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En terres d’Arran, Elfes, Nains et désormais Orcs et Gobelins s’étripaillent joyeusement (ou pas) mais offrent un équilibre entre justesse et pur divertissement #2

Gold chantait les Îles d’Aran, la bande à Soleil a rajouté un « r » et décline depuis près de cinq ans les Terres d’Arran. Cinq ans dans le monde humain qui ont vu passer les décennies dans le monde des Elfes, des Nains et, désormais, des Orcs et des Gobelins. À la fin du mois de janvier (avec deux tomes attendus à la fin de ce mois de janvier), près de trente-deux albums auront été publiés, de la main d’auteurs confirmés et comme des poissons dans l’eau, pour décliner un univers bien plus foisonnant et évocateur que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Alors les Nains, les Elfes, les Orcs et les Gobelins usent-ils le genre, en pesant de tout leur poids, jusqu’à la corde ? Absolument pas. La preuve avec un coup d’oeil sur les deux dernières parutions et sur les prochains opus.


Orcs et gobelins, t.1 : des Walking dead de fantasy et une entraide pavée de mauvaises intentions

Résumé de l’éditeur : L’orc Turuk se réveille, sonné, blessé et amnésique. Il arpente les rues d’une cité abandonnée. À l’exception d’un mystérieux archer cherchant à l’épingler et de créatures craignant la lumière qui veulent le dévorer. Qui sont-elles ? Pourquoi cherche-t-on à le tuer ? Qu’est-il arrivé dans cette ville ? Et que fait-il ici ? Pourtant, Il ne faudrait pas s’éterniser, la nuit arrive et la mort avec…

 

 

 

 

© Jean-Luc Istin/ Diogo Saito

 

Quoi de mieux pour découvrir un nouvel univers, ou du moins d’un nouveau décor, de s’y réveiller en même temps qu’un personnage qui en a tout oublié. Alors, on admire le panorama qui dévoile un lopin de ville désertée et totalement encerclée par la mer. On progresse à son aise… enfin… au pas de course car, très vite, on se rend compte que s’il doit y avoir un seul vivant sur cette île, il ne vous veut pas que du bien, en témoignent ses flèches acérées qui tentent bien plus que de vous écorcher. Puis, il semble y avoir une présence bien plus nombreuse, des êtres qui n’ont plus toute leur tête mais qui ont les dents longues, très longues. Heureusement, Toruk n’a pas atterri seul sur cette terre immergée, deux de ses comparses sont tout autant en fâcheuse posture et ne seront pas de trop pour survivre plus vifs que morts.

 

 

 

 

© Jean-Luc Istin/ Diogo Saito chez Soleil

 

Pour ce lancement de nouvel arc narratif, c’est ni plus ni moins que l’incontournable et tout-terrain Jean-Luc Istin qui oeuvre au scénario pour y mettre plein de bonnes choses. Des genres déjà visités comme les morts-vivants (lui qui a adapté Romero) mais aussi un début comme Mémento et un labyrinthe semblable à celui de Minos et de son Minotaure (soigneusement remplacé par une créature tout aussi sanguinaire).

 

 

 

 

© Jean-Luc Istin/ Diogo Saito chez Soleil

 

Sous le trait plus comics de Diogo Saito (qui a oeuvré pour Marvel et ses Gardiens de la Galaxie, notamment, et a plus d’expérience en tant que coloriste), ce premier tome n’entend pas jouer la carte de la profondeur comme le fait Jarry avec les Nains mais ouvre la voie au pur divertissement. Cette fois encore, les bords de planches noirs sont légion et renforcent l’immersion dans ces pages où bientôt la trahison chassera l’union sacrée. C’est badass, amoral mais ça tient le haut du pavé jusqu’à nous procurer un intense sentiment de frustration à la fin… en attendant la suite ! Avec, en bonus, un aperçu de ce qui nous attend.

 

Alexis Seny

 

Série : Orcs et gobelins

Tome : 1 – Turuk

Scénario : Jean-Luc Istin

Dessin et couleurs : Diogo Saito

Genre : Heroic Fantasy

Éditeur : Soleil

Collection : Heroic Fantasy

Nbre de pages : 49 (+ 6 pages d’aperçu)

Prix : 15,50€



Publié le 09/01/2018.


Source : Bd-best


Une série idéale pour amener les novices dans l’Heroic-Fantasy  Marlysa 16 – L’emprise

« - Ce n’est un mystère pour personne : la maladie me ronge depuis plusieurs cycles et mes jours sont comptés ! Après ma disparition, Tolden devra élire son nouveau sage. Plusieurs personnes vont se présenter, mais deux risquent d’emporter le plus de suffrages… Le premier s’appelle Reidjal. Il est plutôt compétent et toujours à l’écoute de son prochain… Pour tout dire, c’est mon favori. Le second s’appelle Styneil. C’est un homme bourru et assez cassant… (…)

-          Qu’attendez-vous de moi au juste ?

