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Spirou 4613 – 9 Septembre 2026

 

 

Remise en jeu pour Louca

 

 

 

 

 

 


Pour un numéro spécial, voici un numéro spécial. A l’occasion de son retour, près de la moitié du numéro est consacré à Louca. Après un récapitulatif des événements, on a droit à neuf planches de la première partie de La finale. On entre ensuite dans la peau de son auteur Bruno Dequier, avant d’apprendre à dessiner Nathan dans un tuto dessiné. On découvre les coulisses de l’adaptation de la série en animé, d’abord dans un récit complet signé Madd et Perez, puis avec des interviews de membres de l’équipe de production. Si on ajoute la double page de jeux aux couleurs de la série, la boucle est bouclée.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Louca : Finale (partie 1)

Dequier / Guillo

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Récits complets :

 

Elliot au collège

Grosjean / Mallo

Louca L’animé qui en a sous le pied Partie 1 - Une enquête de terrain

Madd / Perez

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Ecole des mauvais parents (L’) (La fête du strip)

De Poortere

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La fête du strip)

Tom

Game over

Adam / Benz / BenBK

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Manoir à louer 

Juanungo / Trondheim 

Mauvaises graines (La fête du strip)

Ami Inintéressant /  Cerq / Couët

Pendant de temps, au Coin Perdu

De Souza

Sacha dans tous ses états 

Lory / Thitaume 

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La fête du strip)

Dino

 

 

Rubriques :

 

Ça s’est passé cette semaine

Depasse / Bercovici

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bonhomme

En direct du futur : Ta leçon de BD

 

Gaston : Un cas, des colles

Delaf / Fabcaro

Interview : Dans la peau de…

Dequier

Jeux : Le buq 

Priou / Kathrine

Louca L’animé qui en a sous le pied Partie 2 – Les secrets de fabrication

 

Louca Le récap !

 

Tuto dessiné : Nathan

Dequier

 

 

En kiosques et librairies le 9 Septembre 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 09/09/2026.


Source : Boulevard BD


" - Juste pour savoir. Persistes-tu dans ton dessein d'occire mon oncle ?

- Je dois avouer qu'en cet instant, je suis fort troublée et nourrie d'incertitude. Et toi, quel dessein donnes-tu à ton Angélique ?

- Comme tu as emprunté ma question, j'emprunterai ta réponse."

 

Dans le Paris du XVIIIe siècle, Françoise de Gramont poursuit inlassablement sa quête de vengeance contre le puissant Baron de Valmy, responsable de la tragédie qui a bouleversé son existence.

 

 

 

Mais à l'heure des révélations finales, l'épéiste voit son destin se compliquer : entre les sentiments qu'elle éprouve pour Abel, les secrets enfouis de sa famille et les complots qui se resserrent autour d'elle, le duel qu'elle attend depuis si longtemps pourrait ne pas lui apporter la paix espérée.

 

 

© Trifogli - Celestini - Graph Zeppelin 2026

 

Un final qui s'inscrit parfaitement dans la dynamique de la série

Depuis le premier volume, La Duelliste s'est imposée comme une relecture moderne du récit de cape et d'épée. Francesco Trifogli y mêle les codes classiques du genre à une héroïne dont la force de caractère bouscule les conventions de son époque. Le premier tome posait les bases de cette vengeance obsessionnelle et introduisait un univers riche en faux-semblants.

Le second développait les personnalités, levait une partie du voile sur le passé des protagonistes et multipliait les révélations.

 

Avec La Fine Lame, les auteurs récoltent les fruits de cette construction patiente. Les intrigues convergent enfin vers leur dénouement et les nombreuses pièces du puzzle s'assemblent dans un final qui tient les promesses formulées depuis le début de l'aventure.

 

 

© Trifogli - Celestini - Graph Zeppelin 2026

 

Une intrigue riche en rebondissements

Ce troisième tome ne tarde pas à accélérer le rythme. Le Baron de Valmy demeure à la fois insaisissable et menaçant tandis que les machinations de la Teigne continuent de s'étendre dans l'ombre des ruelles parisiennes. Françoise, quant à elle, doit apprendre à composer avec des vérités qui remettent en cause certaines certitudes.

 

L'histoire conserve ce mélange particulièrement efficace de drame, de suspense et d'action qui caractérise la série. Chaque révélation entraîne de nouvelles conséquences et les multiples fils narratifs finissent par converger vers un affrontement aussi attendu qu'inévitable. Si la densité du récit peut parfois exiger une attention soutenue, elle participe également à la richesse de cette conclusion où rien n'est laissé au hasard.

 

Les derniers chapitres ménagent leur lot de surprises et de retournements de situation, sans jamais sacrifier la cohérence des personnages. La vengeance reste le moteur principal de l'intrigue, mais elle prend une dimension plus tragique à mesure que Françoise découvre tout ce qu'elle risque de perdre en poursuivant obstinément son objectif.

 

© Trifogli - Celestini - Graph Zeppelin 2026

 

Entre vengeance, identité et émancipation

Au-delà de son habillage de cape et d'épée, La Duelliste développe plusieurs thématiques particulièrement intéressantes. La vengeance, bien sûr, constitue l'axe central du récit. Elle consume l'héroïne autant qu'elle la définit, au point de devenir sa véritable signature.

 

Mais l'œuvre explore également les questions d'identité et de liberté. En évoluant dans un univers largement dominé par les hommes, Françoise s'impose comme une figure féminine forte qui refuse les rôles que la société cherche à lui imposer. Loin des stéréotypes habituels du genre, elle apparaît à la fois déterminée, vulnérable, passionnée et profondément humaine.

 

Le récit interroge aussi le poids du passé, l'héritage familial et la difficulté de se construire lorsque les secrets des générations précédentes continuent d'influencer le présent. Les sentiments amoureux, loin d'être un simple élément secondaire, participent eux aussi pleinement à la tragédie qui se joue.

 

© Trifogli - Celestini - Graph Zeppelin 2026

 

Une fiction nourrie par les grandes inspirations littéraires

L'un des plaisirs de la série réside dans sa capacité à convoquer l'imaginaire des grands romans classiques. On y perçoit l'influence du souffle aventureux d'Alexandre Dumas, le goût des intrigues sentimentales et manipulatrices de Choderlos de Laclos, ainsi qu'une certaine tonalité tragique héritée de Shakespeare.

 

" - Vos plus grands défauts de ferrailleurs ? François, tu es trop véhément. Abel, tu es trop distant. Quand il ne manie pas l'épée, un duelliste peut être un ivrogne, un coureur de jupons, un colérique, un vicieux, un bouffon. Il peut avoir mille pensées et mille émotions.

Mais quand il empoigne son épée ... un vrai épéiste a ...

- ... le cœur froid ...

- ... et l'esprit clair ..."

 

Pour autant, La Duelliste ne se réduit jamais à un simple exercice d'hommage. Trifogli emprunte ces références pour construire un récit personnel où l'Histoire sert de toile de fond crédible à une aventure romanesque particulièrement généreuse. La reconstitution du Paris du XVIIIe siècle contribue grandement à cette immersion, qu'il s'agisse des palais aristocratiques, des ateliers d'artistes ou des quartiers plus populaires.

 

© Trifogli - Celestini - Graph Zeppelin 2026

 

Un scénario maîtrisé jusqu'au bout

La grande réussite de ce dernier volume réside dans sa gestion des révélations finales. Après deux tomes consacrés à la montée en tension, Francesco Trifogli parvient à conclure son intrigue sans précipitation excessive. Les rebondissements sont nombreux mais restent lisibles, et les personnages évoluent de manière cohérente jusqu'à leur ultime confrontation.

 

Le récit trouve également un équilibre satisfaisant entre action, émotion et drame familial. Les scènes de duel offrent leur dose de spectaculaire tandis que les passages plus intimistes permettent aux personnages d'exister au-delà de leur fonction dans l'intrigue. Cette richesse narrative donne à la conclusion une véritable portée émotionnelle.

 

 

© Trifogli - Celestini - Graph Zeppelin 2026

 

Un travail graphique remarquable

Visuellement, La Fine Lame confirme tout le talent de Francesco Trifogli. Son dessin demeure d'une grande élégance, avec un trait fin, précis et extrêmement fluide. Les personnages possèdent une expressivité naturelle tandis que les décors fourmillent de détails sans jamais alourdir la lecture.

