Information générale concernant le monde de la BD
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Les Pouilles, 1873, soit 2 ans après l'unification de l'Italie, le fossé entre le Nord et le Sud nourrit encore tensions, violences et révoltes. 

 

" Je me suis déjà rendu dans ces miséreuses régions, à la fin des années 1860. Et à l'époque, que ce soit les propriétaires terriens ventripotents ou les paysans faméliques, personnes n'acceptait l'unification du pays décidée par le Nord. Les gens du Sud préféraient encore être gouvernés par les Bourbons ou des envahisseurs autrichiens plutôt que par leurs compatriotes.

L'unification était perçue comme une subordination humiliante au Nord ..."

 

Au cœur de ce contexte tourmenté, Carmine et Filomena voient leur amour brisé par les ambitions du riche baron Don Michele.

 

 

Donné pour mort après avoir défié ce notable tout-puissant, Carmine revient des années plus tard sous les traits du redoutable brigand Tempesta pour assouvir sa vengeance.

 

" - Devant Dieu Tout-Puisent, devant mes frères, je confesse avoir terriblement péché en pensées ... en paroles ... et par mes actes.

- Carmine ?!

- Que ceux qui tiennent à la vie sortent sur le champ.

- Mécréants ! C'est ici la maison de Dieu, son sanctuaire ! Sortez immédiatement ou ...

PAM ...

- C-Carmine Biccari ... ?! Impossible ... Tu es mort, nous t'avons enterré de nos mains !

- Celui dont tu parles n'existes plus ... Je me nomme Tempesta.

- Roi des montagnes.

- Détrousseur de nos ennemis.

- Tu as raison, Toto. Vous m'avez tué. Mais je suis revenu d'entre les morts. D'abord pour retrouver ma femme ... et obtenir réparation."

 

Entre vendetta et honneur, une chasse à l'homme s'engage qui ne pourra que mener au sang et au cimetière !

 

 

Avec "Jusqu'à la tombe", Stefano Nardella et Vincenzo Bizzarri livrent un roman graphique d'une remarquable intensité, à mi-chemin entre le western spaghetti, la tragédie romantique shakespearienne et le récit historique.

 

© Nardella - Bizzarri - Sarbacane 2026

 

L'album explore avec force les thèmes de l'amour contrarié, de la vendetta, du pouvoir oppressif et de la lutte contre un destin qui semble écrit d'avance. À travers cette cavale sanglante, les auteurs dressent également le portrait d'un Sud italien abandonné, miné par la pauvreté et les affrontements entre brigands et autorités.

 

" Le Sud ... une terre sauvage recouverte de poussière et de sang. Un peuple brutalisé par la misère la plus noire ... gangréné par l'ignorance et la superstition. Oui, la guerre est finie depuis des années ... mais les hommes et les femmes vivent ici-bas encore le poison au cœur ... la rage dans l'âme ... et avec une envie irrépressible de mordre."

 

Le récit séduit donc par son souffle tragique, sa tension constante et sa capacité à mêler reconstitution historique et dramaturgie classique. Les amateurs de western spaghetti y retrouveront une atmosphère de violence sèche, de passions exacerbées et de fatalité inexorable.

 

Entre passion et vendetta, personne n'échappera à son destin.

 

 

© Nardella - Bizzarri - Sarbacane 2026

 

Diplômé de l'Université de Florence, Stefano Nardella s'est imposé comme une voix singulière de la bande dessinée italienne contemporaine. Son travail se distingue par son goût pour les contextes historiques complexes et les personnages confrontés à des choix impossibles, au destin brisé.

 

Dans "Jusqu'à la tombe", il construit un scénario solide où l'histoire intime des protagonistes se confond avec les bouleversements politiques de l'Italie naissante. Loin de se limiter à une simple intrigue de vengeance, il interroge les fractures sociales, les abus de pouvoir et les conséquences de la violence sur les individus. La narration avance avec une grande fluidité, alternant scènes d'action brutales, moments de tension psychologique et passages plus contemplatifs. Chaque personnage est entraîné dans une spirale dont il semble impossible de s'extraire, renforçant cette impression de tragédie antique transposée dans un décor de western.

 

 

 

© Nardella - Bizzarri - Sarbacane 2026

 

Vincenzo Bizzarri met son dessin au service de la noirceur du récit. Il confirme clairement l'étendue de son talent. En choisissant un noir et blanc intégral particulièrement expressif, il confère à l'album une identité visuelle forte. Son trait nerveux, souvent incisif, épouse parfaitement la rudesse de cette histoire de brigands et de vengeance.

 

Son travail sur la caractérisation des personnages est plus que remarquable. Les visages portent les marques de la fatigue, de la haine ou du désespoir. Quelques traits suffisent à donner une personnalité immédiatement identifiable aux protagonistes. Carmine, avec son allure de hors-la-loi marqué par les épreuves, ou Filomena, figure féminine complexe et déterminée, gagnent ainsi une présence remarquable.

 

 

 

© Nardella - Bizzarri - Sarbacane 2026

 

Le découpage privilégie l'efficacité et le mouvement, quasi cinématographique. Les fusillades, les chevauchées et les confrontations bénéficient d'une mise en scène dynamique, tandis que certains plans larges installent l'immensité désolée des campagnes du Sud italien.

Du Sergio Leone mêlé à du Luchino Visconti et du Fellini affleure régulièrement dans les cadrages et la gestion des silences ... Toute une saveur de fresque historique alliant rigueur plastique et analyse sociale.

Ses pleines pages régulières, à la fin de chaque chapitre, clôturent ces derniers par une image forte et annonciatrices d'une suite explosive ou prometteuses.

 

 

L'absence de couleurs constitue ici un véritable parti pris artistique. Plutôt que d'appauvrir la lecture, ce choix renforce l'atmosphère crépusculaire du récit et lui confère une grande puissance évocatrice. Les contrastes entre les zones d'ombre profondes et les éclats de lumière sculptent les scènes avec une efficacité remarquable.

Le noir et blanc accentue la brutalité du monde décrit par les auteurs, tout en donnant au livre une dimension intemporelle. Les paysages semblent baignés dans une poussière permanente, tandis que les intérieurs et les scènes nocturnes gagnent en mystère. Cette approche graphique évoque autant certaines photographies du XIXe siècle que le cinéma italien le plus sombre.

 

© Nardella - Bizzarri - Sarbacane 2026

 

"Jusqu'à la tombe" marque les retrouvailles d'un tandem déjà bien installé dans le paysage de la bande dessinée italienne. Après "La Cité des Trois Saints", polar historique remarqué jusqu'au Festival d'Angoulême, puis "Les Assiégés", une œuvre ambitieuse où les destinées individuelles se déployaient sur fond de grande Histoire, les deux auteurs poursuivent leur exploration des grandes fractures de l'histoire italienne. Cette nouvelle collaboration témoigne une fois encore de leur talent commun pour associer destinées humaines et contexte historique tumultueux.

 

 

Seul, Vincenzo Bizzarri a également marqué les lecteurs avec "Albertine a disparu" ainsi qu'avec "Les Ennemis du peuple", confirmant son goût pour les univers graphiques ambitieux et les récits à forte charge dramatique.

 

 

© Nardella - Bizzarri - Sarbacane 2026

 

Avec ce nouvel album, le duo franchit encore un cap. Leur complémentarité apparaît évidente : l'écriture dense et rigoureuse de Nardella trouve un prolongement naturel dans le dessin habité de Bizzarri. Ensemble, ils signent une œuvre sombre, élégante et profondément marquante, qui revisite les codes du western en les transplantant dans une Italie méridionale en proie aux rancœurs, aux révoltes et aux passions destructrices. "Jusqu'à la tombe" s'impose ainsi comme une tragédie historique puissante, portée par une narration maîtrisée et une réalisation graphique de premier ordre.

