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Les tentations d’un jeune paysan.  Peer Gynt Acte I

 

« - Je serai roi… Je serai… empereur !

-          Tu es fou à lier ! C’est vrai… Tu aurais pu devenir quelqu’un si tu avais voulu. La fille d’Haeggstad te regardait d’un œil tendre. Tu aurais pu l’obtenir…

-          Tu crois ?

-          Ah ! Peer, une fille de propriétaire ! Dire que si tu avais voulu, tu serais son heureux époux, au lieu de traîner ici, sale et déguenillé.

-          Viens ! Allons-y de ce pas.

-          Où ça ?

-          A Haeggstad ! 

-          Ah ! Crétin ! Veux-tu augmenter mon chagrin en te ridiculisant ? Je t’en empêcherai !!!

-          Hum… Je préfère aller seul. »

 

 

 

 

 

 

 

                 Dans la campagne norvégienne, Peer Gynt vit avec sa mère. Las de sa vie de paysan au fin fond du pays, il décide de prendre sa destinée en mains et de retrouver la fiancée qu’il avait éconduite, alors qu’elle est à quelques heures de son mariage avec Mads Moen, un « épouvantail à femmes ». Charmeur et hâbleur, Peer Gynt va convaincre sa belle de le suivre. Mais saura-t-il suivre une route à deux ? « Chacun est libre de prendre son chemin. » Sur celui de Peer Gynt, il y a des belles de la forêt, il y a la fille du roi de Dovre. Les tentations sont nombreuses, mais certaines ont un prix qu’il faut un jour payer.

 

 

 

 

© Carrion - Soleil

 

 

                A l’origine, Peer Gynt est un drame poétique d’Henrik Ibsen devenu pièce de théâtre avec une musique composée par Edvard Grieg. Lorsqu’un auteur s’empare d’une œuvre, il la respecte ou il l’interpète, il la traduit ou il l’adapte. Antoine Carrion choisit l’adaptation. Ce premier volume adapte les actes I à III, le second traitera des actes IV et V. L’auteur respecte l’intégralité de la trame scénaristique d’Ibsen dans une relecture puisant dans le romantisme du XIXème siècle. Ibsen s’est inspiré de la vie d’un paysan du XVIIIème siècle, vivant près de Lillehammer, dans une Norvège qui n’est pas encore indépendante, est sous la tutelle de la Suède, dominée par le Danemark.

 

 

 

 

© Carrion - Soleil

 

 

                Ni Gulliver, ni Nils Holgersson, Peer Gynt est un voyageur qui n’est pas tout à fait sûr de ce qu’il cherche : l’amour, la fortune, la gloire ? Peer Gynt n’est pas un héros. Il est perclus de défauts. Il est charmeur, menteur, mythomane. C’est un adolescent qui devrait passer à l’âge adulte mais, comme s’il le refusait, reste un chien fou. Peer Gynt n’en est pas pour autant moins attachant.

 

 

 

 

© Carrion - Soleil

 

 

                Antoine Carrion choisit un traitement graphique fascinant et sombre, trop peut être. Est-ce parce que les ciels sont bas et les nuits longues dans une Europe du Nord s’approchant du cercle polaire ? Quelques scènes auraient mérité des touches de couleurs. Mais le parti pris se respecte. Dans un final éblouissant, Carrion traduit avec émotion en bande dessinée une scène poignante comme on peut en lire rarement.

 

                La quête initiatique de Peer Gynt démontre qu’en grandissant en tirant les bons enseignements des leçons de la vie on peut apprendre de ses erreurs et acquérir une âme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Peer Gynt

 

Tome : Acte I 

 

Collection : Métamorphose

 

Genre : Aventure fantastique 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Antoine Carrion

 

D’après : Henrik Ibsen 

 

Éditeur : Soleil

 

Collection : Métamorphose

 

Nombre de pages : 92

 

Prix : 17,95 €

 

ISBN : 9782302091368

 



Publié le 14/03/2021.


