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Pas débiles, les bulles au musée #1: pour leur 5e jour au pays des arts, les Bidochon n’ont pas toujours trouvé siège à leur fessier, mais ils ont essayé d’en prendre plein les yeux

On ne sait toujours pas ce qui les a fait devenir des rats de musée (comme certains le sont de bibliothèque) mais les Bidochon semblent en redemander et sont à l’aube de leur cinquième journée dans ce conservatoire idéal ressemblant quelques tableaux disséminés à des lieues l’un de l’autre. Pas besoin de faire des kilomètres pour bien en profiter grâce au duo tragi-hilarant de Christian Binet. Avec, cette fois, du Goya, du Otto Dix mais aussi du Nicolas de Staël.
 

 

 

 

 

 

 

 

© Binet chez Fluide Glacial

 

Résumé de l’éditeur : Depuis que Raymonde Bidochon est parvenue à traîner son Robert de mari au musée, on ne les arrête plus ! Les voilà qui arpentent les allées du Louvre, d’Orsay, de la Tate Gallery, du Metropolitan Museum ou du Centre Georges Pompidou ! Mais jusqu’où iront-ils ?

 

 

 

 

Le concert de Nicolas de Staël

 

 

 

 

Le salon I d’Otto Dix

 

Une nouvelle fois, les oeuvres, les époques, les styles s’entrechoquent de manière assez anarchique. C’est vrai, avec les Bidochon, on ne pouvait rien attendre de moins que le plus beau des désordres. Et c’est à charge de Patrick Ramade et Pierre Lacôte de remettre un peu d’ordre dans tout ça avec des commentaires passionnés et plongeant sous le vernis des oeuvres examinées (de loin, hein) par Robert et Raymonde et mettre en lumière divers aspects : du modèle au contexte en passant, quelques lignes biographiques du peintre ou encore sa technique.
Scène du déluge de Girodet

Au casting, cette fois, on a quitté la surface et les lieux communs pour s’intéresser à la forêt que cachent souvent un arbre, une toile majeure d’un peintre au point d’en occulter d’autres faits d’armes (comme Puberté d’Edvard Munch, la banale mais incroyable Vue sur le château de Pillnitz par Johan Christian Dahl ou encore la Scène du déluge de Girodet) si on n’est amateur d’art qu’à la petite semaine.
Puberté d’Edvard Munch

 

 

 

 

Vue sur le château de Pilnitz de Johan Christian Dahl

 

Un peu comme les deux Bidochon qui, s’ils tiennent le choc, doivent être bien assis pour assimiler (ou pas) tout ça. Pour faire le guide, Christian Binet a retrouvé du poil de la bête après un quatrième jour qui, du point de vue bd, était léger et peinait à assurer le minimum syndical (la même image était utilisée tout au long de l’album, on s’en souvient). Cette fois, moins à la quête de l’émotion pictural que du saint siège (ou du moins, celui qui leur permettra de poser leur royal postérieur tout en douceur), les Bidochon sont plus animés et au coeur d’un running gag qui tient la route. Du coup, on a moins l’impression d’un banal produit dérivé et on retrouve le plaisir de la balade artistique tout en s’amusant.

 

Alexis Seny

 

La chronique de Laurent Lafourcade :

 

«  - Il devrait y avoir des sièges partout mais y’en a pas !!

-          Si c’est pas dans cette salle, c’est dans celle d’à côté !

-          Et comment je fais, moi, si c’est ce tableau-là que j’ai envie de regarder et que je suis fatigué !

-          Eh bien tu te reposes avant ou après et entre-temps tu reviens regarder le tableau !

-          Tu dis ça. Mais, tu n’en sais rien ! Si ça se trouve, y’a même pas de sièges à côté !

-          Eh bien va voir !! »

 

En pleine visite d’un Musée virtuel réunissant vingt tableaux de maîtres, Robert tient à être le plus à l’aise possible pour profiter des œuvres. C’est qu’il aurait envie d’en apprendre le plus possible dans les meilleures conditions, le bougre !

 

 

 

 

 

© Binet chez Fluide Glacial

 


 

Sous leurs vrais airs de français moyens, Raymonde et Robert Bidochon sont beaucoup moins cons qu’ils n’en ont la chanson. Le seul fait de s’intéresser à l’art, avec leurs yeux candides et leurs réflexions naïves, font d’eux des gens curieux qui s’éveillent vers le beau, avec tout ce qu’il y a de subjectif.

