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Un Pilote pas automatique et enrichissant pour fêter Valérian et Laureline, leurs créateurs mais aussi leurs héritiers

C’est un fait, à part si vous vous êtes exilé sur la mille et unième ou que vous avez vécu en ermite médiatique, ces derniers mois; vous n’avez pu éviter l' »événement » cinématographique de cet été : la sortie de l’adaptation d’un classique (et précurseur) de la bande dessinée de science-fiction, Valérian et Laureline de Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Évelyne Tran-Lê. Des héros qui, plus qu’à leurs créateurs, appartiennent aujourd’hui à la culture populaire. C’est pourquoi, en préparant le terrain au film mais en faisant aussi oeuvre de récréation et de nostalgie, Pilote ressuscite (comme à son habitude) pour un numéro spécial où, aux-côtés des deux géants Christin et Mézières, on retrouve quelques auteurs parmi les plus doués de leurs générations.

 

 

 

 

© Smolderen/Clérisse chez Dargaud

 

Nul besoin de remonter le temps et l’espace, qu’est-ce qu’ils sont bien Valérian et Laureline dans leur quinquagénie souriante. Sans une ride mais avec l’assurance des années passées à faire les belles heures de la science-fiction à la sauce franco-belge (universel aussi puisque bientôt George Lucas s’en « inspirerait – pour rester polis – dans son Star Wars). À l’heure où l’on tremble de (sa)voir à quelle sauce les deux héros (qui en ont vu d’autres, cela dit) vont être mangés par Besson et sa science (défaillante, ces derniers temps) du blockbuster; Dargaud réanime Pilote dans un hors-série qui se veut être le mook accompagnant fidèlement l’arrivée du film. Avec le choix entre une édition souple et une autre cartonnée (avec toutefois huit pages supplémentaires faisant ode aux dessins noir sur blanc d’un Mézières au top), histoire de rencontrer les plaisirs et les habitudes de lecture de ce genre de revue de tout un chacun.

 

 

 

 

© Bajram chez Dargaud

 

Sous-titré « Le journal qui s’amuse à voyager dans le temps », ce Pilote-là emmené par François Le Bescond en rédacteur en chef fait feu de tous les bois dont regorge l’univers et le fait plutôt bien. En commençant par des interviews de Christin, Mézières et de l’héritier Besson. En s’aidant, ensuite, des lumières d’experts d’hier et aujourd’hui pour mieux éclairer l’oeuvre remarquable des deux aventuriers d’un espace qui, en 1967, avait encore bien des secrets et tout un imaginaire à explorer. Ainsi, les angles sont variés, on se glisse dans les ombres des plus grandes planches de la série, on a un avant-goût de l’exposition qui se tient jusqu’au 14 janvier à la Cité des sciences de Paris, on replonge dans les classiques de la science-fiction et il est même question de ces origines évoquées par le regretté Stan Barets.

 

 

 

 

© Balez chez Dargaud

 

Sans oublier un aperçu des superbes concept arts d’Éric Gandois, Patrice Garcia, Hugues Tissandier, Sylvain Despretz ou encore Marc Simonetti et l’impact d’une série comme Valérian sur l’histoire de… BNP Paribas (c’est un publi-rédactionnel, ça vaut ce que ça vaut et mieux vaut lire ça avec des pincettes). Sous forme d’interview ou de texte continu, l’ensemble se révèle assez érudit et précis que pour dresser une bonne introduction au Valérian d’hier et d’aujourd’hui. Les experts impliqués savent de quoi ils parlent et ne sont pas nés de la dernière pluie de comètes, alors forcément c’est enrichissant…

 

 

 

 

© Bertail chez Dargaud

 

Et de la BD alors, il y en a ?, commencent à se demander les puristes (ceux qui ne peuvent pas piffer qu’une BD soit adaptée au cinéma, par exemple, mais ceux aussi qui savent apprécier une reprise quand elle est bien faire de leur héros favoris). Ne vous inquiétez pas, vous allez en avoir des planches et des phylactères, de la rigolade et du spectaculaire pratiquées par une trentaine de surdoués du Neuvième Art. Si certains ont fait leurs armes dans des aventures spatiales (on pense à l’impeccable Denis Bajram, à José Luis Munuera en mode « vacances », à la relève Mathieu Bablet ou encore Dominique Bertail qui revient à l’an Mil), d’autres ne sont pas spécialement connus pour leurs appétits galactiques.

