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Comme si Basil Rathbone était de retour.  Dans la tête de Sherlock Holmes 1– L’affaire du ticket scandaleux

« - Bonjour, gentlemen. Agent Sparks, station de police de Bishopsgate Street. Dr Watson, cet olibrius bien mal en point affirme être votre confrère… S’il dit vrai, je ne serai pas mécontent de vous le laisser…

- Diantre, Herbert !! Votre clavicule est fracturée ! Que diable vous est-il arrivé ?!

- Vers trois heures du matin, nous l’avons trouvé, hagard… Il courait dans Wentworth Street, en plein Spitalfields, vêtu de façon peu orthodoxe, prétendument incapable de se remémorer sa soirée. Il a été placé en cellule au poste jusqu’à ce qu’il parvienne à convaincre mon supérieur, qui connaît la réputation de Mr Holmes, ainsi que la vôtre, Dr Watson.

- Eh bien, « officer », je vous certifie qu’il s’agit bien du Dr Herbert Fowler, qui occupe mon précédent cabinet dans Paddington.

- Ouch ! Ma déchéance est totale, Watson !!! Il faut que vous m’aidiez ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

Un bobby londonien amène chez Holmes et Watson un quidam qui errait dans la rue. Celui-ci prétend connaître Watson. Le docteur approuve, il s’agit bien d’un confrère à lui. Victime d’une amnésie de quelques heures, il ne sait pas ce qui lui est arrivé. Analysant indice sur indice avec une précision scientifique, Sherlock Holmes remonte le trajet de l’individu. Le ticket de spectacle d’un « Amazing Magician » un certain Wu-Jing, va les entraîner dans une enquête complexe que le fin limier va tenter de démêler avec tout son savoir-faire.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

Cyril Liéron signe un scénario méthodique que n’aurait certainement pas renié Sir Arthur Conan Doyle. Loin d’une enquête conventionnelle, les différents rebonds font du mystère une impressionnante toile dont le scénariste se tire avec rigueur. L’ambiance londonienne, brouillard du soir et lune éblouissante, immerge le lecteur dans ce polar fin XIXème. Holmes y est dépeint sans concession, avec les failles qu’on lui connaît concernant la consommation de stupéfiants. Watson, la tête sur les épaules, suit son modèle qu’il idolâtre.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

Le graphisme anguleux de Benoît Dahan rappelle l’époque cinématographique dans laquelle le personnage était incarné par le grand Basil Rathbone. L’homme qui endossa onze fois le trench coat du détective, plus une douzième avec la voix de Basil détective privé dans le dessin animé des studios Disney, restera à jamais le meilleur interprète du résident de Baker Street. Sans vouloir copier ses traits, Dahan donne à son personnage l’âme de l’acteur. Les décors minutieux de la capitale anglaise sont aussi fins et précis que l’est l’enquête d’Holmes.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

Outre un scénario en béton et un dessin pointilleux, c’est par un remarquable découpage hors du commun que se distingue cette série. Tout est dit dans le titre : Dans la tête de Sherlock Holmes. Ce n’est pas une métaphore. Quand Sherlock réfléchit, le personnage navigue de case en case dans une planche cadrée dans sa tête. La collecte des informations se fait dans son esprit comme s’il était une machine dans laquelle on entre des données qui en ressortent une fois analysées. Quand Sherlock est sous l’effet de la cocaïne, son rêve est une maison déstructurée.

Aucune planche ne ressemble à une autre. Les mises en scène mettent en avant les indices que trouve le détective et à partir desquels est construite toute l’architecture de la double page. Les déplacements dans les différents quartiers s’effectuent sur fond de cartes de la ville.

 

Cette « affaire du ticket scandaleux » nous laisse en plein suspens dans l’attente d’un tome 2 pour conclure l’enquête. Elle est une des grandes bonnes surprises de l’année. Comme quoi, il est encore possible d’étonner avec un personnage et un thème battus et rebattus, tout cela grâce à un traitement complètement inédit du genre. Elémentaire !

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Dans la tête de Sherlock Holmes

 

Tome : 1– L’affaire du ticket scandaleux

 

Genre : Polar

 

Scénario : Liéron

 

Dessins & Couleurs : Dahan

 

D’après : Conan Doyle

 

Éditeur : Ankama

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14,90 €

 

ISBN : 9791033509721

 



Publié le 19/10/2019.


