En images et en bulles
Flux RSSFlux RSS

1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


L'histoire de Lisette Moru, résistante bretonne.   Le sourire d'Auschwitz

 

"-Sur quel sujet avez-vous prévu de travailler maintenant ?

-Je ne sais pas encore… Peut-être sur les femmes résistantes. Je me suis aperçue qu'il y avait beaucoup moins d'écrits sur leurs parcours."

 

 

 

 

 


                En Bretagne, après une conférence sur La résistance dans le Morbihan, la journaliste Stéphanie Trouillard dédicace son livre Mon oncle de l'ombre, enquête sur un maquisard breton. Elle est interpelée par un homme qui l'invite à travailler sur les femmes résistantes, héroïnes sur lesquelles il y a très peu d'écrits. Après son enterrement, il a découvert que sa tante était dans la résistance. L'idée fait son cheminement dans le cerveau de la reporter. Et si elle se penchait sur l'histoire d'une résistante du Morbihan ? En naviguant sur le site www.memoirevive.org, elle tombe sur la biographie de Marie-Louise Pierrette Moru, dite Lisette Moru, déportée à Auschwitz où on lui gravera le matricule 31825. Née le 27 juillet 1925 à Port-Louis, elle fut dénoncée à 18 ans pour avoir fleuri le monument aux morts de Kerzo. Arrêtée en décembre 1942 avec Louis Séché, elle mourra l'année suivante. Elle faisait partie du convoi des 31000 femmes déportées à Auschwitz. Stéphanie est envoûtée par sa photo. "Ce regard et ce sourire, sur une photo prise à Auschwitz, le contraste est si fort !"

© Trouillard, Coquin - Des ronds dans l’O

                Il n'en fallait pas moins pour lancer Stéphanie dans une enquête. Elle commence en allant interroger Jeannine Barré, à Port-Louis, non loin de Lorient, qui a œuvré à la mémoire de Lisette. François, le frère de Jeannine, a été déporté dans le même camp de concentration en tant que communiste. C'est en faisant des discours lors de cérémonies que Jeannine a appris que Lisette avait fait le même voyage et que ses parents habitaient non loin de chez elle. Ceux-ci lui ont appris les conditions de l'arrestation de leur fille, dénoncée par quelqu'un "d'ici". Avec les maigres indices récoltés par Jeannine, Stéphanie va pouvoir poursuivre son enquête avec des bases, en rencontrant tout d'abord la nièce de la disparue. On va ainsi remonter jusqu'à l'enfance de Lisette et l'accompagner, comme Louis, jusqu'à leur destination finale.

© Trouillard, Coquin - Des ronds dans l’O

                Après Ginette Kolinka, récit d'une rescapée d'Auschwitz-Birkenau, les éditions Des ronds dans l'O frappent une nouvelle fois très fort avec le nouvel album de la scénariste de Si je reviens un jour…, les lettres retrouvées de Louise Pikovsky. Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24, retrace les destins de Louis Séché et Lisette Moru, résistants bretons. L'histoire est transcendée par les clichés d'identification de Lisette, souriante, sur les photographies prises à son arrivée dans le camp de la mort, comme un paradoxe, comme un oxymore, comme un moyen de dire aux bourreaux : "Vous avez capturé mon corps, vous ne vous emparerez pas de mon cœur." Ce triptyque bouleversant dessiné en couverture est montré en annexe. On voudrait pleurer, mais Lisette semble nous retenir, nous donnant une hallucinante leçon de vie et de courage. Les autres photographies montrent des portraits de Lisette et de Louis à différentes époques de leur si courte vie, et quelques photos des lieux de leur cheminement vers la mort. Poignant. Un webdocumentaire de la scénariste est visible sur : https://webdoc.france24.com/sourire-auschwitz. Renan Coquin dessine l'enquête, la quête, avec une grande sobriété, un respect certain, s'effaçant derrière l'histoire des véritables héros de la tragédie.

© Trouillard, Coquin - Des ronds dans l’O

                Il est hallucinant de voir comment les albums sur 39-45 se succèdent avec chacun leur force et leur particularité, chacun apportant un témoignage nouveau, un pan de mémoire nécessaire. Le sourire d'Auschwitz est une histoire, une image, qui s'ancre avec force dans les esprits. Hypnotique.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Le sourire d'Auschwitz

Genre : Reportage

Scénario : Stéphanie Trouillard

Dessins & Couleurs : Renan Coquin

Éditeur : Des ronds dans l’O

Collection : Les témoins racontent l'Histoire

ISBN : 9782374181431

 



Publié le 06/03/2024.


Source : Boulevard BD


Mythologie galicienne.   Mauvais oeil

 

"-Chers enfants, ces terres sont habitées par une multitude de magiciennes et de sorcières. Et même si certaines sont plus mauvaises que d'autres… Je vous assure qu'il n'y en a pas une que vous aimeriez rencontrer…"

 

 

 

 

 


                Les forêts et les nuits sont peuplées de cauchemars… parce qu'elles sont peuplées de sorcières, de fantômes et de monstres. Il y a Asumcorda qui s'approche des gens pour les attaquer dans l'obscurité, Marimanta qui enlève les enfants, les fourre dans un sac et les amène dans son antre pour en faire des potions, ou encore Feiteiceira qui convainc les enfants de se baigner dans la rivière pour les noyer. D'autres sont plus donneuses de leçons comme Lavandeira qui oblige les enfants à laver leurs vêtements. S'ils ne le font pas correctement, elle leur jettera un sort. Lobismuller est contre toute attente en principe pacifique. C'est son aspect de chien-loup enragé qui fait peur. La plus terrifiante de toutes les sorcières reste Chuchona, qui terrorise les enfants et leur suce le sang… sauf s'ils ont de l'ail sur eux.

