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 Le journal de Marianne, déclaration d'amour et mise en garde

« Je ne vais pas bien.

De toute façon, tout le monde l'a remarqué.

Oh, je sais ce que vous vous dites :

" Pauvre petite fille riche avec sa crise existentielle. "

Je vous en foutrais.

...

On dit que je suis pourrie gâtée... La faute à qui ? Depuis ma naissance on me fout une pression monstre.

Moi, la République, moi, l'enfant de la patrie...
Ça va.

Et de la Patrie des droits de l'homme, s'il vous plaît.

Ben, la patrie des droits de l'homme, elle craque.

Et pourtant, on attend encore tellement de moi...

Je crois que j'ai besoin d'aide.

La vôtre. »

 

Marianne prend vie au travers d'une jeune femme au caractère bien trempé. L'histoire débute le 22 septembre 2015 au moment où tous le monde à oublié son anniversaire !!! Surtout jolie comme elle est du haut des 223 ans qu'elle ne fait pas ! Un temps maussade et son lot de mauvaises nouvelles assorties poussent la belle Marianne à ressortir ses vieux carnets, ses vieilles photos...  elle en trouve un vide et décide de l'intituler "journal d'une république... oui mais qu'y écrire?...elle s'y torture les méninges et fini par le nommer, le journal de Marianne.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Baptiste Chouet - Marabulles

 

Résumé de l'éditeur : Cet album traite de la dépression qui touche la France, mal en point, relatée « en direct » sous la forme du journal intime de Marianne. Le récit commence le 21 septembre 2015. C'est l'anniversaire de Marianne. Évidemment, tout le monde l'a oublié. Elle déprime. Marianne a 223 ans mais ne les fait pas ! Pour une jeune femme, elle se sent si vieille... Ses insomnies sont de plus en plus fréquentes. Les événements de janvier 2015 occupent ses pensées, elle n'arrive pas à passer à autre chose. Comment se relever ? Hantée par ses angoisses, elle ne tient plus. Marianne commente son actualité, relate et vit les grands événements de 2015-2016 : débat sur la déchéance de nationalité, attentats, brexit, montée du FN, régionales, crise des migrants, etc. Elle commente, s'énerve, se trompe... Ce livre est une déclaration d'amour à Marianne et une mise en garde sur le fait qu'elle n'est pas immortelle.

 

 

 

 

 

© Baptiste Chouet - Marabulles

 

Voila une idée originale de dépeindre la République Française. On y découvre donc une Marianne tantôt préoccupée, amusante, triste, en proie aux questions, tel un enfant, telle une adolescente. Nous suivons son journal intime de l'automne au printemps, avouant ses défauts avec humilité, ses cris et ses colères. Avec ce personnage touchant créé par Baptiste Chouet, nous découvrons saison après saison une France en pleine dépression.

 

 

 

 

 

© Baptiste Chouet - Marabulles

 

Certes, les attentats, le Brexit, les migrants, la montée vertigineuse du front national, sot autant d'événements qui la choque et qui la peine. Autant de sujets qu'elle traite dans son journal intime en espérant que l'on se rende compte qu'elle n'est pas invincible ni éternelle. Le graphisme de Baptiste Chouet est clair et agréable entrecoupé de dessins et de textes mélangés avec une certaine finesse et une sensibilité particulière. C'est un roman graphique que je vous invite à découvrir sans tarder, la république le vaut bien.

 

Damien Caste

 

Titre : Le journal de Marianne, septembre 2015- mai 2017

Scénario, dessin et couleurs : Baptiste Chouet

Genre : Roman Graphique

Éditeur : Marabout, collection Marabulles

Nbre de pages : 192

Prix : 17,95€

ISBN : 9782501122351



Publié le 05/02/2018.


Source : Bd-best


Une histoire du chemin des âmes. Monsieur Coucou

 « - Et ce petit sac, c’est tout ce que tu as pris ?
-          Je ne reste que trois jours, tu sais…
-          Quand même… Si tu as faim, je t’ai fait un bon houmous chez maman. (…)
-          Et Ali ? Il est là ?
-          Bien sûr ! Il vient passer le week-end chez maman pour profiter de toi. (…) T’es pas un étranger ici, tu vas pas à l’hôtel, tu vas chez ta famille. »
 
Pour régler une question d’héritage de son père, Abel est de retour au pays. Sa femme française l’a poussé à aller au-devant de cette réalité, celle de la famille, celle des origines, celle des racines.
 
Monsieur Coucou est une immersion dans la vie d’un homme à la résilience si forte qu’il s’est construit une nouvelle famille, celle de sa femme, en France. Mais cet homme, Allan, sans cesse, se ment. Il se costume en personnage d’une Commedia Del Arte dont il est un pantin, une marionnette parmi d’autres. Mais lorsque l’on gratte, lorsqu’on enlève le masque, on découvre qui se cache dans ce bestiaire.

