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Spirou 4264 -  1er janvier 2020

 

 

 

Spirou vous souhaite une bonne année 2020 avec Olive !

 

 

 

 

 

            Lucy Mazel et Véro Cazot, avec Olive, sont les autrices d’une série merveilleusement onirique. On n’avait pas vu ni lu une telle aventure depuis le début des années 80 avec les rêves de Nic, histoires courtes de Morphée dessinées par Hermann et qui firent l’objet de trois albums. La différence avec Olive est que nous ne sommes pas dans des rêves nocturnes mais dans un onirisme aux frontières du songe et de la réalité.

 

            Toujours dans les histoires à suivre, le quatrième épisode de Frnck voit enfin l’apparition de Frnck, le « vrai ». Il fallait oser se passer du personnage principal pendant toute une moitié d’un récit. Cossu et Bocquet l’ont fait. Le coup est réussi.

 

            Côté histoires complètes, Les femmes en blanc, valeur sûre, côtoient HOME, nouveauté prometteuse.

 

            Pour les tous, le traditionnel calendrier 2020, avec une couverture de Fabrice Tarrin, est offert.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Tarrin, Neidhardt - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Dans les yeux de Lya : Sur les traces du coupable

Frnck : Dinosaures

Olive : Une lune bleue dans la tête

Spirou chez les Soviets

 

 

Récits complets :

 

Femmes en blanc : Rincée

H.O.M.E : On a roulé sur la lune

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Comme des bêtes

Cramés !

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Faut pas prendre la mouche (La pause-cartoon)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Harry

Kahl & Pörth

Minions (Les)

Nelson

Passe-moi l’ciel

Spoirou & Fantasperge

Tash et Trash  (La pause-cartoon)

 

Et plein de héros dans les marges souhaitent la bonne année !

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Floris

En direct du futur : De Pins, pour Zombillenium

Jeux : Le monde imaginaire d’Olive (Joan)

Leçon de BD (La) : Jouvray

 

 

Supplément :

Calendrier 2020

 

 

En kiosques et librairies le 1er Janvier 2020.

2,90 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 31/12/2019.


Source : Bd-best


De l’art et des machines, et malgré tout, une contemplation. Moon of the moon

«  - Monsieur, vous cherchez quelqu’un ?

- Heu… Est-ce qu’une certaine Mary habite ici ?

- Elle a déménagé

- Vous la connaissiez ? Où a-t-elle déménagé ?

- Je ne la connais pas. Je ne sais pas.

- Voici mes coordonnées. S’il y a des nouvelles, vous pouvez m’avertir ?

- D’accord. »

 

 

 

 

 

                Un camion percute une voiture. L’un des occupants est mort, l’autre pense qu’il l’est. Il erre sur une plage, puis près d’une route. Pendant ce temps, une jeune fille arrive au Louvre, contemple la pyramide et pénètre dans le Musée.

 

                Les deux victimes de l’accident sont Werner et Rainer. Les deux scientifiques ont restauré des robots humanoïdes qui ont disparu. L’un d’eux, ou plutôt l’une d’elle, Mary, tente de donner un sens à son existence en observant des œuvres d’art. C’est sur ses traces que part Rainer.

 

 

 

 

© Li Chi Tak - Louvre/Futuropolis

 

 

Dans la droite lignée d’I, robot, de A.I. ou encore de Westworld, la conscience des robots est au cœur de Moon of the moon. Mais alors que l’essentiel des récits sur le sujet restent sombres ou pessimistes, le récit de Li Chi Tak offre un nouvel espoir, celui de l’art. remède universel à la violence et aux guerres. L’art est une panacée pour qui cherche à en décoder les tenants et les aboutissants, ou bien, tout simplement, pour qui reste contemplatif devant lui. Sur ce schéma, Moon of the moon permet deux niveaux de lecture : une lecture explicite sur le sujet développé, ou une lecture admirée des cases de l’auteur hongkongais.

 

 

 

 

© Li Chi Tak - Louvre/Futuropolis

 

 

Yslaire, Durieux, Urasawa, Prudhomme, Davodeau, De Crécy,… La collection Louvre-Futuropolis accueille les plus grands auteurs du monde. Chacun d’entre eux a signé un album remarquable. Li Chi Tak rejoint cette prestigieuse académie avec toute la grâce et la poésie qui caractérisent son œuvre aux influences de Moebius et d’Otomo.

 

L’auteur donne à son récit une dimension éthique et politique. Ethique quand un cyborg se demande comment insuffler une étincelle de vie dans l’art, alors que ça a bien marché sur lui. Politique car les gouvernements, quels qu’ils soient, en prennent pour leurs grades. « La plus grande organisation terroriste, c’est le gouvernement ! Il nourrit des gens pour en tuer d’autres ! » assène un personnage. « Les attentats dont ils parlent, ce sont eux qui les ont organisés! » rétorque un autre.

 

 

 

 

© Li Chi Tak - Louvre/Futuropolis

 

 

Le sans-faute Louvre-Futuropolis continue avec ce récit philosophique et exigeant dans lequel tout s’éclaire lors d’une deuxième lecture. Comme la lune, Moon of the moon a une face cachée. Ne la voient que ceux qui le méritent.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Moon of the moon

 

Collection : Louvre

 

Genre : Onirisme artistique

 

Scénario & Dessins : Li Chi Tak 

 

Éditeur : Futuropolis/Louvre

 

Nombre de pages : 88

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782754826495



Publié le 24/12/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4263 -  25 DĂ©cembre 2019

 

 

Boule & Bill, 60 ans de complicité ! : Un drone de Noël

 

 

 

 

 

 

            «  - C’est un beau bateau, p’pa. Quand c’est que tu me fabriqueras un avion ? » Ainsi se terminait Boule contre les mini-requins, la première histoire de Boule et Bill parue dans le numéro de Spirou de Noël 1959. Soixante ans plus tard, Bocquet et Munuera se sont emparés de cette phrase de Boule pour impulser une suite à cette histoire. C’est sur celle-ci que se base donc La bataille de Noël, récit complet dont ils sont les auteurs.

 

            Ce spécial Boule et Bill permet quelques délires dont le plus remarquable est celui de Mog et Bernstein qui ont rebaptisé leur série Willy Woob en Willy et Kiki.

 

            Pour les abonnés, un poster de Louca pourra décorer leur chambre.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Dequier - Dupuis 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Dans les yeux de Lya : Sur les traces du coupable

Frnck : Dinosaures

Olive : Une lune bleue dans la tête

Spirou chez les Soviets

 

 

Récit complet :

 

Boule & Bill : La bataille de Noël

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Macadam Valley  (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge

Tash et Trash  (La pause-cartoon)

Willy Woob

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Cazenove

En direct du futur : Cossu, pour la couverture de Frnck 6

Joyeux anniversaire Boule & Bill

Jeux : Boule & Bill, une journée normale (Garouste)

Spirou & moi : Mannaert

 

 

Supplément abonnés :

Poster : Louca

 

 

En kiosques et librairies le 25 Décembre 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 22/12/2019.


Source : Bd-best


Retour en forme, retour en grâce.  Largo Winch 22 -  Les voiles écarlates

« - Le cauchemar recommence, maître ! Comme à la mort de Nerio, sans ses titres, Largo perd le groupe !

