même le lion de Némée qui n’était finalement pas bien impressionnant.

 

 

 

 

© Legendre/Silvio chez Cerises et coquelicots

 

Mieux encore, non content d’apprivoiser cet univers trop connu, les deux compères se paient la tête du Zeus créateur et n’hésitent pas à amener leur touche décalée et hilarante. Un petit griffon trop choupinou, un langage djeun qui file un coup de blues à la vieille Grèce et des dangers à n’en plus pouvoir. Sans se hâter, l’intrigue de Nathaniel Legendre prend son temps et serpente dans cette para-mythologie, ne respectant pas ces engagements (les Douze Travaux, comme la guerre de Troie, n’auront pas lieu) pour mieux surprendre le lecteur.

 

 

 

 

© Legendre/Silvio chez Cerises et coquelicots

 

Un lecteur qui peut avoir douze ans comme septante ans, tant le trait de Silvio est universel, expressif, semblant tout droit jouer les prolongations du dessin animé Disney consacré à Hercule tout en gratifiant l’oeil plus averti de quelques jolies muses. Un dessin caricatural mais pas trop, juste ce qu’il faut pour amuser terriblement la galerie mais aussi impressionner par sa maîtrise des éléments. On ne peut pas en dire autant de nos deux héros novices, et c’est ce qui fait le sel de cette aventure.

 

 

 

 

© Legendre/Silvio chez Cerises et coquelicots

 

Une aventure prolongée puisque le deuxième tome, L’épreuve d’Hadès, vient de sortir, coulé dans le même moule que le précédent opus mais peut-être encore plus impressionnant dans la traversée du désert qu’il offre à Alex et Ani, bientôt pris dans le piège des illusions et devant choisir, contre leur gré, le bon ou le mauvais côté de la force.

 

 

 

 

© Legendre/Silvio

 

Pas vieillots pour une drachme mais faisant justement des allers-retours entre hier et aujourd’hui (les super-héros tourmentés des comics ne sont pas franchement loin), Legendre et Silvio, vénérables insolents dont le bagout les pousse même à tutoyer les dieux, semblent bien en avoir sous le pied pour ce qui est moins une parodie qu’une grande aventure comprenant la parodie dans ses ingrédients, mais pas que. Loin s’en faut.

 

Alexis Seny

 

 

Série : Alex et Ani

Tome : 1 – Le secret d’héraclès, 2 – L’épreuve d’Hadès

Scénario : Nathaniel Legendre (avec la participation de Simon Léturgie sur le premier tome)

Dessin et couleurs : Silvio

Genre : Aventure, Mythologie, Humour

Éditeur : Cerise et coquelicot

Nbre de pages : 48

Prix : 15 €



Publié le 07/04/2017.


Source : Bd-best


Les p’tits diables tome 23, Nina est candidate à la présidentielle

« - Qu’est-ce qui se passe avec les enfants ? ça crie partout. »

            « - Nina a été élue déléguée. »

            « - Ah, cool ! »

            « - Et du coup, elle s’est auto-proclamée présidente. »

« - Ah, pas cool ! »

            « - Ben, Tom pense la même chose. Alors, il se rebelle. »

 

            Alors que la France est en pleine campagne présidentielle, tout le monde pense que la liste des candidats est arrêtée à onze noms. C’est faux, méga-faux, archi-faux ! Une douzième prétendante au trône est dans la course.

François Fillon va en perdre les sourcils. Jean-Luc Mélenchon peut se réabonner à Pif Gadget. Emmanuel Macron devrait revoir son projet. Benoît Hamon a de quoi en perdre son latin. Marine Le Pen et Nathalie Arthaud ne sont pas les seules femmes. Jean Lassalle n’a plus qu’à se laver et Philippe Poutou a en faire (des poutous). Jacques Cheminade va reprendre son chemin et Fançois Asselineau peut déjà retourner dans l’anonymat. Nicolas Dupont-Aignan, quant à lui, n’aura jamais autant de voix qu’à Avignon. Mesdames et Messieurs, méfiez-vous, Nina est candidate à la présidentielle.

