?>

En images et en bulles
Flux RSSFlux RSS

1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


On a tous un collègue qui s’appelle…  Jean-Louis

       « - Je vais profiter de la récré pour avancer mon encyclopédie.

-           ?... Tu rédiges une encyclopédie ?...

-          Hein ? Ah, oui, c’est mon jardin secret… Bon ok tiens d’accord… Je te fais lire… T’es du genre tenace, toi, hein ? Et pas de chichis entre nous, hein ? Si tu trouves ça génial, tu peux le dire. »

 

Jean-Louis est prof. A ses heures perdues, il rédige une encyclopédie très… instructive. Mais ne nous leurrons pas. Jean-Louis est un prof lourdingue, un boulet, un François Pignon.

 

Jean-Louis est épuisant. Il parle tout le temps et commet gaffe verbale sur gaffe verbale. Dire à une collègue qu’elle est « cancer » comme son mari…, c’est fou. Oui, hem, c’est fou… Parler d’une équipe de bras cassés devant un autre collègue amputé d’un bras, ce n’est pas plus fin. Et l’arrivée au collège de l’Inspecteur de l’éducation nationale accueilli par notre Jean-Louis national, ça vaut son pesant de cacahuètes.

 

 

 

© Fabcaro - Glénat

 

 

 

 

 A part ça, Jean-Louis imite les bruits de diarrhée avec sa bouche et pense briller en société en citant Michel Sardou tandis que d’autres se targuent d’écouter Miles Davis ou John Coltrane.

 

L’encyclopédie de Jean-Louis ferait pâlir de jalousie tous les grands vainqueurs de Questions pour un champion. Grâce à lui, vous apprendrez (ou pas) qui a inventé le parasol, d’où vient la tradition des soirées guitares sur la plage, ou encore ce qu’est un bon paparazzi.

 

 

 

© Fabcaro - Glénat

 

 

 

 

Ainsi, les strips en salle des profs alternent avec des extraits de l’encyclopédie de l’intéressé.

 

Paru initialement en 2009 aux éditions Drugstore sous le titre Jean-Louis (et son encyclopédie) : les profs sont des cons (sauf Jean-Louis), les exploits du bougre sont réédités chez Glénat pour inaugurer la nouvelle collection d’humour Glénaaarg ! Péché de jeunesse de Fabcaro, les succès ultérieurs de l’auteur montpelliérain ont permis à cet album d’être remis sur le devant de la scène…pour notre plus grande culture, mais surtout pour notre plus grande poilade. Qu’il est con, ce Jean-Louis !

 

            Les plus optimistes pourront donc conclure qu’on a tous un collègue qui s’appelle Jean-Louis tandis que les autres pourront se demander s’ils ne sont pas le Jean-Louis de quelqu’un.

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Jean-Louis

Genre : Humour professionnel

Collection : Glénaaarg !

Scénario, Dessins & Couleurs : Fabcaro

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Prix : 12,75 €

ISBN : 9782344028667



Publié le 18/05/2018.


Source : Bd-best


Maurice Tillieux inoubliable : il y en avait des chevaux sous le capot de Jaguar, Marc Jaguar !

Tillieux, un nom, un seul qui ferait se tordre de rire le plus sérieux des bédéphiles. Disparu bien trop tôt, il y a quarante ans, son nom et ses héros sont depuis longtemps passés à la postérité. Ses planches mettent toujours autant nos zygomatiques sous haute pression. Tillieux fait partie de ces joyaux indémodables, qui nous vont bien et dont on croit bien qu’on ne s’en lassera jamais. Pour rendre ce qui appartient à César, Dupuis replonge dans le Lac de l’Homme mort, première et dernière aventure au long cours et complète de Marc Jaguar, au format qui sied si bien à ses intégrales patrimoniales.

 

 

 

 

 

 

 

© Tillieux dans Spirou chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : Le lac de l’Homme-mort » , paru pour la première fois en 1957 chez Dupuis et dont la dernière réédition datait de 1978, est de ces albums inscrits dans la mythologie de la bande dessinée franco-belge. Maurice Tillieux y a injecté tout ce qui faisait son talent et l’intensité de ses histoires : de la puissance des ambiances et des mises en scène à l’humour et à l’épaisseur de ses personnages, en passant par les nuances de mystère et la minutie de ses cadrages, Marc Jaguar est un concentré de son art. 60 ans après sa parution, « Le lac de l’Homme-mort » est un album unique dans la carrière de son auteur, et n’en demeure pas moins le chef-d’oeuvre oublié d’un des grands maîtres du polar, disparu voici 40 ans.