 

 

Quand l’amour est enterré vivant, seule la vengeance revient à la surface.

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Jusqu'à la tombe

Scénario : Stefano Nardella

Dessin : Vincenzo Bizzarri

Éditeur : Sarbacane

Genre : western italien

Thèmes : Italie, guerre, récit choral, XIXe siècle, hors-la-loi, rébellion, vengeance

Public : ado, adulte

Parution : 2 septembre 2026

Format : 21,5 x 29 cm

Page : 184

ISBN : 979 1040 80628 8

Prix : 25 €



Publié le 27/09/2026.


Source : Bd-best


Spirou 4615 – 23 Septembre 2026

 

 

Les filles Mystère à la coloc’ !

 

 

 

 

 


Les filles de Dad volent depuis quelques semaines déjà de leurs propres ailes sans leur papa. Elles le prouvent, tout du moins Panda, dans un récit complet. Pour autant, Dad est-il heureux après Dad ? Il nous dit tout dans un entretien exclusif pour Second Rôle le mag. Plus loin, c’est dans la tête de Nob que l’on va découvrir la façon dont l’auteur travaille. Est-ce que ça va mordre dans la pêche aux idées ?

Pendant ce temps, Zabus et Turon, avec leurs dessinateurs Campi et Nicoby, proposent deux variations de leur série concept de récits complets Au coin de ma rue. Emotion au programme.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

© Nob - Dupuis

 

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Louca : Finale (partie 1)

Dequier / Guillo

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Starlight 1 : Partie 2

Cardona / Torta

 

 

Récit complet :

 

Filles (Les)

Nob

Stagiaire (Le)

Bouzard

Au coin de ma rue : Il ne rentre pas ce soir

Campi / Zabus / Turon

Au coin de ma rue :

Nicoby / Zabus / Turon

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Ecole des mauvais parents (L’) (La fête du strip)

De Poortere

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette

Théoschu

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Mauvaises graines (La fête du strip)

Ami Inintéressant /  Cerq / Couët

Pendant de temps, au Coin Perdu

De Souza

Sacha dans tous ses états

Lory / Thitaume

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La fête du strip)

Dino

Willy Woob (La fête du strip)

Moog / Bernstein

 

 

Rubriques :

 

Ça s’est passé cette semaine

Depasse / Bercovici

Concours : Résultats du concours de l’été

Lécroart

Dad est-il heureux après Dad ?

Nob

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bonhomme

En direct du futur : Giga Spirou

 

Gaston : Courrier

Delaf

Interview : Dans la tête de…

Nob

Jeux : Au cookie café 

Garouste

Leçon de BD (La)

Collin

 

 

En kiosques et librairies le 23 Septembre 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 

 



Publié le 26/09/2026.


Source : Boulevard BD


" - Votre liberté s'arrête où débutent vos devoirs d'épouse. Il en est définitivement terminé de vos frasques !

- On ne se sent jamais aussi vivant qu'un instant avant sa mort ...

- Cessez ces enfantillages, il s'agit de vous marier et non de vous immoler par le feu. Si votre époux, le seigneur Heren du clan Anakshi, prend ombrage de votre comportement, la honte rejaillira sur nous tous."

 

Ynaë, héritière d’un puissant clan elfique, est contrainte d’accepter un mariage politique destiné à unir deux grandes lignées de Kitanaë. Pourtant son fiancé, Heren, n'est peut-être pas celui qu'elle désirerait. Ota, son frère aurait bien ses faveurs ...

Entre Heren et Ota, les 2 frères, plus qu'une rivalité de cœur secrète, une rivalité de pouvoir futur à fleur de peau ...

 

 

 

Derrière les fastes de la cérémonie se dissimulent pourtant d'autres rivalités plus anciennes, des ambitions contradictoires et des sentiments interdits qui vont précipiter les protagonistes vers une tragédie sanglante.

 

" - Je saurai faire taire les aspirations de mon âme, et être une bonne épouse."

 

Toute la question est néanmoins de savoir de quelles aspirations parle Ynaë et surtout ce qu'elle entend par "bonne épouse" ...

 

 

© Jarry - Follini - Savarese - Jacquemoire

 

Avec "Les Noces écarlates", quatrième volet des "Terres d’Ynuma", le Monde d’Aquilon poursuit son exploration d’un univers inspiré des mythes et des traditions asiatiques.

L’un des atouts majeurs de ce récit réside dans sa capacité à conjuguer intrigue politique et drame intime. Entre devoir familial et aspirations personnelles, Ynaë apparaît comme une héroïne prisonnière d’un système qui décide de son destin à sa place. Le récit aborde ainsi les thèmes de la liberté individuelle, du poids de l’héritage, de la loyauté envers son clan et des conséquences dévastatrices de l’orgueil. Même si certains ressorts narratifs peuvent sembler familiers aux amateurs de fantasy, l’ensemble demeure efficace grâce à un rythme soutenu et à de nombreux rebondissements qui maintiennent l’intérêt jusqu’aux dernières pages.

 

" - Étant donné la froideur avec laquelle notre souverain céleste vient d'approuver notre union, il ne serait pas abusif de considérer cela comme une déclaration de guerre ... ou plutôt comme une promesse d'assassinat, la guerre étant une chose bien trop coûteuse ..."

 

Figure incontournable des univers des "Terres d’Arran" et du "Monde d’Aquilon", Nicolas Jarry confirme ici son aisance à construire des récits de fantasy accessibles tout en développant des enjeux politiques crédibles. Maîtrisant toutes les arcanes du travail de scénarisation, dans "Les Noces écarlates" , il privilégie une intrigue centrée sur les personnages plutôt que sur les batailles spectaculaires.

 

" Ma voie était tracée et je la suivrais jusqu'au , sans faillir, même si mon cur devait se briser."

 

Nicolas s’attache particulièrement à la destinée de Ynaë, dont l’évolution constitue l’axe principal de l’album. Initialement soumise aux décisions de son entourage, elle gagne progressivement en autonomie à mesure que les événements dégénèrent. Jarry tisse un récit où alliances, jalousies, passions et trahisons s’entrecroisent avec fluidité. Les différents protagonistes disposent chacun de motivations compréhensibles, ce qui donne de la densité à l’ensemble.

Sans révolutionner les codes du genre, Nicolas Jarry livre une histoire solide, portée par une narration dynamique et un sens du suspense particulièrement efficace.

 

 

© Jarry - Follini - Savarese - Jacquemoire

 

La partie graphique est confiée à Ornella Savarese, dont le style élégant s’accorde parfaitement à l’ambiance de cette fantasy inspirée du Japon féodal. Son trait met en valeur la noblesse des personnages, la richesse des costumes et le raffinement des décors. Les palais, jardins, temples et paysages insulaires participent pleinement à l’immersion dans cet univers exotique.

L’artiste italienne se montre particulièrement convaincante dans les scènes d’action, où les affrontements gagnent en intensité grâce à un découpage fluide et lisible. Les combats et duels de samouraïs possèdent une belle énergie, tandis que les séquences plus intimistes bénéficient d’une mise en scène soignée. Certaines expressions faciales manquent parfois de subtilité dans les gros plans, mais cela n’altère jamais réellement la qualité générale de l’album. L’ensemble demeure séduisant et témoigne d’une maîtrise certaine de la narration visuelle.

