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Prééésentteeeeeeeeeeeezzzzzzzzzzzzz Gags ! Léonard 49 – Génie militaire

« TARARATARIIITARAAAAA

 
-    Que pensez-vous de ma nouvelle invention, disciple ?

 
-    Votre nouvelle invention ? Quelle nouvelle invention ? Le tapage diurne ?

 
-    Mais l’armée, voyons ! L’armée est constituée d’une part d’officiers qui donnent des ordres stupides et d’autre part de soldats qui obéissent aveuglément à ces ordres.

 
-    Laissez-moi deviner ! Et moi, dans votre nouvelle invention, je suis supposé jouer le rôle du soldat, c’est cela ?

 
-    Gagné ! »

 

 

 

 

 

En voilà une drôle d’idée qu’a eu notre génie international : inventer l’armée. Mais ici, pas de grandes manœuvres ni de champs de bataille, pour débuter, on se contentera de la marche au pas, du parcours du combattant et de la corvée de patates. Et lorsque Leonard se rendra compte des dommages collatéraux que peut engendrer une telle invention, le génie va se poser des questions. Basile n’est peut-être pas le plus futé des disciples, mais il est parfois plus lucide que son génie de maître.

 

 

 

 

 

© Turk, Zidrou, Kaël - Le Lombard

 

 

 

 

Zidrou est un scénariste génial. Tout en restant dans les chaussons de Bob de Groot, il développe encore le concept de la série en multipliant les sous-gags et en les adressant à la partie du public de Léonard qui a grandi avec la série. Le disciple va se faire soigner à la Clinique Tamer. L’épicerie fine vend des Tinder surprise.
Et que les aficionados se rassurent, le bon acolyte se fait toujours autant assommer, dessouder, éparpiller, disloquer, j’en passe et des meilleures.
Mozzarella, fille adoptive du génie apparue dans l’album précédent est restée pour compléter la galaxie des personnages secondaires aux côtés du chat, de la souris, du crâne Yorick et de la bonne Mathurine.
Même si l’essentiel est sur la thématique militaire, des gags ou historiettes avec inventions diverses et variées complètent l’album, de la tapette à souris à la planche à billets, du char-wash à l’opéra.

 

 

© Turk, Zidrou, Kaël - Le Lombard

 

 

 

 

Philippe Turk, après 49 albums, ne faiblit pas d’un trait. Son graphisme rond et parfait démultiplie la force des gags. Un petit reproche technique cependant : les fins d’histoire sont symbolisées par des saynètes en dessin unique de Raoul et Bernadette qui débordent sur la dernière case de la planche. Ce n’est pas grand-chose, mais cela perturbe la lecture.

Cela n’enlève rien à la qualité rigoladienne de l’opus. On sourit, on rigole, on s’esclaffe. C’est ce qu’on demande en lisant Léonard et le contrat est rempli.

    Ils n’sont pas des ramollis, eux, les p’tits gars de Vinci !

Laurent Lafourcade


Série : Léonard


Tome : 49 – Génie militaire


Genre : Humour ingénieux


Scénario : Zidrou


Dessins : Turk


Couleurs : Kaêl


Éditeur : Le Lombard


Nombre de pages : 48


Prix : 10,95 €


ISBN : 9782803672448



Publié le 01/06/2018.


Source : Bd-best


L’éveil du maître Gary Gygax nous a plutôt endormis sans nous filer le virus de Donjons et Dragons

Dans notre entourage, depuis la cour de récré jusqu’en des cercles plus sérieux, on a tous eu des amis qui avaient succombé à l’incroyable pouvoir d’attraction et la magie du premier jeu de rôle de l’histoire (du moins formalisé et réglementé) dont le succès est indémodable et inattaquable: Donjons et Dragons. Il y a près de cinquante ans, Gary Gygax, aidé de Dave Arneson, lançait un jeu au retentissement sans précédent, vite élevé au culte et qui connaîtrait de nombreuses adaptations et dérivés. Plus que l’histoire du jeu, c’est la biographie de son créateur que David Kushner et Koren Shadmi ausculte, des balbutiements à la renommée, des parts pratiquées en sourdines aux conventions ultra-prisées, de la naïveté aux désillusions, aussi.

 

 

 

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Nation Book

 

Résumé de l’éditeur : Premier jeu de rôle de l’histoire, Donjons & Dragons a tout simplement révolutionné le monde du jeu et de la culture geek contemporaine. Précurseur des premiers jeux vidéo type RPG (Role Playing Game), « D&D » pour les intimes a posé les bases d’un genre aujourd’hui incontournable et forgé toute une imagerie heroic fantasy dans l’inconscient collectif. Toujours joué à l’heure actuelle, il a surtout contribué à nourrir l’imaginaire et la créativité de générations entières de joueurs. Mais qui est Gary Gygax, le mythique créateur de ce jeu de légende ?

