Information générale concernant le monde de la BD
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Dans un futur où l’humanité a épuisé la Terre pour rendre habitable une nouvelle planète baptisée Providence, une fracture sociale abyssale sépare deux mondes : d’un côté, l’élite providencine installée sur cette planète rouge technologiquement avancée ; de l’autre, les Terriens condamnés à survivre sur une planète exsangue.

 

" - Comment renouer le dialogue entre la Terre et Providence ? Ça devrait être notre seul angle d'attaque. Le dialogue d'humain à humain. Et au lieu de ça. La Concorde assomme les Terriens de questionnaires générés par la machine ! Et tout le monde s'étonne des tensions qui explosent ..."

 

Au cœur de cette société à deux vitesses, Keren Kepler incarne l’exception. Originaire de la Terre, il a réussi à intégrer les rangs des privilégiés et travaille désormais pour la Concorde, un programme censé favoriser le dialogue entre les deux peuples. Mais ...

 

 

 

" - Nos chers voisins ne sont pas en odeur de sainteté ici.

- Maintenant qu'ils ont eu ce qu'ils voulaient, ça serait bien qu'ils retournent sur leur saloperie de planète.

- Vous pourriez développer ?

- "Terraformer Providence. Faire de la Planète Rouge un paradis pour l'Homme. Des océans, des prairies, de super stations de ski ..." Eh ben, ça y est. Ils s'le sont offert. mais si j'me souviens bien, c'est nous qu'avons casqué pour leur terraformation, non ? Et j'parle pas que des massacres. ces sangsues ont essoré nos ressources pendant plus de cinq cents ans.

- C'est vrai. Et les Providencins souhaitent se racheter. leurs nouveaux dirigeants ont fondé la Concorde pour qu'elle serve de médiatrice. On y œuvre pour une humanité unie. Ça passe par une Terre rebâtie, dans l'intérêt des terriens."

 

Néanmoins, ce beau projet est-il réellement si "humanitaire" pour les terriens ou n'est-ce qu'un trompe-l'œil afin de conserver leur supériorité et leur mainmise sur la planète Bleue ... quand elle l'était encore ?

 

C'est alors qu'un drame personnel va pousser le père de Keren à rechercher ce qui se cache derrière la Concorde ! Elle qui ne cesse de rassembler toutes les données sur chacun, chacune, de dresser leur "profil". Derrière ses bonnes intentions ... derrière cet écran de fumée ... y aurait-il des peurs, des objectifs, des craintes ? A moins que ???

 

" - Pardon ? Mon "profil" ? Parce que vous croyez vraiment savoir ce que j'ai dans la tête ?

- Votre profil est dressé à partir des données personnelles que vous acceptez de partager en utilisant votre terminal. Habitudes de consommation, déplacements, historiques de navigation. On ne juge pas les pensées qui vous traversent l'esprit. Seules vos actions sont prises en compte."

 

 

Avec Providence, Nicolas Dehghani signe une ambitieuse fresque de science-fiction qui dépasse largement le simple récit d’anticipation.

 

© Dehghani - Sarbacane 2026

 

Sous ses allures de récit d’ascension sociale, Providence interroge pourtant des questions bien plus profondes. La liberté individuelle existe-t-elle encore dans un monde gouverné par les données, les algorithmes et l’intelligence artificielle ?

 

" - Nos algorithmes se nourrissent de siècles de datas humaines. Comportements d'achat, réflexes, gestuelles, inflexions dans la voix. Jusqu'à la manière de cligner des yeux. Quelles précisions apporteraient vos impressions personnelles lors de vos ... discussions de comptoir ?"

 

Jusqu’où une société peut-elle aller au nom du bien commun ? Le contrôle des pensées, la surveillance, les inégalités sociales, l’épuisement des ressources naturelles ou encore les dérives technologiques nourrissent une réflexion particulièrement actuelle.

La Concorde, présentée comme un outil de compréhension mutuelle, apparaît progressivement comme un gigantesque système de collecte de données destiné à anticiper et neutraliser toute contestation.

L’auteur questionne ainsi notre rapport aux technologies décisionnelles et aux algorithmes auxquels nous accordons une confiance grandissante dans nos sociétés contemporaines.

 

" - Monsieur Kepler, vous êtes un homme raisonnable. Vous avez la responsabilité de ...

- La ferme, j'ai dit ! Plus personne prend la responsabilité de rien ! Tous vos putains d'algorithmes décident à votre place et ..."

 

L’album trouve également une résonance émotionnelle forte lorsqu’un drame bouleverse son intrigue et fait glisser le récit vers l’exploration du deuil, de la culpabilité et de la résilience.

 

 

© Dehghani - Sarbacane 2026

 

Nicolas Dehghani ne se contente pas d’exposer une opposition classique entre dominants et dominés. Il construit un univers complexe où les bonnes intentions peuvent masquer des mécanismes de domination particulièrement efficaces.

 

" - Quand les Providencins en auront marre de jouer les bons samaritains ... vous croyez qu'ils hésiteront une seconde avant de reprendre les massacres ? Regardez l'échec pathétique de leur Concorde ... Ils sont bien meilleurs quand il s'agit de nous exterminer.

- Et donc vous dites qu'ils n'attendent que l'occasion pour nous réprimer à nouveau ?

- Mais à quoi vous penser servir ?"

 

 

 

© Dehghani - Sarbacane 2026

 

La scénarisation impressionne d’abord par la solidité de son univers. Les premières pages demandent un certain investissement au lecteur, tant les codes, les institutions et les rapports de force de cette civilisation future sont nombreux. Mais cet effort est récompensé par une immersion remarquable dans un monde cohérent et crédible. Dehghani développe patiemment ses personnages et leurs relations, en particulier celles qui lient Keren à sa famille et à ses collègues providencins. Lorsque survient l’événement charnière qui bouleverse l’histoire, le récit change alors de nature.

 

La fresque politique cède ainsi une large place au drame intime. Ce basculement pourra surprendre certains lecteurs, tant il modifie le rythme et les priorités narratives, mais il permet aussi d’explorer avec finesse des émotions universelles et profondément humaines.

 

Aucun protagoniste n’est réduit à une fonction ou à une idéologie. Chacun possède ses fragilités, ses contradictions et ses aspirations. Cette humanité rend les enjeux particulièrement incarnés et favorise l’empathie du lecteur. Derrière les débats sur l’intelligence artificielle ou les conflits de classes, ce sont avant tout des êtres confrontés à leurs propres blessures qui occupent le devant de la scène.

 

 

© Dehghani - Sarbacane 2026

 

Graphiquement, Providence témoigne d’une évolution spectaculaire du talent de Nicolas Dehghani. Déjà remarqué avec Ceux qui brûlent, l’auteur franchit ici un véritable cap. Son dessin semi-réaliste se distingue par une maîtrise impressionnante des architectures futuristes, des environnements industriels et des paysages urbains. Chaque décor participe à l’immersion dans cet univers crépusculaire où la technologie la plus avancée côtoie la misère sociale.

 

Son travail sur la couleur mérite également d’être souligné. Fidèle à une palette dominée par les nuances d’orange et de gris, l’auteur construit une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Ces choix chromatiques ne relèvent pas uniquement de l’esthétique : ils renforcent constamment l’atmosphère du récit, opposant chaleur humaine et froideur technologique, espoir et désillusion. Certaines planches presque monochromes deviennent de véritables respirations visuelles, accompagnant les moments les plus intenses de l’histoire avec une remarquable efficacité narrative.

 

 

© Dehghani - Sarbacane 2026

 

La mise en scène bénéficie enfin de l’expérience de Dehghani dans le domaine de l’animation. Son découpage dynamique, son sens du rythme et sa capacité à faire ressentir les émotions à travers l’organisation des cases démontrent une maîtrise affirmée du langage de la bande dessinée. Les silences, les regards et les espaces vides y ont souvent autant d’importance que les dialogues.

 

 

 

© Dehghani - Sarbacane 2026

 

Au final, Providence s’impose comme une œuvre dense, intelligente et profondément contemporaine. Derrière son décor de science-fiction et ses enjeux interplanétaires se cache une réflexion saisissante sur les dérives possibles de nos sociétés connectées. Nicolas Dehghani livre un récit ambitieux qui conjugue critique sociale, émotion et spectacle visuel avec une rare maîtrise.

 

Une dystopie vertigineuse où l'élite règne et les algorithmes décident. Sous les couleurs de la science-fiction, une mise en garde contre nos propres excès.

 

Une lecture exigeante parfois, mais particulièrement stimulante, qui confirme l’auteur parmi les voix les plus prometteuses de la bande dessinée francophone actuelle.

 

 

 

Thierry Ligot

 

NB : "Providence" est également le coup de cœur de Reynold, de la librairie Brüsel dans sa "20e Minute de Rey - Aoüt 2026" 

 

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Titre : Providence

Scénario, dessin & couleurs : Nicolas Dehghani

Éditeur : Sarbacane

Genre : S.-F. dystopique

Thèmes : nouvelles technologies, deuil, vengeance, IA

Public : ado - adulte

Parution : 19/8/2026

Format : 22,5 x 32 cm

Page : 336

ISBN : 978 2 3773 1913 8

Prix : 29 €



Publié le 31/08/2026.


Source : Bd-best


" VRRR VRRR VRRR

- Pas maintenant ... c'est pas possible ! Allô !

- C'est Ox, j'ai un nouveau travail pour toi ! Tu pars demain. Ton vol est déjà réservé.

- Partir ? Mais pour où ? Et pendant combien de temps ?

- Je t'enverrai tes instructions bientôt par une autre voie.

- Qu'est-ce que tu veux que j'invente pour disparaître du jour au lendemain ?

- J'y ai déjà pensé."