Source : Bd-best


Une petite bible.  Le bouquin de la bande dessinée

 

Sous la houlette de Thierry Groensteen, le bouquin de la bande dessinée s’érige à juste titre en tant que dictionnaire esthétique et thématique. Il est aux dictionnaires de la bande dessinée ce que le dictionnaire étymologique de la langue française d’Alain Rey est aux dictionnaires classiques en général : un ouvrage historique et didactique qui se lit comme un roman.

 

 

 

 

 

 

 

                Historien et théoricien de la bande dessinée, Thierry Groensteen s’est entouré des meilleurs spécialistes dans leurs catégories pour rédiger les près de cent cinquante articles qui composent les plus de huit cent pages de l’ouvrage. Chaque entrée permet d’aborder un thème. La bande dessinée y est abordée comme un art, un langage, une littérature, une culture. Même si le livre ne prétend pas être exhaustif, il est quand même extrêmement complet. Il se dit voué à créer chez le lecteur le désir d’aller plus loin.

 

 

 

 

© Trondheim – Robert Laffont

 

 

                S’il est des entrées convenues comme Découpage, Manga, Série, d’autres sont plus originales : Esclavage, Réflexivité ou Physiognomonie, terme barbare qui désigne le lien entre la narration et la maîtrise des expressions. L’occurrence Origine confirme la paternité de la bande dessinée à Rodolphe Töpffer qui, dès les années 1840, publia les histoires de Mr Vieux Bois et de Mr Cryptogame, bien avant que Richard Outcault ne donne vie au Yellow Kid à la fin du XIXème siècle.

 

 

 

 

© Trondheim – Robert Laffont

 

 

                Il n’y a pas d’entrées consacrées à des auteurs ou à des séries. C’est ce qui fait l’originalité de ce dictionnaire. Auteurs et séries ne sont cependant pas oubliés car il est fait de nombreuses références à l’intérieur des articles. L’ensemble des noms propres cités est référencé en postface et, des plus classiques aux plus undergrounds, des plus anciens aux nouvelles stars, de nombreux auteurs sont invités. L’un d’entre eux illustre ce livre, c’est l’incontournable Lewis Trondheim, auteur stakhanoviste et autodidacte.

 

 

 

 

© Trondheim – Robert Laffont

 

 

                Destiné aux profanes, aux amateurs, aux enseignants, aux étudiants, aux curieux, aux passionnés, ce livre apporte des clefs à quiconque tourne ses pages. Avec lui, la bande dessinée s’offre un bel écrin dans la prestigieuse collection Bouquins de chez Robert Laffont, antichambre d’une « Pléiade » qui n’a plus qu’à lui ouvrir ses portes.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Titre : Le bouquin de la bande dessinée 

 

Genre : Dictionnaire

 

Sous la direction de : Thierry Groensteen

 

Éditeur : Robert Laffont

 

Collection : Bouquins

 

Nombre de pages : 856 

 

Prix : 30 €

 

ISBN : 9782221247068

 



Publié le 12/03/2021.


Source : Bd-best


Après les retrouvailles...  Télémaque 4 - L’impossible retour

 

« - C’est tout ?

-   Je n’entre pas dans les détails mais il faut que tu comprennes que j’ai fait tout cela pour vous protéger, toi et ta mère…

-   Mouais… Alors, ok, raconter l’histoire à la troisième personne, c’est pas mal… En revanche, ça manque de rebondissements et il y a quelques incohérences. Si c’est ça ton explication, je te suggère de revoir ton texte. »

 

 

 

 

 

 


                A Phtie, les retrouvailles entre Télémaque et son père Ulysse ne sont pas si iddyliques que le jeune homme aurait pu l’imaginer. Ulysse a usurpé le trône de Néoptolème. Il raconte à son fils comment, à la fin de la guerre de Troie, il a été chargé d’aller en Thrace pour vaincre les alliés de Troie, avec sous son aile Néoptolème. Ulysse défendit ses intérêts et ceux d’Ithaque, non sans péripéties, dues en grande partie à la maladresse de Néoptolème. Après des mois de galères, Ulysse a rejoint Phtie et en devint le maître. Télémaque pensait trouver un père intelligent, sensible et aimant, il se voit face à un homme qui lui parle de monstres, de dieux et de magie. Néoptolème, quant à lui, n’a aucune rancune envers Ulysse, son mentor.