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Glénat

 

À l’heure actuelle, n’importe quel destin est bon à faire un biopic, quel qu’en soit le format. La politique, le sport mais aussi les grandes industries culturelles sont ainsi fouillés par des chercheurs d’or traquant la moindre existence sortant de l’ordinaire. Bien souvent, la renommée ne suffit pas, il faut un truc en plus: un charisme ou une hideur, une success-story ou une descente aux enfers, etc. Tout est bon, on vous dit, pour peu que, en mal ou en bien, le personnage central de l’histoire soit suffisamment populaire. Ou que sa création le soit, monstre de Frankenstein ou fées de Cottingley. Avec Donjons et Dragons, on a un peu des deux, de l’ombre et de la lumière, mais surtout le prétexte à faire un biopic sur un créateur d’un jeu qui ne cesse de faire le tour du monde. Et ça, ce n’est pas souvent que ça arrive.

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Nation Book

 

Soyons clairs, de près ou de loin, Donjons et Dragons ne m’évoque pas grand-chose sinon les deux thèmes auquel renvoient son nom et une certaine frénésie auprès de connaissances beaucoup plus au courant que moi. Moi, les jeux de rôle, ça me passe par-dessus la tête. Non que ça ne m’intéresse mais que je n’aie pas eu le loisir, jusqu’ici, de m’y intéresser. Pourtant, la couverture simple mais efficace, jouant les contrastes, m’a happé et appelé à suivre cet éveil du maître du donjon. Tout en me disant que si, c’était complexe, j’abandonnerais ma lecture.

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Glénat

 

Je ne l’ai donc pas abandonnée, d’où ma présence ici. Tant mieux, me direz-vous. Oui, car cette incursion dans la vie d’un maître à penser de plus d’une génération de geeks ne fait pas dans le détail pour initiés mais convie tout le monde à embarquer sur le pont-levis. Au fil de huit chapitres, Kushner et Shadmi dessinent un monde qui sort d’un cerveau fertile et se matérialise au sein d’une communauté de plus en plus étendue, la polarisant et créant des situations extrêmes. Comme la disparition de Dallas, cet adolescent qui, inspiré par le jeu, disparaîtrait sans laisser de trace et en laissant son entourage puis les médias et les forces de l’ordre en émoi.

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Glénat

 

Si les deux auteurs ont eu la bonne idée (quoique, on l’attendait, on l’espérait même) d’inclure des petites touches d’héroïc-fantasy pour donner un peu de peps au récit, en faisant intervenir quelques gloires de l’univers fictif développés par ce qui est plus qu’un simple jeu, le souffle épique n’est pas au rendez-vous. Et si le connaisseur du jeu possèdera peut-être assez de connaissances du jeu pour les mettre en relation avec ce roman graphique, le lecteur lambda que je suis est resté de marbre. Parce que le traitement choisi par le duo est assez plan-plan et ne fait guère illusion sur la longueur, incapable de nous faire sentir l’addiction que ressentent les aficionados du jeu et la ferveur qui a poussé Gygax, cet homme moderne qui se rêvait chevalier dans un monde bien plus haletant que le nôtre, à élaborer un jeu qui ferait date. En fait, L’éveil du maître du donjon est moins une BD qu’un livre d’illustrations en case auquel un texte descriptif est joint. Les rares phylactères présents cèdent la place à des cartouches italiques permettant d’exprimer les pensées et paroles des personnages principaux. Une facilité empêchant la mise en scène, déstabilisante et surtout lassante dès les dix premières planches. Si le dragon crache toujours des flammes, cette incarnation en BD sent le roussi.

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Nation Book

 

 

Alexis Seny

 

Titre : L’éveil du maître du donjon

Sous-titre : Gary Gygax et la création de Donjons et Dragons

Récit complet

Scénario : David Kushner

Dessin : Koren Shadmi

Noir et blanc

Traduction : David Camus et Patrice Louinet

Genre : Biopic

Éditeur : Glénat

Éditeur VO: Nation Books

Nbre de pages : 144

Prix : 17,50€



Publié le 31/05/2018.


Source : Bd-best


Quand une mafia donne au café le goût du sang.  Alto Plano 2 - Brésil

« - La clientèle que nous ciblons pour ce café apprécie une torréfaction moyenne, la fameuse « robe de moine, le degré de torréfaction le plus habituel en France… Les notes de Cerise avec la pointe d’acidité du fruit mûr et l’arôme cacaoté qui apporte une sensation de rondeur à la dégustation sont très prisés… Vous les sentez ?

-          Tout à fait… J’aime aussi beaucoup son équilibre, il n’est « ni trop, ni trop peu » !

-          Notre objectif est de réaliser un assemblage similaire…. Quelque chose qui soit à la fois accessible et d’un très bon niveau… à la hauteur d’un « pure origine » d’exception.

-          Que devient la liberté de création que vous m’aviez promise en m’offrant le job ?