 

 

 

© Safieddine -  Park - Le Lombard

 


Se sentant investit d’une mission consistant à adoucir la fin de vie de sa belle-mère, Allan s’est installé dans le foyer de cette famille française tel un coucou intrus dans le nid d’un autre oiseau. Cette dame, âgée et malade, se nomme Thésée. Là encore, la symbolique est forte. Dans le labyrinthe de la vie, Allan trouvera-t-il le bon chemin ? Mais est-il seulement capable d’y arriver ? Le veut-il ? Ne se perd-il pas sciemment, loin de sa famille de naissance ?
Allan refuse de répondre aux coups de téléphone de sa sœur et de son frère…jusqu’à ce que Thésée lui montre un chemin, l’aide à sortir du labyrinthe. Ce sera le déclic pour Allan, le prétexte du voyage.  A partir de cet instant, Allan redevient Abel, marche sur les pas de son passé, de sa jeunesse, réintègre sa famille. On apprendra comment son père a disparu ; lui, (re)découvrira une mère dure et rancunière.

 

 

 

 

 

© Safieddine -  Park - Le Lombard

 

Joseph Safieddine présente une histoire forte et œcuménique. A travers le destin d’un homme qui doit assumer ses choix, le scénariste nous invite à réfléchir sur le sens de la vie, sur la famille et sur la façon de prendre un chemin.
Par des choix scénaristiques forts et parfois culottés,  Safieddine nous immerge dans la vie d’Allan-Abel. Petit à petit, tout doucement, délicatement, les fils de sa vie se dénouent. Dans des scènes de délire de Thésée, les personnages sont animalisés. C’est d’ailleurs la première image du livre. Mais dans quoi va-ton être embarqués ? Une comédie ? Un drame ? Tout à la fois. Monsieur Coucou est une comédie dramatique, non dans le sens comique de la comédie, mais dans son sens théâtral démontrant que la vie est une pièce de théâtre, avec les entrées et les sorties des personnages, les états d’âmes des « acteurs » et les fameux coups de théâtre qui vont contraindre à prendre des décisions.
Le scénariste implique le lecteur dans la peau de son personnage principal. On entre au plus profond de son âme, on se pose les mêmes questions que lui, si bien que l’on pense pouvoir l’aider à avancer. C’est étrange, mais Monsieur Coucou se lit presque comme ces livres « dont vous êtes le héros ». A chaque événement, à chaque rencontre, que va faire Abel ? Qu’est-ce que l’on aurait fait ? Dans son pays natal, regardant sa maison, Abel la voit en feu dans son esprit, symbole marquant : Faut-il brûler son passé ? Faut-il le regarder se détruire sous nos yeux ?
Jusqu’à la dernière scène en langue étrangère, ce livre est l’histoire du chemin des âmes.

 

 

 

 

 
Kyungeun Park, dessinateur d’origine coréenne, s’empare du récit et donne vie à la famille d’Abel, avec un style qui s’affirme. Plus abouti et personnel que son album précédent adapté d’un succès littéraire, le rigolo extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, Park alterne les scènes mélodramatiques et tendres avec une grande sensibilité. Les différentes parties du récit sont « chapitrées » par de grandes cases contemplatives. Un avion traçant dans le ciel, des étoiles qui s’allument dans la nuit, une soirée de narguilé sont autant d’ambiances accentuées par les couleurs qui font voyager de Loïc Guyon et Céline Badaroux.
 
Avec Monsieur Coucou, Le Lombard marque un grand coup pour débuter l’année. Il aurait largement mérité le label de la collection Signé.
Monsieur Coucou est le genre de livre où l’on n’est plus tout à fait le même une fois qu’on l’a terminé.
 

Laurent Lafourcade

 

 
One shot : Monsieur Coucou

Genre : Chronique de la vie

Scénario : Safieddine

Dessins : Park

Couleurs : Guyon & Badaroux

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 104

Prix : 17,95 €

ISBN : 9782803636761



Publié le 05/02/2018.


Source : Bd-best


Raymond Devos et ses plus grands sketches adapté en BD  chez Jungle éditions

Voici un pari osé d'adapter en BD les sketches de l'immense Raymond Devos, empereur du non-sense francophone et des jeux de mots habiles. Un pari que s'est donné l'éditeur Jungle avec un collectif d'auteurs plutôt hétéroclite. En effet, la difficulté et la barre sont immanquablement placées hautes pour un tel monument du rire et du one man show qui constitue depuis déjà de nombreuses années, une véritable légende. Nous allons par conséquent en décortiquer les détails ci-dessous.

 

Résumé de l'éditeur : Fred Bernard, Christophe Esse, François Boucq, Claire Bouillac, Camille Burger, Bouzard, Florence Cestac, Al Coutelis, Laëticia Coryn, Steven Dupré, Kokor, Etienne Lécroart, Moebius, Jean-Philippe Peyraud, Pixel Vengeur, Jeff Pourquié, Stedo, Terreur graphique adaptent en BD, dans ce collectif , les textes de Raymond Devos, maître inoubliable du rire, du "flagrant délire et de la poésie.

Les plus grands auteurs de la bande dessinée ont répondu présents pour rendre hommage à Raymond Devos, le maître de l'absurde et du comique de situation. Avec nostalgie, poésie, dérision...ils nous offrent leur vision des meilleurs sketches de l’inoubliable jongleur de mots.

Sans vouloir vexer ou heurter les sensibilités, nous n'iront pas jusqu'à dire à l'instar du résumé officiel de l'éditeur qu'il s'agit des plus grands auteurs de BD. De notre point de vue, chaque auteur n'est pas plus grand qu'un autre, mais soit la n'est pas lé débat qui nous concerne ici.