 

Les séquences de combat constituent l'un des points forts de l'album. Chaque duel bénéficie d'une mise en scène dynamique où les mouvements des corps et des lames sont parfaitement retranscrits. La chorégraphie des affrontements évoque autant la grâce de l'escrime que la brutalité des enjeux dramatiques.

 

Le travail d'Andrea Celestini mérite également d'être salué. Ses couleurs délicatement nuancées enrichissent considérablement l'atmosphère du récit. Qu'il s'agisse des intérieurs feutrés, des ruelles sombres ou des scènes plus romantiques, la palette chromatique accompagne constamment les émotions des personnages. Cette colorisation subtile apporte chaleur, profondeur et crédibilité à l'ensemble.

 

 

 

© Trifogli - Celestini - Graph Zeppelin 2026

 

Avec La Fine Lame, Francesco Trifogli et Andrea Celestini livrent une conclusion solide, spectaculaire et émotionnellement satisfaisante à La Duelliste. Portée par une héroïne marquante, une intrigue riche en révélations et une réalisation graphique de grande qualité, cette série s'impose comme une belle réussite du genre cape et d'épée contemporain.

 

 

Entre aventure romanesque, drame familial, passion amoureuse et quête de vengeance, ce troisième tome tranche avec élégance le dernier nœud d'une intrigue captivante.

Un final à la hauteur de l'ambition de la série, où la finesse de la lame n'a d'égale que celle de son écriture.

 

Et évidemment, il serait logique que d'ici quelques semaines, la version plus "hot", enrichie d'une dizaine de pages plus "chaudes" ici et là, paraisse chez Tabou ... 

 

 

Au bout de l'épée, la vérité. Au bout de la vérité, le destin.

 

 

Thierry Ligot

 

 

 

 

Série : La Duelliste

Tome : 3 - La fine lame

Scénario & dessin : Francesco Trifogli

Couleurs : Andrea Celestini

Éditeur : Graph Zeppelin

Genre : cape et épée

Thèmes : duel, vengeance, amours, secret familial

Public : ado - adulte

Parution : 10 septembre 2026

Format : 23,5 x 32,3 cm

Page : 48

ISBN : 978 2 38038 400 0

Prix : 17 €



Publié le 09/09/2026.


Source : Bd-best


" Dans son discours prononcé à la Maison-Blanche le soir du 28 janvier 1986, le Président Ronald Reagan a évoqué "le visage du Créateur". Ces mots sont un emprunt à un poème du pilote anglo-américain John Gillespie Magee JR. [...]

 

- ... And, while with silent, lifting mind I've trod

The High untrespassed sanctity of space,

Put out my hand, and touched the face of God.

 

(- Alors, silencieux, mon esprit a gagné de nouvelles hauteurs

Jusqu'à rejoindre le sanctuaire inviolé de l'espace,

Pour y tendre ma main et toucher le visage du Créateur.) "

 

Avec "Le Visage du Créateur", Laurent-Frédéric Bollée et Cristiano Spadoni s’emparent d’un événement gravé dans la mémoire collective : l’explosion de la navette "Challenger" le 28 janvier 1986, soixante-treize secondes seulement après son décollage. Loin de se limiter à la chronique d’une catastrophe spatiale, cet album reconstitue minutieusement les années qui ont précédé le drame et redonne un visage aux sept membres de l’équipage disparus.

 

 

© Bollée - Spadoni - Rue de Sèvres 2026

 

Le récit s’ouvre à la fin des années 1990 lorsqu’un pêcheur floridien et son fils découvrent dans leurs filets un fragment marqué du logo de la NASA. Cette trouvaille réveille le souvenir de la tragédie et sert de porte d’entrée à un long retour en arrière. Les auteurs remontent bien avant l’explosion et mettent en place un compte à rebours qui accompagne chaque étape du récit jusqu’au décollage fatal.

Celui-ci débute très exactement ...

 

" Atlanta, novembre 1967. Dix-huit ans et deux mois avant la désintégration."

 

Il s'achèvera ...

 

" 2 minutes et 45 secondes après la désintégration."

 

 

© Bollée - Spadoni - Rue de Sèvres 2026

 

L’album s’inscrit dans un moment charnière de l’histoire américaine. Après l’âge d’or du programme Apollo, la NASA cherche à retrouver l’enthousiasme du grand public pour la conquête spatiale. Le programme « Teacher in Space », voulu par l’administration Reagan, répond à cette ambition.

 

" - Je m'adresse à vous solennellement aujourd'hui pour vous annoncer le lancement du programme "Teacher In Space" ! Je demande à la NASA de démarrer un processus de sélection d'un professeur de collège ou de lycée, qui deviendra le premier citoyen civil d'une mission spatiale ... Ainsi quand la navette décollera, tout le monde prendra conscience du rôle crucial que les professeurs jouent dans la vie de notre nation ..."

 

 

Le choix de Christa McAuliffe, enseignante appelée à devenir la première professeure dans l’espace, symbolise cette volonté de rapprocher l’exploration spatiale des citoyens ordinaires.

Il en fut de même pour les autres membres de cette dramatique mission ...

Comme Ronald McNair, 35 ans, spécialiste de mission 3 ... astronaute ... et musicien ! L'homme qui prévoyait de jouer un morceau de saxophone dans l'espace et qui pour cela rencontrera Jean-Michel Jarre qui lui écrivit un petit morceau ...

 

" 8 novembre 1985. deux mois et vingt jours avant la désintégration.

- Je suis Jean-Michel Jarre ! Heureux de vous rencontrer ! [...] Je vous ai préparé une petite composition. Ça vous dit de la répéter tout de suite ?"

 

Les thèmes abordés dépassent largement le cadre technique. L’ouvrage interroge le rapport entre communication politique et science, les enjeux budgétaires de la NASA, la pression médiatique exercée sur les responsables du programme spatial, mais aussi la fragilité humaine face aux impératifs institutionnels. Derrière les fusées, les calculs et les procédures, ce sont avant tout des hommes et des femmes que l’on découvre, avec leurs ambitions, leurs doutes et leurs sacrifices.

 

" Gardons la tête dans les étoiles, certes ... mais aussi les pieds sur terre !"

 

La grande force du livre réside dans cet équilibre entre rigueur documentaire et émotion. Bollée évite soigneusement le sensationnalisme. Le lecteur connaît d’avance l’issue de l’histoire, mais la tension ne cesse pourtant de croître au fil des pages. Ce compte à rebours permanent agit comme une mécanique dramatique redoutablement efficace. Chaque réussite, chaque moment de joie ou d’espoir est chargé d’une inquiétude diffuse liée à l’inéluctabilité de la catastrophe.

 

 

© Bollée - Spadoni - Rue de Sèvres 2026

 

Mais si la fin est connue aujourd'hui, l'album met également en évidence qu'elle était déjà "crainte" bien avant le lancement ... Ce qui ferait de ce drame un ... crime ... un assassinat "programmé", par "cupidité" ...

 

" Siège de Morton Thiokol, Promontory, Utah, 13 décembre 1985. un mois et quinze jours avant la désintégration.

- Ne fais pas semblant de ne pas comprendre ! Comme on récupère toujours nos boosters, nous avons pu les étudier à fond et depuis l'an dernier, nous savons justement à quoi nous attendre ... Et je te dis que nos joints toriques ne restent plus assez étanches en dessous d'une certaine température ! C'est passé l'an dernier mais je te dis que c'était un miracle ! Qui voudrait retenter pareil pari ? Tu vas me dire qu'il en va de notre réputation [...] Bon Dieu, tu m'écoutes, oui ? La navette va exploser !"

Et que cette crainte n'était pas non plus "entendue" des autorités de la NASA.

 

" - La NASA a vendu au Congrès une vingtaine de vols chaque année ... Si tout était repoussé, les subventions chuteraient ... et ça les grands pontes à Washington ne le veulent certainement pas !

- Il y a aussi autre chose, en l'occurrence ...

- Le programme "Teacher in Space", c'est ça ? [...]

- Donc, si je comprends bien ... la mission STS-51-L partira dans un mois, quoi qu'il advienne ! On n'a pas le choix."

 

 

 

© Bollée - Spadoni - Rue de Sèvres 2026

 

Laurent-Frédéric Bollée, un scénariste du réel

Journaliste de formation, Laurent-Frédéric s'est imposé ces dernières années comme l'un des grands spécialistes de la BD historique et documentaire. Son nom est particulièrement associé à "La Bombe", fresque consacrée à la création de l’arme atomique, qui avait démontré sa capacité à transformer une matière historique complexe en récit passionnant. 