 © Robles - Bang

                Sorte de centaure, le diable moqueur adore faire des blagues. Il peut disparaître en fumée. Si Luis se réveille épuisé tous les matins, c'est que ses nuits sont peuplées de squelettes, plus au propre qu'au figuré. Tous les jours, le nuage tonitruant sème les pires intempéries, mais gare à lui, les oiseaux pourraient lui donner une belle leçon. Si vous n'avez pas peur, vous pourrez toujours aller en forêt cueillir des biosbardos. Encore faut-il connaître le sortilège qui les attire. Quand le danger n'est pas sur la terre ferme, il peut être en mer. Les sirènes n'ont pas la côte face à la Maruxaina, qui pourrait en faire voir de toutes les couleurs aux marins, à moins que ceux-ci ne débarquent sur l'île secrète des sorcières du Miño.

 © Robles - Bang

                Cristian Robles, signant ses planches Kensausage, invite au voyage dans la mythologie galicienne, un véritable trésor culturel. La Galice est une région autonome d'Espagne située au Nord du Portugal sur la façade Atlantique. Elle est connue principalement pour sa capitale Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans un graphisme très underground proche de celui d'un Killoffer, le dessinateur espagnol effraie tout autant qu'il amuse, repousse aussi bien qu'il attire. Ses humains aux oreilles disproportionnées et rougeâtres se ridiculisent tellement qu'on trouve normal qu'ils se laissent berner par les sorcières qui croisent leurs routes. Il n'y a guère que Chatonpedro qui soit plus couillon qu'eux. On pense également à la mythologie Yo-Kaï quand on lit ces micros-histoires galiciennes. Les monstres représentés en sont de lointain cousins, tout comme les panthéons grecs et romains sont assimilables.

 © Robles - Bang

                Si le Mauvais œil plane sur les pauvres victimes des créatures galiciennes, il est aussi le témoin d'une culture ibérique riche en légendes qui font rêver… ou cauchemarder.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Mauvais œil

Genre : Contes fantastiques

Scénario, Dessins & Couleurs : Cristian Robles

Traduction : Léa Jaillard

Éditeur : Bang

Collection : Mamutcomics

ISBN : 9788413714592

Nombre de pages : 64

Prix : 15 €

 



Publié le 06/03/2024.


Source : Boulevard BD


Retour au Moyen-Ă‚ge.   SangDragon

 

"-Hélia… Ma… tendre fille… Viens plus près… Je… dois te… parler… de… ta naissance…

-Père ?

-C’est fini, princesse ! Le roi Arthmel a rejoint les dieux !"

 

 

 

 

 

 


                Dans les hautes terres d’Ergwad, le prince Oghor, futur roi dans toute sa splendeur, est de retour dans la maison royale. Et pour cause, le roi Arthmel se meurt. A son chevet, sa fille Hélia recueille son dernier soupir. Il n’a pas eu le temps de lui révéler le secret de sa naissance. A peine descendu de cheval, Oghor convoque aussitôt le conseil majeur. Pendant ce temps, Hélia apprend par le mage Arkâhn que le tourment est de nouveau aux portes du royaume. La Pyrise, la pierre de dragon, s’irradie. Cela veut dire qu’un dragon est en train de se réveiller, à cause de la haine qui dort en chaque homme. Y aurait-il donc un lien avec la mort du roi ? La pierre désigne Hélia comme origine ou fin du mal. Oghor va profiter de l’occasion pour mettre sa sœur au cachot, d’autant plus que le roi aurait été empoisonné. Heureusement, une bonne âme va lui permettre de s’évader. A elle de prouver son innocence…

© Bédu, Cerise - Dupuis

                Après vingt-cinq ans de Psys, Bédu revient au genre qui a fait son succès avec la série Hugo dans les années 80 au Lombard : l’héroïc-fantasy moyenâgeuse. Quel bonheur que de le relire dans ce domaine avec un récit bien plus sombre que les aventures du jeune troubadour. Porté pendant tant de temps par les scenarii humoristiques de Cauvin, Bédu a mis quelques années à accoucher de ce récit dense, aux multiples personnages et à l’action bien présente. Alors que Les Psy était une série caricaturale, théâtrale, jouant sur les expressions, Sang-Dragon est d’un semi-réalisme plus complexe. Bédu joue sur les regards, est plus minutieux sur les costumes, ainsi que sur les décors que l’on aurait aimé encore plus présents.

© Bédu, Cerise - Dupuis

                Outre le Dragon, quelle joie de trouver, comme dans Hugo, des peuples fantastiques. Aussitôt évadée, Hélia va tomber dans les mains des Khtolls, peuple souterrain de la forêt, mais qui vont s’avérer pour elle d’une grande aide. Dans un autre genre, on ne peut s’empêcher de penser à la rencontre de Johan et Pirlouit avec les Schtroumpfs. Les Khtolls connaissent la route du pays des dragons. Hélia va trouver en Yohl, dit Yoyo, un compagnon de voyage, personnage indispensable du genre. Moins accueillants vont être les Draks, horde d’effrayants êtres volants crasseux et massacrants. Avec Hélia, Bédu créé une nouvelle héroïne dans la digne lignée de Natacha et de Yoko Tsuno, avec un poil plus de modernité et de féminisme, contrairement à ce que l’époque traitée pourrait laisser penser.

© Bédu, Cerise - Dupuis

                Bédu réussit avec brio son retour en tant qu’auteur complet. Espérons vivement que cet album ne soit que le premier d’une nouvelle série. Créer un tel univers et s’arrêter aussitôt, ce n’est pas possible.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : SangDragon

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario & Dessins : Bédu

Couleurs : Cerise

Éditeur : Dupuis

ISBN : 9782800170916

Nombre de pages : 96

Prix : 18,95 €


 



Publié le 06/03/2024.


