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Que mettre au pied du sapin ? Episode 6 : Les profs 18 : Hors-sujet

« - Bonjour à tous ! Entrez et asseyez-vous ! »

            « - Heu ? Il est là, lui ? »

            « - Non ? J’le crois pas ! »

            « - Bien ! Allons-y ! »

 

            Et bien, si ! Serge Tirocul est en classe. Le prof le moins impliqué de la Terre est arrivé avant ses élèves ? Mais que se passe-t-il ? Rassurez-vous, il va bien trouver une parade pour ne pas assurer son cours. Lui et ses collègues sont de retour. Ils sont toujours aussi en forme, et Madame le proviseur aussi. Le catalogue de la Camif est bien en place en salle des profs. Les réunions syndicales battent leur plein. Boulard est motivé comme jamais. Même le concierge du lycée est au rendez-vous.

 

 

 

 

 

 

            Ha, si, une nouveauté : Gladys a une assistante écossaise, Carol. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a la côte.

            A part ça, le poisson pané de la cantine pue des pieds et les récrés sont trop courtes pour les cigarettes de Maurice, le prof de philo. Il paraît que la Ministre de l’Education Nationale va venir visiter l’établissement : ça stresse certain(e), mais pas tout le monde.

 

            Erroc trouve encore des idées. Comment quelqu’un qui n’est pas prof peut connaître aussi bien le sujet ? Il nous fait vivre une véritable immersion. Parodique et tellement réél. Les pages de Shopping prof sont particulièrement inventives. Il rend aussi hommage à Pica, qui a passé la main au dessin, dans un gag où Apic, dessinateur qui va prendre sa retraite est reçu dans une classe.

 

 

 

 

 

 

            On sent également que les adaptations ciné de la série ont nourri la BD, notamment en ce qui concerne le caractère bien spécifique de chacun des enseignants.

 

            Simon Léturgie reprend donc le flambeau. Après avoir partagé avec Pica l’album précédent, il signe cet opus seul. Son graphisme est aussi dynamique que celui des meilleures années de Pica. Il se fond dans son style tout en gardant sa personnalité pour la création de nouveaux personnages comme Carol. La couverture est exceptionnelle, avec une chute de Boulard violemment exclu du cours d’anglais.

 

            Les profs, une série certifiée véridique, confirmé par un membre de l’Education Nationale.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les profs

Tomes : 18 - Hors-sujet

Genre : Humour

Scénario : Erroc

Dessins : Léturgie

Couleurs : Guénard

Éditeur : Bamboo

Nombre de pages : 48

Prix : 10,60 €

ISBN : 978-2-81894-036-5



Publié le 20/12/2016.


Source : Bd-best


Que mettre au pied du sapin ? Episode 5 : Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet 2 : Meurtres dans un jardin français

  « - Dites, M’sieur Hochet ! Venez donc vous réchauffer autre chose que les yeux ! »

            « - Vous me connaissez ? »

            « - Qui ne connaît pas Ric Hochet, le grand spécialiste des enquêtes criminelles ? Je vous ai vu l’autre soir à la télévision dans l’émission du père Zitrone. (…) »

            « - Avez-vous eu vent du regrettable ennui de santé arrivé à un promeneur, ce matin ? »

 

            Trois infarctus en une semaine, plus qu’une épidémie, ça semble louche au jardin du Luxembourg. Des hommes tombent sous le baiser d’une mystérieuse dame en rouge. Mais quand Ric Hochet va s’apercevoir que toutes les victimes ont un point commun, son enquête va prendre une autre tournure.

 

            Zidrou signe une enquête intelligente, avec des dialogues dans la veine de ceux de Duchâteau. Il y insuffle une dose d’humour supplémentaire tout en restant parfaitement crédible comme dans la scène d’anthologie où Ric est confronté avec des suspectes au commissariat. Par ailleurs, avec le personnage de Nyctalope, on sent que Zidrou a envie de créer son Bourreau. Le reporter recroisera certainement sa route. Toujours ancrée dans les années 60, l’action se situant quelques mois après RIP, Ric !, le scénariste pose dans cette histoire les jalons de l’esprit soixante-huitard qui changera la face de la France quelques années plus tard. Les journalistes de L’enragé ne le contrediraient pas.

 

 

 

 

 

            Van Liemt garde son style, même si parfois certains figurants viennent du Tibet, comme cette dame qui reconnaît Ric dans le théâtre de Guignol. Il dépeint un jardin du Luxembourg comme si on y était. Dieu qu’il a dû en baver pour arriver à un tel résultat. C’est magnifique.

On y décèle par ci par là quelques hommages : n’est-ce pas Véra de Scoubidou qui soigne Nadine après un accident de voiture ? Elle en a les habits. N’est-ce pas un cousin du patron de Peter Parker qui dirige La Rafale ? Il en a la dégaîne.

Le découpage n’est pas si classique que ça. Van Liemt alterne composition classiques, découpages dynamiques et même gaufriers. Chaque fois, le parti pris se justifie.

 

            Sur de nombreuses couvertures de la série, Ric est en danger de mort. Ici, il est embrassé par une jolie jeune fille. Ça change… T’as qu’à croire !

            On entendrait presque l’air de la chanson de Joe Dassin dans ce jardin du Luxembourg :

 

Le jardin du Luxembourg
Ça fait longtemps que je n´y étais pas venu
Il y a des enfants qui courent et des feuilles qui tombent
Il y a des étudiants qui rêvent qu´ils ont fini leurs études
Et des professeurs qui rêvent qu´ils les commencent
Il y a des amoureux qui remontent discrètement
Le tapis roux que l´automne a déroulé devant eux

(…)

Encore un jour sans soleil
Encore un jour qui s´enfuit
Vers le sommeil, vers l´oubli
Une étincelle évanouie

Là où cet enfant passe, je suis passé
Il suit un peu la trace que j´ai laissée
Mes bateaux jouent encore sur le bassin
Si les années sont mortes
Les souvenirs se portent bien

 

 

            La renaissance de Ric Hochet, avec de deuxième album, confirme l’intérêt de son retour. Les auteurs prouvent que la bande dessinée classique peut encore produire d’excellents albums.