 

 

 

 

 

 

Rassurez-vous, amis lecteurs, nos p’tits diables ne vont pas s’abaisser à entrer dans le grand cirque de la politique. Ils laissent ça aux guignols qui vont gouverner la France. On va retrouver Nina et Tom dans leurs jeux habituels du chat et de la souris.

 

Dutto approche allègrement des 1000 gags. Il devrait les franchir très rapidement. Mais comment fait-il pour rester aussi frais ? Il applique tout simplement aux gags en une planche le rythme scénaristique des strips. Même si certaines situations pourraient sembler répétitives, il y a toujours le petit plus qui distingue chaque nouveau gag des précédents. Cela prouve que la pratique de la discipline de l’humour, c’est comme le sport : plus on pratique, meilleur on est. Cela nous vaut de grands moments comme le débat, grand moment de politique pas si parodique que ça.

 

            Alors, plutôt que de voter pour les grands démons, votons pour Les p’tits diables !

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Les p’tits diables

Tome : 23-Une sœur présidente

Genre : Humour

Scénario & dessins : Dutto

Couleurs : Bekaert

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 10,60 €

ISBN : 978-2-3020-5968-9



Publié le 04/04/2017.


Source : Bd-best


Pilo : les rêves, c’est toujours mieux que le monde des grands

Près de dix ans après ses débuts, Julien Mariolle s’offre une nouvelle série aux Editions Bamboo sur les couleurs de Benoit Bekaert. Alors voilà Pilo, un « petit spirou » (comme l’évoque un peu la couverture) blondinet jamais à court d’idées et qui n’entend pas choisir un métier qu’il aimerait exercer plus tard tant il regorge de rêve. Des rêves qu’il a tendance à prendre un peu trop pour… réalité. Mais en attendant d’être un super-héros, un ninja ou un pirate (pourquoi pas des Caraïbes), Pilo doit justifier ses phases lunatiques auprès des professeurs, du proviseur qu’il réussit très vite à psychanalyser. Heureusement qu’il y a Janis, éternelle adolescente, qui entend bien Pilo vivre ses délires.

 

 

 

 

 

 

© Mariolle/Bekaert chez Bamboo

 

Il est étonnant, ce Julien Mariolle. Contributeur notamment des actuelles séries de Midam et Adam (Game Over, Grrreeny), auteur de Yul et sa clique, l’auteur a progressivement quitté les traits de ses débuts pour trouver un style qui s’adapte bien au format jeunesse. Un peu de Jojo, pas forcément loin de Kid Paddle, coulé dans la naïveté. Là où Julien Mariolle surprend c’est dans son habileté à transformer un album qu’on pensait à gags en somme de deux histoires courtes d’une vingtaine de pages.

 

 

 

 

© Mariolle/Bekaert chez Bamboo

 

L’auteur se donne le temps de prolonger le plaisir, ça marche et ça se tient plutôt bien. D’autant plus que Julien a cette facilité (tout comme Sébastien Piquet dont on vous parlait avec le Père des étoiles) de s’e/ancrer dans une réalité tout en en décollant le temps d’une seule case. Ainsi, sans avoir eu le temps de s’en rendre compte, nous voilà, comme Pilo, projetés sur les pentes de l’Himalaya, entre dinosaures et monstres ou encore sur une scène bien rock. Ça se lit comme un tour de magie.

 

Alexis Seny

 

Série : Pilo

Tome : 1

Scénario et dessin : Julien Mariolle

Couleurs : Benoît Bekaert

Genre : Humour, Jeunesse, Aventure

Éditeur : Bamboo

Nbre de pages : 46

Prix : 10,60€



Publié le 03/04/2017.


