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Un excellent nouveau cru Trondheim.  Les nouvelles aventures de Lapinot 4 - Un peu d’amour

 

« - Merci. Si jamais vous avez des vieux romans, je veux bien aussi… Ils ne me laissent rien emprunter à la bibliothèque.

- Ah bon ? Faites-moi une liste et je les emprunterai pour vous. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                En donnant une pièce à un S.D.F. dans la rue, Lapinot ne pouvait pas se douter que sa vie allait s’en trouver toute chamboulée. Notre héros du quotidien va se trouver embringué dans une spirale dont il ne pourra pas sortir. Lapinot va emprunter des livres pour lui à la bibliothèque. La jolie bibliothécaire ne va pas rester indifférente à l’esprit, ni au mauvais esprit de ce lapin lecteur qui n’est pas celui qu’elle croît. Et quand le S.D.F. en question va se mettre à l’écriture, les choses vont prendre des proportions inattendues.

 

 

 

 

© Trondheim, Findlaky, Chabosy - L’association

 

 

                Il en va des albums de Trondheim comme du bon vin. Il y a des bons crus (Approximativement), des crus corrects (Mildiou) et des excellents crus. Un peu d’amour se range sans conteste dans cette dernière catégorie. Comment, après tant d’albums, peut-on encore surprendre ? Comment arrive-ton à embringuer le lecteur dans une histoire originale drôle et émouvante ? Tout simplement en se remettant sans cesse en question. Des fois ça marche, parfois ça casse, d’autres fois encore ça dépasse les espérances. C’est ce qui arrive ici.

 

 

 

 

© Trondheim, Findlaky, Chabosy - L’association

 

 

                Découpé sous forme de strips à chute, le récit adopte une forme de narration qu’il n’a pas dû être aisé à gérer pour son auteur. Trondheim, dans un défi Oubapesque (Ouvroir de bande dessinée potentielle), reste fluide et cohérent. Les strips alternent en faisant avancer le récit. Lapinot, en acteur candide, subit plus qu’il n’agit. Des amis, des amours, des emmerdes, un vaste programme l’attend. Richard, dont le rôle est ici prépondérant, apporte une dimension drôlissime. Les dialogues sont au cordeau. Lewis adopte la méthode Francis Weber, pesant chaque mot pour aboutir au texte parfait et percutant. Il n’en oublie pas moins les interludes poétiques, dans des strips souvent muets, qui sous prétexte de ne rien dire en disent long.

 

 

 

 

© Trondheim, Findlaky, Chabosy - L’association

 

 

                Depuis le retour de Lapinot dans ses nouvelles aventures, ce quatrième opus est de loin le meilleur. La série est incontestablement devenue un classique de la BD franco-belge. Lewis Tronheim n’offre peut-être ici qu’ « un peu d’amour » mais avec tant de talent que cet album en est incontournable.

 

               

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les nouvelles aventures de Lapinot

 

Tome : 4 - Un peu d’amour 

 

Genre : Chronique du temps présent

 

Scénario & Dessins : Lewis Trondheim 

 

Couleurs : Brigitte Findlaky, Pierre Chabosy & Lewis Trondheim

 

Éditeur : L’association

 

Collection : 48 cc

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 13 €

 

ISBN : 9782844147912

 



Publié le 20/09/2020.


Source : Bd-best


Pagnol, une puissance qui ne lasse jamais.  Marcel Pagnol - Manon des sources 1ère partie

« - Qui c’est qui t’a donné l’idée de faire ces fleurs ?

- C’est au service, à Antibes. J’ai vu des paysans qui en faisaient… J’ai un peu regardé et j’ai pensé qu’ici ça viendrait bien…

- Les œillets, ça vient bien partout, à condition qu’il ne gèle pas…

- Et surtout, il faut beaucoup d’eau… De l’eau à volonté… Lui, il a la chance d’avoir retrouvé la source.

- Celle que le pauvre bossu a tant cherchée. Moi, je l’ai vu avec sa baguette… Il avait l’air mystérieux comme un sorcier…  - Et il est passé à côté... »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Il en a de la chance, Ugolin, d’avoir trouvé une source dans le domaine qu’il a racheté à la veuve de Jean de Florette, ce pauvre bossu qui s’est tué d’épuisement à force de tenter d’exploiter un terrain aride. Il en a de la chance, Ugolin, grâce à cette source miraculeuse, il peut arroser sa plantation d’œillets. Sauf que cette source qu’il a déniché, c’est son Papet et lui qui l’avaient camouflée pour décourager le bossu. Ça fait maintenant dix ans que le pauvre homme est mort. Ugolin vend ses magnifiques œillets qui n’ont jamais soif. Il est temps pour lui à présent de se marier. Il n’a d’yeux que pour la jolie jeune fille des collines, Manon, qui n’est autre que la fille du bossu.

