En images et en bulles
Flux RSSFlux RSS

1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


Montée verticale pour tir horizontal.  XIII 26 - 2132 mètres

« - Bill ? Tu es prêt ?... A mon signal, tu envoies l’image… Top ! Tu le reconnais au moins ?

- William Sheridan ?! Qui ne le reconnaîtrait pas ?...

- Active ! Pour une distance de 2132 mètres, la balle a besoin de 5 secondes et…

- Si tu pouvais la fermer, Tyler, ça m’aiderait déjà beaucoup…

BAAAMM

- Wow !...  Ton meilleur tir ! Sauf que c’est la first lady qui a pris la balle en pleine poire.

- Bon. Faut que j’y aille.

- C’est im-pos-sible, ce truc ! Combien de types dans le monde peuvent réussir un tir à cette distance, hein ?... »

 

 

 

 

 

            Réussir un tir de précision à 2132 mètres, on connaît quelqu’un qui en serait capable : Jason Mac Lane. C’est pile la distance qui séparait le président William Sheridan de l’arme de son assassin. Aujourd’hui membre de la fondation Mayflower, dont il est l’un des descendants, XIII doit prouver qu’il est capable de réaliser un tel exploit. Mais pourquoi la fondation lui demande-t-elle de réussir un tel challenge ? Pendant qu’en apparence l’on s’occupe du programme Beelovers qui vise à implanter des ruches dans les villes, des stratégies pour s’emparer du pouvoir se mettent en place.

 

 

 

 

© Sente, Jigounov - Dargaud

 

 

            Youri Jigounov maîtrise son sujet. Il tient les personnages bien en mains. Là où il est le plus fort, c’est quand il se trouve face à des situations qui n’ont pas été traitées par William Vance et pour lesquelles il n’a donc pas de modèle imposé. Ainsi, le visage impassible du djihadiste filmant une triple exécution est glaçant de terreur. A l’opposé, le visage du fou sadique qui a énucléé un infirmier et qui observe le lecteur à travers le hublot de sa cellule est tout autant horrifique.

 

 

 

 

© Sente, Jigounov - Dargaud

 

 

            Yves Sente change son fusil d’épaule. Finis les cycles interminables, les histoires de XIII se déclineront majoritairement dans des diptyques. Celui-ci réunit les afficionados de la première heure et du Jour du soleil noir avec les plus jeunes lecteurs ayant été embarqués directement sur le Mayflower. Mais, à l’instar de Jason Mac Lane, le lecteur ne sait pas très bien où on le mène et peut se sentir perdu. Le scénario passe plusieurs fois du coq à l’âne sans justification. Les trois pages avec Jones et Carrington sont par exemple là simplement pour qu’ils montrent leurs trognes, comme si c’était un passage obligé dans chaque album de la série. Cependant, après un démarrage poussif, la deuxième partie de l’histoire, justement tranchée par la scène Jones/Carrington, fait efficacement son job en tenant le lecteur en haleine jusqu’à un final surprenant. (Ne feuilletez pas l’album pour ne pas vous auto-spoiler.)

 

 

 

 

© Sente, Jigounov - Dargaud

 

 

            Avec un visuel de couverture où l’on voit XIII monter à la verticale sur une échelle de fer accrochée à une structure, le contraste est fait avec les 2132 mètres du titre et du tir horizontal.

 

            Avec l’inattendue et très bonne surprise The XIII history, sortie en août, et cet album plus « dans le moule » et moins surprenant, 2019 est une année que XIII ne pourra pas oublier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade 

 

 

Série : XIII

 

Tome : 26 - 2132 mètres

 

Genre : Thriller   

 

Scénario : Sente 

 

Dessins & Couleurs : Jigounov 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 12 €

 

ISBN : 9782505069904

 



Publié le 13/12/2019.


Source : Bd-best


Spinoza À la recherche de la vérité et du bonheur.

 

 

 

Profondément déçu par la vie, Baruch Spinoza cherche un bonheur qui ne soit pas "vain et futile", mais au contraire qui lui procurerait "une joie continuelle et suprême pour l'éternité". Un vaste programme qui va amener progressivement le jeune homme sur la voie de la philosophie. Cette démarche est le sujet du Traité de la réforme de l'entendement, œuvre initiatique fondamentale pour aborder la pensée de Spinoza, ici vulgarisée avec talent et humour.