 

Aller dans des musées, visiter des expositions, écouter des conférences : même à petit niveau, c’est le devoir, le b.a.-ba de tout parent que d’amener ses enfants à le faire, dès le plus jeune âge. Ici, les guides sont les personnages de Binet. S’ils entraînent ne serait-ce qu’un seul de leurs lecteurs dans un musée, le pari sera gagné.

 

Grâce aux textes de Patrick Ramade & Pierre Lacôte, l’art n’aura plus de secrets, ni pour Robert et Raymonde, ni pour le lecteur. Les vingt tableaux choisis ne sont pas nécessairement les plus célèbres de leurs auteurs, ce qui permet d’avoir de nouvelles visions. Matisse est présent avec La femme au chapeau. Ce n’est pas le célèbre Cri qui illustre Munch, mais Puberté. Des peintres moins réputés sont aussi mis à l’honneur comme François Clouet, Gérard de Saint-Jean ou Johan Christian Dahl.

            

Pour chacune des œuvres présentées sur une page entière, après une scénette entre le couple de visiteurs, un texte replace l’auteur et son tableau dans leur histoire.

 

Comme le dit Ramade dans sa préface, l’œuvre d’art appartient à qui la contemple et son but principal est la délectation. Comme il l’a fait dans Hauts de gammes avec la musique classique, Binet transmet son amour pour la peinture avec passion. Il ne triche pas. Le lecteur le ressent instantanément et se cultive en s’amusant.

 L’art sauvera le monde. Même les Bidochon l’ont compris.

 

Série : Un jour au musée avec les Bidochons

Tome : 5

Scénario et dessin : Christian Binet

Commentaires : Patrick Ramade et Pierre Lacôte

Genre : Catalogue, Documentaire, Gag

Éditeur : Fluide Glacial

Nbre de pages : 88

Prix : 25€



Publié le 22/01/2018.


Source : Bd-best


Bocquet et Cossu se sortent avec classe d’un jeu où les cartes sont battues et rebattues.  Spirou et Fantasio – Le triomphe de Zorglub

  « - Vous êtes les vrais Spirou et Fantasio ? ça alors, mais quel honneur ! Je suis votre fan n°1 ! D’ailleurs, la preuve : je réalise un film sur vous ! Hahaha !

-          Enchanté !

-          Oh, et vous avez emmené votre slip !

-          Mon quoi ?

-          Slip ! Votre belette ! »

 

S’il y en a un qui connaît bien le monde de Spirou, apparemment, ce n’est pas le réalisateur du film qui se tourne actuellement et dont nos héros, ou plutôt les acteurs jouant leurs rôles, sont les vedettes. Fantasio a déjà été refoulé du casting pour jouer son propre rôle. Spirou lui propose alors de se faire engager comme journalistes sur le film pour en suivre la fabrication

 

 

 

 

 

 

© Bocquet, Cossu, Sentenac - Dupuis

 

            Les stakhanovistes Cossu et Bocquet sortent deux albums simultanément. Aux côtés du troisième épisode de Frnck, ils réalisent une mise en abyme dans l’univers de Spirou, une histoire dans laquelle Fantasio postule pour tenir son propre rôle dans le film qui sortira dans la vraie vie le 21 février prochain. Même si l’on sait déjà que le rôle sera tenu par Alex Lutz (Spirou sera joué par Thomas Solivérès, Zorglub par Ramzy Bédia, Seccotine par Géraldine Nakache, Champignac par Christian Clavier et Spip par Spip), le concept est drôle et original. On connaissait déjà l’anecdote de Charlie Chaplin étant arrivé en troisième position à un concours de sosies de Charlot. Bref, devant cet échec de Fantasio pour jouer au cinéma, Spirou appelle l’attachée de presse du tournage pour que son compatriote aille sur le tournage afin de réaliser un reportage pour le compte du « Moustique », le journal pour lequel il travaille.

 

 

 

 

© Bocquet, Cossu, Sentenac - Dupuis

 

            Bocquet s’amuse comme un petit fou avec les personnages confiés par l’éditeur de Marcinelle. Quelle marque de confiance. On peut penser que le succès de Frnck y est pour quelque chose. Toujours est-il qu’il est le plus jeune scénariste (au moins depuis que sa carrière dans le milieu a commencée) à qui cette tâche est allouée. Il se sort avec classe de ce jeu où les cartes sont battues et rebattues.

 

            Compte tenu des délais rapides de parution (Il fallait que l’album sorte à la même période que le film), Cossu s’est adjoint au dessin les services d’Alexis Sentenac. Le graphisme, de ce fait plus « calme » que sur Frnck, y perd un peu en dynamisme. Les personnages, grands et élancés, font un pas vers un réalisme plus prononcé que le semi-réalisme habituel des aventures du groom. Secottine, personnage encore peu exploitée dans la série mère et les divers one-shots, est particulièrement réussie.

