?>

En images et en bulles
Flux RSSFlux RSS

1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


Le secret de la potion magique : la Gaule a un incroyable talent et Astérix se fait Big in Japan et, cette fois, le ciel ne lui tombe pas sur la tête

Pour qui aime la BD et le cinéma d’animation, quand le chaudron de potion magique est plein à ras-bord et dévoile dans ses fumées une nouvelle aventure irréductible d’Astérix et Obélix, c’est un événement. Après quelques années de disette cinématographique et des films live globalement décevants, Alexandre Astier et Louis Clichy ont ravivé la flamme et retrouvé la serpe d’or avec un Domaine des dieux… divin. Plus abouti visuellement et encore plus délirant, Le secret de la potion magique enfonce le clou avec plus de grâce que Cétautomatix et retrouve l’Hommequitombeàpix, les Quatrefantastix, Derrix et même des Kaijus. Un festival dans une histoire originale mais toujours très inspirée, réparant le fiasco du Ciel lui tombe sur la tête et se servant on ne peut mieux de quelques arcs scénaristix du premier film de Claude Zidi qui a très mal vieilli.

 

Tout allait bien jusque-là. Nous étions en 50 avant Jésus-Christ (quoique, il a peut-être pris de l’avance par rapport à ce que disent les hagiographies). Toute la Gaule était toujours occupée par les Romains… Toutes? Non! Un petit village d’irréductibles Gaulois résistait encore et toujours à l’envahisseur. Jusqu’à ce jour noir de leur histoire qu’Astérix et Obélix ont compté. Jusque-là, tout allait pourtant bien, Panoramix se prenait pour Tarzan, super-héros de la forêt, surfant les branches sans se prendre les pieds dans sa longue barbe blanche. Puis, l’imprévu, un oisillon en péril et une chute vertigineuse pour le druide mythique. Panoramix résiste au crash test mais se retrouve avec une patte folle, trouvant ses limites et résolu à passer le relais. Mais encore faut-il trouver un habile successeur, maniant éthique et alchimie méthodique.

 

 

 

 

© SND

 

Rien qu’avec cette scène d’introduction aérienne et dramatique, Astier et Clichy nous en mettent plein les yeux avec un univers graphique encore plus affûté. Sur ces quelques dizaines de secondes, on sent tout le pouvoir d’adaptation et d’adoption intelligentes des deux cinéastes : parce que l’identité et la fluidité cinéma font de ce gag un bijou qui aurait été incapable à intégrer avec tant de richesses en BD (là où on s’en souvient Au service secret de sa majesté étant sans doute la meilleure transposition de la BD au cinéma live mais l’un des pires films du petit gaulois, paradoxalement).  C’est de bon augure pour la suite qui se déhanche déjà sur une improbable pépite sortie tout droit des années 80 : You spin me round. Ambiance disco au village de (perpétuelles) vacances mais de très courte durée : Panoramix étant incapable de préparer la potion magique, l’arrêt de mort est signé, c’est la fin pur et simple des irréductibles. Et ça ne tarde pas à arriver aux oreilles de César qui charge Tomcruz (puisqu’on vous disait qu’il était partout) d’une mission impossible désormais possible : anéantir le village gaulois et ramener le secret de la potion magique. Jusque-là tapis dans l’ombre, un ennemi intime de Panoramix croit son heure venue et n’a rien à envier à Voldemort. Magie blanche contre magie noir vont s’opposer et ça va barder (même Assurancetourix va avoir un rôle déterminant)!

 

 

 

 

© SND

 

Dans ce deuxième film au pays de Goscinny et Uderzo, Alexandre Astier et Louis Clichy envoient Astérix, Obélix, Panoramix et Pectine (nouveau personnage qui fait la part belle à l’enfance et aux yeux qui pétillent), comme souvent, en road movie, dans une variation télé-ciné-réalité entre « La Gaule a un incroyable talent » et « Qui sera le meilleur sorcier ». Même si les prétendants (Astier s’en donne à coeur-joie pour les nommer avec plus de références que de révérence, de Climatoseptix à Tectonix) à la succession du druide s’en tirent plus souvent avec un kloug qu’avec le clou du spectacle. Y compris de Jésus qui devra encore s’entraîner s’il veut arriver à la dernière scène.

 

 

 

 

© SND

 

Soyons clairs, pareille odyssée aurait pu être risquée, monotone et répétitive (dont des running gags tirent la force), il n’en est rien. Entre des fake news et des mises en scène façon le Média, une petite fille qui doit cacher qu’elle en est une et un combat de femmes libérées (et c’est pas si facile), un monologue d’Ordralfabétix (qui n’a rien à envier à Edouard Baer) et des bourre-pifs nez-contre-nez, des sangliers messagers et un Idéfix beaucoup mieux designé que sur le premier opus, des pirates qui tentent la reconversion, c’est tout un esprit parodique frondeur et salvateur qui s’empare de nous et fonctionne à pleine marmite.

