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Revenir des ombres.   La jeunesse de Thorgal 11 - Grym

 

"-Il se nomme comment ? Tu attends qu’il revienne ?

-Comment le sais-tu ?

-Ce n’est pas la première fois que je t’aperçois sur ce  rocher… Pour qu’une jeune femme reste ainsi des heures, en pleine brise, à guetter la mer, il faut que ce soit en espérant le retour de l’être aimé…

-Son nom est Thorgal !"

 

 

 

 

 


La lune a une étrange couleur verdâtre. C’est la couleur d’Ayyur vers laquelle la frêle embarcation conduit un Thorgal mort-vivant. Le vent se lève. La mer se déchaîne. Le corps du viking disparaît du bateau. L’orphelin des étoiles se retrouve parmi des êtres qui avancent, hagards, vers une pyramide. Une nuée de harpies fond sur les plus faibles. Au sommet de la pyramide, les trois Harpyvafas, fileuses de destin, déterminent qui peut vivre et qui doit mourir. Elles proposent une épreuve à Thorgal.

 

© Surzhenko, Yann, De Cock - Le Lombard

 

Une vie à l’attendre ! Aaricia, on le sait, a passé une bonne partie de sa vie à attendre son amour. Ce que l’on savait moins, c’est que, déjà jeune, elle l’attendait. C’est ce qu’elle fait ce jour-là en bord de mer lorsqu’un jeune homme, Grym, l’aborde. Son père est un viking, sa mère une Grontharen, issue d’un peuple de parias relégué dans des grottes. Elle s’est donné la mort après que son père les a abandonnés pour retourner au Northland. L’enfant a survécu, il ne sait plus comment, jusqu’à ce que Tyr, un brutal maître d’armes, l’ait recueilli et lui ait offert un abri et un travail. Aujourd’hui, Grym n’a pas totalement quitté ce peuple des cavernes. Aaricia va le découvrir.

 

© Surzhenko, Yann, De Cock - Le Lombard

 

Pour ce dernier épisode de la jeunesse de Thorgal, on suit les destins parallèles du fils Aegirsson et de sa future épouse. Le viking réussira-t-il à rejoindre le monde des vivants ? On sait par avance que oui, mais on se demande comment, et à quel prix. Quant à Aaricia, elle s’avère plus impliquée et avoir plus de caractère qu’elle n’aura plus tard. Avec Grym, Yann créé un personnage éphémère fort comme a su si bien le faire Jean Van Hamme. Cette ultime « jeunesse » est un hommage avéré au mythique cinquième tome : « Au-delà des ombres ». Au dessin, Roman Surzhenko a réussi à faire oublier qu’il n’était pas Rosinski. On voit mal comment il ne pourra pas revenir dans cet univers. A moins qu’il ne réussisse à créer la série qui sera totalement la sienne.

 

© Surzhenko, Yann, De Cock - Le Lombard

 

Thorgal termine sa jeunesse et s’apprête à vivre de bien périlleuses aventures. Un chapitre se clôt mais la série de One Shot Thorgal Saga est déjà sur les rails. Le pauvre bougre ne réussira certainement jamais à se reposer dans sa vie. Tant mieux.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : La jeunesse de Thorgal

Tome : 11 - Grym 

Genre : Heroïc Fantasy 

Scénario : Yann

Dessins : Roman Surzhenko

Couleurs : Elvire De Cock

Couverture :  Rosinski

Éditeur : Le Lombard

ISBN : 9782808210836

Nombre de pages : 48

Prix : 12,45 €

 


 



Publié le 21/09/2023.


Source : Boulevard BD


Un art de vie, l'art d'une vie.   Ami

 

"-Bonjour, Mamie !

-Bonjour Ami. Que veux-tu pour le petit-déjeuner ?

-Hum, des céréales s'il te plaît. Qu'est-ce que tu fais ?

-Ah ! Je tricote un gilet, ma chérie. Je sais que c'est un peu tôt mais ce sera un cadeau de Noël pour ton Papa."

 

 

 

 

 


                En Angleterre, Ami, une petite fille de neuf ans, passe ses vacances chez sa grand-mère. Ils devaient aller au Loch Ness en famille, mais Maman a eu des affaires urgentes de dernière minute. Alors, avec Papa, Ami est allée chez Mamie à la place. La gamine a fait contre mauvaise fortune bon cœur. Malgré sa déception, elle s'est vue heureuse d'explorer l'ouest du pays avec son père, jusqu'au jour où il a dû rentrer pour, dixit, affaires urgentes. Avec Mamie, c'est un autre temps qui s'écoule : radio, tasse de thé et tricot. La matriarche entreprend de faire apprendre et de donner le goût du tricotage à sa petite fille.

