Information générale concernant le monde de la BD
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Spirou 4277 -  1er Avril 2020

 

 

Spip l’aventurier ! Le voleur de printemps

 

 

 

 

 

 

 

            Nouvelle formule pour le journal de Spirou. Et pour cause, la Walt Disney Company vient de racheter Dupuis. Le nouveau personnage Mic Mac, symbole de la fusion, est le nouveau héros de la maison. Les cavaliers de l’apocadispe seront désormais dessinés par Goum, Libon restant au scénario. Plein plein plein de nouveautés dans ce numéro dont la date de parution en dit long sur le contenu.

 

            Après Zorglub et Champignac, Spip a droit à sa série spin off sous la houlette de l’épatant dessinateur animalier Dav. Les premières planches sont splendides.

 

            Quant aux abonnés, ils pourront aller faire leurs courses avec des masques de Kenza et de Frnck.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Cossu, Bocquet - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Black Squaw : Nighthawk

Créatures : La ville qui ne dort jamais

Spip : Le voleur de printemps

Spirou chez les Soviets

 

 

Récits complets :

 

Cavaliers de l’apocadispe (Les) : Le mystère de l’école

Passe-moi l’ciel

Tif et Tondu (Les nouvelles aventures de)

 

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Cartoon de Johan de Moor (La pause-cartoon)

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Editar (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Frnck

Jeunesse de Fantasio (La)

Mic Mac

Requin et Rouquine

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

Vacheries des Nombrils (Les)

Zorglub

 

 

Rubriques :

 

Coaching BD (Le) : Barbucci coache Dodier

Coin des lecteurs (Le) : Nicolas Kéramidas

En direct des srtudios : Merci Disney !

Evénement : édito par Julien Papelier

Interview : Dav

Jeux : Changement de costume pour les héros du journal Spirou ! (James Christ)

 

 

Supplément abonnés :

Masques de Frnck

 

 

En kiosques et librairies le 1er avril 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 02/04/2020.


Source : Bd-best


Entretiens avec Christian Godard – Le feuilleton Godard, épisode 4 : Toute une vie avec Julio Ribera

Quatrième partie de l’entretien avec Christian Godard par Laurent Lafourcade. Godard, scénariste de Ribera, nous embarque dans l’histoire d’un homme qui sillonna l’espace jusqu’aux plus extrêmes limites de l’univers, plongea dans cent galaxies, et laboura le destin de mille planètes… Son nom résonnera longuement dans les replis du temps… Ecoutez !... Il se nomme… Axle Munshine ! Christian raconte l’aventure du Vagabond des Limbes, ainsi que toutes ses autres collaborations avec Julio.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Passons au Vagabond des limbes, comment avez-vous rencontré Julio Ribera ?

 

A cette époque-là, il y avait des réunions de rédaction toutes les semaines à Pilote. Toutes les semaines, il y avait un moment pendant lequel les auteurs qui avaient des idées pouvaient les proposer. Ceux qui étaient disponibles pour les dessiner se manifestaient. Un jour, une de mes idées a séduit Ribera et on a commencé comme ça. Autant que je me souvienne la première histoire que l’on a faite ensemble Ribera et moi était une histoire en huit planches intitulée « Je suis un héros de bande dessinée ».

 

 

 

 

Est-ce à cause de la concurrence avec Valérian que le Vagabond des limbes n’est pas né dans Pilote ?

 

Non, absolument pas. Le vagabond des Limbes est né d’une manière extrêmement simple. Un jour, Henri Filippini m’appelle et me raconte qu’il vient d’être embauché par Hachette pour créer des collections. Il me demande si ça m’intéresse et on prend rendez-vous dans un bistrot. Me questionnant sur mes envies, je lui dis que j’avais envie de faire une série de science-fiction. Je n’en avais jamais fait jusqu'à présent et j’aimerais bien m’y consacrer. Il me demande alors avec qui et je lui dis que j’avais rencontré un dessinateur qui avait l’air sympa chez Pilote pour qui j’avais écrit un récit complet. J’ai ensuite écrit un scénario, l’ai proposé à Henri Filippini qui l’a à son tour soumis à sa direction. A partir du moment où le scénario de base était accepté, on a proposé à Julio Ribera de se joindre à nous. Et voilà comment le Vagabond des Limbes est né. Ça n’a pas duré longtemps parce que Hachette n’était pas vraiment l’endroit où l’on pouvait travailler sur la longueur, c’est à dire commencer à faire une série, la cultiver, dépenser un peu d’argent pour qu’elle se développe, ... Ils étaient plutôt disposés à publier des « coups » et des projets qui démarraient tout de suite. Au bout de trois albums, ils se sont aperçus qu’ils faisaient fausse route et ils nous ont rendu notre liberté. Dargaud s’est fait un plaisir de les rééditer et de nous permettre de faire la suite.

 

 

 

En 1975, on le retrouve dans Circus, en 1976 dans Tintin, puis dans Pilote en 1978. Il n’y a pas que dans l’espace qu’il a voyagé.

 

Absolument !

 

« C’est l’histoire d’un homme qui sillonna l’espace jusqu’aux plus extrêmes limites de l’univers, plongea dans cent galaxies, et laboura le destin de mille planètes… Son nom résonnera longuement dans les replis du temps… Ecoutez !... Il se nomme… Axle Munshine ! ». Dès la parution du premier album chez Hachette en 1975, la maquette de la série est caractérisée par un petit texte en haut sur la couverture. Ce concept restera immuable. Est-ce vous qui en avez eu l’idée ?

 

Rien ne s’est fait, comme il se doit, sans l’accord du scénariste. C’est tout ce que je peux dire. La maquette a beaucoup évolué au cours du temps, a connu tout un tas de versions possibles. En général, les choses se faisaient toujours avec mon accord bien sûr.

 

 

 

 

Peut-on qualifier Le vagabond des limbes le concept de Space Opera ?

 

Pourquoi pas ? Oui, bien sûr.

 

La série est l’histoire d’amours impossibles. Axle cherche sa Chimeer, mais est-ce une bonne chose de réaliser ses rêves ?

