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Benoit Brisefer l'intégrale 2, Peyo finit sa période graphique et passe la main à Walthéry qui récupère le bébé avec maestria

  « - Que se passe-t-il ? On tire des coups de feu dans la remise !

            Tac Tac Tac ! Tac Tac !

-         Ah ! C’est toi, Tonton ! Qu’est-ce que tu fais ?

-         Ben, tu vois, je m’entraîne, Benoît ! Dans mon métier, c’est indispensable ! De même qu’il faut se maintenir en forme ! Si tu veux devenir fort plus tard… Humpf… Tu devras aussi faire beaucoup de gymnastique ! »

 

Ce que le tonton Placide ne sait pas, c’est que son neveu est déjà très très très très fort. Même si quand il s’enrhume, ça peut être embêtant pour lui. Benoit Brisefer, le petit garçon le plus fort du monde, revient pour la deuxième partie de l’intégrale de ses aventures.

 

 

 

© Peyo - Lombard

 

 

 

 

            Dans Tonton Placide, Benoît accompagne son oncle, garde du corps du Ministre des Finances du Furengrootbadenstein.  Mais de méchants bandits convoitent les plaques transportées par le tonton et qui servent à fabriquer les billets de banque de son pays.

 

Au Cirque Bodoni, Benoît n’a d’yeux que pour Mona, la petite écuyère. Il va aider le cirque à sortir de problèmes financiers et à lutter contre une concurrence pas toujours loyale.

 

Enfin, Benoît affrontera la redoutable Lady d'Olphine, robot à l’effigie de sa grande amie Madame Adolphine. L’androïde n’est ni plus ni moins que parrain (ou plutôt marraine) de la mafia d’un petit pays : le Monte San Sone. Monsieur Vladlavodka va tenter de remettre les fils dans le bon ordre, avec l’aide de Benoît.

 

 

 

 

© Peyo - Lombard

 

 

Peyo finit sa période graphique sur les aventures de Benoît Brisefer et passe la main à Walthéry qui récupère le bébé avec maestria. C’est un passage de témoin hautement symbolique que l’on peut voir avec le recul entre un des plus grands artistes de la BD et un de ceux qui en deviendra un quelques années plus tard. C’est aussi un des moments où le terme de grand classique prend toute sa valeur et sa saveur.

Aidé par Gos, puis par Delporte, les scénarii de Peyo sont à tous points de vue parfaits. Comme pour Johan et Pirlouit, il est regrettable que la carrière de Benoît Brisefer ait été un poil sabordée par le succès des Schtroumpfs.

 

On retrouve ici trois des six meilleures aventures du gamin, qui font partie des meilleurs albums de l’âge d’or de la BD franco-belge. En bref, un must.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Benoit Brisefer

Tome : Intégrale 2

Genre : Aventures humoristiques

Scénario : Peyo, Gos & Delporte

Dessins : Peyo & Walthéry

Couleurs : Nine

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 216

Prix : 25,50 €

ISBN : 9782803671793



Publié le 23/08/2017.


Source : Bd-best


Peinture ou sculpture, toutes deux ont leurs petits secrets qu’il ne vaut mieux pas remuer; même en BD !

C’est certain, le Neuvième Art, loin d’être nombriliste et de défendre sa propre chapelle, a des choses à dire sur les autres arts, qu’ils soient musical, cinématographique ou aient trait à la peinture ou à la sculpture. C’est précisément le cas ici avec deux nouveautés (Lady of Shalott de Ceppi et Monument Amour de Didier Quella-Guyot, Arnaud Floc’h et Sébastien Bouet) qui n’ont résolument rien en commun si ce n’est cette volonté de faire mystère et que nous avons voulu regrouper.
Lady of Shalott : le diable est plus que jamais dans les détails

 

 

 

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

Résumé de l’éditeur : Et si les flics de C.H. Confidentiel et Stéphane Clément s’entraidaient pour résoudre une sale affaire à Genève ! La « Brigade des Affaires Réservées » (B.E.R.) est confrontée depuis quelques semaines à une série de crimes particulièrement sadiques, mis en scènes de façon à reproduire des oeuvres picturales célèbres de Bacon, Picasso, Schiele, Goya… Un manuscrit découvert chez une connaissance de Stéphane Clément, elle aussi assassinée, démontre que les victimes sont toutes liées à des faits commis en 1971 aux Arts Décoratifs de Genève. Une course contre la montre s’engage. Qui veut solder des comptes vieux de 40 ans ?


Des crossover, on a plus souvent l’habitude d’en voir du côté américain que dans les gênes de la bande dessinée franco-belge, ou alors pour quelques hommages faisant se croiser quelques personnages cultes le temps de quelques pages ou le temps d’un clin d’oeil (surtout dans Astérix et Obélix, avec le Marsupilamix, les Dupondt ou encore Achille Talon; puis l’apparition des Tuniques bleues dans Blueberry). Mais pour des apparitions au long cours, la galerie des candidats se réduit fortement même si on pensera inévitablement à l’univers partagé par Spirou, Fantasio et Gaston Lagaffe ou à différents albums de Pierre Seron, sans doute le plus coutumier du fait.

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

Puis voilà que Ceppi, dans son nouvel album, convie de manière improbable son voyageur fétiche, Stéphane Clément vieillissant (et Cynthia, sa femme) et la brigade de CH Confidentiel (la dernière trilogie en date d’un Ceppi en toute petite forme et brouillon, qui s’est reconcentré par après sur Stéphane Clément) dont ses deux figures de proue : Etan Loeffler et Zoé Zemp. Un combo de luxe pour mettre toutes les chances de son côté de trouver le serial killer revanchard qui hante et épouvante la ville de Genève d’ordinaire si tranquille.

