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En immersion à Angoulême.

Envoyé spécial pour BD-Best au festival international de la BD, Laurent Lafourcade vous donne un aperçu de la fête.

 

Deux jours dans le chaudron, soit une journée de rencontres et d’expos et une autre de dédicaces, voici un petit résumé non exhaustif de ce qui s’est passé.

 

 

 

 

 

 

            Batman 80 ans : un genre américain démasqué est sans conteste l’exposition incontournable de cette année. Une Batmobile ayant servi au cinéma accueille les visiteurs à l’extérieur du bâtiment. Après une première partie étonnante dans laquelle on traverse la rue dans laquelle ont été assassinés les parents de Bruce Wayne, son bureau, son laboratoire secret, on croise dans leurs cellules chacun des méchants emblématiques de la série. Clou du spectacle, le Joker dans sa cage de verre est effrayant de réalité. Une fois quitté Gotham City, de nombreuses planches originales et de nombreuses illustrations des plus grands dessinateurs sont exposées entre de ludiques panneaux explicatifs détaillant les différentes périodes dans l’histoire de Batman.

 

 

 

 

 

 

            L’exposition Jérémie Moreau retrace la courte mais très diverse et variée carrière de l’auteur de La Saga de Grimr. Du singe de Hartlepool à Tempête au haras, de Max Winson àson futur projet, les planches originales démontrent la volonté de l’auteur de sans cesse remettre son travail en question. Ce garçon est certainement un futur Grand Prix du festival.

 

 

 

 

 

 

 

            Jean Harambat aller-retour revient sur le parcours de l’auteur d’Opération Copperhead. Du rugby à la mythologie, on y comprend comment le dessinateur a mis ses racines et ses passions dans son œuvre. Le soin apporté à l’exposition des planches originales et les reproductions grands formats de personnages et de décors de l’auteur attestent de la qualité de la scénographie. Située à l’intérieur du Musée de la BD, l’exposition reste visible quatre mois.

 

 

 

 

 

            L’histoire des éditions Futuropolis permet de remonter aux sources de la création de la maison. Bien avant son revival des années 2000, « Futuropolis 1972-1994, aux avant-gardes de la bande dessinée » revient sur la genèse du laboratoire d’idées agité par Etienne Robial et Florence Cestac. Les mythiques albums à la maquette très Robalienne sont exposés. Sur les murs, les portraits et parcours des auteurs emblématiques de l’époque sont affichés : F’murr, Montellier, Golo, Baudoin, Loustal,… L’exposition verse dans le souvenir mais pas dans la nostalgie et témoigne de l’importance de cette aventure dans l’Histoire avec un grand H de la bande dessinée.

 

 

 

 

 

            Tous publics, l’exposition Tom-Tom et Nana présentent : Tout Bernadette Després dévoile l’étendu du talent de l’inépuisable véritable patronne du restaurant « A la bonne fourchette ». Le magazine J’aime Lire accueille les facéties de la famille Dubouchon depuis 1977, de quoi toucher plusieurs générations. Les décors grandeurs natures sont émouvants tellement on a l’impression d’être dans l’univers de la dessinatrice. Mais Bernadette n’a pas fait que ça. D’autres de ses productions sont visibles. En fin de parcours, une salle permet de dessiner et de jouer avec son univers, avant de profiter d’un épisode de la toute nouvelle série de dessins-animés qui va être diffusée sur Télétoon.

 

 

 

 

 

En extérieur, l’exposition du parvis de l’Hôtel de Ville démontre que le handicap n’est pas du tout un frein à la création. Joli, sincère et émouvant.

 

 

 

 

 

            Corben, Manara, Matsumoto, Nihei … : de nombreuses autres expositions parsèment les différents lieux de la ville. La difficulté quand on vient à Angoulême est de choisir ce que l’on sacrifie. Le choix peut être arbitraire, mais laisser faire le hasard est sûrement le meilleur moyen de ne rien regretter.

 

            Bill s’est promené tout le week-end pour fêter ses 60 ans.

 

 

 

 

 

            A l’espace rencontres, Jérôme Hamon et David Tako ont présenté aux collégiens leur nouvelle série survival qui débute aux éditons du Lombard. Green Class s’annonce comme un futur blockbuster.

