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Le 2 septembre 2011, les éditions Dupuis sortaient un nouveau best-of de l'agent 212 intitulé " best-of spécial frayeurs". A cette occasion, notre intrépide reporter Alix Devos n'a pas résisté à la tentation d'aller visiter l'atelier de Daniel kox et par ce truchement lui poser quelques questions sur sa carrière ainsi que son ventripotant et irrésistible représentant de l'ordre.
C'est donc par un beau Dimanche après midi ( ah non il pleuvait … nous sommes en Belgique) que le charmant Daniel Kox nous a ouvert son atelier le temps d’une interview et d’un bon moment de rigolade.
Daniel, comment a débuté ta carrière chez Dupuis ?
J’ai rencontré Peyo en 1974 qui m’a présenté à Raoul Cauvin. Raoul a accepté de me faire un scénario avec un agent de police. Cela devait durer le temps de deux ou trois histoires mais Peyo a bien aimé et nous a encouragé à en faire quelques unes de plus. Il y avait une demande dans le magazine Spirou, les lecteurs étaient séduits et en redemandaient. J’ai donc continué et cela fait 37ans que ca dure.
Comment se passent tes journées de travail ? As-tu des horaires spécifiques ou est-ce aléatoire ?
Pour l’instant, je passe mes journées à crayonner et à gommer !!! Je suis assez perfectionniste. Je ne suis jamais content de mon travail et je mets des rames de papier à la poubelle.
Je m’y mets vers 9h jusqu’à midi et reprends de 14 à 16h mais cela reste très très aléatoire.
Peux-tu rester des heures à dessiner ou as-tu besoin de faire des pauses ?
Je n’aime pas rester assis trop longtemps, j’ai besoin de bouger. Bien que dans l’urgence, je peux travailler beaucoup plus longtemps. Je n’en parle pas souvent mais je suis un peu hyperactif et je n’arrête jamais, il faut que je bouge. Physiquement, je suis inépuisable mais pas nerveusement, j’ai du mal à rester longuement attentif. Tu ne me verras jamais tranquillement assis dans un fauteuil à lire le journal.
Quels sont tes outils de travail ? Crayon ? Porte- mine ? Encre ? …
Dans un premier temps, je travaille avec un porte-mine, ensuite, j’utilise la plume, pinceau, feutre pour les encrages. J’aimerais pouvoir changer de style mais quand on fait une série depuis autant d’année on est un peu « bloqué « dans un style. Parfois, j’ai envie de dessiner avec trois traits, je serais plus à l’aise.
As tu d'emblée une idée générale avant de commencer ta planche ou avances-tu petit à petit ?
Raoul me fait des story-boards, je sais donc à l’avance comment sera toute la planche.
Entreprends-tu des recherches pour tes dessins ? ( uniformes, radars, …)
Oui, par exemple pour les radars mais je simplifie énormément, si bien qu’après j’ai l’impression d’avoir inventé un nouveau modèle ( rire) Un jour j’ai acheté un bouquin sur un avion, pour les besoins d’un gag, le livre coûtait une fortune mais …j’ai tellement simplifié qu’il ne restait rien de l’avion original !

Enfant, que lisais- tu comme BD ?
Gaston, Boule et Bill, les magazines Spirou et Tintin, Michel Vaillant, Ric Hochet etc. Mais je lisais presque tout ce qui sortait, il faut dire qu’il y avait beaucoup moins de séries qu’aujourd’hui.
Quels ont été tes influences en bande dessinée ?
Franquin, Roba, Tilleux, Morris, Gotlib, Jidehem, …
As-tu déjà pensé à arrêter la bande dessinée ? Ou à faire autre chose ?
Oui, j’ai déjà pensé à faire autre chose, mais mon emploi du temps m’a permis de faire plein de chose en dehors de la BD. Comme le vélo.(2 à 3 heures par jour) et de nombreux voyages (en VTT)
As tu déjà envisagé d'écrire toi-même des scénarios ?
Je l’ai déjà fait avec les Indésirables dans le journal De Spirou de 1978 à 81. Pour l’Agent, c’est Cauvin qui s’en occupe et je n’aurais pas le temps de faire une autre BD ou je ferais moi-même le scénario, mais l’envie est là.

