En images et en bulles
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Ouvrage didactiquenombrilistement hilarant. L’art du 9e Art

« - Bonjour, je suis Scott McCloud, célèbre théoricien de la bande dessinée…

-   Bonjour, je suis Emmanuel Reuzé, auteur de bande dessinée.

-   Nous vous proposons de vivre une épopée fabuleuse et exaltante !

-   Un merveilleux voyage au cœur de la bande dessinée. C’est parti ! »

 

 

 

 

 

 

                Les ouvrages didactiques sur la bande dessinée sont nombreux. Il y a eu le livre d’entretiens dirigé par Philippe Vandooren où Franquin et Jijé nous apprennent comment on devient créateur de bandes dessinées. Il y a eu les deux gros volumes de L’art de la BD par Duc. Le grand Will Eisner a également décodé le genre dans « Les clés de la bande dessinée ». Et puis il y a eu les livres de Scott McCloud « Faire de la bande dessinée », « L’art invisible » ou encore « Réinventer la bande dessinée ».  Fort du succès de ce dernier, Emmanuel Reuzé a décidé de porter à son tour une pierre à l’édifice en réalisant cet « art du 9e Art » en compagnie de son mentor Scott Mcloud, sauf que tout ne va pas se passer comme prévu. Le personnage de McCloud qu’il utilise dans ses albums n’est pas libre de droit. Il va devoir partir pour laisser sa place à son cousin Scott McCrawd, lui aussi soi-disant grand spécialiste de la bédé. Ensemble, ils vont tout expliquer.

 

 

 

 

© Reuzé - Fluide glacial

 

 

                A l’occasion de la sortie du tome 2 de « Faut pas prendre les cons pour des gens », les éditions Fluide glacial profitent du succès de leur nouvelle star pour rééditer sous une nouvelle couverture cet album paru en 2017. Packaging refait à la manière des « Faut pas prendre… », l’auteur et l’éditeur ne cachent pas leur stratégie. Ils l’avouent même en couverture. Le ton est donné. On va apprendre des choses, mais surtout, on n’est pas là pour sortir les mouchoirs.

 

 

 

 

© Reuzé - Fluide glacial

 

 

                Reuzé traite de tous les sujets rarement décodés. Après un démarrage sur la genèse de la bande dessinée et l’étude du style, l’auteur brise les tabous : l’argent, les complots, les projets refusés, les métiers extravagants,… Reuzé n’y va pas par quatre chemins dans cette mise en abîme qui se moque des éditeurs, des auteurs, des lecteurs, ainsi que, nouveauté, des critiques. Pif et Hercule themselves vont vous apprendre à devenir critique de bédé sans bosser. Instructif et poilant.

 

 

 

 

© Reuzé - Fluide glacial

 

 

                Pour ceux qui en doutaient encore, la bande dessinée est réellement un art. Et Emmanuel Reuzé est un artiste de ce 9e Art, rayon humour. Prends garde à toi, Fabcaro, la relève est déjà là.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : L’art du 9e Art 

 

Genre : Humour didactique 

 

Scénario & Dessins : Emmanuel Reuzé 

 

Éditeur : Fluide glacial

 

Nombre de pages : 128 

 

Prix : 18,90 €

 

ISBN : 9791038201507



Publié le 01/11/2020.


Source : Bd-best


Trio pour un duo.  Les tuniques bleues 65 – L’envoyé spécial

« - 231… 232… 233… Tous ces morts, quelle boucherie !

Ils sont partis ?

Tiens, vous n’étiez pas mort ! 232, alors… Vous ne participez pas à la bataille ?

J’évite. Ce n’est pas très bon pour la santé, voyez-vous… Et franchement, j’ai la sensation qu’ils se débrouillent aussi bien sans moi. Je n’ai jamais vu la différence en tous cas… Au fait, vous êtes qui ? Un Sudiste ?

Pire. Un journaliste. »

 

 

 

 

 

 


                Sur le champ de bataille sur lequel vient de combattre le 22ème de cavalerie de l’armée yankee, William Howard Russel, journaliste britannique au Times, compte les morts. L’un d’eux vient de ressusciter. C’est Blutch ! Envoyé spécial pour son journal aux Etats-Unis afin de couvrir le conflit, Russel fait d’emblée connaissance avec LE soldat exemplaire des bleus. Pour être au plus près du conflit, le reporter va être escorté du caporal rebelle et, heureusement pour lui, de son zélé Sergent d’alter ego.