 

Quelques heures plus tard, Ramba débarque à l'aéroport Adolfo-Suárez Madrid-Barajas. Direction la Sierra de Guadarrama et le mystérieux couvent des Sœurs de la Charité du Haut-Val, perdu dans les montagnes espagnoles.

 

 

 

Une nouvelle mission l'attend : vérifier l'état de santé d'une jeune femme dont les parents, de riches industriels italiens, sont sans nouvelles.

 

" S'assurer de la bonne santé d'une jeune femme ... parents inquiets ... un couvent isolé. Famille riche ... fille dévolue à Dieu ... Mmmmm"

 

 

Sur le papier, l'affaire semble relativement banale. Un établissement religieux isolé, une héritière partie consacrer sa vie à Dieu et des proches inquiets. Pourtant, dès les premiers instants, quelque chose sonne faux.

 

" - Le Saint couvent de Las Hermanas de la Caridad del Alto Valle ! Il est aussi sinistre que la renommée qui l'accompagne ..."

 

Et ce n'est encore rien par rapport à ce qui s'y déroule réellement derrière ces murs épais et sombres. Le monastère apparaît comme une forteresse austère dressée au milieu d'un paysage sauvage. Son atmosphère pesante et sa réputation inquiétante intriguent immédiatement la mercenaire. Mais ce qui se déroule réellement derrière ses murs dépasse largement les soupçons initiaux.

À la tête de l'institution règne l'énigmatique Torque Madré, abbesse aussi autoritaire que charismatique, qui applique une conception très personnelle du second vœu monastique : la chasteté.

 

 

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026

 

Dans ce décor oppressant, Ramba se retrouve confrontée à un univers clos où la dévotion affichée masque des pratiques bien plus troubles. La mission de sauvetage devient rapidement une plongée dans un environnement où se mêlent manipulation, domination et perversion. Fidèle à elle-même, l'héroïne devra une nouvelle fois s'impliquer corps et âme, quitte à payer de sa personne pour atteindre son objectif.

 

Une héroïne culte de la bande dessinée érotique italienne

Série emblématique de la BD érotique italienne, créée à la fin des années 1980 sous le titre "Ramba la Mercenaria", Ramba appartient à cette génération de personnages issus de l'âge d'or des fumetti pour adultes italiens. Sorte de réponse féminine aux héros d'action bodybuildés popularisés par le cinéma américain, elle combine violence, humour irrévérencieux et sensualité décomplexée.

 

La série n'a jamais cherché à rivaliser avec les grandes sagas d'aventure sur le terrain de la profondeur psychologique. Son attrait repose ailleurs : une héroïne au caractère volcanique, une liberté de ton totale et une succession d'aventures où l'action et l'érotisme avancent main dans la main. Cette identité forte lui a permis de conserver au fil des décennies un statut particulier parmi les grandes figures de la bande dessinée érotique européenne.

 

 

 

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026

 

Un récit plus ambitieux que le précédent album

Après "Une heure à tuer", qui proposait une intrigue relativement simple malgré ses qualités visuelles, "Pardonne mes offenses" gagne en ampleur grâce à son cadre gothique particulièrement inspiré. Le choix d'un monastère isolé offre un décor riche en possibilités narratives et visuelles.

Avec ces thèmes familiers mais efficaces, le scénario de Marco Delizia, créateur historique de la série, exploite efficacement l'opposition entre la liberté absolue incarnée par Ramba et l'autorité étouffante exercée par Torque Madré.

 

Sans chercher la complexité d'un thriller, l'intrigue maintient l'intérêt grâce à un rythme soutenu, des révélations régulières et un antagonisme bien construit.

L'abbesse constitue d'ailleurs l'un des principaux atouts de l'album. Son influence sur les pensionnaires du couvent, son aura inquiétante et son ambiguïté morale en font une adversaire bien plus mémorable que la plupart des ennemis croisés par Ramba jusque-là.

 

 

 

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026

 

Entre érotisme transalpin et imagerie gothique

L'un des grands intérêts de cet album réside dans son utilisation d'un imaginaire traditionnel de la littérature érotique européenne : le lieu clos, retiré du monde, où derrière une façade de vertu prospèrent les pulsions les plus inavouables.

Le monastère devient ainsi un espace de fantasmes, mais aussi de domination et de transgression. Cette atmosphère particulière donne une véritable personnalité au récit et lui permet de dépasser le simple enchaînement de scènes provocatrices. L'univers dépeint ici repose sur un contraste permanent entre apparence pieuse et réalité beaucoup plus trouble, créant une tension constante tout au long de la lecture.

 

 

Andrea Bulgarelli, l'atout maître de la série

Si le scénario remplit parfaitement son rôle, c'est surtout la prestation graphique d'Andrea Bulgarelli qui impressionne. Né en 1973, ce dessinateur et peintre italien autodidacte a longtemps travaillé dans les domaines du fantastique, de l'horreur et de la bande dessinée pour adultes avant de reprendre le personnage de Ramba.

Son travail se distingue par une précision remarquable et une maîtrise évidente de l'anatomie. Les personnages possèdent une présence physique constante, tandis que les décors bénéficient d'un souci du détail qui enrichit considérablement l'ambiance du récit.

 

Les scènes d'action gagnent en intensité grâce à une mise en scène énergique et parfaitement lisible. Quant aux séquences sensuelles, elles s'inscrivent pleinement dans la tradition du classicisme érotique italien. Plusieurs compositions évoquent d'ailleurs l'héritage de John Buscema, notamment dans le traitement des corps, la dynamique des poses et le sens du mouvement.

 

Bulgarelli parvient à trouver un équilibre séduisant entre réalisme, exagération et efficacité narrative. Ses planches donnent tout leur relief à un univers qui oscille constamment entre aventure populaire, humour excessif et fantasme assumé.

 

 

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026

 

Une confirmation réussie

Une suite supérieure au premier volume (c'est un avis personnel), avec "Pardonne mes offenses", Ramba poursuit son retour de manière convaincante. Le monastère espagnol et son inquiétante abbesse offrent un terrain de jeu idéal à cette héroïne indomptable, tandis que Marco Delizia affine sa formule narrative en proposant une aventure plus ambitieuse que la précédente.

 

Surtout, Andrea Bulgarelli confirme album après album qu'il est aujourd'hui l'un des meilleurs interprètes graphiques du personnage. Son dessin élégant, puissant et généreux apporte à cette série patrimoniale une nouvelle jeunesse particulièrement séduisante.

 

 

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026

 

Un univers pervers caché dans un lieu clos enveloppé par une image pieuse, de dévotion que nul ne mettrait en doute.

 

Entre classicisme érotique transalpin, ambiance gothique, action musclée et provocations assumées, cette aventure de Ramba s'adresse clairement à un public averti.

Les amateurs du genre y trouveront un divertissement solide, porté par une héroïne toujours aussi excessive et par un dessinateur dont le talent éclate à chaque planche.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Ramba

Tome : 2 - Pardonne mes offenses

Scénario : Marco Delizia

Dessin : Andrea Bulgarelli

Couleurs : Niina Xan

Traduction : Master Tabou

Éditeur : Tabou BD

Public : adulte

Genre : aventure érotique (poussée)

Parution : 19 février 2026

Format : 23,5 x 32,3 cm

Page : 48

ISBN : 978 2 35954 225 7

Prix : 17 €



Publié le 26/08/2026.


Source : Bd-best


Après les événements du premier volume, les jeunes héros franchissent enfin la frontière qui les mène vers le mystérieux royaume de Tiketone. Mais leur entrée dans cet univers ne se déroule pas comme prévu.

 

" - Je me fiche du jeu des morts vivants ! J'en ai assez ! Je vais chercher la relique de la mort. Vous n'avez qu'à jouer de votre côté, si ça vous amuse ! Je ne vous ai jamais demandé de me suivre !"

 

Propulsés dans un monde dont ils ignorent tout, les six adolescents sont dispersés dès leur arrivée et doivent désormais avancer sans repères, chacun confronté à ses propres défis. Entre créatures énigmatiques, règles inconnues et dangers imprévisibles, leur quête prend une tournure bien plus sombre que ce qu'ils avaient imaginé.

 

 

" Entre sans peur, Ô, Voyageur, dans la quête du présent

Au bout du tunnel, ta première épreuve

Tiketone est la clé de la Porte du Ciel."

 

Après un 1er tome en 2024 aussi captivant que surprenant et dépaysant, voici la seconde partie de la trilogie "Les Royaumes de Tiketone".

 

Ce deuxième tome approfondit les thèmes qui faisaient déjà la richesse de la série. Au-delà du simple récit d’aventure fantastique, Mélissa Morin explore les blessures de l’enfance, le deuil, la solitude et la difficulté de grandir face à la perte. Le personnage de Thomas reste au cœur de cette réflexion. Marqué par la disparition de sa famille, il semble de plus en plus happé par Tiketone et nourrit une relation ambiguë avec cet univers dont il paraît connaître davantage de secrets qu’il ne veut bien l’admettre. Cette dimension psychologique apporte une profondeur bienvenue à un récit qui oscille constamment entre rêve et réalité.

 

 

© Morin - Casterman 2026

 

L’un des principaux atouts de l’album réside dans sa capacité à entretenir le mystère.

 

L’autrice ne livre que progressivement les clés de compréhension de son monde imaginaire. Chaque nouvelle étape soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses, créant une tension permanente qui nourrit la curiosité du lecteur. La séparation du groupe constitue également un choix narratif pertinent puisqu’elle permet de suivre plusieurs parcours simultanément et d’enrichir la découverte de Tiketone sous différents angles. Les personnages gagnent en épaisseur au fil de leurs expériences respectives et certaines révélations viennent modifier subtilement les dynamiques établies dans le premier opus.