Participes-tu au scénario de l’agent 212 ? Donnes-tu parfois quelques idées à Cauvin ?
Oui, je donne des idées à Raoul, j’ai ainsi rajouté quelques personnages, comme le chien Kiki et la belle- mère d’Arthur.
Que penses-tu de la bande dessinée actuelle ?
Il y a pas mal de bonnes choses, mais il y a trop d’albums. On inonde le marché.
Et ce n’est pas facile pour les jeunes auteurs. Dans le temps, il y avait les revues BD dans lesquelles les jeunes pouvaient faire leurs premières armes, maintenant ils ont directement un album (ils n’ont pas le choix) et il faut que cela se vende bien dès le premier album, sinon…
Quels seraient tes conseils si un débutant te posait des questions sur le métier ?
Fais d’abord tes études et puis la bande dessinée ! Et dans le domaine de la BD, fais quelque chose qui puisse plaire à un maximum de gens, si tu veux en vivre.
Ce fameux « one shot » que tu aimerais faire, où en est- il ? Est-ce que c’est toujours au niveau du rêve ou plus du projet ?
Rêve, comme dis plus haut, je ne peux pas mener de front deux projets, donc pour l’instant je continue avec l’Agent…
Comment t’en sors-tu avec les nouvelles technologies ? Facebook ou un site Internet, cela ne te tente pas ?
Pour travailler avec la palette graphique, je serais tenté d’apprendre mais je ne suis pas sûr d’avoir la patience et je n’en n’ai pas une grande utilité.
Pour un site, il en existe déjà quelques uns qui reprennent des infos me concernant, tel que le Graphivore et qui font ça très bien.
Peux-tu nous parler de ton prochain album ? Pour quand est prévue sa sortie ?
J’espère qu’il sortira pour fin de l’année 2012 , je suis à la 19ème page, il me reste donc encore pas mal de travail. Mais il sera dans la cuvée des autres albums de l’Agent 212.

La dédicace
Merci à Daniel pour son implication dans cette interview, qui est, du coup, plus un travail de collaboration.
Alix Devos
Interview © Graphivore-Alix Devos 2011
Images © Dupuis 2011
Photos © Alix Devos 2011
Philippe Fenech est tombé d'une soucoupe volante en plein vol sur la ville de Montpellier le 1er avril 1976. Il n'en fallait pas plus pour que cet ovni de la bd fasse du neuvième art son métier car... oui, Philippe est aussi drôle que talentueux. Nous ne pouvions par conséquent manquer sous aucun prétexte de lui faire une petite visite en tout courtoisie et venir lui poser quelques questions, carrement à la source, dans son atelier. Nous profitons bien entendu de l'occasion de la sortie le 24 aout dernier de son tout dernier album en collaboration avec Mady et Danjou : Ulysse, la carte de Kyrozas paru chez Vent d'ouest.
- Comment se passe une journée dans l'atelier de Philippe Fenech ? Et comment débute t-elle ? As-tu un rituel genre café d'abord ?
Philippe Fenech : Un café !! Toujours un café ! Un gros même. Je ne suis pas du matin, donc du mal à émerger. Ensuite, c’est lecture et réponse aux mails, un petit tour sur Facebook. Et puis j’essaie de m’y mettre. Je dis bien j’essaie.
- As-tu un horaire de travail régulier ?
Alors, comment dire… pas du tout ! Mais alors vraiment pas. Je travaille selon l’inspiration, si j’ai envie je bosse sinon, non. Ce qui fait que des fois je peux bosser la nuit et d’autres toute une journée. En fait mon organisation est un beau bordel ! Mais c’est un peu la seule manière que j’ai d’avancer. C’est pour ça que j’aime bien travailler sur plusieurs projets, comme ça je fais selon l’envie. Il m’arrive de me relever la nuit pour finir une case sur laquelle je bloquais.

- Quelle technique emploies-tu ? L'informatique à une place importante dans ta création ?
