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En immersion à Angoulême.
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En immersion à Angoulême.

Envoyé spécial pour BD-Best au festival international de la BD, Laurent Lafourcade vous donne un aperçu de la fête.

 

Deux jours dans le chaudron, soit une journée de rencontres et d’expos et une autre de dédicaces, voici un petit résumé non exhaustif de ce qui s’est passé.

 

 

 

 

 

 

            Batman 80 ans : un genre américain démasqué est sans conteste l’exposition incontournable de cette année. Une Batmobile ayant servi au cinéma accueille les visiteurs à l’extérieur du bâtiment. Après une première partie étonnante dans laquelle on traverse la rue dans laquelle ont été assassinés les parents de Bruce Wayne, son bureau, son laboratoire secret, on croise dans leurs cellules chacun des méchants emblématiques de la série. Clou du spectacle, le Joker dans sa cage de verre est effrayant de réalité. Une fois quitté Gotham City, de nombreuses planches originales et de nombreuses illustrations des plus grands dessinateurs sont exposées entre de ludiques panneaux explicatifs détaillant les différentes périodes dans l’histoire de Batman.

 

 

 

 

 

 

            L’exposition Jérémie Moreau retrace la courte mais très diverse et variée carrière de l’auteur de La Saga de Grimr. Du singe de Hartlepool à Tempête au haras, de Max Winson àson futur projet, les planches originales démontrent la volonté de l’auteur de sans cesse remettre son travail en question. Ce garçon est certainement un futur Grand Prix du festival.

 

 

 

 

 

 

 

            Jean Harambat aller-retour revient sur le parcours de l’auteur d’Opération Copperhead. Du rugby à la mythologie, on y comprend comment le dessinateur a mis ses racines et ses passions dans son œuvre. Le soin apporté à l’exposition des planches originales et les reproductions grands formats de personnages et de décors de l’auteur attestent de la qualité de la scénographie. Située à l’intérieur du Musée de la BD, l’exposition reste visible quatre mois.

 

 

 

 

 

            L’histoire des éditions Futuropolis permet de remonter aux sources de la création de la maison. Bien avant son revival des années 2000, « Futuropolis 1972-1994, aux avant-gardes de la bande dessinée » revient sur la genèse du laboratoire d’idées agité par Etienne Robial et Florence Cestac. Les mythiques albums à la maquette très Robalienne sont exposés. Sur les murs, les portraits et parcours des auteurs emblématiques de l’époque sont affichés : F’murr, Montellier, Golo, Baudoin, Loustal,… L’exposition verse dans le souvenir mais pas dans la nostalgie et témoigne de l’importance de cette aventure dans l’Histoire avec un grand H de la bande dessinée.

 

 

 

 

 

            Tous publics, l’exposition Tom-Tom et Nana présentent : Tout Bernadette Després dévoile l’étendu du talent de l’inépuisable véritable patronne du restaurant « A la bonne fourchette ». Le magazine J’aime Lire accueille les facéties de la famille Dubouchon depuis 1977, de quoi toucher plusieurs générations. Les décors grandeurs natures sont émouvants tellement on a l’impression d’être dans l’univers de la dessinatrice. Mais Bernadette n’a pas fait que ça. D’autres de ses productions sont visibles. En fin de parcours, une salle permet de dessiner et de jouer avec son univers, avant de profiter d’un épisode de la toute nouvelle série de dessins-animés qui va être diffusée sur Télétoon.

 

 

 

 

 

En extérieur, l’exposition du parvis de l’Hôtel de Ville démontre que le handicap n’est pas du tout un frein à la création. Joli, sincère et émouvant.

 

 

 

 

 

            Corben, Manara, Matsumoto, Nihei … : de nombreuses autres expositions parsèment les différents lieux de la ville. La difficulté quand on vient à Angoulême est de choisir ce que l’on sacrifie. Le choix peut être arbitraire, mais laisser faire le hasard est sûrement le meilleur moyen de ne rien regretter.

 

            Bill s’est promené tout le week-end pour fêter ses 60 ans.

 

 

 

 

 

            A l’espace rencontres, Jérôme Hamon et David Tako ont présenté aux collégiens leur nouvelle série survival qui débute aux éditons du Lombard. Green Class s’annonce comme un futur blockbuster.

 

 

 

 

 

            La journée de dédicaces du samedi est menée tambour battant. Une organisation scientifique est nécessaire pour ne pas perdre de temps. Le planning des dédicaces des auteurs, publié par chacun des éditeurs, permet de planifier la journée. Comme pour les visites d’expo, le hasard permet de rencontrer de jeunes auteurs vers lesquels on ne serait peut-être pas allé à priori, comme Glen Chapron, dessinateur de la sensible histoire Corse scénarisée par Dodo, James Christ qui signe une nouvelle série avec Carbone : les zindics anonymes, ou encore Emilie Plateau, auteur de Noire, dont on vous reparlera très vite dans ces colonnes.

 

Pour le reste, entre autres, se retrouver face à Don Rosa, l’homme qui a créé une jeunesse à Picsou, puis se faire dédicacer un Donald par Kéramidas permet un doublé exceptionnel. Faire un selfie avec Kid Noize. Discuter avec un des plus gros vendeurs de romans à suspens de France Michel Bussi. Echanger avec Philippe Goddin sur nos Tintin préférés et avec Philippe Collin, le petit neveu de Marcel Grob, qui a scénarisé un des albums les plus marquants de 2018. Obtenir un Spirou dédicacé par Schwartz. Prendre une photo avec Sophie Dumont. Délirer avec Berth, cartoonist chez Spirou. Encore et toujours retourner voir Trondheim depuis 30 ans.

 

 

 

 

 

 

 

Bref, cette journée a permis de récolter de beaux albums qui feront de beaux articles sur votre site préféré.

 

Juste un mot sur le palmarès qui, encore une fois, fait preuve de snobisme et dénigre les grandes productions qui permettent de publier les petites. Evidemment, le festival de pouvait pas passer à côté de « Moi, ce que j’aime, c’est les monstres. » d’Emil Ferris, paru aux éditions Toussaint Louverture. Mais il faut regarder le palmarès des prix découvertes, décerné par des écoliers, collégiens et lycéens, pour trouver des albums de grands éditeurs. Le détail est sur : http://www.bdangouleme.com/prix-palmares/competition-officielle/palmares-officiel. Inutile de s’y attarder. Avec tout le respect qu’on doit aux auteurs récompensés, si on faisait pareil au cinéma, « Les aventures de mon voisin qui attend le bus » et « La tristesse du lavabo dans lequel on épluche des oignons » se battraient pour l’Oscar du meilleur film. Mais après tout, n’est-ce pas ce que fait le festival de Cannes ?

 

Enfin, un des grands changements de l’année est l’importance de l’espace dédié aux mangas. Le genre prend une place imposante dans une nouvelle bulle créée pour eux à proximité du Musée.

 

 

 

 

 

            Angoulême, c’est Hollywood sur Charente.

 

Laurent Lafourcade

 

Photos © Laurent Lafourcade



Publié le 27/01/2019.


Source : Bd-best

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