 

            Entre la collection classique, les hors-séries d’histoires courtes, les Spirou de…, Zorglub, Ptirou, les rééditions en noir et blanc, puis maintenant un album ne rentrant dans aucun de ces cadres, le moins que l’on puisse dire, c’est que les éditions Dupuis misent sur leur héros maison et n’ont pas peur de perdre le lecteur. Une fois que toutes les cases sont bien rangées, c’est vrai qu’il est agréable (et logique) d’avoir un Spirou quasi-omniprésent dans le journal du même nom.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Spirou et Fantasio

Tome : Le triomphe de Zorglub

Genre : Aventure humoristique

Scénario : Bocquet

Dessins : Cossu & Sentenac

Couleurs : Corgié

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 60

Prix : 12 €

ISBN : 9782800174594

 

La bande-annonce du film

 



Publié le 19/01/2018.


Source : Bd-best


Réservez votre table, le repas va être servi. Etoilé 1 – Hors-d’œuvre

 «  - Regardez, mon calendrier de cours à domicile se remplit, le bouche à oreille fonctionne…
-          Vous ne comprenez pas ? Votre demande a été refusée et ce que vous me racontez n’aura malheureusement aucun poids dans votre cas.
-          Mais enfin ? Je suis le finaliste de The ultimate cook. J’ai fait mes preuves devant des millions de téléspectateurs !
-          Ne soyez pas ridicule, c’était il y a cinq ans. Vous avez un casier judiciaire, et ça, c’est rédhibitoire ! (…)
-          Vous voulez me détruire, c’est ça ?
-          Pour vous détruire, il faudrait déjà que vous soyez quelqu’un ! »
 
Le banquier de Samuel Lejeune n’est pas prêt de lui en octroyer un…de prêt. Bien qu’il fut finaliste de The Ultimate Cook, concours culinaire télévisé, il est aujourd’hui dans l’ombre des paillettes. Mais le destin va mettre sur son fourneau la belle et fatale Paula Balta dont le père fut un chef étoilé renommé. Œnologue de formation, elle ne rêve que de venger l’honneur déchu de son père alité dans le coma. Prête à tout, Paula réussira-t-elle à faire « quelqu’un » de Samuel ?

 

 

 

© Lehericey & Desmarès, Brahy - Dupuis

 

 

 
            En quelques semaines, Luc Brahy se trouve aux commandes de deux séries : Alto Plano, avec le pro de chez les pros Corbeyran, épaulé par Vanessa Postec, et cet Etoilé, avec Delphine Lehericey et Fanny Desmarès. Si la première est calibrée, fluide, précise, la seconde propose un mode de narration moins captivant, mais néanmoins original.
 
            Lehericey, réalisatrice de cinéma et de télévision, a déjà mis la main à la pâte dans le domaine culinaire. Elle a en effet réalisé un documentaire sur une cheffe étoilée. Sa co-scénariste Desmarès a écrit pour le cinéma et la télévision.

 

 

 

 

© Lehericey & Desmarès, Brahy - Dupuis

 

 
Documentées, les scénaristes connaissent bien leur sujet et, le moins que l’on puisse dire, c’est que le petit monde de la télévision n’en sort pas grandi. Le personnage incarné par Walter représente tout ce qu’il y a de plus abject et opportuniste dans ce milieu. Le scénario d’Etoilé est conçu comme celui d’un pilote de série télévisée. Il faut lire ce « Hors-d’œuvre » comme une entrée. Alors qu’on pensait rester sur sa faim, un cliffhanger final déglace la sauce et donne un regain d’intérêt à la série.
Mais écrit-on une bande-dessinée comme une série télévisée ? C’est une question que l’on peut se poser. L’apport d’un ou d’une spécialiste du média BD, comme Corbeyran, ou Valérie Mangin pour garder une subtilité féminine, aurait permis d’éviter certains écueils et traduit certaines séquences en langage qui pourrait parfois être plus adapté au langage spécifique à la BD.
 
Le professionnalisme de Brahy fait de ce plat un honnête repas, dont, heureusement, le rebond inattendu donne envie de réserver une table pour la suite.
 
 
 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Etoilé

Tome : 1 – Hors-d’oeuvre

Genre : Finance culinaire

Scénario : Lehericey & Desmarès

Dessins : Brahy

Couleurs : Denoulet

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800174556



Publié le 19/01/2018.