 

 

 

 

 

            La journée de dédicaces du samedi est menée tambour battant. Une organisation scientifique est nécessaire pour ne pas perdre de temps. Le planning des dédicaces des auteurs, publié par chacun des éditeurs, permet de planifier la journée. Comme pour les visites d’expo, le hasard permet de rencontrer de jeunes auteurs vers lesquels on ne serait peut-être pas allé à priori, comme Glen Chapron, dessinateur de la sensible histoire Corse scénarisée par Dodo, James Christ qui signe une nouvelle série avec Carbone : les zindics anonymes, ou encore Emilie Plateau, auteur de Noire, dont on vous reparlera très vite dans ces colonnes.

 

Pour le reste, entre autres, se retrouver face à Don Rosa, l’homme qui a créé une jeunesse à Picsou, puis se faire dédicacer un Donald par Kéramidas permet un doublé exceptionnel. Faire un selfie avec Kid Noize. Discuter avec un des plus gros vendeurs de romans à suspens de France Michel Bussi. Echanger avec Philippe Goddin sur nos Tintin préférés et avec Philippe Collin, le petit neveu de Marcel Grob, qui a scénarisé un des albums les plus marquants de 2018. Obtenir un Spirou dédicacé par Schwartz. Prendre une photo avec Sophie Dumont. Délirer avec Berth, cartoonist chez Spirou. Encore et toujours retourner voir Trondheim depuis 30 ans.

 

 

 

 

 

 

 

Bref, cette journée a permis de récolter de beaux albums qui feront de beaux articles sur votre site préféré.

 

Juste un mot sur le palmarès qui, encore une fois, fait preuve de snobisme et dénigre les grandes productions qui permettent de publier les petites. Evidemment, le festival de pouvait pas passer à côté de « Moi, ce que j’aime, c’est les monstres. » d’Emil Ferris, paru aux éditions Toussaint Louverture. Mais il faut regarder le palmarès des prix découvertes, décerné par des écoliers, collégiens et lycéens, pour trouver des albums de grands éditeurs. Le détail est sur : http://www.bdangouleme.com/prix-palmares/competition-officielle/palmares-officiel. Inutile de s’y attarder. Avec tout le respect qu’on doit aux auteurs récompensés, si on faisait pareil au cinéma, « Les aventures de mon voisin qui attend le bus » et « La tristesse du lavabo dans lequel on épluche des oignons » se battraient pour l’Oscar du meilleur film. Mais après tout, n’est-ce pas ce que fait le festival de Cannes ?

 

Enfin, un des grands changements de l’année est l’importance de l’espace dédié aux mangas. Le genre prend une place imposante dans une nouvelle bulle créée pour eux à proximité du Musée.

 

 

 

 

 

            Angoulême, c’est Hollywood sur Charente.

 

Laurent Lafourcade

 

Photos © Laurent Lafourcade



Publié le 27/01/2019.


Source : Bd-best


Un bel écrin pour la plus belle création.  Le Marsupilami de Franquin – Intégrale Version originale

 

            « - Regarde ! Des bagues et des bracelets en poils de Marsupilami ! Si le poil est ici, l’animal n’est pas loin !

-          Vous pouvez chercher dans tout le pays ! Seul Pablo Cortes vous vendra ce porte-bonheur rarissime : le véritable poil de Marsupilami, l’animal sacré des indiens de la forêt vierge !...

-          Quel menteur tu es, Pablo Cortes ! Tu sais bien que je suis le seul dans cette ville à avoir vu un Marsupilami !...

-          Où ? Dites-moi, vite ! Je suis venu d’Europe pour en capturer un ! »

 

 

 

 

 

Spirou et Fantasio viennent de débarquer en Palombie pour tenter de capturer un Marsupilami. C’est une des épreuves à réaliser pour toucher l’héritage qui leur est promis en cas de réussite. Ainsi naquit la bestiole dans la série reprise par André Franquin.

 

L’animal dépassera les attentes de son créateur au point qu’il deviendra indissociable des aventures de Spirou. Franquin en gardera les droits d’exploitation lorsqu’il arrêtera Spirou, lui fera vivre ses propres aventures et lui offrira sa série.

 

 

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

Le somptueux ouvrage proposé par les éditions Dupuis offre un écrin de luxe au Marsupilami et invite le lecteur au plus près des planches originales de son créateur. Elles sont présentées en grand format, dans leur « jus » d’origine. On y voit les traits de grattage, les traces de crayon gommé, les visas du correcteur orthographique, les indications de réduction photographique de la planche et celles de foliotage, sans oublié les traces de papier collant maintenant le calque d’indications de couleur. Bref, les pages sont marquées de leur vécu depuis la table de travail du dessinateur jusqu’à leur arrivée chez l’imprimeur, auxquels sont rajoutés les ravages du temps prouvés par le jaunissement du papier et les diverses taches.

