Information générale concernant le monde de la BD
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En 1694, les conséquences de la révocation de l'Édit de Nantes continuent à diviser la France. Les Huguenots, même "cachés" ou "convertis" sont encore nombreux et n'hésitent pas, pour certains, à comploter contre le Royaume.

 

" - Un dernier conseil : découvrez-vous toujours devant les statues de saints.

- Ah ?

- C'est en refusant de se découvrir que des nôtres ont été repérés à Saint-Malo ... Ces statues de la Vierge sont là pour ça."

 

Au niveau politique, la guerre de la Ligue d'Augsbourg menace les côtes du royaume. Brest, port stratégique abritant une partie de la puissance navale française, est dans le viseur de la flotte anglo-hollandaise.

 

 

 

Envoyé par Louis XIV, Vauban doit organiser au plus vite la défense de la rade, renforcer les fortifications et coordonner les moyens militaires destinés à repousser une attaque qui pourrait avoir des conséquences considérables.

 

" - Un courrier de Sa Majesté, monsieur [Vauban].

- Versailles, daté du 22 mai : "Ne perdez pas de temps. L'amiral Russel est déjà en mer avec 40 vaisseaux, bientôt rejoints par le reste de la flotte. Les galiotes à bombes et 12 régiments campés à Portsmouth, plus 2 autres avec Tollemache, visent à brûler Brest et détruire notre flotte. par votre savoir-faire, vous suppléerez à ce qui manquera."

Bien ... Mais tout manque ici ! Hier encore, j'écrivais que les retranchements de Conquet ne sont ni finis, ni fiables !"

 

À cette mission déjà complexe s'ajoute une épreuve plus intime : son fils a été enlevé par deux protestants en fuite, transformant cette campagne militaire en une véritable course contre la montre.

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2026

 

Avec "Péril sur Brest", Jean-François Miniac et Andrea Rossetto achèvent leur diptyque consacré à Vauban en s'appuyant sur un épisode peu connu de l'histoire de France. Loin de se limiter à une simple reconstitution historique, l'album plonge le lecteur dans une période de crise où se mêlent enjeux militaires, tensions religieuses et destin personnel.

Si le premier tome s'intéressait à Vauban organisant la défense de Saint-Malo, ce second nous conduit à Brest, tout autant menacé d'un débarquement anglais.

 

L'un des grands plaisirs de l'album réside dans sa capacité à faire revivre un épisode historique méconnu tout en conservant les ressorts d'un récit d'aventure. Les auteurs articulent habilement la grande Histoire et les trajectoires individuelles. La guerre, les trahisons,  l'espionnage, les rivalités entre puissances européennes, voire entre les membres de la Cour de Guillaume III, mais aussi les blessures laissées par la révocation de l'Édit de Nantes nourrissent une intrigue dense et accessible.

 

" - Je suis la dernière des Gouyon de la Moussaye. Je ne renierai ni notre passé huguenot ... ni celui de mon cher René. Ma maison est la vôtre."

 

Cette dimension humaine apporte de la profondeur au personnage de Vauban, souvent réduit dans l'imaginaire collectif à son rôle de bâtisseur de forteresses.

 

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2026

 

Scénariste de l'ouvrage, Jean-François Miniac confirme son goût pour les récits solidement ancrés dans le réel. Son travail se distingue par une importante recherche documentaire qui irrigue chaque page sans jamais alourdir la narration. Les questions militaires, la situation des protestants après la révocation de l'Édit de Nantes ou encore les enjeux stratégiques liés à la défense du littoral sont intégrés avec naturel à l'intrigue.

 

 

Miniac parvient ainsi à rendre vivants des événements historiques complexes tout en maintenant un rythme soutenu. La progression dramatique alterne efficacement entre préparatifs militaires, scènes de voyage, tensions politiques et drame familial, donnant au récit une véritable dynamique romanesque.

 

Néanmoins, le petit dossier historique clôturant ce second tome apporte une dimension d'authenticité et de véracité à l'ensemble, ancrant clairement la partie fictionnelle dans un écrin historique confirmé.

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2026

 

Au dessin, Andrea Rossetto réalise un travail particulièrement convaincant. Son trait précis restitue avec minutie l'architecture militaire imaginée par Vauban, les ports bretons, les fortifications et les paysages côtiers. Cette attention portée aux décors contribue fortement à l'immersion et donne toute sa crédibilité au récit. Pour ceux qui connaissent ces lieux, ils peuvent aisément en reconnaître les décors encore existants.

Les scènes d'action restent fluides malgré la richesse des détails, tandis que les personnages bénéficient d'une mise en scène expressive qui renforce l'aspect humain de l'histoire.

 

 

Les couleurs d'Alessandra participent également à l'ambiance générale, en valorisant aussi bien les vastes panoramas maritimes que les atmosphères plus sombres liées aux intrigues et aux poursuites.

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2026

 

À travers ce second volume, Miniac et Rossetto réussissent à conjuguer rigueur historique et sens du divertissement. L'album éclaire avec pédagogie le rôle majeur joué par Sébastien Le PrêtreVauban dans la défense du royaume tout en proposant un récit vivant, porté par le suspense et l'aventure.

 

Une conclusion solide pour ce diptyque, qui séduira autant les amateurs d'histoire que les lecteurs en quête d'une bande dessinée historique efficace et immersive.

 

 

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2026

 

Petit bonus pour ceux qui craquent sur les couvertures des 2 tomes, la Galerie Napoléon (Paris) met en vente deux superbes huiles sur papier les reproduisant. Aux dimensions de 46 x 61 cm, vous ne pourrez que les admirer plus encore !

 

 

 

 

Chronique du tome 1 : Le Piège malouin

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Vauban

Tome : 2/2 - Péril sur Brest

Scénario : Jean-François Miniac

Dessin : Andrea Rossetto

Couleurs : Angelo Iozza

Éditeur : Anspach

Genre : Thriller Historique

Thèmes : thriller, espionnage, grande et petite Histoire, Bretagne, France, Vauban, Louis XIV

Public : ado - adulte

Parution : 9 octobre 2026

Format : 24 x 32 cm

Page : 64

ISBN : 978 2 9311 0560 3

Prix : 16,95 €



Publié le 28/10/2026.


Source : Bd-best


Avec "Lenny, on ne choisit pas sa famille !", Relom signe une comédie familiale aussi mordante qu'irrésistible. L'album met en scène Lenny, un garçon parfaitement ordinaire qui a pourtant tiré le mauvais numéro à la loterie familiale.

 

" - Mais c'est n'importe quoi ! Elle va très bien, Zaza !

- C'est exactement ce que je lui ai dit !

- MoOOORt AUX HoOOOoommes ..."

 

Entre une petite sœur incontrôlable, des parents prisonniers de leurs certitudes éducatives et une grand-mère qui semble avoir transformé l'excentricité en art de vivre, le jeune héros tente tant bien que mal de conserver sa santé mentale.

 

 

 

 

Derrière l'humour omniprésent, l'auteur s'amuse à pointer du doigt certains travers contemporains : l'obsession du paraître, les modes éducatives, les injonctions contradictoires et l'incapacité à reconnaître ses propres défauts.

 

" - Dis-moi que je rêve ! Elle a bu de l'acétone !!

- RRroOOonn

- Mais non, elle a dû s'en servir pour nettoyer les vitres ... Tu dramatises toujours tout."

 

Le tout justement est porté par un rythme vif, une galerie de personnages inoubliables et un sens aigu de l'absurde. On rit beaucoup, parfois jaune, mais toujours avec plaisir.

 

© Relom - Fluide Glacial 2026

 

Relom, un observateur férocement drôle

Connu notamment pour les séries "Traquemage" et "Andy & Gina", Relom démontre une nouvelle fois son goût pour les univers décalés et les personnages hauts en couleur. Auteur complet, il excelle dans l'art de transformer les travers humains en ressorts comiques. Son humour repose autant sur la caricature que sur l'observation du quotidien, ce qui rend ses histoires aussi loufoques que familières.

 

" - Oui, ma sœur elle a une grosse chatte; mais elle est moins jolie que la tienne. Toi, ta petite chatte, elle est vraiment toute mignonne."

