Flux RSS
" - Et voici le messager des dieux, Mercure. Juste à côté, c'est Mars, le dieu de la guerre ... et là, au centre, le dieu des dieux, Jupiter ! La divinité la plus puissante du Panthéon !
- Et celui-là ? Avec la ramure de cerf ... qui est-ce ?
- Il s'agit de Cernunos ... le dieu gaulois qui représente la vie et la mort ...
- Nos dieux peuvent se mêler aux autres dieux ?"
Mais les dieux se mêlent-ils également aux hommes pour leur prodiguer concrètement aide et protection contre des envahisseurs ?
Dans les tomes précédents, en plein cœur d'une Caledonia, les Romains tentent de soumettre les tribus scots. Ces dernières résistent vaillamment en faisant notamment appel à des "protecteurs", les Fomôrés ... géants quasi invincibles. Ceci contre des enfants offerts en sacrifice !
En ce début du IIe siècle de notre ère, Rome connaît ainsi de cruelles et sanglantes défaites. L'anéantissement total de la IXe légion en est la preuve ! Et ce désastre devra bien se trouver un responsable !
Ce sera Lucius Karus, le centurion qui commandait la IXe légion !
Accusé de traîtrise, il est ramené à Rome pour y être entendu par le Sénat et par l'Empereur. Ses explications ne satisfont pas le premier qui le prend comme bouc-émissaire du désastre et inquiètent tant le second qu'il le renvoie en Caledonia avec une mission bien précise. Il devra aider son dernier soutien, Déodatus Faustus, à la construction un mur dont le but officiel est d'isoler les tribus hostiles.
Néanmoins, derrière cet objectif se cache surtout la peur de ces créatures "surnaturelles" ! Il s'agit de les contenir au nord du mur en les empêchant par conséquent de descendre plus vers le sud de l'île.

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026
Retournant dans ces territoires hostiles, en mission d'éclaireur et d'espionnage, Lucius est à nouveau fait prisonnier par les Caledonii. Dans leur camp, il y retrouve Leta, son ancienne prisonnière. Cette confrontation fait éclater au grand jour leurs sentiments l'un pour l'autre et leur relation évolue de la haine vers l'amour ! Ils tentent alors de s'enfuir ensemble. Surpris dans leur tentative, le sang coule et ils se retrouvent pourchassés par les guerriers caledonii.
C'est ainsi qu'ils finissent, tous deux, par découvrir le terrible secret des Fomôrés ! A leur contact, ils ouvrent les yeux sur la véritable nature des créatures surnaturelles qui hantent "l'île des mangeurs d'hommes".

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026
Un secret bien gardé depuis plusieurs générations, mais connu de Galam, le père de Leta seulement car transmis uniquement de chefs à chefs de la tribu !
"Au contraire ! Tu étais persuadée que ton peuple offrait ses enfants en sacrifice en échange de la protection des géants. Mais tu te trompais ... Ils ne les tuaient pas ... Ils les modifiaient !"
A cette vérité, Leta prend une décision terrible qui sera source de bien des bouleversements et événements dramatiques dans sa tribu.
Événements que Lucius ne pourra empêcher !

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026
Au camp romain, la haine d'Octavius pour Lucius ne faiblit pas. Il est prêt à tout pour que son ennemi soit définitivement considéré comme un traître. Malheureusement pour lui, ses manigances et traîtrises arrivent aux oreilles de Faustus, le mettant ainsi en mauvaise posture !
"Eh oui centurion ... les hommes restent des hommes. On croit que os subalternes nous obéissent mais dès que l'on tourne le dos, ils s'empressent de nous dénoncer !"
La tension est dès lors maximale et omniprésente dans le récit.
Loin de se limiter à une fresque historique classique, l’histoire bascule rapidement vers un mélange audacieux de péplum, fantastique et science-fiction, donnant une dimension aussi surprenante que captivante à l’ensemble.
Le duo Lucius - Leta constitue l’un des grands points forts de l’album. Il apporte une dimension émotionnelle forte à une intrigue déjà riche en rebondissements. À travers leur fuite et leur lutte commune pour survivre, nous sommes plongés dans une histoire profondément humaine, où les sentiments s’entrechoquent avec les loyautés et les appartenances.

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026
Mais c’est véritablement la révélation du secret des Fomôrés qui donne toute sa singularité au récit. Ces créatures, longtemps perçues comme des entités mythologiques, s’avèrent être en réalité des extraterrestres échoués sur Terre il y a quelques millénaires. Les survivants de cette catastrophe vivent depuis dans l'épave de leur vaisseau. Ce dernier, au fil des siècles, s'est recouvert de végétation, créant ainsi une île artificielle et donnant naissance aux croyances des Scots.
Cette révélation, habilement amenée, rebat totalement les cartes : les dieux deviennent des êtres de chair et de technologie, et les rites sacrificiels prennent une tournure bien plus sombre lorsqu’on découvre qu’ils servent à nourrir ou transformer des humains en « Enfants de Nuit ».
Ce basculement vers la science-fiction, loin d’affaiblir le récit, en renforce la portée. Il interroge la notion de mythe, la construction des croyances et la manipulation des peuples par des forces qui les dépassent. La scène de découverte du vaisseau, notamment à travers le regard de Leta, constitue un moment fort, à la fois fascinant et tragique.
La conclusion, marquée par la mort de Leta et la révélation du pacte passé entre les anciens et les Fomôrés, prend une dimension profondément dramatique. Lucius, désormais porteur d’un secret qui dépasse les enjeux humains, se retrouve pris entre deux mondes, investi d’une mission aussi obscure qu’essentielle.

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026
Au final, cet album propose une lecture mêlant habilement Histoire romaine, mythe celtique et romance, le tout dans un écrin de science-fiction en y ajoutant une dimension extra-terrestre. En déconstruisant progressivement la dimension mythologique pour dévoiler une vérité plus dérangeante, il parvient à surprendre et à captiver jusqu’à la dernière page. Une œuvre originale, qui revisite avec audace les légendes anciennes et les confronte à une vision presque cosmique de l’Histoire.
Une série qui m'aura surpris autant qu'elle m'aura passionné et captivé dans sa globalité.
Lien chronique Boulevard BD : ici
Lien Podcast Boulevard BD : ici
Thierry Ligot
__________________________________________________________________________________________________--
Série : Caledonia
Tome : 3/3 - Les Fomôrés
Scénario : Éric Corbeyran
Dessin : Emmanuel Despujol
Couleurs : Juliette Despujol
Éditeur : Soleil
Genre : fantastique, péplum, science-fiction
Public : ado, adulte
Parution : 7 mai 2026
Format : 23,4 x 32,3 cm
Page : 64
ISBN : 978 2 3021 0669 7
Prix : 15,95 €
Le tome 1 de cette nouvelle saison avait laissé quelques fans de Jean Graton et de sa pilote moto préférée quelque peu désabusés. Qu'en sera-t-il de ce nouvel épisode ?
Quel est donc ce poids, cette épouvantable douleur qui assaille Julie Woord ?
Le meurtre de Mason Green, le fils de l'homme qui avait racheté le garage de ses parents, reste un mystère. La police et le FBI ne semblent pas avoir de véritables pistes ... du moins en apparence !
" - Rappelez-vous le meurtre de Mason Green, le fils du garagiste, et ce message qu'on a retrouvé chez lui "en cas de souci, voir les Wood" avec notre adresse [...] Il s'est passé quelque chose après la vente du garage de L.A"
Et subitement, Oncle Chris disparaît sans avertissement ... Le père de Mason, lui, est placé dans le programme de protection des témoins ...
Si cela ne suffisait pas, cette histoire devient plus nébuleuse que jamais avec l'apparition d'un certain Stefan Marowski. Ponte de la mafia polonaise au passé tellement trouble et sanguinaire que même la Kielbasa Posse l'a dégradé ! Motif : il est incontrôlable !
"La mafia polonaise est un des groupes les plus secrets qui soient. Pas de fanfaronnade o l'italienne, ni d'exubérance à l'irlandaise, non. Ils restent discrets. Ils sont implacables, violents, insensibles. Généralement, ils sont spécialisés dans le trafic de drogue."
Mais quel est le rapport avec les Wood, avec Oncle Chris et son garage ? Aurait-ce un lien avec le fait que désormais ce dernier va y revendre des voitures de luxe venues tout droit d'Europe, en passant par le port d'Anvers ?