Source : Boulevard BD


Quartier un rien miteux, dans une ville enneigée marquée par les traces de bombardements récents.

Il fait froid, brumeux en ce petit matin. La vitrine du bar Timo illumine tristement la rue.

L'atmosphère y est enfumée et lourde. Plus grand monde ... quelques clients, 4 - 5 femmes de mœurs légères et Frank. Ado de 17 ans, mais déjà adulte dans sa tête et son vécu, il est l'enfant unique chéri de Lotte. Celle-ci tient la maison close du quartier, visitée par les forces d'occupation et autres notables de cette ville moyenne qui pourrait se situer n'importe où en Europe. Cela lui donne les moyens de continuer à vivre "plus que correctement" et de ne pas connaître les pénuries frappant l'habitant.

 

 

 

 

 

Fringuant, légèrement dandy, Frank n'a plus grand chose à apprendre des femmes ... "profitant" à son gré des "pensionnaires" de sa "maquerelle" de mère. Blasé ou perdu, ne sachant qui il est et ce qu'il veut, Frank traîne avec lui une sorte de spleen malsain, une drôle d'étoile rosée, marquée "SWING" cousue sur le revers de son manteau !

D'ailleurs, son nom de famille expliquerait-il cela ? Frank Friedmaier !

 

 

Ah oui, j'oublie, également présent chez Timo, Fred Kromer ! Petit caïd mafieux du quartier. Tous les trafics et mauvais coups passent par lui. Ses mains sont déjà rouges du sang de certaines de ses victimes.

 

 

 

© Fromental - Yslaire - Dargaud 2024

 

Mais ce soir-là, Frank sent qu'il va connaître une sorte de dépucelage ! L'idée lui est venue d'un coup, sans préméditation ... juste une pulsion ... criminelle dont la victime sera un sergent des forces d'occupation, un vicieux qui offre des bonbons aux petites filles. Surnommé "L'Eunuque", Frank décide de l'attendre dans une ruelle sombre et de l'égorger avec le nouveau couteau de Kromer !

Il y a bien Holst, le conducteur de tram, qui l'a croisé mais parlera-t-il ? Nous sommes en guerre et un ennemi reste un ennemi.

Holst, le père de la jolie Sissy. Perle de pureté naïve, Frank n'a aucune difficulté à la séduire et à la manipuler. A moins que ...

© Fromental - Yslaire - Dargaud 2024

 

Une lente descente de la petite délinquance à un banditisme plus brutal, sans âme, l'entraîne vers un enfer qui est loin d'être pavé de bonnes intentions. Une déchéance insondable dans ce monde en totale perdition.

 

Pourtant dans ce décor de plus en plus sombre, ne serait-ce pas en touchant le fond du fond que l'on pourrait rebondir, trouver une lumière, une rédemption ?

Et cette neige omniprésente, si blanche, si immaculée tout au long du roman se teintera-t-elle petit à petit de noir, de rouge ... de misère, de sang ?

© Fromental - Yslaire - Dargaud 2024

 

Lorsque Simenon écrit ce roman, nous sommes en 1948, soit 3 ans seulement après la fin de la guerre. Ces blessures sont loin d'être effacées, guéries ! La noirceur de l'époque doit ressortir ... Et Simenon va nous en offrir un véritable chef-d'œuvre du genre. Tout y est ! Une qualité d'écriture assurée, un thème centré sur toute la noirceur de son personnage principal.

Intrigue, drame humain, violence pure, gratuite, trahison, perte de repères, un monde en perdition noyauté par un occupant (nazi ?), des collabos (Frank reçoit une "carte verte"), police d'Etat qui n'a pas de nom (Gestapo), une croix comme symbole (à la place d'un swastika), torture et exécutions de terroristes, ...

Bref tous les ingrédients également pour un excellent scénario BD ...

Chose que Jean-Luc Fromental se charge de réaliser intelligemment.

 

© Fromental - Yslaire - Dargaud 2024

 

Pour l'adaptation graphique ... un nom ! Bernard Yslaire ! Son style s'accommode parfaitement à l'atmosphère des romans noirs de Georges Simenon, et à celui-ci tout particulièrement. Utilisant essentiellement un cadrage serré, Yslaire fixe l'attention du lecteur sur les expressions des protagonistes. Leur état d'âme transparaît à chaque case.

Jouant avec ses crayonnés, ses nuances de gris-noir parfois légèrement rosées, son découpage impose une lecture rythmée et prenante.

Et pour renforcer son trait unique, teintes sombres, rougeâtres ici, jaunâtres là, bleuâtres ou grisâtres en fonction des ambiances, un splendide travail de mise en lumière.

Ne laissant aucun moment de repos dans sa narration graphique, Yslaire plonge le récit dans cette atmosphère si particulière aux romans noirs, et tout particulièrement à ceux de Simenon !

 

 

 

 

 

Une adaptation plus que réussie d'un roman noir ... ou simplement d'un roman signé "Simenon". Fidèle au roman initial et traduisant la force de cette écriture, Fromental et Yslaire nous offre clairement un "indispensable" et déjà un "best 2024" !

 

Pour s'en rendre compte encore plus, quelle meilleure occasion que de pouvoir admirer de plus près les croquis préparatoires et planches de Bernard Yslaire ?

Une remarquable exposition nous l'offre à la galerie Champaka et ce jusqu'au 23 mars ! 

