Reportages sur le monde de la bande dessinée
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Tintin, c'est l'aventure - 20 & 21 ... Entre esprit olympique et amour de la vitesse

Les vacances sont désormais loin derrière nous, avec ses grands événements, sa météo parfois pluvieuse ou au contraire plus qu'estivale.

Bref le temps vire petit à petit à un été indien hésitant, voire un automne naissant.

Le moment idéal pour se plonger dans quelques lectures évasives par excellence. Or qui mieux que Tintin, l'éternel jeune reporter pour encore et toujours nous faire rêver, nous replonger dans l'incroyable univers d'Hergé !

Lui qui au travers ces différents albums à aborder tellement de thèmes différents dont le sport ou encore les transports, notamment dans de courses folles.

 

 

 

Tintin c'est l'aventure, 20 - Le sport, esprit olympique

Même si on y fait rarement allusion, au vu de ses aventures, le jeune journaliste possède une condition physique plus que remarquable.

Comme de nombreux héros me direz-vous ... Oui enfin, le capitaine Haddock, peut-être moins ! Rappelez-vous la fameuse scène dans "Tintin au Tibet", le début de la marche avec ... pour rejoindre la montagne. Fier et avenant au début, pour rapidement se retrouver loin derrière !

Mais bon, ...

Entre escalades, acrobaties de toutes sortes et dans toutes les conditions, nage, équitation, ... sans compter ses qualités de pilote ... automobile, moto, avion, ...

Bref Tintin est clairement un sportif accompli, même s'il n'en a pas l'air !

 

 

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024

 

Quoi de plus logique dès lors à ce que le sport et l'esprit olympique soient le thème du 20e trimestriel de "Tintin, c'est l'aventure" (juin -août 2024).

Tout un numéro consacré à cet aspect inconsciemment connu de tous de Tintin. Hergé réalisa d'ailleurs de nombreuses illustrations sportives de son héros. Pour tel ou tel événement, pour illustrer des articles, voire pour des publicités, ... Tintin est maintes fois apparu pratiquant course à pied, vélo, ski, ...

Un sommaire, comme à chaque fois, riche et varié, tournant autour de certains exploits et sportifs de l'extrême que Tintin lui-même n'aurait pas reniés ! A moins évidemment qu'il ne les ait déjà réalisés ...

 

 

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024

 

Marion Poitevin, pionnière de l'alpinisme féminin ! Un parcours exceptionnel tourné exclusivement vers les hautes cimes ... au sens propre et figuré ! Première femme à intégrer le Groupe militaire de haute montagne (2008), avant d'en démissionner pour propos sexistes (2012). La même année, elle devient instructrice à l'École militaire de haute montagne. La suite de son CV est tout aussi impressionnant : cheffe d'équipe de secours aux CRS Alpes, création d'un groupe "cordée" 100 % féminin", ... En 2022, elle publie "Briser le plafond de glace".

 

 

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024

 

Des hautes cimes, plongeon dans les profondeurs de la terre avec un reportage de Patricia Oudit sous la Dent de Crolles, en Isére ! Initiation à la spéléologie ... comme Tintin ! Mais lui, c'était sur la Lune !

 

 

Mais connaissez-vous Florence Foster Jenkins, soprano américaine dont la voix aurait fait pâlir de rage la fameuse Castafiore !!!! A moins qu'elle n'ait inspiré Hergé ?

Et comme toujours, d'autres archives d'Hergé tirées tout droit d'une caverne d'Ali Baba ! Articles, dessins, croquis, trésors parfois oubliés, ... Bref toujours une excellente occasion d'en savoir encore et toujours plus sur le processus de création du père du 9e Art et de la ligne claire.

 

Série : Tintin c’est l’aventure

Titre : Le sport - esprit olympique

Tome : 20 (Juin – Août 2024)

Éditeur : Éditions Moulinsart – Géo – Prisma Media

Nombre de pages : 144

ISBN : 978-2-8104-3958-4

Prix : 19,99 €

 

 

Tintin c'est l'aventure, 21 - Les transports, à toute vitesse !

S'il y a bien une chose qui caractérise les aventures du reporter du "Petit XXe", ce sont ses courses ... A vouloir poursuivre les "méchants" ou à tenter de leur échapper, la course et la vitesse sont des éléments indispensables de ses aventures.

En train (dès sa 1ère aventure chez les Soviets), vélo, moto, voiture, avion, bateau ou autres, Tintin a utilisé tous les moyens de transport existants ... jusqu'aux plus improbables, le sous-marin ... et la fusée lunaire !

 

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024

 

Le 21e numéro de "Tintin, c'est l'aventure" explore ainsi ces multiples moyens de transport.

Pourtant, toute vitesse suppose également des instants de pause. Pause dans la narration, pause intérieure invitant à la réflexion, à la poésie pour que le récit reste à dimension humaine et sensible.

Hergé avait compris qu'un excellent scénario devait tenir compte de ces 2 piliers : l'action, l'énergie d'un côté, de l'autre la réflexion et la sérénité.

 

 

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024

 

Mais si Hergé était si fervent de ces moyens de locomotion, il accordait une place importante à leur technologie et ses évolutions.

Une rencontre avec Jamy était inévitable ! L'incroyable animateur de "C'est pas sorcier" et "Le monde de Jamy" se décrit lui-même comme :

 

"J'ai la houppette de Tintin, la barbe de Haddock et les lunettes de Tournesol."

 

Un épicurien du savoir qui le cultive autant qu'il le partage !

 

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024

 

Parmi les autres articles sur lesquels mon attention fut particulièrement attirée, le "Carnet de voyage" consacré à Jirö Tanighshi, le "Hergé japonais" sublimant la Sérénissime dans son "Travel Book Venise" édition Louis Vuitton.

 

Je pourrais encore vous parler de l'entretien accordé par Lewis Trondheim à Frédéric Granier ou le "Face à face" surprenant entre "Marcel Dassault et Laszlo Carreidas : les hommes au pardessus".

 

Et toujours des dessins inédits, ... à découvrir !

 

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024

 

Question bonus, quel sera le thème du prochain numéro ? Un indice ? Milou, effrayé, courant dans une nuit de tempête, éclairé par des éclairs, sur un chemin boueux !

 

Excellentes lectures ...

 

Thierry Ligot

 

 

 

Série : Tintin c’est l’aventure

Titre : Les transports - à toute vitesse !

