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Les papas sont à la fête, les crayons de Nob et Delisle sont de sorties pour bricoler l’éloge du père parfait… ou pas tout à fait

Bonne fête, papa ! Voilà trois mots qu’on risque d’entendre ces prochains jours (le 10 juin en Belgique et le 17 juin chez nos voisins hexagonaux). De quoi partir à la recherche de cadeaux et se casser un peu la nénette. Un cadeau, ce n’est jamais anodin mais pas pour autant facile à dégoter. Jamais en reste, la BD vous file deux idées en compagnie de deux des plus grands représentants des papas dans le monde des p’tits miquets. Du plus (presque) parfait Dad au mauvais père. Après lecture, vous vous direz même peut-être qu’à défaut de les offrir, vous les garderiez bien. Mais ça, c’est votre problème.

 

 

 

 

 

 

 

© Nob chez Dupuis
Manuel du Dad (presque) parfait : suivez l’exemple !

 

Nob s’offre une parenthèse dans les péripéties de son héros bien ordinaire… mais pas trop. Avec ce personnage fétiche et emblématique désormais du Journal de Spirou, voilà l’égérie parfaite pour un manuel du père (presque) parfait. Sauf que si vous connaissez un peu Dad, même quand la mécanique des conseils est bien huilée, ça peut foirer !

 

 

 

 

© Nob chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : Pour Dad, ce comédien au chômage père de quatre filles aux caractères bien trempés, chaque jour renferme son lot d’aventures. Entre Pandora l’intello, Ondine la volcanique, Roxane l’espiègle et Bébérenice la petite dernière, Dad a trouvé le rôle de sa vie: s’occuper de sa famille sans rien perdre de sa propre jeunesse. De ses expériences quotidiennes, cet éternel ado a tiré de nombreux enseignements dont il nous fait désormais profiter: comment trouver le cadeau de Noël parfait, les remèdes ultra-efficaces contre les bobos de tout poil et les recettes miracles pour mettre tout le monde d’accord à table.

 

 

 

 

© Nob chez Dupuis

 

Voilà le genre d’album devant lequel on se poste un peu dubitatif dans le rayon. En général, c’est tout ou rien. Comme quand il est question d’agenda, de journal intime customisé ou que sais-je encore d’objets dérivés. Tout est bon pour remplir les caisses et en matière de réemploi, la BD n’est jamais dernière. Sauf qu’ici, on s’est planté, dans les grandes largeurs. Plutôt que de nous servir un best-of qui n’en a pas l’air (c’est ce qu’on craignait), Dad nous offre un vrai album, une sorte de hors-série, avec des gags originaux dans lesquels les préceptes de ce « Best papa of the year » qui n’a pas à chômer… du moins avec ces quatre filles ingénieusement réparties sur l’échelle allant du bébé criard à l’adolescence rebelle.

 

 

 

 

© Nob chez Dupuis

 

Et là où ses albums sont moins orientés et font feu de tout bois avec raison et talent, Nob creuse donc le sillon du tuto, si populaire sur les chaînes Youtube. Le voilà donc seul face au crayon et à la case dans des décors forcément changeants pour mieux expliquer ses idées. Enfin, seul ? Non, Bébérénice, Pandora, Ondine et Roxane n’ont pas l’intention de le laisser leur voler la vedette et amène leur pierre à un édifice un peu plus chancelant. Car tout compte fait, Dad n’est pas parfait et c’est mieux ainsi. Qui peut se vanter de l’être, d’ailleurs ? Les essais sont parfois réussis, parfois manqués, mais les imperfections nourrissent le propos… et le croustillant des situations. Car ceux qui venaient chercher une psychologie à deux balles peuvent s’en retourner, l’intérêt est avant tout le gag allié à quelques leçons de vie toutes relatives.

 

 

 

 

© Nob chez Dupuis

 

Au fil des planches au format carré, Dad avance ses pions, thématique par thématique, de ses dix commandements aux joies du repas en passant par Culture et loisirs en passant par les incontournables langage et communication. Tout un programme dans lequel Dad, ce François Pignon en puissance, se débat et s’égosille plutôt que d’imposer sa loi. Avec ce côté humble qui consiste en cette juxtaposition de sa vision des choses avec celle de ses gamines. Et forcément, ça ne coïncide pas. Bien sûr, ce sont des images et des réflexes qu’ont popularisés les réseaux sociaux et leurs images virales. Et, justement, Nob possède l’originalité de son trait et la personnalité de son propos. Si les situations ont toutes été vécues un jour ou l’autre par un parent (célibataire ou pas), le dessinateur apporte le petit plus qui rend la lecture chouette et souriante, vachement conseillée, qu’on soit papa ou même pas. En bonus, Nob a même composé une chanson, avec des airs de Renaud, La complainte du papa fatigué. Un hymne qui monte en puissance et qui sera peut-être bientôt tube de l’été. Allez, ne fût-ce que berceuse de l’été.

 

 

 

 

© Nob chez Dupuis

 

 

 

Alexis Seny

 

Série: Dad

Hors-série

Titre: Manuel du Dad (presque) parfait

Scénario et dessin: Nob

Couleurs : Nob aidé par Laurence

Genre: Humour, Gag, Famille

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 72

Prix: 10,95€



Publié le 11/06/2018.