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Parallèlement à ces questions, Julie doit aussi poursuivre son ascension dans le monde très masculin de Flat Track, une disciple de motocross terriblement spectaculaire. Elle y excelle ! Son sponsor, le patron de Theta, mise beaucoup sur elle et souhaite évidemment un retour publicitaire sur investissement.
" Bien sûr, vous pourrez utiliser la vidéo, la découper en réels et l'utiliser sur les réseaux sociaux en veillant à ce que le logo soit toujours visible. En conclusion, nous ajouterons un écran avec toutes les déclinaisons de la marque et le slogan "Theta, aussi loin que l'œil puisse voir". "

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Enquête ténébreuse dans les secrets familiaux et adrénaline de la course s'égrènent au fur et à mesure du récit à un rythme effréné.
Philippe Pelaez nous livre un scénario complexe et multiple. Passant d'une "scène" à une autre, il est parfois difficile de suivre en faisant les liens ... Mais, et c'est l'un des points forts de l'ensemble, progressivement, les pistes se rejoignent pour intensifier le suspense. L'intrigue se densifie avec de nouveaux personnages, des ramifications familiales tendant vers le polar avec un suspense qui se maintient tout en s'accentuant de façon dramatique.
C'est précis et parfaitement construit afin que le lecteur se perde un peu dans les conjonctures mais pas trop afin de le garder en haleine ! Un juste dosage qui permet petit à petit à chacun de se dessiner la suite de la trame ...
Les coins d'ombre sont nombreux et évitent un récit trop linéaire. Rebondissements ici et là ... Nouvelles infos ou indices qui pourraient nous mener vers la vérité ... ou nous induire en erreur ... dans cette enquête policière qui vire à l'international !
Avec comme final, un appel au dénouement qui pourrait bien se révéler surprenant ... et se jouer sur les terres de Jean Graton himself !

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Nous y retrouvons également tous les ingrédients d'un pur "Graton" ... une narration bien ancrée dans le présent avec ses rodéos urbains, ses réseaux sociaux, sa criminalité actuelle, ... sans oublier les fondements de la série originale : amour de la moto, courses et compétitions, vitesse et passion ! Le tout restant dans un cadre familial si cher à Jean Graton et ses héros.

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Au niveau graphique, tout comme pour la saison 2 de Michel Vaillant, le dessin se "modernise" et s'adapte à cette nouvelle époque. Couleurs moins vives mais plus abouties que dans le 1er tome, traits plus académiques manquant peut-être parfois, pour certaines scènes d'une dose supplémentaire d'expression naturelle. Mais sur la globalité de l'album, Claudio Stassi propose un travail costaud.
Ces scènes de course sont plus énergiques, bien qu'ici et là parfois un rien "figées", mais avec les vrombissements de moteur si "gratoniens" ! Un héritage ... une marque de fabrique indélébile du style du "Père".
Point de vue découpage et cadrage, angles de vue, l'action est parfaitement mise en valeur. Energie et tension ressortent pleinement à chaque planche qui nous entraîne dans la dynamique du script.

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Dès lors, ce second tome confirme le virage pris par les nouveaux auteurs de la série. Un reboot qui se veut moderne graphiquement tout en respectant l'ADN narratif "Graton". Entre enquête policière et carrière à construire, histoire familiale et course moto, Julie Wood Saison 2 demeure une série efficace et rythmée.
Dans ce mélange bitume, réseaux et secrets de famille, nous devrions y trouver notre plaisir de revoir Julie Wood dans ses nouvelles aventures.
Vivement le tome 3 pour connaître le dénouement de cette excellente reprise.
Thierry Ligot
Lien chronique du tome 1 "Mortel Rodéo" : ici
__________________________________________________________________________________________________________
Série : Julie Wood - saison 2
Titre : 2 - Secrets de famille
Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Eillam
Couleurs : Claudio Stassi
Éditeurs : Graton Éditions
Public : tout
Parution : 5/6/2026
Pages : 56
Format : 29,5 x 22,2 cm
ISBN : 978 2 3906 0201 9
Prix : 15,9 €
Déjà marre du foot ? Lisez Spirou
La coupe du monde de football envahit nos écrans. Vous détestez le foot ? Alors, lisez ce Spirou spécial foot ! Comme de coutume dans les numéros thématiques, il y a des auteurs invités. On retrouve ainsi Mab, qui signe aussi la couverture, et le poilant Romain Dutreix. Même les héros « classiques » se sont mis au ballon rond.
Pendant ce temps, les abonnés vont afficher le poster de l’équipe de football des héros de Spirou dessiné par Thomas Priou.
Spirou, ami, partout, toujours.

