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L'Amérique de la Grande Dépression, Lloyd Fairbanks, jeune pilote et mécanicien talentueux, travaillant pour la compagnie pétrolière Lexoil, poursuit son ascension dans le monde très compétitif des courses aériennes.
" - Oh ooh !!! Voyez-vous ça ! A ce propos, je me suis laissé dire que ton père avait trouvé un pilote ! Qui est ce nouveau rival ?
- Tu l'as devant toi. C'est Lloyd Fairbanks ! Celui qui fait le plein de ton Wedell.
- Oh boy ... ravi de faire ta connaissance, Fairbanks ... A la vie comme à la course, je suis impitoyable, mais réglo."
C'est ainsi que Lloyd rencontre son "adversaire", Roscoe Turner, vedette sponsorisée par la Gilmore Oil. La rivalité entre les 2 hommes est immédiate, autant sur le plan sportif que sentimentale, puisque Roscoe s'intéresse également ouvertement à Liz Leixter, la fille du patron de la Lexoil.

© Rousseau - Hugault - Paquet 2026
Toutefois, elle ne voit en lui qu'un ami et se montre plus sensible au charme de Lloyd. En cherchant ensemble à lever le voile sur les mystères de leurs origines respectives, sur les liens qui pourraient les unir, ils tissent peu à peu un lien profond qui les attire inexorablement l'un vers l'autre.
" Je sais ce qui m'attire chez toi ! Ta façon de ne pas en être et tes manières de gaucher. Mais aussi ton allure, le fait que tu ne renonces jamais, ton audace, ta passion qui m'entraîne. Tu m'as intriguée dès le premier regard. Je suis comme elle. J'étouffe entre les tennismen aux dents blanches et les molosses de la Leix qui m'entourent depuis mes douze ans.
Je ... je crois que ... "
Les liens entre leurs parents se révèlent bien plus complexes que prévu, donnant au récit une ampleur qui dépasse progressivement la simple compétition aérienne.
Peu avant les Cleveland National Air Race et le prestigieux Thompson Trophy, Lloyd effectue un essai sur un puissant prototype de Gee Bee R1. Un mystérieux problème mécanique provoque une fuite d'huile qui manque de lui coûter la vie. Cet incident renforce ses soupçons de sabotage et de la présence éventuelle d'un traître dans son équipe.

© Rousseau - Hugault - Paquet 2026
Le tome 3 s'achève sur une spectaculaire course aérienne et un clifhanger explosif, préparant le dénouement du quatrième et dernier chapitre.
" Voilà, je crois que ma mission est remplie. Je vous salue."
Ce 3e chapitre confirme, s'il en était, les nombreux atouts de la série.
Tout d'abord, le scénario d'Eloi Rousseau continue à gagner en épaisseur. Entre rivalités sportives, romance entre Liz et Lloyd, secrets de famille, manipulations et enjeux financiers autour des compagnies pétrolières, ... nous nous trouvons face à une intrigue dense qui ne cesse de rebondir menant vers un suspense en crescendo.

© Rousseau - Hugault - Paquet 2026
Le graphisme de Romain Hugault est phénoménal d'un réalisme criant. Que ce soient les avions, les scènes de vol spectaculaires et dynamiques, les reconstitutions de l'ambiance des années '30, les décors, architectures Art Déco et costumes, ..., tout témoigne d'un travail particulièrement soigné, recherché, documenté ... et reconstitué !
Les amateurs d'aviation retrouveront avec bonheur les mythiques Bee Gee, Wedelle-Williams et autres appareil emblématiques de ces années-là.
Tous sont largement mis en valeur pour un découpage quasi cinématographique, notamment des scènes aériennes de voltige et de course. Le rythme effréné de ces dernières est parfaitement rendu assurant une lecture nerveuse et addictive, génératrice de sensations fortes, maintenant le lecteur sous tension.
Mais l'attrait ne s'arrête pas là. Le format "comics pulp" dans une édition souple, le prix (5 €), l'aspect vintage de la mise en page, des couleurs, ... rappellent les fascicules américains des années 1930.
Tout comme les fausses publicités d'époque, les affiches illustrées clôturant ce 3e fascicule, tout est réalisé pour nous plonger dans cette atmosphère de plus en plus sombre.
Mention spéciale pour le mini jeu de l'oie sur le National Air Races ... amusant et ludique.
Évidemment ce format "pulp" apporte quelques désagréments durant la lecture dont le plus grand pourrait, pour certains, être le fait de ne pouvoir apprécier toutes les qualités graphiques du trait de Romain Hugault.
Mais pour ceux-là, un album classique cartonné et sa version grand format existent également.
Autre plaisir à cette lecture, une playlist est proposée ...

© Rousseau - Hugault - Paquet 2026
En gros, visuels hyper-dynamiques des courses aériennes, romance, suspense, secrets familiaux, immersion passionnante dans l'âge d'or de l'aviation américaine, ... confirment la parfaite symbiose et l'efficacité du duo Rousseau - Hugault dans ce type de récit.
Thierry Ligot
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Série : Godspeed Comics
Tome : Chapitre 3/4 - June 26 - Comète
Scénario : Eloi Rousseau
Dessin & couleurs : Romain Hugault
Éditeur : Paquet
Collection : Cockpit
Genre : aviation, aventure
Public : ado - adulte
Parution : 10/6/2026
Format : 18 x 24 cm
Page : 32
ISBN : 978 2 8893 2714 0
Prix : 5 €
Entre Marseille, l'Estaque, Cassis et Aix-en-Provence, sous le soleil des Tuileries Saint-Jacques, Toine, ouvrier bossu, nourrit depuis toujours un amour silencieux pour Naïs Micoulin. Cela au point de risquer son amitié pour son ami d'enfance, l'ingénieur de la tuilerie ... récemment fiancé avec Melle Béatrice, la fille de son patron.
" - Tu t'imagines que je fais la cour à la petite Naïs. [...]
- Çà je ne me le suis pas imaginé. Je l'ai vu !
- Tu l'as vu parce que c'est vrai. J'ai toujours été gentil avec Naïs parce que c'est une excellente ouvrière ... Parce que je suis ton ami ... et parce que je sais que tu l'aimes.
- MOI ? Forcément que je l'aime ! Comme tout le monde.
- Non. Tu ne l'aimes pas comme tout le monde. Tu l'aimes comme personne ne l'aimera jamais. Je le sais. Je l'ai vu.
- Allons, ne dis pas de bêtises ! Comment voudrais-tu que j'aie le toupet d'être amoureux d'elle. Moi, Toine, le bossu de Saint-Henri ? Il faudrait vraiment que j'aie perdu la tête !"
Conscient qu'il ne pourra jamais être davantage qu'un ami, un confident à ses yeux, il accepte son destin avec une extraordinaire dignité.

© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026
Naïs de son côté, vit sous la coupe d'un père autoritaire et violent qui contrôle chacun de ses faits et gestes. Paysan rude et fier, Micoulin tolère uniquement la présence de Toine auprès de sa fille, persuadé qu'un bossu ne représente aucune menace pour sa vertu.
" - J'avais une jument, elle m'a fait une petite jument, elle est à moi, parce qu'elle est née chez moi et que je l'ai nourrie. Eh bien, ma fille, elle est née chez moi. Je l'ai aussi nourrie. Alors moi, ma fille est à moi.
- Macoulin, tu penses qu'à toi. Et ta Naïs, tu es sûr que ça lui plaira tant que ça de rester vieille fille ?
- Il faudra bien que ça lui plaise. Il faudra bien."
L'équilibre fragile de cette existence est remis en cause par le retour de Frédéric Rostaing, fils des propriétaires dont dépend la famille Micoulin. Fils d'un avoué, étudiant en droit peu assidu, davantage attiré par les cartes, les plaisirs et les aventures galantes que par ses examens. Ses parents sont propriétaires d'une villa proche de la ferme louée par les Micoulin. Ils décident d'y passer quelques semaines afin que leur fils s'y repose.
© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026
Frédéric retrouve alors Naïs à Cassis. Entre les deux jeunes gens renaît rapidement une passion sincère datant de 3 ans. Mais cette dernière se heurte aussitôt aux barrières sociales et à la fureur du père de la jeune fille. Pour Micoulin, voir sa fille aimer le fils du maître est une humiliation insupportable qui nourrit peu à peu une obsession dangereuse, une envie meurtrière !
Pour Toine, le dilemme devient cornélien : sauver Frédéric ou perdre Naïs !
Un récit qui déjoue tous les clichés classiques ... déjà rien que par son titre. En effet, si ce dernier est "Naïs", le véritable héros en est Toine. Dépassant très vite le traditionnel rôle de l'amoureux malheureux, en plus de souffrir de voir celle qu'il aime dans les bras d'un autre, il doit faire preuve d'une générosité exceptionnelle. Son unique préoccupation devient le bonheur de Naïs, quitte à sacrifier ses propres espoirs. Cette noblesse de cœur fait de lui le personnage le plus attachant de l'histoire. Cette grandeur d'âme en fait le pilier de l'intrigue.
Quant à Frédéric, il n'est pas seulement un riche héritier léger et inconséquent ; Naïs pas qu'une simple paysanne naïve rêvant d'un impossible conte de fées.

© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026
Œuvre plutôt méconnue d'Emile Zola, Marcel Pagnol la sort de l'ombre en l'adaptant au cinéma en 1945. Tout en lui apportant sa touche personnelle et une fin moins "zolienne", il en fait une comédie romantique dramatique articulée autour du sempiternel trio amoureux impossible, l'amoureux transit, la jeune fille naïve et le bellâtre riche, bourgeois (ou noble, ...).
Si Zola lui a donné sa puissance des passions, ses conflits sociaux et la violence des rapports humains, Pagnol y ajoutera l'humanité des personnages, la chaleur provençale et une vision plus optimiste de leur destinée.
Amour, jalousie, différence de classes sociales, relations humaines s'entremêlent avec beaucoup de finesse.
La tension dramatique repose essentiellement sur la figure de Micoulin. Sa jalousie maladive et sa violence permanente installent un climat d'inquiétude qui donne parfois au récit des accents de thriller rural. Pourtant l'histoire conserve une tonalité profondément humaine ... Les personnages savent écouter, comprendre et parfois renoncer, ce qui confère au dénouement une émotion particulière.
Éric Stoffel réussit ainsi une époustouflante scénarisation BD d'une adaptation cinématographique d'un roman ... Une modernité d'un récit ancien ? "Naïs" aborde des thèmes universels qui résonnent encore aujourd'hui. L'esprit de Zola-Pagnol y est restitué avec fidélité.
David Ratte lui offre alors un écrin graphique séduisant et plein de sensibilité. Son trait chaleureux restitue à merveille la lumière provençale, les paysages de bord de mer et la vie des villages du Sud. Les expressions des personnages sont idéalement rendues, permettant de saisir toute la palette des sentiments qui les traversent. Les couleurs lumineuses renforcent encore l'immersion dans cette Provence chère à Pagnol.
Bonus non négligeable, l'album se clôture par un petit dossier sur l'adaptation cinématographique de Marcel Pagnol du roman de Zola. "Naïs - Après la guerre, le retour au cinéma". Tourné entre mai et juin 1945, il verra un casting de choix : Fernandel (Toine), Jacqueline Bouvier (Naïs), Raymond Pellegrin (Frédéric) et Henri Poupon comme le méchant de l'histoire ... Micoulin ! L'occasion d'en savoir plus sur cette étape de réécriture, de recréation d'un roman méconnu qui sent néanmoins bon le soleil et l'air de la mer.

© Affiche du film de Marcel Pagnol - 1945
Au final, une petite pépite portée par un dessin expressif, une narration maîtrisée et surtout l'inoubliable personnage de Toine. Probablement l'une des adaptations BD pagnolesques les plus touchantes actuellement. Une œuvre tendre, émouvante et profondément humaine, qui rappelle combien la bonté et le désintéressement peuvent être des formes de courage exceptionnelles.
Thierry Ligot
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Série : Marcel Pagnol
Titre : Naïs
Auteur du roman : Emile Zola
Scénario adaptation BD : Éric Stoffel
Dessin : David Ratte
Couleurs : Atomix & David Ratte
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
Genre : adaptation littéraire BD, tranche de vie, amour-amitié
Public : adulte
Parution : 1/7/2026
Format : 24,4 x 32 cm
Page : 72
ISBN : 979 1 0411 1280 7
Prix : 16,9 €
3-4 ans se sont écoulés depuis la parution du tome 1 ... C'est long, parfois très long mais voici enfin la suite de cette saga lovecraftienne.
Nous sommes le 24 janvier 1921, Arkham, Massachusetts, Nouvelle-Angleterre, côte est des Etats-Unis.
Seth Armitage reprend enfin connaissance après les terribles événements survenus lors de son expédition en Mongolie.
Pour rappel, il y était parti afin de retrouver un collègue disparu. Il en était revenu avec certaines révélations étranges et avait été engagé par l'université de Miskatonic à Arkham, la seule qui voulait encore de lui.
Marqué par un mystérieux tatouage apparu dans son dos et s'étendant lentement dans d'atroces douleurs, le professeur tente de comprendre ce qui lui arrive.
Aux côtés de la journaliste Skylark Duquesne et d'Howard Philips Lovecraft, le trio décide de se retirer à Providence, dans la maison familiale de Lovecraft.
Seth y découvre une statue de Cthulhu !
" - Voilà, c'est comme ça que Cthulhu a fini par s'installer chez moi, pourrait-on dire. Peut-être est-ce d'ailleurs grâce à lui que j'ai récupéré cette maison ...
- Comment ça ?
- Celui qui avait racheté la maison est passé à l'appartement pour un papier à signer. J'ai bien vu la tête qu'il a fait en découvrant la statue. il m'a regardé comme si j'avais la peste et, la semaine suivante, il rendait la maison. La peur que j'ai lue dans ses yeux était éloquente. Il m'avait pris pour un adepte de ce culte impie ..."
Il se retrouve plonger dans une nouvelle enquête qui les appelle dans l'asile d'Arkham.
Des pensionnaires dégénérés par la consanguinité, sans raison apparente, se révoltent et tuent des aides-soignantes avant de s'évader. Des âmes perdues errent sans but dans les rues ... Tout cela aurait-il un sens ou non ?
Parallèlement à ces troubles, dans les profondeurs de l'Atlantique, une menace grandit annonçant le retour de Dagon, l'un des Grands Anciens du Mythe de Cthulhu.

