En images et en bulles
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Une œuvre du patrimoine commentée.       Spirou et les petits formats

 

 « - Hé, le voilà qui remonte vers le château… Qu’a-t-il trouvé là ?... Marsupilami !

- Houba Ha ! Ha !

- Mais vas-tu obéir, mille tonnerres !... Viens ici ! Que caches-tu là ? Donne ! Mais ?... Que… Qu’est-ce que ?! Une statuette représentant Fantasio !!!

- Houba ! Houba ! Ha ha  ha ! »

 

 

 

 

 

 

 

Spirou et Fantasio passent quelques jours à Champignac-en-Cambrousse. Fantasio a déniché un sujet hors-série de reportage. Pas question pour lui que Spirou l’accompagne. Il lira l’article dans Le Moustique. En attendant, le Marsupilami ayant bousillé les pellicules pour son appareil photo, Fantasio se rend dans la toute nouvelle boutique du photographe qui vient de s’installer à la place d’un bar. Le lendemain, au château du Comte, Spirou s’aperçoit que Fantasio n’est pas rentré de la nuit. Son camarade a disparu. Après quelques recherches, le Marsupilami trouve une statuette représentant le reporter évaporé. Ce petit format, serait-ce Fantasio lui-même réduit à dix ou douze centimètres de haut ?

 

 

 

 

© Franquin, Roba, Jannin - Dupuis

 

 

Edité en album en seconde partie de Spirou et les hommes-bulles, Spirou et les petits formats est mis en lumière par Christelle & Bertrand Pissavy-Yvernault dans la merveilleuse collection d’albums commentés de Dupuis-Patrimoine. L’histoire fait partie des trois récits créés en exclusivité pour le Parisien Libéré, avec Tembo Tabou et le déjà cité Spirou et les hommes-bulles à l’aube des années 60. Débordé de travail, Franquin s’était adjoint les services du jeune et prometteur Jean Roba.

 

 

 

 

© Franquin, Roba, Jannin - Dupuis

 

 

Ce livre présente l’histoire sous trois versions. La classique, celle qui figure dans l’album n°17 de la série Spirou et Fantasio, mais qui ne respecte pas le découpage des planches avec chutes de bas de pages comme elles ont été conçues, est recolorisée par Frédéric Jannin selon les indications d’origine de Franquin. On peut la comparer ensuite avec la version publiée en noir et blanc avec trames de gris telle qu’elle fut publiée dans Le Parisien Libéré en vingt planches de six strips. Enfin, les planches originales de Franquin et Roba, lorsqu’elles ont été retrouvées ,sont toutes reproduites par demi-planches et accompagnent les commentaires replaçant l’histoire dans le contexte de sa création. Les Pissavy-Yvernault ont mené un minutieux travail d’enquêteurs et nous font pénétrer avec passion dans les coulisses de la création. Quand ils nous parlent d’une réunion chez Peyo avec Morris, Jijé, Hubinon, Tillieux, MiTacq et Jidéhem, dans laquelle Franquin a rencontré Roba, on a l’impression (et l’on rêve) d’y être. On apprend que Dupuis lança en 1960 une série de figurines en latex à armatures métalliques, mais le caoutchouc de mauvaise qualité se désagrégeait à l’air et à la lumière. On découvre que la réalisation de planches en six strips, format atypique, résultait du compromis entre la rédaction du Parisien qui souhaitait que la publication n’excède pas vingt semaines et Franquin qui voyait mal comment développer une intrigue en si peu de planches. L’auteur obtint donc un équivalent de trente planches format magazine Spirou.

 

 

 

 

© Franquin, Roba, Jannin - Dupuis

 

 

                Depuis La véritable histoire de Spirou, Christelle & Bertrand Pissavy-Yvernault ont acquis le statut de dieux-vivants historiens de la bande dessinée. Aux côtés de Hugues Dayez, Henri Filippini, Patrick Gaumer, Didier Pasamonik, Gilles Ratier et quelques autres, ils forment la dream team des biographes BD, la quintessence des raconteurs de l’âge d’or.

 

                Ça fait plus d’un an que cet album est prêt à sortir. Les éditions Dupuis devraient encore plus croire en leur potentiel patrimonial. Elles ont les plus belles œuvres. Elles ont les meilleurs historiens. Spirou et les petits formats est une œuvre prestigieuse dans un écrin de choix.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Spirou & Fantasio

 

Tome : Spirou et les petits formats 

 

Genre : Aventure

 

Scénario : André Franquin

 

Dessins : André Franquin & Roba

 

Couleurs : Frédéric Jannin

 

Commentaires : Christelle & Bertrand Pissavy-Yvernault

 

Collection : Dupuis Patrimoine

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 64 

 

Prix : 28,95 €

 

ISBN : 9782800154114

 

 

 



Publié le 26/11/2021.