-          Ton statut de fille adoptive de Tolden fait de toi la témoin la plus objective… Tu trouveras à l’intérieur de cet ouvrage tout ce qu’il faut savoir sur nos us et coutumes. En cas d’irrégularités, tu devras te saisir du conseil… »

 

C’est une bien lourde responsabilité que confie le Grand Sage à Marlysa : veiller à l’avenir du village de Tolden. La jeune femme masquée va se trouver au milieu d’un complot politique dont elle va être la première victime, accusée d’un meurtre qu’elle n’a pas commis.

 

 

 

 

 

© Gaudin, Danard - Soleil

 

 

            Série culte du catalogue Soleil, Marlysa, sans faire grand bruit, poursuit son bonhomme de chemin. Rassemblant tous les poncifs de l’heroic-fantasy, des barbares musclés aux guerrières aux gros nichons (ce terme pouvant paraître vulgaire étant employé ici à dessein), la série est idéale pour amener les jeunes lecteurs dans ce monde. Il n’y a ni sexe, ni vulgarité dans Marlysa. Ça fait penser aux livres dont vous êtes le héros qu’on lisait dans les années 80 chez Folio Junior. Le monde de Marlysa constitue un univers fantastique cohérent avec des personnages secondaires que l’on retrouve avec plaisir : Randin, fils impulsif et déterminé, qui n’a qu’une idée en-tête : retrouver son père Bragal, Stirius, sorte de varan fidèle et imposant, élément comique de l’histoire, Cilia, la fidèle amie, ou encore le petit peuple des Lods.

 

 

 

© Gaudin, Danard - Soleil

 

 

 

 

Seul petit point négatif, la couverture, pourtant dynamique et inquiétante, n’a pas grand-chose à voir avec l’histoire. C’est dommage.

 

            Deux albums sont parus quasi-simultanément chez deux éditeurs différents avec le même titre : L’emprise, à savoir le tome 5 d’Avant la Quête et ce seizième Marlysa. La comparaison s’arrête là. Si dans la Quête, l’emprise est hypnotique, dans Marlysa, elle est physique. Les victimes sont « envoutées » par les vêtements qu’elles portent.

 

            Après seize albums, Marlysa garde son masque mais continue à dévoiler ses charmes.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Marlysa

Tome : 16 – L’emprise

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Gaudin

Dessins : Danard

Couleurs : Odone

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 64

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302065000



Publié le 09/01/2018.


Source : Bd-best Laurent Lafourcade


Et Franquin créa Lagaffe : entretiens avec André Franquin, une ré-édition enrichie à venir en mars 2018

De février à mai 1985, à trois reprises et du Midi de la France jusqu'à Bruxelles, Numa Sadoul rencontrera André Franquin pour de longues conversations intimistes autour de la bande dessinée, de l'art et de la vie du dessinateur. De ces entretiens si particuliers, l'interviewer de Hergé publiera un livre, Et Franquin créa la gaffe, qui connut un succès tel à sa sortie, en 1986, qu'il fut très vite épuisé, mais jamais réimprimé. À l'occasion des 60 ans du célèbre personnage, c'est enfin chose faite.

"Et Franquin créa Lagaffe : entretiens avec André Franquin" n'est pourtant pas qu'une simple réédition. Celui qui enregistra ensuite Gotlib, Moebius ou encore Tardi et Uderzo, s'était de nouveau entretenu avec le père de Gaston Lagaffe à de nombreuses reprises jusqu'à la tragique disparition de l'auteur en 1997. Ces retrouvailles, longtemps restées inédites, viennent aujourd'hui enrichir ce volume qui, à la lumière d'une minutieuse et fidèle retranscription, découvre mille et cent facettes de l'illustre dessinateur. Un rendez-vous immanquable avec l'une des figures de proue de la bande dessinée franco-belge.

« Et Franquin créa Lagaffe : entretiens avec André Franquin » n'est pourtant pas qu'une simple réédition. Celui qui enregistra ensuite Gotlib, Moebius ou encore Tardi et Uderzo, s'était de nouveau entretenu avec le père de Gaston Lagaffe à de nombreuses reprises jusqu'à la tragique disparition de l'auteur en 1997. Ces retrouvailles, longtemps restées inédites, viennent aujourd'hui enrichir ce volume qui, à la lumière d'une minutieuse et fidèle retranscription, dévoile mille et cent facettes de l'illustre dessinateur. Un rendez-vous immanquable avec l'une des figures de proue de la bande dessinée franco-belge.