 

Dans "Le Visage du Créateur", il applique la même méthode. Son travail repose sur une solide documentation et sur une volonté manifeste de s’effacer derrière les faits. Plutôt que de construire artificiellement du suspense, il mise sur la reconstitution minutieuse des événements et sur la force intrinsèque de l’histoire.

 

Son scénario adopte une structure chronologique ponctuée par un décompte des années, des mois puis des jours précédant l’accident. Ce procédé narratif simple mais particulièrement efficace donne au récit un rythme soutenu.

Bollée réussit également à humaniser son sujet sans tomber dans le mélodrame. Les astronautes ne sont pas présentés comme des héros mythologiques mais comme des individus confrontés à des choix professionnels, familiaux et personnels.

 

L’une des réussites du scénariste est aussi d’intégrer des figures parfois inattendues, comme l’actrice Nichelle Nichols, célèbre interprète du lieutenant Uhura dans "Star Trek", dont le rôle dans la diversification du recrutement de la NASA demeure méconnu.

 

" - Je ne doute pas que la majorité des candidatures viendra d'hommes ingénieurs ou militaires ... Mais avouez que l'image véhiculée est toujours la même au final dans les programmes de la NASA : l’équipage est masculin, avec une moyenne d'âge de 45 ans au moins. Et donc, si souhaite que notre message s'adresse aussi aux jeunes, aux femmes et aux minorités ! Il faut élargir l'horizon !

- Mais ... Oui, bien sûr ! Je suis d'accord !

- Ce n'est pas tout, John ... Vous m'avez bien dit que les premiers recrutements seraient effectifs dès l'année prochaine ? Alors, je vous demanderai des preuves de votre action pour la diversité ! Sinon, j'arrêterai aussitôt ma collaboration !"

 

Ces détours enrichissent le récit et replacent l’aventure spatiale dans son contexte culturel et social.

 

 

 

© Bollée - Spadoni - Rue de Sèvres 2026

 

Cristiano Spadoni, un dessin au service du témoignage

Le travail graphique de Cristiano Spadoni surprend d’abord par sa sobriété. L’album est intégralement réalisé en noir, blanc et nuances de gris. Un choix qui pourrait sembler paradoxal pour un sujet aussi spectaculaire que l’exploration spatiale, mais qui se révèle particulièrement pertinent.

 

Son trait évoque souvent l’esquisse ou le croquis saisi sur le vif. Les personnages sont dessinés avec économie de moyens, parfois réduits à quelques lignes essentielles. Cette apparente simplicité confère pourtant une grande vitalité aux planches et renforce le caractère documentaire de l’ensemble.

 

L’absence de couleurs éclatantes éloigne volontairement le récit de l’imagerie triomphante associée à la conquête spatiale. Spadoni privilégie une approche presque journalistique, comme si le lecteur consultait un carnet de reportage consacré à l’un des plus grands drames du programme spatial américain.

 

Sa mise en scène se montre particulièrement efficace dans les séquences collectives. Les regards, les attitudes et les silences prennent souvent davantage d’importance que les dialogues.

Les dernières pages, notamment celles qui précèdent le lancement, atteignent une intensité émotionnelle remarquable grâce à cette économie de moyens.

 

Des influences graphiques perceptibles

Le style de Cristiano Spadoni peut rappeler plusieurs auteurs contemporains. On pense par moments à Bastien Vivès pour la spontanéité du trait et cette capacité à suggérer davantage qu’à détailler. Certains lecteurs pourront également y voir une filiation avec Martin Quenehen dans la manière d’utiliser l’esquisse comme outil narratif.

 

Son approche se distingue cependant par une dimension documentaire plus affirmée. Là où Vivès privilégie souvent l’émotion immédiate et le mouvement, Spadoni conserve constamment une distance d’observateur.

Son dessin évoque parfois le storyboard de cinéma ou le carnet de reportage, ce qui correspond parfaitement à la démarche historique voulue par le scénariste.

 

 

 

© Bollée - Spadoni - Rue de Sèvres 2026

 

 

"Le Visage du Créateur" n’est pas seulement une bande dessinée sur la catastrophe de Challenger. C’est avant tout le récit d’un rêve collectif, de ses espoirs et de ses dérives.

 

Grâce à une documentation rigoureuse, un scénario remarquablement construit et un dessin sobre mais expressif, Laurent-Frédéric et Cristiano livrent un hommage particulièrement émouvant aux 7 membres de l'équipage de la mission STS-51-L.

En transformant un événement dont chacun connaît l’issue en une lecture captivante et profondément humaine, les auteurs signent une œuvre mémorable qui éclaire autant l’histoire de la conquête spatiale que les mécanismes politiques, médiatiques et humains ayant conduit à l’une de ses plus grandes tragédies.

 

 

 

"Le Visage du Créateur" ... l’humanité derrière la tragédie de Challenger

 

 

Lien "Minute de Rey - mars 2026"

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Le Visage du Créateur

Scénario : Laurent-Frédéric Bollée

Dessin & couleurs : Cristiano Spadoni

Éditeur : École des Loisirs

Label : Rue de Sèvres

Genre : drame historique

Thèmes : Challenger, espace, technologie spatiale, NASA, enjeux politique spatiale

Public : ado - adulte

Parution : 11 février 2026

Format : 19,4 x 26,2 cm

Page : 264

ISBN : 978 2 8102 0530 1

Prix : 25 €



Publié le 08/09/2026.


Source : Bd-best


"C'est sans honte que je revendique une époque où, mal payé, je m'estimais riche parce que je m'amusais. Car je vous le dis, ces histoires je ne les ai pas torchées pour vous, mais pour moi"

 

C'est ainsi que Maurice Tillieux, en 1968, présentait ces récits ...

 

Mais voilà, il disparaît le 2 février 1978, laissant la mission à son complice Piroton de devenir le "gardien du temple".

 

Après quelques réflexions, hésitations, ce dernier accepte de poursuivre seul la série.

Néanmoins, à certaines occasions, il n'hésitera pas à confier à l'un ou l'autre scénariste l'écriture de courtes histoires, voire d'un album complet : Jacques Raes, Raoul Cauvin ou Francis Dorao.

 

 

 

Désormais, se retrouvant la plupart du temps seul aux commandes, Arthur en profite, tout en respectant l'esprit et les caractéristiques de la série d'origine, pour y apporter ici et là quelques touches personnelles. Jess et Slim vont ainsi "évoluer", quitter leur costume parfois trop rigide d'agents spéciaux du FBI !

Trois grandes évolutions sont alors à constater, rendant les héros un rien plus "accessibles".

 

 

© Piroton - AD HOC Éditions 2026

 

La première, et non la moindre, l'introduction de sentiments amoureux. Aussi bien pour Jess Long que pour Slim Sullivan, certains aspects de leur vie privée vont petit à petit transparaître au fil des pages. Pour Jess, ce sera une jolie blonde, Miss Joyce Russel, la propriétaire d'un ranch au Texas, dans "La Mort jaune" (1980).

 

" - J'espère qu'il aimera cette robe !"

 

Mais ces "premiers émois" devront rester fort chastes ... pas de transformations trop brusques !

 

" - Hélas, vous allez nous quitter.

- Que voulez-vous ? Notre travail, ici, est terminé, d'autres missions nous attendent.

- Jess ? ...

- Oui ? ...

- Faut-il vraiment que vous repartiez ?

- Oui ... Mais je reviendrai, entre nous, les agents fédéraux ont aussi besoin de vacances.

- Ah ! ... Et ils n'éprouvent vraiment pas d'autres envies ?

- Si ... Je vous l'ai dit, je reviendrai. En attendant, soignez bien "Désert Dust". "

 

Viendra ensuite une autre blonde, la superbe Jenifer Jones-Austin, shérif du comté de Frémont dans le Wyoming, comme l'illustrera la dernière case de l'album "La Shérif" (1983) ! Image parfaite de la femme d'action, décidée et sûre d'elle dans son métier de shérif, dynamique et courageuse, elle tombera immédiatement sous le charme "hollywoodien" du flegmatique Jess ... Et ceci sera plus que réciproque ! Une idylle qui laissera des traces dans la série puisqu'elle reviendra d'ailleurs dans 2 autres enquêtes en 1985 ("Le Sang des autres") et 1995.

