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Infinity 8 : au jour de l’apocalypse et avec ses zombies spatiaux, la série déjà culte trouve encore un peu plus de mordant !

Plus terrible que ça, en ce moment, tu meurs… et tu ressuscites aussitôt. Toujours aux abords d’une nécropole dont le secret semble bien difficile à percer, le peut-être submersible Infinity 8 entame son cinquième reboot en pays zombie (thème déjà frôlé avec la résurrection d’… Hitler, vous vous souvenez ?) et c’est peu dire qu’ils ont du mordant, ces morts-vivants ! Tout comme Lorenzo De Felici qui intègre l’équipage emmené par Lewis Trondheim et Davy Mourier et repousse une nouvelle fois l’infini et l’au-delà chers à Buzz l’éclair.


Résumé de l’éditeur : Tous aux abris : une horde de zombies décime les passagers de l’Infinity ! Non seulement leur morsure est contagieuse, mais l’arme expérimentale qui les a créés a touché la nécropole et l’a transformée en une inépuisable armée de morts vivants ! Ann Ninurta, élue du capitaine pour cette nouvelle boucle temporelle, échappera-t-elle au coup de dent fatal ? Modèle de droiture et jeune mère célibataire ne boudant pas les rencontres masculines, elle pourrait bien être la première agente à découvrir l’origine du cimetière… Choisira-t-elle sa fille ou sa mission ?

 

 

 

 

© Mourier/Trondheim/De Felici chez Rue de Sèvres

 

Les jours (même sans fin) se suivent et ne se ressemblent pas à bord du vaisseau spatial salutaire, véritable arche de Noé intergalactique. Mais depuis le jour 15, tout part en couille. Et le commandant de bord a du souci à se faire : arrivé à la moitié du nombre de reboots possibles, aucun agent spécial n’a réussi à démêler l’inextricable et à sortir le paquebot spatial de ce mauvais pas.

 

 

 

 

© Mourier/Trondheim/De Felici chez Rue de Sèvres

 

De ce pépin, que dis-je de cet os qu’une horde de zombies, qui se reproduisent comme des petits pains un jour de miracle, entend bien ronger. Mais dans ce boxon que va bien pouvoir faire Ann Ninurta, cette mère célibataire jamais contre une bonne partie de jambes en l’air.

 

 

 

 

© Mourier/Trondheim/De Felici chez Rue de Sèvres

 

Le climat est toujours mortifère mais il sait aussi être aurifère tant l’équipage de génie qui a conçu la série Infinity 8 continue de transformer le plomb en or. Toujours plus pop et toujours fort en pulp. Et comme s’il voulait contrecarrer le coup de mou qui peut arriver dans le ventre tout aussi mou d’une série, ce cinquième tome est frénétique, complètement expéditif par la grâce et la folie de sa recrue de choc Lorenzo De Felici.

 

 

 

 

© Mourier/Trondheim/De Felici chez Rue de Sèvres

 

Le jour de l’apocalypse laisse d’ailleurs place à l’expressivité sexy de son dessin (de la même famille impériale que celui d’Humberto Ramos) qui glisse sur l’histoire assez simple et nous entraîne à vitesse grand V dans l’espace intersidéral.

 

 

 

 

© Mourier/Trondheim/De Felici chez Rue de Sèvres

 

D’ailleurs, mieux vaut s’harnacher solidement à ce volume (toujours au format comics) si vous ne voulez pas qu’il vous échappe des mains. Vous ne seriez pas le premier, le trio d’auteurs maléfique prend un malin plaisir à balancer par-dessus bord les vieux et les enfants d’abord, saccageant tout, ne respectant rien… si ce n’est le lecteur à qui ils proposent un délire jusqu’au-boutiste, monumental et clairement virtuose.

 

 

 

 

© Mourier/Trondheim/De Felici chez Rue de Sèvres

 

On s’attendait à l’apocalypse, force est de constater que les auteurs ont été gentils dans leur… titre, cette cinquième aventure, c’est bien pire que l’apocalypse ! Et si un jour le cinéma devait se pencher sur ce berceau magnifique, on préférera à Luc Besson plutôt George Miller. Mais comme le spectacle BD se suffit amplement à lui-même, on espérera que le Septième ne touche pas au Neuvième ! En attendant, vivement le sixième opus dans lequel Franck Biancarelli entrera dans le moonwalk avec Emmanuel Guibert !


 

Alexis Seny

 

Série : Infinity 8

Tome : 5 – Le jour de l’apocalypse

Scénario : Davy Mourier et Lewis Trondheim

Dessin et couleurs : Lorenzo De Felici

Genre : Space opera, Action, Aventure

Éditeur : Rue de Sèvres / Comix Buro

Nbre de pages : 96

Prix : 17€



Publié le 18/09/2017.


Source : Bd-best


Un monde un peu meilleur,  Lapinot revient dans un des tout meilleurs albums de l’année

    « - Allô ?

-          Je… Je suis la personne qui vient de vous prêter son stylo.

-          Euh…Oui. Je vous l’ai rendu, non ?

-          Oui, oui… C’est pas pour ça. J’aurais besoin d’un service. (…) Vous pouvez m’aider ?