 

 

 


© Scotto, Stoffel, Galland, Guillé - Bamboo

 

 

                Les éditions Bamboo poursuivent leur intégrale en bande dessinée de l’œuvre de Marcel Pagnol. Même si les deux parties de L’eau des collines, Jean de Florette et Manon des sources, avaient été magistralement adaptées par Jacques Ferrandez chez Casterman-La Treille en 1997, Bamboo ne pouvait pas passer à côté. Alors, pour se démarquer de celle-ci, il fallait faire plus. Le  seul moyen de faire plus était de laisser plus de place. Serge Scotto et Eric Stoffel étalent leur diptyque sur quatre albums au lieu de deux, ce qui leur permet de coller d’encore plus près au texte et aux dialogues de Pagnol.

 

 

 


© Scotto, Stoffel, Galland, Guillé - Bamboo

 

 

                Graphiquement, le trait de Christelle Galland est plus sage que celui de Ferrandez, presque pas assez poussiéreux parfois. Pourtant, sur certains points, elle se rapproche plus finement des descriptions de Pagnol, quand par exemple Ugolin met de beaux habits. La chance d’une telle pagination lui permet de mettre en valeur les paysages provençaux. Des scènes cruciales prennent toute  la place nécessaire comme celle où Ugolin, enfermé dans sa maison, avoue au Papet de qui il est tombé amoureux :  alors que Ferrandez devait resserrer sur deux planches, Galland en prend cinq, sans lasser, grâce à une diversité de cadrages et de points de vue.

                Voici quelques comparatifs :

 

 

 

 

 


© Ferrandez - Casterman/La Treille
© Scotto, Stoffel, Galland, Guillé - Bamboo

 

                La postface raconte que, contrairement à la « tradition », le film Manon des sources a précédé l’écriture du livre par Marcel Pagnol. L’écrivain-cinéaste a d’abord réalisé Manon des sources et Ugolin, avant d’écrire un pré-quel : Jean de Florette, puis l’adaptation littéraire Manon des Sources, l’ensemble formant L’eau des collines. Sa femme, Jacqueline Bouvier, tenait le rôle principal.

 

 

 

 

© Scotto, Stoffel, Galland, Guillé - Bamboo

 

 

                De la même façon que l’adaptation cinématographique de Claude Berri dans les années 80 apportait une autre dimension aux films d’origine de Pagnol, cette adaptation BD apporte une autre dimension à la bande dessinée de Ferrandez. Dans un cas comme dans l’autre,  l’une n’efface pas l’autre, ne la remplace pas, mais la « complémente » et lui permet d’acquérir un nouveau public dans le plus grand respect de l’immense Marcel Pagnol et de son œuvre.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Marcel Pagnol 

 

Titre : Manon des sources 1ère partie

 

Genre : Chronique provençale 

 

Scénario : Serge Scotto & Eric Stoffel 

 

Dessins : Christelle Galland 

 

Couleurs : Yoann Guillé 

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Nombre de pages : 72

 

Prix : 16,90 €

 

ISBN : 9782818974797

 



Publié le 20/09/2020.


Source : Bd-best


Les Licteurs : une saga sur fond de mythologies

Cette aventure-diptyque est sortie aux Éditions Glénat en Juillet 2020 et j'ai profité de mes derniers jours de congés fin Août  pour la relire. 
Je ne pouvais pas faire une chronique après une première lecture.
Avant de réaliser cette chronique, j'ai dû me replonger dans mes manuels d'histoire afin de replacer certains éléments et événements du monde et de la société Romaine pour mieux apprécier l'excellent  travail d'Olivier RICHARD, le scénariste et surtout du dessinateur Yang WEILIN.

 


 

 

 

 

 

Aussi afin de mieux vous présenter cette superbe saga.
Tout d'abord, un petit rappel historique.

Les Licteurs trouvent leur origine dans la Rome Royale avec une ascendance certifiée par les dernières découvertes en Italie en 2019 sur leur origine Étrusque. Ils possèdent l'Impérium, c'est à dire le pouvoir de contraindre et de punir.