 

 

 

 

© SND

 

C’est jubilatoire mais aussi tendre et bien vu avec quelques magnifiques messages à tirer en-dessous des couches de rires et de délires. Il y en a partout, il ne s’agit pas d’avoir une seconde d’inattention. Conscient de ses racines, ce dessin animé n’est pas l’arbre qui cache la forêt des Carnutes (ne laissez pas trainer vos mégots, elles prennent vite feu, ces choses-là) et prouve sa conscience des oeuvres qui sont passées avant lui. Et les plus étonnantes. À commencer par Astérix et Obélix contre César, premier film en prises de vue réelles de la saga au cinéma, réalisé par Claude Zidi. La musique de l’excellent Philippe Rombi fait penser à celle de Goldman dans les airs celtiques qu’il a trouvé, Christian Clavier est de retour et prête sa voix à Astérix (avec tact et sans en faire des caisses), à la tête d’un casting vocal aux petits oignons (Gérard Hernandez, Elie Semoun, François Morel, Alex Lutz…). Puis, il y a ce méchant druide qui pourrait être le frère du Devin et ces Romains qui n’ont jamais été aussi proche de réduire à néant le village irréductible.

 

 

 

 

© SND

 

Autre référence, encore plus inimaginable : Le ciel lui tombe sur la tête. Sans doute l’album le plus décrié de la série revu et corrigé par le cinéma pour un grand final Big in Japan, calé entre Dragonball et Goldorak. Un fulgurant et fracassant passage ovniesque qui nous en met plein la figure. Astier et Clichy auraient-ils tenté ce tour de force si le 33e tome d’Astérix avait été plus consensuel et moins aventureux ? Pas sûr. Albert, tout est pardonné, désormais. D’autant plus que pour raconter une histoire ancestrale, l’origin-story de Panoramix, Astier et Clichy reviennent à la base : au dessin d’Uderzo. Celui sur lequel le cinéma souffle et qui s’anime pour faire du spectateur le privilégié témoin de la naissance d’une oeuvre culte. Que d’émotions.

 

 

 

 

© SND

 

Pour faire bref mais aussi large, l’année nouvelle approchant et le dicton disant qu’il faut s’embrasser sous le gui, on a envie de couvrir Astier et Clichy de bisous, de les serrer fort comme des menhirs. En effet, le duo de réalisateurs et leurs équipes prouve que la magie existe, livre un formidable hommage à la culture populaire et s’en tire avec brio (et Briat qui fait la voix d’Obélix), les honneurs et les lauriers, mais aussi le sentiment d’être face au meilleur Astérix qu’on ait vu et lu depuis longtemps ! Par Bélénos, c’est Fest Noz.

 

 

 

 

© SND

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Astérix – Le secret de la potion magique

D’après l’oeuvre de René Goscinny et Albert Uderzo

Histoire originale

Réalisateurs : Alexandre Astier et Louis Clichy

Casting vocal : Christian Clavier, Guillaume Briat, Bernard Alane, Alex Lutz, François Morel, Elie Semoun, Gérard Hernandez…

Durée : 85 min



Publié le 07/12/2018.


Source : Bd-best


J’irai me faire massacrer chez vous.  Game Over 17 – Dark Web

 

 

            Une petite princesse se balançait, sur une toile d’araignée. Trouvant ce jeu, très amusant, elle invita un petit barbare… Mais elle ne vit pas la grosse araignée qui arriva et aussitôt les boulotta ! Ainsi imagine-t-on le Game Over de la couverture du dix-septième opus de la série sans parole de Midam, Adam et compagnie.

 

 

 

 

 

 

            Vous voulez casser du Blork ? Vous souhaitez vous mettre en valeur aux beaux yeux d’une princesse sublime ? Cet album est fait pour vous.

 

 

 

 

 

© Midam, Adam, Valérian – Mad Fabrik

 

 

 

            En faisant appel à des scénaristes en herbe, les dessinateurs Midam et Adam donnent une souffle nouveau régulier à leur série au concept répétitif. Ainsi, pas de lassitude. Au moins pour le lecteur. Le barbare et la princesse, eux, doivent en avoir plein les bottes de se prendre un game over dans les gencives à chaque page.

 

 

 

 

 

© Midam, Adam, Valérian – Mad Fabrik

 

 

 

            On appréciera pêle-mêle :

-          Une attraction infernale où il faut prendre la forme de l’espace que l’on doit franchir,

-          Un jeu de cartes géant à la belle reine de cœur,

-          Un ballon rebondissant fort original,

-          Une brosse à toilettes qui peut servir d’arme…ou pas,

-          Un appeau qu’il faut tenir par le bon bout,

-          Une catapulte-balançoire,

-          Un sabre laser pas très efficace.

 

On en passe et des meilleures.

 

Le running gag du précipice à franchir est un des bonheurs de l’album. Chaque fois, on se dit que ça va marcher, que nos héros vont y arriver. Il n’y a pas de raison pour que leur plan échoue. Et pourtant, ça rate… Et on en redemande.

Un autre concept récurrent est celui de la métamorphose. Mais celles-ci peuvent mettre la princesse très en colère.