© Priou - Dupuis
Histoires à suivre :
|
Si je t’écris… |
Bodart / Zabus |
|
Starlight 1 : Partie 1 |
Cardona / Torta |
Récit complet :
|
Family life |
Louis |
Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :
|
Crapule |
Deglin |
|
Des gens et inversement (La pause-cartoon) |
Berth |
|
Edito (L’) |
Erre / Fabcaro / Greff |
|
Edito (L’) la suite |
Erre / Fabcaro / Greff |
|
Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons |
Muñoz / Thibaut-Jouvray |
|
Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon) |
Lécroart |
|
Filles (Les) |
Nob |
|
Foot : Art et essai |
Bercovici / Bernstein / Thomas |
|
Foot : Champignac |
Etien / Beka |
|
Foot : Foot toujours |
Saive / Sti |
|
Foot : La leçon de football (x 2) |
Dutreix |
|
Foot : Match nul ! |
Mab |
|
Foot : Pandémie de foot |
Dab’s |
|
Freuby (Le) (La pause-cartoon) |
Gally |
|
Huguette & Croquette |
Théoschu |
|
Nelson |
Bertschy |
|
Spoirou & Fantasperge (Marges) |
Sti |
|
Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac) |
Libon / Salma |
|
Titan Inc. |
Boisteau /Martin |
|
Willy Woob |
Moog / Bernstein |
|
Working dead |
Lory / Dubuisson / Chesneau |
Rubriques :
|
En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine) |
Saive / Bercovici |
|
En direct du futur : Gaston |
|
|
Jeux : Spirou cup |
Baba / tartuff / Lapuss’ |
|
Tuto dessiné : un ballon (oui, mais le bon !) |
Saive |
Supplément abonnés :
|
Poster : Equipe de football des héros de Spirou |
Priou |
En kiosques et librairies le 10 Juin 2026
3,20 €
Laurent Lafourcade
Normandie, septembre 1943, avec la disparition de Mouche, Aiguille, agente du S.O.E. (services secrets britanniques), dirige désormais le réseau des Saboteuses. Sa mission principale est de reprendre les opérations de sabotage contre l’occupant allemand en détruisant notamment les voies ferrées, les moyens de communication ennemis, ...
" - Tu es la meilleure saboteuse de France. la célèbre "Aiguille", plantée dans le pied d'Hitler !
- Non, ça c'était Mouche. dure comme l'acier. Elle a pris la pilule sans hésiter quand nous avons eu cet accident. C'est une chose que je ne pourrai jamais faire.
- Tu l'as vue la croquer ?
- Elle a pris le cyanure, c'est certain."
Mais son réseau est désormais affaibli. Elle est contrainte de le reconstituer. C'est ainsi qu'elle recrute et forme la jeune Julie (« Schnaps »).
Néanmoins, vu son état de santé, Aiguille est enceinte de 6 mois, la chose n'est pas aisée. Chaque nouvelle mission devient plus difficile que la précédente.
Sa supérieure à Londres, Kay, décide alors de l'exfiltrer afin qu'elle accouche en Angleterre, ceci au grand désespoir de Julie.
" - Mais ta place est ici et tu le sais !
- NON ! Demain, je prends cet avion. C'est terminé pour moi. Il faut que tu l'acceptes !"
Pourtant au moment d'embarquer, Aiguille apprend que Mouche, son ancienne partenaire, serait encore vivante, prisonnière dans un hôpital militaire à Caen. Son transfert vers la Gestapo de Paris est proche.
" - Je ne laisserai pas Mouche derrière moi.
- Il n'en est pas question ! Vous rentrez à la maison avec moi. C'est un ordre. Est-ce que je suis claire ?
- Limpide, lieutenant. mais je ne viens pas."
Bouleversée par cette nouvelle et désobéissant aux ordres de Kay, Aiguille décide de rester et de participer à l'opération de sauvetage de son amie. Malheureusement, la première tentative, menée par Caméléon échoue.

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025
Déterminée, Aiguille part alors pour Paris afin de solliciter l’aide de Laura, une autre agente, infiltrée dans une maison close, "Le Paradis".
Tout cela serait tellement plus facile sans ce bébé qui ne va pas tarder à naître ...
Y parviendra-t-elle ? Aiguille pourra-t-elle sauver Mouche ? Trouvera-t-elle un soutien fiable et surtout quelle sera cette rencontre inattendue qui la replongera dans son passé ?

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025
Avec ce 4e tome, Jean-Claude Van Rijckeghem poursuit avec brio sa plongée romancée dans l'univers des espionnes britanniques du S.O.E., ces fameuses saboteuses envoyées en France occupée pour enrayer la machine de guerre nazie. Inspirée d'une réalité historique initiée par Winston Churchill, la série confirme ici toute sa force narrative et son intensité dramatique.
On y retrouve Aiguille, héroïne toujours aussi déterminée, devenue responsable du réseau. Malgré une grossesse avancée, elle reste prête à tout pour mener des opérations de plus en plus périlleuses.
Jonglant avec la tension et le suspense, Jean-Claude Van Rijckghem fait rebondir son récit avec l'annonce faite à Aiguille que Mouche, qu’elle croyait morte, est en réalité vivante mais retenue prisonnière.
Ce rebondissement relance pleinement l’intrigue et entraîne le lecteur dans une succession d’actions tendues, faites d’espoirs et, malheureusement, de drames.

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025
Le scénario se distingue par son rythme soutenu et son sens du suspense. Les missions s’enchaînent sans jamais donner l’impression de répétition, et l’auteur souligne habilement que la guerre ne se résume pas à des exploits héroïques : elle est aussi faite d’échecs, de sacrifices et de choix difficiles.
En filigrane, Van Rijckeghem met également en lumière une réalité souvent méconnue : la diversité des rôles joués par les femmes au sein du SOE, y compris dans des contextes plus ambigus, comme celui de l’espionnage dans les maisons closes. Une facette audacieuse qui enrichit encore le propos.
Cependant, l'album ne se limite pas à l'action pure. Il prend aussi le temps de développer ses personnages, notamment à travers des moments plus posés, comme des retrouvailles inattendues qui apportent une dimension émotionnelle supplémentaire à Aiguille. celle-ci apparaît alors humaine, tiraillée entre son devoir, ses liens affectifs et sa condition de femme enceinte.

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025
Graphiquement, Thomas Du Caju livre à nouveau une "prestation" remarquable. Son trait réaliste, précis et soigneusement documenté, plonge immédiatement dans l’atmosphère de la France occupée. Les décors parisiens, les environnements ferroviaires ou urbains sont restitués avec une grande authenticité, tandis que les scènes d’action gagnent en intensité grâce à une mise en scène et en lumière maîtrisées. Quant à la mise en couleurs, elle nous baigne immédiatement dans les atmosphères nocturnes ou non, intimes ou violentes de la narration. Sa galerie de personnages, et en particulier ses figures féminines, se distingue enfin par une élégance et une expressivité qui renforcent l’immersion.

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025
Bref, un 5e tome intense, puissant et tendu où jamais rien, quasi, ne se déroule comme prévu. Dans la droite ligne des précédents, avec des personnages attachants, à la fois haletante et maîtrisée, l'intrigue nous plonge dans l'espionnage au féminin. Un récit qui ne laisse presque aucun instant de répit, mêlant émotions et suspense, avec une héroïne déterminée n'hésitant pas à défier les ordres pour sauver son amie.
Entre tensions dramatique, réalisme historique et mise en lumière du rôle crucial des femmes dans la Résistance, cette nouvelle aventure confirme toute la qualité de la série et sa capacité à captiver durablement le lecteur.