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

                A Sparte, où se trouvent les compagnons de Télémaque, des forces de la nature se déchaînent : Lestrygons, cyclopes et sirènes attaquent la ville. Même Circé est de la partie.

 

                Les destins que l’on pensait se lier ont des préoccupations divergentes. Alors que Télémaque souhaite retrouver ses amis, Ulysse propose à Néoptolème de co-diriger le royaume des Mirmidons.

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

                Kid Toussaint poursuit l’épopée du « fils de » le plus célèbre de la mythologie. Le cycle de la recherche du père se clôt dans ce quatrième épisode. Grâce à Télémaque et au succès que rencontre la série, Kid Toussaint a démontré qu’on pouvait appâter le public avec une histoire intelligente qui lui demande un effort de concentration tellement les personnages sont nombreux. L’auteur ne prend donc pas le lecteur pour un crétin et en retour celui-ci le lui rend bien.

 

                Par ailleurs, Kid Toussaint pose un problème dont on parle peu, méconnu, alors que l’on devrait sérieusement se poser la question. Lorsque l’on retrouve une personne que l’on cherchait depuis des lustres, que se passe-t-il une fois les liens renoués ? Peuvent-ils être encore aussi solides que dans le souvenir ?

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

                Côté graphique, au risque de choquer, Kenny Ruiz, c’est Peyo qui a rencontré Marini. Si on faisait du morphing entre les graphismes de ces deux monstres, on tomberait sur quelque chose de pas trop éloigné du dessinateur ibérique. De plus, comme dans chaque volume, les premières planches façon décoration d’amphore grecque sont impressionnantes.

 

                Le mythe Télémaque est définitivement installé. Tout ce que l’on espère, c’est qu’à la fin, René ne va pas se taire. Le private joke Ladislas de Hoyos est encore et toujours à l’honneur. « Dis donc t’arrêtes de gueuler, René ? T’arrêtes de gueuler, bordel ! »

 


  

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Télémaque

 

Tome : 4 - L’impossible retour

 

Genre : Aventure fantastique 

 

Scénario : Kid Toussaint 

 

Dessins : Ruiz 

 

Couleurs : Noiry 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9791034748112

 

 



Publié le 11/03/2021.


Source : Bd-best


Tous les requins ne sont pas dans l’océan.  Carthago 12 – Albinos

 

« - Alors ?

-   Pas bon ! J’ai vu plusieurs requins-marteaux, des requins tigres… Et même un grand blanc de cinq mètres ! Vaut mieux pas s’y frotter ! Pour les attirer, j’ai dû balancer de grosses quantités de sang et de barbaque… ça les a affolés. Le sang peut les rendre complètement fous !... Je n’aurai la cage à requins que dans trois jours. D’ici là, il faudra se contenter de ce genre de spectacle.

-   J’espère que c’est pas des bobards…

-   Ma réputation est en jeu. Je ne m’amuse pas avec ce genre de trucs… Si je vous dis que dans trois jours, on aura la cage, c’est que j’ai des garanties !

-   Les voir comme ça autour de nous, c’est déjà méga impressionnant !...

-   Et pas qu’un peu, ma jolie… ?!

-   On dirait qu’ils ont disparu !...

-   Etrange… J’y retourne !

-   J’ai l’impression qu’ils ont fui quelque chose…

-   Quoi ?! Mais qu’est-ce qu’il peut y avoir dans ces eaux qui effaie un grand blanc ??

-   Je vais vite en avoir le cœur net ! »

 

 

 

 

 

 

 

Iles Tiwi, territoire du Nord, Mer d’Arafura. Quelque chose effraye un groupe de requins. Kieren décide de plonger pour aller voir ce qu’il se passe. Il ne remontera pas… Enfin, si, … mais en morceaux et dans la gueule d’une espèce de mégalodon albinos, un requin géant d’une bonne vingtaine de mètres. De son côté, Kane, l’homme aux branchies, a été capturé. Il sert de bête de foire dans l’aquarium d’un tripot clandestin d’où il va s’évader. Kane, comme le mégalodon, sont deux cibles. En plein océan, les routes de ces fugitifs vont se croiser. Entre ces deux êtres, sera-ce l’affrontement ou l’entraide ?