A la fin de la République Romaine, les licteurs sont remplacés dans leur rôle de protection par une garde militaire qui préfigure la garde Prétorienne.
L'action se situe au troisième siècle après JC, soit mille ans après la création de Rome.
C'est là que l'histoire commence.

 

 

 

 

Les Licteurs ne sont pas remplacés ici mais sont devenus la force spéciale armée de Rome. 
L'empereur ambitieux et paranoïaque en place, qui a toutes les apparences d'un Néron, se nomme Héliogabale, empereur qui a bien  existé (vers 203-222 après JC). 
Ce dernier est considéré par le théoricien Antonin Artaud (théoricien et écrivain du début du 20ème siècle) comme un anarchiste couronné et qui a marqué l'Empire romain comme le plus décadent. 
Héliogabale subit une tentative d'assassinat et il ordonne aux Licteurs de partir à la recherche du fauteur de troubles et de ramener les reliques de la secte auquel il appartient : le grand Dieu Pan.  

 

 

 

 

Au fil de cette aventure ésotérique, nous croisons de belles références mythologiques. Tel que l'arbre de Vie des Celtes. L'arbre de vie que les Licteurs décapitent. 
Abattre l'arbre de Vie, c'est abattre Dieu et donc le vaincre.

Nous voyageons,et nous explorons grâce aux Licteurs tant de mondes tel que ceux Jason et les Argonautes.
C'est un récit vraiment haletant. 

Le petit plus que j'aime beaucoup : le Mémento sur la disparition des Oracles par PLUTARQUE (46 à 125 ap JC)

Bravo et encore un grand merci d'avoir sorti en même temps les deux tomes de ce péplum (en tout honneur) qui fourmille d'informations  sur les mondes et mythologies antiques.

Jean Brenot



Série : Les Licteurs

Tome : 1 & 2

Genre : Fantastique, ésotérisme, action et aventures

Scénario : Olivier Richard

Dessins : Yang WeiLin

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Prix : 13.90 €

ISBN :  9782344002285 et 9782344027332



Publié le 18/09/2020.


Source : Bd-best


Politique-fiction aquatique.  Mutations 2 – Episode 2

«  - Je te signale que tu n’es pas ma mère, seulement ma belle-mère, et le seul héritier d’Algapower ici, c’est moi, Paul Dorrington Junior !!

- Ne sois pas ridicule ! Je te rappelle que c’est moi qui me suis occupée de toi alors que tu n’étais qu’un teenager boutonneux !! A défaut de ta gratitude, dont je n’ai d’ailleurs que faire, j’exige un minimum de respect !! Et puis n’oublie pas : je possède des actions dans la compagnie. Sans elles, tu n’as pas la majorité.

- Vanessa, cessons de nous disputer. S’il te plaît ! Réfléchis : pourquoi mettre en danger Algapower en nous lançant dans des projets délirants !!

- Si ton père a fait d’Algapower une compagnie aussi puissante, c’est dans un seul but : reconquérir les Etats-Unis et rendre le pouvoir aux blancs ! »

 

 

 

 

 

 

 

                A Rio, Paul Dorrington Junior est à la tête d’Algapower, puissante société scientifique spécialisées dans les mutations génétiques. Mais s’il en occupe le poste principal, sa belle-mère Vanessa en tire les ficelles. Grâce à un partenariat avec l’organisation clandestine de l’Armée Blanche, le pouvoir financier s’allie au pouvoir militaire. Alors qu’Algapower était rentrée dans les rangs après la destruction de ses laboratoires clandestins, l’Armée blanche, groupe extrémiste, utilise des moyens douteux, comme aider les cétacés mutants. De leurs côtés, l’une au Brésil, l’autre au Mozambique, Romane et Brahim mènent l’enquête pour le compte de l’ONU. Et cela va les mener jusqu’en Tanzanie.

 

 

 

 

© Simon, Simon, Léo, Jamar - Dargaud

 

 

                Uchronie de politique-fiction écologique, Mutations ravira les aficionados de Léo. L’auteur d’Aldébaran reste dans ses chaussons pour cette suite indépendante de Mermaid Project. Ici co-scénariste avec Corine Jamar, l’auteur nous plonge dans un futur où des tensions raciales sont persistantes. Le pouvoir mondial entre noirs et blancs s’est inversé par rapport aux siècles passés. Les hommes n’ont manifestement jamais compris l’intérêt d’une unité et persistent dans des oppositions inutiles. Au milieu de tout cela, les animaux mutent et les terroristes profitent de la situation pour accentuer les zizanies. Léo et Jamar tirent le signal d’alarme et envoient un message de rassemblement nécessaire à la survie de la planète.