 
 

Laurent Lafourcade


Série : Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet

Tomes : 2 - Meurtres dans un jardin français

Genre : Policier

Scénario : Zidrou

Dessins : Van Liemt

Couleurs : Cerminaro

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 56

Prix : 12 €


ISBN : 9782803636891



Publié le 19/12/2016.


Source : Bd-best


Noël tourne court dans le dixième tome de Seuls et les cadeaux sont à double… tranchants

Arghhhhh, on s’étrangle en tournant et retournant le problème: comment vous parlez du tome 10 de Seuls, « La machine à démourir », sans vous en dire trop… ou pas assez. Car après deux cycles haletants, branchés sur haute-tension, surprenants et même parfois déroutants (il faut dire qu’on s’est tous pris au jeu comme certains se sont pris aux « Walking Dead » quitte à crier au scandale quand les showrunners, au prix d’un mortel cliffhanger sacrifient un personnage), les certitudes ont été bousculées et le mystère reste aussi épais qu’entier. Le tout dans un album qui sent le sapin… mais uniquement de Noël.

Résumé de l’éditeur: Perdus dans la neige, Terry et le Maître des couteaux trouvent refuge dans un gigantesque hangar qui abrite le 5e Salon du jouet. Après avoir couru « partout comme un gros dingo pour tout essayer », Terry a une illumination géniale : avec les moyens du bord et une bonne dose d’optimisme enfantin, il va tenter de construire une « machine à démourir » qui devrait leur permettre de quitter le Monde des Limbes et de retourner dans le monde des vivants. Mais l’apparition de Camille, qui offre au Maître des couteaux une mystérieuse pierre ensanglantée, va rendre ce dernier fou de rage. Et c’est à ce moment-là que Terry va vraiment regretter d’avoir offert une tronçonneuse comme cadeau de Noël à son ami amateur d’objets très tranchants… Loin de lui, ses amis vivent également des aventures éprouvantes : Dodji est toujours le jouet du Maître Fou qui lui fait vivre une initiation aussi absurde qu’impitoyable ; Yvan se retrouve en bord de mer dans la maison de vacances familiale ; Leïla est enfermée dans la chambre blanche pour un sommeil éternel et sans rêve…

 

 

Crayonné sous influence d'Akira? ©Vehlmann et Gazzotti

 

 

Crayonné sous influence d’Akira? ©Vehlmann et Gazzotti

 

Pour être honnête avec vous, j’avais complètement « démouru » depuis quelques tomes. Non pas que la continuité de la série m’avait laissé de marbre, que du contraire, mais plus parce que je n’avais pas trouvé le temps de m’y remettre… à fond.

 

 

© Vehlmann et Gazzotti

 

 

© Vehlmann et Gazzotti

Puis, Seuls, c’est comme certaines séries qu’on préfère regarder une fois tous les épisodes en main (ou sur le disque dur) plutôt que d’attendre les épisodes un à un. Bref, voilà comment Seuls m’est revenu de plein fouet, comme un coup de tronçonneuse bien placé pour remettre les idées en place.

 

 

© Vehlmann et Gazzotti

 

 

© Vehlmann et Gazzotti

 

L’idée de la tronçonneuse est d’ailleurs bien plus profonde que l’outil utilisé par le maître des couteaux, « Koupchou », pour poursuivre Terry. On peut la voir comme une métaphore qui fait l’état des lieux de l’univers tels que Vehlmann et Gazzotti le conçoivent depuis quelques planches. En effet, c’est dans une dynamique chorale que la série est entrée.

 

 

© Vehlmann/Gazzotti/Usagi chez Dupuis

 

 

© Vehlmann/Gazzotti/Usagi chez Dupuis

 

Un survival où, à des lieues l’un de l’autre, les personnages ne peuvent compter que sur eux-mêmes et doivent se méfier de tout. Seuls, de plus en plus…  seuls. Même des am…irages qui veulent les entraîner dans la noirceur. Rien ne va plus et de ce mauvais pas dans lequel on les a précipités, on se demande comment Dodji, Yvan, Leïla ou Saul, loin d’être dans son assiette.
Entre la doc et le papier © Vehlmann/Gazzotti
Entre la doc et le papier © Vehlmann/Gazzotti

Loin de limiter leur série au public enfantin auquel il est destiné, Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti (et toujours le fidèle Usagi aux couleurs) ne se laissent pas enfermer mais ont plutôt tendance à tirer leur lecteur vers le haut avec une histoire consciente et réfléchie. Dans Seuls, pas de pirouette scénaristique et néanmoins clownesques, tout se tient et les idées et concepts amenés sont forts et étudiés. Même quand ils surgissent de la naïveté et de l’innocence, comme cette hypothétique machine à démourir.

 

 

Entre la doc et le papier © Vehlmann/Gazzotti

 

 

© Vehlmann/Gazzotti/Usagi

 

Avec ce dixième tome (on n’est même pas à la moitié de la série qui devrait en compter 22), alors que l’esprit de Noël ne survit pas bien longtemps et que e petit Jésus donne des idées pas si bêtes à Terry, on gratte encore un peu plus loin sous la couche de vernis « grand public » pour trouver le fin mot de cette histoire fantastique (dans tous les sens du terme). On en est encore loin, les auteurs cultivent un certain art du cynisme et savent attiser le suspense.