Je travaille au silex sur de la pierre calcaire, j’aime bien faire différent. Sans rire, oui l’informatique a prit une place prépondérante dans mon travail. Je continue à crayonner sur papier, du moins pour la BD, mais l’encrage est tout numérique. J’y ai trouvé mon compte. J’avais un encrage trop lourd à la main. Quant au peu de couleur que je fais, c’est aussi à l’ordi, je n’ai jamais réussi à faire de la couleur à la main.
- Quelle a été ta méthode de travail sur ton nouvel album Ulysse ?
Pour le scénar, nous l’avons écrit à trois (et non pas à Troie, ne me parlez plus de Troiiie). On a d’abord écrit le fil rouge de l’histoire, comme une aventure sérieuse, puis On fait des séquences de 3 ou 4 pages à tour de rôle. Par exemple Ludo, commence, écrit la séquence, puis je récupère ces pages, j’efface tout, puis réécrit, puis Delphine récupère efface tout, réécrit, puis on se bat, on saigne et enfin on fait un mix des trois versions. Des fois ça marche, des fois non, alors on recommence. Quand on est tous les trois d’accord, on passe à la séquence suivante, et c’est alors un autre qui commence, etc.. Ensuite Je crayonne d’abord mes cases au crayon bleu, puis j’affine mon trait au crayon à papier. En suite je scanne et je fais mon encrage sur ordi. Puis les couleurs sont (superbement) faites par Joël Odone. On a vraiment une bonne complicité, et je suis fan de son travail. Il m’étonne sur chaque page.
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Philippe à le soucis du détail.
- Comment vous est venu l'idée à toi et tes comparses Ludovic Danjou et Mady de reprendre à votre manière l'odyssée d'Ulysse ?
De notre rencontre avec l’Homère d’alors. Nous étions en 800 avant Jésus christ. Et Homère nous a révélé la véritable histoire. Ensuite nous avons été congelés pour ressortir maintenant et faire connaitre au monde la véritable aventure d’Ulysse ! Mais ce qu’on raconte pour paraitre crédible, c’est que j’avais envie de faire une BD sur Ulysse ! Depuis quelques années, mais je ne me sentais pas prêt, ni graphiquement ni scenaristiquement. Je voulais détourner le monde antique pour faire un peu de critique de la société. Alors quand Vents d’ouest nous a demandé de faire un album d’aventure dans le style de HPP, j’ai foncé, Ludo et Mady ont adoré l’idée, et l’éditeur aussi. Ulysse ! Version humour n’a jamais été faite.
- Mime tu parfois les situations afin de bien t’imprégner de tes personnages ?
Hahahahaha, oui, je me lève je danse, je grogne…et les voisins appellent les flics. Apres la garde à vue je peux commencer mon dessin. Mais je pense que c’est utile. Ma priorité c’est le jeu des acteurs si ont peut dire. J’adore faire rire sur les expressions, autant que par le texte.
Mady et Philippe au travail !
- Pourquoi l'antiquité justement ?
Alors simplement parce que Ulysse ! oblige. Ensuite on y a decouvert des facilités, surtout pour critiquer une démocratie un peu décadente. C’est une civilisation éloignée, mai sassez proche de la nôtre. Et puis je n’aime pas dessiner les machines !
- L'ambiance créative à du être bien joviale, quelle a été ta période la plus amusante, y a t-il un gag où tu as eu plus de plaisir à dessiner que d'autres ?
Non, j’ai eu du plaisir sur tous. Je crois qu’on s’est bien amusés sur chaque page et chaque séquence en fait. Ce qui ne veux pas dire qu’on n’a pas eu des tensions, quand on bosse à trois (et pas à Troiiiiiiiiiiiiiie) des fois c’est dur de tomber d’accord. Mais si tu me demandes quelle page je préfère c’est celle devant le lit d’eau. Avec la case avec les chevaux entremêlés.
- Es tu content du choix pour la couverture d'Ulysse ?
Très !! Voila une preuve de dissension. Je n’étais pas pour ce dessin, et finalement le studio graphique a fait un très beau travail, et maintenant je n’imagine pas une autre couv’ que celle-ci. Je remercie mes compères et l’équipe d’édito d’avoir insisté.