-          Je ne vous connais pas, mais oui… Si je peux vous être utile

-          J’ai besoin d’un endroit pour dormir. Même chez vous, par terre sur la moquette, ça irait. »

 

En acceptant de rendre service à cet individu, Lapinot ne se doutait pas qu’il venait de mettre la patte dans un engrenage surréaliste. Témoin d’un banal accrochage de voiture, le concept du battement d’ailes du papillon va entraîner notre héros dans une aventure urbaine ancrée dans la société des années 2010.

 

            Le lecteur est mis face à ses addictions, à ses travers, à ses manies. On ne peut qu’être touché par ce récit sensible, plus fort qu’il ne pourrait paraître lors d’une lecture rapide.

 

 

 

 

 

            Treize après sa disparition (N’oublions pas que Trondheim avait tué son personnage), Lapinot revient dans un des tout meilleurs albums de l’année. Depuis qu’on l’avait quitté, le téléphone portable et les réseaux sociaux ont pris une place inimaginable dans nos vies. Les attentats sont également passés par là et ont indéniablement changé les rapports entre les êtres. Dans ce monde « un peu meilleur », promesse du titre, on retrouve entre autres Richard, le copain parfois lourdingue, Nadia, l’ex qu’on n’aurait jamais dû quitter, mais aussi de nouveaux protagonistes comme Gaspard ou Cléa qui viennent enrichir une galaxie de personnages aux caractères bien trempés, avec leurs certitudes et leurs doutes.

 

L’auteur signe un récit où il ne se passe rien mais où il se dit tout, une histoire d’une banalité étonnante mais d’un intérêt exceptionnel, un paradoxe littéraire et un exploit scénaristique.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Les nouvelles aventures de Lapinot

Tomes : 1 – Un monde un peu meilleur

Genre : Comédie

Scénario & Dessins : Trondheim

Couleurs : Findlaky

Éditeur : L’association

Nombre de pages : 48

Prix : 13 €

ISBN : 9782844146717



Publié le 18/09/2017.


Source : Bd-best


Jost et Culliford trouvent encore un problème de société à aborder par le biais des petits lutins bleus

« - Ohé, Schtroumpf Paysan !

-          Ah, vous v’là d’retour, Grand Schtroumpf !

-          Je veux te montrer quelque chose ! Homnibus m’a schtroumpfé un petit trésor !

-          Un trésor ?! Il y a quoi là-d’dans ? Des perles ? Des diamants ?

-          Non. Pas du tout ! Tu vas voir… Il m’a schtroumpfé ces haricots secs ! Une nouvelle espèce de haricots mauves !

-          Je connais des haricots bruns et blancs, mais ceux-ci sont spéciaux !

-          Plus que tu ne crois ! Je vais te schtroumpfer pourquoi… »

 

En ramenant des graines de haricots mauves au village, le Grand Schtroumpf ne se doutait pas qu’il allait avoir à faire à un problème de poids…pour ne pas dire de poids. Evidemment, plus de soucis de famine à l’horizon des hivers difficiles. Mais les Schtroumpfs vont vite devenir totalement addicts à ces haricots préparés sous toutes les formes, mais les faisant prendre un peu d’embonpoint. Heureusement, la Schtroumpfette est là pour prendre le taureau par les cornes et remettre ses compatriotes dans le droit chemin. Gargamel, tiens le toi pour dit !

 

Jost et Culliford trouvent encore un problème de société à aborder par le biais des petits lutins bleus. Ici, les food-trucks à la nourriture grasse et l’alimentation non-équilibrée sont dans le collimateur des auteurs. Si les plus jeunes lecteurs peuvent se voir sensibiliser au phénomène, les plus grands retrouveront avec plaisirs les Schtroumpfs dans une aventure dans la plus pure tradition.

 

 

 

 

 

 

Ce livre est malheureusement un album posthume du dessinateur Pascal Garray qui nous a quittés prématurément il y a quelques mois. Fidèle au style du studio Peyo, il aura su durant six épisodes perpétuer la tradition. Un cahier graphique lui rend hommage en fin d’album. On peut y voir des crayonnés de planches et les projets de couverture. On y apprend également que le récit a changé de titre en cours de route. Il devait s’appeler « Les Schtroumpfeurs de haricots », titre plus énigmatique et en phase avec l’esprit de leur créateur. C’est dommage qu’il n’ait pas été conservé.

 

On ne connaît pas encore le nom du ou des futurs dessinateurs des Schtroumpfs. Si l’on peut exprimer un souhait, ce serait celui de revenir à un découpage en cinq bandes, comme dans les tous premiers albums de Peyo, où les Schtroumpfs y ont une dimension correspondant plus à leur échelle.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les Schtroumpfs

Tome : 35- Les Schtroumpfs et les haricots mauves

Genre : Aventure humoristique

Scénario : Jost & Culliford

Dessins : Garray

Couleurs : Studio Nine Culliford

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 56

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782803671144



Publié le 15/09/2017.


Source : Bd-best


Shelton & Felter, lui le grand et l’autre le petit, duo éclatant sur la piste des grands mystères du drame oublié de Boston

Sheldon Cooper, c’est dépassé, place désormais à Shelton & Felter, un duo d’enquêteurs pas comme les autres qui entend concurrencer les hommes de loi dans le Boston de la prohibition. Y compris quand la mélasse revient jouer les trouble-fêtes et serial-killers, cinq ans après l’immense et improbable inondation qui coûta la vie à 21 personnes.