 

 

 

 

 

 

Bon, ben, je me lance.... Je me suis dit en voyant la couverture... aie.. aie.. aie, cela va être dur à comprendre et lourd à digérer "Spinoza : à la recherche de la vérité et du bonheur."
Ce fut l’inverse qui s'est produit.. J'ai pris une grande claque. Ne jamais, mais ne jamais juger un livre uniquement avec sa couverture.

 

 

 

 

 

© Philippe Amador  - Éditions Dunod

 

Nous avons tous en mémoire nos cours de philosophie avec un apprentissage laborieux des grands courants philosophiques, nos difficultés d'organiser un discours qui en plus est sur Spinoza.

 

 

 

© Philippe Amador  - Éditions Dunod

 

 

 

L'auteur Philippe Amador nous amène à aimer le personnage au fur et à mesure de son histoire pour nous faire discerner le vrai du faux, du fictif et du douteux. Si j'avais eu cette BD pour passer mon examen de philosophie, ma note finale (oui, je sais, cela date de 1985.), aurait été franchement supérieure à la moyenne.

 

 

 

 

© Philippe Amador  - Éditions Dunod

 

 

 

Je félicite les Éditions Dunod d'avoir osé publier l'auteur Philippe Amador. Si vous réalisez pour Freud : "malaise dans la civilisation", je suis preneur. Encore bravo pour cette belle découverte de fin d'année.

 

 

Horus 66

 

Titre : À la recherche e la vérité et du bonheur

 

Collection : Hors collection

 

Genre : Philosophie

 

Scénario : Philippe Amador

 

Dessins : Philippe Amador

 

Éditeur : Dunod

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 15,50 €

 

ISBN : 9782100802319 



Publié le 12/12/2019.


Source : Bd-best


Rien ne peut l’empêcher de repartir à l’aventure.  Thorgal 37 – L’ermite de Skellingar

 « - Je suis Ivarr-le-glacé, Jarl du Sudreyjar… C’est donc toi le pèlerin qui a rudoyé mes hommes ? Pourquoi cette résistance ? Les disciples de l’anachorète de Skellingar ne sont-ils pas censés être non violents ?

- Mon nom est Thorgal ! Je suis un homme pacifique; mais je n’aime pas être menacé d’une arme, voilà tout !

- Je ne comprends pas… Ne devrais-tu pas être impatient de mourir afin d’être métamorphosé en mouette, macareux ou fou de bassan, comme tes congénères ?

- Seul un fou pourrait désirer mourir pour une raison aussi ridicule !

- Tiens ? Tu sembles plus lucide que tous ces benêts… Si tu ne crois pas à toutes ces sornettes, pourquoi alors viens-tu accomplir ce pèlerinage ici, avec le collier de cette secte à ton cou ?

- J’ai fait un serment à une mourante ! »

 

 

 

 

 

Thorgal doit racheter les vilénies de son double maléfique Shaïgan-sans-merci. Ce dernier a massacré la famille de Kilda, une jeune femme qui s’est tuée en chutant d’une falaise après avoir tenté d’éliminer Thorgal qu’elle a pris pour son double. Avant de mourir, elle a exigé le Weirgild, le prix du sang, une vie contre une vie. Voilà pourquoi le viking des étoiles va tenter d’extraire des griffes d’Ivarr-le-glacé les compatriotes de Kilda. Ivarr lui propose un marché : se rendre sur l’Ile de Skellingar pour défier Yngvi l’ermite en tentant de faire osciller le roc d’or, rocher géant recouvert de feuilles d’or. S’il y parvient, l’ermite sera vaincu et Ivarr libérera ses prisonniers.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann – Le Lombard

 

 

Décidément, Thorgal a les fesses assises sur un ressort. A peine est-il rentré chez lui, à peine a-t-il retrouvé sa femme Aaricia et ses enfants que le voilà déjà reparti à l’aventure. Le Mike Horn des drakkars est incurable. L’appel de l’aventure et la force des serments sont plus fort que tout.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann – Le Lombard

 

 

Après s’être fait la main sur les deux derniers épisodes de Kriss de Valnor, Fred Vignaux prend les rennes de Thorgal de main de maître. Cet épisode le met d’entrée dans le grand bain en lui faisant dessiner tout le panel des situations dans lesquelles Aegirsson pourrait se trouver : scènes maritimes, voire sous-marines, cauchemars et délires sous psychotropes, combats et poursuites. Espérons qu’il aura bientôt l’occasion d’en réaliser les couvertures. Même si les compositions de Rosinski sont superbes, le procédé est frustrant pour le dessinateur de l’album et malhonnête pour le lecteur.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann – Le Lombard