- Non ! Cette fois il ne sort pas de nulle part. Si le voleur veut vraiment mettre la main sur le groupe, il devra se dévoiler… Procès assuré, à coups de millions de dollars.

- On est sauvés !

- Pas tout à fait… Sans ces documents, sa refiscalisation est impossible. Mais il y a pire ! Si le gouvernement américain apprend que Largo n’est plus en possession de ses titres, il peut décider de mettre le groupe sous tutelle. »

 

 

 

 

 

                Dwight Cochrane va avoir besoin d’aspirine. D’après la loi sur la sécurité nationale, s’il y a suspicion d’acquisition d’une société sensible par un tiers qui pourrait être un groupe terroriste ou un état voyou, les flux financiers transitant par les Etats-Unis peuvent être gelés.

                Confronté à un oligarque russe, Largo doit négocier pour récupérer l’équivalent de 50 milliards de dollars de son groupe. Mais la mafia locale ne fait pas dans les sentiments. Le poids des armes est plus fort que le prix des âmes. Winch va devoir compter sur une alliée inattendue pour l’aider à se sortir de ce faux-pas.

 

 

 

 

© Francq, Giacometti, Denoulet - Dupuis

 

 

                Après un premier essai décevant, le romancier Eric Giacometti fait plus que redresser la barre en signant l’un des meilleurs scénarios de la série depuis longtemps. A-t-il assimilé les codes Van Hamme ou bien s’est-il affranchi des contraintes pour aller dans une direction qui lui est propre ? Les deux, mon général ! Il utilise la structure et l’architecture du créateur de la série en intégrant de nouveaux personnages secondaires à la définition non manichéenne. Ainsi, la belle Ksenia Naievna sauve la mise à Largo et prend une place auprès du milliardaire autre que celle d’une pseudo James Bond girl. Elle risque de faire de Simon un pâle second rôle. Chez les « méchants », Giacometti joue aussi la carte de l’ambiguïté en brouillant les pistes.

 

 

 

 

© Francq, Giacometti, Denoulet - Dupuis

 

 

                Philippe Francq prend un plaisir non dissimulé à dessiner cet épisode. Les tracasseries avec son ancien scénariste semblent loin. Il ne se prive de rien. Les balles et les couteaux atteignent leurs cibles et une petite orgie au coin d’une planche n’est pas censurée.

 

 

 

 

© Francq, Giacometti, Denoulet - Dupuis

 

 

                Dans l’édition documentée à tirage limité, Giacometti raconte comment l’actualité l’a inspiré dans la genèse de son scénario : Bernard Madoff, le Shadow Banking, les oligarques russes. Les complexités financières s’éclairent dans une étonnante limpidité. Le professeur de finance Olivier Bossard enfonce le clou en expliquant avec des mots simples le rôle de la finance dans l’économie mondiale. Et qu’aurait-il fait s’il était directeur général du groupe W ? Le spécialiste justifie ses choix.

 

                Levez les voiles écarlates. Un Largo nouveau est arrivé. L’aventure est relancée.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Largo Winch

 

Tome : 22 -  Les voiles écarlates

 

Genre : Thriller financier 

 

Scénario : Eric Giacometti 

 

Dessins : Philippe Francq 

 

Couleurs : Philippe Francq & Bertrand Denoulet 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14,95 €

 

ISBN : 9791034731039

 



Publié le 21/12/2019.


Source : Bd-best


Séance de rattrapage. De la ligne claire réaliste au service d’un scénario carré.  Sydney Bruce 3 - Le signe de Sokari

« - Je pense qu’il est temps de vous donner les explications que nous vous devons, à Mister Bruce et vous-même… N’est-ce pas, Edwin ?...

- Bien sûr, Docteur Wayn… Mon cher Amin, c’est grâce à votre intervention à Sydney et toi que mon enlèvement a raté l’autre soir à Manchester… Vous avez fait preuve d’un beau courage en m’arrachant à mes ravisseurs ! Seulement, vous avez contrarié les plans du Docteur Wayn…

- Oui… Mon intention était seulement de nous permettre, à Edwin et à moi, de faire pression sur lord Trelawny… Nous cherchons en effet à le confondre…

- Que voulez-vous dire, Dr Wayn ?

- Mon père est un homme très puissant et j’ai tout à craindre de lui bien qu’étant son seul héritier... »

 

 

 

 

 

            Manchester, un soir de juin 1889. Sydney et son ami tunisien Amin empêchent l’enlèvement d’Edwin, un de leurs camarades auteur de pièces de théâtre. Il s’avèrera que la tentative de rapt était une ruse pour faire pression sur le père d’Edwin, Lord Trelawnay, dont les agissements lors de découvertes phénoménales dans des fouilles égyptiennes sont plus que répréhensibles. Il va falloir pour nos amis user de finesse et de théâtralité pour confondre celui qui, outre être un archéologue notoire, est un assassin.

 

 

 

 

© Carin, Rivière - Paquet/Place du sablon

 

 

Il y a l’école Hergé, il y a l’école Martin, il y a l’école Jacobs. Mais on oublie trop souvent l’école Piroton, celle du créateur de Jess Long, descendant en ligne droite d’un classicisme américain à la Chester Gould. C’est dans cette catégorie que peut se classer Francis Carin. Assistant du susnommé Arthur Piroton sur Les casseurs de bois à la fin des années 70, il débutera réellement sa carrière avec Les diables bleus, au cœur de la guerre des tranchées. Il connaîtra le succès à partir du milieu des années 80 avec Victor Sackville, espion de George V, un James Bond de l’époque avant-guerre, série qui connu vingt-trois albums jusqu’à 2010. En parallèle, en 1986 et 1988, Carin publie deux histoires de Sydney Bruce, dans Circus, puis en album chez Glénat. Paquet vient de rééditer ces deux albums dans la collection Place du Sablon et les a accompagnés de l’inédit Signe de Sokari.

 

 

 

 

© Carin, Rivière - Paquet/Place du sablon

 

 

En toute discrétion mais avec maîtrise et assurance, Carin a construit une œuvre discrète mais assurée, dans laquelle on peut compter également deux albums de Lefranc. Au fil de sa carrière, le trait de Carin s’est singularisé dans une ligne claire réaliste qui n’appartient qu’à lui.

 

 

 

 

© Carin, Rivière - Paquet/Place du sablon

 

 

Sydney Bruce est un jeune homme dans l’Angleterre Victorienne. Son oncle est enquêteur à Scotland Yard, ce qui le baigne dans des ambiances mystérieuses et suscite en lui un goût immodéré pour la résolution d’énigmes. En grand amateur et spécialiste d’Agatha Christie, le scénariste François Rivière le plonge dans des enquêtes qui sentent bon leur époque. Espérons que le rebond de ce troisième épisode relancera la série.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Sydney Bruce  

 

Tome : 3 - Le signe de Sokari

 

Genre : Polar 

 

Scénario : François Rivière 

 

Dessins : Francis Carin 

 

Couleurs : Cristina Stella 

 

Éditeur : Paquet

 

Collection : Place du Sablon

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14 €

 

ISBN : 9782889360116

 



Publié le 20/12/2019.