 

© Matsushita - Des ronds dans l’O

 

                Résumé comme ça, sur le papier, cet album n'a rien de passionnant. Une petite fille, toute seule avec sa grand-mère, elles font du tricot… Ouais, bof ! Et pourtant, il se passe quelque chose de magique avec ce livre. Après quelques pages, tout s'arrête autour de soi. On n'entend plus les bruits ambiants. Les aiguilles des horloges cessent de tourner. Le monde peut s'écrouler. On est parti dans l'univers. On n'en ressortira qu'en fin d'album, en réalisant qu'on était parti, qu'on venait de bénéficier d'un moment de sérénité incroyable. Être déconnecté, être hors du temps, c'est le merveilleux cadeau que nous offre l'autrice Saeko Matsushita, japonaise vivant en France.

 

© Matsushita - Des ronds dans l’O

 

La grand-mère explique que si l'on rate une maille, on peut détricoter et repartir sur une bonne base. Le tricot, en fait, ce n'est qu'une métaphore de la vie. Avant d'être une histoire de tricot, Ami est une affaire de famille. L'enfant a neuf ans. C'est l'âge où l'on commence à comprendre les problèmes des adultes. Si Maman n'a pas pu venir en vacances, si Papa est reparti régler des affaires, c'est qu'il y a une raison bien précise qui va bouleverser la vie d'Ami. C'est peut-être pour ça que sa grand-mère va devenir sa référence. Elle va aussi se rapprocher énormément de son père par le biais du tricot. En fait, la Mamie ne serait-elle pas une soigneuse d'âmes dont le médicament serait l'art des aiguilles et du crochet ? En uniques tons rouges et verts, Saeko Matsushita est dans une douceur graphique. Même si on n'est pas dans le même style, le livre est à ranger à côté de ceux de Anne Hofer, voir le générique de L'île aux enfants ou Les grandes vacances Juin 1959 paru chez Idées plus, et ceux de Vivien Kubos, plus connue sous le nom de Sarah Kay.

 

© Matsushita - Des ronds dans l’O

 

Ami, c'est une histoire de transmission et de retour aux vraies valeurs. Ami, c'est une histoire qui invite à reconsidérer le temps, le temps qui passe, le temps où l'on profite des siens. Merci Madame Matsushita. Allez, on coupe tout, partons tricoter.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Ami

Genre : Emotion

Scénario, Dessins & Couleurs : Saeko Matsushita

Éditeur : Des ronds dans l’O

ISBN : 9782374181417

Nombre de pages : 74

Prix : 18 €

 


 



Publié le 21/09/2023.


Source : Boulevard BD


Spirou 4458 – 20 septembre 2023

 

 

Mademoiselle J. reporter de guerre

 

 

 

 

 

 

 

 

            Mademoiselle J., vous savez, celle qui avait rencontré le groom Ptirou, est de retour. Nous la retrouvons en pleine seconde guerre mondiale. Les nazis ont envahi Paris. La maison de Juliette est réquisitionnée pour y loger des officiers. Juliette tente de convaincre une famille de se cacher alors que les juifs sont traqués. Côté récit complet, nouvel épisode de la très originale Agence Casting BD.

 

            Pendant ce temps, les abonnés profitent d'un stripbook bien rigolo avec un marchand de sable qui ne va pas vous endormir… à force de rire.

 

Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Cerq, Mouk– Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Cavaliers de l'apocadispe (Les) font un voyage scolaire

Libon

Lieutenant Bertillon : Amotken

Pomès / Barth / Drac

Mademoiselle J. : 1946 Jusqu'au bout du monde

Verron /Sente / Rabarot

Tuniques bleues (Les) : Du feu sur la glace

Lambil / Kris / Leonardo

 

 

Récit complet :

 

Agence Casting BD (L')

Hamo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Antre case (L') (La pause-cartoon)

Waltch / Derache

Boule et Bill

Bastide / Cazenove

Brad Rock

Jilème / David

Capitaine Anchois

Floris

Crapule (La pause-cartoon)

Deglin

Dad

Nob

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Game over

Midam / Adam / Patelin / BenBK

Gaston

Delaf / Benbk

Happy Calypse

Gyom / Laulau

Nelson

Bertschy

Petit Spirou (Le)

Janry / Cerise

Spoirou & Fantasperge (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le)

Libon / Salma

Titan inc.