 

 

 

 

© Bonhomme chez Dargaud

 

Et c’est souvent de ceux-là, dans ce registre pas forcément de prédilection, que viennent les surprises les plus flagrantes et les plus inattendues. Conjuguant vie de héros et vies d’auteurs par exemple, comme Matthieu Bonhomme qui remet le cow-boy Mézières en selle et lui fait rejouer Cow-boys et envahisseurs ou la pop-mini-odyssée des audacieux Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse. Il y a des crossovers aussi, avec Achile Talon ou Cosmik Roger, avec les increvables Larcenet (ancien repreneur de Valérian beaucoup moins sérieux) et Salch et, au sommet, avec Ariane (l’héroïne de Juillard dans Les sept vies de l’Épervier) qui fait une rencontre du troisième type. Dans tous ces hommages, ces incarnations diverses, il y a de la verve, de l’affect, de l’amour, du talent, du second degré aussi, du respect surtout… Comme dans les évocations de Nicolas Barral ou Éric Corbeyran (soutenu au dessin par Olivier Balez) qui, plus terre à terre, raconte leurs rencontres avec deux doux mentors dont le nom évoque mille souvenirs : Mézières pour l’un, Christin pour les deux autres. On est loin de l’hommage juste pour l’hommage tant ces auteurs ont quelque chose à dire, du sens à nous faire parvenir.

 

 

 

 

© Bouzard chez Dargaud

 

La belle note de ce space-opéra a plusieurs voix en l’honneur de deux ténors est enfin donnée par le coin du voile levé sur deux albums forcément attendus. Le nouveau Valérian, Souvenirs de futurs II, qui tourne autour d’un accord politique étonnant et pourtant si proche de notre réalité, voit douze de ses planches révélées. On y retrouve tout le savoir-faire de Christin et Maizières pour dompter l’actualité et la mettre en fiction décoiffante… sexy aussi. Enfin, puisque comme Spirou ou Lucky Luke, Valérian va connaître de nouvelles aventures sous d’autres traits, cinq planches de Shingouzlooz.Inc, le one-shot de Wilfrid Lupano et Mathieu Lauffray, sont livrées en pâture aux lecteurs. Les décors sont magnifiques, l’univers bien campé et revisité et le pitch entend faire lumière sur toutes les questions sans réponse que le lecteur s’est posé autour de la saga quinquagénaire. Et comme, il est facile de jouer le jeu des origines, Lupano s’est lancé le défi de « pousser ses réflexions le plus loin possible ». Les cases s’admirent, l’intrigue reste secrète mais l’envie compulsive d’en apprendre plus est d’ores et déjà dans nos gênes.


Bref, ce Pilote hors-série est un pont royal pour nous ramener à bon port, à Galaxity, et réveiller la série auprès de la nouvelle génération qui l’avait peut-être loupée. Et ça n’a rien d’un paradoxe de plus.

 

Alexis Seny

 

Revue : Pilote

Hors-série

Titre : Spécial Valérian

Avec la participation de : Pierre Christin, Jean-Claude Mézières, Christophe Blain, Mathieu Bablet, Nicolas Barral, Blutch, Wilfrid Lupano, Mathieu Lauffray, Stan Barets, Matthieu Bonhomme, Éric Corbeyran, Olivier Balez, Thierry Smolderen, Alexandre Clérisse, Manu Larcenet, Éric Salch, Richard Marazano, Christophe Ferreira, André Juillard, Thierry Martin, Éric Libiot, Fabcaro, Serge Carrère, José Luis Munuera, Luc Besson, Julien Solé, MO/CDM, René Pétillon, Emmanuel Guibert, Denis Bajram, Guillaume Bouzard, Terreur Graphique, F’Murrr, Jean-David Morvan, Ji Su, Mathieu Sapin, Annie Goetzinger…

Genre : Making-Of, Hommage

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 136

Prix : 10,95€



Publié le 28/07/2017.


Source : Bd-best


Sur la trace d’un démon intérieur, de momies mortes-vivantes ou de hippies; il y aura toujours des enquêteurs zarbis !

Le temps des vacances nous a été profitable dans quelques lectures BD fortement appréciables. Sans préméditation (impossible en présence des fins limiers qu’on va vous présenter), trois d’entre elles se reliaient par l’excentricité, ou du moins la bizarrerie, de leur enquêteur principal. Oubliez tous les a priori que vous pouvez avoir sur ce genre éculé qu’est l’enquête (qu’elle soit purement policière ou paranormale voire holistique) pour vous projeter dans ces trois albums qui puisent leurs avantages dans leur liberté de ton et leur originalité. Percutants, qui plus est.

Psycho-investigateur : quintessence intérieure

Résumé de l’éditeur : Simon Radius, le psycho-investigateur, possède le pouvoir de voyager physiquement dans l’esprit des gens. Dans cette aventure inédite, il pénètre la mémoire d’un centenaire en quête d’un mystérieux trésor… Mais comment voyager dans les souvenirs d’un amnésique ?

 

 

 

 

 

© Courbier/Dahan chez Petit à Petit

 

Psycho Investigateur, c’est sans doute  l’événement de cet été. Même s’il est passé plutôt inaperçu dans des grands médias trop occupés à faire la promotion d’albums trop attendus chez de grands éditeurs (les Astérix, les Titeuf, pourquoi user de teasing quand il sera encore temps d’en parler en… temps voulu). Pourtant, la dernière parution de Petit à Petit se révèle être un travail d’orfèvre marquant et ingénieux, à l’impeccable processus de projection, qui nous fait oublier que ce que nous tenons dans les mains n’est qu’une bande dessinée. Sa force est telle qu’elle dépasse de loin le papier.