 

 

© Vehlmann/Gazzotti/Usagi

 

 

© Vehlmann/Gazzotti/Usagi chez Dupuis

 

Pourvu que le film, prévu pour une sortie le 8 février avec David Moreau à la réalisation et un casting incluant Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan du Parc, Paul Scarfoglio, Kim Lockhart et… Thomas Doret (c’est vrai qu’on a hâte de voir le Gamin au vélo dans le rôle de Saul, chef du Clan du Requins), soit aussi inventif.

 

Alexis Seny

 

Série: Seuls

Tome: 10 – La machine à démourir

Scénario: Fabien Vehlmann

Dessin: Bruno Gazzotti

Couleurs: Usagi

Genre: Fantastique, Mystère, Thriller

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60€



Publié le 19/12/2016.


Source : Bd-best


Que mettre au pied du sapin ? Episode 4 : Hägar Dünor Intégrale 2 : 1974-1975

« - Hägar ! Levez-vous ! Vous êtes censés piller l’Angleterre !... Alors ? »

            « - Je préfère roupiller. »

 

            Si Hägar était un chat, il s’appellerait Garfield. Il est flemmard, gourmand et rondouillet. Seulement voilà, Hägar est belliqueux et misogyne et surtout il n’est pas un chat. Hägar aime tailler l’ennemi en pièce, mais il n’aurait jamais pu jouer dans Games of Thrones. Il est beaucoup plus drôle. On n’y voit pas verser le sang, mais la bière coule à flots.

 

 

 

 

 

 

 

            Urban Comics poursuit l’édition intégrale de la grande saga épique d’Hägar Dünor, collection de strips drôlissimes. 481 strips sont regroupés dans ce deuxième pavé, réunis par ordre chronologique et publiés dans les années 1974 et 1975. L’ensemble est complété par une préface et une postface qui nous en apprend beaucoup sur le processus créatif et la vie éditoriale de la série. Par exemple, Hägar n’est pas le fruit du seul Dik Browne. Il est généré par une véritable équipe familiale : Dik est le chef d’orchestre, le dessinateur et l’écrivain principal, les enfants Chris et Chance écrivent aussi et Joan, la mère, supervise l’ensemble. Ainsi, les trois-quarts des gags imaginés ne sont pas exploités.

 

 

 

 

 

 

            En introduction, le non moins génial Diego Aragonès rend un hommage à Browne, comparant Hägar et son barbare Groo.

            Pour conclure, Tristan Lapoussière nous raconte l’histoire d’Hägar en France au travers des pages du journal de Mickey de 1973 à 1988.

 

            Souhaitons un grand succès à cette intégrale pour qu’elle soit complétée par les planches hebdomadaires du viking, afin d’offrir à Hägar le drakkar qu’il mérite.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Hägar Dünor

Tomes : Intégrale 2 : 1974-1975

Genre : Humour

Scénario : Browne Family

Dessins : Dik Browne

Éditeur : Urban Comics

Collection : Urban Strips

Nombre de pages : 256

Prix : 22,50 €

ISBN : 9782365779364



Publié le 19/12/2016.


Source : Bd-best


Le Marquis d’Anaon: une intégrale pour redécouvrir les premiers pas mystérieux mais déjà bien assurés de Vehlmann et Bonhomme

Avant de s’appeler le Marquis d’Anaon, ou le marquis des âmes en peine si vous préférez, il s’appelait Jean-Baptiste Poulain. Mais ça, c’était avant que de funestes aventures l’introduisent sur le territoire du danger, de la peur et de la mort. Cinq tomes sont passés et est resté pour le commun des mortels et des bédéphiles, le Marquis d’Anaon. Un sacré tour de force de Fabien Vehlmann et Matthieu Bonhomme qui n’avait pas franchement trouvé son public, à l’époque, mais qui trouve, à l’aube des fêtes de fin d’année, une superbe intégrale.


Résumé de l’éditeur: On le surnomme « le marquis des âmes en peine ». De son véritable nom Jean-Baptiste Poulain, ce jeune homme à l’âme généreuse et à l’esprit curieux se heurte aux croyances et à tous les on-dit d’un XVIIe siècle épris de mystère et de surnaturel. En ce temps-là, la science, encore balbutiante, est loin d’avoir pris le dessus sur les légendes et les superstitions solidement ancrées dans les esprits…

 

 

 

© Vehlmann/Bonhomme

 

 

© Vehlmann/Bonhomme

 

À l’époque où Vehlmann et Matthieu Bonhomme se rencontrent, tous deux sont « débutants », avec toutes les preuves possibles et imaginables à faire. Franchir le cap du premier album, puis celui du deuxième. On est encore loin des Seuls et Spirou & Fantasio de l’un et des Esteban, Messire Guillaume et du premier Lucky Luke vu par de l’autre. Pourtant, Matthieu a une courte longueur d’avance sur Fabien, alors objecteur de conscience, et fait ses armes dans Spirou dans l’une ou l’autre histoire courte, aux côtés de Zidrou notamment. Fabien connaîtra cette joie, en 1998, avec le début du fabuleux et néanmoins glaçant Green Manor. Des premiers pas qui croisent ceux de Gwenn de Bonneval qui va introduire l’apprenti et déjà brillant scénariste à l’atelier de la place des Vosges où travaille… Matthieu Bonhomme. Et l’histoire peut commencer.