Martin / Boisteau

 

 

Rubriques :

 

3 infos 2 vraies 1 fausse

Bercovici / Bernstein

Coin des lecteurs (Le) : Les BD de ma vie

Feroumont

En direct du futur : Dix Dad !

Nob

Interview

Sente / Verron

Jeux : Panique à l'Ouest

Lerouge

Leçon de BD (La)

Laurel

 

 

Supplément abonnés :

 

Stripbook : Le marchand de sable

Cerq /Mouk

 

 

 

En kiosques et librairies le 20 septembre 2023

3,20 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 



Publié le 21/09/2023.


Source : Boulevard BD


Pour quelques tours de pédales de plus.   Le Tour de Belgique de Monsieur Iou

 

"-Alors qu’est-ce que c’est que ce projet ? C’est un tout de Belgique à vélo et en BD. Mais pourquoi le vélo ? Parce que j’adore ça. Tout ce qu’il y a avant… Tout ce qu’il y a pendant… Tout ce qu’il y a après..."

 

 

 

 

 


                Fan de vélo, Monsieur Iou se lance dans un road trip à vélo en Belgique. Comme le lui dit le roi Philippe, c’est pas très grand la Belgique. Mais le but de Monsieur Iou n’est pas d’aller vite. Il ne cherche nullement la performance et privilégie les paysages, les rencontres, l’humain. Il veut participer au folklore local, se mélanger aux gens, sans forcément se « bourrer la gueule ». Il prévoit dans son agenda culturel d’aller des cocotiers flamands au Manhattan de Bruxelles, des Woodstocks de Wallonie au carnaval de Binche. Le coureur est fin prêt. Le tour de Belgique peut commencer.

 

© Monsieur Iou - Rue de l’échiquier

 

                Au carnaval de Binche, patrimoine culturel immatériel de l’humanité, Monsieur Iou va rencontrer des personnages iconoclastes. Il ne verra pas de Gilles parce qu’ils ne sortent que le Mardi. Ça ne l’empêchera pas de prendre un verre de peket, alcool aromatisé aux baies de genévrier. Iou se rend ensuite au Moresnet, territoire triangulaire neutre contesté de 1816 à 1919 entre la Hollande et la Prusse et devenu belge par la suite. Une visite à Malines montre l’ambiance particulière de la banlieue bruxelloise. C’est le lieu d’un pique-nique et d’une sympathique rencontre. Notre cycliste assiste ensuite au tour des Flandres avant de participer au championnat cycliste de Wondelgen. Arrêtons-nous un instant à Bruxelles pour la vélorution universelle visant à se réapproprier l’espace urbain avec tout un tas de bénévoles à l’organisation, l’entraide étant le maître-mot.

 

© Monsieur Iou - Rue de l’échiquier

 

                Monsieur Iou propose un voyage à travers le plat pays. Ce n’est pas une aventure, ce n’est pas une histoire, c’est une chronique. Ce n’est ni un guide du routard ni un catalogue de sorties, c’est une balade. Après chaque étape, l’auteur rentre chez lui et repart lorsqu’il en a envie. Il a réparti ses étapes tout au long d’une année, en partant tous les deux ou trois week-ends. Il termine dans les Hautes Fagnes par une émouvante rencontre avec Eddy Merckx, immense champion cycliste belge au palmarès incomparable. Graphiquement, l’album est superbe. Chapitré, en bichromies et couleurs en aplats, Iou créé des ambiances. Notons que cette nouvelle édition est enrichie d’un chapitre supplémentaire.

 

© Monsieur Iou - Rue de l’échiquier

 

                Ode au vélo, ode à la Belgique, ce tour du Pays est une invitation au calme, à la volupté et à la simplicité. Il y a du Sempé là-dedans. Poétique et apaisant.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Le Tour de Belgique de Monsieur Iou

Genre : Contemplation vélocipédique

Scénario, Dessins & Couleurs : Monsieur Iou

Éditeur : Rue de l’échiquier

ISBN : 9782374253626

Nombre de pages : 128

 



Publié le 13/09/2023.