Source : Bd-best


Combat physique et combat moral : deux affrontements, une aventurière. Atalante 10 – Les hordes de Sargon

 «  - Bien le bonjour, belle Hippolytée ! Tu as l’air en forme ! On est venus te souhaiter un bon anniversaire, ma caille. Tu nous as un peu oubliés dans tes invitations…

-          Non, vous n’êtes pas les bienvenus, ici, partez !
-          Dommage, je t’avais amené plein de solides gaillards pour engrosser tes belles. Musclés, vigoureux, et bien montés. Elles vont se régaler un anniversaire mémorable pour toute ta ville de traînées.
-          Sargon ! Tu n’es qu’un porc immonde. Dégage de cette plaine ! »

 

 

 

 

 

 

© Crisse, Grey, Besson - Soleil

 

 

 

 
Une heure ! L’impitoyable Sargon va laisser une heure aux amazones pour, comme il le dit, parfaire leur maquillage. Par la suite, ils viendront leur présenter leurs hommages. Mais c’est sans compter la présence dans le camp des amazones d’Atalante, ainsi que d’Héraclès, prisonnier de la reine Hyppolytée.
 
Cette nouvelle aventure d’Atalante est scindée en deux parties distinctes. La première raconte l’affrontement des Amazones avec les hordes du monstrueux Sargon. La deuxième est la rédemption d’Héraclès fac à la reine des Amazones. Contre toute attente, c’est ce deuxième chapitre qui ressort du scénario de Crisse. Après un conflit somme toute relativement banal et à l’issue devinée par avance, un jeu de séduction, joute oratoire, se met en place. Héraclès met tout son charisme, toute sa verve et toute sa force de persuasion pour défendre sa cause. Et face à l’obstination et la détermination d’Hyppolytée, ce ne sera pas une mince affaire.

 

 

 

 

© Crisse, Grey, Besson - Soleil

 

 

 
            Dans les chaussons de Didier Crisse, les amazones de Grey (non, pas le fameux Docteur, mais le dessinateur de BD) sont toutes plus belles les unes que les autres. Alors que, dans la légende, elles étaient censées avoir un sein coupé, celles-ci en ont deux. On ne va pas s’en plaindre. Plus que jamais, Atalante s’affirme comme une des plus belles héroïnes du neuvième art, après cependant Natacha dans L’île d’outre-monde.
            Manu Grey aurait à y gagner en travaillant et précisant un peu plus les décors.
 
            Les couleurs chaleureuses de Besson embarquent dans une Antiquité de rêve. Les ciels qu’il construit semblent parfois décontextualisés par rapport au dessin de premier plan, mais cela donne un effet de profondeur qui se défend.
 
            Atalante, pour un regain d’intérêt de la mythologie.
 

Laurent Lafourcade

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Atalante

Tome : 10 – Les hordes de Sargon

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Crisse

Dessins : Grey

Couleurs : Besson

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302065123



Publié le 18/01/2018.


Source : Bd-best


Fondu au noir : la part immonde du cauchemar au pays du rêve et de tous les possibles

À l’heure où Hollywood fait beaucoup moins rêver et que le grand déballage des moeurs borderline (et ramenant l’humain au simple état de chair à prendre de gré ou de force) est loin d’être fini, paraît Fondu au noir, une oeuvre de Ed Brubaker, Sean Phillips et Elizabeth Breitweiser qui s’éloigne des projos du Hollywood « période-chasse aux sorcières communistes » pour s’engouffrer sur la piste des démons redoutables, assoiffés de sexe et prêt à tout, même à payer le prix du sang, pour que personne ne révèle ce petit secret un peu répugnant. Bien avant Weinstein, Spacey et les autres. Les brutes comptent pas pour des prunes.

 

 

 

 

 

 

 

© Brubaker/Phillips/Breitweiser chez Image Comics

 

Résumé de l’éditeur :  Un film noir dont les scènes doivent sans cesse être retournées… Un scénariste de cinéma traumatisé, alcoolique et détenteur d’un terrible secret… La mort suspecte d’une starlette… Un directeur de studio hystérique prêt à tout pour boucler ses films avant l’effondrement de l’âge d’or du cinéma. Fondu au noir est un thriller hollywoodien où il est question de course à la célébrité, de sexe et de mort !

 

 

 

 

© Brubaker/Phillips/Breitweiser chez Image Comics

 

Une blonde plantureuse qui se remaquille, se refait une beauté avant de reprendre la fête de plus belle, l’image est commune, banale. Pourtant, dans ce qu’en font Ed Brubaker, Sean Phillips et Elizabeth Breitweiser sur la couverture de leur Fondu au noir, c’est tout un mystère et plein de secrets qui se répandent sur nous et nous incitent à commencer notre lecture?