Source : Bd-best


Irena tome 2, Les justes, David Evrard dessine l’œuvre de sa vie

« - Je sais ce qui te chagrine ! Même si ce sont a priori toutes des personnes de confiance, on ne peut jamais savoir qui sert d’informateur aux nazis. »

            « - Non, ça c’est un péril que je suis prête à affronter. Mais tous ceux qui accepteront de nous aider risqueront leur vie. »

            « - Attends, même ceux qui refusent de sortir de chez eux sont en danger, de nos jours. Nul n’est à l’abri d’une dénonciation mensongère, ni même de mourir de faim.»

            « - Alors, quitte à mourir, autant le faire en faisant le bien. »

 

            Telle une araignée tissant sa toile, Irena Sendlerowa constitue son réseau qui va l’aider à extraire des milliers d’enfants juifs des mains des nazis. Médecin, concierge, pédiatre, nourrice, conducteur, Irena prend tous les risques pour rassembler un ensemble de personnes de confiance. Mais en ces temps troubles, on ne peut être sûr de rien, ni de personne. Les bébés, endormis à la vodka, quittent le ghetto cachés dans des camions de marchandises. Un autre est lancé au-dessus du mur d’enceinte. Des enfants sont passés par les égouts. Un autre est caché dans le manteau et les bottes d’un ouvrier.

 

 

 

 

 

 

Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël continuent de nous raconter la vie de cette polonaise qui brava les dangers au péril de sa vie. Elle pourrait être béatifiée. Non seulement, elle sauva les enfants, mais elle organisa tout pour qu’ils retrouvent leurs noms et leurs filiations pour le jour espéré où tout rentrerait dans l’ordre.

 

David Evrard dessine l’œuvre de sa vie. Son graphisme rondouillard est aussi doux que sont cruelles les scènes de tortures qu’il dépeint. La scène où la petite fille traverse le tribunal en se prenant pour une princesse dans un château est particulièrement réussie. La fillette se retrouve dans un escalier sans fin, comme dans le film Labyrinth de Jim Henson avant d’atteindre la lumière du côté libre. On y voit toute la force que peuvent avoir les enfants dans leur imaginaire pour se préserver innocemment des horreurs du monde.

 

            Un troisième tome « Varso-vie » clôturera l’année prochaine cette émouvante vie d’Irena pour former un triptyque qui restera dans les annales de la bande dessinée.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Irena

Tome : 2-Les justes

Genre : Histoire

Scénario : Morvan & Trefouël

Dessins : Evrard

Couleurs : Walter

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344020098



Publié le 03/04/2017.


Source : Bd-best


Undertaker tome 3, Dorison dépeint un monstre impitoyable

« - Ils sont tous là. Préparez-vous ! C’est maintenant que l’on construit notre réputation… Et notre clientèle de demain… Ne l’oubliez pas. Discrétion et sobriété, c’est tout ce que l’on nous demande. Et éventuellement un peu d’élégance…ça ne peut pas faire de mal. Vous pouvez ouvrir le rideau, Jonas. Mesdames, Messieurs, la cérémonie va commencer. Si le mari de la défunte veut bien s’approcher. »

            « - Hum… Il arrive, Miss Prairie. Veuillez vous écarter, s’il vous plaît, pour laisser la place…au colonel Charley Warwick ! »

            « - Mais… Mais j’te reconnais, croque-mort ! »

 

            Décidemment, Jonas Crow est connu comme le loup blanc. Mais s’il a l’habitude d’enterrer les âmes, les vieux démons ressurgissent. Alors que Rose et Mademoiselle Lin le secondent pour la banale mise en bière de l’épouse d’un colonel, il s’avère que ce dernier a jadis croisé la route du croque-mort. Warwick lui apprend que Jeronimus Quint, médecin psychopathe, est toujours en vie et que son fils a disparu. Crow entame aussitôt une chasse à l’homme où les rôles de traqueurs et de traqués ne vont cesser de se croiser.