 

 

© Jarry - Follini - Savarese - Jacquemoire

 

Le travail d’Élodie Jacquemoire apporte la touche finale à cette réussite graphique. Par ses couleurs riches et évocatrices, sa palette de couleurs contribue largement à l’identité de l’album en renforçant son inspiration orientale. Les rouges profonds, les ors lumineux et les teintes délicates des étoffes soulignent la dimension aristocratique du récit, tandis que les scènes de tension ou de violence bénéficient d’ambiances plus sombres et contrastées.

Sa sensibilité parvient également à faire ressortir la beauté des décors naturels et l’élégance des costumes sans jamais surcharger les planches. Son intervention offre profondeur et relief aux illustrations tout en accompagnant avec justesse les variations émotionnelles du récit.

 

 

© Jarry - Follini - Savarese - Jacquemoire

 

En conclusion, "Les Noces écarlates" est un épisode convaincant des "Terres d’Ynuma", mêlant avec efficacité romance contrariée, complots de cour et affrontements sanglants. Porté par un scénario solide de Nicolas Jarry, des dessins élégants d’Ornella Savarese et les couleurs inspirées d’Élodie Jacquemoire, l’album propose une aventure de fantasy orientale immersive et accessible.

 

Sans réinventer le genre, il séduit par son sens du rythme, la force de son héroïne et la richesse de son univers. Un tome réussi qui confirme la qualité de cette déclinaison asiatique du Monde d’Aquilon.

 

 

"Les Noces écarlates" : quand l’amour et la politique mènent au carnage !

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Terres d'Ynuma

Tome : 4 - Les noces écarlates

Scénariste : Nicolas Jarry

Dessin : Ornella Savarese

Couleurs : Elodie Jacquemoire

Storyboard : Francesca Follini

Éditeur : Delcourt

Label : Soleil

Collection : Les Terres d'Aquilon

Genre : Heroïc Fantasy, Dark Fantasy

Thèmes : honneur, vengeance, Samouraïs, pouvoir

Parution : 10 Sept 2026

Format : 23,5 x 32,5 x 1,2 cm

Page : 54

ISBN : 978 2 3021 0678 9

Prix : 15,95 €



Publié le 25/09/2026.


Source : Bd-best


" Nestor Burma - Agence Fiat Lux

Étonné non-réponse lettre Mme Chambaud. Toute extrémité. Désire vous voir villa "Les Cactus". Île de Men-Bahr par Pointe-Trome. Salutations. Docteur Maurat."

 

Exit les rues de Paris, terrain de jeu habituel de Nestor Burma : le détective part cette fois sur l'île fictive de Men-Bahr, au large de la côte bretonne. Une ancienne cliente l'appelle à l'aide. Mais lorsqu'il débarque sur place, il arrive trop tard : la vieille dame vient d'être enterrée. C'est Mme Bollard et le docteur Maurat qui l'accueillent ... Et immédiatement une drôle de sensation saisit le détective !

Dès lors, une enquête aussi trouble que captivante s'engage.

 

 

 

 

" - Eh bien je ne suis pas en mission, du moins je ne crois pas, mais une nervosité un peu particulière m'a pris en débarquant.

- C'est l'air marin.

- Peut-être ... Savez-vous pourquoi Mme Chambaud désirait me voir ?

- Elle ne me l'a pas dit. Elle était étonnée de ne pas avoir de réponse, elle m'a donc prié de vous télégraphier. Le texte est de moi, elle ne savait pas qu'elle allait mourir, mais elle était très malade.

- L'issue fatale ne vous a pas étonné ?

- Pas du tout. Pourquoi ?

- Je ne sais pas. L'air marin qui continue à agir sur mes nerfs, sans doute ..."

 

 

Avec "Nestor Burma dans l'île", François Ravard s'empare du dernier roman original que Léo Malet consacra à son célèbre détective et offre une adaptation particulièrement inspirée. Quatorzième volume de la collection initiée dans le sillage de Jacques Tardi, cet album se distingue immédiatement par son décor.

 

Cette singularité géographique donne une saveur nouvelle à la série. Loin du Paris populaire et labyrinthique qui irrigue habituellement l'univers de Malet, Men-Bahr apparaît comme un territoire isolé, presque hors du temps. Quasi un "personnage" à lui tout seul ! Une ambiance, une atmosphère qui est loin d'être aussi tranquille qu'il pourrait y paraître au prelmmier abord.  Derrière les paysages de granit rose, les villas discrètes et la douceur apparente de l'arrière-saison bretonne, se cachent secrets, manipulations, disparitions et morts suspectes.

 

Le roman dont est issu l'album était déjà considéré comme l'un des meilleurs de la série Burma ; l'adaptation en conserve toute l'efficacité en mêlant mystère, fausses pistes et révélations successives.

 

© Ravard - de la Fuente - Casterman 2026

 

L'album entretient naturellement un lien fort avec l'héritage de Léo Malet et de Jacques Tardi. Du premier, il reprend le sens du dialogue, l'humour populaire, les personnages ambigus et l'art d'installer une intrigue où chaque révélation remet en cause les certitudes acquises. Du second, il hérite d'une mise en scène claire, d'une galerie de visages expressifs et d'une manière de faire du décor un acteur à part entière du récit.

Cependant, loin d'une imitation servile, Ravard profite de ce changement de décor pour imprimer sa propre sensibilité et renouveler l'atmosphère de la série.

 

 

© Ravard - de la Fuente - Casterman 2026

 

Les thèmes abordés restent ceux des meilleurs polars de Malet : les fantômes du passé, les désillusions, les intérêts cachés, les trahisons et les illusions perdues. Mais l'insularité apporte une dimension supplémentaire. Dans cet espace clos battu par les vents, chacun semble observer son voisin tandis que les secrets circulent sans jamais être totalement révélés.

Le récit gagne ainsi une tonalité parfois crépusculaire. Burma lui-même apparaît légèrement vieilli, moins frondeur qu'autrefois, confronté à un monde qui change. Ceci ne l'empêche cependant nullement à quelques bosses ici et là ... qu'il traite avec son humour si particulier.

 

" - Nom de Dieu, Burma ! Encore vous ?

- Je me suis fait la même réflexion ! Mais cette fois je vais garder au poing mon pétard !"

 

Face à lui, des personnages plus complexes qu'il n'y paraît, notamment la mystérieuse Éliane Dorset, contribuent à enrichir une intrigue remarquablement construite.

Belle, jeune (enfin moins qu'avant), blonde, avec un mari plutôt bien dans ses papiers ... mais ayant de "superbes cornes", elle semble à la fois inaccessible et tentatrice à souhait.

 

" - Je m'en vais aussi Eliane, je ...

- Faites donc ! Je ne vous retiens pas ! Vous m'avez profondément déçue !

Sur ces belles paroles, je mis les voiles."

 

Le principal point fort de l'album réside d'ailleurs dans cet équilibre entre l'efficacité du polar classique et une ambiance singulière, presque mélancolique, qui s'installe progressivement.

 

 

Installé en Bretagne depuis de nombreuses années, François Ravard semblait particulièrement bien placé pour adapter cette aventure atypique de Nestor Burma. Auteur reconnu pour des ouvrages mêlant chronique sociale, humour et observation du quotidien, il retrouve ici un univers qu'il connaissait déjà puisqu'il avait participé à "Les Rats de Montsouris" quelques années auparavant.

 

 

© Ravard - de la Fuente - Casterman 2026

 

Son attachement au personnage est évident, mais il ne se contente jamais de reproduire mécaniquement les codes établis. En déplaçant Burma dans un environnement qui lui est personnellement familier, il parvient à rapprocher le détective de son propre univers graphique et narratif. Cette appropriation respectueuse donne au récit une authenticité bienvenue tout en préservant l'esprit originel imaginé par Malet.