 

 

 

© Piroton - AD HOC Éditions 2026

 

Et comment passer sous silence l'irruption de la volcanique et sulfureuse rousse, Dorothy McGuire (pas la célèbre actrice américaine des années '40-'50!), dans "Macchi 39" (1986) ? Elle également reviendra dans 2 autres aventures ...

 

" - Jess, mon frère accepte que je rentre avec le "Macchi" ... Vous m'accompagnez ?

- Volontiers ...

- ... Nous allons rentrer par le chemin des écoliers, ... qu'en dites-vous ?

- ... Avec vous, ce sera un plaisir ... "

 

Pour Slim, ce sera carrément une famille ... et une épouse, quasi aussi invisible dans les planches que la femme de Columbo ! Bien que dans le court récit de 6 planches, "Vacances manquées" (1985), Raoul Cauvin, au scénario, nous la présentera très brièvement !

 

 

© Piroton - AD HOC Éditions 2026

 

Autre évolution apportée par Arthur Piroton, les grands espaces ! Désormais les 2 agents fédéraux iront régulièrement résoudre leurs enquêtes loin des grandes villes. Désert, sierra, canyon, forêt, nature sauvage, ... l'appel du grand air lui rappellera qu'il est avant tout un "homme de la campagne".

 

Enfin, comment ne pas se rappeler ce que nous disions déjà dans notre chronique du tome 1, Arthur Piroton était fan d'aviation. Dès lors, il n'hésitera jamais à inclure dans ses scénarios des scènes aéronautiques saisissantes de réalisme. Monoplans, DC 10, Cesena, hélicoptères Bell, Boeing 747, ... ne manqueront jamais dans ces grands espaces. Cela sans oublier les grosses voitures américaines ou les trucks impressionnants ... que contrairement aux engins volants, Piroton crashera régulièrement au fil de l'action.

 

 

 

© Piroton - Carin - AD HOC Éditions 2026

 

Enrichie par les retranscriptions des entretiens accordés par Jacques Raes et Francis Carin, cette plongée dans la « seconde vie » de Jess Long, série culte des années 1980 publiée dans l'hebdomadaire Spirou, se révèle particulièrement captivante.

 

C'est à travers une remise en contexte dans l'époque, une multitude d'anecdotes, d'éléments biographiques, de révélations et de faits marquants que Christian Jasmes nous invite à redécouvrir l'univers de la série dans le traditionnel dossier introductif des intégrales Jess Long publiées chez AD HOC Éditions. Un passionnant « Jess Long à tout prix ! » qui ravive avec bonheur notre attachement à ce policier hors norme : pipe au bec, costume-cravate impeccablement ajusté, flegme presque britannique et légendaire Smith & Wesson toujours à portée de main.

 

© AD HOC Éditions 2026

 

Parues entre 1980 et 1990, de "La Mort jaune" à "Neige poudreuse à Liège", ces dix enquêtes, parfois présentées sous la forme de récits courts réunis par deux pour constituer un album, à l'image de "L'Intimidation" associé à "K.O. pour l'éternité", témoignent de toute la richesse d'une série emblématique du Spirou des grandes années.

 

L'ensemble est aujourd'hui réuni dans cette troisième intégrale, qui bénéficie une fois de plus d'une réalisation exemplaire : couverture soignée, papier de qualité, mise en page élégante et attention constante portée à l'objet-livre.

Une démarche éditoriale respectueuse de ces « histoires peu ordinaires » imaginées par Maurice Tillieux et Arthur Piroton, puis poursuivies avec la complicité de Jacques Raes, Raoul Cauvin et Francis Dorao.

Le tout avec une mention spéciale pour la superbe couverture dont les couleurs sont dues au talent de Benoît "BenBK" Bekaert.

 

Une indispensable madeleine de Proust pour les lecteurs de longue date, mais aussi une magnifique porte d'entrée pour les nouvelles générations désireuses de découvrir l'une des séries policières les plus marquantes du journal Spirou.

 

Pipe, flegme et Smith & Wesson : Jess Long n'a rien perdu de son panache dans cette 3e intégrale.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Jess Long - intégrale

Tome : 3

Scénario : Arthur Piroton - Jacques Raes, Raoul Cauvin et Francis Dorao

Dessin et couleurs : Arthur Piroton

Éditeur : AD HOC

Collection : Intégrale

Genre : policier, polar

Thèmes : enquêtes, suspense, banditisme, amitié

Parution : 15 septembre 2026

Format : 23,7 x 31,5 cm

Page : 240

ISBN : 978 2 960 35458 4

Prix : 45 €



Publié le 07/09/2026.


Source : Bd-best


Spirou 4612 – 2 Septembre 2026

 

 

Pour la rentrée, Sacha se met dans tous ses états

 

 

 

 

 

 


Au collège Les Amandiers, il y a un élève qui n'est pas comme les autres. C'est Sacha, quatorze ans. Depuis qu'il a touché un fragment de météorite, tous les jours, il se réveille avec un super pouvoir différent. Tout le monde en rêverait… Enfin, c'est facile à dire quand ça arrive aux autres. Mais quand ça arrive à soi, ce n'est pas tous les jours facile à vivre. C'est vraiment galère. N'est-ce pas Sacha ? Si c'est rigolo d'avoir un don d'invisibilité ou de se transformer en asperge pour marquer des paniers de basket, faire entendre toutes ses pensées ou devenir géant avant de quitter sa chambre, c'est beaucoup moins fun. Ne parlons pas du jour où Sacha a eu un ventre qui parlait. Bref, de jours funs en jours fades, le quotidien de Sacha va devenir tout sauf ennuyeux. "A chaque jour suffit sa peine.", disait l'autre. "A chaque jour suffit son pouvoir.", peut rétorquer Sacha. Après des débuts chez Milan, Sacha débarque dans Spirou. Stella Lory ne déforme pas que des zombies.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Erre, Fabcaro, Nob, Grosjean, Midam, Batem, Maurel, Cazot - Dupuis

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Récit complet :

 

Sacha dans tous ses états

Lory / Thitaume

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Cédric

Laudec / Leonardo

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Ecole des mauvais parents (L’) (La fête du strip) 

De Poortere 

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La fête du strip)

Tom

Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest 

Gorobei / Ced 

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Mauvaises graines (La fête du strip)

Ami Inintéressant /  Cerq / Couët

Nelson

Bertschy

Pendant de temps, au Coin Perdu

De Souza

Pernille  

Trichet / Dav / Esteban 

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La fête du strip)

Dino

 

 

Rubriques :

 

Ça s’est passé cette semaine

Depasse / Bercovici

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bonhomme

En direct du futur : Festival de la BD à Bruxelles

 

Gaston : Un cas, des colles

Delaf / Fabcaro

Interview : Sacha

Lory / Thitaume

Jeux : Bloqué dans le journal de classe 

Sorroldoni  

Podcast Radio Fantasio

Neidhardt

Spirou et moi

Yeung

 

 

Supplément abonnés :

 

Autocollants : étiquettes pour cahier

Erre / Fabcaro / Grosjean / Nob /

Midam / Batem / Maurel / Cazot

 

 

En kiosques et librairies le 2 Septembre 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 05/09/2026.


Source : Boulevard BD


Spirou 4611 – 26 Août 2026

 

 

Jacquy, le stagiaire en quête d’un réseau

 

 

 

 

 

 


Il s’est paumé tout l’été dans les pages du journal. Cette semaine, il est en quête de réseau chez Bouzard. Ce sont les Fabrice qui l’ont envoyé là-bas. La rase campagne, il va découvrir ce que c’est. La bonne nouvelle, c’est que même si ses pérégrinations chez les auteurs sont maintenant finies, on retrouvera quand même Jacquy tous les mois dans le journal.

A part ça, petite refonte de la pause-cartoons qui se scinde en deux dont une partie appelée la fête du strip, et nouvelle rubrique avec Ça s’est passé cette semaine, qui va nous faire faire des bons dans l’Histoire.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Bouzard - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Bouzard / Fabcaro / Erre / Greff

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Récit complet :

 

Orbit : Au cœur du labo

Petrossi / Ronconi

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Brad Rock The gold digger (La fête du strip)

Jilème / David

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La fête du strip)

Tom

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette  

Théoschu  

Le Freuby (Marges)

Sti

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Mauvaises graines (La fête du strip)

Ami Inintéressant /  Cerq / Couët

Otaku 

Maria-Paz / Nena 

Pendant de temps, au Coin Perdu 

De Souza 

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La fête du strip)

Dino

 

 

Rubriques :

 

Ça s’est passé cette semaine

Depasse / Bercovici

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bonhomme

En direct du futur : Starlight

 

Gaston : Un cas, des colles

Delaf / Fabcaro

Interview : Dans la tête de…

Bouzard

Jeux : Les 12 travaux de Jacquy 

Sti

Ta leçon de BD : La mise en couleurs

Marko / Maëla

 

 

En kiosques et librairies le 26 Août 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 



Publié le 05/09/2026.