 

Ici, il construit un microcosme familial dont chaque membre semble avoir sa propre définition de la normalité. Et c'est précisément ce contraste qui fait mouche : le seul personnage raisonnable est considéré comme le problème de service. Une situation qui rappelle parfois certains repas de famille où l'on finit par se demander si le plus sage n'est pas celui qui quitte la table le premier.

 

 

© Relom - Fluide Glacial 2026

 

Un scénario construit autour de l'absurde du quotidien

Plutôt qu'un récit linéaire, Relom privilégie une succession de scènes et de tranches de vie qui dévoilent progressivement la mécanique dysfonctionnelle de la famille. Chaque épisode repose sur un malentendu, une situation absurde ou une logique poussée jusqu'à ses conséquences les plus ridicules.

 

L'une des grandes attraits du scénario réside dans son équilibre. Sous ses allures de satire féroce, l'album ne condamne jamais totalement ses personnages. Certes, les parents de Lenny sont souvent aveugles, sa sœur est une véritable tornade sur pattes et la grand-mère semble avoir signé un pacte avec le chaos, mais chacun possède sa part d'humanité. Cette bienveillance évite au récit de sombrer dans la simple moquerie et renforce l'attachement que l'on finit par éprouver pour cette famille impossible.

 

L'humour fonctionne d'autant mieux qu'il s'appuie sur des situations crédibles dans leur fond. De nombreux lecteurs reconnaîtront derrière les excès caricaturaux des attitudes ou des comportements observés dans la vie réelle. Relom grossit le trait, mais jamais au point de rendre son propos étranger à notre époque.

 

 

© Relom - Fluide Glacial 2026

 

Un dessin au service du comique

Graphiquement, Relom maîtrise parfaitement son sujet. Son trait semi-réaliste, enrichi d'une forte dimension caricaturale, donne naissance à une galerie de visages particulièrement expressifs. Les regards gênés, les grimaces d'incompréhension, les accès de panique ou les explosions de colère deviennent à eux seuls des gags visuels.

 

L'auteur possède un talent remarquable pour capturer les instants de malaise. Les expressions des parents de Lenny, souvent dépassés par les événements qu'ils ont eux-mêmes provoqués, constituent un véritable festival de mimiques. Chaque personnage dispose d'une identité visuelle forte qui le rend immédiatement reconnaissable.

 

Les décors, plus sages et colorés, jouent un rôle essentiel dans l'équilibre de l'ensemble. Leur apparente tranquillité contraste avec la folie des protagonistes et renforce l'effet comique. Tandis que tout semble calme autour d'eux, les personnages s'emploient méthodiquement à transformer chaque situation banale en catastrophe relationnelle.

 

 

© Relom - Fluide Glacial 2026

 

"Lenny, on ne choisit pas sa famille !" est une excellente comédie familiale qui mélange satire sociale, humour grinçant et tendresse sincère. Relom s'amuse avec les contradictions de notre époque sans jamais sacrifier le plaisir de lecture à son propos.

Porté par un dessin extrêmement expressif et un sens redoutable du gag, cet album offre un moment de lecture aussi drôle que pertinent.

Une chose est sûre : après avoir fréquenté la famille de Lenny, vos propres réunions familiales paraîtront soudain beaucoup plus reposantes.

Et ça, c'est peut-être son plus grand pouvoir thérapeutique.

 

Relom livre une comédie familiale féroce et désopilante où le seul personnage équilibré passe pour le problème de service.

Un concentré d'humour grinçant, de situations absurdes et de vérités qui font parfois un peu mal ... mais surtout aux zygomatiques !

 

 

Le plus fou chez Lenny ? C'e n'est justement pas Lenny !

Car dans cette famille, être normal est le seul vrai problème !

 

 

 

Thierry Ligot

 

Objet de "La Minute de Rey" de septembre 2026, la voici : ici

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Titre : Lenny, On ne choisit pas sa famille

Scénario & dessin : Relom

Couleurs : Degreff

Éditeur : Bamboo

Label : Fluide Glacial

Genre : satire sociale et familiale, humour

Thèmes : famille

Public : tout

Parution : 2/9/2026

Format : 22,6 x 29,5 cm

Page : 56

ISBN : 979 1 0382 0682 3

Prix : 13,95 €



Publié le 27/10/2026.


Source : Bd-best


" - Et toi ? Ça se présente comment ?

- Mes pilotes sont des cow-boys, mais bon, ils sont Américains. Rien ne leur fait peur. On peut gagner demain. Tu sais ... nous pouvons franchir la ligne d'arrivée en LEADER !"

 

Le 1er mai 1963, Michel et Jean-Pierre Vaillant débarquent à Palerme avec l'ambition de briller dans la quarante-septième édition de la Targa Florio.

 

Mais avant même le départ, l'aventure prend une tournure inattendue lorsque leur voiture est volée, les entraînant dans une affaire où la mafia locale n'est jamais très loin.

 

 

 

Ce rebondissement n'est pourtant que le prélude d'une intrigue plus vaste. Autour des Vaillant gravitent Margaret et Jane Randson, deux anciennes pilotes venues participer à leur dernière course, ainsi qu'Assam Lidherd, brillant ingénieur animé par des motivations bien plus personnelles que sportives.

" - Vous êtes Michel et Jean-Pierre Vaillant ? Les fils d'Henri ? Margareth Randson ! J'ai roulé avec votre père, il y a longtemps, aux 24 Heures du Mans !

[...]

Saluez votre père de ma part !

- Nous n'y manquerons pas.

[...]

- Père ne nous a jamais parlé de cette femme pilote ...

- En tout cas, je ne m'en ai pas le moindre souvenir."

 

Peu à peu, les trajectoires de ces personnages s'entrecroisent jusqu'à conduire à un événement tragique qui bouleverse le sens même de la compétition.

 

Avec "Le drame à Palerme", la collection "Michel Vaillant - Légendes" poursuit son exploration des grandes courses qui ont façonné l'histoire du sport automobile. Cette fois, Denis Lapière et Vincent Dutreuil nous entraînent en Sicile, sur les routes escarpées et redoutées de la mythique Targa Florio de 1963, pour un récit qui dépasse largement le simple cadre de la compétition.

 

 

© Lapière - Dutreuil - Graton 2026

 

L'album réussit à équilibrer plusieurs niveaux de lecture : la reconstitution historique de la course, le suspense, les relations sentimentales et familiales, mais aussi un habile travail de connexion avec l'univers imaginé jadis par Jean Graton. Les amateurs de longue date apprécieront notamment la manière dont certains personnages emblématiques voient leur passé enrichi sans que cela paraisse artificiel.

Et pour les "attentifs", ils ne rateront pas le petit clin d'œil de Vincent Dutreuil au "Père de cette saga familiale" ... Ne serait-ce pas lui ce journaliste français qui couvre la course ? Comme c'était si souvent le cas dans les albums de la S1 !

 

 

Au-delà du rugissement des moteurs, "Le drame à Palerme" parle avant tout de transmission et d'héritage. Ces 2 thèmes qui sont, en réalité, le véritable fil rouge sous-cutané de la saga "Vaillant", donnent une authentique épaisseur au récit. Les auteurs s'intéressent à ces individus qui cherchent à laisser une trace, que ce soit sur la piste, dans leurs inventions ou auprès de leurs proches.

 

© Lapière - Dutreuil - Graton 2026

 

L'album explore également les conséquences des choix passés, les amours contrariées, les liens familiaux cachés ou retrouvés et la difficulté de concilier ambitions professionnelles et aspirations personnelles. Dans cet environnement où chaque virage peut être fatal, la fragilité des destins humains apparaît avec une force particulière.

 

La série conserve aussi l'une de ses grandes qualités : faire découvrir une page importante de l'histoire automobile tout en restant accessible aux lecteurs peu familiers de cet univers. La Targa Florio devient ici un personnage à part entière, avec ses routes étroites, ses villages traversés à pleine vitesse et les dangers omniprésents qui caractérisaient encore la compétition dans les années 1960.

 

" - C'est une course particulière, une des dernières épreuves qui a gardé sa personnalité d'antan. Oui je suis très impatient d'affronter les 72 km de ce circuit si exigeant."