Source : Bd-best


Abysses spirituelles.  Carthago 13 - Abzu est notre seul dieu

 

« - La femelle mégalodon mortellement touchée allait mettre bas. C’était une forme de miracle en captivité… Nous nous sommes interposés, mais il était trop tard. C’est une véritable infortune. Aussi, le grand conseil a décidé qu’il était temps de libérer la horde. Dakhan ! L’assemblée souhaite vous confier la charge du convoyage du banc de mégalodons jusqu’à la fosse de Milwaukee, la plus profonde de tout l’Océan Atlantique ! Vous aviez raison, Dakhan… Vous m’aviez alerté et je suis resté sourd à vos recommandations. J’en porte l’entière responsabilité et je vous présente mes excuses. Acceptez-vous cette mission ? »

 

 

 

 

 

 

Mer de Béring à 4700 mètres de profondeur. Il est temps de libérer la horde ! Le grand gouverneur l’a dit. Et c’est Lou Melville, Dakhan, la fille de Kane, l’homme aux branchies, qui va mener les troupes, avec l’espoir de retrouver son père. Elle est persuadée qu’il n’a pas pu rejoindre le sanctuaire mais qu’il est toujours vivant. Elle voudrait également savoir si Donovan London a survécu. Mais attention, pour ne pas mettre en danger les grands squales, l’expédition ne devra jamais remonter à plus de trois cents mètres de la surface. Ce sera une longue traversée jusqu’à la fosse de Milwaukee.

 

 

 

 

© Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

 

 

Après le cycle de l’Albinos, voici celui du Bagarreur. Christophe Bec signe un nouveau diptyque mettant à l’honneur un requin géant. Bien évidemment, la curiosité et l’imprudence de Lou vont l’amener au-delà de la où elle devait aller. Elle va être recueillie sur une ancienne plateforme pétrolière par un groupe de moines exilés, organisés en communauté autonome après la destruction de leur monastère. Les serviteurs de Dieu vénèrent Abzu. Mais qui est ce seul Dieu ? Le scénariste développe la dimension théologique de sa série. L’histoire reste parfaitement compréhensible par les lecteurs qui découvriraient l’univers. Les aficionados apprécieront les échos aux personnages récurrents.

 

 

 

 

© Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

 

 

Aidé par les couleurs d’Andrea Meloni, Ennio Bufi est un créateur d’ambiances. Sous l’eau, on a l’impression d’être en apnée ou de respirer avec des branchies. On a envie, et on y arrive, à ralentir la lecture entouré de mégalodons dans les profondeurs sous-marines. On entend le silence. C’est magique. C’est merveilleux.

Sur la plate-forme, le dessinateur resserre les cadrages pour participer à un climat d’abord rassurant, puis qui devient petit à petit angoissant.

La couverture sublime rappelle les meilleures affiches de cinéma, avec des tons rougeâtres tranchant avec le bleu-vert de l’océan.

 

 

 

 

© Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

 

 

Par son ambiance spécifique, ce tome 13 de Carthago rejoint Neige de Gine et Convard. On rêverait d’un cross-over entre les deux séries dans, pourquoi pas, un Carthago Adventures.

L’alchimie entre Bec, Buffi et Meloni, trio immuable depuis L’héritière des Carpates, le tome 6, démontre son efficacité. La série débutée en 2007 est l’une des têtes d’affiches du catalogue des Humanoïdes Associés. On peut affirmer de la manière la plus objective qui soit que la poésie maritime et fable écologique Carthago est entrée dans la grande famille des séries « classiques » de la bande dessinée.

 

 Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Carthago

 

Titre : 13 - Abzu est notre seul dieu 

 

Genre : Aventure sous-marine 

 

Scénario : Christophe Bec 

 

Dessins : Ennio Bufi 

 

Couleurs : Andrea Meloni 

 

Éditeur : Les Humanoïdes Associés

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782731674576 

 

 

 



Publié le 26/11/2021.


Source : Bd-best


Le « faux Soir » : un acte de résistance, mais aussi une formidable blague ! ... Lapière - Couvreur - Durieux

 

 

 

9 novembre 1943, un grand éclat de rire parcourt Bruxelles, la capitale belge, occupée par les nazis. La résistance belge ( Front de l’indépendance) vient de réussir le coup le plus audacieux de l’histoire de la presse clandestine en diffusant, au nez et à la barbe de l’occupant nazi, une contrefaçon du « Soir volé », le quotidien belge confisqué à ses propriétaires par la Propaganda Abteilung dès le  18 mai 1940.

 

 

 

 

La rédaction du quotidien officiel ayant été remplacée par des journalistes à la solde des envahisseurs, le journal était quand même tiré à plus de 300000 exemplaires. Le 9 novembre 1943, pas moins de 50000 exemplaires furent distribués dans les différents kiosques de Bruxelles. Il fut aussi vendu plus tard dans les circuits clandestins à 10 francs pièce afin de financer le Front d’Indépendance.

 

 

 

 

 

© Denis Lapière – Daniel Couvreur – Christian Durieux - Futuropolis

 

 

 

A la base de cette opération, l’audace d’une série de personnes voulant commémorer le vingt-cinquième anniversaire de l’armistice signé à Rotonde, le 11 novembre 1918.