 

Prix : 48.00 EUR
format : 160 x 220
Album cartonné
676 pages en couleurs
EAN : 9782800161723
Sortie le 23 mars 2018

 



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best - Dupuis


Case à part : Arnest Ringard et Augraphie, vue par Ginette Latouille

« - Je viens payer mon loyer.

-          Ah ! Te voilà, toi ! Pas trop tôt… On est le 31. Vite ! File-moi ma pièce d’or !

-          Minute ! Vous devez me délivrer une quittance !

-          Une quittance !... A un rongeur ?

-          Un insectivore ! Et sans quittance, je ne paie pas. »

 

Une taupe qui paye un loyer à un être humain ?! Non, mais ça ne peut exister que dans les bande-dessinées un truc pareil ! Oups, excusez-moi, je ne me suis pas présentée… Désolée… Bonjour… Je m’appelle Ginette Latouille. Je suis une des seules héroïnes de BD qui n’ait jamais été dessinée. Arnest Ringard, célibataire endurci vivant dans son petit pavillon de banlieue, en pince pour moi. Telle l’Arlésienne de Daudet, je n’arrive jamais. Il le prendra tout seul son petit dîner aux chandelles sur la terrasse de son jardinet. Une fois, je lui ai envoyé une cassette avec le son de ma voix. Je ne sais pas pourquoi il l’a mal pris quand je lui racontais avoir rencontré sur la plage un beau maître-nageur au torse bronzé.

 

 

 

 

 

 

            Ce qui me rassure, c’est que ce brave Arnest ne vit pas complètement tout seul. En effet, la taupe Augraphie squatte le sous-sol de son jardin et détient un fabuleux trésor sur lequel le bourru bonhomme rêve de mettre la main. En attendant, ce pécule permet à la bestiole de verser ses émoluments au propriétaire des lieux.

 

            Les situations cocasses succèdent aux péripéties malignes dans lesquelles la taupe sortira très fréquemment victorieuse et Arnest Ringard fort couvent souillonné ! Tiens, voilà ici une contrepèterie comme celles, plutôt salaces, dont les scénaristes André Franquin et Yvan Delporte se sont délectés dans tous les titres des saynètes de la série. En voici quelques exemples, je vous laisse le loisir de les décoder :

 

-          Où Arnest Ringard se perd avec sa torche bien suspendue

-          Où Arnest Ringard émet des doutes sur la prune

-          Où Arnest Ringard se fait une cassette qui lui donne la voix branlante

-          Une bonne détection fait la joie errante

-          Où Arnest Ringard et la taupe constatent que les perturbations de nos masses nous rendront sourd

 

 

 

 

 

 

Vous avez tout trouvé ? Sinon, envoyez-moi un message à l’adresse : Ginette.Latouille@Taupmail.com, et si ça ne marche pas, mettez un petit commentaire en dessous de ce post.

Il paraît que chez Dupuis les dirigeants n’y ont vu que du feu pendant un bon bout de temps.

 

Dans l’histoire, le plus animal des deux n’est pas forcément celui que l’on croit. La taupe rend souvent chèvre le propriétaire des lieux. Si son coffret à cigare disparaît, il peut bien passer son temps à le chercher : Augraphie en a fait une boîte pour ranger ses quittances. S’il veut construire une piscine dans son jardin, la taupe le met en garde contre les mines, résidus de guerre, qui pourraient s’y trouver. Le seul objectif de la bête est de préserver son pécule et son habitat qu’elle ne fait qu’améliorer au fil du temps tandis que la demeure de Ringard, sombre maisonnette de banlieue morose, n’est pas un modèle de modernité.

 

Série étant passée anormalement inaperçue dans la carrière d’un géant comme Franquin, même s’il n’en est pas le dessinateur, ces démêlées se sont bonifiées en vieillissant. Et si le jeune lecteur d’une dizaine d’années a pu passer à côté dans le journal de Spirou, l’adulte qui le relit en découvre une saveur inédite.

 

 

 

 

 

 

            Les confrontations entre Arnest Ringard et Augraphie vécurent deux vies. Après la première, commencée en 1978 et conclue en 1981 par la publication d’un album dans la collection Carte Blanche, la série s’arrêta. En 1993, Frédéric Jannin reprit l’ensemble des planches et les redessina sous les conseils avisés de Franquin, puis, toujours avec Yvan Delporte, ils continuèrent et racontèrent de nouveaux déboires de Ringard et de sa taupe. Mais Dupuis ne republia pas d’album. Marsu Productions rendra tardivement justice à cette pépite dans une intégrale parue en 2006 reprenant les planches redessinées, les planches inédites et les annotations de Franquin sur les premiers jets de Jannin.