© Nolane - Garcia - Guimaraes - Soleil 2026
Richard D. Nolane nous séduit ainsi par sa vision de l'œuvre de Lovecraft en jouant avec les éléments imaginés par l'un des grands maîtres de l'horreur.
Arkham, l'université de Miskatonic, Innsmouth, Dunwich, les cultes oubliés, les Grands Anciens et bien sûr Dagon : tous les ingrédients emblématiques sont réunis pour offrir aux lecteurs une immersion complète dans cet univers d'horreur, dans cette ambiance d'épouvante allant en crescendo avec cette descente aux enfers et ces mystères.
" Oui, il y a eu des civilisations non humaines, bien avant que le premier singe se soit redressé. Mais ces créatures qui se sont succédé au fil des éons avaient toutes pour point commun de vénérer des dieux immondes venus des étoiles ... et confinés sur notre planète, sous terre et dans les profondeurs océaniques. Après avoir été vaincus par d'autres entités cosmiques ... dans un combat si titanesque qu'il provoqua la disparition des dinosaures. Depuis, ces Grands Anciens, comme on les appelle, essaieraient inlassablement de manipuler à distance par le rêve les plus malfaisants individus des espèces ... qui ont régné dur la Terre, afin de provoquer leur libération des sanctuaires qui les emprisonnent à jamais ... dans un état mystérieux par-delà le mur du sommeil, mais qui n'est pas la mort. Lloigor ou Cthulhu font partie de ce panthéon, de même que Dagon."
L'un des aspects les plus séduisants reste l'utilisation de H. P. Lovecraft lui-même comme personnage central de l'intrigue ... devenu reporter de sa propre enquête. L'auteur devient ici acteur des événements, mêlant habilement réalité et fiction. Une idée particulièrement réussie qui offre à Nolane de multiplier les clins d'œil à la vie et à l'œuvre de l'écrivain sans que cela ne semble artificiel.

© Nolane - Garcia - Guimaraes - Soleil 2026
Le second fil rouge est évidemment le mystère entourant le tatouage d'Armitage. Progressivement, les révélations le concernant s'accumulent et laissent entrevoir une menace qui dépasse largement les simples phénomènes surnaturels qui se déroulent à Arkham.
Ce deuxième volet de cette trilogie (annoncée) occupe ainsi ne position délicate. Après les révélations du premier tome, nous sommes ici face aux enjeux et à l'annonce de la confrontation finale.
Nolane calme alors le rythme de son scénario. Une place importante est consacrée à l'enquête, aux discussions, aux recherches. De multiples questions sont posées.
Que signifient les agissements des pensionnaires d'Arkham ? Pourquoi Dagon, le dieu-poisson tapi dans les profondeurs marines, semble-t-il se manifester à nouveau ? Quel rôle joue réellement Armitage dans les événements à venir ?
" - Et vous, professeur Armitage, quel est votre rôle exact dans cette histoire que vous accompagnez avec ce tatouage dans le dos, hein ?"
Cette lente montée de la tension ajoute à l'ambiance générale de ce tome. Pourtant un certain manque d'action pourrait lasser quelques lecteurs. Peu de véritables rebondissements, des protagonistes visiblement préservés momentanément de la menace surnaturelle, ... tout cela s'écarte néanmoins un rien du style lovecraftien classique.

© Nolane - Garcia - Guimaraes - Soleil 2026
Graphiquement, Manuel Garcia livre une prestation contrastée. Sa capacité à installer une atmosphère sombre et oppressante est clairement son atout majeur. Son trait est dense.
Les décors, rues d'Arkham, scènes nocturnes, manifestations surnaturelles, ... profitent d'un traitement efficace, renforcé par la palette de couleurs mise en place par Alex Guimaraes. L'angoisse, le malaise, la peur transpirent dans chaque case.
Petit bémol niveau graphique néanmoins, le dessin des personnages et surtout de leur visage qui fait qu'on peut hésiter à les reconnaître. Mais est-ce volontaire afin d'accentuer cette atmosphère de mystère et de peur latente ?

© Nolane - Garcia - Guimaraes - Soleil 2026
Bref, "L'Ombre de Dagon" plaira sans aucun doute aux fans de Lovecraft et de son univers. Le Mythe de Cthulhu y est respectueusement mis à l'honneur. Les nombreux liens entre les différentes œuvres du Maître de l'épouvante sont tissés de façon intelligente et plaisante, donnant ainsi une identité propre à la série.
L'intérêt pour l'intrigue centrale est bien maintenu. La lecture est immersive et divertissante, préparant dès lors un superbe terrain à la conclusion future ... que nous attendons avec impatience.
Petit conseil gratuit ... n'hésitez pas à relire le tome 1 afin de bien resituer chaque élément ... aucun détail n'est dû au hasard et inutile ...
Thierry Ligot
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Série : Arkham mysteries
Tome : 2 - L'Ombre de Dagon
Scénario : Richard D. Nolane
Dessin : Manuel Garcia
Couleurs : Alex Guimaraes
Éditeur : Soleil
Genre : aventure, fantastique, horreur
Parution : 22/01/2026
Page : 54
Format : 23,5 x 32,5 x 1,3 cm
ISBN : 978 2 3020 9301 0
Prix : 15,95 €
"Je m'appelle Mattéo Grandpierre. J'ai perdu mon père il y a 3 mois.
J'ai perdu mon père il y a 3 mois et je m'en fous. Ça ne m'a pas affecté. Rien.
Ça a été comme assimiler une information froide, distante, un truc à classer dans un coin de mon hémisphère droit. Et rien de plus.
L'amour filial n'a jamais été un sentiment particulièrement développé dans la famille."
C'est ainsi que Mattéo, accompagné de 2 amis, Victor et Lennon, que la passion de la musique unit, prend la route du Pays basque, pour la région de Saint-Jean-de-Luz. Ensemble, leur escapade prend rapidement une tournure autre que prévue. Il s'agit de vider la maison paternelle afin de pouvoir la mettre en vente.
Cette maison ne représente rien aux yeux de Mattéo. C'est celle d'un père qu'il n'a pas vraiment connu car il a abandonné le foyer familial alors que Mattéo n'était encore qu'un enfant.
" - Il a été enterré, ton père ? Ou il voulait être incinéré ?
- C'est une bonne question. Je ne sais même pas. Je me suis tenu à distance ...
- Genre, le fils qui s'intéresse ..."
Vidé cette maison, celle d'un quasi "inconnu", où aucun souvenir personnel n'existe, est dès lors une mission bien particulière. Convaincu de ne rien ressentir dans cette tâche, il y va comme un "étranger". Pour lui, cette page "paternelle" est tournée depuis déjà bien longtemps. Par conséquent, il ne craint nullement cette confrontation émotionnelle avec le passé d'un homme qui n'a jamais rien représenté pour lui.