-          Elle viendra, Albane, rassurez-vous… Une promesse est une promesse… Mais le marché est difficile et l’urgence pour Ethic Coffee est d’élaborer un caf qui possède toutes ces qualités-là, qui sont autant d’atouts commerciaux ! » 

 

Albane est mandatée par Monsieur Mallaret pour confectionner un café aux saveurs inédites. Mais le patron d’Ethic Coffee peut avoir recours à des méthodes de voyou. De l’empoisonnement des jacus à l’incendie des caféiers en passant par la chute organisée du cours du café à la bourse, l’homme d’affaires est prêt à tout pour écraser ses concurrents. Albane, liant une amitié honnête avec Estrella et Hernan, a bien l’intention de faire tomber son « patron ».

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

 

 

 

L’association Corbeyran/Postec fonctionne à merveille. Après un premier tome introductif, les scénaristes nous offrent un deuxième épisode haletant qui se lit d’une traite. Alors qu’après la bière, le vin ou autres productions, on pouvait s’attendre à une énième variation d’exploitation d’une denrée, ils arrivent à happer le lecteur pour ne plus le lâcher.

Toute une panoplie de malfrats gravite autour des plantations. D’Alvarez à Maître Gilbert Fabre d’Estang, personne ne fait de sentiments, et ces malandrins feraient mieux de se méfier les uns des autres.

 

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

 

Un personnage supplémentaire apporte son grain de sel au récit, jouant un rôle prépondérant : Edson, roi du foot mais surtout de la torréfaction, intronisé comme assistant d’Albane sur la plantation. Permettant de mettre en avant l’importance du ballon rond dans le cœur des brésiliens, on ne se doute pas tout de suite que le jeune homme tient un rôle bien ambigu.

En signant de plus en plus fréquemment des scenarii à quatre mains, non seulement Corbeyran trouve un souffle nouveau, mais il forme des collaborateurs grâce sa science précise de l’organisation d’un récit et d’une série.

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

 

 

 

Brahy enchaîne les albums à une cadence incroyable. Son trait légèrement épais donne la vie aux personnages devant des décors non négligés. Planche 20, le dessinateur signe une belle composition au travers de laquelle ressort l’odeur même du café.

 

Il ne faut pas le dire trop fort, mais des trois séries qui viennent d’être récemment lancées par Luc Brahy (Alto Plano, Etoilé et Irons), celle-ci est la meilleure. Alto Plano a la structure d’une série télévisée moderne, avec ses rebondissements et ses cliffhangers.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Alto Plano

Tome : 2 - Brésil

Genre : Thriller caféiné

Scénario : Corbeyran & Postec

Dessins  : Brahy

Couleurs : Saint-Blancat

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 48

Prix : 12 €

ISBN : 9782756065358



Publié le 31/05/2018.


Source : Bd-best


Châteaux en Espagne ? Lorsque le rêve devient réalité.

 

 

"Des patients d’un hôpital psychiatrique partent pour un voyage en minibus afin de visiter quelques châteaux en pays cathare. Leurs pathologies sont lourdes, mais gérables pour des personnels qualifiés, comme le sont les deux infirmiers qui les encadrent et comme semble l’être le nouveau chauffeur, haut en couleur, qui les conduit. C’est ce dernier qui va prendre une décision incroyable, folle, à l’insu de tous : emmener ces malades bien plus loin que prévu, jusqu’en Espagne."

 

 

 

 

 

 

À la découverte de nouveaux horizons en compagnie de patients souffrant de pathologies mentales lourdes, tel est le nouveau scénario proposé par Stéphane Louis brillamment illustré par Lionel Marty. Alors qu’Hélène et Jean Paul attendent le chauffeur du car devant les emmener en compagnie de six pensionnaires de l’institution psychiatrique dans laquelle ils travaillent à la découverte des châteaux Cathares, celui-ci est absent. En dernière minute, Igor arrive expliquant être le remplaçant de Pascal victime d’une intoxication alimentaire. C’est le début de l’aventure pour nos neuf protagonistes parmi lesquels :  Mr Cèbe n’ayant que deux mots dans son vocabulaire : nuit, jour, Mr Léon se croyant aveuglé par la lumière du jour, Mr Karl restant mutique et passif, Melle Léa se rendant malade à en vomir, Melle Élise s’exprimant qu’au moyen de jurons et Melle Pomme se croyant responsable de tous les maux de la terre.

 

 

 

 

 

 

 

© Grand Angle pour Bamboo Édition 2018 - Stéphane LOUIS & Lionel MARTY

 

 

 

 

Lors du déroulement de ce voyage en thérapie psychiatrique de groupe, nos deux accompagnateurs vont se poser plusieurs questions concernant l’attitude et l’étrange secret dissimulé par Igor, le chauffeur du bus. À la lecture du récit, on ressent l’immense travail de documentation effectué par le scénariste afin de nous plonger dans l’univers des traitements accordés aux patients ainsi qu’aux diverses formes de leurs dérèglements.

 

 

 

 

 

© Grand Angle pour Bamboo Édition 2018 - Stéphane LOUIS & Lionel MARTY

 

 

 

En résumé, un thriller traitant d’un sujet difficile (pathologie en psychiatrie) avec une bonne pointe d’humour tout en restant réaliste. À partir de 16 ans.