 

Quand on les réalise, les rêves perdent tous les avantages qu’ils avaient avant de l’être. Il n’y a rien de pire qu’un rêve qui se réalise et qui devient réalité. C’était quand même un peu le sujet de l’histoire. J’avais mis mes personnages en situation de ne pas pouvoir réaliser leurs rêves. Il y avait d’abord Axle, qui était d’une espèce proche de celle qui est la nôtre, et il y avait en face de lui Muskie, un personnage d’une espèce tout à fait différente, qui avait une particularité, celle dont tout le monde peut éventuellement rêver, la possibilité de s’arrêter à l'âge qu’elle voulait pendant une éternité. Le fait qu’elle ait arrêté son développement alors qu’elle n’était encore qu’une gamine faisait qu’elle ne pouvait pas devenir un objet convoité par Axle en tant que tel, sauf si elle reprenait la décision de vieillir, donc de redevenir mortelle pour connaitre l’amour. Qui est capable de faire une chose pareille ?

 

 

 

 

La saga du vagabond, c’est l’amour impossible de Muskie qui s’éprend d’Axle. Mais lui la voit plus comme une enfant. Peut-on dire que Muskie est le premier personnage androgyne de la BD ?

 

Je ne sais pas si c’est le premier. Vous me posez une colle. J’étais un grand lecteur de science-fiction, mais pas de SF mais pas du côté de la BD, qui était « classique » à l’époque où j’ai créé le vagabond avec Julio. Elle ne cherchait pas à aborder des thèmes complexes comme cela a été le cas dans notre série, y compris des sujets insolubles. Que se passe-t-il dans la tête de personnages face à une situation qu’ils ne parviendront pas à résoudre ? C’est ça qui m’intéressait.

 

 

 

 

Enfin, la série est aussi l’histoire d’amour entre un fils Axle, et son père qu’il recherche Korian.

 

Oui, d’autant plus qu’on ne sait rien sur Korian. On est condamné à faire des suppositions et rien d’autre.

 

 

Est-ce que vous, vous savez ?

 

Mais moi je sais tout ! Pas forcément dans le départ. Il faut savoir vers quoi l’on va et le découvrir soi-même en tant que narrateur en même temps que le lecteur. La meilleure façon de surprendre le lecteur est évidemment de se surprendre soi-même.

 

 

 

 

Avec cette série, vous êtes aussi récompensés dès les débuts au festival d’Angoulême avec l’Alfred (ancêtre des Fauves d’or) de la meilleure œuvre réaliste française pour le deuxième épisode, L’empire des soleils noirs, en 1976.

 

Un sacré cadeau. C’est vrai que j’avais mis dans cette histoire tout un tas de trucs, qui n’étaient pas des « trucs ». La plupart des gens qui écrivent pour la BD utilisent des « trucs », c’est-à-dire des moyens qui leur permettent de recommencer à se servir des mêmes outils, des mêmes recettes. Ils l’utilisent et ils sont bien contents car ils n’ont plus besoin d’en chercher d’autres. Pour la plupart, ils font ce qu’on leur demande c’est à dire un produit. Les éditeurs ne demandent que ça, de telle manière que quand un produit plait, les gens vont l’acheter, comme pour une boîte de sardines. Faire un produit n’est pas un défaut. C’est une règle quasi-absolue. Par exemple, dans Tintin, il y a des recettes qui fonctionnent. Les mêmes personnages répètent les même embrouillaminis d’albums en albums. Les Dupont et Dupond se comportent toujours pour dire la même chose. L’un répète ce que l’autre dit en ajoutant “Je dirais même plus”. Ce truc, qui est un gag, ils le répètent inlassablement dans tous les albums. Ce sont des marqueurs. On vous raconte une histoire qui n’est pas tout à fait la même que la précédente. Parfois, elle est complètement différente, mais n’ayez pas peur, on fait la même chose pour que ça vous plaise autant que la fois précédente. C’est une pratique que je n’ai jamais appliquée. Je m’en suis toujours contre-foutu.

 

 

 

 

Après la parenthèse de l’auto-édition avec le Vaisseau d’Argent où étaient parus les tomes 16 à 21, Dargaud vous a immédiatement repris sous son aile, mais ça n’a plus été pareil qu’avant.

 

Je ne peux pas dire que ça a été fait sereinement de notre côté. L’aventure du Vaisseau d’Argent (cf.Interview partie 2) m’a énormément éprouvé. En ce qui concerne la reprise par Dargaud, ça a été simplissime. On a signé un contrat avec l’éditeur et puis on a continué à travailler et à produire, mais en tant qu’auteurs comme on l’avait fait auparavant. Je ne me souviens pas que nous ayons eu quelque problème que ce soit, sauf que Dargaud n’a pas pris les mêmes risques que nous prenions quand nous travaillions à notre compte. Assez rapidement, autant que je me souvienne, les tirages ont très légèrement baissé pour venir à des hauteurs qui ne nécessitaient pas de la part des éditions Dargaud qu’elles agissent au niveau de la distribution, comme cela se décide. Quand on est éditeur, il faut avoir l’œil partout, vérifier que la distribution est bien faite pour que les points de vente qui fonctionnent soient correctement achalandés. Une maison comme Dargaud ayant d’autres chats à fouetter le fait d’une manière générale et non pas personnalisée. On est donc revenus très vite, alors qu’on avait des tirages élevés, à des tirages qui l’étaient beaucoup moins. 

 


 

Le stand du Vaisseau d'Argent à Angoulême

 

 


Dargaud a stoppé la série en 2003. Il paraît que le 32ème est bouclé et que le 33ème était commencé. Les lira-t-on un jour et n’avez-vous pas envie d’apporter une vraie conclusion à la saga ?

 

Je ne vois pas pourquoi j’apporterai une conclusion. La saga n’est pas terminée. Il n’y a pas de conclusion. Pourquoi le voulez-vous ? On s’est donné un mal de chien pour inventer un univers. Pourquoi le clore, refermer le dossier et parler d’autre chose ? Il n’y a pas de raison. Il y a une fausse rumeur qui est partie de chez Dargaud prétendant qu’un tome destiné à boucler la série était prêt. Je ne sais pas qui est le crétin qui l’a lancée. Si demain on me demande de reprendre le Vagabond des Limbes, j’ai plein d’idées en tête.