 

 

 

© Bonhomme chez Dargaud

 

 

© Bonhomme chez Dargaud

 

Une histoire qui s’imbrique dans l’Histoire. Nous sommes à la fin du XVIIème siècle… ou peut-être est-ce le début du XVIème? Une incertitude propice à l’entre-deux, un équilibre fragile qui peut balancer à tout moment vers les pratiques et légendes anciennes et fantastiques ou, au contraire, vers la rationalité d’une science encore loin d’avoir pignon sur rue. Et c’est cette tension qui intéresse Jean-Baptiste Poulain, cet ancien étudiant de médecine. Enfin, ça c’est un hobby, quand il a le temps, parce que pour l’heure il est attendu sur l’Île de Brac, au large de la Bretagne. Une contrée reculée où le fossé est large entre les petites gens et le baron du coin. Les deux ne s’entendent ni ne se parlent en raison d’obscures événements. Pourtant Jean-Baptiste doit tout de suite choisir son camp, c’est pour le baron qu’il est là, pour servir de précepteur au fils de celui-ci. Qui a justement… disparu.

 

 

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© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

Des disparitions de gamins, une étrange vierge noire, un navire hanté, une bête carnacière ou un mystère égyptien, en cinq albums, c’est peu dire que Vehlmann et Bonhomme ont varié les plaisirs et les décors tout en gardant comme fil rouge, via d’astucieux filons scénaristiques, leur personnage central: ce jeune homme à la peau lisse du début qui deviendra ce « marquis désabusé » et mal rasé, tome après tome. Car c’est une des forces de cette série: faire mûrir son héros, le transformer à mesure que les dures épreuves viennent le chahuter, le désespérer. À tel point qu’il ne croira plus ni en l’humain, ni même en lui.

 

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

Et cette volonté des auteurs entrent en collision avec l’évolution du trait de Matthieu Bonhomme, déjà très habile cependant. Dans ces cinq albums, on sent à quel point la vision du dessinateur a pu peser sur la confection de ces histoires. Fabien l’avoue même dans la l’interview qui prolonge cette intégrale: « Je n’étais pas préparé à ce que le dessinateur intervienne autant. (…) Le Marquis est le résultat de ces interactions qui existent entre nous« . Une complémentarité qui crée l’alchimie entre des planches où les textes sont bien présents et d’autres quasi muettes où Matthieu laisse toute l’expression à ses cases et ses dessins. Déjà à ce moment, Bonhomme a un sacré don pour faire baigner le lecteur dans ces atmosphères qui n’augurent rien de bon. Du fracas des flots ou des brumes bretonnes, de la froideur d’une montagne hantée par un monstre sanguinaire à cette Égypte qui encourage à être toujours sur ses gardes, rien ne résiste au talentueux dessinateur.

 

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

Quant à l’histoire, sur ces terrains variés, elle cherche à chaque coup à surprendre et à amener le lecteur en-dehors des chemins balisés par les précédents tomes, frôlant le fantastique et son aura sans jamais s’y engouffrer (et c’est là qu’elle se différencie d’une série à laquelle elle nous faisait penser: Fog, d’un autre débutant, Cyril Bonin). Notons que, sur trois histoires courtes de deux planches (parues lors d’une précédente intégrale), immergé dans la brièveté, le talent de ses deux-là ne se défait pas.

 

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

À l’époque du premier tome, j’avais dix ans, autant dire que je n’avais pas eu le loisir de découvrir cette série, et le plaisir, à la traque de l’origine de ces deux acteurs qui comptent dans le monde actuel du Neuvième art, en est peut-être d’autant plus grand. Le savoir-faire était déjà là… et bien! En plus, l’aventure pourrait jouer les prolongations, le duo ne ferme pas la porte à un sixième tome.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le Marquis d’Anaon

Intégrale

Scénario: Fabien Vehlmann

Dessin: Matthieu Bonhomme

Couleurs: Delf

Genre: Mystère, Aventure

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 280

Prix: 39€



Publié le 16/12/2016.


Source : Bd-best


Hey vous là, oui vous, ne serait-il pas temps de prendre de bonnes résolutions? Buche vous y aide

« Oh ben chéri, il te reste un cadeau. Tu ne l’ouvrirais pas? » Face à vous, votre copine, sourire aux lèvres et regard craquant, vous sentez l’arnaque. Les jours des fêtes, il y a toujours des cadeaux fun et des cadeaux à messages, tendant à vous dire… « ce serait bien que tu fasses… ». Et ce cadeau que vous avez tenté en vain d’enterrer sous votre beau sapin, roi des forêts, vous sentez bien qu’il risque d’appartenir au deuxième groupe! Mais bon puisque vous n’avez pas le choix, vous le déballez à contrecoeur. Vos peurs se justifient, en plein dans le mille. Vous avez dans les mains « 40 bonnes résolutions de mec » de Buche et vous redoutez que cette lecture ne soit pas une partie de plaisir. Vous avez tort. Et en vous l’offrant, votre copine a eu tort aussi, na!

 

 

 

© Buche chez Bamboo

 

 

© Buche chez Bamboo

 

Résumé de l’éditeur: Quel mec n’a jamais tenté de prendre de bonnes résolutions pour devenir un homme meilleur ? Buche, lui, prend quotidiennement des résolutions pour améliorer son quotidien : prendre soin de son corps et changer de tête, devenir aimable avec sa belle-mère, se mettre au bricolage et faire les devoirs avec ses enfants, cesser les achats impulsifs, devenir généreux et oeuvrer pour un monde meilleur, méditer au lieu de s’avachir devant la télé… Et ça marche !… Enfin presque…

 

 

 

© Buchez chez Bamboo

 

 

© Buche chez Bamboo

 

Nageant en plein délire autofictionnel, Éric Buche s’est dit que pour la nouvelle année, il prendrait non pas une, ni deux mais quarante bonnes résolutions! Vous avez bien lu: quarante comme les rugissants, comme les voleurs qui donnent du fil à retordre à Ali Baba. Pire, quarante comme un carême, comme une traversée du désert. On ne sait pas quelle « zin » lui a pris (oui c’est un belgicisme, on peut traduire ça par « folie ») mais il y croit le papa de Franky Snow. Et, en un album de BD, il entend devenir le mari idéal, le père fantastique, le collègue incroyable, le sportif accompli tout en commençant par devenir le beau-fils loyal et serviable. Et rien que ça, ce n’est pas gagné. Mais bonne chance!