 

 

 

 

© Brubaker/Phillips/Breitweiser chez Delcourt

 

Parce que le grand déballage sur les réseaux sociaux; qui avait du bon au début avant de se transformer, à l’appui de quelques gourous, en une grande débandade accusant tout et n’importe qui (et ceux en qui on nourrit facilement des rancœurs, des jalousies, aussi, certainement) de harcèlement et de relations sexuelles non-consenties en faisant fi de la présomption d’innocence; m’a un petit peu dégoûté du genre humain. Et que l’industrie cinématographique n’aura sans doute pas les couilles (elles étaient bien remplies, pourtant, quand il fallait abuser de son pouvoir) de faire son examen de conscience; c’est donc une bande dessinée qui a pris les devants. Et quelle bande dessinée ! Un roman graphique tout en comics qui nous oppose un constat implacable sans négliger ni le suspense ni les fausses pistes.

 

 

 

 

© Brubaker/Phillips/Breitweiser chez Image Comics

 

Il faut dire qu’elle n’est pas facile la vie de lecteur dans la tête d’un scénariste has been alcoolisé au moment où il n’aurait pas dû. L’actrice principale (mais pas que, pour lui) du film dont il doit sans cesse remanier les scènes sous l’impulsion d’un réalisateur allemand tyrannique. Sauf que Charlie Parish n’est qu’un prête-nom dédié à pousser l’écriture de son « coco » de meilleur ami, Gil Mason, qu’il a lui-même dénoncé dans un arrangement compliqué avec Gil. Enfin soit, ce n’est pas le drame de cette histoire car si l’on fait passer la mort de Valeria Sommers pour un suicide, il se pourrait bien qu’elle soit l’arbre qui cache une forêt de non-dits, de pulsions et de tensions… mortelles?  Au-delà des seuls mouvements de la caméra.

 

 

 

 

© Brubaker/Phillips/Breitweiser chez Delcourt

 

Maître du suspense mais aussi de l’horlogerie humaine accordée ou désaccordée, le trio nous emmène dans les décors d’un Hollywood aussi brillant qu’effrayant, dans une foule de protagonistes jamais blancs comme neige. Heureusement, un aide-mémoire, un patchwork de visages, est placé judicieusement en début d’album et on s’est surpris à y revenir plusieurs fois. C’est dire, la tension psychologique qui s’instaure, le rythme dense et soutenu, aidé par un usage scient et bien senti de techniques particulièrement cinématographiques comme le flash-back.

 

 

 

 

© Brubaker/Phillips/Breitweiser chez Image Comics

 

Ici, rien de superflu mais des auteurs qui laissent le temps à l’histoire, à l’enquête de nous prendre les tripes ! Un jalon et un fameux pavé dans une mare qui n’a pas fini de frémir. Dans tous les sens et parfois pas à bon escient. Chance, Fondu au noir est d’une justesse et d’une intensité imparables. Aussi parce que de coupable, il n’y en a pas qu’un, et que de héros, « il n’y en a pas dans la vraie vie » (c’est Dottie, l’attachée de presse, et inventeuse de biographies fictives pour les acteurs qui passent dans son giron, qui le dit), il y en a en tout cas bien moins que des brutes !

 

Alexis Seny

 

Série : Fondu au noir

Récit complet

Scénario : Ed Brubaker

Dessin : Sean Phillips

Couleurs : Elizabeth Breitweiser

Genre : Polar, Enquête, Thriller

Éditeur VO : Image Comics 

Éditeur VF : Delcourt

Collection : Contrebande

Nbre de pages : 400

Prix : 39,95€



Publié le 18/01/2018.


Source : Bd-best


Marion Montaigne parfait notre culture avec humour : Passionnant !  Dans la combi de Thomas Pesquet

« - Le matin, t’as deux choix : soit tu te recouches pour continuer à rêver… Soit tu te lèves et tu réalises tes rêves…

-          Quel putain de génie, ce Michaël !

-          …Sauf si ton rêve, c’est de dormir. Alors là, ouais ça marche, j’avoue.

-          Y’a pas de secret, faut bosser. »

 

En ces temps-là, le jeune Thomas Pesquet a bien fait de suivre les préceptes de Michaël Jordan, joueur star de la NBA. Le rêve de Thomas est de devenir astronaute, et il va tout mettre en œuvre pour y arriver.

 

 

 

 

 

 

 

© Montaigne - Dargaud

 

 

 

De sa chambre d’étudiant à son retour sur terre, cet album va nous permettre de suivre la vie de Thomas dans ses moindres détails. On saura tout de son apprentissage, sa formation, sa préparation, longue, très longue, à une mission spatiale. On décollera ensuite avec lui de Baïkonour pour rejoindre la station orbitale, on suivra son travail sur place, puis on redescendra sut terre, pour finir par la transformation de l’homme en rat de laboratoire, les chercheurs analysant pendant plusieurs jours le comportement de son corps après son retour sur terre.