 

 

 

 

 

© Midam, Adam, Valérian – Mad Fabrik

 

 

 

Le nombre de tomes de la série-mère, Kid Paddle, est dépassé. On ne pensait pas que la série Game Over pouvait aller si loin. A présent, on ne voit pas ce qui pourrait l’arrêter.

 

            Game Over, la série qui apporte le bonheur de perdre.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Game Over

 

Tome : 17 – Dark Web

 

Genre : Humour geek 

 

Scénario : Midam et Valérian 

 

Dessins : Adam et Midam 

 

Couleurs : Angèle

 

Éditeur : Mad Fabrik

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782723499811

 

 

 



Publié le 06/12/2018.


Source : Bd-best


Aujourd’hui, on tire les rois. Les arcanes du « midi-minuit » 14 – L’affaire des rois 1/2

 

            « - Lenyar et York ensemble !

-          Vive le roi Gorony !

-          Vive le roi d’York !

-          La liesse de votre peuple est le meilleur ciment de nos accords !

-          Un nouveau départ pour nos deux pays ! Si vous voulez bien prendre place dans le véhicule royal… Les festivités nous attendent ! »

 

 

 

 

 

A Ilvak, capitale du Lenyar, la foule est en liesse. On reçoit le roi d’York et son épouse. York et Lenyar sont en union. La parade royale peut démarrer. La fête va être de courte durée. Un attentat arrête le cortège. Jim Mc Kalan et sa soi-disant cousine Jenna vont devoir user de beaucoup d’astuce et de diplomatie pour éviter une guerre entre les deux pays.

 

 

 

 

 

© Gaudin, Trichet, Odone - Soleil

 

 

 

Chez Soleil, on a tendance à considérer Arleston comme le taulier, le gardien des clefs, le patron de la baraque. C’est vrai. Mais l’éditeur peut aussi compter sur Jean-Charles Gaudin qui, entre autres avec Les arcanes du « Midi-Minuit » et Marlysa, est l’autre scénariste de la maison sur qui on peut se reposer. Lui aussi sait faire rimer qualité et popularité, intelligence et efficience.

 

 

 

 

 

© Gaudin, Trichet, Odone - Soleil

 

 

 

Jim et Jenna se trouvent mêlés à un nouveau 22 novembre 1963. Le confinement militaire de Beltran d’Amblin apporte un dimension tragi-comique a une intrigue pesante. Tous rentreront dans un autre 11 septembre, mais ça, ce sera l’objet de la deuxième partie de l’histoire.

 

Les arcanes du « midi-minuit » est une série à nombreux personnages. On suit leurs aventures parallèles, entre les miroirs et les intrigues.

 

 

 

 

 

© Gaudin, Trichet, Odone - Soleil

 

 

 

Au bout de quatorze albums et afin d’accrocher de nouveaux lecteurs, il manque juste en préambule une galerie et un portrait des principaux personnages afin de remettre chacun d’entre eux dans son contexte.

 

Cyril Trichet possède un trait clair. Il est de la famille graphique de Jean-Pierre Danard (Marlysa).

 

 

 

 

 

© Gaudin, Trichet, Odone - Soleil

 

 

 

Le dessinateur des arcanes réussi de belles scènes d’actions. L’attaque du convoi présidentiel est d’une efficacité redoutable. De l’escadrille explosant en vol aux victimes en panique, la mise en scène est boostée par les cadrages et les couleurs signées Odone. La scène qui s’ensuit est tout aussi saisissante quand en tournant la page on se retrouve brusquement dans un après-drame silencieux.

 

Les arcanes du « midi-minuit », une série qui se lit à n’importe quelle heure.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les arcanes du midi-minuit

 

Tome : 14 – L’affaire des rois 1/2

 

Genre : Thriller fantastico-politique

 

Scénario : Gaudin

 

Dessins : Trichet

 

Couleurs : Odone

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782302071285

 



Publié le 05/12/2018.


Source : Bd-best


Welcome to the twilight zone.  Réalités obliques 3 - Rencontres obliques.

            « - Papa ?

-           ?

-          Papa ! Je te retrouve !!

-          Mais… Qui êtes-vous ? A quoi jouez-vous ?!

-          Tu ne me reconnais pas ? Regarde mon visage !

-          Arrêtez ! Vous faites peur à la petite !

-          Mais c’est moi, la petite ! Tu ne comprends pas ?!

-          Hein ?

-          Je suis elle, dans le futur ! »

 

 

 

 

 

 

Oppressantes, angoissantes, glaçantes, les rencontres obliques de Clarke sont une invitation au voyage dans la quatrième dimension.

 

            Vingt-cinq histoires très courtes, comme des Haïkus. Mais alors que les poèmes japonais retranscrivent la beauté fugace d’un instant de vie, les réalités de Clarke imagent la noirceur éphémère d’un moment de mort.

 

 

 

 

© Clarke – Le Lombard.

 

 

 

            Quatre citations illustrent le sommaire.

 

            La première est d’Emil Cioran : « Les douleurs imaginaires sont de loin les plus réelles, puisqu’on en a un besoin constant et qu’on les invente parce qu’il n’y a pas moyen de s’en passer. »

            La deuxième est signée André Gide : « La perception commence au changement de sensation ».