Haubruge Alain

Titre : ROAD THERAPY


Editeur : Bamboo


Collection : GRAND ANGLE


Scénariste : Stéphane LOUIS


Dessinateur : Lionel MARTY


Type de récit : One shot


Nombre de pages : 72


Prix :16,90 €


ISBN : 9782818943854



Publié le 30/05/2018.


Source : Bd-best


Cailleteau et Héloret ont vu La Havane comme vous ne la verrez jamais, piquant une tête jusqu’en 2150 entre mafieux et extraterrestres

En 2150, il y a de grandes chances pour qu’on soit tous morts. Raison de plus pour Thierry Cailleteau et Héloret de s’adonner au plaisir de tout faire péter puisqu’on n’en payera pas les conséquences. D’autant plus que l’histoire qu’ils nous racontent se passe loin de nos latitudes, à Cuba où les brigands n’ont pas fini de faire la loi mais doivent désormais faire avec des extraterrestres prédateurs et redoutables. Ça pourrait être glaçant et tourner au bain de sang (ça l’est un peu par moments) mais c’est surtout complètement barré.

 

 

 

 

 

 

 

© Cailleteau/Héloret chez Vents d’Ouest

 

Résumé de l’éditeur : Cuba, 2190. Après son sixième clonage consécutif, Fidel Castro est toujours le Lidor Maximo du havre de la révolution. Dans une maison de retraite de la Havane, deux papis se remémorent leurs prouesses de jeunesse. Quand quarante ans auparavant, ils avaient tenté de sauver une pin-up des griffes de dangereux mafieux. Entre gangsters nerveux, aliens belliqueux et politiciens corrompus, les deux play-boys s’étaient alors lancés dans une course-poursuite effrénée pour déjouer le projet de construction d’un casino volant !

 

 

 

 

© Cailleteau/Héloret chez Vents d’Ouest

 

Touche-à-tout attiré par la science-fiction, Thierry Cailleteau revient avec une nouvelle série en toute grande forme, ne négligeant pas les références pour nous faire découvrir un pays qui pourrait être de rêve s’il n’était pas encore et toujours aux mains de truands. Ça ne fait rien, Cuba n’a rien perdu de son climat de carte postale, les piscines sont en forme de coeur et les hommes et femmes qui se prélassent à leurs bords ont le physique de star. Rien ne pourrait venir perturber ce petit monde bling-bling, vous pensez ? Si c’était le cas, vous seriez vite lassé. Heureusement, les auteurs ont sorti les cigares qui font rire et délirer et nous promettent une aventure qui casse la baraque.

 

 

 

 

© Cailleteau/Héloret chez Vents d’Ouest

 

Il y a des séries de science-fiction qui se la joue sérieuse, ce n’est pas la prétention d’Habana 2150 qui joue à fond la carte de la dérision donc sans en faire souffrir le trait spectaculaire et sur ressort de Héloret qui, en plus, soigne ses ambiances et ses chaudes couleurs. Tellement chaudes que les esprits ne vont pas tarder à s’échauffer dans un premier tome mené tambour battant et moteurs hurlant et qui évoque tour à tour les parodies de Veys et Barral, Indiana Jones, Les Brigades du temps, un peu de Zarla (sauf que le chien-chien à sa mémère n’est plus un chien) sans oublier un soupçon mafieux mais aussi de Hunther S. Thompson ne fût-ce que pour le titre.

 

 

 

 

© Cailleteau/Héloret chez Vents d’Ouest

 

Bref, du grand divertissement, convainquant et attrayant, drôlement bien rôdé et n’ayant peur de rien. Pas même de se séparer de personnages qu’on pensait immanquables aux côtés des deux héros principaux qui sont quand même un peu branquignolles sur les bords. Hasta siempre, ceci n’est pas un adieu juste une promesse de retrouvailles dans la joie et la bonne humeur.

 

Alexis Seny

 

Série : Habana 2150

Tome : 1 – Vegas Paraiso

Scénario  : Thierry Cailleteau

Dessin et couleurs : Héloret

Genre: Uchronie, Aventure, Science-fiction

Éditeur: Vents d’Ouest

Nbre de pages: 48

Prix: 13,90€



Publié le 30/05/2018.


Source : Bd-best


Plutôt que de ronronner, Clarke pose des jalons déterminants et étend un peu plus l’univers foisonnant de Mélusine

Ils ne sont pas légion ces héros de bande dessinée qui sont passés du statut de gagman à celui d’aventurier au long cours. On en compte mine de rien quelques-uns comme Achille Talon mais l’exercice est plutôt périlleux et peu s’y frottent et donc s’y piquent. Après 25 albums de son héroïne, cela fait déjà un moment que Clarke a réussi avec succès cette mutation. Pour son 26e album, sur une bande-son héritée de Jeanne Mas mais remise au goût des sorciers et des fées (« En rose et noir »), l’auteur liégeois va plus loin et met à exécution son machiavélique plan : faire revenir les parents de la jolie rousse dans la course et emmener celle-ci dans une histoire en deux volets.