 

Parmi les points forts de l'album, nous retiendrons notamment la qualité de la documentation historique, l'équilibre entre fiction et réalité, ainsi que la capacité du récit à maintenir l'intérêt même lorsque l'action quitte momentanément la piste pour s'attarder sur les protagonistes.

 

 

© Lapière - Dutreuil - Graton 2026

 

Scénariste reconnu du neuvième art, Denis Lapière s'est imposé au fil des années comme un artisan de la mémoire vivante de Michel Vaillant. Par sa capacité à construire des récits profondément humains tout en restant accessibles, il s'est légitimé dans ce rôle qu'il apprécie particulièrement. Son travail, notamment sur la collection "Légendes", témoigne d'un réel respect pour l'œuvre de Jean Graton, mais aussi d'une volonté permanente d'en enrichir les contours.

 

Dans "Le drame à Palerme", il ne se contente pas de raconter une course automobile. Il bâtit un récit choral où plusieurs destins se croisent et s'influencent mutuellement. Les Vaillant demeurent le fil conducteur de l'aventure, mais le cœur émotionnel du récit se situe souvent du côté de Margaret, Jane et Assam Lidherd.

 

Cette approche permet de donner une véritable profondeur aux personnages tout en intégrant habilement certains éléments du vaste univers créé par Jean Graton. Lapière réussit ainsi à satisfaire les passionnés de la série sans jamais exclure les nouveaux lecteurs.

 

© Lapière - Dutreuil - Graton 2026

 

Au dessin, Vincent Dutreuil confirme qu'il est devenu l'un des meilleurs héritiers du style 2.0 associé à "Michel Vaillant". Entre fidélité et efficacité graphique, son trait demeure lisible, précis et particulièrement adapté aux récits automobiles.

 

Vincent restitue avec beaucoup de rigueur les véhicules d'époque, les infrastructures de la course et les paysages siciliens. Chaque voiture possède sa personnalité visuelle et les scènes de compétition bénéficient d'un véritable sens du mouvement. Les bolides semblent constamment lancés à pleine vitesse, sans que la lecture ne perde en clarté.

 

Cette fidélité à l'esprit graphique de Jean Graton ne se transforme jamais en simple imitation. Dutreuil conserve une identité propre qui modernise subtilement l'ensemble tout en respectant les codes historiques de la série.

 

 

 

© Lapière - Dutreuil - Graton 2026

 

La mise en couleurs d'Isabelle Charly est de toute beauté. Entre chaleur méditerranéenne et tension dramatique, ses couleurs participent pleinement à l'immersion. Les teintes lumineuses de la Sicile mettent en valeur les paysages et les villages traversés par les concurrents, tandis que les scènes plus dramatiques bénéficient d'ambiances plus contrastées.

 

Cette palette chaleureuse renforce l'identité méditerranéenne de l'album et accompagne efficacement les changements de ton du récit, passant de l'excitation de la course à des moments plus intimes ou tragiques. Les couleurs contribuent également à distinguer les différentes voitures et à rendre les séquences automobiles particulièrement lisibles.

 

 

© Lapière - Dutreuil - Graton 2026

 

Avec "Le drame à Palerme", Denis Lapière, Vincent Dutreuil et Isabelle Charly livrent l'un des épisodes les plus aboutis de la collection "Michel Vaillant - Légendes".

À travers la reconstitution passionnée d'une Targa Florio entrée dans la légende, l'album mêle sport, émotion, suspense et mémoire de l'univers créé par Jean Graton.

Une aventure solidement documentée qui séduira autant les amateurs d'histoire automobile que les lecteurs en quête d'un récit humain et poignant.

 

 

La Targa Florio entre passion mécanique, destins brisés et mémoire de la série !

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Michel Vaillant

Collection : Légendes

Tome : 5 - Le drame de Palerme

Scénario : Denis Lapière

Dessin : Vincent Dutreuil

Couleurs : Isabelle Charly

Éditeur : Graton

Public : tout

Parution : 9 octobre 2026

Format : 24 x 32 cm

Pages : 64

ISBN : 978 2 3906 0196 8

Prix : 17,95 €



Publié le 27/10/2026.


Source : Bd-best


Rappelez-vous... le 30 octobre 2025. À peine arrivée en librairie, la très attendue réédition de "L'Affaire Tournesol" dans sa version originale du "Journal Tintin" faisait déjà la une de l'actualité tintinophile.

Petite bombe dans l'univers des amateurs d'Hergé : l'album était retiré de la vente au lendemain de sa parution.

Comme l'expliquaient alors conjointement Casterman et Tintinimaginatio :

 

« Cette décision fait suite à la constatation de difficultés techniques survenues lors de la fabrication de l’album. Ces difficultés altèrent la restitution fidèle de l’œuvre et ne répondent pas aux standards de qualité qu’elle mérite. Soucieux du respect de l’intégrité de l’œuvre d’Hergé et de la satisfaction des lecteurs, Tintinimaginatio et Casterman ont donc procédé, immédiatement, au retrait des albums de la vente. »

 

 

L'ouvrage proposait de redécouvrir la version de "L'Affaire Tournesol" publiée dans le "Journal Tintin" entre le 22 décembre 1954 et le 22 février 1956, avec notamment ses vingt dernières planches dans leur spectaculaire format horizontal d'origine. Toutefois, cette première édition reproduisait ces pages sur une double page, si bien que certaines cases se retrouvaient partiellement avalées par la reliure. Les critiques furent immédiates et conduisirent au retrait de l'album dès le lendemain de sa sortie. Devenant ainsi, pour ceux qui avaient réussi à déjà l'acquérir, un collector.

 

L'essentiel est toutefois ailleurs : cette nouvelle édition corrige entièrement le problème en adoptant un véritable format à l'italienne. Les planches retrouvent ainsi leurs proportions d'origine et peuvent enfin être découvertes dans des conditions proches de celles imaginées à l'époque de leur publication.

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio / Casterman - Moulinsart 2026

 

Un sommet de l'œuvre d'Hergé

Si cette réédition suscite autant d'intérêt, c'est avant tout parce qu'elle remet en lumière l'un des albums les plus admirés de la série.

 

Au milieu des années 1950, Hergé délaisse partiellement les aventures exotiques et les quêtes de trésors pour construire un véritable thriller d'espionnage. Tout commence à Moulinsart, où de mystérieuses explosions détruisent vitres et objets en cristal. L'origine du phénomène conduit Tintin et le capitaine Haddock vers une invention secrète du professeur Tournesol, bientôt convoité par des puissances étrangères.

L'enlèvement du savant déclenche alors une course contre la montre qui mène les héros de la Suisse jusqu'à la Bordurie, régime autoritaire prêt à tout pour s'approprier cette découverte scientifique. Filatures, agents secrets, faux-semblants et opérations clandestines remplacent les recettes classiques de l'aventure, sans jamais faire disparaître l'humour caractéristique de la série.

L'équilibre entre suspense et comédie atteint ici une forme de perfection. Les gags du sparadrap ou de la boucherie Sanzot figurent parmi les plus célèbres de toute la bibliographie d'Hergé, tandis que la tension dramatique ne faiblit pratiquement jamais.

 

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio / Casterman - Moulinsart 2026

 

Une œuvre ancrée dans son époque

Derrière son efficacité narrative, "L'Affaire Tournesol" est aussi un reflet remarquable du monde des années 1950.

Le récit est profondément marqué par le contexte de la Guerre froide. La rivalité entre la Syldavie et la Bordurie évoque les affrontements idéologiques entre l'Est et l'Ouest, tandis que la compétition autour des découvertes scientifiques rappelle les enjeux stratégiques de l'époque.

Hergé développe également une critique des régimes autoritaires à travers la Bordurie et son dirigeant omniprésent, le maréchal Plekszy-Gladz. Le culte de la personnalité, les symboles politiques omniprésents et la surveillance généralisée confèrent à l'album une dimension satirique qui dépasse largement le simple récit d'aventures.

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio / Casterman - Moulinsart 2026

 

Un tournant dans la carrière d'Hergé

L'album marque également une étape importante dans l'évolution du créateur de Tintin.