 

 

 

 

 

 

            Après un premier diptyque ayant fait entrer la série directement au Panthéon des meilleures séries de western en BD, les auteurs confirment le coup d’essai en signant un épisode haletant, un album qu’il est impossible de lâcher jusqu’à la fin…de cette première partie. Dorison et Meyer, vous êtes encore plus cruels que votre ogre !

 

            Dorison dépeint un monstre impitoyable. L’ogre de Sutter Camp est un tueur en série sans aucun état d’âme. Pourtant, on lui donnerait le bon Dieu sans confession, lui qui a le look d’un sympathique Père Noël rouquin. Détrompez-vous, Jéronimus Quint a la froideur et l’assurance des plus grands criminels.

 

            Ralph Meyer est à Giraud ce que Giraud était à Jijé : un disciple qui arrive à la hauteur de son maître. Les compositions en forêt sont particulièrement remarquables.

 

            Undertaker est une série qui n’est pas prête de se faire enterrer.

 

 Laurent Lafourcade

 

 

Série : Undertaker

Tomes : 3 – L’ogre de Sutter Camp

Genre : Western

Scénario : Dorison

Dessins : Meyer

Couleurs : Delabie & Meyer

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 64

Prix : 13,99 €

ISBN : 9782505065388



Publié le 30/03/2017.


Source : Bd-best


Momo : Taille XXS pour plaisir XXL

Il y a Momo et Mémé, Mémé et Momo, les deux pourraient faire la paire mais c’est sans compter le désir d’aventure de Momo. Cette petite fille de 4-5 ans (même si on lui a dit qu’elle était une grande fille maintenant) n’a de cesse de passer la clôture pour vivre sa grande aventure. Comme son papa, parti encore une fois, trop longtemps, en mer. Alors là voilà qui toque à la porte des premiers émois, au fil des rencontres avec un trio de petits caïds pas bien méchants ou effrayants, au contraire du colossale poissonnier ou de l’étrange homme des bois qui auront tout fait de lui faire prendre ses jambes à son cou.

 

 

 

 

© Garnier/Hotin

 

Cela pourrait très bien se passer en Bretagne ou au bout du bout du monde (non loin de son phare fort célèbre) car le scénariste Jonathan Garnier et le dessinateur-coloriste Rony Hotin (qui réalisent là leur premier album rien qu’à eux) jouent la confusion. Et sans doute, le décor flou, incertain, participe-t-il à nous retrouver partout et nulle part, tant qu’il y a la mer à proximité. Momo, c’est un mélange déconcertant d’abord avant de nous emporter, de nous enthousiasmer, quelque part entre Nob, pas si loin de Vivès et, quitte à faire des kilomètres, sous le regard bienveillant de Miyazaki.

 

 

 

 

© Garnier/Hotin chez Casterman

 

Mais Rony Hotin, c’est surtout un style bien à lui, qui a déjà fait ses preuves dans le monde de l’animation, et une efficacité et des couleurs redoutables, incisives. Un mélange qui ne peut mieux porter cette histoire qui débute fort bien entre les peurs de l’enfance, son insouciance et bientôt la terrible épreuve. On adhère totalement.

 

Alexis Seny

 

Série : Momo

Tome : 1

Scénario : Jonathan Garnier

Dessin et couleurs : Rony Hotin (Facebook)

Genre : Aventure, Drame, Jeunesse

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 88

Prix : 16€



Publié le 29/03/2017.


Source : Bd-best


Tif et Tondu Intégrale 1 : 1949-1954, une compilation des premiers récits dessinés par Will

« - Ah ! tu prenais un bain ! Mon vieux, habille-toi en vitesse… Je t’emmène !! »

            « - Tondu ! Type d’impatient… d’impulsif… »

            « - Qu’est-ce que tu me racontes là ? »

            « - Ce que je raconte !?... Tondu, mon ami, es-tu prêt à me suivre sur le chemin de la gloire ? (…) Mon cher, j’ai constaté à la lecture des grands maîtres que nous n’étions que des débutants… des amateurs… des fantaisistes… »

            « - Ah !... C’est ça… Et Monsieur se croit déjà le Napoléon des détectives ?!... »

 

Ce dialogue entre Tif, le chauve, et Tondu, le barbu, résume parfaitement les objectifs de cette compilation des premiers récits dessinés par Will.

