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Information générale concernant le monde de la BD
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Le lever de soleil de la pleine conscience dans une méditation politiquement incorrecte.  Sri-Raoul le petit yogi

 

« - Oooh putain !

- La télé ! Il a pété la télé !!!

- Un pas de plus vers la conscience… Rien ne peut me détourner de mon chemin…

- Mais t’es pas un peu malade !?

- Bon… C’est quoi ce bordel ?

- C’est Raoul ! Il a explosé la télé…

- Ces crétins prétendaient me détourner de la voie… Comme si le braiment de l’âne pouvait surpasser le cristal mélodieux qui berce l’esprit éveillé !! »

 

 

 

 

Quand on joue gentiment à « Death Mekong Ultra Holocaust fighter » et qu’on a pour frère Raoul, il faut s’attendre à se faire salement niquer par sa conscience yogique. Le dernier de la famille se prend pour un bouddhiste depuis qu’il a vu Little Bouddha. Flanqué de Lucien, son ours en peluche qui ne le quitte jamais, le « chercheur intégral » fait régner la conscience dans la maison pour une paix indestructible. Mais pour atteindre la perfection, l’obstacle est sa seule chance de progrès. Et ici, il s’appelle la famille.

 

 

 

 

© Gaudelette- Fluide Glacial

 

 

Après la trilogie Radada la méchante sorcière, Gaudelette publie en 1999 l’unique album des aventures de Sri-Raoul le petit yogi. Témoignage d’une des meilleures époques de Fluide Glacial, il est aujourd’hui réédité pour notre plus grand bonheur… mais pas pour celui de la famille de Raoul.

 

Raoul a trois frères, dont Lorenzo qu’il trouve raté, alors qu’il est « juste mongolien ». Qui plus est, Maman est enceinte. Mais Raoul en est sûr, elle trimballe dans son tiroir la septième réincarnation de Gohlam Tabatâviah Rinpoché. Comment son incapable de père a-t-il été choisi pour élever le futur Grand Lama ?

 

 

 

 

© Gaudelette- Fluide Glacial

 

 

Les méditations de Sri-Raoul prennent corps dans des délires psychologiques. L’ours en peluche Lucien devient son compagnon de route. Papa prend corps sous forme d’un menaçant aigle noir à lunettes. Raoul lui-même s’imagine papillon à oreilles tentant d’échapper aux prédateurs. Soit c’est la catastrophe, soit on passe à un cheveu de yogi du drame, soit pour lui-même, soit pour les siens.

 

 

 

 

© Gaudelette- Fluide Glacial

 

 

Sri-Raoul n’aura vécu que le temps de six courtes histoires. Politiquement incorrect, il est dommage que l’hilarant petit bouddha n’ait pas connu une destinée plus longue. C’est même une histoire à part qui termine l’album dans laquelle Gaudelette se met en scène, préfigurant l’album qui suivra sur La vie des festivals.

 

Petite pépite d’humour noir, Sri-Raoul démontre qu’il n’est pas facile d’avoir une conscience éveillée dans une famille de nazes. On ne médite pas à table !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Sri-Raoul le petit yogi

 

Genre : Humour spirituel

 

Scénario & Dessins : Gaudelette

 

Éditeur : Fluide Glacial

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782378782559

 



Publié le 06/04/2019.


Source : Bd-best


Les héritiers du Quattrocento.  Tosca des Bois 3

 

« - Dites-moi au moins combien de temps encore ? Jusqu’à quand comptez-vous me retenir captive ? Dites-le !

- Captive ? Mais vous m’offensez, Duchesse ! Vous êtes mon invitée. Je vous ai réservé la plus belle chambre du palais, au sommet de la tour ! Savez-vous qu’il fut un temps où elle appartenait à la Marquise de Montelupo ? Et vous ne manquez de rien, il me semble. Mais si vous le permettez, je dois prendre congé…

- Non, un instant ! Je vous en prie, je vous en conjure, faites au moins savoir à mon père que je vais bien ! »

 

 

 

 

  Gauthier de Brienne, seigneur de Florence, tient Lucilla, la fille du Duc de Castelguelfo, dans sa prison dorée. Son père, le Duc Granito Ficramosca, est inquiet. Il n’ose pas assiéger la ville ennemie, craignant pour la survie de sa fille dont il ignore si elle est encore en vie.

 

  Tosca et son frère Rinaldo tentent par tous les moyens de la retrouver pendant qu’elle tente de s’évader.

 

 

 

 

© Radice, Turconi—Dargaud

 

 

  Mais le cœur de l’intrigue de cette dernière partie ne réside pourtant pas dans la libération de Lucilla.  Une autre énigme vient prendre place au premier plan. Les deux jeunes enfants de Gioacchino, frère aîné de Montelupo, ont-ils réellement été assassinés avec leurs parents lors d’une partie de chasse ?

 

  Conte moyenâgeux, la trilogie Tosca des Bois se conclut. Teresa Radice a écrit une fable sur l’amitié entre classes sociales. Tosca montre qu’entre des gens de naissances différentes une complicité n’est pas si improbable. Par ailleurs, vaut-il mieux être riche et emprisonné ou pauvre et en liberté ? Comme le dit Rinaldo, « Même un roi est pauvre si son royaume ne lui suffit pas. ». L’histoire démontre que les richesses sont dans les âmes avant d’être dans les biens.

 

 

 

 

© Radice, Turconi—Dargaud

 

 

  Stefano Turconi réalise Tosca dans un style disneyien descendant en ligne directe de La belle au bois dormant. En particulier, le faucon de Tosca semble « découpé » dans les images du long métrage. Les personnages sont très expressifs. Les vues d’ensemble sont magnifiques.

 

  L’histoire de Tosca se termine. Pourtant, on rêve déjà d’une possible suite. Les cartes ayant été rebattues, cela pourrait donner un récit complétement différent tout en profitant de l’ambiance et des décors de l’époque.

 

 

 

 

© Radice, Turconi—Dargaud

 

 

  En attendant, il reste une duchesse à sauver. Tremble, Brienne. Tu vas bientôt payer le tribut de l’affront que tu fais !

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Tosca des Bois

 

Tome : 3

 

Genre : Aventure moyenâgeuse 

 

Scénario : Radice

 

Dessins & Couleurs : Turconi

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 9,99 €

 

ISBN : 9782205079296

 



Publié le 05/04/2019.


Source : Bd-best


Une rétrospective Clarke chez Comic Art Factory

La Galerie Comic Art Factory présente our son premier anniversaire une exposition-vente rétrospective de Clarke.

Le thème consiste en une rétrospective se concentrant principalement sur la sorcière Mélusine et aussi sur son dernier récit réaliste, Les Danois (Le Lombard), un récit de politique-fiction.