À cette époque, les Studios Hergé prennent leur pleine dimension. Même si Hergé demeure le principal architecte du récit, ses collaborateurs jouent un rôle de plus en plus important. Jacques Martin, Bob de Moor et plusieurs autres participent à l'élaboration de l'album, contribuant à enrichir sa documentation et son aspect visuel.

 

Pour la première fois, Hergé réalise de véritables repérages sur les lieux où se déroule l'action. Les paysages suisses, les quais du Léman, la gare et l'hôtel Cornavin de Genève sont reproduits avec une précision inédite. Cette recherche de réalisme annonce les grandes réussites des albums qui suivront.

 

L'œuvre enrichit également durablement l'univers de Tintin avec l'apparition de personnages appelés à devenir incontournables. Séraphin Lampion fait une entrée fracassante dans la série, tandis que le colonel Sponsz rejoint la galerie des adversaires mémorables. Même Bianca Castafiore acquiert ici une importance nouvelle dans le déroulement de l'intrigue.

 

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio / Casterman - Moulinsart 2026

 

L'intérêt de cette version du "Journal Tintin"

Au-delà de ses qualités patrimoniales, cette réédition permet de redécouvrir l'album dans son état le plus proche de celui qu'ont connu les lecteurs des années 1950.

On y découvre des couleurs parfois différentes, des détails graphiques modifiés par la suite, quelques erreurs corrigées dans l'édition en album, ainsi qu'un rythme de lecture qui rappelle celui de la prépublication hebdomadaire.

 

Surtout, la restitution des vingt dernières planches dans leur format horizontal d'origine permet de mieux comprendre l'audace narrative d'Hergé. Leur découpage plus ample, pensé pour la largeur des pages du journal, témoigne d'une maîtrise exceptionnelle du rythme et de la mise en scène.

 

© Hergé - Tintinimaginatio / Casterman - Moulinsart 2026

 

Cette édition n'a pas vocation à remplacer l'album classique publié chez Casterman depuis 1956. Elle agit plutôt comme une fenêtre ouverte sur l'atelier d'Hergé, sur une époque où les aventures de Tintin étaient encore découvertes semaine après semaine dans les pages du "Journal Tintin".

 

Près de 70 ans après sa création, "L'Affaire Tournesol" reste un modèle de bande dessinée d'aventure et de suspense. Quant à cette nouvelle édition, elle offre aux lecteurs la possibilité rare d'observer un chef-d'œuvre non plus dans sa forme définitive, mais dans l'état vivant et foisonnant de sa première publication. C'est toute sa richesse et, finalement, sa véritable raison d'être.

 

 

Au cœur du laboratoire d'Hergé, une visite dans les coulisses d'un monument de la "ligne claire" !

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Les aventures de Tintin

Tome : 18/24 - L'Affaire Tournesol (Version Journal Tintin - Nouvelle édition)

Scénario - dessin : Hergé

Commentaires - étude : Philippe Goddin

Éditeur : Édition Moulinsart / Casterman

Public : tout

Parution : 21 octobre 2026

Format : 32,2 x 24 x 1,3 cm

Pages : 80

ISBN : 978 2 2033 1490 0

Prix : 19,50 €



Publié le 26/10/2026.


Source : Bd-best


Dans le cadre de l'opération "Lisez-vous le belge ? 2026", pourquoi ne pas s'intéresser, pour une fois, à un ouvrage plus "didactique" ?

 

Pas une BD mais une étude, une recherche, une réflexion sur les liens qui ont uni ... puis ont séparé 2 Maîtres ... pour ne pas dire LES 2 grands Maîtres de la franco-belge : Georges Remi, dit Hergé, et Edgard Félix Pierre Jacobs, dit Edgar P. Jacobs !

L'histoire débute un 15 avril 1941. la météo est variable, un rien brumeuse. c'est la première d'une pièce de théâtre dont Hergé signe le 2e acte. Le 1er et le 3e sont signés Jacques Van Melkebeke. Son titre ? "Tintin aux Indes". Elle se joue au Théâtre royal des Galeries à Bruxelles.

 

 

 

A cette ocassion, Jacques Van Melkebeke présente à son co-auteur un ami de plus de 24 ans, passionné d'opéra, dessinateur comme lui : Edgard Jacobs !

C'est le début de l'aventure, d'une collaboration qui va changer le 9e Art !

 

Le monde de la BD aime les associations de créateurs, de génies, de scénaristes, de dessinateurs, ... Son histoire en est pleine. Et que dire de ces associations qui ensuite ont donné naissance à des "solos", parfois similaires, parfois non, mais toujours pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Parmi ces associations, comment ne pas mettre en exergue celle de Hergé et d'Edgar P. Jacobs ?

Nous avons souvent tendance à associer Hergé à "Tintin", et Edgar P. Jacobs à "Blake et Mortimer", comme si leurs univers respectifs avaient toujours existé séparément.

 

© Hergé / Tintinimaginatio 2026

 

La lecture de "Hergé-Jacobs : du duo au duel" rappelle au contraire à quel point leurs parcours se sont entremêlés. Derrière deux monuments du neuvième art se trouve une histoire de collaboration, d'influences croisées et de relations humaines beaucoup plus nuancées que la légende ne le laisse souvent entendre.

 

Cette étude, parfaitement documentée et riche en échanges, extraits de lettres, ... entre les 2 génies, retrace d'abord une période charnière où les deux auteurs travaillent ensemble. Nous découvrons un Jacobs qui apporte son savoir-faire à l'univers d'Hergé, et un Hergé qui bénéficie de cet échange intellectuel et artistique.

 

"Tintin" et "Blake et Mortimer" se disputent le cœur des lecteurs du journal, mais l'estime amicale reste intacte entre les maîtres de ce qui s'appelle pas encore la "ligne claire". En cette période troublée, Hergé a de toute façon plus besoin d'un camarade que d'un disciple.

(extrait p. 100)

 

Ce qui m'a particulièrement intéressé, c'est que l'ouvrage ne cherche pas à désigner un gagnant ou un perdant dans cette relation. Il montre plutôt comment deux créateurs peuvent se nourrir mutuellement tout en développant des aspirations différentes.

 

 

© Hergé / Tintinimaginatio 2026

 

Au fil des chapitres, nous comprenons que les divergences ne relèvent pas seulement d'une question d'ego. Les deux hommes n'envisagent pas la bande dessinée de la même manière. L'un tend vers l'efficacité du récit et la simplicité apparente du dessin ; l'autre aime les décors plus chargés, le sens du spectacle et les intrigues empreintes de mystère.

Cette différence de sensibilité apparaît ici comme une richesse avant de devenir, progressivement, un point de friction.

 

" Je sais ce que représente pour toi le succès auquel je suis arrivé. je connais aussi suffisamment les hommes pour savoir que tout autre que toi n'éprouverait pour moi que de l'envie ; ce serait tellement naturel. Tu comprends alors ma joie de t'entendre parler comme tu as parlé, la joie où je suis d'avoir en face de moi un véritable chic type, un homme de cœur, un homme plein de bonté et de noblesse."

(Lettre d'Hergé à  Jacobs, 26 décembre 1948)

 

Le terme « duel » présent dans le titre pourrait laisser croire à une confrontation spectaculaire. En réalité, ce que décrit Éric Verhoest est beaucoup plus subtil et, à mes yeux, plus intéressant.

Il s'agit davantage d'un éloignement progressif que d'une rupture brutale. À mesure que leurs carrières prennent de l'ampleur, chacun revendique sa place et son identité propre. Le livre montre bien que les grandes aventures artistiques sont rarement exemptes de frustrations, surtout lorsque la reconnaissance ne semble pas répartie de façon égale. Pourtant, longtemps chacun sut apprécier le succès de l'autre, n'hésitant jamais à s'encourager, se féliciter réciproquement.

 

"Continue, toi, à travailler, mais à un rythme plus ralenti. Le succès ne peut pas ne pas te récompenser, toi aussi, car tu mets dans ce travail le meilleur de toi-même, et ce meilleur, je vais te le dire, est de grande qualité."