 

 

 

 

© Denis Lapière – Daniel Couvreur – Christian Durieux - Futuropolis

 

 

Sans rien détruire et ni faire aucune victime, cet acte de bravoure et de résistance valut malheureusement la mort ou la prison à ses auteurs.

 

 

 

 

 

© Denis Lapière – Daniel Couvreur – Christian Durieux - Futuropolis

 

Les Éditions Futuropolis vous présentent le récit de la conception de ce « Faux Soir » sous la forme d’un roman graphique. Denis Lapière scénarise cette histoire avec l’aide de Daniel Couvreur à la documentation et Christian Durieux aux illustrations. A signaler, l’insertion d’un fac-similé  à l’intérieur de l’album. Un livre a placer sous le sapin !

 

 

 

 

 

 

Faux Soir fichier pdf

 

 

 

Alain Haubruge



Publié le 26/11/2021.


Source : Bd-best


Reporter international ... Tintin c'est l'aventure T.10

 

 

 

Il est des constantes qui ne changent pas … c’est le principe même de la constante ! Et des vérités qui ont la peau dure …

Si vous demandez autour de vous, quels sont les héros BD franco-belge qui symbolisent le plus l’aventure, dans votre tiercé gagnant, vous obtiendrez, toute génération confondue, un nom qui revient : celui de Tintin !

 

 

 

 

 

 

 

Traversant les décennies, comme certains traversent l’univers, Tintin est et reste le héros type de l’aventurier qui n‘en a pas l’air.

Il n’est plus utile ici de refaire la xième biographie ou étude du célèbre reporter du petit XXe.

En 1972, Claude Lelouche sortait un film « culte » avec une brochette d’acteurs incroyable, Lino Ventura, Charles Denner, Jacques Brel, Aldo Maccione, Charles Gérard, Nicoles Courcel, Alexandre Mnouchkine, Yves Robert, et même un passage d’un jeune chanteur à succès, un certain Johnny Hallyday, …

Mais si vous interrogez les jeunes aujourd’hui, pour la plupart, pour ne pas dire tous, ces noms sont désormais de « dignes » inconnus (et personnellement, je trouve cela réellement regrettable !).

 

 

 

 

 

© Claude Lelouch – Les films 13

 

 

Donc oui, le seul qui symbolise universellement l’aventure est bien Tintin.

Symbole et rêve à la fois pour les lecteurs/lectrices …

Hergé l’avait bien compris en offrant à son héros une planète comme terrain de jeu !

L’aventure pour Tintin est partout, en montagne, en ville, sur Terre ou sur la Lune, mais aussi en mer ! D’ailleurs, qui n’associerait pas la mer et les océans à la notion d’aventure ?

 

 

 

 

© HERGE – MOULINSART 2021

 

 

 

 

 

Combien de mers, d’océans, de ports, de bateaux, … Tintin n’a-t-il pas croisés au fur et à mesure de ses histoires ? D’un demi-sarcophage transformé en radeau de survie aux paquebots les plus luxueux, Tintin a navigué sur tout ce qui pouvait (et parfois pas) flotter ! Dès « Les Cigares du Pharaons », la mer deviendra lieu de périples.

Son plus fidèle ami n’est-il pas marin ? Rappelez-vous sa rencontre avec le Capitaine Haddock dans « Le Crabe aux pinces d’or » !

Et justement, nous fêtons cette année, le 80e anniversaire de la création de cet album. Une occasion pour le relire et de le redécouvrir.

L’occasion aussi pour Géo et les Editions Moulinsart, en collaboration avec Ouest-France, de proposer un numéro spécial « Tintin c’est l’aventure » consacré à la mer avec à la barre évidemment le Capitaine Haddock.

 

 

 

© HERGE – MOULINSART 2021

 

 

 

En 150 pages passionnantes, variées, riches en enquête sur la mer, ses enjeux notamment écologiques, rencontres, découvertes, voyages, ... nous nous embarquons pour une croisière exceptionnelle dans l’univers marin.

Cartographies, exploits marins, chasseurs de trésors, aventuriers des mers, 8 pages BD exclusives de Jean-Yves Delitte, une nouvelle immersion dans les archives d’Hergé, une rencontre avec le surprenant Zep pour son « Carnet intime », véritable ode aux voyages grâce à ses croquis d’après nature (Editions Gallimard BD, 2011), ou encore l’interview de Jean-Charles Kraehn, scénariste des nouvelles aventures de Barbe-Rouge (nous avions rencontré il y a peu son dessinateur, Stefano Carloni, pour une capsule de « Derrière le masque »), il y en a pour tous les marins ou amoureux de la mer !

 

 

 

 

 

© HERGE – MOULINSART 2021

 

 

 

Bonus ou plutôt plaisir supplémentaire ! La revue est superbe, agréable au toucher avec sa couverture légèrement en relief.