 

 

 

 

© Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

 

 

                Christophe Bec clôt le diptyque de sa série fétiche Carthago consacré à Kane, l’homme-triton qui, lorsqu’il est habillé et que ses mains sont gantées, ne laisse pas supposer de son état. Des plaques rugueuses sur la peau, des branchies sur les côtes, les mains palmées, voilà sa constitution. Entre les scientifiques qui veulent l’étudier et les malfrats qui veulent en tirer un bon paquet de dollars, Kane va devoir user de stratégies pour échapper à toutes les convoitises. Dans ce deuxième volet, Bec fait un parallèle entre un homme hors norme mais néanmoins humain et une bête sauvage qui tue, oui, mais pour sa survie. Tous deux sont victimes des pires requins d’entre tous, ceux qui ont forme humaine.

 

 

 

 

© Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

 

 

                Ennio Bufi poursuit son travail impeccable sur la série. Que ce soit au niveau des animaux, des humains, que des décors, en particulier maritimes, son trait est vivant, magnétique et jamais froid. Il y a tant de sentiments qui ressortent dans sa façon de mettre en scène Kane et le requin géant. Saluons également le travail de coloriste d’Andrea Meloni qui met de la matière dans les horizons et dans les flots.

 

 

 

 

© Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

 

 

                Série d’aventures, poésie maritime, fable écologique, Carthago est pensée, conçue et réalisée comme un univers qui prête à la réflexion sur un futur à construire en osmose avec la mer.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 


Série : Carthago

 

Titre : 12 - Albinos 

 

Genre : Aventure sous-marine 

 

Scénario : Christophe Bec 

 

Dessins : Ennio Bufi 

 

Couleurs : Andrea Meloni 

 

Éditeur : Les Humanoïdes Associés

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782731642056



Publié le 11/03/2021.


Source : Bd-best


Cadavre exquis pour élèves  Chihuahua 1 – Une rentrée presque normale

 

« - Tu ne la trouves pas un peu bizarre cette école, toi ?

-   J’ai l’impression que les élèves sont tous des enfants monstres…

-   Pourquoi ?

-   T’es pas un monstre, toi ?

-   Ha !

-   Snif ! Snif !

-   T’es un humain ?

-   J’adorerais manger mon premier humain…

-   Je… T’approche pas de moi ! Je suis un loup-garou féroce ! Il faut que tu t’éloignes.

-   J’adore les chiens ! On peut être copains ? »

 

 

 

 

 

 

 

Une petite fille qui redouble depuis 142 ans, un monstre orange mais qui n’a rien à voir avec Casimir, un professeur qui cache des tentacules sous sa blouse, et Paul, un garçon tout ce qu’il y a de plus normal, voici les principaux résidents de l’école Chihuahua. Cherchez l’erreur ! Paul, humain comme vous et moi, va apprendre à cohabiter avec des créatures de toutes sortes et à affronter ses peurs. On dit qu’on s’habitue à tout, mais c’est pas tous les jours facile.

 

 

 

 

© Trondheim – BD Kids

 

 

Pourquoi Chihuahua dans tout ça ? Il n’y en a pas le poil d’un dans l’histoire… sauf dans le portrait de la fondatrice de l’école qui en possédait un. Sous le crayon de Nob, Paul se trouve comme Harry Potter débarquant à Poudlard… euh…bon… bref… plutôt comme un chien dans un jeu de quille. Il ne se met jamais dans la fuite, mais dans une observation tout aussi effrayée que résignée. Trondheim se charge de Gilbert, le monstre orange, boule aux membres postérieurs atrophiés et aux bras musclés sur lesquels il se déplace. Il est tout excité de fréquenter une nouvelle école. Jousselin est responsable du cent quarante deuxième redoublement de Violette tandis que Obion fait évoluer le professeur Monsieur Plumier. Bien sûr, tous ces personnages se croisent et ne sont pas l’apanage de leur seul responsable. 