 

 

 

 

© Dahan

 

Quel coup de maître ont accompli Erwan Courbier et Benoit Dahan ! Trop méconnus en regard de leur talent, les deux auteurs ont eu raison de s’accrocher à leur personnage fétiche, Simon Radius, cet enquêteur d’un nouveau genre. Depuis bientôt quinze ans, les deux auteurs emmènent ce psychologue qui n’hésite pas à se plonger dans les méandres des pensées et de la mémoire humaines pour résoudre les mystères, toujours plus loin. Pourtant, L’héritage de l’homme-siècle se lit comme un jeune premier, comme un one shot. D’ailleurs, c’est en me documentant un peu pour cette chronique que je me suis rendu compte que cet illustre inconnu (et c’est malheureux) avait un passé : un premier album en 2005 chez Emmanuel Proust Éditions et une réédition augmentée en 2013 chez Physalis. Et maintenant, Petit à Petit prend la relève avec toute l’envie et tout le professionnalisme qu’on lui connait (et en proposant de rattraper notre retard avec le premier tome des aventures de Simon Radius).

 

 

 

 

© Courbier/Dahan chez Petit à Petit

 

Tant mieux, car c’est album est fait figure de pertinente et implacable réflexion sur son média. Avec une conscience de toutes ses aptitudes qui le rendent redoutable. C’est bien simple, ce récit où les monstres se mêlent à l’odyssée intérieure, vivifiante et rationnelle n’aurait pas pu voir le jour en roman ou au cinéma. De même, il est inenvisageable que ceux-ci l’adaptent selon leur code. Si psycho investigateur aura plusieurs vies, elles ne dépendront que de l’envie du lecteur de lire et relire cet album, d’en tourner les pages en avant ou… en arrière, de les plier, de les retourner dans tous les sens, de leur faire jouer le jeu de la transparence au soleil… Sans l’avouer et sans en utiliser le concept racoleur, Psycho Investigateur, c’est un livre dont, progressivement, vous devenez le héros. Insidieusement même si un indice est donné dès la couverture. Percée dans les yeux de son énigmatique personnage principal, on se rend compte après-coup que l’on peut y mettre nos yeux, comme dans un masque de Carnaval. L’homme-siècle, c’est un peu nous. Et ce qu’on va y mettre.

 

 

 

 

© Courbier/Dahan chez Petit à Petit

 

Peut-être bien plus fort qu’Imbattable (car encore plus imprévisible), Psycho investigateur est imparable et est une oeuvre totale, puissante, rivalisant d’originalité et d’énergie pour dépasser ce qui pourrait être l’acte d’un apprenti sorcier et se révéler dans toute sa maîtrise. Limpide et accessible, complètement innovant mais pourtant brinquebalé par un monde éditorial intraitable, Psycho Investigateur mérite d’être bien plus qu’un monstre du Loch Ness et de s’asseoir comme série au long cours pour encore mieux s’affirmer. Simon Radius est peut-être bien plus fort que n’importe quel super-héros de Marvel ou DC, ou peut-être même que tout ceux-là réunis. Et, oui, avec ce deuxième album déjà culte et mémorable, nous n’en sommes peut-être qu’à la surface visible de l’iceberg tant Erwan Courbier et Benoit Dahan semblent ne pas être à cours de ressources et d’inventivité.

 

Alexis Seny

 

Série : Psycho Investigateur (Page Facebook)

Tome : 2 – L’héritage de l’homme-siècle

Scénario : Erwan Courbier et Benoit Dahan

Dessin et couleurs : Benoit Dahan

Genre : Thriller psychologique, fantastique

Éditeur : Petit à petit

Nbre de pages : 64 (+ 16 pages de bonus)

Prix : 15,90€



Publié le 25/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 12

« - Papa ! Je… Je l’ai vu ! L’homme de tes photos…Celles que tu accroches partout… Il est là-bas… Il est au Seaview…

-          Calme-toi, fils… Je n’ai rien compris… Qu’est-ce que tu as vu ? De quelles photos parles-tu ?

-          Là ! Cette photo, là ! Le gros homme au fusil ! Il est arrivé en ville il y a 5 minutes. »

 

Jasper Konrad Glover est enfin de retour. Il aura fallu attendre huit ans. Jonathan Fly, qui vit dans une bourgade perdue, en plein cœur de l’Amérique avec son fils Jason, va peut-être enfin mettre l’assassin face à ses responsabilités. La mort du pasteur Caton-Wood pourra-t-elle être vengée ? Il faut savoir que justice et politique ne sont pas totalement compatibles.