Géo et les Editions Moulinsart ont réellement soigné présentation, jaquette et intérieur en en faisant plus qu’une simple « revue », un objet à laisser « traîner » sur sa table de salon pour ses invités, une pièce indispensable dans sa bibliothèque tintinophile.

 

 

 

 

© HERGE – MOULINSART 2021

 

 

Pour les impatients, le 11e numéro sera plutôt « animalier », mais nous vous en reparlerons en temps utile. En attendant, n’hésitez franchement pas à vous plonger dans ce 10e numéro (nov. 2021 – jan. 2022) de leur collection « Tintin c’est l’aventure », un petit bijou qui aura largement sa place sous le sapin cette année !

 

Thierry Ligot

 

 



Publié le 25/11/2021.


Source : Graphivore


Les aventuriers d’un monde nouveau.  Tarzan 2 - Au centre de la Terre

 

« - Je suis le roi des Waziris ! Que faites-vous sur notre territoire ?

- Lord Greystoke !!?

- Tarzan !!

- L’homme-blanc, seigneur de la jungle !

- Ici, dans la jungle, mon nom est Tarzan !

- Alors, la fortune m’a été propice, car je suis venu de Californie pour vous trouver !... Je m’appelle Jason Gridley.

- Venez au village, n’ayez crainte. Vous m’expliquerez la raison de votre présence au fin fond de cette jungle... »

 

 

 

 

 

 

                Un poste avancé de l’archipel du Svalbard a reçu un appel de détresse. L’expédition Porter, partie à la découverte d’un passage au Pôle Nord jusqu’à la terre creuse, a disparu. Jason Gridley, qui a participé aux préparatifs et au financement, apprend à Tarzan qu’ils ont trouvé l’ouverture vers un monde au centre de la Terre, baptisé « Pellucidar ». Les membres seraient retenus par un peuple appelé les Kingars. Le sang de Tarzan, qui a retrouvé la vie sauvage après une tentative d’adaptation à la civilisation, ne va faire qu’un tour quand il va apprendre que Jane faisait partie de l’expédition. Il va tout mettre en œuvre pour la tirer, ainsi que ses congères, de ce bien mauvais pas.

 

 

 

 

© Bec, de la Torre, Raffaele, Stewart - Soleil

 

 

                L’adaptation de Christophe Bec est segmentée en parties distinctes. Le scénariste chevronné débute son récit par une scène mettant Tarzan en bien fâcheuse posture. S’ensuit un long flashback pour savoir comment l’homme-singe en est arrivé là, sauf que là, ce n’est pas au centre de la Terre, il n’y ira qu’après, dans la deuxième et passionnante partie de l’histoire.

 

 

 

 

© Bec, de la Torre, Raffaele, Stewart - Soleil

 

 

                Il semble que les éditions Soleil adoptent pour Tarzan une méthode similaire à celle des éditions Glénat pour Conan le Cimmérien, à la différence près que Bec semble parti pour se charger lui-même des adaptations de chacun des romans d’Edgar Rice Burroughs. Au dessin, Stevan Subic laisse ses pinceaux à Rob de la Torre et Stefano Raffaele qui se succèdent au générique de ce tome 2 sans que le lecteur, emporté par l’action, ne le remarque. Tous deux sont de chevronnés dessinateurs de Comics. Une seconde lecture permet d’analyser que le trait de De la Torre rappelle celui de Victor de la Fuente. Il est plus fin et un brin plus anguleux que celui de Raffaele, ce dernier se rattrapant dans des scènes grandiloquentes où l’univers de Carthago rencontrerait celui de Jurassic Park.

 

 

 

 

© Bec, de la Torre, Raffaele, Stewart - Soleil

 

 

                Même si des esprits chagrins pourraient trouver énormes les ficelles de l’histoire, on ne peut qu’être bluffés par l’audace de celle-ci, surtout si on la replace à l’époque où elle a été écrite, à savoir en 1930, sous le titre Tarzan au cœur de la Terre. La preuve de son efficacité est qu’elle se lit d’une traite et que l’on finit épuisés par tout ce qu’ont vécu les personnages.

 

                Plus proche des grandes histoires de monstres que d’aventures dans la jungle, Tarzan au centre de la Terre est à ranger à côté de The Kong Crew, la série explosive d’Eric Herenguel chez Ankama.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Tarzan

 

Tome : 2 - Au centre de la Terre

 

Genre : Aventure  

 

Scénario : Christophe Bec 

 

D’après : Edgar Rice Burroughs 

 

Dessins : Rob de la Torre & Stefano Raffaele

 

Couleurs : Dave Stewart

 

Couverture : Eric Bourgier 

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 80

 

Prix : 16,95 €

 

ISBN : 9782302094178

 

 

 

 



Publié le 25/11/2021.


Source : Bd-best


Wonder Woman, prend garde à toi !  Lola presque super 1 - Amis pour la vie !

 

« - Bonjour, Lola ! Ça n’a pas l’air d’être la grande forme… C’est ton exposé qui t’inquiète ?

- Bonjour, Madame Lépine ! J’avoue que ce n’est pas la grande forme. Mais ça n’a rien à voir avec mon exposé !