 

 

Yann remet les choses à plat. Même s’il est agaçant de voir Aaricia se faire encore une fois abandonner par un mâle touché dans sa virilité et qui préfère l’appel de l’aventure à la vie de famille, il est bon de retrouver la malice d’un Thorgal qui va devoir user de diplomatie et d’astuce pour en arriver à ses fins. Le scénariste a l’idée géniale de boucler l’histoire en un one-shot. Finis les voyages interminables. L’heure des histoires interminables est révolue. Comme une Chute de Brek Zarith, un Alinoë ou un Maître des montagnes, cet Ermite de Skellingar a un concept jouissif.

 

 

 

 

© Rosinski, Vignaux, Yann – Le Lombard

 

 

Bon, Aaricia, on veut pas être pessimiste pour toi, mais il y a fort à parier que ton homme va encore te laisser en carafe à la maison   bien d’autres fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Thorgal

 

Tome : 37 – L’ermite de Skellingar

 

Genre : Heroïc Fantasy 

 

Scénario : Yann

 

Dessins : Fred Vignaux

 

Couleurs : Gaëtan Georges

 

Couverture : Rosinski

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 12,45 €

 

ISBN : 9782803673728

 



Publié le 11/12/2019.


Source : Bd-best


Une histoire au poil… quand il en reste.  Ekhö monde miroir 9 – Abidjan-Nairobi Express

« - Cinq victimes de plus cette nuit, votre Sainteté. On en est à soixante-quinze répertoriées. Donc, à chaque fois, ils ont perdu leurs poils, mais on sait enfin de quoi ils sont morts exactement ?

- De honte, votre Sainteté.

- C’était inévitable.

- Le ridicule tue. Qui pourrait surmonter une telle déchéance ?

- Aucun survivant ?

- On ne peut exclure le cas d’individus terrés pour échapper à l’infamie. Nos services ont analysé et croisé tous les dossiers, il en ressort une information importante.

- Oui ?

- Trois des victimes vivaient à Abidjan, toutes les autres y sont passées dans les dernières semaines. »

 

 

 

 

 

            Quel est donc ce virus qui dépoile les Preshauns, les faisant, au propre, mourir de honte ? Il y a quelques indices. La maladie ne se transmet pas. Seuls les voyageurs sont atteints. Presque toutes les victimes appartenaient à l’obédience des Preshauns authentistes. Ces derniers sont sur le qui-vive. S’ils découvrent que des expériences visent à les éliminer, la guerre contre les humains et les Preshauns zeugma pourrait faire rage. La pontife Emily nie tout complot et envoie son héritière et son meilleur agent confidentiel Fourmille Gratule pour enquêter sans délai. Direction Abidjan en Dragojet privé, accompagné par le fidèle Yuri Podrov.

 

 

 

 

© Arleston, Barbucci, Lebreton – Soleil

 

 

            Ekhö monde miroir est peut-être la série la plus originale de Christophe Arleston. Basée sur un concept simple permettant d’écrire des histoires variées aux décors très différents les uns des autres, Ekhö offre un voyage fantastique à chacune des histoires. Dans ce miroir de la Terre, Arleston n’oublie jamais le pouvoir premier de Fourmille, celui d’être possédée par les âmes des morts. L’argument permet de complexifier les histoires et de relancer les intrigues. Ici, l’esprit de Niélé Balaka, griotte ivoirienne assassinée pour connaître les secrets de la Plante-qui-pue-des-pieds, celle qui fait tomber les poils des Preshauns.

 

Alessandro Barbucci quitte les univers urbains pour les villages et la jungle africaine. Des casemates aux taxis-brousse, du parc africain naturel dans la forêt primaire jusqu’à la canopée de celle-ci, le dessinateur dynamique envoie la sauce. On retiendra son Lord Greyzan, mix de Tarzan et de Lord Greystoke, fondant sur les intrus dans sa tenue aristico-sauvage accroché à une liane et escorté de mandrills Mahakalas.

 

 

 

 

© Arleston, Barbucci, Lebreton – Soleil

 

 

Les couleurs de Nolwenn Lebreton surfent sur les tons chauds des espaces africains en mettant en valeur le travail du dessinateur. On ne soulignera jamais assez l’importance du travail des coloristes, auteurs à part entière et tout autant responsables du succès (ou pas) d’une série que le scénariste et l’illustrateur.