Tome : 21 (Sept – Nov 2024)

Éditeur : Éditions Moulinsart – Géo – Prisma Media

Nombre de pages : 144

ISBN : 978-2-81043-987-4

Prix : 19,99 €



Publié le 23/09/2024.


Source : Bd-best


Dimanche dernier, le 25 août, la France et Paris fêtaient le 80e anniversaire de la libération de la Ville Lumière. Mardi 27, c'était au tour de Marseille et mercredi 28, Bordeaux, pour n'en citer que trois. Depuis juin, ces célébrations se suivent au gré du calendrier. Elles dureront jusqu'au 8 mai 2025 !

 

Pour les plus jeunes, parfois fort ignorants de ces années sombres, c'est évidemment l'occasion de s'instruire, de comprendre ces événements et peut-être de mieux comprendre les enjeux qui se jouent parfois aujourd’hui en politique nationale et internationale.

 

Mais savent-ils ce qui relie notamment Paris, Nantes, l'Île de Sein, Vassieux-enVercors et Grenoble ? Pas certain !

 

 

Chacune de ces villes reçut le titre honorifique de "Compagnon de la Libération" par le général de Gaulle !

 

Un honneur qu'elles ont souvent chèrement payé ! Au prix de sacrifices importants de la part de leur population et des actes de résistance que ces dernières ont menés tout au long de la guerre.

Pour Grenoble, ce sera au prix de 840 fusillés, 2000 hommes tués au combat, autant de disparus, 1150 déportés ... ! Un très lourd tribut payé par la population grenobloise dans sa lutte contre l'occupant. Ce qui lui valut, par décret spécial du 4 mai 1944 du général de Gaulle l'honneur d'être reconnue comme "Compagnon de la Libération".

 

 

 

© Le Naour - Tarral - Blanchot - Grand Angle 2024

 

C'est ce que découvre Inès, jeune collégienne devant réaliser des recherches historiques sur sa ville, Grenoble. Pour l'aider, sa prof d'histoire lui suggère de rencontrer un ancien résistant dans un EHPAD, Marcel. Un rien bourru, parano à ses heures, plongé dans son passé, il était artificier à l'époque. Il a activement participé à de nombreuses opérations de sabotage, ... contre l'occupant.

Commence alors pour Inès, dit "Sakura", une véritable promenade mémorielle dans le passé de sa ville.

En commençant par les grands noms de la Résistance, les Paul Vallier, Louis Nal, glorieux chefs des groupes francs de combat et de l'armée secrète, les Alain Le Ray, chef des FFI et FTP de l'Isère, ...

 

Viendra ensuite une itinérance dans les hauts lieux de leurs actes de bravoure, une visite commentée de ces endroits jadis ... : explosions d'usines, de dépôts de munition, de locaux de collabos, mitraillages de miliciens, vols de fichiers, ... Ceux qui firent que la BBC finira par surnommer Grenoble la "Capitale des maquis, et les Allemands, "La petite Russie" ! Cela voulait tout dire ...

 

Au point que lorsque les Alliés débarquent la 15 août 1944 en Provence, ils comptent 90 jours pour arriver à Grenoble et la libérer ... Finalement, la route leur sera "ouverte" par la Résistance et ils y entreront le 22 !!!!

 

Une émouvante et vivante évocation de ces actions, dans un scénario, peut-être "classique" mais parfaitement "emballé" par cette rencontre entre Inès et Marcel. Il n'était en effet pas évident de scénariser le tout de façon cohérente sans tomber dans de l'académisme trop "scolaire".

 

 

 

© Le Naour - Tarral - Blanchot - Grand Angle 2024

 

Ce qui n'empêche pas Jean-Yves Le Naour, scénariste et historien, d'y dispenser ici et là quelques réflexions à méditer :

 

"Tu vois, c'est une leçon. Il y a ceux qui appliquent les consignes sans se poser de questions et ceux qui s'y refusent. Quand les ordres sont injustes ou inhumains, on ne doit pas les appliquer." Marcel

 

 

"Le 14 août, les Allemands ont tué ici 20 jeunes maquisards prisonniers d'une balle dans la nuque. Ils avaient à peine plus que votre âge, et eux aussi ils auraient voulu vivre et aimer ... mais ils n'ont pas eu la chance de naître ici et maintenant !" Inès

 

Autre angle d'approche pris en compte par Jean-Yves, ne pas présenter ces résistants comme des "super-héros" sans faille ... Il s'agit au contraire de leur laisser leur côté "humains".

 

"N'oublions jamais que ces héros sont des hommes et des femmes, de chair et de sang, avec leurs failles, leurs croyances, leurs convictions et leurs erreurs. Dire cela, ce n'est pas les diminuer, c'est je crois les grandir encore ... des individus qui, à un moment donné, se lèvent et disent non."

 

 

Nous noterons également certains brins d'humour récurrents tels, à chaque explosion nocturne, le pauvre Raymond se réveillant en précisant à son épouse fatiguée le lieu saboté ...

 

 

 

© Le Naour - Tarral - Blanchot - Grand Angle 2024

 

Côté graphisme, le réalisme de Philippe Tarral fait merveille dans les décors. La vigueur donnée aux scènes d'action, aux expressions faciales ne masque malheureusement qu'en partie une faiblesse dans la représentation des personnages, leur attitude, ... un rien "maladroite". Dommage car c'ets le seul bémol.

Néanmoins, les teintes sepia données aux "souvenirs" de Marcel facilitent les transitions passé-présent.

 

 

 

© Le Naour - Tarral - Blanchot - Grand Angle 2024

 

L'album se clôture par un dossier "pédagogique" de 8 pages, richement illustrées de documents d'époque. Rédigé par Gil Emprin et Michèle Gabert, il nous permet de mieux nous imprégner du contexte et des certaines actions de la Résistance à Grenoble. Un complément clair et compréhensible pour tous.

 

 

Bref, un album, une collection indispensable dans ce travail de mémoire à transmettre aux plus jeunes générations.

 

Thierry Ligot

 

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Série : Les Compagnons de la Libération

Tome : 10 - Grenoble

Scénario : Jean-Yves Le Naour

Dessins : Philippe Tarral

Couleurs : Fabien Blanchot

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Genre : histoire

Public : ado - adulte

Parution : 19 juin 2024

Pages : 56

Format : 24,3 x 32,1 cm

ISBN : 979 1 0411 0303 4

Prix : 14,9 €



Publié le 28/08/2024.