Source : Bd-best


Derrière les masques, la magie d’une ville et celle de la musique.  Mausart 2 - Mausart à Venise

« - Venise, m’sieurs dames, tout le monde descend ! Et on n’oublie rien à l’intérieur, surtout pas ses déchets qu’on jettera aux endroits prévus à cet effet !

- Monsieur Mausart ? Monsieur Mausart, enfin ! Quel honneur de vous accueillir et de vous rencontrer. Je me présente : Lopar, pour vous servir. Mon cousin Ligo m’a dit la plus grand bien de votre personne et m’a promis les foudres de l’enfer si je ne prenais pas soin de vous comme de la prunelle de mes yeux de chat.

- Bonjour, Monsieur Lopar. Ce que j’ai vu des portes de la ville m’éblouit et me fait frétiller les moustaches. Je suis déjà conquis ! Et puis… Je vais découvrir ce que c’est que d’être choyé « aux petits oignons » !

- Vous n’avez pas idée, Monsieur. Permettez que je prenne votre bagage... »

 

 

 

 

 

            En concert en Italie, Mausart, souriceau de son état, fait escale à Venise. La Sérenissime est prête à l’accueillir à bras ouverts, mais d’autres s’apprêtent à lui ouvrir leurs crocs. En plein carnaval, le musicien va jouer les dernières notes de sa tournée. Seront-ce les dernières de sa vie ? Chat reste à voir !

 

 

 

 

© Smujda, Joor - Delcourt

 

 

En prenant Venise pour décor, Thierry Joor permet à son dessinateur de se transcender. La place Saint-Marc et le pont des soupirs, entre autres, éclatent de beauté sous les pinceaux de Gradimir Smujda.

 

 

 

 

© Smujda, Joor - Delcourt

 

 

Avec grâce, les auteurs multiplient les scènes magiques. Dans un dessin pleine page, une foule dense de carnavaliers défie le lecteur à la manière d’un « où est Charlie ? ». Sous les gondoles, le spectacle continue. Poissons et crustacés emmènent l’orchestre dans une Venise sous-marine. Les frontières entre la réalité et la fiction se floutent dans une rencontre avec Stradivarius le plus grand luthier du monde, pendant qu’une souris gitane danse sous un arbre qui joue du violon. Même en cuisine, c’est un art, culinaire celui-là, qui est mis en avant, mais Ratatouille n’est pas là pour sauver les souris qui en auraient besoin. Il va falloir se débrouiller autrement.

 

 

 

 

© Smujda, Joor - Delcourt

 

 

On dit toujours qu’on ouvre une bande dessinée pour son dessin et qu’on en poursuit la lecture pour son scénario. Si le récit ne suit pas, on arrêtera en route. Ce Mausart à Venise ne rentre pas dans cette catégorie. L’album est somptueux et il y a une réelle histoire. Magnifique.

 

 

 

 

© Smujda, Joor - Delcourt

 

 

            Si certains se demandent encore si la BD est un art, c’est qu’ils n’ont jamais lu d’albums de Gradimir Smujda.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Mausart

 

Tome : 2 - Mausart à Venise

 

Genre : Tranche animalière d’une vie d’artiste 

 

Scénario : Thierry Joor 

 

Dessins & Couleurs : Gradimir Smudja 

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 38

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782413016915

 



Publié le 18/12/2019.


Source : Bd-best


Entre les hommes et les dieux, tracer son propre chemin. Noble New World Adventures 2

 « - Caïn Von Silford. Lève la tête.

- Il y a peu Silk Von Santana et la princesse Telestia ont été attaquées par une horde de cinquante orques. Qui plus est, un général orque, un monstre de classe supérieure, se trouvait aussi dans leurs rangs. Le niveau de menace de la horde s’élevait au rang A. C’est à ce moment que le jeune Caïn Von Silford s’est jeté dans la bataille… Il triompha à lui seul d’une trentaine d’orques, soigna les chevaliers blessés avec une magie curative et transporta les chevaliers tombés au combat jusqu’à la capitale. Ses exploits méritent une récompense. Sa majesté va prendre la parole. Écoutez attentivement.

- Mon cher Caïn. Ce que tu as réalisé est prodigieux. Sans ton intervention, la princesse et la fille du Duc de santana ne seraient pas à nos côtés aujourd’hui. Voici ta récompense ! Caïn Von Silford, je te confère le titre de Baron ! »

 

 

 

 

 

            Caïn Von Silford vient d’accomplir un acte de bravoure qui le propulse dans les petits papiers du roi. Il vient de sauver à la vie à deux jeunes filles de sang noble : la troisième fille du roi d’Esfort, la princesse Telestia Terra Esfort, et la deuxième fille du Duc de Santana, Silk Von Santana. Le roi le fait Baron, lui offre dix pièces de platine, ainsi qu’une demeure dans la capitale. A dix ans, c’est exceptionnel, mieux, c’est du jamais vu.

 

 

 

 

© nini 2018 / MAG Garden

© Yashu 2018 / HIFUMI SHOBO

 

 

            Nini poursuit l’adaptation des romans de Yashu. Aujourd’hui se pose la question d’avoir sa destinée tracée dès un très jeune âge. L’avenir de Caïn doit-il être dicté par un roi ? Aussi nobles soient les intentions du monarque, jusqu’à quel point le jeune homme garde-t-il ses libertés et son libre arbitre ?

 

 

 

 

© nini 2018 / MAG Garden

© Yashu 2018 / HIFUMI SHOBO

 

 

            Même s’ils n’insistent pas dessus, les auteurs rappellent les origines de Caïn. C’est en fait Kazuya, mort dans une rixe, qui a incarné ce corps, dans une autre époque, dans un autre lieu. On s’en souvient lorsque Caïn s’en remet aux dieux qui lui ont accordé cette seconde chance. Ceux-ci lui demandent mettre d’utiliser les connaissances de sa vie passée pour créer au moins une chose capable de divertir les habitants de ce monde. Et comme il est impossible de créer des consoles de jeu, pourquoi ne pas fabriquer un jeu de plateau ici inconnu.

            Le héros est mis, par les hommes ou par les dieux, face à des situations problèmes qu’il doit résoudre. Le lecteur cherche à le faire avec lui.

 

 

 

 

© nini 2018 / MAG Garden

© Yashu 2018 / HIFUMI SHOBO

 

 

 

            Commencer un manga par un combat contre une horde d’ogres et le terminer par un bal de débutantes, c’est loin d’être banal. La seule scène d’action est au début et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde. Shonen ou Shojo ? En mettant un pied de chaque côté, NNWA ratisse large.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Noble New World Adventures

 

Tome : 2

 

Genre : Quête initiatique magique 

 

Scénario : Yashu 

 

Dessins : Nini

 

Character Design : Mo

 

Éditeur : Komikku

 

Nombre de pages : 184

 

Prix : 7,99 €

 

ISBN : 9782372874816

 



Publié le 18/12/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4262 -  18 DĂ©cembre 2019

 

 

 

Frnck, les empreintes du passé

 

 

 

 

 

 

 

            Retour au calme après l’exceptionnel numéro de Noël ? Oui, mais non. Spirou, ce n’est jamais le calme après la tempête. Chaque numéro de Spirou est une surprise en soi.