 

            Passionnant ! Passionnant est le mot pour définir cet album de Marion Montaigne. Après la quadrilogie Tu mourras moins bête, blog, puis BD, puis dessin animé de vulgarisation scientifique, Marion continue à nous apprendre tout un tas de choses en nous immergeant cette fois-ci dans la combinaison de Thomas Pesquet. Fidèle à son habitude, le tout est teinté d’humour et les gags sont légions. Comment fait-on caca dans l’espace ? Que fait-on des déchets ? Comment change-t-on un boulon ? La station spatiale, de la taille d’un terrain de foot américain, n’aura plus de secret pour personne. Ce n’est pas Buzz Aldrin, l’un des premiers héros de la conquête spatiale et second rôle drôlissime de ce livre, qui dira le contraire.

 

 

 

© Montaigne - Dargaud

 

 

 

 

 

Notons que ce n’est pas la première fois que l’auteure s’envole au-delà de l’atmosphère terrestre : souvenez-vous de la bande dessinée animalière Youri et Margarine dans l’espace, paru en 2009 chez Tourbillon.

 

            Tout comme Thomas Pesquet rêvant de retourner tutoyer les étoiles, on rêve que Marion Montaigne poursuive son exploration de la science pour notre plus grand bonheur…et notre plus grande culture. C’est pourtant pas sorcier !

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Dans la combi de Thomas Pesquet

Genre : Reportage

Scénario, Dessins & Couleurs : Montaigne

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 208

Prix : 22,50 €

ISBN : 978220576394



Publié le 18/01/2018.


Source : Bd-best


Entrez dans un monde fantastique où se côtoient humains et créatures bizarroïdes.  La boîte à musique 1 – Bienvenue à Pandorient

« - « Au secours » ?

-          Approche ! Vite ! Ma mère est malade ! Il faut que tu m’aides !

-          Comment veux-tu que je t’aide ?

-          Entre dans la boîte ! Par-là ! Oui, la clé !

-          Et je suis censée faire quoi ?

-          Non, tu dois faire un tour à droite, deux tours à gauche… Et mets la main sur le globe ! Prête ?

-          Prête à quoi ?

-          A nous rejoindre ! »

 

            En répondant au message de détresse adressé par Andréa, la petite fille qui se trouve dans sa boîte à musique, Nola ne se doutait pas qu’elle se trouverait téléportée dans le monde de Pandorient, pays fantastique. Pour ses huit ans, son père lui a offert cet objet qui appartenait à sa mère aujourd’hui disparue. Aujourd’hui, c’est la mère de sa nouvelle amie que Nola va devoir sauver. Elle a été empoisonnée par de l’eau polluée. Chose étrange, elle semble avoir connu Annah, la maman de Nola. Aidées par Igor, les deux jeunes filles vont tout mettre en œuvre pour résoudre les mystères de cette contrée magique où se côtoient humains et créatures bizarroïdes, comme si de rien n’était.

 

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

 

            Le scénario de Carbone, bien que souffrant de quelques longueurs, saura séduire et enchanter les jeunes lecteurs. Si dans les premières pages, on a l’impression de retrouver Harmony et Nora dans la cabane au fond des bois, la suite dirige la série dans l’axe pris autrefois par Zowie, qui par le truchement d’un livre magique, s’évadait de la pension dans laquelle il était retenu avec ses camarades, sous les pinceaux de Darasse et Bosse. Le film L’histoire sans fin, réalisé en 1983 par Wolfgang Petersen, est également une référence que ne peuvent pas renier les auteurs de cette Boîte à musique.

 

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

 

 

 

            Gijé, à ne pas confondre avec le grand Jijé (c’est à se demander comment il a pu prendre phonétiquement le même pseudonyme chez le même éditeur), signe un joli premier album. Ses couleurs directes invitent au voyage entre le monde réel et Pandorient. On n’avait pas vu une telle douce mise en couleurs dans Spirou depuis quelques années avec Le monde selon François, signé Collin et Zabus.

 

            Ecoutez les notes de La boîte à musique et accompagnez Nola dans son merveilleux voyage.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : La boîte à musique

Tome : 1 – Bienvenue à Pandorient

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Carbone

Dessins & Couleurs : Gijé

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 12 €

ISBN : 9782800173191



Publié le 17/01/2018.