 

 

 

 

© Tillieux chez Dupuis

 

Comment oublier Marc Jaguar ? C’est vrai, les toutes premières oeuvres d’un artiste sont soit adulées, soit oubliées. Pour moi, il allait sans dire que Marc Jaguar faisait partie de la première catégorie. Peut-être aussi parce que le hasard m’a aidé et que je suis retombé, au moment où de brocante en brocante j’achetais furieusement des anciens numéros du Journal de Spirou, sur la période de pré-re-publication (je ne sais pas comment je dois le dire) de cet  épisode humoristiquement inoubliable qu’est Le Lac de l’homme mort. Ce sont d’ailleurs les planches issues de cette seconde vie (la première, il faut la chercher, il y a soixante ans, déjà chez Dupuis, dans le seul et unique album de ce photographe tout risque qui avait, néanmoins connu deux aventures comme policier dans les pages d’Héroïc-Albums puis Risque-Tout, on y reviendra), avec des couleurs et des lettrages revus qui se retrouvent dans cette « intégrale ».

 

 

 

 

© Tillieux chez Dupuis

 

C’est José-Louis Bocquet qui se charge d’encadrer cette nouvelle publication via une introduction complète et érudite, richement illustrée, qu’on vous laissera découvrir. Puis, c’est le grand saut : il n’est jamais trop tard pour assister à la naissance d’un auteur majeur qui, dès les prémisses, avait son art et son pouvoir comico-policier en main. C’est dans des bureaux d’un autre temps que commence cette aventure guidée par le concours de circonstances. Entre les téléphones quasi antiques, les machines à écrire, Marc Jaguar réveille le charme désuet d’une société loin d’être hyper-connectée. Ça n’empêche pas notre photographe de se faire remonter les bretelles (qu’il ne porte d’ailleurs pas sur son pull jaune reconnaissable entre tous) par son rédacteur en chef. Le héros a-t-il dès la première planche perdu la main ? Toujours est-il que depuis qu’il doit photographier le lac de l’homme mort pour les besoins d’un article touristique, rien ne va plus : ses films sont inexorablement voilés, complètement flous, c’est fou… et, surtout, ça ne fait pas très professionnels. Alors, comme jamais deux sans trois, le photo-reporter regagne le lieu de tous ses tourments photogéniques. Cette fois, en compagnie d’un détective privé anonyme mais dont on retiendra la moustache et l’incroyable talent de pêcheur ! Cela dit, pas le temps de taquiner le goujon, même s’il n’est pas frais comme un gardon, les deux hommes se rendent vite compte que ce charmant coin boisé est un territoire ennemi et que certains veulent les mettre en garde, si pas leur peau. Marc est assommé mais pas de quoi endormir sa curiosité, il doit percer le mystère de ce lac qui semble générer quelques obscures convoitises.

 

 

 

 

© Tillieux chez Dupuis

 

Il y a des albums d’un autre temps (un temps où la bande dessinée était d’autant plus précieuse que rare, loin de la démultiplication actuelle du nombre de parutions par an) qui sont toujours aussi réjouissants. Qui n’ont pas pris une ride. J’irais même plus loin : qu’on peut découvrir comme s’il venait tout juste de sortir. Parce que le charme est intact et que le peps est inoxydable. Et ce qu’il s’est passé dans ce petit coin de Haute-Vienne, plein de verdure pour cacher les dangers et de routes sinueuses pour malmener les bolides, est toujours aussi retentissant en 2018. Dans l’équilibre du texte et des dessins (là où je suis incapable, à mon plus grand regret, de lire certaines bandes dessinées beaucoup trop chargées de textes), dans les duels au corps-à-corps ou à distance, dans les gueules des personnages et dans l’alchimie qui se dégage de cette histoire où tension dramatique et humoristique s’allient à merveille. Plonger dans le lac de l’homme mort, c’est un bain de jouvence qui ramène à notre bon souvenir les émotions primaires du lecteur de BD qui ferait ses premiers pas.

 

 

 

 

 

© Tillieux chez Dupuis

 

La suite de cette intégrale qui n’en est pas vraiment une nous a un peu laissés sur notre faim. Avant Le lac de l’homme mort, Marc Jaguar a connu deux autres aventures dans Héroïc-Albums et Risque-Tout, il était alors policier. Ces histoires, courtes, s’intitulaient Contrebande et Les camions du diable, demeurée incomplète suite à l’arrêt prématuré de la revue Risque-Tout. Rééditées dans différents ouvrages depuis. Pourtant, il n’y a pas de trace de Contrebande, ici. Bien que republiée dans Spirou, quelques mois après que Le lac de l’homme mort, les droits de cette histoire sont passés dans le giron des Éditions de l’élan qui font un boulot admirable pour publier Félix en intégrale dont un futur opus contiendra ces douze planches de cette première vie de Marc Jaguar.

 

 

 

 

© Tillieux dans Spirou chez Dupuis

 

 

 

© Tillieux dans Spirou/Dupuis

 

 

 

 

 

© Tillieux dans Spirou/Dupuis

 

Quant aux camions du diable, la frustration est énorme : si les planches sont bien là, en facs-similés de qualité discutable, elles sont pour la plupart en… néerlandais. Les bulles traduites ayant été collées, à l’époque, sur les originales. Les amoureux de l’authentique, des originaux, etc. seront peut-être aux anges (qui sait ?) mais, moi qui aime avant tout avoir accès à l’entièreté des histoires dans leur version intelligible, ça m’a laissé perplexe. Voilà qui pour terminer cette intégrale laisse un petit goût amer.