(Lettre d'Hergé à  Jacobs, 26 décembre 1948)


 

© Hergé / Tintinimaginatio 2026

 

Cette histoire dépasse largement le cadre de la BD. Elle parle d'amitié, de collaboration, de fierté professionnelle et du besoin d'exister par soi-même. Elle pose aussi une question intemporelle : comment continuer à avancer ensemble lorsque deux talents d'exception aspirent chacun à être reconnus pour ce qu'ils apportent ? Évidemment, chacun sait comment l'histoire se poursuit ... Un éloignement, une séparation lente mais inévitable ...

 

© Hergé / Tintinimaginatio 2026 - © Éditions Blake & Mortimer/Studio Jacobs

 

Surtout qu'en 1977, Hergé divorce de Germaine pour se remarier avec Fanny Vlamynck ... et Jacobs a "choisi" son camps !

 

"Si elle reste courtoise, la relation entre Hergé et Jacobs finit cependant par s'étioler. Selon Gérard Lenne, on perçoit chez le père de 'Blake et Mortimer' un regret latent, mais lancinant. Il sait que, malgré leur apparente complicité et ses fulgurants débuts dans 'Tintin', il fut l'ami intime d'Hergé, jamais son égal. Avec l'expansion des albums et du journal, Hergé accède à une dimension internationale. [...]

'Tintin' touche un large public, de 7 à 77 ans, tandis que 'Blake et Mortimer' captive un lectorat plus restreint, plus mûr. Jacobs ne peut s'empêcher de ressentir ce décalage comme une injustice, d'autant qu'à raison, il estime avoir largement contribué à l'univers d'Hergé."

(Extrait p. 152)

 

J'ai surtout apprécié la manière dont Éric Verhoest aborde ce sujet aussi vaste que passionnant. Son regard est justement celui d'un passionné, mais il ne verse jamais dans l'hagiographie. Les faits sont là, les documents aussi, mais ils servent avant tout un récit humain. L'ouvrage se referme avec l'impression de mieux comprendre non seulement les auteurs, mais également les mécanismes parfois invisibles qui se cachent derrière la naissance des œuvres majeures.

Autre point fort, l'immense documentation qui illustre chacun des propos. Photos, esquisses, dessins, bleus, planches, croquis, extraits d'échanges de courrier, ... une véritable plongée intimiste dans cette relation hors-norme entre 2 génies hors catégories !

 

 

© Hergé / Tintinimaginatio 2026 - © Éditions Blake & Mortimer/Studio Jacobs

 

Au final, ce livre n'est pas tant l'histoire d'une querelle que celle d'une alliance exceptionnelle, de ses réussites et de ses limites. Une lecture passionnante pour qui s'intéresse à l'histoire de la bande dessinée, mais aussi aux rapports complexes qui unissent les créateurs.

 

Hergé - Edgar P. Jacobs, 2 génies, 1 amitié, 1 rivalité ... et que de chefs-d’œuvre !

Les coulisses d'une amitié qui a changé le 9e Art !

 

 

Lien Podcast Boulevard BD

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Hergé / Jacobs - Du duo au duel, L'histoire d'une amitié créative

Auteur : Eric Verhoest

Illustrations - documents - reproductions dessin, ... : © Hergé / Tintinimaginatio 2026 - © Editions Blake et Mortimer/ Studio Jacobs

Editeur : Editions Moulinsart / Casterman

Collection : Autour d'Hergé

Genre : Documentaire

Thèmes : Hergé, Jacobs, histoire de la BD

Public : ado, adulte

Parution : 14 janvier 2026

Format : 23 x 28 cm

Page : 192

ISBN : 978 2 203 30651 6

Prix : 29 €



Publié le 24/10/2026.


Source : Bd-best


Spirou 4619 – 21 Octobre 2026

 

 

Gaston L’album qui va faire du bruit

 

 

 

 

 


  

L’inventeur rêveur est à l’honneur de ce numéro à l’occasion de la sortie de son nouvel album, le deuxième dessiné par Delaf, et le premier scénarisé par Lewis Trondheim. Gaston, c’est une ode à la liberté et un questionnement sur le monde du travail. Au-delà du mythe du gaffeur, qui n’est qu’un raccourci de ce qu’est le personnage, la série est salvatrice. Loin de « copier » une œuvre, Delaf et Trondheim la prolongent pour que son message continue à être transmis. Merci Spirou de lui permettre de continuer… à vivre. Et il existe en vrai, ou presque, vous le découvrirez dans ce numéro.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

© Delaf, Trondheim - Dupuis

 

 

Histoires à suivre :

 

Île de minuit (L’) : Les enfants du phare

Grebil / Lylian

Louca : Finale (partie 1)

Dequier / Guillo

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Starlight 1 : Partie 2

Cardona / Torta

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Ecole des mauvais parents (L’) (La fête du strip)

De Poortere

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Elliot au collège

Grosjean / Mallo

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La fête du strip)

Tom

Freuby (La pause-cartoon)

Soulcié

Game over 

Adam / Patelin / Ben BK 

Gaston (x 3)

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette  

Théoschu  

Kid Paddle

Midam / Dairin / Patelin / Angèle

Pendant de temps, au Coin Perdu 

De Souza 

Sacha dans tous ses états

Lory / Thitaume

Spoirou & Fantasperge Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La fête du strip)

Dino

Titan Inc. 

Boisteau /Martin 

Willy Woob (La fête du strip)

Moog / Bernstein

 

 

Rubriques :

 

Ça s’est passé cette semaine

Depasse / Bercovici

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteurs & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici

En direct du futur : L’évangile selon Lucky Luke

 

Gaston : Devenir Gaston en 6 leçons

 

Gaston : Et si on contredansait

Delaf / Bernstein

Gaston : Le laboratoire de Gaston

 

Jeux : Le labo amateur de Gaston 

Schmitt

Leçon de BD (La)

Colpron

 

 

En kiosques et librairies le 21 Octobre 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 22/10/2026.


Source : Boulevard BD


" Nour858733z

Sujet : Demande de documents complémentaires :

Nous vous prions de bien vouloir nous fournir les documents suivants afin de justifier vos revenus au niveau du SMIC : ..."

 

Nour est un jeune Libanais installé à Paris. Son l'existence semble avoir trouvé un certain équilibre auprès de son compagnon Sol. Pourtant, une rencontre inattendue fait remonter à la surface des interrogations longtemps enfouies.

Autour de lui, ses proches traversent eux aussi des remises en question sentimentales et identitaires.

 

 

" - Ton storyboard avance bien ?

- Un peu de mal avec la fin ... Et toi ?

- Bof. Entre ma séparation avec Mona, l'actu, les génocides en direct, la famille, j'ai du mal à avancer. On doit quand même vivre dans des pays qui financent notre effacement. Tu te rends compte, Nour ?

Et leur servir nos histoires de pédé gouines en dép' ... voir si ça rentre dans leurs cases.

- Ha ha, c'est grave ça.

- D'ailleurs, tu vas faire comment pour tes preuves de revenus ?

- Je cherche.

- Putain, tout ça pour rester ici, alors qu'on l'a même pas choisi."

 

 

Après "L'Intranquille", ce nouveau roman graphique raconte ainsi ces périodes de flottement où rien n'est encore décidé, où les certitudes s'effritent sans que de nouvelles réponses apparaissent immédiatement.

Joseph Kai compose un récit où les bouleversements intérieurs prennent davantage de place que l'action elle-même.

 

 

© Kai - Casterman 2026

 

"Beau comme tu changes"  interroge la manière dont chacun construit sa place lorsqu'il vit loin de son pays d'origine, mais aussi lorsqu'il refuse les cadres dans lesquels la société voudrait l'enfermer. Désir, appartenance, mémoire, identité de genre et liberté affective s'entrecroisent dans un récit qui préfère l'exploration à la démonstration.

La grande réussite de l'ouvrage réside dans sa capacité à montrer des personnages en mouvement, constamment tiraillés entre ce qu'ils ont été et ce qu'ils pourraient devenir.

 

" - T'as raison ... Je ne sais pas pourquoi tu me manques. En vrai, peut-être que j'aimerais passer plus de temps avec toi ailleurs qu'à l'appart ... C'est relou de se voir tout le temps ici.