 

 

 

 

 

 

 

© Clarke

 

A près de 30 ans de carrière, Clarke est un de ces auteurs les plus doués de sa génération. Avec des planches et illustrations de Mélusine, des Danois et de Mister Président, Vous pourrez également admirer les originaux des Histoires à lunettes, sur un scénario de Midam (Kid Paddle). Sans oublier un récit complet de 6 pages des Tuniques bleues, paru dans l’album hommage, et une couverture de Fluide Glacial.

Parmi les 34 œuvres exposées, de très nombreux autres originaux sont disponibles. Mise en ligne sur le site web de la galerie ce vendredi 5 avril depuis 8h du matin. Tous les originaux sont réalisés à l’encre de chine, et signés par l’artiste. Les textes sont réalisés au feutre.

 

 

 

 

 

Galerie Comic Art Factory, Chaussée de Wavre, 237, 1050 Bruxelles


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 05/04/2019 au 04/05/2019.

Publié le 05/04/2019.


Source : Bd-best


Tout le monde connaît une Isabelle Samain.  C’est aujourd’hui que je vous aime

 

 

« - Isabelle Samain, ma puce, mon oiseau des îles, mon lapin, ma libellule, ma gazelle, ma gerboise, ma loutre… De tout temps et sous toutes les latitudes les amoureux à leur amour ont donné des petits noms, souvent des termes d’animaux considérés comme mignons ou gracieux, mieux encore des petits noms de petits animaux. Mon chaton, ma chatonne, mon ourson, mon oursonne. Mon oisillon, mon oisillonne. Résolument on a évité mon chiot, ma chiotte. Pour des raisons culturelles, mais inexpliquées, on a préféré ma coccinelle à mon charançon, mon dauphin à mon phoque, mon puceron à mon phylloxéra des vignes. »

 

 

 

 

  Le jeune François a douze ans. Il est amoureux. Très fleur bleu, il aime Isabelle Samain. Il dort Isabelle Samain, il mange Isabelle Samain, il respire Isabelle Samain, il vit Isabelle Samain. Mais Isabelle Samain ne le sait pas.

 

  Isabelle Samain est dans le même collège que François, dans la même classe. Elle a une beauté incomparable, une grâce inouïe, une intelligence indépassable. François rêve de toucher ses seins, de plonger dans ses yeux verts, d’effleurer sa bouche rosée. Il voudrait serrer ses doigts graciles et caresser ses cheveux longs. Tel un fétichiste, François collectionne des morceaux d’Isabelle Samain : une mèche de cheveux trouvée dans les dents d’un peigne oublié, une photo de classe ou autre socquette blanche égarée. Mais François n’ose pas l’aborder tellement il l’aime.

 

 

 

 

© Morel, Rabaté - Les arènes BD

 

 

  François Morel adapte le petit roman qu’il a publié l’année dernière aux éditions du Sonneur. Avec sa sensibilité, sa délicatesse et son humour, le comédien raconte ses amours naissantes. Chimère ou réalité ? C’est clair, Isabelle Samain existe bel et bien. Mais n’est-ce pas François  qui la pense irréelle ? Alors, c’est la peur de conclure, la chasse aux fragrances, les « je ne suis pas assez bien pour elle » ou les « elle est trop bien pour moi ». Morel fait d’un roman d’amour une BD d’amour. Adorable.

 

  François Rabaté adapte l’inadaptable. Histoire de sentiments, quoi mieux que des mots, qui plus est ceux d’un artiste de la trempe de François Morel, pouvaient la traduire ? Il fallait un poète comme Rabaté pour y arriver. Il fait de François un grand adolescent dégingandé. Il introduit ses sentiments par la figuration de trois alter ego, le bleu, le rouge et le jaune, qui lui servent de consciences et de béquilles, traduisent les entrelacs de ses états d’âme. François réussira-t-il à s’en débarrasser et à assumer ses desiderata ?

 

 

 

 

© Morel, Rabaté - Les arènes BD

 

 

  La couverture montre un personnage prêt à enfreindre les lois pour aimer. Il barbouille un mur où il est clairement indiqué qu’il est défendu d’afficher (ses sentiments). François y peint le titre dans des couleurs dégoulinantes, prêt à tomber, comme s’il était déterminé à avancer coûte que coûte, au gré des papillons qu’il a dans le cœur, même si ça devait le faire chuter.

 

  Avec ses pages de garde bleues à la manière de la première version des pages de garde de Tintin, avec sa quatrième de couverture (dans les deux cas, le François Morel adolescent y joue tous les rôles), l’album revendique son côté madeleine de Proust. Rajoutons-y une planche de carte géographique semblable à la page d’introduction des Astérix et le clou est enfoncé.

 

 

 

 

© Morel, Rabaté - Les arènes BD

 

 

  Bien sûr, la Isabelle Samain de ce livre n’est pas que celle de François Morel. C’est celle de tout le monde. Tout ceux qui ont été, qui sont ou qui seront amoureux, ont eu, ont ou auront une Isabelle Samain dans leur vie.

 

  Un dernier régal avant de quitter Isabelle Samain et de la retrouver dans ce tendre album, écoutez François Morel interpréter un extrait de son texte :

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : C’est aujourd’hui que je vous aime

 

Genre : Histoire d’amour

 

Scénario : Morel & Rabaté

 

Dessins & Couleurs : Rabaté

 

Éditeur : Les arènes BD

 

Nombre de pages : 72

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782711200092

 



Publié le 04/04/2019.


Source : Bd-best


Développer sa créativité en s'amusant... La grande fabrique à idées.

 

Qu’est-ce qui est rouge et qui vole ?

Comment la reine d’Angleterre a épousé son chien ?

Qu’y a-t-il de commun entre une pomme et un bébé ?

Imaginer le lit du futur en s’inspirant des comtes de fée.

« L’esprit est comme un parachute. Il ne fonctionne bien que s’il est ouvert. » (Franck Zappa)

« L’imagination est plus importante que la connaissance. Car la connaissance est limitée, tandis que l’imagination embrasse l’univers tout entier.» (Albert Einstein)

 


 

 

 

 

 

 

 

Avec « La grande fabrique à idées », Philippe Brasseur associé aux éditions Casterman nous propose un livre jeu destiné aussi bien aux enfants (dès 5 ans) qu’à leurs grands-parents. Les plus anciens répliqueront que les livres jeux existaient déjà à leur époque ! La particularité de cet ouvrage est qu’il encourage la créativité au moyen d’activités basées sur les associations d’idées.

 

Le livre est divisé en quatre parties bien distinctes :

            -  L’atelier des « multi-devinettes » invite les lecteurs à trouver des réponses à des questions associant deux fiches totalement indépendantes. Ex : Qu’est-ce qui est rouge et dangereux ? (Un médicament, le feu, …), Qu’est-ce qui est rouge et qui vole ? (Un ballon, un perroquet, …). Être créatif, c’est MULTIPLIER les idées.