 

 

 

 

© Tillieux

 

Cela dit, nul doute que les Éditions Dupuis se rattraperont, en cette année anniversaire, puisqu’en octobre de cette année, devrait enfin sortir la fin de cette histoire des Camions du diable avec, au volant, Étienne Borgers et Jean-Luc Delvaux (sous la supervision de Walthéry et ça se comprend tant, entre monstres sacrés, avec Tillieux, ils ont collaboré allègrement, toujours pour le meilleur). On s’en réjouit. Aperçu !

 

 

© Tillieux/Borgers/Delvaux/Walthéry

 

 

© Tillieux/Borgers/Delvaux/Walthéry

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Marc Jaguar – Le lac de l’homme mort

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Maurice Tillieux

Genre : Aventure, Humour, Polar

Éditeur : Dupuis

Collection : Patrimoine

Nbre de pages : 96

Prix : 24 €



Publié le 18/05/2018.


Source : Bd-best


La guerre et le sang, Conan en rouge et noir. Conan le cimmérien 2 – Le colosse noir

« - Je suis Yasmela, princesse et régente de Khoraja. Et tu n’as rien à craindre de moi. Je t’ai amené ici parce que tu peux m’aider. J’ai consulté les dieux et le tout puissant Mitra m’a dit d’aller dans les rues… de demander de l’aide au premier homme que je rencontrerai… toi.
-    Les dieux…
-    Assieds-toi, guerrier. Et toi, Vateesa, apporte-lui du vin… et de quoi manger.
-    Si vous êtes Yasmela, alors effectivement, vous avez bien besoin d’aide.
-    Quel est ton nom étranger ? Et d’où viens-tu ? Tu n’es pas un hyborien, n’est-ce pas ?
-    Mon nom est Conan, capitaine des lanciers mercenaires. Je suis né en Cimmérie. »

 

 

 

 

 

Le roi de Koth est prêt à annexer le royaume en prétendant le protéger de Natohk, sorcier démoniaque rassemblant Shémites et Stygiens sous sa bannière. Effrayés, les soldats de Yasmela désertent. Une victoire militaire est indispensable pour asseoir la légitimité de la Princesse, régente de Khoraja. Conan est l’homme de la situation. Acceptera-t-il de prendre le commandement de l’armée qui mettra fin au règne de terreur de Natohk ? L’homme préfère aller à la rencontre de l’ennemi plutôt que de l’attendre.

 

 

 

 

 

 

© Brugeas, Toulhoat, Howard - Glénat

 

 

 

Conan est un personnage fort qu’il est complexe de faire vaciller. Quand Yasmela lui demande s’il connaît l’intense sentiment de peur qui tord le ventre, le guerrier lui rétorque qu’aucun homme sur cette terre n’a su le faire trembler. Pourtant, depuis qu’il commande l’armée, le poids des responsabilités d’un monde de diplomates pèse sur ses épaules.

Ronan Toulhoat a le graphisme grandiose et épique permettant de rendre honneur à Conan. Il a su traduire en images les mots d’Howard, par le truchement de son scénariste Vincent Brugeas.
Le personnage n’est pas un simple barbare déterminé. Sous ses muscles, se cachent les émotions d’un homme responsable. Haine, détermination, inquiétude ou amour, il faut du savoir-faire pour que tout transparaisse par les expressions d’un visage, d’un regard.
La grande bataille est d’une mise en scène grandiose. On a l’impression que l’affrontement, rouge cadavre, rouge sang, rouge squelette, dépasse le cadre de l’ouvrage.

 

 

© Brugeas, Toulhoat, Howard - Glénat

 

 

 

 

    Bien que plus belliqueux, comme La reine de la côte noire, Le colosse noir est aussi une histoire d’amour. Là est le talent de Robert Ervin Howard, qui, déjà dans les années 30, écrivait une histoire aux thèmes transversaux. La preuve est ici, quatre-vingts années plus tard : Conan n’est qu’un homme, mais contrairement au souhait de Natohk, il n’est pas prêt de mourir.


Laurent Lafourcade


Série : Conan le cimmérien


Tome : 2 - Le colosse noir


Genre : Aventure


Scénario : Brugeas


Dessins & Couleurs : Toulhoat


D’après : Howard


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 72


Prix : 14,95 €


ISBN : 9782344012475



Publié le 17/05/2018.


Source : Bd-best


Entre Liban et France, de la Corse à l’Argentine, la BD réconcilie les familles à géographie et géométrie variables, au-delà du temps des secrets

Terrain essentiel de bien des oeuvres depuis la nuit des temps, la famille reste un chaudron formidable pour expérimenter tous les alliages. Du rire aux larmes, des atomes crochus à ceux qui se décrochent, de l’amour inconditionnelle à la haine conditionnée, de la jalousie au bonheur désintéressé, des secrets à la transparence, des doutes au réconfort. Et ainsi de suite. La bande dessinée n’est pas en reste pour pratiquer ce terrain au plus près de l’humain pour le pousser dans ses retranchements mais aussi favoriser la réconciliation avec soi-même et les autres. Voici une petite sélection de trois albums très différents qui, pourtant se rejoignent.