Source : Bd-best


“Il n'est pas d'hiver sans neige, de printemps sans soleil, et de joie sans être partagée.”  Proverbe serbe.  Ana Ana 14– Un bel hiver

 

 

 

« - Pauvres nuages ! Vous êtes tous tombés par terre ! Retourne dans le ciel, petit nuage ! »

 

 

 

 

 

 

                  De la neige a recouvert le sol. Pas de doute pour Touffe de poils en se levant ce matin : ce sont les nuages qui sont tombés. Mais… ?! Que font les doudous des voisins avec cette matière blanche ? Touffe de poils a eu peur qu’ils soient attaqués par un monstre. Mais, ouf, non ! Ils empilent de grosses boules les unes sur les autres. Ça fait un bonhomme ! Et ce truc blanc partout par terre, ça s’appelle de la neige. Entre concours de sculptures de neige et descentes en luge, il est l’heure de faire les fous fous !

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

Vous cherchez de beaux albums à lire à vos enfants le soir au lit ? N’allez pas chercher plus loin, Ana Ana est la série qu’il vous faut. Petit bijou de poésie, Ana Ana se démarque de la série de son grand-frère Pico Bogue. A mi-chemin entre l’album illustré et la bande dessinée, les histoires de Roques et Dormal ciblent le cœur des enfants et de leurs parents.

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

Vous êtes enseignant en maternelle ? La collection Ana Ana est faite pour vous. Forte de quatorze titres, Ana Ana peut accompagner vos élèves tout au long de l’année scolaire dans des séances de lectures suivies et de langage qui développeront l’imaginaire à travers des thèmes divers et variés : le bain, la peur du noir, la maladie, le bazar dans la maison, les saisons, ...

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

“Le bonheur est comme la neige : il est doux, il est pur et... il fond.”, disait Claire Malesset. Faux. Celui d’Ana Ana est bien doux, il est bien pur, mais il ne fond pas.

 

“Le génie, c’est un Africain qui invente la neige.”, disait l’écrivain américain d’origine russe Vladimir Nabokov. Vrai. Le génie, c’est aussi Roques et Dormal qui inventent Ana Ana. Il y a encore tant à dire dans le monde de la littérature illustrée enfantine.

 

Vive vive Ana Ana !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ana Ana

 

Tome : 14– Un bel hiver

 

Genre : Petit bonheur poétique

 

Scénario : Roques

 

Dessins & Couleurs : Dormal

 

Éditeur : Dargaud Jeunesse

 

Nombre de pages : 28

 

Prix : 7,95 €

 

ISBN : 9782205079234

 



Publié le 18/10/2019.


Source : Bd-best


Le cœur a ses raisons.  Emma et Capucine 4 - La raison du coeur

 

« - ça va, pas trop crevée, Emma ?

- Si, un peu, carrément même… Tu dois être mort, toi !

- Un peu. Tu connais le HHI France ?

- De nom, seulement. C’est un peu comme le championnat de France de Hip-Hop, c’est ça ?

- Exactement. Avec ma cheville, je ne vais pas pouvoir y participer cette année.

- Mince. C’est vraiment pas de chance.

- Ouais. Du coup, on cherche quelqu’un pour me remplacer. »

 

 

 

 

 

 

Emma se transforme en pompier dans cette « Raison du coeur ». Elle vole au secours d’une troupe de Hip-Hop dont l’un des membres s’est blessé en prenant sa place au sein du groupe. Mais comment ses amis vont-ils prendre sa décision ? C’est bien beau de faire de choix, mais il faut aussi les assumer. Du plancher de la salle de spectacle de l’école de danse de l’opéra à la scène du zénith d’Orléans, il n’y a qu’un pas… de danse.

 

 

 

 

© Hamon, Sayaphoum – Dargaud 

 

 

Jérôme Hamon écrit avec Emma et Capucine son projet le plus féminin. Le public des jeunes filles est plus difficile à amener à la bande dessinée que celui des garçons. En parlant de choses qui le touchent, Hamon joue la carte de la sincérité. Observant la passion de sa fille pour la danse, le scénariste a cherché à découvrir ce qu'il y avait derrière ce rêve-là avec tant de paillettes d'éclats de rêve. Il raconte aux jeunes filles des choses qui sont vraies, avec un aspect humain et transgénérationnel, de manière universelle afin que tout le monde puisse s’y retrouver. Hamon a passé beaucoup de temps à l’école de danse de l’opéra de Paris pour rencontrer ces jeunes danseurs, voir leurs vies, leurs parcours. Il n’oublie pas de greffer une réelle histoire à cet univers de danse, allant même jusqu’à finir l’album par un cliffhanger inattendu.