 

 

 

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : La journée a plutôt mal commencé pour Mélusine. D’abord il y a ce nain chevauchant un dragon qui surgit du sol du château et qui accuse Mélisande, la cousine fée de Mélusine, de voler l’or des nains ! Et qui, pour se rembourser, repart avec quelques-uns des plus beaux chandeliers du château… Ensuite, il y a l’arrivée à l’école de sorcellerie d’un nouvel élève venu d’Afrique, spécialiste en sorts à partir de grigris, amulettes et fétiches divers, et que ses condisciples accusent de n’être qu’un imposteur incapable de faire de la vraie magie. Il y a enfin la visite totalement inattendue de Kaspar, le père de Mélusine, qui lui annonce son prochain divorce… et la disparition de sa mère ! Mélusine va enquêter et partir sur les traces de sa mère…

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Cette histoire commence en un cri, nocturne et glaçant. C’est vrai que ce ne sont pas les années fantomatiques qui ont appris l’amabilité à Aymée, duchesse ad vitam aeternam de ce château transylvanien qui tien on ne sait toujours par quel sort. Toujours est-il que ce n’est pas la quiétude qui étouffe les lieux et c’est même elle qui donne de l’air à ce petit peuple curieux qui, sans aventure, deviendrait vite effroyable.

 

 

 

 

© Clarke

 

Il y a là un vampire, un monstre de Frankenstein… ou de Kartoffeln, un loup-garou, une horde de sorcières et, de temps en temps, une fée plus bête que ces pieds. Puis, il y a des nains. Des nains ? Comment ça des nains ? Dans la bulle d’inconfort de Mélusine, on voit de tout mais des nains, ça faisait longtemps. Et s’ils ne sont pas d’humeur commode, le pire est encore à venir et la journée loin d’être finie : voilà que le géniteur de notre sorcière préférée surgit des limbes et pas qu’avec de bonnes nouvelles. Des nouvelles qui vont même aller jusqu’à causer un combat musclé avec Adrazelle.

 

 

 

 

© Clarke

 

Ça ne rigole plus, vous l’aurez compris, et Clarke crée le boxon pour mieux avancer ses pions sur un jeu d’échec toujours plus vaste et comptant de nouveaux visages. Fidèle au mot d’ordre qu’il s’est donné depuis qu’il fait vivre à Mélusine des histoires au format XXL, Clarke évite toujours de livrer le tome de trop au profit du tome de plus, qui apporte une valeur ajoutée et fait voir du territoire. Il ne se repose jamais sur ses acquis mais ne les oublie pas, les consolidant avec les nouveautés dans son univers en expansion.

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Tellement qu’il s’en va frayer avec les fées (Cerise fait pétée les couleurs guimauve!) sans abandonner la noirceur qui fait sa marque. Et si cette première partie multiplie les pistes, toujours à un rythme d’enfer (cela ne nous étonnera guère), elle s’offre aussi un final redoutable avec une dernière image qui fait faire un tour à notre sang et monter la tension.

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Fini de rire, sous prétexte de rigolades, de comique de répétition et de joutes surréalistes entre les personnages (et surtout Mélisande et Mélusine); des révélations viennent au jour et Clarke pose des jalons déterminants dans une esthétique plus que jamais maîtrisée et soignée. Ça y est, nous y sommes et tous les lapins que l’auteur avait dans son chapeau semblent sur le point de sortir.
Projet de couverture refusé pour un Journal de Spirou ©

 

 

 

 

Clarke/Cerise chez Dupuis

 

 

 

Alexis Seny

 

Série: Mélusine

Tome: 26 – En rose et noir

Scénario et dessin: Clarke

Couleurs: Cerise

Genre: Aventure, Humour

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60 €



Publié le 30/05/2018.


Source : Bd-best


L’album qu’aurait adoré René Hausman. Bluebells wood

    « - Tombé du ciel, hein ? Tu n’aurais pas plutôt trouvé ce bestiau au bout de ton fusil ?

 
-    Je n’en possède pas, Victor. Il s’est écrasé comme un sac, au milieu des fleurs.

 
-    Hum, toujours est-il que je n’avais pas mangé de daube aussi délicieuse depuis… depuis… depuis Héléna.

 
-    Tu en emporteras chez toi, j’en ai fait pour une réunion de chasseurs.

 
-    Oui, pourquoi pas ! Sinon qui t’aidera à finir tout ça ? Les oiseaux et les poissons…

 
-    Je ne suis pas toujours seul, tu sais ?

 
-    Quelqu’un de vivant ? »

 

 

 

 

    Une introduction bucolique qui vire au danger, une scène aux portes du surréalisme avec le corps d’un chevreuil qui tombe d’un arbre aussi naturellement qu’une pigne de pin, une maison isolée en bord de plage dans une petite crique, l’atmosphère est plantée.
    William est peintre. Sa femme Héléna disparue, il décide de s’installer dans ce coin de nature reclus. Il peint selon modèle. Alors Rosalie vient poser nue, pour lui. Mais un monde sépare la jeune fille terre à terre de l’artiste inspiré pour qui la lumière balaie le corps de la femme, le frémissement de la vie irradiant la pièce.
    Son ami Victor vient aussi de temps en temps combler la solitude de William. Mais il a du mal à comprendre son choix de vie.
    C’est lors d’une escapade en barque pour peindre la mer que des sirènes attaquent l’embarcation. William ne devra son salut qu’à l’intervention de l’une d’entre elles. Mais cette dernière s’attire par son action les foudres de ses congénères.
    Une histoire d’amour prend alors naissance, laissant le lecteur comme un funambule entre onirisme et réalité.