 

 

 

 

 

 

 

©Jacques Lamontagne

 

Résumé de l’éditeur : Boston, États-Unis, 1924. Isaac Shelton est un ex-boxeur, jeune journaliste à la plume encore mal dégrossie, qui traque le fait divers à la recherche du scoop qui pourrait booster sa carrière. Thomas Felter est quant à lui un libraire d’un certain âge, vivant seul avec ses chats, grand amateur de littérature policière et qui a aiguisé à travers ses lectures un esprit analytique hors du commun. Quand Shelton rencontre Felter, le premier convainc le second de l’aider à résoudre les grands mystères de la ville, ce qui lui permettra de pondre l’article qui fera de lui un journaliste reconnu.

 

 

 

 

©Jacques Lamontagne/Scarlett Smulkowski chez Kennes

 

Autant jouer cartes sur table, si Shelton et Felter ont bien l’intention de faire respecter la loi (enfin, leur loi), aucun des deux n’est droit dans ses bottes. D’abord, il y a Isaac Shelton dont la grande taille offre un maintien approximatif (aïe aïe les maux de dos quand il vieillira). Et Thomas Felter n’est pas en reste vu qu’il doit se tortiller dans tous les sens pour pouvoir mettre ses gouttes oculaires. Pour y voir plus clair ? Assurément.

 

 

 

 

 

©Jacques Lamontagne

 

Et s’ils sont cambrés à leur façon, c’est peut-être le seul point qui les réunit, lui le grand et lui le petit. Et la curiosité ! Sauf que, pas droits, les deux héros le sont aussi dans l’approche des meurtres qu’ils se sont lancé le défi de résoudre. S’éloignant des règles de l’ordre pour mixer empressement et déductions dans un cocktail qui fera bientôt ses preuves. Enfin, pour cela, l’un vis-à-vis de l’autre, ils vont devoir faire des concessions.

 

 

 

 

©Jacques Lamontagne/Scarlett Smulkowski chez Kennes

 

Mais attention ! La mort noire guette. Pas la peste mais plutôt la mélasse ! Celle qui a engendré le plus grand drame que Boston ait connu en ce début de XXème siècle et qui semble ne pas être repue puisque de sombres meurtres viennent hanter la nuit d’une ville qui cherche à acheter ses alcools sous le manteau. Des meurtres dont les limiers sont bien en peine d’expliquer. Encore plus lorsqu’un des actes criminels se pose dans une pièce qui n’a rien à envier à la célèbre chambre jaune de Leroux.

 

 

 

 

©Jacques Lamontagne/Scarlett Smulkowski chez Kennes

 

Alors Shelton et Felter, dans toute leur divergence d’esprit et de procédés, arrivent au bon moment. Et Jacques Lamontagne, seul aux commandes du scénario et du dessin (une première !) et aidé par les couleurs tellement imprégnée d’ambiance, imbibée (mais d’eau pure hein, pas d’alcool frelaté) de Scarlett, parvient à instituer un duo qui non seulement fonctionne mais a assez de ressources que pour ne pas souffrir de la comparaison avec d’autres binômes comme Sherlock et Watson, Adamsberg et Danglard, etc.

 

 

 

 

©Jacques Lamontagne

 

Il y a dans le ton, l’esprit et cette volonté d’aller à contre-courant des mystères, une vraie place trouvée par Lamontagne dans un monde qu’on pensait pourtant bouché. Car oui l’auteur nous amuse et nous surprend, brillant par son style (dans la même famille super-héroïque qu’un Denis Bodart) et renseigné. Jacques a marché sur les traces de ses personnages, enquêtant et se documentant minutieusement pour reconstituer le Boston des années 20 et la hantise de ce drame « mélassier » désormais oublié. Et ça ne fait qu’ajouter plus de cachet à cette enquête équilibrée entre humour et suspense, magnifiquement menée.

 

Alexis Seny

 

Série : Shelton et Felter

Tome : 1 – La mort noire

Scénario et dessin : Jacques Lamontagne (Facebook)

Couleurs : Scarlet Smulkowski

Genre : Polar, Histoire, Humour

Éditeur : Kennes

Nbre de pages : 48 (+ 8 pages de cahier graphique et documentaire)

Prix : 14,95€



Publié le 13/09/2017.


Source : Bd-best


Mulo : dans le crachin breton, le monde animal de Pog et Le Bihan n’a rien à envier à la violence des hommes

« Tu peux pas te casser, il pleut ». Renaud le lui avait pourtant dit, Mulo n’en a fait qu’à sa tête. Et le voilà sur le bord de cette route bretonne à lever le pouce et à penser sans trop de peine une autre chanson : « vous qui passez sans me voir ». Sauf qu’il n’était pas dit que nous ne nous arrêterions pas. Au fait, Mulo, c’est, comme son nom l’indique, un mulet évoluant dans un monde anthropomorphe qui n’a rien à envier à celui des hommes dans sa violence et cette volonté de ne pas se faire de cadeaux… ou si peu. Alors, profitons-en, Pog et Cédrick Le Bihan nous en font un beau.