 

 

 

© Buchez chez Bamboo

 

 

© Buche chez Bamboo

 

Vous vous y attendez certainement, ces bonnes résolutions (sont-elles d’ailleurs bonnes quand elles impliquent autant de prises de tête?) vont tourner court pour amuser un peu plus la galerie. D’autant que le Buche dessiné ne manque pas de bonne volonté. Mais face au machiavélique Buche-dessinateur, tous les efforts sont vains et renversés par le sort tragique et inéluctable qui revient à la charge: une pratique des sports qui tourne au jus d’os, la police aux trousses sans compter la cuisine qui devient un champ de bataille dès que le brave Éric s’y essaye.

 

 

 

© Buchez chez Bamboo

 

 

© Buche chez Bamboo

 

Notez, pour la défense de Buche, ses copains sont dans les mêmes draps, qu’ils s’appellent Zep, Tebo, Nob ou Téhem; Boulet, lui, s’en sort mieux. Chacun d’eux a, en tout cas, offert une planche au pauvre Buche qui, au bout de quarante résolutions mises en application, n’en pouvait plus.

 

 

© Nob chez Bamboo

 

 

© Nob chez Bamboo

 

Bref, voilà un album de saison qui joue la carte du fun tout en donnant quelques bonnes idées de résolutions… et tous les moyens pour les contrecarrer s’il vous venait l’idée, après une Saint-Sylvestre trop arrosée, d’en prendre. Bon courage! Et comme le dit l’auteur: « Homme parfait s’abstenir ».

 

Alexis Seny

 

Titre: 40 bonnes résolutions de mec

Album de gag

Scénario et dessin: Éric Buche

Couleurs: Buche avec l’aide d’Arnow, Ernest, Ghislaine et Maroussia

Genre: Humour, Gag

Éditeur: Bamboo

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60€



Publié le 16/12/2016.


Source : Bd-best


Du A de Arthur au Z de Zombillénium: De Pins dans tous ses états et en grand format dans Vectorama

Une fois dans votre vie, vous avez tous déjà vu au moins une fois un dessin, une affiche, une couverture ou même un clip d’Arthur De Pins. Si vous dites non, on ne vous croit pas! Car, en quinze ans de carrière, celui qui se prépare à exploser un peu plus les codes du cinéma d’animation (du moins, on l’espère bien) avec Zombillénium avait matière à concevoir un formidable artbook (un premier était sorti en 2007 mais assez réducteur). C’est désormais choses faites avec Vectorama, une mine d’or à garder précieusement.

 

 

 

 

 

 

Boum Tchak, pour l'exposition Arludik © Arthur De Pins

 

Boum Tchak, pour l’exposition Arludik © Arthur De Pins

 

Ouf, il est arrivé avant Noël et on va pouvoir le glisser sous le sapin! Ce n’est pas grâce aux Chinois qui, sous prétexte que le livre était porno (on vous rassure tout de suite, il ne l’est pas même pour un poil, l’auteur s’affirme plus dans le registre « coquin » mais pas que…), ont refusé d’imprimer cet artbook conséquent. Tant pis pour eux, on leur laisse le panier de crabes, quant au reste, ça en fera plus pour nous.

 

 

 

Illustration pour un flyer de Wombat © Arthur De Pins

 

 

Illustration pour un flyer de Wombat © Arthur De Pins

 

Et on ne croit pas si bien dire avec Vectorama: un titre qui va comme un gant pour définir le travail de celui qui est devenu le roi du dessin vectoriel et des aplats, dans la lignée de Monsieur Z et même du… Créateur (Arthur est convaincu que Dieu (ou la Nature ou quel que soit son nom) a créé le monde sur Illustrator). En grand format, ce livre compile ce qu’Arthur De Pins a fait de mieux. Et, à même pas quarante ans, le natif de Bretagne, qui a préféré les Péchés Mignons chics et en chair ainsi que les boîtes de crabes au Kouign-amann natal, a de la bouteille.

 

 

 

Chara Design pour un jeu vidéo, en 2000 © Arthur De Pins

 

 

Chara Design pour un jeu vidéo, en 2000 © Arthur De Pins

 

Pourtant, c’est vrai qu’en tapotant sur le net le nom de celui qui maîtrise Illustrator et Photoshop à la perfection, on est vite réduit à quelques images de Chicas, ces petites femmes potelées et sexy en diable qui peuplent les quatre tomes de Péchés Mignons et de nombreux visuels (pour la collection Osez… notamment). Un syndrome « Dany » qui n’est pourtant que la face immergée de l’iceberg. Car, en grattant un peu (mais pas trop pour ne pas abîmer ce tentaculaire album qu’est Vectorama), Arthur de Pins, ce sont de merveilleux dessins à profusion. Une imagination sans limite.

 

 

 

Modèle Vivant pour Dr Sketchy © Arthur De Pins

 

 

Modèle Vivant pour Dr Sketchy © Arthur De Pins

 

Mais avant tout, Arthur De Pins, c’est une entrée fracassante dans le monde de l’animation avec Géraldine, un court-métrage de fin d’étude qui rafle une flopée de prix et témoigne d’un style en émergence. Avec de l’humour, du fantastique, un regard sur la société (et plus particulièrement, les relations hommes-femmes) et un peu d’érotisme. Prenant au pied de la lettre Michel Sardou et « son voyage en absurdie qu’il fait lorsqu’il s’ennuie« , voilà l’étrange histoire de Gérald qui se réveille transformé… en femme.

