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L’album qu’aurait adoré René Hausman. Bluebells wood
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L’album qu’aurait adoré René Hausman. Bluebells wood

    « - Tombé du ciel, hein ? Tu n’aurais pas plutôt trouvé ce bestiau au bout de ton fusil ?

 
-    Je n’en possède pas, Victor. Il s’est écrasé comme un sac, au milieu des fleurs.

 
-    Hum, toujours est-il que je n’avais pas mangé de daube aussi délicieuse depuis… depuis… depuis Héléna.

 
-    Tu en emporteras chez toi, j’en ai fait pour une réunion de chasseurs.

 
-    Oui, pourquoi pas ! Sinon qui t’aidera à finir tout ça ? Les oiseaux et les poissons…

 
-    Je ne suis pas toujours seul, tu sais ?

 
-    Quelqu’un de vivant ? »

 

 

 

 

    Une introduction bucolique qui vire au danger, une scène aux portes du surréalisme avec le corps d’un chevreuil qui tombe d’un arbre aussi naturellement qu’une pigne de pin, une maison isolée en bord de plage dans une petite crique, l’atmosphère est plantée.
    William est peintre. Sa femme Héléna disparue, il décide de s’installer dans ce coin de nature reclus. Il peint selon modèle. Alors Rosalie vient poser nue, pour lui. Mais un monde sépare la jeune fille terre à terre de l’artiste inspiré pour qui la lumière balaie le corps de la femme, le frémissement de la vie irradiant la pièce.
    Son ami Victor vient aussi de temps en temps combler la solitude de William. Mais il a du mal à comprendre son choix de vie.
    C’est lors d’une escapade en barque pour peindre la mer que des sirènes attaquent l’embarcation. William ne devra son salut qu’à l’intervention de l’une d’entre elles. Mais cette dernière s’attire par son action les foudres de ses congénères.
    Une histoire d’amour prend alors naissance, laissant le lecteur comme un funambule entre onirisme et réalité.

 

 

 

 

 

© Sorel - Glénat

 

 

 

 

    S’érigeant en nouveau Hans Christian Andersen, Guillaume Sorel réinvente le mythe de la petite sirène. Ses sirènes sont plus proches des furies qu’Ulysse a dû affronter que des sympathiques et jolies poupées souvent représentées.
    Il y a du Horla dans cette histoire (Tiens, c’est une nouvelle que Sorel a adaptée). Où se place la frontière entre l’imaginaire et la réalité dans le cerveau d’un être tourmenté ? Les scènes auxquelles on assiste sont-elles le fruit d’une folie ou bien un fantastique concret s’intègre-t-il à l’aventure ?
    Sorel rend hommage à Hausman. Les animaux du dessinateur sont de la même famille que ceux du maître. Qui plus est, Pierre Dubois signe la préface. Dubois et Hausman ont constitué le duo le plus fabuleusement féérique du neuvième art. Sorel fait dorénavant partie du réseau.

 

 

 

 

© Sorel - Glénat

 

 

 

    Lors d’une de ses visites, Victor descelle que, si William ne sait pas où le mène son art, c’est peut-être plus à cause de sa mémoire que de son regard. La mémoire et le souvenir sont au nœud du récit. Héléna…

« Ça fait du bruit dans le silence
Les pas associés de l'absence
C'est du présent sans l'avenir
C'est incessant
Le souvenir
Le souvenir »
(Serge Lama)


Laurent Lafourcade


One shot : Bluebells wood


Genre : Fantastique


Scénario, Dessins & Couleurs : Sorel


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 96


Prix : 19 €


ISBN : 9782344021804



Publié le 30/05/2018.


Source : Bd-best

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