 

 

 

 

© Hamon, Sayaphoum – Dargaud 

 

 

Léna Sayaphoum a un crayon monté sur pointe de danses. Les artistes sont en suspension comme si le trait ne faisait qu’effleurer la feuille. Avec une couleur directe bleutée teintée de rose, l’ambiance violette de la série fait de chaque case un délicat pétale de fleur. Une toute petite remarque cependant : la dessinatrice abuse de l’effet portrait consistant à flouter selon les cas l’avant ou l’arrière-plan de la case.

 

 

 

 

© Hamon, Sayaphoum – Dargaud

 

 

Emma et Capucine est une série sur le dépassement de soi. C’est en visant les étoiles qu’on peut décrocher la lune. Voila la belle leçon qu’inculquent les auteurs à leurs lectrices et lecteurs.

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Emma et Capucine

 

Tome : 4 - La raison du coeur

 

Genre : Danse

 

Scénario : Hamon

 

Dessins & Couleurs : Sayaphoum

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 9,99 €

 

ISBN : 9782505075301

 

 



Publié le 16/10/2019.


Source : Bd-best


Le Lombard retrouve son ADN.                   Les nouvelles aventures de Bruno Brazil 1 - Black Program

 

 

 

« - Une véritable série noire, messieurs !! Et je ne vous cache pas que l’heure est grave ! Très grave ! L’attaque n’a duré qu’une poignée de secondes. Mais elle n’a laissé aucune chance aux hommes sur place ! Résultat : madison Ottoman, l’ex-ennemi public n°1 e la planète, n’est plus de ce monde !

- Caraï ! Il fallait oser quand même !...

- Précisément ! Les moyens mis en œuvre et la finalité évidente de cette opération commando, à savoir ne laisser aucun survivant, sont le signe d’une immense menace !

- Ottoman n’était pourtant plus qu’un vieillard moribond, sans réel danger.  A qui donc profite le crime ?

- Vous avez parlé de « série », colonel … ? Vous avez autre chose à nous annoncer ?

- Oui, hélas… Rebelle a disparu ! »

 

 

 

 

 

 

Continuer une carrière d’agent secret alors que la moitié de son équipe vient de mourir dans une opération ratée, ce n’est pas ce qu’il y a de plus évident pour Bruno Brazil. D’autant plus qu’hormis Gaucho Morales et lui, les deux autres survivants n’en sont pas sortis indemnes, l’une physiquement, l’autre moralement. Whip Rafale est dans un fauteuil roulant et Tony le nomade est devenu le chef de gang d’un groupe de bikers maoris qui terrorisent les touristes. Bruno, quant à lui, suit une psychothérapie pour l’aider à surmonter le drame.

C’est alors que les affaires reprennent. Les anciens ennemis du Commando Caïman sont la cible d’un criminel. Ottoman est éliminé. Rebelle est exfiltrée de prison et retrouvée dans un sale état. Le colonel L. rappelle ses hommes. Un troisième problème vient de surgir. L’ingénieur de la NASA Allan Wordling, 39 ans, a disparu alors qu’il venait de se porter volontaire pour une expérience hors du commun : se faire injecter des informations dans son ADN, des gigaoctets de données faisant de son corps un coffre-fort humain. Il est temps pour Bruno Brazil de rassembler ses troupes et de mener l’enquête.

 

 

 

 

© Aymond, Bollée, Ray - Le Lombard

 

 

Mais quel bonheur que de retrouver Bruno Brazil. Plutôt que de proposer un reboot ou une modernisation de la série, les auteurs reprennent la série au moment où elle s’était arrêtée, comme si on était en 1977, un coup de génie. Black Program est une suite directe de Quitte ou double pour Alak 6. Les auteurs éludent La chaîne rouge, récit inachevé publié dans l’album « La fin…!?? » en 1995. Bruno Brazil se trouvait face à une série de morts énigmatiques et commençait à constituer une nouvelle équipe. A l’époque, Greg, parti travailler aux Etats-Unis, a laissé William Vance en plan, sans scénario au bout de six planches. Ne regrettons rien, c’est certainement cet abandon qui a permis à XIII de voir le jour. Mais revenons à nos moutons et à ce Black Program.