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

Lady of Shalott, c’est un poème romantique d’Alfred Tennison. C’est désormais, donc, ce nouveau polar de d’un Daniel Ceppi, en forme pour marcher sur les plate-bandes gore du David Fincher de Seven. Car oui l’art peut être un crime comme les autres et mieux vaut que les âmes sensibles s’abstiennent car quand le criminel décide de passer à l’acte, il ne fait pas dans la dentelle. Plus boucher que Michel-Ange, à force de membres amputés, mais, contre toute attente, raccord avec des peintures de maîtres. Et l’expo de tableaux vivants qui se tient dans la cité de Calvin n’est peut-être pas une coïncidence. À charge de nos héros (qui ont trop peu de temps que pour faire connaissance) de faire la lumière sur ce mystère ensanglanté et de retrouver la trace d’un drame survenu vingt ans auparavant lors d’un travail « pratique » à l’école d’art.

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

En proposant à ses héros de se rencontrer, Ceppi semble retrouver un souffle et l’envie d’un récit qui laisse des traces. Et ce Lady of Shalott, s’il ne révolutionne pas le genre, a au moins le mérite de faire preuve d’imagination et d’inventivité pour se faire croiser meurtres et art de Bacon ou Goya. Et les frissons et visages tirés qui vont avec. Dommage pourtant que Ceppi excelle sur certaines cases quand quelques autres manquent parfois de finition et semblent grossières (un regard comme il n’est plus permis après autant d’année de BD, en dernière planche, notamment).

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

Mais si Ceppi arrive toujours à animer ses personnages et à les faire ressortir de ses décors (ultra-réalistes mais peut-être un peu trop figés), la rencontre entre ses héros lui permet aussi d’éclater l’enquête, chacun suivant sa piste. De quoi injecter un nouveau rythme dans les récits dont il est coutumier. Persistera-t-il dans cette voie ou Lady of Shalott restera-t-il à l’état de one-shot ?

 

Alexis Seny

 

Titre : Lady of Shalott

Crossover : Stéphane Clément / C.H. Confidentiel

Scénario, dessins et couleurs : Ceppi

Genre : Thriller, Polar

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 64

Prix : 14,99€



Publié le 21/08/2017.


Source : Bd-best


Un Monument Amour vaut mieux qu’un monument aux morts

Résumé de l’éditeur : 1918 – Camille sculpte des femmes sur une douille quand un obus tombe dans sa tranchée. Il est sauvé par un chien qui ne le quittera plus. Envoyé à l’hôpital, le soldat se mure dans le silence, ne s’adressant quasiment qu’à ce chien qui vient le voir dans son lit. Peu à peu, il va se passionner pour le dressage de chiens, car la guerre en a besoin. Ce sculpteur « muet » doué avec les animaux accepte enfin de sortir du silence. Lorsqu’arrive la longue démobilisation des hommes, Camille rentre chez lui à Nantes, accompagné de quelques bêtes et retrouve son atelier d’artiste, mais son comportement avec les femmes, et les modèles en particulier, est pour le moins… curieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Quella-Guyot/Floc’h

 

Autre art, autre genre. On oublie Genève et on part sur le front de 1914. L’humidité, la boue, les explosions. Notamment, celle qui vient de frapper Camille Le Moal et de le faire dévier de la petite pin-up qu’il sculptait sur une douille. Durant sa convalescence, Camille, plus vif que mort heureusement, va pouvoir compter sur un nouveau compagnon, à quatre pattes. Le duo deviendra inséparable, de l’hôpital civil du front au centre de rééducation d’Arcachon. Sans doute que l’exubérance jouette de l’un renforcera la récupération de l’autre, et voilà que Camille, bien décidé à reprendre consciencieux l’érection de ses sculptures, se remet à neuf.

 

 

 

 

© Quella-Guyot/Floc’h

 

Enfin, à neuf mais pas trop, car subsistent des failles. Celles héritées de la guerre, mêlant folie et violence. Celles qui avaient cours avant le champ de bataille, aussi, cet obscur mystère qui semble entourer la mort de la femme de Camille et qui, quelques années plus tard, semble un peu plus s’épaissir pour le lecteur sous les coups et la hargne de la famille de la défunte.

 

 

 

 

© Quella-Guyot/Floc’h chez Grand Angle

 

Après avoir signé le brillant scénario du Carrefour, Arnaud Floc’h cède sa place à l’imprévisible Didier Quella-Guyot (capable d’inviter le sang sur des lieux paradisiaques comme de marcher sur les traces d’Agatha Christie) pour s’adonner au dessin de cette drôle d’histoire. Drôle car si l’on suit avec intérêt cette reconstitution du front (brièvement) mais surtout des centres de rééducation et de la France de la fin de première guerre mondiale; au bout des 48 pages de cette première partie, impossible de savoir vers quoi et où nous mènent les coups de burin de notre héros. Les auteurs se chargent donc de cultiver un flou artistique dont on ignorait qu’il pouvait être d’usage en sculpture. Pourtant, pas question de rester insensible à ce pauvre diable, meurtri mais ayant coeur sur la main et la main à la patte pour sauver des chiens (n’en est-il pas devenu un d’ailleurs ?) qui, comme lui, sont des retraités de guerre parmi lesquels les plus mal lotis seront bons pour la casse. « Comme les chevaux abîmés ! Équarissage ».