 

 

 

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

Adresse de la galerie Champaka : Rue Ernest Allard, 27 à 1000 Bruxelles

Site : https://www.galeriechampaka.com/

_______________________________________________________________________________________________

 

Titre : La Neige était sale

Auteur : Georges Simenon

Adaptation scénario : Jean-Luc Fromental

Dessin et couleurs : Bernard Yslaire

Editeur : Dargaud

Collection : Simenon

Genre : roman noir - drame - guerre

Public : ado - adulte

Parution : 26/01/2024

Page : 104

Format : 22 x 28,8 cm

ISBN : 9782505115809

Prix : 23,5 €



Publié le 05/03/2024.


Source : Bd-best


MiniBulles au pĂ´le au poil.   Mon coeur

 

"-Mais… Il court après quoi, cet ours ?

-Qui est-ce ?"

 

 

 

 

 

 


                Une banquise à perte de vue, des icebergs flottant sur l'océan glacé, un ours blanc qui court à perdre haleine. Des petits cœurs semblent s'envoler de son esprit. Il a l'âme amoureuse. De qui ? De quoi ? Mais… Tiens ? Quel est ce trou dans le sol d'où jaillissent des bulles ? L'ours glisse son museau à l'intérieur et voit dans l'eau si froide un phoque qui remonte à la surface. L'animal marin l'entraîne sous les profondeurs pour jouer avec lui. Les camarades de jeu vont rapidement être rejoints par un autre larron, un orque que l'ours va chevaucher en s'accrochant à son aileron. Au fur et à mesure, les animaux croisent quelqu'un de leur race qui va faire jaillir des petits cœurs. Notre ours rencontrera-t-il lui aussi une âme sœur ?

© Guilloppé - Nathan

                Antoine Guilloppé, adepte du noir et blanc, ajoute uniquement deux tons à sa palette. Le bleu glacé des régions polaires et le tout petit et tout rouge, rouge vermillon des cœurs de l'amour. On est dans une gamme de couleurs monochrome et duveteuse. Le bleu est la couleur de l'aventure, le rouge est celle de l'émotion. Cette émotion, ça peut tout aussi bien être l'amour, comme on l'a vu dans le résumé, que l'amitié. Amour et amitié sont bel et bien réunis dans la famille du verbe aimer. Antoine Guilloppé laisse cette porte-ouverte, ce choix, à ses lecteurs qu'il définit un peu comme un co-auteur.

© Guilloppé - Nathan

"Mon cœur" est idéal pour aborder le thème de l'amour et de la Saint-Valentin avec les plus petits. Ça peut être fait évidemment en famille, un des moments les plus importants du développement d'un enfant étant celui de l'histoire du soir, et même d'avant tout endormissement. Ça peut également être fait à l'école. Les enseignants de maternelle peuvent aisément se saisir de l'aventure pour traiter le sujet en classe. L'idéal est dans un premier temps de scanner le livre pour isoler les cases, la principale difficulté pour les plus jeunes étant de comprendre que s'il y a trois cases avec un ours sur une page, il n'y a néanmoins qu'un seul ours. Une première vision case après case bien assimilée permettra ensuite de présenter le format livre pour la bibliothèque de classe avec une totale compréhension.

© Guilloppé - Nathan

La collection de bandes dessinées Mini-bulles adressée aux 3/5 ans publiée par les éditions Nathan a pour vocation de leur faire découvrir et aimer le média BD. Le pari est gagné.

 

Laurent Lafourcade

 


Tome : Mon coeur

Scénario, Dessins & Couleurs : Antoine Guilloppé

Genre : Aventure pour les tout-petits

Éditeur : Nathan

Collection : Mini-bulles

ISBN : 9782095030711

Nombre de pages : 24

Prix : 8,50 €

 



Publié le 04/03/2024.


Source : Boulevard BD


L'océan des secrets.   Abyss Azure 3

 

"-Commandante ! Le ministre Erigéron va s'adresser aux citoyens !

-Allons voir !"

 

 

 

 

 


Dans les profondeurs sous-marines, le ministre Erigéron a pris le pouvoir. La colère contre les humains gronde. Ils souillent la mer de leurs déchets, se promènent en sous-marin comme s'ils étaient chez eux. Le réchauffement climatique impacte sur la formation des coraux et des mollusques. Plus grave encore, des espèces animales comme l'ômichi, l'otarie du Japon, continuent à être chassées alors qu'elles sont en voie d'extinction. Si les humains ont décidé de signer leur propre perte, il est hors de question pour le peuple des sirènes de se laisser détruire et de souffrir en silence. Erigéron a donc échafaudé un plan autour d'une île qui n'appartiendrait qu'à leur peuple : l'île des sirènes. Pendant ce temps, Jo est prisonnière. La sirène Akira lui offre la liberté afin qu'elle s'introduise avec elle dans le palais ministériel pour tenter de découvrir le plan d'Erigéron. Elle se laisse convaincre car elle pourrait y retrouver Yuki, l'homme devenu sirène, et son amie Ryû. Elles se feront passer pour des employés.

© Akihito Tomi 2023
© 2024, Editions Dupuis, pour l’édition française

Ce fourbe d'Erigéron veut profiter de l'idylle entre Yuki et Ryû pour s'emparer de leur premier enfant et créer une armée d'hybrides. Ryû ne se rend pas compte que cela causerait la perte des humains. Fuir ou réagir ? Il va falloir décider, mais il faudrait plus de pilules de transformation. Jo va découvrir que celles-ci sont faites à partir du sang de Rinrin, une petite sirène qui est enchaînée dans une pièce secrète. Elle a le même nom que l'impératrice des mers dont une statue trône à l'entrée du palais. La délivrée aurait-elle un rapport avec celle qui a jadis gouverné le pays ? Les jeux de pouvoir créent des clans pendant que le grabuge entre les humains et les sirènes sème la zizanie jusque dans les profondeurs.