 

 

 

 

© Brasseur – Baas - Casterman

 

 

-  Le « brigoleur d’histoires » invite les participants à imaginer des histoires extraordinaires en combinant « personnages » et « actions ».  Ex : Comment la reine d’Angleterre a épousé son chien ?, Comment Gaston le lion a déplacé la tour Eiffel ? Être créatif, c’est ASSOCIER avec audace.

 

 

 

 

 

© Brasseur – Baas - Casterman

 

 

-  Le « comparateur zinzin » vous demandera de trouver les points communs entre deux choses n’ayant rien à voir entre elles. Ex : Quel est le point commun entre un poisson et un bouton ? (ils terminent tous les deux en son « on », on peut les mettre en boîte, ils vivent en groupe, …). Quel est le point commun entre un bébé et une pomme ?  Être créatif, c’est CHANGER de point de vue.

 

 

 

 

 

© Brasseur – Baas - Casterman

 

 

- Le « labo des inventions » vous invite à inventer les produits du futur. Ex : « les toilettes du futur » en vous inspirant des « contes de fées » ou des romans policiers. Cette dernière activité est fréquemment utilisée en brainstorming lorsqu’il faut imaginer de nouveaux produits ou service. Être créatif, c’est IMAGINER l’impossible.

 

 

 

 

 

© Brasseur – Baas - Casterman

 

 

 

Les quatre jeux sont chacun illustré par une double page d’exemples. C’est ensuite au lecteur de jouer en combinant les 8X8 demi-pages, soit 64 associations pour imaginer une infinité d’idées.

 

Les illustrations dans un style moderne très « lisibles »  ont été réalisées par Thomas Baas.

La grande fabrique à idées, un livre à tester en famille, entre amis, à l’école et aussi en entreprise.

 

 

 

 

 

 

Alain Haubruge

 

 

Titre : La grande fabrique à idées

Tome : One shot

Genre : Familial (jeu)

Scénario : Philippe Brasseur

Dessins : Thomas Baas

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 92

Prix : 16,95 €

ISBN : 9782203165441

 

 



Publié le 04/04/2019.


Source : Bd-best


Yuio livre un album ludique pour apprendre à faire de la BD ou à mieux la… lire : « Sortir cet album si ‘ce n’était que’ pour bousiller des arbres? Non, il fallait du sens »

Dans les pas de McCloud, Eisner ou Toriyama et en même temps loin des sentiers battus, ce drôle de canard qu’est Yuio réalise un nouveau livre dont il est le héros, et nous avec. Auteur tout-terrain et multi-format, il raconte aujourd’hui son art dans « Dessiner, illustrer : manuel en BD ». Pour apprendre à en faire… ou à mieux la lire de manière didactique et ludique, fascinante et dynamique. C’est presque un artbook que livre celui qui semble capable de tout le crayon à la main. Grande interview à Ad Hoc à Namur (Belgique).

 

 

 

 

 

 

 

© Yuio

 

Bonjour Yuio, Dessiner illustrer, Mode d’emploi en BD, c’est un drôle de livre, non ?

Une sorte d’OVNI dans le catalogue d’Eyrolles qui est une maison d’édition habituée des livres didactiques et artistiques mais très explicatifs et démonstratifs. Sans visuel fort et assez rigides. Pour mon album, j’ai pensé à L’apprenti mangaka d’Akira Toriyama, avec un petit personnage qu’on fait rebondir, un petit théâtre, des personnages. Le nécessaire pour donner envie au lecteur de nous suivre.

Mais finalement, on y apprend à être auteur mais aussi à être (meilleur) lecteur, non ?

L’idée, c’est d’approcher l’univers de l’image, de la peinture au graphisme mais aussi le comment penser faire une BD. Je voulais d’un ton le plus universel qu’il soit pour porter la base d’apprentissage. Bon, si on ne veut pas apprendre, je ne peux rien faire.

Scott MC Cloud, lui, s’adresse aux gens qui veulent déjà s’intéresser à ce médium.

 

 

 

 

© Yuio chez Eyrolles

 

Quelle est la genèse de ce projet ?

Pour aider mes étudiants de St-Luc Liège, je m’étais mis en tête de faire de réaliser une planche de BD pour en expliquer un des concepts à l’oeuvre : la typologie, la trame… Une manière de montrer qu’il y a moyen de raconter tout, d’être didactique même au niveau presque 0. Et ça fonctionnait, j’ai procédé de la sorte pendant six ou sept ans, jusqu’à produire une quarantaine de planches, à accumuler et à faire le pas vers les éditeurs.

À cause d’un déclic ?

J’ai publié quelques pages sur Café Salé et sur Facebook. Les gens étaient intéressés. Bien sûr, je voulais bien leur faire plaisir mais pas en faisant un crowdfunding. J’avais besoin d’un relecteur, d’un directeur artistique. Je ne voulais pas non plus que ce soit hyper-directif mais je devais trouver à qui parler. Dans une BD, il faut se moquer de soi-même, il y a toujours une part de soi. L’humour que j’y ai mis, je n’en étais pas sûr, en dessinant certaines cases humoristiques, je voyais déjà le désespoir dans les yeux de certains.

 

 

 

 

Frères de la côte © Yuio

 

J’ai redessiné la moitié de la quarantaine de pages d’origine. Notamment celles sur l’écriture, la typographie. À la base, j’avais couché ça sur quatre planches, pas une de plus. Cependant, je ne devais pas être trop rapide, il fallait que tout le monde comprenne et reste dans le temps. Être précis et dilué. De l’idée de base, il fallait développer les fils dans un souci de bonne lecture. Ce livre est pensé pour le lecteur, pour que ce soit aussi fun et visuel. Cet album, c’est le résumé de l’expérience d’une personne qui collabore – je n’aime pas le mot « prof » – et donne du temps à des élèves. C’est le résumé d’échanges amicaux avec des jeunes motivés et posant souvent les mêmes questions.

Et les éditeurs ?

J’ai envoyé le dossier aux éditeurs classiques sans que ce soit vraiment concluant. C’est après que j’ai contacté Eyrolles. J’avais certains de leurs manuels mais je n’avais jamais pensé à eux. Ils ont mis un an à comprendre ce que je voulais faire.

Les éditeurs cherchent des BD qui, soit, vont se vendre, soit, vont remplir les étalages. Avec des auteurs plus ou moins mal coachés. Du coup, les albums se font rapidement et sur base de peu de moyens. On ne peut pas atteindre 100% de qualité si on n’y met pas le temps et l’argent. Aux éditeurs de savoir quoi faire.