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026
Mais voilà que le lendemain de leur arrivée, un mystérieux post-it est collé sur un miroir de la salle de bain : "Je suis toujours en vie". Qui l'a écrit ? Pourquoi ? Matéo l'ignore. Cela l'intrigue d'autant plus que le phénomène se reproduit les jours suivants. Un peu comme si le passé refusait de s'éteindre, comme si une présence invisible refusait de disparaître.
Dès lors, ce vide-maison va se transformer en un voyage dans le passé ... le passé d'un homme dont il ignore tout finalement ... son père.
Commence une aventure humaine faite de rencontres, de musique, de doutes ... et surtout de remises en question ... Mattéo voit ses certitudes sur cet homme s'effondrer !!! Qui était-il réellement ?
Un regard nouveau voit le jour et l'incite à s'interroger sur ce que nous héritons de ceux qui ont pourtant brillé par leur absence.
"Il y a le temps qui passe et ce n'est souvent qu'après qu'on réalise que c'étaient de beaux moments. Ils nous échappent."
Jim nous plonge à nouveau dans un scénario subtil mêlant deuil et filiation. Un récit, comme souvent avec lui, intimiste qui évite cependant les écueils classiques des histoires de ce genre. La mort du père ne provoque ici ni effondrement émotionnel, ni débordement mélodramatique. Mattéo se trouve en effet devant une question simple : comment faire le deuil d'un absent dans sa vie ?
Là est donc la véritable ossature de ce récit. Tourner la page n'est pas le seul objectif de Mattéo : tenter de comprendre ce qui le relie à cet homme qu'il imaginait avoir effacé de son existence.

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026
L'album explore alors avec finesse les non-dits familiaux, les occasions manquées et les blessures silencieuses qui se transmettent parfois de génération en génération. Par son Mattéo, Jim nous livre une personnalité tortueuse qui en cherchant la réponse à ces post-it va découvrir son autre famille.
Le récit ne se limite toutefois pas uniquement à cette relation non vécue père-fils. Un second thème transparaît rapidement : celui de l'amitié ! L'amitié entre les 3 amis, Mattéo, Victor et Lennon sont liés par une fidélité touchante et une spontanéité qui apportent chaleur et humanité à l'ensemble de ce périple autant extérieur qu'intérieur. Leurs échanges, tantôt drôles, tantôt tendres ou maladroits, resitue avec justesse la complicité qui unit ces jeunes adultes en quêtes de repères
Jim en profite ainsi pour aborder une autre de ses thèmes de prédilection : une réflexion sur le passage à l'âge adulte. Si chacun poursuit ses propres aspirations, percer dans la musique, trouver l'âme sœur ou simplement donner un sens à sa vie ! Entre errances estivales et questionnements existentiels, les protagonistes avancent à l'aveuglette, sans certitudes. Ils évoluent entre insouciance de leur âge et responsabilités futures d'adultes en devenir.
La narration adopte ainsi volontairement un rythme contemplatif. Plus qu'une intrigue menée tambour battant, l'album se construit à travers une succession d'instants de vie, de rencontres et de silences. Cette approche confère au récit une authenticité particulière et permet aux émotions d'émerger naturellement.

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026
Cependant, cette magie narrative n'atteindrait pas son summum s'il n'y avait le remarquable travail graphique de Laurent Bonneau. Une extrême sensibilité, son dessin joue un rôle majeur dans l'identité de l'œuvre. Un trait réaliste, empreint d'une certaine liberté visuelle, donne une approche picturale à la mise en page. Chaque planche, chaque case est conçue comme un tableau où la lumière et les couleurs renforcent l'atmosphère de quête d'identité de Mattéo.
Par ses teintes dominantes oscillant entre les jaunes, les ocres et les orangés, l'album est enveloppé dans cette ambiance chaleureuse, lumineuse et mélancolique. Le Pays basque, théâtre de cette quête, apparaît comme un décor suspendu dans le temps ... symbolisant clairement le passage entre ces 2 âges, ces 2 stades de la vie ! La fin de l'une pour le commencement de l'autre !
Nous vivons tout cela au travers les expressions faciales fascinantes des différents protagonistes. Leurs émotions transpercent les gros plans, traduisant avec force les doutes, hésitations, fragiles élans d'espoir de chacun. Les cases silencieuses sont aussi parlantes que le moindre des dialogues.
Par cette mise en scène aérée, les grands espaces, les paysages donnent une ampleur incroyable à la narration.