 

 

 

 

© Simon, Simon, Léo, Jamar - Dargaud

 

 

                Le point faible du premier épisode résidait en des dialogues trop longs ou parfois simplets. De gros progrès ont été faits pour améliorer ce handicap. Encore un petit effort et on sera bon.

 

                Fred Simon a la ligne claire d’un Hergé moderne. Aussi à l’aise dans la nature que dans les décors urbains qu’il soigne avec finesse, le dessinateur fait un presque sans faute. On ne comprend juste pas pourquoi la petite sirène a un tee-shirt. La scène de la base secrète rappelle les meilleures planches de Blake et Mortimer. On les verrait bien y apparaître dans l’ambiance de cette histoire qui a, mine de rien, des accents jacobsiens.

 

                Les couleurs de Jean-Luc Simon restent classiques mais n’hésitent pas à s’aventurer dans des aurores somptueuses dépaysantes.

 

 

 

 

© Simon, Simon, Léo, Jamar - Dargaud

 

 

                Romane et Brahim n’ont pas terminé de traîner leurs guêtres aux quatre coins de la planète. L’ONU a besoin d’eux ce qui promet encore de grandes aventures.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Mutations

 

Tome : 2 – Episode 2

 

Genre : Aventure futuriste ecologique 

 

Scénario : Léo & Corine Jamar 

 

Dessins : Fred Simon 

 

Couleurs : J-L.Simon 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 64 

 

Prix : 15 €

 

ISBN : 9782205079616

 



Publié le 17/09/2020.


Source : Bd-best


Les naufragés du 747 ont traversé le temps.  Frnck 7 - Prisonniers

« - L’avion traverse une zone de turbulences, merci de regagner vos places et d’attacher vos ceintures…

- On va tous mourir ! On va tous mourir !

- L’homme que vous avez tué était aux commandes de l’avion ?!? Mais vous êtes complètement idiot !

- C’est pas moi, je vous jure !

- Ouais, c’est ça…

- On est où ? C’est quoi ce volcan ?

- La volcan de Haltefou. On a bien dérivé avec vos… »

POP 

 

 

 

 

 

 

 

                On avait laissé Frnck arrivant dans une tribu réfugiée dans un camp où une carlingue d’avion trônait à l’entrée. On démarre cet épisode avec une tentative de détournement d’avion qui se passe mal jusqu’à ce que le Boeing disparaisse dans les limbes de l’espace-temps. Sept mois après le crash, une survivante donne naissance à une jolie petite fille. Elle s’appellera Kenza et sera l’espoir que toute la petite communauté attend, et surtout Tonton Isaac qui se prend pour Rafiki brandissant Simba.

 

 

 

 

© Cossu, Bocquet, Guillo - Dupuis

 

 

                Frnck est déjà de retour. La série a un rythme de parution exemplaire. Deux albums par an est un bon compromis qui permet d’assurer une qualité certaine et un délai raisonnable à mi-chemin entre celui du manga et du franco-belge traditionnel. Comme dans l’épisode précédent, on est plongé dans un endroit et une époque inhabituels dès le départ, en l’occurrence ici dans un avion en vol. On va donc en savoir rapidement plus sur cet avion que l’on a découvert en dernière case de Dinosaures.

 

 

 

 

© Cossu, Bocquet, Guillo - Dupuis

 

 

                On a déjà tout dit dans ces colonnes sur Bocquet et Cossu. Quand l’un des meilleurs dessinateurs de sa génération s’associe avec un scénariste talentueux et somme toute assez rare, le résultat est excellent. Frnck est de ces séries intergénérationnelles tous publics. On est vraiment dans le 7 à 77 ans. C’est aventureux. C’est drôle. Ce n’est jamais mièvre. Le suspense est bien présent et l’action haletante.

 

 

 

 

© Cossu, Bocquet, Guillo - Dupuis

 

 

                Depuis le départ, les albums se succèdent au rythme de deux par an. Les auteurs évitent la lassitude en proposant depuis deux albums de nouvelles ambiances. Les seventies de la première moitié du tome 6 surprenaient. Ici, on passe un grand moment dans l’avion, plus que dans un album de Natacha. A côté de ça, Cossu et Bocquet distillent les indices permettant de relier les divers morceaux du puzzle. Ils referment, mais pas complètement, certaines portes tout en en ouvrant de nouvelles. Intriguant et malin.