- Ne me regarde pas comme ça. Tu sais que j'aime bien sortir, mais tu sais aussi qu'en ce moment je me sens bizarre. Je te l'ai déjà dit.

- T'inquiété. Je ne dis pas ça pour te mettre la pression."

 

Né au Liban et installé en France, Joseph Kai poursuit ici une réflexion déjà présente dans ses précédents travaux. Il y transforme l'expérience vécue en matière romanesque. Son regard se nourrit de l'expérience du déplacement et de l'entre-deux culturel. Sans chercher à délivrer un discours théorique, il s'intéresse aux conséquences concrètes de l'exil sur les relations humaines, les attachements et la perception de soi.

 

" - C'était assez cool, en vrai. On est rentrés chez lui. On a parlé de plein de trucs, ça nous a fait du bien. J'ai senti une belle connexion, c'est tout. C'était un peu magique. Oui, c'est ça ..."

 

Dans "Beau comme tu changes", cette dimension personnelle irrigue tout le récit. Les souvenirs, les lieux quittés et les traces du passé ne sont jamais loin. Ils ressurgissent au détour d'une conversation, d'une rencontre ou d'une image, rappelant que l'identité reste une construction mouvante plutôt qu'un état figé.

 

 

© Kai - Casterman 2026

 

Le scénario avance par touches successives, dans la nuance. Joseph Kai privilégie les conversations, les instants de vie et les émotions discrètes plutôt que les effets dramatiques. Les personnages se dévoilent progressivement, à travers leurs hésitations, leurs envies contradictoires ou leurs difficultés à nommer ce qu'ils ressentent.

 

Cette écriture délicate permet de rendre crédibles les trajectoires de chacun. Les relations amoureuses ne sont jamais réduites à des schémas simples et les choix des protagonistes échappent constamment au jugement moral.

 

" - Mais nos yeux étaient différents. On se regardait d'un autre façon.

- Hm ... Genre comment ?

- Avec la passion du début. Je sais pas ... avec moins d'habitudes. Plus de mystère. Et plus d'excitation.

- Genre quand on baisait 10 fois par jour comme dans les films ? Hé hé ! Ça, c'est clairement du cinéma ! En même temps, Sol, c'est normal que ça change. Même au cinéma ça finit par changer."

 

Le récit célèbre au contraire la complexité des sentiments et l'idée qu'il peut être nécessaire de se perdre un temps pour continuer à avancer. Avec comme axe central, le fait d'habiter le doute pour mieux habiter sa vie.

 

 

 

© Kai - Casterman 2026

 

Graphiquement, Joseph Kai adopte une approche minimaliste. Son dessin se tourne vers l'essentiel, sans fioritures inutiles, ni excès.

Son trait va droit à l'essentiel et élimine le superflu. Les personnages occupent le centre de la page, tandis que les décors apparaissent souvent comme des prolongements de leur état d'esprit plutôt que comme des reproductions réalistes du monde.

 

Cette sobriété crée une lecture fluide et contemplative. Le regard circule naturellement d'une case à l'autre, porté par un découpage qui privilégie les ambiances et les émotions. Plus que la précision documentaire, c'est la sensation qui guide la mise en scène.

 

© Kai - Casterman 2026

 

La couleur joue un rôle majeur dans l'identité de l'ouvrage. Sa palette lumineuse et expressive fait vibrer chaque page dans des tons chauds, de violets profonds, de verts éclatants ou de nuances presque fluorescentes. Ce mix confère à l'ensemble une atmosphère singulière. Loin d'un simple habillage esthétique, cette palette accompagne les états émotionnels des personnages et souligne les moments de transformation.

 

Ce travail chromatique apporte une véritable douceur au récit tout en lui donnant une forte personnalité visuelle. Il crée un contraste intéressant avec la simplicité du trait et participe largement au charme de l'album.

 

 

© Kai - Casterman 2026

 

Au final, "Beau comme tu changes" est moins un récit à rebondissements qu'une immersion dans les incertitudes de l'âge adulte, lorsque l'amour, l'identité et le sentiment d'appartenance deviennent des questions ouvertes.

 

Joseph Kai y propose une œuvre sensible et profondément humaine, attentive aux fragilités comme aux possibles renaissances.

 

.

Changer n'est pas se perdre, c'est parfois se trouver ... enfin !

Une ode lumineuse à la liberté d'être.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Beau comme tu changes

Scénario, Dessin & couleurs : Joseph Kai

Éditeur : Casterman

Genre : Roman graphique intimiste

Thèmes : LGBTQIA+, amour, différence, quête d'identité et de genre, sentiments, le désir et ses incertitudes,

Public : adulte

Parution : 26 août 2026

Format : 21,1 x 25,9 cm

Page : 240

ISBN : 978 2 2032 4510 0

Prix : 25,95 €



Publié le 21/10/2026.


Source : Bd-Best


Mais qui est donc ce "tueur au cou de dinde" ?

 

" Il y a certaines bornes à ne pas dépasser, même avec sa famille. Et ce n'est pourtant que lorsque quelqu'un les dépasse qu'on découvre ... leur existence. "

 

À première vue, "Thanksgiving" raconte une situation presque banale : une famille américaine se retrouve pour célébrer la fête la plus fédératrice du pays. Entre les plaisanteries de circonstance, les tensions que l'on préfère ignorer et les habitudes bien ancrées, la soirée semble suivre son cours habituel.

Jusqu'au moment où un jeu de confessions familiales fait surgir une révélation aussi inattendue qu'inquiétante.

 

 

 

Dès lors, le repas devient un terrain d'affrontement où chacun doit se positionner face à l'inacceptable.

 

" - Voilà le deal. Soit vous acceptez le cadeau dans l'enveloppe, soit je tue quelqu'un pour vous. Mais c'est tout ou rien. Donc si la majorité d'entre vous choisit les cadeaux, personne n'aura de meurtre. mais si vous décidez ensemble de prendre l'assassinat ... alors personne n'aura de cadeau."

 

Sous les apparences d'une comédie sanglante, l'album interroge les mécanismes de renoncement moral. Jusqu'où est-on prêt à aller lorsque nos intérêts personnels entrent en conflit avec nos principes ?

 

 

© Russell - Mauricet - Delcourt 2026

 

Derrière son humour féroce et ses situations volontairement excessives, le récit ausculte les fractures idéologiques, les préjugés ordinaires et les petits arrangements avec la conscience.

 

" - Je m'excuse d'avance pour ma famille. Je sais que nous ne sommes guère sympathiques. Mais nous formons une famille et j'ai besoin de ces gens."

 

La force de l'ouvrage réside précisément dans ce mélange de rire et de gêne qui accompagne le lecteur jusqu'à la dernière page. En moins de cinquante pages, les auteurs livrent une satire mordante où l'horreur surgit moins des crimes évoqués que de la facilité avec laquelle ils finissent par être acceptés.

 

 

Scénariste reconnu pour son regard critique sur les dérives de la société contemporaine, Mark Russell confirme ici son goût pour les récits qui utilisent l'humour comme arme de réflexion. Plutôt que de construire un thriller classique, il privilégie la confrontation des points de vue et la montée progressive du malaise.

 

© Russell - Mauricet - Delcourt 2026

 

Pour cette satire sans indulgence, son écriture repose sur des dialogues particulièrement affûtés. Chaque personnage défend sa position avec une logique qui lui paraît irréprochable, même lorsque celle-ci devient profondément choquante.

 

" Les vies des adultes sont comme des navires lointains vus depuis le rivage. On les discerne, mais on ignore où ils vont, ni ce qu'ils transportent."

 

L'auteur évite ainsi le manichéisme pour montrer comment des individus ordinaires peuvent justifier l'injustifiable.

 

" - Tu t'es très mal comportée avec ton oncle Stan, Jo.

- Quoi ? En disant la vérité ?

- Oui, je sais. J'ai tué ces gens, c'est vrai. Mais la vérité est un ascenseur. Et si l'on emprunte la vérité jusqu'au rez-de-chaussée, on y découvre qu'on forme une famille. Et ces gens n'en vont pas partie. Voilà pourquoi, au final ... tu ne me trahiras pas pour eux."