Une histoire corse : un frère si tard retrouvé, si tôt perdu

 

 

 

 

 

 

© Dodo/Chapron/Murat chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Comme tous les étés, Catherine passe ses vacances dans la maison familiale en Corse. Surprise un soir par l’un de ces orages dont seule l’île de Beauté a le secret, elle trouve refuge dans la voiture d’Antoine. Après une rapide discussion, elle découvre que ce charmant inconnu n’est autre que son demi-frère caché ! Dans la grande tradition de l’omerta corse, l’existence de ce frère lui a été dissimulée depuis plus de 20 ans. Antoine savait et Catherine cherche à comprendre. Alors qu’ils décident de rattraper le temps perdu, ils exhument peu à peu d’autres secrets de famille. Mais certains feraient peut-être mieux de rester enfouis…

 

 

 

 

© Dodo/Chapron/Murat chez Glénat

 

Après avoir signé, en ce début d’année, une échappée complètement déjantée sur le sol brûlant de la Syrie des apprentis-terroristes (Le voile noir avec Cha); Dodo nous l’avait promis, la voilà de retour au pays pour une histoire viscérale tant elle nous prend dans les liens du sang. Des liens qui de gré ou de force se détendent quitte à se rompre, se resserrent quitte à fusionner ou se tissent à mesure qu’on y place notre confiance.

 

 

 

 

© Dodo/Chapron/Murat chez Glénat

 

Mais, en Corse, rien n’est simple et il y a de quoi faire perdre à Dodo son sens de l’humour si salvateur pour faire place à un drame familial comme on n’en avait jamais vu dans sa bibliographie. Délaissant une nouvelle fois son fidèle acolyte Ben Radis, c’est en compagnie de Glen Chapron (qui s’y connaît en sujet délicat puisqu’il avait adapté L’Attentat) que Dodo croise la trace d’un fait divers qui ne pouvait pas la laisser de glace sous le soleil de la Corse belle et néanmoins rebelle. L’omerta, vous connaissez ? Celle-là même que ce doigt sur les lèvres tente de faire taire en couverture.

 

 

 

 

© Dodo/Chapron/Murat chez Glénat

 

C’est une histoire entre faux-semblants et vrai sang-blant que nous livrent les deux auteurs, construisant la vérité pour la déconstruire sous de nouveaux non-dits. Ce qui commence comme une histoire de retrouvailles, certes pas banales mais comme on en a déjà vues, devient un drame dont la force et les clés d’incompréhension font mal. Autant à l’héroïne, Catherine, cette fille unique qui se découvre un frère idéal, bien sous tous les rapports, qu’à nous. Parce que oui, les deux auteurs ont trouvé le moyen de prendre nos tripes en otages quand le beau reflet du réel fait place à sa réalité, envers et contre les apparences.

 

 

 

 

© Dodo/Chapron

 

Car si on a tenté de couper les liens du sang et qu’ils n’auraient jamais dû se retrouver au bord d’une route en plein orage (de la vie?), l’héritage, lui, a continué de couler, en bien comme en mal. Surtout, en mal, dans une Corse qu’on ne refait pas et où les jeux d’influence et de trafic ont trouvé leur paradis. Entre ce frère et cette soeur qui n’auront finalement que trop peu de temps pour se découvrir, il y a deux mondes qui s’entrechoquent, deux sens des réalités. Terriblement ficelée, l’histoire de Dodo prend encore une autre ampleur dans les mains et le savoir-faire de Glen Chapron et les couleurs qu’il est arrivé à obtenir avec Sarah Murat nous emmènent on ne peut mieux entre hier et septembre 2006. On ressort les yeux écarquillés de cette histoire, pourtant pleine de soleil et de décors pittoresques, en se demandant si comment tout cela a-t-il pu être possible. Et, en même temps, comment pouvait-il en être autrement ?

 

 

 

 

© Dodo/Chapron/Murat chez Glénat



 

Alexis Seny

 

Titre : Une histoire corse

Récit complet

D’après une histoire vraie

Scénario : Dodo

Dessin : Glen Chapron

Couleurs : Sarah Murat et Glen Chapron

Genre: Drame

Éditeur: Glénat

Nbre de pages: 134

Prix: 19,50€



Publié le 17/05/2018.


Source : Bd-best


Le crépuscule grandiose d’un prophète égaré. Neige Origines 3 – Le paradis perdu

    «  - Père Tabac et toi, l’étranger ! Ecoutez-moi ! Ecoutez la parole de Yahvé… Vous ne pouvez m’échapper…. Je suis omniprésent ! Comment fuir dans le monde que j’ai créé ? J’en connais le moindre rocher, le moindre taillis… Je suis la vallée, je suis l’air tiède et l’herbe douce… Je suis le tout ! Mais je suis aussi celui qui punit et vous serez sanctionnés pour avoir commis l’impardonnable en tuant mes Héloims !
-    Ce dément a truffé les bois de caméras… Mais nous être dans une zone non couverte sinon ses anges nous seraient déjà tombés dessus. »

 

 

 

 

 

Dans la vallée au climat régulé, Northman et père Tabac tentent d’échapper à la vigilance du maître des lieux. Le but de ce fou est de remplacer l’esprit de Neige par celui de Simon, son fils disparu. Mais pour tous les hôtes de ces lieux au destin tracé par une bombe implantée dans leur cœur, ainsi que pour Neige, il est urgent que Northman et son acolyte trouvent le moyen de s’extraire de ce diabolique éden.    