 

 

 

 

© Aymond, Bollée, Ray - Le Lombard

 

 

Le duo d’Apocalypse Mania composé de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Aymond présentent un Bruno Brazil dont les cicatrices ne sont pas refermées. A la manière de ces films modernes de super-héros montrant leurs failles, les auteurs montrent qu’avant d’être un héros leur agent secret est avant tout un homme. Il a une vie de famille à gérer, une femme qui lui reproche son absence et un ado mal dans sa peau. Et pendant ce temps, le monde est menacé.

 

Le scénario lorgne vers l’anticipation mais sans jamais tomber dans le fantastique ce qui permet à l’histoire de garder une certaine crédibilité. Narrativement, le seul reproche que l’on peut faire au scénario de Bollée est la gestion du « pré-genérique ». L’action se poursuit dans un long flash-back pour retomber sur la scène de départ à quelques pages de la fin, assez brutalement. Pas très clair. Les auteurs se sont mis une difficulté de départ en proposant une scène d’action en introduction, ce qui n’était pas nécessaire. Un incipit sur l’assassinat de Madison Ottoman aurait été plus efficace, justifié et limpide.

 

Aymond est dans ses chaussons. Il délaisse l’espionne Lady S pour l’agent secret Brazil. Aussi à l’aise dans l’action que dans les scènes de dialogue dont les cadrages ne sont jamais ennuyeux, il était l’homme idéal pour succéder au grand William Vance. De la famille des Denayer, Francq et autres dessinateurs réalistes classiques, il fait le job avec classe et respect.

 

 

 

 

© Aymond, Bollée, Ray - Le Lombard

 

 

Le plus cocasse dans l’affaire, c’est que c’est avec une histoire d’ADN que Le Lombard retrouve son ADN, celui des histoires du journal Tintin de la grande époque. Mais pourquoi donc avoir publié l’album dans un grand format ? Pour les planches, c’est mieux, mais pour le porte-monnaie, ce n’est pas justifié. La nostalgie d’une époque remise au goût du jour, c’est bien, mais il ne faut pas oublier qu’il faut garder un côté populaire et abordable pour tous.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les nouvelles aventures de Bruno Brazil

 

Tome : 1 - Black Program

 

Genre : Thriller

 

Scénario : Bollée

 

Dessins : Aymond

 

Couleurs : Ray

 

Éditeur : Le Lombard

 

Parution : 18 octobre

 

Nombre de pages : 58

 

Prix : 14,45 €

 

ISBN : 9782803675425

 



Publié le 14/10/2019.


Source : Bd-best


Entre drague et harcèlement ou quand certains hommes se transforment en crocodiles !  Les crocodiles sont toujours là

 

 

Tous les hommes ne sont pas des violeurs ou des harceleurs. Tous les représentants des forces de l’ordre ne sont pas indifférents à la souffrance des victimes. Cependant, tous doivent faire un travail d’écoute, reconnaître la situation privilégiée qui est la leur et déconstruire les idées reçues qui ont pu leur être inculquées dès l’enfance. Seul le dialogue permet d’entamer ce travail long et profond mais nécessaire. La sanction n’est pas la solution.

 

 

 

 

 

 

 

Fin octobre 2014, les Éditions Le Lombard publiaient l’album « Les crocodiles ». Cinq années après, le duo formé par Juliette Boutant (scénariste) & Thomas Mathieu (dessinateur)  nous revient aux Éditions Casterman, partageant de nouvelle situation de harcèlements vécus par les femmes.

 

 

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 


Recueillant divers témoignages de femmes, notre duo les transfère en images : tous les hommes, quels que soient leurs rôles, sont représentés en crocodiles verts. En lisant la bande dessinée, on comprend mieux la décision des auteurs. Le but n’est pas de dire que tous sont des prédateurs, mais plutôt de symboliser la méfiance que les femmes peuvent développer à force de subir quotidiennement des actes sexistes.

 

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 


Tout au long du livre, on évoque les problématiques comme le sexisme, le machisme, mais aussi le harcèlement de rue invitant les lecteurs à réfléchir sur les comportements des crocodiles. Les décors et les personnages féminins sont traités de manière réaliste, en noir et blanc.

