En images et en bulles
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Dans la moiteur d'un pays d'Ă©quateur.    Congo blanc

 

"-Ha ha ! Vous me plaisez, Vincent ! Je ne sais pas exactement pourquoi… Mais vous me plaisez. Si un jour vous en avez assez de ce genre de vie… genre que je me garderai de juger… venez chez moi, au Congo. Je vous montrerai ma plantation. Elle est immense et il y a tant de choses à y faire… Mais ne tardez pas trop… Le temps ne s'achète pas, lui !"

 

 

 

 

 


                Dans un hôtel au cœur des Alpes françaises, en juin 1935, Vincent Deville fait la connaissance de Louis Leloup, un homme d'affaires qui possède des plantations au Congo. Celui-ci l'invite à venir les visiter. Quelques années plus tard, en 1942, assailli par les moustiques, Vincent remonte le fleuve dans une pirogue au milieu de congolais. A Mungi, chef-lieu du territoire, la propriété de Louis Leloup est gérée par un administrateur. Voici que débarque Laurence, la petite fille de Louis, qui a bien grandi depuis que Vincent l'a rencontrée dans cet hôtel des Alpes alors qu'elle n'avait que treize ans. L'adolescente est devenue une femme fatale, tout autant que sa mère. Son père est mystérieusement décédé il y a quelques années. Son beau-père Louis Leloup y est-il pour quelque chose ? Dans la moiteur des nuits d'équateurs où l'amour laisse sa place au sexe, Vincent se trouve au cœur d'une sombre histoire de famille. C'est Congo 40.

© Warnauts, Raives - Daniel Maghen

                Le récit de mœurs fait place au polar avec Fleurs d'ébène. Un groupe de personnes éméchées, deux coloniaux et leurs conquêtes congolaises, sont à bord d'une voiture en pleine nuit, qui roule sur quelque chose. Ils s'arrêtent et découvrent le cadavre d'un "nègre". L'ont-ils tué ? Etait-il mort avant ? Toujours est-il qu'ils prennent la fuite. Le lendemain, la police est sur les lieux. Pour l'inspecteur chargé de l'enquête, il n'y a pas de doute, ce n'est pas un accident. Entre guerre de clans et activisme politique, le Congo colonisé cache des secrets que tout le monde n'a pas envie de voir remonter à la surface.

© Warnauts, Raives - Daniel Maghen

                Cette intégrale se termine par Congo blanc, un court récit de couple en crise en pleine indépendance du pays en 1960. L'album regroupe des récits africains de Warnauts et Raives initialement publiés en 1988 et en 2007 chez Casterman. Lors de la prépublication dans (A suivre) en 1987 de Congo 40, le mensuel titrait "Le roman chaud de l'été". Tout est dit. Heureusement que le trait fin des auteurs et le décor hors du commun contrebalancent avec le scénario de téléfilm érotique. On sent que vingt ans se sont passés entre ce récit et "Fleurs d'ébène". Les auteurs ont gagné en maturité. Il y a plus de fond, de réalité historique et de réflexion. Cette deuxième histoire témoigne d'une époque de fin de règne. L'Afrique est en train tout doucement de reprendre le contrôle de son destin.

© Warnauts, Raives - Daniel Maghen

                Les éditions Daniel Maghen montrent deux pans (et quart) du travail de Warnauts et Raives. On ne fait pas une si longue carrière par hasard. Cette intégrale montre l'élégance de leur parcours.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Congo blanc

Genre : Drame

Scénario, Dessins & Couleurs : Eric Warnauts & Guy Raives

Éditeur : Daniel Maghen

ISBN : 9782356741783

Nombre de pages : 192

Prix : 35 €

 

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


Les fusillés de l’Affiche Rouge.   Missak, Mélinée & le groupe Manouchian

 

"-Désolé, j’arrive à pinces de la contrescarpe. Trop dangereux de prendre le métro avec ce que je transporte…

-Allons-y, les boches ne sont jamais en retard.

-Charles, tu es toujours d’accord pour lancer la pomme ?

-Bien… Bien sûr.

-Et toi, Georges, toujours pacifiste ?

-Je ne…

-Je ne te juge pas, c’est juste qu’il faut bien définir les rôles."

 

 

 

 

 


                22 février 1944, 5 heures du matin, à Marseille, un groupe de résistants réquisitionne un petit camion rempli de fleurs devant être livrées au siège de la kommandantur. Ça tombe bien, ils vont en profiter pour déposer des fleurs au pied d’une affiche rouge, une de celles recensant les visages des dix libérateurs morts pour la France fusillés la veille par les nazis au Mont-Valérien à Suresnes. Menés par Missak Manouchian, ils ont mené la vie dure à l’envahisseur en perpétrant attentats sur attentats dans les troupes allemandes. Qui étaient cet arménien et ses complices qui ont donné leur vie pour la France ?