Ulysse est il une sorte de dérivé de la série " un héros presque parfait " ?
Oui, clairement à la base. Même si ça s’est éloigné. En fait l’éditeur voulait qu’on fasse une série d’aventure dérivée d’HPP. Apres avoir pensé à une aventure de fantasy médiévale, j’ai proposé Ulysse ! Mais la suite vous la connaissez, enfin pour ceux qui ont lu les précédentes questions. Les autres dorment de toute façon.
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Philippe en pleine étude sur la bière dans l'antiquité
- A propos de la série héros presque parfait, quelle en sera le thème cette fois-ci ?
Ah et bien pas de thèmes en particulier, si ce n’est sur le gag a répétition. Dans le précédent, l’Indy et sa boule ont bien marqué les esprits, mais cette fois on va partir sur une parodie de SF, toujours produite (et réalisé un peu) par G. Lucas également. Vous voyez ? Et que la farce soit avec nous !
- As-tu en tête de faire d'autres BD de ce style, je veux dire, pourquoi pas d'autres héros de l'antiquité voire une autre version de gaulois? As-tu quelque chose à nous raconter à ce sujet ?
Ah non pas les gaulois ! On ne peut plus faire de gaulois sans penser à Astérix. Ce coté là est mort ! Mais non, on va continuer sur Ulysse ! On a déjà deux tomes suivants en tête. Alors si le tome 1 marche bien, on continue sur Ulysse avec plaisir !
- Si on te donnait la possibilité de te transformer en personnage de BD d'un coup de baguette magique, quel serait ton choix?
Hmmm, Largo Winch surement. Ah l’argent et les femmes….
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Et la petite dédicace qu'on ne vous montre pas pour ne pas faire de jaloux.
Interview © Graphivore-Gilson 2011
Images de l'album Ulysse © Vent d'ouest 2011
Alix Devos, notre nouvelle correspondante qui vient depuis peu d'arriver dans l'équipe de la rédaction du Graphivore, vous propose pour son premier article d'aller carrement à la rencontre du dessinateur Didier Crisse, créateur d’Atalante, Ishanti, Kookaburra, dessinateur ou scénariste de l’épée de cristal, Luuna, tallulah … pour ne citer que cela et ce directement dans son atelier. Il à répondu à ses questions depuis sa charmante Vendée d’adoption depuis plus de 20ans .
Didier, comment se passent tes journées dans ton atelier ?
-Je commence vers 9h. Je regarde ce qu’il y a de plus urgent à faire. Et comme tout l’est, je vais voir mes mails. Il y en a bien un qui me mettra plus la pression qu’un autre…(rires) En général, ceux de Nicolas Keramidas (Luuna) sont assez stressants… (rires).
Quel est ta méthode de travail, as tu un horaire fixe ?
-Oui, de 9h. donc jusqu’à ce que je me rende compte que j’ai faim, vers 13h. J’avale un truc vite fait et je m’y remets en maudissant l’horloge. Le temps passant et la pression montant, c’est là que je suis le plus efficace. Disons que de 16h à 19-20h j’abats la majorité de mon boulot.
Quel est ton outil de travail préféré ? Pinceau, plume, feutre ?
-Plume, pinceau, et Rotring. Je passe de l’un à l’autre suivant les effets que je veux donner.
Fred Besson, fait un merveilleux travail au niveau des couleurs et des effets, toi-même te sens tu à l’aise avec les nouvelles techniques ?
- Fred est en effet un monstre de talent. Il comprend mon dessin immédiatement. Mes indications de couleurs se bornent en général de lui dire : « scène de jour », «scène de nuit »… On se connaît parfaitement et de plus en plus je dessine en fonction de ce qu’il va faire derrière. A tel point que je ne prends aucune décision sans lui. Mais, comme on a les mêmes gouts et les mêmes envies, cela se passe plutôt très bien. Car, il faut bien l’avouer, je suis nul avec un ordi… (rires) Cette machine me sert juste à lire mes mails et surfer sur internet…
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Crisse à l'oeuvre dans son atelier
Tu es autant scénariste que dessinateur, laquelle de ces deux disciplines préfères tu le plus ?