Le recueil s'ouvre sur une préface de François Morel, connu comme compositeur et surtout chroniqueur sur France Inter.

 

 

 

 

© Cestac - Jungle

 

 

 

C'est Florence Cestac qui ouvre la bal des mise en images avec le sketch "Mon chien, c'est quelqu'un" qui s’enchaîne ensuite avec une très bonne adaptation de Steven Dupré pour le sketch "dernière heure". Zanzim offre une conception graphique contemporaine pour "mésaventure extraterrestre", "l'artiste" est dépeint par Fred Bernard et Jeff Pourquier constitue la cerise du gâteau avec un concept bien particulier dont nous vous laissons la surprise et la découverte tout comme Pixel Vengeur qui réussi une fois de plus à nous surprendre également par son talent et son inventivité.

 

 

 

 

© Dupré - Jungle

 

 

 

C'est donc un album au mélange d'ingrédients divers qui en donne pour tous les goûts. Chacun y trouvera son compte finalement et dans l'ensemble, l'esprit du génie est respecté voir parfois sublimé. La couverture est signée François Boucq qui à pu, avec tous le talent que nous lui connaissons, choisir la meilleure manière de représenter Raymond Devos, un artiste magistral comme on en fait plus de nos jours.

 

Damien Caste

 

Album : DEVOS EN BD

Dessin  : Collectif

Genre : Humour

Éditeur : Jungle

Nbre de pages : 96

Prix : 15.95€

ISBN : 9782822221658



Publié le 02/02/2018.


Source : Bd-best


Une histoire tendre et émouvante sur le temps qui passe. Jamais

 « - Bonjour, Madeleine.
-          Monsieur le Maire… Vous avez grossi.
-          Hé hé hé… Madeleine… Toujours autant d’humour à ce que je vois… Vous tombez bien, je comptais passer vous voir dans la matinée ! Figurez-vous qu’on vient de me prévenir qu’une place se libère à la résidence des Hortensias… Tout confort… Avec vue sur la me… Hum ! Enfin bref, ce serait vraiment dommage de laisser passer l’occasion…
-          Allez au diable, vous et votre camp de la mort.
-          Madeleine, soyez raisonnable ! Vous devez impérativement quitter votre maison ! Si vous ne le faites pas de votre plein gré, je serai obligé de vous y forcer !!! »
 
Madeleine, nonagénaire aveugle, n’a pas, mais alors pas du tout, l’intention de quitter sa petite maison surplombant la falaise de calcaire sur les hauteurs de la ville. La veuve vi[L1] t avec son chat. Elle n’a jamais fait le deuil de son mari, lui parle, lui fait à manger, comme s’il était toujours présent. Le problème est que la falaise s’effrite. De jour en jour, le jardin de Madeleine s’effondre et sa maison se rapproche du précipice. Il en va de la responsabilité de Monsieur le Maire. Celui-ci ne voudrait pas avoir la mort de la mamie sur la conscience.

 

 

 

© Duhamel - Bamboo Grand Angle

 

 

 

 
Bruno Duhamel livre une histoire tendre et émouvante dont les maîtres-mots sont érosion, vieillesse, solitude, … La falaise s’effrite et s’érode, comme la vie de Madeleine. La falaise vieillit, mais, tant bien que mal, tient encore debout, comme Madeleine. La falaise est seule, seule face à la mer qui la ronge, seule comme une veuve qui refuse la disparition de sa moitié, qui refuse de quitter sa maison.
Les personnages ont des caractères que l’on apprend à découvrir au fil du récit. Alors que l’on pouvait penser avoir à faire à une Tatie Danièle, Madeleine s’avère être une tendre mamie nostalgique. Alors que Monsieur le Maire pouvait sembler autoritaire et froid, on le découvre soucieux et juste.

 

 

 

© Duhamel - Bamboo Grand Angle

 

 

 

 
Auteur complet, Duhamel signe lui-même ses couleurs. Le bleu du ciel, le bleu de la mer, la blancheur de la falaise et le violet de Madeleine sont autant de personnages secondaires qui constituent les fondations d’un tout. Elles permettent également à l’auteur de jouer avec le jour et la nuit, avec l’orage et la pluie.
 
Pixar nous avait embarqué Là-haut avec Monsieur Carl Fredricksen, Duhamel nous invite à Troumesnil avec une vieille aveugle que tout le monde appelle par son prénom.
 
Les « Poc Poc » de la canne blanche de Madeleine sur les chemins de la côte normande continuent de résonner une fois l’histoire terminée… Ecoutez-les, on les entend.
 
 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Jamais

Genre : Chronique de la vie

Scénario, Dessins & Couleurs : Duhamel

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nombre de pages : 54

Prix : 15,90 €

ISBN : 9782818943816



Publié le 01/02/2018.