 

 

 

 

© Munuera, Beka, Sedyas - Dupuis

 

 

                Vous vous souvenez de l’histoire de l’album de Gaston numéro 5 qui n’existait pas et qui un jour a été publié ? Les tuniques bleues font une histoire du même type. Voici l’épisode 65, avant le numéro 64. Un bon moyen de tester ce qui pourrait être une nouvelle équipe pour prendre en mains la destinée de Blutch et Chesterfield.

 

 

 

 

© Munuera, Beka, Sedyas - Dupuis

 

 

Fin 2019, alors que Cauvin annonçait qu’il arrêterait de scénariser Les tuniques bleues après le soixante-quatrième, les Beka découvrent l’existence de William Russell, journaliste ayant couvert la guerre de Sécession. Ils en parlent avec le stakhanoviste Munuera qui participe au scénario et prend en charge le storyboard de cette aventure qui devait être dessinée par Lambil. Mais le dessinateur prenant son temps sur le dernier récit de son complice de toujours et Munuera étant frustré de ne laisser son storyboard dans d’autres mains, fussent-elles celles de Willy Lambil, le dessinateur espagnol s’est retrouvé adoubé par la maison Dupuis avant l’heure du passage de témoin. Munuera mixe son trait naturel à celui de la série pour un résultat élancé, comme dans Zorglub.

 

 

 

 

© Munuera, Beka, Sedyas - Dupuis

 

 

                Comme dans la plupart des albums de la série, et comme le faisaient Morris et Goscinny sur Lucky Luke, le couple Beka est parti d’un personnage et d’une anecdote authentique. Trois arcs narratifs composent l’histoire. Outre le principal explicité plus haut, on peut suivre l’histoire à travers les yeux de Daisy, directrice d’un orphelinat voué à l’abandon, et sous l’angle des généraux et de leurs manigances. Selon ces angles, Munuera assouplit ou rend plus réaliste son trait.

 

 

 

 

© Munuera, Beka, Sedyas - Dupuis

 

 

                On ne sait pas encore si le trio Beka/Munuera sera aux manettes des épisodes suivants. Ils le méritent amplement après ce coup d’essai. Espérons que la succession de Lambil et Cauvin se fera correctement et proprement, sans aller dans tous les sens à tort et à travers comme c’est le cas actuellement sur Spirou et Fantasio. Eviv sel seuqinut seuelb !

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

© Munuera, Beka, Sedyas - Dupuis

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les tuniques bleues

 

Tome : 65 – L’envoyé spécial

  

Genre : Aventure humoristique 

 

Scénario : Beka & Munuera 

 

Dessins : Munuera 

 

Couleurs : Sedyas 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 10,95  €

 

ISBN : 9791034747931

 



Publié le 31/10/2020.


Source : Bd-best


Il est interdit d’interdire.  L’Hutopie

« -  Luana, tu la seule qui puisse encore arrêter tout ça ! Luana, tu dois m’écouter !

- Je n’ai pas le temps !

- Ce projet d’interdire l’utilisation de la lettre H est une fausse bonne idée !

- On en a déjà discuté !

- Les conséquences seront catastrophiques.

- Tu vois tout en noir. » 

 

 

 

 

 


 

                Antoine et Luana ne sont plus vraiment sur la même longueur d’ondes. Après avoir mené deux ans plus tôt l’A Révolution qui a mis fin au régime totalitaire d’Averamiane, kommandeur des kommandeurs, les lendemains de lutte ne sont pas si simples que cela. Un système démocratique permettant à chacun de s’exprimer a été mis en place. Un bâtiment symbolique a été inauguré il y a tout juste un an. H de verre, s’y déroulent toutes les discussions transparentes politiques. On le nomme l’Hutopie. Forte du succès de ce symbole,  la population s’en est emparée et insère des H sur les devantures des magasins ou encore les slogans publicitaires. Les dirigeants voient le H leur échapper et souhaitent, Luana en tête, faire interdire l’utilisation de la lettre H afin d’éviter les abus. Mais en quoi des individus peuvent-ils s’arroger le H ? La guerre est déclarée dans le clan des révolutionnaires d’hier.

 

 

 

 

 © Ohazar, Tixier - Michel Lafon

 

 

                Jean-Christophe Tixier et Ohazar sont de retour un an et demi après L’A révolution. L’Hutopie n’est pas sa suite directe mais un one shot qui en découle. Les deux tomes peuvent se lire indépendamment mais il est clair que les lecteurs de la première partie y trouveront une dimension supplémentaire.