 

            Deux récits complets marquent ce numéro. Une nouvelle enquête des détectives Marc et Pep de Nicoby les amène sous le signe du verso. Côté grand classique, dans Cédric, c’est au tour de Papy de sortir le chien.

 

            Pour les abonnés, le sensible et talentueux Sergio Salma, après ses précédentes Deux histoires de canari, livre cette semaine Deux histoires d’ours.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Salma - Dupuis 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Dans les yeux de Lya : Sur les traces du coupable

Frnck : Dinosaures

Olive : Une lune bleue dans la tête

Spirou chez les Soviets

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Papy sort le chien

Marc et Pep : Le signe du verso

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Harry

Kahl & Pörth

Macadam Valley  (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge

Tash et Trash  (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Yann

En direct du futur : Matt, par Thitaume

Jeux : Précédemment dans Frnck (Mouk)

Leçon de BD (La) : Dab’s

 

 

Supplément abonnés :

Stripbook : Deux histoires d’ours (Salma)

 

 

En kiosques et librairies le 18 Décembre 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 17/12/2019.


Source : Bd-best


Va, lis et meurs... Le livre des démons 3

« - Pour résumer, un « rite de dévoration » était pratiqué dans le village de Kôjiro et des humains « habités par les démons » ont vu le jour.

- Tout à fait. Apparemment, cette communauté vivait isolée du monde. Les villageois n’accueillaient que très rarement des personnes de l’extérieur. C’est sûrement pour cette raison qu’ils ont développé une culture étrange. Le « rite de dévoration » en faisait partie, un rite cannibale qui a donné naissance à une étrange maladie… Les personnes infectées tombent dans la folie et ont l’insatiable envie de dévorer de la chair humaine. Ces symptômes les font paraître comme « habitées par des démons ». Pour certains, cette maladie serait une punition réservée aux villageois qui ont enfreint les règles du village. Pour d’autres, ce serait un agent infectieux provenant d’un des défunts dévorés. Aucune personne du coin n’a cherché à s’approcher du village, vu les rumeurs qui courent à son sujet. Même les marchands et les chasseurs ne connaissent pas sa position exacte. »

 

 

 

 

 

Shotaro Mononobe, gérant d'un magasin de livres d'occasion, a envoyé Shiba, détective privé de son état, afin d’enquêter sur les origines de la jeune Mayu, délivrée d’un démon et arrivée à la librairie, avec pour seuls bagages son nom et quelques mots : Kojiro et Rite. Le détective va rapidement découvrir que des meurtres étranges se sont produits à Kôjiro, village perdu en pleine campagne. Les victimes, des jeunes femmes, ont l’abdomen dévoré. Le monstrueux démon qui a commis ces meurtres semble les avoir croquées. Plus étrange : il y a tout autour des victimes des traces de mains, et uniquement cela, aucune empreinte de pied.

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

On retrouve Shotiro et son mignon et terrifiant (pour les démons) petit frère Shiro aux prises avec un mystère particulièrement morbide et sanglant. Mais ce que les monstres ignorent, c’est que le jeune Shiro est en fait un Shinchû, insecte divin dévoreur de démons. L’angelot se transforme alors en un sanguinaire gamin maléfique assoiffé de sang aux dents acérés.

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

Konkichi créé une nouvelle mythologie autour des livres des démons. Les démons n’attaquent les humains que de la manière inscrite dans le livre qu’ils ont lu. Originalité de son manga, les plus « gentils » de l’histoire ne sont pas les personnages principaux. Le libraire et son « sbire » font leur justice, même si elle n’est pas forcément celle des hommes. En revanche, Shiba le détective et Kondô le détective sont les personnages auxquels le lecteur peut humainement s’assimiler.

 

Le mangaka développe son histoire principale sur les trois-quarts de l’opus et termine par un double-chapitre formant une histoire indépendante. Il est presque conseillé aux nouveaux lecteurs de commencer par celle-ci afin de s’imprégner de l’univers et des caractères des « characters ».

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

Nul n’ignore les difficultés rencontrées par les éditions Komikku ces derniers mois. La maison d’édition mérite d’être soutenue. Leur petite équipe fait un excellent travail, publiant des mangas variés. Du formidable L’enfant et le maudit à l’envoûtant Blue Thermal, de l’étrange Sleeping Charon au charmant Noble New World Adventures,  nous reviendrons régulièrement dans ces colonnes sur leurs productions éclectiques.

 

En attendant, embarquez dans la lecture de ce Livre des démons en essayant de ne pas vous laisser « transformer ».

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le livre des démons

 

Tomes : 3

 

Genre : Fantastique 

 

 Scénario & Dessins : Konkichi

 

 

Éditeur : Komikku

 

Nombre de pages : 166 

 

Prix : 7,99 €

 

ISBN : 9782372874748

 

 



Publié le 17/12/2019.


Source : Bd-best


2019 au pied du sapin. La sélection de l’année par BD-Best.

 

 

            Comment choisir 10 albums sur une année de lecture de plus de 300 titres ? Forcément, le résultat est subjectif, mais il est là. Choisir, c’est renoncer. Voici donc, sans classement, la sélection des dix albums retenus pour vous et qu’il est encore temps de déposer au pied du sapin.

 

 

 

 

 

 

 

 


Comment une jeune fille de 15 ans a modifié l’Histoire de l’Amérique.

Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin

 

            Claudette Colvin a 15 ans. Comme tous les jours, elle a pris le bus pour rentrer chez elle. Il s’est rapidement rempli. Une femme blanche lui a demandé de lui céder son siège. Claudette a refusé. Le chauffeur est alors descendu pour interpeller deux policiers. Ils ont frappé l’adolescente et l’ont évacuée du bus. C’est comme cela que Claudette Colvin s’est retrouvée quelques jours plus tard devant une cour de justice de l’Alabama. Elle plaide non coupable et entame ainsi un combat national aux côtés de Rosa Parks, Jo Ann Gibson Robinson et Martin Luther King.

De sa naissance à l’abolition de la ségrégation, on suivra les pas de Claudette Colvin, encore vivante aujourd’hui, et l’on apprendra pourquoi son nom a quasiment disparu des tablettes.

            Alors que tout le monde connaît l’histoire de Rosa Parks, celle de Claudette Colvin est beaucoup plus méconnue. Cette biographie dessinée les fait se croiser et démontre le rôle primordial de la seconde dans l’évolution du changement des mentalités dans une Amérique raciste.

            A l’heure où les montées de partis politiques extrémistes progressent comme des armées de démons, la vie de Claudette Colvin donne un coup de pied dans la fourmilière. Ce livre témoignage montre d’où l’on est parti, du gouffre qu’on dû franchir les comportements pour devenir tout simplement « civilisés ». Il invite à ne pas revenir en arrière, avec quelque communauté que ce soit.