 

 

 

 

© Yuio

 

Dans mon cas, ma première crainte, je l’ai exprimé comme tel : je ne sors pas cet album si « ce n’est que » pour bousiller des arbres. Puis, pour éloigner ma deuxième crainte, il me fallait une direction. Ainsi j’ai soumis le squelette à mon éditeur chez Eyrolles. Il a veillé à ce que je n’oublie rien. À commencer par ma présentation, et une page en fin de tome qui y revient. Puis, mine de rien, même si je n’en avais pas forcément conscience, j’étais un Belge qui parlait à des Français. Il fallait donc que tout soit compréhensible, dans mes expressions, ma manière de parler. Dans la structure et dans la lecture, je devais parler au plus grand nombre. Parce que, que je le veuille ou non, je parlais belge.

Pourquoi le faire avec des animaux ?

Le canard que je suis a un côté omniscient, un peu lourdingue. Même s’il est un peu moi, j’ai envie de le dégommer. D’où l’apparition des souris. Elles n’étaient pas censées représenter quelqu’un, au début. Puis, je me suis très vite rendu compte qu’elles ressemblaient à mes élèves. Ils savent des choses mais ils posent tout plein de questions, ils sont indomptables et mettent un peu le bordel.

 

 

 

 

© Yuio chez Eyrolles

 

Bref, les animaux, on peut les customiser, des lunettes, une moumoute, tout en se servant de ce qu’ils véhiculent. Chacun a son animal-totem. Pas mal d’auteurs se voient comme des ours dans leur grotte. Dans Blacksad, les animaux sont connotés. Le félin, ce n’est pas pareil qu’un poulet.

Remarquez, Blacksad fait des émules. Il y a toujours eu de la BD animalière mais là on tient une référence. je ne compte plus les étudiants qui me présentent une scène de bar dans Blacksad.

Pourquoi un canard ?

Ça vient d’un projet que j’avais créé avec d’autres, Tas de canards. Il suffisait de remplacer un « a » par un « o » pour arriver à ce que vous savez… Nous avions créé un jeu vidéo, Opération Wolf pour se lâcher, expurger les fantômes du passé? Avec des canards partout.

Quitte à parler d’animaux, on peut parler d’un crocodile très célèbre.

Oui, Kidibul. C’est une société d’Erpent, Pilipili qui gère tout ce qui concerne Kidibul et son image. C’est une marque belge qui continue à grandir. Du coup, pour marquer le coup, ils m’ont demandé de relooker le logo, la mascotte. Nous sommes en train de l’animer pour le site.

 

 

 

 

© Yuio/Pilipili

 

Par ailleurs, j’ai fait un calendrier pour les scouts, certains visuels de recettes de Delhaize. En fait, chacun a sans doute chez lui un visuel réalisé lors de l’une ou l’autre commande.

Sans que cela soit signé, bien sûr. Avec des commandes que vous refusez ?

Ces entreprises qui vous demandent de faire le portrait de leurs cinquante employés. Chacun ne se voit pas forcément comme il est et comme je le vois. Certains ont pris un peu de poids. Ça peut vite devenir un enfer.

Puis, il y a les faire-parts. Pour la même raison : les parents ne voient pas forcément leurs enfants comme ils sont.

Puis, il y a les couleurs et les retouches. En travaillant sur le logo de Vaillant, je me suis rendu compte  qu’il y avait des touches de vert à des endroits précis. Que cela découle de référence. Il y a une logique, il faut se documenter mais, du coup, ce n’est pas spontané, ça nuit à la créativité. Aussi, je ne bosse pas pour les partis politiques, ni les mutuelles. Parce qu’il faut justement utiliser certaines couleurs et pas d’autres. Je n’aime pas trop le vert, par exemple, ça passe mal à l’impression.

 

 

 

 

© Yuio

 

Ce livre, en partant de la théorie, vous permet de faire des illustrations dans tous les genres.

Comme ce cheval qui débarque en spécialiste des couleurs, des chevaliers, des dragons. Puis, il y a les Primitifs flamands qui me donnent l’occasion d’aborder les costumes. Il fallait varier pour ne pas me lasser.

Vous arrivez après Eisner, McCloud et quelques autres qui se sont servis d’un album ou plus pour expliquer leur art, qu’amène le vôtre ?

Au moment où je voulais en faire une BD, beaucoup d’éditeurs m’ont dit que des grands noms comptaient le faire. Alors, j’ai attendu, je voulais voir et surtout ne pas faire doublon. Rien n’est venu. Alors, je me suis dit que j’allais le faire cet album.

À force de faire de la BD didactique, de la BD dont vous êtes le héros, on ne sait pas trop où me ranger. J’ai fait des bandes dessinées pour apprendre le français aux Allemands, des histoires faisant intervenir des références culturelles, des expressions. Avec une typographie très espacée pour que les apprenants discernent bien toutes les lettres. J’ai aussi travaillé sur des récits d’apprentissage pour Erasme, à destination des 16-18 ans, avec une sorte de super-héros, avec un blason. J’ai aussi fait des illustrations pour un jeu de société Artefact, en crowdfunding.

L’éditeur m’a posé la question de pourquoi je voulais faire ça, je n’étais pas le premier. L’idée n’était pas d’être plus actuel mais de montrer l’état d’esprit d’une école qui marche: St-Luc Liège.

 

 

 

 

© Yuio

 

 

Pourquoi ?

Les deux St-Luc, Bruxelles ou Liège, ont chacun leur flambeau. La Belgique et la France font exception culturelle: partout ailleurs en Europe, on ne lit pas autant de BD. La plupart des auteurs qui sortent de chez nous sont reconnus dans le métier. Les gens qui passent chez nous, sortent avec un bagage. Tout le monde ne réussit pas dans la BD, mais trouve sa place dans le monde de l’image. Dans mon année, nous sommes seize à être sortis, seize artistes devenus. Il y a peu de formations qui balancent vingt heures de cours ciblées dessin.

En Suisse, au Québec, les auteurs ont tendance à se débrouiller un peu tout seul, en apprenant le code des comics. Tout le monde n’a en tout cas pas de BD chez soi. En Espagne, la BD reste faire pour les enfants.

 

 

 

 

© Yuio

 

Mais, il faut essayer de rendre cette école perméable, que les auteurs ne soient pas la copie de leurs professeurs. Il y a des bases sur lesquelles les élèves se développent et dévient. En tout cas, St-Luc garde le lien, pas qu’amical: si un jour tu es passé par chez nous, on partage ton travail sur Facebook, on t’invite à venir en parler. Parmi les élèves, on voit ceux qui se permettent d’expérimenter et ceux qui sont oisifs par rapport à ceux qui prennent le pli de devenir professionnels. Je n’aime pas le mot « métier-passion » mais c’est ça. Si tu n’es pas moine, si tu ne donnes pas ta vie, tu n’auras pas assez de temps. C’est la cigale et la fourmi.