Source : Bd-best


"Je me suis souvent demandé, comme rescapée de la Shoah, à quoi avait servi toute cette souffrance. A présent, je le sais : témoigner.

 

Pendant de longues années, ma mémoire a occulté délibérément les horreurs de la guerre ... Mais sans qu'on s'en rende compte, avec l'âge, la parole se libère et les émotions s'apaisent.

Le tout peut devenir un discours constructif pour les générations suivantes.

A 88 ans, j'ai ressenti comme un devoir de raconter ce qui s'est passé il y a plus de quatre-vingts ans.

Pour aller au bout de ma démarche, il m'a semblé indispensable de partir sur les lieux de mon histoire.

J'étais angoissé à l'idée de retourner en Pologne et en Ukraine, après tant d'années.

Mais peut-être cette décision allait-elle apaiser les chagrins qui m'habitent toujours aujourd'hui ..."

Gisèle Genia Flachs

 

 

 

C'est ce parcours d'une enfant juive de 4 ans que raconte ce triptyque ! Un parcours violent, brut, noir, ... comme l'époque.

Sombre ici et pourtant à la fois tendre et plein d'espoir là !

Une narration sans garde-fou qui frappe par sa sincérité et son vécu. Sans esprit de vengeance ou de haine, simplement le regard d'une enfant juive perdue dans un monde d'adultes qu'elle ne comprend pas vraiment ... au début et où elle n'est qu'un fétu de paille emporté dans une tourmente destructrice sans fin.

Un tourbillon de haine pour noyer une innocence !

 

© Peeters - Flachs - Lamiroy 2024

 

Difficile, de part certains lieux de ne pas faire des parallélismes avec l'actualité géopolitique. Même pays, mais les uniformes ont changé, les "excuses et raisons" adaptées à aujourd'hui !

 

Quand une petite fille se voit confrontée, sans explication au départ puisqu'elle ignorait elle-même qu'elle était "juive" et ce que cela signifiait, à tant de violence, comment ne pas imaginer sombrer dans la folie, l'incompréhension, la peur ? Pourtant Gisèle Flachs, à travers sa narration ne semble pas perdre pied, ni raison.

Si, à la lecture de ce témoignage poignant, nous la suivons dans son voyage à la recherche de son passé, elle le fait simplement, avec une certaine douceur dans ses mots, une impression d'intériorisation apaisante dans sa démarche courageuse.

Retourner sur les lieux de son enfance, de son exode entre familles et amis pour la cacher, la protéger, tenter de l'extraire de cette interminable et sanglante "chasse aux Juifs", à ces pogroms haineux et aveugles.

 

 

© Peeters - Flachs - Lamiroy 2024

 

Côté graphisme, celui de David Peeters est à la fois frappant et contrastant avec cette "confession". Noir, sombre, violent, il semble exprimé toute la noirceur et la dureté que les paroles de Gisèle Flachs gardent en elles.

Entre présent et flashback, ce dessin en noir et blanc, dans une mise en page complètement explosée, mettant l'accent clairement sur les expressions des visages, des attitudes, rend à sa manière hommage à la "survivance" de cette enfant de 4 ans !

Contraste violent également entre les pages du "présent" et celles du passé, noyées dans le noir de leur fond comme l'époque.

 

 

 

© Peeters - Flachs - Lamiroy 2024

 

Trois années de travail, d'écoute, d'échanges entre cette "vieille dame" qui décide de se souvenir et d'enfin partager et cet auteur anderlechtois hors norme, ont été nécessaire pour faire de ce projet une réalité ! Réalité sous la forme d'une trilogie afin qu'elle ne se perde pas dans les méandres de l'Histoire.

 

A l'heure où les extrêmes ressurgissent avec force, où les leçons du passé semblent s'effacer face aux populismes faciles, un petit rappel est plus qu'utile.

Non, ce n'est pas une fiction ! L'extrême-droite, le fascisme, l'antisémitisme, la banalisation de chacune de ces notions ne sont pas de simples idées abstraites, mais bien des plaies de notre Histoire qu'il est indispensable de rappeler afin d'éviter d'y resombrer demain.

 

Un album de la mémoire émouvant et prenant, un témoignage de premier plan d'une rescapée de la Shoah, à la fois héroïne et victime de sa propre histoire !

 

Clairement impatient de découvrir le tome 2 ("Camp") ainsi que le 3 ("Sous terre") qui pourraient se résumer à ces 2 mots-clés : témoigner et transmettre !

 

David Peeters répondait à quelques questions lors du récent double anniversaire de la Librairie Brüsel à Waterloo, samedi 25 mai dernier.

David Peeters est "Derrière la palette"

 

 

 

 

Témoignage Gisèle Flachs, Mémorial de la Shoah - Paris, 4 février 2024 :

 

Thierry Ligot

 

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Série : Sous terre pour survivre

Tome : 1 - Pogrom

Scénario - dessin : David Peeters

D'après l'histoire de : Gisèle Flachs

Éditeur : Lamiroy

Genre : témoignage, histoire

Parution : 3/4/2024

Page : 107

Format : 30 x 21 x 1,4 cm

ISBN : 9782875959201

Prix : 24 €

 

 

 



Publié le 28/07/2024.


Source : Bd-best


Sorti il y a à peine un petit mois, largement plébiscité par la chronique et surtout par le public, le tome 1 d'une nouvelle série est toujours un petit événement !

Si nous ajoutons qu'il s'agit d'une première collaboration entre scénariste et dessinateur, que le premier, bien que grand spécialiste du 9e Art, est plutôt "novice" dans l'exercice d'écriture, cela ne pouvait que titiller notre curiosité et nous donner l'envie de déjà en savoir plus sur cette aventure et sur sa suite.

 

 

 

Mais revenons-en à la série. Il s'agira d'un diptyque centré sur l'année 1936, année cruciale dans l'Histoire de l'Europe et la montée du nazisme en Allemagne.

Le premier tome allait de janvier ... plutôt mars, à juin. Nous pouvons donc conclure que le second ira de juillet à décembre.

Largement basé sur des faits historiques, la ligne du temps reprise dans le dossier pédagogique ne fait pas de mystères sur les événements qui serviront de canevas à l'intrigue du tome 2.