Source : Boulevard BD


Jurassic Prof.   Les DingoDocus BD 3 - Les dinosaures

 

"-Bonjour professeur Dudico !

-Appelez-moi Robert !

-Pouvez-vous raconter à nos lecteurs de « Dinos et d’os » cette grande aventure des dinosaures ?

-Ah mais, oui ! Vous êtes tombé sur le spécialiste ! Les dinos, c’est Ducico !"

 

 

 

 

 


                Paris, Muséum d’Histoire naturelle, le professeur Robert Dudico est interpellé par une journaliste pour qu’il raconte aux lecteurs la grande aventure des dinosaures. C’est ce qui aurait dû se passer avant que, d’un geste maladroit, le professeur ne bouscule un squelette dont un os arrive sur sa tête. A moitié gaga, le scientifique ne peut plus assurer son exposé. Heureusement que le jeune Archibald traîne dans le coin. Comme d’habitude, il va prendre les choses en main afin d’aider la reporter du magazine « Dinos et d’os » à rédiger son article. Retour 13,8 milliards d’années en arrière, lors de la formation de l’univers, pour tout comprendre, en s’attardant vers 230 millions d’années avant, à l’ère des dinosaures. Celle-ci prendra fin il y a 66 millions d’années. La période est vaste à explorer.

 

© Audouin – Nathan bande dessinée

 

                Archibald revient donc au Big Bang, puis à l’apparition des premières formes de vies pour arriver aux trois périodes de domination des dinosaures : le trias, le jurassique et le crétacé, ou autrement dit le début, le milieu et la fin.  Le trias a été dominé par les reptiles marins, aériens et terrestres, qui seront donc les premiers dinosaures. C’est au jurassique que les plus grands d’entre eux domineront la planète. On apprend que le fameux mot « dinosaure » a été inventé par le paléontologue Richard Owen en 1842 à partir des mots grecs deinos, terriblement grand, et saurus, lézard. S’ils avaient su qu’ils finiraient dans Jurassic Park. Ils sont devenus si grands pour attraper la haute végétation d’une part, et pour se préserver des prédateurs de l’autre. Au fil du temps, les continents se sont formés et déplacés. Les dinosaures vivaient heureux, enfin, certains plus que d’autres, jusqu’à l’arrivée d’une fameuse météorite qui anéanti tous ceux d’entre eux qui ne volaient pas. Archibald expose ensuite les différentes races de dinosaures, démontre qu’il aurait été compliqué pour l’homme de cohabiter avec eux, puis explique comment les paléontologues font avancer la science.

 

© Audouin – Nathan bande dessinée

 

                Avec les DingoDocus BD, Laurent Audouin signe une instructive et drôlissime collection documentaire. Après Les pirates et Les égyptiens, Les dinosaures est le troisième petit précis historique, scientifique et vraiment poilant dans la collection. L’auteur parle avec des mots simples et dans un graphisme volontairement pseudo-enfantin. Le but est atteint aussi bien chez le jeune public ciblé que chez leurs parents ou enseignants. On retient des choses, alors, pari gagné.

 

© Audouin – Nathan bande dessinée

 

                Après ce voyage dans le temps, les dinosaures n’auront plus aucun secret pour vous. Vous ne regarderez plus Jurassic Park du même œil. Vivement le prochain DingoDocu BD !

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Les DingoDocus BD

Tome : 3 - Les dinosaures

Genre : Documentaire humoristique

Scénario, Dessins & Couleurs : Laurent Audouin

Éditeur : Nathan bande dessinée

ISBN : 9782095016203

Nombre de pages : 48

Prix : 12,95 €

 



Publié le 13/09/2023.


Source : Boulevard BD


Le photographe, l’indien et la négresse.   Wanted - Portrait de sang

 

"-C’était notre dernière piste.

-Non, Dull ! Tu peux encore te souvenir.

-Non ! Je n’y arrive pas ! Je ne vois que ses yeux et ses sourcils brûlés, tu comprends ?"

 

 

 

 

 


                Colorado, 1877. Dull est un jeune indien qui a été recueilli par Oscar, un photographe. Il est portraitiste et dessine des images de suspects selon les indications qu’on lui donne. En quelques jours, ils préparent des affiches Wanted qui sont placardées dans les villes. En quelques traits, Dull est capable de reproduire le visage de n’importe quel malfrat. Mais il souhaiterait en dessiner un dont il ne se rappelle que des yeux, celui qui, quelques années plus tôt, avec un groupe d’hommes armés, a massacré sa tribu. De surcroît, grâce à quelques incantations cheyennes, les portraits de Dull s’animent pour indiquer la direction dans laquelle se trouvent les personnes recherchées. C’est pour cela qu’il voudrait réussir à rassembler ses souvenirs d’enfant, pour venger les siens. La route de Dull et Oscar va croiser celle de Rose, chasseuse de primes noire, à la recherche de son frère.