 

 

© Morin - Casterman 2026

 

Sur le plan de la scénarisation, Mélissa Morin construit habilement un récit d’exploration qui emprunte par moments aux codes du jeu vidéo. Les protagonistes progressent à travers une succession d’épreuves, de rencontres et d’énigmes qui structurent leur avancée dans ce monde parallèle. Cette mécanique pourrait sembler classique, mais elle est constamment renouvelée par l’étrangeté des situations rencontrées et par l’incertitude qui entoure la véritable nature de Tiketone.

Le scénario maintient ainsi un équilibre intéressant entre aventure, suspense et réflexion plus intime. Le rythme demeure soutenu tout au long de l’album, tandis que la conclusion ouvre de nouvelles perspectives qui donnent immédiatement envie de découvrir la suite.

 

 

© Morin - Casterman 2026

 

Graphiquement, ce second tome impressionne par sa créativité et son identité visuelle affirmée. Mélissa Morin déploie un imaginaire foisonnant où chaque décor semble animé d’une vie propre. Les paysages prennent des formes inattendues, les lumières jouent un rôle narratif essentiel et les couleurs participent pleinement à l’ambiance du récit. Plus l’histoire s’enfonce dans l’étrange, plus la palette chromatique gagne en intensité, passant de teintes relativement douces à des compositions beaucoup plus audacieuses et hypnotiques.

 

Le dessin semi-réaliste de l’autrice favorise l’immersion et conserve une grande lisibilité malgré la richesse des détails. Les planches respirent grâce à une mise en page claire, tandis que l’intégration des onomatopées et des effets graphiques apporte une sensation de mouvement et de musicalité particulièrement originale. L’eau, le vent, les ombres ou encore les phénomènes magiques semblent presque prendre forme sous les yeux du lecteur grâce à un travail visuel particulièrement soigné.

 

 

© Morin - Casterman 2026

 

Avec L’École de la nuit, Mélissa Morin confirme tout le potentiel de son univers. Ce deuxième volet élargit considérablement les horizons de la série, approfondit ses personnages et renforce le mystère qui entoure Tiketone.

 

Porté par une narration efficace et un graphisme d’une grande inventivité, l’album s’impose comme une étape majeure de la trilogie et laisse présager un dénouement riche en révélations.

 

Une lecture captivante qui séduira autant les amateurs de fantasy jeunesse que les lecteurs en quête d’univers originaux et fascinants.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Les Royaumes de Tiketone

Tome : 2 - L'école de la nuit

Scénario, dessin & couleurs : Mélissa Morin

Éditeur : Casterman

Genre : fantastique, aventure

Thèmes : amitié, exploration, mystère, pouvoirs, enfance

Public : jeunesse

Parution : 22 avril 2026

Format : 17,7 x 24,8 cm

Page : 200

ISBN : 978 2 2032 8390 9

Prix : 19 €



Publié le 24/08/2026.


Source : Bd-best


Depuis le 12 octobre 1939, Moscou est en pourparlers avec Helsinki afin d'obtenir notamment de nouveaux territoires garantissant sa propre protection. Helsinki rejette toutes les propositions russes. La tension monte entre les 2 capitales.

Le 26 novembre, une salve d'artillerie finnoise tue plusieurs soldats russes sur la frontière de l'isthme de Carélie. La Finlande refusant de retirer ses troupes de la frontière, chose exigée par Staline, ce dernier utilise ce prétexte pour rompre tous les accords liant les 2 pays ...

Et le 30 novembre 1939, la Russie soviétique envahit la Finlande. La guerre finno-russe, désignée plus fréquemment la "Guerre d'Hiver" est déclarée ...

Elle s'achèvera le 13 mars 1940 après une résistance héroïque de l'armée finlandaise, seule face à l'ogre soviétique. Par le traité de Moscou y mettant fin, la Finlande devra céder notamment un dixième de son territoire.

 

De nombreux actes héroïques eurent lieu durant ce conflit. Et certains parfois "solitaires" ...

 

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

Avec "Mort Blanche", Kid Toussaint et Iñaki Holgado proposent un récit de guerre qui mêle habilement réalité historique et fiction. L'album plonge le lecteur au cœur de la guerre d'Hiver.

À travers le destin de Riku, jeune Finlandais devenu un tireur d'élite redouté, les auteurs s'intéressent autant aux ravages du conflit qu'à la construction d'une légende nourrie par la peur, la solitude et la violence.

 

« Ses frères d’armes tiennent les comptes de ses cibles.
Et on peut dire qu’il fait des dégâts.
Les soviétiques l’ont surnommé « Mort blanche ».
Ils ont mis sa tête à prix, et ont même formé un escadron pour l’arrêter.
»

 

L'ouvrage trouve son origine dans deux figures historiques fascinantes.

D'un côté, Simo Häyhä, le célèbre sniper finlandais surnommé « la Mort Blanche » par ses ennemis soviétiques.

De l'autre, Hiroo Onoda, soldat japonais qui continua à se considérer en guerre durant plusieurs décennies après la capitulation du Japon.

Kid Toussaint fusionne librement ces deux destins exceptionnels pour créer un personnage fictif, Riku, dont l'existence devient progressivement une réflexion sur l'obsession guerrière et l'incapacité à retrouver une vie normale après les combats.

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

L'album développe plusieurs thèmes forts. La violence est omniprésente, d'abord à travers l'enfance de Riku, élevé par un père brutal qui confond apprentissage et maltraitance.

 

" - Garde les deux yeux ouverts pour viser. [...] Garde les deux yeux ouverts, bon sang !

- Arrête ... arrête, papa, tu me fais mal !"

 

Cette éducation laisse des traces profondes et participe à façonner un homme capable d'endurer l'impensable.

 

" - T'as quoi sous les yeux ?

- Quoi ? ... Euh ... Rien !

- C'est encore une fois ton père, pas vrai ? Comme la fois où il t'a cassé le bras ... ou la semaine dernière quand Eiki n'est pas venu à la messe parce qu'il ne pouvait plus s'asseoir tant ton père l'avait frappé !"

 

La guerre agit ensuite comme un révélateur, transformant un jeune homme fragile en une machine à tuer redoutablement efficace. Mais derrière les exploits militaires se cache surtout une réflexion sur la perte des repères, la solitude et l'effacement progressif de l'humanité chez ceux qui vivent trop longtemps dans la violence.

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

L'un des points forts de l'album réside dans son cadre historique. La guerre d'Hiver demeure relativement peu représentée en bande dessinée, alors qu'elle constitue un épisode marquant du XXe siècle. L'opposition entre l'immense puissance soviétique et la résistance acharnée des Finlandais offre un terrain idéal pour mettre en scène des combats de guérilla dans des paysages enneigés où chaque arbre peut dissimuler un ennemi. Cette toile de fond donne à l'histoire une atmosphère singulière et immersive.

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

Sur le plan scénaristique, Kid Toussaint construit un récit fluide et accessible qui alterne scènes de guerre et retours sur le passé du personnage principal. Cette construction permet de comprendre progressivement comment Riku est devenu cet homme traqué autant par ses ennemis que par ses propres souvenirs.

 

 

Le décompte régulier des victimes abattues, affiché au fil des pages, 544 au total, renforce la dimension presque mythologique du personnage tout en soulignant la déshumanisation progressive qu'entraîne la guerre.

 

" - Mort Blanche ... Tu as tué tellement de gens.

- Je n'ai fait que mon devoir.

- Ça t'a fait quoi ?

- Rien. Ça ne me fait rien. Je défends notre ville, notre pays, ma vie ..."

 

Il est à noter d'ailleurs que ce décompte débute à "2" ! Quel est donc le premier ? Qui était sa première fois ? Le lecteur a le droit de l'imaginer tout au long du récit ... jusqu'à sa réponse dans les dernière page ... avant un clifhanger "réhumanisant" (ou non) Riku !

 

Le récit sait également maintenir une tension constante grâce aux nombreuses embuscades et opérations clandestines.

 

 

Toutefois, le scénario prend dans sa dernière partie une direction plus romanesque qui pourra diviser les lecteurs. En cherchant à prolonger la trajectoire de son héros bien au-delà de la guerre d'Hiver, l'auteur s'éloigne davantage du réalisme historique pour explorer une dimension plus symbolique. Cette évolution a le mérite d'approfondir les thèmes de l'isolement et de l'obsession, même si elle peut parfois donner l'impression d'un basculement un peu abrupt par rapport à l'approche initiale du récit.

 

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

Graphiquement, Iñaki Holgado livre une prestation particulièrement convaincante. Son dessin semi-réaliste offre une lecture claire et efficace, tout en accordant une grande importance aux expressions des personnages.

L'évolution physique de Riku apparaît avec beaucoup de subtilité : le jeune garçon timide des premières pages laisse progressivement place à une silhouette dure et marquée par les épreuves.

Les scènes de combat sont dynamiques et parfaitement lisibles, sans jamais sombrer dans la surenchère spectaculaire.

 

Les environnements constituent également l'une des grandes réussites de l'album. Les forêts enneigées, les lacs gelés et les étendues blanches deviennent de véritables personnages du récit. Holgado parvient à restituer la rudesse du climat nordique et l'immensité des paysages finlandais.

 

Le travail des couleurs, assuré par Raphaël Bauduin et Anaïs Blanchard, joue un rôle essentiel dans cette immersion. Les teintes froides dominent naturellement l'ensemble, tandis que les explosions, les incendies et le sang viennent ponctuellement rompre cette blancheur glaciale, accentuant la brutalité des affrontements.

 

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

Au final, Mort Blanche se révèle être une bande dessinée solide et ambitieuse. En s'appuyant sur des figures historiques réelles tout en assumant sa part de fiction, l'album interroge la fabrication des héros de guerre et le coût humain de leurs exploits.