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2026
Le 5e tome, "Boxeur", venant de paraître, nous n'hésiterons pas à nous y plonger avec la même passion.
Thierry Ligot
________________________________________________________________________________________
Série : Saboteuses
Tome : 4 - Paradis
Scénario : Jean-Claude Van Rijckeghem
Dessin : Thomas Du Caju
Éditeur : Paquet
Collection : Mémoire
Genre : Histoire, espionnage
Thèmes : 2e GM, Résistance, France, sabotage, amitié, désobéissance
Public : ado, adulte
Parution : 18/06/2025
Format : 24 x 32 x 1 cm
Page : 56
ISBN : 978 2 8893 2474 3
Prix : 15,50 €
1943, dans le Pacifique, Daisuke Tanaka, pilote de Zéro est désormais considéré comme un as de l'aviation japonaise. Ses victoires impressionnent mais la dureté des combats, les blessures et surtout la perte de nombreux de ses camarades l'ont affaibli et fatigué.
Sur le plan militaire, la supériorité des Alliés commence à se faire ressentir. Surpassé désormais en quantité de matériel, en équipement, en troupes, l'Empire du Soleil Levant a du mal à résister à leur avancée.
Et pour Daisuke, l'arrivée de nouveaux pilotes ne compense absolument pas les pertes. Ils sont trop jeunes, manque d'expérience et donc ne peuvent lutter à armes égales avec les pilotes alliés.
Malgré tout, grâce à leur courage et leur détermination, les Japonais infligent de lourdes pertes à l'ennemi. Mais au final, ils se voient contraints de reculer, de céder les îles qu'ils avaient conquises.
Après la défaite de Midway, de Guadalcanal, des îles Salomon, ... c'est désormais à Iwo Jima que les combats vont se jouer !
Victime d’un malaise en mission, Daisuke est déclaré inapte au combat. Néanmoins, l'honneur le poussant, il y retourne et est blessé.
"Plus que la douleur, c'est la honte qui m'était le plus insupportable ... honte de ne plus être bon à rien ... d'être aussi faible qu'un nouveau-né ! Je savais que la blessure était grave ! Si je ne pouvais plus piloter, je me jurais de mettre fin à mes jours !"
Ses supérieurs le contraignent alors à quitter le front. Rentré au Japon, il devient instructeur et forme de jeunes pilotes inexpérimentés. Formés en peu d'heures et essentiellement au tir, Daisuke tente de leur inculquer également quelques notions et astuces du combat aérien. Mais sera-ce suffisant pour leur donner une chance de survivre à leur baptême du feu ?
Ces derniers illustrent le manque croissant d’aviateurs qualifiés dans une guerre que le Japon est en train de perdre.
"Leurs chasseurs Lightning et Wildcat sont aussi plus performants, mais ce n'est pas le problème. Nos Zéro le sont tout autant et même plus !
NON ... Le problème, ce sont nos jeunes pilotes sans expérience ... Nous nous en sommes bien tirés à Lae. Ce n'est pas le cas dans le reste du Pacifique. Nous savons maintenant, malgré la censure sévère de notre commandement, que nous avons perdu 4 de nos plus grands porte-avions et 250 pilotes, rien qu'à la bataille de Midway !"

© Speltens - Paquet 2025
Avec "Rei Sen Pacifique", Olivier Speltens propose une plongée rare et immersive dans la Seconde Guerre mondiale côté japonais. Une fresque aéronautique spectaculaire, aussi rigoureuse historiquement qu’efficace narrativement.
Cependant, le récit ne se limite pas qu'aux combats aériens. Il réside dans son point de vue en s’intéressant également à la vie quotidienne, notamment celle des civils japonais, durement éprouvés par les bombardements américains mais aussi par les abus internes : pression militaire, réquisitions, racket. Cet aspect apporte une profondeur bienvenue et élargit la portée de l’album au-delà du simple récit de guerre.
Dès lors, c'est l’un des grands atouts de la série. Chose rare dans le 9e Art, là où la plupart des récits de la guerre du Pacifique adoptent une vision occidentale, "Rei Sen Pacifique" choisit de se placer du côté des vaincus. Ce renversement permet de mieux comprendre l’état d’esprit des pilotes japonais, leur loyauté totale envers l’Empereur, mais aussi les mécanismes culturels et idéologiques qui ont conduit à des stratégies jusqu’au-boutistes ... les fameux kamikazes en étant l'exemple parfait.
© Speltens - Paquet 2025
Dans ce deuxième tome, le lecteur retrouve Daisuke, pilote japonais fictif mais construit à partir de témoignages authentiques. À travers lui, Speltens donne corps à toute une génération de combattants façonnée par une culture du devoir absolu et du sacrifice. Si le personnage est recomposé, les faits, eux, reposent sur une documentation solide, ce qui ancre le récit dans une réalité historique crédible et convaincante.
"Nous étions comme des chiens dressés au combat. Notre éducation depuis l'enfance nous inculquait l'obéissance, l'honneur et le respect de la patrie.
Par la suite, notre entraînement militaire a renforcé notre combativité ! De nombreux soldats trop blessés pour pouvoir accomplir leur devoir, se donnaient la mort plutôt que de vivre dans le déshonneur.
Nous ne vivions que pour nous battre !"
Cette approche inversée du conflit, Olivier l'avait déjà appliquée à ses séries précédentes, comme "L'Armée de l'ombre" (4 tomes) et "Afrikakorps" (3 tomes).

© Speltens - Paquet 2025
Narrativement, l’ensemble est solide et maîtrisé. Les séquences d’action s’enchaînent efficacement, tout en laissant place à des moments plus introspectifs. Le lecteur s’attache au héros, dont la passion du vol contraste avec la brutalité du conflit. Cette dualité constitue le véritable cœur émotionnel du récit.

© Speltens - Paquet 2025
Graphiquement, Olivier Speltens confirme tout son savoir-faire. Son trait hyperréaliste impressionne, notamment dans la représentation des avions et des combats aériens, d’une précision remarquable. Les planches fourmillent de détails, avec un rendu quasi photographique, sans jamais perdre en lisibilité. Les scènes de vol sont particulièrement immersives et donnent parfois le vertige. Par leurs découpages et cadrages virevoltants, le lecteur a clairement l’impression d’être directement dans le cockpit.

© Speltens - Paquet 2025
Pour résumer, Olivier Speltens poursuit ainsi notre immersion dans ce second conflit mondial du XXe siècle avec le regard des "perdants".
Partant d'une sérieuse et nombreuse documentation, son dessin hyperréaliste est impressionnant et parfaitement crédible.
Mais comme à son habitudes, Olivier ne s'arrête pas aux uniques séquences de combat. Il accorde une place importante à l'humain, aux pensées et sentiments de chacun de ses personnages. Ceux-ci évoluent dans leur mentalité et leurs idées. Une approche qui se veut dès lors également psychologique, mais sans tomber dans la caricature ou les stéréotypes manichéens.
Au final, Rei Sen Pacifique T2 s’impose comme une référence du genre. Entre rigueur historique, qualité graphique exceptionnelle et angle narratif original, la série offre une vision nuancée et captivante de la guerre du Pacifique. Une lecture incontournable pour les amateurs d’aviation comme pour les passionnés d’histoire.

© Speltens - Paquet 2025
Et pour les plus fans, tout comme pour le tome 1, une version "plus grande" existe également .... Elle insère 4 planches supplémentaires dans le récit et offre un poster A2. Collector assuré car édité en 1800 exemplaires seulement !
Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre le final de cette trilogie ... Olivier ? Une date ? Une fourchette d'estimation ?
Entre mars et ami 2027 ?
Thierry Ligot
Lien podcast Boulevard BD : ici
Lien Olivier découvre ... : ici
____________________________________________________________________________________________________________________
Série : Rei Sen - Pacifique
Scénario - dessin - couleurs : Olivier Speltens
Éditeur : Paquet
Collection : Cockpit
Genre : guerre, aviation
Thèmes : 2e GM, Pacifique, Japon
Public : ado - adulte
Parution : 17/9/2025
Version "classique"
Format : 24 x 32,1 x 1 cm
Page : 46
ISBN : 978 2 88932 486 6
Prix : 14,90 €
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Version collector
Format : 28,5 x 37,8 cm
Page : 54
ISBN : 978 2 88932 490 3
Prix : 39 €
Lundi 28 août 1939, six heures du matin : un convoi composé de huit camions quitte le musée du Louvre en direction de la vallée de la Loire : destination le château de Chambord. A leurs bords, les trésors de toute la Renaissance italienne soigneusement emballés et dissimulés sous des vieilles bâches ordinaires.
14 juillet 1939, de nombreux touristes profitent de la fête nationale pour visiter le musée du Louvre. Pourtant, la situation internationale semble être plus que préoccupante ! Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie (Anschluss) en mars 1938, Adolf Hitler s'empare des régions germanophones de la Tchécoslovaquie (Sudètes), situation avalisée par les accords de Munich. En mars 1939, en totale violation de ces derniers, il fait main basse sur le reste de la Tchécoslovaquie (protectorat de Bohême – Moravie).