 

 

 

 

 

 

© Pog/Le Bihan chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur : Qui es-tu, Mulo ? Un bâtard, fruit de l’union d’un âne et d’une jument, ayant l’habitude d’ignorer les regards chargés de mépris. Quand on grandit dans un orphelinat, on apprend à encaisser les coups et les railleries. Qui es-tu, Mulo ? Ignorant tout de ses origines, il n’a jamais pu répondre à cette question. Une lettre anonyme arrive pourtant un beau matin et prétend qu’il trouvera des éléments de réponse dans le casier d’une ancienne conserverie située sur une île. Qui es-tu, Mulo ? Le héros têtu et tenace de ce polar animalier. Une vraie tête de mule.

 

 

 

 

© Pog/Le Bihan chez Dargaud

 

Tout le monde se rappelle de son enfance, n’est-ce pas. Vous vous souvenez de vos premiers livres illustrés. Peut-être y avait-il un peu de Martine ? C’est certain même. Mais sans doute, les histoires lues avant que vous vous endormiez comptaient-elles leur lot d’histoire où les animaux prenaient le pouvoir ? De la Famille Passiflore aux Fables de La Fontaine et Billy the Cat. On en passe. Les écrans n’étaient pas en reste avec Mickey, des dessins animés Disney plus choux les uns que les autres sans oublier les animaux du bois de Quat’Sous, le Père Castor ou encore Le vent dans les saules.

Bonne nouvelle, ces héros animaliers de notre enfance (qui aidait sans conteste à comprendre notre monde) ont fait leur chemin et sont devenus grands et pour les… grands. Bien sûr, on ne peut zapper Canardo, Black Sad, Maus, Chlorophyle et Sybilline, Petzi, De cape et de crocs ou encore les merveilleuses histoires du regretté Michel Plessix et Rose Profond de Dionnet et Pirus. Pourtant, force est de constater que, le nombre de nouveautés BD en une année aidant probablement mais pas que, les anthropomorphes ont gagné du terrain et ont retrouvé une place non-négligeable dans l’art et la manière de raconter des histoires.

 

 

 

 

© Pog/Le Bihan

 

Les exemples ne manquent pas et nous en mettons souvent en lumière. Rien que ces dernières semaines, on peut citer Jack Wolfgang de Desberg et Reculé (interview à suivre), Musnet, la réédition du George Frog de Phicil et Drac (on espère aussi vous en parler), Le Règne… Quand on en a soupé des humains à force d’en voir au boulot, au métro, à la télé… les non-humains sont une sacrée alternative alors qu’ils ne dévissent pas forcément à notre monde turbulent.

 

 

 

 

© Pog/Le Bihan chez Dargaud

 

Et voilà que Mulo a débarqué avec ses gros sabots de baudet de retour au pays. Par la petite portière d’une voiture de location conduite par Pierrick, l’épagneul dont la sympathie ne suffira pas à balayer toute la hargne de cette sale histoire sous la pluie battante. En Bretagne, il ne pleut que sur les cons… et les âmes meurtries, rajouterons-nous. Forçat d’une vie pas folichonne, Mulo cherche à conquérir son destin et son passé trouble, sans se priver d’avoir le coeur sur la main. Mais jusque quand ?

 

 

 

 

© Pog/Le Bihan chez Dargaud

 

« I have to run like a fugitive to save the life I live » balance Bob Marley sur le bateau qui le conduit là où tout a commencé. Et la meilleure alliée sera la… haine, comme le dit si bien le loup de mer qui garde le phare, idéalement placé pour arbitrer les débats entre le « petit bâtard » et ses bourreaux. Car, cette fois, il faudra aller jusqu’au bout et prendre le dessus sur le passé qui l’a malmené.

 

 

 

 

 
© Pog/Le Bihan
 


De ce jeu de piste finalement vite déjoué, Pog et Le Bihan trouve le prétexte parfait pour faire le jeu de l’atmosphère, attirant les nuages par-ci, réveillant le soleil par-là, dans cette Bretagne humide qu’on aime adorer. Et si les cieux s’affrontent, les vivants ne sont pas en reste cherchant qui sera le plus monstrueux. Car résolument, il n’y a pas beaucoup de place pour le bien dans cette affaire qui fait souquer ferme les dealers maritimes, les mafieux sans grande envergure et les industriels en faillite.

 

 

 

 

Une case inédite © Pog/Le Bihan

 

Long de 80 pages (sans compter les trésors graphiques compilés en fin d’album) aérées et regroupées par chapitres mettant en exergue de drôles de proverbes bretons, Crachin breton ne laisse pas le temps au lecteur de s’ennuyer. Que du contraire, emmené par une bande-son d’enfer et comme au cinéma, le temps passe beaucoup trop vite en compagnie de ces héros animaliers mais pas forcément de… compagnie d’ailleurs. Et si le récit semble se conclure, sur le dos, le chiffre « un » indique le début d’une série. On en est d’autant plus impatients. Car Pog et Le Bihan, déjà vus dans des récits balisés plus jeunesse, réussissent en grande pompe leur entrée dans la cour des grands. Ils crèvent les cases tandis que, dans celles-ci, d’autres crèvent tout court !

 

Alexis Seny

 

Série : Mulo

Tome : 1 – Crachin breton

Scénario : Pog (Facebook)

Dessin et couleurs : Cédrick Le Bihan

Genre : Polar, Anthropomorphe

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 84 (+12 pages de cahier graphique)

Prix : 15,99€



Publié le 08/09/2017.