 

 

Ravard offre ici un travail de scénarisation parfaitement maîtrisé.

Son adaptation scénaristique impressionne par sa fidélité à l'esprit du roman tout en restant parfaitement lisible pour un lectorat contemporain. Ravard conserve les ressorts essentiels de l'enquête et la structure très classique du polar : une mort suspecte, une succession de pistes contradictoires, des personnages aux motivations troubles et un dénouement où chaque pièce du puzzle trouve sa place.

 

 

Le rythme est particulièrement bien dosé. Les indices sont distillés avec mesure et les nombreux rebondissements évitent toute impression de répétition. L'humour caractéristique de Burma demeure intact, tout comme son goût pour la répartie ironique et les situations improbables. Le scénariste sait également mettre en valeur les silences, les regards et les non-dits qui alimentent le suspense.

 

Si l'album privilégie parfois les dialogues pour expliciter certains enjeux, cette abondance verbale reste cohérente avec l'écriture de Malet. Elle contribue même à restituer le charme littéraire de l'œuvre originale et son savoureux mélange de langue populaire et d'observation sociale.

 

© Ravard - de la Fuente - Casterman 2026

 

Graphiquement, François Ravard relève un défi délicat : s'inscrire dans une tradition fortement marquée par Jacques Tardi tout en affirmant sa propre identité. Le résultat est particulièrement convaincant, il réussit un dessin entre fidélité et personnalité.

On retrouve immédiatement le Nestor Burma popularisé par Tardi, avec son allure reconnaissable et son expressivité caractéristique. Les visages sont vivants, parfois caricaturaux sans jamais tomber dans l'excès, et chaque personnage possède une présence qui lui est propre.

 

Pour les observateurs, certains clins d'œil se retrouvent ici et là ... dans l'un ou l'autre personnages secondaires ... Un Haddock par exemple page 35 (et suivantes) !

Ravard rend d'ailleurs hommage à Hergé avec une couverture librement inspirée de celle de "L'Île Noire".

 

 

L'un des grands plaisirs visuels de l'album réside dans son traitement des décors. Les paysages bretons sont magnifiquement restitués, qu'il s'agisse des sentiers côtiers, des maisons insulaires ou des formations rocheuses inspirées de la Côte de granit rose.

Ravard parvient à faire ressentir la présence constante de la mer, le vent, l'humidité et cette lumière particulière des îles bretonnes. Men-Bahr devient un personnage à part entière, aussi important que les protagonistes de l'enquête. On sent immédiatement le côté "naturel" de ce Breton !

 

 

Le travail de couleur de Philippe de la Fuente participe pleinement à cette réussite visuelle. Les dominantes vertes et rosées créent une atmosphère lumineuse et originale dans l'univers de Burma. Cette palette tranche avec les ambiances plus urbaines et plus sombres auxquelles la série nous avait habitués. Le résultat apporte fraîcheur et profondeur à un récit qui gagne ainsi une identité visuelle propre.

 

© Ravard - de la Fuente - Casterman 2026

 

Au final, "Nestor Burma dans l'île" réussit le pari de respecter l'héritage de Léo Malet et de Jacques Tardi tout en ouvrant de nouvelles perspectives au personnage. Porté par une intrigue solide, un cadre dépaysant et une réalisation graphique de grande qualité, cet album constitue l'une des adaptations les plus séduisantes consacrées récemment au célèbre détective qui met le mystère K.-O.

Un très bon cru, où le vent du large souffle avec bonheur sur l'univers de Burma. Car finalement, quand Burma quitte Paris, le mysère prend ce large !

 

Une île bretonne, quelques cadavres, une blonde énigmatique : Burma est chez lui, et nous en sommes ravis !

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Nestor Burma

Titre : 14 - Burma dans l'île

Adaptation scénaristique & dessin : François Ravard

Couleur : Philippe de la Fuente

D'après le roman de : Léo Mallet

Et l'univers graphique de : Tardi

Éditeur : Casterman

Parution : 16 septembre 2026

Genre : policier, polar

Public : tout

Format : 23,1 x 30,6 cm

Page : 88

ISBN : 978 2 2032 8425 8

Prix : 18 €



Publié le 23/09/2026.


Source : Bd-best


Julien Chevalier, 50 ans, croyait avoir trouvé, au bord de l'océan, l'équilibre qui lui avait toujours échappé. 

 

" Il se croyait oublié. Ça l'arrangeait. Il se sentait perdu dans un présent qui ne l'intéressait pas, qui ne lui parlait pas."

 

Loin de son existence de gangster bordelais d'autrefois, il partage désormais son quotidien entre son restaurant, "La Passante", du Cap Ferret et la vie sereine qu'il tente de construire avec Valéria.

Pourtant, une nouvelle venue du passé fissure cette tranquillité patiemment acquise. L'ex-inspecteur Baroy lui annonce la mort du fils d'une ancienne connaissance, Alphonse Sebastiani. Avec lui ressurgit d'autres brides de son passé ... Anbach ... Rosemarie Anbach ! Ah Rosemarie ! Son grand Amour ... mort à 27 ans !

 

 

 

" - Alphonse Sebastiani a perdu son fils unique, Jérôme. celui-ci a été tué lors du cambriolage de leur villa près de Lormont. Un vilain fait divers qui a mal tourné. Il semble que Jérôme ait surpris les cambrioleurs. Un coup de feu a éclaté. Le gamin s'est ramassé une balle dans la tête, mort sur le coup.

- Sebastiani ... ça me semble loin, un autre monde.

- Vous étiez associés. Ce qui a failli te coûter très cher, s'il n'y avait pas eu le témoignage de ...

- Rosemarie. Elle ne m'a jamais trahi."

 

Avec ces vieux noms réapparaissent leur cortège de souvenirs, de regrets et de drames inachevés. Dont la tuerie du Garage de l'Orient, 6 victimes ... 6 exécutions plutôt ! Dont le père de Rosemarie, le patron du garage ... Klaus Anbach !

Tandis que resurgissent les ombres de ses anciennes fréquentations et le souvenir toujours douloureux de Rosemarie, Julien se retrouve confronté à ce qu'il cherchait depuis des années à laisser derrière lui.

 

Le retour inattendu de son fils Christian achève de bouleverser ses certitudes et lui rappelle qu'aucune fuite n'est assez longue pour se libérer complètement de son histoire.

Un retour qui ne serait peut-être pas "étranger" à la mort du fils de son vieil associé !

L'embrouille risque de raviver plus que des "souvenirs" ...

 

 

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

Avec "Le Dernier Rivage", Jean Dufaux signe un polar noir à la fois ample et intimiste où les règlements de compte mafieux, les coups de feu comptent parfois moins que les cicatrices qu'ils laissent. L'album met en scène des personnages qui avancent avec leurs regrets, leurs fidélités et leurs deuils, prisonniers d'événements qu'ils pensaient pourtant révolus.

Sous les apparences d'un thriller criminel, cette intrigue s'attache avant tout au destin d'un homme confronté à son histoire. Entre mémoire, regrets et liens de filiation, l'album interroge la difficulté de se réinventer lorsque le passé demeure omniprésent. Car si l'on peut changer de vie, il est souvent beaucoup plus difficile d'échapper à ce que l'on a été.

 

 

Jean Dufaux apparaît ici clairement au sommet de son art de scénariste. Figure majeure de la BD franco-belge depuis plusieurs décennies, il démontre une nouvelle fois son talent pour construire des récits où les destins individuels se heurtent au poids du passé.

 

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

Auteur d'une œuvre foisonnante, il affectionne les personnages tourmentés, les passions tragiques et les mécanismes implacables qui conduisent les êtres à affronter leurs propres démons.