            Le graphisme d’Emilie Plateau est fin, délicat, minutieux, sensible. Son album n’est pas une bande dessinée classique. Il n’y a justement pas de bandes. Il n’y a pas de cases. Il y a, certes, plusieurs dessins par page. Ils sont effectués dans un minimalisme efficace. Sur fond blanc, une fois le lieu installé, les personnages réagissent dans des situations dépouillées de tout le superflu. Quelques scènes sur fond noir rappellent le désarroi de Claudette dans un monde xénophobe où l’on veut la faire passer du rôle de victime à celui de coupable.

            Le trait d’Emilie Plateau, c’est quelques lignes de finesse dans un monde de brutes. L’autrice est admirative du travail de Claire Brétécher. On y retrouve le désir d’aller directement et uniquement à l’essentiel. Pour synthétiser, si on effectue un grand écart, le style graphique de Noire, c’est un peu Agrippine à Persépolis.

            Noire est l’adaptation du roman éponyme de Tania de Montaigne. Emilie Plateau se l’approprie pour le transformer en biographie dessinée dans un style inédit, efficace et percutant. Indispensable.

 

 

One shot : Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin 

Genre : Biographie

Scénario, Dessins & Couleurs : Emilie Plateau

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 136

Prix : 18 €

ISBN : 9782205079258

 

 

 

 

 

Une série qui redéfinit la notion de super-héros. 

Irena 4 - Je suis fier de toi

 

            Varsovie, février 1944. Après son évasion, Irena a trouvé refuge chez sa mère. Aujourd’hui, après trois mois d’enfermement, la résistante a hâte de reprendre les affaires. Mais dans la clandestinité, ça va être encore plus compliqué. Le fidèle Antoni est toujours là pour lui donner un coup de main. Ensemble, ils ravitaillent les juifs cachés dans les endroits les plus improbables comme le zoo de Varsovie ou les sous-sols des bars. Irena croisera d’autres héros comme le jeune Martin, qu’elle soigne dans un hôpital de fortune, et qui a bravé tous les dangers, pris tous les risques pour vivre et survivre en se lançant dans un trafic de marché noir pour faire rentrer de la nourriture dans le ghetto.

            Parallèlement, en 1983, Irena raconte sa vie au mémorial de la Shoah à Yad Vashem à Jérusalem, dans l’allée des Justes.

 David Evrad varie les découpages comme jamais. On y trouve un dessin de Varsovie bombardée sur une double page, incrusté de plans rapprochés. Il y a deux planches se faisant face dont l’une est composée uniquement de cases horizontales et l’autre de cases verticales. Leur écho est puissant. On profite même d’images pleines pages. Le tout est mis en scène dans le graphisme rond et enfantin de David Evrard qui, contre toute attente depuis le début de l’aventure, a décuplé l’impact émotionnel d’un scénario comme celui-ci.

 Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël nous immergent dans la Pologne de 1944, au plus près d’Irena, de son courage, de ses craintes, de ses peurs, de ses doutes. Irena est altruiste et philanthrope. Dans cet épisode, les scénaristes creusent un peu plus ses sentiments. Irena y parle pour la première fois de la dépression, de la culpabilité de survivre jusqu’à l’acceptation d’avoir survécu.

 La série redéfinit la notion de super-héros. Ce n’est pas avec des super-pouvoirs que l’on sauve le monde, mais avec une âme.

 « Je suis fier de toi. » murmure le fantôme du père à sa fille Irena. « Nous sommes fiers de vous. » pouvons nous murmurer aux auteurs de cette indispensable biographie dessinée à ranger à côté du Maus d’Art Spiegelman.

 

Série : Irena

Tome : 4 - Je suis fier de toi

Genre : Drame historique 

Scénario : Morvan & Tréfouël 

Dessins : Evrard 

Couleurs : Walter 

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72 

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344031117

 

 

 

 

 

 

Le dernier western. 

Hollywood Menteur

 

            Mapes Hotel, juillet 1960. Arthur Miller et Marylin Monroe viennent d’arriver à Reno. Le tournage des Misfits, les « paumés », traduit en France par Les désaxés, va débuter. Miller en a signé le scénario, Marilyn en est la star. Ils ne se doutent pas encore que le projet va se transformer en chant du cygne d’un âge d’or. Avec des acteurs encore plus torturés que les personnages qu’ils jouent, la réalisation du film va s’avérer complexe. Le metteur en scène John Huston devra jongler avec les états d’âme de chacun. Il apprendra que les chevaux s’apprivoisent plus facilement que les acteurs. Entre une Marilyn Monroe dépressive, un Clark Gable alcoolique et un Montgomery Clift ayant dû mal à faire accepter son homosexualité, The Misfits rentrera à peine dans ses frais et mettra des années à devenir le film culte qu’il est aujourd’hui.

            Clark Gable mourra quelques jours après la fin du tournage. Marilyn Monroe n’achèvera pas son film suivant. Montgomery Clift quittera quelques années plus tard Hollywood pour New-York à cause du regard de l’industrie cinématographique sur ses penchants. Seul Eli Wallach tirera son épingle du jeu, avec à la clef une belle carrière couronnée par un Oscar d’honneur en 2011 et par son rôle du truand dans Le bon, la brute et le truand.

            Luz semble enfin sorti du drame Charlie Hebdo pour retrouver son statut d’auteur « libre », si tant est que cela soit possible. Toujours est-il qu’on le sent immergé dans cette histoire de l’histoire d’un film. Projet à la base prépublié dans Les Cahiers du Cinéma, Luz a lié les séquences pour en faire un récit fluide.

            Hollywood Menteur fait figure de tragédie antique. Il y a du Racine dans ce drame. Mais Luz n’oublie pas qu’il est humoriste. Paula Strasberg, la dame de compagnie et coach de Marilyn, est finalement la meilleure actrice parmi les stars de l’époque. Elle apporte un comique réaliste et crédible, assénant des vérités et des sentences aussi courtes que transparentes. Elle est finalement la seule à dire la vérité, à être la vérité.

            Luz fait des yeux de Marilyn le miroir intime d’une femme perdue, comme si elle était déjà morte. Sa pupille et son iris se transforment en disque microsillon sur lequel se jouent les dialogues du film qu’elle regarde se tourner de l’intérieur comme si quelqu’un d’autre agissait à sa place.

            La post-face de Virginie Despentes apporte un éclairage et une justification au récit. Intitulée Sainte Marilyn, vierge des désirs défoncés…, elle montre comment Luz a ouvert le capot de l’usine à rêves. On y assiste à la crucifixion des mythes, à la chute des anges et à l’auto-destruction d’un monde en carton-pâte.  Despentes, avec tout son talent littéraire, compare Marilyn à une adolescente d’aujourd’hui, encore plus photographiée qu’une instagrammeuse addict.

            En ajoutant Hollywood menteur à sa bibliographie, Luz s’installe définitivement comme un futur grand prix potentiel du festival international de la BD d’Angoulême.

            « Rouler en décapotable avec la clim à fond, ça, c’est le rêve américain. » Mais de l’autre côté du rêve, la face cachée recèle les tourments.

 

One shot : Hollywood Menteur

Genre : Drame 

Scénario & Dessins : Luz 

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 112

Prix : 19 €

ISBN : 9782754824224

 

 

 

 

 

Le jeu d’une vie qui n’en est pas un.                                  