 

 

 

 

 

© Convard, Adam, Vignaux, Tatti, Olive - Glénat

 

 

 

 

    Bien qu’on regrette le trait original de Christian Gine, dessinateur de la série mère dont on attend toujours la conclusion, il faut avouer que Vignaux est un très bon choix. Le monde dépeint dans cet album, à part à la fin, n’est pas du tout dans l’esprit Neige, mais au vu des dernières scènes et de la tournure prise par le scénario, on peut supposer que le dessinateur sera aussi à l’aise dans la suite de l’histoire qui prendra apparemment source dans les ambiances et les décors décrits par Gine dans les premiers albums. Pourtant, l’album est annoncé comme la clôture de la trilogie « Origines », alors que la fin appelle à un cycle immédiat…

 

 

© Convard, Adam, Vignaux, Tatti, Olive - Glénat

 

 

 

 

    Tatti & Olive ont eu de sacrés défis à relever pour maintenir une cohérence dans la mise en couleurs de cet album. On y glisse d’un monde printanier à l’ambiance glaciale d’une Europe exsangue. Au milieu de tout ça, les délires numériques de Simon devaient dépeindre une violence et une souffrance dégénérant : c’est réussi.

    Didier Convard, par le côté philosophique qu’il leur donne, est le chantre des récits post-apocalyptiques. La série Chats en est la preuve inéluctable. N’en déplaise aux adeptes du Triangle secret, Neige est sa plus grande création. La saga est aux récits d’anticipations ce que  XIII est au thriller ou Thorgal aux épopées.
    Réalisé à quatre mains avec Adam, Neige origines raconte principalement un arc narratif au milieu de l’enfance du héros, entre les planches 20 et 21 des brumes aveugles, premier tome de la série mère, où plusieurs années sont éludées. Neige y est passif, Northman est au devant de la scène. Un héros est d’autant plus fort que son ennemi est puissant. Avec Yahvé, les auteurs ont créé l’ennemi qu’il fallait pour justifier de la dimension et de l’aura de Northman.

 

 

 

 

© Convard, Adam, Vignaux, Tatti, Olive - Glénat

 

 

    Réflexion sur l’esprit et la technologie, ce Paradis perdu pose des questions sur l’éternité. Le corps est-il la seule gangue permettant de contenir l’âme humaine ?

    La confrérie des douze a encore des ennemis à combattre. Vous n’êtes pas prêt de cesser d’avoir froid.

« Le crépuscule est grandiose. Peut-être un jour voudras-tu retrouver avec moi les paradis perdus. »


Laurent Lafourcade


Série : Neige Origines


Tome : 3 – Le paradis perdu


Genre : Aventure post-apocalyptique


Scénario : Convard & Adam


Dessins : Vignaux


Couleurs : Tatti & Olive


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 48


Prix : 13,90 €


ISBN : 9782344012611



Publié le 17/05/2018.


Source : Bd-best


La petite bédéthèque des savoirs : Exploration temporelle de la Bible

La Bible n'est pas tombée du ciel et n'a pas été écrite par un seul et même rédacteur. Les différents livres qui la composent, tels que la Genèse ou l'Exode, sont le fruit d'assemblages de textes qui réinterprètent des mythes issus d'autres civilisations et qui, pour certains, ont plus de sept siècles d'écart. Grâce à une approche ludique et à la portée de tous, le grand bibliste Thomas Römer nous explique pourquoi toute lecture littérale de la Bible est en réalité impossible.


Si beaucoup d’ouvrages traitent du contenu de la Bible en Bd, celui-ci s’attache à nous faire découvrir la construction du livre le plus vendu au monde (4 milliards d’exemplaires). Constituée de textes considérés comme sacrés chez les Juifs et les Chrétiens, la Bible hébraïque (TaNaKh en hébreu) comprend trois parties consécutives : la Torah (la Loi), les Nevi’im (les Prophètes) et les Ketouvim (les autres écrits). Cela donne  un assemblage de texte variés (récits des origines, textes législatifs, récits historiques, textes sapientiaux, prophétiques, poétiques, hagiographies, épîtres) dont l’écriture s’est réalisée entre les VIII siècle avant J.C et le second siècle avant J.C.

 

 

 

© Römer - Bischooff

 

 

 

Le pari relevé par Thomas Römer est de taille. Au moyen d’un dialogue construit entre deux personnages (la dessinatrice et lui-même), il nous fait visiter les différentes époques tout en interprétant les récits composant la Bible selon les différents courants : judaïsme, christianisme et coranique.