Avec toujours autant de succès ?

La section se porte bien avec des prix pour certains de nos anciens et des auteurs qui creusent leur trou : Julien Lambert, Grossetête…

Puis, il y a un certain girl power, des filles qui viennent avec des idées, un sens du dessin, amenant des thèmes particuliers là où les garçons nous parlent beaucoup de zombies et de dragons. Ça fait cliché, mais c’est la tendance.

 

 

 

 

© Yuio

 

On a produit beaucoup de BD de garçons, désormais ça changer. Puis, il y a aussi beaucoup de coming out en BD, des transgenres qui s’approprient le médium pour travailler le non-dit, avoir un regard intérieur et une certaine attitude qui construit le non-dit. La tablette mobile lumineuse et portative a également fait son entrée dans nos auditoires. Moi, j’aurais eu peur de transporter tout ça.

La BD, c’est un support didactique également pour les personnes dys, le visuel aide. Les enfants comprennent très bien. Puis, St-Luc se veut inclusif. Dans nos cursus, c’est incroyable le nombre de dys- que l’on retrouve. Ils viennent à l’artistique, à l’aspect créatif parce qu’il leur est important de trouver d’autres voies pour s’exprimer.

Et des inquiétudes ?

Une bonne partie a du mal à se projeter. La société fait peur, quelles seront les réalités du métier plus tard. C’est dur mais passionnant. Cela dit, le ver est dans le fruit. Certains étudiants n’ont pas de sous mais lisent des scans de BD. Pour la promotion de cet album, un journaliste m’a demandé que je lui envoie le pdf. Hors de question, je ne voudrais pas prémâcher le travail. Mais, la mécanique est lancée, beaucoup de lecteurs lisent des mangas en avance sur la parution française. Des éditeurs prennent aussi des risques en traduisant tout et n’importe quoi.

Cela dit, il y a malheureusement des albums auxquels on n’aurait pas accès sans les scans.

Dans l’album, vous expliquez mettre au feu vos archives, vos crayonnés.C’est vrai ?

Peut-être pas au feu, mais les trois quarts du temps, je garde juste ce qui me semble le plus intéressant. Je ne veux pas m’encombrer, je garde mes carnets de croquis. Je n’ai pas le culte de garder les originaux. D’ailleurs, on ne m’a jamais demandé pour en acheter… ou alors à des sommes dérisoires. Face à un collectionneur je serai un agneau pour le loup.

 

 

 

 

© Yuio

 

Dans cet album, vous abordez d’ailleurs la manière d’envisager les différentes parties du corps d’un personnage. À commencer par les mains. Outre le visage, ce sont elles qui donnent l’expression, également.

Ça peut sembler être des banalités mais si on ne le souligne pas, ça peut passer inaperçu. L’expressivité ne tient pas qu’au visage mais aussi à la manière dont on se tient. Et certaines expressions françaises doivent trouver un équivalent dans le dessin. Avoir un bâton dans le cul, il faut le dessiner ce bâton.

Le visage, on le dessine à partir d’une forme ovale, ou d’un carré. Puis, j’ai enrobé tout ça d’une culture pseudo-belge, avec des patates et des frites. Les frites pour les doigts, par exemple.

Quant au texte, il s’est progressivement réduit au profit de l’image. Avant il ne lui laissait que très peu de place.

Avant, la BD avait une image dérisoire, populaire, facile. Un personnage ouvrait une porte, il fallait aussi le dire dans le texte.

 

 

 

 

© Yuio chez Eyrolles

 

Aujourd’hui, le lecteur cherche plus une expérience, une mise en scène qui existe. Désormais, texte et image cohabitent plus qu’ils se superposent. Le silence qu’utilise Manu Larcenet dans Blast, cette volonté d’être contemplatif chez certains auteurs, ce n’était pas possible il y a quelques années. Bon, il reste Blake et Mortimer qui continue sur le même moule.

La méthode a changé niveau documentation ?

Avant, on achetait des modèles.  Aujourd’hui, en plus, nous avons l’outil technologique, avec des modèles 3D dont on peut s’inspirer et déplacer carrément pour le mettre dans l’axe qui nous convier. Avant, on achetait des modèles. Désormais, on peut aller sur Google Skektch Up pour créer des modélisations. Ce n’est pas du copiage ou du plagiat. Faire du copier-coller, ça n’a aucun sens artistiquement.

Bon, pour les personnages, ça peut coincer. Mais il y a toujours les copains qu’on peut prendre en photo.

 

 

 

 

© Yuio chez Eyrolles

 

Si on revient aux modèles et documentations qu’on trouve sur internet. Un auteur de western me disait qu’en faisant ses recherches, il était tombé sur une image déjà croisée dans l’oeuvre de deux autres dessinateurs. N’y a-t-il pas un risque qu’un jour tout le monde utilise un choix restreint d’images, avec des similitudes et une perte de créativité ?

Pinterest, tout le monde connaît, mais beaucoup ne poussent pas assez loin leurs recherches et se limitent à quelques mots-clés. Avec le risque, en effet, de tomber sur la même image que le voisin. Il est nécessaire d’ouvrir le jeu. Ce n’est pas grave d’avoir des références, c’est même mieux.Mais il faut qu’elles activent l’imagination, qu’elles soient retravaillées. Pas uniquement un calque.

Vous parlez aussi du sens de lecture. Et, mine de rien, dans une BD, c’est parfois dur de s’y retrouver avec des phylactères parfois mal placés. Pourtant, récemment, dans Yasmina et les mangeurs de patates, Wauter Mannaert m’a surpris en amenant sur la planche de gauche, mon regard vers le bas, et, en passant sur la page de droite, en le faisant remonter, à contre-courant, contre la nature.

Je n’ai pas lu cet album. Mais Fred a été l’un des pionniers, il a décloisonné la BD. C’est du domaine public. Il y a Imbattable qui passe dans Spirou. Il faut être doué pour le faire. Si on se foire totalement, on risque de perdre le lecteur.

Votre dessin, comment le concevez-vous ?

Je n’aime pas la BD, les comics ou les mangas, j’aime la narration. Mon dessin, c’est un melting-pot, j’adore le dessin des auteurs de manga, je fais partie de la génération qui entrait en librairie pour, mais j’aime aussi le rythme insufflé aux Walking Dead. J’ai grandi avec Les chevaliers du Zodiaque mais ce n’est pas mon dessin naturel. Puis j’ai ma manière de taper dans l’humour, l’auto-dérision.