 

                Jean-Christophe Tixier est un écrivain. Nouvelles, Roman adulte et pièces radiophoniques sont autant de cordes à son arc. Mais c’est le roman jeunesse qui a fait son succès avec des séries comme Les initiés, Bienvenue au 50 ou encore Dix minutes dans la collection de polars Souris Noire. Il est venu à la bande dessinée à la demande d’Ohazar qui a créé l’univers de la série.

 

 

 

 

 © Ohazar, Tixier - Michel Lafon

 

 

                Après divers guides et autres albums humoristiques, Ohazar se lance dans la bande dessinée d’aventure. Avec L’A révolution et L’Hutopie, il créé une série dans une société dystopique avec laquelle les habitants doivent composer. Dans un graphisme souple à la frontière d’un dynamique trait « net », il se lance dans une série à étapes qui ne demanderait qu’à être développée en webtoon.

 

                L’A révolution et L’Hutopie montrent une société complexe dans laquelle toute solution ou toute réponse à une question en entraîne une nouvelle. Ainsi, si le pouvoir autocratique chute dans la première partie, y succéder est d’une extrême complexité. Napoléon est bien un produit dérivé de la révolution française. Des tensions apparaissent dans le groupe d’amis qui semblait indissociable. Est-ce que la désunion fera la force ?

 

 

 

 

 © Ohazar, Tixier - Michel Lafon

 

 

                L’A révolution et L’Hutopie, c’est une bande d’amis comme dans La brigade des cauchemars, confrontée à des problèmes sociétaux, comme dans Hunger Games. L’histoire pourrait se passer n’importe où et presque n’importe quand. Ohazar et Tixier y démontrent que la politique est l’affaire d’un peuple. Ils posent la difficile question de la reconstruction d’un régime après une chute. Dans ce Mai 68 puissance 10 2.0, Antoine et sa bande parviendront-ils à interdire d’interdire ?

 

                Le final pose des jalons de réflexion pour construire l’étape supplémentaire d’une histoire qui deviendrait un triptyque. Alors pourquoi pas un Artist-X pour conclure et assurer aux héros une liberté de pensée ?

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : L’Hutopie

 

Genre : Aventure révolutionnaire 

 

Scénario : Jean-Christophe Tixier 

 

Dessins & Couleurs : Ohazar 

 

Éditeur : Michel Lafon

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 17,95 €

 

ISBN : 9782749942483

 



Publié le 30/10/2020.


Source : Bd-best


Voici la clef pour le cas où...  La boîte à musique 4 - La mystérieuse disparition

« - Que se passe-t-il, ma chérie ?

- Regarde ça : tu sais d’où elle vient ?! Enfin… surtout ce qu’elle ouvre !

- Fais-moi voir ça ! Non, je ne sais pas ce qu’elle peut ouvrir ! En tout cas, elle est jolie ! Où l’as-tu trouvée ?

- Dans… le carton que j’ai descendu à la cave… Il est tombé ! C’était dans les affaires de… Maman ! »

 

 

 

 

 

 

 

                En descendant à la cave des cartons contenant les affaires de sa mère disparue, Nola trouve une étrange clef. Elle ressemble à un dessin qu’a laissé sa maman dans un cahier. A quoi peut-elle bien servir ? Une seule façon de le savoir : retourner à Pandorient. Un peu de poudre de camouflage, une main sur la boîte à musique, et c’est reparti pour le monde parallèle. Mathilda saura-t-elle lui dire comment utiliser cette clef ? Igor et Andréa ne manqueront pas d’aider Nola dans sa quête, surtout qu’ils vont avoir une nouvelle énigme à résoudre.

 

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

                Nola continue à apprendre à vivre sans Annah, sa maman. Carbone aborde de manière frontale le thème du deuil, tout en douceur et en délicatesse. Ranger des cartons, vider une penderie, ce ne sont pas des choses anodines quelques mois après une disparition. Carbone gère impeccablement les sentiments de Nola. Les moments tristes ne sont jamais larmoyants mais toujours porteurs d’espoir. La boîte à musique est une série qui n’a rien de plombant. Elle reste de l’aventure jeunesse, un feuilleton mystérieux, drôle et fantastique.

                Carbone développe le monde de Pandorient en introduisant de nouveaux personnages, comme ici Willow, une copine d’Igor et Andréa, dont la prof de musique disparaît. La scénariste est aussi une inventrice qui aurait laissé Gaston pantois. Elle imagine le Muzenol, un instrument de musique zen, et un collier de liaison, permettant de communiquer sans qu’on ait besoin de le recharger comme un smartphone qui se vide en une demi-journée.