Source : Bd-best


Bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao. 40 éléphants 2 – Maggie, passe-muraille

 

« - Donc tes hommes se font prendre et ce serait à cause de mes filles ?
-    On pourrait nous aussi se mettre à vous balancer, mais ce serait bon pour les affaires de personne.
-    Ah, mon cher Art Stocker, il faudrait que tu t’écoutes parler. Que pourrais-tu balancer sur mes filles ? Vous ne savez rien. Si vous vous faites prendre, c’est parce que vous êtes stupides. Si vos opérations arrivent aux oreilles de la police, c’est uniquement parce que vous vous en vantez. Je pensais que cette rencontre avait pour but de départager nos territoires, une bonne fois pour toutes. Je constate avec désespoir qu’il ne s’agissait que de nous faire porter le chapeau pour l’incompétence de tes quarante voleurs.
-    C’est vrai. Il faut remettre à plat nos zones d’influence. Je te propose de nous voir à ce sujet après le bal de la Saint-Valentin d’Iris. Mais en attendant, je te mets en garde : il y a une salle petite cafteuse parmi tes filles. »

 

1920 : Alice et Art sont à la tête de deux groupes de bandits. Londres est assez grande pour quatre-vingt truands. Mais la cohabitation entre quarante voleurs et quarante éléphants n’est pas un long fleuve tranquille. La guerre des gangs fait rage et quand une taupe de la police s’intègre dans l’un des clans, cela fait l’effet d’un strike dans une partie de bowling. Florrie Doigts de fée marche sur des braises pendant que Maggie Passe-Muraille met à sac les riches villas londoniennes au nez et à la barbe des bobbies.

 

 

 

 

 

 

© Toussaint, Augustin, Hubert - Bamboo

 

 

 

Kid Toussaint livre un scenario digne de Boardwalk Empire. Les personnages ne font pas dans les sentiments. Chacun voit midi à sa porte et tout est bon pour arriver à ses fins. Le scénariste rend hommage aux grands films mafieux des années 50 ainsi qu’aux films muets les ayant précédés. Usant d’une narration très cinématographique, Toussaint intègre des panneaux façon Histoires sans paroles (Entracte, Pendant ce temps… ), insistant ainsi sur l’époque dans laquelle nous fait voyager le récit.

 

 

 

© Toussaint, Augustin, Hubert - Bamboo

 

 

Avec un graphisme de la même famille que celui de Cyril Pedrosa, Virginie Augustin déploie son découpage dans un style qui lui est propre. Sa marque de fabrique consiste, sans en abuser, à utiliser des cases rondes pour casser la rigidité de planches aux cases rectangulaires, permettant ainsi de faire le focus sur une action ou un dialogue à mettre en évidence.
Donnant à Iris quasiment la même tenue que Yamilah, la voyante des Sept boules de cristal, la dessinatrice rend un bel hommage au fondateur de la bande dessinée contemporaine.

 

 

 

© Toussaint, Augustin, Hubert - Bamboo

 

 

 

 

Alternant les scènes publiques et les larcins discrets, Hubert tranche les tons chauds de foules en réception avec des bleus noirs pour les cambriolages de Maggie. Et quand la gamine se met à siffloter gaiement avec ses camarades pendant l’un de ces vols, on se trouve transporté en pleine Casa de papel.

Le cortège des 40 éléphants n’a pas fini sa marche.


Laurent Lafourcade


Série : 40 éléphants


Tome : 2 – Maggie, passe-muraille


Collection :  Grand angle


Genre : Aventure historique


Scénario : Kid Toussaint


Dessins : Augustin


Couleurs : Hubert


Éditeur : Bamboo


Nombre de pages : 56


Prix : 14,90 €


ISBN : 978281894502



Publié le 08/06/2018.


Source : Bd-best


 

 

« - Dois-je te rappeler que notre 4 L est prévue que pour six places ?

 
- J’ai pris un billet en train couchette pour ton fiancé. Nous irons le chercher à la gare de Périgueux. Voilà tout.

 
-    Je vous préviens : si Jean-Manu ne fait pas le trajet en voiture avec nous, je me suicide.

 
-    Cela ne fera jamais que la dix-septième fois en un mois »

 

 

 

 

Il y a dans la vie des événements qui lorsqu’ils reviennent dans l’actualité entraînent leurs lot de souvenirs tout en communiquant à tous un sentiment de bonne humeur. C’est le cas pour la série « Les beaux étés » qui nous transporte aux côtés de la famille Faldérault dans une douce nostalgie provoquant chez moi un flashback vers mon enfance. Pour ce quatrième épisode, le scénariste remonte le temps jusqu’à l’année 1980. C’était le temps des premiers succès de Lio avec notamment « le banana split », une chanson clin d’œil à double sens qui était sur toutes les lèvres. C’est l’année où la famille complète va prendre ses vacances dans une villa toute neuve, clé sur porte, dont Pierre est récemment devenu copropriétaire à Montpazier en Provence. 

 

 

 

 

 

 

© Zidrou – Lafèbre  – Dargaud.