 

 

 

© Römer - Bischooff

 

 

 

Les illustrations signées par Léonie Bischoff rendent la lecture des textes particulièrement attrayante pour un public hétéroclite. Sans hésiter, on peut classer cet opus comme étant l’un des meilleurs de la collection. À partir de 15 ans et plus.

 

Alain Haubruge

 

Editeur : Le Lombard

Collection : La petite bédéthèque des savoirs

Scénario : Thomas Römer

Dessins : Léonie Bischoff

Genre : Biographie / documentaire

Nombre de pages : 80 pages

Prix : 10€

ISBN : 9782803671014    







Publié le 15/05/2018.


Source : Bd-best


Dans une pétarade d’onomatopées, Constant Souci porte (ô com)bien son nom!

En matière de bandes dessinées, cela n’a rien de surprenant au vu de la surproduction actuelle, il arrive parfois de remettre la lecture de certaines choses pourtant intéressantes aux calendes grecques. Sauf, quand c’est Greg. Et il faut dire que dans la bibliographie de ce mastodonte de la BD franco-belge, il y a le choix et il y en a pour des heures de lecture et de poilade. Et de mystère. Comme celui de l’homme aux trèfles qui fut la première et seule aventure du bien nommé Constant Souci.

 

 

 

 

 

 

 

© Greg chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : « Sportif intellectuel, fluet mais costaud, astucieux et vif, Constant Souci est le héros d’une série éphémère dont Le Mystère de l’homme aux trèfles est l’unique et désopilant épisode. » C’est ainsi que Numa Sadoul décrit ce héros arrivé dans le journal Tintin à la fin des années 1960. Créées par l’immense Greg, ses aventures nous plongent à la découverte d’une galerie de personnages truculents dans des décors généreux (signés Dupa, le papa de Cubitus !) allant du champêtre au futuriste. On y retrouve cet humour absurde et ce ton loufoque chers à l’auteur d’Achille Talon ; ce rythme endiablé et ce graphisme nerveux propres à l’école Marcinelle, annonciateur de Gotlib.

 

 

 

 

© Greg chez Glénat

 

Déjà, il y a 50 ans (lors de la première parution en épisodes de cette histoire, alors que l’album serait publié en 1974), les profs de gym étaient bien en galère de trouver un boulot. En tout cas, pour Constant Souci, ce n’est pas gagné. Pourtant, il n’a pas à démériter de sa forme olympique, bien plus affûté que ce Monsieur Mégot qui fait les belles heures de glande du Petit Spirou. Alors, voilà qu’au gré des petites annonces, quand il a trouvé un job d' »effendi » moniteur dans une colonie de vacances « paradisiaques », il n’a pas hésité une seule seconde. Après tout, c’est vrai qu’il ignorait que la mission avait été abandonnée en cours de route par plus d’un de ses prédécesseurs. Et pour cause, les « minuscules marmots » sont en fait des surhommes en herbe, forts comme des Turcs, tombés dans la marmite de potion magique quand ils étaient encore plus petits malgré une bienveillance qui ne fait pas de doute. Le coeur sur la m… poigne de fer.

 

 

 

 

© Greg chez Glénat

 

D’ailleurs, détrompez-vous, ce ne sont pas eux les méchants de l’histoire, Constant va vite comprendre qu’il y a incompatibilité musculaire et va se retrouver en bord de route, le dos cassé et au point  mort. À moins que ce vieillard penché comme lui ne lui ouvre la porte d’un job en or : la cueillette de trèfles à quatre feuilles. Chanceux qu’il est, finalement, notre Constant. Sauf que…

 

 

 

 

© Greg

 

Sauf que, ces porte-bonheurs végétaux sont au coeur d’un business mafieux. Un engrenage dans lequel le héros éphémère va vite être pris, sans possibilité de sursis… ou presque. Le début d’une histoire de fous, entre poisse et chance de pendu. Si l’idée de départ vient de Vicq et les décors sont signés Dupa, impossible de nier l’ADN de celui qui anime Achille Talon depuis quelques années déjà, à l’époque où Constant Souci est créé. Entre des pétarades d’onomatopées, avec des personnages aux noms aussi charmants que bizarres, pointent une culture de l’absurde et des rebondissements auxquels il est impossible de résister. Avec Goscinny et Uderzo, Greg est incontestablement une autre figure de proue de l’humour dans le Neuvième Art. Même si face à l’irréductible Gaulois, l’insubmersible éducateur physique fait un peu daté et le comique de répétition un rien usé. Pas de quoi bouder ce plaisir en noir et blanc, explosif et savamment orchestré pour mettre en action nos zygomatiques en… constants sourires.

 

 

 

 

© Greg

 

 

 

Alexis Seny

 

Série : Constant Souci

Tome : 1/1 – Le mystère de l’homme aux phylactères

Sur une idée de : Vicq

Dessin : Greg

Décors : Dupa

Noir et blanc

Genre: Aventure, Humour

Éditeur: Glénat

Collection : Patrimoine

Nbre de pages: 48

Prix: 15€



Publié le 15/05/2018.