Mais si ce joli coup encouragera Arthur De Pins à persévérer dans cette voie, parallèlement, c’est dans le character design (on vous parlait justement de ce métier, ici) qu’il crée son petit monde, le peuplant d’une grande variété de personnages: des femmes (forcément, de l’infirmière à la mécanicienne), des cowboys, des animaux sportifs, des extra-terrestres mais aussi les futurs héros de conte de fée de la série Magic (avec Michel Coulon, produite par Xilam) qui connaîtra une saison et sera diffusée sur Disney Channel puis France 3 et Gully. Une série qui, aux dernières nouvelles, huit ans après la première saison, devrait connaître une suite!

Ainsi, la visite formidable de Vectorama (qui n’est pas de tout repos tant il faut regarder dans tous les coins pour ne pas perdre une miette du spectacle) se poursuit au fil des chapitres au nombre de six: Characters, Clubbers, Crabs, Chicks  (ces « chicas » qui ont fait tourner bien des têtes de lecteurs), Humans et Freaks. On fait le plein d’images, Arthur De Pins n’a pas été radin pour le coup. D’autant plus que, sur internet, on ne trouve que des parcelles du travail de cet auteur éclectique et productif.

 

 

 

Publicité pour Nutella © Arthur De Pins

 

 

Publicité pour Nutella © Arthur De Pins

 

Que ce soit sur les dancings pour le magazine Wombat ou l’actu people pour Max Magazine ou encore dans le monde de la publicité dont Arthur De Pins semble un peu dégoûté à force d’entendre la même chanson et d’être confronté à certaines volontés sexistes. « Il était temps que j’aille japper ailleurs« , confie-t-il à Frédéric Vidal, dans la courte interview qui remet en contexte cet artbook. Par volonté de l’auteur, pas mal de dessins « atroces mais bien payés » n’apparaissent pas.

 

 

 

Portrait de Pascal Nègre, à l'époque PDG d'Universal Music France

 

 

Portrait de Pascal Nègre, à l’époque PDG d’Universal Music France © Arthur De Pins

 

Pas de quoi bouder son plaisir pour autant: à chaque page, ou quasi, brille un trésor. Ceux de la partie bien connue de l’iceberg ne sont pas en reste mais il y a aussi d’autres raretés. Comme ces tableaux et portraits basés sur des modèles vivants ou fantaisistes (une sirène alcoolique, par exemple).

 

 

 

Un squelette à l'acrylique de 1998 © Arthur De Pins

 

 

Un squelette à l’acrylique de 1998 © Arthur De Pins

 

Ou ces projets de couverture pour des films comme Les Tuche et Le grand méchant Loup (assez amusant de voir Benoît Poelvoorde, Kad Merad et Fred Testot entre les pinces d’Arthur), ces affiches de festivals BD ou ces visuels pour des sites (aucune frontière ne l’arrête, on le retrouve même dans les pays scandinaves).
L'affiche pour la 15ème édition du festival Des Calanques et des Bulles.

 

 

 

 

L'affiche pour la 15ème édition du festival Des Calanques et des Bulles. © Arthur De Pins

 

 

L’affiche pour la 15ème édition du festival Des Calanques et des Bulles. © Arthur De Pins

 

Sans oublier les contenus de ses diverses expositions, à la galerie Arludik notamment, et un fameux match de catch féminin par profil Facebook interposé avec Jüne (relaté ici par Ederweld).

 

 

 

© Arthur De Pins

 

 

© Arthur De Pins
© Jüne

 

Puis, comment évoquer Arthur De Pins sans revenir au début et évoquer le cinéma, mais aussi la BD. Car les deux sont intimement liés dans la carrière de De Pins. On a parlé des Péchés Mignons, mais ce serait faire de l’ombre aux crabes, ces crustacés fétiches qu’Arthur mit d’abord en scène dans le court-métrage phénomène « La révolution des crabes«  avant de leur donner suite (faute de producteur prêt à relever le défi d’une suite en long-métrage) dans une trilogie de BD.

 

 

 

Couverture du Fluide Glacial d'août 2014 © Fluide Glacial

 

 

Couverture du Fluide Glacial d'août 2014 © Fluide Glacial

 

Et dans le sens inverse… Fan de monstres depuis les bancs de son école catholique (les deux étant assez inconciliable, cela lui a valu quelques « Vade retro satanas »… ou assimilés), c’est en 2008, après la réalisation d’une couverture d’Halloween pour Spirou (et après un autre projet tout aussi monstrueux qui n’aboutit pas) qu’Arthur De Pins donne vie à l’univers de Zombillénium.

Une série BD fantastique et un peu horrifique évoquant la vie tout sauf tranquille d’un parc d’attractions rempli de monstres. Mais aussi une critique sociale du monde des grandes entreprises toujours prêtes à faire plus de bénéfices, même s’il faut pour cela vendre son âme au… Diable.

 

 

 

Affiche de promotion du film © Arthur De Pins

 

 

Projet d’affice du film © Arthur De Pins pour Maybe Movies

 

Après trois épisodes (et en attendant les trois autres qui boucleront (?) la série) et un clip dément pour Skip The Use, Arthur se consacre depuis 2013 à la mise en chantier du film Zombillénium, en co-réalisation avec Alexis Ducord.

Sortie prévue le 18 octobre 2017 (en attendant, il y a la page Facebook) et Vectorama lui sert de fameux prélude. Pourvu qu’Arthur De Pins n’arrête pas en si bon chemin son parcours d’exception, on en redemande. Vous n’aviez pas d’idée pour Noël? Vous voilà servi!

 

 

 

Couverture du Spirou Spécial Noël de 2012 ©Dupuis

 

 

Couverture du Spirou Spécial Noël de 2012 ©Dupuis

 

 

Alexis Seny

 

Titre: Vectorama (Arthur De Pins Artbook)

Artbook

Auteur: Arthur De Pins

Éditeur: Soleil

Collection: Venusdea

Nbre de pages: 224

Prix: 34,95€



Publié le 15/12/2016.