 

                Prisonniers, nous le sommes, mais de la série Frnck et sommes consentants.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Frnck

 

Tome : 7 - Prisonniers 

 

Genre : Aventure préhistorique 

 

Scénario : Bocquet 

 

Dessins : Cossu 

 

Couleurs : Guillo 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9791034749072

 



Publié le 16/09/2020.


Source : Bd-best


Autre chose qu’une ombre sur la piste...  Ghost Kid

« - Ben mon gars, ça c’est de la lettre ! T’en reçois pas souvent, mais c’est pas plus mal…

- Anna Saint James… Si je m’attendais à ça… La plus jolie fille de San Antonio !...

- Et tu l’as laissée comme un idiot ?! Avec un polichinelle dans le tiroir en plus ! Ben mon cochon… Si cette pauvre femme savait qu’elle a écrit à un ivrogne…

- Rentrons à la cabane, vieux râleur. Tu as sûrement encore plus soif que moi ! Je viens d’apprendre que j’avais une fille, rentrons fêter ça…

- Il va surtout falloir que tu la retrouves ! Tu connais un peu le Mexique ?... Il y fait encore plus soif que par ici, à ce qu’il paraît. »

 

 

 

 

 

 

 

                1895. En plein hiver, dans le Dakota du Nord, le vieux Mc Dougall vient rendre visite à son vieil ami et collègue Ambrosius Morgan dans sa cabane isolée en lisière de forêt. Il lui porte une lettre arrivée pour lui au ranch. Elle vient d’Arizona. Elle est signée d’une de ses anciennes compagnes, Anna Saint James, qui lui apprend qu’il est le père d’une jeune fille, nouvellement mariée, et qui a disparu aux abords de la frontière mexicaine. Il n’en fallait pas moins pour décider cet ours d’Ambrosius à quitter son chalet pour partir à la recherche de cette jeune femme dont il ignorait l’existence. Il est accompagné dans sa quête par un jeune indien, qu’il prend pour un fantôme jusqu’à nous en mettre le doute.

 

 

 

 

© Oger – Bamboo

 

 

Après La piste des ombres et Buffalo Runner, Tiburce Oger revient à l’un de ses thèmes de prédilection : le western. L’un des genres les plus bédégéniques aligne les réussites. Passer après Jusqu’au dernier chez le même éditeur, le challenge était difficile à relever. Oger l’a fait. Ayant des références comme Comanche et Little Big Man, lecteur de Cormac McCarthy, fils d’un moniteur d’équitation, passionné des grands espaces, il n’en fallait pas moins pour que l’auteur se lance. L’auteur de La piste des ombres connaît le genre. Cette histoire-ci est née de la confrontation des Amérindiens et des colons européens. Rêvant d’un nouveau monde, ces derniers en ont fait un cauchemar pour les autochtones, les parquant dans des réserves ou les transformant en fermiers. Avec Ghost Kid, Oger montre la fin d’un monde.

 

 

 

 

© Oger – Bamboo

 

 

Si vous vous attendiez à un western classique avec des bons, des brutes et des truands, vous risquez d’être déconcerté. Tiburce Oger est un poète et son western possède la grâce qui en résulte. Ghost Kid est au western ce que Gorn était à l’Heroïc Fantasy : une poésie dont la couleur est une musique qui rythme lecture. Dans les albums de Tiburce Oger, le temps ne passe pas comme dans les autres. Il y a du lyrisme qui transparaît dans l’action, dans le trait et dans les tons. Quelques grandes cases pleines pages muettes sont autant de tableaux qui offrent des pauses, procédé utilisé en particulier par Hergé lorsqu’il a refondu Le crabe aux pinces d’or en album couleurs.

 

 

 

 

© Oger – Bamboo

 

 

Colorisé aux encres et à la gouache, Ghost Kid transpire du soleil sec et de la poussière soulevée par les sabots des chevaux. Une édition luxe limitée à 2000 exemplaires propose d’admirer le trait de l’auteur en noir et blanc. Plus que pour tout autre auteur, les deux versions sont complémentaires et donnent des dimensions différentes au récit.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Ghost Kid 

 

Genre : Western

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Tiburce Oger

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Nombre de pages : 80

 

Prix : 18,90 €

 

ISBN : 9782818969021

 



Publié le 16/09/2020.