Source : Bd-best


Fenêtre sur cour.  Gramercy Park

« - Le chauffeur vous fait savoir que la voiture est prête. Mademoiselle Billie s’est échappée, mais on l’a retrouvée. Elle a caché une autre clef du parc.

-          Ça fait combien ?

-          Dix-sept clefs.

-          Dix-sept ?

-          Dix-sept cette année. Le président de la copropriété, Monsieur Towsend, dit que son chien en a déterré six. Il veut interdire le parc à Mademoiselle Billie.

-          Qu’il lui interdise ce qu’il veut et bientôt, sous la pelouse, le chien déterrera les ossements de son maître. Pourquoi elle ne me parle pas, Brett ? Pourquoi elle ne me répond pas ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

© De Fombelle, Cailleaux - Gallimard

 


 

Pourquoi dit-on que les matins sont petits ? Qu’est-ce qui relie une danseuse de l’Opéra de Paris à un caïd de la pègre ?

 

La consolation. Tous, ils cherchent la consolation…jusqu’à dans la compagnie des abeilles. Il parait que des gens remplissent leurs plaies de miel pour qu’elles se referment.

Cette femme sur un toit de New-York, qui observe cet homme dans son appartement, cet homme, truand notoire, qui semble avoir des difficultés à se comprendre avec sa fille, Foster, allergique aux abeilles, et puis les flics qui courent, qui courent, qui observent et qui courent… En 1954, à New-York, tous cherchent la consolation.

 

 

 

© De Fombelle, Cailleaux - Gallimard

 

 

 

 

 

            Le scénario de Gramercy Park est un coup de maître. Le romancier Timothée de Fombelle a conçu son récit comme un jeu d’échecs. Les pions sont placés un par un sans que l’on comprenne la stratégie du maître de jeu. Puis ils sont déplacés dans un apparent méli-mélo sans liens cohérents. Mais, lorsque le dernier fil est tissé, tout s’assemble et le lecteur est bluffé. Gramercy Park est une histoire maligne et complexe, demande une certaine attention et un effort de synthèse au lecteur. Le jeu en vaut la chandelle.

 

 

 

 

 

 

 

Le trait crayon de Christian Cailleaux flotte sur les toits de la ville. Il est contemplatif et délicat, à la fois discret et inquisiteur. Des rues new-yorkaises à la coupole de l’opéra de Paris, des guirlandes de fenêtres qui brillent comme des lucioles à la grille d’un parc aussi simple que complexe, Cailleaux est un décorateur de première. Il y a autant d’âme dans ses monuments, ses objets, que dans les personnages. Ceux-ci, visages impassibles ou sévères, transfigurent leurs émotions avec force et, encore une fois, apparente simplicité. Mais la complexité n’est-elle pas dans la simplicité ? On ressent tout le travail de l’auteur sous-jacent à cette transposition impeccable des sentiments.

            Il ne manque plus que James Stewart observant les gens depuis son appartement de Grennwich Village dans Fenêtre sur cour.

 

Consolation, allègement, apaisement, cicatrisation, compensation, contentement, revanche, satisfaction, soulagement.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Gramercy Park

Genre : Polar

Scénario : De Fombelle

Dessins & Couleurs : Cailleaux

Éditeur : Gallimard

Nombre de pages : 98

Prix : 20 €

ISBN : 9782070657568



Publié le 15/05/2018.


Source : Bd-best


Aimer plus loin que les rêves ont imaginé. Conan le cimmérien 1 – La reine de la côte noire

« - Qui t’as invité à bord ?
-    Le destin, visiblement. Vers où navigues-tu ?
-    Les côtes de Kush.
-    Alors, c’est là que je vais aussi.
-    Personne ne voyage gratuitement sur l’Argus.
-    Je n’ai pas de cuivre… mais de l’acier. Il a déjà tranché net quelques prometteurs destins de pirates. »

Le commandant Tito accepte de transporter sur son navire le passager clandestin fuyant la justice qui vient de monter à bord. Ce dernier a connu tant d’employeurs et de grades qu’il ne se souvient pas de tous. Une rumeur dit même qu’il a été roi. Si c’est vrai, il l’a oublié. Cet homme, c’est Conan le cimmérien. Il n’a que sa lame à vendre au plus offrant.
Quand le bateau est attaqué par une bande de barbares dirigée par une beauté du diable, le colosse et la belle tombent sous le charme l’un de l’autre et décident de faire voile ensemble jusqu’aux confins de la terre, jusqu’aux confins de la mer. C’est ainsi que se lièrent les destins de Conan et de Bêlit, la reine de la côte noire.

 

 

 

 

 

 

 

© Morvan, Alary, Sedyas, Howard - Glénat

 

 

Morvan et Alary ouvrent la collection des adaptations des romans de Robert Ervin Howard consacrés à Conan. Ils réalisent un blockbuster de la BD : on a droit à du grand spectacle.