 

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

                Gijé met en image les mots de Carbone comme si ses dessins étaient des notes sur une portée musicale. On ressent dans son graphisme le plaisir qu’il a à illustrer cette histoire. La palme de cet épisode revient à Karl, le monstrueux voisin de la prof de musique inspiré par les yokaïs et qui a velu au journal de Spirou une de ses meilleures couvertures de l’année.

 

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

                Saluons enfin la maquette de la série. Les couvertures sont dans une unité tout simplement magnifique.

 

                La boîte à musique ne va pas tarder à devenir pour la bande dessinée ce que sont les mélodies des plus grands compositeurs : classique !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : La boîte à musique

 

Tome : 4 - La mystérieuse disparition

 

Genre : Aventure fantastique 

 

Scénario : Carbone

 

Dessins & Couleurs : Gijé

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 12,50 €

 

ISBN : 979103473

 



Publié le 30/10/2020.


Source : Bd-best


Zens, restons zens.  Les profs 23 - Heure de cool

« -  Tu as 16.

- Quoi ? C’est pas vrai ?

- Il faut que tu…

- Wouuuuuu ! Ouais ! 16 ! 16 ! Tu le crois, ça ?

- Sususususuper.

- Oh ! Faut que j’appelle ma mère ! Elle va pas en revenir ! Maman ! T’es assise ? J’ai eu 16 ! Oui oui, t’as bien entendu ! 16, c’est un truc de dingue ! Yeees !!!

- Vous lui avez filé quoi, à Boulard ?

- Rien. J’ai juste pris sa tension ! »

 

 

 

 

 

 

 


                Quand Boulard ramène un 16, on se demande dans quelle matière cela peut bien être. Peu importe, ce qui compte, c’est le résultat. Le lycéen non confiné est de retour avec ses profs préférés. Ces derniers vont encore avoir du fil à retordre, non seulement avec les élèves, mais aussi avec l’institution. Quand Madame la proviseur décide de filmer les cours pour booster les profs avec des Like, est-ce vraiment une bonne idée ? On est au XXIème siècle mais tout progrès technologique est-il bon à prendre ? Côté administratif, au contraire, à part des changements de sigles, on est encore au temps des cavernes. Ce n’est pas Nadine, agent du rectorat, qui nous contredira. La réforme du bac est bien évidemment au rendez-vous, ainsi qu’une nouvelle élève, Louise, dont la tante n’est pas n’importe qui.

 

 

 

 

© Léturgie, Erroc, Sti, Guénard - Bamboo

 

 

                Avec la réalité de l’Education Nationale, il vaut mieux relativiser. Professeurs, c’est ce que vous apprennent à faire les auteurs de cette série qui, après vingt-trois albums et deux hors-séries (Les Profs refont l’Histoire et L’album des 20 ans), est toujours aussi marrante, poilante, bidonnante… et réaliste. Les auteurs n’inventent rien, ou pas grand-chose. Ils se contentent, et c’est déjà beaucoup, de distordre la réalité. Que l’on soit dans le sérail ou pas, le résultat est tout aussi efficace. On a de toutes manières tous été  sur les bancs d’un collège, et pour certains d’un lycée, qui avait forcément quelque chose du Lycée Fanfaron. Et une bonne partie des lecteurs y sont encore.

 

 

 

 

© Léturgie, Erroc, Sti, Guénard - Bamboo

 

 

                Sti et Erroc rivalisent d’inventivité pour coller au plus près d’une réalité. Ils semblent connaître tous les méandres de l’Education Nationale car tous les arcanes sont dévoilés, de la vie du remplaçant sauveur pédagogique à celle de l’agent d’entretien des espaces verts du lycée.

                Léturgie en est à son sixième album. Il est à présent totalement émancipé du graphisme de Pica. Son trait est assoupli pour un dynamisme renforcé.

 

 

 

 

© Léturgie, Erroc, Sti, Guénard - Bamboo

 

 

                L’album se clôt par un cahier d’illustrations : Les profs se confinent et se déconfinent ! Composé de dessins de Léturgie et de Pica, il démontre que les profs ont continué à travailler pendant la crise de la Covid-19. On n’est pas des planqués !

 

                Les profs tome 23, c’est la garantie d’heures de colles pour certains, d’heures de cool pour d’autres, et surtout d’heures de rire pour tous.

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les profs

 

Tome : 23 - Heure de cool

 

Genre : Humour 

 

Scénario : Erroc & Sti 

 

Dessins : Simon Léturgie 

 

Couleurs : Jacqueline Guénard 

 

Éditeur : Bamboo

 

Nombre de pages : 54

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782818975961

 



Publié le 29/10/2020.