Pour répondre plus précisément à votre question, en ce qui concerne le 32ème, il a été fait par Julio mais les méthodes de fabrication avaient complètement changé. Il avait quitté Paris où l’on travaillait ensemble dans mon atelier avec une équipe composée de pas mal de monde. Outre nous deux, il y avait pas mal de monde dont Claude Plumail qui se chargeait des décors, un dessinateur remarquable, capable de se sortir de n’importe quelle complication. Dans une certaine histoire une civilisation lointaine découvrait la terre et volait la tour Eiffel, l’emportant pour faire un parc d’attractions. Plumail a été capable de prendre à bras le corps cette difficulté monstrueuse, montrant la tour Eiffel sous tous les angles exactement comme elle est. Il en a fait autant avec Notre-Dame. On avait également plusieurs coloristes qui travaillaient avec nous. Pendant longtemps, c’était les Chagnaud. Nous avions une méthode de travail.  On avait de la place et du matériel. C’était place de Clichy. Tous les jours, on arrivait à peu près tous à la même heure et on produisait de cette manière-là. Notre équipe était solide. Du jour au lendemain, Julio pris sans prévenir la décision de partir et d’aller habiter chez sa femme en province. Il s’est retrouvé obligé de tout réaliser, alors qu’il n’en faisait que le quart avant. Ce tome 32, j’ai considéré qu’il n’était pas publiable.

Le 33ème est resté à l’état d’ébauche. Julio avait de gros problèmes de santé. Il s’était fait opéré du dos. Pour le 31ème, il avait déjà été aidé par un spécialiste qui travaillait sur informatique pour faire les couleurs. Il se sont séparés pour des raisons que j’ignore. Entretemps, Julio avait appris à faire les couleurs par ordinateur mais tout ça est resté inachevé.

 

 

 

 

Il y a eu une adaptation en comédie musicale du vagabond des limbes. Surprenant.

 

Oui, absolument. Elle s’est jouée assez longtemps avec une compagnie de danse qui appartenait à la ville de Cadenet. Ça a tourné pas mal.

 

Axle Munshine et Musky dansant dans la comédie-ballet

Le Vagabond des Limbes par la compagnie Avalena

 

 

 

Votre complicité avec Julio Ribera ne se résume pas au Vagabond. Il y a eu Les chroniques de la vallée des Ghlomes, une histoire gentiment érotique. Votre désir était-il de vous adresser à un public plus franchement adulte ?

 

Non pas vraiment, ce n’était pas l’idée. C’était simplement le plaisir de travailler sur une série différente, quasi humoristique. Les Ghlomes nous permettaient de faire des choses qu’on ne pouvait pas faire avec le Vagabond.

 

 

 

 

 

 

Il y a eu aussi deux séries pourtant prometteuses arrêtées après seulement un album : Je suis un monstre, chez Glénat, et La jeunesse d’un inconnu célèbre, chez Soleil. Comment expliquez-vous ces échecs ?

 

Vous savez que si j’étais capable d’expliquer mes échecs, j’aurais fait en sorte qu’ils ne se produisent pas. Alors là, je ne sais pas répondre. Ce n’est pas difficile de faire quelque chose de différent quand vous changez de partenaire. A partir du moment où vous changez de partenaire, il apporte avec lui, ses possibilités, ses impossibilités, son style et sa personnalité. Vous débouchez alors dans un travail qui se révèle à vous même au fur et à mesure.

 

 

 

 

 

 

Annoncées comme des séries à suivre, dont vous aviez, je pense, imaginé toute une bonne partie de la suite, vous avez dû ressentir cela comme un gâchis.

 

Oui, c’est douloureux évidemment, surtout quand on a un sujet qu’on a choisi parce qu’il était porteur, parce qu’il débouchait sur un tas de possibilités, de développements, etc… et qu’on les entrevoit à peine au cours d’un album. Oui, bien entendu, s’arrêter au premier album est absolument insupportable.

 

 

 

 

Puis il y a eu en 1994 votre meilleure série réaliste, toujours avec Ribera, Le grand scandale. C’est l’histoire d’Al Jackson, dessinateur de presse, recruté pour relater des affaires politiques au travers des aventures de bande dessinée de « Little Anny Candy ». Mais quand on fricote avec la politique, on se retrouve rapidement avec la mafia sur le dos. Vous réalisez là une mise en abîme façon thriller.

 

Vous avez tout compris... 

Quand j’ouvre une fenêtre sur mon imaginaire, c’est à chaque fois une aventure personnelle. Si vous faites de l’athlétisme et si vous demandez à un spécialiste du 1500 mètres courant autour d’un stade de 400 mètres, il s’habitue à l’endroit où il court, se chronomètre tour par tour. Prenez à présent le même coureur qui compare les temps qu’il fait quotidiennement sur 1500 mètres sur des terrains différents qu’il découvre chaque jour. Quand vous imaginez une histoire, vous faites exactement la même chose qu’un coureur qui change d’endroit pour courir. Vous vous surprenez à chaque fois.

 

 

 

 

La mode de l’époque est aux séries télévisées. Avec sa construction, ses rebondissements, Le grand scandale en ferait une excellente.

 

C’est gentil. Je vous remercie du compliment. Mais je ne peux pas adhérer à votre remarque parce que je ne regarde pas la télévision.

 

 

Dans votre carrière, vous n’avez jamais pensé à écrire pour la télévision ?

 

J’ai à peu près pensé à écrire sur n’importe quoi. Ça m’aurait bien sûr beaucoup intéressé.

J’ai eu quelques courtes expériences avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, des duettistes très en vue à l’époque. J’ai participé également à l’écriture du Magasin des accessoires avec Angelo Rinaldi, une expérience passionnante. Mais tout ça n’a pas eu beaucoup de succès.

 

 

Là encore, au bout du quatrième album, l’éditeur Dargaud abandonne son lectorat en plein suspens. La suite (ou la fin) était-elle bouclée ?