 

            Taduc a un graphisme qui se fond idéalement dans l’univers de XIII Mystery. Il retrouve le style qui a fait le succès de Chinaman, et qu’il avait délaissé le temps de réaliser « Mon pépé est un fantôme ». Comme Malik avec Archie Cash et Cupidon, il a cette capacité d’être aussi à l’aise dans un style semi-humoristique que réaliste.

 

 

 

 

 

 

            Brunschwig décrypte les sources de La nuit du 3 août, comme si Van Hamme avait pensé à tout ce qui se passe ici avant de l’écrire. Mettant le Ku-Klux-Klan au cœur de l’intrigue, il signe un album tout aussi terrifiant que son Esprit de Warren, voire bien plus quand on pense que ce qui est raconté a très certainement dû, d’une façon ou d’une autre, s’être passé dans l’histoire de l’Amérique.

 

            La série XIII Mystery poursuit son parcours quasi-parfait et l’on regrette déjà qu’il ne reste plus que deux épisodes à découvrir.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : XIII Mystery

Tomes : 11 - Jonathan Fly

Genre : Thriller

Scénario : Brunschwig

Dessins : Taduc

Couleurs : Marquebreucq

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 56

Prix : 11,99 €

ISBN : 9782505066668

 

 



Publié le 25/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 11

« - Où est ta maman, ma petite ?

-          Là-bas !

-          Fort bien, je vais la chercher tout de suite ! Cette pauvre femme doit se faire un sang d’encre !

-          Elle est mourrue, alors on l’a mise dans un grand trou !

-          Et ton papa ? Lui aussi, il est… euh !... (…)

-          Non !... Cause que j’ai jamais eu de papa ! »

 

S’il reste encore des inventions à sortir du cerveau génial du non moins génial Léonard, il en est une dont ses neurones ne peuvent pas forcément faire grand-chose : la paternité. Mais tout va changer quand débarque dans sa vie, sortie tout droit de la benne d’un camion, une charmante bambina, la huitaine bien tassée, qui compte bien débouler dans la vie du génie comme une boule de bowling faisant un strike. Elle se trouve là un papa, et pas question de laisser filer l’occasion.

 

 

 

 

 

 

Après le génie en personne, son disciple Basile, la bonne Mathurine, le chat Raoul, la souris Bernadette, le crâne Yorick, voici qu’un nouveau personnage débarque dans la série. Sera-t-il récurrent ? L’avenir nous le dira. Toujours est-il que Zidrou continue le changement dans la continuité en apportant avec cette gamine une nouvelle touche toute personnelle au petit monde de Léonard. Pas évident à faire dans un univers semblant si codifié. C’est efficace, c’est drôle, et ça paraît si simple à faire. T’as qu’à croire. Chapeau, Zidrou !

 

Turk n’a plus rien à prouver. C’est le tôlier, « the » dessinateur de BD franco-belge au style parfait. Vivement la rentrée et le nouveau Clifton, là encore avec Zidrou.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Léonard

Tomes : 48 - Mon papa est un génie !

Genre : Humour ingénieux

Scénario : Zidrou

Dessins : Turk

Couleurs : Gaël

Éditeur : Lombard

Nombre de pages : 48

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782803671588



Publié le 21/07/2017.


Source : Bd-best


Dans l’oeil du cycl-one de la Grande Boucle des jeunes années, Frédéric Kinder fait merveille

Il y a Tour de France et tour de force. Bien souvent, les deux coïncident dans le spectaculaire et la douleur. Alors que la fin du Tour est abordée (et sabordée, disent déjà certains), Glénat et Treize Étrange ont eu la bonne idée de nous faire redécouvrir le recueil d’histoires courtes mais intenses, toujours passionnées, réalisées par Frédéric Kinder au début des années 2000. Un one shot qui n’a jamais connu de suite malgré sa force antique, cyclo-mythologique, à tutoyer les hauteurs des cols insurmontables de la grande boucle.

 

 

 

 

 

 

 

© Frédéric Kinder chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Guerriers de la route harnachés de boyaux et pédalant sur leurs lourdes et inconfortables machines, les « Forçats de la Route », comme les appelait Albert Londres, sont ces cyclistes des années 1920 qui ont fait du Tour de France un véritable mythe ! Mais derrière les légendes, il y avait des hommes avec leurs forces et leurs faiblesses dont le chemin s’est jalonné d’anecdotes des plus savoureuses. Des trajectoires de vie où la compétition forme le révélateur pas forcément reluisant de l’âme humaine, et que Frédéric Kinder raconte – parfois avec humour, toujours avec tendresse – telles les coulisses non officielles de l’épreuve avec un grand « E. »

 

 

 

 

© Frédéric Kinder chez Glénat

 

Le Tour arrive à sa fin et vous n’êtes pas rassasiés ? Même après les deux tomes de la série de Didier Ocula et Thomas Liera ? Ça ne fait rien, à chez Branchés Culture, on en a encore sous le pied, et de qualité. Je pourrais vous parler de Lax, aussi, mais mon dévolu de fin de course s’est jeté sur Tour de Force de Frédéric Kinder. J’étais trop jeune en pour dévorer la première version de ce recueil d’histoires courtes (entre cinq et dix planches) consciencieusement réalisées par Frédéric Kinder, en regard de son amour immodéré pour le vélo qu’il pratique aussi à ses heures pas tant perdues que ça.