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026
Bref, œuvre profondément humaine, abordant avec une grande délicatesse les thèmes du deuil, de la mémoire, de la transmission, Jim et Laurent Bonneau privilégient les nuances et les non-dits.
Une réflexion sur les liens familiaux, portée par des personnages attachants et proches de chacun, rend cette lecture à la fois vivante et émouvante.
"Et si la mort vous écrivait sur des post-it, que vous dirait-elle ?"
Thierry Ligot
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Titre : Les Adieux ne meurent jamais
Scénario : Jim
Dessin & couleurs : Laurent Bonneau
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
Genre : roman graphique
Thèmes : deuil, famille, quête de son passé, amitié
Public : ado - adulte
Parution : 1/7/2026
Format : 22,1 x 29,9 cm
Page : 328
ISBN : 979 1 0411 1776 5
Prix : 29,9 €
"-Comment se passait le tournage ?
-Comme tous les tournages. Heureusement y a Lino. Avec lui, tout se passe toujours bien.
-Dites-moi, en tant que commissaire Maigret…
-Occasionnel, cher confrère…
-…vous y croyez à l’accident ?
-Non. L’histoire ne tient pas debout. On ne mélange pas les balles comme ça. La gamine, on l’a tuée volontairement !... Et j’espère que vous allez rapidement le choper, le foutu salopard qui a fait le coup !"
Le train d’Amsterdam approche de la gare parisienne. A l’intérieur, les voyageurs commencent à rassembler leurs bagages. Mylène se remaquille puis referme son sac dans lequel on peut apercevoir une poupée. En quittant son compartiment, elle remarque deux hommes se dirigeant vers elle. Elle prend ses jambes à son cou et s’enfuit. Ils la poursuivent sur les rails, puis la retrouvent dans un hangar désaffecté où des complices à elle lui tirent dessus afin qu’elle ne soit pas capturée vivante par la police. Mylène était agent de liaison, passeuse entre la France et les Pays-Bas, transférant des diamants dissimulés sur elle ou dans des poupées. Tout cela est l’extrait d’un film en tournage avec Jean Gabin et Lino Ventura. Le problème, c’est que l’actrice qui tenait le rôle de Mylène est vraiment morte. C’était une balle réelle dans le revolver fourni par l’accessoiriste.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir
Le réalisateur et producteur du film montre les rushs du tournage au Commissaire Raffini et à sa nouvelle collègue l’inspectrice Renaud, qui l’accompagne depuis le départ en retraite de l’inspecteur Morlaine. Pendant que Raffini part interroger les deux acteurs stars Gabin et Ventura, son acolyte se charge de Raturin, le comédien qui tenait l’arme du crime. Raffini va rapidement se rendre compte que la petite n’est pas une gamine à protéger mais bel et bien une collègue qui a du flair et de la ressource. Ce n’est pas elle qui va tourner de l’œil à la vue d’un cadavre. Si le film s’appelle La poupée sans tête, elle, elle l’a bel et bien sur les épaules.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir
En 1980, paraissait aux Humanoïdes associés un album aujourd’hui devenu culte signé Rodolphe et Jacques Ferrandez : L’homme au Bigos. Il deviendra plus tard le premier tome des enquêtes du commissaire Raffini. Celui qui n’a pas encore connu le succès avec Carnets d’Orient dessine les quatre premiers tomes avant de passer la main à Christian Maucler. Rodolphe prend le costume de Simenon. Les enquêtes ont la saveur de celles de Maigret, avec un peu plus de peps quand même, ce n’est pas difficile. Quarante-six ans et neuf éditeurs différents plus tard, un record, le policier est toujours au rendez-vous, avec une nouvelle associée, féminisation des personnages principaux oblige.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir
Après Scapola, les éditions du Tiroir permettent à Raffini de revenir pour de nouvelles enquêtes, dans son jus du début des années 70-80. Rien n’est plus efficace que le classique.
Laurent Lafourcade
Série : Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini
Tome : 1 – La poupée sans tête
Genre : Polar
Scénario : Rodolphe
Dessins & Couleurs : Christian Maucler
Éditeur : Le Tiroir
ISBN : 9782931251423
Nombre de pages : 48
Prix : 16 €
Passez un été tranquille avec Gaston
Gaston annonce la couleur : les vacances et le farniente sont annoncés. Le traditionnel double numéro Spirou spécial été est arrivé, avec des cartes postales poilantes signées Erre et Fabcaro. On savait bien que les Fabrice n’allaient pas nous laisser tomber. Trois séries à suivre débarquent dans ce numéro : Les cavaliers de l’apocadispe, Les tuniques bleues et la toute nouvelle création signée Jousselin et Nicoby : Les nouvelles aventures de Max Beaumont (alors qu’il n’en a jamais vécu d’anciennes). N’oublions pas le méga cahier jeux, ainsi qu’une histoire de stagiaire qui se déroule au fil du numéro.
Spirou, ami, partout, toujours.

© Erre, Fabcaro - Dupuis
Histoires à suivre :
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Cavaliers de l’apocadispe (Les) sont hyper sages à la mer |
Libon |
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Max Beaumont : Imbroglio météo |
Nicoby / Jousselin / Croix |
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Spirou & Fantasio : Capsule temporelle |
Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky |
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Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide |
Lambil / Neidhardt / Léonardo |
Récits complets :
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Attila : Chapitre 9 : Les vacances |
L’Abbé |
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Check en bois |
Pomès |
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Family Life |
Louis |
|
Perdus au camping |
Pochep / Mandel / Chesneau |
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Sauvages (Les) |
Delinte / Sowa |
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Stagiaire (Le) |
Fabcaro / Erre / Greff / Bernstein / Moog / Feroumont / Gorobei / Deglin / Cerq. / Perez / Dutreix |
Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :
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Cédric |
Laudec / Leonardo |
|
Des gens et inversement (La pause-cartoon) |
Berth |
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Ecole des mauvais parents (L’) |
De Poortere |
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Edito (L’) |
Erre / Fabcaro / Greff |
|
Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons |
Muñoz / Thibaut-Jouvray |
|
Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon) |
Lécroart |
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Filles (Les) |
Nob |
|
Freuby (Le) (La pause-cartoon) |
Gally |
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Game over |
Adam / Patelin / BenBK |
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Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest |
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En kiosques et librairies le 1er Juillet 2026
4,50 €
Laurent Lafourcade
Chaque été, pour débuter en beauté les vacances, au cœur de Bruxelles, il y a un moment presque suspendu où la ville semble se souvenir de ce qu'elle a été. L'Ommegang fait partie de ces instants rares, où l'Histoire ne reste pas enfermée dans les livres mais au contraire, descend dans la rue, prend forme, et nous entoure.
En 2026, comme chaque année, cette parenthèse hors du temps revient d'ici quelques heures, avec ses 2 grandes soirées des 1er et 3 juillet sur la Grand-Place, véritables temps forts d'une fête qui mêle mémoire, spectacle et émotion.
Ce qui frappe d'abord avec cet événement unique au monde, c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'un "spectacle" ou d'un joli folklore. Son histoire remonte loin, très loin, au XIVe siècle, lorsqu'il s'agissait d'une procession religieuse dédiée à Notre-Dame du Sablon. A l'époque, Bruxelles exprimait sa foi et son identité en marchant, en se rassemblant, en célébrant une protection commune. Puis au fil des siècles, cette procession a évolué, s'est transformée, a disparu un temps avant de renaître au XXe siècle sous une nouvelle forme : celle d'une reconstitution historique.