 

On ne nous a pas laissé le temps. On nous a arrêté trop tôt, au quatrième album, alors qu’à cette époque les séries commençaient vraiment à décoller au cinquième. Le fait que chaque tome se déroule dans une ville différente à chaque fois permettait de durer. C’est une série qui est restée, comme plusieurs fois dans ma carrière, à l’état d’ébauche, étant entendu que, en ce qui concerne le Vagabond des limbes, nous avons eu le temps, Julio Ribera et moi, de développer une série sur la longueur, à savoir une trentaine d’albums. On a eu le temps d'épuiser tous les aspects potentiels des personnages que l’on animait. On ne pouvait pas rencontrer une série  qui permette de se renouveler à chaque album aussi facilement que le permettait le Vagabond des limbes. Ce n’était pas aussi simple, aussi évident et aussi facile qu’avec d’autres séries dans un cadre réaliste. On restait tributaire de l’éditeur qui pouvait se faire une idée trop rapidement sur une série débutante.

La chance qui a été celle du Vagabond des limbes, c’est que nous nous sommes aperçus que l’éditeur ne faisait aucun effort pour développer la série et de faire monter les tirages. Nous avons fait remarquer à la personne qui était en charge chez Dargaud du tirage des albums, qu’en ce qui concerne le Vagabond des limbes, le tirage était stagnant de titre en titre, alors que nous avions un retour sur publication qui faisait qu’on nous parlait de plus en plus de notre série et de la faveur du public à son égard. Nous avons donc demandé pourquoi il ne forçait pas sur la distribution et la mise en place. Nous sentions que l’on pouvait monter les tirages. Le personnage assis derrière son bureau, qui avait à gérer je ne sais combien de titres et de séries différentes et qui n’en avait strictement rien à faire, nous a déclaré de manière élégante : “Mais pourquoi voulez-vous que l’on prenne des risques en augmentant les tirages alors que le tirage auquel on tire le Vagabond des limbes se vend tout seul ?” Nous nous sommes donc dit avec Julio Ribera que si ça se vendait tout seul, nous n’avions pas besoin d’eux. C’est la raison pour laquelle, en s’auto-éditant, on s’est chargé nous même de faire grimper les tirages. On est monté jusqu'à 70 000 exemplaires quand nous étions nous-mêmes nos propres décideurs, nos propres éditeurs.

C’est une situation que tous les auteurs connaissent quand on a à faire à un éditeur qui s’occupe d’une écurie d’auteurs. Quels sont ceux disposés à être considérés comme des chevaux qui n’ont qu’une ration d’avoine très régulièrement comptée ?

Pour devenir éditeur, il faut prendre des risques et beaucoup travailler, se bagarrer, cavaler dans les coins, aller là où ça coûte le moins cher à l’impression. J’allais en Hollande faire le réglage sur machines rotatives moi-même. Au bout de celle-ci, les cahiers tombaient les uns derrières les autres pendant que je modifiais le rouge ou le bleu sur le clavier. Ça rendait fou les employés car les pages imprimées entre temps partaient à la corbeille. On avait des albums qui avaient enfin la gueule qu’on avait envie qu’ils aient. Il fallait ensuite se battre avec les libraires, convaincre tout le monde. On ne peut pas tout faire quand on est une société modeste. C’est la raison pour laquelle, quand j’en suis arrivé à un point où je ne marchais plus sur mes pieds mais sur mes genoux qu’on a décidé d’arrêter.

 

 

 

 

De nos jours, de nombreux albums sont envoyés au casse-pipe par leurs éditeurs. Ils sont publiés sans aucun soutien ni défense, ni diffusion.

 

Les éditeurs ne courent pas après une idée préconçue de ce qu’il faut faire pour vendre. Quand on veut vendre des albums, il faut réfléchir à ce qui peut éventuellement plaire à un certain lectorat. Il faut se poser des questions et prendre des initiatives. Etant donné que les auteurs aujourd’hui sont beaucoup trop nombreux, ils sont prêts à travailler comme des malades pour simplement toucher un montant dérisoire. Pour les éditeurs, si le public réagit, c’est très bien, sinon ils passent à l’album d’un autre auteur qui ne demande que ça, qu’on fasse l’expérience avec lui aussi. Tout a changé parce qu’aujourd’hui les auteurs se ramassent à la pelle. A mes débuts, la situation n’était pas la même. Les journaux et les hebdomadaires permettaient d’expérimenter. Il y avait instantanément un rapport auteurs-lecteurs. Nous étions peu nombreux, à peu près 300 contre plus de 10 000 aujourd’hui, voire le double, je ne sais même pas. Les journaux n’existent quasiment plus. Il n’y a plus ce baromètre qui permettait de faire des essais, de se former et de trouver un lectorat.

 

 

(à suivre…)

 


 

 


Entretien réalisé par Laurent Lafourcade

Les dessins sont © Christian Godard/Julio Ribera

La photo de titre d’article est © Laurent Mélikian

 

 



Publié le 01/04/2020.


Source : Bd-best


La vieille est de retour ou La légende de la momie.  Le livre des démons 4

« - Oooh ! Tu remplaces un journaliste qui s’est blessé ? C’est pour ça que t’es venu jusqu’ici ?

- Tu as de la chance. La tournée des temples aura lieu demain matin.

- Et sinon, ce journaliste… Tu crois qu’il pourra écrire un bon article ?

- Je me le demande… Il court toujours après des kappa ou des monstres similaires sans jamais les débusquer. D’après lui, un tengu enlèverait des gens pour les transformer en momies.

- Ha ha ha ! Cette fois on a le droit à un tengu. Ça sort de l’ordinaire. Ton ami journaliste n’est pas loin de la vérité avec son histoire de « momie », même si c’est légèrement différent.

- Hum ? Comment ça ?

- Le mieux reste d’aller la voir. Allez viens, suis-moi. »

 

 

 

 

 

 

Un tengu vivrait dans la forêt de Minashiro et transformerait les villageois qui pénètrent à l’intérieur en momies. Cette légende de la momie est paradoxale pour Shotaro Mononobe, gérant d'un magasin de livres d'occasion et chasseur de démons. Il se rend sur place en se demandant pourquoi ce tengu aurait besoin de transformer en momies les hommes qu’il enlève. Il est parti seul. Son jeune et mystérieux assistant Shiro est resté à la boutique avec Mayu, la jeune fille qu’ils ont recueilli.