© Smudja - Futuropolis
En fin d'après-midi, trois célébrités (Pablo Picasso, Salvatore Dali & Jean Cocteau) partagent avec le directeur du Louvre (Jacques Jaujard) leurs inquiétudes vis à vis du devenir des œuvres exposées au Louvre en cas d'invasion des nazis.

© Smudja - Futuropolis
Avec la complicité du personnel du musée, Jacques Jaujard va organiser l'évacuation des chefs-d’œuvre pour les protéger. Commence alors clandestinement l'exode de « la Joconde », du « Radeau de la Méduse », de la « Vénus de Milo » et de la « Victoire de Samothrace » vers des lieux plus sûrs, tel que le château de Chambord.
© Smudja - Futuropolis
Gradimir Smudja (dessinateur & scénariste) nous trace un épisode méconnu de la Seconde guerre mondiale, l'exode des œuvres du musée du Louvre, jonglant avec la fiction du récit et la réalité historique. Il dresse le portrait de Jacques Jaujard, surnommé le « Buster Keaton du Louvre ». Celui-ci organise en collaboration avec son personnel la mise à l'abri et la protection de plus de 4000 huiles sur toile contre les Allemands.

© Smudja - Futuropolis
Premier volume d'une série prévue en deux tomes, chaque planche est impressionnante par le nombre de détails représentés mais aussi par la richesse des couleurs utilisées par l'auteur. Ce dernier n'hésite pas à donner vie aux différents personnages représentés dans les œuvres. Le lecteur retrouve dans cet album les ingrédients (graphisme et narration) qui avaient déjà fait le succès de « Vincent & Van Gogh ».

© Smudja - Futuropolis
Né en 1956 à Novi Sade (deuxième ville serbe), peintre et dessinateur, Gradimir Smudja réside en Suisse avant de s'installer en Italie où il enseigne le dessin. En attente de la suite de cet exode plus qu'inattendu !
NB : à signaler la présence d'un cahier graphique en fin de la première édition.
Haubruge Alain
Titre : L'exode du Louvre
Tome : 1
Scénario, dessin & couleurs : Gradimir Smudja
Éditeur : Futuropolis
Genre : Artistique - historique
Public : à partir de 16 ans
Parution : 03 juin 2026
Format : 23,6 x 33,2 x 1,2 cm
Nombre de page : 80
ISBN : 9782754848435
Prix : 19,00€
" - Qu'ils sont beaux ces chevaliers, maître Jourdain ! On dirait des Saint-Georges !
- Mouais, Jehan ... attends la fin de la mortelle feste, quand tu les retrouveras dans la boue ... Crois-moi petit ... on ne gagne une guerre qu'en étant le plus malin !"
Ainsi parle maître Jourdain, maître artilleur à la veille de la bataille de Verneuil, en Normandie, le 17 août 1424 ! Et il n'a pas tort ...
Avec Assiégés – Orléans, Delcourt lance une fresque historique ambitieuse qui revisite un épisode clé de la guerre de Cent Ans du point de vue des assiégés. Une reconstitution impressionnante, aussi passionnante que parfois inégale dans sa dramaturgie.
Quatre ans plus tard, en 1428, alors qu’Orléans s’apprête à subir l’assaut des troupes anglaises, Jehan, devenu à son tour maître artilleur, rejoint la ville avec son apprenti Colas. Elle est un point stratégique avec son pont enjambant la Loire.
" - Mais alors, maître Jehan, vous n'avez abattu aucun Anglais à Verneuil ?
- Hélas, mon bon Colas, ce fut une bataille sans honneur, et je n'étais qu'un apprenti ...
- dans mon village, les vieux disent que les Godons sont invincibles ... que Dieu est avec eux.
- N'insulte pas Notre Seigneur ! Y a rien de bon chez ces gars-là ... On va se battre. Et crois-moi, un bon artilleur aura son mot à dire !"
Ingénieur de son état, survivant ... miraculé de la défaite de Verneuil, il s'y rend en vue d'offrir ses services à la ville dans sa résistance face aux Anglois.
Très rapidement, il se rend compte que cela sera tâche impossible avec les moyens de défense présents. Il propose alors au capitaine Etienne de Vignoles, dit La Hire, et aux notables de la ville d'inventer une arme nouvelle. Elle sera portable, mobile, facile à recharger, plus précise et surtout plus puissante au niveau de sa portée de tir : ce sera la coulevrine ! Elle sera tellement efficace que les Godons la surnommeront "The Devil's Gun" !
Grâce à elle, nobles et capitaines anglais deviendront également des cibles ... de loin !

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Un nouveau récit sur un épisode marquant de la Guerre de Cent Ans, me direz-vous ? Un de plus ? Oui et non !
Plutôt que de se focaliser sur la figure bien connue de Jeanne d’Arc, les auteurs choisissent ici un angle plus original : celui du quotidien des assiégés, et ce, sous l'œil d'un personnage-clé historique mais peu connu, Jehan de Montesclere, maître artilleur de la Yolande d'Aragon.
Autour de lui vont graviter des figures historiques et anonymes pris dans un siège long de six mois, marqué par la faim, la peur, les combats et les tensions politiques.
Bref, avec cette optique différente, soldats, artisans, notables ou simples habitants deviennent les véritables témoins de cet épisode historique. Cette approche permet de redonner de l’épaisseur à un événement souvent résumé à sa conclusion héroïque, les assiégés qui après 6 mois de combats, d'escarmouches, ... gagnent !
C'est à n'en pas douter l’une des grandes forces de l’album ... et probablement de la série à venir.

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Autre grand atout à relever : le récit s’appuie sur une documentation solide et propose une restitution minutieuse des enjeux militaires, politiques et technologiques de l’époque, notamment à travers l’évolution de l’artillerie.
L’introduction de la couleuvrine, fil rouge du récit, illustre parfaitement cette transition vers une guerre plus moderne, où la mobilité et la précision commencent à supplanter le nombre et la force brute.
Au travers de cette fresque "sociale" historique, les auteurs ne masquent donc nullement la "grande" Histoire. Par exemple, ils retracent sans complaisance les luttes internes opposant certains "alliés" comme les Anglais, les Valois et les Bourguignons !
Ou encore les réunions parfois houleuses du Conseil de la ville d'Orléans. Tensions quant à l'attitude à avoir au fur et à mesure que le siège s'éternise, des victoires ou des revers, des bonnes ou mauvaises nouvelles, de la situation de famine ou l'arrivée de renforts et de convois de provisions, ... : résister ou se rendre ?
Un récit épique mais qui reste centré sur l'humain !
Pourtant, malgré cette richesse, la partie fictionnelle peine parfois à convaincre pleinement. Les intrigues secondaires — romances à l'eau de rose entre Jehan et Marguerite, sa logeuse dont le mari a "disparu et déclaré mort" ou entre son apprenti Colas et Mariette, les tensions familiales ou suspense autour de certains personnages — apparaissent par moments artificielles, voire un peu irréalistes. Ce contraste est d’autant plus perceptible que la matière historique, elle, se suffit largement à elle-même tant elle est dense et captivante.