Malgré quelques facilités dans sa conclusion, il séduit par son contexte historique original, la profondeur de ses thèmes et la qualité de sa réalisation graphique.

 

 

 

Une lecture prenante qui rappelle que derrière chaque légende militaire se cache souvent un homme hanté par ce qu'il a vécu et par ce qu'il a été contraint de devenir.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Mort Blanche

Scénario : Kid Toussaint

Dessin : Iñaki Holgado

Couleurs : Raphaël Bauduin

Aplats : Anaïs Blanchard

Éditeur : Bamboo

Label : Grand Angle

Type : one-shot

Genre : aventure, guerre

Thèmes : courage, solitude, honneur, traumatisme, Russie, Finlande

Parution : 25 février 2026

Format : 24,3 x 32,1 cm

Page : 64

ISBN : 979 1 0411 1037 7

Prix : 15,90 €



Publié le 23/08/2026.


Source : Bd-best


S'il est bien une aventure de Tintin qui m'a, dans ma jeunesse, impressionné c'est bien le diptyque "Le secret de la Licorne" et "Le trésor de Rackham le Rouge" !

 

Avec le onzième volume de la collection "Les Coulisses d'une œuvre", publié par Prisma et Moulinsart, les lecteurs sont invités à redécouvrir l'un des albums les plus marquants de la saga de Tintin : "Le Secret de la Licorne". Prépublié dans les pages du Soir volé entre le 11 juin et 5 juillet 1942, puis entre le 16 juillet et le 14 janvier 1943, en 174 strips noir et blanc, ce récit représente une étape décisive dans l'évolution narrative d'Hergé.


Sa mise au format album avec la réalisation des bleus de coloriage, eux, datent de cette année 1943.

 

 

 

Plus qu'une simple chasse au trésor, cette aventure combine enquête policière, fresque maritime et quête identitaire dans un récit d'une remarquable maîtrise, conçu dès le départ pour se prolonger dans "Le Trésor de Rackham le Rouge".

Ce premier diptyque de la série ouvrira la voie à d'autres grandes aventures en deux parties, devenues parmi les plus célèbres de l'œuvre. Pensez notamment à "Les 7 boules de cristal" / "Tintin et le temple du Soleil" et surtout aux mythiques "Objectif Lune" / "On a marché sur la Lune" !

 

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

L'album repose sur une intrigue d'une efficacité remarquable. Tout commence par un objet apparemment insignifiant : une maquette de trois-mâts achetée par Tintin pour l'offrir au capitaine Haddock.

 

" - Dis donc, Milou, voilà un joli navire. Il est très beau. J'ai bien envie de l'acheter et de l'offrir au capitaine haddock ..."

 

Lorsque plusieurs inconnus cherchent à tout prix à s'en emparer, le mystère s'épaissit et entraîne les héros sur les traces de l'énigmatique Licorne, navire commandé autrefois par le chevalier François de Hadoque.

 

Derrière la recherche d'un trésor enfoui se dessine alors une histoire familiale qui permet à Haddock de découvrir ses propres origines. Cette dimension personnelle donne une profondeur nouvelle au personnage et contribue à l'une des grandes forces de l'album.

 

 

En effet, "Le Secret de la Licorne" marque un tournant dans le rôle du capitaine Haddock. Apparue quelques albums plus tôt, la figure du marin colérique et attachant cesse ici d'être un simple compagnon d'aventure pour devenir l'un des véritables piliers de la série. Son passé, sa lignée et son héritage occupent désormais le cœur du récit. Cette évolution renforce considérablement la dynamique du duo qu'il forme avec Tintin et annonce la place centrale qu'il occupera dans les albums suivants.

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

Le volume consacré aux coulisses de l'œuvre met également en lumière l'apparition d'éléments appelés à devenir emblématiques. C'est notamment dans cette aventure que les lecteurs découvrent pour la première fois le château de Moulinsart, futur point d'ancrage de l'univers tintinesque.

Inspiré du château de Cheverny, Hergé en simplifie volontairement l'architecture en supprimant les ailes latérales pour ne conserver que le bâtiment central. L'album introduit aussi Nestor, discret mais indispensable majordome dont la présence deviendra familière aux amateurs de la série.

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

L'un des aspects les plus passionnants de cet ouvrage réside dans l'exploration du travail documentaire d'Hergé. Le dessinateur se montre particulièrement exigeant lorsqu'il s'agit de représenter les navires et l'univers maritime. Depuis les débuts de Tintin, les embarcations occupent une place essentielle dans son imaginaire, mais jamais encore elles n'avaient été aussi centrales. Plans de voiliers, ouvrages spécialisés, iconographie historique : l'auteur accumule les références afin de donner crédibilité et précision aux scènes de navigation, de combat naval et d'abordage. Cette rigueur contribue à l'impression de réalisme qui caractérise l'aventure.

 

Le livre rappelle également que l'album est conçu dans un contexte particulièrement difficile. En pleine Occupation, Hergé doit composer avec les restrictions matérielles, notamment les pénuries de papier qui affectent la presse et l'édition. Pourtant, ces contraintes n'altèrent en rien son ambition narrative. Soucieux d'éviter tout affrontement direct avec la censure, il privilégie une aventure intemporelle, tout en laissant transparaître discrètement certains aspects du quotidien bruxellois de l'époque. L'absence fréquente d'automobiles dans les rues ou encore la présence de nombreux voleurs à la tire constituent ainsi des échos subtils à une réalité que les lecteurs de l'époque connaissaient bien.

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

L'ancrage belge de l'album apparaît d'ailleurs comme l'un de ses charmes les plus durables. La célèbre scène du marché aux Puces plonge le lecteur dans une atmosphère typiquement bruxelloise. Ceci avec un brin d'humour lorsque Milou se gratte entre les travées !

Hergé y observe la vie quotidienne tout en enrichissant son récit de détails familiers. Plusieurs expressions et références locales seront même adaptées dans les éditions ultérieures afin d'être mieux comprises par un public international de plus en plus large.

 

"Allez, c'est bon ... 40 francs et il est pour vous." devenant "C'est entendu ... 40 francs et il est à vous."

 

Tout comme : "Ça veut juste réussir, monsieur ! Je viens de le vendre à ce jeune homme ..." réécrit plus tard : "Je regrette, monsieur ! Je viens de le vendre à ce jeune homme."

 

 

Cette nouvelle livraison des Coulisses d'une œuvre s'attarde enfin sur les nombreuses inspirations de l'auteur, dévoilant croquis préparatoires, esquisses et documents qui ont nourri sa création. Elle met également en lumière les innovations graphiques et scénaristiques que Hergé apporte à son style !

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

La narration de Haddock du combat de son aïeul contre les pirates de Rackham le Rouge en mêlant présent et passé est impressionnante. Superposant Haddock et Hadoque, le lecteur est projeté au milieu même de l'action. Une immersion totale captivante !

 

À l’instar des volumes précédents, les auteurs retracent l’origine de certains personnages en identifiant les proches et connaissances d’Hergé qui les ont inspirés. Ils s’intéressent également aux lieux ayant servi de modèles pour les décors, ainsi qu’aux nombreuses modifications et corrections apportées au fil des rééditions.

Ces documents permettent de mieux comprendre la méthode d'un créateur obsédé par la clarté du récit et la précision du dessin.

 

Évidemment, impossible ici de révéler l'ensemble des anecdotes ou informations diverses reprises et expliquées dans ce volume. Le plus simple est d'y plonger avec l'album à côté pour une relecture éclairée ...

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

Au final, ce volume confirme pourquoi Le Secret de la Licorne demeure l'un des sommets de la bibliographie d'Hergé. Par l'équilibre parfait entre suspense, humour, aventure et émotion, l'album marque l'entrée de Tintin dans une forme de maturité narrative.

Quant à cet opus consacré à sa genèse, il offre aux passionnés un éclairage précieux sur la fabrication d'un classique intemporel de la bande dessinée franco-belge, dont l'influence reste intacte plus de quatre-vingts ans après sa création.

 

 

 

Thierry Ligot

 

_____________________________________________________________________________________________- 

 

Collection : Tintin Hergé - Les Coulisses d'une œuvre

Tome : 11 - Le secret de La Licorne

Scénario - dessin : Hergé

Commentaires - étude : Philippe Goddin

Avec la participation de : Dominique Maricq

Éditeur : Éditions Moulinsart / Prisma

Parution : 26/8/2026

Format : 25,5 x 25,5 x 1,3 cm

Pages : 88

ISBN : 978 2 81044 348 2

Prix : 19,95 €



Publié le 21/08/2026.


Source : Bd-best


Spirou : Les 6 sommaires du coeur de l'été

 

 

Pendant que nous étions en vacances, Spirou ne s'est pas reposé. Voici les sommaires des six numéros du coeur de l'été, du 15 juillet au 19 août. 

 

 

 

 

 

 

 

Spirou 4605 – 15 Juillet 2026

 

Imbroglio météo Des héros qui n’ont pas froid aux yeux !

  

Max Beaumont héberge Rose, sa jeune voisine. Il a longtemps été son baby-sitter. Sa mère ayant un travail très prenant et ne voulant pas que sa fille reste seule, une chambre pour elle a été aménagée chez Max. Avec son drone, elle a l’œil sur tout. Le trio décide d’aller chez Simon pour voir si sur son ordinateur il n’aurait pas d’autres photos du bandit. C’est là qu’ils surprennent un cambrioleur en flagrant délit. Celui-ci s’échappe avec le fruit de son larcin dans une étonnante tornade à l’intérieur même de l’appartement du journaliste. Il pleut dans son salon ! Quel imbroglio météo !