 

Ekhö monde miroir reflète le talent de son trio d’auteurs.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ekhö monde miroir 

 

Tome : 9 – Abidjan-Nairobi Express

 

Genre : Heroïc-Fantasy 

 

Scénario : Arleston

 

Dessins : Barbucci 

 

Couleurs : Lebreton

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782302078796

 



Publié le 09/12/2019.


Source : Bd-best


La claque de cette fin d’année.  Blueberry 1 - Amertume Apache

« - Sir !

- Blueberry… Vous venez m’annoncer quelque chose de grave, mh ? Naturellement !... Si vous êtes dans cet état, c’est que vous avez trempé dans quelque catastrophe.

- J’ai été témoin d’un incident qui risque d’embraser la région, Sir…

- Les apaches…

- Amertume, Sir…

- Ouch.

- Et la communauté de la mine de…

- Oui, les dingues, je sais qui c’est. Des dingues contre des sauvages… Lieutenant, je finis par me demander si vous ne portez pas la poisse. »

 

 

 

 


 

            Trois cow-boys, une fille et deux garçons, dont deux sont des enfants du prêcheur polygame R.G.Dahlstrom, viennent d’assassiner sauvagement la fille et femme d’Amertume, guerrier apache. La hache de guerre est déterrée. Blueberry, témoin du double meurtre, vient annoncer la nouvelle au Lieutenant-Colonel Benjamin Tyreen, commandant du Fort Navajo. L’officier voit sa partie d’échec contre un automate perturbée par l’événement qui risque d’embraser la région.

 

 

 

 

© Blain, Sfar - Dargaud

 

 

            Prendre la suite de Giraud et Charlier n’était pas une mince affaire. On attendait Sfar et Blain au tournant, certains se délectant d’avance du costume qu’ils allaient pouvoir leur tailler. Les « hateurs » n’auront pas d’os à ronger. Cet album est une pure réussite.

 

 

 

 

© Blain, Sfar - Dargaud

 

 

            Joann Sfar synthétise tout ce qu’il y avait de meilleur chez Charlier pour sortir un scénario parfait. Son Blueberry est à la fois dans une continuité et une symbiose entre celui de son créateur et Jerry Spring. L’ombre de Jijé, qui planait sur Gir, veille aussi sur Sfar et Blain. Mais un autre grand dessinateur complète la trinité Gir-Charlier-Jijé, c’est Franz, auteur trop tôt disparu qui a signé avec le scénariste Festin la seule reprise de Jerry Spring avec un album oublié, un « incunable » paru au début des années 90, intitulé…. Colère Apache ! De la colère à l’amertume, il n’y avait qu’un pas à franchir, ce qu’a fait Sfar pour son ami Blain. Dans Colère Apache, Jerry Spring tentait de maintenir la paix entre les apaches et les hommes de main du maire de la ville. Dans Amertume Apache, Blueberry occupe exactement la même fonction en servant, ou en tentant de servir, de médiateur entre les différentes parties. Mais devant la violence et la haine, est-il possible d’apaiser des esprits assoiffés de sang ?

 

 

 

 

© Blain, Sfar - Dargaud

 

 

            Christophe Blain n’est pas un novice dans le western. Son premier album, La révolte d’Hop-Frog en 1997, en était déjà un. Vingt-deux ans plus tard, Blain a acquis la maturité qui lui permet de réaliser cette reprise. Il ne joue pas dans la même cour qu’un Ralph Meyer ou un Paul Gastine. Tout en rendant hommage à Giraud, le dessinateur ne trahit pas son trait qui garde sa spécificité. Avec des mises en scène mettant en valeur le média BD comme la sublime planche 50, Blain s’installe définitivement comme un « grandprixmable » à Angoulême.

 

 

 

 

© Blain, Sfar - Dargaud

 

 

            Amertume Apache traite à la fois de sujets classiques de la grande époque du western, mais aussi de préoccupations modernes. Depuis les années 60, la place de la femme dans la société n’est plus la même. Ruthy, la femme du Lieutenant-Colonel, joue à la fois le rôle de l’épouse modèle et de la femme qui cherche à s’émanciper. Pour autant, les femmes n’ont pas toujours la part belle à l’instar de Bimhal, qui n’a ni remords ni regrets sur ses actes irréversibles.