 

 

 

 

 

C’est l’année de l’ouverture des Jeux Olympiques de Moscou boycottés par 56 pays dont la Chine et les États-Unis. Les enfants ont grandi, Nicole emmène son petit ami et c’est Julie qui prend le volant de Mam’Zelle Estered. C’est aussi l’année de la disparition de Joe Dassin, l’interprète de « l’été indien ». Tout semble fonctionner dans le meilleur des mondes sauf que lorsqu’ils arrivent à destination, quelques éléments sont manquants à la villa de leurs rêves. Victime d’une escroquerie, notre petite famille va rester sur place improvisant le camping à la belle étoile dans la joie et la bonne humeur. Malgré ce contretemps, les vacances de la famille vont pendre un gout de liberté, marquant les mémoires de chacun d’entre eux.

 

 

 

© Zidrou – Lafèbre  – Dargaud.

 

 

J’aime cette BD, tout est fait pour nous sortir de la grisaille de notre société actuelle. Dialogues, dessins et couleurs parviennent à me rendre le sourire. Il n’y a rien de surfait, c’est rempli de simplicité, de candeur, de douceur, de gentillesse et de bienveillance. Comme pour les tomes précédents, la recette fonctionne à merveille.  En attente du prochain tome prévu en novembre 2018 juste avant les vacances d’hiver !  

 

Haubruge Alain.



Titre : Le repos du guerrier.


Série : Les beaux étés.


Tome : 4


Editeur : Dargaud.


Genre : Aventure.


Scénario : Zidrou.


Dessin : Jordi Lafèbre.


Couleur : Jordi Lafèbre.


Nombre de pages : 56.


Prix : 13,99 €.


ISBN : 9782505070559



Publié le 08/06/2018.


Source : Bd-best


Chez Benjamin Lacombe, les Curiosities sont tout sauf un vilain défaut : un art book incontournable, obscur et flamboyant

Benjamin Lacombe est de retour. Cette fois pas d’histoire originale, ni de réinterprétation de grands classiques ; juste du Lacombe sur près de 300 pages. On en rêvait, il est là, le premier artbook de ce dessinateur de grand talent qui nous emmène aux confins de son univers si riche et addictif. Un voyage intense, un bain de jouvence visuel qui de couleurs vives en mélancolie nous reconnecte à un émerveillement d’une rare pureté.



Curiosities, c’est plus qu’un beau livre lambda destiné à faire joli dans une bibliothèque. Il ne suffit que de l’ouvrir pour que la magie opère et nous happe dans l’univers si merveilleusement onirique de Benjamin Lacombe. L’obsession passionnelle de l’auteur se dévoile au fil des pages, lui qui dessine sans relâche ne pouvant s’empêcher de noircir tout ce qui lui tombe sous la main ; un ticket de métro, une nappe de brasserie, une addition. C’est sans doute ainsi, en travaillant encore et toujours, qu’il est parvenu à déployer son univers, si riche que ses frontières ne cessent de s’étirer au loin, si puissant qu’il est capable de connecter instantanément à cet enfant que nous étions autrefois.

 

 

Ondine - Benjamin Lacombe

 

 

Ondine - Benjamin Lacombe
Ondine (Ed. Albin Michel), gouache et huile sur papier, 2012

 

Ainsi nous voyageons aux confins de l’univers de Lacombe, depuis sa genèse avec Cerise Griotte (Ed. du Seuil) à sa seconde exposition solo « Memories ». Puis nous rentrons dans un volet essentiel à son oeuvre : les contes. Une source d’inspiration inépuisable, comme il le dit lui-même. Ces contes, il les a explorés et transcendés à plusieurs reprises. Au travers de son inoubliable diptyque d’Alice au Pays des Merveilles, qui effrayait autant qu’elle fascinait, mais aussi en recréant sa Blanche Neige et son Ondine, toujours avec la douce mélancolie qu’on lui connaît.

 

 

Blanche Neige - Benjamin Lacombe

 

 

Blanche Neige - Benjamin Lacombe
Blanche-Neige (Ed. Milan), gouache et huile sur papier, 2010

 

S’ouvre alors un chapitre important, celui de la nature qui a toujours eu une place de choix au centre du travail de Benjamin Lacombe, que ce soit dans les couronnes fleuries de Frida Kahlo, dans son magnifique Herbier des fées, ou dans ses plongées au cœur du monde animal avec ses Destins de Chiens et Facéties de Chats.
Herbier des Fées - Benjamin Lacombe
Oeilletereine, image extraite de l’Herbier des Fées (Ed. Albin Michel), gouache et huile sur papier, 2011

 

 

Herbier des Fées - Benjamin Lacombe

 

 

© Benjamin Lacombe aux Éditions Maghen

 



Biberonné aux dessins animés japonais, Benjamin Lacombe ne pouvait manquer de dédier un chapitre de ses curiosities à l’Asie. Et ce n’est que pur plaisir pour celui qui s’immerge dans ces dessins sombres hantés par des geishas au teint pâle et aux yeux vitreux, enveloppées dans des nuées de papillons.
Madame Butterfly - Benjamin Lacombe

 

 

Madame Butterfly - Benjamin Lacombe

 

 

Le Parfum de Butterfly, gouache et huile sur papier, 2011

 

Vint alors la partie du voyage la plus sombre, à la rencontre des ombres qui peuplent ses dessins. Son travail a souvent été qualifié de sombre, voire de gothique, allant à contre-courant de ce que l’on pouvait voir dans les illustrations du secteur jeunesse. Mais, l’oeuvre de Lacombe ne doit pas se résumer qu’à cela ! Le dessinateur utilise les ombres de manière judicieuse, pour faire briller la lumière. Comme disait Victor Hugo : « Ne confondez pas le sombre avec l’obscur. L’obscur accepte l’idée de bonheur ; le sombre accepte l’idée de grandeur ».