La suivante est de Hartwig Schierbaum : « Je déteste dormir. Mais j’adore rêver. »

            La dernière est une horreur d’humour noir de Bob Monkhouse : « Quand je mourrai, je veux m’en aller en paix, comme le fit mon grand-père : en m’endormant.et pas en beuglant comme les passagers dans sa voiture… »

 

            Ces quatre sentences sonnent comme une synthèse parfaite des récits composant cet album. Elles dirigent les quatre axes qu’a choisi Clarke pour composer le troisième opus de ces réalités.

 

 

 

 

 

© Clarke – Le Lombard.

 

 

 

            La phrase de Cioran est une fatalité masochiste. Ainsi, la douleur de la mère du Garçon dans le labyrinthe retranscrit la tristesse de cette femme qui ne peut accepter leur séparation. Mais l’enfant existe-t-il seulement ?

            Pour Gide, on ne comprend qu’à partir du moment où une fracture s’opère. C’est comme cela que le protagoniste principal d’Orphée au paradis apprend une nouvelle perception du temps.

            Schierbaum apporte un peu d’espoir. Au noir du sommeil, il intègre le blanc du rêve. Cependant, il ne dit à quels rêves il pense : cauchemars ou douces pensées ? Et pourquoi pas des « cauchemarrants », pour paraphraser Franquin ? Peu sûr chez Clarke. Les nuits solides amènent dans un sommeil détestable.

            Monkhouse fait un strike. Philosophant sur sa propre mort, qu’il souhaite calme, il la compare à celle de son grand-père qui a entraîné plusieurs victimes dans son départ. L’histoire Un voile sur les vivants entre dans cette catégorie.

 

 

 

 

© Clarke – Le Lombard.

 

 

 

            Ces rencontres obliques sont tellement courtes et percutantes qu’il est impossible de les raconter sans en extraire le sel. C’est pourquoi on ne peut en proposer ici que les sentiments afin de ne pas briser les uppercuts assénés par chacune d’entre elles.

 

            Clarke scénariste a invité neuf camarades à lui écrire chacun une histoire. Ils s’intègrent chacun parfaitement à cet univers oblique. Alors qu’y trouver Andréas ou Foerster est une évidence, la participation de Raoul Cauvin est surprenante. Et pourtant, le moustachu tire son épingle du jeu dans un domaine où on ne l’attendait pas du tout.

 

            Clarke dessinateur se pose en maître du noir et blanc qui sont les protagonistes principaux de l’ouvrage. Il n’hésite pas à les étaler sur de grandes surfaces, montrant leur domination dans cet univers parallèle.

 

 

 

 

© Clarke – Le Lombard.

 

 

            Les Réalités obliques sont à Clarke et à Mélusine ce que les Idées noires étaient à Franquin et Gaston : la marque d’un grand auteur qui a un talent d’une amplitude impressionnante.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Réalités obliques

 

Tome : 3 – Rencontres obliques

 

Genre : Quatrième dimension

 

Scénario : Clarke, Vehlmann, Kid Toussaint, Foerster, Cauvin, Zidrou, Andréas, De Jongh, Dugomier, Safieddine

 

Dessins : Clarke

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 160

 

Prix : 16,45 €

 

ISBN : 9782803672363



Publié le 04/12/2018.


Source : Bd-best


J’irai au bout de tes rêves…  La brigade des cauchemars 2 -Nicolas

 

 

 

            « - Ce nouveau processeur est encore plus puissant ! Il va me permettre de créer de nouveaux programmes pour Cassandre…

-          Il faut qu’on parle de Sarah. Vous ne comptez tout de même pas lui révéler l’existence de la Brigade ?

-          Bien sûr que si. Je pense même l’intégrer à notre équipe dès aujourd’hui… »

 

 

 

Le professeur Angus recrute. Pour agrandir ses troupes et ainsi réussir à ramener sa femme Alice du cauchemar de Léonard, patient fou qu’il retient dans une cellule capitonnée. Alice est bloquée dans un monde parallèle onirique.

La jeune Sarah va épauler Tristan et Esteban, deux adolescents qui forment la brigade des cauchemars. Ceux-ci doivent pénétrer les rêves du jeune Nicolas. Mais un grain de sable va venir enrayer le mécanisme mis au point par le professeur Angus : Léonard s’est évadé de sa cellule et intègre lui aussi le rêve de Nicolas, au cœur des événements de 1986 dans la région de Tchernobyl.

 

 

 

 

 

© Dumont, Thilliez, Drac, Takaku – Jungle !

 

 

 

Frank Thilliez, célèbre auteur de thrillers, confirme ses talents de scénaristes de bande dessinée. La catastrophe nucléaire de Tchernobyl est au cœur de ce deuxième épisode. Le scénariste donne corps à l’irradiation. Il humanise, ou plutôt « monstruise » la contamination. Cette toile de fond nucléaire de cet épisode est un message avéré à la jeune génération de lecteurs : se rappeler des erreurs du passé pour ne pas les recommencer.