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

Konkichi propose un tome de transition, moins centré sur les démons. On regrettera le rôle secondaire qu’y tient Shiro. On n’a pas droit à son comportement ambigu de dévoreur de démons. L’histoire est néanmoins intéressante et se lit comme un conte traditionnel : une légende, un dieu, un temple, une vénération, et des sacrifices en échange de la tranquillité pour le village.

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

Le mangaka signe une histoire intelligente et philosophique. Alors que son sujet pourrait prêter à une débauche de scènes d’action et de violence, il prend le contrepied en proposant une réflexion sur les rapports entre les hommes et les dieux. Qui a créé le ou les autres ? Il pose ouvertement la question par le biais d’un des protagonistes : « Si un dieu est créé à partir de la foi, alors peut-être qu’il finira par disparaître si plus personne ne croit en lui. ». Tout un débat.

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

Entre les divinités et les démons, les humains devront trouver leur place. N’importe qui peut-il tuer un démon ? Sont-ils immortels ? Sont-ils invincibles ? Sont-ils seulement vivants ? Gouttez leur sang et vous aurez peut-être des réponses.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

Série : Le livre des démons

 

Tome : 4

 

Genre : Fantastique 

 

Scénario & Dessins : Konkichi  

 

Éditeur : Komikku

 

Nombre de pages : 158 

 

Prix : 7,99 €

 

ISBN : 97823728747455

 



Publié le 01/04/2020.


Source : Bd-best


Éditions Dupuis Action de soutien aux combattants du Corona Virus

 

Nous sommes tous touchés par la grave crise que le coronavirus a déclenchée partout dans le monde. Que ce soit en France, aux Pays-Bas ou en Espagne, des Belges sont chaque soir à 20h sur les trottoirs, balcons et terrasses pour remercier et applaudir le travail du personnel de la santé. On voit fleurir le #bravopourlessoins et les Editions Dupuis ont décidé de s’associer à ce mouvement de gratitude vis-à-vis de ceux qui prennent soin de nous, pas uniquement le personnel soignant mais aussi à ceux qui continuent à travailler dans la grande distribution, les maisons de repos, les services de livraison, la sécurité, l’enlèvement des immondices, le nettoyage et la désinfection, et tant d’autres.

 

 

 

 

 

 

Nous avons demandé à Nob de créer un dessin pour cela et nous vous le proposons aujourd’hui (format A4). Il serait sympathique que la population qui le souhaite puisse le découper et le coller aux fenêtres.

 

 

 

 

 

 

Vous pouvez télécharger ce dessin en cliquant sur le lien ci-dessous:

 

Télécharger le dessin

 

 

Avec cette action, nous espérons voir un geste de plus afin de  remercier du fond du cœur tous ceux et celles qui prennent soin de nous, avec humanité, professionnalisme et courage

 

Alain Haubruge & Laurent Lafourcade



Publié le 01/04/2020.


Source : Bd-best


Le grand fossé.  La nef des fous 10 - La faille

« - Tiens, tiens ! Gonzague de Saint-Plomplon, mon grand argentier ! Vous tombez à point nommé mon cher !

- Toujours, Majesté ! Je suis l’être qui tombe à pic. En quoi puis-je vous être agréable, mon Roy ? Je suis tout ouïe !

- La faille !... Pouvez-vous m’annoncer une date réaliste, crédible et non exagérée du début des travaux ?

- Euh ?... Là ? Tout de suite ?

- Oui ! Là ! Sur le champ ! »

 

 

 

 

 

 

                Une gigantesque fissure traverse le palais d’Eauxfolles. Il est urgent de faire des travaux avant que la situation ne s’aggrave. Cependant, l’urgence technique n’est pas la même que l’urgence pécuniaire. Alors que le grand argentier Gonzague de Saint-Plomplon demande douze semaines de délai le temps que la banque débloque les fonds, le Roy Clément le dix-septième exige un démarrage des opérations pour le lendemain 10 heures ! Ce que le Roy veut, on le met en place. Stop aux tergiversations ! Place aux actions. L’argentier va gérer, ou du moins tenter. Pendant ce temps, dans les bois brumeux du coteau des ormes, le Sergent Bonvoisin et l’Inspecteur Baltimore qui viennent de découvrir un champ de coloquintes illégal tentent d’échapper à des hommes cagoulés. Et la Reine qui a disparu ? Où est-elle passée ?

 

 

 

 

© Turf - Delcourt

 

 

                Le deuxième cycle de La nef des fous suit son cours, ou plutôt sa faille. On retrouve avec un plaisir non dissimulé des personnages maintenant familiers, que ce soit ce bon Roy, les zélés membres des forces de l’ordre ou même le méchant Ambroise.

 

 

 

 

© Turf - Delcourt

 

 

 

Le trait minutieux de Turf sert à merveille ce récit et cette ambiance médiévalo-steampunk. L’artiste est pointilleux mais on n’a jamais l’impression de planches surchargées. C’est fin, tout simplement. Les clins d’œil sont subtils, comme ce triangle rouge inversé barré de blanc que portent les hommes encagoulés et qui n’est autre que le logo des éditions Delcourt. Dans les premiers albums, un message caché était dissimulé dans l’album. Ici, y est-il ? Le trouverez-vous ? On ne l’a pas déniché et on attend votre éventuelle découverte.

                Turf joue avec les découpages et donne au média BD une justification même de son existence. Ainsi, l’échappée en wagonnet du Sergent et de l’Inspecteur à la manière des « Trois chemins » est une planche remarquable.

 

                La quatrième de couverture vaut son pesant de cacahuètes. Des critiques flagorneuses, ou pas, engagent à lire l’album. C’est osé, c’est drôle, et tout n’est pas si faux que ça.

 

 

 

 

© Turf - Delcourt

 

 

                La nef des fous est une petite madeleine de Proust pour les lecteurs de la première heure des éditions Delcourt. La série a contribué à faire de l’éditeur ce qu’il est aujourd’hui.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

Série : La nef des fous

 

Tome : 10 - La faille 

 

Genre : Fantastique 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Turf

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 48

 

Prix :  14,50 €

 

ISBN : 9782413005261

 



Publié le 01/04/2020.


Source : Bd-best


Une institution fait son entrée en BD.  Les grosses têtes 1 - Ils ne respectent plus rien !