 

 

Notre-Dame de Paris - Benjamin Lacombe

 

 

Notre-Dame de Paris - Benjamin Lacombe
Notre-Dame de Paris (Ed. Soleil), gouache et huile sur papier, 2012

 

C’est l’Histoire qui se dévoile ensuite, révélant une autre passion du dessinateur. À l’école, c’était sa matière préférée, depuis cette curiosité l’habite toujours. L’histoire, Benjamin Lacombe la réinvente elle aussi, l’entraînant dans son monde pour la métamorphoser, à l’image de sa merveilleuse Marie-Antoinette et de sa légendaire Frida Kahlo.

 

 

Antoinette - Benjamin Lacombe

 

 

Antoinette - Benjamin Lacombe
Le Théâtre d’Antoinette, détail d’une image extraite de Marie-Antoinette (Ed. Soleil), gouache et huile sur papier, 2014

 

En épilogue à ce magistrale voyage pictural, Benjamin Lacombe se devait de pousser les portes de cet étrange qui l’a toujours fasciné. Je pense et je constate que chacun s’est un jour ou l’autre senti différent, pas à sa place, rejeté. Nous sommes tous l’étranger, le différent d’un autre. Naître, c’est déjà être différent. Sans différence, nulle harmonie, conclut-il avec sagesse.
Jack et la Mécanique des Coeurs - Benjamin Lacombe.jpg

 

 

Jack et la Mécanique des Coeurs - Benjamin Lacombe.jpg

 

 

Image de couverture du livre « la Mécanique du Cœur » de Mathias Malzieu, gouache et huile sur papier, 2010

 

 

 

 

Frida - Benjamin Lacombe

 

 

Frida - Benjamin Lacombe
Frida (Ed. Albin Michel), gouache et huile sur papier, 2016

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Curiosities

Préface de Sébastien Perez et Françoise Mateu, directrice éditoriale au Seuil Jeunesse

Dessin et couleurs : Benjamin Lacombe (Page Facebook)

Genre: Artbook

Éditeur: Daniel Maghen

Nbre de pages: 304

Prix: 35 €



Publié le 08/06/2018.


Source : Bd-best


La guerre des Lulus.  La perspective Luigi T.1  Un air de Suisse à Berlin !

 

 

« Ludwig avait appris que les Allemands envoyaient en Suisse tous les Français qui étaient trop vieux ou trop jeunes ou trop mal foutus pour travailler. Ils ne voulaient pas s’encombrer de bouches inutiles. On a donc décidé de rejoindre le convoi des rapatriés mais comme Lucien et moi on était déjà assez grands pour être réquisitionné dans un bataillon de travailleurs, il a fallu qu’on se fasse discrets. Le problème, c’est que l’on s’est gouré de train. »

 

 

 

 

 

 

Que d’eau a coulé sous les ponts depuis le 19 janvier 2013, date de parution officielle du premier album « la guerre des Lulus » intitulé « la maison des enfants perdus » scénarisé par Régis Hautière et illustré par Hardoc.  Le 15 novembre 2017 marquait officiellement la fin des aventures des petits Lulus. Cette guerre de 14-18 racontée par des enfants ayant en commun d’être orphelins et d’avoir la première particule de leurs prénoms commençant par « Lu ». Ces derniers se trouvant aussi seuls, livrés à eux-mêmes, après l’évacuation de leur orphelinat. En cours d’aventure, ils vont faire la connaissance de Luce, une petite réfugiée belge, accompagnée de son chat, égarée par ses parents lors de leur fuite face aux Allemands. Très vite, les besoins vitaux vont ressurgir (nourriture et logement).

 

 

 

 

 

 

© Hautière – Cuvillier – Casterman.

 

 

 

 

 

Que de tristesse lorsque cinq albums plus tard, la paire  Hautière – Hardoc dépose les crayons annonçant le mot fin. Heureusement, un spin off à la série est né, nous racontant les aventures et péripéties de notre petite équipe lors de l’année 1916, lorsque ceux-ci pensant prendre un train en direction de la Suisse se sont malencontreusement retrouvés à Berlin. On retrouve le même scénariste auquel on a adjoint  Damien Cuvillier, un dessinateur ayant déjà traité précédemment un sujet plus ou moins semblable dans un diptyque paru aux Éditions Bamboo - Grand Angle «  Les souliers rouges ». Cette nouvelle collaboration garde l’esprit et le graphisme originel de la série, conservant son vocabulaire enfantin face à la dureté de la guerre.  

 

 

 

 

© Hautière – Cuvillier – Casterman.

 

 

 

 

Printemps 1916, nos Lulus tentant de rejoindre la Suisse vont prendre le mauvais train. Arrivé à Berlin, capitale du Reich, ils vont devoir apprendre à survivre dans une ville étrangère meurtrie par la famine. Très vite, ils rencontrent une bande de gosses des rues, tout en gardant bien de cacher leur véritable nationalité. En plein cœur du territoire ennemi, ils vont être confrontés à de nouveaux dangers, poursuivis par la police voire tombant captifs dans les griffes d’autres bandes.  En résumé, un très bon album, bien structuré, destiné à un public âgé de 7 à 77 ans.