 

 

 

 

© Frédéric Kinder chez Glénat

 

Douze années ont passé et voilà que la seule bande dessinée de cet auteur pourtant ultra-doué mais que les voies du dessin ont emmené plus vers l’illustration et la pub. Raison de plus pour consommer sans modération et vivre, surtout, dans les traces laissées par les boyaux soumis à rude épreuve sur le tour des titans. Ceux des prémisses dont l’histoire n’a pas forcément retenu les noms. Pourtant les grands « coups » (de Poker, aussi) des coureurs marquaient aussi le début du mot « courage » décliné à toutes les sauces dans ces huit histoires (soit deux de plus que la première version). Nous sommes dans les années 10 ou 20, les périodes de prédilection de Frédéric Kinder. Pour l’heure, on ne parle pas d’oreillette, pas de moteur caché, pas de dopage (ou si peu quand un paysan du coin vous donne quelques « gouttes » qui agissent en véritable coup de fouet pour vous remettre en selle)… Non, résolument, les fous de la pédale ne peuvent quasiment compter que sur eux-mêmes pour avaler 300 voire 400 km le temps d’une journée qui se confond avec la nuit.

 

 

 

 

© Frédéric Kinder chez Glénat

 

Tout ça, avec simplicité, est remarquablement représenté par Frédéric Kinder. L’auteur place ainsi le lecteur en bord de routes, le long des pavés ou d’un chemin de montagne qui semble ne pas avoir de fin, comme des témoins privilégiés, vibrants, d’une époque où l’on était bien loin de penser que la télévision diffuserait, une vingtaine d’années plus tard, l’épreuve aux quatre coins du monde. Ainsi, Kinder met-il des images sur des anecdotes enfouies au plus profond de la légende de cette grande boucle, entre mythe et réalité, perlées de sueur, souillées par l’effort inhumain. Sans oublier d’évoquer cette guerre à venir dont le festin fratricide aurait été bien différent s’il avait été joué à la pédale.
© Frédéric Kinder chez Glénat

Certains aiment jouer aux petits soldats, le dada de Kinder ce sont plutôt les petits coureurs qu’il anime, quitte à les envoyer dans le décor. De son trait faisant le grand saut entre l’expressionnisme tourmenté d’un Van Gogh et la ligne claire revisitée d’un Brüno. Ici, tous les coureurs (qu’ils s’appellent Léon « tête de guidon », Eugène « le guignard » ou l’Italien Gastone Bellini sacrifié sur l’autel du chauvinisme francophile à outrance) se ressemblent dans la souffrance, tout comme leurs bécanes malmenées, et pourtant ça fonctionne. La mécanique est huilée comme en 2017 tout en respectant les codes des premières années cyclistes, et la magie opère, au plus près de l’humain, focalisé sur le mètre de plus à franchir. On a mal pour eux mais qu’est-ce qu’on aime voir ces athlètes à l’oeuvre, dans le plus simple appareil sans la pollution médiatique qui a ôté un peu le charme de cette grande boucle de légende. Et au vu du casting présent sur les deux pages de gardes, on se dit que Frédéric Kinder pourrait bien pousser le vélo un peu plus loin et livrer une suite à son Tour de Force qui en est vraiment un.

 

Alexis Seny

 

Titre : Tour de Force

Nouvelle édition

Scénario, dessin et couleurs : Frédéric Kinder

Genre : Sport, Drame, Histoire, Chroniques

Éditeur : Glénat

Collection : Treize étrange

Nbre de pages : 64

Prix : 13,90€



Publié le 21/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 10

«  - Maintenant que vous connaissez toute l’histoire, ça ne vous paraît pas étrange que j’aie fait tout ce chemin depuis les Etats-Unis et qu’au final, je n’ai même pas passé quelques instants à me recueillir sur la tombe de mon aïeul ?

-          Non, je pense que vous n’étiez pas venu pour ça, même si vous l’avez cru !

-          Et je serai venu pour quoi alors ?

-          Ça… Vous êtes le seul à pouvoir le découvrir.

-          Je ne sais même pas si j’ai encore toute ma tête, alors ce n’est pas gagné ! »

 

Alors que Lisa prend ses fonctions de maire de Cowpoke Canyon, Joey parcours les vallons du Connemara, avec Aileen, chimère ou réalité. A soixante-dix ans d’intervalle, les chemins des protagonistes du « Train des orphelins » continuent à se tracer, écrivant une histoire dans l’Histoire. Années 20 en Amérique : Lee tente de séduire Lisa et a pour projet de construire une maison des orphelins. Années 90 en Europe : Louisa rencontre enfin Joey avec qui elle communiquait par radio.