Source : Bd-best


Entre les murs et sur les toits mortels du Haut Palais, on vit et on crève en esclave… mais la magie a désormais son mot à dire

La collection Original Graphic Novel lancée il y a quelques mois par Glénat (et qui compte déjà les deux tomes de Croquemitaines, Sukeban Turbo…) ne s’interdit décidément rien. Non contente de prendre des auteurs d’ici pour les faire passer la frontière océane et arriver au Pays de l’Oncle Sam (ou Stan, quand on parle de comics) en partenariat avec IDW Publishing; la collection convie cette fois un duo anglo-américain bien connu depuis son Lucifer : Mike Carey et Peter Gross. L’occasion pour le duo de prendre d’assaut le format européen mais aussi le Haut Palais présidant à la destinée du pays d’Ossaniul. Dans lequel se passent de drôles de choses décidément !

 

 

 

 

 

 

 

© Carey/Gross/Alquier chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Dans le pays d’Ossaniul, il existe une forteresse aussi démesurée qu’inaccessible : le Haut Palais. En maîtres des lieux, les membres de la noble famille d’Aldercrest y règnent sur une véritable armée d’esclaves. Au plus bas de l’échelle, le jeune Moth effectue les tâches les plus ingrates et a raisonnablement peu d’espoir de vivre longtemps. Jusqu’au jour où il fait la connaissance d’Obsidian, une mystérieuse entité prisonnière des lieux qui lui parle dans son sommeil. Si Moth fait ce qu’il lui demande, Obsidian lui promet fortune et gloire. Va-t-il accepter ce marché ?

 

 

 

 

© Peter Gross

 

Y’en a qui fuient comme le héros de Jesus Carrasco et Javi Rey et d’autres qui se font enfermer. C’est le cas de Moth qui n’avait rien demandé à personne et qui coulait des jours paisibles (autant qu’ils puissent l’être quand c’est l’extrême pauvreté qui dicte sa loi) jusqu’à croiser la route de Cael Extat, l’intendant du Clan Aldercrest (cherchez pas, vous ne le trouverez pas dans Game of Thrones). Un homme mystérieux et surpuissant qui sillonne le royaume pour ramener à son seigneur des esclaves dignes de ce nom. Et à vrai dire si Moth n’a pas le handicap de sa soeur (la pauvre souffre d’une cataracte prématurée qui la rend « inutilisable »), il n’est pas des plus costauds ni des plus vaillants. C’est un enfant, comme les autres, ne méritant pas le joug et l’enchaînement. Et pourtant… Le Haut Palais, c’est pas la mine mais ce n’en est pas loin.

 

 

 

 

©Peter Gross

 

Et si Moth a la chance de travailler à ciel ouvert, c’est sur les pentes des toits qu’il répare qu’il risque la mort à tout moment. Pourtant, dans son malheur, le jeune garçon semble surveillé par un ange gardien. Est-ce pour ça que Cael Extat l’a non seulement choisi mais qu’il semble aussi si bienveillant à son égard ? Dans ces murs sans pitié, Moth va vite comprendre qui sont ses amis et qui sont du parti des ennemis mais également que, surplombant ce petit monde il y a peut-être bien quelque chose de magique et puissant. Quoique Cael en pense.

 

 

 

 

© Carey/Gross/Alquier chez Glénat

 

Dire que Mike Carey et Peter Gross se sont trouvés, c’est un euphémisme, on le sait depuis bien longtemps. En revanche, on peut aisément dire que les deux continuent de se comprendre agréablement dans un ping-pong où chacun répond aux envies de l’autre. Ainsi se retrouve-t-on dans un décor hérité des Balkans et d’un esprit moyen-âgeux. On y trouve des brigands dans les bois, des carrosses cahotants et, surtout, un château imprenable, architectural et sculptural, labyrinthique par dessus tout, à explorer de haut en bas, et tout en voltige. Sans se défaire de son aspect de peinture immortelle sous les couleurs de Fabien Alquier.

 

 

 

 

© Carey/Gross/Alquier chez Glénat

 

Comme cette poursuite de toit en toit qui coupe le souffle et nous fait bien nous accrocher à notre album face aux déséquilibres des cases sous les bonds de notre héros et de son ennemi juré. On ne sait pas encore de quoi l’avenir sera fait ni où nous entraîne la bouche béante qui attire Moth à la fin de cet album, mais les deux bonnes fées que sont Carey et Gross ont vite fait de nous donner confiance tant le fond (même s’il souffre d’un effet de déjà-vu dans pas mal d’autres récits) et la forme sont parfaitement digérés. Voilà un univers qu’on prendra plaisir à épuiser tant ses secrets et ses richesses mythologiques semblent, eux, inépuisables. En espérant que la suite le confirme !

 

Alexis Seny

 

Série : Le Haut Palais

Tome : 1 – Le pacte d’Obsidian

Scénario : Mike Carey

Dessin : Peter Gross

Couleurs : Fabien Alquier

Genre : Fantasy, Fantastique, Drame

Éditeur : Glénat

Collection : Original Graphic Novel

Nbre de pages : 64

Prix : 14,95€



Publié le 07/09/2017.