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Cavaliers de l’apocadispe (Les) sont hyper sages à la mer

Libon

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Pomès

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

 

 

Récit complet :

 

Ark Atlass

Peroz / Pujol / Christo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boulette

Picault / Trondheim / Findakly

Coin Perdu (Le)

De Souza

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Freuby (Le) (La pause-cartoon)

Gally

Gaston  

Delaf / Trondheim / BenBK 

Kid Paddle

Midam / Dairin / Patelin / Angèle

Nelson

Bertschy

Orbit 

Petrossi / Ronconi 

Spoirou & Fantasperge (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Willy Woob

Moog / Bernstein

Working dead

Lory / Dubuisson / Chesneau

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur, 3 infos, 2 vraies, 1 fausse & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bernstein

En direct du futur : Mi-Mouche

 

Interview : Dans la tête de…

Nicoby

Interview : les strips du Coin perdu

De Souza

Jeux : Max Beaumont sur la piste de l’ordi 

Schmitt

Résultats du concours de dessins Gaston

 

Ta leçon de BD : Le scénario

Marko / Beka

Vacances de Jeanne (Les)

Delaf / Bocquet

 

 

En kiosques et librairies le 15 Juillet 2026

3,20 €

 

 

 

 

Spirou 4606 – 22 Juillet 2026

 

Les Tuniques Bleues lâchent les chevaux

  

Alors que Chesterfield cherche dans l’infirmerie si son camarade Blutch ne ferait pas partie des blessés ramenés de la dernière charge, ce dernier et son cheval Arabesque font les morts au milieu des cadavres sur le champ de bataille. Pendant que les confédérés inspectent les lieux de l’assaut, Arabesque se relève et tombe en pamoison devant Traveller, le cheval du Général Lee. Après avoir tenté de la chasser, le gradé, n’ayant pas le cœur de séparer les tourtereaux, décide de la ramener au camp avec eux. Ça fera toujours une monture de plus pour la cavalerie. Observant discrètement la manigance, Blutch, fusionnel avec sa bête, n’a pas l’intention de laisser faire. En pleine nuit, il la récupère. Mais, deux problèmes : Traveller, cheval amoureux, file avec eux, et Cancrelat tente de les rattraper. Ça, c’est le tout début de la soixante-dixième aventure des Tuniques Bleues qui se poursuit cette semaine !

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Cavaliers de l’apocadispe (Les) sont hyper sages à la mer

Libon

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Louis

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

 

 

Récits complets :

 

Au coin de ma rue : Le figurant

Bodart / Zabus / Turon

Au coin de ma rue : L’espion

Clérisse / Zabus / Turon

Perdus à l’aéroport

Pochep / Mandel / Chesneau

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Ecole des mauvais parents (L’) 

De Poortere 

Edito (L’)  

Erre / Fabcaro / Greff  

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons 

Muñoz / Thibaut-Jouvray 

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Freuby (Le) (Marges)

Sti

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette  

Théoschu  

Kid Paddle

Midam / Dairin / Patelin / Angèle

Nelson

Bertschy

Pendant de temps, au Coin Perdu

De Souza

Pernille  

Trichet / Dav / Esteban 

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon) 

Dino  

Titan Inc. 

Boisteau /Martin 

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Sti

En direct du futur : Oui, votre voix compte

 

Interview : L’arrière-boutique

Neidhardt

Jeux : L’amour est dans les prés

Frefon

Ta leçon de BD : La composition

Marko / Loisel

Vacances de Jeanne (Les)

Delaf / Bocquet

 

 

Supplément abonnés :

 

Stripbook : Bienvenue en enfer

 

 

 

En kiosques et librairies le 22 Juillet 2026

3,20 €

 

 

 

 

 

Spirou 4607 – 29 Juillet 2026

 

Entrez sur le ring avec Mi-Mouche

 

Elle s’appelle Colette. Elle a quatorze ans et a perdu sa sœur jumelle Lison. Sa mère la saoule pour qu’elle fasse de la danse comme sa sœur en faisait, mais elle préfère la boxe. Elle cohabite avec son ombre qui lui parle depuis la mort de sa sœur. Harcelée par Astrid, la caïd du collège, elle a ainsi des armes pour se défendre. Elle prend sa vie en mains et avance coûte que coûte. Si sa mère n’est pas ravi, son père, lui, soutient ses choix. A présent, c’est l’heure de son tout premier combat sur le ring. Véro Cazot et Carole Maurel sont de retour pour le troisième tome de Mi-Mouche.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Orbit : Opération poulailler

Petrossi / Ronconi

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Gally / Cazot

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boulette

Picault / Trondheim / Findakly

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Elliot au collège

Grosjean / Mallo

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest

Gorobei / Ced

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette

Théoschu

Kid Paddle

Midam / Dairin / Patelin / Angèle

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Nelson

Bertschy

Pendant de temps, au Coin Perdu

De Souza

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

Titan Inc.

Boisteau /Martin

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Louis

En direct du futur : Game over dans l’espace

Midam / Adam

Jeux : Mi-Mouche en remet une couche !

Sti

Ta leçon de BD : Le storyboard

Marko / Loran

Vacances de Jeanne (Les)

Delaf / Bocquet

 

 

En kiosques et librairies le 29 Juillet 2026

3,20 €

 

 

 

 

 

 

Spirou 4608 – 5 Août 2026

 

Yoko Tsuno affronte l’intelligence intemporelle

 

On ne mène pas une série depuis plus de cinquante ans par hasard. Leloup a toujours l’intelligence (naturelle) de ne pas laisser sa série dans la naphtaline. Le créateur avance avec son temps. Aujourd’hui, il s’inquiète de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Pouvant être utilisée autant pour faire le bien que le mal, Leloup la compare aux drones, jouets innocents employés sur les champs de bataille. Il voit en ces dérives la maladie humaine de la domination.

                Chez Dupuis, il reste peu de séries de plus de 30 ans. Cédric, L’agent 212, Jérôme K.Jérôme Bloche en font partie. En remontant encore le temps, Les Tuniques Bleues et Yoko Tsuno sont les derniers dinosaures. Alors, lorsque l’on ouvre un nouvel album de Willy Lambil ou de Roger Leloup, même si graphiquement l’âge entraîne quelques petites imperfections, on ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur en pensant à tout ce qu’ils nous ont offert.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Pochep / Mandel / Chesneau

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Brad Rock The gold digger

Jilème / David

Capitaine Anchois

Floris

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest

Gorobei / Ced

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette

Théoschu

Kid Paddle

Midam / Dairin / Angèle

Nelson

Bertschy

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

Titan Inc.

Boisteau /Martin

Working dead

Lory / Dubuisson / Chesneau

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Dodier

En direct du futur : Sacha, Trop cool ou méga gênant ?

Lory / Tithaume

Interview 

Leloup

Jeux : Panique à Loch Castle

Bataillon

Ta leçon de BD : La création de personnages

Marko / Munuera

 

 

En kiosques et librairies le 5 Août 2026

3,20 €

 

 

 

 

 

 

 

Spirou 4609 – 12 Août 2026

 

Game over La pire contre-attaque

 

Eclipse oblige, depuis la lunette astronomique d’un observatoire, le petit barbare découvre que la princesse est prisonnière d’aliens sur une planète apparemment hostile. Il dégotte une soucoupe pour s’y rendre et arrive sur place après une bataille interstellaire à côté de laquelle les combats de Star Wars, c’est de la gnognotte. Va-t-il sauver sa dulcinée ? Une fois n’est pas coutume, l’histoire s’étale sur quatre planches et c’est l’hilarant Jacques Louis qui se charge du scénario. Celui-ci explique sa manière de travailler dans un entretien d’arrière-boutique. Pendant ce temps, fin de charge pour les Tuniques Bleues. Le général Lee aura-t-il récupéré son cheval ? 

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Leclercq / Dubuisson

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Récit complet :

 

Game over

Adam / Louis / BenBK

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest

Gorobei / Ced

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette

Théoschu

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

Willy Woob

Moog / Bernstein

Working dead

Lory / Dubuisson / Chesneau

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac  (dont Courrier des lecteur, 3 infos, 2 vraies, 1 fausse & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bernstein

En direct du futur : Une entrée enfant gratuite au parc Spirou

 

Gaston : Un cas, des colles

Delaf / Fabcaro

Interview : L’arrière-boutique

Louis

Jeux : Soirée apéro gaming

Mouk

Podcast : L’île de Minuit

Grebil

Ta leçon de BD : La création de personnages

Marko / Erre

 

 

En kiosques et librairies le 12 Août 2026

3,20 €

 

 

 

 

Spirou 4610 – 19 Août 2026

 

Chassé-croisé pour les Schtroumpfs

 

Les Schtroumpfs viennent trop rarement faire un petit tour dans Spirou. Et pourtant, de nombreuses histoires sont encore inédites ou presque, à l’image de cette « Circulaschtroumpf » qui date de 1997 (!) et qui a pour auteurs Marc Wasterlain et Philippe Delzenne. Il serait temps que le studio Peyo fasse comme chez Disney et cite officiellement à présent les créateurs de chacune des histoires des Schtroumpfs, comme dans leurs albums. On réclame donc plus de bleu dans le rouge !

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Gally / Cazot

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Récit complet :

 

Attila : Chapitre 10 : Le pont

L’Abbé

Les Schtroumpfs : La circulaschtroumpf

Studio Peyo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Brad Rock The gold digger

Jilème / David

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Kid Paddle

Midam / Dairin / Benz / Angèle

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac  (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici

En direct du futur : Louca : temps additionnel

 

Gaston : Un cas, des colles

Delaf / Fabcaro

Jeux : Les Schtroumpfs 

Studio Peyo

Ta leçon de BD : La création de personnages

Marko / Bonhomme

 

 

En kiosques et librairies le 19 Août 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 21/08/2026.