© Akihito Tomi 2023
© 2024, Editions Dupuis, pour l’édition française

Ce troisième tome clôt la trilogie Abyss Azure. La simple histoire d'amour prend une dimension politique inattendue. Akihito Tomi explore les fonds marins en développant son univers. Le final va nous entraîner tout au fond des abysses. Un dragon va donner un nouvel élan à l'aventure permettant au mangaka de s'envoler dans des grandes compositions. Ce "Mushu" des mers est d'une grâce incroyable. Ses ondulations offrent les plus belles scènes d'action de la série. Le final serait presque conventionnel. Il permet de terminer fort logiquement le récit tout en laissant la porte légèrement entrouverte vers un potentiel second cycle.

© Akihito Tomi 2023
© 2024, Editions Dupuis, pour l’édition française

Abyss Azure aura permis de remettre au goût du jour le récit de sirènes. Ces trois tomes très denses auraient pu être développés sur une plus longue haleine. Ça aura néanmoins eu le mérite de ne pas traîner et d'éviter les temps morts. Aquatique et féérique !

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Abyss Azure

Tome : 3

Genre : Mangaquatique

Scénario & Dessins : Akihito Tomi

Éditeur : Vega Dupuis

ISBN : 9782379502743

Nombre de pages : 210

Prix : 8 €


 



Publié le 04/03/2024.


Source : Boulevard BD


Spin off du réseau Papillon.   La bataille de Claudine 1/2

 

"-Pfff ! J'en peux plus ! J'en viens à regretter l'école, tiens.

-Je te connais. Quand les écoles rouvriront, tu traîneras les pieds pour y aller.

-C'est pas pour demain…

-D'ailleurs… On se disait ton père et moi, que peut-être… Tu pourrais quitter Brest…

-Quoi ?! Mais pourquoi ?

-Tu sais, avec tous ces bombardements, tu n'es pas en sécurité.

-Mais vous non plus ! Je ne veux pas partir !"

 

 

 

 

 


                Brest, février 1943, les parents de Claudine veulent l'envoyer au vert, loin des bombardements qui s'abattent sur la ville. L'adolescente n'est pas de cet avis et compte bien apporter sa pierre à l'édifice dans la Résistance. Elle apporte à vélo du linge à nettoyer dans une blanchisserie pour les hôtels ou pour l'hôpital. Elle en profite pour faire passer des messages secrets, au nez et à la barbe des patrouilles de contrôle. Au siège de la Kriegsmarine, marine de guerre allemande, dans la même ville, l'Amiral Canaris a reçu les pleins pouvoirs de la part du Führer pour mettre un terme à la bataille de l'Atlantique. Colette, l'une des résistantes les plus actives de la région, a découvert que le système électrique du hangar de construction des sous-marins allemands était défaillant. Un incendie pourrait facilement tout ravager. Mais comment y pénétrer ? Le réseau a les plans. Claudine pourrait faire passer les messages pour coordonner l'action.

© Otéro, Dumanche, Schmitt - Jungle

                Réseau Chinchilla, voilà le nom de l'organisation brestoise de résistants dont fait partie Claudine. Les sous-marins de l'Allemagne nazie tentent d'empêcher le ravitaillement en armes et en nourriture de l'Angleterre. Au large de l'Atlantique Nord, la bataille est décisive. Claudine va faire équipe avec Colette, une résistante homosexuelle, raison de plus pour être traquée par les barbares nazis. On apprend que l'ennemi les marquait d'un triangle avant de les déporter. Claudine a remarqué cette marque sur Colette qui a dû, miraculeusement à moment donné, échapper au pire.

© Otéro, Dumanche, Schmitt - Jungle

                Les scénaristes Franck Dumanche et Michel-Yves Schmitt apportent une nouvelle dimension à la série-mère en emmenant le lecteur voir ce qu'il se passe dans d'autres régions. On quitte le bordelais pour la Bretagne, où les combats sont similaires même si les problématiques sont différentes. On se tourne un peu plus vers l'étranger, en l'occurrence l'Angleterre, et on y mettra plus que vraisemblablement les pieds dans la deuxième partie du diptyque. Fort de ses expériences dans le réalisme (La cellule, Joseph Kessel l'indomptable), Nicolas Otéro s'affirme dans des scènes historiques où décors et matériaux priment, comme les attaques sous-marines ou aériennes avec le survol du port de Brest par des bombardiers.

© Otéro, Dumanche, Schmitt - Jungle

                La bataille de Claudine est le premier spin-off du Réseau Papillon. Espérons que ce diptyque ne soit que le premier d'un tour de France de la Résistance vue à l'échelle adolescente.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : La bataille de Claudine

Tome : 1/2

Genre : Aventure historique

Dessins : Nicolas Otéro

Scénario : Franck Dumanche  & Michel-Yves Schmitt

Couleurs : 1ver2anes

Éditeur : Jungle

Collection : Une aventure du Réseau Papillon

ISBN : 9782822242141

Nombre de pages : 48

Prix : 12,95 €

 



Publié le 04/03/2024.


Source : Boulevard BD


 "- Ce bois est immense ! Il est vraiment entièrement à nous ?

- Oui, bien que je ne sache pas exactement jusqu'où va le domaine.

- Huub, il faut que tu voies ça !

- Il y en a ici aussi ... Ah, on dirait un graffiti tout droit sorti de "Blair Witch Project" ! La tempête est aussi passée par ici !

- C'est vraiment dommage ! Celui-là devait bien avoir quelques centaines d'années ...

- Oui, mais il devait sans doute être pourri ou malade ou quelque chose comme ça ...

- Cette eau ... elle est si noire ... Cette eau ... Elle a quelque chose de ... "

 

 

Le plus grand malheur pour tout parent est de perdre un enfant ! C'est ce qui est arrivé à Huub et à Sara Kuylder ! Ruben, leur fils de 6 ans, meurt renversé par une voiture alors qu'il accompagnait sa maman au vernissage d'une exposition la consacrant !