Source : Bd-best


Un album bien plus politique et dans l’air du temps qu’il n’y paraît.  La geste des Chevaliers Dragons 25 – La guerre des ombres

 « - Mesdames, Chevaliers… Je ne vous ai pas fait venir aujourd’hui pour discuter tactique. Je vous ai réunies pour annoncer un changement de stratégie. Jusqu’ici, nous avons combattu les sardes. Nous avons combattu le nouvel empire. Cette politique est terminée. L’ordre des Chevaliers Dragons de Messara change officiellement d’ennemi. Et l’ennemie… c’est elle. Amarelle, chef de l’ordre des Chevaliers Dragons d’Orient. »

 

Responsable de la scission des deux empires et du déchirement de l’Ordre en deux entités rivales, Amarelle est la tête à abattre. La matriarche envoie ses plus fidèles combattantes à l’assaut.

 

 

 

 

 

© Ange, Martino - Soleil

 

Dans cet épisode, pas ou peu question de Veill et de Dragon. Le sujet principal en est cet affrontement entre les deux Ordres. Et le scénario d’Ange est bien plus politique qu’il n’y paraît au premier degré. Les rebelles ne sont plus nommés « les hérétiques », mais « l’Ordre des Chevaliers Dragons d’Orient », opposé à celui de l’Occident. En ces temps aujourd’hui troublés d’endoctrinements terroristes, de guerres de religions et de haine d’autrui, La guerre des ombres transpose le phénomène dans le monde de l’Heroic-Fantasy. C’est en analysant le dessein des scénaristes que l’on prendra un plaisir supplémentaire à lire cette histoire, qui pourrait sembler relativement banale, jusqu’au coup de théâtre (presque) final.

 

 

 

 

 

© Ange, Martino - Soleil

 

Le dessin de Stefano Martino est propre et juste mais cependant sans éclat particulier. Bien qu’étant édité en Italie depuis 1996, son trait est un peu vert et manque d’envolée. C’est sa deuxième incursion dans le monde des Chevaliers Dragons après sa participation à l’album collectif La faucheuse d’Ishtar. Il fait son travail mais aurait à y gagner en personnalité.

 

La nuit torride de Lou et Harund est quand même un sommet d’hypocrisie graphique. Attaqués par des intrus dans leur chambre, nos héros bondissent de leur lit dans le plus simple appareil, mais la dague de l’un des tueurs cache pile poil les attributs de la dame. Ouf ! On a frôlé la censure !

 

            En bref, un album agréable pour les afficionados de la série, mais le duo Ange devra recadrer un poil son tir pour séduire de nouveaux lecteurs. Rendez-nous les Dragons !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : La geste des chevaliers dragons

Tome : 25 – La guerre des ombres

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Ange

Dessins : Martino

Couleurs : Merle

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302065031



Publié le 30/01/2018.


Source : Bd-best


Du Greenwich Village de Woody Allen au Montparnasse de Mondrian, les arts entrent en collision dans une explosion magnifique

Comme sur la couverture de What’s new Pussycat ?, c’est un baiser fougueux et intense qu’on a envie de faire à chaque fois qu’un nouvel album d’Antonio Lapone sort. On est addict. Même s’il nous confronte à des personnages portant le badge « Art is dead », il nous prouve tout le contraire dans des univers qu’il marque de son sceau, de sa puissance poétique et graphique, intemporelle et immortelle. Chanceux que nous sommes, la fin de l’année 2017 a vu la parution de deux nouveaux petits bijoux chorégraphiés par l’Italien. L’un en compagnie de Gihef qui signe la suite et la fin (déjà… snif) de Greenwich Village et l’autre avec Jean-Philippe Peyraud entre les lignes, les couleurs et surveillé par la fleur de Piet Mondrian.

 

 

 

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

What’s new pussycat ? De Sam Cooke à Bob Dylan, de Catwoman aux Gendarmes

 

 

 

 

© Gihef/Lapone chez Kennes

 

Résumé de l’éditeur : Automne 1960. Cole Slowe est un sculpteur au tempérament ombrageux et aux fins de mois difficiles. S’il jouit à Greenwich Village d’une belle cote d’estime, son refus d’exposer ses oeuvres aux yeux du grand public l’empêche d’accéder à une notoriété sonnante et trébuchante. Ses sculptures d’assemblage ont néanmoins capté le regard de Sophie St-Cyr, une jeune comtesse française grande amatrice d’art. L’artiste n’est pas insensible au charme de la belle et accepte pour la séduire une exposition à sa gloire. Mais c’est sans compter les agissements nocturnes d’un cambrioleur de haut vol qui hante depuis peu le quartier. Agile comme un chat, le monte-en-l’air signe ses méfaits « Pussycat ». Il a délesté de ses plus belles oeuvres pas moins de trois galeries en quelques jours et ne compte pas s’arrêter là…

 

 

 

 

© Gihef/Lapone chez Kennes

 

Sous un titre qui évoque clairement le premier film (au scénario) de Woody Allen (heureusement, il n’est pas encore interdit de le citer), se cache un deuxième opus dans la lignée du premier et allant chercher ses influences et ses fantasmes dans des films comme on n’en fait plus (jusqu’aux Gendarmes de Saint-Tropez !), où la légèreté teintée de jazz célébrait les rencontres charismatiques et pourtant impromptues. Le hasard fait bien les choses et pousse à aller voir ce qu’il y a derrière les apparences.