Le fils de l’Ursari

 

            En combattant contre un ours sur les places des villages, Lazar Zidar pensait affronter le plus grand danger qu’il pouvait rencontrer. Il ne se douter pas que lui et sa famille allaient devoir faire face à des individus beaucoup plus sauvages. Les Roms sont considérés comme des voleurs de poules dans ces pays de l’Est qui tentent de se racheter une conduite. La famille est exfiltrée vers la France. Ciprian, sa grande sœur et son grand-frère, sa mère et son père, vont se retrouver dans un camp de migrants, un bidonville en banlieue parisienne. Forcés à payer des sommes astronomiques à des malfrats profitant de leur situation, ils vont devoir vivre de ferraille, de mendicité et de rapines. C’est en jouant les pickpockets au jardin du Luxembourg que Ciprian va se mettre à observer deux personnes se retrouvant pour des parties d’échecs et se prendra de passion pour ce jeu. Cip, le fils de l’Ursari, l’enfant du montreur d’ours, ne sera plus le même.

            Du camp de réfugiés au jardin du Lusquembourg, comme dit Ciprian, le petit Rom navigue de l’enfer au paradis. Du racket des monstres des bas-fonds aux parties de « Lézéchek », l’enfant devra devenir adulte plus vite que prévu. Réussira-t-il à garder son innocence tout en réalisant un « Tchéquématte » ?

            En adaptant le roman de Xavier-Laurent Petit, Cyrille Pomès signe l’un des plus beaux albums de l’année. L’histoire est émouvante et passionnante. Les personnages sont redoutables ou attachants. Ça, c’est grâce à Xavier-Laurent Petit. Le découpage est ultra efficace. Les planches sont dynamiques. Le graphisme est original. Ça, c’est grâce à Cyrille Pomès. Les couleurs sont tantôt inquiétantes et angoissantes, tantôt apportent la lumière et l’espoir. Ça, c’est grâce à Isabelle Merlet. On dit souvent que 3 est le chiffre parfait. L’association de ces trois auteurs fait un strike inattendu. Et quand des albums qu’on ouvre parce qu’ils nous tombent sous la main et qu’on ne les avait pas vraiment vu venir procurent cet effet là, on atteint une extase de lecture.

            Pomès a un style de dessin qui n’appartient qu’à lui. Il déforme les membres de ses personnages pour mieux accompagner la lecture de chaque action. Leurs grands yeux vecteurs d’émotions nous immergent au cœur de leurs âmes. Entre les planches dites « classiques », le dessinateur propose des compositions jamais vues comme ce dessin où le corps de Ciprian traverse l’image en renversant les pions d’un échiquier à l’effigie de sa famille et de ses ennemis. Une tour Eiffel en toile de fond surplombe la scène soutenue par un ours chapeauté ouvrant les bras. Ma-gni-fique.

            L’histoire a également le mérite de mettre sur le devant de la scène les héros du quotidien qui aident les immigrés à s’intégrer dans un monde étranger et hostile. Ainsi, Louise, l’institutrice qui apprend à lire aux enfants, symbolise leur espoir.

            Par certains côtés, « Le fils de l’Ursari » adopte la méthode « Irena » en dépeignant des événements dramatiques dans un graphisme plus enfantin que l’ambiance sombre de l’histoire racontée. D’autre part, l’ours emprunte son allure aux superbes représentations animales de René Hausman.

            Avec cet album, Cyrille Pomès change inéluctablement de catégorie d’auteurs pour entrer dans celle des grands créateurs de bandes dessinées.

 

One shot : Le fils de l’Ursari

Genre : Aventure

Scénario : Petit

Dessins : Pomès

Couleurs : Merlet

Éditeur : Rue de Sèvres

Nombre de pages : 130 

Prix : 16 €

ISBN : 9782369817802 

 

 

 

 

 

Hollywood a trouvé sa vedette. 

El Chipo

 

            El Chipo est comédien. M. Gottferdom le reçoit en entretien d’embauche. En effet, c’est la panique dans les bureaux californiens de la Subway Indian Meyer TM. L’acteur principal de la nouvelle superproduction en tournage est en garde à vue pour détention, usage et promotion de stupéfiants. Le réalisateur, quant à lui, vient d’être arrêté pour attentat à la pudeur. Et pour le reste de l’équipe de production, ce n’est pas la panacée non plus. Toujours est-il que pour l’instant, il est urgent de trouver l’acteur qui pourra remplacer la vedette. Et pour cela, qui mieux que El Chipo pourrait faire l’affaire ? El Chipo, est une saucisse, c’est une doublure confirmé. A son tour à présent d’être dans la lumière.

            Il y a des OVNI qui tournent dans le ciel et il y a les OVNI qui se lisent. El Chipo est de ceux là. Voici un album qui ne ressemble à aucun autre, à rien de ce qu’on avait pu lire jusqu’ici. Voilà une histoire avec un héros formidable, épatant, exceptionnel : une saucisse, autrement dit une chipolata, mais tout le monde l’appelle El Chipo.

            Witko signe un album jouissif, l’un des plus drôles de ces dernières années. L’auteur promène sa saucisse tout au long de son aventure. C’est si bien fait qu’on en oublie sa condition… jusqu’au moment où, par un émouvant flash-back, l’auteur raconte comment son héros en est arrivé là. Et l’on y croit ! On le prendrait même au sérieux, le bougre.

            Les gags en quatre cases forment un récit qui se déroule et met en boîte non seulement l’industrie cinématographique, mais aussi l’Amérique des soixante dernières années, de la guerre du Vietnam à la moumoute de Donald Trump.

            Des tableaux parodiques mettent en scène El Chipo sur des couvertures d’albums ou des affiches de cinéma. L’indien des Village People, c’était lui. Sur le célèbre tableau Nighthawks d’Edward Hopper, c’était aussi lui. Sur le lit de Pulp Fiction et sur le banc de Forrest Gump, encore lui. Et les affiches publicitaires de Monsieur Propre ou de Banania? Toujours lui.

            Avec El Chipo, la collection Pataquès des éditions Delcourt propose un barbecue de franche rigolade. Attention à ne pas faire tomber la saucisse entre les grilles.

 

One shot : El chipo

Genre : Humour déjanté

Scénario, dessins & couleurs : Witko

Éditeur : Delcourt

Collection : Pataquès

Nombre de pages : 104

Prix : 9,95 €

ISBN : 978243012429

 

 

 


 

 

Le fils de Captain Biceps et de Shrek. 

Raowl 1 - La belle et l’affreux

 

La petite princesse enfermée dans le donjon ne va pas faire la difficile bien longtemps. Pour la sauver de l’invasion des trolls et des barbares qui assiègent le château, elle n’a pas d’autre choix que de se laisser embarquer par Raowl.

 Une fois libérée, le sauveur va la ramener chez son père. Mais la belle est exigeante. La « jeune et belle » veut de la passion et du merveilleux. Elle ordonne à Raowl de lui trouver un prince charmant. Mais des fois on va chercher à des lieux des choses que l’on a sous les yeux.

Raowl n’en restera pas là. Il trouve une deuxième belle princesse sur son chemin et ne compte pas la laisser prisonnière au milieu d’un château en plein océan.