- Que t’arrive-t-il ?

- Je n’ai ni copains, ni copines… Les autres enfants ne sont pas très gentils avec moi !

- Laisse-leur le temps de te connaître ! Je suis sure que tu vas les éblouir avec ton talent !

- Oui, c’est aussi ce que m’a dit Monsieur Rêve !

- Il a raison, ce Monsieur Rêve ! Avec ton imagination, tu n’auras aucun soucis à te faire des amis ! »

 

 

 

 

 


                Lola est une petite fille à l’imagination débordante, tant et si bien qu’on ne sait jamais où sont les frontières de ses rêves. Elle doit parler de son talent devant la classe. Elle est un peu inquiète. Monsieur Rêve lui conseille d’exposer ses multiples talents… Sa seule limite est donc celle de son imagination. Voilà Lola rassurée. Elle se persuade de ses compétences et part à l’école confiante et sûre d’elle. Tout le monde ne va pas être gentil avec elle, mais elle saura avoir la répartie nécessaire et s’entourer d’amis méritants.

 

 

 

 

© Casters, Emeriau – Kennes

 

 

                Lola « presque » super, tout est dit dans le titre. Est-elle réellement invisible quand elle monte dans le bus et que tout le monde l’ignore ? Vraisemblablement non. Les autres la trouvent bizarre et ne la regardent pas. Comprend-elle vraiment son chien Nonosse quand il parle… enfin, quand il aboie ? Là, on se pose plus facilement des questions.

                Lola prend de l’assurance. Elle trouve sa place sans rendre la monnaie de leurs pièces à ceux qui se moquent d’elle. Si Lola devient Super, c’est bien dans son esprit.

 

 

 

 

© Casters, Emeriau – Kennes

 

 

                Tony Emeriau écrit un album à la portée de tous. Traitant en filigrane du sujet sensible du harcèlement, Emeriau dédramatise la chose sans négliger son impact. Il prend le contrepied des réactions qui pourraient être naturelles en donnant à Lola, et à ses lecteurs, des clefs pour trouver sa place.

                Après La bande à Julio et Papi Génial et sa bulle qui va partout, Emeriau dégaine une troisième série pour enfants chez Kennes. Chacune des trois a un but bien précis. Aucune des trois ne ressemble à une autre. Lola est une gamine très XXIème siècle. Ses parents sont séparés. Elle vit seule avec sa mère. Sa maîtresse est encourageante. La palme d’or revient à la psychologue scolaire qui est beaucoup moins fictionnelle que les autres personnages. Avec son look hippie et ses bougies parfumées, à mille pieds dans les airs, elle a tout de celles que l’on peut souvent rencontrer dans les écoles.

 

 

 

 

© Casters, Emeriau – Kennes

 

 

                Pauline Casters enveloppe les gags de son trait rond, épais et rassurant. La série est recommandée par Manon, magazine de référence pour les gamines édité par Milan. Que la série ne leur soit pas réservée. Le héros aurait très bien être un petit garçon.

                On pourrait enlever le « presque » et le titre qualifierait la série. Lola presque super est à mettre en particulier dans toutes les salles de classe de primaire, du CE au CM. Les éditions Kennes proposent d’ailleurs sur leur site un dossier pédagogique avec des fiches toutes prêtes à utiliser pour les enseignants.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Lola presque super

 

Tomes : 1 - Amis pour la vie !

 

Genre : Enfance 

 

Scénario : Tony Emeriau 

 

Dessins & Couleurs : Pauline Casters

 

Éditeur : Kennes

 

Nombre de pages : 32 

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782380752281

 

 

 

 



Publié le 25/11/2021.


Source : Bd-best


La bière n’est pas forcément le dernier écrin.  Donjon Monsters 14 - La bière supérieure

 

« - Vous ne m’en voulez pas pour le coup de couteau ?

- Je l’avais bien mérité… Toubib, recousez-moi ! Non, ce qui est précieux, c’est votre envie de quitter notre bourg. Aucun de mes employés n’accepte de voyager ! Résultat : aucun moyen d’exporter notre bière. Je vous nomme représentante officielle de la Kirsch de Zautamauxime. »

 

 

 

 

 

 


 

                Bonnie Mallory est serveuse dans une brasserie. La lapine, en conflit avec son patron raciste et violent, démissionne. Elle souhaite quitter le village et « se tirer au bout du monde ». Son ancien patron lui propose un nouveau contrat : dix pièces d’or par mois, quinze pourcents sur chaque contrat et un attelage de fonction, tout ça pour répandre à travers les contrées l’art de vivre de la bière. La mission ne sera pas de tout repos pour Bonnie.  Le syndicat des brasseurs envoie un tueur à ses trousses pour éliminer cette concurrence.