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Graphiquement, Filippo Cenni livre un travail impressionnant. Son style réaliste, précis et abondamment documenté s’inscrit dans une tradition classique, presque académique. Chaque case respire le souci du détail : costumes, architectures, armements… tout semble rigoureusement reconstitué. Cette approche pourra sembler parfois un peu figée ou illustrative, mais elle sert parfaitement le propos en renforçant l’immersion à l'action. Les scènes du quotidien comme les moments de tension politique ou militaire sont particulièrement réussis, souvent plus marquants que les affrontements eux-mêmes.
Les grandes cases et doubles pages pour les rares scènes de batailles donnent toute l'ampleur des chocs et de leur violence.
L’ensemble se distingue également par une excellente lisibilité. Malgré la densité d’informations et la multiplicité des personnages, la narration reste fluide et accessible, ce qui constitue un véritable atout pour ce type d’ouvrage.

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Nouvelle série dans la collection "Histoire & histoires" chez Delcourt, cet éditeur poursuit ainsi sa plongée dans les grands événements, moments et figures de l'Histoire de France, et notamment ici des plus célèbres sièges qui émaillèrent le Moyen-Âge en général. Ces récits les relateront avec les yeux des acteurs, anonymes ou non, qui les vécurent, les subirent ! Une focalisation interne vivante et passionnante !
Ceci toujours avec le même souci de qualité, aussi bien dans le scénario, sa documentation, son réalisme, son authenticité historique, le dessin, la recherche de la couleur afin de mettre l'ensemble en lumière, mais également dans le soin apporter à l'album même. Format légèrement plus grand, couverture avec dos toilé et liseré doré, beau papier, reliure propre, ... Bref du bel ouvrage pour mériter amplement toute sa place dans une bibliothèque prestigieuse.

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Au final, "Assiégés – Orléans" réussit le pari d’une bande dessinée historique à la fois pédagogique et immersive. Si la fiction qui accompagne le récit manque parfois de subtilité, la qualité de la reconstitution et la richesse du propos en font une œuvre solide, qui séduira autant les amateurs d’histoire que les lecteurs curieux de découvrir un Moyen Âge vivant et incarné.
A noter également qu'il s'agit cette fois d'un double album, vu son nombre de pages, 128 !
Enfin, le second tome des "Assiégés" est déjà paru (11 juin). Son titre : "Beauvais".
Thierry Ligot
______________________________________________________________________________________________________________________
Série : Assiégés
Tome : 1 - Orléans
Scénario : Laurent Vissiere & France Richemond
Dessin : Filippo Cenni
Couleurs : Simone Boni & Panaiotis Kruklidis
Éditeur : Delcourt
Collection : Histoire & histoires
Genre : histoire - guerre - France
Thèmes : Guerre de Cent Ans - France - siège d'Orléans - Moyen-Âge -
Public : ado - adulte
Parution : 30 avril 2026
Page : 128
Format : 23,4 x 32,3 x 1,9 cm
ISBN : 978 2 4130 2280 0
Prix : 29,95 €
"Mon cher, mon doux, et unique amour,
Quand tu liras cette lettre, cela voudra dire que tu es rentré de voyage et que tu ne m'auras pas trouvée à t'attendre. Tu te demanderas la raison ...
Elle est terriblement simple : j'ai décidé de ne pas être ton épouse.
Sois sûr que tu es la dernière personne que je voudrais faire souffrir. Tu as été bon pour moi comme aucun homme ne l'a été."
C'est ainsi que Jezebel débute sa lettre de rupture à son fiancé ! Une rupture violente, brutale, inattendue ... qui demande cependant quelques explications ...
" ... mais je voudrais au moins t'expliquer les raisons de mon choix afin que tu puisses me juger sans me haïr."
La suite ne sera qu'une longue, sincère et profonde confession d'une jeune femme au passé et vécu troublant.
Une lettre intimiste, sans concession qui reste en fin de compte une émouvante déclaration d'amour.
" Sache que mon cœur t'appartiendra pour toujours ... mais le reste de moi ... je l'ai livré à un autre ... à quelqu'un qui, lui, sait ce que je suis et, ce dont j'ai besoin. Crois-moi quand je te dis que j'ai honte de ressentir ce que je ressens. J'imagine comme tout cela doit te faire souffrir ... mais je ne peux pas échapper à ma nature ..."

© Éon - Tabou BD 2026
"Jezebel" raconte un amour d'adolescente toujours vivace, étouffant, écrasant bien que consciemment destructeur. Une passion mêlant désir, douleur et attachement qui ne peut que mener à une rupture violente.
Marquée par la relation extraconjugale enflammée de sa mère Eva, Jezebel pense pouvoir y échapper par sa seule volonté et son dégoût pour elle ! Pourtant lorsqu'elle recroise l'amant de celle-ci, sa résistance à ses propres envies ne peut la "sauver".
Pensant dominer cet homme aussi effrayant qu'attirant, elle n'en devient au fil du temps que l'objet, le jouet. Soumise et aimante, Jezebel glisse lentement vers la dépendance absolue.
Ne pouvant se détacher de cet homme qu'elle déteste de tout son être, elle finira par en tomber éperdument amoureuse.
Une passion plus forte que les mots, explosant toute raison, basée sur le plaisir et les blessures, sur la fusion des corps à la recherche de l'extase ultime.
Mais la frontière entre la passion aveugle et la haine mortelle est souvent fort mince !

© Éon - Tabou BD 2026
Personnage complexe, Jezebel n'est ni une victime, ni une héroïne. Femme sincère, totale dans sa féminité, elle est à la fois libre et soumise à ses penchants ainsi qu'à ses propres contradictions. Dès lors, elle portera ce récit vers une fuite dramatique.
Et c'est justement cette fuite que Éon explore ici : celle où la passion charnelle côtoie la domination sexuelle, où l’attachement sentimental se fond en une dépendance mentale, et où la liberté devient synonyme d’abandon.
C'est probablement cette sincérité dans son être profond qui rend Jezebel si intrigante et attachante en même temps.

© Éon - Tabou BD 2026
Éon soigne également son approche d'un érotisme assumé. Moteur dramatique de l’histoire, la sexualité occupe un rôle central. Sur certains aspects, nous pourrions y trouver des similitudes avec "Histoire d’O", ou avec "L'Amante".
Jouant sur la soumission acceptée ou subie, ce scénario ne rentre cependant pas pleinement dans les détails des relations subtiles liant les personnages. Si à certains moments, le récit peut apparaître prévisible et "classique", Éon y inclut volontiers quelques rebondissements qui surprendront les lecteurs en les déroutant.
Néanmoins, l'approche de Éon se veut psychologiquement plus superficielle ... ce qui la rend peut-être également plus accessible et moins "psychanalytique", moins "freudienne".