 

 

 

 

 

 

Clap de fin pour « Le train des orphelins ». Cette excellente série voit ici sa conclusion. Décryptant un pan de l’histoire de l’Amérique peu connu, elle forme en huit volumes un récit émouvant, poignant, passionnant.

 

Le trait semi-réaliste de Xavier Fourquemin est un medium idéal pour une sensibilisation intergénérationnelle au phénomène historique romancé. Philippe Charlot navigue entre les époques avec une fluidité surprenante et exemplaire. Une prouesse.

 

Les auteurs signent un des fleurons des éditions Bamboo qui, à côté de séries comme « L’envolée sauvage », deviendra un des classiques de demain. Faire prendre conscience de l’Histoire, faire aimer l’Histoire, voilà une des missions accomplies. Même si ce n’est peut-être pas le but premier, c’est avec des albums comme ceux-ci que se déclenchent chez les jeunes lecteurs (et chez les autres) des passions qui les forgeront.

 

Compostez vos billets pour le train des orphelins, vous n’en reviendrez pas indemnes, vous en reviendrez riches d’un récit épatant.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Le train des orphelins

Tomes : 8 - Adieux

Genre : Drame historique

Scénario : Charlot

Dessins : Fourquemin

Couleurs : Smulkowski

Collection : Grand angle

Éditeur : Bamboo

Nombre de pages : 48

Prix : 13,90 €

ISBN : 978-2-81894-156-0



Publié le 20/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 9

  « - Tu mets du cœur à l’ouvrage, Porcinet Grassouillet. Mais ton style est vulgaire. Tu privilégies trop la force sur la ruse.

-          Mon nom est Yuki. Qui es-tu ?

-          Mon nom n’a pas d’importance. Mon conseil, si !

-          Depuis quand tu m’espionnes ?

-          Pourquoi des questions, alors que je te donne des réponses ?

-          Ma mère m’interdit de parler à des inconnus. Passe ton chemin, vieil homme. Je suis un grand guerrier. D’une respiration, je pourrais te blesser.

-          Tu as raison. Le sommeil m’attend. Mais n’oublie pas, Porcinet Grassouillet, dans un combat, seul le résultat compte. Rien d’autre ! »

 

Yuki, tel Moïse, vit avec sa mère adoptive dans la petite cité de Puchi-Minato, dirigée par le seigneur terrien Hayato Ikobayashi. Il ignore tout de ses origines. Il a treize ans et rêve de devenir samouraï. Mais la route est longue et le chemin est périlleux pour mériter d’intégrer cette caste de vaillants guerriers. Il deviendra disciple de Musashi Miyazaki pour accomplir son apprentissage.

 

 

 

 

 

Gorobei, après avoir signé l’hilarant « Remèdes de l’ouest » chez Makaka, fait son entrée par la grande porte chez Dupuis. Ses personnages bonhommes et attachants sont le signe d’un graphisme à la fois original et abordable dès le plus jeune âge du public. Les cases sans bordures offrent une fluidité et un confort de lecture invitant à pénétrer dans le récit et à s’identifier à son personnage principal plus aisément.

Le scénario à plusieurs niveaux de Thierry Gloris est une nouvelle réussite à comptabiliser à son palmarès. Au-delà de la quête initiatique basique, le lecteur perspicace relèvera bien des clins d’oeil : Karaté Kid, les dessins animés de notre enfance, et surtout l’œuvre du grand cinéaste Miyazaki.

Nul doute que Yuki deviendra un des personnages phares du journal de Spirou et Bushido une des séries classiques du catalogue Dupuis.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Bushido

Tomes : 1 – Yuki

Genre : Quête initiatique et humoristique

Scénario : Gloris

Dessins : Gorobei

Couleurs : Piscitelli

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800167794



Publié le 18/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 8

« - Alors ? Tu es content de tes recherches ?

-          Ouaip !

-          Tu as déjà appris beaucoup de choses ? Quoi par exemple ?

-          Que les gens cherchaient sans cesse à manipuler les mages.

-          Oh… Je vois. Les hommes craignent les mages ou tentent de profiter de leurs pouvoirs…parce que ces pouvoirs sont immenses. Ils demandent donc beaucoup de sagesse pour être utilisés. Et les mages n’ont pas toujours fait preuve de sagesse.

-          Tu… tu veux parler du démoniste ? »

 

Où l’on se rend compte qu’alors que l’on pensait que 7 était le chiffre pivot autour duquel s’articulait l’équilibre des mages, il existe un huitième élément venant donner un grand coup de pied dans la fourmilière.

 

 

 

 

 

Au travers de ses lectures dans la bibliothèque de son père, Léo fait de bien importantes découvertes sur l’histoire des mages et de leurs origines. Mais le paternel lui donne-t-il toutes les clefs du mystère ?