 

 

 

 

 © Quignon, Trondheim, Sfar – Delcourt

 

 

                Après Mazan, Menu, Andréas, Blanquet, Vermot-Desroches, Yoann, Blutch, Nine, Killoffer, Bézian, Stanislas, Keramidas et David B., Bastien Quignon rejoint la grande famille de Donjon Monsters. Le dessinateur de Sacha et Tomcrouz, chez Soleil, entre dans l’univers avec une histoire, comme toutes celles de Donjon, plus profonde qu’il n’y paraît. Le dessinateur n’hésite  pas à montrer les couteaux qui se plantent et les épées qui tranchent. On est comme dans un épisode de Canardo au Moyen-Age. Les décors sont crasseux et soignés comme il faut, notamment les abords de Poissonville semblant tous droits sortis d’un tripot de l’attraction Pirates des Caraïbes.

                Grâce à l’application de réalité augmentée Delcourt Soleil +, on peut scanner chaque page pour en découvrir le scénario dessiné et voir comment Quignon s’en est emparé et se l’est approprié, montrant la grande souplesse des scénaristes à l’égard de leurs metteurs en scène.

 

 

 

 

 © Quignon, Trondheim, Sfar – Delcourt

 

 

                Sfar et Trondheim poursuivent leur jubilatoire exploration de la galaxie Donjon. Chaque Donjon Monster tourne autour d’un personnage différent. On suit ici les aventures d’une lapine qui, contrairement à celles que l’ont connaît égéries de magazines masculins, prône une indépendance et une assurance de soi bien déterminées. Le #MeToo est passé par là, n’en déplaise à son patron Maître Kirsch. Les scénaristes ajoutent également leur pincée de sel sur le sort des migrants.

 

 

 

 

 © Quignon, Trondheim, Sfar – Delcourt

 

 

                Tout peut se passer dans l’univers Donjon. C’est pour cela que chaque album apporte sa pierre à un édifice aux fondations solides et qui se renouvèle sans jamais lasser.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Donjon Monsters

 

Tome :  14 - La bière supérieure

 

Genre : Aventure fantastique

 

Scénario : Joann Sfar & Lewis Trondheim

 

Dessins & Couleurs : Bastien Quignon

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 11,95 €

 

ISBN : 9782413037682

 

 

 



Publié le 25/11/2021.


Source : Bd-best


Piqûres fatales.  Les enquêtes de Victor Legris 1 - Mystère Rue des Saints-Pères

 

«  - Je vous préviens, Bonnet, encore un article de cet acabit et…

- Dites-donc, Inspecteur, la liberté de presse est en vigueur depuis huit ans, si je ne m’abuse.

- Vous voulez saboter l’expo ? Le dessin de première page est répugnant !

- Ce n’est pas l’avis du public. Savez-vous combien d’exemplaires nous avons vendus ce matin et combien nous en vendrons ce soir, demain, après-demain ?

- Vous avez monté en épingle un banal fait divers ! Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que le décès de la femme Patinot est suspect ?

- Je n’affirme rien, je m’interroge. Mais, soyons sérieux inspecteur ! Si cette femme a succombé à un arrêt respiratoire, pourquoi vous a-t-on confié l’enquête… ? »

 

 

 

 

 

 

                Paris, juin 1889. L’exposition universelle internationale présente la Tour Eiffel. Adulée par les uns, décriée par les autres, elle est l’écrin nouveau où le Tout-Paris doit se donner rendez-vous. Lorsqu’une femme meurt mystérieusement alors qu’elle était en visite avec ses neveux, la rédaction du quotidien Le passe-partout se pose des questions. D’autant plus qu’elle n’est pas la seule victime fatale de ce qui serait en apparence une piqûre d’abeille. Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, va tenter de percer le mystère de ces morts suspectes.

 

 

 

 

© Morvan, Bazile, Sauvêtre - Philéas

 

 

Jean-David Morvan, supporté par Eloïse de la Maison, adapte la série de romans de Claude Izner, duo d’écrivaines bouquinistes parisiennes. Elles signent ces enquêtes situées dans la capitale à la fin du XIXème siècle. Le voyage dans le temps et dans les lieux est envoûtant. Il y a du Jules Verne et de l’Eugène Sue dans cet épisode aux couleurs de l’Exposition Universelle lors de laquelle fut présentée la prétendue éphémère Tour Eiffel. Morvan insuffle le rythme dynamique et le suspens bas de page nécessaire à toute bonne adaptation.

Les personnages secondaires se taillent une place de choix qui ne demande qu’à être développée dans les prochains épisodes, que ce soit Kenji Mori, associé et père adoptif de Victor, ou encore l’artiste peintre Tasha.

 

 

 

 

 

© Morvan, Bazile, Sauvêtre - Philéas

 

Bruno Bazile quitte les automobiles vintages auxquelles il est habitué pour les carrosses et les voitures de cochets, ainsi que les tramways électriques des rues pavées de la capitale. Les couleurs proches du sépia d’Annelise Sauvêtre & Thomas Lergenmuller contribuent au voyage dans le temps. Bazile adopte un trait plus jeté qu’à l’habitude, privilégiant le dynamisme à parfois la finesse du trait. Comme c’est le cas pour Luc Brahy sur Les enquêtes de Sharko et Hennebelle, on eut apprécié que l’auteur ait plus de temps pour réaliser son album afin de fignoler certaines planches. L’ensemble reste fort agréable et ne décevra pas les lecteurs.