 

Haubruge Alain



Titre : 1916 La perspective Luigi.


Tome : 1


Série : La guerre des Lulus.


Editeur : Casterman.


Genre : Aventure.


Scénario : Régis Hautière.


Dessin : Damien Cuvillier.


Couleur : David François.


Nombre de pages : 64.


Prix : 13,95 €.


ISBN : 9782203136847



Publié le 08/06/2018.


Source : Bd-best


Dans un Hollywood qui faisait encore rêver, Ferdjoukh et Pitz font la lumière sur la bobine oubliée de ce cher Alfred

Le mercredi, c’est jour des sorties cinéma, et dans la rubrique « c’est presque du cinéma », au rayon BD, Malika Ferdjoukh et Nicolas Pitz ont exhumé un chef-d’oeuvre oublié, fantôme même, resté dans l’ombre d’Hitchcock : son film-testament « Mary Rose ». Un film sortant des films à sueurs froides et à psychose que le maître du suspense avait pris l’habitude de faire. Raison pour laquelle les studios ne se mouillèrent pas pour le produire et Hitchcock n’eut d’autre solution que de le produire de sa poche et dans le plus grand secret. Enfin, secret, aujourd’hui rompu par le téméraire Harry qui, entre fiction et réalité, grand écran et petites cases, nous infiltre dans ce milieu qui faisait encore rêver, à l’époque. Et Rue de Sèvres continue de porter en cases, avec brio, certaines belles pièces de l’École des Loisirs, sa maison soeur.

 

 

 

 

 

 

 

© Ferdjoukh/Pitz chez Rue de Sèvres

 

Résumé de l’éditeur : Harry Bonnet, 16 ans, fils d’un cuistot montmartrois, est fou de cinéma. Comment s’est-il retrouvé à Hollywood ? C’est simple. Il lui aura suffi d’une gifle, d’une caille rôtie et d’une assiette de pommes de terre pour traverser l’Atlantique et atterrir sur la colline mythique. L’Amérique ! Des stars à tous les coins de rue ! Une nuit, il s’introduit en catimini sur le plateau n° 17, remplace au pied levé un second rôle souffrant et… tombe nez à nez avec Alfred Hitchcock. Le metteur en scène le plus célèbre du monde commence le tournage d’une pièce de J. M. Barrie, Marie Rose. C’est un secret absolu. Le film porte un faux titre et Hitchcock lui-même a pris un nom de code. Mais pourquoi diable Harry a-t-il voulu voir les premières minutes du film fantôme ? Pourquoi a-t-il désobéi au maître du suspense ?

 

 

 

 

© Ferdjoukh/Pitz chez Rue de Sèvres

 

C’est dans son ombre si reconnaissable qu’Hitchcock a fondé sa légende et mûri ses secrets de fabrications mais aussi les secrets d’un pan de l’Histoire cinéphile. Certains restent encore opaques et bien mystérieux. Comme cette arlésienne jamais concrétisée qu’est Mary Rose, une pièce de J.M. Barrie (oui, oui, le papa de Peter Pan !) dont Alfred Hitchcock était tombé irrémédiablement amoureux au point de vouloir la porter des planches à la caméra, à différents moments de sa carrière.

 

 

 

 

© Ferdjoukh/Pitz chez Rue de Sèvres

 

Cette pièce, à des lieues de ce que ce cher Alfred a pu porter sur grand écran, c’est l’histoire fictive de Mary Rose, une fille qui, par deux fois séparées par de nombreuses années, disparaîtra de manière inexpliquée sur une île écossaise. Deux disparitions d’autant plus mystérieuses que la malheureuse sera frappée d’amnésie, incapable de se souvenir de ce qui lui est arrivé durant cette « évaporation ».
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labobinedalfred2

 

 

© Ferdjoukh/Pitz chez Rue de Sèvres

 

Qu’on s’entende, Malika Ferdjoukh et Nicolas Pitz ne vont pas solutionner cette pièce (découvrez-la, elle vaut le coup, dixit Alfred) et nous embarquent dans une ambiance moins écossaises qu’hollywoodienne : ils ont retrouvé le dernier chef-d’oeuvre du Maître du Suspense, celui que personne n’a vu, qui danse avec les fantômes des œuvres oubliées, restées confidentielles ou tout simplement non-terminées. Mais, ce Mary Rose version filmée, vous ne pouviez mal de le trouver, tourné à la nuit tombée et, ensuite, rangé sous une fausse étiquette.