 

            Tiens, je viens de recevoir du courrier… Ah ? Une lettre d’Arnest Ringard ! Il m’invite à prendre un petit verre de Porto chez lui. Et si cette fois j’y allais ?

 

Laurent Lafourcade



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best


Viking un jour, viking toujours : la vie hilarante et poétique d’un guerrier…impitoyable  Hägar Dünor Intégrale 3 - 1976-1977

            « - Qu’y a-t-il ?

-          Hägar prend un bain !

-          Ouah ! Je n’ai pas vu l’année passer ! »

 

C’est un événement, le viking se lave. C’en est un autre, le troisième volume de l’intégrale de ses strips quotidiens vient de paraître.

 

            Allez, on le dit ? Hägar Dünor est la meilleure série de strips du monde. Tous ! Ils peuvent tous aller se rhabiller. A la garderie, les Peanuts ! Dans ta litière, Garfield ! Au fond de votre chambre, Calvin et Hobbes ! Le boss est là, c’est un viking et il s’appelle Hägar.

 

 

 

 

 

 

 

© Brown - Urban Comics

 

 

            Fainéant, menteur, misogyne, alcoolique, cet homme a tous les défauts mais on ne peut pas se passer de lui. Dirigeant d’une poigne de fer son équipage, il est loin de porter la culotte à la maison, où sa femme Hildegarde fait la loi. Elle a trois enfants à charge : sa fille Ingrid, son fils Homlet et son mari Hägar. Certes, Thorgal n’a pas ce genre de relations avec Aaricia, il n’est jamais chez lui.

Les situations les plus cocasses se succèdent, le plus souvent hilarantes, mais parfois aussi poétiques : en déplaçant un cadran solaire, Eddie le veinard et le docteur Zouk changent le jour en nuit. Et une terreur viking, fléau de l’Europe, ne peut pas terroriser les foules si de mignons petits animaux des bois se lovent contre lui.

 

 

 

 

© Brown - Urban Comics

 

 

 

            Dans une émouvante introduction, Chris Browne raconte les problèmes de vue de son père, les longues routes en voiture à travers l’Amérique. La motivation de la création aura été plus forte que tout et permettra à Dik de surmonter le mal. On sait que plus tard, son fils prendra les rênes de la série, mais pour l’instant le patriarche est encore au rendez-vous.

 

C’est déjà la fin du voyage pour cette intégrale des strips du viking le plus roublard du monde, dessinés par Dik Browne. Espérons vivement qu’elle sera complétée par l’intégrale des planches du dimanche, jadis publiées dans le journal de Mickey, puis plus tard par les strips signés par son fils.

 

Urban Comics, après ce merveilleux travail de réhabilitation pour Hägar Dünor, continuez à faire naviguer son drakkar en publiant le reste de ses aventures.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Hägar Dünor

Tome : Intégrale 3 - 1976-1977

Genre : Humour viking

Scénario & Dessins : Browne

Éditeur : Urban Comics

Nombre de pages : 256

Prix : 22,50 €

ISBN : 9791026810681



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best


En terres d’Arran, Elfes, Nains et désormais Orcs et Gobelins s’étripaillent joyeusement (ou pas) mais offrent un équilibre entre justesse et pur divertissement #1

Gold chantait les Îles d’Aran, la bande à Soleil a rajouté un « r » et décline depuis près de cinq ans les Terres d’Arran. Cinq ans dans le monde humain qui ont vu passer les décennies dans le monde des Elfes, des Nains et, désormais, des Orcs et des Gobelins. À la fin du mois de janvier (avec deux tomes attendus à la fin de ce mois de janvier), près de trente-deux albums auront été publiés, de la main d’auteurs confirmés et comme des poissons dans l’eau, pour décliner un univers bien plus foisonnant et évocateur que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Alors les Nains, les Elfes, les Orcs et les Gobelins usent-ils le genre, en pesant de tout leur poids, jusqu’à la corde ? Absolument pas. La preuve avec un coup d’oeil sur les deux dernières parutions et sur les prochains opus.