Source : Bd-best


De simples professeurs...  Cas d’école

 

 « Jacques est directeur d’une petite école de trois classes à Rustrel dans le Vaucluse, depuis plus de vingt-cinq ans. Il est respecté dans la commune pour ses compétences et ses prises de position. Sous le pseudonyme de Jac, il signe des dessins caustiques qui retranscrivent la difficulté du métier d’enseignant, ce qui agace prodigieusement la hiérarchie. » 

 

 

 

 

 

 

 

 

                Ils s’appellent Jacques, Christine, Manal, Chloé, Rachida, Annie,… Ils s’appellent comme vous, ils s’appellent comme moi. Ils exercent le plus beau métier du monde. Ils sont professeurs des écoles. Autrefois, on les appelait des instituteurs. Si le nom de leur profession a changé pour de sottes raisons administratives de catégories de fonctionnariat, avec leur nom, le respect qui leur était dû s’est aussi envolé.

 

                Ils s’appellent Sabrena, Laurent, Jean-Pascal, Christophe, Cécile,… Ils s’appellent comme vous, ils s’appellent comme moi. Ils ne sont aidés ni par les parents d’élèves, ni par leurs collègues, ni par leur hiérarchie. Certains sont directeurs d’école, d’autres enseignants, titulaires ou remplaçants, chevronnés ou débutants. Parmi toutes les histoires de ce livre, il y a aussi celle de Jean-Michel. Lui, carrément, il est Ministre… de l’Education Nationale.

 

 

 

 

 © Remedium - Equateurs

 

 

                En 2019, Christine Renon, directrice d’école maternelle à Pantin, s’est suicidée. Bien sûr, elle était débordée. Bien sûr, elle était incompétente. Bien sûr, elle était faible. Sans doute s’était-elle trompée de métier. Et puis, elle n’a pas été sympa avec la hiérarchie. Elle a laissé tout un tas de lettres accusant le système. STOP ! Christine Renon avait toutes les qualités requises pour exercer ses fonctions. Victime d’un système désorganisé, écrasée par le « mammouth » défini par Claude Allègre, elle s’est sacrifiée afin que les politiques ouvrent enfin les yeux et redonnent aux enseignants une place dans la société, non pas une place de prestige, mais simplement une place digne de ce nom.

 

 

 

 

 © Remedium - Equateurs

 

 

                Christine n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Elle n’est qu’un infime glaçon dans la partie émergée d’un iceberg qui ne cesse de fondre. Dans cet album, Remedium, lui-même professeur des écoles à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, raconte les destins détruits de gens qui adoraient leur métier et qui pour diverses raisons, en ont été dégoutté. Comment un directeur d’école s’est-il vu déplacé de poste à cause d’une collègue ? Pourquoi un enseignant de 57 ans accusé injustement de violences s’est-il suicidé ? Pourquoi une enseignante musulmane respectant les principes de laïcité s’est-elle retrouvée dénoncée ? Comment des petits dessins rigolos, caustiques et réalistes ont-ils pourri la vie de leur créateur ? Pourquoi les enseignants incriminés injustement n’ont-ils pas accès à leurs dossiers professionnels ? Remedium tente de répondre à ces questions et à bien d’autres. Dans cette réalité comme dans toute fiction, il y a des gentils, il y a des méchants. Les clans ne sont pas cloisonnés. Le livre de Remedium n’est pas subjectif. Tous les enseignants ne sont pas des gentils et tous les parents d’élèves ne sont pas des méchants. Comme Fatima, ces derniers peuvent aussi être des victimes. Une profession cependant est pointée du doigt : celle d’inspecteur de l’éducation nationale. Entre les enseignants d’un côté et le directeur académique de l’autre, ils ont la lourde tâche implacable d’éviter les vagues. Remedium les représente sans visage. Tout un symbole.

 

 

 

 

 © Remedium - Equateurs

 

 

                Remedium signe un livre sombre et réaliste, pessimiste mais pas fataliste car s’il pensait que rien ne pouvait changer il ne l’aurait pas fait. Cas d’école est un ouvrage engagé, courageux et nécessaire. Il ne sera certainement pas suffisant mais comptera indubitablement dans les fondations d’un socle nouveau pour la profession d’Instituteur, avec un « i » majuscule, et pas de Professeur des écoles, ce terme abject qu’il est temps d’effacer, comme le symbole d’une institution en échec.