 

 

 

 

© Ferdjoukh/Pitz chez Rue de Sèvres

 

C’était sans compter le mini-inspecteur Harry qu’a imaginé Malika Ferdjoukh en roman et désormais en BD, auquel Nicolas Pitz donne un corps et une frimousse téméraire. Harry a 16 ans, porté par le vent américain de tous les possibles, le permis en poche et la jeunesse qui parle pour lui et toutes les aventures qui s’offrent à lui. Et dans celles-ci, il n’est pas dit qu’il va obéir docilement à son père qui semble lui cacher la vérité. Chef cuisinier pour une actrice du cinéma muet devenu parlant pour mieux la mettre dans une retraite confortable, le père d’Harry s’éclipse tous les soirs pour une mission dont il ne peut rien dire et, du coup, ça va intriguer notre petit héros qui va vite s’apercevoir que son enquête le mène dans l’obscurité d’un plateau de tournage quasi-clandestin mais illuminé par la présence de son chef d’orchestre mythique : Sir Alfred Hitchcock… en compagnie de l’intransigeante Alma. Les remontrances font vite place à une expérience inoubliable : Harry va devenir figurant, par la force des choses… et, par la tournure de celles-ci, acteur de la sauvegarde de cette ultime oeuvre. Car les vautours et les corbeaux rodent autour de ce trésor sur pellicule qui peut sans aucun doute rapporter une fortune s’il tombe dans les mauvaises mains.

 

 

 

 

© Ferdjoukh/Pitz chez Rue de Sèvres

 

Retrouvant la grandeur éblouissante d’un Hollywood qui n’avait pas encore perdu toutes ses paillettes mais dont les lettres reconnaissables étaient déjà dans un sale état, le duo nous entraîne dans un voyage très agréable au pays de quelques légendes. S’évadant du script de la réalité, c’est sur les chemins trépidants de la fiction que le cinéma explose le décor pour se confondre avec les faits avérés (le couple Alfred-Alma, l’authenticité d’un cinéma encore fait-main). Les méchants n’ont peur de rien et Harry encore moins dans ce qui sera une course-poursuite généreuse et sans cascadeur. Nicolas Pitz, de son style très accrocheur et raffiné, trouve une ambiance et une reconstitution intactes. Et ce n’est pas du cinéma, c’est de la BD… bien dirigée.

 

 

 

 

© Ferdjoukh/Pitz chez Rue de Sèvres

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : La bobine d’Alfred

Récit complet

D’après le roman de Malika Ferdjoukh et une histoire de Gérard Goldman

Scénario : Malika Ferdjoukh

Dessin et couleurs : Nicolas Pitz

Genre: Polar

Éditeur: Rue de Sèvres

Nbre de pages: 100

Prix: 14€



Publié le 07/06/2018.


Source : Bd-best


Couples sortez de votre quotidien chiant à mourir…  Moins qu’hier (plus que demain)

 

 

            « - Mmm, il est délicieux ton café, ma chérie… Quel bonheur de le boire face à toi au petit matin… J’aime tant ton visage au réveil, pas coiffée et pas maquillée, c’est merveilleux…

-          Bernard, en fait t’es chiant… Tu es toujours positif, toujours content de tout… En fait, je réalise que je m’emmerde avec toi…

-          Tu vois, ça j’adore chez nous, le fait qu’on se dise tout… Je trouve ça formidable… »

 

 

 

Anne et Grégoire, Flore et Jérémy, Géraldine et Fabien, Agathe et Bernard,…  Les couples diffèrent mais les anecdotes sont de celles qu’il arrive à tous. L’homme et la femme ont chacun leurs défauts et leurs qualités, leurs travers et leurs spécificités. Et ça fait rire, parce que Grégoire, Jérémy ou Bernard, c’est aussi Alain, Bruno ou Laurent, Anne, Flore ou Agathe, c’est aussi Jacqueline, Sophie ou Virginie. Ces gens-là, ce sont eux, ce sont vous, ce sont nous.

Les hommes sont-ils tous machos et les femmes toutes féministes ? Cela forme-t-il des couples compatibles ? Des fois, ça arrange bien les uns ou les autres d’être catégorisés. Un voyageur parle un peu trop fort dans le train ? Madame va envoyer Monsieur régler l’affaire.

 

 

 

 

 

 

© Fabcaro - Glénat

 

 

 

 

            Le quotidien, passionnant pour les uns, peut s’avérer ennuyeux pour les autres. Partager le ciné, la forêt, la cuisine main dans la main, c’est s’emmerder pour certains. Une excuse mal à propos pour une invitation à dîner que l’on n’a pas envie d’honorer, et c’est le ridicule assuré.

            Entre beaux-parents et enfants, entre potes et prêtre, les quiproquos engendrés sur la vie du couple sont légion.

 

 

 

 

© Fabcaro - Glénat

 

 

 

 

            Avec Jean-Louis et Moins qu’hier (plus que demain), Fabcaro fait un doublé d’entrée dans la collection Glénaaarg ! Le premier est une réédition, le second une nouveauté. On mesure ainsi les progrès faits par l’auteur. Le premier est rigolo, le second est hilarant. Dans le premier, le graphisme rondouillard faisait partie intégrante du comique des situations. Dans le second, le trait réaliste évasif tranche avec les dialogues caustiques et cocasses, mais aussi réalistes.

 

            Moins qu’hier (plus que demain) est un livre de société qui déclare les couples unis par les liens d’un mariage précaire et conflictuel…ou pas.

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Moins qu’hier (plus que demain)

Genre : Humour couplé

Collection : Glénaaarg !

Scénario, Dessins & Couleurs : Fabcaro

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 64

Prix : 12,75 €

ISBN : 9782344025796



Publié le 07/06/2018.


Source : Bd-best


Morrison et ses ouailles, outlaws du Grand Ouest, verront-ils cette maison bleue adossée à la colline ?