 

            Cet album n’est ni un Blueberry « vu par... », ni un one shot. Il se termine comme à la belle époque en plein suspens, la dernière case annonçant de façon alléchante l’implacable titre de la suite : Les hommes de non-justice. En attendant, goûtez cette amertume qui n’a jamais eu aussi bon goût.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Blueberry

 

Tome : 1 - Amertume Apache 

 

Genre : Western 

 

Scénario : Sfar 

 

Dessins : Blain

 

D’après : Giraud & Charlier 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 14,99 €

 

ISBN : 9782205077988

 



Publié le 09/12/2019.


Source : Bd-best


Dans le sillage de la balade de la mer salée.   Corto Maltesse T.15 Le jour de Tarowean

 

 

L’univers de Corto Maltese, on aime où on n’aime pas. L’album était disponible sur la table de la rédaction sans que nos chroniqueurs habituels ne semblent emballés pour en faire une chronique. C’est là que Vincent entre en scène, nous déclarant « je n’ai jamais lu de Corto Maltese et je ne veux pas mourir sans avoir tenté cette expérience ». Les lignes, ci-dessous reflètent son ressentit après sa lecture.

 

 

 

 

 

 

 

Première incursion pour moi dans le monde de Corto Maltese et pour un début, pourquoi ne pas commencer par le…début. Sauf qu’ici, le début, c’est la fin du nouvel album où l’on voit Corto attaché à un radeau et jeté dans la mer, sans autre forme de procès, juste avec la conviction que sa dernière heure n’est pas encore arrivée.

 

 

 

 

© Hugo Pratt – Juan Diaz Canales - Ruben Pellejero - Casterman

 

 

 

Comment Corto s’est-il retrouvé sur ce radeau ? C’est ce que va raconter « Le Jour de Tarowean », cette BD de plus de 70 pages qui verra Corto délivrer Calobeese d’un établissement pénitentiaire, faire un bout de chemin avec Raspoutine, rencontrer une magnifique… sirène, assister au début d’une improbable histoire d’amour,… le tout sur fond d’aventures.

 

 

 

© Hugo Pratt – Juan Diaz Canales - Ruben Pellejero - Casterman

 

 

 

 

Dévoiler plus concernant l’intrigue serait dommage pour le lecteur qui n’a pas encore découvert « Le Jour de Tarowean ». On retrouve dans cette BD tout ce qui fait le succès d’un bon roman d’aventure. Le fait de parler de roman n’est pas si innocent que cela car cette BD se dévore comme tel, ce qui peut être un peu déroutant au début, surtout pour celles ou ceux qui découvrent cet univers particulier.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vct

 

Titre : Le jour de Tarowean

 

Collection : Corto Maltesse

 

Genre : Aventure

 

Scénario : Hugo Pratt – Juan Diaz Canales

 

Dessins : Ruben Pellejero

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 82

 

Prix : 16,00 €

 

ISBN : 9782203185883

 

 



Publié le 09/12/2019.


Source : Bd-best


Invitation à faire les plus beaux rêves du monde, la réédition de la plus belle et loufoque « feel good » série.  Olivier Rameau Intégrale 1

« - Pardon, conducteur… C’est bien vous, l’autobus qui doit nous conduire à destination ?

- Attention : à notre destination précise pour être exact…

- Montez, jeunes gens ! Je suis le conducteur Parfait Poinçon, et je n’ai jamais encore conduit de voyageurs autre part qu’à destination ! En voiture !

- Tout de même… Il me paraît bizarre, à moi, cet autobus…

- Mais puisque nous nous sommes informés auprès du conducteur et qu’il dit que tout va bien… Et puis, la nature est si belle, Monsieur Pertinent. Profitons donc de ces petites vacances, laissons-nous aller…

- Oui, mais vers où ? »

 

 

 

 

 

            Olivier Rameau et Maître Pertinent, clercs de notaire de Maître Codicille, viennent porter un important dossier à un habitant de Turelurette, mais le drôle d’autobus sur rail qu’ils viennent d’arrêter va les amener à Hallucinaville, capitale du pays de Rëverose. En chemin, la sublime Colombe Tiredaile, secrétaire du lapin Théobald, va embarquer avec son patron. Tous rejoindrons le palais des trois Ziroboudons qui ont un grave problème à leur exposer. L’oiseau Razibus sème la terreur dans le pays ! Ainsi débute La merveilleuse odyssée d’Olivier Rameau et de Colombe Tiredaile au pays de Rêverose.