 
Nains 9, Dröh des Errants : l’art de la guerre… ou de ne pas la faire

 

 

 

 

 

© Jarry/Bordier

 

Résumé de l’éditeur : Dröh, le fils d’Oösram, a parcouru le monde afin d’apprendre le métier des armes, dans l’espoir de délivrer les Errants des ordres dominants. Mais quand il revient chez lui, sept ans plus tard, nul ne veut entendre parler de révolution. Le sang n’a que trop coulé. Il s’engage alors sur la construction d’une route traversant le pays des Vents. Le chantier avance mais l’hostilité des tribus Orcs grandit…

 

 

 

 

© Jarry/Bordier

 

C’est sur le registre du fils, pas forcément vu comme prodige, que Nicolas Jarry et Jean-Paul Bordier ramènent leur héros, Dröh avec son maigre baluchon et sa hache sur le dos chez les siens. S’il a vécu d’errance et d’une prétendue liberté, s’il s’est vu comme Muhammad Ali parfois, il a surtout forgé son caractère et son endurance combative afin de se mettre au service des siens et de les libérer de l’oppression… dont ils se sont plutôt bien accommodés durant l’absence de l’enfant terrible. De quoi mettre Dröh dans l’incompréhension puis la colère. Des baffes (et des coups de poing) s’échangent, des mots se perdent et Dröh quitte son pays natal aussi vite qu’il est revenu mais bientôt rattrapé par une guerre qui le dépasse et qui pourtant va lier son destin de nain à celui d’une… orc.

 

 

 

 

© Jarry/Bordier

 

Toujours volubile (et c’est normal puisqu’il se sert de cette série pour vider son sac et appuyer les valeurs qui lui tiennent à coeur dans le monde qui est le nôtre), Nicolas Jarry livre sans doute le tome le plus écrit jusqu’ici, comme si Zola ou Hugo s’étaient mis en tête de faire concurrence à Tolkien. Voilà donc un opus avec la peau et de la chair sur les os, que notre Dröh met tout son coeur à marquer de son fer et de ses saignées. Au-delà des mots (peut-être un peu trop présents ?), Jarry laisse toute latitude à Jean-Paul Bordier pour exprimer sa virtuosité guerrière dans des cases où ce n’est plus un souffle, mais une tornade épique qui ravage tout sur son passage, des plaines à cette sorte de Mont Ruschm-orc. Le terrain de jeu est ample et cultive les bords noirs, les ambiances et les gueules cassées.

 

 

 

 

© Jarry/Bordier

 

C’est donc le pacte de lecture divertissant et belliqueux complètement rempli que Nicolas Jarry lance sa charge humaniste, mettant dans la balance le poids de la liberté et celui de la guerre, la haine et l’amour de l’autre, si différent soit-il. L’osmose est parfaite entre ce graphisme qui envoie le pâté et le texte qui, une nouvelle fois, cultive la finesse et un peu d’espoir. Pourvu que les torrents du ciel qui tombent sur Arran fassent office de pavé dans nos mares.

 

Alexis Seny

 

Série : Nains

Tome : 9 – Dröh des errants

Scénario : Nicolas Jarry

Dessin : Jean-Paul Bordier

Couleurs : Digikore Studios

Genre : Fantasy, Guerre

Éditeur : Soleil

Collection : Heroic Fantasy

Nbre de pages : 56

Prix : 15,50€



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best


Le duo Kerascoët vogue dans un univers lugubre avec grâce.  Jolies ténèbres

« - Bonjour, Aurore ! Comment se passe la cueillette ?

-          Euh, ça va… Et votre chasse ?

-          Elle se déroule à merveille ! Certes, il faut être patients… Cerfs et sangliers sont des animaux vifs et malins qui ne se laissent pas approcher facilement. Mais faites-moi confiance –chomp chomp- nous mangerons bientôt tous un excellent gigot !

-          Je n’en doute pas une seule seconde !

-          Aurore, je voulais vous dire… Nous n’avons pas eu l’occasion de nous voir autant que je l’aurais voulu ces derniers jours… Mais à chaque instant, je n’ai que vous en tête !... Même au plus chaud de notre chasse effrénée, mes pensées volent vers vous !! »

 

            Une belle histoire d’amour entre un prince et une princesse s’écrit dans la forêt. Animaux merveilleux et sentiments mielleux vont écrire devant nos yeux un conte à l’eau de rose…ou pas. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est à une tragédie dramatique que les auteurs nous invitent.

 

 

 

 

© Vehlmann, Pommepuy,  Kerascoët - Dupuis

 

 

            Huit ans après sa première publication, Jolies ténèbres, initialement paru hors collection, intègre la prestigieuse galaxie Aire Libre de chez Dupuis. Et ce n’est que justice pour cette histoire délicieusement morbide.

 

            Que les amateurs de Vehlmann ne soient pas surpris, cet album n’a rien à voir avec le reste de sa production. Quoi que… le thème principal en soit la mort, comme dans Seuls.