Le braquage était parfait, la fuite, elle, va être longue et périlleuse. Avec leurs uniformes datant d’une guerre de sécession finie depuis longtemps, quoique toujours dans les mémoires, la bande de Morrison n’a en effet pas course gagnée et les embûches vont se succéder du désert à la ville, San Francisco se lève dans le bruit des guns !


 

 

 

 

 

 

 

© Seiter/Brecht aux Éditions du Long Bec

 

Résumé de l’éditeur : Après avoir attaqué un train et volé 350 000 dollars, les outlaws fuient vers l’Ouest avec une bande d’Apaches et une compagnie du 7e de cavalerie aux trousses. Les accrochages et les morts se succèdent à un rythme soutenu et des tensions apparaissent au sein du groupe de fugitifs. Morrison et ses acolytes ont peut-être récupéré beaucoup d’argent, mais, au bout du compte, combien seront-ils à pouvoir en profiter ?…

 

 

 

 

© Seiter/Brecht

 

Les westerns se suivent et ne se ressemblent pas sur les planches de BD, signe que le genre désavoué selon les périodes et les modes est loin d’avoir dit son dernier mot. Et Roger Seiter et Daniel Brecht en ont d’ailleurs plusieurs à dire. S’il est vrai qu’on a vu bien des courses-poursuites (au rythme de Tornado plus que des Fast and Furious) et des chasses-à l’homme dans bien des décors, c’est justement le décor choisi par les deux auteurs qui n’est pas banal. Et les autochtones qui y sont passés.

 

 

 

 

© Seiter/Brecht aux Éditions du Long Bec

 

C’est au forceps que le convoi doit avancer et… s’ébranler. En effet, l’entente n’est plus vraiment au beau fixe entre les quinze survivants. L’appât d’un gain jamais trop grand pour un seul homme (or ils sont encore nombreux à devoir se partager les 300 000 dollars) et les tensions inhérentes à une communauté sous pression, encore plus quand elle est formée par une horde de brigands.

 

 

 

 

© Seiter/Brecht aux Éditions du Long Bec

 

Alors, c’est vrai, il faut aller vite mais le duo Seiter-Brecht ne se précipite pas – d’où l’intérêt de deux tomes de 54 planches – et permet aux lecteurs de s’imprégner de ce désert caliente et ébouillantant. Brecht burine les visages, martyrise leur témérité tandis que les mines des outsiders s’aiguisent, muées par l’envie d’en finir avec ces gangsters de l’Ouest qui ont semé la pagaille et la mort dans ces contrées qui pourraient être calmes (c’est d’ailleurs pour ça que les coups de feu, comme des coups de tonnerre, s’entendent à des miles à la ronde). Les vautours rodent désormais et il ne restera pas beaucoup d’humains pour profiter du magot… s’il en reste. La maîtrise règne et fait sa loi au milieu des hors-la-loi et Seiter et Brecht (dont le trait renoue avec une certaine conception « Giraudienne » du western ont plus que réussi à nous embarquer dans cette cavale infernale.

 

 

 

 

© Seiter/Brecht aux Éditions du Long Bec

 

Tellement infernale que certains se sont dit que cela valait la peine de vous la mettre un peu plus dans les oreilles. Courant 2019, en plus d’une intégrale de vachement bon diptyque, L’or de Morrison devrait connaître une version numérique augmentée et sonore. Le samedi 21 avril, les éditions du long bec et Audio Picture ont participé au premier hackathon du livre numérique, organisé à Strasbourg, et l’ont remporté grâce à cette proposition de BD sonore enrichie. Ainsi, des comédiens joueront les personnages dans une mise en scène sonore. L’interaction avec l’auditeur/utilisateur se fera grâce à un système de notification lors de l’écoute. Lorsque l’histoire comporte une scène en parallèle de la scène écoutée, l’appareil vibre et l’histoire continue quand l’auditeur/utilisateur déverrouille la notification pour regarder la scène annexe. Le challenge sera de ne pas perturber l’écoute avec le visuel. Bref, enfilez votre plus belle tenue d’outlaw et préparez vos oreilles, ça va faire du bruit.

 

 

 

 

© Seiter/Brecht aux Éditions du Long Bec

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : L’or de Morrison

Tome : 2/2

Scénario : Roger Seiter

Dessin et couleurs : Daniel Brecht

Genre : Western

Éditeur : Éditions du Long Bec

Nbre de pages : 54 ( + dossier de huit pages)

Prix : 16,50€



Publié le 06/06/2018.


Source : Bd-best


Gisèle et Béatrice … Conte érotique mixant satire sociale et humour caustique.

«  - Et enfin avec moi, vous êtes froide et distante.


- Que voulez-vous dire ?


- Vous m’avez très bien compris…J’adore vos seins !


- Ça c’est du harcèlement sexuel !! Arrêtez !!


- Harcèlement sexuel Mon dieu … comme vous y aller.


- Si vous continuez, j’entame une procédure »

 

 



Réédition réalisée par les Éditions Dupuis dans la collection « Air Libre » de l’album « Gisèle et Béatrice » scénarisé et dessiné par Benoît Feroumont paru en septembre 2013, devenu introuvable au fil des mois passés. L’auteur nous délivre un conte érotique totalement décalé sous forme de satire sociale, mixant scènes coquines avec les sentiments vrais, le tout traité avec un humour hyper caustique. On y découvre la vie de Béatrice, une femme sous payée pour ses compétences professionnelles et harcelée par son patron.