 

En parallèle, les personnages évoluent. Sarah découvre le pouvoir qu’elle possède quand elle entre dans le monde des rêves, comme en acquiert chacun des êtres qui y pénètrent. Tristan reste désemparé par sa situation d’handicapé dans la réalité alors que les cauchemars des autres lui permettent de marcher. Les rapports entre le professeur, sa femme et le mystérieux interné jouent un rôle pivot dans une histoire que les auteurs veulent plus complexe qu’à la simple première lecture.

 

 

 

 

 

© Dumont, Thilliez, Drac, Takaku – Jungle !

 

 

 

            Yomgui Dumont fait tout passer par les yeux de ses personnages. Iris gigantesques ou pupilles minuscules, le lecteur est englouti dans les orbites.

            Les planches dans le monde réel restent classiques. Celles des rêves ont des intercases noires dans lesquelles le professeur, étant en contact avec les « voyageurs » est représenté comme sous forme d’un dessin fait à la carte à gratter. Un bel effet efficace.

 

            Le dessinateur réalise une couverture magnifique et mystérieuse. Envers ou endroit ? Rêve ou réalité ? Il matérialise le doute dans une composition où le sommeil met la tête à l’envers. Aidé par la mise en couleurs de Drac et Takaku, on voit poindre la lumière de l’espoir dans l’obscurité du cauchemar.

 

 

 

 

 

© Dumont, Thilliez, Drac, Takaku – Jungle !

 

 

 

            Alors que l’on pensait l’histoire terminée jusqu’au prochain cauchemar à visiter, un cliffhanger final, comme dans le tome 1, laisse le lecteur dans un suspense insoutenable.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : La brigade des cauchemars

 

Tome : 2 –Nicolas

 

Genre : Aventure fantastique 

 

Scénario : Franck Thilliez

 

Dessins : Yomgui Dumont 

 

Couleurs : Drac & Takaku 

 

Éditeur : Jungle !

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 11,95 €

 

ISBN : 9782822222655

 



Publié le 03/12/2018.


Source : Bd-best


Je veux être vagabond à la place du vagabond, la belle insouciance.  Valentin le vagabond – Intégrale 1

 

 

 

« - Puis-je vous déposer n’importe où ?


-          J’y allais justement. »

 

 

 

 

 

Valentin le vagabond est un doux rêveur. Flânant sur les sentiers de campagne, il fait des rencontres fortuites et se trouve mêlé malgré lui à des événements cocasses, burlesques et néanmoins parfois dangereux. Comprenez par-là que le poète se trouve souvent entraîné dans des situations dans lesquelles de dangereux brigands ont la fourberie en évidence et la gâchette facile. Pour couronner le tout, les gendarmes sont d’une bêtise insondable, d’un ridicule abyssal et jamais d’un grand secours.

 

 

 

 

© Tabary, Goscinny – Imav

 

 

 

Les éditions IMAV, qui gèrent les héritages Tabary et Goscinny, rendent hommage à Valentin dans une intégrale en deux volumes dont voici le premier opus.

 

Le personnage a été créé en 1962 par les deux complices, la même année qu’Iznogoud. Valentin est aussi sympathique que le grand vizir est ignoble. Observateur et doté d’un grand sens de l’humour, il est un lointain cousin de Dilat Larath. Bonhomme comme le calife, Valentin est beaucoup plus intelligent. Ni stupide, ni niais, le promeneur est d’une grande gentillesse.

 

 

 

 

 

© Tabary, Goscinny – Imav

 

 

 

Peace and love, Flower Power, Valentin préfigure dès le début des sixties le vent de liberté qui va souffler sur la France en fin de décennie. Mais la seule herbe qu’on va pouvoir trouver dans ses aventures sera celle sur laquelle il va fouler son pas.

 

Goscinny abandonnera Valentin après quatre petites histoires courtes qui ouvrent la présente intégrale.

 

Dans Le snob, Valentin est pris en voiture par un jeune homme né avec une cuillère en argent dans la bouche. Mais un tel univers sépare les deux caractères que cohabitation va rimer avec incompréhension.

 

Valentin essaye ensuite La vie de château. Mais une telle pratique va-t-elle correspondre à son tempérament ?

 

L’évadé le met aux prises avec un lion échappé de la cage de son dompteur.

 

Valentin aux sports d’hiver fait de notre ami un moniteur malgré lui.

 

            Voici donc les quatre pépites scénarisées par Goscinny, quatre perles, quatre petits tours et puis s’en va…

 

            Dans son malheur d’avoir été délaissé aussi vite par son scénariste de génie, le personnage a eu la chance d’avoir pour co-auteur Tabary, qui s’est emparé avec brio de la destinée du blondinet. Sans contestation, il est l’auteur qui gèrera le mieux le drame de la disparition de Goscinny, et c’est Iznogoud qui en souffrira le moins. Alors que Morris choisit de multiplier les collaborations au risque de se perdre parfois, tandis qu’Uderzo survécut sans éclat particulier, Tabary, auteur complet, fut le seul à rester au niveau de son scénariste.

 

Mais revenons à nos moutons et à notre vagabond. Seul aux manettes, Tabary se lança dans de longs récits complets.