© Morvan, Tcherkézian, Ooshima - Dupuis

                L’histoire commence au printemps 1915 à Edesse dans l’Empire Ottoman, le petit Missak joue aux osselets avec des camarades lorsque des soldats ottomans arrivent. Accusés de collaborer avec les russes, le gouvernement les chasse. C’est en réalité un plan d’extermination. Missak et son frère Garabed échapperont au génocide, pas leurs parents. Ils seront confiés à un orphelinat de l’église catholique arménienne, avant de réussir, quelques années plus tard, à émigrer en France. En 1934, Missak rencontre celle qui deviendra plus tard la femme de sa vie, Mélinée, lors du gala annuel du comité d’aide à l’Arménie. Au début de la seconde guerre mondiale, Manouchian est arrêté comme de nombreux responsables communistes. Libéré, il s’engage dans une organisation clandestine pour lutter contre une inacceptable occupation. De mars à novembre 1943, le groupe Manouchian va multiplier les actions répressives contre les nazis, lançant des grenades dans des troupes en marche, faisant dérailler des trains ou exécutant des gradés allemands.

© Morvan, Tcherkézian, Ooshima - Dupuis

                Poussé par Madeleine Riffaud l’invitant à s’intéresser au sujet, Jean-David Morvan détaille le destin du groupe d’activistes anarchistes révolutionnaires mené par le poète, ouvrier et militant communiste Missak Manouchian. Afin de mieux comprendre le caractère du personnage et ses objectifs de liberté, Morvan remonte à son enfance. Les années de guerre sont narrées par le truchement de Mélinée, racontant tout à un certain Charles Aznavourian. Les coups d’éclat du réseau s’intercalent avec des portraits de chacun des membres du groupe. Si seulement dix figuraient sur la célèbre affiche, ils furent en réalité vingt-quatre à être jugés par un tribunal militaire allemand et vingt-trois condamnés à mort.

© Morvan, Tcherkézian, Ooshima - Dupuis

                Thomas Tcherkézian dessine la vie de Manouchian avec une pudeur faisant la part belle aux actions de résistance de son groupe. C’est son premier album. Il a été réalisé en un an. Pour tenir les délais et sortir au moment de la panthéonisation de Manouchian, tout un pull de collaborateurs est intervenu. Tcherkézian a conservé le dessin de tous les personnages principaux pendant que l’atelier The Tribe créé par Morvan à Reims s’est chargé des décors, des personnages secondaires, ainsi que des incroyables images flashs, uppercuts de guerre. Les portraits des résistants, en pleines pages, sont empreints d’émotion. Les acteurs fixent les lecteurs avec une détermination et une fierté courageuse. Poignant. Les couleurs références à l’affiche rouge donnent le ton de l’époque. Il y a juste un abus de trames qui n’était pas nécessaire.

© Morvan, Tcherkézian, Ooshima - Dupuis

                On ne peut s’empêcher d’avoir les larmes aux yeux en lisant la dernière lettre de Missak à Mélinée. En février dernier, quatre-vingts ans après son exécution, Missak Manouchian entre au Panthéon. Il était temps que la France reconnaisse cet artisan de la Liberté. L’album accompagne cet hommage. Il contribue avec force au devoir de mémoire.

 

Laurent Lafourcade

 


La lettre :

« 21 février 1944, Fresnes

Ma chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée.

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. On va être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas, mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.

Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m’étais engagé dans l’armée de la Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la liberté et de la paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur ! à tous !

J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon honneur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse.

Tous mes biens et toutes mes affaires. Je les lègue à toi et à ta sœur, et pour mes neveux.

Après la guerre, tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la Libération.

Avec l’aide de mes amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs, si possible, à mes parents en Arménie. Je mourrai avec 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et, si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine.

Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant au soleil et à la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal, sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien bien fort, ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur.

P.-S. : J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

Manouchian Michel »


One shot : Missak, Mélinée & le groupe Manouchian

Genre : Histoire

Scénario : Jean-David Morvan

Dessins : Thomas Tcherkézian

Couleurs : Hiroyuki Ooshima

Éditeur : Dupuis

ISBN : 9782808504126

Nombre de pages : 160

Prix : 25 €

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


Histoires fantastiques.   Seule l'ombre

 

"-Vous allez certainement me prendre pour un fou, Madame… Mais je vous jure que c'est la vérité… Il nous a poursuivis… Je ne sais pas ce que c'était… Une sorte de géant… Quelque chose de monstrueux… Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie !

-Mmm… Et ce soi-disant "géant", vous l'avez vu ? Je veux dire… vraiment vu ?

-Pas vraiment… Plutôt aperçu… Il faisait nuit et la tempête s'était levée… J'étais avec un compagnon… Léo… S'il était là, il vous confirmerait ce que je raconte…"

 

 

 

 

 


Deux hommes escaladant une paroi enneigée sont surpris par une tempête qui se lève. Il faut rapidement trouver un abri pour camper. Il faut faire d'autant plus vite qu'ils sont poursuivis par une ombre terrifiante, une sorte de yéti. Seul l'un d'eux y parviendra. Le lendemain, il trouve refuge dans un chalet dont la propriétaire l'invite à table en famille. Espérons que ce repas plaira à tout le monde. "Froide" est l'une des dix nouvelles fantastiques composant cet album… frissonnant.