 

Les dessinateurs d’origine La Barbera & Quattrocchi ont laissé leur place à une cohorte de collègues chacun en charge d’un court récit nous en apprenant un peu plus sur l’un des mages. Qu’ils soient peu connus du grand public comme Upchurch ou Raapack, ou bien auteurs aguerris comme Ers ou Clarke, chacun donne le meilleur de lui-même pour former un ensemble d’une cohérence étonnante. Kenny Ruiz dessine les séquences intermédiaires, proposant une continuité dans le style de La Barbera & Quattrocchi, sans toutefois copier leur style. Ruiz fait indéniablement partie des véritables révélations de ces Vérités.

 

Revisite de La légende de Hamelin, récits innovants comme La malédiction de l’alchimiste, la palme d’or des histoires racontées dans cet opus revient au Devin stoïque, dessiné par le trop rare Denis Bodart, variation d’Un jour sans fin, ou de Edge of tomorrow, où il est démontré que changer le cours du destin peut être vaine tentative.

 

Avec cet album au concept original, arrivant seulement après les trois premiers épisodes de la série, Kid Toussaint génère une mythologie autour des Magic 7 qui donne une crédibilité à l’histoire et stabilise les fondations du monde magique qu’il a créé. Alors qu’après Harry Potter, on pouvait penser que le thème était devenu intouchable, le scénariste tire son épingle du jeu.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Magic 7

Tomes : 4 - Vérités

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Kid Toussaint

Dessins : Ruiz, Upchurch, Raapack, Ers, Clarke, Bodart, Evenhuis, Beroy

Couleurs : Noiry, Upchurch, Villarrubia, Ers, Hamo, Evenhuis, Cerise

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 9,90 €

ISBN : 9782800165608



Publié le 17/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 7

« - Contempler un feu qui meurt n’est jamais signe d’une grande joie.

-          Ma vie me semblait compliquée au village mais tout était si simple en fait…

-          Petits enfants, petits problèmes. Grands enfants, grands problèmes.

-          En qui peut-on avoir confiance dans la vie ?

-          En soi-même…

-          Et encore… »

 

Ralph Azham, surintendant d’Astolia, tient à nettoyer la ville des malfrats qui hantent ses rues. Mais ce n’est pas la seule mission qu’il tient à mener à bien. Il cherche également à retrouver Will, immortel agent doublequi l’espionnait dans la forteresse de Malène.

 

 

 

 

 

 

Lewis Trondheim continue à développer son monde moyen-heroic-Fantasy-âgeux avec de plus en plus de finesse et de philosophie. Empreintes d’une violence rare dans ce type de bandes-dessinées, les aventures de Ralph Azham invitent à une réflexion certaine sur le sens de la vie et celui des actions que l’on commet, sur le pouvoir et sur la religion. Au-delà de cela, la question de l’intérêt de l’immortalité et de ce que l’on en ferait est au centre des relations entre le canard au bec bleu et ses ennemis.

Avec Ralph Azham, Trondheim tient sous sa plume une grande saga au long cours, un Game of Thrones où chaque personnage est une figure ou un pion d’un échiquier avec lequel il s’amuse avec jubilation.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Ralph Azham

Tome : 9 – Un feu qui meurt

Genre : Heroïc Fantasy

Scénario & Dessins : Trondheim

Couleurs : Findlaky

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 12 €

ISBN : 9782800170343



Publié le 13/07/2017.


Source : Bd-best


L’adoption et Les beaux étés 3 : Zidrou, de voyages en cheminements, déjoue les attentes et les apparences

Sacré Zidrou, non content d’être partout (encore cet été, dans une exposition prestigieuse au Centre Belge de la Bande dessinée), il aime à viser juste. Présent dans tous les genres (manquerait plus que la science-fiction, et il aurait toutes les cordes à son arc), l’auteur attachant et sympathique s’est renouvelé, ces dernières années, dans des thèmes touchant à l’intime, plus que jamais à la vraie vie. Parmi ses récits, Les Beaux Étés et L’Adoption comptent parmi les plus réussis, les plus intemporels et les chouchous du public. Et les qualités de ces deux albums vont dans ce sens, avec de bien belles nuances.