-Ce que je préfère avant tout, c’est de faire des livres. Raconter des histoires. Que ce soit moi ou quelqu’un d’autre qui dessine, cela m’importe peu. Par contre, ce que j’aime vraiment, c’est de créer des personnages. J’adore crayonner et rêver à ce qu’ils pourraient être…
Est ce frustrant en tant que dessinateur d’écrire des scénarios, imaginer ce que cela pourrait donner au niveau du dessin et que finalement cela prenne une toute autre forme ?
-Parfois… Je m’aperçois que j’ai un sens du raccourci et de l’ellipse que peu de dessinateurs ont. C’est un peu difficile à expliquer, mais j’arrive par une attitude, un regard à faire passer en une case ce qu’un autre dessinateur aurait besoin de plusieurs cases pour rendre l’intention du script. Il faut donc que je m’adapte…
Autre vue de l'atelier de Crisse ou l'on peut apercevoir son autre passion : les Orchidées.
Où puises-tu ton inspiration ?
-Dans mes lectures, dans les films que je vois. En général, j’ai un sujet, puis je pense à 2-3 trucs que j’ai lu ou vu et je mélange le tout. Après, ce sont des recettes…
Travailles-tu uniquement dans ton atelier ?
-Oui. J’ai du mal ailleurs…
Pourquoi ?
-Je suis facilement distrait par tout ce qui se passe autour de moi. Je rêverai de pouvoir travailler dans mon jardin, mais dès que j’y suis, je ne pense plus qu’à tailler mes arbres et arracher les mauvaises herbes…
T’arrive-t-il parfois ce qu'on appelle « la page blanche »? Si oui que fais-tu dans ce cas la ?
-Oui, et c’est horrible. Dans ce cas, je fais ce qu’il ne faut pas faire. Je m’obstine et je culpabilise, alors qu’il juste que j’aille faire un tour et attendre que cela passe. Mais, je n’y arrive pas… j’aurais trop l’impression de perdre mon temps alors que j’ai tant à faire. En même temps vu que rien ne sort de mon crayon… Je suis en plein dilemme et ça me freine encore plus…
La fin de ta journée de travail venue, fermes tu complètement la boutique ou te réveilles-tu parfois en plein milieux de la nuit avec une nouvelle idée ?
-Quand on fait un métier passion comme nous le faisons, on ne ferme jamais complètement boutique. L’esprit et l’imagination sont toujours en éveil. C’est à se prix qu’on peut sentir ce qu’il y a dans l’air. Sentir ce qu’il va arriver. Je suis en connexion avec tout ce qui se passe. Parfois trop tôt aussi. Ce qui est un défaut que je n’arrive pas à contrôler. Mais, je crois qu’avec Ankama, j’ai trouvé l’interlocuteur qu’il me fallait. Ils sont même plus rapides que moi… (rires)
Exemple de carte Ankama
A ce propos, félicitation, il parait que tu es nouvellement directeur de collection chez Ankama, quelles sont tes attributions ?
-J’accompagne les auteurs dans leur création. Je me vois plus comme un coach. La ligne directrice sera de se positionner dans des univers proche de ce pourquoi Ankama est connu. C'est-à-dire, des univers assez colorés et qui donnent envie. J’aimerais bien développer des univers à mi-chemin entre la BD et le dessin animé.
Peut être même un film d’animation ? Ce que te réclament déjà tes fans !
-Avec Fred on y travaille. Et on espère bien convaincre un studio de nous faire confiance. J’ai plusieurs projets en ce sens.
Tu travailles aussi de façon ponctuelle au scénario de la série télé Wakfu Ankama, comment cette collaboration à débuté ?
-J’ai rencontré Tot le big boss de tout le côté artistique et graphique d’Ankama. On s’est tout de suite bien entendu. Et nos Univers sont très proches. Ca s’est fait très naturellement.
Quel est ton rôle exactement ?