 

 

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 


Malgré les années passées et les avancées réalisées depuis le premier livre, il reste beaucoup de chemin à parcourir afin de faire changer les perceptions et les comportements des divers crocodiles dragueurs, prédateurs et dominants.

 

 

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 


Ce nouvel album diffère du premier, traitant d’autres comportements en rapport avec le milieu professionnel, dans le couple, dans la relation parents-enfants, dans les rapports avec la police ou avec le corps médical. L’arrivée de différents mouvements tels que  #balancetonporc  et #meetoo ont permis d’élargir la problématique aux domaines cités ci-dessus.

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 


Les auteurs présentent certaines planches plus didactiques et pédagogiques, prenant du recul par rapport aux témoignages. On y trouve des femmes représentées en vert qui part leurs réactions et discours sont les dignes héritières de nos crocodiles.
Les quarante dernières pages de l’ouvrage sont plus particulièrement consacrées aux professions médicales, revendiquant le peu d’écoute et de professionnalisme rencontré par certaines femmes lors de consultations.

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 

 
En conclusion, un ouvrage destiné à tous et toutes, les premiers découvrant qu’ils peuvent parfois se transformer involontairement en crocodile aux dépens des secondes rencontrant des situations personnellement vécues.



Haubruge Alain

 


One shot : Les crocodiles sont toujours là


 
Genre : Vie quotidienne


 
Dessins & Couleurs : Thomas Mathieu


 
Scénario : Juliette Boutant


 
Éditeur : Casterman


 
Nombre de pages : 186


 
Prix : 19,50 €


 
ISBN : 9782203172272



Publié le 14/10/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4253 -  16 Octobre 2019

 

 

 

 

Jour de colère pour Harmony

 

 


 

 


 

            Spirou n’attend pas Halloween pour proposer une couverture effrayante. Le retour d’Harmony s’annonce angoissant. Avec Dies Irae, le jour de colère vient de se lever. Dans une interview, Mathieu Reynès explique consacrer un épisode aux méchants de la série, avec une Harmony pratiquement absente.

 

            En bonus abonnés, un stripbook signé Bianco, lui aussi terrifiant (le livre, pas Bianco) : Kingdom Garden, qui s’annonce comme une nouvelle série de strips que l’on retrouvera régulièrement.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Bianco - Dupuis 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Harmony : Dies irae

Jérôme K.Jérôme Bloche : Contrefaçons

Spirou chez les Soviets

Télémaque : La cité des hommes

Tif et Tondu : Mais où est Kiki ?

Tuniques Bleues (Les) : La bataille du cratère

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Comme des bêtes

Cramés !

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Macadam Valley  (La pause-cartoon)

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge

Tash et Trash  (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Tarrin

En direct du futur : Cazot et Mazel (Le monde d’Olive)

Jeux : Harmony à la rescousse (Mouk)

Spirou et moi : Emilie Gleason

 

 

Supplément abonnés :

Stripbook : Kingdom Garden 1 (Bianco)

 

 

En kiosques et librairies le 16 octobre 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 13/10/2019.


Source : Bd-best


Une île entre le ciel et l’eau, sauvage, sans espoir d’espérance.  Télémaque 3 - La cité des hommes

 

 

« - Nous arriverons bientôt. Tu es déjà allé en Pays Lestrygon, Euryloque ?

- Non, mais j’en ai aperçu les rivages autrefois. C’était peu après que l’impétueux Néoptolème avait maladroitement libéré un vent violent sur notre propre flotte. Ces terres étaient les premières que nous découvrions dans les mers obscures.

- Néoptolème était avec vous et Ulysse dans les mers obscures ? »

 

 

 

 

 

 

 

La felouque transportant Télémaque et ses compagnons arrive en vue du pays des Lestrygons. Le jeune aventurier espère y retrouver Néoptolème et en apprendre un peu plus sur l’endroit où il pourrait retrouver son père. Mais, loin d’être un havre de paix, l’île est abritée par un peuple de cannibales qu’Ulysse a combattu : les fameux Lestrygons. Vous connaissiez les Schtroumpfs ? Ces adorables petits lutins bleus hauts comme trois pommes ? Et bien, les Lestrygons, c’est pareil…. Enfin…. Bon…. Vous verrez…

Pendant ce temps, Ithaque est assiégée par une horde de navires de guerre commandée apparemment par ce même Néoptolème que Télémaque pense débusquer chez les Lestrygons. Pénélope n’a pas l’intention d’être la première à déclencher les hostilités mais prépare la défense de son île.