 

 

 

 

 

© Tabary, Goscinny – Imav

 

 

 

 

Le prisonnier récalcitrant est un Vaudeville champêtre dans lequel le vagabond est injustement pris pour un voleur. Tabary fait du Feydeau, reprenant en extérieur les codes du genre, quiproquos et retournements de situations, pour le métamorphoser en une hilarante pièce en un acte.

 

 

 

 

 

© Tabary, Goscinny – Imav

 

 

 

Valentin fait le singe, mais surtout Valentin en sauve un, promis à un avenir funeste par une bande de brigands.

 

 

 

 

 

© Tabary, Goscinny – Imav

 

 

 

Les mauvais instincts est une course poursuite à la recherche d’une fortune familiale disparue depuis vingt ans.

 

Le chef de gang ! est un récit plus court (28 planches), inédit en album. La maréchaussée y fait du zèle, jusqu’à atteindre l’apogée de son crétinisme dans l’œuvre de Tabary.

 

Voici donc les quatre pépites scénarisées par Tabary, quatre perles, quatre grands tours et puis ça va continuer…

 

 

 

 

 

© Tabary, Goscinny – Imav

 

 

 

 

            La deuxième partie de l’intégrale est prévue pour février 2019. Espérons que le même écrin sera ensuite proposé pour Totoche et pour Corinne et Jeannot.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

© Tabary

 

 

 

Série : Valentin le vagabond

 

Tome : Intégrale 1

 

Genre : Aventures humoristiques

 

Scénario : Goscinny & Tabary

 

Dessins : Tabary

 

Éditeur : Imav

 

Nombre de pages : 256

 

Prix : 29,90 €

 

ISBN : 9782915732993

 

 



Publié le 02/12/2018.


Source : Bd-best


Adopte-un-humain.com.  Roger et ses humains 2

 

« - Quoi ?! J’ai plus un rond sur mon compte !

-          Je me suis permis de nous offrir notre premier voyage ! On va aux Etats-Unis !

-          Naaan, j’allais m’acheter la figurine de Songroku taille réelle…

-          Yes, j’ai été plus rapide ! ça va être super ! On va visiter, découvrir une autre culture, voir la nature…

-          …

-          Tu pourras voir les endroits de GTA V en vrai…

-          On part quand ?! »

 

 

 

Roger se désole du comportement des humains. Si Florence a les pieds sur terre, Hugo est le geek de base, hyperconnecté, partisan du moindre effort. Sa motivation pour partir aux States n’est pas franchement culturelle. En plus, le jeune homme est phobique de l’avion, et une fois sur place, fait tout dans l’excès et la démesure.

 

 

 

 

 

© Paka, Iov, Kmix - Dupuis

 

 

 

Quant à lui, le père d’Hugo, ingénieur, vient de créer Boobeul, un nouveau robot que Roger trouve pourri. Il peut répondre à toutes les questions. Enfin, en principe.

 

            Cyprien, le célèbre You tubeur, s’avère être un scénariste performant. Jouant sur le principe de strips qui se suivent formant un récit complet, il fait avancer l’action en provoquant sourire ou rire trois fois par planche. Parfois facile, mais ça fonctionne. Pour autant, Cyprien ne fait pas que dans la guignolade relevant les dangers de la robotique à outrance et se moquant des politiciens. Après un démarrage humoristique, l’album prend une tournure plus engagée. Le réveil des intelligences artificielles est redoutable. Plus matériellement, la vie de la petite famille va subir un coup de théâtre inattendu.

 

 

 

 

 

© Paka, Iov, Kmix - Dupuis

 

 

 

            Paka gère et exagère les expressions de ses personnages. Par l’utilisation de petits yeux blancs vides, il fait passer les émotions. Avare en décors, le dessinateur préfère concentrer son travail sur les attitudes.

 

 

 

 

 

© Paka, Iov, Kmix - Dupuis

 

 

 

            Roger et ses humains est une série inscrite dans son époque. On la lit comme on regarde une vidéo sur le net : on passe un petit moment drôle vite fait bien fait, mais qu’en restera-t-il dans quelques années ? Pour Roger et ses humains, ce sera un témoignage de son temps.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Roger et ses humains

 

Tome : 2

 

Genre : Humour cybernétique

 

Scénario : Cyprien Iov

 

Dessins : Paka

 

Couleurs : Kmix

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 96

 

Prix : 15,95 €

 

ISBN : 9782800167299

 

 



Publié le 01/12/2018.


Source : Bd-best


Rodéo pour un dernier tour de piste.  XIII Mystery 13 – Judith Warner

 

            « - Carol Kennedy. Elle est là pour longtemps ?

-          Elle a payé d’avance pour trois mois.

-          Je ne vois pas d’avis de recherche la concernant… Ralph, tu scannes ça au City Hall pour enregistrement ? ça va faire un an que vous êtes à Santa Barbara, Miss Warner. Toujours contente ?