 

 

 

 

© Obion – BD Kids

 

 

 

 

© Nob – BD Kids

 

 

Vous souvenez-vous de L’atelier Mastodonte ? Ce projet multicéphale paru chez Dupuis regroupait les plus chouettes dessinateurs du moment sous la houlette de Lewis Trondheim, il n’y a pas si longtemps. Nostalgiques d’un temps que les moins de deux ans ne peuvent pas connaître, quelques uns d’entre eux ont souhaité faire repartir un projet dans la même mouvance. C’est ainsi que Jousselin, Nob, Obion et Trondheim se sont retrouvés au sein de cette nouvelle aventure. Chacun d’entre eux a créé un personnage. Sur le principe du cadavre exquis, les auteurs réalisent à tour de rôle un gag avant de le passer à son voisin, pour une histoire qui se construit page après page.

 

 

 

 

© Jousselin – BD Kids

 

 

C’est frais, c’est complètement fou. Si la rentrée à l’école Chihuahua est presque normale, ce premier album n’est pas presque mais complètement marrant.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 


Série : Chihuahua

 

Titre : 1 – Une rentrée presque normale 

 

Genre : Humour 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Jousselin, Nob, Obion & Trondheim 

 

Éditeur : BD Kids

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 9,95 €

 

ISBN : 9791036325397



Publié le 10/03/2021.


Source : Bd-best


La folle journaliste de Blackwell Island Asylum.  Nellie Bly Dans l’antre de la folie

 

«  - Hé ! Comment osez-vous me toucher !

-   On ne fait pas de manières, ici, Mademoiselle. Vous êtes à l’hôpital, pas à l’hôtel.

-   Le juge m’a confié aux soins de cet homme. Je ne suivrai personne d’autre que lui.

-   Nellie partira avec le prochain bateau.

-   Ne me laissez pas ! Vous avez promis au juge de me protéger.

-   Je dois y aller.

-   Je vous en supplie, ne m’abandonnez pas ! Je vous en supplie, Docteur. »

 

 

 

 

 

 

 

1887. Pour enquêter sur l’asile d’aliénés de Blackwell à New York, Elizabeth Jane Cochrane, dite Nellie Bly, se fait passer pour folle afin d’être internée. Elle y vivra dix jours en immersion pour en tirer l’un des premiers reportages d’investigation de l’histoire du journalisme.

 

Alors que quatre versions différentes de 1984 son parues en l’espace de quelques semaines, c’est le troisième biopic de Nellie Bly qui paraît en quelques mois. Il y a eu celle de Cimino et Algozzino parue en juin dernier chez Steinkis, celle de Tavernier et Jarry publiée en août chez Steinkis. Qui de mieux que des femmes pour parler d’une femme exceptionnelle, pionnière du journalisme d’investigation ? Virginie Ollagnier et Carole Maurel font à leur tour pénétrer le lecteur dans l’antre de la folie de l’asile psychiatrique pour femme dont Nellie Bly veut dénoncer les pratiques de soins plus que douteuses.

 

 

 

 

© Ollagnier, Maurel – Glénat

 

 

Virginie Ollagnier montre en Nellie Bly une Elise Lucet de la fin du XIXème siècle. Il est clair que si la journaliste vivait à notre époque, elle serait une vedette de la télévision et présenterait Cash Investigation. La scénariste s’efface derrière Nellie Bly et se met à la disposition de son personnage. Elle met en évidence les engagements politiques de la journaliste qui n’avait pas peur de dénoncer des députés et les magouilles en tous genres. Dans une très intéressante interview menée en postface par Aurélien Ducoudray, scénariste et directeur éditorial de la toute nouvelle collection Karma, des vies, des révoltes, Ollagnier explique que Nellie Bly était engagée pour la défense du droit des femmes sans pour autant militer dans des mouvements d’émancipation féminine.