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

Kid Toussaint ne fait pas une adaptation de l’Odyssée. Il propose une relecture, un autre point de vue, un véritable travail d’auteur. Il prend des libertés avec le récit originel mais justifie ses choix, notamment en ce qui concerne les Lestrygons. Alors qu’ils étaient des géants, Toussaint en a fait des nains. Ils sont différents mais tout aussi dangereux. L’important est que le scénariste ne prenne jamais ses lecteurs pour des crétins. La narration, avec ses nombreux personnages aux noms complexes, demande un tout petit effort de concentration. Rangez vos tablettes, les enfants ! S’adressant à un très large public (de 10 ans à plus soif), le scénariste rend hommage à Homère avec sincérité, et à Ladislas de Hoyos avec humour (T’arrêtes de gueuler, René ?).

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

Kenny Ruiz est un dessinateur polymorphe. Il intègre des codes du manga dans une BD franco-hispano-belge. Mais il ne tombe jamais ni dans la facilité, ni dans les longueurs du genre. Les personnages sont réalistes, attachants ou terrifiants. Les Lestrygons sont tendrement démoniaques. Dans un autre style, les pages d’introduction sont des représentations mythologiques grandioses, dans un découpage d’une originalité folle, comme si des illustrations de bande dessinée étaient reproduites sur des amphores grecques.

 

Plus que jamais, les auteurs mêlent humour et aventure. Ulysse se libérant des Lestrygons est un moment tordant. Mise en scène nouvelle, la séquence dans laquelle les héros se trouvent attaqués par une bande d’indigènes dangereux à la manière d’un jeu vidéo est gonflée et ultra efficace

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

Entre la noirceur de la tension d’une île assiégée et les couleurs pop d’une autre dont les héros ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés, les couleurs de Noiry contribuent fortement à l’ambiance inédite de cette version homérique.

 

Dans quelques années, quand on étudiera l’Odyssée, on parlera d’Homère, d’Ulysse 31, de Soledad Bravi (L’Iliade et l’Odyssée; éditions Rue de Sèvres) et de Télémaque du trio Toussaint/Ruiz/Noiry comme des quatre versions les plus pertinentes de l’histoire.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Télémaque

 

Tome : 3 - La cité des hommes

 

Genre : Aventure fantastique

 

Scénario : Kid Toussaint

 

Dessins : Ruiz

 

Couleurs : Noiry

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9791034739332

 



Publié le 11/10/2019.


Source : Bd-best


« Y a des jours, si on me cherche, on me trouve. Et y a des jours tous les jours. »  Violette Morris, à abattre par tous les moyens 2 - Deuxième comparution

 

 

« - Sinon, quand j’y pense… A défaut de jeux olympiques, ça te dirait que je te prépare pour les olympiades féminines qu’Alice Milliat va organiser ? Il reste encore quatre mois, on aurait le temps de bien travailler. Si elle les a créées, c’est bien pour montrer des performances et pas un concours de sportives du dimanche !

- Je rêve ou tu viens de me traiter de sportive du dimanche ? Tu veux savoir à quoi je voudrais vraiment m’entraîner ?... »

 

 

 

 

 

 

 

Années 20, dans les allées du vélodrome municipal, Violette Morris et Raoul Paoli terminent leur séance de sports. Course, lutte, tout est bon pour se confronter, se stimuler, se dépasser. Double champion de France poids lourd, porte drapeau aux jeux olympiques d’été de 1912 à Stockhlom, champion de France en lancer de poids et de disque, ainsi qu’en lutte gréco-romaine, Paoli a aussi tâté du rugby et de l’aviron. Violette a trouvé en lui un compagnon d’entraînement à sa hauteur. Mais un autre sport chatouille l’athlète : le sport automobile. Et quand Violette décide de s’engager dans une discipline, elle se donne tous les moyens pour gagner.

 

 

 

 

© Rey, Kris, Galic - Futuropolis

 

 

1942, en pleine guerre, l’ancienne camarade d’école de Violette Morris, Lucie Blumenthal, vie l’angoisse des premières rafles dont sont victimes ses parents. « Tout ira bien, c’est l’affaire de quelques heures, un ou deux jours, tout au plus. », lui dit son père médecin embarqué pour le Vél d’Hiv.

