Information générale concernant le monde de la BD
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Un autre Fantômas.  L’enfer pour aube 1 - Paris Apache

 

« - Dans ce wagon, il y avait Ducoroy, conseiller du ministre des travaux publics… Et celui que vous venez de croiser, sur le brancard, c’est Charles Dauger, inspecteur du conseil général des ponts et chaussées. Ils ont été attaqués par un homme qui avait dû se planquer dans le wagon au départ. D’après un ingénieur de la compagnie, il a balancé une grenade sous le plancher, dans les câbles électriques. Ça n’a pas dû être une grosse explosion, mais ça a suffi pour faire dérailler le train.

- Mais… et le terroriste ?

- Il a sauté avant le tunnel. »

 

 

 

 

 

 

                (…) tandis qu’à l’horizon sinistre,

Sous des nuages lourds, hagards, couleur de sang,

Chargé de spectres, noir, dans les flots décroissant,

Avec l’enfer pour aube et la mort pour pilote,

On ne sait quel radeau de la Méduse flotte !

 

                Rangé du côté des Communards, Victor Hugo écrit ce poème A ceux qu’on foule aux pieds, en 1872, dans le recueil L’année terrible.

 

                Quelques années plus tard, janvier 1903, le métropolitain parisien est en plein développement. Les cendres de la Commune sont encore chaudes. Il y a trente ans à peine, Paris a presque été détruite. Incendiée, pillée, saccagée, la capitale a failli finir en ruine. La belle s’est relevée mais la vermine ne meurt jamais. Dans un Paris malade de son peuple, le succès de la ligne Nord-Sud de ce que l’on n’appelle pas encore le métro, mais le métropolitain, était inespéré. Mais alors que Dauger, des Ponts et chaussées, et Ducouroy, conseiller du ministre des travaux publics, essayent la ligne, leur wagon est attaqué par un grand échalas à l’écharpe rouge masquant son visage. Laissant une pièce d’or sur les lieux de ses attentats, l’homme sème la terreur dans Paris avec ses complices les Apaches

 

 

 

 

 © Pelaez, Oger - Soleil

 

 

                Philippe Pelaez fait partie des scénaristes sur qui il faut maintenant compter. Récemment, entre Maudit sois-tu, Le bossu de Montfaucon et maintenant L’enfer pour aube, il réalise un triplé exceptionnel. Avec L’enfer pour aube, il propose un thriller politico-historique passionnant, un des albums remarquables de ce premier trimestre. Le fond historique est précis. La France sort d’une période de troubles internes et ne sait pas que dix ans plus tard ce sera le chaos. Pelaez se sert du métropolitain qui n’a encore que trois ans pour montrer une lutte de classes impitoyable. Des grands magasins luxueux boulevard Barbès aux ruelles boueuses de Charonne, les dames en crinoline n’ont pas vocation à croiser la route des titis aux mains sales. Le personnage à l’écharpe rouge n’est pas un simple truand de grande envergure. Il a la même classe que plus tard Fantômas, mais les fantômes sont en lui et manifestement ils le hantent.

 

 

 

 

 © Pelaez, Oger - Soleil

 

 

                Tiburce Oger signe son meilleur album. Oger dessinateur fait des merveilles. Oger coloriste reste dans des tons de gris limite sépia sans en être, sauf pour l’écharpe du tueur et quelques autres touches rougeâtres. De fausses couvertures du supplément illustré du Petit Journal, quotidien de l’époque, chapitrent le récit. On court sur les toits avec l’inconnu masqué, on sent la chaleur de l’incendie sur le boulevard, on s’enfuit d’une ruelle avec une victime des apaches de Belleville. Cerise sur le gâteau, la couverture et la maquette de l’album sont magnifiques.

 

 

 

 

 © Pelaez, Oger - Soleil

 

 

                L’enfer pour aube est de ces albums qu’on ne referme qu’après l’avoir terminé et grâce auquel on peut dire : « Paris 1903, j’y étais ! ». On frise la perfection. Envoûtant, effrayant, passionnant, c’est une petite histoire ancrée dans la grande qui restera l’une des excellentes surprises de l’année.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : L’enfer pour aube

 

Tome : 1 - Paris Apache

 

Genre : Polar

 

Scénario : Philippe Pelaez

  

Dessins & Couleurs : Tiburce Oger

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 68

 

Prix : 15,95 €

 

ISBN : 9782302094390

 



Publié le 14/03/2022.