 

 

 

 

Oh, Bob Dylan ! © Gihef/Lapone chez Kennes

 

Alors dans ce Greenwich de rêve, plutôt qu’un lapin blanc, c’est un chat noir que Gihef et Lapone nous invitent à suivre, d’étage en étage et de case en case (et il y en a tout plein par planche, et pourtant c’est d’une lisibilité et d’une clarté !) pour aller voir ce qu’il se trame dans cet immeuble qui swingue de la Perry Street.

 

 

 

 

© Gihef/Lapone chez Kennes

 

Le printemps a filé sa place à l’automne, mais les couleurs n’en démordent pas et les acteurs de ce vaudeville artistique et mystérieux ne sont pas frileux, les portes claquent, les gamins crient, Sam Cooke chante à n’en plus finir, les téléphones de la police ne cessent d’hurler et, méthodiquement, les coffres-forts s’ouvrent dans le bruit singulier et que reconnaissent ceux qui ont des dollars plein les yeux. Éh oui, un voleur ou plutôt une voleuse, ce qui permet à Lapone d’amener le parfum et la finesse de Catwoman, sévit et séduit, de manière immodérée. Gihef a pris toute la mesure du talent d’Antonio Lapone lui proposant des péripéties plus que jamais sur mesure et le dessinateur-coloriste met le rêve en pratique.

 

 

 

 

© Gihef/Lapone

 

C’est somptueux, ça donne envie de danser et ça finit de nous faire nous lever du bon pied ! On est malheureusement retombé sur notre pied gauche en apprenant que Greenwich Village ne compterait jamais de troisième tome (même pas écrit, d’ailleurs), les ventes de la série n’ayant pas décollé. Raison de plus pour en profiter.

 

 

 

 

© Gihef/Lapone chez Kennes

 

 

 Série : Greenwich Village

Tome : 2 – What’s new pussycat ? (Récit complet)

Scénario : Gihef

Dessin : Antonio Lapone

Couleurs : Anne-Claire Thibaut-Jouvray et Antonio Lapone

Genre : Polar, Vaudeville, Mystère

Éditeur : Kennes

Nbre de pages : 72

Prix : 19,95€


 

 

Mondrian entre les lignes mais plus que jamais haut en couleur

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : À l’origine, il y avait cette même photo que Jean-Philippe Peyraud et Antonio Lapone avaient au-dessus de leur table à dessin. Celle d’une fleur en plastique dans l’atelier de Mondrian, seul rappel du végétal dans l’univers à la géométrie implacable du peintre. C’est l’histoire de cette fleur que les auteurs ont décidé d’imaginer pour raconter Mondrian, figure majeure de l’art abstrait, dont on connaît peu de choses, si ce n’est qu’il vivait au cœur du Montparnasse des années folles et qu’il était un inconditionnel de la danse de salon…

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

Sur la couverture grand format, c’est un couple valsant entre noir et rouge qu’on pourrait presque voir danser sur la paume de notre main. C’est parti mon kiki pour un voyage entre les lignes, les cases et les couleurs si chères à Mondrian.

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

Dans la peinture, dans l’Histoire, il y a des détails qui sembleraient anodins mais qui, pour peu qu’on s’y intéresse et qu’on en presse le jus donnent de merveilleux récits. Une fleur dans un atelier d’artiste, c’est courant, mais dans l’atelier de Mondrian, cela avait de quoi intriguer, catalyser les émotions et les passions qui ressortiraient dans un récit grandeur nature. Tellement grand, qu’on peut s’y plonger comme dans une piscine revigorante, et y brasser quelques divagations sublimes.

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

Avec cette fleur et cette flamme déclarées à l’abstraction, Peyraud et Lapone réussissent un peu ce que Zabus et Campi ont réussi précédemment avec Magritte : faire un rêve, évoquer un artiste tout en courbant les lignes biographiques pour les faire communier avec les lignes… graphiques et picturales. Lapone, doublé de l’esprit du peintre hollandais, bouscule les planches comme sous des coups de pinceaux un peu trop nerveux qui joueraient à chahuter pour mieux créer.

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

La BD pourrait s’écrouler sur elle-même, au contraire elle rayonne en cette confluence des arts, folle d’ambiances, de bruits et de musique. Virtuose et symphonique pour mettre à notre portée un peintre moins accessible mais ténor dans son genre. Un plaisir que prolonge un sketchbook bien fourni, une rose dans l’atelier de… Lapone, cette fois.

 

 

 

Alexis Seny

 

 

Titre : La fleur dans l’atelier de Mondrian

Récit complet

Scénario : Jean-Philippe Peyraud

Dessin et couleurs : Antonio Lapone

Genre : Comédie dramatique, Rêverie

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 88

Prix : 19,50€



Publié le 29/01/2018.


Source : Bd-best


Après le grand froid, Arsenio et Barny s’offrent un coup de chaud et les lignes de Nazca prennent vie

On les avait découverts sur le tard dans la jolie couleur des Aurores de North Pole, cette fois on n’a pas loupé le coche : le deuxième tome des enquêtes d’Arsenio et Barny vient de sortir et on a vite eu fait d’embarquer dans ce trip au soleil brûlant et dont vous ne devrez pas vous risquer à chercher des explications aux phénomènes inexpliqués qui vont s’en dégager. Les mystères; qu’ils prennent la forme d’animaux mythologiques dans le désert ou de phénomènes nettement plus contemporains, humains et criminels; Olivier Matejka et Bruno Issaly ont bien compris qu’il ne fallait pas toujours les expliquer. Et c’est la surprise du chef de ce double-tandem d’ores et déjà attachants.