© Corbeyran, Sallé, Millet - Komics Initiative

Faut-il prendre une auto-stoppeuse par une nuit de pleine lune sur une route de campagne lorsque l'on est seul ? C'est peut-être la tirer d'un bien mauvais pas… ou alors c'est s'y plonger. Où trouver l'inspiration lorsqu'on est un auteur humoristique dont les derniers écrits ne conviennent pas aux producteurs ? Un chalet isolé dans une forêt montagneuse sera certainement le meilleur moyen de retrouver l'inspiration. En pleine ville, au milieu du chantier, il y a un trou. A quoi peut-il bien servir ? A attirer les curieux, en tout cas, c'est sûr. Plus loin, en écho dans l'album, une bande de jeunes se fichera la trouille en se racontant cette histoire. Un rebond bien malin. A part ça, vous ne servirez plus jamais de la pâtée à un chien de la même façon, vous n'écouterez plus jamais la mélodie d'un orgue comme avant, vous ferez plus attention en prenant le métro, vous comprendrez pourquoi il n'y a plus d'animaux dans les cirques et, surtout, vous n'ouvrirez plus la porte à des inconnus.

© Corbeyran, Sallé, Millet - Komics Initiative

Corbeyran et Rurik Sallé orchestrent dix histoires aux frontières du réel où se mêlent horreur et mystère. On se rend compte avec "La mélodie du supplice" que les plus horrifiques sont les plus réalistes. Les explications ne sont pas toujours données. C'est en cela que les fins les plus "suspendues" sont les plus malines. Comme le dit Rurik Sallé en préface, on est dans des dérapages du réel. C’est lui qui a imaginé ces histoires qu’il a découpées avec Corbeyran. Plus qu'à la série "La quatrième dimension" (The twilight zone en VO), on est plus proche des "Histoires de l'autre monde", Tales from the dark side en VO, créées par George Romero, qui avaient succédées à "Alfred Hitchcock raconte" le samedi soir sur Antenne 2 en 1986. Paskal Millet dessine l'ensemble avec tout le mystère nécessaire pour accentuer les effets de suspens, de peur et d'horreur.

© Corbeyran, Sallé, Millet - Komics Initiative

Pas une nouvelle n'est plus faible qu'une autre. "Seule l'ombre" est un recueil glaçant, épouvantable. Fantastique dans tous les sens du terme.  

Laurent Lafourcade

One shot : Seule l'ombre

Genre : Horreur

Scénario : Corbeyran & Rurik Sallé

D'après les histoires de : Rurik Sallé

Dessins & Couleurs : Paskal Millet

Éditeur : Komics Initiative

Collection : Mavericks

ISBN : 9782491374778

Nombre de pages : 144

Prix : 23 €

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


Autojustice.    KujĂ´ l'implacable 5

 

"-Monsieur Ao ! Laissez-moi retravailler avec vous ! Ouaaaaah !

-Arrête tes délires. Tu ne vois pas dans quelle merde tu nous as foutus ? Je t'ai déjà dit que j'appellerais la police si je te revoyais. Fous le camp.

-Allons, allons. Vous pourriez au moins faire l'effort de l'écouter. Que se passe-t-il ?

-Vous êtes qui ?

-Je m'appelle Kujô. Je suis avocat. Vous pouvez me contacter, si vous en avez besoin."

 

 

 

 

 


En proie à ses addictions, Shizuku angoisse. Crises de boulimie, scarifications, elle veut mourir. Chaque seconde qui passe, elle veut mourir. Ecrasée par la solitude, elle n'en peut plus de se sentir si seule. Son quotidien est noir. Elle aime Shûto, un manipulateur qui, lui, ne cherche qu'à se faire rembourser les dettes qu'elle a auprès de lui avant de couper les ponts. C'est en essayant de convaincre l'un de ses anciens employeurs de la refaire travailler que Shizuku tombe sur Kujô qui lui propose son aide. Elle va bien en avoir besoin lorsqu'elle aura tué son créancier et qu'elle se retrouvera derrière les barreaux.

© 2021 Shohei MANABE
© KANA 2023

Après cette histoire de "produit de consommation", dans tous les sens du terme, c'est au fond d'une toute autre affaire que va plonger l'avocat le plus marginal du Japon. Il y a dix ans, la fille de l'inspecteur Arashiyama a été assassinée. Son corps a été retrouvé dans un terrain vague. Tous les ans, il dépose des fleurs sur les lieux du crime. Certains mineurs responsables des faits ont déjà été libérés. L'auteur principal faisait partie de la bande de Kengo Mibu. L'inspecteur est bien décidé à faire tomber tout le monde et éprouve une haine indéfectible envers le système judiciaire minimisant les peines pour mineur, et en particulier envers les avocats qui les défendent… comme Taiza Kujô. Bien glauque, l'enquête semble le mener vers l'industrie du X.