Source : Boulevard BD


" Est-ce qu'un jour quelqu'un m'aimera suffisamment pour que je lui inspire de tels mots ?!

Est-ce qu'un jour quelqu'un fera un portrait de moi avec autant de sensibilité ?!

Est-ce qu'un jour quelqu'un me verra ??"

 

N'est-ce pas le rêve de nombreux jeunes ... s'il ne se voie pas eux-mêmes sur le devant de la scène de la vie, sous la lumière des projecteurs ?

Dana n'est pas différente de ceux-là ! Elle grandit dans un environnement modeste, nourrie par les films, les livres et les représentations culturelles qui lui offrent une vision idéalisée de Paris et de ses artistes, associant l'art à la beauté, au désir et à l'admiration.

 

Incapable de se reconnaître dans ces créateurs souvent masculins, elle rêve plutôt de devenir leur muse, celle qui inspire, fascine et occupe une place privilégiée dans leur univers.

 

 

À peine le baccalauréat obtenu, elle quitte sa province pour la capitale et se rapproche successivement de plusieurs artistes dont elle devient l’égérie. Convaincue de partager avec eux une véritable complicité intellectuelle et affective, elle s’investit entièrement dans ce rôle.

 

" Tu es comme un coffre au trésor ... dont les richesses débordent tellement qu'il n'y a qu'à les ramasser."

 

Musiciens, metteur en scène, peintres, écrivains, photographe, ... tous en devenir ou pas.

 

" Pour mes artistes, j'étais une amie proche, très proche avec qui partager tout ce qu'il y a de plus intime. La vie était une aventure, remplie de mystères et de gens passionnants. Et je n'étais pas obligée de choisir entre eux : nous étions libres."

 

 

Mais lorsque la mort de sa mère la confronte à la douleur et l’amène à exprimer ses propres besoins, elle découvre brutalement les limites de cette relation. Peu à peu remplacée par des femmes plus jeunes et plus disponibles, Dana entreprend alors une enquête sur les grandes muses de l’histoire de l’art afin de comprendre ce qui se cache réellement derrière ce statut qui l’a tant fait rêver.

 

 

© Hannah - Reat - Casterman 2026

 

À travers cette trajectoire à la fois drôle, touchante et désenchantée, "Quand j’étais petite, je rêvais d’être muse" déconstruit avec finesse l'image romantique associée aux muses. Le récit explore des thématiques fortes comme le besoin de reconnaissance, le regard masculin, l’injonction à la beauté, les rapports de pouvoir dans la création artistique et l'effacement des femmes dans l'histoire de l'art.

 

" - C'est pour quoi l'appareil au fait ?

- Pour une expo.

- Ah ? Tu bosses avec qui ?

- C'est moi l'artiste.

- C'est cool ça.

- Oulala ! Attention, MADAME prend les choses en MAIN. MADAME devient "Féministe" ? Ha ha ha ha he he he "

 

Sans jamais devenir pesant, l’album pose des questions essentielles : qu'est-ce qu'une muse apporte réellement à un artiste ? Pourquoi ces femmes sont-elles si souvent reléguées dans l'ombre ? Et pourquoi tant de leurs histoires se terminent-elles par la souffrance, l'oubli ou la marginalisation ? L’ouvrage séduit autant par la richesse de sa réflexion que par son équilibre entre humour, émotion et documentation.

 

" - HHhhhh ...

- Sale journée ?

- Mmmh Je galèèère sur un projet artistique.

- Ah t'es une artiste ?

- Ârtiste ET muse. Ouais, c'est pas une vie facile."

 

 

 

© Hannah - Reat - Casterman 2026

 

Erell Hannah signe ici son premier véritable récit de fiction après plusieurs travaux consacrés à la vulgarisation féministe et sociale. Formée au théâtre, à la sociologie et à la psychologie, elle s'est notamment fait connaître grâce au blog "Ils abusent grave", créé avec Fred Cham, ainsi qu'à travers des publications mêlant pédagogie, humour et analyse des mécanismes de domination. Cette expérience se retrouve pleinement dans son écriture.

Son scénario s'appuie sur un important travail de recherche mais évite constamment l'écueil du discours académique.

 

Gala, Dora Maar, Zelda Fitgerald, Emilie Flöge ...

 

" - Mais du coup, c'est toujours des femmes qui sont les muses, et les hommes qui sont les artistes ?

- Nooon, il existe aussi des muses hommes ! Cecchino pour Michel-Ange, Jean Marius pour Jean Cocteau, Rimbaud pour Verlaine, Baptiste Giabiconi pour Karl Lagerfeld, Nijnski pour Diaghilev ... Mais en général ce sont les muses d'autres hommes !""

 

Les nombreux éléments historiques concernant les muses et les artistes sont intégrés naturellement à l'intrigue de Dana, donnant naissance à une œuvre qui instruit tout en restant profondément romanesque.

 

La scénariste parvient ainsi à mêler enquête documentaire, récit initiatique et réflexion féministe dans une narration fluide et particulièrement accessible.

A la fois drôle, mordant et éclairant, nous découvrons à travers les déboires de Dana l’envers du décor des muses ... Une vérité enfin révélée qui aboutit, le 5 octobre 2017 à ... #MeToo.

 

 

© Hannah - Reat - Casterman 2026

 

Le dessin de Maëlle Reat constitue l'autre grande force de l'album. L'autrice et illustratrice, déjà remarquée pour plusieurs ouvrages personnels et ses collaborations avec des revues comme "La Déferlante" ou "Topo", adopte ici un style extrêmement vivant. Son trait souple et spontané confère beaucoup d'énergie au récit, tandis que l'expressivité des personnages rend immédiatement lisibles leurs émotions. Dana, notamment, apparaît sous une multitude de facettes, passant de l'enthousiasme à la colère, de la stupeur à la tristesse avec une remarquable justesse graphique.

La mise en page dynamique et le caractère presque caricatural du dessin créent un contraste particulièrement efficace avec la gravité croissante du propos. Cette apparente légèreté renforce même la portée du récit, donnant à l'ensemble un ton doux-amer qui oscille constamment entre comédie et désillusion.

 

 

© Hannah - Reat - Casterman 2026

 

Entre humour et désillusion, une plongée fascinante dans l’ombre des artistes.

Avec "Quand j’étais petite, je rêvais d’être muse", Erell Hannah et Maëlle Reat livrent une œuvre intelligente, accessible et profondément actuelle. En revisitant l'histoire de l'art à travers le regard de celles qui ont longtemps été reléguées au second plan, elles proposent une réflexion stimulante sur la création, le pouvoir du regard et la place des femmes dans les récits artistiques. Un roman graphique aussi divertissant qu'éclairant, qui compte assurément parmi les belles réussites de cette rentrée éditoriale.

 

Une enquête féministe brillante, sur le ton humoristique mais sérieux, derrière le mythe romantique des muses.

Une déconstruction aussi passionnante qu'mouvante du mythe de la muse !

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Quand j'étais petite, je rêvais d'être muse

Scénario : Erelle Hannah

Dessin & couleurs : Maëlle Reat

Éditeur : Casterman

Genre : roman graphique

Thèmes : art, féminisme, histoire, quête d'identité

Public : tout

Parution : 26 août 2026

Format : 19,2 x 26,8 cm

Page : 192

ISBN : 978 2 20329 621 3

Prix : 16,99 €



Publié le 05/09/2026.


Source : Bd-best


En 1969, au cœur de la guerre du Vietnam, l’armée américaine doit faire face à une menace inhabituelle : des dragons utilisés comme armes de guerre. Quelque part, au-dessus de la jungle, 3 hélicoptères sont détruits par l’une de ces créatures. Le seul survivant découvre alors stupéfait que son maître est un gosse ... juste avant de se faire dévorer.

En planque avec son spotter, Nick, un tireur d’élite expérimenté, assiste à la scène.