Source : Bd-best


BD Best y Ă©tait pour vous ... Vernissage de l'exposition

 

 

 

Souvenir d'un superbe vernissage ce mercredi 9 mars à la galerie Huberty & Breyne? en présence de nombreux invités. L'occasion de redécouvrir plus de 40 planches originales des premières aventures de Michel Vaillant ainsi que 2 reproductions de Vaillantes et ... A vous de le découvrir ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© RTBF Info

 

 

 

 

 

Gallery Huberty & Breyne

33 place du Châtelain
1050 Bruxelles
+32 (0)2 893 90 30

 

 

 

Images: Thierry Ligot & Axelle Coenen



Publié le 14/03/2022.


Source : Bd-best


Bd Best y Ă©tait pour vous ... Exposition Alain Poncelet Galerie des Bulles Ă  Charleroi

 

 

 

En prélude de l'interview d’Alain Poncelet à venir très prochainement, nous vous proposons  de visionner dans le cadre de l'onglet "Bd Best y était pour vous", le vernissage de son exposition à la Galerie des Bulles,  Rue de Marcinelle 28 à 6000 Charleroi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Alain Poncelet

 

 

 

 

 

© Alain Poncelet

 

 

 

 

 

© Alain Poncelet

 

 

Images: Thierry Ligot & Axelle Coenen

 

 




Publié le 14/03/2022.


Source : Bd-best


La mort comme moyen de combattre.  Mobius 2 - La ville qui rĂŞve

 

« - Qu’est-ce que c’est que ça, bon sang ?!!

- Un masque, c’étaient des éclaireurs de l’armée des masques, vous n’écoutez pas ce qu’on vous dit ?!

- Je me doutais qu’on les croiserait, mais pas de si tôt.

- Mais pourquoi il a les yeux cousus ?

- Il vient des limbes. Sans les yeux, il est soumis à son mettre qui peut en faire ce qu’il souhaite… Il voit à travers lui, ou plutôt à travers son masque.

- On les a signalés sur plusieurs terras, on ne connaît pas leurs intentions, sauf que lorsqu’ils arrivent sur un monde, généralement ils s’en emparent. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Recueillis dans une caravane de gitans, Berg et Lee affrontent une horde d’hommes masqués qui les attaquent. Ils les font rapidement fuir et se rendent comptent que sous leurs masques blancs les tueurs ont les yeux cousus. Ils viennent des limbes et n’en ont pas besoin pour voir. Les limites sont le monde où atterrissent les corps trop abîmés. Avant, se trouvent ces fameuses limbes, enfer gris dont les parques pensaient qu’on ne revenait jamais. Berg et Lee vont à présent arriver à Kadath, la ville qui rêve. Mettront-ils la main sur Deng, le voyageur qu’ils doivent intercepter ? Entre vies et morts, entre passages d’un monde à l’autre, la mission n’est pas prête d’arriver à son terme.

 

 

 

 

 © Pécau, Kordey, Anubis - Delcourt

 

 

                Jean-Pierre Pécaud embarque ses héros dans une aventure où la mort n’est pas la fin. A moins d’avoir le corps en charpie, les personnages peuvent renaître dans l’instant. Dans ce monde implacable, il n’est pas suffisant de tuer, il faut savoir comment le faire. Sa propre mort peut même être un moyen stratégique soit de tromper l’ennemi, soit de se rendre dans un endroit différent car lorsque l’on décède, on peut choisir où l’on renaît. Ainsi, Lee utilise la technique du flip-flap pour aller se servir dans une armurerie. Pour autant, le scénariste n’en profite pas pour faire n’importe quoi avec le procédé. Il s’en sert pour relancer l’action et pour surprendre à des moments où l’on ne s’y attend pas forcément.