Résumé de l’éditeur : Comme venue de nulle part, une vieille décapotable américaine roulant à tombeau ouvert, termine violemment sa course folle dans la piscine d’un hôtel miteux. Les deux mystérieux occupants du véhicule sont tués sur le coup. L’inspecteur McDoherty, toujours en proie à ses visions, est témoin de la scène. En effet, alors que celui-ci se rendait à Rio en villégiature, son avion a été détourné sur l’aéroport de NAZCA, pour raison mécanique. Tandis qu’il se trouve coincé sur la région pour plusieurs jours, la curiosité d’Arsenio va le pousser à mener l’enquête. Il sera aidé dans sa tâche par son adjoint Petrowsky qui, par une étrange coïncidence, se trouve lui aussi dans les parages !

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

C’est le principe d’un duo inséparable malgré ses divergences, emmenez l’un à des milliers de kilomètres de son fief, l’autre le suivra presque par magie. Aussi invraisemblablement que cela puisse paraître. C’est le principe des aimants, si McDoherty et Petrowsky ne se ressemblent pas vraiment, ils s’attirent irrémédiablement. Et aussi vrai qu’on dit jamais deux sans trois, le mystère effroyable et criminel les a suivis aussi, contre vents et marées sablées.

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

Et dans la tempête qui guette, la poussière qui se soulève, on distingue des formes plus ou moins surnaturelles, plus ou moins déformées par le trouble d’Arsénio, la terrible zoopsie. Celle qui affectait Yves Montand dans le Cercle rouge (on remarquera aussi que Barny n’a pas son pareil pour donner des gifles venturesques !). Et, dans une enquête, là où le héros n’a de cesse de trouver des repères, Matejka et Issaly n’ont de cesse de nous faire perdre les nôtres en mixant dépaysement et déroutement. Ce voyage au Pérou n’aura décidément rien d’un voyage touristique.

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

Et les deux auteurs, suivis de près par leurs deux héros, n’ont de cesse de prouver que l’aventure se trouve moins au bout du monde qu’au coin de la rue… de l’imagination. Les péripéties s’enchaînent dans un sans queue ni tête assumé. Le lecteur est d’ailleurs assez drogué par ce trip que n’aurait pas refusé un Hunter S. Thompson que pour n’y voir que du feu et voyagé entre le réel et l’irréel, entre les humains et les dieux. Mais tout en se raccrochant aux relents sordides de l’Histoire : les extrêmes qui remontent sans cesse, tout encapuchonnés qu’ils sont.

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

Dans ce deuxième opus, il y a un peu de Tintin (celui des cigares du pharaon mais aussi de l’Étoile mystérieuse, de l’Indiana Jones aussi, un peu de James Bond au lit et pourquoi pas du Mad Max… Il y a surtout un univers touffu, dans lequel l’imagination n’a pas de limite, portée par deux auteurs jusqu’au-boutiste, y compris dans le délire. Et ça nous plait formidablement.

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

PS : C’est la petite maison d’édition, constamment surprenante, Cerises et Coquelicots qui a donné leur chance à Arsenio et Barny, courageusement et avec la passion. Pourtant, il est toujours compliqué de faire parler d’un album à l’ombre des gloires qui obnubilent souvent les médias. Du coup, une campagne a été lancée sur Ulule pour promouvoir la série et lui donner une plus grande visibilité, par de la pub mais également la planification d’événements et de quoi encourager les deux auteurs à plancher sur leur troisième aventure qui les emmènera dans le Bayou avec « Welcome to Bayou Buffalo ». N’hésitez pas, les contreparties sont chouettes, avec notamment l’édition collector et tirage de tête de ce deuxième tome.

 

Alexis Seny

 

Série : Arsenio & Barny

Tome : 2 – Les Lignes de Nazca

Scénario : Olivier Matejka

Dessin et couleurs : Bruno Issaly

Genre : Polar, Mystère, Aventure, Fantastique

Éditeur : Cerises & coquelicots

Nbre de pages : 72

Prix : 15€

 

 



Publié le 26/01/2018.


Source : Bd-best


Des attitudes de conte moderne avec un esprit voisin de Miyazaki.  Le monde de Milo tome 5 – La fille des nuages 1/2

« - Milo, attention ! Il se passe quelques chose d’étrange ici !

-          Je ne te le fais pas dire ! Une si belle épuisette, manifestation d’un si beau pouvoir !

-          Je ne plaisante pas, Milo ! Il ne s’agit pas de ton pouvoir ! Je crois que tu ferais mieux de sortir du lac !

-          Sortir ? Mais…

WOOOOOOOOOSSSHH ! SPLASH !

-          Milo, regarde ! Il y a quelque chose dans l’eau, à côté de toi ! »

 

Un être venu d’ailleurs, une nature qui fait des facéties, le mystère est posé. Dans cette « croisée des mondes », Milo et Valia recueillent une jeune fille flottant évanouie sur le lac. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Elle montre le ciel, semblant venir de là-haut. Pendant ce temps, au village, de mystérieuses ronces géantes rejoignent le ciel. Avec ses faux airs de Jack et le haricot magique, la fille des nuages a des attitudes de conte moderne.