Que ce soit dans ses one-shot comme "Le Chien de Dieu", "Nez-de-Cuir" ou son dernier "La légende de Salomé" ou ses séries-cultes "Barracuda", "Croisade", Complainte des landes perdues", "Double Masque", "Djinn" sans oublier "Jessica Blandy" ... 11 one-shots, plus de 50 séries ... Jean Dufaux nous prouve à chaque parution son immense talent de raconteur et de metteur en scène du 9e Art.

 

Dans "Le Dernier Rivage", son écriture se distingue par une narration particulièrement fluide qui entremêle les époques sans jamais perdre le lecteur. Les révélations arrivent progressivement, au fil des souvenirs qui remontent à la surface. Ce découpage habile permet de maintenir le suspense tout en développant la psychologie des personnages. Dufaux ne se contente pas de raconter une histoire de truands ; il livre avant tout le parcours d'un homme en quête de paix, rattrapé par une existence qu'il croyait révolue.

 

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

L'un des grands mérites du scénario réside également dans la richesse de ses protagonistes. Julien Chevalier apparaît comme une figure complexe, tiraillée entre son désir d'oubli et les responsabilités héritées de son passé. Autour de lui gravitent des personnages qui possèdent chacun leurs motivations, leurs blessures et leur part d'ombre. Cette galerie de figures contribue largement à l'épaisseur du récit.

 

Julien va rapidement comprendre que si on peut fuir sa vie, on ne peut jamais le faire avec son passé car même au bout du monde, les fantômes attendent toujours.

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

Le dessin de Jean-Michel Arroyo constitue l'autre atout principal de l'album. Son trait réaliste sublime l'atmosphère du récit en s'appuyant sur un remarquable travail au lavis qui enveloppe chaque planche d'une ambiance sombre et presque crépusculaire. Les nuances de gris remplacent les couleurs avec une efficacité redoutable, renforçant le caractère noir du récit.

 

Jean-Michel excelle dans la représentation des ambiances. Qu'il s'agisse des paysages du Cap Ferret, des intérieurs chargés de souvenirs ou des scènes plus urbaines liées au passé criminel de Julien, chaque décor possède une véritable présence. Les jeux d'ombre et de lumière traduisent parfaitement la dualité qui habite les personnages et soulignent le climat de tension permanente.

 

Les visages sont particulièrement expressifs et permettent de ressentir les émotions sans qu'il soit nécessaire de les expliciter. Arroyo maîtrise également très bien le rythme visuel des séquences d'action, offrant un découpage dynamique qui renforce l'intensité dramatique. Son lavis apporte enfin une dimension presque intemporelle au récit, comme si les souvenirs et le présent coexistaient constamment dans la même image.

 

Un polar noir élégant et captivant

 

Avec "Le Dernier Rivage", Jean Dufaux retrouve le genre policier avec une remarquable réussite. Porté par une intrigue solide, des personnages profondément humains et un dessin somptueux, l'album s'impose comme un polar sombre où les blessures intimes comptent autant que les règlements de comptes.

 

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

On retient particulièrement l'atmosphère lourde et mélancolique qui traverse chaque page, la construction habile entre passé et présent, ainsi que la richesse d'une galerie de personnages composée de criminels, de policiers, de femmes marquantes et d'hommes hantés par leurs erreurs. Une œuvre mature et touchante qui rappelle avec justesse qu'aucun rivage n'est assez lointain pour éloigner définitivement les fantômes du passé.

 

 

Le passé ne meurt jamais. Il change seulement de rivage.

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Le dernier Rivage

Scénario : Jean Dufaux

Dessin & couleurs : Jean-Michel Arroyo

Éditeur : Anspach

Genre : policier, polar

Thèmes : mémoire, amour perdu, filiation, rédemption, poids du passé, héritage, Cap Ferret

Parution : 11 septembre 2026

Format : 32,1 x 24,1 x 1,3 cm

Page : 96

ISBN : 978 2 931105 58 0

Prix : 22 €



Publié le 17/09/2026.


Source : Bd-best


" - Commençons cette séance dans la bienveillance et le partage de soi. professeur Alexi, parlez-moi de vos mésaventures avec les femmes ... Mettez-vous à l'aise et racontez-moi tout. N'omettez aucun détail, même les plus inintéressants."

 

C'est ainsi que débute ce cinquième tome des aventures d’Alexi, professeur de latin de du réputé et très sélect Institut pour jeunes filles Borcigny.

 

À travers une séance de thérapie avec la sculpturale et attirante Rébecca Martini, ce dernier va se replonger dans ses souvenirs de jeunesse remontant à son passage au pensionnat Sainte-Rose. Il y évoque les faits marquants qui ont contribué à forger sa vision des relations humaines, de sa sexualité et de la séduction en général.

 

 

 

Au fil de leurs échanges, le récit alterne entre présent et passé, dévoilant progressivement les expériences, les rencontres et les situations "chaudes" qui ont jalonné sa vie de pensionnaire. Cette plongée dans sa mémoire permet de mieux comprendre sa personnalité, ses hésitations et son rapport parfois complexe aux femmes.

Ses confidences finissent par créer une tension croissante au sein de la séance. Ceci faisant, Rébecca se montre de plus en plus captivée par son récit, tout à réveillant en elle ses propres souvenirs de jeunesse ... Et pas n'importe lesquels !

 

© Max Sulfur - Tabou BD 2026

 

Construit comme un dialogue ponctué de nombreux retours en arrière, l’album mêle humour, nostalgie et récit initiatique. Il explore les thèmes du souvenir, de l’apprentissage sentimental, du désir et de l’influence du passé sur le présent, tout en conservant le ton léger et audacieux caractéristique de la série.

Par sa construction en récit-confession, ce procédé donne du rythme à la lecture et instaure une forme de suspense autour des révélations successives d’Alexi. Le récit joue également sur le contraste entre le tempérament réservé du protagoniste et les personnalités plus affirmées qui l’entourent. Cette opposition nourrit la dynamique du récit et participe à son efficacité.

 

Parmi les autres thèmes abordés figurent les rapports de pouvoir dans les relations humaines et la confrontation entre fantasmes, expériences passées et réalité présente. L’ensemble s'inscrit clairement dans la tradition de la bande dessinée destinée à un public adulte.

 

 

© Max Sulfur - Tabou BD 2026

 

Max Sulfur s’est imposé auprès des amateurs du genre grâce à une production régulière et à une identité facilement reconnaissable. Son travail repose généralement sur des personnages récurrents, des situations de confidence ou de confrontation psychologique, ainsi qu'une narration fluide privilégiant l'immersion du lecteur.

Dans ce volume, le scénariste conserve les ingrédients qui ont fait le succès de la série : dialogues nombreux, progression linéaire et mise en avant de la personnalité de ses protagonistes. L’écriture privilégie l’efficacité narrative plutôt que la complexité scénaristique, avec une volonté manifeste de maintenir l’attention du lecteur d’une séquence à l’autre. 

 

" - Mais ?! Professeur Alexi ... pensez-vous que ces jeunes filles ont eu une influence sur vous ?

- Je leur dois toute mon initiation sexuelle ... Toutes les nuits, je me faufilais dans le dortoir des filles. Elles s'étaient donné une mission bien particulière : "parfaire mon éducation". En contrepartie, je devais me tenir à leur entière disposition et suivre scrupuleusement certains préceptes"

 

 

La structure du récit repose essentiellement sur les échanges entre Alexi et sa thérapeute. Ce cadre relativement simple permet d’enchaîner naturellement les souvenirs tout en développant progressivement les personnages. Les retours en arrière constituent la colonne vertébrale de l’album et offrent une narration fluide, sans rupture de rythme.