Source : Bd-best


Comment captiver et capturer le lecteur dans une aventure avec un grand A  Frnck 3 – Le sacrifice

« - Regarde !

-          un doigt. Très intéressant.

-          Non, pas un doigt : une blessure grave ! J’ai mal !

-          Ceci est un petit bobo de rien du tout.

-          Ça commence par un petit bobo de rien du tout, et après ça devient un gros bobo de rien du tout, et après ça devient un énorme bobo violet de rien du tout, et après ça devient un bobo vert et jaune et puant qui monte jusqu’à l’épaule de rien du tout, et à la fin on meurt de rien du tout. »

 

 

 

 

 

 

 

 

© Bocquet, Cossu - Dupuis

 

 

 

 

            Effectivement, il vaut mieux se méfier des bobos de rien du tout avant qu’ils ne deviennent mortels. Léonard, l’homme roux, qui soigne par les plantes ferait mieux de prendre garde à ces petits bobos. Mais pour l’instant, il a testé toutes les plantes qu’il connaît, il ne sait pas comment soigner le maintenant gros bobo qui ronge ses compatriotes, mais aussi les membres de la tribu de Frnck.

 

            Ce nouvel album de Frnck, par le biais de l’aventure et de l’humour, traite d’un problème de santé publique : la contamination par un virus. Notre Spirou (inter)national l’avait fait dès 1982 dans Virus. Ici, le thème est préhistoriquement rebooté. Les auteurs sensibilisent aussi aux différents types d’alimentation : carnivore vs végétarien, quel régime adopter ?

 

            Avec le personnage de Franck, Olivier Bocquet transporte l’ado du XXIème siècle dans un monde perdu, passé, mais qui lui permet d’aborder des sujets de société contemporain. Depuis le mythe de la caverne de Platon, la métaphore n’est-elle pas le meilleur moyen pour éveiller les consciences ? Bocquet prouve par ailleurs qu’il est encore possible de captiver et capturer le lecteur dans une aventure avec un grand A et de finir par une conclusion teintée d’émotion.

 

 

 

© Bocquet, Cossu - Dupuis

 

 

 

 

            A ses côtés, le dessinateur Brice Cossu garde le rythme. Sans faillir, il abat les planches à un rythme trépidant. Ce gars-là est le Lewis Trondheim du dessin semi-réaliste. On en reparlera très prochainement avec le triomphe d’un certain Zorglub.

 

            Fidèle au poste, le coloriste Yoann Guillo complète le trio avec des tons et des dégradés au service des ambiances et de la vitesse de lecture. Cet individu mériterait amplement que son nom soit associé en couverture d’album à ceux de ses petits camarades de jeu. Comme quoi, même si les scénaristes ont mis du temps à installer officiellement leur place dans le monde de la BD, pour les coloristes, on avance mais on n’y est pas encore.

 

            Après la lecture du Sacrifice, sans savoir si l’on va devenir végétarien, en tout cas, on ne mangera plus d’éléphant…enfin, de mammouth.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Frnck

Tome : 3 – Le sacrifice

Genre : Aventure pré-historique

Scénario : Bocquet

Dessins : Cossu

Couleurs : Guillo

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800170480



Publié le 16/01/2018.


Source : Bd-best


Amateurs de BD et d’automobile : même combat avec :  Les chroniques de Starter 5 – 60 voitures historiques

          «  - My taylor is rich…

-          Voyons, Mademoiselle Sophie ! Soyez sérieuse : Ceci est une grande dame… 

-          God save the Bentley !

-          Harold !! »

 

C’est qu’elle se prendrait pour une aristocrate, cette sacrée Sophie, à bord d’une Bentley 1954. Comme le dit Starter, cette splendide automobile noire est un somptueux boudoir sur roues ayant la sérénité d’un paquebot et la douceur d’un hydroglisseur, et surtout le confort et la chaleur de son fauteuil préféré.

 

            Après les voitures des années 60, les sportives, les populaires, les insolites, cette nouvelle salve des chroniques de Starter propose un voyage de près de cent ans dans le XXème siècle avec 60 voitures historiques. Au volant d’une superbe Alfa Roméo C6 Gran-Sport, le mécano roule à toute allure en couverture de ce cinquième recueil.