 

 

 

 

 

Tif & Tondu sont nés en 1938, avec le premier numéro du journal de Spirou. Créés et animés par Fernand Dineur, ils vivent des aventures extravagantes et sans réel fil conducteur, ni intérêt, mais avec un certain charme aujourd’hui désuet.

En 1949, Dineur est prié de prendre un collaborateur afin de moderniser la série. Eddy Pape décline la proposition et le bébé, ou plutôt les bébés, échouent entre les crayons de Willy Maltaite élève de Jijé, laissé orphelin par le départ de son mentor pour les Amériques en compagnie de Franquin et Morris. C’est ainsi que Will s’est retrouvé repreneur de Tif et Tondu sur des scénarii de leur créateur Dineur.

Les débuts de cette reprise furent tout sauf un long fleuve tranquille.

Le Mystère de Beersel demeure inédite jusqu’en 1975 ! Elle ne fut même pas prépubliée dans Spirou. Tif et Tondu y affrontent une bande de faux-monnayeurs. Le pitch est allégrement pompé sur celui de L’île noire. Est-ce le pourquoi du comment ?

 

 

 

 

 

Toujours est-il que ce fut La cité des rubis qui marqua la véritable entrée de Will dans le magazine de Marcinelle. Tondu trouve un message caché dans la maquette d’un bateau. Si ça ne rappelle rien à personne, c’est qu’un certain Secret de Licorne serait passé inaperçu     six ans auparavant. On frise le plagiat. Un prince hindou est prisonnier dans un temple à la cité des rubis. Son poids en bijoux est promis à ses sauveurs. Il n’en fallait pas plus aux deux compères pour partir à l’aventure. Ils affrontent le redoutable Arsène Rupin qui essaiera de prendre sa revanche dans le récit suivant.

Petit à petit, Will acquiert une personnalité graphique. Son trait prend le pas sur celui de Dineur sur lequel il était calqué. San Salvador & Le fantôme des lagunes vont être le premier album de Will, édité sous le titre Tif & Tondu en Amérique centrale. Il sera repris dans les années 80 dans la mythique collection Péchés de jeunesse.

Dineur, pas franchement bon scénariste, est poussé par Dupuis à vendre ses personnages. La villa sans-souci sera son chant du cygne  et il faudra attendre trente-quatre ans avant que l’histoire ait les honneurs d’un album. Dineur ne terminera même pas son histoire dans laquelle le maire d’un petit patelin sollicite la sagacité de l’apprenti détective Tif pour résoudre le mystère d’une étrange villa où se passent des choses pas claires. C’est à Henri Gillain, fort du succès d’Il y a un sorcier à Champignac que sont confiés les rênes de la série. Il clôt La villa sans-souci puis écrit Le trésor d’Alaric qui entrainera nos héros dans une chasse au trésor jusqu’au bout de la botte italienne. Les projets suivants de Gillain, signant du pseudo Luc Bermar pour Tif & &Tondu, furent étrangement refusés par l’éditeur.

 

 

 

 

 

Albert Desprechins, dit Ben, imagine Oscar et ses mystères, une course au trésor (encore) orchestrée par un perroquet volubile. Will y atteint son indépendance graphique. Tif & Tondu y apparaissent tels qu’ils le seront dans l’essentiel de la carrière du dessinateur. Mais Dupuis trouve le scénario trop fantaisiste. Desprechins fut à son tour remercié. Il prendra sa revanche des années plus tard en signant quelques unes des aventures des Petits Hommes.

Il faudra attendre l’arrivée de Rosy pour donner à la série stabilité et succès, mais ça, c’est une autre histoire, un autre « Choc » pour nos héros.