 

            Aux côtés et à l’intérieur du corps d’une petite fille gisant morte apparemment depuis plusieurs jours dans la forêt, de mignons (en apparence) petits personnages gravitent, vivent leur vie, dans une ambiance doucereuse et cruelle. On ne saura jamais comment cette gamine s’est retrouvée dans cette situation. Mais qu’importe. Là n’est pas le sujet.

 

            Au milieu de la nature, on suit le quotidien sans concessions de ces minuscules êtres imaginaires. Si l’un d’entre eux arrache la patte d’une coccinelle pour s’en faire une baguette, un autre n’hésite pas à gober l’une de ses camarades de jeu. Si l’un coupe les ailes d’un oiseau avec une paire de ciseaux, l’autre se délecte et se régale des vers qui se forment dans le corps abandonné. Mais la nature et les animaux montrent aussi leur sauvagerie. Un personnage se fera engloutir par un crapaud tandis qu’un autre se verra happé par une colonie de fourmi. Mais chez tous ces petits bonshommes, la mort fait tellement partie de la vie qu’elle est naturelle. La disparition de l’un d’entre eux ne les affecte nullement. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à faire attention.

 

 

 

© Vehlmann, Pommepuy,  Kerascoët - Dupuis

 

 

            Au milieu d’entre eux, la jolie Aurore, qui a volé son patronyme à la petite fille décédée, évolue dans ce monde malsain et étonnamment presque fascinant. Spectatrice tout au long de l’histoire, elle sera l’actrice d’un final…définitif.

 

            Le duo Kerascoët vogue dans cet univers lugubre avec grâce. Les personnages mignons et rondouillards vivent dans des décors proches du réalisme. Les lutins sont dessinés rapidement, esquissés presque, comme va leur vie.

 

 

 

© Vehlmann, Pommepuy,  Kerascoët - Dupuis

 

 

            Le couple de dessinateur donne au deux personnages humains (la petite fille décédée et l’homme de la forêt) des apparences réelles, contrebalançant avec l’imaginaire du monde minuscule.

            Avec cette réédition, ils passent d’une couverture bleue nuit, dans laquelle Aurore se fond devant le visage de la fillette dont on peut supposer qu’elle dort, à une couverture vert jardin mettant la princesse en évidence à côté de la main de ce que l’on suppose déjà être un cadavre. Cette nouvelle version est agrémentée de magnifiques illustrations pleine page.

 

            « - Ne t’inquiète pas. Je te promets qu’il ne t’arrivera plus rien de grave, maintenant. Je fais de mon mieux pour que les choses redeviennent comme avant, tu me crois ? »

 

            Si Tim Burton était invité chez les Minimoys, ça donnerait quelque chose de proche de cet oxymore, semblable à ces Jolies ténèbres.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Jolies ténèbres

Genre : Fantastique/ésotérique

Scénario : Vehlmann & Pommepuy

Dessins & Couleurs : Kerascoët

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 112

Prix : 24 €

ISBN : 9782800174587



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best


Nils 2 : bien sûr quon peut raconter une histoire aux enfants sans occulter l’obscurité et le désespoir et en excellant !

Souvent, quand on lit un premier tome qui nous scotche complètement, on n’a qu’une seule crainte : que la suite ébranle la bonne impression. Avec la première partie de Nils, on était restés la tête dans les étoiles (un brin amères, quand même), sur le cul de découvrir un propos tellement contemporain et pourtant emmené de jolie manière dans un monde de fantasy nourri (et pourri) par des influences multiples et sublimées. Le deuxième tome, Cyan, est arrivé, on n’est pas redescendus de notre nuage. Entre nous, il a même gagné en altitude, mettant la barre un peu plus haut.
Couverture de l’édition Canal BD



Résumé de l’éditeur : Selon de vieilles légendes, il existerait un monde au-delà de la matière. Un monde constitué d’êtres lumineux – les élémentaires, sans lesquels cette matière resterait inerte. Ainsi, quand les territoires du Nord, jadis fertiles et florissants, se muent en terres arides où plus rien ne pousse, ces légendes ressurgissent. Jeune garçon dans la fleur de l’âge, Nils, accompagné de son père, se lance dans une longue quête afin d’élucider ce mystère. Il doit, à présent, trouver Yggdrasil, l’arbre de vie qui fait le lien entre les neuf mondes et libérer les élémentaires. De son côté, Alba doit se rendre au royaume de Cyan afin de se confronter à l’ennemi…

