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John Blake emmène Philip Pullman dans un bateau fantôme à la croisée des… arts
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John Blake emmène Philip Pullman dans un bateau fantôme à la croisée des… arts

Alors que l’adaptation d’À la croisée des mondes en BD poursuit sur sa belle lancée, que l’adaptation télé sur HBO se fait désirer, c’est avec une oeuvre inédite que Philip Pullman change de format. Le fait de voir des auteurs comme Thomas Gilbert et Clément Oubrerie, en compagnie de Stéphane Melchior, faire leurs son univers l’a inspiré ? Toujours est-il que c’est en BD, format classique mais pagination XXL (160 pages) que le fabuleux auteur s’associe à Fred Fordham pour donner naissance à John Blake. Un garçon et son équipage perdus dans les temps et qui au rythme des marées changent d’époque. Jamais loin des thèmes de prédilection de Pullman mais un pas, un miles, plus loin.

 

 

 

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Au cœur de l’océan, dissimulé par le brouillard du temps, vogue le Mary Alice, un vaisseau fantôme dont l’équipage cherche inlassablement et depuis des années le moyen de rentrer chez eux. Mais le mystérieux navire reste perpétuellement chassé par une terrible menace… De nos jours, alors qu’une tempête frappe un yacht de plaisance, une jeune fille est projetée par-dessus bord. Promise à une effroyable noyade, elle ne doit son salut qu’au capitaine John Blake qui plonge pour la sauver et la mener à son bord. La voici désormais membre à son tour du Mary Alice. Trouvera-t-elle le moyen de retrouver sa famille, alors que revenir à son époque signifie pour John Blake et son équipage retourner au seul endroit où ils risquent de se retrouver totalement anéantis ?

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Glénat

 

Comme dans un James Bond, voilà un album qui nous fait voir de la mappemonde. De Londres à San Francisco en passant par les Fidji et des hectolitres d’eau salée, Philip Pullman livre une oeuvre mondiale sans besoin de passer dans des dimensions parallèles mais avec la possibilité de jouer avec le temps et ses paradoxes (surprises à l’appui). Le Mary Alice semble se perdre au fil de l’eau depuis la nuit des temps. Sous l’égide du capitaine Quayle, le fier mais désormais damné voilier a recueilli à son bord, pèle-mêle, un Chinois du XIXe siècle ayant fait fortune dans la soie, un ingénieur de l’armée de l’empereur Severus Septimus, un esclave du Devon et quelques autres. L’équipage vient d’ailleurs d’accueillir un nouveau membre, Serena Henderson, lycéenne de Sydney ultra-connectée et sauvée de justesse de la noyade. Aussi déconcertée soit-elle par cette rencontre avec des hommes d’hier et d’avant hier, c’est peut-être elle qui va leur permettre de résoudre leur problème.

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Scholastic/Graphix

 

Commençant son récit comme une vieille légende que des loups de mer se raconteraient, Philip Pullman n’en oublie pas son amour des technologies. Pas d’aliéthomètre, ici, mais une nouvelle technologie addictive, l’apparator que tout un chacun se doit de posséder. Mais aussi, une drôle de sphère en trois dimensions et semblant animée d’une puissance inconnue, qui ne doit surtout pas tomber entre les mauvaises mains. Car forcément, un sinistre personnage convoite tout ça. De quoi remonter à la célèbre expédition Einstein-Carmichael, en 1929.

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Scholastic/Graphix

 

Crédibilisant son histoire en attirant des éléments de réel à lui et à la fiction et offrant toujours un rôle héroïque aux plus jeunes (là où les adultes sont parfois indignes de leur savoir), Philip Pullman livre ici un vaste récit romanesque et scientifique, avec quelques pointes d’horreur et de vaisseau hanté pour entamer son histoire. Avec son écriture assurément pas BD, mais bien réglée pour tout faire fonctionner, le romancier a trouvé un véritable récit évocateur et qui se vit par images. Avec son lot d’actions mais aussi de réflexions, des confrontations cruelles et un final intense.

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Scholastic/Graphix

 

De son côté, Fred Fordham est particulièrement à son aise au creux de l’océan ou dans les brumes, quand le décor s’éclipse et qu’il se centre sur ses personnages. Il est un peu moins efficace sur les scènes modernes et actuelles, dans les soirées mondaines ou dans la ville, ses cases font parfois un peu vide. Mais l’ambiance dans laquelle il baigne, il hante, le tout est imparable. Et les premières planches de cet album suffisent à prouver l’intensité dont le gaillard est capable.

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Glénat

 

Oserait-on dire qu’on reste sur notre faim tant on aimerait que cette histoire, même si elle se résout dans cet album, se prolonge ?

 

 

Alexis Seny

 

Titre : John Blake

Récit complet

Scénario : Philip Pullman

Dessin et couleurs : Fred Fordham

Genre : Aventure, Fantastique, Science-fiction

Éditeur : Glénat

Collection : Log-In

Nbre de pages : 160

Prix : 18,50€



Publié le 07/10/2019.


Source : Bd-best

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