Source : Boulevard BD


Nous sommes en 1959. Un plateau de tournage comme il en existe d'autres. Il s'y réalise un film policier en noir et blanc intitulé La Poupée sans tête.

Lors d'une scène impliquant plusieurs vedettes du grand écran, comme Gabin, l'actrice principale, Martine Saintonge, est mortellement touchée par une balle qui aurait dû être à blanc.

 

" Marcel a peur qu'elle les donne. Alors, il la sacrifie. Il était écrit qu'elle tombe. Jusque là tout allait bien. Tout collait avec le scénario.

Mais c'est quand on a vu qu'elle ne se relevait pas qu'on a compris qu'il se passait quelque chose."

 

 

 

Devant les caméras, la fiction bascule soudain dans le réel. Chargé de l'enquête, le commissaire Raffini découvre rapidement qu'il ne s'agit pas d'un accident mais bien d'un meurtre soigneusement préparé. Aux côtés de sa nouvelle collaboratrice, Claire Renaud, il s'enfonce dans un univers où ambitions personnelles, rancœurs et secrets de tournage brouillent les pistes.

 

" La "petite" était arrivé Quai des Orfèvres quelques semaines plus tôt ... Peu après le pot de départ de l'inspecteur Morlaine. L'adjoint qu'on lui avait désigné, c'était elle !

- Bonjour Commissaire."

 

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

Avec "La Poupée sans tête",  Rodolphe et Christian Maucler relancent les aventures du commissaire Raffini dans le cadre des Nouvelles Enquêtes du commissaire Raffini. Cette reprise d'une série policière née en 1980 sous la plume de Rodolphe et le crayon de Jacques Ferrandez ne cherche pas à révolutionner la formule, mais à lui offrir un nouvel élan tout en préservant son identité. Le résultat est un polar classique et efficace qui mêle enquête criminelle, hommage au cinéma français et immersion dans l'atmosphère de la fin des années 1950.

 

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

L'un des principaux points forts de l'album réside dans son décor. En situant son intrigue dans les coulisses du cinéma français de l'époque, Rodolphe offre bien davantage qu'une simple enquête criminelle. Nous pénétrons dans un monde de studios, d'acteurs célèbres, de producteurs influents et de techniciens anonymes, où les apparences comptent parfois davantage que la vérité.

 

La présence de figures emblématiques comme Jean Gabin et Lino Ventura ajoute un charme supplémentaire à l'ensemble sans jamais donner l'impression d'un simple exercice nostalgique. Leur participation s'intègre naturellement au récit et renforce la crédibilité de cette plongée dans l'âge d'or du cinéma populaire français.

 

Au-delà de l'intrigue policière, l'album marque également une évolution dans la série avec l'arrivée de Claire Renaud. Cette nouvelle partenaire apporte fraîcheur et dynamisme à un commissaire installé depuis longtemps dans les habitudes des lecteurs. Loin du rôle d'assistante passive, elle participe activement aux investigations et démontre rapidement ses qualités d'observation et d'analyse. Cette association crée un équilibre intéressant entre l'expérience du vieux routier et l'assurance d'une nouvelle génération plus moderne.

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

Sur le plan narratif, Rodolphe démontre une nouvelle fois sa maîtrise du polar. L'auteur, que l'on connaît pour des séries aussi diverses que Trent, Kenya ou Scotland, construit une intrigue solidement charpentée qui progresse avec fluidité. Le scénario privilégie les interrogatoires, les indices et les fausses pistes plutôt que l'action spectaculaire. Cette approche rappelle les grandes enquêtes policières à la française, dans lesquelles l'observation psychologique compte autant que les preuves matérielles.

 

Le récit séduit surtout par son atmosphère. On pense régulièrement aux romans policiers classiques, tels les Maigret, avec cette capacité à faire vivre une époque à travers des dialogues savoureux, des personnages bien campés et un rythme posé qui laisse le temps à l'enquête de se développer.

 

Le suspense demeure présent jusqu'au dénouement, sans multiplier artificiellement les rebondissements. Cette élégance dans la construction constitue sans doute l'une des principales qualités de l'album.

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

Graphiquement, Christian Maucler perpétue avec talent l'identité visuelle de la série. Son dessin réaliste privilégie la lisibilité et l'expressivité, deux qualités essentielles pour un récit reposant largement sur les dialogues et les interactions entre personnages. Son trait restitue avec précision les décors, les véhicules et les costumes de l'époque, contribuant fortement à l'immersion.

 

Le travail documentaire apparaît particulièrement soigné. Les studios de cinéma, les rues parisiennes, les voitures d'époque ou encore les accessoires de tournage donnent au récit une crédibilité constante.

Maucler réussit également un exercice délicat : faire revivre Jean Gabin et Lino Ventura sans tomber dans la caricature. Les deux acteurs sont immédiatement reconnaissables grâce à une caractérisation subtile qui restitue leur présence légendaire tout en les intégrant harmonieusement à la fiction.

 

 

La mise en couleurs accompagne parfaitement cette démarche. Les teintes douces et légèrement patinées renforcent le parfum rétro de l'ensemble et évoquent naturellement le cinéma français des années cinquante et soixante. Certaines séquences liées au tournage créent même un contraste intéressant entre l'univers du film en noir et blanc et la réalité de l'enquête, accentuant le jeu permanent entre illusion et vérité qui traverse tout le récit.

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

Avec "La Poupée sans tête", Rodolphe et Christian Maucler prouvent que le commissaire Raffini a toujours sa place dans le paysage de la bande dessinée policière. Cette reprise respecte l'esprit de la série originelle tout en lui insufflant suffisamment de nouveauté pour séduire un nouveau lectorat.

Entre enquête bien ficelée, hommage au septième art et reconstitution historique réussie, l'album offre un moment de lecture particulièrement agréable.

 

Un polar élégant et intemporel qui confirme une fois de plus que les recettes classiques, lorsqu'elles sont maîtrisées, demeurent souvent les plus efficaces.

 

Entre Gabin, Ventura et un assassin, Raffini mène le dernier rôle.

 

 

 

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Thierry Ligot

 

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Série : Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini

Tome : La Poupée sans tête 

Scénario : Rodolphe

Dessin et couleurs : Christian Maucler

Éditeur : Éditions du Tiroir

Genre : policier, polar

Thèmes : enquête, cinéma

Public : ado, adulte

Parution : 16/4/2026

Format : 30,7 x 22,7 cm

Page : 48

ISBN : 978 2 9312 5142 3

Prix : 16 €



Publié le 20/08/2026.


Source : Bd-best


" - Françoise !? Toi ici ... Ce n'est pourtant pas ton habitude de venir à Zolder ...

- C'est exact ... Mais aujourd'hui, j'avais envie d'y être ... Je me sens en pleine forme ... et ce n'est pas un jour comme les autres.

- Il faut m'excuser, Françoise ... Je dois aller au départ.

- Bien sûr ... Ce jour n'a rien de spécial pour toi. Je pensais tout de même que tu aurais souhaité savoir ce qui m'amène ici aujourd'hui ...

- Tout à l'heure, après la course. Nous aurons le temps d'en parler."

 

Françoise, Julie, Gabrielle, et quelques autres…

 

Autant de personnages venus enrichir l'univers de Michel Vaillant en lui offrant une famille, des amis, une vie privée, mais aussi un environnement social vivant et profondément humain. Michel Vaillant n'a jamais été un héros solitaire.

 

 

 

Dès les premières planches, Jean Graton l'a entouré de parents, d'un frère, d'amis fidèles et de rivaux marquants, chacun doté de sa propre personnalité et de sa propre existence. Parmi eux, plusieurs femmes ont joué un rôle essentiel dans la construction de cet univers, apportant émotion, complicité, romantisme ou esprit de compétition.

 

 

Il était donc naturel que la collection Histoires courtes leur consacre enfin un volume entier. Ce cinquième tome rassemble sept récits publiés entre 1971 et 1975 : Zolder, Grand Prix Formule 2, Retour à Königsfeld, Affaire à suivre, Flagrant délit, Le Héros du Paul Ricard, Piège pour Steve Warson et Dans l'Enfer des 6 Heures.

 

L'ouvrage ne se limite toutefois pas à une simple réédition puisque trois de ces histoires bénéficient d'une nouvelle mise en couleurs, offrant un agréable regain de fraîcheur à ces publications initialement parues dans les pages du Journal Tintin.

 

© Graton Éditions 2026

 

Un recueil placé sous le signe des relations humaines

Avec Women, Jean Graton met en avant une facette parfois moins visible de son célèbre pilote : l'homme derrière le champion. Si Michel Vaillant est avant tout associé aux circuits, aux records et aux victoires, ces histoires rappellent qu'il évolue dans un univers peuplé de proches qui donnent tout son relief à la série. Les femmes occupent ici le premier plan, qu'elles soient admiratrices, amies, concurrentes ou compagnes.

 

Le fil rouge de l'album réside dans ces liens affectifs et sociaux qui se nouent autour de la passion automobile. Françoise, future épouse de Michel, tient naturellement une place de choix et permet d'observer l'évolution progressive des sentiments du pilote. D'autres personnages, comme Gabrielle Spangenberg ou Julie Wood, apportent leur propre regard sur cet univers dominé par les moteurs, démontrant que la place des femmes ne se limite jamais au simple rôle d'accompagnatrice.

 

L'ensemble dégage une atmosphère particulièrement nostalgique. Ces récits courts constituent autant de fenêtres ouvertes sur le sport automobile des années 1970, une époque où les paddocks semblaient plus accessibles, les pilotes plus proches du public et les relations humaines davantage au cœur de l'aventure sportive.