-J’ai co-scénarisé avec lui et sa sœur l’épisode 17 de la saison 2. Comme, je ne connaissais pas bien tous les personnages, je me suis surtout atteler à trouver des ressorts scénaristiques pour cet épisode. J’ai aussi dessiné les nouveaux personnages qui apparaissent dans cet épisode. Mais, je ne sais pas, si finalement ils vont les utiliser…

Les dieux du Nil
Après un album avec la jolie Ishantis, tu reviens en force avec un livre d’illustration égyptienne, « Les dieux du Nil », qui paraitra aux éditions Le Lombard. Parle-nous de ce projet.
-C’est une nouvelle collection aux éditions du Lombard. Une collection à propos des petits peuples du monde entier. Comme pour tous ces projets je travaille en symbiose avec Fred Besson, et qu’il maitrise a fond les couleurs pour ce genre d’univers, j’ai naturellement proposer de faire un bouquin sur les Dieux Égyptiens. Les trois premiers albums de cette collection sortiront en Mars 2012
Comment t’es-tu documenté sur toutes ces divinités ?
-Réexpédia… hahaha…
Extrait de planche d'Atalante tome 5
Pas de livres, documentaires TV ?
-Si, bien sûr. Puis, comme je travaille depuis longtemps sur des sujets ayant la mythologie comme toile de fond, a force, je commence à m’y connaître un peu…
Quels on été tes choix et tes critères pour dessiner ce panthéon de dieux égyptiens ?
-Pour les Déesses, je n’ai pas trop cherché les Déesses animales. Pour les Dieux, ce fut le contraire. Le panthéon Égyptien étant vraiment très vaste. Donc, pour les filles, j’ai surtout recherché le côté glamour et pour les garçons, le côté hybride. C’est juste un intérêt graphique et une excuse pour faire de belles images. Il ne faut rien chercher d’autre comme symbolique…
As-tu une prédilection pour l’univers des légendes ?
-Oui, assez. Ca fait rêver et ça donne l’occasion de faire de jolis dessins.
Nous attendons tous le tome 5 d’Atalante, peux tu nous dévoiler quelques secrets sur cette aventure ?
-J’en suis à la page 20. Mais, je ne peux pas en dire plus…
As-tu déjà pensé quel impact cela aurait donné sur le public si tu avais choisis des personnages masculins au lieu de jolies jeunes femmes, en aurais-tu été moins inspiré ? Pense tu que le public t’aurais suivit de la même façon ?
-Je crois que ce n’est pas seulement la façon dont je dessine les femmes, mais aussi et surtout leur personnalité. Bien sûr, elles sont jolies, mais elles sont avant tout indépendantes et se font respecter. Et ce sans violence. Juste par leur attitude et leur force intérieure. Elles assument leur beauté. Ce ne sont pas que des Bimbos. D’ailleurs en dédicaces, j’ai presqu’autant de filles que de gars qui viennent me voir. Je crois que je ne dessinerais que des pin-up, elles seraient moins nombreuses. Puis, je ressens moins la psychologie masculine pour créer des personnages forts. Une femme, c’est plus subtil, plus complexe. Pour faire une BD avec un héros, il faut lui adjoindre plein de personnages secondaires pour qu’il puisse avoir du relief. Une héroïne peut se suffire à elle-même. Donc, je suis bien embêté pour répondre à ta question. C’est juste que je n’aurais pas pu faire autrement…
Quels sont tes autres projets en cours ?
-Je termine Atalante 5 et côté scénario, le tome 7 de Luuna sortira en septembre. En septembre aussi, la sortie d’une nouvelle série chez Drugstore qui s’intitulera « La Contessa » avec Herval au dessin. La Contessa raconte l’histoire d’une arnaqueuse et voleuse de haut vol. Une histoire « à la » Ocean’s Eleven. Avec Ood Sérièrre nous terminons le tome 2 de Thalulaa. Je suis aussi en train de finir le livre sur les Dieux Égyptiens.
Et qu’en est-il de tes projets futurs ?