Source : Bd-best


Y’en a qui vont se faire voler dans les plumes !  Les Schtroumpfs 38- Les Schtroumpfs et le vol des cigognes

« - Regardez, une cigogne schtroumpfe vers nous ! Mais on dirait qu’elle est seule.

- Elle n’a pas très bonne mine !

- Et où sont les deux autres ?

- Elle essaie de nous schtroumpfer quelque chose !

- Alors, qu’est-ce qu’elle raconte, Schtroumpf Opérateur ?

- Les cigognes me comprennent… Mais moi, je ne sais pas traduire tout ce qu’elles schtroumpfent !

- Elle semble en état de choc. J’espère qu’elle pourra nous schtroumpfer jusqu’au village. »

 

 

 

 

 

 


Il a dû se schtroumpfer quelque chose de grave chez les cigognes. En visite chez Homnibus, les Schtroumpfs les attendaient pour rentrer chez eux mais une seule s’est présentée à l’appel. Sur le chemin du retour, elle réussit à leur faire comprendre qu’un drame est en train de se jouer. Certaines de ses compatriotes se sont faites enlever par un fourbe malfaisant qui prétend pouvoir faire fortune grâce au jaune de leurs œufs aux propriétés revigorantes. Qui plus est, l’homme est le cousin de Gargamel… Qui se ressemble s’assemble. Allez, les Schtroumpfs ! A la rescousse !

 

 

 

 

© Diaz Vizoso, Jost & Culliford - Le Lombard

 

 

Cette nouvelle aventure des petits lutins bleus a un léger goût d’élixir du Docteur Doxey. Comme le médecin dans l’histoire de Lucky Luke, Gargamel y joue les charlatans. Comme dans toutes leurs histoires, les Schtroumpfs dénoncent un problème de société. A l’heure où le monde entier cherche un vaccin contre un certain virus qui nous pourrit la vie, il est judicieux de faire une petite mise en garde contre les escrocs qui ne vont pas manquer de proposer des panacées universelles. Il ne s’agit cependant pas ici de maladie à guérir mais simplement d’améliorer sa vie. Si le scénario avait été écrit après le COVID, les auteurs auraient pu appuyer sur ce point. L’histoire était bouclée bien avant. Les comparaisons sont donc fait du hasard.

 

 

 

 

© Diaz Vizoso, Jost & Culliford - Le Lombard

 

 

Alain Jost et Thierry Culliford sont sur des rails. Chacune de leurs histoires, même si elles ne sont pas aussi révolutionnaires que celles de Peyo, est un gage de lecture agréable. Un peu plus de densité, un peu plus d’humour d’aparté, et ça serait très bien. Pqar ailleurs, il est toujours merveilleux de lire une histoire avec l’enchanteur Homnibus. Mais ça donne aussi une grosse envie de revoir un jour Johan et Pirlouit, série injustement inexploitée.

 

Graphiquement, Miguel Diaz Vizoso, comme son camarade Jeroen de Coninck dans l’épisode précédent, fait un sans faute. On aimerait le voir dans un découpage en cinq bandes comme dans les premiers tomes, donnant une meilleure impression de petitesse aux Schtroumpfs. Les scénaristes lui offrent ici la possibilité de montrer des décors nouveaux. Des chaumières, on en avait déjà vues, mais des volières, c’est inédit dans cet univers.

 

 

 

 

© Diaz Vizoso, Jost & Culliford - Le Lombard

 

 

Accrochez vos ceintures, le vol de cigogne va décoller, et gare pour certains à ne pas se prendre le train d’atterrissage sur le crâne.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les Schtroumpfs

 

Tome : 38- Les Schtroumpfs et le vol des cigognes

 

Genre : Aventure  

 

Scénario : Alain Jost & Thierry Culliford 

 

Dessins : Miguel Diaz Vizoso 

 

Couleurs : Studio Nine Culliford 

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782803677143

 



Publié le 15/09/2020.


Source : Bd-best


Saga familiale au cœur du XXème siècle.  Les frères Rubinstein 1 - Shabbat Shalom

« - Sincèrement, Monsieur Lemitch, ne dirait-on pas qu’un ange de Dieu a taillé et assemblé ce pantalon et cette veste.

- Certainement, Monsieur Rubinstein ! Les princes ne sont pas mieux habillés que ça !

- Papa… ? Je…

- Oui, Moshele… ?

- Je… Je ne comprends pas !

- Tu ne comprends pas quoi  ?