 

 

 

 

© Dany, Greg - Kennes

 

 

            Deux autres grands récits complètent cet opus.

 

            Avant d’écrire le succès littéraire qui a fait sa renommée, Marc Lévy a certainement lu La bulle de Si-c’était-vrai. Sauf qu’ici, pas question d’ectoplasme, mais d’une épidémie de hoquet. Le chevalier Grinssan de Samankeduile garanti qu’il ramènera à temps et sans délai la bulle extraordinaire qui guérira les populations décimées. En échange, il demande la main de Colombe Tiredaile, ce qui n’est pas du goût d’Olivier Rameau. Les deux prétendants vont se battre dans une course effrénée.

 

 

 

 

© Dany, Greg - Kennes

 

 

            Le château des quatre lunes est la demeure de l’astronome Le Grand Pas Sage Ebouriffon. Alors que des escrocs tentent de vendre tout et n’importe quelle demeure aux habitants d’Hallucinaville, nos amis vont prendre les arnaqueurs à leur propre jeu en leur proposant une affaire sur le château du Grand Pas Sage.

 

 

 

 

© Dany, Greg - Kennes

 

 

            Connu pour ses albums de gags gentiment osés, il ne faut pas oublier que Dany a une sacrée bibliographie à son actif, que ce soit dans le domaine réaliste avec la série d’espionnage Arlequin (rien à voir avec les livres du même nom) et le cultissime Histoire sans héros, ou bien encore dans la bande dessinée tout public populaire avec Olivier Rameau, série qui compta onze albums entre 1970 et 1987, puis un douzième plus tard en 2005. Au fil des albums d’Olivier Rameau, son graphisme évolue vers une maîtrise exemplaire d’une ligne franquinienne.

 

 

 

 

© Dany, Greg - Kennes

 

 

            Avec cette série, Greg s’est offert une récréation. Réponse, hommage ou affiliation au Philémon de Fred, Olivier Rameau est une série indispensable des années 70-80. Ces deux séries sont les plus beaux hommages au rêve, mais Olivier Rameau a un côté kawaï supplémentaire. Les noms des personnages sont des poèmes à eux tout seuls. Ode au Magicien d’Oz, s’y mêlent sans se poser de questions une danseuse étoile, un lion, un ramoneur, un épouvantail qui ne fait peur à personne, une otarie garde-champêtre, une cloche sentinelle, un nain de jardin ne quittant jamais sa brouette et bien d’autres personnages loufoques.

 

 

 

 

© Dany, Greg - Kennes

 

 

            Les pérégrinations éditoriales de cette série sont incompréhensibles. Pur produit du journal Tintin, et donc des éditions Le Lombard-Dargaud, la série est reprise par P & T Productions en 1997, puis Joker. En 2010, ces dernières entament une intégrale en quatre volumes mais dont les couvertures ne donnent pas à la série l’attirance qu’elle mérite. Aujourd’hui, les éditions Kennes reprennent les choses en main, dans une belle présentation, à l’occasion des cinquante ans de la série dont on aimerait tant un retour avec de nouvelles histoires.

 

            On voudrait s’endormir et rester pour toujours à Rêverose avec les gens qu’on aime.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Olivier Rameau

 

Tome : Intégrale 1 

 

Genre : Aventures poétiques 

 

Scénario : Greg 

 

Dessins : Dany 

 

Éditeur : Kennes

 

Nombre de pages : 160

 

Prix : 19,95 €

 

ISBN : 9782875808097

 



Publié le 08/12/2019.


Source : Bd-best


Une capricieuse, des dinosaures et une pomme de terre.  Super Patate 9 - Les dangereux caprices d’Augusta Rupin - 2ème partie

« - Et que désire à présent ma petite fille adorée ? Un autre ptérosaure ? Vous savez que je ne peux rien refuser à ma fille adorée, ma douce princesse… Personne ne le peut !

- Je le sais, Monsieur.