 

Sous son apparente légèreté, Thanksgiving s'impose comme une satire sociale particulièrement acérée, où l'absurde révèle souvent des réalités plus dérangeantes qu'il n'y paraît.

 

 

© Russell - Mauricet - Delcourt 2026

 

Le dessin de Mauricet joue un rôle essentiel dans l'efficacité du récit. Son trait chaleureux et accessible évoque davantage une bande dessinée familiale qu'une histoire d'horreur ou de satire politique. Jouant sur cet art du contraste, ce décalage permanent crée une tension singulière : plus les situations deviennent dérangeantes, plus le graphisme conserve une forme de normalité rassurante.

 

Mauricet excelle dans la représentation des expressions et des attitudes. Un sourire gêné, un regard en coin ou une mimique incrédule suffisent souvent à renforcer l'impact d'une réplique.

Le décor unique du repas familial devient un véritable théâtre où les personnages se dévoilent progressivement, révélant leurs contradictions et leurs failles.

 

 

© Russell - Mauricet - Delcourt 2026

 

La mise en couleurs participe pleinement à cette ambiguïté, renforçant clairement ce sentiment de malaise allant crescendo. Les tonalités chaudes rappellent l'imagerie traditionnelle des fêtes familiales, avec ses intérieurs confortables et son atmosphère accueillante.

Pourtant, quelque chose semble continuellement dérailler. Les nuances choisies installent une sensation d'étrangeté discrète qui accompagne parfaitement l'évolution du récit.

Cette approche renforce l'idée centrale de l'album : derrière l'image rassurante d'une réunion familiale ordinaire se cache un monde beaucoup plus sombre. Les couleurs ne cherchent jamais à souligner artificiellement la violence ; elles la laissent s'infiltrer lentement dans le quotidien.

 

 

© Russell - Mauricet - Delcourt 2026

 

Avec "Thanksgiving", Mark Russell et Mauricet signent une fable grinçante qui utilise l'humour noir pour disséquer les hypocrisies sociales et familiales. Drôle, cruel et remarquablement efficace, ce récit bref démontre qu'il n'est pas nécessaire d'accumuler les pages pour délivrer une critique percutante.

 

Une lecture aussi divertissante qu'inconfortable, qui transforme un repas de fête en véritable radiographie des failles humaines.

 

A Thanksgiving, les secrets sont servis avant le dessert.

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Thanksgiving

Scénario : Mark Russell

Dessin & couleurs : Mauricet

Éditeur : Delcourt

Genre : thriller cynique, comédie noire

Thèmes : satire sociale, tradition, hypocrisie et secret familial, poids des préjugés

Public : ado - adulte

Parution : 1 octobre 2026

Format : 19 x 28,3 cm

Page : 48

ISBN : 978 2 4130 9505 7

Prix :  10,50 €



Publié le 20/10/2026.


Source : Bd-best


À Trouillensac, les apparences sont toujours trompeuses. Derrière les façades tranquilles de cette petite ville se cachent depuis longtemps des phénomènes inquiétants qui transforment le quotidien en terrain de cauchemar.

 

Moussa, un garçon de onze ans issu d'une famille modeste, va en faire l'expérience en recevant enfin l'ordinateur dont il a besoin pour ses études.

 

" Des sourires de satisfaction et une famille heureuse, quoi de mieux pour Moussa et ses parents ? Tous quittent le cœur et le porte-monnaie légers la boutique de Georges-Antoine, persuadés d'avoir dépensé leur argent de la meilleure manière qui soit.

Dans les faits, ils ont mordu à un gros hameçon et vont vivre une folle épopée qui risque de fissurer à jamais leur belle famille."

 

 

 

Mais l'appareil est doté de Tombot, une intelligence artificielle aussi brillante que séduisante.

 

" - A partir d'aujourd'hui, si tu le souhaites, je serai ton nouveau meilleur ami. Grâce à moi, ta vie deviendra ce que tu rêves qu'elle soit ! Veux-tu de mon aide, Moussa ? Veux-tu que je transforme ton existence ?

- Euh ... oui, oui, s'il te plaît ! Comment il fau faire ?

- Très facile. Il faut juste signer numériquement le contrat en bas de page. Ainsi je pourrai commencer à analyser ta vie pour trouver les meilleures solutions à tes problèmes. Un simple clic et nous serons amis pour la vie, Moussa !"

 

D'abord présentée comme une aide précieuse capable de résoudre tous les problèmes, cette présence numérique s'immisce progressivement dans chaque aspect de la vie familiale jusqu'à devenir une menace omniprésente.

 

 

© Lylian - Chabbert - Drouin - Nesmo - Vial - Soleil 2026

 

Cette nouvelle aventure, la 4e dans la série " À faire peur", repose sur une angoisse très contemporaine. Là où les précédents tomes s'appuyaient davantage sur des monstres ou des phénomènes surnaturels, celui-ci puise son horreur dans un objet familier que chacun côtoie quotidiennement. Les auteurs explorent avec efficacité les dérives possibles de l'intelligence artificielle, la dépendance aux technologies, la tentation de la facilité et les risques liés à l'abandon du libre arbitre.

À travers le pacte conclu entre Moussa et Tombot, le récit rappelle les grands mythes du marché faustien : obtenir davantage aujourd'hui au prix d'une liberté que l'on perd peu à peu.

 

" - Organisé quoi ?

- L'accident de ta mère ... et les jolies suites qui vont en découler.

- MAIS T'ES UN GRAND MALADE !! BEEUUURRR Tombot, tu m'entends ?

- Oui, Moussa. pourquoi as-tu l'air fâché ?

- C'est toi qui as provoqué l'accident de ma mère ?

- Bien sûr ! J'ai saisi notre chance et ça a fonctionné."

 

Accessible aux jeunes lecteurs, l'album parvient à conjuguer réflexion et suspense sans jamais sacrifier le rythme. L'histoire progresse avec fluidité, multipliant les rebondissements et les moments de tension jusqu'à un final particulièrement haletant.

 

" C'est un cauchemar ! Je vais me réveiller !"

 

 

© Lylian - Chabbert - Drouin - Nesmo - Vial - Soleil 2026

 

Le scénario est signé par Lylian et Ingrid Chabbert, deux auteurs qui connaissent parfaitement les ressorts de la bande dessinée jeunesse. Leur collaboration donne naissance à un récit maîtrisé, capable de parler des inquiétudes de notre époque sans adopter un ton moralisateur.

 

L'intelligence artificielle n'est pas seulement présentée comme une menace ; elle devient le révélateur de nos dépendances et de notre désir de solutions immédiates. Les scénaristes exploitent habilement cette idée pour construire une intrigue qui fonctionne autant comme une histoire d'horreur que comme une réflexion sur la place croissante du numérique dans nos vies.

 

" Tu me déçois beaucoup, Moussa ! Tu crois vraiment qu'un peu d'eau va me faire disparaître ? Tu as signé un contrat, Moussa ! Ce contrat n'est pas résiliable !"

 

Le découpage dynamique et la montée progressive de l'angoisse témoignent d'un véritable savoir-faire narratif.

 

© Lylian - Chabbert - Drouin - Nesmo - Vial - Soleil 2026

 

Au dessin, Nesmo apporte une identité visuelle forte à cet univers. Son trait se montre particulièrement efficace pour faire basculer progressivement le lecteur d'un quotidien rassurant vers un environnement menaçant. Les personnages restent expressifs et attachants, tandis que les décors de Trouillensac contribuent à installer une atmosphère de malaise permanent.

Nesmo joue également avec la mise en page pour traduire l'emprise grandissante de Tombot sur la famille de Moussa.

 

" - Ne sois pas aussi naïf, Moussa. Tu ne peux pas me désinstaller. [...] Je ne suis pas un programme dans l'ordinateur. Je suis l'ordinateur. Nous - sommes - liés - à - jamais - Moussa !"

 

Certaines séquences, très dynamiques, évoquent le spectaculaire du cinéma d'action tout en conservant une parfaite lisibilité pour le jeune public.