 

 

 

 

© Quella-Guyot/Floc’h chez Grand Angle

 

Dans les affres humains de cette Histoire qui n’aurait pas du prendre les armes, Quella-Guyot et Floc’h ne sont pas pour autant équarris. Et si les couleurs grisonnent, il y a une vraie atmosphère, un vrai climat qui se dégage de ces planches (visez juste la première planche et vous comprendrez à quel point Floc’h et Sébastien Bouet sont maîtres de leur sujet) qui prennent un malin plaisir à varier les plans pour cerner toutes les facettes du peu d’endroits parcourus jusqu’ici. Et quand il s’agit de faire exploser le décor (et les tranchées), Arnaud Floc’h se révèle flamboyant. Tout ça devait bien finir au cimetière donc, du Monument Amour au Monument aux Morts, mais qu’adviendra-t-il des Femmes de pierre ? À suivre !

Alexis Seny

 

Titre : Monument Amour

Tome : 1/2 – Chiens de guerre

Scénario : Didier Quella-Guyot

Dessin : Arnaud Floc’h

Couleurs : Sébastien Bouet

Genre : Histoire, Guerre, Drame, Mystère

Éditeur : Grand Angle

Nbre de pages : 48

Prix : 13,90€



Publié le 21/08/2017.


Source : Bd-best


Yo-Kai Watch tome 6, la série est un phénomène de société

« - Tu fais peine à voir, mon pauvre Nathan !! Qu’est-ce qui a bien pu t’arriver ? Tu t’attendais à m’entendre dire ce genre de choses ? Mais je sais déjà ce qui s’est passé !

-   Je voulais prendre un bain de mer avant la fin de l’été, mais l’eau est infestée de méduses… J’ai des piqûres partout…

-   La saison de la baignade est bel et bien terminée !

-   Tu sais quoi ? Depuis qu’on est arrivés ici, j’ai une irrésistible envie de faire exploser une pastèque en tapant dessus façon piñata !! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nathan Adams est un écolier tout ce qu’il y a de plus banal. Whisper est un Yo-Kai qui a décidé de se mettre à son service. A l’origine, les Yo-Kais sont des esprits issus de la mythologie japonaise. Ils sont en général maladroits ou malfaisants. Nathan les remet dans le droit chemin et s’en fait des amis qui l’aident dans ses aventures suivantes. Il les invoque à l’aide d’une montre, la Yo-Kai Watch, en insérant un médaillon à l’effigie de celui qu’il souhaite faire apparaître. C’est principalement le chaton Jibanyan qui lui vient en secours avec des attaques délirantes.

 

 

 

 

 

Dans ce sixième volume de leurs aventures, le petit garçon de CM1 croisera une grosse dizaine de nouveaux Yo-Kais. Nathan rencontrera entre autres Pastényan, à tête de pastèque, Délujien, qui fait pleuvoir à tout va, son opposé Sabrille, un Yo-Kai radieux, ou encore Félipaix, un bonhomme de sable.

 

            La série Yo-Kai Watch est un phénomène de société. Jamais depuis les Pokémon on n’avait assisté à un tel événement. L’opération marketing est hallucinante : dessins animés, jeux vidéos, mangas, romans, montres interactives avec médaillons, cartes et toutes sortes de gadgets ou articles de papeterie. Les Yo-Kais sont en pleine conquête du monde. Mais là où Pikachu et ses amis d’un côté et Whisper et ses compatriotes de l’autre se distinguent, c’est que ces derniers s’adressent à un public plus jeune, mais sont aussi beaucoup plus drôles. L’humour est au rendez-vous. C’est parfois un peu scatologique, mais ça fait rigoler petits et grands.

            Les Pokémon ont plus de vingt-cinq ans. Dans vingt-cinq ans, les Yo-Kais seront eux aussi toujours un succès, par la fureur du chaton !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Yo-Kai Watch

Tome : 6

Genre : Manga fantastique

Scénario & dessins : Konishi

Éditeur : Kaze

Nombre de pages : 192

Prix : 6,79 €

ISBN : 978-2820328632



Publié le 21/08/2017.


Source : Bd-best


Wonder Woman : Terre-Un et Année Un, deux façons (très différentes) de quitter Themyscira

C’était inévitable ! Accompagnant la sortie du film consacré aux aventures de Wonder Woman, de nouvelles parutions ont été consacrées à la belle Amazone. Oui mais si on n’avait rien suivi jusque-là ? Pas d’inquiétude, DC et Urban Comics ont bien fait les choses en reprenant à la base avec Terre-Un mais aussi Année Un. Bien, un… heu… hein ?

« Wonder woman, wonder woman ». Ma culture de Wonder Woman se résumait à peu près à ce qu’en a retenu la culture populaire : cette scène de transformation de Linda Carter dans la série consacrée à Diana Prince et ses exploits.


Il n’est donc jamais trop tard pour se rattraper. Et quoiqu’on en dise, un passage au grand écran est toujours l’occasion de faire son marché dans la littérature consacrée à un héros ou une héroïne. Coup sur coup, Urban Comics vient donc de publier les traductions de Terre-Un de Grand Morrison et Yanick Paquette ainsi que le rebirth Année Un de Greg Rucka et Nicola Scott. Deux versions des origines de cette super-femme (et féministe) qui a traversé les âges.


 

 

 

© Rucka/Scott/Fajardo Jr. chez DC Comics

 

Alors, forcément, le décor planté dans les premières planches est le même pour ces deux albums (en commençant le deuxième – je les ai lus l’un à la suite de l’autre – j’ai été un peu sceptique, ça n’a pas duré longtemps). À savoir l’île Themyscira, quelque part dans l’océan, bien à l’abri des hommes hostiles et qui a tout d’un paradis terrestres pour les Amazones placées sous la conduite d’Hyppolyte, la mère de Diana, et sous la protection des Patrons (les déesses grecques Hestia, Aphrodite, Demeter, Athéna et Artémis). Un microcosme salvateur et dont la Femme est l’avenir pour les siècles des siècles. Enfin… Jusqu’au jour où un avion militaire va se cracher on ne sait comment sur cette île et y introduire le premier homme depuis bien longtemps (depuis Hercule, en fait, qui lui n’était pas venu en ami) : Steve Trevor (qui est afro-américain dans Terre-Un). De quoi mettre dans l’embarras les Amazones, face à un dilemme qu’elles ne pensaient pas avoir à affronter : faut-il se débarrasser/laisser mourir le pilote de l’Air Force ou bien le soigner et le raccompagner chez lui en « sacrifiant » l’une des guerrières ?