Aujourd’hui, les éditeurs ont permis aux couleurs de se libérer. Le trait a tendance à disparaître, à faire place à quelque chose de très animé, dans l’esprit japonais.

 

 

 

 

© Yuio

 

Parmi vos conseils, y’a-t-il des choses que vous n’appliquez pas ? Qui vous rebutent mais que vous devez malgré tout enseigner ?

Un truc que je ne fais pas souvent, c’est la démonstration graphique, la plongée – contre-plongée. Puis les carrelages, comme je travaille à l’outil informatique, je me sers de modèles à plat sur lesquels j’applique la perspective.

Vous le laissez tomber parfois, cet outil ?

Ma femme m’a forcé à partir en vacances, deux mois… j’en ai profité pour terminer mes planches à la main. Ça fait du bien d’abandonner ça. Il faut éviter la fracture numérique.

Il arrive encore que certains de mes étudiants n’aient pas d’ordinateur, pas Photoshop. Un crayon, du papier, tout le monde possède ça. Il est bon de reprendre ses tics, à l’ancienne, loin de cette fenêtre lumineuse qui cherche à nous aspirer, qui nous captive malgré nous.

Pour aborder la question des plans, vous parlez de « ségrégation des plans », elle est de vous cette expression ?

Ça me vient de mon professeur d’histoire de l’art. Je réintroduis aussi une partie de ce que j’ai pu apprendre quand j’étais étudiant.

 

 

 

 

Frères de la côte © Yuio

 

Et la BD du futur ?

C’est horrible pour un auteur de penser à ça. Parce qu’on nous fait fonctionner avec des contrats courts qui nous permettent de voir à un ou deux ans. Avant, on faisait une chose et on en vivait. Aujourd’hui, c’est le fruit de commandes, de rencontres, on doit se diversifier, être multitâche et commercial… malgré soi. Et ça a commencé quand les éditeurs nous ont demandé d’être un peu graphistes en scannant nos planches. Comme si dans une banque, le banquier vous demandait de faire le guichetier à sa place. Bien sûr, certains veulent se mobiliser, c’est très bien, mais les auteurs de BD forment un groupe d’autistes. On se connait tous pour la plupart, mais on ne bouge pas tous en même temps.

À St-Luc, je n’ai pas de casier. Pour partir quand je le voudrai, quand je n’aurai plus rien à raconter.

La BD du futur ? Une partie se développera sur le web, mais il faudra la réinventer. Parce que le papier est fait pour faire fonctionner l’ellipse, la double-page et participe au plaisir de lecture. Comment va-t-on garder le « tourner de page » ?

 

 

 

 

© Yuio

 

Aujourd’hui, moins de gens lisent plus mais plus de gens lisent moins. Pourtant, pour la BD, il y a une planche de salut, le fait qu’il y ait des images partout. Encore faut-il parvenir à les capter. Le futur de l’image, j’y crois. Celui de la BD, je ne sais pas. Il y a peu de nouvelles séries qui fonctionnent vraiment bien. Je ne sais pas comment on peut faire évoluer le médium. Que sera Thorgal dans vingt ans ?

Serons-nous condamnés à appliquer le modèle des comics, de la BD industrielle de masse alors que nous sommes partis sur le « luxe » de l’album, dans un procédé de fabrication auquel les gens sont habitués.

Cela dit, cela fait vingt ans que je fais ce métier, je suis surpris du temps que j’ai passé à faire ça.

 

 

 

 

© Yuio chez Makaka

 

Vous avez été à Angoulême, cette année.

Ce fut difficile, ils ont revu l’organisation du festival dans la ville. Comme si, à Namur, j’avais été au Grognon et que les attractions étaient à la citadelle. Le battement entre les rendez-vous ne suffisait pas et certains ont dû être annulés à cause de retards. Les deux premiers jours, j’en ai raté quelques-uns. Après, j’ai laissé venir.

J’étais donc dans la Bulle Manga, côté mangakas. Ils ont une part d’auto-formation mais aussi la puissance d’image sur tous les sujets, du vin au kamasutra. Nous, en Europe, nous sommes plus fictionnels, la plupart du temps. Le problème dans cette Bulle Manga, c’est que mon album était hors-budget. Les gamins qui y traînent n’ont que 10€ en poche pour un manga. Alors ils feuilletaient mon livre et le reposaient. Cela dit, j’ai aussi eu pas mal d’adultes, c’était assez chouette. Ils étaient curieux. Beaucoup m’ont demandé si ça allait être traduit. On verra le succès en français, déjà. Et une télévision du Kazakhstan m’a interviewé. Ils ne font pas de BD là-bas. Il trouvait ça intéressant, cette possibilité d’apprendre un sujet par la BD.

 

 

 

 

Trikaar © Yuio

 

Si j’aime les dédicaces ? Si j’en fais, c’est que je le veux bien… mais pas beaucoup. Quand une expo, même mini, accompagne une séance de dédicaces, la plus-value est là. Pour le reste… Cela dit, les moments échangés sont agréables, bien souvent, mais je serais tout autant heureux en passant plus de temps avec ma famille. Je partage du temps avec des gens qui ne se rendent pas toujours compte de ce temps.

À Angoulême, tu ne sais jamais ce que tu vas faire, c’est comme une mousse insaisissable, tu prends ce qui vient.

Et la suite ?

À Angoulême, avec Eyrolles, on a parlé de la suite. Toujours pour mes cours, j’ai réalisé d’autres planches explicatives qui ne sont pas parues : comme utiliser Photoshop… J’ai de plus en plus des envies de scénario ou de collaborer à un scénario. Avant, je faisais des plans de carrière. Arrive un moment où tu n’en fais plus, parce que ce n’est tout bonnement pas possible. Ici, j’ai encore quelques mois pour voir venir et me relancer dans un nouveau projet.

Un scénario ?

J’ai des fulgurances scénaristiques quand je cours ou que je suis en voiture, quand je ne sais pas prendre de notes. J’ai pas mal d’idées de récits, comme l’histoire d’une famille qui accueille une jeune fille. J’ai fait de même avec une amie espagnole, il y a peu, mais ce n’est pas autobiographique. Je réalise aussi des petits gags de capoeira. Ça marche auprès des initiés, mais les autres ?

Cela dit, ce nouvel album m’a prouvé que quand j’écrivais on me comprenait, que je pouvais faire rire le lecteur. Là où j’entendais la petite voix dans ma tête me dire : « tu n’es pas drôle ». Dessiner ou écrire, je le ferai toujours, je me vois mal faire autre chose. Mais je commence à pouvoir prendre du temps pour moi. Je me lève tôt mais je prends du temps pour moi, c’est un luxe après quelques années de carrière.

 

 

 

 

© Yuio

 

Des albums BD, vous en avez sorti peu finalement. Ce nouveau titre, c’est un peu la face visible de l’iceberg, non ?