 

 

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

Les récits présentés sont les courts-métrages : Le Marsupilami descend sur la ville, Touchez pas aux rouges-gorges, Noël d’un bagarreur, La bûche de Noël, Le Marsupilami passe l’éponge, Les patins téléguidés, quelques gags, ainsi que la mythique longue histoire : Le nid des Marsupilami. Au cœur de la forêt palombienne, La cage et Capturez un Marsupilami mettent en scène le braconnier Bring M.Backalive. Va-t-il réaliser le rêve de sa vie et mettre la main sur cet animal de légende ?

 

            On regrette que pour un ouvrage à un prix si prohibitif il y ait une erreur dans le texte d’introduction. La paternité de Fantasio est attribuée par erreur à Franquin au lieu de Jean Doisy, Jijé lui ayant donné ses traits définitifs.

 

 

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

            Le Marsupilami de Franquin est un ouvrage indispensable à tous les amateurs de l’âge d’or de la bande dessinée en général et aux amoureux de Franquin en particulier, amenant le lecteur jusque sur la table à dessin de l’auteur.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Le Marsupilami de Franquin – Intégrale Version originale

 

Genre : Aventures palombiennes 

 

Scénario & Dessins : Franquin 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 144 

 

Prix : 129 €

 

ISBN : 9782800161730

 



Publié le 24/01/2019.


Source : Bd-best


Les enfants de la résistance T.5 Le pays divisé.

 

 

 

François, Lisa et Eusèbe poursuivent leur combat. Le réseau Lynx a dorénavant pour mission de protéger un « pianiste », un espion en charge de l'émetteur-récepteur qui permet à la Résistance locale de communiquer avec Londres.

 

 

 

 

 

Septembre 1942, la France est  divisée en deux zones. Nos amis Lisa, François et Eusèbe ont 15 ans et vivent dans la zone occupée par les Allemands. Le « Lynx », le réseau de résistance dont ils s’occupent attend un opérateur radio « pianiste » envoyé depuis Londres. Leur mouvement est rejoint par des personnalités locales comme le notaire et le maire. Ces derniers ignorent que la tête du réseau n’est autre qu’un groupe d’enfants issus de leur village. Leur nouvelle mission est de protéger l’espion envoyé de Londres pour émettre et recevoir des messages à destination de la Résistance. Une mission qui n’est pas sans risque : il faut régulièrement changer d’endroit d’émission afin d’éviter d’être localisé par l’ennemi traquant à bord de camionnette les transmissions à destination de Londres. À 15 ans, nos adolescents  découvrent les premiers sentiments amoureux : François est secrètement amoureux de Lisa, mais cette dernière flirte avec Eusèbe.

 

 

 

© Ers – Dugomier.

 

 

Alors que les alliés débarquent sur le territoire français (Afrique du Nord), les résistants espèrent que les généraux en poste vont désobéir à Pétain et rejoindre la France Libre. De son côté, la Gestapo sème la terreur, traquant les opposants au régime nazis. Elle est assistée dans cette « besogne » par la Milice Française mise en place par Vichy  (début 1943) afin de faire régner l’ordre dans le pays.

 

 

 

 

 

 

 

Ce cinquième tome évolue dans la France zone occupée. On y  évoque  les difficultés du ravitaillement pour les citoyens (introduction des tickets de ravitaillement) et naissance du marché noir mais aussi les « passages » entre les deux zones du pays (zone libre – zone occupée) que ce soit des vivres, des civils et des juifs fuyant les nazis.

 

À l’heure où nos politiques parlent de supprimer des programmes les cours  d’histoire et de géographie, le travail proposé par Benoît Ers et Vincent Dugomier est tout à fait nécessaire. Notre duo plonge les enfants en pleine période d’occupation tout en expliquant les difficultés de la vie quotidienne sous celle-ci. Ils font évoluer leurs personnages, les mettant face à leur adolescence n’oubliant pas d’évoquer leurs premiers sentiments amoureux. Les illustrations de Benoît Ers renforcent le récit proposé par Vincent Dugomier. En attente avec impatience des prochaines aventures des enfants de la résistance.

NB : A signaler en fin d’ouvrage, la présence d’un dossier didactique de six pages couvrant la période abordée dans cet album.

Lien vers le site didactique consacré à la série :

http://www.lelombard.com/enfantsdelaresistance/#visuel-fond

 

 

Haubruge Alain

 

Série : Les enfants de la résistance.