Source : Bd-best


Que mettre au pied du sapin ? Episode 3 : 421 : Intégrale 1

« - President, President, there’s something going on ! »

            « - Tovaritch, Tovaritch, il se passe quelque chose de grave ! »

            « - 421 ?! Laissez tout tomber, venez d’urgence ! »

            « - Pour une fois qu’il fait beau à Londres, je parie qu’ils vont m’envoyer en Alaska ! »

 

            Pas facile tous les jours, la vie d’espion. Entre faire le tour du monde et côtoyer de jolies filles, il faut passer entre les balles des brigands et ne pas glisser sur des liasses de billets.

            Jimmy Plant est au service de Sa Majesté. Plus connu sous le pseudonyme de 421, l’espion sans peur et joli cœur nous revient enfin dans une intégrale regroupant les trois premiers titres de la série.

            421 contre la silhouette et L’épave et les millions constituent la première grande aventure (en deux parties) du héros de Maltaite et Desberg. Publiée dans la collection Carte Blanche chez Dupuis, elle n’avait jamais eu l’honneur d’intégrer la série titre. C’est pourtant elle qui a donné à 421 le sésame pour posséder sa propre collection. L’espion y affronte une bande de dangereux malfrats dont le chef utilise une drogue qui fait que les comportements des hommes et des femmes s’inter-changent. Délicieusement subversive, cette histoire mêle habilement humour et suspens dans une ambiance un poil misogyne. Plus de trente ans après sa parution, on peut se demander si la bienpensance actuelle permettrait sa publication. Elle est en tout cas drôle et réussie.

 

 

 

 

 

 

            Le visiteur du crétacé est une courte histoire scénarisée par Maltaite lui-même. Plant se trouve confronté à un professeur fou qui va l’amener au paradis du rêve dont on ne revient pas, aux origines de la création.

            Les chauves-souris peuvent s’avérer être de dangereuses messagères de la mort. C’est ce que l’on apprend dans Bons baisers du 7ème ciel. 421 va devoir déjouer une organisation qui propose les services de bestioles télécommandées pour commettre des crimes. Et si vous n’aimez pas les piqûres, priez pour ne jamais croiser la route de Dolly Blackwidow, infirmière championne toutes catégories au jeu de fléchettes.

            Guerre froide clôt cette intégrale et la première partie de la vie de 421 avant sa mutation graphique. 421 fera face à une menace météorologique. Entre James Bond et Indiana Jones, cet épisode haletant montre un 421 devenant « adulte ».  Malgré des dialogues encore humoristiques, le personnage et la série gagnent en sérieux. On sent que les auteurs ont besoin de s’affranchir de nombreuses influences et qu’il est temps pour eux de passer au plan B. Mais ceci est une autre histoire.

 

            En 1980, Eric Maltaite fait là ses grands débuts sur le devant de la scène du journal Spirou. Encore sous le modèle de son père Will, les premiers pas de 421 sont fortement apparentés à l’ambiance graphique de Tif et Tondu.

            Stephen Desberg, jeunot succédant à l’immense Tillieux au scénario des mêmes Tif et Tondu, ne sait pas encore qu’il sera un des scénaristes phare des années suivantes.

 

 

 

 

 

 

            Chez Dupuis, il y a trois types de séries : les séries fleuves ayant dépassé la trentaine d’albums (Spirou, les Tuniques Bleues, Tif et Tondu,Yoko Tsuno, …), les séries express ayant marqué, supprimées au bout de 4 ou 5 épisodes (Donito, Louison Cresson, Alice et Léopold, Gully, …) et puis les sacrifiées, séries promises à un grand avenir mais disparues alors qu’on les croyait intouchables, comme Jimmy Tousseul, Boulouloum et Guiliguili ou encore Billy The Cat. 421 entre dans cette dernière catégorie.

 

            A l’heure des revivals et autres reboots, si 421 devait un jour revenir, que ce serait chouette de revoir l’espion à ses débuts dans un cross-over avec Clifton. C’est une idée, comme ça, en passant…

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : 421

Tomes : Intégrale 1

Genre : Espionnage

Scénario : Desberg

Dessins : Maltaite

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 200

Prix : 20,50 €

ISBN : 9782800157641

 



Publié le 15/12/2016.


Source : Bd-best


Le chateau de ma mère en BD, un bol d’air frais et de soleil avant l’hiver

Pas besoin de beaucoup d’effort, juste se laisser porter. Et alors que l’hier frappe à nos portes, voilà que tout nous revient: les criquets, la garrigue, les bartavelles qui tentent de frayer parmi les pièges, cet accent si ensoleillé et ce soleil qui peut frapper dur. Quelques coups de crayon, quelques mots aux milles saveurs, et c’est Pagnol qui nous entraîne au pays des santons, non loin de Marseille, auprès des châteaux de sa mère. Et comme pour La gloire de mon père, Serge Scotto, Éric Stoffel et Morgann Tanco sont de la partie de chasse… au royaume de l’insouciance.

 

 

 

 

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© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

Résumé de l’éditeur: La fin de l’été est un drame pour le petit Marcel Pagnol, obligé d’abandonner ses chères collines. Mais la famille monte dorénavant chaque samedi à La Bastide Neuve. Un matin, lors d’une partie de chasse dans la garrigue, Marcel fait la rencontre d’un jeune paysan, Lili des Bellons. Une nouvelle aventure s’offre à lui : celle de l’amitié. Pittoresque et truculent, voici après La Gloire de mon père, le deuxième tome des « Souvenirs d’enfance » de Pagnol.