© Éon - Tabou BD 2026
Graphiquement, nous avions déjà pu apprécier le dessin réaliste de Éon dans le 1er opus de la saga "Druuna au commencement" "Espoirs"(scénario : Alessio Schreiner). Un trait infiniment précis et indéniablement sensuel, qui ne recherche pas la surcharge. Il accorde ainsi sa priorité à l’efficacité du trait au service de la narration. Il place les corps au centre de son univers visuel. Ses scènes de sexe sont le reflet de la passion qui anime les protagonistes. Leurs regards, leurs gestes, leurs extases portent le récit. Si les décors sont précis mais volontairement discrets, ils laissent toute la place à la tension émotionnelle et charnelle.
Par ailleurs, il serait dommage de ne pas souligner toute l'élégance et la sensualité "brute" de la couverture. Finalement à l'image de ce récit !
En conclusion, "Jezebel" est une histoire captivante à plus d'un titre et pas que visuellement. A ne pas mettre donc entre toutes les mains !!!
Un scénario pris sous un angle de vue intéressant, un dessin soigné, des découpages de planches et des cadrages mettant en avant l'énergie et la passion des scènes, des couleurs bien travaillées, le tout nous offre un album à l'érotisme poussé mais interpellant, sans tomber dans la "vulgarité pornographique".
Thierry Ligot
________________________________________________________________________________________________________________
Titre : Jezebel
Scénario, dessin, couleurs : Éon
Traduction : Master tabou
Éditeur : Tabou BD
Genre : érotisme, sentiments, confession, soumission
Public : averti, adulte
Parution : 29 mai 2026
Format : 23,5 x 32,3 cm
Page : 48
ISBN : 978 2 3595 4234 9
Prix : 17 €
Le 11 juin approche ... et avec lui le plus grand tapage médiatique de l'année ...
Impossible d'y échapper, ou alors en partant sur la Lune, voire carrément sur Mars !
Le 11, commence, pour celles et ceux qui viendraient néanmoins de là, la 23e Coupe du Monde de Football !
48 équipes font s'y disputer le fameux trophée imaginé et créé par le sculpteur italien Silvio Gazzaniga.
Mais avant celui-ci, une autre coupe était remise aux vainqueurs de l'épreuve : la Coupe Jules Rimet !
L'occasion peut-être de rappeler un épisode parfois oublié ou méconnu des plus jeunes. Le premier trophée de cette Coupe du Monde a connu quelques mésaventures célèbres et cocasses dont la plus célèbre est ...
En 1966, l'Angleterre accueille la 8e Coupe du Monde de Football. La "Victoire Ailée" arrive à Londres en mars, 4 mois avant le début de la compétition.

© Bazile - Magne - Éditions du Tiroir 2026
Tout le royaume est en ébullition ... le défi est énorme pour "The Three Lions" !
" - Eh bien mon vieux Pickles, ils sont forts ces Brésiliens ! Ça va pas être facile de leur reprendre cette coupe ! Pourtant toute l'Angleterre est derrière son équipe ...
Mais tu t'en moques un peu toi aussi ...
- T'intéresserais-tu au football, à présent, David ??
- Non mais il s'agit quand même de la coupe du monde, organisée chez nous."
Afin d'asseoir un peu l'événement et de le promouvoir, elle est exposée dans l'église méthodiste de Westminster.
Et là, l'impensable, l'inimaginable se produit ! Dimanche 20 mars 1966, quelqu'un réussit à dérober le trophée malgré les mesures de sécurité de l'époque mises en place.
Et dire que ce sera à la Reine Elisabeth II, le samedi 30 juillet, au stade de Wembley, de remettre la coupe aux vainqueurs du tournoi ! Cela devant les caméras du monde entier !
Mais que remettre si on ne la retrouve pas ?
35 cm de haut pour 6 kg, objet inestimable, fabriquée en France en 1930 pour la 1ère Coupe du Monde en Uruguay, à la demande du Président de la FIFA de l'époque, Jules Rimet.
La honte, le scandale, l'opprobre sur toute une nation ! Scotland Yard lui-même n'a aucune piste et est complètement dans le brouillard, le smog ... et pas que londonien !

© Bazile - Magne - Éditions du Tiroir 2026
L'Heure H, le podcast de Jean-Louis Lahaye, sur la 1ère, est revenu sur cet événement qui va faire trembler l'honorable et très british siège de la Fédération anglaise de football, The FA et tout le Royaume.
Bazile va ainsi adapter ce podcast en une BD très british également, la 4e de la série "L'heure H, La Première".
Lui qui après sa passion pour le dessin des voitures ("La Naissance de la 4CV Renault") ... et pour son "idole" Maurice Tillieux ("Maurice Tillieux 1940") ... va la mettre pour les "petites" histoires authentiques ("Une histoire vécue par Louison Bobard") et le ballon rond ("La grande histoire du FC Nantes").
Dès lors, il était "logique" qu'il s'intéresse à cette anecdote abracadabrante, mais incroyablement véridique !

© Bazile - Magne - Éditions du Tiroir 2026
Romancé dans ces grandes lignes, il relate les événements dans un scénario captivant et clair ...
Son originalité est, pour les non-initiés, de les suivre sous le regard du seul véritable héros involontaire, le chien Pickles et accessoirement son maître, David Corbett.
Sans oublier une touche d'humour fort "rosbeef" !
" - Venge-toi, mon garçon ! Joue un vrai vilain ... un Soviet, tiens !
- Hürk ! Pourquoi pas un Frenchie non plus !!!"
A la fois tendre et drôle, un ton de comédie qui n'empêche en rien le sérieux de cette ahurissante histoire !

© Bazile - Magne - Éditions du Tiroir 2026
Son trait semi-réaliste est également teinté de "God save the Queen". Dans les visages, leurs expressions, les répliques, ... nul doute quant à savoir où se déroule l'action. Nous noterons encore un soin particulier pour les décors, les voitures, les vêtements.
Cependant, Bazile ne s'arrête pas là. Il inclut dans sa narration quelques planches plus "footballistiques". Il nous présente ainsi l'une ou l'autre figure emblématique du football anglais de cette époque. De même, si l'enquête est relatée dans son entièreté et ce jusqu'au procès du voleur, Bazile l'enrichit des moments phares de cette coupe du monde.
Déroulés des matchs capitaux avec parfois ses phases litigieuses et forcément la finale inoubliable pour toute une nation !

© Bazile - Magne - Éditions du Tiroir 2026
Un 4e tome de cette collection "L'heure H" aux "Éditions du Tiroir", à lire de façon amusante mais véridique avant le 11 juin en tout cas !
Et nous laisserons le dernier mot à un certain John Lennon :
" - John, vous avez déclaré récemment que les Beatles étaient plus célèbres que Jésus-Christ ... Maintenez-vous ?
- No, no ! le plus célèbre de tous, c'est le chien Pickles !"
Thierry Ligot
_____________________________________________________________________________________________________________________________
Série : L'Heure H
Titre : 4 - On a volé la Coupe du Monde 1966
Scénario & dessin : Bazile
Couleurs : Yves Magne
Éditeur : Éditions du Tiroir
Genre : histoire, aventure, policier
Public : tout
Parution : 29/4/2026
Format : 22,7 x 30,7 cm
Pages : 45
ISBN : 978 2 9312 5144 7
Prix : 16,00 €
Angleterre, juillet 1975, la situation économique de l'ancien "banquier du monde" est des plus mauvaise. Plus d'un million de chômeurs et une inflation qui dépasse les 25 % !
Deux ans plus tard, avec une politique ayant choisi la stabilité de la livre plutôt que celle de l'emploi, l'inflation repasse sous la barre des 10 %. Pourtant le taux de chômage, lui, bat de nouveaux records.
C'est du pain béni pour la nouvelle leader du parti Tories !
"- Les travaillistes ont décéléré, mais ils foncent toujours dans le mur puisqu'ils ne rompent pas avec le keynésiasme. Il n'y a que sur la défense qu'ils font des économies, le seul poste qui mériterait d'être en hausse car l'URSS est dangereuse, elle veut dominer le monde, et nous ne la laisserons pas faire.
- Margareth ! Votre discours a indisposé Moscou. On vous y traite de "Harpie" et de "Dame de Fer".
- Iron Lady ?! Quel beau surnom."
Voilà comment la fille d'un épicier de Grantham va gagner son surnom de "guerre" qui fera date dans les annales de l'Histoire politique de la Grande Bretagne.