- Pourquoi tu m’offres un costume neuf, Papa ? Pourquoi maintenant ?!? L’école se termine dans une semaine à peine !

- Aaaah ! Ces enfants !? Vous leur faites un cadeau et ils trouvent encore à redire ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

1927. Chez les Rubinstein, il y a deux fils. Moïse a réalisé tous les rêves de ses parents. Alors, pour la remise des prix de fin d’année de l’école, son père tailleur lui fait le plus beau costume qui soit. Son frère Salomon est moins scolaire, mais il est débrouillard. Il s’en sortira. Les Rubinstein sont des juifs polonais. Ils ont émigré en France, dans le Nord minier. Des camps de la mort nazis aux paillettes d’Hollywood, on suivra le destin des deux frères jusqu’en 1948.

 

 

 

 

© Le Roux, Chevallier, Brunschwig, De Cock - Delcourt

 

 

L’histoire débute en 1942 au camp de Sobibor en Pologne. Moïse y débarque. Il y sera coiffeur et vivra au plus près toute l’horreur innommable. C’est par l’intermédiaire de flash-backs que l’on en apprendra plus sur les Rubinstein.

 

Luc Brunschwig signe une nouvelle série d’envergure. Neuf volumes sont prévus pour raconter l’histoire des Rubinstein. Le scénariste du Pouvoir des innocents dont l’oncle et le grand-père ont péri en déportation construit une histoire familiale. Elle débute en 1927, année de l’arrivée du cinéma parlant. Ce n’est pas anodin, Salomon deviendra un gros producteur hollywoodien. Elle se terminera en 1948, année de la création d’Israël.

 

 

 

 

© Le Roux, Chevallier, Brunschwig, De Cock - Delcourt

 

 

Fort du succès et de l’efficacité de la série 14-18, Les frères Rubinstein est dessinée à quatre mains. Ainsi, Etienne Le Roux est assisté aux décors par Loïc Chevallier. Deux tomes sont prévus la première année, et au moins un par an pour la suite. Les deux dessinateurs travaillent dans une fusion parfaite.

 

 

 

 

© Le Roux, Chevallier, Brunschwig, De Cock - Delcourt

 

 

Les couleurs d’Elvire De Cock s’inscrivent dans l’époque traitée. Des briques rouges des quartiers miniers au clinquant d’Hollywood, en passant bien sûr par le gris noir des camps, De Cock démontre que les coloristes sont plus que jamais des auteurs à part entière des albums.

 

 

 

 

© Le Roux, Chevallier, Brunschwig, De Cock - Delcourt

 

 

Les frères Rubinstein n’est pas une série concept, c’est une saga ambitieuse qui s’annonce passionnante, une œuvre qui contribue au devoir de mémoire.

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les frères Rubinstein

 

Tome : 1 - Shabbat Shalom

 

Genre : Chronique familiale historique

 

Scénario : Luc Brunschwig 

 

Dessins : Etienne Le Roux & Loïc Chevallier

 

Couleurs : Elvire De Cock

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 70

 

Prix : 15,95 €

 

ISBN : 9782413023920

 



Publié le 15/09/2020.


Source : Bd-best


Après Alix, Mangin au service de Jhen.  Jhen 18 – Le conquérant

« - Maître Jhen, soyez mon invité pendant quelques jours. Je vous ferai oublier la grossière erreur de mon lieutenant.

- Pourquoi pas ? Mais dites-moi, Votre Grâce, le vol et le meurtre ne sont-ils pas aussi des « erreurs » ?

- Ha ! Ha ! Vous n’avez pas changé depuis notre dernière rencontre ! Vous savez aussi bien que moi que l’Angleterre ne peut plus gagner la guerre depuis que le duc de Bourgogne s’est réconcilié avec le roi de France. Nous avons perdu, Jhen ! Je vais rentrer à Londres… C’est fini… Mais je ne partirai pas seul : j’emmènerai avec moi ce que la Normandie a de plus beau et de plus précieux. Cette couronne… Cette épée du Conquérant. C’est mon héritage. Je descends de Guillaume, moi, contrairement au roi de France et aux moines de Caen. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Juillet 1435. En visite à l’abbaye aux Dames à Caen, Jhen est enlevé par des mercenaires anglais qui pillent les lieux. Il est conduit à Bayeux devant le duc de Bedford, descendant de Guillaume le Conquérant. Résigné à retourner sur ses terres de la perfide Albion, le Duc ne compte pas rentrer chez lui sans être chargé de trésors de France. Il propose à Jhen de l’accompagner afin qu’il dessine pour lui un nouveau château qui abritera ces souvenirs. Quelques jours à Bayeux lui permettront de réfléchir...