 

 

 

© Morrison/Paquette/Fairbairn chez DC Comics

 

Et c’est là que les visions divergent. Car ce n’est pas pour rien que les Amazones sont raccord avec les héros des mythes grecs. Et comme eux, la mythologie de ces demi-déesses est mouvante, changeante, au fil des âges et des auteurs.


 

 

 

© Rucka/Scott/Fajardo Jr. chez DC Comics

 

Ainsi dans Terre-Un, après un remarquable prologue relatant le combat des Amazones face à Hercule, Grant Morrison et Yanick Paquette font prendre à Diana son courage et son destin bien en main, envers et contre ses soeurs. Sans leur bénédiction, elle quittera, sous les flèches, Themyscira, pour atterrir dans les lumières fascinante d’une ville américaine. Bien moins fascinant sera la suite puisqu’une fois la Gorgone lâchée, Diana sera obligée de rentrer sur son île pour y être jugée par les siennes. Place donc à une pièce de prétoire dépaysée par les flash-backs très inspirés du duo d’auteurs.


 

 

 

© Morrison/Paquette/Fairbairn chez DC Comics

 

Dans Année Un, Greg Rucka et Nicola Scott retournent le prisme pour sacrifier celle qui ne s’appelle pas encore Wonder Woman, devenue championne et « présent au monde » de son peuple pour raccompagner Steve Trevor dans son pays et sans nul espoir de revenir à Themyscira. Pourtant, Diana devra protéger son île de loin, ainsi que l’Amérique et le monde des hommes dans lequel elle arrive face à un terrorisme bactériologique et épidémique d’un nouveau genre baptisé Sear. Plus contemporain (mais aussi plus lisse, plus commun dans le dessin), Année Un a aussi le mérite d’éclater le focus pour aller voir du côté des vies et des antécédents d’autres personnages appelés à compter. Steve Trevor, bien sûr, mais surtout Barbara Ann Minerva qui se révélera être bien plus qu’une traductrice, mais une Indiana Jones au féminin entièrement dévouée et obnubilée par la cause des Amazones (un chapitre signé Bilquis Evely dont on se demande pourquoi elle n’a pas pu dessiner tout l’album). Avec en plus un grand méchant guerrier et terrifiant.


 

 

 

© Rucka/Evely/Fajardo Jr. chez DC Comics

 

Je ne m’aventurerai pas dans une analyse pointue et rétrospective de ces albums puisque je suis novice dans le monde de Wonder Woman, héroïne créée en 1941 par William Moulton Marston. Toujours est-il qu’il est appréciable de lire ces deux tomes, d’abord pour les deux directions antagonistes suivies par les deux duos d’auteurs. Mais également, au niveau du graphisme, avec un coup de coeur pour Yanick Paquette qui semble tellement tout connaître de son héroïne et joue intelligemment de ses atouts et outils pour délimiter les cases (du lasso au bustier) et emmener son découpage vers le maximum de plaisir. Simplement mais avec une aisance et un charme redoutable. De ceux qui font sortir la BD de ses cases.


 

 

 

© Morrison/Paquette/Fairbairn chez DC Comics

 

À l’image de Patty Jenkins, la réalisatrice du film WW, c’est donc une femme, Nicola Scott, qui assure le dessin d’Année Un avec de très belles planches tant que notre Amazone préférée reste sur son île. Dommage car la suite est moins intrépide et l’autrice, pourtant habituée à Wonder Woman, nous laisse sur notre faim alternant une superbe scène de fusillade « caméra à la main » et très détaillée à d’autres scènes d’action beaucoup trop statiques que pour émouvoir. Ça manque de vie, en fait. Et c’est d’autant plus désolant que le pitch de Greg Rucka reliant mythologies ancestrales et combat bien contemporain (malgré un côté grand-guignolesque à l’apparition du méchant et quelques dialogues mal fagotés) marche à tous les coups, précis et tellement proche de nos préoccupations internationales.


 

 

 

© Rucka/Scott/Fajardo Jr. chez DC Comics

 

Au jeu des préférences, c’est donc Terre-Un qui récolte mes louanges (mais Année Un ne démérite pas pour autant, loin s’en faut). De ma chaise, je suis tombé le cul par terre face à l’ingéniosité graphique de Yanick Paquette, la diversité et la fougue de ses ambiances et de ses personnages plus ou moins sérieux (l’inénarrable Beth Candy, là pour prouver l' »innocence » de Diana mais aussi que le féminisme des Amazones « sans un kilo de trop » a ses limites). En dépit d’un méchant tonitruant à se mettre sous la dent. Ce qui devrait venir bien assez tôt.

 

Alexis Seny

 

Série : Wonder Woman Terre-Un

Tome : 1

Scénario : Grant Morrison

Dessin : Yanick Paquette

Couleurs : Nathan Fairbairn

Traduction : Isabelle Bauthian

Genre : Aventure, Fantastique, Mythologie

Éditeur VF : Urban Comics

Éditeur VO : DC Comics

Collection : DC Deluxe

Nbre de pages : 144

Prix : 15€

 

Publié le 17/08/2017.