 

" - La cible est dégagée de tout obstacle, distance 327 mètres, plongée à 12 degrés, vent latéral gauche négligeable ... Tu ne peux pas rater ton coup, Nick ! Qu'est-ce que t'attends ?

- C'est qu'un gamin, Don !

- Un gamin qui commande à un foutu dragon ! Une fois que le môme sera mort, sa bête ne sera plus une menace pour nos gars ! Bute-le !"

 

Un dilemme le traverse alors ... éliminer le maître du dragon ... mais, c'est un gamin !  Somsak est un jeune laotien contraint de combattre aux côtés des forces vietnamiennes.

 

 

 

Marqué par un drame familial et incapable d’abattre un enfant, Nick tire mais ne fait que le blesser. Désobéissant aux ordres, il se refuse de l'achever et prend même la décision de le soigner.

 

" Une part de moi voulait croire que j'avais croisé ce morpion pour une bonne raison ... mais une autre part savait que c'étaient des conneries."

 

Après avoir assisté aux violences commises contre des civils, il vient également en aide à Phuong, une jeune Vietnamienne qui devient son alliée et son interprète. Ensemble, ils entreprennent de ramener Somsak dans son village natal, au Laos, afin qu’il puisse retrouver sa famille et échapper à la guerre.

 

Mais leur voyage est semé d’embûches. Les forces vietcongs, appuyées par d’autres maîtres de dragons, se lancent à leur poursuite pour récupérer le garçon, dont les pouvoirs représentent un atout stratégique. Entre affrontements, trahisons et choix difficiles, Nick doit protéger ses compagnons tout en remettant en question le sens de son engagement militaire.

 

 

 

© Jarry - Bervas - Prianto - Soleil 2026

 

Avec Vietnam, cinquième volume de la série Guerres & Dragons, Nicolas Jarry ouvre un nouveau cycle tout en restant fidèle au concept fondateur de la saga : lorsque les grandes guerres secouent le monde, des dragons s’éveillent et se lient à des êtres humains appelés à influer sur le destin des nations. Après un premier cycle consacré à différents conflits historiques, ce nouvel album nous transporte au cœur de la guerre du Vietnam, dans une uchronie où les dragons font désormais partie intégrante de l’arsenal militaire.

 

 

Une nouvelle porte d’entrée dans la série

L’un des atouts de Vietnam réside dans son accessibilité. Comme les précédents volumes, l’album propose un récit complet qui peut être découvert indépendamment. Toutefois, il marque également le lancement d’une seconde saison et apporte une évolution intéressante à l’univers. Les dragons ne sont plus seulement des créatures extraordinaires surgissant au détour du récit ; ils sont pleinement intégrés aux stratégies de guerre et influencent directement les rapports de force entre les camps.

 

Mais ici, lorsque Nick découvre que sa cible n’est qu’un enfant, quelque chose se brise en lui. Au lieu d’exécuter ses ordres, il choisit de protéger le garçon et de le reconduire jusqu’à son village natal au Laos. Cette décision déclenche une traque implacable où soldats américains, Vietcongs et dragons convergent vers les mêmes fugitifs.

 

© Jarry - Bervas - Prianto - Soleil 2026

 

Une histoire de rédemption au milieu du chaos

Sous ses dehors de récit d’aventure guerrière, Vietnam développe avant tout une réflexion sur la culpabilité, le pardon et l’humanité. Nick n’est pas un héros traditionnel. Marqué par un traumatisme personnel et lassé des violences qu’il observe autour de lui, il incarne le soldat qui commence à remettre en question les ordres qu’il reçoit.

 

" Je savais désormais ce que j'allais faire.

- On va devoir trouver une carte. les miennes s'arrêtent à quelques kilomètres de la frontière.

- Une carte pour quoi faire ?

- Dites-lui que je vais le ramener chez lui. Lui et son putain de dragon.

- Vous êtes un homme bien.

- Arrêtez avec ça !"

 

La relation qui se noue entre le sniper américain, le jeune Somsak et la jeune femme Phuong constitue le véritable cœur du récit. À travers ce trio improbable, Nicolas Jarry explore plusieurs thèmes forts : l’innocence sacrifiée par la guerre, la possibilité de choisir sa propre voie malgré les circonstances, mais aussi la capacité de conserver un reste d’humanité lorsque tout pousse à la brutalité.

 

" - Tuer un enfant ne demande aucun courage... Pour ça, il suffit d'être un monstre."

 

Le conflit vietnamien se prête particulièrement bien à cette approche. L’auteur ne cherche pas à présenter une vision manichéenne de la guerre. Les atrocités commises contre les populations civiles, les exactions militaires et les conséquences psychologiques du conflit sont montrées sans complaisance. Les dragons deviennent alors une métaphore des pulsions destructrices que les hommes libèrent lorsqu’ils sont emportés par les conflits.

 

 

© Jarry - Bervas - Prianto - Soleil 2026

 

Un récit rythmé et efficace

La force du scénario tient à sa construction solide. L’intrigue adopte la forme d’une longue fuite à travers une jungle hostile, créant une tension constante. Chaque étape du voyage confronte les personnages à de nouveaux dangers et les oblige à faire des choix difficiles.

 

L’auteur maîtrise parfaitement les codes du récit de guerre : embuscades, progression dans un environnement oppressant, affrontements spectaculaires et menace permanente. Mais il évite que l’action ne prenne totalement le dessus sur les personnages. Derrière chaque combat se cache un dilemme moral qui enrichit l’histoire.

 

Certes, certains ressorts narratifs peuvent sembler familiers, notamment la figure du soldat désabusé qui se retourne contre sa propre armée. Pourtant, la présence des dragons et le traitement psychologique des protagonistes permettent au récit de conserver sa personnalité. Le mélange entre guerre historique et fantasy continue de fonctionner grâce à un équilibre bien dosé entre spectaculaire et émotion.

 

© Jarry - Bervas - Prianto - Soleil 2026

 

Le travail de Nicolas Jarry au scénario

Depuis le lancement de la série, Nicolas Jarry démontre sa capacité à utiliser le fantastique non comme un simple gadget mais comme un outil narratif. Dans Vietnam, les dragons ne servent pas uniquement à multiplier les scènes d’action. Ils sont directement liés aux enjeux humains du récit.

 

Chien, le dragon vert associé au jeune Somsak symbolise autant une puissance destructrice qu’une innocence détournée à des fins militaires. À l’inverse, l'autre créature, à 2 têtes, plus monstrueuse de l'album incarne la démesure et la sauvagerie de la guerre. Cette utilisation symbolique renforce la portée du récit et lui donne une profondeur supérieure à celle d’un simple divertissement fantastique.

 

Jarry parvient également à maintenir un bon équilibre entre dimension historique, aventure et introspection. Son écriture donne naissance à des personnages imparfaits, tourmentés et crédibles, qui évoluent au fil des événements plutôt que de subir passivement l’intrigue.

 

© Jarry - Bervas - Prianto - Soleil 2026

 

Un graphisme réaliste et immersif

Pour ce tome, Stéphane Bervas succède aux dessinateurs des précédents albums et propose une approche graphique résolument réaliste. Son trait dynamique s’adapte particulièrement bien au cadre vietnamien. La jungle apparaît dense, étouffante et omniprésente, devenant presque un personnage à part entière.

 

Les scènes d’action constituent l’un des points forts du dessin. Les combats sont fluides, lisibles et bénéficient d’un découpage efficace qui entretient la tension. Les expressions des personnages sont travaillées et traduisent avec justesse leurs doutes, leurs peurs ou leur détermination.

Les dragons impressionnent par leur intégration naturelle dans les paysages et les affrontements. Cependant, contrairement aux tomes précédents, les créatures occupent cette fois-ci moins d'espace visuel. Toutefois, ce choix sert le récit : ici, l’attention reste centrée sur les personnages et sur leur parcours humain.

 

Le travail d’Arif Prianto à la couleur mérite également d’être souligné. Sa palette dominée par les verts profonds, les brumes tropicales et les teintes chaudes des explosions restitue parfaitement l’atmosphère oppressante de la guerre du Vietnam. Les couleurs renforcent l’immersion et participent largement à la personnalité visuelle de l’album.

 

© Jarry - Bervas - Prianto - Soleil 2026

 

Avec Guerres & Dragons : Vietnam, Nicolas Jarry signe l’un des épisodes les plus humains et les plus émouvants de la série. Derrière le spectaculaire des dragons et des combats se cache un récit de rédemption, de culpabilité et d’espoir. L’album réussit à mêler aventure, réflexion morale et fantasy dans un contexte historique authentique et sans jamais perdre son efficacité narrative.