© Photos : Thierry Ligot 2023
Depuis 1930, l'Ommegang raconte surtout un moment précis et prestigieux, l'entrée de Charles Quint dans la ville le 2 juin 1549, accompagné de son fils, le futur Philippe II, dans une démonstration de puissance et de faste.
Aujourd'hui, ce passé s'incarne à travers un événement reconnu au plus haut niveau, puisqu'il est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Mais au-delà des distinctions, c'est surtout une tradition vivante, transmise par des passionnés, des bénévoles, des familles entières qui, année après année, endossent des costumes, répètent des gestes et récréent un monde disparu.
Dès que nous nous approchons du Sablon pendant ces quelques jours de fête, nous comprenons que l'Ommegang commence bien avant le spectacle du soir. Le village "Renaissance" s'y installe, comme un prélude. Nous y flânons entre les étals d'artisans, nous observons des démonstrations de métiers anciens, nous entendons le choc des armes lors de combats de chevaliers, ...
Il y a quelque chose de simple et de chaleureux dans cette partie-là de l'événement : nous y prenons le temps, nous regardons, nous nous laissons surprendre par cette féérie moyenâgeuse. Un voyage dans le temps plus qu'une simple curiosité ... un émerveillement assuré pour les plus jeunes comme les adultes.

© Photos : Thierry Ligot 2023
Et puis vient le moment où l'ambiance change doucement : la ville commence à se concentrer, à attendre. Les soirées des 1er et 3 juillet sont les véritables apogées de l'Ommegang. Dès la fin de journée, les spectateurs se dirigent vers la Grand-Place, tandis que plus loin, les groupes se rassemblent, se préparent, ajustent leur costume, se mettent en place ... La tension commence petit à petit à monter, le stress aussi pour certains reconstituants.
Vers 20h45, le cortège se met lentement en route. Environ 1.400 participants pour une procession hors norme, mêlant cavaliers, archers, porteurs de drapeaux, géants folkloriques et représentants des anciennes corporations. Particularité, plus de cent représentants de l'aristocratie belge joueront le rôle de leurs ancêtres ! Traditions et honneurs ...
Pour la seconde année consécutive, le Prince de Mérode aura l'honneur de se glisser dans la peau de Charles Quint.
Dans ce parcours allongé cette année, afin d'y inclure un passage à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule pour ses 800 ans, 3,4 km de richesse visuelle offrant un sentiment de cohérence, de splendeur et de gloire passée. Rien n'est laissé au hasard : les tissus, les couleurs, les musiques, les chars, ... tout participe à cette même volonté de raconter l'Histoire, de la faire vivre aux spectateurs.

© Photos : Thierry Ligot 2023
Pour ajouter à la féérie du cortège, la Grand-Place elle-même se transforme en décor théâtral, une scène plus authentique que possible. Musique, lumière, narration, ... tout se mélange dans un tableau vivant des plus réalistes.
Pour les Bruxellois, les touristes de passage ou non, l'Ommegang est clairement plus qu'une simple reconstitution historique. C'est une manière vivante de raconter l'histoire de Bruxelles autrement, de rappeler que la ville s'est construite par couches successives, par traditions, rencontres et ouvertures.
Loin de suivre un canevas "figé", l'Ommegang, tout en respectant scrupuleusement les grandes lignes de sa tradition, sait également innover, se moderniser. Cette année encore quelques nouveautés viendront illuminer les festivités.
D'abord, un nouveau Géant : Contios ... Venu de Kontich, il illuminera la fin du cortège en y apportant un brin de modernité assumée, symbolisant ainsi le retour au présent.
Côté pyrotechnique, Pyronix-Production nous promet également quelques surprises et évolutions, ceci notamment dans un esprit plus respectueux de la nature.

© Photos : Thierry Ligot 2023
Dans le cadre des 160 ans de relations bilatérales avec la Belgique, c'est le Japon qui sera à nouveau le pays hôte. Ce sera la seconde fois que le Pays du Soleil Levant aura cet honneur ... fait unique dans l'histoire de l'Ommegang.
Un juste retour des choses qui fait suite à la participation de l'Ommegang à l'Exposition universelle d'Osaka l'an dernier. Un avant-spectacle inédit sera proposé au public. Il célèbrera la richesse, le raffinement et l'élégance de la culture ancestrale japonaise.
"Quand on sait d'où on vient, on sait où on va."
L'Ommegang 2026 promet ainsi d'être une fois encore un spectacle grandiose, fidèle à son histoire et tourné vers le public d'aujourd'hui.
Que ce soit pour son cortège impressionnant, ses animations au Sablon ou ses 2 soirées magiques, cet événement reste une célébration incontournable de l'identité bruxelloise. En y assistant, on ne fait pas que regarder le passé ... on le vit !

© Photos : Thierry Ligot 2026
Pour la 10e année consécutive, Thomas de Bergeyck officiera comme "Maître de cérémonie".
Il sera encadré par Bert Kruismans et Janelle Vanes dans le rôle d'orateur. Cette dernière nous a, par ailleurs, accordé une petite interview pour nous parler de son rôle et de la façon dont elle le voit (voir lien ici).
Bart Van Loo entrera dans le costume de héraut.
" L'Histoire ne se lit pas seulement. L'Histoire cela se sent aussi ! Et l'Ommegang, c'est cela !"
Le ténor Sébastien Romignon Ercolini et la mezzo-soprano Isabelle Everarts de Velp prêteront leur voix à la partie musicale du spectacle.
La mise en scène sera assurée par un duo inédit, Francis Mannaert et Thierry Bourgeois.
Pour notre part, nous serons particulièrement attentifs à la "prestation" de notre ami Fred Jannin. Il prêtera son crayon, son regard acéré et son humour belgo-belge tantôt absurde, tantôt irrévérencieux
La coordination générale de l'ensemble est à nouveau orchestrée par Maria-Pia Pastorelli et son complice de longue date, Daniel Huyberechts.

© Photos : Thierry Ligot 2026
Pour toutes autres infos pratiques, le très riche programme complet de chaque jour et la vente des tickets, voir le site de l'Ommegang : www.ommegang.be
Thierry Ligot
" - Les lâches ! Regarde un peu comme ils détalent ! Merci de ton aide, l'ami !
- Carson ... Kit Carson ! Tu peux m'appeler Kit, mon ami ...
- Eh bien encore merci Kit ... Je dois rentrer à la maison. Il y a de la route à faire jusqu'à Blue River !
- Faisons le chemin ensemble, alors ! "
C'est ainsi que Pat Mc Donald, après une bagarre de rue où il était mal embarqué, fait la connaissance de Kit Carson, le futur célèbre trappeur.
Obligé de trouver un climat moins humide que celui de l'Ohio, la famille MacDonald se remet en route. Direction le Texas.
La piste est longue, pleine d'imprévus, de dangers de toutes sortes.