 

Le scénario s’attache davantage à l’évocation des expériences et des émotions du personnage qu’à l’élaboration d’une intrigue complexe. Cette approche favorise une lecture rapide et accessible, tout en renforçant la sympathie du lecteur envers Alexi, figure centrale du récit. Souvent dépassé par les événements, il apparaît comme un personnage attachant, fréquemment entraîné malgré lui dans des situations où la volonté affirmée des femmes qui l’entourent semble dicter les règles du jeu, faisant de lui une "victime" souvent "consentante de leurs "appétits".

 

" - Vous allez dire que je suis foi mais j'ai l'impression d'être manipulé ... d'être un pantin ... une sorte de jouet d'un scénariste pervers.

- Vous ne feriez pas un petit complexe de persécution ? Allons Alexi, vous êtes quelqu'un d'unique ... un professeur remarquable, aimé et sollicité par toutes vos étudiantes."

 

Le travail graphique demeure l’un des grands points forts de Max Sulfur. Son trait réaliste et précis met en valeur les personnages tout en conservant une grande lisibilité. Les expressions faciales sont particulièrement soignées et contribuent largement à la narration.

Les décors, sans être envahissants, bénéficient d’un niveau de détail suffisant pour ancrer les scènes dans un environnement crédible. L'alternance scènes de confidence / scènes osées accentue la montée de la tension entre la thérapeute et son "patient". La mise en page reste dynamique et accompagne efficacement la progression du récit. Les couleurs, douces et harmonieuses, participent à l'atmosphère générale de l'album et renforcent l'élégance visuelle de l'ensemble.

 

 

© Max Sulfur - Tabou BD 2026

 

Ce cinquième tome confirme la maîtrise de Max Sulfur dans son registre de prédilection. Grâce à une narration fluide, des personnages bien identifiés et une qualité graphique constante, l’album s’adresse avant tout aux lecteurs familiers de la bande dessinée pour adultes.

Sans révolutionner la formule de la série, il en exploite efficacement les codes et offre une lecture rythmée portée par un dessin particulièrement soigné.

 

 

Entre humour, nostalgie et révélations bien "chaudes", un nouveau chapitre captivant.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Kiff

Tome : 5 - Sensuelles & rebelles

Scénario, dessin & couleurs : Max Sulfur

Éditeur : Tabou BD

Genre : érotique

Thèmes : confidence, relation dominant-dominé, éducation sexuelle

Parution : 10 septembre 2026

Public : adulte averti

Format : 23,5 x 32,3 cm

Page : 48

ISBN : 978 2 35954 254 7

Prix : 17 €



Publié le 16/09/2026.


Source : Bd-best


Spirou 4614 – 16 Septembre 2026

 

 

Starlight, l’aventure continue !

 

 

 

 

 


Starlight est de retour pour la suite du premier épisode. Elevé avec Ulysse 31, Les mystérieuses cités d’or et One Piece, Philippe Cardona a créé les personnages de Cyrius et Valentine alors qu’il n’était encore qu’au collège. Bien sûr, leurs caractères et caractéristiques ont évolué. Celui qui était un chevalier de l’espace est devenu un héros à la recherche de ses origines, quête qui a fait le succès de nombreuses fictions. Avec Valentine, il lui colle une alter ego qui va contrebalancer son caractère impulsif. Planète Lehnnon, Tibbles, Abby Rocks, autrement dit, John Lennon, les Beattles, Abbey Road, Cardona est fan du groupe britannique et ça se voit dans ces nombreux clins d’œil. Il n’aurait plus manqué que Valentine s’appelle Lucy et elle aurait été dans le ciel avec des diamants. Aux couleurs, Florence Torta assure le changement de planète. C’est vraiment dépaysant tout en restant cohérent.

A part ça, nos mômes préférés vont se perdre au Musée. La série de Mandel et Pochep ne serait-elle pas la meilleure du moment ?

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Khowo, Boriau - Dupuis

 

 

Histoires à suivre :

 

Louca : Finale (partie 1)

Dequier / Guillo

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Starlight 1 : Partie 2

Cardona / Torta

 

 

Récit complet :

 

Perdus au Musée

Pochep / Mandel / Chesneau

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boulette 

Picault / Trondheim / Findakly 

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Ecole des mauvais parents (L’) (La fête du strip)

De Poortere

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La fête du strip)

Tom

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette  

Théoschu  

Kid Paddle 

Midam / Dairin / Patelin / Angèle 

Manoir à louer (x 2)

Juanungo / Trondheim

Mauvaises graines (La fête du strip)

Ami Inintéressant /  Cerq / Couët

Pendant de temps, au Coin Perdu

De Souza

Sacha dans tous ses états

Lory / Thitaume

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La fête du strip)

Dino

 

 

Rubriques :

 

Ça s’est passé cette semaine

Depasse / Bercovici

Concours : Willy Woob, le défi ! Les gagnants !

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bonhomme

En direct du futur : Panique au Muséum

 

Jeux : Starlight l’aventure continue ! 

Antoine / Morin

Spirou et moi

Cardona

Starlight, 6 infos essentielles à savoir avant de redécoller !

 

 

 

Supplément abonnés :

 

Stripbook : Le légiste de l’espace

Khowo / Boriau

 

 

En kiosques et librairies le 16 Septembre 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 



Publié le 16/09/2026.


Source : Boulevard BD


" - Il nous faut quelqu'un de vraiment malin ... capable de créer une œuvre avec un budget limité ... capable d'innover ... d'instiller du suspense ... d'exploiter la peur, la tension ... peu importe les contraintes techniques ... tout en conservant l'authenticité et les émotions.

Je crois que j'ai la bonne personne ..."

 

Ce 12 juin 1973, dans les bureaux des Studios Universal, à Los Angeles, 3 hommes sont sur le point de prendre une décision qui fera rentrer le cinéma et son industrie dans un nouvel univers !

 

" - Steven ? J'ai déposé le roman "Jaws" sur ton bureau.

- "Jaws" ? C'est quoi ? Une histoire de dentiste ?"

 

 

Il est vrai que "Jaws" en anglais signifie "mâchoires" ... Et la suite allait nous prouver à quel point elles allaient claquer ... et arracher un succès aussi inespéré que phénoménal !

 

À l'occasion du cinquantième anniversaire des "Dents de la mer", œuvre fondatrice du blockbuster moderne, les bandes dessinées consacrées aux coulisses du film se multiplient. Parmi elles, "Le Débutant", signé Damien Maric et Antoine Schiffers, choisit un angle particulièrement pertinent : raconter non seulement la naissance d'un film devenu mythique, mais surtout celle d'un cinéaste qui n'était alors qu'un jeune réalisateur de vingt-sept ans encore en quête de légitimité.

 

© Maric - Schiffers - Casterman

 

Sorti en 1975, "Les Dents de la mer" (Jaws) demeure l'un des plus grands phénomènes de l'histoire du cinéma. Adapté du roman de Peter Benchley, le film raconte la lutte d'une petite station balnéaire contre un gigantesque requin blanc semant la terreur sur les côtes. Mais au-delà de son intrigue devenue emblématique, l'œuvre a surtout marqué un tournant majeur pour l'industrie hollywoodienne.

 

 

© Maric - Schiffers - Casterman

 

En révolutionnant la promotion des films, la diffusion simultanée dans un grand nombre de salles et le recours à une campagne marketing d'envergure, Spielberg a contribué, presque malgré lui, à définir les codes du blockbuster moderne. Cinquante ans après sa sortie, son influence demeure intacte. Livres, documentaires et bandes dessinées continuent d'explorer cette aventure hors norme, preuve que les coulisses du film fascinent autant que le film lui-même.