 

© Chacma - Goepfert - Kennes 2024

 

Maryse et Abby vont donc partir à Berlin pour les Jeux Olympiques afin de tenter de retrouver, voire libérer Michel, retenu en "otage" par le SD (service de renseignement et de sécurité de la SS, fondé en 1931 et qui lentement prend de la puissance dans la machine politique nazie).

 

Ces Jeux Olympiques d'été se dérouleront du 1er au 16 août 1936. Pourtant depuis 1933, date de l'instauration du régime nazi à Berlin, plusieurs pays et organisations ont demandé son boycott. Ces derniers pousseront leur démarche jusqu'à vouloir en organiser des parallèles, les Olympiades populaires à Barcelone. Programmés du 19 au 26 juillet 1936, les événements feront qu'ils n'auront jamais lieu : la Guerre d'Espagne éclate la veille de son inauguration !

 

Bref, les 2 espionnes se retrouveront certainement mêlées à certains grands moments de ces XIe Olympiades et à leur récupération politique pour raison de propagande par Hitler et ses services de communication.

Mais pas qu'eux ...

 

© Chacma - Goepfert - Kennes 2024

 

Un autre grand attrait du tome 1 est évidemment le plaisir de redécouvrir certaines voitures et avions mythiques des années '30. Je pense notamment au De Havilland DC 88 Comet ou encore à l'emblématique Traction avant de Citroën. Et que dire de l'élégante et racée Viva Grand Sport, version roadster ACX 1 !

Difficile de croire que le tome 2 ne fera pas une belle petite place à d'autres engins roulants ou volants. Avec Maryse, aviatrice confirmée, comme héroïne, à votre avis, quels pourraient être les avions militaires anglais ou allemands qu'elle croiserait ? J'ai bien quelques idées parmi les plus célèbres chasseurs de l'époque. Spitfire contre Messerschmitt ... lequel aurait sa préférence ?

Bien qu'un petit tour en Zeppelin serait bien dans son genre ...

 

Côté intrigue "scientifique", il est évident que la question du radar et du magnétron est loin d'être clôturée. Dans le tome 1, les Allemands le cherchaient car ils étaient également sur le point d'en faire une arme offensive. Il serait impensable que Chacma n'y revienne pas !

 

© Chacma - Goepfert - Kennes 2024

 

Bref, un second tome attendu avec impatience, tant les possibilités de développement de la série sont riches et variées.

Prévu pour le printemps, le scénario est ficelé et Brice Goepfert aurait déjà dépassé la page 40 (sur 54 !).

 

Un second diptyque, centré cette fois sur l'année 1937, serait envisagé (en fonction du succès évidemment de ce premier, mais comment en douter ?).

 

A l'heure où le hasard des événements nous rappelle cette année 1936, montée de l'extrême-droite et année olympique, les deux en France et non plus en Allemagne, l'occasion est trop belle de se laisser embarquer dans cette nouvelle série "Deuxième Bureau", un docu-fiction haletant !

 

Encore une petite dizaine de mois à attendre ! Cela risque d'être long à s'imaginer ce second tome !

 

Thierry Ligot

 

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Série : Deuxième Bureau

Tome : 1/2 - Le magnétron

Scénario : Chacma

Dessin : Brice Goepfert

Couleurs : Fabien Blanchot

Éditeur : Kennes - Les 3 As

Genre : espionnage - guerre

Parution :  5 juin 2024

Format : 24 x 32 cm

Pages : 64

ISBN : 978-2-3807-5863-4

Prix : 16,95 €



Publié le 08/07/2024.


Source : Bd-best


Bientôt les vacances. Après une dure année de boulot - métro-dodo, qui ne rêve pas d'aller s'aérer ailleurs, de changer de rythme, voire de découvrir d'autres horizons différemment ?

Et si au lieu de simples vacances, vous preniez carrément une année sabbatique et partiez en combi VW faire le tour de la Grèce ?

Voilà le projet fou de Melissa et Yann. Afin d'en profiter au maximum, et à moindre coût, ils décident également que leur road trip se fera en wwoofing.

 

On voyage et on s'arrête chez l'habitant pour mieux s'imprégner du mode de vie, des us et coutumes. En échange du gîte et du couvert, on se propose pour de petits (ou gros) travaux. Un moyen "intelligent" de se plonger dans une nouvelle culture, de visiter tout en rendant service ... Bref du win-win ... si tout se passe bien !

 

Et justement, tout démarre idéalement. Ticombi (leur combi) ronronne parfaitement et les kilomètres défilent sans accrocs jusqu'en Grèce. Les traversées en ferry idem ...

Et que dire de leur première rencontre avec des "locaux", les patrons d'une petite épicerie ? Des Français installés là depuis des années qui leur proposent de prendre l'apéro !

Bref idéal et enchanteur !

 

 

 

© Cazenove - Juan - Bamboo 2024

 

Leur rêve peut ainsi commencer sous les meilleurs augures ... sauf que les mésaventures ne vont pas tarder à débarquer également !

Du pire au plus vaudevillesques, tout arrive à nos deux wwoofingers : entre pannes, habitant comptant sur eux pour "monter carrément les murs de sa maison", quiproquos dus à la méconnaissance (totale) de la langue, ... les situations burlesques s'enchaînent pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques !

 

© Cazenove - Juan - Bamboo 2024

 

Si l'ensemble est franchement drôle et cocasse, Christophe Cazenove nous fait découvrir ce mode de voyage "utile" et économique (quand tout se passe comme prévu évidemment !).

L'album se clôture d'ailleurs par un petit "mode d'emploi" et un historique de ce concept. Instructif et bien construit, il donnera certainement des idées à celles et ceux qui seraient tentés par l'aventure du wwoofing.

 

 

© Cazenove - Juan - Bamboo 2024

 

Côté graphisme, celui de Juan colle parfaitement à l'ambiance et aux situations loufoques voire débridées des gags. Drôle et caricatural sans être exagéré, son trait met bien en images les péripéties et autres mésaventures de nos 2 voyageurs.

Il en est de même pour la mise en couleur. Rien à redire du travail d'Alexandre Amouriq et de Mirabelle.

 

 

© Cazenove - Juan - Bamboo 2024

 

Un album qui s'inscrit parfaitement dans l'ADN de Bamboo. Franchement humoristique, avec une légère touche de "pédagogique", un savant mélange qui plaira à tout un chacun pour se changer les idées ou simplement décompresser.