 

 

 

 

 © Pécau, Kordey, Anubis - Delcourt

 

 

                Igor Kordey est un dessinateur stakhanoviste. Dans Mobius plus qu’ailleurs, il s’amuse et ça se voit. Preuve en est la bande des neuf acolytes qui accompagnent Deng. Ces neuf démons ont une apparence aussi terrifiante que leurs noms : Melano le sale, Lilyl la visqueuse, Tchulo le gros, Tchridyl l’embrasée, Shilayi le froid, Bitoso le jeûneur, Lolmisho la souris rouge, Poreskoro le multianimal et l’incroyable Minseckre la fente. Tout est dit. Ces créatures apportent les maladies aux gitans et les tourmentent dans tous les mondes. Kordey s’éclate à les mettre en scène, et si toutes ne prennent pas encore partie au combat, leur implication dans la fin de la trilogie promet. Le cliffhangher final laisse supposer un troisième tome bien pulsé.

 

 

 

 

 © Pécau, Kordey, Anubis - Delcourt

 

 

                Mobius est une série qui navigue sur le Styx, cette frontière entre la vie et la mort. Plus profonde qu’au premier abord, Mobius est une BD d’action haletante faisant transpirer le lecteur autant que ses héros.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Mobius

 

Tome : 2 - La ville qui rêve

 

Genre : Fantastique

 

Scénario : Jean-Pierre Pécau

  

Dessins & supervision des couleurs : Igor Kordey

 

Couleurs : Anubis

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 19 €

 

ISBN : 9782368464281

 

 

 

 



Publié le 13/03/2022.


Source : Bd-best


San Francisco s’éveille...  Chroniques de San Francisco 2

 

« - Tu n’as pas eu de nouvelles de Mona ?

- Non, pourquoi ? Elle ne vous a pas appelée depuis son départ ?

- Pas une fois. Je m’inquiète. Elle a tendance à se montrer imprudente et… et…

- Madame Madrigal, ça va ?

- Oui, c’est juste que… Je crains d’avoir été moi-même irréfléchie et je… J’espère qu’il n’est pas trop tard.

- Trop tard pour quoi ?

- Mona est ma fille, Brian.

- Hé ! Je sais que vous nous considérez tous comme vos enfants, mais Mona a une mère. Elle habite à…

- Je ne suis pas sa mère. Je suis son père. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                1977. C’est la Saint-Valentin à San Francisco. Au 28, Barbary Lane, Mme Madrigal est bien seule. Mona ne se doute pas encore que Mme Madrigal est… son père. Mona a accepté un job de réceptionniste dans un hôtel de passe. Mary Ann et Michael, quant à eux, font une croisière vers Acapulco. L’un et l’autre espèrent trouver l’homme de leur vie. Dans son nouvel appartement à la pension Madrigal, Brian observe quelqu’une dans l’immeuble d’en face. 

 

 

 

 

 © Bauthian, Revel - Steinkis

 

 

                Saison 2 et deuxième année de vie pour les pensionnaires de San Francisco. Armistead Maupin a raconté en neuf romans leurs histoires d’amour et de vie, leurs apprentissages de vie pour les uns, un point d’étape pour d’autres et un bilan pour certains. San Francisco est une ville internationale. Populations japonaises, chinoises, russes, irlandaises, italiennes, françaises et autres forment le melting-pot franciscanais. Foyer de la culture hippie, source du mouvement des black panthers, berceau du beatnik, elle fut également l’emblème de la cause homosexuelle dans les années 70, années de ces chroniques. Plus tard, elle sera même précurseur dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est cette diversité multicuturelle et la libération des mœurs qui intéresse Maupin et celles qui l’ont adapté.

 

 

 

 

 © Bauthian, Revel - Steinkis

 

 

                Isabelle Bauthian et Sandrine Revel apportent toute leur sensibilité à ces tranches de vie. Les Chroniques de San Francisco sont à la fois ancrées dans les années 70 tout en proposant un discours que l’on voudrait assimilé dans les années 2020. C’est là qu’on mesure tout le trajet qu’il reste à faire pour que chacun puisse vivre avec ses mœurs sans que le voisin n’en soit indigné. La série est une œuvre de tolérance, drôle, tendre et réaliste. Il y a des joies, il y a des peines. Quelqu’un a appelé ça du blues, c’est peut-être tout simplement la vie.