                La couverture a un appréciable côté « roman de gare » avec tout le respect que l’on doit à ce genre.

 

 

 

 

© Morvan, Bazile, Sauvêtre - Philéas

 

 

Les enquêtes de Victor Legris comptent déjà 700 000 lecteurs et douze romans parus chez 10/18 dans la collection « Grands détectives ». Les adaptateurs en bande dessinée sont déjà au travail sur un deuxième épisode : « La disparue du Père-Lachaise ».

 

 

 

 Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les enquêtes de Victor Legris  

 

Titre : 1 - Mystère Rue des Saints-Pères 

 

Genre : Polar 

 

Scénario : Jean-David Morvan, supporté par Eloïse de la Maison

 

D’après : Claude Izner 

 

Dessins : Bruno Bazile 

 

Couleurs : Annelise Sauvêtre & Thomas Lergenmuller 

 

Éditeur : Philéas

 

Nombre de pages : 88 

 

Prix : 15,90 €

 

ISBN : 9782491467036

 

 

 



Publié le 24/11/2021.


Source : Bd-best


Un coupable idéal mais pas d’accord.  Commando Barbare 1 - Burrato le vertueux

 

« - Je vous dis d’arrêter ! Ce procès ne sert à rien. Je suis déshonoré, tuez-moi.

- Donc, vous avouez votre crime ?

- Pas du tout. Je n’ai rien fait. J’ai été bête, c’est tout. Mais si je n’avais pas manqué de vigilance, le trésor serait encore là.

- Mesdames et messieurs les jurés, gardez en mémoire que nous parlons d’un trésor symbolique. Il n’est question que d’une semaine de recettes de la compagnie des remonte-pentes. Si j’en crois la déclaration du coupable, on est en train de faire un drame pour moins de quatre livres de pièces d’argent et peut-être une dizaine de gemmes.

- Et un meurtre ! »

 

 

 

 

 

 

 

                An 83 de l'ère du Bien, le nain Burrato est accusé d’avoir volé de l’or. Le procès tourne en mascarade. Le nain se rebelle et s’enfuit en sautant par la fenêtre. Il n’a qu’une idée en tête : retrouver son cousin Mozzarello, véritable auteur du larcin. Au cœur d’une forêt sombre et impénétrable, bravant mille dangers, Burrato cherche à retrouver le responsable de ses avanies. Au gré de ses rencontres, il constitue son commando. Mais attention, le chaos est aux portes de l’empire du bien.

 

 

 

 

© Sfar, Keramidas, Walter - Glénat

 

 

                Il a suffit d’un post innocent, un dessin de barbare de Nicolas Keramidas sur le net pour qu’une conversation s’engage entre Joan Sfar et lui. Très vite, les deux compères s’engagèrent dans la création d’une nouvelle histoire d’Heroïc-Faantasy. Le challenge était de taille. Le genre étant depuis des années surexploité pour le meilleur et pour le pire, il fallait arriver à se démarquer. Burrato est une sorte de Conan. Il n’a aucune pitié mais est également sensible à une certaine justice. Il est capable de s’émouvoir. Il protègera les plus faibles mais sera intransigeant avec ses ennemis. On ne réfléchit pas quand il faut tuer !

 

                Loin de A cœur ouvert, ouvrage exceptionnel, intime mais pas intimiste, dans lequel Keramidas se confiait sur sa maladie cardiaque, le dessinateur méritait bien une récréation. Avec Commando Barbare, il s’en donne à cœur joie. Dans un trait plus épais que celui qu’on lui connaît habituellement, Keramidas démarre une saga à la « Livre dont vous êtes le héros ». De nombreuses cases pleines pages chapitrent le récit, comme des couvertures de Comics.

 

 

 

 

© Sfar, Keramidas, Walter - Glénat

 

 

                Pour ceux qui penseraient ou désireraient lire une nouvelle version de Donjon, ils se fourrent le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Ni dans le ton, ni dans la forme, l’histoire n’y ressemble. Outre la diversité des thèmes abordés, allant de l’exclusion à la tolérance, Sfar adopte un style de narration qui est assez inédit et déroutant au départ. La voix off de Burrato est déconcertante au début et il faut plusieurs pages pour s’y habituer. Une fois le principe assimilé, on accepte facilement cette « règle du jeu ». Avec Affikoman le ver de farine, Sfar joue avec le lecteur comme s’il le voyait ce qui vaut quelques dialogues hilarants.

 

                Quand Sfar s’engage dans un nouveau projet, il ne fait pas les choses à moitié. C’est à croire que le scénariste ne sait pas écrire de simples scénarii sans créer d’immenses univers. Celui de Commando Barbare débute avec cet album, se complète avec un roman illustré autour du cousin Mozzarello et se poursuivra par un jeu de rôles.