© 2021 Shohei MANABE
© KANA 2023

Shôhei Manabe dresse le portrait d'une société japonaise exsangue, ne donnant pas à chacun les chances de s'en sortir. L'histoire de Shizuku est symptomatique d'un malaise général d'un monde à deux vitesses. Non pas les vitesses des bons et des méchants, mais celles des riches et des pauvres les vitesses induites par la dictature de l'argent, l'argent qui fait faire des conneries, il n'y a pas d'autre terme, à ceux qui n'en ont pas, et qui sont mis dans des situations inextricables, dans un cercle vicieux diabolique. Pas spécifique au Japon, la problématique est la même en Europe, en Amérique et dans le reste du monde. Manabe alerte sur l'urgence qu'il y a de sortir la jeunesse d'une torpeur dans laquelle elle est enfermée. Ce n'est pas en légalisant des addictions que ça arrangera les choses car ce qui intéresse, c'est l'interdit. Il ne s'agirait de franchir une étape dans l'escalade vers les substances illicites. Bref…

© 2021 Shohei MANABE
© KANA 2023

Kujô l’implacable est une série reflet d'une époque compliquée. Heureusement qu'il y a des gens comme lui pour oser faire face aussi bien à une justice froide qu'à des criminels sans aucun scrupules.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Kujô l'implacable

Tome : 5

Genre : Thriller/Polar

Scénario & Dessins : Shôhei Manabe

Éditeur : Kana

Collection : Big Kana

ISBN : 9782505125280

Nombre de pages : 208

Prix : 7,70 €

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


Avions et prohibition.   Black Squaw 4 - Secret Six

 

"-Tuer ! Tuer ! Toujours tuer ! Et pour finir… être tué ! Assez rêvassé, Bessie !... Pas le moment de t'assoupir ! Dans quelques heures, tout sera terminé. Les caisses de booze seront déchargées, Ralph Capone sera satisfait et moi, je pourrai prendre un bain chaud… et dormir 24 heures, au moins !"

 

 

 

 

 


                Bessie est une aviatrice américaine d'origine cherokee. Nous sommes en pleine prohibition. Elle travaille pour la famille Capone dans la contrebande d'alcool. Alors qu'elle escorte un bombardier et sa cargaison illicite, un Loening des garde-côtes de la région des grands lacs fait feu sur le bombardier, sans chercher à l'abattre, comme pour l'obliger à suivre une direction. Bessie ne peut pas riposter sur un appareil fédéral, et si elle fuit, les Capone se vengeront sur son frère Johnny, cuistot d'Al. Il y a quand même quelque chose d'étrange. Les garde-côtes ne sont pas censés voler la nuit. L'avion ne serait-il pas maquillé par une bande rivale ? Attention à ceux qui tenteraient de doubler les frères Al et Ralph Capone, ils ont la rancune tenace.

© Henriet, Yann - Dupuis

                Grand final en eaux troubles pour la quadrilogie Black Squaw. Les auteurs nous en disent un peu plus sur ce pan d'histoire intérieure des Etats-Unis à l'époque de la prohibition, où les trafics illicites d'alcool remplissaient les poches des mafieux en tous genres. Tout le monde connaît Al Capone. On en sait moins sur son frère Ralph qui monta une escadrille de contrebande transportant de l'alcool de luxe. On découvre également dans cet épisode l'origine des fameux incorruptibles, avec le groupe Secret Six qui donne son titre à ce tome et dont faisait partie Eliot Ness, pas flic du tout mais employé du Trésor public américain. Le siège de ce groupe était caché sous l'aquarium de Chicago où passait un train souterrain secret. Le Secret Six va proposer à Bessie une nouvelle vie en contrepartie de son aide pour confondre les Capone. Mais elle a toujours le Ku-Klux-Klan aux trousses.

© Henriet, Yann - Dupuis

                Outre de gangsters, de mafia et d'alcool, il est beaucoup question d'honneur, et en particulier chez les cherokees. L'album s'ouvre sur une scène dans laquelle on retrouve Bessie Coleman, alias Asdayagoga, enfant, dans sa tribu, assistant au retour de Cheval Pommelé, un homme venu se faire exécuter par les siens. Il avait été reconnu un an auparavant coupable de meurtre. La coutume prévoit que l'accusé choisisse son bourreau parmi ses meilleurs amis. C'est donc le père de Bessie qui a porté le coup fatal, un honneur pour lui auquel il ne pouvait pas se soustraire. Le conseil tribal laisse toujours un an au condamné pour retourner chez lui, régler ses affaires ou faire un enfant. Il doit revenir à la date fixée pour mourir, acquérir un repenti et avoir un nom respecté par tout le peuple cherokee. Joseph, le fils de Cheval Pommelé est furieux envers le père de Bessie, mais il ne se vengera pas en raison du rituel en vigueur…en principe. Bessie sera marquée à tout jamais par ce jour tragique.