                Et alors qu’on ne peut que se réjouir qu’une femme soit sacrée grand Prix du festival d’Angoulême, il manque quand même Sandrine Revel dans la short list des possibles. Sans vouloir juger du talent des autres, la variété de ses productions, la richesse de son trait et sa remarquable bibliographie font d’elle une autrice plus complète dans le média bande dessinée qui est censé allier des histoires et des dessins de qualité. Revel est un futur Grand Prix en puissance.

 

 

 

 

 © Bauthian, Revel - Steinkis

 

 

                Les chroniques de San Francisco est un This is us avant l’heure. Une histoire où l’on pourrait croire qu’il ne se passe rien mais où il se dit tout.

 


Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Chroniques de San Francisco

 

Tome : 2

 

Genre : Chroniques

 

Scénario : Isabelle Bauthian

 

D’après : Armistead Maupin

 

Dessins & Couleurs : Sandrine Revel

 

Éditeur : Steinkis

 

Nombre de pages : 120

 

Prix : 19 €

 

ISBN : 9782368464281

 

 



Publié le 13/03/2022.


Source : Bd-best


BD Best y Ă©tait pour vous ... Vernissage de l'exposition

 

 

 

BD Best y était pour vous ... Vernissage de l'exposition "En route vers l'Ouest" à la Galerie Passerelle Louise.

 

 

 

 

 

 

De superbes planches de Fourquemin, Ersel et Mundet à découvrir jusqu'au 26 mars 2022 !

 

 

 

 

A noter qu'une prochaine opération de Créabulles sera destinée à récolter des fonds pour l'Ukraine. De nombreux auteurs, dessinateurs ont des liens personnels avec l'Ukraine, tel Ivan Gil. Ils mettront en vente planches, dessins, esquisses. Les fonds récoltés seront intégralement versés à la Croix-Rouge pour l'Ukraine. Une opération à soutenir et encourager. Participez sans hésitation !

 

Plus d'information en suivant le lien ci-contre : http://www.creabulles.be/agenda/expo-en-route-vers-l-ouest.html

 

 

Propos recueillis par Thierry Ligot

Photos © Thierry Ligot

 

Images : Axelle Coenen

 

 

 

 

 

 

 

 

Galerie Passerelle Louise

34 Rue Dejonckere

1060 Bruxelles


 



Publié le 12/03/2022.


Source : Bd-best


Zemmour préZident. ElyZée

 

« - Sarah, cette victoire, elle te doit tout… Comment on fait pour la suite ? Je ressens un vertige. Je ne sais pas si j’ai plus peur de perdre que de gagner. Tu es là, mais je me sens seul face à toutes ces responsabilités…

- Repense à Philippe Martel. Que te dirait-il aujourd’hui ? Il faut te battre pour tous les gens qui ont placé leur confiance en toi, mais aussi pour lui…

- Je n’ai pas oublié nos rendez-vous dans notre café d’adoption. J’aurais tant besoin de ses analyses acérées et de son ironie cinglante, aujourd’hui. »

 

 

 

 

 

 

 

Avril 2022. Eric Zemmour accède au second tour de l’élection présidentielle. Sarah Knafo, la tête pensante de sa candidature et la compagne d’Eric Zemmour, l’encourage à se battre pour gagner les présidentielles. Pendant ce temps, un radeau de réfugiés tente de regagner les côtes françaises. A son bord se trouve Saïda Zemmour qui doit aller voir son cousin. C’est très important pour elle. Au QG de Reconquête - c’est le nom du parti politique de Zemmour - c’est le branle-bas de combat. Il faut mettre en œuvre la stratégie qui permettra de battre Emmanuel Macron au second tour. Il y a là les ex-ténors du Rassemblement National Gilbert Collard et Damien Philippot, l’ultra-conservatrice Christine Boutin, ainsi que, entre autres, Philippe De Villiers et son ancien soutien Guillaume Peltier. Tous se voient déjà dans le futur gouvernement.