Source : Bd-best


Seule contre la loi et telle Don Quichotte dans un Cluedo à reconstruire, des années plus tard

Avant de nous faire découvrir de nouvelles pépites pour la rentrée (ça va être bien, vous allez voir), les Éditions du Long Bec continuent noblement et passionnément à rééditer des récits qui ont bien le droit à une nouvelle vie. Bien plus orfèvre que brocanteur à la sauvette, Éric Catarina et son équipe ont cette fois jeté leur dévolu sur Seule contre la loi. L’adaptation par Roger Seiter et Vincent Wagner (deux auteurs omniprésents, et à raison, chez l’éditeur à la cigogne) d’un classique de William Wilkie Collins qui allait comme un gant au Neuvième Art. La preuve.

 

 

 

 

 

 

 

Recherches de personnages par Vincent Wagner

 

Résumé de l’éditeur : Angleterre 1875. Une jeune femme du nom de Valeria Brinton épouse par amour Eustace Woodville en dépit des réticences de son entourage. Durant le voyage de noces, plusieurs indices amènent Valeria à penser que son mari porte un lourd secret en relation avec son passé. Après avoir mené une rapide enquête, elle découvre qu’il l’a épousée sous un faux nom. Il s’appelle en réalité Eustace MacAllan. Et quand elle lui demande des explications, il refuse de répondre à ses questions et la quitte tout en lui assurant qu’il l’aime. Mais Valeria est amoureuse et est prête à tout pour connaître la vérité.

 

 

 

 

Recherches de personnages par Vincent Wagner

 

Victorienne Angleterre et étranges mystères, plus loin que la rime, le combo continue de porter ses fruits au fil des passeurs d’histoires. Initialement paru en deux tomes et sous le nom de série de Mysteries chez Casterman, il y a une dizaine d’années; voilà donc que Seule contre la loi s’offre une seconde jeunesse dans le grand format cher aux éditions alsaciennes. Parce que le dessin de Vincent Wagner (décidément habile à transformer sons trait au fil des projets, qu’ils soient à destination des enfants ou d’un public plus adulte) le vaut bien. Et que l’écriture précise de Roger Seiter n’est pas en reste. Alliez-les à la force de conviction de William Wilkie Collins, homme de loi dans une première vie, et voilà une histoire frissonnante et solide qui vous tend les mains.

Car il y a difficilement plus prenantes comme histoires que celles où, envers et contre tout, face à tout le poids du monde, un héros (une héroïne, dans le cas présent) va tenter le tout pour le tout pour rétablir une vérité si improbable. Car « relaxé faute de preuves » ne signifie pas innocence, voilà que, telle Don Quichotte face à ses moulins à vents qui tournent tous dans le même sens, Valéria Brinton-Woodville va devoir avoir les nerfs solides pour l’affronter, cette vérité qui la turlupine, et sauver son mari du doute et de la culpabilité qui le ronge bien malgré lui. Et s’il est menteur, qu’il l’a prise pour épouse sous un nom d’emprunt, Valéria compte bien le pardonner pour peur qu’il ait eu une seule bonne raison de ne pas tout lui dire. Commence alors, sur un fil d’Arianne inexistant et sur la pente abrupte des faux-semblants, une incursion à reculons sur la ligne de vie de l’homme que Eustace était avant de rencontrer Valéria.

 

 

 

 

© Seiter/Wagner chez Les Éditions du Long Bec

 

Ni Watson ni Sherlock Holmes, encore moins Miss Marple, Valéria n’a pas les réflexes d’une enquêtrice. Et si les portes s’ouvrent en général devant les trois premiers héros précités; Valéria va plutôt devoir les enfoncer face à un auditoire qui va vite comprendre quelle folle elle peut être pour croire si fort à l’incroyable. Mais Valéria est amoureuse, et cela change la donne. Du déroulé de cette enquête qui aurait pu être classique, aussi. Car Valéria est si entêtée, si investie corps et âme, qu’elle est prête à se jeter dans la moindre brèche, sans retenue, sans jugeote, croyant dur comme fer la première piste qui pourrait innocenter pour de bon son mari parti sous d’autres cieux. Et le lecteur s’y engouffre avec, scrutant les différents acteurs (drôlement bien campé) de ce Cluedo pas « pour de rire » et à reconstituer quelques années plus tard. Seule contre la loi est un écrin formidable à rebondissements et à fausses pistes.

 

 

 

 

© Seiter/Wagner chez Les Éditions du Long Bec

 

Après sa rencontre avec Cyril Bonin (on vous parle du deuxième et dernier volume de l’intégrale de Fog, dans les prochains jours), Roger Seiter décelait chez Vincent Wagner un vrai talent pour reconstituer l’Angleterre victorienne sans y perdre sa patte et son style si reconnaissable. De quoi faire entrer le roman de Wilkie Collins et sa machinerie efficace, pour ceux qui l’auraient oublié, un peu plus définitivement dans la légende.

 

Alexis Seny

 

Titre : Seule contre la loi

Intégrale

D’après le roman de Wilkie Collins

Scénario : Roger Seiter

Dessin et couleurs : Vincent Wagner

Genre : Enquête, Mystère

Éditeur : Les éditions du Long Bec

Nbre de pages :104 (dont un cahier historique)

Prix : 25€



Publié le 16/08/2017.


Source : Bd-best


Forçats 2 : la relève de Londres, l’éternité d’un destin sacrifié et la beauté du plus noble des combats, celui qui espère la liberté

En prison, le monde se divise en deux catégories : les détenus qui s’enfoncent dans l’irrécupérabilité face à un système qui détruit et broie l’humanité puis ceux qui rêvent d’une seconde vie (même si d’aucuns n’hésiteront pas à les casser, les jugeant irrécupérables, hein Serge ?).  La seconde vie, Eugène Dieudonné en rêve. Avec cette envie de se laver de l’affront qu’on lui a fait, lui qui a été condamné pour un braquage duquel il ne faisait pourtant pas partie. Dans le second et dernier tome de Forçats,  Fabien Bedouel et Pat Perna durcissent le ton, bavards, face à l’inacceptable, l’erreur judiciaire que certains tentent pourtant de cautionner.