 

 

 

 

 

© Sorel - Glénat

 

 

 

 

    S’érigeant en nouveau Hans Christian Andersen, Guillaume Sorel réinvente le mythe de la petite sirène. Ses sirènes sont plus proches des furies qu’Ulysse a dû affronter que des sympathiques et jolies poupées souvent représentées.
    Il y a du Horla dans cette histoire (Tiens, c’est une nouvelle que Sorel a adaptée). Où se place la frontière entre l’imaginaire et la réalité dans le cerveau d’un être tourmenté ? Les scènes auxquelles on assiste sont-elles le fruit d’une folie ou bien un fantastique concret s’intègre-t-il à l’aventure ?
    Sorel rend hommage à Hausman. Les animaux du dessinateur sont de la même famille que ceux du maître. Qui plus est, Pierre Dubois signe la préface. Dubois et Hausman ont constitué le duo le plus fabuleusement féérique du neuvième art. Sorel fait dorénavant partie du réseau.

 

 

 

 

© Sorel - Glénat

 

 

 

    Lors d’une de ses visites, Victor descelle que, si William ne sait pas où le mène son art, c’est peut-être plus à cause de sa mémoire que de son regard. La mémoire et le souvenir sont au nœud du récit. Héléna…

« Ça fait du bruit dans le silence
Les pas associés de l'absence
C'est du présent sans l'avenir
C'est incessant
Le souvenir
Le souvenir »
(Serge Lama)


Laurent Lafourcade


One shot : Bluebells wood


Genre : Fantastique


Scénario, Dessins & Couleurs : Sorel


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 96


Prix : 19 €


ISBN : 9782344021804



Publié le 30/05/2018.


Source : Bd-best


Où t’es, Papa, où t’es ? Ben, là, et on va apprendre des choses. Dad HS – Manuel du Dad (presque) parfait

    « - C’est tout ce qu’il y a ?


-    Je suis pas trop fan.

 
-    Y a des petits trucs, là…


-    Maman les fait mieux.   -    T’es sûr que ça se mange ?

 
-    Il reste des chips ? »

 

 

Ces commentaires ne sont pas des réflexions occasionnelles. C’est la playlist du repas qu’entend un papa qui s’est cassé le derrière à préparer le meilleur repas possible à ses enfants chéries mais intransigeantes.

    Un Dad doit savoir gronder. Mais ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir de l’autorité, seul face à quatre filles dont on est le papa. Alors, Dad doit se mentir et se costumer pour faire croire qu’il est sévère. Mais que les gamines se rassurent, le naturel revient toujours au galop.

 

 

 

 

 

 

© Nob - Dupuis

 

 

 

 

    Quand Dad essaye de donner le goût de la lecture, il se trouve confronté à l’évolution des générations. Avec la concurrence des nouvelles technologies, le livre en papier à du souci à se faire. Heureusement que Dad veille au grain…enfin, il tente.
    Quand Dad lit à Bébérénice l’histoire du soir, qui s’endormira en premier ? Le lecteur en profitera pour se régaler avec Dad dans la peau des héros du dodo. Ça vaut son pesant de cacahouètes.
    Les bêtises des enfants n’ont rien à envier aux gaffes parentales. Quatre enfants, c’est parfois lourd à gérer, mais un père, ça peut être parfois lourd tout court quand, par exemple, il diffuse sur les réseaux sociaux l’image de sa grande ado quand elle était bébé toute nue.

    Avec ce volume hors-série, sous couvert d’humour, Nob prodigue de vrais conseils aux papas. Les rubriques « Le saviez-vous ? » sont des petits compléments instructifs agréables pour faire le savant devant ses enfants.

 

 

 

© Nob - Dupuis

 

 

 

 

    Avec Dad, Nob a déjà prouvé qu’il est encore possible de lancer de nouvelles séries d’humour tout public. Avec des variations comme ce guide, il casse une routine qui aurait pu s’installer. Drôle, tendre, inventif, Dad est devenu un classique avec une rapidité étonnante.

    Le guide de Dad apprend une chose principale : on fait les enfants que l’on est. L’effet miroir le prouve.


Laurent Lafourcade


Série : Dad


Tome : HS – Manuel du Dad (presque) parfait


Genre : Humour familial

 

Scénario : Nob

Dessins & Couleurs : Nob


Éditeur : Dupuis


Nombre de pages : 72


Prix : 10,95 €


ISBN : 9782800174624



Publié le 29/05/2018.