© D'Antonio - Calegari - Polese -Paquet 2026
C'est également l'occasion, pour le jeune Pat, de prendre conscience de certaines réalités moins glorieuses de cette nation en pleine expansion.
" - Vous avez remarqué ? Il y a plus de noirs que de blancs par ici ... D'où viennent-ils ?
- D'Afrique. Naturellement ... CE SONT DES ESCLAVES ! De la main d'œuvre à bas coût. Utile car l'agriculture est ce qui rapporte la plus. La terre à cultiver est immense.
- Des esclaves ... DIABLE ! Et moi qui croyais que l'Amérique était le meilleur pays du monde !
- Eh bien, rien n'est parfait ici non plus et sous toutes les latitudes, les hommes présentent les mêmes défauts. Un jour, cela changera, j'espère ... [...] C'est une chose qui arrive toujours quand une civilisation se consolide. Le bien-être et la sécurité augmentent, mais souvent au sacrifice de la liberté ... La situation des esclaves est une honte, naturellement. Mais, le monde civilisé connaît plus d'une façon d'enchaîner un homme, fiston."
Ces 3 nouveaux épisodes de cette saga couvrent une période allant approximativement de 1821 à 1845. Le clan MacDonald, Brett le père, Sicaweja, son épouse indienne et leur fils Pat, la traverse avec cet esprit des pionniers. Ainsi au travers des événements auxquels ils assistent et participent bien souvent, Alamo, la lutte contre les Comancheros, ..., nous continuons à faire la connaissance avec les grandes figures qui ont marqué leur époque, tels David Crockett, Stephen Austin, le généralissimo Antonio Lopez de Santa Anna et le général Sam Houston ou encore le colonel Travis, le colonel John Coffee "Jack" Hays, Samuel C. Colt, ...
La petite histoire se superpose dès lors habilement avec la grande Histoire !

© D'Antonio - Calegari - Polese -Paquet 2026
Même si certains événements ne sont pas totalement fidèles à la réalité historique - les erreurs ou libertés étant nombreuses - l'essentiel du récit la respecte. Dans les années 1960-1970, Gino D'Antonio ne disposait pas des moyens de documentation actuels, comme internet, mais il avait accès à d'autres sources fiables. Nous pouvons toutefois nous demander s'il a cherché l'exactitude historique ou s'il a surtout voulu créer une saga d'aventure destinée à un jeune public.
Dans ce contexte, la dimension romanesque prime : sentiments nobles, héroïsme et drame rythme les aventures de Pat et en font une bonne partie de l'attrait.
" Très noble, un chevalier de la Table Ronde dans l'Ouest qui tue mais avec un code d'honneur. C'est ça ? Sauf que Sir Lancelot, ce n'est possible que quand on ne se bat que pour soi-même. [...] Or moi, j'ai une mission à accomplir ! Je ne peux pas me permettre tant de scrupules."

© D'Antonio - Calegari - Polese -Paquet 2026
Grande fresque du western en BD, "L'Histoire de l'Ouest" reste une œuvre à part dans le paysage européen. Lancée en 1967 par Gino D'Antonio, la série retrace près d'un siècle d'histoire américaine à travers le destin de la famille MacDonald, de 1804 à 1890, au cœur des bouleversements de la conquête des nouveaux territoires de l'Ouest.
Découverte en France sous l'intitulé "La Conquête de l'Ouest" via les petits format de "Mon Journal" comme "La Route de l'Ouest", la série trouve aujourd'hui une seconde vie grâce aux intégrales des Éditions Paquet. Enrichis par une mise en couleurs inédites, basées sur les versions remaniées de 1984, ces volumes nous offrent une nouvelle lecture de cette œuvre dans des conditions exceptionnelles.
Ce second opus (sur les 4 prévus) regroupe ainsi 3 épisodes. Ils voient le petit Pat devenir un homme ... devenant d'abord trappeur comme Kit Carson, puis Ranger avec comme épisode central, point dramatique culminant, en 1836, la prise du fort d'Alamo, la résistance et la mort héroïque de ses 187 défenseurs dont les parents de Pat ! Une narration qui alterne moments intimes et événements historiques majeurs. Une histoire humaine qui traverse la grande Histoire !

© D'Antonio - Calegari - Polese -Paquet 2026
Ce qui frappe d'emblée, c'est l'ampleur du projet initial. Avec ses quelques 75 épisodes, cette saga dépasse largement le simple cadre du récit d'aventures pour devenir une véritable chronique de la conquête de l'Ouest. Malgré son approche réaliste, nous devons néanmoins relever certaines représentations, notamment celles des peuples amérindiens, comme fort caricaturales, clairement d'une autre époque, celle des années 1960 !
Par ailleurs, comment ne pas faire le lien avec quelques séries télévisées ou grands films hollywoodiens de ces années ... ? Des westerns comme "La Conquête de l'Ouest" (1962), "Les Cheyennes" (1964) ou "La Chevauchée fantastique" (1939), voire "Les deux cavaliers" (1961) !
Certaines publications des éditions Larousse avec leurs fresques historiques, "Histoire de France en bandes dessinées".
Graphiquement, le dessin est largement à la hauteur de l'ambition de Gino D'Antonio. Épaulé par Renzo Caledari, Giorgio Trevisio, Renzo Calegari et Sergio Tanquinio, D'Antonio livre des planches d'une grande lisibilité, efficaces et immersives. Les paysages de l'Ouest, les scènes de vie, les combats et affrontements sont restitués avec soin et détails. Un graphisme classique que sa mise en couleurs récente met clairement en valeur !

© D'Antonio - Calegari - Polese -Paquet 2026
Au final, cette réédition s'impose comme une redécouverte intéressante du patrimoine du 9e Art des années 60-70. Dense, captivante, "La Conquête de l'Ouest" demeure une lecture profondément immersive de la BD de cette époque, et ce malgré ses imperfections ou visions qui ne pourraient plus être admises aujourd'hui. Espérons que les éditions Paquet poursuivront ce travail de fond jusqu'au bout, afin de remettre cette saga à sa place dans l'histoire du genre.
BA Paquet : ici
Thierry Ligot
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Série : La Conquête de l'Ouest
Tome : 2 - Texas (Les envahisseurs, Alamo, Comancheros)
Scénario : Gino D'Antonio
Dessins : Gino D'Antonio, Renato Polese, Giorgio Trevisio, Renzo Calegari, Sergio Tanquinio
Couleurs : Flavio Chiumento, Gino D'Antonio, GFB Comics, Francesco Chiumento
Éditeur : Paquet
Genre : western, histoire
Public : jeune - adulte
Parution : 22/04/2026
Format : 16,8 x 23,5 x 2,5 cm
Page : 300
ISBN : 978 2 8893 2352 4
Prix : 19,95 €
Paris, 1944, Aiguille a accouché. Comme agente active du SOE britannique, elle tente de concilier sa mission d'espionnage avec sa nouvelle vie de mère. Elle y est aidée par Laura, alias Boxeur.
" - Ça fait des mois que je suis coincée ici, à recevoir et distribuer des messages dans Paris ...
- Difficile de faire exploser un train avec un bébé dans les bras. Pourquoi ne pas la confier aux tantes d'Andria ?
- QUOI ? La laisser grandir parmi des prostituées ?
- Eh bien, emmène-là chez des religieuses, alors.
- Je suis désolée, je ne voulais pas te blesser ...
- Arrête de te plaindre, Aiguille. C'est ton enfant, Assume-là !"
Chargée de reprendre contact avec Caméléon, après l'échec de la tentative d'évasion de son amie Mouche, qui força cette dernière à avaler sa pillule, celui-ci la piégea en l'accusant de trahison auprès de Résistants français. Elle échappe de peu à son exécution grâce à l'intervention Boxeur. Néanmoins, elles sont obligées d'éliminer les Résistants afin de ne pas laisser de témoins !
Ce nouvel incident la convainc que Caméléon est bien un agent double !
Malheureusement, quelques temps plus tard, un malencontreux concours de circonstances provoque son arrestation par les Allemands. Si dans un premier temps, elle réussit à se disculper, la malchance la poursuit et ...
Commence alors une longue période noire ...
Boxeur, elle-même, après avoir mis à l'abri le bébé d'Aiguille, se retrouve dans une situation délicate ...