© Henriet, Yann - Dupuis

                Yann et Alain Henriet clôturent l'histoire de Black Squaw avec une immersion au plus près dans une Amérique meurtrie et gangrénée par la mafia. Comme la réalité est plus forte que la légende, ils ont donc choisi d'imprimer cette réalité. Le grand Jean-Michel Charlier n'aurait pas renié cette série.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Black Squaw

Tome : 4 - Secret Six

Genre : Aviation

Scénario : Yann

Dessins : Alain Henriet

Couleurs : Usagi

Éditeur : Dupuis

ISBN : 9791034765348

Nombre de pages : 56

Prix : 15,50 € 

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


ForĂŞts & Jardin.    Affreux jojos, et deux autres MiniBulles

 

"-Mais… Il n'y a que des images ?

-Mais… Il n'y a pas de texte ?"

 

 

 

 

 

 

 


                Dans un chalet isolé de la montagne, une petite fille prépare un cadeau. Elle le pose dans un panier avec un bouquet de fleurs, enfile son chaperon… rose, puis quitte la maison, le panier dans une main, un gâteau avec des bougies d'anniversaire dans l'autre. Un petit chien l'accompagne. Ils empruntent un petit chemin forestier. Et que rencontre-t-on lorsque l'on baguenaude dans la forêt ? On vous le donne en mille : un affreux jojo ! Et ce ne sera que le premier.

© Meunier - Nathan

                Ce n'est pas dans une forêt mais dans un jardin que l'on va retrouver une autre petite fille avec son chien. Cette gamine, c'est Petiote. Elle fait de la balançoire, lance la baballe à son compagnon et joue au bac à sable. Mais l'après-midi va être encore plus belle s'il y a d'autres amis. Pourquoi ne pas aller chercher ses doudous ?

© Massey - Nathan

                Retour en forêt avec Coco. Le loup coupe son bois pour l'hiver. Heureusement qu'il est costaud. Ça peut aider, pas que pour les tâches domestiques, mais aussi pour sauver un oisillon tombé du nid ou sa copine Moumouche prise dans une toile d'araignée. Mais lorsqu'on se trouve à son tour dans la panade, Coco va vite se rendre compte qu'on a toujours besoin d'un plus petit que soi.

© Mathis - Nathan

                Nouvelle salve de Mini-bulles, l'excellente collection d'albums de BD sans bulles à lire dès trois ans. Pour cette triplette, on retrouve trois auteurs qui reviennent pour la deuxième fois. Après le western Peter Panpan, Henri Meunier propose Affreux Jojos, une relecture de l'univers des contes traditionnels. Si l'héroïne a tout du Petit Chaperon Rouge, elle a faire face aux "méchants" classiques que sont le loup, le fantôme, la sorcière et le monstre des montagnes, le yéti en somme. (clin d'œil à Tintin au Tibet au passage ?) Entre Emilie de Domitille de Pressensé et Ana Ana de Nathalie Roques et Alexis Dormal, Jane Massez a trouvé avec Petiote le chaînon manquant. C'est doux, c'est rassurant, le temps s'est arrêté, comme dans ces moments si importants que l'on passe avec ses enfants quand ils sont petits. Petiote joue, puis prend son bain et va se coucher, toute seule avec son chien et ses doudous. On a tellement envie de lui lire son livre avant qu'elle ne s'endorme. Enfin, Mathis revient avec Coco et Moumouche, le loup et la mouche. Histoire ingénieuse d'entraide, elle invite à grandir avec les autres. La colorisation de la scène où Moumouche fait des allers-retours pour transporter du matériel avec le temps qui passe est superbe.

                Mini-bulles et maxi-plaisir. Quand la bande dessinée s'adresse aux plus petits avec tant de malice, d'intelligence et de respect, que demander de plus ?

 

Laurent Lafourcade

 


Tome : Coco 2 – Bravo Moumouche !

Scénario, Dessins & Couleurs : Mathis

Tome : Petiote 2 – Petiote au jardin

Scénario, Dessins & Couleurs : Jane Massey

Tome : Affreux Jojos

Scénario, Dessins & Couleurs : Henri Meunier 

Genre : Aventure pour les tout-petits

Éditeur : Nathan

Collection : Mini-bulles

ISBN : 97820950-26240 / -26912 / -30179

Nombre de pages : 32

Prix : 8,50 €

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


Le tournoi & l'épée.   Les songes du Roi Griffu 2 – La dame de la tour 

 

"-Mais où peut bien être cette fichue tente ? Ils m'ont pourtant dit près de la bannière aux lunes étoilées. Il faut être chevalier ou grand seigneur pour concourir au tournoi, et je ne suis rien de tout ça ! Et de toute façon, où est-ce que tu veux que je trouve l'argent pour m'inscrire ?

-J'ai une idée, Owein ! Pourquoi tu ne participerais pas au tournoi ? Si tu gagnais, je pourrais rentrer à ton service comme page !

-Mais qu'est-ce que tu racontes ?!

-Dommage. J'aurais tellement voulu être page.

-Arrête de rêvasser et aide-moi plutôt à trouver la tente du chevalier aux cygnes."