 

 

 

 

 

 

© Fabien Bedouel

 

Résumé de l’éditeur : De retour de Cayenne, le grand reporter Albert Londres engage une lutte sans merci contre le bagne. Dans Le Petit Parisien, il raconte l’horreur de son voyage en Guyane et interpelle le ministre des Colonies. Parallèlement, il poursuit ses investigations pour faire innocenter Eugène Dieudonné, ralliant l’opinion publique à sa cause. Mais le temps presse… À bout de forces et de patience, l’anarchiste ne tiendra plus longtemps sur l’île du malheur. Confronté aux turpitudes journalistiques et aux lenteurs de la justice, Albert Londres devra déployer toute son énergie pour sauver son protégé et changer le cours de l’Histoire.

 

 

 

 

© Perna/Bedouel/Fantini chez Les Arènes

 

Comment se peut-il qu’à l’heure actuelle, on puisse mettre encore et encore des innocents en prison? Les images des JT’s montrant des hommes ayant passé dix, vingt ou trente ans de leur vie en prison et libérés parce que blanchis ne sont pourtant pas rares. À quoi a donc pu servir l’héritage d’Eugène Dieudonné, emprisonné à Cayenne, il y a près de cent ans ? On se le demande. L’Histoire serait-elle aussi lente que la justice à apprendre de ses erreurs ? De quoi porter un peu plus le propos de Fabien Bedouel et Pat Perna qui prouvent, dans ce second tome que le pire est à venir.

 

 

 

 

© Perna/Bedouel/Fantini chez Les Arènes

 

Le héros change de costume et, sans délaisser le pauvre Eugène Dieudonné, voilà qu’Albert Londres prend le crachoir. Londres, l’homme providentiel, celui qui demande la fermeture du bagne, le seul à qui Eugène peut confier son sort alors que la justice se trouve bien plus habile à mettre des êtres à l’ombre qu’à en les innocents du bagne, ce coin reculé du monde où les plus forts survivent. Mais malgré l’insistance de son patron qui trouverait regrettable de ne pas essorer jusqu’au bout ce sujet qui booste les ventes du P’tit Parisien, Londres pense avoir fait le tour de la question des bagnards et veut passer à autre chose: l’affaire… Dieudonné. Albert veut reconstituer les faits, mener sa propre enquête pour prouver l’innocence de son protégé. Et ça marche.

 

 

 

 

© Perna/Bedouel/Fantini chez Les Arènes

 

C’est sans compter l’impatience d’Eugène. D’autant plus que les efforts du journaliste porte leurs fruits au-delà de l’océan : après treize ans d’emprisonnement du matricule 41143, le Ministre a décidé de gracier celui-ci. C’est inespéré, mais c’est aussi un cadeau empoisonné : il faudra en réalité deux ans, neuf mois et vingt-deux jours pour que cette libération soit effective. Un ahurissant détail « administratif » qui, peut-être, heurte encore plus Dieudonné de plein fouet. Y’a-t-il pire que l’illusion de la liberté ?

 

 

 

 

© Perna/Bedouel/Fantini

 

Reliant en pointillé l’horreur des scènes de violence causées par la Bande à Bonnot et le sort chagrin d’un gars anéanti et abandonné de tous sauf d’un journaliste téméraire et à contre-courant (et sur les eaux de l’océan qui borde la Guyane, c’est encore plus dangereux); nos deux auteurs font encore des merveilles. Enfin, des merveilles… dans la noirceur et le crépuscule des vrais héros, ceux qui n’ont plus rien à perdre. Bedouel et Perna non plus, et avec autant de talent et la force d’un propos qui fait mouche cent ans plus tard, on les comprend. Dans cet étau qui se resserre, avec ses ambiances magnifiques (Fabien Bedouel – Florence Fantini, une affaire qui marche sacrément bien !), Forçats, c’est la relève de Londres, l’éternité d’un destin sacrifié (Eugène, mort à 60 ans, se sera vu confisqué un quart de sa vie par les barreaux) et la beauté du plus noble des combats, celui qui espère la liberté.



 

Alexis Seny

 

Titre : Forçats

Tome : 2/2 – Le prix de la liberté

Inspiré de faits réels

Scénario : Pat Perna

Dessin : Fabien Bedouel

Couleurs : Florence Fantini

Genre : Aventure, Judiciaire, Drame, Historique

Éditeur : Les Arènes

Nbre de pages : 58 (+ dossier de six pages)

Prix : 15€



Publié le 14/08/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 17

« - Ben… Voilà… Je me suis enfui… J’habite chez une vieille tante très, très, très avare qui… qui me fait beaucoup travailler et… je ne peux jamais jouer… Alors quand j’ai vu votre bateau…

-  Heu ! Tout ça n’est pas très gai, bien sûr… Mais que veux-tu que je fasse ?... Ta tante va prévenir la police et j’aurai de gros ennuis.. D’abord, où habite ta tante ?...

-       Où elle… Heu… Ben, elle habite à…à Saint-Peufric… C’est ça, à Saint-Peufric ! »

 

  Si le jeune Donald Mac Donald est si hésitant en expliquant à Starter pourquoi il se trouve sur son bateau, c’est parce qu’il ment comme un arracheur de dents. Il n’a pas de tante à Saint-Peufric, parodie de Saint-Tropez (admirez le jeu de mots). Il est fils de milliardaire et cherche à s’échapper de la prison dorée dans laquelle il se trouve. Le petit garçon va ainsi vivre avec Sophie, Starter et Pipette, une aventure trépidante assaisonnée d’enlèvement, malfrats stupides et cupides et poursuites en voiture à la Rémy Julienne.