« - Oui ! Oui !

DENG DONG DING DONG

- Trop tard, le temps est écoulé.

- Ha ha ha ha !

PLOP !

- Sacha Guitry !

- Dans votre travail, vous avez été exposé à un volume sonore élevé récemment ?

- Comment ? Parlez plus fort ! »

 

 

 

 

 

 

Pas facile pour les oreilles de Laurent Ruquier de sortir indemnes d’un enregistrement des Grosses Têtes. Caroline Diament s’enthousiasme toujours trop vite en croyant savoir les bonnes réponses. Péroni débouche un litron. Mergault répond Sacha Guitry à tout. Et ça rigole à tout-va !

 

Ils sont venus, ils sont (presque) tous là ! Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier qui font le bonheur des auditeurs de RTL tous les jours de 15h30 à 18h débarquent enfin en BD dans un recueil de gags et d’histoires courtes.

 

 

 

 

 © Veys, Coicault - Michel Lafon / RTL

 

 

Pierre Veys n’est pas le premier venu. Le scénariste de l’hilarante série Baker Street et de la désopilante série Philip et Francis prend en main la destinée des Grosses Têtes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il les connaît bien. On retrouve les caractères bien trempés des principaux sociétaires de l’émission. Pierre Bénichou est le pilier. Gare aux spectatrices du premier rang. Roselyne Bachelot court après les rugbymen. Philippe Manœuvre est encore et toujours l’enfant du rock qu’il restera. Jean-Jacques Péroni et Bernard Mabille font office des deux piliers du Muppet Show, le premier n’oubliant jamais son gorgeon, le second étant porté sur la nourriture. Isabelle Mergault affirme sa place pendant qu’Arielle Dombasle fait sa diva et que Chantal Ladessou se croit plus jeune qu’elle n’est. Un peu de Baffie, un soupçon de Marcella Iacub et de Cristina Cordula, des figurations de Jugnot et Gazan.  Il y a aussi Jeanfi Janssens, l’ex-stewart, qui assume sa sexualité et n’hésite pas à draguer ouvertement.

Veys créé des histoires que pourraient vivre les grosses têtes, des studios de la radio jusqu’au week-end champêtre. Cet album n’est pas la BD de l’émission, c’est une BD sur l’émission et la vie en parallèle de ses protagonistes. Pour les auditeurs, c’est comme s’ils partageaient un peu plus la vie de ceux qui les font rire. Pour les autres, ils y prendront quand même plaisir mais passeront à côté de quelques subtilités.

 

 

 

 

 © Veys, Coicault - Michel Lafon / RTL

 

 

Après Stéphane Plaza, profession agent immobilier, Frédéric Coicault reste dans l’audiovisuel. Avec son graphisme rond et pulsé à la Stédo, il dynamise les situations, faisant même des éclats de rire des personnages à part entière. Coicault était géomètre. Ce fan de Franquin en a fait du chemin. Spécialiste des adaptations (Bienvenue chez les ch’tis, les chevaliers du fiel, Balkany company,…), il serait grand temps qu’il fasse autre chose que des séries qui ont un nom pour passer sur le devant de la scène et s’en fasse un. Espérons que les près de deux millions d’auditeurs de l’émission en se transformant en quelques milliers de lecteurs l’aident en cela.

 

Il serait de bon ton de critiquer cet album que l’on pourrait accuser d’être un produit commercial. Ce ne sera pas le cas ici. Et quand bien même il aurait eu des défaut, il a le grand mérite d’amener à la BD des gens qui n’en lisent pas habituellement.

 

 

 

 

 © Veys, Coicault - Michel Lafon / RTL

 

 

                Pierre Bénichou vient de nous quitter. Avec lui, les Grosses Têtes perdent l’un de leurs principaux éléments, l’un des plus drôles, des plus irrévérencieux et des plus cultivés, la quintessence d’une Grosse Tête. Rendons lui hommage en rigolant avec lui dans cet album. C'est certainement ce qui lui aurait fait le plus plaisir.

 

Les Grosses Têtes sont une famille dont on n’a pas envie de partir une fois qu’on a pris l’habitude de les écouter. Vous ne connaissez pas l’émission de radio ? (Est-ce possible ?) Lisez l’album et amusez-vous à retrouver qui est qui selon les anecdotes racontées. On ne choisit pas sa famille mais on choisit les Grosses Têtes.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

Série : Les grosses têtes

 

Tome : 1 - Ils ne respectent plus rien !

 

Genre : Humour

 

Scénario : Pierre Veys 

 

Dessins : Frédéric Coicault

 

Couleurs : Ricardo Manhaes

 

Éditeur : Michel Lafon / RTL

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 12 €

 

ISBN : 9782749938905

 



Publié le 31/03/2020.


Source : Bd-best


De la Patagonie à la plus haute tour d’un Donjon.  Entretiens avec Lewis Trondheim

 

« Très vite j’ai voulu écrire mes propres histoires. Je me suis essayé aux nouvelles. Mais je composais aussi des grilles de mots croisés. Pour écrire, j’ai d’abord utilisé la machine à écrire qui était dans le bureau de mes parents. Ensuite j’ai eu une machine à écrire de la marque électronique Brother, qui offrait la possibilité de revenir en arrière sur au moins 20 caractères, ce qui était tout bonnement incroyablissime. C’est là-dessus que j’ai écrit mes premiers scénarios de science-fiction, découpés comme pour le cinéma, la télévision ou la bande dessinée - mais je pensais ne pas avoir les moyens graphiques de devenir auteur de BD. En tout cas, je voulais raconter des histoires, même si je n’avais aucune certitude d’en faire un métier. »

 

 

 

 

 

 

                Il en a fait du chemin, l’autodidacte Lewis Trondheim. Ce fils de libraire s’est lancé dans le grand bain de la bande dessinée en réalisant une histoire de cinq cent planches. C’était Lapinot et les carottes de Patagonie. Depuis, cent soixante albums sont parus, des petits, des gros, chez des petits éditeurs ou dans de grandes maisons. Et si l’homme a une qualité qui dépasse toutes les autres, c’est bien la fidélité, et notamment la fidélité à L’Association qu’il a cofondée avec d’autres auteurs de bande dessinée, maison d’édition pas comme les autres qui l’a lancé, l’a vu grandir et continue à accueillir ses albums comme Les nouvelles aventures de Lapinot ou encore ce formidable livre d’entretiens, pavé de trois cents pages qui retrace toute la carrière de l’auteur, sous la houlette d’un des plus grands spécialistes de la bande dessinée Thierry Groensteen.