 

© Dhondt, Boriau - Bamboo

 

                On pourrait s’étonner de voir Wanted édité dans la collection Drakoo. C’est tout simplement à cause de son petit côté fantastique. Mais que les réfractaires au genre ne soient pas rebutés. Il est si léger qu’il peut passer pour un côté chamanique, ce qui est d’ailleurs le cas. Wanted est avant tout et tout simplement un western, genre si efficace en bande dessinée. Celui-ci ne déroge pas à la règle. David Boriau signe une histoire de vengeance impitoyable, faisant fi des gentils qui ne font que blesser des bandits avant de les conduire au bagne. Ici, pas de sentiment, d’un côté, comme de l’autre. Les esprits de Quentin Tarantino et de Sergio Leone planent sur ce récit violent et décalé. Chacun des trois personnages principaux possède ses caractéristiques propres dans lesquelles Boriau a rebattu les cartes. Ici, le stéréotype blanc est incarné par Oscar qui tient presque un rôle de faire-valoir. Ce n’est pas lui qui dirige et influence l’action, mais son rôle d’acolyte reste primordial. Dull, le cheyenne, et Silent Rose, femme noire à la gâchette silencieuse anachronique, sont les véritables maîtres du jeu, ou du moins tentent de le devenir.

 

© Dhondt, Boriau - Bamboo

 

                C’est Steven Dhondt qui a demandé à son ami scénariste un western aéré aux accents de manga. De l’espace, de l’action et du rythme. Grâce à son trait semi-réaliste, l’ultra-violence de certaines scènes prend un côté, non pas comique, mais forcément plus léger. On revient là encore à Tarantino qui sait si bien faire ça au cinéma. Contrairement à la couverture qui ne le laisse pas penser, Dhondt est dans la mouvance Loisel-Alary-Mallié. Ici, son trait aurait gagné à être imprimé dans un format légèrement plus petit, taille Comics à l’américaine car certaines scènes d’ensemble, si grandes, manquent de finesse dans les détails. Les gros plans sont quant à eux on ne peut plus expressifs. On gagne d’un côté ce que l’on a un petit peu perdu de l’autre. L’ensemble reste solide.

 

© Dhondt, Boriau - Bamboo

 

                Avec son angle inédit et sa narration originale, Wanted - Portrait de sang est un one shot pop-corn avec toute la noblesse du genre. Espérons que ceci ne soit que les bases de ce qui ne demande qu’à devenir une série.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Wanted - Portrait de sang

Genre : Western

Scénario : David Boriau

Dessins & Couleurs : Steven Dhondt

Éditeur : Bamboo

Collection : Drakoo

ISBN : 9782382331385

Nombre de pages : 104

Prix : 18,90 €

 

 



Publié le 13/09/2023.


Source : Boulevard BD


Corée sanglante.   Mémoires d’un frêne

 

"-Attends, frérot. Cet arbre est trop jeune. Choisis-en plutôt un vieux.

-Compris !

BRRM

-Le ciel gronde alors qu’il est dégagé. Vraiment étrange…

-On est convoqués au bureau de police.

-Quoi, encore ? Ils nous enquiquinent avec leurs réunions. Peut-être qu’il y aura à manger ! Ha ha ha !"

 

 

 

 

 


                Alors qu’ils s’apprêtaient à rentrer chez eux après avoir glané du bois dans la forêt, ces deux frères ne se doutaient pas qu’elle serait leur tombeau. Ils sont convoqués par la police et ne s’inquiètent plus que ça. Et pourtant… Nous sommes en Corée du Sud en 1950. Les autorités sont en train d’organiser la plus grande épuration depuis la déportation des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Le témoin de ce drame va être un jeune frêne qui pousse en bas de la vallée. L’arbre va voir arriver, jour après jour, des colonnes de prisonniers enlacés aux mains ou aux pieds par des fils de fer barbelés, encadrés par des soldats en arme. Jour après jour, par groupes de centaines, ils seront exécutés, comme du vulgaire bétail à l’abattoir. Le frêne assiste aux massacres, commentant, impuissant et de manière objective, l’arrivée des condamnés, les supplications, les fusillades, les décompositions des corps et la découverte du charnier.