 

 

 

 

 

 

© Feroumont – Air libre – Dupuis.

 

 

 

Bien décidée à se venger de ce dernier, elle l’invite et en profite pour l’ensorceler en « le » transformant en femme de ménage venant de l’est « Gisèle ». Son patron ayant disparu de la sphère du travail, elle en profite pour prendre en main sa société. Côté privé, elle fait subir à ce dernier  « Gisèle » l’ensemble des humiliations machistes réservées à la gent féminine. Pas de démonstration pornographique mais plutôt une réflexion sur la place globale de chacun d’entre nous  dans la société.

 

 

 

 

© Feroumont – Air libre – Dupuis.

 

 

En résumé, une histoire troublante et émouvante alliant sensualité, humour et propos engagé, se laissant déguster jusqu’au bout, destinée à un public averti.

Haubruge Alain


Titre : Gisèle et Béatrice


Genre : Fantastique – ésotérique – Roman graphique.


Éditeur : Dupuis


Collection : Air Libre


Scénario : Benoît Feroumont


Dessins : Benoît Feroumont


Nombre de pages : 128


Prix : 16,50 €


ISBN : 9791034730339



Publié le 06/06/2018.


Source : Bd-best


L’humour des frères Cohen et la violence de Tarantino réunis car… Il faut flinguer Ramirez – Acte 1

    « - Reprenons. Vous disiez qu’il avait été embauché à la Robotop en Avril 81… C’est exact ?

 
-    Tout à fait. C’était un lundi si ma mémoire est bonne.

 
-    Parlez-moi de lui. Avait-il des comportements suspects, à l’époque ?

 
-    Des… Des comportements suspects ?! Nooon ! Jamais de la vie ! Jacques a toujours été discret, et sans histoire ! Les autres ont déjà dû vous le dire ! Je ne comprends pas pourquoi tout le monde s’acharne sur lui ! Je ne comprends pas ce qu’on lui reproche. Jacques est innocent. Comment pouvez-vous insinuer qu’il serait responsable des événements de ce matin ?! C’est fou !

 
-    On aurait bien quelques raisons d’en douter, Monsieur Jackson ! Votre collègue nous laisse un certain nombre de cadavres sur les bras. »

 

 

 

 

 

 

Salle d’interrogatoire de Falcon City, Arizona, Octobre 1987. Il y a eu un gros problème à l’entreprise d’aspirateurs Robotop. Un certain Jacques Ramirez est recherché. Ses collègues sont abasourdis. Qui se cache derrière ce monsieur si tranquille ? Personne ne répare un aspirateur comme lui.

    Muet comme une tombe, l’homme terrifie les plus féroces truands qui le reconnaissent. Avec sa tâche recouvrant le milieu de son visage et ses moustaches bien garnies, Madre de dios, gare aux règlements de comptes.
    Doux comme un agneau, considéré comme un traître par la pègre locale, ce ne sont pas deux ou trois gars qui réussiront à le ramener au parrain.
    Blanc comme neige, que cache le passé de ce modeste employé ?

 

 

 

 

 

 

© Petrimaux - Glénat

 

 

 

    C’est un jeu du chat et de la souris qui se déroule sous nos yeux entre ce bon Ramirez, des tueurs impitoyables et des policiers abasourdis, le tout perturbé par la chevauchée diabolique de Chelsea Tyler et Dakota Smith, qui se la jouent Thelma et Louise.

    Le scénario haletant, déjanté, drôle et cruel ne laisse pas place aux longueurs. Aussi passionnant qu’une bonne série télévisée moderne au charme vintage, le concept est poussé jusqu’aux intermèdes publicitaires. L’humour des frères Cohen est lié à la violence de Tarantino pour une histoire sans faille.

    Graphiquement, il n’y a quasiment rien à reprocher au dessin de Nicolas Petrimaux si ce n’est quelques attitudes ou visages un peu verts en début d’album, mais c’est vraiment pour avoir quelque chose à dire tant cet album conceptualisé est une réussite. Du chapitrage au générique de fin en passant par l’intégration des noms de lieux aux décors dans un effet relief, l’auteur profite de l’avantage que donne la BD par rapport au cinéma et s’en amuse : être seul aux commandes d’un blockbuster qui demanderait 500 ou 1000 personnes pour le grand écran.

 

 

 

 

 

© Petrimaux - Glénat

 

 

    La mise en couleur est exemplaire, d’une maîtrise impressionnante. Les planches peuvent se regarder comme des compositions codifiées où les tons font partie intégrante du découpage.

    Cette chasse au Ramirez n’a pas fini de faire parler d’elle, introduisant l’album dans le top ten des meilleures parutions du semestre. Comme le Vacuumizer 2000 qui est plus qu’un aspirateur, l’album est une révolution pour vous et votre salon… euh… bibliothèque.


Laurent Lafourcade


Série : Il faut flinguer Ramirez


Titre : Acte 1


Genre : Polar


Scénario, Dessins & Couleurs : Petrimaux


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 144


Prix : 19,95 €


ISBN : 9782344011881



Publié le 06/06/2018.


Source : Bd-best


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