 

 

 


© Durpaire, Boudjellal - Mourad Maurice éditions

 

 

François Durpaire et Farid Boudjellal imaginent l’accès à la présidence d’Eric Zemmour, le polémiste politique que personne n’attendait là il y a quelques mois encore. La dystopie, ou l’utopie pour certains, commence au lendemain du premier tour. On assiste au jour le jour à ce qui sera, et ce n’est pas dévoiler l’intrigue, la victoire du candidat surprise. En parallèle, on suit l’arrivée en France de celle qui se prétend sa cousine. On vivra de l’intérieur le débat de l’entre-deux tours, la passation de pouvoirs et la composition du gouvernement. L’histoire sur termine sur les premiers actes du nouveau pouvoir en place et leurs conséquences immédiates, avant de se conclure sur la rencontre entre Eric et Saïda, point d’orgue justifiant à lui seul l’intérêt de l’album.

 

 

 

 

© Durpaire, Boudjellal - Mourad Maurice éditions

 

 

François Durpaire est universitaire et historien. Consultant média aux Etats-Unis, il a prédit la victoire de Barack Obama. Militant d’une République multiculturelle, il a suivi de près la montée de Marine Le Pen et à présent celle d’Eric Zemmour. Avec un maximum d’objectivité, il imagine l’accession au pouvoir du polémiste. Le scénariste ne cherche ni à faire du sensationnel ni à se positionner en opposant. Il se contente de montrer la conséquence logique de ce qui pourrait arriver si Reconquête accédait au pouvoir. Au dessin, Farid Boudjellal détoure des photographies donnant au récit un côté reportage, une impression d’être en immersion. C’est impressionnant, c’est parfois aussi glaçant. Les auteurs démontrent également que tout autant que leurs adversaires politiques les médias jouent un rôle sur l’échiquier politique. Le meilleur politicien est définitivement celui qui réussit à les dompter.

 

 

 

 

© Durpaire, Boudjellal - Mourad Maurice éditions

 

 

Après La présidente, le duo Durpaire/Boudjellal poursuit ses prospections politico-dystopiques en inaugurant la nouvelle maison d’éditions de Mourad Boudjellal, créateur jadis des éditions Soleil.  ElyZée restera-t-il une dystopie ou bien l’histoire a-t-elle été écrite avec quelques semaines d’avance ? Réponses les 10 et 24 avril 2022.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Elyzée 

 

Genre : Dystopie 

 

Scénario : François Durpaire 

 

Dessins & Couleurs : Farid Boudjellal

 

Éditeur : Mourad Maurice éditions

 

Nombre de pages : 104

 

Prix : 18,50 €

 

ISBN : 9782384450022

 

 



Publié le 10/03/2022.


Source : Bd-best


Leçons de mises en scènes.  Les secrets d’Hergé dessinateur ou l’art de composer les images

 


 « Créer une bande dessinée, pour moi, c’est avant tout raconter une histoire. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est ainsi que Hergé décrit la création d’une planche de BD dans 50 ans de travaux fort gais paru en 1978. Une bonne bande dessinée, c’est avant tout une bonne histoire. Mais on peut avoir les meilleurs ingrédients, si on n’a pas le meilleur cuistot, le plat manquera de saveur. Quand le maître d’œuvre s’appelle Hergé, on peut être assuré qu’on est dans un quatre étoiles. Dans Les secrets d’Hergé dessinateur, Bruno Cassiers démontre la façon qu’avait le créateur de Tintin de composer les images.

 

 

 

 

© Cassiers - Sépia

 

 