 

Tome : 5 – Le pays divisé.

 

Genre : Jeunesse.

 

Scénario : Vincent Dugomier.

 

Dessins : Benoît Ers.

 

Éditeur : Le Lombard.

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782803672813



Publié le 24/01/2019.


Source : Bd-best


Nymphéas Noirs: toile de sang sur toile de fond, leçon de maître(s)

Aaaaah Giverny, décor magnifique au spectaculaire paisible pour motiver l’imaginaire et fasciner des heures. Un village suspendu dans le temps et l’espace, comme ces héroïnes de papier glacé, mais sur papier toilé. Pour ceux qui auraient raté le train pour ce village de peinture et de crimes en 2011, la superbe collection Aire libre offre un incroyable billet retour en BD mais jamais loin du pinceau et de la nature, du soleil de Monet. De Monet à Bussi, de Bussi à Duval et Cassegrain, la transmission est parfaite, sans perte.

 

 

 

 

 

 

 

© Cassegrain


Résumé de l’éditeur : Dans le village de Giverny, où Claude Monet peint quelques-unes de ses plus belles toiles, la quiétude est brusquement troublée par un meurtre inexpliqué. Tandis qu’un enquêteur est envoyé sur place pour résoudre l’affaire, trois femmes croisent son parcours. Mais qui, de la fillette passionnée de peinture, de la séduisante institutrice ou de la vieille dame calfeutrée chez elle pour espionner ses voisins, en sait le plus sur ce crime ? D’autant qu’une rumeur court selon laquelle des tableaux d’une immense valeur, au nombre desquels les fameux Nymphéas noirs, auraient été dérobés ou bien perdus.

 

 

 

 

© Duval/Cassegrain chez Dupuis

 

 

 

 

© Duval/Cassegrain

 

Ce roman, sans doute le meilleur de son auteur, considéré comme inadaptable (dixit Michel Bussi lui-même, et on le comprend) c’est un duo, Fred Duval et Didier Cassegrain, qui s’y est attelé sous la relecture du maître du thriller à la française. Pour amener le lecteur dans l’univers pictural du peintre tout en y mêlant celui de Cassegrain, durant treize jours, d’un meurtre à l’autre, des impressions à l’exposition. Sur la piste du serial killer qui a tué un chirurgien-ophtalmo sans histoires, si ce n’est de fesses.

 

 

 

 

© Duval/Cassegrain chez Dupuis

 

Le lecteur-acteur (vous savez comment sont les polars, on veut trouver le fin mot avant les enquêteurs, ici Laurenc et Silvio) se fait balader, mais d’une force… On en prend plein les mirettes et on ne voit rien venir dans ce pageturner qui sème les indices comme des coups de pinceau auxquels on ne prêtera attention que bien trop tard. Même si on peut rester des heures devant les dessins sublimes de Cassegrain, l’un des plus peintres parmi les dessinateurs BD (pas d’encrage mais des couleurs directes si vivantes), imprégné de toute cette richesse picturale dont était capable un Monet.

 

 

 

 

© Duval/Cassegrain chez Dupuis

 

 

Nymphéas noirs en BD, c’est mon kiff lecture ultime de ce mois de janvier, un show de couleurs et de lumière. Une somptueuse adaptation BD transcendante et jouant de précision et d’attachement. À tel point, là où des récits de vie sont parfois plus aptes à changer un poil nos vies, que ce polar nous suit, nous marque.

 

 

 

 

 

© Duval/Cassegrain chez Dupuis

 

 

 

Remarquable et impressionnant. Une leçon de maître(s) impressionnistes.

 

 

 

 

© Duval/Cassegrain chez Dupuis

 

PS : Dans un autre registre mais toujours en matière d’adaptation, on attend impatiemment l’adaptation qu’il a réalisée, avant Nymphéas Noirs, avec Régis Hautière et Olivier Vatine d’un Conan.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Nymphéas Noirs

Récit complet

D’après le roman de Michel Bussi

Scénario : Fred Duval

Dessin et couleurs : Didier Cassegrain

Genre : Drame, Thriller

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Nbre de pages : 144

Prix : 28,95€



Publié le 24/01/2019.


Source : Bd-best


Final sans concession dans la chaleur moite d’une Afrique corrompue.   Katanga 3 - Dispersion

 

            « - Dites au directeur Crossburn que j’arrive.

-          Bien, Monsieur le Président.

-          Je vais lui livrer Lumumba. Il n’y a pas d’autre solution.