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Avant toute chose, on est restés quelques minutes à fixer la superbe couverture réalisée par Antoine Carrion, subjugués par sa beauté, tentant de percer ses mystères. De prime abord, ça commence donc plutôt bien. Le plaisir est prolongé sur la double-page de titre où l’insouciance d’une nymphe contraste avec un décor bien glauque. Puis, vient le temps de se réengager dans l’aventure, celle d’Arun et Nils sur ce lac gelé et montagneux (si, si vous verrez), celle d’Alba et consorts dans des forêts naturelles puis urbaines, aussi. Le premier groupe atteint Yggdrasil tandis que l’autre arrive peu à peu, mais tout en se cachant de créatures steampunk malveillantes, de Cyan.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Une ville qui porte mal son nom tant elle est passée du bleu au gris et tant ceux qui y règnent sont loin d’être… scients. Ils pourraient être des magnats du pétrole, mais ici c’est l’ethernum qui est convoitée. Une source d’énergie qui rend invulnérable mais qui, ôtée de son biotope, cause aussi la mort de tout un petit monde. Le dilemme ne se pose même pas et les puissants, trop contents de leur invulnérabilité, préfèrent crâmer le monde plutôt que renoncer aux propriétés affolantes de l’éthernum. Ce, pendant que quelques déesses, aussi aidantes que ne reculant devant aucun sacrifice, tentent de guider nos jeunes héros dans ce monde au bord du chaos.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

De la mythologie à nos jours en conviant des références culturelles très diverses, Jérôme Hamon et Antoine Carrion font de la haute et élégante couture pour que cette oeuvre, importante, ne ressemble pas à un patchwork mal fichu mais ait la puissance et l’intensité de ses ambitions. Et le duo est assez cruel (ou plutôt… réaliste ?) que pour faire souffrir, voire disparaître, certains de ses personnages, faire peser de tout leur poids les notions de vie et de mort, et ainsi brouiller les pistes quant à l’hypothétique apothéose de cette histoire, cette symphonie aussi éclairante que lugubre.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Comme le faisait le Petit Prince, et dans une vague d’auteurs désormais conscients qu’on peut raconter une histoire aux enfants sans occulter l’obscurité et le désespoir, Hamon et Carrion livrent une suite remarquable à tous les points de vue, animée (c’est le mot tant le graphisme de Carrion semble en mouvement) par l’envie de changer les choses, même depuis le monde merveilleux et infernal les plus éloigné de notre bonne vieille terre.

 

Série: Nils

Tome: 2 – Cyan

Scénario: Jérôme Hamon

Dessin et couleurs: Antoine Carrion

Genre: Fantastique, Conte

Éditeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Nbre de pages: 56 (+ cahier graphique de 6 pages)

Prix: 15,50€



Publié le 05/01/2018.


Source : Bd-best - Alexis Seny


Toutes les couvertures des recueils du journal Spirou par Franquin

            « - C’est lui !

-          Nous nous retrouverons, Champignac !

-          Il a avalé mon transistor miniature !

-          Au secours !

-          Je l’entends bien, moi… J’ai un bruit… »

 

Ah, quels délices que ces phrases extraites des plus belles aventures de Spirou et Fantasio. Ces plus belles aventures de Spirou et Fantasio sont celles signées André Franquin, le meilleur dessinateur du monde. Ce que l’on sait moins, c’est que pendant plus de trente ans, de 1945 à 1967, le dit André Franquin a réalisé des dessins originaux pour les couvertures des recueils du formidable journal de Spirou, ami, partout, toujours.

 

A compter du seizième recueil regroupant les invendus du journal, sauf exception, le maître Jijé passa la main à son disciple Franquin pour réaliser les illustrations inédites de couverture. Dans un premier temps dans les chaussons de son maître, Franquin dessina des compositions regroupant les héros du journal autour du groom. Très vite, il s’affranchit de la recette en extrayant des scènes tirées des aventures de son fils adoptif Spirou. Ainsi naîtront quelques-unes des plus belles images de la bande-dessinée franco-belge. L’ouvrage ici présent leur rend hommage, mettant le plus souvent possible en vis-à-vis les couvertures en couleurs des recueils avec le dessin original en noir et blanc, ainsi que parfois quelques bleus de coloriage.

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

 

Notons la présence d’une rareté avec la couverture de l’album 80, magnifique dessin représentant Benoît Brisefer bondissant par-dessus les toits de Vivejoie-la-Grande. Ce personnage de Peyo prend ici vie sous la plume de Franquin. On apprend dans l’introduction que le petit garçon à la force herculéenne a été créé en commun par ces auteurs lors d’une séance de brainstorming.

 

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

Par ailleurs, deux pages « bonus » compilent les couvertures de Rob-Vel et de Jijé. La page de titre, quant à elle, reproduit toutes les typographies ayant servi à écrire le nom de l’éditeur « Dupuis » des origines à nos jours.