Bref, chaque âge y trouvera de quoi passer un agréable moment de lecture. Par conséquent, à mettre entre toutes les mains ! Vacances obligent !

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Carnet de Roots

Tome : 1

Scénario : Christophe Cazenove

Dessins : Juan

Couleurs : Alexandre Amouriq & Mirabelle

Éditeur : Bamboo

Genre : humour

Public : tout public

Parution : 29 mai 2024

Pages : 48

Format : 21,6 x 29,4 cm

ISBN : 979-1-0411-0127-6

Prix : 11,90 €



Publié le 24/06/2024.


Source : Bd-best


 

 

"M'adapter ... Je n'aurais pas demandé mieux, moi ! Était-ce ma faute si le monde marchait à l'envers de ma logique ?"

 

Alan Turing ou quand le mérite s'efface, une fois l'ennemi vaincu, devant le puritanisme extrême d'une société aux œillères bien rigides !

 

 

 

 

En voici l'un des exemples le plus humainement abjecte de la Seconde guerre Mondiale. Alors que nous venons de fêter le 80e anniversaire du D-Day, Maxence Collin, François Rivière et Aleksi Cavaillez reviennent sur l'émouvante trajectoire vers le néant de l'homme qui à lui seul perça le secret d'Enigma ! La fabuleuse machine à cryptage nazie ! Son code était incassable et rendait impossible le déchiffrage des messages allemands !

 

 

 

 © Rivière - Collin - Cavaillez - Casterman 2024

 

70 ans après sa mort, ... son suicide, Alan Turing est et reste à la fois l'un des plus brillants cerveaux qui mena à la victoire des Alliés en 1945, et l'une des victimes d'une Angleterre ultraconservatrice appliquant strictement une loi (l'amendement Labouchere datant de 1885) condamnant l'homosexualité et ses mœurs "dissolues" !

 

Il y a peu, le remarquable film "Oppenheimer" nous faisait revivre le parcours complexe du "père de la bombe atomique" face à ses propres contradictions ... D'un côté avoir créer l'arme absolue, de l'autre, être "devenu la mort, le destructeur des mondes" ! D'un côté le scientifique pur, de l'autre l'homme "humain", sensible, amoureux de la poésie !

 

© Rivière - Collin - Cavaillez - Casterman 2024

 

Le roman graphique de Collin, Rivière et Cavaillez retrace celui du père de la cryptoanalyse : Alan Turing ! Plus que le perceur d'Enigma, Alan Turing est considéré comme le précurseur de l'analyse par algorithme grâce à sa "machine de Turing". Lui qui perça les codes les plus inviolables ne réussit pas à vaincre celui de la morale de son époque !

 

Tout homme peut avoir une face sombre, cachée, voire "honteuse" ... ou plutôt jugée telle à certaines époques, en fonction de certaines valeurs morales du moment. Mais ici, prenant comme point de départ son procès pour mœurs en 1950, les auteurs mettent en avant le côté humain de ce génie, les dilemmes qui vont le déchirer à travers un récit émouvant, plein de flash-back, de poésie et de rêverie.

 

© Rivière - Collin - Cavaillez - Casterman 2024

 

Au fur et à mesure de la lecture, le lecteur se sent clairement emporté dans les voluptés de cette passion scientifique côté face et sensuelle, amoureuse mais cachée côté pile.

François Rivière et Maxence Collin réussissent ainsi à nous faire suivre le parcours si héroïque mais désespérément culpabilisé de celui qui révolutionna l'approche de l'informatique. Après avoir craquer Enigma, jeter les bases de l'ordinateur moderne et de l'intelligence artificielle en plein développement aujourd'hui ... pour ne pas dire en pleine conquête de notre société, ce génie tourmenté finira par se suicider avec une pomme au cyanure à la veille de son 42e anniversaire !

 

 

 

© Rivière - Collin - Cavaillez - Casterman 2024

 

Roman en noir et blanc, dans une mise en page complètement éclatée et libérée de toute contrainte de cadrage, le dessin d'Aleksi Cavaillez est à l'image du personnage ... à la fois réaliste, sérieux et poétique, doux. Énormément de légèreté et de force dans le trait et les compositions de planches ! Un résultat qui les rend à la fois fort claires et visuellement agréables.

 

Un indispensable sur un rayon traitant des grands esprits du XXe siècle et de la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Alan Turing

Scénario : François Rivière - Maxence Collin

Dessin & couleurs : Aleksi Cavaillez

Editeur : Casterman

Parution : 15/5/2024

Page : 264

Format : 18 x 26 cm

ISBN : 978-2-203-08859-7

Prix : 28 €



Publié le 15/06/2024.


Source : Bd-best


Une gifle, une monumentale baffe narrative et graphique, voilà ce que vous propose l'adaptation BD de la nouvelle d'Emmanuel Delporte par Llyod Chéry (scénario), Amaury Bündgen (dessin) et Elvire De Cock (couleurs).

 

 

L'histoire semble un machiavélique mélange de "Transperceneige" et "Elysium" en version "Tour de Babel" social inversée ! 

 

 

 

 

 

"Un jour tout s'est éteint. L'ère du Grand Nuage Noir a commencé. Les villes furent détruites. La planète devint notre ennemie. L'humanité disparut et des bêtes immenses apparurent, dévorant ceux qui n'avaient pas été emportés.

Des hommes et des femmes se réunirent et les premiers ingénieurs désignèrent une zone sur le sol carbonisé.

Ils décrétèrent que c'était le point de départ de la tour numéro un.

Vertigéo est le phare des survivants. Et les ouvriers bâtissent, année après année, des étages dans le ciel pour nous sauver."

 

Ugo est contre-maître sur le chantier d'une des 13 gigantesques tours, la 9, devant toujours grandir, grandir afin de dépasser les nuages et permettre à ses occupants d'enfin retrouver le soleil !

Le monde a en effet connu une apocalypse nucléaire, ravageant villes et campagnes. Impossible désormais de vivre au niveau du sol et une couche sans fin de nuages toxique entoure désormais la planète ! Dès lors, il s'agira de construire plus haut qu'eux ! Pour cela, chaque individu a une tâche bien précise dans ce chantier qui semble ne pas avoir de fin.