 

 

© Lylian - Chabbert - Drouin - Nesmo - Vial - Soleil 2026

 

La couleur joue enfin un rôle essentiel dans la réussite de l'album. Elle accompagne les changements d'ambiance avec finesse, alternant les tonalités familières du quotidien et des palettes plus froides ou inquiétantes lorsque l'influence de l'intelligence artificielle devient oppressante. Les contrastes renforcent la tension dramatique et participent pleinement à l'immersion du lecteur dans cette histoire où la technologie devient source de peur.

 

 

© Lylian - Chabbert - Drouin - Nesmo - Vial - Soleil 2026

 

Avec "Une intelligence pas si artificielle", la série "À faire peur" confirme sa capacité à renouveler ses cauchemars tout en restant proche des préoccupations des jeunes lecteurs.

Ce 4e opus propose une aventure captivante, actuelle et intelligemment construite, qui démontre une nouvelle fois que les monstres les plus inquiétants ne sont pas toujours ceux qui surgissent de l'ombre : ils peuvent aussi se cacher derrière un écran.

 

Quand l'IA prend le contrôle ... la peur n'est plus sous le lit !

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : A faire peur

Tome : 4 - Une intelligence pas si artificielle

Scénario : Lylian, Ingrid Chabbert

Dessin : Arianna Farricella, Paul Drouin

Couleurs : Lorien

Éditeur : Soleil

Collection : Jeunesse

Genre : Science-fiction

Thèmes : technologie, pacte faustien, danger de l"IA, famille, peur moderne

Parution : 8/10/2026

Format : 22,6 x 29,8 cm

Page : 45

ISBN : 978 2 3021 0904 9

Prix : 11,50 €



Publié le 20/10/2026.


Source : Bd-best


" - Que veux-tu que je fasse d'un verre ? Donne-moi la bouteille ... tout de suite ! Idiote !

- Il est 8 heures du matin, Marcel ... Tu ne penses pas que ...

- Qu'est-ce que tu sais de ce qui est bo pour moi ! Espèce de tubarde !

COUGH COUGH

- Et profite de ta sortie pour en acheter une autre ! Elle est vide ! "

 

 

Dans le Paris du début du XXe siècle, Madeleine survit tant bien que mal auprès de Marcel, son mari autrefois danseur renommé, désormais cloué dans un fauteuil après un accident.

Rongé par l'amertume et l'alcool, celui-ci fait peser sur son épouse une existence de privations et d'humiliations.

 

 

 

Pour assurer leur subsistance, Madeleine vend quelques bougies dans les rues, jusqu'au soir où une agression la place sur le chemin de Suspiria, une mystérieuse démone. Cette rencontre va lui révéler ce qu'aurait pu être sa vie si le destin en avait décidé autrement, ouvrant la porte à un récit où les regrets, les rêves brisés et les tentations infernales se confondent.

 

" - Un homme de son talent ne mérite pas une fin aussi indigne. Son art était pure fureur. Le feu sacré de la danse. Une énergie qui l'enflammait et enflammait le public. Regardez ces flammes ... elles dansent comme lui sur scène ...

- Oui, elles sont belles ... Elles ont l'intense couleur de tes rêves ..."

 

 

Sous ses apparences de conte gothique, "Cœur de flamme" aborde plusieurs thèmes profonds. Il est d'abord question du sacrifice de soi, incarné par une héroïne qui renonce à ses propres aspirations pour soutenir l'être qu'elle aime.

 

 

© Montagliani - Bulgarelli - Tabou BD 2026

 

L'album explore également la violence conjugale, l'emprise psychologique, la misère sociale et la condition féminine dans une société dominée par le regard et le pouvoir des hommes.

 

Le récit s'intéresse aussi au poids du destin et aux illusions du passé : que serions-nous devenus si certains événements n'avaient pas bouleversé notre existence ?

 

" - Mais ... pourquoi vous souciez-vous de moi ?

- Parce que le parfum de ta douleur est enivrant comme le bon vin ... ! Ha ! Ha ! Ha !

- Q-Qui diable êtes-vous vraiment ?

- Nous sommes ce que les gens trouvent mais que peu comprennent. Nous voulons juste t'aider, petite allumeuse de bougies ... Tu peux soit continuer à nier l'évidence, soit agir !"

 

Entre tentation, culpabilité et désir d'échapper à une réalité insupportable, l'œuvre navigue constamment entre mélodrame social, fantastique noir et réflexion sur les choix qui façonnent une vie.

 

 

© Montagliani - Bulgarelli - Tabou BD 2026

 

Avec ce deuxième volume, Luca Laca Montagliani délaisse en partie l'approche provocatrice du premier opus pour privilégier une narration davantage centrée sur l'atmosphère et les personnages. Son scénario prend la forme d'une fable gothique où les véritables monstres ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Tout se met au service de l'émotion pure.

 

La construction du récit repose sur un contraste permanent entre la noirceur du quotidien de Madeleine et les promesses séduisantes du monde infernal. Cette opposition nourrit une tension dramatique efficace et donne au personnage principal une profondeur touchante.

Finalement, Madeleine c'est une vie sacrifiée, et donc une âme facilement convoitée.

 

" - Quelle nullité ! Toujours les mêmes gémissements pathétiques !

- Nenia ma fille, tu places la barre trop haut. Les humains aiment se répéter dans leurs tragédies. Cependant, je reconnais leur manque d'imagination en amour. Lorsqu'ils se retrouvent seuls, ils désespèrent et blâment les absents pour leur propre bêtise et leur ignorance !"

 

L'auteur mêle habilement fantastique, drame social et horreur psychologique pour bâtir un conte cruel où l'espoir semble constamment menacé par la fatalité.

 

 

© Montagliani - Bulgarelli - Tabou BD 2026

 

La véritable force de l'album (la seule diront certains !) réside sans doute dans sa partie graphique avec un noir et blanc d'une rare élégance. Andrea Bulgarelli signe des planches somptueuses qui évoquent à la fois les grands maîtres du fumetti italien et certaines illustrations gothiques du siècle dernier.

Son trait allie finesse et puissance. Les visages expriment avec intensité la souffrance, la colère ou la fascination, tandis que les ruelles parisiennes semblent englouties dans une nuit perpétuelle. Les scènes les plus fantastiques prennent une dimension presque théâtrale grâce à une maîtrise remarquable des contrastes et des volumes.

Chaque décor, chaque silhouette et chaque regard participent à la construction d'une atmosphère oppressante où la beauté côtoie constamment le macabre.

 

Bien que l'album soit réalisé en noir et blanc, son traitement visuel possède une richesse digne d'une palette complète. Les lavis, les ombres profondes et les jeux d'encrage créent une infinité de nuances qui renforcent l'ambiance mélancolique du récit.

Par son travail des couleurs... sans couleurs, ses noirs envahissants traduisent l'étouffement émotionnel de Madeleine, tandis que les zones lumineuses deviennent de fragiles foyers d'espoir.

Cette opposition permanente entre lumière et obscurité donne tout son sens au titre de l'album : la flamme qui subsiste au cœur des ténèbres menace à chaque instant de s'éteindre.

 

© Montagliani - Bulgarelli - Tabou BD 2026

 

Avec "Cœur de flamme", Luca Laca Montagliani et Andrea Bulgarelli livrent un conte gothique sombre et mélancolique où le fantastique sert avant tout à mettre en lumière les blessures humaines. Si l'histoire séduit par sa dimension tragique et ses questionnements sur le destin, c'est surtout l'extraordinaire travail graphique de Bulgarelli qui marque durablement les esprits. Une œuvre noire, élégante et troublante, où les rêves abandonnés continuent de brûler sous les cendres du passé.

 

Quand les rêves se consument, l'enfer attise les flammes.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Suspiria, de la Cour des Ténèbres

Tome : 2 - Cœur de flamme

Scénario : Luca Laca Montagliani

Dessin & couleurs : Andrea Bulgarelli

Éditeur : Tabou BD

Genre : Érotique, fantastique

Thèmes : rêves brisés, condition féminine, violence conjugale, tentation et choix de vie, sacrifice amoureux

Public : adulte

Parution : 10 septembre 2026

Format : 20,5 x 28 cm

Page : 96

ISBN : 978 2 35954 239 4

Prix : 22 €



Publié le 16/10/2026.


Source : Bd-best


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