 

 

© Graton (1971) - Graton Éditions 2026

 

Une narration concise mais particulièrement efficace

Chaque histoire ne compte qu'une poignée de pages, mais Jean Graton démontre une nouvelle fois son remarquable sens du récit. En quelques planches seulement, il parvient à installer une situation, développer un enjeu et conclure son intrigue avec une efficacité impressionnante.

Le format court favorise des histoires légères, souvent centrées sur une émotion ou un moment particulier plutôt que sur une intrigue complexe. C'est notamment le cas des récits consacrés à Françoise, où l'on découvre un Michel Vaillant plus romantique qu'à l'accoutumée. Les épisodes Zolder ou Flagrant délit dévoilent ainsi un héros sensible et amoureux, loin de l'image parfois caricaturale du champion sérieux exclusivement tourné vers la compétition.

 

D'autres récits mettent en lumière des personnages secondaires particulièrement appréciés des lecteurs. Les histoires consacrées à Gabrielle Spangenberg et Yves Douléac permettent de retrouver deux figures marquantes de l'univers Vaillant et d'assister à la naissance de leur relation.

 

" - Yves ! Je dois te présenter quelqu'un ...

- ?!?

- Qu'est-ce qui t'arrive ?! Tu n'as jamais vu une fille ?

- Euh ... si si ! Mais je pensais que Françoise était la seule pilote 'Vaillante' ... euh ... jolie, quoi !

- Ce n'est pas parce que Gabrièle est jolie que je te la présente. reviens sur terre et écoute-moi."

 

Quant à Steve Warson, l'éternel séducteur, il anime avec humour Piège pour Steve Warson, récit qui rappelle que le charme n'offre pas toujours l'immunité face aux déconvenues sentimentales.

 

Même lorsque l'objectif paraît anecdotique, Jean Graton ne perd jamais son goût du réalisme. Le Héros du Paul Ricard, porté par Julie Wood, constitue ainsi une véritable plongée dans le quotidien des commissaires de piste et témoigne de l'attention constante de l'auteur pour les multiples aspects du sport automobile.

  

© Graton (1971) - Graton Éditions 2026

 

Le regard de Jean Graton sur les femmes et son époque

Au-delà du simple divertissement, Women offre un intéressant témoignage sur les années 1970 et sur la vision que Jean Graton portait sur ses personnages féminins. Souvent considéré à tort comme conservateur, l'auteur présente ici des femmes actives, compétentes et parfaitement à leur place dans l'univers de la compétition automobile.

 

Julie Wood en est sans doute l'exemple le plus évident, mais l'ensemble du recueil montre des personnages féminins capables de prendre des initiatives, de s'affirmer et de participer pleinement à l'action. Le regard porté sur elles reste certes celui de son époque, mais il leur accorde une véritable présence et une personnalité affirmée.

 

Cette dimension confère au recueil une valeur presque documentaire. À travers ces courtes histoires transparaît une époque où le sport automobile possédait encore une part de romantisme et d'aventure aujourd'hui largement disparue.

 

© Graton (1971) - Graton Éditions 2026

 

Un graphisme toujours aussi remarquable

Même sur des récits conçus à l'origine pour une publication périodique, Jean Graton conserve le niveau d'exigence graphique qui a bâti sa réputation. Les voitures, les circuits et l'environnement des courses bénéficient d'une précision remarquable. Chaque case témoigne de la passion de l'auteur pour le sport automobile et de son souci constant du détail.

Les modèles emblématiques des années 1970 retrouvent ici tout leur charme. Graton parvient à restituer aussi bien la puissance des bolides que l'atmosphère des stands, des paddocks ou des tribunes. Cette précision documentaire contribue largement à l'immersion du lecteur.

Les personnages profitent également d'un dessin élégant et expressif. Les visages, les attitudes et les regards traduisent efficacement les émotions des protagonistes, un aspect essentiel dans un album davantage tourné vers les relations humaines que vers la seule action. La nouvelle mise en couleurs de plusieurs récits apporte enfin davantage de modernité et de luminosité à l'ensemble, sans dénaturer l'esprit d'origine.

 

© Graton (1971) - Graton Éditions 2026

 

Une parenthèse chaleureuse dans l'univers Vaillant

Sans ambitionner l'ampleur des grandes aventures de la série, Women constitue une lecture particulièrement attachante. Ce recueil permet de redécouvrir un Michel Vaillant plus intime, plus accessible et profondément humain.

À travers ces sept mini-récits, Jean Graton rappelle que les exploits sportifs n'ont de sens que parce qu'ils sont vécus par des personnages entourés, aimés et parfois amoureux.

 

 

À la fois témoignage d'une époque, hommage aux héroïnes de la série et plongée nostalgique dans l'âge d'or du sport automobile, ce cinquième volume des Histoires courtes séduira aussi bien les collectionneurs que les lecteurs désireux de retrouver le charme du Michel Vaillant classique.

Une lecture pleine de fraîcheur qui montre que derrière le casque du champion bat avant tout un cœur d'homme.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Michel Vaillant - Histoires courtes

Titre : 5 - Women

Scénario, dessin & couleurs : Jean Graton

Éditeurs : Graton Éditions

Genre : aventures, mini-récits

Thèmes : automobile, courses, femmes, amitié, famille, amour, romance

Public : tout

Parution : 5/6/2026

Pages : 64

Format : 32 x 24 cm

ISBN : 978 2 3906 0259 0

Prix : 16,5 €



Publié le 20/08/2026.


Source : Bd-best


Sous une fausse identité et vêtu de l'uniforme américain, Ferdinand espérait enfin tourner la page. Mais lorsqu'un officier français le reconnaît, il n'a d'autre choix que d'accepter une mission particulièrement périlleuse, et ce même si dans un premier temps, il tente de la refuser.

 

" - Vous vous êtes trompé de bonhomme, mon commandant. Ferdinand Tirancourt est un embusqué, un margoulin de première, une charogne, une tête de pioche et un tricard qui a passé sa vie à mentir et à macaroner les autres. Cherchez un autre héros, un vrai. Moi, je ne suis qu'un imposteur.

- Vous avez un sens de l'autodépréciation assez élevé, monsieur Tirancourt !"

 

 

 

 

En échange, s'il réussit, il pourra repartir librement ... et libre de son passé surtout.

 

" - Je parle de donner une chance à la chance, parce qu'être à court d'idées pendant une guerre est le chemin le plus rapide vers la défaite. Vous ne serez que 3, avec le caporal Folsom et le soldat Fleetwood.

- Cela ressemble à une mission suicide, commandant.

- Bien sûr, mais ... les missions suicides, ça vous connaît, non ?"

 

Aux côtés de Talako, un Indien choctaw chargé de transmettre des messages codés dans sa langue, et de Virgil, un tireur d'élite afro-américain confronté au racisme de ses propres camarades, il doit tester un nouveau système de communication susceptible de changer le cours du conflit. Dans un environnement où chaque transmission interceptée peut coûter des centaines de vies, l'enjeu est considérable.

 

" - Voilà le futur de la guerre, Tirancourt. Les communications.

- Ah ben, alors, si la guerre a un futur, ça veut dire que l'homme, lui, n'en a pas."

 

 

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Avec "Dollars de guerre", 4e et dernier volet de la série consacrée à Ferdinand Tirancourt, Philippe Pelaez et Francis Porcel concluent avec panache le parcours mouvementé d'un personnage aussi attachant qu'insaisissable. Après avoir traversé les tranchées françaises, connu le bagne puis les soubresauts de la révolution mexicaine, l'ancien forçat se retrouve une nouvelle fois rattrapé par son passé et projeté au cœur de l'un des épisodes les plus sanglants de la Première Guerre mondiale : la bataille du bois de Belleau.

 

" - Tu vois l'ami, le guerrier farouche n'est pas celui qui n'a jamais peur ... c'est celui qui vit le moins longtemps."

 

 

Au-delà de son intrigue de guerre menée tambour battant, l'album développe plusieurs thèmes particulièrement forts. L'utilisation de la langue choctaw comme moyen de cryptage militaire met en lumière une page méconnue de l'histoire américaine, tandis que la situation de Virgil rappelle la ségrégation et les discriminations qui frappaient encore les soldats noirs, même lorsqu'ils risquaient leur vie au front. Le récit évoque également le sort réservé aux peuples autochtones, contraints d'abandonner leur culture tout en étant sollicités lorsque leurs compétences deviennent stratégiques.

 

" - Talako n'est ni Apache, ni Américain.

- C'est quoi ces conneries ?

- Ce que je veux dire, c'est que les Indiens n'ont pas la citoyenneté américaine. Quant à nous, les noirs, nous sommes brancardiers ou cantonnés au ravitaillement."

 

À travers ces destins croisés, l'album interroge la notion d'engagement, de loyauté et de sacrifice dans un contexte où les institutions censées protéger les hommes les condamnent souvent.

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Le scénario de de cet "ogre d'écriture" Philippe Pelaez trouve un équilibre remarquable entre aventure, reconstitution historique et évolution psychologique. Fidèle à lui-même, Ferdinand conserve son tempérament de survivant, sa gouaille et son opportunisme. Pourtant, derrière le cynisme qui le caractérise depuis le début de la série, l'auteur laisse apparaître une forme d'humanité grandissante. Le personnage continue de chercher avant tout à sauver sa peau, mais le contact avec Talako et Virgil l'oblige progressivement à dépasser son individualisme. Cette évolution subtile donne toute sa profondeur à ce dernier épisode et offre une conclusion cohérente au parcours d'un homme constamment ballotté par l'Histoire.