Mais pour Ugo, tout bascule lorsqu'il croise furtivement une ingénieure en fuite lui hurlant que tout est faux !

Une société hyper hiérarchisée, obéissant aveuglément à ses dirigeants, ne supportant aucun retard ou manquements sous peine de mort ... être jeté du haut de la tour !

Et si ce stress constant de ne pas "décevoir" ne suffisait pas, des dangers supplémentaires menacent jour après jour les ouvriers : des tempêtes magnétiques accompagnées de vents effroyables ou encore ces monstres volants, dignes descendants des ptérodactyles préhistoriques qui attaquent les ouvriers trop malchanceux, ...

 

 

 

© Delporte - Chéry - Bündgen - Casterman 2024

 

Dans ce monde déshumanisé où l’espérance de vie ne dépasse pas la quarantaine, réussir à tenir le rythme et le planning de construction imposé par le Grand Chambellan est un miracle à chaque fois.

Il s'agira de terminer les 5 prochains niveaux de la Tour en un temps record si Ugo et son équipe ne veulent pas connaître de punition "mortelle" pour les éléments les plus faibles ou ralentissant l'ouvrage. Par contre, si le planning est respecté, la fête sera à la hauteur ... avec notamment festin et plaisirs charnels, servant essentiellement à la reproduction afin de fournir des générations futures d'ouvriers !

Pourtant, tout ne semble pas si "clair" et Ugo se retrouve mêler à une sorte de complot visant à percer quelques mystères sur les fondements mêmes de cette société tyrannique et sur les véritables buts de ces constructions.

 

 

 

© Delporte - Chéry - Bündgen - Casterman 2024

 

Une réflexion sur la lutte des classes dans un récit d'anticipation extrême. Quel est le prix (inconscient) à payer par les classes laborieuses, la grande majorité de l'espèce humaine pour permettre à quelques (centaines, milliers ?) privilégiés de vivre dans l'abondance, le confort, l'insouciance matérielle ?

Ugo réussira-t-il à transgresser les règles qui depuis sa naissance lui dictent sa conduite, sa soumission "volontaire" à un ordre ne laissant aucune place à l'auto-détermination et au libre-arbitre de l'homme ? Il devra pour cela vaincre le crédo qui guide son existence et oser remettre en question les croyances nées des siècles auparavant du cataclysme initial.

 

"Seul compte le rendement"

 

Ce récit divisé intelligemment en chapitres nous plonge dans une parabole futuriste noire de l'aberration de la vie : vivre pour travailler ou travailler pour vivre ? Une version apocalyptique du "métro-boulot-dodo" n'offrant aucun espoir de réelles améliorations aux masses populaires !

Une quête de vérité, une recherche du Paradis caché, une métaphore dystopique de toute beauté sur notre futur où l'homme sera définitivement et entièrement soumis par le travail à un espoir inatteignable dans une société totalitaire masquée.

Centré clairement sur cette course à la hauteur, sur l'étude de cette organisation sociétale dictatoriale, on fait fi des questions "bassement" matérialistes comme : d'où viennent les matériaux, la nourriture, ...

La chute quant à elle, est aussi vertigineuse que surprenante ... Même si les fans de récit du genre peuvent s'y attendre ou du moins l'envisager !

 

Pour sa première adaptation, son premier scénario BD, Llyod Chéry transpose ainsi à merveille cette nouvelle d'Emmanuel Delporte en réussissant à la transposer en un story board fidèle à l'ambiance angoissante du texte d'origine. Une réelle réussite pour ce spécialiste de la S-F !

 

© Delporte - Chéry - Bündgen - Casterman 2024

 

Bref une nouvelle haletante, rythmée, sans véritables temps morts superbement mis en planches par un Amaury Bündgen qui nous avait déjà scotché avec son trait réaliste dans "Le Rite" ! Un "noir et blanc" des plus contrastés et vertigineux dans ses cases de perspectives et d'actions.

 

 

 

© Delporte - Chéry - Bündgen - Casterman 2024

 

 

Sans aucun doute, un de nos best-sellers 2024 !

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Vertigéo

Scénario : Emmanuel Delporte, Llyod Chéry

Dessin : Amaury Bündgen

Couleurs : Elvire De Cock

Éditeur : Casterman

Genre : Science-fiction, anticipation

Parution : 15/5/2024

Pages : 136

Format : 24,1 x 32,1

ISBN : 9782203257313

Prix : 22 €



Publié le 15/06/2024.


Source : Bd-best


"Je dois libérer la couleur de la prison de la ligne"

 

Une mère, Marie Raymond, figure de proue du mouvement de l'Art formel !

Un père, Fred Klein, portraitiste et paysagiste postimpressionniste !

C'est dans ce vivier artistique que naît, le 28 avril 1928, Yves Klein.

Vivier, mais pas carcan car ses parents ne le "forceront" pas le moins du monde dans cette direction.

 

 

 

 

 

Il passe ses premières années à Nice, avant de partir pour Paris y vivre une vie de bohème, en esprit libre.

L'été, la petite famille descend à Cagnes-sur-Mer rejoindre d'autres artistes. Yves est alors confié à sa tante Rose. Cette dernière, divorcée et sans enfant, est une fervente catholique. Elle tente alors de lui inculquer certaines valeurs plus strictes.

 

Arrive ensuite la Seconde Guerre Mondiale. Forçant la famille Klein à s'installer dans le sud de la France, elle y trouve une certaine "normalité".

Devenu adolescent, le jeune Yves se prend de passion pour le judo, sa discipline, sa rigueur, sa précision ! Il s'y liera d'amitié avec le poète Claude Pascal et le peintre Arman (Armand Fernandez). Ensemble, ils ont le projet de se "partager le monde".

C'est ainsi que vers 20 ans, il imagine sa "symphonie monoton-silence" qui ne sera jouée pour la première fois qu'une dizaine d'années plus tard !

 

 

© Wagner William - Julian Volvoj - Marabulles 2024

 

Voyageant énormément, il découvre le métier d'encadreur à Londres.

De retour à Paris, il participe à de nombreux salons organisés par sa mère. Il y côtoie de nombreux artistes ... qui ne le considère que comme le fils de ...

 

Et c'est en 1952 qu'il réalise son plus grand rêve : se rendre au Japon ! Il y organise des expositions des œuvres de ses parents et ... se perfectionne dans le judo !