 

 

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© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

Au-delà de la grisaille belge, le soleil du Sud de la France comme les voix d’un Fernandel ou d’un Raimu en font écho. Ajoutons à ça la vivacité du petit Marcel qui ne tient pas en place dès qu’on lui parle de nature et d’aventure à l’air pur, et c’est parti pour un voyage dans la simplicité de la vie, sans souci… si ce n’est le retour, bientôt, de l’école. Quitter la rocaille, les grottes et leurs secrets et des monstres de la nuit qui hululent étrangement, jamais! Alors, dans sa petite tête de bout d’homme pas plus haut que trois pommes, Marcel échaffaude sa fugue pour perpétuer l’esprit de vacances, quitte à être un « hermite » tout poilu.

 

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco

 

Ce n’est que le début de l’aventure, palpitante autant qu’inattendue, avec des hauts et des bas, des moments à l’ombre et d’autres en plein soleil, entre l’eau qui jalonne ces trois châteaux plantés là comme des maisons de petits cochons que le loup aurait laisser tranquille. Mais peut-être le loup y habite-t-il d’ailleurs, mieux vaut être prudent!

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

 


© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

L’univers de Marcel Pagnol, c’est ça et beaucoup plus encore, l’audace de l’innocence téméraire et prête à tout, sans oublier la répartie caustique. Et voir ce petit monde, vu et revu pourtant mais saisi d’un regard neuf et néanmoins scrupuleux par rapport à l’oeuvre originale, qui s’anime devant nous, est un plaisir renouvelé.

 

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

Le dessin de Morgann Tanco étincelle (même dans un orage à vol d’aigle) et se hisse à la hauteur du soleil qui fait tant le charme de Pagnol. Et de sa nostalgie aussi. Vivement la suite, car si la tristesse s’éparpille sur la dernière planche, il y aura d’autres joies et d’autres secrets dans le troisième et avant-dernier tome des Souvenirs d’enfance.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le château de ma mère

Souvenirs d’enfance – Tome 2

D’après le livre de Marcel Pagnol

Scénario: Serge Scotto et Éric Stoffel

Dessin: Morgann Tanco

Couleurs: Sandrine Cordurié

Genre: Biographie, Chronique sociale, Aventure

Éditeur: Grand Angle

Collection: Marcel Pagnol

Nbre de pages: 90 (+ dossier de 5 pages)

Prix: 18,90€



Publié le 15/12/2016.


Source : Bd-best


Z comme Don Diego, de Zorro e zéro pointé du bout de l’épée

Vous croyiez que les héros de comics avaient le monopole des problèmes d’identité secrète? Raté, Don Diego a des soucis similaires. Mais on se demande s’il ne le fait pas un peu exprès. Enfin bon, ça ne date pas d’hier mais de 2012 et le justicier masqué à l’épée bien affûtée et zozotant s’est taillé quelques belles tranches de rire sous l’humour complètement à l’ouest (normal quand l’histoire se passe au Mexique) de Fabcaro et Fabrice Erre. Deux tomes avaient été commis, coup sur coup. Les voici réunis dans une intégrale à l’italienne et à pleurer de rire.

 

 

 

 

 

© Fabcaro/Erre

 

© Fabcaro/Erre

 

Résumé de l’éditeur: Son nom, il le signe à la pointe de l’épée, d’un Z qui veut dire… Don Diego ! Cette parodie délirante de Zorro – écrite par Fabcaro, l’auteur de Zaï Zaï Zaï Zaï, et dessinée par Fabrice Erre – est absolument hilarante. Zorro est y présenté comme un justicier à côté de la plaque, complètement dépassé par les événements… Cette édition à l’italienne, enrichie d’une couverture et de quatre gags inédits, remplace les deux titres existants.

 

 

© Fabcaro/Erre

 

 

© Fabcaro/Erre chez Dargaud

 

Il paraît que des scientifiques tendent à prouver qu’il existe bel et bien des univers parallèles et que dans ceux-ci se trouvent un double pour chaque homme sur cette Terre. À coup sûr, ce sont les histoires d’un double de Zorro que nous content les enfants terribles Fabcaro et Fabrice Erre. Comment, dans la réalité, Zorro pourrait-il être aussi poltron et maladroit? Un éléphant dans un magasin de porcelaine.

 

 

© Fabcaro/Erre

 

 

© Fabcaro/Erre

 

Oh, remarquez, le sergent Garcia ne vaut pas vraiment mieux, ça équilibre les chances et transforme les duels à fleur d’épée en joutes verbales sur la pluie et le beau temps… et les courbes affriolantes de Sexoualidad, la fille du gouverneur. Une jeune fille en fleur, et en rondeurs surtout (et qui n’a d’ailleurs rien à envier aux héroïnes de Russ Meyer), qui ne laisse pas Don Diego de glace. Elle, elle aime Zorro, et c’est peut-être la seule de toute cette bande de joyeux drilles à ignorer que Don Diego et Zorro sont les deux facettes d’une seule et même personne. D’où les quiproquos à gogo.

 

 

© Fabcaro/Erre chez Dargaud

 

 

© Fabcaro/Erre chez Dargaud

 

Totalement à côté de ses pompes et même de son canasson (Tornado qui relève un peu le niveau), ce Zorro parodique fait moins mouche sur le bedon du Sergent Garcia que dans les éclats de rire à profusion qu’il suscite. Décalé et inattendu de burlesque, cet autre Zorro, qui convie aussi un certain Wolverino, ne s’interdit rien et encore moins le droit de s’échapper de sa posture de héros infaillible. Bernardo n’a pas besoin de vous faire signe, foncez!

 

Alexis Seny

 

Titre: Z comme Don Diégo

Intégrale

Scénario: Fabcaro

Dessin: Fabrice Erre

Couleurs: Sandrine Greff

Genre: Parodie, Aventure, Humour

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 168

Prix: 14,99€



Publié le 13/12/2016.


Source : Bd-best


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