 

 

 

 

 

© Jidéhem - Dupuis

 

 

 

            Jidéhem et son chroniqueur préféré nous font vivre un joli voyage dans le temps en nous présentant des modèles de voitures de 1908 à 1980. Qu’elles soient luxueuses, sportives ou pour tous les jours, les autos prennent vie sous la plume du dessinateur. Au volant de chacune d’entre elles, Starter file comme le vent et nous explique dans un court rédactionnel les particularités de chacune d’entre elles. Ces explications, loin d’être uniquement descriptives et mécaniques, sont bourrées d’anecdotes qui font que l’album se lit comme un recueil de nouvelles. On apprend que la Ford T était la voiture emblématique de Laurel et Hardy. La Packard fut le véhicule officiel des présidents des Etats-Unis de 1930 à 1940. Le mot Jeep désignait à l’origine tout simplement un nouveau véhicule dans le jargon militaire américain. La Jeep Willys fut baptisée dans les sables d’El Alamein en pleine seconde guerre mondiale.

 

            Si Will était le dieu du décor, Jidéhem était celui de la mécanique. Outre des carrosseries léchées, travaillées, fidèles, il dépeint également les intérieurs des modèles avec minutie.

 

            Nul besoin d’être spécialiste de l’un ou l’autre domaine, ce recueil est un bel album aussi bien pour les amateurs de voitures que pour les amoureux de l’âge d’or de la BD franco-belge.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les chroniques de Starter

Tome : 5 – 60 voitures historiques

Genre : Documentaire

Textes & Dessins : Jidéhem

Couleurs : Sophie de Mesmaeker

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 120

Prix : 35 €

ISBN : 9782800173634



Publié le 16/01/2018.


Source : Bd-best


Un album poignant où l’innocence de l’enfance est plus forte que la guerre.  Seule

« - On va rester ici longtemps, padrina ?

-          Je ne sais pas. Les hommes nous diront. Nous, nous devons rester cachées.

-          Je peux jouer avec ma poupée ?

-          Bien sûr…

-          Je vais lui chanter une chanson. »

 

Blottis dans une bergerie de montagne alors que leur village se fait bombarder, Lola, sa grand-mère, ainsi que les autres femmes et enfants du hameau, attendent le signal des hommes pour regagner leurs domiciles ou les ruines qui en restera. « Quand est-ce que finira la guerre ? », demande la fillette. « Si elle finit vite, c’est qu’on l’aura perdue. », lui répond, fataliste, l’aïeule. Confiée depuis trois ans à ses grands-parents, la gamine de six ans n’a qu’une idée en tête : rejoindre ses parents et sa petite sœur.

 

 

 

 

 

© Lapière, Efa - Futuropolis

 

 

 

            Denis Lapière adapte avec délicatesse les souvenirs de Lola, grand-mère de la femme de Ricard Efa. Aujourd’hui âgée de 83 ans, ses souvenirs d’enfance au beau milieu de la guerre civile espagnole sont racontés au fil des mois. Sa photo au regard de la première planche donne une dimension supplémentaire à un récit qu’on aborde ainsi avec une vision particulière. Depuis ses débuts (avec notamment Alice et Léopold, série injustement méconnue dont on vous parlera un jour dans la rubrique Case à part), Denis Lapière sait s’immerger dans le corps et le cœur des enfants pour aborder les récits de leur hauteur.

 

 

 

 

© Lapière, Efa - Futuropolis

 

 

 

 

            Après le poignant Soldat, avec Jouvray dans la magnifique collection Signé du Lombard, et Monet, nomade de la lumière, dans la belle et malheureusement déjà feu-collection Les grands peintres chez Glénat, Efa peint des cases de BD comme autant de tableaux de maître dans Seule. Sensibilisé de près par le sujet qu’il raconte ici, il a mis au service de la quête de Lola tous les savoir-faire qu’il a acquis lors de la réalisation de ses albums précédents.

            Du bleu de la nuit à l’orange du feu, du jaune de la chaude campagne au gris des cendres de la destruction, Efa intègre la couleur à la narration comme un personnage supplémentaire, un fantôme en filigrane entre personnages et décors. Du bien beau travail. Ainsi, de la noirceur nocturne au blanc (de l’espoir ?) éclairant Lola, en passant par l’orange et le rouge de la dévastation, la couverture montre la palette employée par l’auteur. Un cochon est positionné en victime, les entrailles à l’air, métaphore des horreurs que les adultes essayent tant bien que mal de dissimuler aux enfants de la guerre.

 

            Cet album est à ranger dans sa bibliothèque à côté de Jamais je n’aurai 20 ans, de Jaime Martin, paru chez Aire Libre en 2016.

 

            Emouvante et cruelle, réelle et bouleversante, l’histoire de Lola démontre que tout au bout d’un chemin, même au-delà d’une impasse, il y a une lueur.

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Seule

Genre : Histoire

Scénario : Lapière

Dessins & Couleurs : Efa

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 72

Prix : 16 €

ISBN : 9782754820998



Publié le 16/01/2018.


Source : Bd-best


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