 

Rentré en France 2 ans plus tard, il développe sa conception de l'art à travers 2 pseudo catalogues d'œuvres monochromes n'existant pas ... encore : l'illusion de l'art !

 

"Je veux que le public ressente cette "minute de vérité". Qu'il atteigne ce degré de contemplation où la couleur devient une pure et pleine sensibilité."

 

Il est l'heure pour lui de faire exploser sa créativité, sa vision artistique à travers ses peintures et réalisations dans des projets "hors normes" et totalement révolutionnaires, telles ses Anthropométries !

Il crée et fait breuveter une couleur bleue, la plus pure imaginable, l'IKB. Bleu profond outremer à la fois mat et brillant, il le met au point avec un ami chimiste, Edouard Adam.

Participant à la naissance du "Nouveau Réalisme", il prône une vision innovante du réel.

 

© Wagner William - Julian Volvoj - Marabulles 2024

 

Lorsqu'il meurt, à 34 ans, après avoir marqué de son empreinte éternelle ... et colorée, l'art pictural, ses amis pensent d'abord qu'il vient de se lancer dans un nouveau projet artistique ! Désormais ses œuvres seront immatérielles et réalisées dans le plus grand atelier du monde ...

 

 

C'est la biographie de cet artiste pluridisciplinaire que nous narre Julian Volvoj, mise en images libres et éclatées par Wagner William. Un exercice tant littéraire que pictural pour cet artiste inclassifiable mais incontournable dans l'art contemporain.

Par son style narratif, Julian Volvoj réussit à nous immerger dans l'univers du parcours créatif d'Yves Klein.

Ecrivain et scénariste new-yorkais, il apprécie tout particulièrement cet exercice de biographie vivante. Traduit en de nombreuses langues, ses romans graphiques offrent souvent à ses dessinateurs l'espace nécessaire à leur imagination sans borne.

 

 

 

© Wagner William - Julian Volvoj - Marabulles 2024

 

Et justement, malgré un dessin réaliste, Wagner William se libère totalement des codes de la BD traditionnelle, notamment au niveau de sa mise en page. Prenant sa double page comme un espace de création vide, il le "remplit" au gré de la narration dans un esprit ouvert et sans les entraves des cases et bulles classiques. Cet artiste visuel brésilien, également peintre, écrivain et éditeur, rend ici clairement hommage, au travers sa "déstructuration" de la page, à l'âme vagabonde et "hors cadre" d'Yves Klein.

Une approche picturale et narrative qui cherche autant l'envolée que la profondeur de l'œuvre originale, soulignant sa quintessence absolue et inclassifiable dans un courant ou mouvement unique.

 

 

© Wagner William - Julian Volvoj - Marabulles 2024

 

Quoiqu'il en soit, une superbe découverte du parcours, de la vie de cette étoile filante dont la brièveté de l'existence est inversement proportionnelle à l'impact qu'il a laissé derrière lui sur la peinture et les arts en général !

 

 

Yves Klein et ses "Anthropométries" : extrait

© Antenne 2 - 1962

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Yves Klein - Immersion

Scénario : Julian Voloj

Dessin, couleurs : Wagner William

Traduction : Laure Picard-Philippon

Editeur : Marabout

Collection : Marabulles

Parution : 21/2/2024

Pages : 144

Format : 29,5 x 22,8 x 2 cm

ISBN : 978-2-5011-6349-1

Prix : 29,90 €



Publié le 21/03/2024.


Source : Bd-best


Wyoming, avril 1876, Richard Hatton, fermier, part en ville avec sa fille Anna et son fils Tom, faire quelques courses. Au milieu de nulle part, il laisse sa femme au ranch sans inquiétude.

A peine parti, 3 cavaliers apparaissent au loin.

A son retour, sa vie s'arrête ...

Commence alors pour lui et ses enfants une longue traque à travers plusieurs états ...

Animé par un indescriptible sentiment de haine et de vengeance, il recherche Jim Pickford et ses deux complices.

Entraînant ses enfants dans sa chasse, il a tout abandonné derrière eux ... mais en réalité, que lui restait-il derrière lui ? Plus rien !!!!

 

 

Car contrairement aux dires du shériff, même avec le temps, son désir de vengeance ne passera pas ! Et inutile de compter sur les autorités pour retrouver et arrêter les salopards. Elles sont trop peu nombreuses pour se lancer à leurs trousses ...

 

C'est ainsi que Richard, Anna et Tom se retrouvent dans les montagnes enneigées du Montana en novembre 1876. Malgré un relief hostile, une météo hivernale abominable, ils n'auraient plus que 3 heures de retard sur Pickford et ses hommes !

Pas question de s'arrêter ... pourtant les circonstances pourraient bien les forcer à ...

 

 

© David Wautier - Editions Anspach 2024

 

Un western, certifié "classique", centré sur une vengeance personnelle ! Ce n'est évidemment pas un thème nouveau. Films, romans, BD ... tous l'ont déjà repris, exploité, disséqué en long et en large.

 

Néanmoins, David Wautier réussit à nous scotcher sur son récit. Un scénario où les grands espaces servent de décors à un phénoménal chemin de rédemption qui passe par l'accomplissement d'une vengeance. Rédemption car il est évident que Richard s'en veut d'être parti ce jour-là en ville, d'avoir laissé sa femme sans défense au ranch, d'avoir ainsi privé Anna et tom de leur mère !

Dans son malheur, il en oublie l'essentiel ... En acceptant que son fils l'accompagne à la dernière minute, il lui a néanmoins "sauvé" également la vie !

© David Wautier - Editions Anspach 2024

 

Faisant la part belle aux grands espaces enneigés (souvenirs des carnets de voyage qu'il remplit depuis 2012), David Wautier, par son graphisme semi-réaliste et sa palette de couleurs, transcende un récit de vengeance en quête de l'absolu "repos de l'âme" pour son héros. Ce besoin d'assouvir sa haine pour enfin retrouver l'envie de vivre peut-être, de faire son deuil en passant à autre chose ... ses enfants !

 

Par son trait, ressemblant parfois plus à une esquisse, un croquis semi-fini, un jeu de lumière faisant la part belle aux teintes ogres et chaudes dans la prairie, bleues et froides dans la montagne, David Wautier joue sur l'atmosphère tragique et l'ambiance entourant ses personnages.