-          Vous plaisantez ? Il y a pire qu’être un meurtrier aux yeux du monde. Les meurtriers, on les respecte. Vous allez tous nous faire passer pour des lâches !

-          Je n’ai pas le choix. Il faut bien que…

-          Des pleutres. Des laquais. Qui rampent devant une poignée de blancs ! »

 

 

 

 

Armand Orsini, devenu conseiller du Ministre Munongo, a la solution. Mais l’issue d’une crise proposée par un être cupide, impitoyable et sans sentiment est souvent radicale. « Et s’il s’était évadé ? » Orsini est malin. Si Patrice Lumumba s’évadait, personne ne serait responsable de son sort.

De son côté, André, survivant de son équipe de mercenaires, tente de quitter le pays avec des diamants.

Le temps tourne. Le peuple commence à se révolter. Le Katanga prend feu et prend sang.

 

 

 

 

© Nury, Vallée, Bastide, Pedriset– Dargaud

 

 

Fabien Nury et Sylvain Vallée concluent leur trilogie avec force et lyrisme. La tension monte crescendo jusqu’à un final rarement vu en BD et digne des meilleurs blockbusters hollywoodiens.

 

Nury n’épargne rien à ses personnages. Les destins vont tous, sans exception, être bouleversés. Personne n’en sortira indemne. Et bien malin sera celui qui pourra deviner qui s’en sortira tout court.

 

 

 

 

© Nury, Vallée, Bastide, Pedriset– Dargaud

 

 

Vallée pousse son crayon jusqu’aux limites de la cruauté. C’est une véritable boucherie qui est représentée, jusqu’à la limite du supportable. On peut se poser la question de l’utilité d’un tel spectacle. Le dessin semi-réaliste de l’auteur fait passer la pilule. On imagine ainsi la violence de ce morceau d’histoire dramatique de l’Afrique, ici romancé, mais ô combien proche de ce qui a dû réellement se passer dans certains coins du continent au crépuscule de la colonisation.

 

 

 

 

© Nury, Vallée, Bastide, Pedriset– Dargaud

 

 

« On a bien tort de ne jamais se méfier des clowns. » dit Charlie, le frère d’Alicia. Au Katanga, on ne peut faire confiance à personne… à personne… « L’histoire de l’Afrique, à quoi ça tient. »

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Katanga

 

Tome : 3 – Dispersion

 

Genre : Aventure-Thriller 

 

Scénario : Nury 

 

Dessins : Vallée 

 

Couleurs : Bastide & Perdriset 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 64 

 

Prix : 16,95 €

 

ISBN : 9782205077940

 



Publié le 23/01/2019.


Source : Bd-best


Quand un masque tombe… Marlysa 17 – Le crépuscule du masque

 

            « - Bonjour Marlysa ! J’espère que tu me reconnais…

-          C’est… C’est incroyable !... Maximilien !!!

-          Tu es toujours aussi belle !!

-          Mais qu’est-ce que tu fais là ?

-          Je suis venu te chercher !

-          Me chercher ?

-          Oui, j’ai besoin de toi ! »

 

 

 

 

Ce que Marlysa ne savait pas en acceptant d’aider son ami retrouvé, c’est qu’elle et ses compagnons allaient prendre une route dont tous ne verraient pas le retour.

 

Maximilien, le gladiateur des arènes de Jyllando a rencontré une jeune femme qui l’a supplié de l’aider. Son village est riche de la culture de la myris, plante exploitée sous forme de lotions, potions, soupes, baumes ou encore feuilles séchées. Un jour, des hommes ont fait main basse sur leurs richesses et ont pris possession de leurs habitations, faisant travailler comme des esclaves les survivants de leurs exactions. A son tour, Maximilien se tourne vers Marlysa afin de libérer le village et remettre chaque pion à sa place.

 

 

 

 

© Gaudin, Danard, Odone - Soleil

 

 

            Jean-Charles Gaudin n’épargne rien à son héroïne, la menant jusqu’à un point de non-retour. Tout est dit dans le titre : Le crépuscule du masque, extrêmement bien choisi. De façon sous-jacente, Gaudin présente le problème de l’accueil des migrants. Evidemment, on ne peut pas laisser ces gens sans solution. Le scénariste en propose une. Les accueillir serait un pansement sur une jambe de bois. Les aider à reconquérir leur pays est plus compliqué mais plus juste pour eux. C’est le choix que font Marlysa et ses compagnons.