Source : Bd-best


Manolo Carot et Rubén Del Rincon font la paire de gants de boxe dans un face-à-face uppercut à la puissance magistrale

Dans le cinéma ou la littérature, quand la parution dans notre langue exige le temps de la traduction ou du doublage, il arrive que le succès et l’aura d’un best-seller précèdent de quelques mois la publication. À l’ère du buzz, c’est d’autant plus vrai mais c’était déjà le cas avec les Harry Potter et pas mal de saga attendues « all around the world ». C’est aussi le cas avec des one-shot qui réussissent à tirer leur épingle du jeu.

 

 

 

 

 

 

 

© Carot/Del Rincon

 

En BD, sauf quelques exceptions, c’est, de mon avis, beaucoup moins le cas, et de toute façon souvent concentré autour des hits américains. Ce qui nous offre une virginité confortable au moment de découvrir un ouvrage, paru parfois des années auparavant mais néanmoins inconnu au bataillon. Étant tombé sous le charme des précédents albums de Rubén Del Rincon (et apparemment je ne suis pas le seul puisque les Éditions du Long Bec l’ont pris sous leurs ailes de cigogne), j’avais vu des bribes de son Boxeador, mené en front (perlé de sueur et de sang) commun, sur le ring, avec Manolo Carot (plus connu sous le nom de Man). Et force est de constater, au moment de tenir dans nos mains ce superbe objet (visez la couverture !), que les deux auteurs ont engagé toutes leurs ressources et leur talent pour gagner leurs rounds, leur part du combat.

Résumé de l’éditeur : Deux boxeurs que tout oppose vont s’affronter dans un combat qui changera leurs vies pour toujours. Dans un coin du ring, Rafa, originaire des bas quartiers et amateur de plaisirs nocturnes. Dans l’autre coin, Hector, un jeune homme venant d’un milieu social aisé, mais en conflit permanent avec son père.

 

 

 

 

© Carot

 

« Boxeador, tes poings peuvent être en or ou en argent… ou en guimauve ». Un ring, ça n’a l’air de rien mais quand la foule exulte et vous exhorte de jouer votre vie et un peu de votre mort, ça n’a rien d’une position confortable. Car oui, on peut tout perdre sur un ring, entre les coups de cloche et les assauts de l’adversaire, bien plus que ce qu’il y a à gagner. Pourtant, c’est corps et âmes que Rafa et Hector se lancent dans l’arène comme si c’était le dernier jour du reste de leur vie. Rafa et Hector, deux destins ô combien différents pour deux athlètes dans leur genre qui n’auront d’autre choix que de terrasser l’un… ou l’autre.

 

 

 

©Del Rincon

 

Comme vous, finalement, dans un premier temps. Car, suivant que vous ouvrirez ce fameux album dans un sens ou dans l’autre, vous ne pourrez que vous mettre du côté de l’un de ces deux pugilistes. Les auteurs ont choisi leur camp. Pour Manolo, c’est Hector; pour Rubén Del Rincon, c’est Rafa. On ne sait trop comment chacun a choisi les cordes dans lesquelles il atterrirait et qu’il s’emploierait à faire vibrer, mais cela participe au mystère de cette oeuvre forcément coup-de-poing, dans laquelle les corps se rapprochent, s’accrochent et s’écorchent pour mieux faire un cadavre exquis entremêlé.

 

 

 

 

© Del Rincon

 

Mais si vous êtes obligé de prendre parti, dans ces décors rouge sang qui ne varient pas d’un bord à l’autre du livre (j’allais dire du film, lapsus révélateur !), que ce soit pour cette teigne qui sait très bien qu’il n’aura pas de coup de pouce du destin ou ce fils à papa en rupture dont la vie se révèle bien moins lisse que son image le laisse paraître, les deux auteurs sont habiles, chacun à leur tour, de renverser la vapeur

 

 

 

 

© Carot/Del Rincon

 

C’est étonnant d’avoir réussi à faire cohabiter ces deux actes en un seul album tant ils s’entrechoquent pour mieux s’imbriquer parfaitement et réunir ces deux facettes, ces deux angles de vue, dans une double-page centrale absolument déboussolante, magistrale, pour remettre bien des choses à leur place et rendre à César, Hector et Rafa ce qui leur revient.

 

 

 

 

© Carot

 

 

 

 

© Del Rincon

 

El Boxeador, avec son format à l’italienne sexy (mais redoutablement hispanique) comme appât, fait du caméra-à-l’épaule, du full-contact pour casser la distance et nous en mettre plein la vue en nous entraînant au coeur de la fournaise et de l’enfer, dans la profonde noirceur des personnages, dans la lumière qu’ils cherchent pourtant à dégager. Comme le combat qui oppose ces deux indéboulonnables meilleurs ennemis – mais que serait-il l’un sans et (sous les coups de) l’autre ? -, les deux auteurs se répondent, kick après kick, crochet après crochet, sans bis repetita mais aussi fratricides que capables de trouver l’osmose, une certaine fraternité dans la douleur. Car l’un n’existe pas sans l’autre. L’auguste et le clown blanc ne lâcheront pas les gants de boxe.