 

© Park Kun-woong - Rue de l’échiquier

 

                Park Kun-woong adapte une nouvelle inédite en français de l’écrivain coréen Choi Yong-tak. Dans un noir et blanc implacable, l’auteur montre le sang sans aucune tache de rouge. Rarement l’horreur a été montrée de façon aussi poignante. On souffre, on pleure, on prie, avec les victimes innocentes d’un scandale national. Longtemps la Corée du Sud a dissimulé les plaies qu’elle a causées. Le massacre de la ligue Bodo, raconté dans ce livre, est la liquidation de dizaines de milliers de civils, sympathisants ou opposants politiques, pour éviter la propagation du communisme. Il faudra attendre quarante ans et les années 90, avec la découverte de charniers, pour que les exécutants des tueries de masse témoignent, et que la Corée du Sud assume ses crimes internes. « J’espère que cet ouvrage rappellera à chacun combien il est important de se souvenir et de témoigner. » Par ces mots, Park Kun-woong montre ses intentions et fait œuvre d’utilité publique.

 

© Park Kun-woong - Rue de l’échiquier

 

                Que le sujet ô combien historique et dramatique n’occulte pas les qualités graphiques de l’album et l’originalité de l’angle choisi par l’intermédiaire de l’arbre. Lorsque l’officier ordonne l’exécution, la montagne, noire sur une case, s’illumine des éclats des tirs de fusils. Lorsque les pauvres gens sont tués, les hurlements et les coups de feu entonnent une gigantesque symphonie. Les victimes agonisantes sont représentées sur une portée musicale. Et que dire des insectes et des oiseaux qui s’acharnent sur les corps disloqués. « C’était une belle nuit. » dit le frêne… Quand on regarde le sublime ciel étoilé, le point de vue est tout autre.

 

© Park Kun-woong - Rue de l’échiquier

 

                Dénonciation d’un massacre politique étouffé, Mémoires d’un frêne est un album dont on ne se remet pas indemne. Dur, violent, réaliste, émouvant, le livre trouvera sa meilleure place dans les bibliothèques aux côtés de l’indispensable Maus d’Art Spiegelman.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Mémoires d’un frêne

Genre : Tragédie historique

Scénario & Dessins : Park Kun-woong

Éditeur : Rue de l’échiquier

ISBN : 9782374251028

Nombre de pages : 304

Prix : 21,90 €

 

 



Publié le 13/09/2023.


Source : Boulevard BD


Ode à la lecture.    Momo Petit prince des Bleuets

 

"-Bonjour Momo. Viens t’asseoir avec nous, mon grand. Il y a des choses dont on doit parler ensemble.

-Bonjour, Madame.

-J’ai tenu à voir tes parents pour parler de ton avenir.

-C’est… C’est-à-dire ?

-J’ai préparé, pour toi, une liste de livres à lire cet été. Tu pourras tous les trouver à la bibliothèque."

 

 

 

 

 


                Cité des Bleuets, début de l’été. Si la directrice vient rendre visite à Momo et à ses parents, dans leur appartement de banlieue, c’est pour conseiller une série de livres à l’élève de son école passionné de lecture. Elle est convaincue qu’il peut faire de belles et grandes études. Elle a retrouvé en lui les qualités qu’elle avait déjà vues chez sa sœur Fatima. La famille de Momo n’est pas riche, mais ils vont faire le maximum pour que Momo y arrive. Il existe des aides et des bourses. Bref, on verra ça plus tard. Pour l’instant, direction la bibliothèque municipale du quartier pour emprunter quelques-uns des livres qu’il a choisis. Entre Le Petit Prince, Vendredi ou la vie sauvage, L’île au trésor et autres Histoires pressées, il n’y a que l’embarras du choix. Un jour, sur un banc en bas de son immeuble, Momo va rencontrer Monsieur Edouard, ancien instituteur à la retraite, avec qui va se nouer une amitié indéfectible.