Quelques semaines après l’excellent Mon traître, Pierre Alary revient dans un registre diamétralement opposé. La grisaille irlandaise laisse place aux mers ensoleillées et aux jungles mortelles. Disons-le tout de suite, son Conan est un coup de maître. Le découpage est sublime. Pas une planche ne ressemble à une autre. Les cases peuvent être à l’arrière-plan d’une nature sauvage ou s’amonceler sur un tas de mains sculptées. Avec Bêlit, il met en scène une des plus belles héroïnes qu’on n’ait jamais vues en bande dessinée. La reine est d’une splendeur à faire pâlir tous les marquis de Sade, à faire crier grâce à tous les échos, à faire trembler les murs de Jéricho.

 

 

 

 

© Morvan, Alary, Sedyas, Howard - Glénat

 

 

 

Jean-David Morvan, directeur de la collection et scénariste de ce premier opus, conserve le lyrisme du récit originel paru en 1932. C’est la sixième histoire mettant en scène Conan, mais Howard les a toujours conçues sans chronologie. Aucun personnage, ni aucun événement, n’apporte des conséquences d’un épisode à l’autre.
Le scénario réaliste se transforme en fantasy pour atteindre une dimension spirituelle.
Peu de textes et des dialogues courts laissent au dessinateur l’honneur de faire exploser son talent et de sublimer la romance.

La reine de la côte noire est avant tout une magnifique histoire d’amour à faire brûler la lumière jusqu’au jour, à la passion et jusqu’à la folie.


Laurent Lafourcade


Série : Conan le cimmérien


Tome : 1 - La reine de la côte noire


Genre : Aventure


Scénario : Morvan


Dessins : Alary


Couleurs : Sedyas


D’après : Howard


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 72


Prix : 14,95 €


ISBN : 9782344011966



Publié le 14/05/2018.


Source : Bd-best


Jour J tome 33, feu nucléaire ou terrible bain de sang ?

Des agents secrets sont chargés d’exfiltrer Oppenheimer par le Mexique. Mais ce ne sont pas les seuls à poursuivre le professeur. Le FBI et le général Grooves traquent sans relâche les deux fugitifs, Oppie et Kerouac. La fin de cette folle cavale à travers les États-Unis décidera de l’issue de la guerre du Pacifique… Se terminera-t-elle dans le feu nucléaire ou en terrible bain de sang ?

 

 

 

 

 

 

 

© Duval,Pécau,Blanchard - Delcourt

 

 

Les scénaristes (Duval & Pécau) nous proposent de découvrir la suite de l’album « Sur la route de Los Alamos ». Se rendant compte des conséquences monstrueuses découlant de ses recherches, Oppenheimer abandonne ses travaux, s’enfuyant en compagnie de Jack Kérouac à travers les États-Unis.

 

 

 

© Duval,Pécau,Blanchard - Delcourt

 

 

 

Lors de leur escapade, les deux hommes vont rencontrer des personnages mythiques tels que William S. Burroughs (chez qui ils vont passer quelques jours), Miles Davis (musicien de jazz), Allen Ginsberg (fondateur du mouvement hippie) découvrant une Amérique alternative en marge de la société. De même, ils vont croiser les chemins d’Éliot Ness (rencontre qui va leur sauver la vie) et de Kim Philby (double agent britannique et soviétique). Le dessin confié à Denys, riche et précis, met en valeur le récit écrit par les scénaristes. Par contre j’aurais souhaité que ces derniers abordent plus rapidement le thème principal de l’album : l’opération Downfall. L’ensemble des deux tomes reste quand même très intéressant malgré la multitude de noms célèbres rencontrés dans cette réalité alternative où les soldats américains affronteront des troupes japonaises jusqu’au-boutistes.

 

 

 

© Duval,Pécau,Blanchard - Delcourt

 

 

 

NB : L'opération Downfall  est le nom de code d'un plan militaire allié de la Seconde Guerre mondiale prévoyant l'invasion du Japon. Cette opération fut annulée à la suite de la capitulation du Japon après les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki ainsi que l’entrée en guerre de l’Union soviétique contre le Japon. Cette opération comprenait deux phases : l'opération Olympic et l'opération Coronet. Prévue pour débuter en octobre 1945, l'opération Olympic consistait en l'invasion du sud de l'île la plus méridionale du Japon, Kyushu, en utilisant l'île d’Okinawa comme base avancée. Au printemps 1946, l'opération Coronet consistait en l'invasion de la plaine de Kanto près de Tokyo. Les bases aériennes de Kyūshū, prises lors de l'opération Olympic auraient alors permis un soutien aérien important. La prévision des pertes variait énormément, mais restait élevée pour les deux camps : selon le degré d'implication des civils japonais dans la défense de leur pays, les estimations se chiffraient en millions pour les pertes alliées et en dizaines de millions pour les pertes japonaises.

 

Alain Haubruge

 

Titre : Opération Downfall

Série : JOUR J


Scénariste : DUVAL Fred, PÉCAU Jean-Pierre, BLANCHARD Fred

Coloriste : SCARLETT

Illustrateur : DENYS

Collection : NEOPOLIS

Prix : 14.95 €

ISBN : 978-2-7560-8172-4



Publié le 13/05/2018.


Source : Bd-best


1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


©BD-Best v3.5 / 2018