 

                Plus qu’un témoignage, plus qu’un état des lieux, Cas d’école est à faire lire dans toutes les écoles supérieures du professorat et de l’éducation pour que les jeunes sachent dans quelle voie ils s’engagent, ainsi que dans les hautes sphères pour que quelqu’un ouvre enfin les yeux… peut-être… un jour...

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Cas d’école

 

Genre : Histoires d’enseignants ordinaires 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Remedium 

 

Éditeur : Equateurs

 

Nombre de pages : 80

 

Prix : 15 €

 

ISBN : 9782849907511

 



Publié le 29/10/2020.


Source : Bd-best


Mission royale au Nouveau monde.  L’épervier 10 - La princesse indienne

« - Kermeur ! Vos hommes sont libres ! Vous pouvez débarquer !

- Je vous en remercie, Monsieur le gouverneur ! J’arrive ! Mais je vous préviens, mes tireurs vous tiennent en joue ! A la moindre manigance, c’est votre tête qui saute !

- Diantre, Kermeur ! Vous avez le sang chaud !

- Quand il s’agit d’une injustice ou du sort de mes hommes… toujours !

- En la circonstance, j’aurais sans doute agi comme vous ! » 

 

 

 

 

 

 

 

 

                1742, Yann de Kermeur et son équipage ont débarqué à Louisbourg. Alors que L’Epervier est envoyé du Roi, le capitaine Kurt Wagner, officier au régiment de Karrer, a voulu l’arrêter. Ce dernier va devoir répondre de ses actes, d’autant plus que Mali, une jeune princesse indienne parlant français, prend la défense de Yann, soulignant sa droiture et sa bienveillance. Pendant ce temps, en France, épaulé par le borgne Lahire, le Masque continue de terrifier les traîtres.

 

 

 

 

 © Pellerin - Soleil

 

 

                Entre le renouveau de Barbe-Rouge, sous la houlette de Jean-Charles Krahen et Stefano Carloni, et Tomahawk par Patrick Prugne, ce nouveau chapitre du second cycle de L’Epervier occupe une place pivot particulière. Patrice Pellerin a, au siècle dernier, dessiné deux aventures du pirate de Charlier sur des scenarii de son créateur. Il fait à présent traverser l’Atlantique à son héros pour le Nouveau monde où il aurait pu rencontrer les personnages de Prugne. L’auteur de L’Epervier mêle habilement personnages fictifs et réels, parmi lesquels le comte de Maurepas, secrétaire d’Etat à la Marine et Ministre de l’Intérieur, et Onontio Goa, la plus grande montagne de la Terre, plus connu des non-indiens sous le nom de Louis XV.

 

 

 

 

 © Pellerin - Soleil

 

 

                Pellerin aura mis cinq ans pour boucler les quarante-six planches de cet épisode. C’est long, très long, trop long pour un récit à suivre. Les lecteurs devront se replonger dans les tomes précédents pour se remettre dans l’ambiance. Ça, ce n’est pas trop un problème. Par contre, on imagine mal de nouveaux lecteurs, jeunes ou moins jeunes, prendre le train en marche, ou plutôt le navire en vogue. Ils seraient pourtant récompensés par une histoire d’aventure et de politique historique au trait minutieux et aux détails soignés. Les lattes des parquets sont toutes dessinées. Il ne manque pas un bouton sur un uniforme si un hauban sur un navire. Un travail de titan frisant la perfection.

 

 

 

 

 © Pellerin - Soleil

 

 

                 L’auteur promet de ne pas mettre cinq ans à repartir sur les flots ou dans les terres avec Yann de Kermeur. C’est tout ce que l’on souhaite.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : L’épervier

 

Tome : 10 - La princesse indienne

 

Genre : Aventure historique  

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Patrice Pellerin 

 

Editeur : Soleil

 

Collection : Quadrants

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782302079038

 



Publié le 28/10/2020.


Source : Bd-best


Tous les moyens sont bons pour la trouver.  Les sisters 15 – Fallait pas me chercher !

« - C’est décidé, je vais remplacer Wendy par une autre sister !!! ça doit pas être trop dur à trouver.

- Tu sais où on peut en commander ???

- Ils font des livraisons ???

- J’sais pas, on verra bie.

- Tu feras quoi de l’ancienne ? Tu peux pas la vendre ?!