Source : Bd-best


Et si la piste de l’or des Aztèques prenait source dans un musée près de chez nous, auprès de pirates flibustiers

La dernière fois qu’on avait laissé Aude Soleilhac, c’était au marché, au pays du soleil et des aventures bien plus proches de nous qu’on pourrait le croire. La recette de terroir était belle et si elle a regagné la ville en compagnie de Frédéric Maupomé et de trois fantômes de vieux loups de mer qui tiennent décidément moins des monstres de Ghostbusters que des oncles de Casper. Entre deux HLM et en déviant du chemin des écoliers, le vent souffle l’aventure et l’envie de l’abordage nous prend bien vite.

Résumé de l’éditeur : Depuis la disparition de son père, Sixtine vit seule avec sa maman…et trois pirates fantomatiques qui veillent sur elle ! La collégienne est tiraillée entre l’envie de savoir d’où elle vient et la peur de blesser sa mère qui fait face à des soucis financiers. Le jour où la classe de Sixtine se rend au musée pour admirer le trésor des Aztèques, la jeune fille et ses acolytes montent un plan quelque peu risqué…

 

 

 

 

© Aude Soleilhac

 

« Si dieu veut toujours droit devant, nous irons jusqu’à… » Stop Stop Stop ! Ok, l’air est connu mais il est décidément plus facile à chantonner qu’à réaliser. Mais c’est bien mal connaître Sixtine que de penser qu’elle manque d’énergie à revendre. Regardez-la virevolter sur les toits pour mettre en joue un ennemi invisible de la pointe de son sabre. Invisible, l’ennemi ? Si vous aviez son don, vous verriez qu’il y a trois ombres tout droit sorties d’une autre époque qui la suivent un peu partout. Des fantômes, des pirates de surcroît… un peu bêtas, revenus d’entre les morts pour accompagner Sixtine dans son chemin de vie. Sur les bancs peu trépidants de classe mais aussi dans les grands projets que mûrit la jeune fille fameusement intrépide pour son âge.

 

 

 

 

© Maupomé/Soleilhac aux Éditions de la Gouttière

 

Sans doute aussi parce que la vie ne lui a pas fait de cadeau: un père mort alors qu’elle n’avait pas eu le temps de le connaître, une belle-famille qui refuse obstinément de la voir et même de la considérer et une mère qui enchaîne les petits boulots par nécessité plus que par passion pour tenter d’offrir une vie plus digne à son héroïne quotidienne. Vous voyez le topo ! Mais la magie qui a réuni ses deux parents ne s’est en rien atténuée et semble toujours bien présente pour porter Sixtine dans ses élans, secondées par ces trois drôles de pirates ectoplasmiques.

 

 

 

 

© Maupomé/Soleilhac aux Éditions de la Gouttière

 

Comme aide venue de l’au-delà, on a déjà vu mieux (comme les Tesla, Muhammad Ali, Buster Keaton et autres pointures que convie la série Magic 7) mais cela ne fait qu’augmenter le comique de situation et l’imprévisibilité de cette aventure qui, de bâbord à tribord, est beaucoup moins boiteuse que la jambe droite du Capitaine Archembeau. Dont la soif de trésor n’a pas été étanchée par le purgatoire, ça va sans dire, dent de requin ! Mais attention aux affreux jojos qui semblent eux aussi convoiter l’or des Aztèques.

 

 

 

 

© Maupomé/Soleilhac aux Éditions de la Gouttière

 

Au-delà du soupçon fantastique que vient baigner la chouette pleine lune de la couverture, on se laisse très vite embarquer par les deux auteurs dans cette histoire où se côtoient quelques thèmes de la modernité ordinaire. Métro, boulot, dodo, argent trop cher, secrets de famille etc. C’est clair, il fait meilleur être sur son bateau à voguer (même contre vents et marées) vers d’autres destinées et défis. Et Frédéric Maupomé et Aude Soleilhac ne se le sont pas fait dire. Entraînant l’ordinaire vers l’extraordinaire, évitant les récifs tranchants mais ne naviguant pas à vue pour autant. Le tout dans la chaleur et la générosité qu’on (re)connaît à Aude Soleilhac.

 

 

 

 

© Maupomé/Soleilhac aux Éditions de la Gouttière

 

Une fortune de mer… mais sur terre. Et une occasion, si ce n’est déjà fait, de se lier d’amitié et de passion avec Les Éditions de la Gouttière, qui prouve que les récits jeunesse, quand ils sont bien faits, ont toujours la force d’entraîner aussi les plus vieux.

 

Alexis Seny

 

Série : Sixtine

Tome : 1 – L’or des Aztèques

Scénario : Frédéric Maupomé

Dessin et couleurs : Aude Soleilhac

Genre : Aventure, Fantastique

Éditeur : Les Éditions de la Gouttière

Nbre de pages : 78

Prix : 13,70€



Publié le 06/09/2017.


Source : Bd-best


Marzi : entre l’universel et l’intimement personnel, Marzi tire sa révérence mais n’a pas fini de surfer la (nouvelle) vague

Toutes les bonnes choses ont une fin. La plage, les premières vagues, le sable chaud, les vacances et puis, Marzi aussi. Dans l’ultime album de ce qui demeurera une heptalogie (qui nous aura tenus en haleine durant douze ans, dont six d’attente du dernier tome), la petite Marzi a bien grandi mais on retrouve toujours ce qui a fait notre émerveillement face à cette série d’utilité publique et pédagogique. Car une nouvelle vague, c’est bien, mais c’est tellement mieux quand elle arrive à ne pas oublier son passé, sa conscience et sa mémoire.