 

 

 

 

 

 

C’est avec beaucoup d’émotion que se conclue la réédition intégrale des aventures de Sophie. En effet, Jidéhem vient de disparaître, entre la préparation et la parution de cet album. On y retrouve la dernière partie de la grande époque de Sophie, puis son « revival » qui eut lieu quelques temps plus tard, avec une fillette ayant pris quelques années, passant de la gamine d’une dizaine d’années à une adolescente avoisinant les quinze ans. Outre l’aventure avec le petit Donald, voici la suite du programme.

 

            L’inspecteur Céleste est une comédie en quatre actes dans laquelle un Peter Sellers en puissance se retrouve bien malgré lui à tester les inventions de Monsieur Karamazout, le papa de Sophie. Cette dernière y est quasiment absente. Le lecteur prend la place d’observateur pour se délecter des malheurs du policier. On sent le crayon de Jidéhem jubiler en mettant en scène Zoé, la voiture intelligente, le fameux œuf véhicule et autres cascades.

 

 

 

 

 

 

            Don Giovanni inaugure en 1989 la période « ado » de Sophie. Ce retour est marqué par l’intermède Ginger, autant graphiquement que scénaristiquement. Le trait de l’auteur s’éloigne de celui de Franquin pour se rapprocher de celui du Bob de Moor de Barelli. Dans l’introduction des formidables Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, on apprend que les histoires sont issues de scripts destinés à l’origine à Ginger. Mais l’éditeur lui ayant demandé du Sophie, Jidéhem s’est trouvé contraint de changer son fusil d’épaule. Nous retrouvons donc la jeune fille brune avec son Papinet dans une salle des ventes. Un vieil homme fait l’acquisition d’une malle renfermant les souvenirs d’un acteur de théâtre. Mais le contenu de cette valise fait l’objet de toutes les convoitises, en particulier une photo montrant le comédien dans le costume de Don Giovanni.

 

            L’Odyssée du U522 et Le tombeau des Glyphes forment un dyptique. Le système est basé sur le même principe que Le secret de la Licorne et Le trésor de Rackham le Rouge. La première partie est un récit racontant des événements passés, la seconde est une chasse au trésor à l’autre bout du monde. Bien sûr, l’histoire n’a pas la force et l’aura de celle d’Hergé, mais elle se laisse lire sans interruption. Dans un Musée comme celui que fréquentait Tintin dans L’oreille cassée (décidément les influences sont marquées), le père et la fille Karamazout voient arriver un homme blessé tenant une sacoche dans laquelle se trouve son livre de bord d’ancien Second Officier de sous-marin nazi. Le cuirassé gît depuis quarante ans au fond de l’Amazone et contient des œuvres d’art volées par les allemands. Elles sont issues du Musée présentement visité par Sophie. L’expédition organisée par la conservatrice des lieux, Sophie et son père va-t-elle réussir à mettre la main sur le trésor ?

 

            Les derniers récits complets de Sophie complètent ce volume comme autant de petits bonheurs issus du magnifique journal de Spirou.

 

            Ainsi donc se clôt cette belle réédition. La collection Dupuis Patrimoine est de loin la meilleure série d’intégrales tous éditeurs confondus. Les dossiers introductifs sont d’une qualité et d’une richesse qui fait qu’à eux-seuls, même si le lecteur possède déjà les albums d’origine, ces intégrales deviennent des indispensables de tous les amoureux de l’âge d’or.

 

            Attendons à présent une intégrale Ginger pour finir de réhabiliter l’œuvre de Jidéhem, qui a à la fois bénéficié et pâti de l’ombre de Franquin.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Sophie

Tome : Intégrale 5

Genre : Aventures humoristiques

Scénario : Jidéhem & Vicq

Dessins : Jidéhem

Couleurs : Leonardo

Collection : Dupuis Patrimoine

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 360

Prix : 32 €

ISBN : 9782800170275



Publié le 14/08/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 16

 « - Nos deux prisonniers nous ont révélé que les joyaux sertis dans l’étrange monolithe que j’ai pu observer dans la grotte leur servant de repaire étaient des pierres magiques. Ils sont persuadés que s’ils parviennent à toutes les rassembler, ils entreront en connexion avec le mana et renaîtront sous leur forme originelle, dotés d’un incommensurable pouvoir. (…) J’ignore si cette histoire est véridique, mais en tout cas, eux en sont convaincus. Donc, nous devons à tout prix contrecarrer leurs plans.

-          Han, han… Mais encore ?

-          Il leur reste trois pierres magiques à obtenir. Et ils ont déjà localisé l’une d’elles.

-          Elle est où ?

-          Dans une zone à forte densité magique. Le sanctuaire englouti ! »

 

Direction ce fameux sanctuaire pour Asta et ses camarades de la compagnie du Taureau Noir. C’est la mission que vient de leur confier l’Empereur-Mage, après avoir démasqué la trahison d’un capitaine félon. Les capitaines de chacun des ordres étaient réunis, mais c’est au Taureau Noir que revient les honneurs de mener à bien cette chasse au trésor.

 

 

 

 

 

 

Avec ce septième volume, la série de Yûki Tabata prend son véritable envol. Le propre du Manga est d’allier action, tension et humour sans que cela paraisse ridicule. L’auteur applique la recette et, comme une potion magique, ça marche. Pour preuve, le chapitre du Taureau Noir à la plage apparaît comme une parenthèse enchantée avant d’atteindre le sanctuaire englouti où vont se produire des combats impitoyables, avec un soupçon de Battle royale.