6 ans passent ! Sara est incapable de s'en remettre. Elle a arrêté de peindre. Se sentant responsable, elle s'est enfermée dans un monde géré par son traitement psycho-médical !

Pourtant un jour, Huub décide qu'il est temps pour elle de se reprendre en main, de se remettre à vivre ... et à créer !

 

Il décide d'emménager dans une propriété abandonnée, héritée de son grand-oncle. Elle est située au milieu d'une immense parcelle de forêt primaire.

Au fond de celle-ci, le couple découvre un gigantesque arbre, plus que centenaire, déraciné par une tempête. Couché tout de long, comme un géant terrassé par des forces naturelles maléfiques, une mare noire inquiétante remplit désormais un trou béant à ses pieds !

Une étrange attirance s'en dégage !

Autour d'elle, de vieux hêtres se dressent encore ... Sur leur tronc, de mystérieux symboles y sont gravés !

 

© Erik Kriek - Editions Anspach 2024

 

Par ailleurs, près de la bâtisse, une vieille remise sera transformée en atelier afin de permettre à Sara de se remettre à la peinture.

Cette mise au vert, le fait de quitter Amsterdam, devrait l'aider dans son processus de deuil ... Elle en est convaincue devant sa thérapeute, lui promettant de continuer à prendre néanmoins ses antipsychotiques !

Bref, si ce déménagement semble pouvoir être bénéfique à Sara, cette mare noire l'attire subrepticement !

 

Alors qu'ils commencent à s'installer, une vieille voisine, un peu folle, vient jeter un froid en avertissant Sara d'un danger la menaçant !

 

-Toi ... tu es en danger. Je suis venue t'avertir ! Ta douleur est comme un phare ! Tu ne t'en rends pas compte ! Le portail est fragile, ici ! ...

 

Le trouble augmente avec la découverte dans le grenier de vieux carnets remplis d'un charabia incompréhensible et de symboles ésotériques semblables à ceux gravés sur les arbres près de la mare noire ... Cette fameuse et étrange mare noire ...

Et voilà que subitement, Sara commence à "revoir" son fils décédé. Perd-elle la tête ou une malédiction liée à l'endroit la frappe-t-elle ??? A moins que ... ???

 

 

Un récit partant d'un drame familial terrible, fragilisant Sara à un tel point que sa douleur, son deuil inachevé pourrait servir de portail à ... Qui sait ? Mais ce sera effroyable et sans retour !

 

Et cette mare noire obsessionnelle, qui attire Sara vers une perte totale du sens de la réalité, qui semble lui prédire ses futurs sombres desseins ... comme elle aurait pu le lire dans le marc de café, au fond d'une tasse ébréchée ... Ebréchée comme elle par la vie et le décès de son fils !

 

 

© Erik Kriek - Editions Anspach 2024

 

Erik Kriek nous offre ici un thriller psycho-effrayant allant en crescendo jusqu'à un dénouement sanglant !

Si certaines clés et éléments classiques du genre sont utilisés pour amener le suspense, la psychose s'installe doucement au fur et à mesure des pages. Les gravures sur les arbres entourant une mare étrange d'une eau noire inquiétante, des carnets remplis de formules et signes diaboliques, le récit maudit de la vie du grand-oncle qui semble avoir perdu la tête, la vieille voisine et ses avertissements, la réputation maléfique du domaine dans le voisinage, ... et j'en passe !

Tous les ingrédients nécessaires à un bon roman d'horreur !

 

 

© Erik Kriek - Editions Anspach 2024

 

Pourtant, si rien de bien nouveau n'apparaît dans ce catalogue d'accessoires, on ne peut pas dire que l'intérêt du récit est inexistant.

La référence de Huub au film "Blair With Project" au moment de découvrir les arbres gravés évite intelligemment l'impression d'un plagiat maladroit. Au contraire, elle nous indique la direction à prendre pour se plonger dans l'intrigue.

Mais cette dernière ne dérape pas brutalement dans le côté horrifique du genre. Bien au contraire, il faut attendre la fin pour en découvrir toute l'ampleur ! Un véritable coup de maître narratif que de réussir à garder ce final, à y amener le lecteur sans lui la "vendre" trop tôt ! Rêves ? Cauchemars ? Visions rédemptrices ? Un chemin étroit au bord d'un précipice ... guérison d'un côté, folie de l'autre ...

 

 

 

© Erik Kriek - Editions Anspach 2024

 

 

Intrigue également qui est largement soutenue, renforcée par le style graphique d'Erik Kriek ! Un dessin à la fois sobre et sombre, lourd dans ses traits, offrant aux expressions faciales, aux décors, à l'atmosphère la touche de psychose supplémentaire à assumer. Le tout est éclairé de façon angoissante par une palette de couleur restreinte, comme Erik à l'habitude de faire.

 

Comme il le précise lui-même dans l'interview qu'il nous a accordée ce mercredi 28 février, on ne peut s'empêcher de remarquer l'influence de Charles Burns dans son graphisme si oppressant.

 

 

 

© Erik Kriek - Editions Anspach 2024

 

Un captivant roman graphique noir de l'auteur de "L'Exilé", également aux éditions Anspach !

 

 Capsule "Derrière la palette ... Erik Kriek"

© Th. Ligot - BD Best 2024

 

Thierry Ligot

________________________________________________________________________________

 

Titre : La Mare

Scénario / dessin / couleur : Erik Kriek

Editeur : éditions Anspach

Genre : roman-graphique

Thèmes : horreur, psychose

Parution : 23/2/2024

Page : 136

Format : 20,7 x 28,3 cm

ISBN : 978-2-931105-21-4

Prix : 29 €



Publié le 04/03/2024.


