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Case à part : Rock Derby
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« Pleins gaz, Derby ! » En une bulle, tout est dit. L’ADN de la série est résumé dans cette case.

 

                Je m’appelle Tim Toronto ; je suis journaliste au Clairon. J’ai rencontré Rock Derby à cause d’une stupide panne d’essence. Il tenait la station service Presto avec son frère Skip, en pleine montagne canadienne. Greg nous a créés en 1960, grâce à l’augmentation de la pagination du journal Tintin. Pendant quatre ans, Rock vivra sept grandes aventures. Il reviendra plus tard pour un revival express. Mais je m’éloigne. On y reviendra plus tard. Je reprends le récit de ma rencontre au moment où je demandais aux frères Derby le meilleur moyen pour moi de gagner le plus rapidement possible l’aéroport. J’avais rendez-vous avec un passager devant débarquer d’un avion…que nous vîmes se poser en catastrophe dans la montagne ! Je devais récupérer une mystérieuse mallette, également convoitée par des truands. Plus de peur que de mal dans l’accident qui ne fait que quelques blessés légers. Dans cette mallette, se trouvent les preuves de matchs de boxe truqués. Ces requins du ring auront fort à faire face à un Rock Derby qui n’hésitera pas à prendre les gants pour décocher quelques directs et uppercuts.

 

 

 

 

 

                Nous avons ensuite affronté des voleurs de poupées. Colossus, un antiquaire tout ce qui semble de plus banal, a vendu sept poupées péruviennes. J’en avais une, on me l’a volée. Les collectionneurs sont aux abois. Avec Rock et skip, nous tentons de piéger les voleurs sans succès. Pourquoi ces pantins venant de Costar-Impec sont-ils si convoités ? L’une d’entre elles contenait un bracelet de diamants. Mais grâce à la force, au courage et à la malignité –et oui, on n’est pas héros de BD pour rien- de Rock Derby, tout finira bien, après une belle poursuite en voiture. Quand on pense que Greg trouvait sa série mal dessinée. J’ai aussi failli finir empoisonné dans cette histoire.

 

Panique au paradis : Quelques semaines plus tard, direction Halahaki, le « jardin de corail », une des stations balnéaires les plus élégantes d’Hawaï. Deux palaces se font face et concurrence. L’un d’eux, le Flamingo, a invité des athlètes de tous les coins du monde, si tant est que le monde ait des coins, pour son inauguration. Son propriétaire, Tony Aloha, est le principal rival de Johnny Cargo, le patron du « Paradis ». ce dernier semble prêt à tout pour avoir le monopole de cette industrie touristique. Mais quelqu’un tire les ficelles deriière tout ça, quelqu’un qu’avec Rock, nous connaissons bien. Ça sera ma dernière aventure, ainsi que celle de Skip, avec le garagiste canadien. Dès le récit suivant, nous serons remplacés…

                Hé oui, par Baba et moi, Pedro Arara. Nous sommes brésiliens. Il est mince et noir ; je suis enrobé et blanc. Ce n’est pas pour me vanter, mais Baba restera un troisième rôle bien fade, figurant sans réelle consistance.

                Dans La rivière de diamants, nous aidons Rock Derby à ouvrir une route en pleine forêt amazonienne, une aventure pas franchement écologique, un scénario qui aurait peut-être du mal à passer de nos jours. Rock nous a sorti du poste de police, où nous faisions une petite garde à vue de rien du tout. Entre la prison et les coupeurs de tête d’Amérique du Sud, nous avons vite fait notre choix : nous nous sommes lancés dans cette aventure pleine de testostérone aux allures de Salaire de la peur.

                En Californie, une étoile a disparu. Sweet Melody, le célèbre acteur des studios Thunderbros est aux abonnés absents, volatilisé de sa villa de Mabuli-Beach. Il devait commencer le tournage d’une superproduction historique : « le Gaulois masqué ». Parallèlement, les pensionnaires de Sweethome, maison de retraite pour vieux comédiens, sont en passe d’être expropriés. En véritable héros de BD, nous allons gérer les deux affaires d’un coup. Sans vouloir me vanter, depuis que j’ai débarqué dans la série, les gags que je provoque amènent un équilibre entre aventure et humour, qui sera une des marques de fabrique de notre auteur. Notons que ce récit est à la base une histoire du détective Félix, rachetée à Tillieux par Greg. Celui-ci aurait-il pensé à Allume-Gaz, faire-valoir de Félix, pour me créer dans l’aventure précédente ?

                L’or des Navajos me permet de montrer tout mon talent dans le rodéo. Pour le centenaire de Tomahawk City, la ville a décidé de revivre l’époque glorieuse de ses débuts. Pour trois jours, le vieil Ouest renaît. Mais comme au bon vieux temps, la banque est cambriolée. Rock va faire son Chick Bill pour tout remettre en ordre…et me permettre de rembourser quelques dégâts que j’ai causés.

                Le défi de l’invisible, en 1963, est notre dernière grande aventure. Un mystérieux bandit, se faisant appeler l’homme invisible, provoque le shérif de flat Creek. Les habitants de la ville voient ce voleur partout. Il apparaît et disparaît lors de courses poursuites. Nous étions dans une réelle énigme à devenir fou, un mystère digne de Gaston Leroux.

 

 

 

 

 

                Nous reviendrons pour deux rebonds.

                Le premier, en 1981, Quatuor pour une fausse note, est un court récit dessiné par Dimberton, un « Whodunit » dans un hôtel américain. J’y suis seul avec Rock, Baba n’est plus avec nous. Enfin, en 1997, Le mystère de l’aéroport est un bref album publicitaire destiné aux aéroports de Paris.

                Au milieu des années 60, Greg créé Les As pour le journal Vaillant, devient rédacteur en chef du journal Tintin, commence à fournir de plus en plus de scénarii pour ses confrères. Ce touche-à-tout regrettera plus tard de ne pas s’être occupé de nous plus longtemps. Cependant, il mettra des ingrédients de Rock Derby dans Bernard Prince, Chick Bill ou autres de ses multiples héros. C’est en relisant nos aventures qu’on s’en rend compte à posteriori.

                « Trois compagnons s’en allaient sur la rou-oute… » Ainsi se terminaient certaines de nos aventures. Nous sommes maintenant sur la route des héros éternels. Qui sait ? Peut-être recroiserons nous un jour celle des lecteurs…

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

Intégrale disponible chez Lombard. 256 pages, 25.50 € ISBN : 9782803632954



Publié le 28/01/2014.


Source : Bd-best

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