 

 

 

 


 © Marazano, Ferreira - Dargaud

 

 

Le monde de Milo a la saveur du Cycle de Taï-Dor. Il s’agit là d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Cette série scénarisée par Rodolphe et Le Tendre et dessinée par Serrano, puis Foccroulle, est parue entre 1987 et 1994 chez Novedi puis Vents d’Ouest. Déjà, les auteurs jouaient sur ce thème de mondes parallèles et avec le concept de « l’autre côté du miroir ». Lewis Carroll était passé par là avant eux. C’est donc dans cette veine que s’inscrit la saga de Milo.

De grandes histoires merveilleuses, bien construites, avec un héros auquel le lecteur peut s’assimiler facilement et des seconds rôles attachants : les auteurs appliquent la recette, si tant est-il qu’il y en ait une, pour faire une série tous publics où chacun y trouvera son goût.

 

 

 

 

 

 

© Marazano, Ferreira - Dargaud

 

 

Richard Marazano est un enfant des années 70. On retrouve dans son scénario les influences des dessins animés qui ont fait le bonheur des mercredis après-midis de toute une génération. Les gendarmes du monde de Milo sont deux personnages semblant tout droit sortis d’une de ces séries. Ne font-ils pas penser à Sancho et Pedro des Cités d’Or ? Dans un autre style, les vieilles tantes, quant à elles, ont la malice des trois fées de La belle au bois dormant.

 

Christophe Ferreira est expatrié à Tokyo depuis plusieurs années. Issu des Gobelins, il a entamé une carrière d’animateur au Japon. Milo est sa deuxième série de BD après Alcyon. Son graphisme est à mi-chemin entre Miyazaki et le franco-belge, entre Asie et Europe. Les personnages sont posés ou excités, transmettent leurs émotions par leurs regards ou leurs mouvements. Ils semblent parfois réellement bouger. Il en est de même pour les éléments : les eaux, les végétaux, les vents. Ils surgissent comme les images arrêtées dans les animes. Autre prouesse : on entend tellement les onomatopées que l’on ne les voit pas. Comprenne qui lira.

 

Le monde de Milo est une série idéale pour les jeunes lecteurs faisant la transition de la BD pour enfants à celle pour adolescents. Comme dans la vraie vie, on y traverse les mondes et on grandit.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le monde de Milo

Tome : 5 – La fille des nuages 1/2

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Marazano

Dessins & Couleurs : Ferreira

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 56

Prix : 13,99 €

ISBN : 9782205077650



Publié le 25/01/2018.


Source : Bd-best


Parfums de mystère et de fantastique dans un Moyen-Âge cruel et impitoyable.  Le cimetière des innocents1 – Oriane et l’ordre des morts

« - Je te cherchais…  Sers-nous à boire !

-          C’est de l’alcool, père !

-          Sers-nous ! Nous avons quelque chose à fêter ! regarde ça !

-          Mon dieu ! Cette couleur !

-          Celle après laquelle je cours depuis des années ! Je viens de trouer cette pierre dans une cornue en chauffe depuis sept semaines. (…) A boire, tavernier !

-          Père… Vous savez que l’alcool ne vous réussit pas.

-          Aujourd’hui, tout me réussit !... »

 

Une procession, une recluse emmurée vivante nourrie par une ouverture entre deux pierres… Non, ce n’est pas un carnaval de fous. Dans un Moyen-Âge cruel où la religion régente la vie des riches et des pauvres, des croyants et des athées, des nobliaux et des mendiants, Jonas, huguenot orphelin cherchant les restes de son père, rencontre Oriane. Il a promis à sa mère de lui ramener l’anneau qu’il portait.

 

 

 

 

 

© Charlot, Fourquemin, Hamo - Bamboo Grand Angle

 

 

 

Le père d’Oriane est apothicaire. Après des années de recherche, vient-il de découvrir la pierre philosophale ? Nicolas Flamel a-t-il trouvé son successeur ? En ces temps meurtris de guerres de religions, à une époque où les chasses aux sorcières rassemblent les foules sur les places publiques, faire des expériences aux frontières de la réalité n’est pas chose aisée et peut s’avérer dangereux pour sa survie.

 

            Après la formidable, épatante, passionnante série Le train des orphelins, le duo Charlot/Fourquemin remet immédiatement le couvert pour nous embarquer dans un univers totalement différent. Pari risqué, mais défi relevé.

 

 

 

© Charlot, Fourquemin, Hamo - Bamboo Grand Angle

 

 

 

 

 

Ce diptyque moyenâgeux au lendemain de la nuit de la Saint-Barthélémy a des parfums de mystère et de fantastique. Les personnages de Philippe Charlot sont emplis de secrets. Le scénario distille des indices sans tout dire. Intelligemment, le scénariste laisse planer des interrogations sans vraiment les poser : D’où vient la bague que portait le père de Jonas ? Pourquoi le lansquenet, mercenaire allemand, s’octroie-t-il un rôle d’ange gardien auprès du jeune homme ?