-          Rattrapée par les tentacules de Los Angeles. Santa Monica était devenue invivable. Ici, au moins, on respire. Bonne journée, Shérif ! »

 

 

 

 

 

Jessica Warner, pharmacienne à Santa Barbara, vient de louer une chambre à une jeune femme fauchée. D’où vient-elle ? Qui est-elle ?  Jessica va se renseigner auprès du shérif du district mais la locataire n’a pas l’air connu des services de police. C’est sans compter sur la sagacité de Bart Swinson qui a une petite vengeance à assouvir et qui reconnaît que Carol n’est autre que Jessica Martin, tueuse professionnelle.

Les deux femmes vont se trouver en commun d’avoir un jour croisé un amnésique à la tempe blanche. Les voilà embarquées dans une cavale infernale. Sera-t-elle sans retour ?

 

 

 

 

© Van Hamme, Grenson, Marquebreucq - Dargaud

 

 

            Jean Van Hamme est le seul scénariste des XIII Mystery à avoir placé son histoire après le dix-neuvième tome de la série-mère. Le plaisir de le retrouver aux manettes est indéniable. Cependant, cet épisode se classe en queue de peloton dans la série XIII Mystery, juste devant le parodique Alan Smith et le coup manqué Martha Shoebridge. Peut-être souffre-t-il simplement du syndrome de l’album que l’on nous promet depuis tant d’années et que l’on attendait sûrement avec trop d’espoirs ? Bref, s’il n’est pas incontournable, ce dernier tour de piste reste plaisant à lire.

            On appréciera les liens avec XIII-L’enquête, l’album « à part » de la série.

            Le scénariste dépeint une société américaine quelques années avant l’apparition du #MeToo et du Balance ton porc. Les pourris ne sont pas tous là où on s’attend qu’ils soient. La maréchaussée en prend pour son grade, on le sait dès les premières planches, et possède des armes et des atouts qui lui permettent d’aller loin. Mais c’est sans compter la détermination de deux femmes amoureuses, Thelma et Louise intrépides qui espèrent que leur route ne va pas s’arrêter en chemin.

 

 

 

 

© Van Hamme, Grenson, Marquebreucq - Dargaud

 

 

            Olivier Grenson apporte à l’album la sobriété et la justesse de son trait. Comme Philippe Aymond sur Lady S, le graphisme de Grenson a le mérite d’être universel. On pourrait le croire froid, il est efficace. On pourrait le croire facile, il est minutieux.

            Après avoir été aux manettes d’une série au long cours avec un scénariste confirmé (Niklos Koda, avec Jean Dufaux), après avoir été l’auteur complet de One Shot ou de diptyques (La douceur de l’enfer), il ne manquait plus à Grenson que de se trouver confronté à un défi comme celui-ci. Avec XIII Mystery, il passe de l’autre côté du mur pour rentrer dans la cour des dessinateurs de bande dessinée sur qui il faut compter.

 

 

 

 

© Van Hamme, Grenson, Marquebreucq - Dargaud

 

 

            Non, cet album n’est pas l’ultime XIII. Fin novembre, paraîtra la deuxième partie de XIII-L’enquête, rassemblant les portraits des personnages apparaissant entre les tomes 14 et 19 et l’enquête en BD de Danny Finkelstein dessinée par Xavier Philippe.

On n’est pas à l’abri d’autres surprises. Yann pourra-t-il donner la suite dont il rêve à son Little Jones ?

 

            XIII, c’est comme Paic Citron, quand il n’y en a plus, il y en a encore.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : XIII Mystery

 

Tome : 13 – Judith Warner

 

Genre : Thriller 

 

Scénario : Van Hamme

 

Dessins : Grenson

 

Couleurs : Marquebreucq

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 11,95 €

 

ISBN : 9782505072089

 

 

 



Publié le 30/11/2018.


Source : Bd-best


Eternel adolescent.  Dad 5 – Amour, gloire et corvées

 

« - Cette place est libre ?

-          Oui, vous pouvez la prendre !

-          Quelle chance !

-          En plus de trouver une chaise longue vide, je profite d’un charmant voisinage !

-          Hi hi !

-          Excusez-moi… ça vous ennuierait de me passer de la crème dans le dos ?

-          Mais… Pas du tout ! »

 

 

 

 

 

 

Quel dragueur ce Dad ! Amener ses filles à la piscine et en profiter pour courir le guilledou sur le bord du bassin pendant qu’elles pataugent. Mais quand on est le papa de quatre gamines, la tranquillité n’est pas toujours au rendez-vous…

 

 

 

© Nob - Dupuis

 

 

 

« Ondine a essayé de me noyer ! »

«  T’avais qu’à pas arracher mon bonnet ! »

« Dad, je crois que Bébérenice a fait caca. »

Bon, ben, ce n’est sûrement pas encore aujourd’hui que Dad va trouver la future ex-femme de sa vie.

Dans ce cinquième album, Dad va quand même connaître une grande histoire d’amour. Sera-ce avec la prof d’espagnol d’Ondine, qu’il drague ouvertement devant sa propre fille ? Ou bien avec sa doctoresse, dont il vient d’apprendre qu’elle est divorcée ?

Avec tout ça, il s’agit surtout de ne pas rater les premiers pas de Bébérénice.