Une quête de liberté et d’humanité dans un conflit où les frontières entre héros et monstres sont souvent floues.

 

 

Porté par le dessin réaliste et énergique de Stéphane Bervas, ce cinquième tome constitue une excellente entrée dans le second cycle de la saga. Une uchronie originale qui rappelle que, même au cœur des pires conflits, la véritable bataille reste souvent celle que l’on mène contre soi-même.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Guerres & Dragons

Tome : 5 - Vietnam

Scénario : Nicolas Jarry

Dessin : Stéphane Bervas

Couleurs : Arif Prianto

Éditeur : Delcourt

Label : Soleil

Genre : guerre fantastique

Thèmes : histoire, uchronie, guerre du Vietnam, rédemption

Parution : 5 mars 2026

Format : 23,5 x 32,5 x 1,2 cm

Page : 56

ISBN : 978

Prix : 15,95 €



Publié le 04/09/2026.


Source : Bd-best


" Aux abords de l'île de Philae, Haute-Égypte.

- Où es-tu ? Je te cherche dans ce désert, celui de mon âme autant que celui de ce monde où j'erre en t'espérant. Mon aimé ... divin amour que le tien. Où es-tu ? Osiris ... dis-le-moi ? Où t'a-t-il caché ? Je te sais mort mais pourtant là, bien là ..."

 

"Isis, les mystères dévoilés", entre mythe, sensualité et quête initiatique, une immersion fascinante dans l'univers de la mythologie égyptienne, qui s'intéresse à l'une de ses figures les plus emblématiques.

Ce premier volet d'un diptyque de Winona et Emka revisite librement la légende de la déesse Isis, épouse d'Osiris et gardienne des savoirs sacrés. Il mêle à la fois aventure, fantastique et sensualité.

 

 

L'album s'articule autour de la célèbre quête menée par Isis pour retrouver les fragments du corps de son époux assassiné par Seth.

En parallèle, le récit suit Géroam, un jeune marchand chargé de rapporter de précieuses marchandises depuis Byblos.

 

" - Je n'y crois pas ! Missionné par le Pharaon en personne ... Du bois de cèdre pour les temples, de l'huile d'olive, de la pourpre ... Il faudra se méfier des pirates ... Longe bien la côte. Ton père serait fier."

 

Son destin bascule lorsqu'il retrouve Alya, un amour de jeunesse devenue prêtresse d'Astarté, et qu'une mystérieuse jeune femme ailée surgit d'un œuf découvert dans une amphore. Se faisant appeler Ama, celle-ci semble liée aux desseins de la déesse, ouvrant la voie à une traversée semée d'embûches et de révélations.

 

 

© Winona - Emka - Tabou BD 2026

 

Au-delà de son intrigue, l'ouvrage développe plusieurs thématiques fortes : le pouvoir du féminin, la spiritualité, le rapport entre l'humain et le divin, mais aussi la sensualité envisagée comme une force sacrée. Isis apparaît ici comme une figure complexe, à la fois magicienne, amante, guérisseuse et protectrice. Cette relecture met particulièrement en avant sa dimension symbolique, celle d'une femme capable de restaurer l'équilibre du monde face au chaos incarné par Seth.

 

L'atmosphère de ce récit est particulièrement prenante. Les auteurs parviennent à recréer une Égypte ancienne empreinte de mystères, où les croyances, les légendes et la vie quotidienne s'entremêlent constamment. Cette frontière floue entre le monde des dieux et celui des mortels nourrit un sentiment permanent d'étrangeté et contribue à l'attrait du récit.

 

 

© Winona - Emka - Tabou BD 2026

 

Un scénario ambitieux mais parfois nébuleux

Emka choisit de ne pas livrer une simple adaptation de la mythologie égyptienne. Son scénario emprunte autant au récit initiatique qu'à la fantasy mythologique. Il construit une œuvre où les événements historiques et religieux servent de toile de fond à une aventure plus romanesque. Cette approche offre une réelle liberté narrative et permet d'enrichir le mythe d'éléments inédits.

 

Toutefois, cette richesse a parfois son revers. La multiplicité des enjeux, les allers-retours entre les personnages humains et divins ainsi que les nombreuses références ésotériques peuvent rendre certains passages difficiles à appréhender. Le lecteur doit accepter de se laisser porter par les mystères plutôt que d'obtenir immédiatement toutes les réponses. Cette part d'ombre est sans doute volontaire, mais elle peut créer une légère frustration à la lecture de ce premier tome, qui joue davantage le rôle d'une mise en place avant les révélations attendues dans le volume conclusif.

 

Malgré cela, le récit conserve suffisamment de tension dramatique et de zones d'incertitude pour susciter l'envie de découvrir la suite. L'identité d'Ama, les manœuvres de Seth et le destin d'Isis constituent autant de fils narratifs prometteurs pour la conclusion du diptyque.

 

 

© Winona - Emka - Tabou BD 2026

 

Un graphisme séduisant et sensuel

Au dessin, Winona confirme ses qualités d'illustratrice. Son trait possède une identité forte qui évoque parfois le croquis rehaussé de couleurs aquarellées. Les planches dégagent une grande richesse visuelle et une véritable chaleur graphique, parfaitement en accord avec l'univers oriental et mystique du récit.

 

Les personnages féminins bénéficient d'un soin particulier. Les corps, les costumes, les parures et les maquillages participent à l'élaboration d'une esthétique sensuelle sans jamais perdre de vue la dimension mythologique de l'ensemble. Cette sensualité diffuse constitue l'une des signatures visuelles de l'album et contribue largement à son pouvoir de fascination.

 

Certaines limites apparaissent néanmoins. Les expressions faciales manquent parfois de nuances, ce qui peut atténuer la force émotionnelle de certaines scènes. De même, les personnages secondaires bénéficient d'un traitement moins détaillé que les protagonistes principaux. La colorisation, très vive et saturée par moments, pourra également diviser les lecteurs. Si elle renforce le caractère onirique et flamboyant de l'œuvre, elle tend parfois à alourdir certaines compositions.

 

Ces réserves n'enlèvent cependant rien à la qualité générale du travail graphique, qui demeure l'un des principaux attraits de l'album. Winona offre une vision personnelle et immédiatement reconnaissable d'une Égypte fantasmée, entre rêve, mythe et érotisme.

 

 

© Winona - Emka - Tabou BD 2026

 

Une entrée prometteuse dans un diptyque mythologique

Ce premier tome d'Isis séduit avant tout par son univers riche et sa volonté d'explorer la mythologie égyptienne sous un angle original. En privilégiant la dimension spirituelle et symbolique de la déesse tout en développant un récit d'aventure empreint de mystère, Emka et Winona proposent une œuvre singulière qui trouvera naturellement son public parmi les amateurs de mythologie, de fantasy historique et de bande dessinée sensuelle.

Malgré quelques hésitations narratives et certaines imperfections graphiques, l'album possède suffisamment de charme, d'ambition et de personnalité pour retenir l'attention. Il pose les bases d'un récit dont le second volume devra désormais confirmer toutes les promesses.

 

© Winona - Emka - Tabou BD 2026

 

Cette édition étant celle de Tabou BD, une dizaine de pages plus "adultes" viennent enrichir la version "tout public" de Graph Zeppelin. N'oublions pas qu'Isis est la déesse de la maternité, de la magie et de la fidèlité conjugale ... Cela offre bien quelques ébats plus chauds et torrides ici et là !

 

 

Une plongée envoûtante dans les mystères de l'Égypte antique, portée par un univers visuel séduisant et une relecture libre de la légende d'Isis. Un premier acte intrigant qui privilégie l'atmosphère et le symbolisme, en attendant une conclusion capable de donner toute sa mesure à cette ambitieuse fresque mythologique.

 

© Winona - Emka - Tabou BD 2026

 

Pour les impatients, le tome 2 soft (donc chez Graph Zeppelin), suite et fin, est annoncé pour le 10 septembre prochain, donc demain ! ... "Celle qui est et sera".