Dans le cadre de cet anniversaire, plusieurs publications sont venues célébrer cet héritage. "Le Débutant" s'inscrit ainsi dans une véritable vague éditoriale consacrée à l'un des tournages les plus chaotiques et les plus célèbres de l'histoire du cinéma.

 

 

© Maric - Schiffers - Casterman

 

Un album qui raconte la naissance de Spielberg

Avec "Le Débutant", Damien Maric et Antoine Schiffers ne se contentent pas d'empiler les anecdotes de plateau. Leur récit suit le parcours d'un jeune Steven Spielberg au moment où celui-ci s'apprête à jouer sa carrière sur un projet démesuré.

 

En 1974, le réalisateur ne compte encore que quelques œuvres à son actif, dont "Duel" et "Sugarland Express". Lorsqu'il entreprend le tournage de "Jaws", son ambition est simple : réaliser un grand film d'aventures dans la tradition des classiques hollywoodiens. Mais très vite, le projet tourne à l'épreuve de survie.

Les requins mécaniques tombent constamment en panne.

 

" PLOUF

- C'est quoi ce merdier, Bob ?! Pourquoi il a coulé à pic ?!

- Je ne vois qu'une seule raison ... l'électrolyse ...  L'eau salée abîme le laiton, l'aluminium, le zinc et d'autres métaux.

- Si je comprends bien, on a dépensé 250.000 $ pour ce truc ... ne supporte pas l'eau de mer ?!? [...] Là j'ai l'impression de voir un étron géant qui flotte plutôt qu'un requin digne de ce nom."

 

Les intempéries retardent les prises de vues. Les dépassements de budget inquiètent les producteurs. Les tensions se multiplient avec les habitants de Martha's Vineyard, tandis que l'équipe accumule les contretemps. Confronté à une pression incessante, Spielberg doute, panique parfois, mais refuse d'abandonner.

Derrière "Les Dents de la mer", un homme en plein naufrage apprendra à surmonter les aléas d'un production impossible, vouée pour certains à l'échec, avant de rencontrer le triomphe.

D'une succession de catastrophes naîtra ainsi un blockbuster ... et un Géant !

 

 

L'album montre avec intelligence comment ces difficultés ont façonné le film. L'impossibilité de montrer régulièrement le requin pousse par exemple le réalisateur à suggérer davantage qu'à exhiber la menace. Cette contrainte technique devient alors un formidable moteur de créativité et participe à construire la tension devenue la signature du film.

 

© Maric - Schiffers - Casterman

 

Les thèmes et les points forts de l'ouvrage

La principale qualité du "Débutant" réside dans son regard profondément humain. Plutôt que de célébrer le génie d'un Spielberg déjà consacré, l'album s'intéresse à ses failles, à ses peurs et à ses moments de découragement.

 

" - Allô ? Ri... Richard ... J'ai ... J'ai besoin ... J'ai besoin de ton aide ... Je ... Je t'en supplie ..."

 

Le récit explore plusieurs thèmes forts. Parmi eux, la naissance artistique d'un créateur, la gestion de l'échec et du doute, la capacité d'adaptation face aux imprévus, la pression économique dans l'industrie du cinéma et l'importance du travail collectif derrière un succès individuel.

 

L'album rappelle également le rôle essentiel joué par plusieurs collaborateurs, notamment la monteuse Verna Fields et l'actrice Lorraine Gary, dont le soutien moral et créatif s'avère déterminant au cours de cette aventure éprouvante.

Sans céder à l'hagiographie, Damien Maric compose un récit documenté, fluide et accessible qui permet aussi bien aux cinéphiles avertis qu'aux lecteurs néophytes de comprendre pourquoi "Les Dents de la mer" est devenu un moment charnière de l'histoire du cinéma.

 

 

Damien Maric, auteur, producteur et vulgarisateur est reconnu pour son travail autour de la culture cinématographique. Par ses chaînes YouTube "La Veillée" et "La Théorie de Graham", il s'est fait une spécialité de l'analyse des films, de leurs coulisses et de leurs mécanismes de narration.

Cette expertise transparaît pleinement dans "Le Débutant". Son écriture privilégie la rigueur documentaire sans jamais sacrifier le rythme du récit. Il parvient à transformer un tournage semé d'embûches en véritable drame humain, où chaque difficulté devient un élément de tension narrative.

Son approche scénaristique consiste ainsi à replacer l'humain au centre de l'événement historique. Plus qu'un récit sur un film célèbre, "Le Débutant" devient le portrait d'un artiste en construction, d'un visionnaire en devenir.

 

 

© Maric - Schiffers - Casterman

 

Antoine Schiffers, un dessin au service du réalisme

Aux dessins, Antoine Schiffers, jeune auteur belge est révélé l'an dernier notamment par son roman graphique "Katya". Nous l'avions d'ailleurs rencontré et interviewé à cette occasion.

Ici, il adopte une approche graphique particulièrement adaptée au sujet.

 

Son trait réaliste, précis et expressif restitue avec efficacité l'atmosphère du tournage. Les visages sont immédiatement reconnaissables et les décors de Martha's Vineyard bénéficient d'une mise en scène soignée qui renforce l'immersion.

 

Le choix du noir et blanc enrichi de nuances de gris confère à l'ensemble une esthétique proche du reportage ou du carnet de bord. Cette sobriété graphique renforce le caractère documentaire du récit tout en laissant une large place aux émotions des personnages.

Schiffers excelle particulièrement dans la représentation des tensions psychologiques qui traversent Spielberg. Les regards, les silences et les moments d'épuisement deviennent parfois plus éloquents que les dialogues eux-mêmes.

 

 

 

Avec "Le Débutant", Damien Maric et Antoine Schiffers livrent une chronique captivante des coulisses des "Dents de la mer". Loin du simple catalogue d'anecdotes, l'album raconte la transformation d'un jeune réalisateur confronté à un projet qui semble constamment lui échapper.

 

 

© Maric - Schiffers - Casterman

 

Cinquante ans après la sortie d'un film devenu légendaire, cette bande dessinée rappelle qu'avant le mythe Spielberg, il y avait un débutant confronté au doute, aux accidents, aux contraintes techniques et à la peur de l'échec.

 

Une lecture passionnante, aux origines d'un mythe, quand Spielberg contre vents, marées et requins mécaniques, révolutionnait Hollywood.

Pour les amateurs de bande dessinée comme pour les amoureux du septième art.

 

 

Le tournage qui devait couler... et qui a créé une légende.

 

 

Lien capsule Antoine Schiffers : "Derrière la palette ..."

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Le Débutant - Quand Steven n'était pas Spielberg

Scénario : Damien Maric

Dessin & couleurs : Antoine Schiffers

Éditeur : Casterman

Type : roman-graphique

Genre : biographie, documentaire

Thèmes : cinéma, "Les Dents de la mer", production, mer, requin

Public : ado - adulte

Parution : 9 septembre 2026

Format : 21,6 x 28,8 cm

Page : 144

ISBN : 978 2 2033 0368 3

Prix : 23,50 €



Publié le 14/09/2026.


Source : Bd-best


" Il suffit d'ouvrir son cœur ... ses yeux ... ses oreilles ... et laisser venir ce qui vient."

 

Avec "Invitations", Jirô Taniguchi livre un ouvrage à la fois précieux et émouvant, puisqu’il rassemble ses ultimes créations, restées pour certaines inachevées au moment de sa disparition en 2017.

Le volume réunit deux récits de "Quelque part", consacrés à Lafcadio Hearn, écrivain occidental fasciné par le Japon traditionnel, ainsi qu’une adaptation de la nouvelle "Feux d'artifice" de Hyakken Uchida.