- Le top, c’est s’ils te proposent de faire un échange comme ça, hop !, ils s’occupent de tout. »

 

 

 

 

 

 

                Marine n’en peut plus de sa grande sœur. Elle souhaite faire un échange standard avec une autre. Pourtant, qui est la plus enquiquineuse des deux ? Pas forcément celle qui se plaint le plus. Marine est une adorable petite peste. Et sa grande sœur Wendy, on peut dire que de la patience, elle en a. Il faut espérer que son petit copain en a également car, qui veut sortir avec la grande, achète le package dans lequel la petite est comprise, ainsi que ses caprices, ses peluches et sa fourberie.

 

 

 

 

© William, Cazenove - Bamboo

 

 

                Les Sisters sont toujours en forme. On ne sait pas laquelle des deux dépense le plus d’énergie : Marine pour embêter sa sœur ou bien Wendy pour préserver son cadre de vie ? Y’a de l’énergie à revendre chez les frangines. On met notre main à couper qu’il y a plus d’une lectrice, ou d’un lecteur (Les Sisters ne sont en aucun cas réservées aux filles), qui va essayer de se propulser un Petit Suisse dans la goulotte, catapulté par une petite cuillère.

 

 

 

 

© William, Cazenove - Bamboo

 

 

                Christophe Cazenove est un vrai caméléon. Il est capable de se propulser dans la peau d’un chat (Cath et son chat), de pompiers, de gendarmes, de héros de la mythologie (les p’tits mythos) et, ce qui est encore plus étonnant, d’une gamine et d’une ado du XXIème siècle.

 

                William joue avec ses personnages comme un marionnettiste avec ses pantins. Il multiplie les expressions, s’amusant à leur imaginer de multiples attitudes ce qui fait que rien ne semble répétitif. Il parsème ses planches de clins d’œil : Cubitus, Bob l’éponge, Godzilla, Tizombie, Calvin et Hobbes, Simba,…

 

 

 

 

© William, Cazenove - Bamboo

 

 

                Petite cocasserie, l’album s’ouvre par deux gags des deux sœurs plus petites et se termine par un gag où elles sont adultes.

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les sisters

 

Tome : 15 – Fallait pas me chercher !

 

Genre : Humour et sororité 

 

Scénario : Cazenove & William 

 

Dessins & Couleurs : William 

 

Éditeur : Bamboo

 

Parution : 28 octobre

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782818976791

 



Publié le 28/10/2020.


Source : Bd-best


Ville sauvage.  New York Cannibals

« - Alors ? Dis-moi, qu’est-ce qui te tracasse ? Je vois bien qu’il y a quelque chose qui cloche.

- Le gynécologue vient de me donner mes résultats… Je crois que je ne pourrais jamais avoir d’enfant. Je suis stérile !... Il dit que c’est sans doute à cause de ces putains de stéroïdes… Et si par miracle je tombais enceinte, je donnerais naissance à un taré genre hermaphrodite ou je ne sais quelle sorte de monstre !...

- Je comprends. Et l’adoption ? Ça peut être une solution. Je ferai mon possible pour t’y aider.

- Non, mais j’aurais voulu un gosse à moi !

- Et alors ? Je t’ai bien adoptée, moi !... Aie confiance, il y a toujours un moyen de satisfaire ses désirs. Je n’aime pas te voir triste. »

 

 

 

 

 

 

1990, Azami Tanaka est flic à New-York. Adepte de culturisme, elle en met plein la vue aux gros bras de la salle de sport. Il faut dire que question gros bras, la sino-américaine a de quoi tenir la dragée haute à ses camarades de jeux. Cependant, il est bien connu que les colosses ont des pieds d’argile. La faille d’Azami, c’est qu’elle ne peut pas avoir d’enfants. Elle peut compter sur Pavel, son père adoptif tatoueur de profession, pour lui remonter le moral. Le jour où elle trouve un bébé emmailloté caché dans des cartons au fond d’une ruelle sale, elle voit ça comme un signe du destin et fait appel à son instinct maternel pour en prendre la responsabilité.

 

 

 

 

© Boucq, Charyn - Le Lombard

 

 

Après La femme du magicien, Bouche du diable et Little Tulip, voici l’acte 4 du duo Boucq/Charyn et la suite indirecte de leur album précédent. Les deux histoires sont indépendantes. New York Cannibals peut se lire sans avoir lu Little Tulip. L’action se situe vingt ans plus tard.

 

Jérôme Charyn dépeint un monde souterrain urbain, une cour des miracles américaine dans laquelle les sans-abris chantent leur désespoir. Le scénariste situe principalement l’action à Washington Heights, quartier latino avec sa drogue et ses lois. La mafia russe y est intégrée, mais les crocodiles qui règnent dans les bas-fonds ne sont pas tous humains. Il n’est donc pas uniquement question de maternité dans cet album car, au-delà, les auteurs nous entraînent dans les méandres d’un trafic de bébés lié à une tribu de femmes cannibales.