 

 

 

 

© Gaudin, Danard, Odone - Soleil

 

 

            Jean-Pierre Danard, avec son trait rond immédiatement lisible, permet un accès universel à l’héroïc-fantasy. Si Hergé rencontrait Tarquin, si Tintin faisait un tour à Troy, ça donnerait un résultat comme cette série-là. Le dessinateur prend plaisir à montrer différentes créatures, comme Trips transformé en sanglier quadrupède parlant au look improbable ou les vers des corridors, chenilles géantes qui vont causer la frayeur de sa vie à l’un des héros de la série.

            Les couleurs en aplats de Joël Odone sont dans la cohérence de lisibilité ligne claire du graphisme.

 

 

 

 

© Gaudin, Danard, Odone - Soleil

 

 

            Après chaque crépuscule, viendra le temps d’une nouvelle aube. Messieurs les auteurs, ne nous laissez pas trop longtemps dans l’obscurité après ce final insoutenable.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Marlysa

 

Tome : 17 – Le crépuscule du masque

 

Genre : Heroïc-Fantasy 

 

Scénario : Gaudin 

 

Dessins : Danard 

 

Couleurs : Odone 

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 64 

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782302072763

 



Publié le 22/01/2019.


Source : Bd-best


Un autre « Monde perdu » ?  Paris 2119

 

 « - A propos de culture, j’ai lu ton dernier texte.

-          « Le roman des limaces » ? Tu as aimé ?

-          Le concept même du bonheur a disparu, puisque tout est virtuellement accessible…

-          Tu ne crois pas ?

-          Si ! Tu as sans doute raison… Mais fait attention, les gens n’ont pas envie d’entendre ça… En publiant des textes nostalgiques, tu vas t’attirer des problèmes. »

 

 

 

 

 

Tristan vient rejoindre son amoureuse, Keys, au cœur de la capitale. Au XXIIème siècle, le monde a bien changé. Alors que Keys profite des nouvelles technologies et voyage en Transcore comme la plupart des gens, Tristan, en nostalgique des temps passés, préfère le métropolitain. Le Transcore est une technique de téléportation permettant d’aller d’un lieu à l’autre en un clin d’œil. Le corps est dématérialisé par la cabine dans laquelle il faut s’installer pour se rendre où l’on veut, puis remodelé dans une cabine du même type aussi bien au coin de la rue qu’à l’autre bout de la planète.

 

 

 

 

© Zep, Bertail, Georges– Rue de Sèvres

 

 

Tristan est écrivain. Lorsqu’il rencontre sa future éditrice, il reconnaît la dame étrange qu’il a rencontré dans le métro. Mais comment la loque qu’il a croisée peut-elle être la même personne que la dame BCBG qui le reçoit ?

 

Très vite, le jeune homme va découvrir la problématique du système du Transcore, devenant alors la personne à éliminer.

 

 

 

© Zep, Bertail, Georges– Rue de Sèvres

 

 

Zep montre une nouvelle facette de ses talents. Pas une longueur, pas une seconde de répit. Le récit va vite. Servi par les grandes cases de Bertail, le lecteur est immergé dans un monde faussement en progrès. L’histoire pourrait être une suite de MediaEntity, série en quatre tomes parue chez Delcourt où l’identité virtuelle était au cœur du problème.

 

Zep ne verse pas dans la noirceur fataliste. Tristan a une conscience. Il n’est ni un numéro, ni une machine. Pour certains, il est un grain de sable. Et il suffit d’un grain de sable pour enrayer le meilleur mécanisme. Mais qu’advient-il ensuite de ce grain de sable ?

 

 

 

 

© Zep, Bertail, Georges– Rue de Sèvres

 

 

Loin du Far West de Mondo Reverso, Dominique Bertail dessine un thriller d’anticipation implacable. Du Paris intramuros protégé par un dôme de beau temps à la banlieue grise écrasée par la pluie et la crasse, les décors de l’auteur naviguent entre modernisme et restes de siècles passés. On prend plaisir à reconnaître les monuments de la capitale revisités avec des compléments géométriques. Les immeubles aux sommets inédits brillent dans la nuit parisienne aux côtés de l’obélisque de la Concorde et d’une grand roue new look sûrement mise en place par les descendants de Marcel Campion au grand dam des successeurs de Anne Hidalgo.

 

Dominique Bertail synthétise les ambiances de François Schuiten et d’Enki Bilal pour accoucher d’une version architecturale bien à lui d’un Paris futuriste.