 

 

 

 

 

 

 

© Sowa/Savoia

 

Résumé de l’éditeur : Cet été est un temps de grands changements, tant pour Marzi que pour son pays, la Pologne. Alors que ce dernier s’adapte tant bien que mal à la fin du communisme et à sa récente ouverture sur l’Occident, la jeune fille est quant à elle confrontée aux affres de l’adolescence. Car cet été, pour Marzi, c’est le temps des premières fois.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Une tignasse rousse, des yeux bleus curieux et incisifs, la naïveté de l’enfance comme gage de découvertes. En 2005, dans les pages du Journal de Spirou, c’est sans se poser trop de questions qu’on s’attachait à Marzi, cette petite Polonaise des années 80, période propice aux grands changements, aux inquiétudes des grands et aux interrogations des moins grands. Marzi, une héroïne en herbe dès les premières planches subjuguées par le talent Marzena Sowa à raconter sa vie et ses souvenirs et par celui de Sylvain Savoia à mettre ça en image, cherchant toujours plus la justesse.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Et voilà que Marzi nous a accompagnés, m’a accompagné, bien plus qu’on osait l’espérer. Dès mes quatorze ans en 2005, lors de la rédaction de mon mémoire consacré à la bande dessinée du réel où je ne pouvais pas ne pas considérer cette porte ouverte pour les enfants sur une période important de notre histoire européenne; et encore maintenant. Car si six ans ont séparé le sixième et le dernier tome (prépublié dans Spirou dès 2014), dans un monde éditorial où les séries s’échelonnent de plus en plus vite, on a pris le temps d’apprendre la patience et d’attendre notre héroïne. Pas forcément au tournant car Sowa et Savoia ne déçoivent jamais, et pourtant. À l’instar des vagues qui tournent avant de s’effondrer gracieusement sur la plage, notre couple à la vie comme à la planche fait bel et bien tourner cette petite fille qui ne l’est plus tellement et qui, éloignée du carcan familial et les yeux dans cette mer tant espérée, voit ses préoccupations changer. Elle évolue. Mieux, elle s’envole.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Mais il y a encore de la place pour l’émerveillement et pour la curiosité bien placée. Sur l’histoire de son pays et la sortie du communisme et l’influence de l’Amérique qui se fait désormais sentir dans le goût du Pepsi même si c’est à la France que Marzi voue ses rêves, tentant de s’informer sur ce pays où l’on trempe les tartines de beurre ou de confiture dans le chocolat chaud. Puis, sur cette plage où le soleil fait rougir les vivants, il y a aussi un jeune plaisancier allemand qui a tôt fait de rallier à sa cause les battements de coeur de notre jeune Polonaise qui découvre les joies et les déconvenues des amours de vacances. Sans oublier ces fantômes plus ou moins bienveillants que le jeunes ados convient dans leur dortoir alors que leurs moniteurs les croient endormis, plein de sable dans les yeux.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Sortant de l’appartement et des rues dans lesquels tellement de choses se sont jouées en six albums, Marzena Sowa et Sylvain Savoia ont trouvé une autre lumière pour conclure leur magnifique aventure. Et les deux auteurs font sauter les codes qu’ils avaient balisés jusqu’ici éloignant les cartouches et les descriptions pour mieux laisser parler la force des dialogues et des interactions. Signe que leur héroïne a pris la mesure du récit, fait ses choix et dirige la conversation tout en sachant écouter les opinions divergentes (autour de Lech Walesa, notamment, à l’occasion d’un passage à Gdansk, berceau de Solidarnosk). Et quelle richesse, c’est.

 

 

 

 

 

© Sowa/Savoia

 

Le soleil n’a jamais été aussi beau et l’ombre de Marzi s’affine entre l’universel et l’intimement personnel, trop fugace que pour dompter tout ce qui a traversé cette magnifique série tout au long de ses sept tomes. Et ce, quel que soit l’âge du lecteur. De la Pologne communiste à nos coeurs, il n’y avait décidément qu’une petite fille qui a drôlement bien grandi et mûri, emplie de paradoxes et de certitudes sur ce que sera son monde à venir. La conclusion est superbe et nous ne pouvons que souhaiter une longue et palpitante vie à Marzi.

PS : Pour ceux qui auraient du retard dans la série, Dupuis a eu la bonne idée de publier de trois intégrales. La dernière regroupant le sixième et le présent dernier tome ainsi que des récits et documents d’époque permettant de mieux saisir la métamorphose opérée de l’enfance à l’adolescence.

 

 

Alexis Seny

 

Série : Marzi

Tome : 7 – Nouvelle Vague

Scénario : Marzena Sowa

Dessin et couleurs : Sylvain Savoia

Genre : Histoire, Chronique

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 56

Prix : 12€



Publié le 05/09/2017.


Source : Bd-best


Harmony tome 3, Mathieu Reynès poursuit les aventures d’Harmony avec une tension digne des meilleures séries thriller fantastiques

  « - William ? Je ne vous aurais pas reconnu ! On peut dire que la vie en pleine nature vous profite !

-          Daniel, qu’est-ce que vous foutez-là ? Une petite balade entre copains ?

-          Où est-elle, William ?