 

 

 

 

© Groensteen, Trondheim - L’Association

 

 

                Lewis Trondheim est un auteur humble et discret, pas vraiment le style à étaler sa vie dans une monographie. Et pourtant, il l’a fait. La seule condition était que ce soit son ami Thierry Groensteen qui mène la danse. Des préambules à ces premières créations jusqu’à ses dernières productions, tout, tout, tout, on apprend tout sur Trondheim et son œuvre. A travers douze chapitres, l’auteur se confie sans filtre. Pour tous ceux qui l’ont rencontré et l’on entendu parler, on reconnaît le son de sa voix au travers de ses réponses.

 

 

 

 

© Groensteen, Trondheim - L’Association

 

 

                D’Approximate Continuum Comics aux Petits riens, de nombreux albums de Lewis sont autobiographiques. Il s’y représente sous la forme d’un aigle humanisé au regard sombre. Ce sont eux qui ont fait son originalité et son succès, d’abord dans le milieu underground de la BD, puis en intégrant les catalogues des grands éditeurs. En passant de L’Association, Le Lézard et Cornélius à Dargaud, Delcourt et Dupuis, Trondheim a réussi le transfert. Mais alors que nombre de ses collègues prennent cette voie en sens unique, Lewis n’a jamais oublié d’où il vient. Les nombreuses vies de Lapinot en témoignent, lui qui revient à L’Asso après y être né et avoir connu le succès chez Dargaud, le voici de retour au bercail.

 

 

 

 

© Groensteen, Trondheim - L’Association

 

 

                Depuis Mildiou, on connaît l’amour de Trondheim pour le médiéval et l’Héroïc-Fantasy. Mais celle de Donjon ou de Ralph Azham n’est pas celle avec des gros barbares qui tapent sur tout ce qui bouge sans réfléchir et sans raison comme on en voit souvent. Trondheim ne prend pas ses lecteurs, jeunes ou moins jeunes, pour des idiots. Le monde de Ralph Azham n’est pas celui de Game of thrones mais c’est un monde d’adulte. Il ne cherche pas à enjoliver les choses, mais pas non plus à enfreindre telle ou telle limite.

 

 

 

 

© Groensteen, Trondheim - L’Association

 

 

                Outre ses activités classiques d’auteur de BD, Lewis Trondheim a toujours été très investit dans son milieu professionnel. Il est l’un des membres fondateurs du Syndicat des auteurs de Bande dessinée. Il est aussi le créateur du personnage du Fauve, mascotte du festival d’Angoulême depuis 2006. La ville l’a mis a l’honneur cette année dans une superbe exposition  rétrospective « Lewis Trondheim fait des histoires », qui aurait dû être visible jusqu’au mois de Mai, et qui, on l’espère, sera prolongée après le confinement que nous vivons.

 

 

 

 

Photo © Laurent Lafourcade

 

 

                Thierry Groensteen interroge Lewis Trondheim de manière méticuleuse. Aucun pan de sa carrière ne reste dans l’ombre. Et pour mieux éclaircir l’ensemble, l’enquêteur agrémente son livre des témoignages de douze camarades de jeu de Trondheim : Harry Morgan, Jean-Pierre Duffour, Matthieu Bonhomme, Appollo, Nicolas Kéramidas, Joann Sfar, Obion, Jochen Gerner, Mathieu Sapin, Stéphane Ory Hubert Chevillard, ainsi que l’incontournable coloriste et compagne de Lewis : Brigitte Findlaky.

 

 

 

 

Photo © Laurent Lafourcade

 

 

                Entretiens avec Lewis Trondheim, par Thierry Groensteen, est un ouvrage indispensable, non seulement à tous les lecteurs, fanatiques ou occasionnels, du dessinateur, mais aussi à tous les curieux qui veulent découvrir comment on devient auteur de bande dessinée.

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : Entretiens avec Lewis Trondheim 

 

Genre : Interview

 

Auteur : Thierry Groensteen 

 

Dessins : Lewis Trondheim 

 

Couleurs : Brigitte Findlaky

 

Éditeur : L’association

 

Nombre de pages : 302

 

Prix : 26 €

 

ISBN : 9782844147691

 



Publié le 30/03/2020.


Source : Bd-best


Polar cinématographique sous l’occupation.  Retour de flammes 1 - Premier rendez-vous

« - Commissaire Lange ? Ludolf Jäger. Gestapo.

- Qu’est-ce qu’un homme de la police secrète allemande vient faire dans notre enquête ?

- Il s’agit du deuxième acte terroriste de ce type en quelques semaines et, vraisemblablement, commissaire, vous n’avez guère avancé dans vos investigations.

- Un acte terroriste ?

- Les pellicules incendiées sont par deux fois celles de films allemands. La première fois, les bobines du Président Krüger de Hans Steinhoff sont parties en fumée dans la cabine du Louxor, cette fois, celles du chef-d’œuvre Le Juif Süss. Il s’agit clairement d’un acte délibéré contre la production cinématographique allemande, et donc contre les intérêts du Reich. »

 

 

 

 

 

 

 

Paris. Septembre 1941. Un individu va de cinémas en cinémas pour incendier les bobines de films allemands. Aussitôt son acte fait, il appelle anonymement les pompiers pour qu’ils arrivent sur les lieux avant que le cinéma ne brûle. Pressés par la Gestapo, le commissaire Lange et son adjoint l’inspecteur Goujon mènent l’enquête dans le Paris occupé, entre les repas dans lesquels se montrent les hauts gradés du IIIème Reich et les cabarets cachés pour qui le spectacle continue. Et lorsqu’une danseuse du Shéhérazade est retrouvée assassinée dans son appartement, les événements prennent une tout autre tournure.