 

 

 

© Nob - Dupuis

 

 

 

Après un hilarant guide du Dad presque parfait, Nob revient au format standard. Les situations alternent entre humour et tendresse, entre rire et émotion.

 

Chose rare dans ce style de bandes dessinées, Nob fait évoluer ses personnages. Bébérénice grandit. La situation amoureuse de Dad évolue considérablement. D’espoirs en désillusions, le père de famille n’est pas épargné. Nob ne fait pas que dans la guignolade. Il propose de l’humour intelligent, celui qui fait sourire et émeut à la fois.

 

Comme Hergé l’a fait avec Milou, Nob utilise la bonne et la mauvaise conscience de Dad. L’ange gardien et le démon tentent chacun de l’influencer dans ses choix, comme lorsque Milou hésitait entre suivre Tintin ou s’arrêter pour ronger un os. Ici, pas question d’os, sauf sur ceux, aléas de la vie, sur lesquels Dad risque de trébucher.

 

 

 

© Nob - Dupuis

 

 

 

Chacun sait que les parents doivent soigner leurs enfants. Avec Dad, les enfants peuvent se rendre compte de l’importance qu’ont leurs parents et que, bien qu’étant jeunes, ils ont aussi à veiller sur eux.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Dad

 

Tome : 5 – Amour, gloire et corvées 


Genre : Humour familial

 

Scénario & Dessins : Nob

 

Couleurs : Nob & Laurence

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782800174532

 

 



Publié le 29/11/2018.


Source : Bd-best


Toujours une carte à abattre.  Cédric 32 – C’est pas du jeu !

 

            « - Dis-moi, Cédric, si tu pouvais choisir, là, maintenant, tu voudrais aller où en vacances ?

-          N’importe où, du moment que c’est avec Chen.

-          Bon d’accord ! Avec Chen, vous iriez où ?

-          Hé ! Ho ! Faudrait d’abord que je lui demande.

-          Si tu la laisses décider, laisse-moi te donner un bon conseil.

-          Ah oui, lequel ?

-          Vérifie d’abord que tu as assez d’argent de poche. »

 

 

 

 

 

 

 

Christian est toujours de bon conseil pour son ami de toujours Cédric. Que ce soit pour le coacher afin de conclure avec Chen, ou bien pour le retenir de son impulsivité quand il veut casser la figure à un camarade énervant.

            Entre Cédric et son pépé, c’est « Je t’aime moi non plus. ». Comme ils sont aussi mauvais joueurs l’un que l’autre, tout finit toujours par une engueulade. Mais si au final, papa ou maman s’en mêle, les deux larrons redeviennent complices, comme si rien ne s’était passé. Entre eux deux, c’est le principe du mouvement perpétuel : on joue, on se fâche, on s’aime.

 

 

 

 

 

© Laudec, Cauvin, Leonardo - Dupuis.

 

Laudec créé ses scènes comme dans un théâtre de marionnettes. Les décors sont dépouillés. Une fois les scènes installées, l’attention du lecteur est ainsi portée sur les relations entre les personnages et leurs attitudes. C’était un principe revendiqué par Morris qui fonctionne à merveille et qui est toujours d’actualité.

 

 

 

 

 

 

© Laudec, Cauvin, Leonardo - Dupuis.

 

 

Au bout de trente-deux albums, on pourrait se sentir lassés des joutes verbales entre Cédric et son grand-père, des tentatives du gamin de séduire sa petite chinoise, il n’en est rien. Les auteurs instillent régulièrement des petites nouveautés, des personnages secondaires qui prennent de l’ampleur, comme Lily, la petite voisine malade, ou bien Manu, qui sait raconter mieux que tout le monde ce qu’il a vu à la télévision la veille.

 

            Peut-on être un jour se rendra-t-on compte que Raoul Cauvin fait partie des fondations de la bande dessinée, a contribué à l’écriture de sa grammaire et est un personnage éminent de l’humour franco-belge ? Alors, pourquoi le scénariste n’est-il pas reconnu à sa juste valeur ? Pourquoi ses albums ne font-ils jamais (ou rarement) partie des sélections officielles ? Mais tout simplement, parce qu’il est populaire. N’est-ce pas là la véritable reconnaissance et la clef du bonheur ? Oui.

 

 

 

 

© Laudec, Cauvin, Leonardo - Dupuis.

 

 

            Les séries de Raoul Cauvin, lorsqu’on les a abordées dès le plus jeune âge de lecteur, et c’est possible, reviennent comme des madeleines de Proust qu’il est toujours rassurant de croquer tout au long de sa vie.

 

 

 

 

 

© Laudec, Cauvin, Leonardo - Dupuis.

 

 

            Cédric, c’est peut-être pas du jeu, mais c’est un bon moment de complicité avec une série familiale dans laquelle il y a un peu de chacun d’entre nous et d’entre les nôtres.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Cédric

 

Tome : 32 – C’est pas du jeu !

 

Genre : Humour familial

 

Scénario : Cauvin

 

Dessins : Laudec

 

Couleurs : Leonardo

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782800173979

 



Publié le 29/11/2018.


Source : Bd-best


1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


©BD-Best v3.5 / 2019