Quand je compte le nombre de pages que je fais par année, c’est comme si je faisais un album par an. Pas forcément un 48 planches. Puis, il y a mon travail pour les jeux de société, les illustrations. Je fais des illustrations pour des récits enfants et express d’Averbode, j’ai fait de la mise en couleurs en collectif, notamment sur des albums de Duhamel, sous le nom de Corporate Fiction. Dans la communication, j’ai aussi eu deux fois l’Alph Art de la communication avec Dominique David, Rudi Miel et Christina Cuadra, puis, Denis Bodart.

Je crois qu’il y a un sommet à atteindre, après ça ira d’office moins bien. Je ne sais pas où j’en suis. En fait, Yuio, j’ai mis vingt ans à me rendre compte que cet auteur existait bel et bien. Dans l’actu, il y a aussi la réimpression des Magiciens du fer, un livre dont vous êtes le héros que j’avais réalisé avec Cétrix. Il s’est exporté aux États-Unis et en Pologne sans que je comprenne vraiment pourquoi. Cela dit, les pays de l’Est aiment beaucoup les jeux, sont ludiques et curieux, et beaucoup passent en leur centre névralgique, un gros salon Allemagne.

Ce genre d’album, c’est un casse-tête, il faut vraiment y intégrer la mécanique du jeu. Vérifier que les numéros puissent se suivre. Ce sont les codes de la BD mais pas sa narration. Et comme on élaborait ça sur PC, on ne se rendait pas compte du « tourner de page ». C’est beaucoup plus chronophage dans la phase de vérification. Ça nous force à sortir des habitudes de graphistes.

 

 

 

 

© Yuio

 

Des coups de cœur récents?

L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters. Peeters, c’est le seul auteur à qui j’ai demandé une dédicace, il y a quelques années. Puis, il y a Phoolan Devi, ce n’est pas pour rien que c’est une fille, Claire Fauvel, qui l’a réalisé. Il y a aussi HMS Beagle, Aux origines de Darwin de Jérémie Royer et Fabien Grolleau. Dans les moins récents, il y a Golden Kanui, un manga seinen de Satoru Noda, pour les adolescents, qui aborde l’humain, un aspect anthropologique sur les Aïnous.

Puis, il y a Kidz d’Aurélien Ducoudray, un journaliste, et de Josselyn Joret, un Français parti s’installer au Québec et qui travaille dans le jeu vidéo.

Globalement, je trouve qu’il manque un magazine BD, Lanfeust et Psykopat ont fermé boutique, c’est triste.

Vous dédicaciez le 30 mars chez Adhoc, à Namur (Belgique).

C’est le lieu de mon premier boulot. Ils organisent rarement des séances de dédicaces. Si je n’allais pas chez lui, je ne sais pas où je le ferais.

 

Propos recueillis par Alexis Seny

 

Titre : Dessiner, illustrer: mode d’emploi en BD

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Yuio

Genre : Apprentissage, Documentaire

Éditeur : Eyrolles

Nbre de pages : 128

Prix : 15€

Date de sortie : le 31/01/2019



Publié le 03/04/2019.


Source : Bd-best


Le Feu de Thésée : Survivre, une nouvelle aventure chez les humanos

Vous pensez tout savoir du mythe de Thésée ?
La vérité chantée depuis la nuit des temps par les aèdes n'est peut-être pourtant pas celle qu'on croit...

Tout le monde pense connaître Thésée, le héros d’Athènes. Mais ce que la légende a retenu n’est qu’un tissu de mensonges, une fable visant à dissimuler la vérité. Une vérité que son époque n’était pas prête à accepter…
 
C’est ce qu’explique une mystérieuse bergère au fier Kléon, un aède qui chantait les exploits de Thésée face au Minotaure. Elle le somme d’arrêter de colporter des mensonges et lui conte une version bien différente…
Une version dans laquelle Thésée n’est pas un beau héros grec, mais la fille illégitime du Roi Égée, honnie par tous. Vendue dès l’enfance par deux hommes qui devaient la tuer, la vraie Thésée découvre les horreurs de la prostitution, mais son esprit indomptable la pousse à prendre les armes. Elle se jette à corps perdu dans les arènes, où elle triomphe après quatre années de supplices. La liberté lui tend les bras… mais l’abandon odieux de son père n’a jamais quitté ses pensées. Elle se rend à Athènes.

L’heure de la vengeance a sonné.

A paraître le 10 avril aux Humanoïdes Associés

Jerry Frissen (Scénario)    
Francesco Trifogli (Dessin)    
56 pages - 24.0 x 32.0 cm - Couleur
EAN 9782731630312
14,50 €



Publié le 03/04/2019.


Source : Bd-best


La maladie, l’amour et l’art.  Les jours qui restent

« - Merci, c’est gentil de me dépanner.

- Comme si c’était la première fois !

- Bah, je repasserai demain au secrétariat de l’hôpital chercher la prescription et je vous la ramène, promis !

- Je vous fais confiance, Monsieur Mercier. Comme le mois dernier et le trimestre précédent… Ça s’est toujours bien passé !

- Tant qu’on a la santé comme on dit !

- Ne parlez pas de malheur ! Ce serait mauvais pour les affaires ! »

 

 

 

 

 

  Le pharmacien de Daniel Mercier est bien gentil. Il a bien voulu lui délivrer ses médicaments sans ordonnance.

 

  Comme Charlotte, comme Catherine, Daniel a une maladie grave. Comme Charlotte, comme Catherine, Daniel a un traitement. Trois destins croisés, trois façons différentes d’appréhender les troubles.

 

 

 

 

© Dérian, Foutrier - Delcourt

 

 

  Daniel est célibataire. Il a l’impression d’être devenu transparent. Catherine parle avec le fantôme de sa mère. Hospitalisée à domicile, elle vient de mourir. Catherine a toujours vécu avec sa maman. La vieille fille se retrouve aujourd’hui avec un vide à combler. Charlotte est beaucoup plus jeune. Elle vient de jeter son petit copain qui ne comprend pas pourquoi. Quand on est étudiante, on ne dit pas qu’on est malade. Ça ne se peut pas…

 

  Ceux qui ne savent pas sont parfois maladroits. L’ex de Charlotte, qui la traitait de tous les noms après son largage, s’inquiète maintenant que personne n’ait de ses nouvelles.

 

 

 

 

© Dérian, Foutrier - Delcourt

 

 

  La méchanceté de ceux qui ne savent pas est encore plus impardonnable. Les collègues de bureau de Catherine sont des « Catherine et Liliane » à gifler.