Les influences de l’auteur sont nombreuses. De Katsura Hoshino et son D-Gray Man à Akira Toriyama et son Dragon Ball, en particulier le personnage de Kamé Sennin alias Tortue Géniale, Tabata puise dans le vivier de ses prédécesseurs pour lancer des clins d’œil discrets aux lecteurs.

 

A la manière de Fairy Tail, One Piece ou autre saga au long court, Black Clover est promis à un bel avenir.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Black Clover

Tome : 7 – L’assemblée des capitaines

Genre : Manga fantastique

Scénario & dessins : Tabata

Éditeur : Kaze

Nombre de pages : 192

Prix : 6,79 €

ISBN : 978-2-82032-870-0



Publié le 11/08/2017.


Source : Bd-best


Entre fan fiction et auto-fiction déjantées autour de Triggerfinger, Highway to love comme une ode au rock et à ses groupies

Cet été, il faudra se rendre sous d’autres latitudes pour ressentir les bonnes vibes bien rock du groupe Triggerfinger (bien décidé à faire retentir son nouvel album, Colossus, dès septembre)… Quoique, rien n’est perdu, et il y a une autre manière de profiter de l’énergie phénoménale et dévastatrice du trio anversois : la bande dessinée Highway to love de Jean Chauvelot et Zoé Thouron qui nous embarque dans un trip bruxellois et halluciné dans l’enfer des groupies et dont vous nous direz des nouvelles.

 

 

 

 

 

 

 

© Triggerfinger

 

Résumé de l’éditeur : Nul ne sait où conduit l’autoroute de l’amour…
Freakytiger

 

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron chez Casterman

 

I, I follow, I follow … HIGHWAY TO HELLLLLLLLL… C’est une contraction improbable entre le tube de Likke Ly rendu encore plus tubesque par Triggerfinger et l’hymne décapant d’ACDC que nous offrent Jean Chauvelot et Zoé Thouron à travers les aventures de Zède et Ji (ils sont déjà sur Facebook), leurs alter égos barges. Deux héros qui réussissent parfaitement leur coup d’essai. Il convient d’abord de dire que leur réalité, si proche de la nôtre, est pourtant parallèle, déformée par l’autre côté du miroir, en pleine autofiction parodique et folklorique.

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron

 

C’est ainsi que nous retrouvons Zède et Ji en voiture pour le carrefour européen et le concert de Freakytiger, band rock adulé par une armée de groupies. Zède est excitée comme une puce et ne jure que pas Ruppert Colt (ou peut-être est-ce Ruben Block?), le charismatique leader et guitar hero du groupe. Ji, lui, encaisse le coup : ce qu’il voulait être un simple aller-retour dans le pays voisin risque bien de se transformer en week-end à suivre le rythme essoufflant et épuisant de Zède. Bref, la décontraction et le délassement promis sont à géométrie variable pour les deux héros. Et ce n’est que le début… Avant le rappel, Ji s’évanouit. Sale affaire pour Zède qui ne veut rien rater du spectacle mais qui vient quand même en aide à son compagnon d'(més)aventure.

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron chez Casterman

 

Mais comme le hasard fait bien les choses, voilà que l’admiratrice tombe nez à nez avec, on vous le donne en mille, Ruppert. Sur un coup de folie (et de bloc de béton, surtout), tout s’accélère, et voilà la rockstar assommée au pied des deux amateurs, soumis au charme de cette psychopathe en devenir qu’est Zède. Le mal est fait et la marche-arrière impossible, Zède et Ji doivent fuir en emportant le corps momentanément inanimé du leader des Freakytiger. Ce soir, de rappel, il n’y aura pas ! De cavale jusqu’au bout de la nuit, par contre… Complètement novices dans le domaine du crime et l’art de la fuite et poursuivis par les deux autres membres du groupe, Monsieur Jean (alias Monsieur Paul Van Bruystegem) et Marcus « Le Fou » (alias Mario Goossens) prêts à en découdre (tel le C. Thomas Howel de The Hitcher); Zède et Ji nous entraînent dans un road-trip exacerbé et complètement fou.

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron chez Casterman

 

Des fan fictions sur Justin Bieber ou les One Direction, il y en a légion, souvent inintéressantes. Mais si on avait du prendre les paris, sans doute, n’aurions-nous jamais misé sur Triggerfinger. Encore moins pour mettre en pratique le syndrome de Stockholm ! C’est dire si Jean Chauvelot et Zoé Thouron réussissent, d’emblée, leur surprise du chef. Et, de bout en bout de ces 120 planches (avec pré-générique et post-générique ainsi que des bonus), cette épopée bariolée et pourtant noir sur blanc. Jean et Zoé ont particulièrement saisi toute la portée et la folie des Triggerfinger et, assortie à la leur, s’en servent comme locomotive bien rodée pour renverser tout sur leur passage, en humour, en frayeur et en trip complètement salvateur.

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron chez Casterman

 

Le trait de Zoé n’a rien à envier à celui de Lefred, son papa, et se révèle explosif et dément, tout en maîtrise de son média (on ne va pas tout vous dire). Pour preuve, on pleure de rire et on en vient à se demander si ce petit roman graphique sans prétention ne serait pas l’hommage ultime à la fièvre du rock’n’roll. Si vous y ajoutez une bande-son concoctée à partir des meilleurs Tarantino (notez, du Triggerfinger, c’est très bien aussi), voilà un moment d’anthologie.

 

Alexis Seny

 

Série : Zède et Ji

Titre : Highway to love

Avec la bénédiction des Triggerfinger

Scénario : Jean Chauvelot

Dessin et couleurs (enfin, le rouge) : Zoé Thouron

Genre : Road Trip, Fan Fiction, Parodie, Humour

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 123 (+ 4 pages de bonus graphiques)

Prix : 17,95 €



Publié le 10/08/2017.


Source : Bd-best


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