© Van Rijckeghem - Du Caju - Paquet 2026
Comme pour chaque tome, l'album débute par une présentation de l'héroïne du titre. Nous découvrons ainsi qui est "boxeur" et comment elle s'est retrouvée engagée dans les S.O.E., ces agentes secrètes britanniques, créées par Winston Churchill et envoyées en France pour des missions de renseignement et de sabotage.
" - Vous avez fugué à 15 ans. Pourquoi ?
- Ça ne vous regarde pas.
- Si, parce que je suis votre seule issue."
Ce 5e tome de la série "Saboteuses", ouvrant un 3e cycle, s'inscrit ainsi dans la pure continuité d'une fiction historique à forte intensité dramatique. Le lecteur y est plongé au cœur de la capitale française en pleine occupation allemande. Jean-Claude Van Rijckeghem y poursuit son exploitation romancée des exploits de ces héroïnes de l'ombre, au destin et parcours aussi singuliers que complémentaires.
D'emblée, l'intrigue installe une tension remarquable en confrontant Aiguille à un double défi : celui de ses missions clandestines et de sa maternité récente.
" - J'en ai ras le bol de faire la secrétaire. Il faut que je reprenne une activité de terrain. Le sabotage me manque.
- En fait, tu es une messagère idéale. Personne ne soupçonne une femme avec un bébé dans une poussette."
Complexifiant au fur et à mesure son intrigue, le récit se distingue par une nouvelle montée progressive d'un climat de suspicion et de trahison. Certains masques tombent. L'ordre de reprendre contact avec Caméléon agit comme une sorte de catalyseur dramatique. Très vite, l'opération bascule lorsque Aiguille constate qu'elle s'est faite piégée et qu'elle est désormais considérée comme traîtresse par ceux-là même qu'elle est sensée soutenir ! Une vue intérieure et moins glorieuse des réseaux de résistance où la méfiance devait être constante et où la vérité n'avait que peu de poids ... si elle était révélée trop tard ! La morale n'a pas lieu d'être !

© Van Rijckeghem - Du Caju - Paquet 2026
Laura est donc l'axe centrale de cet album. Son passé, sa sensibilité, son rôle ingrat car mal vu voire inconnu de la population, la rend plus humaine en lui accordant une plus grande place.
" - Pourquoi fréquentez-vous cette femme ? C'est une prostituée. Il n'y a pas de plus grand péché.
- En fait, je ne sais pas grand-chose d'elle ...
- Elle brûlera en enfer. Coucher avec des Allemands ... Vous êtes une fille bien, issue d'une bonne famille, ça se voit."
Son passé de violence et d'ingratitude, semé d'injustices a fait d'elle une femme déterminée. Usant de son intelligence et de sa capacité d'adaptation, elle recueille des informations cruciales chez l'ennemi. Cette dimension enrichit la narration en lui donnant une plus grande profondeur, une véritable épaisseur humaine qui dépasse le simple rôle "classique" de l'espion. La dimension tragique augmente au fur et à mesure que les 2 héroïnes sont poussées au sacrifice ultime.
Évoluant dans un univers hostile, mais clairement vraisemblable, Aiguille et Boxeur se voient obligées de prouver sans cesse leur valeur et leurs qualités.

© Van Rijckeghem - Du Caju - Paquet 2026
La succession de rebondissements est un autre grand atout de la série. Elle permet de maintenir un rythme assumé de l'action par une chronologie elliptique. Entre embuscade, fuite, arrestation et interrogatoire, le récit n'a pas le temps de nous lasser. Ne nous laissant aucun répit, nous ne pouvons qu'être entraînés jusqu'au point culminant de l'action. Émotionnellement, comment ne pas ressentir toute la fragilité et la vulnérabilité de cette espionne-mère et de son amie ?

© Van Rijckeghem - Du Caju - Paquet 2026
Côté graphisme, Thomas Du Caju vient sublimer le récit. Son dessin, d'un réalisme remarquable, témoigne comme toujours d'une recherche documentaire minutieuse. Les décors du paris occupé, resitués avec précision, contribuent à l'immersion, tandis que la représentation des personnages, et en particulier des figures féminines, allie élégance et expressivités. Les couleurs, quant à elles, renforcent cette atmosphère tantôt oppressante, tantôt intimiste de l'album.
Au final, nous nous retrouvons avec un 5e opus parfaitement réussi et qui ne s'essouffle pas. Il confirme la solidité de la série et relance efficacement l'intérêt pour la suite.
Cette série mêle ainsi adroitement espionnage, drame humain et tension en crescendo dans chacun de ses tomes. Entre trahisons, poursuites et dangers constants, ces agentes doivent lutter pour survivre et poursuivre leurs missions. Leur courage dans ce contexte historique souvent méconnu et particulièrement dangereux est au centre de cette épopée tragique.

© Van Rijckeghem - Du Caju - Paquet 2026
Petit bonus pour cette 1ère édition, un ex-libris est inclus !
Thierry Ligot
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Série : Saboteuses
Tome : 5 - Boxeur
Scénario : Jean-Claude Van Rijckeghem
Dessin & couleurs : Thomas Du Caju
Éditeur : Paquet
Collection : Mémoire 1939-1945
Genre : histoire, guerre, drame
Public : ado - adulte
Parution : 10/06/2026
Format : 24 x 32 cm
Page : 56
ISBN : 978 2 8893 2672 3
Prix : 15,50 €
| © BD-Best v3.6 / 2026 |