Si l’on donne à dix dessinateurs le même scénario, on obtiendra dix résultats bien différents. On ne parle pas là de style de dessin, mais de mise en scène et de cadrage. Il y a tout d’abord le cadre et le contenu. Que se passe-t-il et où ? Hergé démontra qu’une fois le décor planté, on peut s’en passer. Les variantes permettent de changer de point de vue. On trouve des variantes en azimut. Les personnages sont représentés de face, de profil, de dos. Une ligne de direction oriente la direction prise par le personnage et par conséquent l’œil du lecteur. Les variantes en hauteur indiquent la hauteur naturelle du regard dans la case. Plongées et contre-plongées dirigent la lecture. Tintin tombe d’un avion dans Le sceptre d’Ottokar. Une vedette de police fonce vers L’île noire. Hergé dynamise ses découpages dans une cadence exemplaire. Décentrement du sujet, distance à celui-ci, profondeur de champ, éléments hors cadre, champ et contrechamp, on ne se doute pas de toutes les façons possibles d’assaisonner une histoire. Une filature dans une ruelle marocaine dans Le crabe aux pinces d’or ou Haddock débarquant sur l’île de son ancêtre dans Le trésor de Rackham le rouge sont deux exemples remarquables. Bruno Cassiers nous explique la règle des 180° pour éviter qu’une discussion entre deux personnages ne soit trop statique.

 

 

 

 

© Cassiers - Sépia

 

 

L’auteur de l’essai nous démontre également comment Hergé prenait en compte la présence implicite du lecteur. Celui-ci est présent dans toutes les aventures de Tintin. C’est peut-être aussi pour cela qu’elles ont cette aura particulière par rapport à bon nombre de séries excluantes. Le lecteur est au balcon du Music-Hall quand Haddock rentre sur scène dans Les 7 boules de cristal, aussi bien que dans le poste de pilotage de l’avion du Vol 714 pour Sidney. Cassiers revient aussi sur les interludes tragi-comiques qui relativisent les scènes tendues et il dissèque les différentes versions de L’île noire.

 

 

 

 

© Cassiers - Sépia

 

 

Les droits des images de Tintin étant verrouillées par Moulinsart, Bruno Cassiers, loin d’être n’importe qui, il a travaillé aux Studios Hergé en 1970 sur les décors de Tintin et les Picaros, a eu l’idée de génie de silhouetter toutes les cases dont il parle. La magie Hergé faisant le reste associé à l’imaginaire du lecteur fidèle, on oublie très rapidement que ce ne sont pas les dessins d’origine qui illustrent le livre. L’ouvrage terminé, on jurerait avoir vu les images d’Hergé lui-même.

 

Les secrets d’Hergé dessinateur ou l’art de composer les images est un ouvrage nécessaire non seulement à tout tintinophile qui se respecte mais aussi à bon nombre de dessinateurs en herbe ou confirmés. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

One shot : Les secrets d’Hergé dessinateur ou l’art de composer les images 

 

Genre : Analyse d’œuvre

 

Auteur : Bruno Cassiers

 

Éditeur : Sépia

 

Collection : Zoom sur Hergé

 

Nombre de pages : 128 

 

Prix : 15 €

 

ISBN : 9791033402008

 

 

 



Publié le 10/03/2022.


Source : Bd-best


Enfin le final.  Neige 15 - Le printemps d’Orion 2/2

 

« - Et voilà mon petit oisillon et son vieux cabot éborgné !

- La Sainte Trinité !

- J’avais peur qu’tu sois pris dans un mauvais pas et qu’tu meures en route ! Borgnaud aussi t’attendait en s’inquiétant ferme…

- Il n’y avait aucun danger, Line, aucun !

- Tu peux peut-être lâcher le rebouteux, maintenant, ma chérie…

- Elle ne me gène pas, Sève. Son affection est un cadeau que j’apprécie.

- Que nous rapportes-tu ? C’est ce que tu cherchais ?

-  J’ignorais ce que je trouverais à Bard-le-Régulier… Mais c’est cette chose qui mettra en marche la centrale devant propager le printemps d’Orion sur l’Europe, du moins, je l’espère ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Neige va-t-il réussir à provoquer le retour du printemps sur l’Europe ? Il sait qu’il a dans sa moëlle épinière le remède au mal d’Orion. Pour l’instant, il vient rencontrer Aubépine. C’était autrefois une belle fleur qui pique. Elle faisait partie des Douze, avec Northman, le père adoptif de Neige. Mais elle n’aura pas le temps de lui dire tous ses secrets. Neige n’a plus qu’à constituer une équipe pour se rendre à la Malva-Rosa et à résoudre les équations de Northman pour, une fois rendu à la centrale, créer un climat tempéré sous la cloche protectrice de l’Europe. Devra-t-il se sacrifier pour cela ?