 

 

 

 

 © Grande, Galandon, De Cock, Merle – Glénat

 

 

Laurent Galandon est un spécialiste de la Seconde Guerre Mondiale. On l’a vu avec, entre autres, L’envolée sauvage. Il est un amoureux du cinéma. On l’a vu avec La parole du muet. Avec Retour de flammes, il conjugue les deux thématiques dans un polar en cinémascope. Annoncé comme un diptyque, l’histoire est construite comme un film de cinéma. Les personnages ont des caractères bien définis avec des faces mystérieuses. Lange converse avec le fantôme de Madeleine, une actrice qui semble avoir été sa compagne. Goujon apparaît comme le mari modèle mais souffre manifestement d’une homosexualité non assumée. Les protagonistes secondaires ont eux aussi leurs secrets. Qui sont Clotilde et Elisabeth, la jeune femme et la petite fille, qui viennent s’installer dans l’appartement voisin de chez Engelbert Lange ?

 

 

 

 

 © Grande, Galandon, De Cock, Merle – Glénat

 

 

Films de propagande et orduriers pamphlets antisémites sont montrés du doigt dans ce récit d’époque. Au-delà de ça, l’implication d’acteurs stars de cette période trouble dans les films qui continuent à se tourner pose question. Dans Retour de flammes, on croisera entre autres Suzy Delair, Pierre Fresnay, Danielle Darrieux, Harry Baur, Fernandel, ainsi que le réalisateur Henri-Georges Clouzot. Les activités de la société de production La Continental laisseront des tâches dans le CV de nombreux gens du métier.

 

Alicia Grande réalise là son premier album. La scène d’ouverture donne le ton et immerge dans l’ambiance cinématographique du récit. L’angoissante salle de cinéma vide du Concordia dans le sixième arrondissement donne le ton. Les personnages sont soignés et là où Grande excelle c’est dans les acteurs célèbres que l’on reconnaît bien sans qu’ils ne soient des caricatures rigides comme on en voit trop souvent.

 

 

 

 

 © Grande, Galandon, De Cock, Merle – Glénat

 

 

 

Les couleurs d’Elvire de Cock, assistée par Jean-Baptiste Merle, privilégient une ambiance semi-sépia, sans en être vraiment, datant le récit dans son époque.

 

Attention, tous les acteurs sont en place ? Silence, on lit !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

Série : Retour de flammes

 

Tome : 1 - Premier rendez-vous

 

Genre : Polar

 

Scénario : Laurent Galandon 

 

Dessins : Alicia Grande

 

Couleurs : Elvire de Cock & Jean-Baptiste Merle 

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 14,95 €

 

ISBN : 9782344018804

 



Publié le 30/03/2020.


Source : Bd-best


De la bonne BD d’action populaire.  Tango 4 - Quitte ou double à Quito

 « - Toujours passionné d’histoire à ce que je vois, John ?

- Reyes ?

- Tu es content de me revoir, ça fait plaisir. Enchanté de faire votre connaissance, Monsieur Borgès.

- Vous connaissez mon nom ? Qui êtes-vous ?

- Tom Reyes. Et voici Shannon Serra, mon adjointe. John a dû vous parler de moi, non ? John et moi nous connaissons depuis longtemps. Nous avons beaucoup travaillé ensemble. Un garçon fiable, avec un sang-froid remarquable, mais je crois que vous avez eu l’occasion de vous en rendre compte…

- Qu’est-ce que tu fabriques ici, Reyes ? Du tourisme ? Je croyais que nous étions quittes.

- Nous étions quittes. Maintenant, tu vas avoir une dette envers moi. Je suis venu te prévenir d’un danger. Carmen est dans les parages. Elle sait que tu es ici et elle te cherche. Il semble qu’elle nourrisse de très mauvaises intentions à ton égard. »

 

 

 

 

 

 

Alors qu’ils croyaient être à l’abri en Equateur, John Tango et Mario Borgès sont rattrapés par leur passé. Reyès veut que Tango travaille à nouveau pour l’agence fédérale afin de faire tomber Carmen et la retourner pour mettre la main sur tout le réseau.

 

 

 

 

 © Matz, Xavier - Le Lombard

 

 

Philippe Xavier voulait son Bernard Prince ou son Bruno Brazil. Il l’a. Tango possède l’ADN des meilleures séries de la grande époque du Lombard. Les héros à la Greg en ont encore sous la pédale. La BD d’action populaire n’a pas dit son dernier mot et c’est tant mieux. Fils spirituel de Vance, Hermann et Giraud, Xavier a été biberonné par ces grands maîtres et sa carrière prend le même chemin que ses modèles. Après Croisade, Conquistador et Hyper 1709, le dessinateur a sous son crayon un personnage dont la carrière n’est pas prête de se terminer et dont l’originalité est de parcourir le monde, ce qui lui permet de dessiner des paysages exceptionnels.

 

 

 

 

 © Matz, Xavier - Le Lombard

 

 

C’est Xavier lui-même qui a imaginé le personnage de John Tango et qui a demandé à Matz de participer au scénario. Le scénariste du Tueur l’accompagne dans des brainstormings pour construire le squelette de chaque histoire, puis apporte son savoir-faire du découpage et écrit tous les dialogues.

 

 

 

 

 © Matz, Xavier - Le Lombard

 

 

Tango et Borgès, non contents de former un duo de choc, rappellent non seulement certains de leurs camarades du neuvième art, mais aussi du septième. Belmondo aurait très bien pu interpréter Tango. On pense aussi au duo Lanvin-Giraudeau dans Les spécialistes de Patrice Leconte lorsque ça canarde de tous les côtés et que Borgès se retrouve suspendu à une falaise.

 

Bref, avec un titre comme Quitte ou double à Quito, Tango, c’est Bruno Brazil croise la route d’OSS117.

 

 

 

 

 © Matz, Xavier - Le Lombard

 

 

 A noter qu’une version grand format en noir et blanc est parue.

 

Interview de Philippe Xavier :

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

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Série : Tango

 

Tome : 4 - Quitte ou double à Quito

 

Genre : Humour fraternel

 

Scénario : Matz 

 

Dessins : Philippe Xavier

 

Couleurs : Jérôme Maffre

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,45 €

 

ISBN : 9782803676842

 



Publié le 29/03/2020.


Source : Bd-best


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Publié le 29/03/2020.


Source : Bd-best


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