 

© Lizano, Hassan - Nathan bande dessinée

 

                Marc Lizano adapte en toute liberté le premier roman d’une trilogie de l’autrice Yaël Hassan, vendue à 350 000 exemplaires. Le dessinateur a pris des libertés avec l’histoire originelle, ôtant ou ajoutant des scènes, tout en gardant l’essence même de cette ode à la lecture. Adapter en bande dessinée un livre qui donne envie de lire, le pari n’était pas gagné d’avance. Et pourtant, on n’a qu’une hâte une fois l’album refermé, c’est de se jeter sur L’aiguille creuse de Gaston Leroux, L’œil du loup de Daniel Pennac ou Le journal d’Anne Frank. Momo apprend à ses lecteurs à voyager avec les livres, ne voyant pas le temps passer lorsqu’il est plongé dans ses lectures. Si Monsieur Edouard est parfois triste de finir un livre et de quitter ses personnages, Momo, lui, s’en réjouit parce que c’est signe pour lui qu’il va commencer une nouvelle aventure.

 

© Lizano, Hassan - Nathan bande dessinée

 

                Les personnages aux têtes hypertrophiées sont la marque de fabrique de Marc Lizano. Le dessinateur de La petite famille, série magnifique en trois tomes avec Loïc Dauvilliers au scénario, met une incroyable dose d’émotion dans chacun de ses acteurs. Comment ne pas être émerveillé par les yeux de lecteur de Momo ? Comment ne pas être ému par les rides de Monsieur Edouard qui en disent si long sur son vécu ? Comment ne pas déceler l’amitié amoureuse dans les sourires en coin d’Emilie ? En fin d’album, Marc Lizano raconte la genèse de l’adaptation et expose sa façon de travailler.

 

© Lizano, Hassan - Nathan bande dessinée

 

                Yaël Hassan a écrit deux autres livres avec Momo comme héros. Espérons que ce petit prince des Bleuets rencontre un succès suffisant pour qu’on lise en BD « Des lauriers pour Momo » et « Momo des coquelicots ». En attendant, les trois romans et une intégrale sont disponibles aux éditions Syros. En roman ou en BD, lisez Momo, il vous fera lire encore plus.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Momo Petit prince des Bleuets

Genre : Littérature

Scénario, Dessins & Couleurs : Marc Lizano

D’après le roman de : Yaël Hassan

Éditeur : Nathan bande dessinée

ISBN : 9782095003302

Nombre de pages : 96

Prix : 14,95 €

 



Publié le 13/09/2023.


Source : Boulevard BD


Rire à tout prix.   Show-Ha Shoten ! 1

 

"-Mais alors, tu as déjà un partenaire ?

-… J’ai donc décidé de devenir humoriste en formant un duo avec ce garçon. C’est bon, ne t’en fais pas.

-Ah ! Je te demande pardon !

-A cause d’une maladie. Il est mort. Je veux créer une gigantesque vague de rires… C’est pour ça que j’ai décidé de poursuiivre son rêve. Il rêvait de remporter le grand prix d’humour Warai pour le meilleur duo comique et l’UCB."

 

 

 

 

 


Azemichi Shijima est un jeune lycéen timide caché derrière ses grandes lunettes. Pourtant, sous le pseudo d’Everyday Shhijimi, il envoie des punchlines dans les émissions radio et télé. S’il s’est réfugié ainsi dans l’humour, c’est parce que quelques années auparavant il n’a pas su répondre à la demande d’une amie qui lui demandait un truc marrant avant qu’elle ne déménage et ne change de région. Aujourd’hui, Taiyô Higashikata a besoin de lui. Le lycéen de Seconde est inscrit au spectacle comique du festival de la culture du lycée qui aura lieu le mois prochain. Il lui faudrait un co-auteur pour que ses gags soit drôles. Plus que d’être un co-auteur, Taiyô va pousser Azemichi à devenir son partenaire de scène. Réussiront-ils à provoquer des vagues de rire dans les différents festivals ? Toujours est-il qu’avant cela, l’apprenti comédien va devoir convaincre sa famille. Et ça, c’est une autre paire de manches.

 

Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
© Akinari, Takeshi – Kana 2023

 

Akinari Asakura est un jeune scénariste qui rêvait de devenir mangaka ou humoriste. Avec Show-Ha Shoten !, il conjugue ses deux espoirs. Etant lui-même monté sur scène lors de sa sixième année d’école primaire lors d’un festival de la culture avec un camarade de classe, il sait de quoi il parle. Cette première expérience ne fut apparemment pas glorieuse. Dans ce manga, il prend le risque de traiter d’humour et de l’afficher. On ne peut pas dire que ce que l’on lit des interventions scéniques de Taiyô et Azemichi soit drôle, mais Asakura le justifie remarquablement. Un gag dépend du contexte et du public ciblé. Il se préserve ainsi de critiques. La série n’est pas un manga pour faire rire mais un manga pour comprendre un processus de création et ensuite d’exposition. C’est beaucoup plus malin qu’au premier abord.