Source : Bd-best


Martine Ă  Paris, une Ă©ternelle icĂ´ne de la jeunesse

"Vacances j'oublie tout

Plus rien à faire du tout

J'm'envoie en l'air

Ça c'est super

Folies légères ..."

 

Si tout n'est peut-être pas à reprendre tel quel en fonction de l'âge, l'invitation peut être amusante ...

 

 

 

 

Alors que nous sommes en plein milieu des congés de Carnaval ici et là, pour certains parents, cela ressemble plus à un calvaire qu'à une véritable période de détente et de repos pour leur progéniture. Que faire vu ce temps "extraordinaire" qui ne cessent de changer d'un jour à l'autre ?

Encore ce matin, sur le fil de mon Facebook, une maman qui "pleurait" afin de trouver des activités pour sa fille de 9 ans qui refuse d'aller en stage ...

D'accord, le "qui refuse" laisse un peu patois quant à qui décide dans la famille ! Mais bon, no comment !

 

Alors voici une idée ... un peu de lecture et justement ... les aventures d'une des premières héroïnes pour petites filles ! Une institution littéraire qui n'a fondamentalement pas changé depuis ses origines, depuis 1954 ! Un "Martine" évidemment !

 

 

© Delahaye - Marlier - Casterman 2024

 

A travers une soixantaine d'albums, cette petite fille sage, accompagnée de son fidèle Patapouf et de ses amis, sa famille en a entraîné des générations de jeunes lecteurs/lectrices dans ses aventures et découvertes. Pas besoin d'aller au bout du monde et de retrouver des trésors perdus au fin fond d'une jungle ou d'un océan. Martine, c'est une invitation à des découvertes du quotidien, de la vie, de l'enfance.

 

La voici justement qui part pour quelques jours chez sa tante Flo et son oncle Max à Paris ! Ville Lumière, riche en histoire, en culture, en monuments exceptionnels, ce ne sont pas les visites qui manquent. Alors suivons-là dans son jeu de piste, imaginé par sa tante, afin d'aller de la basilique du Sacré-Cœur à la Tour Eiffel évidemment !

7 animaux à retrouver pour gagner une belle surprise ... Quoi de plus tentant pour Martine et son frère Jean ... sans oublier Patapouf évidemment !

 

Une dizaine d'étapes indispensables pour tout qui ne connaîtrait pas encore Paris : l'Arc de Triomphe, le Louvre (où elle était déjà allée dans un album précédent), le musée d'Orsay, Notre-Dame de Paris (avant qu'elle ne brûle), le centre Pompidou, le Muséum d'histoire naturelle, le jardin du Luxembourg, ...

 

 

 

© Delahaye - Marlier - Casterman 2024

 

L'album se clôture par une brève présentation de chaque site visité, repris ensuite sur un plan simplifié de Paris. Normal, que serait une chasse au trésor sans carte ?

Un guide touristique parisien à la portée des plus jeunes lecteurs ...

 

Née il y a 70 ans tout juste (joyeux anniversaire Martine), cette petite fille resplendissante de joie et de bonheur a connu 60 aventures avec ses créateurs, Marcel Marlier et Gilbert Delahaye. Ce dernier en écrira une nouvelle chaque année jusqu'à sa mort en 1997.

Marcel Marlier, lui, décède le 18 janvier 2011, à l'âge de 80 ans.

Mais Martine ne disparaîtra pas pour autant !

 

 

 

© Delahaye - Marlier - Casterman 2024

 

 

120 millions d'albums en français et 50 millions en langues étrangères, cette série est devenue un authentique mythe littéraire. Si aujourd'hui encore, il s'en vend environ 400.000 exemplaires par an, ce chiffre peut grimper jusqu'à 500.000 en cas de nouvelle sortie, comme en 2021 avec "Martine au Louvre" !

Des chiffres à faire pâlir d'envie bien des auteurs et des éditeurs !

 

Icône populaire, héroïne aux exploits du quotidien, un style et un graphisme qui ont immédiatement fait mouche ... et continuent à le faire auprès de son lectorat. Une saga devenue un incroyable phénomène de société.

Car "phénomène de société", Martine l'est sans conteste. En plus de promouvoir, depuis 70 ans, des valeurs parfaites d'une société idéalisée (politesse, respect d'autrui, tolérance, ouverture d'esprit, ...), Martine est, avant l'heure, le modèle du "non-genrée".

Ses activités et jeux sont autant pour garçons que pour filles et ce sans manière, ni préjugé ou autres ... Il en sera de même dans la répartition de certaines corvées ou responsabilités "ménagères" et familiales.

Entre Jean, son petit frère, et elle, certains rôles ont néanmoins parfois été "mal" interprété et compris de certains détracteurs qui ont tenté de voir dans quelques albums une volonté des auteurs d'encourager une vision fort "sexiste" du rôle de la femme et de l'homme !

Erreurs et mauvaise foi !

 

Cependant, si les valeurs sont restées identiques depuis le début, Martine a évolué au cours des décennies dans ses thèmes et enjeux. Ces derniers ont suivi les évolutions de la société, comme la suppression petit à petit de stéréotypes, l'importance grandissante des questions environnementales, ...

 

Par ailleurs, il n'y a pas que cela qui s'est "modernisé" ou plutôt adapté à l'époque ! Si le graphisme général, le trait, le style global est quasi semblable depuis le début, notamment afin d'inscrire une continuité d'identification des générations de lecteurs à l'atmosphère de "Martine", cette dernière a connu plusieurs "modèles". Marcel Marnier n'hésitait jamais à "remplacer" son modèle, sitôt que sa "Martine" devenait trop "grande".