 

 

 

 

© Ollagnier, Maurel – Glénat

 

 

Carole Maurel, également interviewée en postface, s’est investie dans le projet jusqu’à lire 10 jours dans un asile, le livre de Nellie Bly, dès qu’on le lui a proposé. La dessinatrice a mené un énorme travail de recherches de documentation. Les grands yeux ronds de ses personnages sont empreints d’inquiétude, de détermination et parfois aussi de démence, car même si les pratiques des soignantes étaient douteuses, il y avait de vraies malades dans le lot des patientes. D’un commun accord avec sa scénariste, Maurel a choisi de donner corps à la folie dans des monstres fugaces glissant dans les couloirs de l’asile. Le tout reste d’un réalisme inquiétant. Oui, la folie peut se dessiner. Maurel le prouve.

 

 

 

 

© Ollagnier, Maurel – Glénat

 

 

Suivez Nellie Bly dans l’antre de la folie où si on y est amené sans être fou, on risque fort de le devenir, à moins que l’on soit une journaliste forte et déterminée.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=Slnek2p-jbA&t=90s

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Nellie Bly Dans l’antre de la folie 

 

Genre : Biopic 

 

Dessins & Couleurs : Carole Maurel 

 

Scénario : Virginie Ollagnier 

 

Éditeur : Glénat

 

Collection : Karma

 

Nombre de pages : 176 

 

Prix : 22 €

 

ISBN : 9782344033463

 



Publié le 10/03/2021.


Source : Bd-best


Spirou 4326 -  10 Mars 2021

 

 

Article 212 du code de la route : il est interdit d’encastrer dans son pare-brise l’agent dans l’exercice de ses fonctions, mais pas d’en rire.

 

 

 

 

 

 

 

 

            Le premier album de L’agent 212 a 40 ans. Quand Kox et Cauvin ont commencé les aventures du quotidien d’Arthur, de ses collègues de brigade et son commissaire, ils ne pensaient pas y être encore quatre décennies plus tard. Les auteurs racontent tout, et en particulier les retards légendaires de Kox dans une interview.

 

            Les abonnés retrouvent le train pour les Soviets dans lequel ont embarqué Spirou, Fantasio et le Marsupilami dans un magnifique poster.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 


© Tarrin, Neidhardt – Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Dans les yeux de Lya : Un coupable intouchable

Créatures : La grande nuit

Louca : E-Sport

Spirou, l’espoir malgré tout : Un départ vers la fin

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Agent 212 (L’)

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Crapule (La pause-cartoon)

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliot au collège

Estampille

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Kermesse existentielle (La pause-cartoon)

Kid Paddle

Méthode Raowl (La)

Minions (Les)

Nelson

Passe-moi l’ciel !

Spoirou & Fantasperge (Marges de Sti)

Strip dont vous êtes la star (Le)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Djief

En direct du futur : La couverture selon Jousselin

Interview : Kox

Jeux : Enquête à la rédaction (Joan)

Leçon de BD (La) : Laurel

 

 

Supplément abonnés :

Poster : Spirou chez les Soviets

 

 

En kiosques et librairies le 10 mars 2021.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 09/03/2021.


Source : Bd-best


Sous La guerre des mondes.  A fake story

 

 «  - Tiens bon, fiston ! Je vais le conduire à l’hôpital ! Eh ! Faut rester avec moi, hein ?! Comment tu t’appelles ? Dis-moi, qu’est-ce qui t’est arrivé ?!

-   Les Martiens… C’est à cause des Martiens… »

 

 

 

 

 

 

 

30 octobre 1938, en pleine nuit, une voiture freine brusquement alors qu’un jeune homme ensanglanté, avec un masque à gaz sur le visage et armé d’un pistolet, s’écroule au beau milieu d’une route de campagne. Son sauveur le mène à l’hôpital. Son père se serait suicidé après avoir tué sa mère et lui avoir tiré dessus. A priori, ce serait pour leur éviter d’être massacrés par les Martiens qui débarquent sur Terre. C’est tout du moins ce qu’a annoncé Orson Welles sur les ondes de la CBS. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux dans tout cela ? La lecture de La guerre des mondes d’H.G. Wells à la radio a provoqué une panique générale, c’est certain. Les circonstances de la tuerie familiale, ça, c’est moins évident à définir.