 

 

 

 

© Mangin, Teng, Labriet, Martin - Casterman

 

 

                Ce sont les gardiens du temple eux-mêmes, à savoir les héritiers Martin et les éditions Casterman, qui ont demandé à Valérie Mangin de réaliser un album de Jhen. Contrairement à son excellente série Alix Senator où on lit les aventures d’un Alix plus âgé que dans la série mère, Mangin reste ici dans le jus d’origine de la série tout en donnant un rôle fort à un personnage féminin. Et comme elle a tout compris du savoir faire Martin, maîtrisant l’œuvre du maître, elle réalise encore une fois un sans faute. La scénariste dynamise l’action en restant dans des rails balisés. Le final rappelle les grands moments des meilleures histoires de Jacques Martin. On ne peut en dire plus sans casser le suspens, mais les connaisseurs apprécieront que la saveur Martin perdure.

                Sans non plus tomber dans le didactisme, Valérie Mangin y va à en profondeur dans son sujet et présente la tapisserie de Bayeux en détails tout en restant dans la fluidité de l’histoire.

 

 

 

 

© Mangin, Teng, Labriet, Martin - Casterman

 

 

                Paul Teng, qui avait laissé sa place à Jean Pleyers, créateur graphique de la série, pour le tome précédent, retrouve la série et garde son style tout en affinant son encrage. Les décors soignés montrent la grande importance et le grand intérêt porté à la documentation. Dessiner un album comme celui-ci, c’est autre chose que de réaliser une aventure contemporaine, d’autant plus que les spécialistes et les pinailleurs sont de plus en plus pointilleux et exigeants. Les exégètes de l’abbaye aux Dames de Caen et de la fameuse tapisserie n’auront pas grand-chose à redire.

 

 

 

 

© Mangin, Teng, Labriet, Martin - Casterman

 

 

                On ne sait pas si Valérie Mangin restera au scénario pour le prochain épisode mais en la voyant pointer son nez dans la série moyenâgeuse, on rêve que Jhen ait un jour sa version Senator.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Jhen

 

Tome : 18 – Le conquérant

 

Genre : Histoire 

 

Scénario : Valérie Mangin 

 

Dessins : Paul Teng 

 

D’après : Jacques Martin 

 

Couleurs : Céline Labriet 

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 11,95 €

 

ISBN : 9782203172609

 



Publié le 14/09/2020.


Source : Bd-best


Spirou 4301 -  16 Septembre 2020

 

 

Atom Agency sur la piste de Petit Hanneton

 

 

 

 

 

 

 

            La série digne descendante de Gil Jourdan est de retour. Atom Agency est la pépite Dupuis de ces dernières années. Sans tomber dans la nostalgie mais en rendant un vibrant hommage à Tillieux, Yann et Schwartz réutilisent des codes quasi-oubliés. En 1950, l'agence de détectives est lancée à la recherche d'une ambulancière disparue ayant servie en zone de guerre en 45. Yann est un metteur en scène caméleon hors pair. Schwartz bourre ses cases de détails en restant intégralement lisible. Incroyable.

 

            Six coups revient dans un récit complet hors série dans le cadre écologique d'Objectif Terre. Une belle leçon de morale qui reste cohérent avec l'univers des Jouvray.

            Mademoiselle J. tire sa révérence dans un final historique pour le journal Spirou.

 

            Pour les abonnés, un bel et émouvant poster de Pacific Palace, Spirou version Durieux est offert.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Durieux – Dupuis

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Atom Agency : Petit Hanneton

Boîte à musique (La) : La mystérieuse disparition

Harmony : Metamorphosis

Mademoiselle J. : Je ne me marierai jamais

 

 

Récit complet :

 

Objectif Terre : Six coups

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliot au collège

Estampille

Family life

Femmes en blanc (Les)

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Kermesse existentielle (La pause-cartoon)

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

Tash & Trash (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Janry

En direct du futur : Delaf (Les vacheries des Nombrils)

Interview : Yann & Schwartz

Jeux : Du rififi à l'Atom Agency (Schmittmy)

Spirou et moi : Matthias Lehmann

 

 

Supplément abonnés :

Poster : Spirou : Pacific Palace

 

 

 

En kiosques et librairies le 16 septembre 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 14/09/2020.


Source : Bd-best


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