-          Où est qui ? (…)

-          Je suis là ! Laissez-le partir et je viens avec vous sans faire d’histoires. »

 

Alors que William emmène Harmony à l’abri de tous mauvais esprits, ils se font arrêter par Daniel Steinman et ses hommes de main. Contrainte de rejoindre le camp d’entraînement, Harmony y retrouve ses camarades de jeu Payne et Eden. Mais les trois adolescents n’ont pas l’intention de rester des rats de laboratoire.

 

Mathieu Reynès poursuit les aventures d’Harmony avec une tension digne des meilleures séries thriller fantastiques. Aussi énigmatique que X-Files, aussi dynamique que Stranger Things, Harmony démontre la possibilité de ce genre de récits en BD. Comme dans le premier épisode, la séquence d’ouverture pose quelques jalons sur l’explication du phénomène vécu par les personnages.

 

 

 

 

 

 

Les couleurs de Valérie Vernay donnent du relief au graphisme de plus en plus incarné de Reynès. Les séquences sont ainsi délimitées par des ambiances colorées aux tons à la fois du décor, du moment et de la tension de chacune des scènes. Le traitement lumineux de certaines onomatopées est cependant parfois trop marqué.

 

            Harmony est une symphonie puissante qui n’a pas fini de nous transporter.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Harmony

Tome : 3 – Ago

Genre : Thriller fantastique

Scénario & Dessins : Reynes

Couleurs : Vernay

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800168753



Publié le 04/09/2017.


Source : Laurent Lafourcade


Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir mais il y a des histoires… glaçantes !

Ça y est ! Après être monté à son zénith, le soleil de l’été couchant a entamé sa folle digression et les jours… raccourcissent alors que la nuit gagne toujours plus de terrain. Et ses ombres malfaisantes, avec. Restez cachés dans les buissons, sans un bruit, retenez votre respiration et peut-être assisterez-vous sans danger aux cérémonials orchestrés par Laurent Lefeuvre avec la béné… la malédiction de Claude Seignolle et par Pascal Moguérou.

 

 

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito



En ouvrant, tel un grimoire, le dernier album de cet orfèvre de l’obscurité qu’est Laurent Lefeuvre, j’aurais juré remonter le temps pour me retrouver il y a quelques années. Quand, à la poursuite d’émois littéraires, je dégotais quelques livres aux couvertures reconnaissables entre toutes des Éditions Marabout. Il y avait là du Jean Ray, beaucoup, mais Claude Seignolle n’était pas en reste. Et ça valait aussi son pesant de cacahuètes… et de chocottes.

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre

 

Alors quand l’un des auteurs de BD les plus sensationnels de sa génération se propose d’adapter le formidable passeur de légendes noires, on n’hésite pas, on fonce. Bon, ce n’est pas pour autant gagner, encore faut-il arriver sain et sauf, éviter les ronces, les souches et autres toiles d’araignées, pour atteindre cette clairière pas forcément réconfortante où plane comme une odeur de diable.

C’est le titre donné à ce recueil (le premier et pas le dernier, on l’espère d’emblée) qui compile ainsi cinq courts récits de Seignolle : Celui qui avait toujours froid, Comme une odeur de loup, L’homme qui savait d’avance, Un bel ensorcelé et Deux dents, pas plus… Tout un univers où rien n’est certain, et la mort encore moins, qui nous tend les branches et les bras décharnés, mais aussi l’encre noire comme jamais pour mieux s’insinuer dans nos veines. Car oui, « le diable existe ». Et il se pourrait bien qu’il soit Laurent Lefeuvre en personne. Tellement que chaque trait transpire tout l’amour nourri pour l’oeuvre de ce « fantastiqueur » de grands chemins à l’écoute de son pays, de ses campagnes et de ses mythes plus ou moins fondateurs. Glaçants, c’est certain.

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito

 

Dans Comme une odeur de diable, Lefeuvre n’a pas son pareil pour faire s’unir les mots afin qu’ils forment des monstres, des visages traumatisés, des vies hantées par les soubresauts du Malin. De ce menuisier qui devinait quand la mort frapperait à ce drôle de vagabond dont il vaut mieux ne rien voir du visage. Lefeuvre croque les monstres sur le vif, de chair et de pustules, de noir et de blanc, comme s’il avait eu les chances de les voir prendre la pose dans son atelier. Il y a de la peur mais aussi de l’élégance, l’influence du regretté Bernie Wrightson, aussi. Mais attention, les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit !

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito

 

Parfois, on se dit qu’à la vue d’une adaptation, tel ou tel auteur doit se retourner dans sa tombe. Ici, à mesure que Laurent Lefeuvre donne poids et appui à la prose du conteur, je suis plutôt convaincu que c’est un Claude Seignolle (toujours bien vivant et centenaire bon pied bon oeil) galvanisé et requinqué pour les siècles des siècles qui s’est enfui de la chaumière où il coule des jours paisibles pour fêter jusqu’au bout de la nuit et de l’indicible, l’événement. C’est vrai quoi, on n’a pas tous les jours cent ans. Et avec l’art et la manière, encore moins. Puissant !

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Comme une odeur de diable

Sous-titre : Contes de Claude Seignolle

D’après les contes de Claude Seignolle

Scénario et dessin : Laurent Lefeuvre

Noir et blanc

Genre : Fantastique, Horreur

Éditeur : Mosquito

Nbre de pages : 64

Prix : 14€



Publié le 01/09/2017.


Source : Bd-best


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