 

 

 

 

© Boucq, Charyn - Le Lombard

 

 

François Boucq ne fait pas que mettre en images le scénario de Charyn. Les deux hommes fonctionnent comme un duo imbriqué. Le dessinateur fournit une portée sur laquelle le scénariste met une musique. L’idée du goulag dont est issu Pavel vient de Boucq. Le personnage d’Azami également. Charyn lui a apporté du mouvement. Leur travail est presque un fonctionnement inverse des duos dessinateur/scénariste conventionnels.

 

 

 

 

© Boucq, Charyn - Le Lombard

 

 

1970, Little Tulip. 1990, New York Cannibals. L’histoire n’a pas l’intention de s’arrêter là. Charyn vient de faire un nouveau bond de vingt ans pour un Acte 3 et de se lancer dans l’écriture de La colline de la résurrection.

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=UB3EI7IcgoM&feature=emb_logo

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=8yJnV4bfdkw

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

Edition en Noir et Blanc - Le Lombard

 

 

 

 

 

One shot : New York Cannibals

 

Genre : Thriller

 

Scénario : Jérôme Charyn

 

Dessins & Couleurs : François Boucq

 

Éditeur : Le Lombard

 

Collection : Signé

 

Nombre de pages : 152 

 

Prix : 24,50 €

 

ISBN : 9782803672530

 



Publié le 27/10/2020.


Source : Bd-best


Une nouvelle ère.  To your eternity 13

« - Pfff ! C’est quoi ce truc ? Du lierre ? Des racines ? Ça repousse inlassablement…

- Mais seulement là où on l’a enlevé. Il paraît que le désherbant est sans effet… C’est vrai ?

- Et si on en parlait dans le numéro d’octobre de notre mag du club des sciences occultes ? On raconte qu’à l’ouest les racines repousseraient moins vite qu’avant ! Selon une théorie, ces racines seraient liées au grand arbre de Renlil, la vieille ville de l’ouest… Et l’arbre aurait déployé ses racines sacrées partout dans le monde pour vaincre le mal qui avait pris le contrôle de la Terre ! »

 

 

 

 

 

 

 

Les étudiants qui nettoient les abords de leur établissement tentent de se débarrasser de racines qui repoussent sans cesse. Selon Yûki, vice président du club de sciences occultes, le ralentissement significatif de leur progression est le signe d’un événement imminent. Lorsque la progression des racines s’arrêtera, le mal sera totalement vaincu, le messager de Dieu ressuscitera sur Terre accompagné de ses onze disciples et ce sera l’avènement de la paix dans le monde. Parallèlement, Imm et ses compagnons se réveillent dans des endroits divers de notre monde contemporain.

 

 

 

 

© Oima - Pika

 

 

Rarement série aura osé si grand bouleversement. La mangaka Yoshitoki Oima fait un strike dans l’univers qu’elle a créé. Elle propulse ses personnages dans une époque à mille lieues de celle dans laquelle ils vivaient. March errant seule dans la ville nous arrachera des larmes tandis que Bonshen faisant irruption d’un sarcophage dans un musée nous fera sourire. To your eternity, c’est « Tous les sentiments ».

 

 

 

 

© Oima - Pika

 

 

Oima profite de l’effet pour introduire de nombreux nouveaux personnages parmi lesquels la sensible et douée championne de danse Mizuha et sa mère speedée, reflet d’une société qui voit tout mais ne regarde rien. Grâce à la bande de collégiens qui découvrent les « voyageurs du temps », la mangaka permet aux nouveaux lecteurs de se mettre à leur niveau et de commencer la série avec ce tome 13. Il aurait presque fallu la re-titrer et offrir ainsi la possibilité de se plonger pour ceux qui le désirent dans le premier arc narratif.

 

 

 

 

© Oima - Pika

 

 

To your eternity réussit son rebond inattendu dans une dimension œcuménique et théologique invitant à la paix. Mais les personnages se dirigent-ils vers une éternité sereine ?

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : To your eternity

 

Tome : 13

 

Genre : Fantastique émouvant 

 

Scénario & Dessins : Yoshitoki Oima

 

Éditeur : Pika

 

Nombre de pages : 192

 

Prix : 6,95 €

 

ISBN : 9782811655105

 



Publié le 27/10/2020.


Source : Bd-best


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