 

 

© Zep, Bertail, Georges– Rue de Sèvres

 

 

La couverture, très cinématographique, fonctionne sur le principe du Yin et du Yang, complémentaires et opposés. Keith, noire vêtue d’un costume blanc immaculé, regarde vers l’avenir, semble avancer coûte que coûte. Tristan, blanc habillé d’un perfecto sombre, regarde en arrière. Vers où ? Vers le passé ou vers le danger ? En fond, la tour Eiffel et le dôme du Grand Palais assoient un décor lumineux sous un ciel pluvieux zébré de drones.

 

Sans concession, d’un pessimisme certain mais apportant une lueur d’espoir, Paris 2119 est le meilleur récit d’anticipation depuis Soleil vert.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Paris 2119

 

Genre : Thriller d’anticipation 

 

Scénario : Zep

 

Dessins : Bertail

 

Couleurs : Bertail & Georges 

 

Éditeur : Rue de Sèvres

 

Nombre de pages : 72 

 

Prix : 17 €

 

ISBN : 9782369812159

 



Publié le 21/01/2019.


Source : Bd-best


Laissez-nous le privilège de nous occuper de vous.  Simak 2- Jeux mortels

 

            «  - L’instabilité de ce Simak va nous coûter une fortune, Ursus. L’économie de la planète entière risque de sombrer. Comment un tel dérèglement a-t-il pu se produire ?

-          La paraguilde veut toujours aller trop vite, ô archi-président, nous avons dû passer outre certains tests. La paraguilde n’a qu’une idée en tête : le profit immédiat.

-          Tu as fait de ces laissés-pour-compte de véritables surhommes. Tu es sans conteste le plus grand génie du transhumanisme. Mais parfois tu te comportes comme un enfant. »

 

 

 

 

L’archi-président Tooxow Vinokurest furieux. Des sommes colossales ont été englouties dans le programme hyperflesh. Ursus a mis la paraguilde en porte-à-faux avec le directoire de Solar Corona. La collaboration prend fin. Les Simaks encore en activité doivent être détruits. Entre le savant et le président, la guerre est officieusement déclarée. Tout ça, c’était douze ans avant que Phoenix, le policier amnésique, ne se préoccupe de ses conditions de Simak dans les bas-fonds de la planète aux plaisirs.

 

 

 

 

© Ponzio, Frissen - Les Humanoïdes Associés

 

 

D’un polar futuriste, Jerry Frissen transforme son récit en parabole génétique. La deuxième partie de ce diptyque est beaucoup moins conventionnelle que le début. Frissen pose des questions sur les intelligences semi-artificielles, les dangers et dérives de la robotique, ainsi que sur les limites dépassées de l’amour. Jeux mortels ne tient pas toutes les promesses de Traque sur Solar Corona mais propose une direction inattendue, complexe et posant réflexion.

 

 

 

 

© Ponzio, Frissen - Les Humanoïdes Associés

 

 

Jean-Michel Ponzio relève de nouveaux défis dans ces « jeux ». Il fait de la scène des arènes un hommage à la scène de char de Ben-Hur, tellement on pourrait voir apparaître Charlton Heston aux manettes d’un des vaisseaux de combat. Sa couverture est digne des plus grands affichistes de cinéma. Le dessinateur devrait se lancer dans ce domaine ; il ferait des ravages. Un autre challenge relevé par l’auteur est les scènes entre humains et Simak qui montrent une facette inédite de l’amour futuriste.

 

 

 

 

© Ponzio, Frissen - Les Humanoïdes Associés

 

 

On sait Ponzio adepte des séries éclairs en deux ou trois tomes. Simak est a priori terminé, mais le flik (il n’y a pas de faute) a du potentiel qui pourrait être exploité.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Simak

 

Titre : 2- Jeux mortels

 

Genre : Polar futuriste

 

Scénario : Frissen

 

Dessins & Couleurs : Ponzio

 

Éditeur : Les Humanoïdes Associés

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782731671148

 



Publié le 20/01/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4215 -  23 Janvier 2019

 

La vérité est peut-être là…

 

            Dernier numéro avant la nouvelle formule. A partir de la semaine prochaine, la nouvelle rédactrice en chef Florence Mixhel, qui a succédé à Frédéric Niffle, proposera la version de son équipe. Vu comment s’est passée la transition pour le lecteur, dans la sérénité et la nouveauté tout en conservant une cohérence et une continuité, on ne peut qu’être confiants.