 

 

 

 

 


                Le seigneur de la tour est mort. Le jeune Owein, enrôlé comme soldat, n'a pas empêché le drame. Son frère Absalon a pris le pouvoir mais est beaucoup plus austère que son prédécesseur. Il n'a pas l'intention de laisser une nouvelle victoire au peuple du clan, prêt à lever une armée. Pour Eilenn, sœur d'Absalon, ce n'est pas la même chanson non plus. Mais elle ne laissera personne lui dicter sa conduite. Elle croit à la magie et compte bien courir l'aventure. Les gardes de son frère ne la laissent pas filer. Celui-ci décide de la marier au plus vite pour lui ôter toute velléité d'escapade. Un grand tournoi va être organisé. Le vainqueur épousera Eilenn.

© Blaire, Colombié, Drac, Dumaye – Delcourt

                Pas possible pour Owein de s'inscrire. Il faut être fortuné. De grands seigneurs et de vaillants chevaliers affluent de toute la contrée. Ils vont tous s'écharper pour obtenir sa main. Très vite, un jeune combattant va se distinguer dans les combats. Personne ne connaît son nom, mais il conquiert la foule qui se prend d'affection pour lui, le baptisant "le petit chevalier".

© Blaire, Colombié, Drac, Dumaye – Delcourt

                Ce nouveau songe du Roi Griffu peut se lire quasi indépendamment du précédent, d'autant plus qu'un court résumé, en introduction, replace les principaux personnages dans leur contexte. La série a toute la saveur des contes traditionnels moyenâgeux. On trouve dans cet épisode les poncifs du genre comme le tournoi ou la fameuse épée dans la roche. Si la première partie de l'histoire reste réaliste, avec la violence inhérente à l'époque, notamment dans le recrutement de soldats de confiance, la seconde moitié verse dans l'heroïc-fantasy. Entre rêve et réalité, il faut parfois s'accrocher pour rester dans l'intrigue dont la construction savante demande concentration. Mais les efforts demandés valent le coup, car lorsqu'au final les pièces s'assemblent et les liens se tissent vers l'avenir, on se dit que tout est finement pensé.

© Blaire, Colombié, Drac, Dumaye – Delcourt

                Les Songes du Roi Griffu est une série aux mains de quatre autrices. Cyrielle Blaire, Maïlis Colombié, Drac et Camille Dumaye sont les instigatrices d'une aventure fantastique mettant à égalité la force des femmes avec celle des hommes, sans tomber dans un féminisme qui aurait semblé évident. Finement joué.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Les songes du Roi Griffu

Tome : 2 – La dame de la tour

Genre : Conte moyenâgeux

Scénario : Cyrielle Blaire

Dessins : Maïlis Colombié

Couleurs : Maïlis Colombié & Drac, assistées de Camille Dumaye

Éditeur : Delcourt

ISBN : 9782413048435 

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


Danse ta vie, vis ta danse.  The world is dancing 2

 

"-Tu te demandes comment interpréter Senzai ?

-Oui… Jusqu'ici, cette pièce ne représentait qu'un rituel ancien pour moi.

-Mais dans Okina ce matin, il y avait quelque chose d'autre que la danse de mon père que je connais…"

 

 

 

 

 


                Japon, XIVème siècle. Oniyasha poursuit sa quête de sens dans la danse théâtralisée. Il a appris grâce à une danseuse que l'art est un moyen d'exister grâce à son corps, comme un don de soi. Aujourd'hui, en plein mois de juin, le festival d'été au sanctuaire Imakumano de Kyoto ouvre ses portes pour trois jours. Cinq à sept pièces de Sarugaku sont jouées chaque jour, du matin au soir, en guise d'offrande aux divinités. L'ambiance est festive. Oniyasha interprète Senzai, un rôle dans Okina, une pièce qui se joue tous les matins afin de purifier la scène. Il partage ses appartements avec l'acteur qui joue l'un des rôles principaux. Il va falloir aller se coucher pour être en forme. Mais avant cela, le jeune comédien tient à répéter encore et encore ses mouvements. Le type de théâtre qu'est le Sarugaku a pratiquement été créé par Kan'ami, son père. Il y a apporté la danse, le chant et le récit. Il a distordu les codes pour les redistribuer dans une certaine modernité. Dans la pièce Okina, on n'adapte pas son rythme à celui des autres, mais il faut danser comme si on passait entre les battements. Il y a comme un secret dans cette danse, secret qu'Oniyasha voudrait bien percer.

© 2021 Kazuto Mihara. All rights reserved.
© Vega Dupuis

                Tout en cherchant la meilleure façon d'évoluer, le meilleur moyen de jouer, le garçon va grandir dans son corps et dans sa tête. Il va assister à un coït -oui, oui, vous avez bien entendu- avant de le voir reproduit sur scène. Manger, s'accoupler, se multiplier et prospérer, les arts visuels accompagnent la vie humaine, la paix dans le monde et la sécurité sur les terres. La vie, le corps, les émotions et les espoirs des hommes sont nés de ce courant. Oniyasha prend conscience qu'il est debout avec son corps. Dans son art et dans ses veines coule l'histoire. La fleur qu'il est s'épanouira-t-elle sur scène en offrant aux spectateurs ce qu'ils cherchent ?