 

 

 

 

© Pendanx, Galandon – Futuropolis

 

 

Laurent Galandon adapte le roman de Douglas Burroughs. La célèbre émission de radio d’Orson Welles n’est que l’élément déclencheur de dommages collatéraux qui sont au cœur du récit. Evidemment, les causes de la mort de Joan et Robert Oates sont plus complexes qu’en apparence. Ornella Yates, la jeune amie de Ted, le fils Oates, est-elle impliquée de près ou de loin dans la tuerie. Dans une mise en abime, le romancier Burroughs mène l’enquête sur la voix d’Ella Fitzgerald. A fake story pourrait être racontée dans une saison de True Detective.

 

 

 

 

© Pendanx, Galandon – Futuropolis

 

 

Après Mentawaï, Jean-Denis Pendanx quitte la jungle amazonienne pour celle plus urbaine des alentours de Grovers Mill. Et quand certains appelait les indigènes de la jungle des sauvages, ils auraient mieux fait de regarder leurs congénères car l’adjectif leur convenait mieux. Pendanx est un dessinateur d’ambiances. Ses couleurs directes très années 30 dépeignent parfaitement les ambiances glauques liées aux Oates et les recherches diurnes de Burroughs.

 

 

 

 

© Pendanx, Galandon – Futuropolis

 

 

Dans tout ça, qu’est-ce qui est l’histoire fausse ? Celle racontée par Welles ? Celle racontée par Ted pour protéger quelqu’un ? Celle qui racontait la panique déclenchée par Welles et qui n’aurait au final pas été si importante que cela ? A fake story montre en tout cas que la presse, la radio, puis plus tard la télévision et internet, sont d’une puissance dangereuse et que toute information est à prendre avec sa part de subjectivité.

 

A fake story raconte une histoire de l’Amérique profonde, un épisode de racisme ordinaire, comme il y en a eu tant, comme il y en a encore trop. A fake story, c’est aussi l’histoire de la montée en puissance du quatrième pouvoir, celui des medias, toujours prêts à s’emparer des real ou des fake news pour en faire des stories.

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : A fake story 

 

Genre : Polar 

 

Dessins & Couleurs : Jean-Denis Pendanx 

 

Scénario : Laurent Galandon 

 

D’après : Douglas Burroughs 

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 96 

 

Prix : 17 €

 

ISBN : 9782754828833

 



Publié le 09/03/2021.


Source : Bd-best


Passage de témoin.  Le regard d’un père

 

« Est-ce que j’écris pour mon père ou plutôt pour le père que je suis devenu ? Les deux restent étroitement liés, notre parcours commençant avant tout avec celui de nos parents. On dit parfois que concevoir une descendance découle d’un acte égoïste. Peut-être. Mais le transfert de toute notre attention sur cet être ô combien chéri, jusqu’à l’oubli de nous-mêmes, nous place devant l’auto-centrisme qu’offrait la vie d’avant. Devenir parent est le plus grand des miroirs. »

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce qu’un père ? Un père, c’est un homme qui a engendré ou adopté un ou plusieurs enfants. Un père de famille, c’est quelqu’un qui a un ou plusieurs enfants qu’il élève.

 

 

 

 

© Bonneau - Des ronds dans l’O

 

 

Il n’est jamais facile de dire « je t’aime ». Ça a l’air si simple comme ça. Bizarrement, on arrive plus aisément à le dire à des gens qui ne sont plus là, qui sont partis… mais c’est trop tard. Alors, Laurent Bonneau a décidé de le crier à son père de son vivant. Il le lui dit au travers d’un magnifique album de bande dessinée, une œuvre graphique.

 

 

 

 

© Bonneau - Des ronds dans l’O

 

 

Bonneau utilise diverses techniques de dessin : de la craie grasse, du fusain, des encres, de la peinture, des photos travaillées, … Toutes ces techniques sont tout autant de synonymes pour dire « Je t’aime », tout autant de façons différentes de prouver à son père qu’il tient à lui plus que tout au monde.