Les textes eux-mêmes connaissent cette "modernisation", cette mise à niveau ne dénaturant d'aucune manière son image aux yeux de son lectorat. Bien au contraire, en restant compréhensible, `la Martine du XXIe siècle confirme sa légitimité d'héroïne "toute génération".

 

Tel Tintin, Martine ne vieilli pas, ne grandit pas ... mais s'adapte à son époque, comme à son environnement !

 

 

Tel Tintin, Martine est également internationale ! Publiée dans une trentaine de langues, Martine se voit diffusée partout dans le monde ! Plus qu'un simple succès francophile, un lectorat international qui se justifie aisément par l'absence de toute référence trop régionaliste, religieuse ou culturelle de Martine. Mais également une uniformisation des formats, couvertures, ... un canevas quasi identique quel que soit la version ! Bref tout est fait pour rendre la série "universelle" !

 

 

 

© Laurence Boudart - Delahaye - Marlier - Casterman 2024

 

 

Et pour bien marqué cet aspect "universel", le nombre sans cesse croissant des détournements de couverture, mises à toutes les sauces en fonction d'événements ou de faits d'actualité ! Preuve que Martine est clairement passée dans l'ADN culturel de chacun ! Référence d'un côté et source d'inspiration de tout qui souhaite moquer d'une situation, que demander de plus pour une héroïne qui connut un succès immédiat dès ses premiers albums !

 

 

© Laurence Boudart - Delahaye - Marlier - Casterman 2024

 

Mélange texte - dessin ... dessin - texte ... une success-story littéraire jamais démentie et que Laurence Boudart décortique, analyse et développe dans un ouvrage richement illustré, documenté de nombreuses archives, "Martine, L'éternelle jeunesse d'une icône" !

 

Plus de 120 pages pour mieux appréhender cette véritable et unique icône populaire de la littérature jeunesse !

Une mine d'informations de premier plan, d'anecdotes parfois inédites, une réflexion, une étude approfondie du pourquoi et comment "Martine, icône intemporelle". Laurence Boudart s'attarde notamment sur la capacité des auteurs à toujours coller l'évolution de Martine aux évolutions de la société ! Une réussite étincelante rarement atteinte sur une durée aussi longue !

 

 

© Laurence Boudart - Delahaye - Marlier - Casterman 2024

 

 

Un nouvel album doublé d'une ouvrage-hommage pour celle qui accompagna, et continue d'accompagner, tant et tant de générations de jeunes lectrices / lecteurs !

 

 

Thierry Ligot

 

______________________________________________________________________________________

 

Série : Martine

Titre : Martine à Paris

Scénario : Rosalind Elland-Goldsmith, d'après Gilbert Delahaye

Dessin : Marcel Marlier (tirés et adaptées des albums "Martine à la maison", "Martine au zoo", "Martine, les 4 saisons", "Martine en bateau", "Martine fait du camping" et "Martine prend l'avion".

Editeur : Casterman

Parution : 20/3/2024

Page : 32

Public : jeunesse, de 5 à 9 ans

Format : 20,1 x 25,2 x 0,8 cm

ISBN : 978-2-203-22451-3

Prix : 7,95 €

 

 

Livre-hommage :

Titre : Martine, L'éternelle jeunesse d'une icône

Auteur : Laurence Boudart

Illustration : Marcel Marlier

Editeur : Casterman

Parution : 20/3/2024

Page : 126

Genre : documentaire

Format : 21,6 x 28,8 cm

ISBN : 978-2-203-25214-1

Prix : 19,90 €



Publié le 02/03/2024.


Source : Bd-best


Spirou 4481 – 28 Février 2024

 

 

Kid a 30 ans 

 

 

 

 

 

 

 

            Joyeux anniversaire, Kid ! Le gamin n'a pas pris une ride en 30 ans. Il nous le montre dans la salle de gaming de Mirador décorée façon Japon. La borne d'arcade est dragonnesque. Les joysticks marchent à donf ! Et pourquoi ça ? Parce qu'on a droit à un reportage de Midam à Hong-Kong pour les 30 ans de Kid Paddle.

 

            Pendant ce temps, les abonnés retrouvent le sourire en collant un Kid, un gâteau qui vomit et un 30 façon blorks !

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Midam - Dupuis

 

 

Histoires à suivre :

 

Créatures : Rendez-vous avec le Bogeyman

Djief / Betbeder

Frnck : Apocalypse

Cossu / Bocquet / Guillo

Sangdragon

Bédu / Cerise

Spirou & Fantasio : La mémoire du futur

Schwartz / Guerrive / Abitan / Doucet

Tokyo Mystery Café : La disparue d’Akiba

Atelier Sentô

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Brad Rock

Jilème / David

Dans les coulisses d'écriture de Kid Paddle

Pujol

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Fish n chips

Tom

Gag du siècle ! (Le)

Sti

Gaston

Delaf / Benbk

Kid Paddle (x 3)

Midam / Dairin / Adam / Patelin / Sti / Angèle

Nelson

Bertschy

Petit Spirou (Le)

Janry / Cerise

Spoirou & Fantasperge (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

 

 

Rubriques :

 

3 infos 2 vraies 1 fausse

Bercovici / Bernstein / Le Gall

Coin des lecteurs (Le) : Bienvenue dans mon atelier !

Delaf

En direct du futur : Peine de cœurs (Cœurs de feraille)

Munuera

Midam à Hong-Kong pour les 30 ans de Kid Paddle

Midam

Jeux : Kid Paddle games

Joan

Quiz Paddle

 

Tuto dessiné : dessinez un Blork

Midam

 

 

Supplément abonnés :

 

Autocollants Kid Paddle

Midam

 

 

En kiosques et librairies le 28 février 2024

3,20 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


©BD-Best v3.5 / 2024