© 2021 Kazuto Mihara. All rights reserved.
© Vega Dupuis

                En postface, l'historien Katsuyuki Shimizu décrit une réalité médiévale japonaise oubliée. L'auteur a initié un engouement pour l'époque Muromachi (1336-1573). Il montre comment Kan'ami, le père d'Oniyasha qui sera connu sous le nom de Zeima, va poser les bases d'un théâtre établi à partir de rituels. C'est ainsi que son fils a fait du nô un art théâtral plus tourné vers les humains que vers les divinités.

                "The world is dancing" est supervisé par Kôhei Kawaguchi, figure incontournable de la scène contemporaine de nô. On apprend qu'à l'origine le nom nô englobait avec le théâtre chant, danse et acrobaties, avant que le théâtre masqué ne s'impose parmi ces arts.

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© Vega Dupuis

                Ode à la contemplation et au corps en mouvement, avec "The world is dancing", Kazuto Mihara donne à la danse et au théâtre leur raison de vivre.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : The world is dancing

Tome : 2

Genre : Emotion

Scénario & Dessins : Kazuto Mihara

Éditeur : Vega – Dupuis

ISBN : 9782379504532

Nombre de pages : 192

Prix : 11 €

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


L'aventure des années 1980-1990.    L'histoire de Pif et son gadget

 

 

"-Alors les Pifos ! Prêts pour le grand saut ?"

 

 

 

 

 

 

 

 


La période la plus glorieuse de Pif Gadget, c'est indéniablement les années 70. Les tirages sont montés jusqu'à 500 000 exemplaires. Des séries mythiques ont vu le jour. C'est à cette même époque qu'il y a eu les gadgets les plus inventifs. De nombreux ouvrages ont été consacrés à cette période et l'on trouve aisément de nombreuses informations et vidéos sur le net. Pour ceux qui étaient ados dans les années 80, il était plus difficile d'appuyer sur la touche Nostalgie pour se faire un Remember. Sébastien Gérard, accompagné par le collectionneur Laurent Barraud, répare le manque avec cette somme, ce pavé, détaillant année par année, l'aventure du journal de 1981 à 1992, puis racontant les rebonds de la fin de l'aventure jusqu'en 1994. Bienvenue dans quinze ans d'histoire de l'hebdomadaire avec ses succès et ses échecs, ses innovations et ses mutations.

© Gérard, Barraud – Pulse Vidéo / CREE

Quatre invités de marque étayent les propos de l'auteur : Robert Andreucci, membre de la rédaction de 1978 à 1994, Claude Bardavid, même fonction mais à partir de 1972 (tous les deux ont été à moment donné rédacteurs en chef du journal), Yannick Hodbert, dessinateur salarié du journal entre 1969 et 1994 et qui donna son autonomie à Hercule dans des gags poilants, ainsi que Curd Ridel, qui a, entre autres, dessiné Pif à partir de 1985.

© Gérard, Barraud – Pulse Vidéo / CREE

Commençons donc en 1981, aux origines de la période jaune. Voyant ses ventes décliner, l'hebdomadaire a décidé de se payer un lifting complet. Exit le bandeau rouge et sa demi-planche de BD en couverture. "Pif et son gadget surprise" est devenu "Pif Gadget". Le célèbre gadget est mis en scène en une. La période dite jaune débute en 1982 avec "Le nouveau Pif". Le gadget n'est plus l'argument de vente du journal mais en reste une composante indispensable, faisant partie de son ADN. Avec les BD-Blocks, les séries s'offrent un écrin détachable en milieu de magazine. Les héros maison (Rahan, Capitaine Apache, Arthur le fantôme,…) côtoient des poids lourds recrutés (en rediffusion) chez d'autres éditeurs (Léonard, Gaston,…). Durant ces années 80, la formule ne cessera d'évoluer, se collant à l'actualité des stars, de la télévision et des dessins animés, qui seront consacrés plusieurs années de suite par Les Truffes d'or. Niveau BD, les parts entre l'humour et l'aventure s'équilibrent. On va même chercher des séries à l'étranger comme Pinky, le lapin rose de Mattioli.

© Gérard, Barraud – Pulse Vidéo / CREE

En 1986, le journal va se mettre à ronronner dans une période blanche. Les conditions économiques complexes ne sont pas favorables. Les fausses bonnes idées alternent avec les dernières fulgurances. Sébastien Gérard ne verse pas dans l'hagiographie. Ayant conscience de la faiblesse créative de la période, il choisit de s'attarder sur quelques temps forts. "Pif et son gadget" devient Pif. Les partenariats publicitaires bouffent littéralement le journal. Hercule prend le leadership avec le lancement de son mensuel Super Hercule.  1987 est quand même marquée par la création d'une série mythique (dont une intégrale serait bienvenue) : Radio Kids, signée Curd Ridel, sur des scenarii de Jacques Lelièvre. A partir de 1990, on assiste à la lente agonie du journal. Le chapitre est émouvant. Entre disparitions inexpliquées et revivals éphémères, on ne peut s'empêcher d'y croire e. t d'espérer à chaque fois… en vain.