 

 

 

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Pena chez Dargaud

 

« Au p’tit bonheur, je trace mon chemin », la chanson et l’air de Camping Sauvach sont connus (dans le Namurois, du moins) et conviennent plutôt pas mal aux parenthèses de vie(s) auxquelles nous convie Zidrou. Et nous voilà repartis sur la piste d’autres horizons, d’autres évasions. Pour la famille Faldérault, le curseur s’est arrêté en 1962 (après avoir visité les étés 73 et 69) et si les jeunes parents Pierre et Mado viennent de faire l’acquisition d’une fabuleuse Estérelle, une 4L que la sympathique famille ne compte pas épargner sur la route des vacances.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Pena chez Dargaud

 

Et comme l’heure est venue de préparer ses bagages et de prendre le large, voilà que la petite famille (Pierre, Mado mais aussi la petite Julie et bébé Nicole, « renforcés » par la présence de mamie « Yvette-la-parfaite » et papi « pauvre Henry ») se met en route pour… Saint-Étienne. Saint-Étienne « où la rue artérielle limite le décor, les cheminées d’usine hululent à la mort, la lampe du gardien rigole de mon style » comme ne le chantait pas encore Lavilliers. Bref, vous imaginez l’enthousiasme de ces cinq-là. Oui, parce que, naturellement, Yvette en tyran indécrottable a choisi la destination et impose sa loi. Et, en grenouille de bénitier qu’elle est, de clocher en restaurants avec moules mais sans frites, les vacances risquent d’être chouettes… Tu parles !

 

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Pena chez Dargaud

 

De son côté, dans l’adoption, c’est plutôt pour la formule « Il voyage en solitaire » que Gabriel a choisi. Le voilà en route pour le Pérou, combattant sa nature bourrue pour s’ouvrir à un monde dont il ne connaît rien. Dix-huit mois ont passé et Gabriel a changé. Il ne s’est jamais remis des événements qui ont à jamais chamboulé sa famille. Peut-être plus que son fils condamné à la prison. Plus aussi que son ex-belle-fille qui a coupé les ponts. Gabriel a eu du mal à s’y faire mais cette fois, il en est sûr : il est bien l' »achachi » de la petite Qinaya qu’il compte bien retrouver. Quitte à payer le prix d’un long voyage pour un homme qui n’est plus de toute première jeunesse.

 

 

 

 

© Zidrou/Monin chez Grand Angle

 

D’un côté, il y a le généreux Jordi Lafèbre. Son dessin est beau comme un soleil (rayonnant avec les couleurs de Mado Peña) et se nourrit des mots de Zidrou, réglé comme du papier à musique mais n’hésitant pas à pas jouer de toutes les notes. C’est ce qui fait la symphonie réussie des Beaux Étés depuis trois tomes et pour longtemps encore, espérons-le. De l’autre côté, dans L’Adoption, c’est toute la sensibilité d’Arno Monin qui est à l’oeuvre dans ce voyage au bout du monde mais aussi au coeur de soi. Ce gars est bourré de talent, on le sait encore plus (et on n’est pas les seuls) depuis ce diptyque fameux et couronné de succès.

 

 

 

 

© Zidrou/Monin chez Grand Angle

 

Arno Monin, on voit ses traits sous la couleur, leur expression, leurs certitudes et leurs incertitudes. Assemblés, on ne voit le résultat, pertinent et puissant, d’un vol au-dessus de Nazca au boucan d’enfer d’un taximan nerveux et un peu brouillon. Résolument, Zidrou sait choisir ses dessinateurs et cela tombe bien, ils le lui rendent bien dans ces dessins où brillent le coeur mais aussi l’âme. Dans ces planches, il y a de l’humain et de ses sentiments.

 

 

 

 

© Zidrou/Monin chez Grand Angle

 

Zidrou, tout ce qu’il touche, il le transforme en or, ou à peu près. En or, dans le sens noble du terme, celui qui éclaire un peu plus nos vies. Ainsi dans ce troisième tome des Beaux Étés comme dans cette deuxième partie de L’Adoption, le scénariste joue de rire et d’émotion.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre

 

Et s’il n’est pas facile de faire rire, il est encore moins facile de jouer des deux arcs, humoristiques et dramatiques. Dans un miracle répété d’albums en albums (cela tient donc désormais plus du savoir-faire et de la sagesse), Zidrou déjoue encore tous les pièges pour ne pas verser dans la facilité et l’émotion « sanitaire » (celle qui fait pleurer comme on pisse) et profiter de celle salutaire. Puis, ce Zidrou-là, capable de gravité autant que de légèreté, déjoue aussi toutes les attentes.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre


Ainsi nous livre-t-il une conclusion inespérée à son diptyque L’Adoption, à des galaxies de ce à quoi on pensait assister. C’est fortiche, et on ne voit pas si souvent des auteurs se dégager des liens de l’attachement à un public pour tracer leur propre voie et séduire encore plus. En suivant les destins de ces personnages sculptés dans la plasticine pour être le moins immuables possible, on se rend compte qu’on… murit et qu’on s’ouvre à d’autres réalités. Le tout dans la simplicité… ébouriffante de génie.

 

Alexis Seny

 

Titre : Les beaux étés

Tome : 3 – Mam’zelle Estérelle (1962)

Scénario : Zidrou

Dessin : Jordi Lafebre

Couleurs : Jordi Lafebre et Mado Peña

Genre : Chronique familiale, Humour, Feeling Good

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 56

Prix : 13,99€



Publié le 11/07/2017.


Source : Bd-best


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