- Aaah… J’adore les bulles…

- Vous ne refuseriez rien à Augusta mais, peut-être que pour une fois, ce serait bien de ne pas…

- Oh ! Vous êtes encore là ? Quel que soit son désir ! Quel qu’en soit le prix ! Donnez à Augusta ce qu’elle réclame ! Immédiatement ! » 

 

 

 

 

            Dans son bain de bulles, au plus haut étage du plus haut gratte-ciel de la ville, l’archimultimégamillionaire Monsieur Rupin ordonne à son secrétaire particulier Monsieur Bloc de céder à tous les caprices de sa douce mais capricieuse progéniture. Celui-ci va faire appel à Malice la maléfique et ses quatre mini-Malice pour lui créer un autre ptérosaure. Mais entretemps, la jeune fille pourrie gâtée s’est entichée de SuperPatate, ce qui n’est pas, mais pas du tout du goût de Malice qui veut capturer l’homme-solanacée.

 

 

 

 

© Laperla - Bang ediciones

 

 

            Dans un délire total foutraque, Superpatate va devoir combattre des ptérosaures, des tricératops et un T-rex. Malice va déployer tous les stratagèmes pour le mener à bout, mais quand on est super-héros, on n’est pas super-héros pour rien.

 

            Artur Laperla est un auteur barcelonais. Il a commencé par faire une licence de philosophie. Avec Superpatate, il met une claque à Nietzsche, Socrate, Platon et autres Heidegger. Superpatate est un super-héros altruiste, prêt à tous les sacrifices pour servir son prochain, ou plutôt le prochain des autres, car les autres ne sont pas des patates…

 

 

 

 

© Laperla - Bang ediciones

 

 

            Dans un graphisme simple et dynamique, Laperla s’adresse aux lecteurs dès qu’ils savent lire quelques mots. Avec une voix off hilarante, il commente les actions de ses personnages avec un certain second degré que remarqueront les parents de son public premier. On regrettera une seule chose dans cet épisode : Augusta Rupin n’apparaît que dans deux cases, la première et la dernière. On eut aimé la voir plus.

 

 

 

 

© Laperla - Bang ediciones

 

 

            Bang ediciones est une maison d’édition de bande dessinée basée à Barcelone. Sa collection de BD Mamut se décline en trois séries à partir de trois, six et neuf ans. Ils publient en France des auteurs espagnols, mais aussi en Espagne des auteurs non ibériques comme Bouzard, Ferri, Larcenet, Nicoby, Flix, Rochette, Dupuy/Berberian,… Avec neuf albums au compteur, Superpatate est le fer de lance de la structure.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Super Patate

 

Tome : 9 - Les dangereux caprices d’Augusta Rupin - 2ème partie 

 

Genre : Super-héros dès 6 ans 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Artur Laperla 

 

Éditeur : Bang ediciones

 

Collection : Mamut

 

Nombre de pages : 62

 

Prix : 11 €

 

ISBN : 9788417178710

 



Publié le 08/12/2019.


Source : Bd-best


Les couleurs de la ville, la ville de toutes les couleurs.  Bienvenue chez moi

 

 

  

« C’est vrai qu’au début, ce ne fut pas facile de m’habituer car la ville est très bruyante. Il y a des voitures dans tous les sens et les gens courent sans cesse d’un endroit à l’autre.  Les rues sont toujours en pagaille, mais au milieu de ce chaos, j’ai réussi à trouver ma place. »

 

 

 

 

 

 

 

Plus qu’une histoire d’amour à New-York, ce livre est une histoire d’amour avec New-York. Des gratte-ciels étourdissants aux allées de Central Park, les klaxons des voitures nous percent les tympans mais les musiciens de rue jouent des notes de jazz. Comme un élan œcuménique, toutes les races cohabitent dans une sérénité exemplaire. Des animaux de toutes sortes vivent avec eux sans crainte et avec naturel.

 

 

 

 

© Pang, Tanco - L’agrume

 

 

On reconnaîtra les symboles de la culture jeunesse américaine que sont Elmo, le poilu tout rouge de Sesame Street, ainsi qu’un Mickey personnalisé. On croisera même Andy Warhol et on verra E.T. faire du hip-hop. Du marché aux puces, on pourra ramener une figurine de Donald ou de R2-D2.

 

Le Musée d’art moderne se mélange avec le Musée d’histoire naturelle pour montrer La Danse d’Henri Matisse et le squelette d’un diplodocus. Le Flatiron building, « fer à repasser » entre la 5ème avenue et Broadway, trône fièrement dans la nuit éclairée par une lune pizza.


            Et lorsqu’à la fin on apprend qui est le narrateur de cette belle visite, on n’a qu’une envie, recommencer l’album à une autre « hauteur ».