 

L'écriture se distingue également par la qualité de sa documentation. Les combats du bois de Belleau, l'arrivée des forces américaines en France, les problématiques liées aux transmissions militaires ou encore les tensions raciales sont intégrés naturellement au récit sans jamais donner l'impression d'une leçon d'histoire. Pelaez utilise ces éléments pour nourrir son intrigue et renforcer la crédibilité des situations, tout en conservant un rythme soutenu qui maintient la tension jusqu'aux dernières pages.

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Graphiquement, Francis Porcel reste aux qualités qui ont fait le succès de la série. Son dessin réaliste, précis et parfaitement lisible restitue avec efficacité la violence du conflit sans tomber dans la surenchère. Les paysages dévastés, les tranchées noyées dans la boue, les attaques sous les bombardements ou les ravages des gaz de combat composent un décor oppressant où la mort semble omniprésente. Les personnages bénéficient d'une caractérisation soignée, chacun affichant une identité visuelle et une expressivité qui renforcent leur crédibilité.

 

Les couleurs participent pleinement à cette immersion en privilégiant des tonalités souvent terreuses et sombres qui traduisent l'atmosphère pesante du front. Le découpage dynamique accompagne parfaitement les scènes d'action, tandis que les séquences plus intimistes laissent respirer les personnages et mettent en valeur les enjeux humains du récit.

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Avec "Dollars de guerre", les auteurs offrent une conclusion solide à une série qui aura su mêler aventure populaire, réflexion historique et étude de caractère. De "Pinard de guerre" à ce dernier volume, Ferdinand Tirancourt aura traversé les grandes secousses du début du XXe siècle en demeurant un protagoniste complexe, ni véritable héros ni authentique salaud, mais un homme façonné par les circonstances.

 

Cette ultime mission synthétise parfaitement ce qui fait la richesse de la série : un regard lucide sur les absurdités de la guerre, une attention constante portée aux oubliés de l'Histoire et un personnage principal dont les contradictions nourrissent sans cesse l'intérêt du lecteur.

 

"Dollars de guerre" : l'ultime mission d'un anti-héros dans la tourmente de 1918.

 

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Une conclusion réussie pour une tétralogie historique singulière et particulièrement convaincante.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : ... de guerre

Tome : 4 - Dollars de guerre

Scénario : Philippe Pelaez

Dessin & couleurs : Francis Porcel

Éditeur : Bamboo

Label : Grand Angle

Genre : récit de guerre, Histoire

Thèmes : 1ère GM, rédemption, vengeance, courage, racisme, survie ou héroïsme, oubliés de l'Histoire,

Public : ado, adulte

Parution : 19/8/2026

Format : 24,2 x 32,2 cm

Page : 56

ISBN : 979 1 0411 1867 0

Prix : 15,90 €



Publié le 20/08/2026.


Source : Bd-best


" - Bon. On est bien d'accord. Tu me suis. Tu poses tes questions. Et surtout, tu restes discret.

- OK.

- Mais tu ne me saoules pas.

- T'inquiète, je suis pro.

- Pas de photos.

- Pro, je te dis ...

- Voilà, pro. C'est ça."

 

Voilà qui n'était pas forcément gagné d'avance... mais qui s'avérait indispensable, voire crucial, lorsqu'il s'agissait de transposer en bande dessinée les confidences et l'univers du docteur Philippe Boxho, qu'il n'est plus vraiment nécessaire de présenter aujourd'hui.

 

 

 

 

Mais comment procéder ? Comment rester fidèle à l'esprit de ses livres, à la force de ses récits et à la singularité de son regard, sans tomber dans l'effet spectaculaire ou, à l'inverse, dans une adaptation trop sage et académique ?

Trouver une approche qui épouse à la fois son humour, sa pédagogie et le sérieux de son travail constituait le véritable défi lancé à Pierre Alary pour cette transposition originale des récits de celui que beaucoup surnomment désormais « l'homme qui fait parler les morts ».

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

Le pari est relevé avec intelligence. Entre histoires glaçantes, descriptions rigoureuses d'autopsies et plongée dans le quotidien de la médecine légale belge, Post Mortem évite soigneusement les artifices sensationnalistes ou les codes parfois excessifs des séries policières américaines.

 

 

On y retrouve toute la saveur qui a fait le succès des ouvrages du fameux médecin légiste : une narration fluide, accessible mais précise, un humour discret qui désamorce les tensions sans jamais nier la gravité des situations, et quelques réflexions philosophiques qui invitent le lecteur à s'interroger sur la vie autant que sur la mort.

 

" Aujourd'hui, je me pose des questions en regardant autour. Le ciel. Les étoiles. Les galaxies. Savoir qu'on est une poussière dans quelque chose qui nous dépasse complètement ... C'est concret, et pourtant totalement incompréhensible."

 

Avec Post Mortem, les auteurs proposent ainsi une immersion aussi fascinante qu'inattendue dans les coulisses de la médecine légale. Loin de se limiter à une simple adaptation graphique des récits déjà connus du célèbre médecin légiste liégeois, l'album trouve sa propre identité en exploitant pleinement les possibilités du neuvième art. Sur plus de cent pages, le lecteur franchit les portes de la salle d'autopsie et découvre un métier souvent fantasmé, parfois mal compris, mais essentiel à la manifestation de la vérité.

 

" Comprendre une scène de crime, c'est souvent comme un puzzle - il faut remettre les pièces dans le bon sens, trouver celles qui manquent et essayer que ça tienne debout." 

 

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

L'ouvrage s'articule autour de cas réels puisés dans l'expérience professionnelle de Philippe Boxho. Chaque intervention, chaque autopsie, chaque indice relevé sur un corps devient le point de départ d'une enquête scientifique permettant de reconstituer les circonstances d'un décès.

 

" Oui, c'est délicat, mais on doit oublier que ces corps vivaient encore il y a quelques heures. Ils avaient des enfants, des proches, des joies, des peines. Des crédits aussi...
On doit les traiter comme des objets. Sinon, on ne tiendrait pas, et ce métier très important serait tout simplement impraticable."
 

 

 

Mais Post Mortem ne se limite pas à l'aspect technique du métier. Au fil des pages, l'album aborde des thèmes plus universels : notre rapport à la mort, la fragilité de l'existence, les croyances ou encore la nécessité d'accepter notre propre finitude.

 

" Je pense que la mort fait partie de la vie. Et je ne veux pas rater ce moment. Oui. Je veux vivre ce moment-là, celui où ... tout s'arrête."

 

Cette réflexion prend progressivement de l'ampleur et apporte à l'ensemble une dimension profondément humaine.

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

L'un des grands points forts de l'album réside dans sa remarquable capacité de vulgarisation.

Les mécanismes de la médecine légale sont expliqués avec clarté, sans simplification outrancière. Le lecteur comprend comment le corps continue de livrer ses secrets après la mort et découvre la rigueur d'un travail où chaque détail peut s'avérer déterminant. Cette volonté pédagogique est constamment soutenue par un humour bien dosé qui évite toute lourdeur.

C'est précisément dans ce domaine que la scénarisation se montre particulièrement habile. Pierre Alary imagine un double miniature de lui-même qui accompagne Philippe Boxho tout au long du récit. Visible uniquement par le médecin et par le lecteur, ce personnage joue le rôle du candide. Il pose les questions que chacun se pose intérieurement sans toujours oser les exprimer. Ce procédé, qui évoque le célèbre clin d'œil de Gotlib et sa coccinelle, s'intègre naturellement au récit et permet d'introduire les explications scientifiques de manière fluide. Loin d'être un simple ressort humoristique, il crée un véritable dialogue entre le spécialiste et le profane.

 

La construction de l'album alterne intelligemment entre anecdotes médico-légales, souvenirs personnels et réflexions plus intimes. Le dernier tiers de l'ouvrage s'éloigne progressivement des seules autopsies pour laisser apparaître l'homme derrière le médecin. Philippe Boxho évoque notamment son rapport à la mort, ses interrogations et certaines expériences fondatrices de son existence. Cette dimension plus personnelle enrichit considérablement la lecture et apporte une émotion inattendue.

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

Graphiquement, Pierre Alary signe une prestation de tout premier ordre. Son trait expressif conjugue réalisme et lisibilité avec un rare équilibre. Les scènes d'autopsie sont suffisamment précises pour conserver leur crédibilité scientifique tout en évitant l'écueil du voyeurisme. Le dessin devient ici un formidable outil de médiation : là où une photographie pourrait rebuter, l'illustration permet de comprendre sans être agressé.

 

Les couleurs, souvent sobres mais subtilement nuancées selon les ambiances, contribuent également à la réussite de l'ensemble. Les passages techniques bénéficient d'une mise en scène claire et très lisible tandis que les moments plus introspectifs gagnent en chaleur et en sensibilité. Quant au petit double caricatural d'Alary, il apporte un contrepoint graphique efficace qui dynamise la narration et renforce l'accessibilité du propos.

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

Au final, Post Mortem réussit pleinement son ambition : ouvrir au grand public les portes d'un univers méconnu sans le dénaturer. Grâce à l'expérience de Philippe Boxho et au talent de conteur de Pierre Alary, l'album conjugue rigueur documentaire, pédagogie, humour et réflexion existentielle.

Une œuvre captivante, parfois troublante, souvent enrichissante, qui démontre une fois encore que la bande dessinée peut être un formidable outil de transmission du savoir autant qu'un puissant vecteur d'émotion.

 

Parmi les sorties marquantes de cette rentrée, Post Mortem s'impose déjà comme une lecture incontournable.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Post Mortem

Scénario : Dr Philippe Boxho

Dessin & couleurs : Pierre Alary

Éditeur : Kennes les 3 As

Genre : Biographie, témoignage

Thèmes : mort, crimes, médecine légale

Parution : 26 août 2026

Format : 24 x 32 cm

Page : 112

ISBN : 978 2 9313 0063 3

Prix : 22 €



Publié le 19/08/2026.


Source : Bd-best


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