Shrek peut aller se rhabiller. Le nouveau héros des contes de fées détournés moyenâgeux, c’est une sorte de gros matou barbare : Raowl. Prêt à tout pour défendre les princesses esseulées, il ne faut surtout pas l’énerver. Ah, non, surtout pas ! Et quand il éternue, c’est la « métamorphose ».

Le papa de ce matou tout punch, c’est l’homme qui faisait caca dans les cases de l’atelier Mastodonte : le grand, le seul, l’unique, le formidable Tebo.

Tebo apporte un vent de fraîcheur dans la BD moyenâgeuse tout public. Quand Captain Biceps va faire un tour chez Johan et Pirlouit, ça donne quelque chose comme Raowl. Les personnages disproportionnés de Tebo (grosses têtes petit corps) sont les acteurs d’une comédie hilarante dans laquelle l’auteur fait la part belle au dessin. Tebo soigne les décors et s’étale dans de grandes cases, allant jusqu’à des doubles pages comme celle où le héros pourfend un dragon ou un combat contre un monstre marin.

Au niveau du scenario, Tebo aborde des thèmes contemporains. Il a lu Lisa Mandel et présente une nouvelle approche de thèmes chers à l’autrice. N’est pas prince charmant de qualité supérieure qui veut.

Raowl n’est pas un simple butor. Il est aussi fleur bleue. Il possède un bucolique jardin enchanté et rêve de bisous, fatalement baveux, pour réveiller des princesses.

Avec Raowl, les coups déboulent et l’amour se déroule...

 

Série : Raowl

Tome : 1– La belle et l’affreux

Genre : Aventures humoristiques moyenâgeuses

Scénario, Dessins & Couleurs : Tebo

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 72 

Prix : 12,50 €

ISBN : 9791034730384

 

 

 

 

 

 

Sensible et émouvant, un album touché par la grâce. 

Les fleurs de grand frère

 

            Une famille unie, un père, une mère, deux frères. Un jour, des fleurs ont poussé sur la tête de grand frère. Après avoir voulu les couper, il décide de les appréhender, les toucher, les sentir. Il s’en inquiète, mais comme tout le monde dans sa famille les trouve belles, il s’en accommode. Parfois même, elles lui parlent. Mais il va y avoir une épreuve à passer : celle de la rentrée et du regard des autres.

            Gaëlle Geniller livre un récit tout en sensibilité, en délicatesse et en émotion, une belle histoire d’amour comme on n’en avait pas lue depuis longtemps, et surtout d’un genre qu’on n’avait tout simplement jamais lu. Fable sur le passage de l’enfance à l’adolescence, c’est aussi une histoire de deuil, celui du garçon qui doit dire au revoir au petit enfant qu’il était. L’autrice emploie tout son talent à dédramatiser la situation, à mettre en évidence la tolérance, non seulement des autres, mais aussi de soi pour soi.

            Aucun personnage n’a une once de méchanceté. Le monde est uni pour aider grand frère à affronter ses fleurs et en filigrane sa puberté, et avec elle les tourments associés. Gaëlle Geniller montre que chacun a les cartes en main pour décider de son destin et qu’il ne faut pas avoir peur ni de ses choix, ni du regard des autres.

            Dans un graphisme en couleurs directes, le dessin est aussi émouvant que l’histoire. Quand grand frère cauchemarde, voulant arracher les fleurs qui l’envahissent, on ressent une angoisse oppressante. Quand maman serre grand frère dans ses bras, il y a tellement d’amour qui transparaît du trait que ça fait quelque chose aussi dans le cœur du lecteur.

            Signer un tel premier album à 23 ans à peine propulse Gaëlle Geniller au rang de meilleur espoir de l’année pour la bande dessinée.

 

One shot : Les fleurs de grand frère

Genre : Chronique familiale 

Scénario, Dessins & Couleurs : Geniller 

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 64

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782413012436 

 

 

 

 

 

« Les obscurantismes recèlent en eux-mêmes les mécanismes qui les mènent à leur perte. » 

La fin du monde en trinquant

 

            1774, à Saint-Petersbourg, l’astronome Nikita Pétrovitch vient de découvrir qu’une météorite va s’écraser sur le territoire soviétique faisant des milliers de morts. À la chancellerie de l’académie et de l’université des sciences, le chancelier Nikolaï Troubeskoy n’a pas l’air de se sentir concerné par la catastrophe annoncé. Pétrovitch a sous son aile, comme assistant, Ivan, le fils de la maîtresse de Troubeskoy. Le jeune chien fou a pour ambition d’embrasser une carrière scientifique, mais en a-t-il seulement les capacités ? Toujours est-il que l’apprenti et son maître vont traverser le territoire de l'impératrice Catherine II de Russie jusqu’aux alentours de Vanavara pour alerter la population locale de la chute de la météorite sur leur tête. Mais tout ne va se passer comme prévu et les deux compères vont être kidnappés et retenus prisonniers dans un village d’autochtones peu civilisés.

            Krassinsky a obtenu ses lettres de noblesse dans la bande dessinée avec Les cœurs boudinés, paru en 2005 chez Dargaud. Il est également connu pour sa participation à Fluide Glacial, mais aussi à Spirou avec la série trop vite arrêtée Sale bête.

            Dans un graphisme enlevé et en couleurs directes, Krassinsky signe un one shot animalier décapant. Les personnages sont tout sauf politiquement corrects. Les grandes affaires se règlent au lit et chacun avance pour sa pomme. Tous pourris. On se croirait presque dans un épisode de Canardo au siècle des Lumières. Le dessinateur, comme dans une pièce de théâtre, insiste sur les personnages et se soucie peu des décors, souvent esquissés, en jouant sur les tons.

            Macherot, chantre du récit animalier en bande dessinée, aurait certainement adoré cette version de la fin du monde dans laquelle il est montré que c’est en humanisant les animaux qu’on les rend plus cruels qu’ils ne le sont. À méditer.

One shot : La fin du monde en trinquant 

Genre : Tragédie animalière 

Scénario, Dessins & Couleurs : Krassinsky 

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 232 

Prix : 25 €

ISBN : 9782203161610

 

 

 

 

 

Comme si Basil Rathbone était de retour. 

Dans la tête de Sherlock Holmes 1– L’affaire du ticket scandaleux

 

            Un bobby londonien amène chez Holmes et Watson un quidam qui errait dans la rue. Celui-ci prétend connaître Watson. Le docteur approuve, il s’agit bien d’un confrère à lui. Victime d’une amnésie de quelques heures, il ne sait pas ce qui lui est arrivé. Analysant indice sur indice avec une précision scientifique, Sherlock Holmes remonte le trajet de l’individu. Le ticket de spectacle d’un « Amazing Magician » un certain Wu-Jing, va les entraîner dans une enquête complexe que le fin limier va tenter de démêler avec tout son savoir-faire.

            Cyril Liéron signe un scénario méthodique que n’aurait certainement pas renié Sir Arthur Conan Doyle. Loin d’une enquête conventionnelle, les différents rebonds font du mystère une impressionnante toile dont le scénariste se tire avec rigueur. L’ambiance londonienne, brouillard du soir et lune éblouissante, immerge le lecteur dans ce polar fin XIXème. Holmes y est dépeint sans concession, avec les failles qu’on lui connaît concernant la consommation de stupéfiants. Watson, la tête sur les épaules, suit son modèle qu’il idolâtre.