 

 

 

 

            Une nouvelle héroïne fait son entrée dans l’arène. Lya, en fauteuil roulant, commence son stage dans un cabinet d’avocats. Avec une première planche percutante, les autrices ouvrent une enquête qui s’annonce psychologiquement tendue.

 

            C’est aussi cette semaine le grand retour de Carine De Brab, sans Sac à puces, mais avec un conte de fées qui a un petit goût des Histoires alarmantes de Cossu.

 

            Caritte signe un mini-récit muet. On espère que ces petites histoires perdureront dans la nouvelle formule, pourquoi pas avec des héros récurrents comme à l’époque de Bobo, du Baron, du Flagada ou autres Schtroumpfs…

 

 

 

 

© Caritte – Dupuis 

 

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Dans les yeux de Lya : En quête de vérité

Pebble’s Adventures

Télémaque : Aux portes de l’enfer

 

 

Récits complets :

 

Belle et la masse (La) (De Brab/Salva)

Femmes en blanc (les) : La vie après la vie ?

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boni

Cramés !

Crapule

Dessous marins

Entretien d’ébauche

Game Over

Katz

Millborough

MiniMythes (Les)

Minions (Les)

Nelson

Page 2 (La)

Roger et ses humains

Tash et Trash

 

 

Rubriques :

 

Edito

Interview : Carbone et Cunha

En direct de la Rédac

Jeu : Enquête au cinéma (Waltch)

 

Supplément :

Mini-récit : Flip & Flap, une histoire vraie (Caritte)

 

 

 

 

En kiosques et librairies le 23 Janvier.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 



Publié le 20/01/2019.


Source : Bd-best


Après les chats de Matsumoto…  Les souris du Louvre 1- Milo et le monde caché

 

 

            « - C’est quoi ton histoire de souris, là ?

-          Je te montre. C’est une copine qui a remarqué ça. Tu vois ici ? Et là ? On dirait une petite souris ! C’est bizarre, hein ? … Tu veux bien me dire pourquoi tu m’as amené là, maintenant ?

-          Je n’ai plus vraiment le choix de toute façon. Je vais te révéler un grand secret, mais tu dois me promettre de ne le répéter à personne. »

 

 

 

 

 

 

Ce qu’Henryk s’apprête à révéler au jeune Milo va bouleverser le petit garçon. Milo est passionné du Louvre. Il faut dire que Sara, sa mère, en est l’une des conservatrices. Il passe son temps à arpenter les couloirs et à faire des photos. Jusqu’au jour où l’une de ses camarades de classe lui fait remarquer qu’on peut y voir des souris en arrière-plan.

 

Un soir, Henryck, surveillant au Musée, a vu deux clans de souris s’affronter : les phalanges grecques contre les légions romaines. Esope, le souriceau qui se fait remarquer sur les photos, fait partie du cercle des conteurs dont une des missions est de protéger les œuvres. Mais au milieu des affrontements et des dangers, la tâche est périlleuse.

 

 

 

 

© Chamblain, Goalec, Drac - Delcourt

 

 

            Dans un style proche de celui de Cyril Pedrosa à ses débuts, Sandrine Goalec invite au voyage dans les couloirs du Louvre. Les personnages humains, dans un style gros nez, sont aussi réussis que les souris humanisées. Mention spéciale pour Henryk, agent de surveillance du Musée à la retraite. Les couleurs de Drac accentuent le parfum antique des travées des lieux.

 

            Joris Chamblain, créateur des formidables carnets de Cerise et repreneur des scenarii de Yakari, devient la valeur sûre du scénario intelligent pour enfants.

 

 

 

 

© Chamblain, Goalec, Drac - Delcourt

 

 

            Depuis quelques années, le Louvre profite de la bande dessinée pour entrer dans les foyers. Les albums co-édités par Futuropolis sont tous plus réussis les uns que les autres. En collaboration avec les éditions Delcourt, ils s’adressent à des lecteurs plus jeunes. La cible est atteinte.

 

 

 

 

© Chamblain, Goalec, Drac - Delcourt

 

 

Après les poétiques chats du diptyque signé Matsumoto chez Futuropolis : Les chats du Louvre, ce sont leurs compères souris qui envahissent les lieux.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les souris du Louvre

 

Tome : 1- Milo et le monde caché

 

Genre : Aventure fantastique 

 

Scénario : Chamblain

 

Dessins : Goalec 

 

Couleurs : Drac 

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 32 

 

Prix : 9,95 €

 

ISBN : 9782413011491

 

 

 



Publié le 18/01/2019.


Source : Bd-best


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