 

" Les pédales de cerisiers dans la brise. Enfin le calme ... Voilà le japon que j'aime ... le beau Japon."

 

 

 

Ces trois histoires sont traversées par les thèmes majeurs de la fin de carrière de Taniguchi : la promenade comme expérience intérieure, la mémoire des lieux, le dialogue entre le monde visible et l’invisible, et la confrontation de l’homme au temps qui passe.

 

" Il ne faut pas croire qu'il n'y a que la nuit que l'on voit des choses. Le jour également est un monde aussi flottant que les rêves."

 

 

© Taniguchi - Casterman 2026

 

Dans les deux chapitres de "Quelque part", Lafcadio Hearn devient un guide entre réalité historique et légendes populaires. Au détour d’une rue ou d’une rencontre, le quotidien bascule subtilement dans le surnaturel. Les récits empruntent aux traditions japonaises des histoires de fantômes et de yôkai, mais sans jamais rechercher l’effroi.

 

" Vous connaissez l'histoire du jeune homme fortuné qui s'est retrouvé sans un sou à trop fréquenter les maisons closes ? Il a fini chasseur de tuyaux de pipes, à ce qu'on dit."

 

L’auteur privilégie l’émerveillement, la mélancolie et la réflexion sur les liens qui unissent les vivants aux disparus.

 

 

 

© Taniguchi - Casterman 2026

 

Avec "Feux d’artifice", l’atmosphère devient plus troublante encore. Une simple randonnée se transforme en voyage initiatique aux frontières du rêve, où un homme suit une mystérieuse inconnue dans un parcours qui ressemble autant à une quête spirituelle qu’à une descente dans ses souvenirs les plus enfouis.

 

" Il me semblait avoir déjà vu ce visage mais je ne parvenais  pas à m'en souvenir. [...] Cela me parut étranger. c'était comme si elle était venue spécialement me chercher."

 

 

La grande force de l’album réside dans cette capacité à faire cohabiter l’intime et l’universel. Derrière les apparitions, les fantômes et les éléments fantastiques, Taniguchi parle avant tout de la fragilité humaine, de la transmission, de la nécessité d’accepter les transformations du monde et notre propre finitude. La lecture est d’autant plus bouleversante que l’on sait ces pages réalisées dans les derniers mois de sa vie. L’inachèvement de "Feux d’artifice" ne constitue pas une frustration ; au contraire, il confère à l’ensemble une dimension profondément émouvante, comme si l’œuvre demeurait en mouvement, suspendue entre présence et absence.

 

© Taniguchi - Casterman 2026

 

Né en 1947 à Tottori, Jirô Taniguchi demeure l’un des auteurs japonais les plus appréciés du public francophone. Sa renommée repose sur sa faculté exceptionnelle à raconter des histoires simples en apparence mais d’une grande profondeur émotionnelle. Des œuvres comme "Le Journal de mon père", "Quartier lointain", "Un ciel radieux" ou encore "Le Gourmet solitaire" ont révélé un créateur attentif aux émotions discrètes, aux gestes quotidiens et aux moments de contemplation. Loin des codes spectaculaires souvent associés au manga, il a bâti une œuvre humaniste où la sensibilité prime sur l’action.

 

 

Son travail de scénariste se distingue ici par une remarquable économie de moyens. Les intrigues avancent lentement, au rythme de la marche et de l’observation. Les dialogues sont sobres, les silences nombreux, mais chaque échange possède un véritable poids émotionnel. Taniguchi excelle dans l’art de suggérer plutôt que d’expliquer. Les frontières entre rêve, souvenir et réalité restent volontairement floues, permettant au lecteur de s’immerger dans une expérience presque méditative. Les récits fantastiques deviennent alors des métaphores de questionnements universels : la mémoire, l’identité, le passage du temps ou encore la quête de sens.

 

 

© Taniguchi - Casterman 2026

 

Graphiquement, "Invitations" témoigne une nouvelle fois du talent exceptionnel du mangaka. Son trait se caractérise par une précision remarquable et une élégance naturelle. Les paysages urbains du Japon de la fin du XIXe siècle, les chemins côtiers ou les espaces boisés sont reproduits avec un sens du détail qui nourrit constamment l’immersion. La composition des planches privilégie la respiration et la contemplation, laissant le regard circuler librement.

 

Plus surprenant encore, "Feux d’artifice" révèle une évolution stylistique rarement observée chez l’auteur. Le dessin y gagne en liberté et en abstraction, accompagnant parfaitement la dimension onirique du récit. Les croquis inachevés des dernières pages possèdent une puissance particulière : loin d’apparaître comme de simples esquisses, ils renforcent le caractère éthéré et spectral de l’histoire. Cette matière graphique inaboutie devient le reflet même du sujet traité, celui d’un monde où les frontières se dissolvent progressivement.

 

 

 

© Taniguchi - Casterman 2026

 

À la fois testament artistique et ultime exploration de ses thèmes de prédilection, "Invitations" constitue bien davantage qu’un recueil posthume. C’est le témoignage d’un créateur, d’un maître de l’émotion silencieuse, resté curieux jusqu’au bout, toujours prêt à explorer de nouveaux territoires narratifs et graphiques.

 

Pour mieux pénétrer l’univers unique et profondément attachant de ce maître de l’humanisme, dont chaque récit conduit immanquablement à l’émotion, Patrick Hoonoré, auteur d’une traduction initiale réalisée avec respect et fidélité, offre au lecteur une introduction aussi pertinente qu’approfondie à chacune des nouvelles.

 

 

Une œuvre délicate, mélancolique et profondément humaine, indispensable aux admirateurs de Jirô Taniguchi et une magnifique porte d’entrée pour découvrir la sensibilité unique de cet immense auteur.

 

 

Les derniers éclats de poésie d’un maître du manga, d’un artiste qui n’a jamais cessé de nous émerveiller.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Invitations

Scénario & dessin (N&B) : Jirô Taniguchi

Traduction : Patrick Honnoré

Éditeur : Casterman

Genre : manga

Thèmes : Japon, voyage, écriture, quête initiatique, émotion

Public : tout

Parution : 9/9/2026

Format : 17,4 x 23,9 cm

Page : 112

ISBN : 978 2 2033 1316 3

Prix : 20 €



Publié le 13/09/2026.


Source : Bd-best


Spirou 4613 – 9 Septembre 2026

 

 

Remise en jeu pour Louca

 

 

 

 

 

 


Pour un numéro spécial, voici un numéro spécial. A l’occasion de son retour, près de la moitié du numéro est consacré à Louca. Après un récapitulatif des événements, on a droit à neuf planches de la première partie de La finale. On entre ensuite dans la peau de son auteur Bruno Dequier, avant d’apprendre à dessiner Nathan dans un tuto dessiné. On découvre les coulisses de l’adaptation de la série en animé, d’abord dans un récit complet signé Madd et Perez, puis avec des interviews de membres de l’équipe de production. Si on ajoute la double page de jeux aux couleurs de la série, la boucle est bouclée.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Louca : Finale (partie 1)

Dequier / Guillo

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Récits complets :

 

Elliot au collège

Grosjean / Mallo

Louca L’animé qui en a sous le pied Partie 1 - Une enquête de terrain

Madd / Perez

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Ecole des mauvais parents (L’) (La fête du strip)

De Poortere

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Louca L’animé qui en a sous le pied Partie 2 – Les secrets de fabrication

 

Louca Le récap !

 

Tuto dessiné : Nathan

Dequier

 

 

En kiosques et librairies le 9 Septembre 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 09/09/2026.


Source : Boulevard BD


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