Pas de grands actes héroïques, de duels épiques, de longs discours philosophiques ou d'ennuyeux dialogues théâtraux ... rien de tout cela ! Juste un homme cherchant à apaiser sa douleur de la perte de l'être aimé, violemment enlevé par 3 brutes.

 

 

 

© David Wautier - Editions Anspach 2024

 

Une montée en puissance, une tension parfaitement maîtrisée qui augmente au fur et à mesure que le récit avance, avec ses flash backs familiaux permettant de réaliser que Richard n'a rien d'un héros ! Juste un homme, qui avec sa femme, s'installe au milieu de la prairie pour y construire son foyer, sa famille.

Un découpage aussi bien de la chronologie que des planches judicieux, rendant bien ce sentiment de vengeance nourrissant le père.

 

L'essentiel pour cerner ce personnage lambda meurtri par une brutale disparition, sa psychologie et son cheminement vers sa quête vengeresse ! Cheminement aveugle et obsessionnel acceptant à la limite de perdre ce qui lui reste d'humanité, de famille, sa fille et son fils !

D'où cette relation père - enfants qui lentement en subit les affres au point de se dégrader petit à petit, notamment entre Tom, le plus jeune, et son père ...

 

Récit humain avant tout dans un décors somptueux et grandiose à la fois !

 

 

© David Wautier - Editions Anspach 2024 - Planche inédite offerte aux contributeurs Ulule

 

Une tragédie grecque classique en plein western dans ce Montana sauvage du XIXe siècle comme décors !

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : La Vengeance

Scénario, dessin, couleurs : David Wautier

Editeur : Editions Anspach

Genre : western

Thème : vengeance

Parution : 15/03/2024

Pages : 96

Format : 26,7 x 20,7 x 1,5 cm

ISBN : 978-2-93110522-1

Prix : 19,50 €



Publié le 20/03/2024.


Source : Bd-best


Un nouveau MOOK est toujours une invitation au voyage, à l'aventure, à la découverte ! Et ce numéro 19 ne fera pas exception à la règle.

Son thème ? Un endroit où ses aventures conduiront quelques fois Tintin !

De "L'oreille cassée" aux Picaros, notre reporter arpentera ses sentiers dans tous les sens et quand on parle de sentiers, c'est au sens large ... routes, sentiers, voies ferrées, cours d'eau, pistes à travers la jungle, ...

 

 

 

 

 

 

L'Amérique du Sud évidemment ! Destination ayant toujours eu une sonorité particulière dans l'oreille d'Hergé. N'était-ce pas en Argentine qu'il a, après la guerre, dans un moment de doute sur son avenir de dessinateur, envisagé d'aller s'installer ?

 

Terres de prédilection de bien des légendes, de mystères, de civilisations anciennes voire perdues, l'Amérique du Sud est un continent propice à tous les rêves d'exploration.

De paysages extraordinaires à des sites légendaires, de nombreux auteurs firent de l'Amérique latine le théâtre des aventures de leurs héros : Bob Morane, Tif et Tondu, Spirou, Corto Maltese, ... pour ne citer qu'eux !

Hergé y voyait également une terre propice au surnaturel où le mot "aventure" s'écrit avec un "A" majuscule.

 

D'ailleurs en parlant d'aventuriers, d'explorateurs, savez-vous qui a inspiré Ridgewell, l'Occidental vivant au milieu des Arumbayas dans "L'Oreille cassée" ? La réponse dans la rubrique "Face à face", page 74.

 

 

© Hergé – Tintinimaginatio 2024

 

Et des envies d'exploration, certains invités de ce numéro en ont l'ADN.

Eric Fottorino, homme de presse, grand reporter et romancier, reconnaît volontiers une certaine influence d'Hergé et de Tintin dans son choix de vie.

 

Thomas Ott, connu pour ses cartes à gratter en noir et blanc, muettes, développant un univers obscur, s'inspire fréquemment des albums les plus sombres de Tintin.

 

A noter encore, deux nouvelles rubriques : "La culture c'est l'aventure" reprenant des livres, films, ... parlant de l'Amérique latine, et "L'aventure des idées". Cette dernière confiée à la philosophe Laurence Devillairs, propose une réflexion sur l'Art dans l'œuvre d'Hergé.

 

 

 

© Hergé – Tintinimaginatio 2024

 

Côté BD, 2 invités de marque !

Le premier est justement repris dans la rubrique "La culture c'est l'aventure". Fabien Nury, l'auteur de la saga "Charlotte impératrice", dont 8 planches sont reprises ici. Il nous partage quelques confidences sur le 3e tome de sa série. L'occasion pour lui de reconnaître, ici et là, quelques parallélismes possibles avec Tintin, son univers ou certains de ses personnages. Mais également les différences dues à des époques de création différentes. Un savant dosage de fiction dans une réalité historique, mêlé parfois d'ingrédients mythologiques ou religieux, avec quelques enjeux de pouvoir, tout cela enrobant une passionnante aventure du héros ... !

 

 

 

© Hergé – Tintinimaginatio 2024

 

Le second, Didier Tronchet, est connu pour ses séries "Raymond Calbuth", "Raoul Fulgurex" ou "Jean-Claude Tergal". Lors de son entretien, nous apprenons notamment que pour lui Tintin était l'échappatoire parfait pour échapper au quotidien et à son ennui !

Mais n'était-ce pas le cas pour tous les lecteurs du petit reporter ? Et son sentiment de compréhension de ce qu'a dû ressentir le Yéti dans la dernière case de l'album mythique "Tintin au Tibet" !

 

 

 


© Hergé – Tintinimaginatio 2024

 

Et comme à chaque revue, des archives et croquis inédits d'Hergé, de superbes photos de GEO qui illustrent ces reportages passionnants, ...

De quoi émerveillés tous les Tintin que nous sommes.

 

 

Un 19e numéro rempli d'exotisme et de rêve d'aventure, riche en rencontres et entretiens. A lire pour s'évader vu cette météo maussade de ces derniers jours.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Tintin c’est l’aventure

Titre : Mondes sud-américains

Tome : 19 (Fév – Avril 2024)

Éditeur : Éditions Moulinsart – Géo – Prisma Media

Parution : 28 février 2024

Nombre de pages : 144

ISBN : 978-2-8104-3918-8

Prix : 19,99 €



Publié le 10/03/2024.


Source : Bd-best


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