Ce "bazar de grumlot des années 80 et 90" est une madeleine de Proust pour tous les ados de cette époque qui attendaient leur Pif Gadget dans leur boîte à lettres ou chez le marchand de journaux. L'idée de cibler cette période est finalement une bonne idée. Comme au cinéma, on attend maintenant le prequel.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : L'histoire de Pif et son gadget - L'aventure des années 1980-1990

Genre : Ouvrage d'étude

Auteurs : Sébastien Gérard et Laurent Barraud

Éditeur : Pulse Vidéo

ISBN : 9782491233273

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


Super héros adoré.    Les aventures de Spider-Man – Je… déteste… Spider-Man !

 

"-Hum, j'aurais dû m'en douter.

-Spider-Man ! Tu as une dette envers moi !

-Tu es sûr ? Dans mes souvenirs, j'avais soldé tous mes comptes. Mais je suis de bonne humeur, Boubou. Si tu n'as pas toute ta tête, je serai ravi de te renvoyer derrière les barreaux. Gratos.

-C'est si généreux de ta part. Mais je te propose autre chose, cette fois. Et si je t'écrasais comme un insecte ?!

-Les araignées sont des arachnides, pas des insectes !"

 

 

 

 

 


Il déteste Spider-Man et il a bien l'intention de le faire savoir à l'intéressé et à la Terre entière. Le Bouffon Vert prévient le lecteur dès la première planche : cette histoire est la dernière de l'homme-araignée qu'il va lire. Le crime new-yorkais est désorganisé. L'ennemi juré de Peter Parker a la prétention de penser qu'il a le cerveau et la trempe pour reprendre la main et devenir le nouveau parrain de la ville. Mais est-ce que la troupe de petites frappes que le Bouffon recrute est capable de l'épauler dans son objectif ? Il suffit d'éliminer Spider-Man. Après, ce ne sera que formalités. Ceci est la première des quatre histoires qui composent cette nouvelle toile de l'un des plus mythiques super-héros.

© 2024 Marvel. Tous droits réservés.
© Panini Comics

Dans "Non, sérieusement, les gars…", un acteur raté prend les commandes d'un studio de télévision de Manhattan. A la tête d'une horde de lutins maléfiques, il prend en otage le public d'enfants pour lancer en direct le premier Pitrethon des sorties scolaires barbantes. Jonathan Powers, c'est son nom, réclame dix millions par heure pour l'empêcher de détruire les théâtres et les opéras de la ville. Spider-Man et Night Fighter, le super-héros au skate, ne vont pas être trop de deux pour tenter de contrecarrer ses plans.

Avec "Grillé", notre araignée va tenter d'éviter d'être rôti par Storm. Le problème ne vient pas de l'homme-torche lui-même, mais du fait que le showman ne peut pas contrôler ses pouvoirs. Il est sous emprise. Parker va devoir trouver qui le contrôle. Heureusement que la toile d'araignée est ignifugée.

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© Panini Comics

Visite au Musée dans "Rock and roll", quatrième et dernier acte de l'opus. Si une statue de pierre fait vaciller la flamme d'une allumette, c'est que celle-ci n'est pas totalement constituée de roche. La gargouille grise est un voleur, pas un terroriste. Il attendait la fermeture du Musée pour agir dans la nuit pour le compte d'un collectionneur fou. Spider-Man empêchera-t-il les camarades de classe de Peter Parker d'être transformés en pierre ?

Le héros de Stan Lee et Steve Ditko est plus en forme que jamais dans ces récits scénarisés par Chris Kipiniak et Peter David et dessinés par Patrick Scherberger et Pop Mhan. On retrouve un Peter Parker lycéen, comme dans Far from home, avec la fougue de sa jeunesse. Ce qu’il y a de bien avec Spider-Man, c'est que le personnage sait qu'il n'est pas infaillible. Il peut faire des erreurs, mais sait aussi se faire accompagner quand il en a besoin. L'opus est également remarquable par la variété des histoires, avec des acolytes et des ennemis à l'opposé les uns des autres. Mais où s'arrêtera le potentiel de cet univers ?

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En rajeunissant, Spider-Man est le super-héros qui a su grandir avec son public. Il y a quelque chose de malin dans la gestion de ce personnage. C'est peut-être pour ça qu'il sort du lot, au cinéma comme dans le monde du Comics. Marvel et Panini l'ont bien compris.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Les aventures de Spider-Man

Tome : Je… déteste… Spider-Man !

Genre : Super-héros

Scénario : Chris Kipiniak & Peter David

Dessins : Patrick Scherberger & Pop Mhan

Couleurs : Guru eFX

Traduction : Laurence Belingard & Laurent Laget

Éditeur : Panini Comics

Collection : Marvel

ISBN : 9791039125246

Nombre de pages : 96

 



Publié le 26/04/2024.


Source : Boulevard BD


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