 

            Lorsque Franquin cessa cet exercice de style, les recueils reprirent en couverture la une de l’un des magazines compris à l’intérieur. Quel dommage. Espérons que la publication de ce beau livre donnera aux éditions Dupuis l’idée de reproduire la recette, pourquoi pas avec divers auteurs, mais en utilisant des dessins inédits, pour les compilations du journal Spirou à venir.

 

            Eviv Uorips !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Toutes les couvertures des recueils du journal Spirou par Franquin

Collection : Dupuis Patrimoine

Genre : Beau livre

Dessins : Franquin

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 172

Prix : 30 €

ISBN : 9782800165783



Publié le 05/01/2018.


Source : Bd-best


coup de coeur : Le Suaire par  Gerard Mordillat,  Jerome Prieur  &  Eric Liberge

Champagne, février 1357. Henri, évêque de Troyes, chevauche vers le lazaret de Lirey, pour tenter de convaincre sa cousine Lucie, dont il est amoureux, de renoncer à ses vœux religieux. Dans la chapelle où ils sont réunis, les moines font cet amer constat : les caisses sont vides, et les travaux de l’abbatiale, qui doit accueillir un morceau de la Vraie Croix, seront bientôt arrêtés, faute de moyens… « Nous avons fait le serment de bâtir une abbatiale qui accueillera la relique, et nous serons fidèles à notre parole, quoi qu’il en coûte », s’exclame Thomas, le prieur de la communauté. Les ressorts de la tragédie, tant amoureuse que religieuse, sont désormais en mouvement…

Pour débuter cette année 2018, les Éditions Futuropolis nous proposent le premier volume d’un triptyque consacré au suaire de Turin. Le récit, partagé en trois volumes, va entraîner les lecteurs sur plusieurs siècles, dans plusieurs pays, dans des milieux très différents. D’abord en France, dans la campagne de Troyes au XIVe siècle, ensuite en Italie, à Turin, au XIXe siècle, dans la grande bourgeoisie, et pour terminer en Espagne, dans le désert de la Sierra Nevada au XXIe siècle. Les trois personnages principaux traversent le temps et l’espace au sein d’une même histoire. L’histoire des trois protagonistes (Lucie, Thomas et Henri) est celle d’une passion amoureuse dont le suaire dit « de Turin » est à la fois l’enjeu et l’emblème. La rivalité des deux hommes pour la conquête de la jeune femme joue dans l’intimité ce qui se joue en public pour la conquête du suaire. Mais qu’est-ce que le suaire ? Une authentique relique de la passion de Jésus ou une habile forgerie moyenâgeuse peinte au tampon.

 

 

 

 

 


Le scénario de cette histoire confié à Gérard Mordillat & Jérôme Prieur (réalisateurs des documentaires Corpus Christi, l’origine du christianisme, l’Apocalypse, Jésus et l’Islam) est richement documenté et parfaitement bien ficelé. Les deux acolytes nous délivrent une histoire d’amour impossible entre les différents protagonistes.

Le premier tome se déroule en Champagne (février 1357). Dans le but de récolter des fonds pour poursuivre les travaux de l’abbatiale, un ecclésiastique (Thomas, prieur de la communauté) va créer avec l’aide contrainte d’une jeune religieuse (Lucie) un faux suaire. Son cousin (Henri), qui est également évêque de Troyes, va tenter de convaincre Lucie de renoncer à ses vœux religieux.   

 

 

 

 

Côté dessin, Eric Liberge, en charge des représentations effectuées en noir et blanc, est certainement la personne la plus apte à transmettre les émotions vécues par chacun des personnages. Grace à son approche graphique, il nous plonge dans des superbes paysages enneigés. Veillant particulièrement aux divers détails, il nous délivre des personnages particulièrement bien typés.
NB : Le suaire de Turin est un drap de lin jauni d’une longueur de 4,42 mètres sur 1,13 mètre de largeur. Il  montre l'image d'un homme présentant les traces de blessures compatibles avec un crucifiement. La première mention documentée de ce drap provient de Lirey, en Champagne, en 1357. L'autorité ecclésiastique du lieu, l'évêque de Troyes, y interdit l'ostension de l'objet. Cet évêque a mené son enquête sur le linceul et en a conclu qu'il s'agissait d'un faux. En 1988, la datation par le carbone 14 démontre sans ambiguïté l'origine médiévale du suaire, qui ne peut donc pas être considéré comme une relique authentique. Dès leur publication, ces résultats sont acceptés par le pape Jean-Paul II. L'Église catholique, propriétaire du linceul depuis 1983, ne s'est jamais prononcée officiellement sur son authenticité.



Publié le 05/01/2018.


Source : Bd-best Alain Haubruge


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