© Le Naour / Van Der Zuyden / Alquier - Grand Angle 2026
A cette époque, le pays est dirigé par les Travaillistes avec à leur tête Jim Callaghan. Mais sa politique est très loin d'obtenir les résultats escomptés !
"Le gouvernement de Jim Callaghan est impuissant face aux syndicats qui outrepassent leurs droits. Or, il n'y a pas de droits sans devoirs."
Ses idées bien arrêtées sur la situation économique, sociale, ... Margaret Thatcher ne va cesser alors de les répandre dans les rangs des Conservateurs et des électeurs ... Car le 28 mars 1979, le gouvernement travailliste est renversé par une voix de majorité ! Des élections sont convoquées ...
" - Est-ce un handicap ou une plus-value d'être une femme dans cette compétition électorale ?
- En politique, si vous voulez des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une femme. N'oubliez pas que c'est le coq qui chante, mais c'est la piule qui pond des œufs."
Et le 3 mai 1979, après une campagne électorale parfaitement orchestrée, Margaret Thatcher franchit la porte du 10, Downing Street devenant ainsi la première femme Premier Ministre du Royaume-Uni !
Dès lors, elle va pouvoir développer et surtout appliquer ses idées ...
"- Je suis Iron Lady ... Disparaissez, ennemis du profit et de la libre concurrence !"
3 mandats s'en suivront jusqu'au 22 novembre 1990.
Figure politique majeure, ayant réussi à s'imposer dans un monde d'hommes aussi bien sur le plan national qu'international, elle sera adulée par les uns et détestée profondément par les autres. Son action politique a profondément transformé le Royaume-Uni ... et ses conséquences se marquent encore aujourd'hui.
Si Margaret Thatcher n'est plus aujourd'hui (elle décède le 8 avril 2013, à l'âge de 83 ans), son héritage, le thatchérisme, lui continue à avoir ses adeptes et ses convaincus.

© Le Naour / Van Der Zuyden / Alquier - Grand Angle 2026
Dans ce second tome du "Grand cirque du pouvoir", après "Reagan, le crétin qui a gagné la Guerre Froide", Jean-Yves Le Naour s'attaque à une autre figure qui a clairement imposé sa "patte politique" sur la fin du siècle dernier.
Un biopic politique fort cynique et grinçant, mettant en avant le côté les différents aspects de la figure de la "Dame de fer" : ses origines sociales modestes, sa politique prônant le libre-échange, le monétarisme, la diminution voire la suppression de l'intervention de l'État dans une série de secteurs, ...
"Moi, je connais la vie, j'ai travaillé dans une épicerie."
Paradoxalement, femme dans un monde d'hommes, elle ne sera pas féministe à outrance ! A chacune de forcer son destin pour y arriver ! La preuve en est qu'aucune femme n'intégrera ses gouvernements !
Une ascension à la fois atypique et stratégique !
Déterminée, intransigeante, convaincue du bien-fondé de ses décisions, Margaret Thatcher imposera souvent ses solutions. Et cela fonctionnera ! Forte augmentation puis forte baisse du chômage, une maîtrise de l'inflation, une privatisation des grandes industries, un PIB en croissance, une monnaie forte sur le plan international, une place boursière renforcée dans le monde, ... Ses succès n'empêcheront néanmoins pas une popularité en dent de scie, atteignant des sommets avant de finalement s'écrouler définitivement !

© Le Naour / Van Der Zuyden / Alquier - Grand Angle 2026
De son ascension à sa chute, Jean-Yves Le Naour dresse un tableau sans concession des grandes étapes de ce parcours hors-norme. Mais à force d'être qui elle était, elle fut poussée brutalement vers la sortie alors qu'elle disait elle-même :
"La retraite n'est pas un mot qui appartient à mon vocabulaire."
Mais loin de la déifier, le scénario n'hésite pas à mettre en avant le côté violent de la concertation "thatchérienne", son impitoyable inflexibilité. Une brutalité politique assumée, un style dur, à la limite du "guerrier", la "Dame de fer" reste clairement campée sur ses positions, notamment par rapport à l'Europe qu'elle qualifie de
"pays de cinglés"
ou les terroristes de l'IRA emprisonnés,
"Comment ?! Les prisonniers républicains irlandais entament une grève de la faim ? Eh bien, qu'ils crèvent !"
voire également de son intransigeance face aux mineurs en grève (1984-1985), quand elle interdira aux cantines scolaires de servir des repas à leurs enfants !
De là, elle "héritera" d'un nouveau surnom : la "sorcière" ! D'où le sous-titre de cet album.
Pour la petite (et grande histoire musicale), ce surnom connaîtra un bond en 2013, après son décès avec la chanson "Ding Dong ! The Witch Is Dead" qui atteindra la 2e place des téléchargements.
Ce portait acide, bien documenté, souligne parfaitement la dualité de l'héritage thatchérien : d'un côté elle représente la réformatrice fonceuse qui a modernisé son pays en crise, de l'autre la sorcière qui a détruit la structure sociale de l'époque en créant des inégalités durables.

© Le Naour / Van Der Zuyden / Alquier - Grand Angle 2026
Au dessin, nous trouvons cette fois Emilio Van Der Zuiden. Un trait plus anguleux qu'à son habitude, il donne un petit côté rétro, dessin de presse, penchant ici et là vers le caricatural des postures ou des expressions faciales. Cela donne à la lecture, une note humoristique pas désagréable. Humour noir évidemment vu les situations reprises.
Le cadrage énergique donne également un rythme à une narration qui se veut vivante et non "académique".
Les arrières plans et décors de certaines cases sont aussi à relever ... contrastant avec les cases de discours ou de réflexion au fond noir !
L'ensemble est renforcé par une mise en couleurs adaptée accordant un style légèrement "british" au dessin.

© Le Naour / Van Der Zuyden / Alquier - Grand Angle 2026
Bref, figure charnière du XXe siècle, il était logique que Jean-Yves Le Naour lui consacre un tome dans sa collection ...
Un troisième est en préparation. Il portera sur un autre personnage-clé de cette période, à l'origine du plus grand bouleversement politique des années '90 : Mikhaël Gorbatchev !
Quoi de plus normal finalement ? N'est-ce pas ce "triumvirat Reagan - Thatcher - Gorbatchev" qui a marqué cette fin de siècle ?
Thierry Ligot
PS : l'album se clôture par une invitation à nous replonger dans l'ambiance musicale des années "Thatcher". Un QR-code pour 14 morceaux emblématiques de l'époque.
________________________________________________________________________________________________________________-
Titre : Thatcher, la sorcière qui a changé le monde
Scénario : Jean-Yves Le Naour
Dessin : Emilio Van Der Zuyden
Couleurs : Fabien Alquier
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
Genre : Histoire, humour, biopic politique
Public : ado, adulte
Parution : 6/5/2026
Pages : 72
Format : 22,1 x 29,8 cm
ISBN : 979 1 0411 1399 6
Prix : 16,9 €
![]() |
©BD-Best v3.6 / 2026 |