 

 

 

 

© Gine, Convard, Quaresma - Glénat

 

 

                Quand Neige est apparu dans le journal Tintin en 1986, ce fut un choc tellement la série dénotait dans l’ensemble des productions du journal. Plus adulte, plus complexe, plus grandiose, Neige offrait une nouvelle vision de la bande dessinée aux jeunes lecteurs. Un blockbuster violent au milieu de séries historiques ou humoristiques, c’était étonnant. Le Lombard n’a pas su gérer la série à l’époque. Elle passa chez Glénat au quatrième album qui lui donna une autre dimension, celle qu’on lui a toujours connu par la suite.

 

 

 

© Gine, Convard, Quaresma - Glénat

 

 

                Avec Neige, Didier Convard propose une disgression sur la franc-maçonnerie. Le sujet le passionne. Il le connaît extrêmement bien et le prouvera encore mieux par la suite avec Le triangle secret et ses séries dérivées, ou encore avec L’épopée de la franc-maçonnerie. La société secrète des Douze, dirigée par Northman, a tout d’une loge. En quinze albums, Convard a signé une saga passionnante, qui s’achève malheureusement sans grande surprise dans un final presque convenu. Le problème est que les aléas de la série (treize ans entre les tomes 13 et 14) ont un peu éteint le feu sacré. Le scénariste a essayé de le maintenir avec les trilogies parallèles Neige fondation et Neige origines. Ça n’aura pas été suffisant.

 

                Graphiquement, Christian Gine n’est pas au meilleur de sa forme. Les personnages se détachent de décors pas toujours nets, comme si deux cases différentes étaient superposées. Il a été l’un des meilleurs dessinateurs de sa génération avec, depuis Capitaine Sabre, un trait qui n’appartenait qu’à lui, reconnaissable au premier coup d’œil. Aujourd’hui, il a fait école avec des dessinateurs comme Patrick Boutin-Gagné qui lui doit beaucoup. Gine aura eu l’élégance de remplir sa mission et de terminer sa série fétiche. C’est tout à son honneur.

 

 

 

 

© Gine, Convard, Quaresma - Glénat

 

 

On aurait aimé adorer le final d’une série mythique comme Neige. S’il est honorable, il n’a pas le côté spectaculaire qu’on espérait pour une série de cette dimension. 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Neige

 

Tome : 15 - Le printemps d’Orion 2/2

 

Genre : Anticipation

 

Scénario : Didier Convard 

 

Dessins : Christian Gine

 

Couleurs : Antoine Quaresma

 

Collection : Grafica

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782344041789  

 

 



Publié le 10/03/2022.


Source : Bd-best


Spirou 4378 -  9 Mars 2022

 

A-Lan Plongeon dans la réalité virtuelle

 

 

 

 

 

 

 

            Le couple de scénariste BeKa s’associe avec le dessinateur d’Alienor Mandragore pour A-Lan, une toute nouvelle série sur le thème de la réalité virtuelle. Spirou a toujours une longueur d’avance sur son temps. C’est peut-être pour ça qu’il est toujours là. Metaverse, intelligence artificielle, nouvelles technologies, plus rien n’aura de secret pour Emoji, l’ado ultra-connecté.

            Côté récits complets, nouvelle enquête pour Marc et Pep et nouvelle balade à la découverte des animaux de la nature pour un père et son fils.

 

Opération collage d’autocollants sur le frigo ou ailleurs pour les abonnés. Il va y avoir des Cavaliers de l’apocadispe partout.

 

Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Libon – Dupuis

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

A-Lan : Le secret de Wabisabi

Frnck : Exode

Yoko Tsuno : Les gémeaux de Saturne

 

 

Récits complets :

 

Histoires naturelles : Passereaux d’hiver et variés

Marc & Pep : Le gémeau des flots

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Crapule (La pause-cartoon)

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliot au collège

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Houba gags

Méthode raowl (La)

Nelson

Pernille

Poulettes (Les)

Spoirou & Fantasperge (Marges de Sti)

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En kiosques et librairies le 9 Mars 2022.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 09/03/2022.


Source : Bd-best


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