 

 

 

 

© Del Rincon

 

 

 

 

© Carot

 

C’est dingue, malgré toute la précision et les règles que l’exercice impose, Manolo Carot (et son trait manga et plus sérigraphié, volatile dans les couleurs, esthétisé) comme Rubén Del Rincon (qui démontre que le découpage est tout un art, au plus près des héros et de leur sueur, brut de décoffrage) réussissent leur oeuvre la plus personnelle. Magistral uppercut que cette fresque tragique qui fait de l’ombre à la maestria de bien des films de boxe pourtant formidables. Ça tape à l’oeil, au coeur encore plus.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : El Boxeador

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Manolo Carot et Rubén Del Rincon (Page fb)

Traduction : Antonio Werli et Fabrice Linck

Genre: Sport, Drame, Thriller

Éditeur VF: Éditions du Long Bec

Éditeur VO : La Cupula

Nbre de pages: 208 (2X104 pages)

Prix: 32€



Publié le 28/05/2018.


Source : Bd-best


Tout est légal sur la planète.  Simak 1 – Traque sur Solar Corona

«  - Comment tu peux vivre comme ça, sans même savoir qui tu es ? Qui tu es vraiment, je veux dire.

-          Je me suis habitué à ne pas savoir. Je ne cherche même plus à connaître mon passé. Ça ne m’intéresse plus.

-          Il existe sûrement un traitement pour réveiller ton passé. Tu n’as jamais eu envie d’essayer ? »

 

Phoenix Tzirel, département de police d’Hesperia, troisième lune de Cajon Pass, système de Lancaster, matricule 3233363622, est un flik (il n’y a pas de faute d’orthographe) amnésique. Il vit dans un monde futuriste, entre planètes et systèmes où humains côtoient aliens et robots humanisés, comme dans une bonne vieille histoire de S-F de Mickey. Tiens, on va peut-être voir ce bon vieux professeur Mirandus ? Un seul problème, on n’est pas dans le joli monde de Mickey.

 

 

 

© Ponzio, Frissen - Les Humanoïdes Associés

 

 

 

 

            Phoenix doit faire face à Titus Arcos, un tueur professionnel, bien plus dangereux qu’un simple voleur des quartiers chics de Mesa. L’assassin vient de ronger le corps d’un prostitué avec un acide vivant et vient de s’enfuir au nez et à la barbe des forces de l’ordre. La police veut classer l’affaire car la deuxième victime du meurtrier est un gros bonnet dont la famille tient à rester discrète. Phoenix, qui a laissé un collègue sur le carreau dans la tentative d’interpellation, ne l’entend pas de cette oreille. Il promet à ses compatriotes de la planète Argleben de retrouver le tueur, Arcos, membre de la secte des traqueurs-assassins de Solar Corona, la planète des plaisirs. Il y rencontrera Anah, avec qui il va former un duo de choc.

 

 

Jerry Frissen créé tout un monde interplanétaires. Simak pourrait être une variation de Valérian. Il y a de l’action, de la séduction, de l’humour (« Tu ferais mieux de fermer tes gueules. »), mais la forme, encore plus que le fond, reste plus sombre. Le scénariste présente le concept du Simak. C’est une créature illégale, un transhumain, un homme modifié par la paraguilde pour les bordels de luxe de la planète, et dont les capacités de métamorphose ont échappé à leurs créateurs. Et là où Frissen tire son épingle du jeu, c’est qu’il ne cède jamais à la facilité. La planète du plaisir aurait pu présenter des scènes d’orgies ou de luxure. Jamais. L’histoire reste sobre et intelligente. Les thèmes abordés sont d’actualité, des paradis artificiels, avec le Pikul qui permet de s’évader dans des rêves doucereux, à la lutte contre le sectarisme. La religion et la justice sont aussi au cœur de la problématique avec notamment cette scène où les fliks veulent prendre d’assaut un temple au moment de la prière.

            Récemment, Exodus Manhattan, de Nykko et Bannister, traitait aussi d’une société futuriste. Simak est une approche complètement différente mais les deux récits constituent un réseau de lecture pertinent.

 

 

 

© Ponzio, Frissen - Les Humanoïdes Associés

 

 

 

 

 

            Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le style Ponzio, il faut avouer que cet auteur est le maître en sa technique.

Dans les années 80, les éditions Glénat nous faisaient découvrir le style hyper réaliste de Don Lawrence avec Storm et L’empire de Trigan. Dans sa digne descendance et dans un style photographique, Jean-Michel Ponzio est en train de marquer les années 2010. Une enveloppe qui pourrait être froide et figée est transformée en gangue émouvante et dynamique, tout en préservant les codes purs de la BD.

 

            Frissen et Ponzio signent le début d’un diptyque à la Blade Runner, dont les personnages ont toute la capacité de supporter une série. La révélation finale laisse le lecteur dans une frustration excitante. Vite, la suite !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Simak

Titre : 1 – Traque sur Solar Corona

Genre : Polar futuriste

Scénario : Frissen

Dessins & Couleurs : Ponzio

Éditeur : Les Humanoïdes Associés

Nombre de pages : 56

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782731647242



Publié le 28/05/2018.


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