- Comme dit plus haut, j’ai plusieurs projets de dessins animés qui circulent dans les studios de dessin animé. Je vais consacrer pas mal de temps à encadrer les BD qui sortiront dans ma collection chez Ankama. Pour plusieurs d'entre eux, je serai scénariste et je dessinerai aussi une nouvelle série pour cette collection. Mais pour l’instant, je préfère ne pas trop en parler…
Je souhaite attendre que tous ces projets soient bien avancés. J’espère aussi qu’Ankama fera encore appel à moi pour d’autres épisodes de Wakfu…
Voilà, ça va faire des années bien chargées…
Didier Crisse en pleine Dédicace
Merci à Didier Crisse d’avoir répondus à nos questions avec toutes sa gentillesse habituelle et nous lui souhaitons de réussir dans ces nombreux projets.
Alix Devos.
Images et photos © Didier Crisse 2011
Comme nous vous l'avions annoncé il y a quelques jours se tient à Paris une exposition sur Peyo organisée par Artcurial du 7 Juillet au 30 Août 2011.
Nous nous sommes donc glissés dans la peau d'un visiteur.
Après avoir monté les quelques marches, franchi deux portes et confié notre sac à dos au vigile, nous arrivons devant un guichet tenu par deux jeunes gens, nous nous acquittons de la modique somme de 6 euros et on nous offre un paquet des nouveaux bonbons schtroumpfs ™. Malheureusement sans autorisation du commissaire de l'exposition il ne nous est pas possible de faire de photo.
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Notre correspondant va donc tenter de vous allécher à l'aide de ses petits mots...
Nous gravissons encore quelques marches et oh! , tombons (sans se faire mal, ils sont sous vitrine) sur des outils de travail que Peyo a utilisé tout au long de sa carrière: Un support, un objet pour chasser les morceaux de gomme et un autre pour couper.
Après quoi on peut s'immerger dans les oeuvres de jeunesse de Peyo, allias Pierre Culliford, depuis son adolescence. Notre correspondant remarque dans un premier temps des influences Hergéennes puis ensuite Disneyennes.
On passe ensuite dans une salle où sont montrées les illustrations de Peyo pour des calendriers scouts, dans les années 60 pour la plupart, de vraies merveilles, dont l'une d'elle n'est que partiellement encrée à cause d'un détail.
Johan
En sortant de la salle on tombe sur un chat, miaou! Il s'agit de Poussy, un chat noir et blanc qui vivra des gags depuis 1949 jusqu'au début des années 70 dans diverses revues belges avec plusieurs interruptions. Lucien De Gieter collabora à la série.
On découvre également dans l'exposition des planches de Jacky et Célestin dessinées par Will, des couvertures de Walthéry pour cette série et quelques mots du scénariste Peyo.
Pour notre plus grand bonheur nous voyons des planches et couvertures de la série Johan et Pirlouit au sein de laquelle sont nés Les Schtroumpfs en 1958, parmi les dessins il y a des planches de Johan avant le début de la série, mais également des projets de couverture abandonnés ou des planches que l'auteur a finalement désiré modifier.
Encore pour ravir nos petits yeux, nous voyons des planches de... Atchoum! Pardon... Benoît Brisefer, ce petit garçon comme les autres à la force extraordinaire qui la perd en s'enrhumant.
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Vue sur l'entrée de l'expo
L'exposition met également très intelligemment en parallèle les mini-récits des Schtroumpfs parus dans Spirou et leur adaptation par la suite dans les albums des petits lutins bleus en plus grand format. Le sorcier Gargamel y fait sa première apparition, bien plus sec physiquement que par la suite. On peut ainsi voir des modifications à la fois pour le dessin et pour le scénario.
On passe devant des planches d'albums mythiques comme « Le Schtroumpfissime » et « La schtroumpfette », entre autres.
Enfin, l'exposition évoque un autre aspect du devenir d'une oeuvre dessinée qui peut-être celui de l'animation des personnages et des travaux publicitaires réalisés avec ces derniers.
Voici en gros le résumé de deux heures d'enchantement. Merci de Nous avoir fait rêver, Monsieur Peyo et merci au commissaire de l'exposition ainsi qu'à la famille Culliford qui nous ont permis de voir tant de belles choses!
Gyal.
Adresse de l'exposition: Hôtel Marcel Dassault, 7 Rond-Point des Champs Elysées, 75008 Paris.
Du 7 Juillet au 30 Août 2011, du Lundi au Dimanche de 11h à 19h.
Photo: Gyal
Images © Dupuis
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