 

 

Thierry Ligot

 

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Version hard :

Série : Isis, les mystères dévoilés

Tome : 1/2 - Chair Divine

Scénario : Emka

Dessin & couleurs : Winona

Éditeur : Tabou BD

Genre : érotique

Thèmes : mythologie égyptienne, amour perdu, quête initiatique, passions

Public : adulte averti

Parution : 5 février 2026

Format : 23,5 x 32,3 cm

Page : 64

ISBN : 978 2 35954 227 1

Prix : 19 €

 

 

Version soft :

Éditeur : Graph Zeppelin

Parution : 20 novembre 2025

Public : ado - adulte

Page : 48

ISBN : 978 2 38038 038 5

Prix : 17 €



Publié le 02/09/2026.


Source : Bd-best


Bruxelles, 1949. Alors que la jeune Léonie Cooreman, dite Nini Cordy, triomphe au cabaret du Bœuf sur le Toit, un trompettiste russe est assassiné après lui avoir laissé une mystérieuse partition.

 

" - Un indice ! Il faut laisser un indice à Nini ! C'est la seule à qui faire confiance ... Elle seule osera ..."

 

En tentant d'en percer le secret, la future Annie Cordy se retrouve entraînée dans une affaire d'espionnage liée à une œuvre interdite de Dmitri Chostakovitch.

 

Entre cabarets, agents soviétiques et musique censurée, la chanteuse devient malgré elle l'héroïne d'une enquête où se joue bien davantage que le destin d'un simple manuscrit.

 

 

 

Avec cet album, Bernard Swysen et Christophe Alvès signent un récit singulier qui mêle biographie romancée, polar historique et comédie populaire. Loin d'une simple évocation de la carrière d'Annie Cordy, "Nini Cordy 1949" s'intéresse à la jeune femme qu'elle était avant la célébrité, à un moment charnière de son existence, alors que Paris s'apprête à lui ouvrir les portes du succès.

 

" - Je suis Francis Lopez et vous venez de chanter "Tchi-ki-tin", une de mes chansons.

- Ha ! Ha ! La bonne blague ! C'est une chanson de Luis Mariano !

- Vous chantez une chanson qu'interprète Luis Mariona. Moi, j'en suis l'auteur ...

- ?!

- ... Et vous la chantez si joliment que je vous propose un rôle dans ma prochaine opérette à Paris.

- Paris ? Ho non monsieur, c'est gentil mais ça ne m'intéresse pas."

 

 

© Swysen - Alvès - Anspach 2026

 

L'équilibre entre la fiction et la réalité est parfait et rend la lecture idéalement captivante. L'intrigue policière constitue un fil conducteur efficace, mais elle sert surtout à révéler la personnalité de Nini. On découvre une jeune artiste débordante d'énergie, spontanée, audacieuse et profondément attachante. Son tempérament volontaire la pousse à enquêter elle-même sur le meurtre du musicien russe, quitte à se mettre en danger.

 

" Il ne fallait pas que les autres voient ce papier dissimulé sous le bœuf ... adressé à mon nom, et à ne montrer à personne. Qu'est-ce que cela peut bien signifier ? Il y a sûrement un rapport avec l'assassinat de Sergueï. C'est drôle ! Ces notes ... L'air me dit quelque chose !"

 

Cette liberté de ton correspond parfaitement à l'image que l'on conserve d'Annie Cordy : celle d'une femme incapable de rester spectatrice des événements.

 

© Swysen - Alvès - Anspach 2026

 

Le scénario de Bernard Swysen avance avec une remarquable fluidité. Les rebondissements s'enchaînent naturellement sans alourdir le récit. L'auteur ne cherche jamais à transformer son héroïne en détective invincible ; il privilégie au contraire son instinct, sa débrouillardise et son enthousiasme communicatif.

 

 

Derrière le suspense se dessine également un portrait affectueux de la future vedette, nourri par un solide travail de documentation et enrichi par les souvenirs et archives mis à disposition par Michèle Lebon-Cooreman. Ceci se retrouve de plus dans le très riche dossier "Annie avant Cordy" qui clôture l'album. Un véritable voyage dans le passé ... indispensable à plus d'un point pour s'immerger dans cette époque d'après-guerre.

Photos privées, parfois jamais publiées, textes explicatifs, brèves biographies de protagonistes clés, anecdotes et plongées dans le coulisses du récit, ... une véritable mine d'informations passionnantes !

Cette proximité avec le sujet apporte au récit une authenticité appréciable, notamment dans l'évocation du cadre familial, des débuts artistiques et de l'environnement culturel de l'époque.

 

" - Le Roi de l'opérette lui propose un contrat et mademoiselle lui dit : "Ho non, merci !" Je rêve ! Tu es folle Nini ! Complètement folle !

- Mais monsieur Omer, ne vous fâchez pas !

- Écoute ma petite, tu peux rester au 'Bœuf' autant que tu veux. Tu es ici chez toi ! Mais te garder ne serait pas honnête de ma part.

- Snif !

- Ton avenir est ailleurs ! Et puis une petite Belge qui réussit à paris ... Tu imagines ?"

 

 

L'autre personnage central de l'album est sans nulle doute Bruxelles elle-même. Les auteurs restituent avec beaucoup de tendresse une capitale en pleine renaissance après les années de guerre. Les cabarets, les salles de spectacle, les rues animées, les tramways et les quartiers populaires composent un décor vivant qui participe pleinement au charme de l'histoire. Cette plongée dans un Bruxelles disparu nourrit constamment la nostalgie sans jamais tomber dans la simple carte postale.

 

 

© Swysen - Alvès - Anspach 2026

 

Graphiquement, Christophe Alvès confirme tout son talent. Son dessin, inspiré de la grande tradition de la ligne claire belge, se distingue par sa lisibilité, sa précision et son élégance. Chaque décor témoigne d'un important travail de reconstitution historique. Les façades, les monuments, les enseignes, les véhicules ou encore les costumes recréent avec crédibilité l'atmosphère de la fin des années 1940. Cette rigueur documentaire n'empêche jamais la narration de rester fluide et dynamique.

 

Les personnages bénéficient d'une expressivité remarquable. Nini irradie littéralement les planches grâce à une gestuelle vive et des expressions constamment animées. Son énergie contraste avec la raideur presque caricaturale des espions qui la poursuivent, ce qui renforce la dimension légère et souvent humoristique du récit.

 

" - Et comme ça, vous êtes artiste ? savez-vous qu'il y en a un très connu qui est né une rue plus bas ? Il invente des histoires pour les enfants.

- Ha ? Qui ça ?

- Attendez ça va me revenir ... Gégé ! Oui c'est ça, Gégé !

- Gégé ?

- Oui, qui dessine Rintintin et Mildou !

- Ha ! Hergé ! Tintin et Milou, j'adore !

- A votre âge ?!? Enfin, comme on pit, chacun ses goûts, n'est-ce pas ?! Moi c'est le crochet."

 

Les couleurs de Drac apportent quant à elles une chaleur bienvenue, notamment dans les scènes de cabaret où les jeux de lumière et les tonalités chaleureuses participent pleinement à l'immersion.

 

© Swysen - Alvès - Anspach 2026

 

Au-delà de son intrigue policière, "Nini Cordy 1949" est surtout un hommage réussi à une personnalité populaire qui a marqué durablement la culture belge et francophone. En associant un récit d'aventure accessible à une reconstitution historique soignée, l'album parvient à faire redécouvrir Annie Cordy sous un jour nouveau, bien avant qu'elle ne devienne l'icône que l'on connaît.

 

 

 

© Swysen - Alvès - Anspach 2026

 

Drôle, vivant, documenté et porté par un dessin d'une grande finesse, ce one-shot constitue une excellente surprise. Une lecture aussi divertissante qu'attachante, qui célèbre avec beaucoup de tendresse une artiste hors norme et un Bruxelles aujourd'hui disparu.

 

Du cabaret aux espions, Nini Cordy chante ... et déjoue les complots !

Une première aventure qui en appelle d'autres ? A voir et espérer !

 

 

 

Notre rencontre avec Mimi Lebon : Derrière la palette ...

Le podcast de Laurent Lafourcade : ici

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Nini Cordy 1949

Scénario : Bernard Swisen

Dessin : Christophe Alvès

Couleurs : Drac

Editeur : Anspach

Genre : polar, espionnage, semi-biographique

Thèmes : Annie Cordy, Bruxelles, Belgique, musique, composition

Public : tout

Parution : 24 avril 2026

Format : 24 x 32 cm

Page : 56

ISBN : 978 2 9311 0555 9

Prix : 16,5 €



Publié le 01/09/2026.


Source : Bd-best


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