 

Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
© Akinari, Takeshi – Kana 2023

 

Au dessin, on retrouve l’un des mangakas les plus en vue du moment. Si l’on vous dit Death Note, Bakuman et Platinum End, pour ne citer que ceux-là ? La réponse est Takeshi Obata. On le savait capable de grandes envolées dramatiques et lyriques, on le retrouve se mettant en danger dans une série qui n’est ni d’action, ni fantastique. Comme dans Bakuman, un manga sur les mangakas, Takeshi fait du quotidien contemporain. C’est peut-être ce qu’il y a de plus difficile. Il parvient à faire d’une simple scène théâtrale un ring où tous les coups sont permis. Mais ça, les deux héros l’apprendront en toute fin de ce tome 1.

 

Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
© Akinari, Takeshi – Kana 2023

 

La scène est à vous. Le rideau n’a plus qu’à s’ouvrir. Attention, le public peut être intransigeant. Deux lycéens qui ne font pas ça par hasard sont prêts à tout pour recevoir les applaudissements. Pas de sang, pas de meurtres, mais un suspens bien présent. Inattendu.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Show-Ha Shoten !

Tome :

Genre : Shonen

Scénario : Akinari Asakura

Dessins : Takeshi Obata

Éditeur : Kana

ISBN : 9782505119227

Nombre de pages : 188

Prix : 7,10 €

 


 



Publié le 13/09/2023.


Source : Boulevard BD


Spirou 4457 – 13 septembre 2023

 

 

 

Les cavaliers de l'apocadispe en route pour la découverte du poney

 

 

 

 

 

 

 

 

            On est à peine rentré que les cavaliers de l'apocadispe partent déjà en voyage scolaire. Pour une fois, ce ne sera pas dans une histoire courte, mais dans un récit à suivre qui va durer cinq semaines. Pour Kyle Travel, c'est fin de récit. On ne vous cache pas qu'on reste en plein suspense. Leçon de philosophie avec Cédric et Pépé. Vous apprendrez s'il faut longtemps pour devenir vieux.

 

            Pendant ce temps, les abonnés terminent le feuilleton de l'été avec, en mini-BD, l'épisode 9, le dernier, de la deuxième partie de La bête, l'histoire du Marsupilami signée Zidrou & Frank Pé.

 

Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Pé, Zidrou, De Cock– Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Cavaliers de l'apocadispe (Les) font un voyage scolaire

Libon

Kyle Travel : La fleur du souvenir

Zonno / Russo / Pinelli

Lieutenant Bertillon : Amotken

Pomès / Barth / Drac

Tuniques bleues (Les) : Du feu sur la glace

Lambil / Kris / Leonardo

 

 

Récits complets :

 

Cédric

Laudec / Leonardo

Happy Calypse

Gyom / Laulau

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Antre case (L') (La pause-cartoon)

Waltch / Derache

Boule et Bill

Bastide / Cazenove

Crapule (La pause-cartoon)

Deglin

Dad

Nob

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Game over

Midam / Adam / Patelin / BenBK

Gaston

Delaf / Benbk

Kid Paddle

Midam / Dairin / Patelin / Angèle

Nelson

Bertschy

Petit Spirou (Le)

Janry / Cerise

Spoirou & Fantasperge (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le)

Libon / Salma

Titan inc.

Martin / Boisteau

Willy Woob

Moog / Bernstein

 

 

Rubriques :

 

3 infos 2 vraies 1 fausse

Bercovici / Bernstein

Coin des lecteurs (Le) : Bienvenue dans mon atelier !

Toulmé

En direct du futur : Un cow-boy et des kids !

Blutch

Interview

Libon

Jeux : Apocadispe sur la plage

Antoine & Morin

Spirou et moi

Mouk

 

 

Supplément abonnés :

 

Mini BD : Marsupilami : La bête 2 (Livret 9/9)

Frank Pé / Zidrou / De Cock

 

 

 

En kiosques et librairies le 13 septembre 2023

3,20 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 



Publié le 13/09/2023.


Source : Boulevard BD


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