 

  Et Daniel, personne ne l’attend… Alors il boit…

 

  A la manière d’un film chorale, Dérian croise les destins de trois personnes bouleversées par la maladie. Et nous, que ferions-nous si l’on pouvait mourir demain ? Le scénariste joue la carte de l’émotion sans jamais abattre la carte du larmoyant.  Les membres du trio principal avancent en parallèle. Ils se croisent furtivement en début d’album, mais leurs destins vont se lier.

 

  Dérian, à la base dessinateur humoristique (Remember Turalo le petit lapin), ose poser des petites notes d’humour dans la tragédie. Finement placées et jamais ridicules, elles offrent de petites bouffées de respirations. L’allégorie du squelette dans la salle d’attente de l’Hôpital Saint-Placide en témoigne, ainsi que dans un autre style Cookie, le chien de la gardienne de l’immeuble de Charlotte.

 

 

 

 

© Dérian, Foutrier - Delcourt

 

 

  Foutrier apporte toute sa sensibilité avec la rondeur de son trait à mi-chemin entre celui de la dessinatrice Laurel et celui du duo Dupuy et Berbérian. Il ne manquerait plus que l’on croise Monsieur Jean au détour d’une rue. Immeubles haussmanniens, escaliers de Montmartre, on est bien à Paris. La représentation de Charlotte roulée en boule de douleur comme sur la couverture revient plusieurs fois dans l’album comme un refrain tragique.

 

  Eric Dérian et Magalie Foutrier signent un des albums les plus émouvants de ce début d’année et font rimer Art avec Espoir.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Les jours qui restent

 

Genre : Drame

 

Scénario : Dérian

 

Dessins & Couleurs : Foutrier

 

Éditeur : Delcourt

 

Collection : Mirages

 

Nombre de pages : 136

 

Prix : 18,95 €

 

ISBN : 9782756042138

 



Publié le 03/04/2019.


Source : Bd-best


Ceux qui posent des bombes et...  Ceux qui construisent des ponts

 

 

                  « - Ce qui m’est arrivé n’obscurcit pas ma vue : je vois bien que dans le monde de Batasuna, il y a une énorme tragédie… A mesure que le temps passe, sans que rien ne soit résolu, la tragédie augmente et touche de plus en plus de gens. Je ne connais pas la tête du type qui a mis la bombe dans ma voiture. Si je l’avais devant moi, je lui demanderais peut-être quel prix a pour lui la vie d’une personne. Et je lui dirais de lire, car il ne l’a sans doute pas beaucoup fait. Euskadi est géniale, oui… Mais elle ne vaut pas la peine que quiconque tue pour elle... »

 

 

 

 

  Edu Madina a survécu à un attentat. ETA a failli le tuer. Il a été député socialiste pendant treize ans. Il a quitté la politique. Il enseigne aujourd’hui à l’université et travaille dans une entreprise de consulting mondiale. Il écrit des articles dans « El Pais ».

  Fermin Muguruza était le leader du groupe indépendantiste Kortatu. Avec des titres comme Etxerat (La maison), ils se sont battus pour le retour des prisonniers basques. Il chante toujours, a fait une BD et participe à un film d’animation.

 

 

 

 

© Zapico—Futuropolis

 

 

  Zapico arrive sur la place Urdanibia à Irun où il a rendez-vous avec deux amis. Le quartier est surnommé « Mosku » car la place est également appelée Place Rouge. Mais nous sommes bien au Pays Basque. Edu et Fermin n’avaient rien en commun. Pourtant, ils sont réunis autour de Zapico pour comprendre le passé et parler de l’avenir d’Euskal Herria, du Pays Basque.

 

 

 

 

 

© Zapico—Futuropolis

 

  Comme il est dit dans l’introduction, ceci n’est pas un livre sur ETA, le général Galindo, Kortatu ou le PSOE (parti socialiste ouvrier espagnol) et pourtant on en parle. L’histoire commence à Irun en 1936, lorsqu’éclate la guerre civile. 1937, Bilbao tombe et Franco conquiert l’Euskadi, la communauté autonome basque.

 

 

 

 

© Zapico—Futuropolis

 

 

  Au travers des destinées de ses deux témoins, Zapico raconte l’histoire du Pays Basque des origines du conflit jusqu’à la dissolution de l’organisation armée indépendantiste ETA en mai 2018, en passant par le dépôt des armes en 2011.

 

  Dolores Gonzalez Katarain, dite Yoyes, qui fut le première femme à la tête d’ETA, l’affaire d’Altsasu, partie d’une bagarre nocturne dans une fête, et bien d’autres anecdotes parsèment et étoffent le récit.

 

  Annexe humoristique, la conclusion sur le choix du titre de l’album apporte une légèreté dans une histoire complexe.

 

 

 

 

© Zapico—Futuropolis

 

 

  Livre de paix, Ceux qui construisent des ponts nous enseigne qu’il y a toujours une lueur dans l’avenir et qu’il esr possible de partager les espaces.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One Shot : Ceux qui construisent des ponts

 

Genre : Reportage

 

Scénario & Dessins : Zapico

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 200

 

Prix : 25 €

 

ISBN : 9782754826372

 



Publié le 01/04/2019.


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Spirou 4225 -  3 Avril 2019

 

 

 

Il était une fois pas dans l’Ouest

 

 

 

 

 

 


            Le Marsupilami est de retour. Celui qui est à présent l’un des plus vieux héros du journal est de retour. Cette fois-ci, il laisse la vedette à Bibi, la petite Marsupilamie, pour une histoire qui fait la part belle à la gent féminine. On y rencontrera même Rosita Parquez, pendant sud-américain de Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation.

 

            Les histoires à suivre du moment dépotent grave ! Tebo offre comme la semaine dernière une magnifique double page de Raowl. Frnck, quant à lui, fait une rencontre incroyable, vraiment incroyable.

            Si vous aimez les chiens, vous adorerez le Stripbook de Supiot. Wouf !

 

 

 

 

© Supiot – Dupuis 

 

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Frnck : Cannibales

Marsupilami (Le) : Bienvenido a Bingo !

Raowl : La belle et l’affreux

Six coups

 

 

Récit complet :

 

Femmes en blanc (Les) : Grève sur le tas

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Dad

Dessous marins

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game Over

Kahl & Pörth

Katz

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Spoirou & Fantasperge

Millborough (La pause-cartoon)

XXIème siècle est parmi nous (Le) (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Bienvenue dans mon atelier ! : Cossu

En direct du futur : Le Parc Spirou

Interview : Batem & Colman

Leçon de BD (La) : Jouvray

Jeu : Joue avec le Capitaine Anchois

Spirou et moi : Locatelli

 

 

Supplément abonnés :

Stripbook : Clebs (Supiot)

 

 

En kiosques et librairies le 3 avril 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 31/03/2019.


Source : Bd-best


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