 

Bien que regroupant des œuvres de jeunesse aux scénarios perfectibles, cette intégrale présente un morceau d’histoire des éditions Dupuis et de la carrière de Will, accompagné de la longue et passionnante introduction de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Tif et Tondu

Tomes : Intégrale 1 - 1949-1954

Genre : Aventures

Scénario : Dineur, Desprechins (Ben) & Henri Gillain (Bermar)

Dessins : Will

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 368

Prix : 35 €

ISBN : 9782800160771



Publié le 29/03/2017.


Source : Bd-best


L’érection, derniers actes : certains l’aiment chaud, d’autres carrément… froid

Florent voulait une nuit diabolique. Léa en a décidé ainsi mais pas forcément dans le sens que Florent l’espérait. Dans ce deuxième et ces derniers actes de l’Érection, Jim, Lounis Chabane et Dephine sont toujours en forme pour mettre du piment dans la vie de ce couple théâtral mais de BD.


Résumé de l’éditeur : Léa vient de découvrir que son mari Florent prend du stimulant en cachette pour lui offrir, en cadeau d’anniversaire, une nuit de sexe mémorable. Une bonne surprise pour elle ? Pas si sûr. Florent a-t-il besoin de ça pour lui faire l’amour ? Lorsque la sexy Alexandra s’invite la nuit en pleine crise de couple, que les verres de shots s’enchainent et que Léa, ivre, veut se prouver chez les voisins qu’elle peut encore plaire naturellement, Florent réalise combien la prise d’une petite pilule bleue peut avoir des conséquences insoupçonnables !

 

 

 

 

© Jim/Chabane/Delphine chez Grand Angle

 

Il peut résolument se la coller derrière l’oreille. Si toutes les conditions étaient réunies en cette fin de soirée pour Florent dressé sur sa troisième jambe, il est bien obligé de déchanter. La petite pilule bleue qu’il a avalée n’a pas eu l’effet escompté. Du moins relationnellement, car à l’oeil nu, on distingue bien la bosse qui déforme son pantalon au niveau de l’entre-jambes. Il est dans de beaux draps, Florent. La dispute a éclaté et les reproches se sont accumulés, sans réconciliation jusqu’à maintenant. Et au vu de qui vient de frapper à la porte, elles ne sont pas pour tout de suite ces retrouvailles sur l’oreiller. Léa ne décolère pas, Florent fait ce qu’il peut avec un anorak enroulé autour de sa taille pour camoufler sa proéminence et Alexandra vient d’entrer, en pleurs, fuyant son compagnon pas franchement droit dans ses bottes. Le mélo en duo se fait désormais en trio et comme vous le savez, à trois, l’enfer, c’est les autres ! Et les confidences qui vont avec.

 

 

 

 

© Jim/Chabane/Delphine chez Grand Angle

 

D’accord, c’est pas marrant… c’est hilarant. Jim se révèle habile metteur en scène d’une pièce de théâtre sur les planches bédéphiles et dans les décors luxueux de Lounis Chabane que Delphine fait briller par ses couleurs. Si le premier tome démarrait sur les chapeaux de roues, ces quatre derniers actes font feu d’artifice de toutes les belles promesses dont on n’osait espérer si belle conclusion. Là où tout aurait pu s’arranger, les deux auteurs en rajoutent une couche, non contents de faire sortir Alexandra de ses gongs, ils la font quitter l’appartement. Et les scènes en deviennent encore plus intéressantes. Et n’en déplaise au lourd engin de Florent, tout cela est virevoltant ! Et tant pis pour ses ardeurs, pour les intimes retrouvailles, on verra plus tard. Le lapin chaud sera bientôt froid.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : L’érection

Tome : Livre 2/2

Scénario : Jim

Dessin : Lounis Chabane

Couleurs : Delphine

Genre : Pièce de théâtre, Comédie

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nbre de pages : 72

Prix : 16,90€



Publié le 28/03/2017.


Source : Bd-best


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