 

            Xavier Fourquemin est un dessinateur rapide dans un style semi-réaliste populaire. Après le XXème siècle du train des orphelins, il retrouve une époque plus proche d’Alban, série monastique de ses débuts, qu’il réalisait sur des scenarii de Dieter.

Rues crasseuses, regards possédés, en un clin d’œil, Fourquemin immerge le lecteur dans un monde cynique et impitoyable. Les fans du dessinateur retrouveront ses gimmicks graphiques. Il est vrai que, d’une série sur l’autre, on retrouve des personnages très ressemblants. Mais, au final, cela a un côté familial et rassurant. Après tout, Alain Delon ou Gérard Depardieu jouent bien des rôles différents d’un film sur l’autre, mais on y retrouve leurs mêmes gueules d’acteurs.

 

            Ouvrez la porte du cimetière des innocents, dansez avec les squelettes et flirtez aux frontières de la magie.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le cimetière des innocents

Tome : 1 – Oriane et l’ordre des morts

Genre : Aventure historique

Scénario : Charlot

Dessins : Fourquemin

Couleurs : Hamo

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nombre de pages : 56

Prix : 14,90 €

ISBN : 9782818943823

 



Publié le 24/01/2018.


Source : Bd-best


Pas débiles, les bulles au musée #2: après la loi du marché, la loi du musée et le Syndrome de Stendhal qui fait de vous un art-cteur

Ça peut être cafardeux d’avoir à trouver du boulot après une période plus ou moins longue de disette. Et les tâches qu’on doit accepter, presque couteau sous la gorge, peuvent se révéler bien ingrates. Il y avait Vincent Lindon dans la loi du marché, il y a désormais Frédéric Delachaise dans la loi du… musée. Et quel musée ! Le centre Pompidou ! Celui-là même qui a fêté ses quarante ans d’existence, en 2017, mais auquel notre héros malgré lui est bien étranger. Mais tout le monde peut changer, encore plus quand Aurélie Herrou et Sagar président à votre destinée et soufflent un vent inattendu dans les couloirs et les courants d’a…rt.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Herrou/Sagar/Cardona/Moreno chez Glénat/Centre Pompidou

 

Résumé de l’éditeur : À 35 ans révolus, Frédéric Delachaise se trouve dans l’obligation de travailler pour la première fois de sa vie. Quand il entre comme gardien de musée au Centre Pompidou, il découvre un univers dont il ignore tout et auquel il ne comprend rien. Il regarde tout d’abord les œuvres qu’il doit surveiller avec mépris. Mais, jour après jour, insidieusement, un étrange phénomène va se produire… Et Fred va bientôt devenir captivé par l’art contemporain. Littéralement. Victime du syndrome de Stendhal, Fred est ainsi capable de se projeter mentalement à l’intérieur des œuvres qu’il regarde. Une plongée au cœur de la création qui aura pour effet de lui ouvrir les yeux sur l’art, et sur sa propre existence.
Croquis au Centre Pompidou © Sagar

Être de planton dans un musée, sur une chaise inconfortable, face à des gens qui n’ont d’attention pour vous (ou presque) quand ils cherchent les toilettes, c’est pas forcément un métier prenant. Oui, mais il y a des oeuvres remarquables, de celles qui forgent la culture à travers les temps et les décennies.

 

 

 

 

© Herrou/Sagar/Cardona/Moreno chez Glénat/Centre Pompidou

 

Oui, c’est vrai, mais encore faut-il les aimer ou du moins les apprécier. Chargé de les surveiller, Frédéric a du mal à les accepter et les regarder la journée durant ce n’est vraiment pas son (s)trip. Le coeur a ses raisons et ses passions que la raison ignore. Ou ignorait… car à force de fréquenter ces tableaux a priori moches selon lui, Frédéric Delachaise en est tombé à la renverse et amoureux.

 

 

 

 

© Herrou/Sagar/Cardona/Moreno chez Glénat/Centre Pompidou

 

De la raison à la déraison, il n’y a qu’un pas, et Frédéric l’a franchi, sans le savoir, sans s’en rendre compte. Lui qui avait les pieds si lourds à l’idée d’une nouvelle journée de taf’ se retrouve l’être et le coeur léger. Une légèreté pas si insoutenable : le syndrome de Stockholm n’a pas que du mauvais. Les perceptions changent et le duo Herrou-Sagar parvient à rendre ce vertige tangible, ce qui n’était pas forcément gagné en jouant la carte de la bande dessinée (le cinéma, d’où vient Aurélie Herrou qui signe son premier album, aurait peut-être été un choix plus évident). Le pari est largement gagné et en résultent une poésie et une frénésie graphiques étranges et saisissantes (par Sagar, un Espagnol dont c’est le premier album et qui frappe déjà un grand coup, fort en expressions et en moments de voltige) nous font voir le Centre Pompidou sous un angle frais et distingué, jamais vu.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le syndrome de Stendhal

Récit complet

Scénario : Aurélie Herrou

Dessin : Sagar

Couleurs : Sagar, Alba Cardona et Carlos Moreno

Genre : Humour, Initiatique

Éditeur : Glénat/Centre Pompidou

Collection : 1000 feuilles

Nbre de pages : 120

Prix : 22€



Publié le 23/01/2018.


Source : Bd-best


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