 

 

 

 

© Pang, Tanco - L’agrume

 

 

Les illustrations de Miguel Pang sont dans la digne lignée du Pop Art. Les personnages aux visages oblongues déambulent dans des rues pastels et des lieux familiers au fil de la journée et au fil des saisons. Les courts textes de Miguel Tanco vont juste à l’essentiel, comme pour ne pas perturber la visite guidée.

 

L’Agrume est une maison d’édition portée par l’amour de l’illustration et le désir de rendre les livres vivants, à l’image de notre société en perpétuel mouvement. Explorant les genres, nous avons donné naissance à 3 collections, qui sont autant de formes d’expressions différentes et complémentaires : des bandes dessinées d’auteurs venus des quatre coins du monde, des livres pour enfants, innovants et spectaculaires et une revue de société thématique, Citrus.

 

 

 

 

© Pang, Tanco - L’agrume

 

 

Bienvenue chez moi, album à mettre devant tous les yeux et entre toutes les mains, n’a qu’un seul défaut : il est trop court ! Il se déguste comme un cupcake garni de pépites de sucre de toutes les couleurs.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Bienvenue chez moi 

 

Genre : Visite guidée

 

Textes : Miguel Tanco 

 

Dessins & Couleurs: Miguel Pang

 

Éditeur : L’agrume

 

Nombre de pages : 32 

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9791090743960

 



Publié le 04/12/2019.


Source : Bd-best


Etre « quelqu’un » pour l’autre.  Ken’en, Comme chien et singe 8

« - Oh, mais on dirait… le Dieu Singe !

- Hein ?!

- Oh ! Le Dieu Singe !

- Mais oui, c’est lui !

- Je… Je ne suis pas un Dieu Singe…

- Inutile d’essayer de nous cacher la vérité ! Nous vous avons vu à l’œuvre ! Vous avez sauvé Suwa ! Vous vous montrez enfin ! Merci pour tout ce que vous avez fait !

- Euh… Qu’est-ce que vous voulez ? Euh… Je ne savais pas que j’étais aussi connu…

- Et le chien là ! Il avait pris forme humaine! Lui aussi c’est un Dieu ! »

 

 

 

 

 

            Mashira, le kakuen, l’homme-singe, est déstabilisé par l’image qu’ont les gens de lui. Ceux-ci l’estiment porteur de bienfaits. Or, s’il n’apporte rien aux hommes, il sera repoussé comme un vulgaire singe. Quelle triste condition. Etre rejeté, c’est épouvantable. Mais être vénéré, c’est tout autant complexe à gérer. Hayate, le reiken, son chien magique qui se transforme en homme, a peut-être plus de recul que lui sur la question. Aujourd’hui, Mashira est de retour à Mitsuke et espère bien changer la destinée de ceux de sa race.

 

 

 

 

© Fuetsudo, Ichimura - Doki-Doki

 

 

            Fuetsudo et Ichimura concluent leur série dans un huitième opus assez lent et contemplatif, mais aussi émouvant et sensible. Ken’en signifie en japonais « s’entendre comme chien et singe », équivalent local de l’expression « comme chien et chat ». Mais si ces deux derniers ont tendance à entretenir des rapports de haine-amour, Mahira et Hayate forment un duo dont les relations au départ complexes vont vers une sérénité et un respect l’un de l’autre.

 

 

 

 

© Fuetsudo, Ichimura - Doki-Doki

 

 

            Plus qu’un conte médiéval, Ken’en est une réflexion sur soi, sur autrui, sur l’estime de soi et sur l’estime de l’autre. Il montre que l’on n’est jamais seul pour accomplir son destin et qu’il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur un compagnon de route.

 

 

 

 

© Fuetsudo, Ichimura - Doki-Doki

 

 

            A noter que pour fêter la conclusion de la saga, les éditions Bamboo, sous le label Doki-Doki, éditent la série sous forme de deux coffrets comprenant chacun quatre volumes. C’est l’occasion de profiter de la séance de rattrapage.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ken’en

 

Tome : 8 

 

Genre : Fantastique japonisant 

 

Scénario : Fuetsudo 

 

Dessins : Ichimura 

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Doki-Doki 

 

Nombre de pages : 176

 

Parution : 27 Novembre 

 

Prix : 7,50 €

 

ISBN : 9782818975749

 



Publié le 03/12/2019.


Source : Bd-best


1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


©BD-Best v3.5 / 2020