            Le graphisme anguleux de Benoît Dahan rappelle l’époque cinématographique dans laquelle le personnage était incarné par le grand Basil Rathbone. L’homme qui endossa onze fois le trench coat du détective, plus une douzième avec la voix de Basil détective privé dans le dessin animé des studios Disney, restera à jamais le meilleur interprète du résident de Baker Street. Sans vouloir copier ses traits, Dahan donne à son personnage l’âme de l’acteur. Les décors minutieux de la capitale anglaise sont aussi fins et précis que l’est l’enquête d’Holmes.

            Outre un scénario en béton et un dessin pointilleux, c’est par un remarquable découpage hors du commun que se distingue cette série. Tout est dit dans le titre : Dans la tête de Sherlock Holmes. Ce n’est pas une métaphore. Quand Sherlock réfléchit, le personnage navigue de case en case dans une planche cadrée dans sa tête. La collecte des informations se fait dans son esprit comme s’il était une machine dans laquelle on entre des données qui en ressortent une fois analysées. Quand Sherlock est sous l’effet de la cocaïne, son rêve est une maison déstructurée.

            Aucune planche ne ressemble à une autre. Les mises en scène mettent en avant les indices que trouve le détective et à partir desquels est construite toute l’architecture de la double page. Les déplacements dans les différents quartiers s’effectuent sur fond de cartes de la ville.

            Cette « affaire du ticket scandaleux » nous laisse en plein suspens dans l’attente d’un tome 2 pour conclure l’enquête. Elle est une des grandes bonnes surprises de l’année. Comme quoi, il est encore possible d’étonner avec un personnage et un thème battus et rebattus, tout cela grâce à un traitement complètement inédit du genre. Elémentaire !

 

Série : Dans la tête de Sherlock Holmes

Tome : 1– L’affaire du ticket scandaleux

Genre : Polar 

Scénario : Liéron 

Dessins & Couleurs : Dahan 

Couleurs : Cerise

D’après : Conan Doyle

Éditeur : Ankama

Nombre de pages : 48

Prix : 14,90 €

ISBN : 9791033509721

 

 

 

 

 

Pour le crépuscule des cow-boys, ne vous attachez à personne. 

Jusqu’au dernier

 

            Russel conduit de gigantesques troupeaux pendant six mois à travers les états pour les mener aux abattoirs de Chicago. Jusqu’à il y a peu, la survie de tout l’Ouest dépendait de types comme lui. Mais avec l’avènement et le développement à vitesse grand V du chemin de fer, les rails sur la prairie sont en train de causer la disparition de la profession. « Demain, les cow-boys, c’est fini. » Accompagné de Kirby, vacher comme lui, et de Bennett, jeune homme naïf qu’il a recueilli à la mort de ses parents, Russel va devoir se résoudre à se payer un ranch pour se sédentariser. C’est une toute nouvelle vie qui s’annonce pour le trio, jusqu’à ce qu’une halte dans un village voit leurs destins pulvérisés par un événement irréversible.

            Jusqu’au dernier rappelle les meilleurs films de John Ford et de Clint Eastwood. Le scénario de Jérôme Félix est impitoyable. Paul Gastine a mis trois ans pour dessiner l’album. L’ensemble est… parfait ! Le découpage, les dialogues, tout et rien semble pesé, réfléchi, pertinent. Tout, parce qu’en creusant un peu on descelle tout le travail qu’il y a derrière. Rien, parce que rien ne peut arrêter la lecture de l’album. On se trouve embarqué dans une histoire que l’on ne peut pas quitter avant de l’avoir terminée. Le scénariste et son dessinateur sont dans une alchimie magique intégrant le lecteur.

            Même le titre semble touché par la grâce. « Jusqu’au dernier ». Jusqu’au dernier ? La locution est polysémique et mystérieuse. Jusqu’au dernier cow-boy, la profession vivant ses dernières années ? Jusqu’au dernier survivant ? Jusqu’au dernier train ? Jusqu’au dernier instant ? Au lecteur de le découvrir…

            Le dessinateur n’a pas hésité à recommencer des planches jusqu’à trouver la composition idéale des cases. Jamais dans la démonstration mais toujours dans la justesse, ses images sont à la bande dessinée ce que le cinémascope a été au septième art.

            Aurait-on pu se douter que Russel a failli croiser Lucky Luke ? Oui, oui, avec son troupeau, ils ont hésité à passer par le guet de P(a)inful Gulch pour couper la route, l’endroit même où le plus célèbre cow-boy de la BD a eu à faire avec des « rivaux ». Fermons ici cette (involontaire ?) parenthèse humoristique.

            Félix et Gastine avaient déjà signé ensemble les quatre tomes de L’héritage du diable. Ils ne vont pas s’arrêter là puisqu’ils préparent déjà un deuxième western : A l’ombre des géants.

            Laissez-vous surprendre par le déroulé du récit. Juste un conseil : ne vous attachez à personne, vous risqueriez de ne pas vous en remettre…

 

One shot : Jusqu’au dernier 

Genre : Western 

Scénario : Félix 

Dessins & Couleurs : Gastine 

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand angle

Nombre de pages : 72

Prix : 17,90 €

ISBN : 9782818967003

 

 

 

© Le Gall - Delcourt

 

            En choisir dix, c’est en laisser sur le carreau dix autres qui, à un cheveu près, auraient pu se trouver dans cette sélection. Si le Père Noël est généreux, il peut rajouter à la liste ci-dessus les albums suivants qui font partie des albums indispensables de l’année :

 

 

Des leçons de vie de femmes réfugiées : Et pourtant elles dansent…, par Djinda aux éditions Des ronds dans l’O.

 

Deux époques, un passage… On se retrouvera : The Black Holes, par Gonzalez aux éditions Dargaud.

 

Adorablement fou : Saint-Rose, par Micol aux éditions Futuropolis.

 

« C'est la mort que vous réclamez. Pas la justice. » : L’abolition, le combat de Robert Badinter, par Kerfriden et Gloris-Bardiaux-Vaïente aux éditions Glénat.

 

Une « autre » quête : Un putain de salopard 1 – Isabel, par Pont et Loisel aux éditions Rue de Sèvres.

 

L’humour est une maladie attrapée dès l’enfance : Le roman des Goscinny, par Catel aux éditions Grasset.

 

« Le crime en local clos est le seul mystère dont la raison accepte avec plaisir le défi. » : Le Detection Club, par Harambat aux éditions Dargaud.

 

Tout n’est pas perdu quand il reste l’imagination : L’ours est un écrivain comme les autres, par Kokor aux éditions Futuropolis.

 

Un petit manga auto-édité qui a tout d’un grand : Red Flower Stories, par Loui aux éditions Loui.

 

Spirou au cœur de l’histoire par un auteur berlinois : Spirou à Berlin, par Flix aux éditions Dupuis.

 

 

Laurent Lafourcade



Publié le 15/12/2019.


Source : Bd-best


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