 

 

 

 

© Bonneau - Des ronds dans l’O

 

 

Entre le papa qui a tout appris à un fils devenu adulte et un enfant qui va naître et à qui il faudra tout apprendre, le flambeau passe de génération en génération. Laurent Bonneau met en évidence cette continuité du fil de la vie que rien ne peut rompre, quoi qu’il se passe. Les parents sont de vivants monuments, des repères, des piliers. On les admire du bas d’un piédestal que l’on gravit un jour pour voir nos propres enfants d’en haut. C’est le cycle de la vie.

 

 

 

 

© Bonneau - Des ronds dans l’O

 

 

Plus qu’un hommage à son père à qui l’auteur voue un véritable culte et le lui dit avec force et conviction, Le regard d’un père est tout simplement une histoire d’amour.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Le regard d’un père 

 

Genre : Autobiographie 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Laurent Bonneau

 

Éditeur : Des ronds dans l’O

 

Nombre de pages : 120 

 

Prix : 22 €

 

ISBN : 9782374181066

 



Publié le 09/03/2021.


Source : Bd-best


1000 gags au compteur.  L’ours Barnabé 21 - Joyeux anniversaire !

 

« - Je vais traverser le désert.

- Pourquoi as-tu besoin d’un rétroviseur ?

- Pour être sûr de marcher droit ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Quand l’ours Barnabé décide de traverser le désert, il prend un rétroviseur. Ça lui permet de marcher droit, comme il l’a fait jusqu’à présent. Epicurien, artiste et poète, l’ours Barnabé mène une vie de bohème. Chaque chose qu’il fait est un petit bonheur. Qu’il s’endorme à la pêche ou qu’il observe des bigfoots, qu’il amène son chien bourré de puces chez le vétérinaire ou qu’il s’occupe d’un bonhomme de neige, Barnabé donne à l’absurde ses lettres de noblesse.

 

 

 

 

© Coudray - La boîte à bulles

 

 

                Avant tout, l’ours Barnabé est un artiste. Il n’est pas un peintre du dimanche, il est un peintre du bonheur simple et tranquille. C’est le Robert Combas des près, le promeneur des galeries impromptues.

 

 

 

 

© Coudray - La boîte à bulles

 

 

                Les situations cocasses et truculentes se succèdent. Il y a du Gary Larson, du Vincent Rocca, du Raymond Devos dans ce monde bucolique. L’ours Barnabé en est déjà à son vingt-et-unième album et dépasse ici les 1000 gags. Aucune lassitude ne se fait sentir : ni du côté de l’auteur, ni du côté des lecteurs, ni du côté de l’ours. Ce n’est pas pour rien que la série a été sélectionnée à l’Alph’Art humour à Angoulême dès 1990 (!) et aux Eisner Awards en 2012 et 2014, et a reçu le Prix RTL enfant 1992 et le prix des écoles à Angoulême en 2011. Les années passent et l’ours reste, c’est la meilleure preuve de sa force.

 

 

 

 

© Coudray - La boîte à bulles

 

 

                Le graphisme de Philippe Coudray est d’une simplicité universelle. On pourrait penser qu’il s’adresse uniquement aux plus petits, mais c’est un leurre. C’est simplement une stratégie (s’il y en a une) pour être compris du premier coup d’œil par tous. Ce n’est pas pour rien qu’il est traduit en anglais, en allemand, en japonais et en mandarin.

 

                Seul aux manettes dans cette série, Philippe Coudray travaille aussi avec son frère Jean-Luc. Chacune de leurs créations à l’un ou à l’autre, à l’un et à l’autre, est d’une finesse désarmante : le canard Théocrite, Béret et Casquette,…

 

                Allez vous perdre dans la forêt de Barnabé. Si vous le rencontrez, vous ne le quitterez plus. Au-delà des codes, des langages et des préjugés, l’ours Barnabé est une série qui fait du bien.

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : L’ours Barnabé

 

Tome : 21 - Joyeux anniversaire !

 

Genre : Humour d’ursidé 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Philippe Coudray

 

Éditeur : La boîte à bulles

 

Collection : La malle aux images

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 9,50 €

 

ISBN : 9782849533840 

 



Publié le 08/03/2021.


Source : Bd-best


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