 

 

 

 

© Sfar, Keramidas, Walter - Glénat

 

 

                L’album se clôt par l’explication du concept de la série, des interviews des auteurs, ainsi que les coulisses de la création. Le Commando Barbare n’a pas fini de nous éclabousser de giclées d’aventures.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 


 

Série : Commando Barbare

 

Tome : 1 - Burrato le vertueux

 

Genre : Heroïc-Fantasy 

 

Scénario : Joann Sfar 

 

Dessins : Nicolas Keramidas 

 

Couleurs : Walter

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 128 

 

Prix : 19,95 €

 

ISBN :  9782344041277

 

 

 



Publié le 24/11/2021.


Source : Bd-best


Inside Sir Arthur Conan Doyle.  Dans la tête de Sherlock Holmes 2– L’affaire du ticket scandaleux 2/2

 

« - Bonjour, Dr Watson. Sherlock ! Je vois qu’il nous reste au mieux sept heures pour épargner aux éminences du Royaume le drame dont tu vas m’entretenir.

-   Comment Diable … ?

-   Même sans le lire, le ticket dans votre main en dit long, Docteur. Cher frère, ton influence permettra d’établir la liste des invités, parmi lesquels figureront les prochaines victimes d’enlèvement.

-   Très bien… Je vais faire traduire ces idéogrammes immédiatement. »

 

 

 

 

 

 

 

                Holmes et Watson se rendent au foreign office afin de recueillir des indices sur un couteau qu’ils viennent de trouver en poursuivant un malfrat. Il est gravé d’une devise, celle du soixantième régiment des King’s Royal Rifles. Acteurs d’un scandale qui eut lieu en Chine en 1860 en marge de la bataille de Taku Forts, des mutins évitèrent de peu le peloton d’exécution, du fait d’une sanction indigne. Leur sergent fut torturé et scarifié afin de lui « donner l’air d’un chinois ». Pour Holmes, il faut creuser cette piste. Le magicien chinois Wu-Jing qui se produit au Royal Albert Hall trame un complot bien plus vaste que ce que le résident de Baker Street aurait pu imaginer.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

                Cyril Liéron signe un scénario méthodique que n’aurait certainement pas renié Sir Arthur Conan Doyle. Loin d’une enquête conventionnelle, les différents rebonds font du mystère une impressionnante toile dont le scénariste grâce à une grande rigueur, se tire avec brio. L’ambiance londonienne, brouillard du soir et lune éblouissante, immerge le lecteur dans ce polar fin XIXème. Holmes y est dépeint sans concession, avec les failles qu’on lui connaît concernant la consommation de stupéfiants. Watson, la tête sur les épaules, suit son modèle qu’il idolâtre.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

                Le graphisme anguleux de Benoît Dahan rappelle l’époque cinématographique dans laquelle le personnage était incarné par le grand Basil Rathbone. L’homme qui endossa onze fois le trench coat du détective, plus une douzième avec la voix de Basil détective privé dans le dessin animé des studios Disney, restera à jamais le meilleur interprète du résident de Baker Street. Sans vouloir copier ses traits, Dahan donne à son personnage l’âme de l’acteur. Les décors minutieux de la capitale anglaise sont aussi fins et précis que l’est l’enquête d’Holmes.

 

                Outre un scénario en béton et un dessin pointilleux, c’est par un remarquable découpage hors du commun que se distingue cette série. Tout est dit dans le titre : Dans la tête de Sherlock Holmes. Ce n’est pas une métaphore. Quand Sherlock réfléchit, le personnage navigue de case en case dans une planche cadrée dans sa tête. La collecte des informations se fait dans son esprit comme s’il était une machine dans laquelle on entre des données qui en ressortent une fois analysées.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

                Aucune planche ne ressemble à une autre. Les mises en scène mettent en avant les indices que trouve le détective et à partir desquels est construite toute l’architecture de la double page. Les déplacements dans les différents quartiers s’effectuent sur fond de cartes de la ville. Des jeux de pliage de pages ou de transparences donnent des indices supplémentaires aux lecteurs. Il fallait pour ça un travail d’édition et d’impression irréprochables. C’est le cas.

                Un seul petit bémol : plus de deux ans entre les deux parties d’une même enquête, c’est beaucoup trop long. Les auteurs nous promettent une histoire complète pour le volume suivant.

 

                Sherlock Holmes est un héros qui vit des éternels retours. Mais les auteurs prouvent qu’il est encore possible d’étonner avec un personnage et un thème battus et rebattus, tout cela grâce à un traitement complètement inédit du genre. Elémentaire !

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Dans la tête de Sherlock Holmes

 

Tome : 2– L’affaire du ticket scandaleux 2/2

 

Genre : Polar 

 

Scénario : Cyril Liéron & Benoît Dahan 

 

Dessins & Couleurs : Benoît Dahan 

  

D’après : Conan Doyle

 

Éditeur : Ankama

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14,90 €

 

 ISBN : 9791033512547

 

 

 



Publié le 24/11/2021.


Source : Bd-best


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