Décembre 1945, Lucie enquête sur ce qui s’est réellement passé le 26 avril 1944, jour de l’exécution de Violette Morris dans un guet-apens de maquisards.

 

Violette Morris est une femme, mais Violette Morris a des couilles. Personnalité osée, gonflée, controversée, Violette Morris est un butor. Le duo Kris/Galic raconte sous la forme d’une enquête imaginaire la vie de cette femme étonnante dans tous les sens du terme. Après un premier tome ultra efficace, les auteurs s’attardent sur sa carrière sportive. L’histoire de Lucie permet de contextualiser ce qui deviendra le côté sombre de Violette. Ce deuxième volet est  moins dans l’action que le premier mais creuse plus en profondeur les personnalités des « héroïnes » principales. Violette Morris semble souffrir dans son corps de femme et se dépasse physiquement. Lucie Blumenthal est meurtrie par les cicatrices que lui cause la guerre et qui ne se refermeront pas.

 

 

 

 

© Rey, Kris, Galic - Futuropolis

 

 

Javi Rey fait du regard de la « hyène de la Gestapo » un puits sans fond de détermination et de celui de l’avocate enquêtrice un cercueil sur lequel on a rabattu violemment le couvercle. Que les personnages soient réels ou fictifs, il travaille tout autant leur (in-)humanité. Les décors et les tons de couleurs contribuent à l’ambiance des époques, que ce soient les années folles plutôt pastels ou la guerre et ses douleurs, aux ambiances faussement sépias dans certaines scènes.

 

Marie-Jo Bonnet, biographe de Violette Morris (Violette Morris, Histoire d’une scandaleuse, éditions Perrin, 2011) clôture encore une fois l’album avec un dossier historique passionnant. Axé principalement sur le sport féminin, on y apprend entre autres le rôle déterminant d’Alice Milliat dans son développement et son institutionnalisation.

 

 

 

 

 

 

Si l’on devait comparer Violette Morris à un personnage de fiction, c’est certainement du Joker de Batman dont elle se rapproche le plus, aussi bizarre que cela puisse paraître : une volonté sans faille, une énergie insatiable qui cache une cruauté incompréhensible, et puis, surtout, un destin qui bascule.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Violette Morris, à abattre par tous les moyens

 

Tome : 2 - Deuxième comparution

 

Genre : Polar historique

 

Scénario : Kris & Galic

 

Dessins & Couleurs : Rey

 

Dossier historique : Bonnet

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 72

 

Prix : 16 €

 

ISBN : 9782754827577



Publié le 10/10/2019.


Source : Bd-best


« Le crime en local clos est le seul mystère dont la raison accepte avec plaisir le défi. »  Le Detection Club

 

 

« - Bienvenue chers amis, bienvenue ! Ha ha ! Capital ! Capital ! Ha ha ! Mes amis, je vous connais si bien ! Les reines du crime, les philosophes du roman à énigme, les aventuriers du mystère… Je suis Roderick Ghyll ! Bienvenue à la Briarcliff villa. Vous êtes ici chez moi, vous êtes ici chez vous ! Ha ha ! Quelle joie de vous recevoir toutes et tous ! Capital ! Capital ! Venez, venez ! Please, veuillez me suivre ! Please ! Laissez-moi vous montrer la voie ! Ha ha ha ! »

 

 

 

 

 

 

Années 30 : les professionnels du coup de théâtre vont devoir se préparer à une surprise de taille. Si le milliardaire Roderick Ghyll a invité les sept membres du Detection Club dans son domaine sur une île des Cornouailles, c’est pour leur présenter la dernière de ses inventions. Avec le professeur Zumtod, il a conçu Eric, un automate-détecteur qui démêle les fils des intrigues et défait le mécanisme des polars. Il suffit de lui lire le synopsis d’un « detective novel » pour qu’il donne le nom du coupable. Epatant ! Mais quand on réunit les meilleurs auteurs de romans policiers britanniques de la première moitié du vingtième siècle dans un lieu clos, en l’occurrence une île, s’il n’y avait pas un mystère insoluble à résoudre, ça ne servirait à rien.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Fondé par Anthony Berkeley Cox, le Detection Club a réellement existé. Il compte parmi ses membres fondateurs Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, G. K. Chesterton, Freeman Wills Crofts, John Rhode et la Baronne Orczy. Les auteurs réunis se retrouvent régulièrement lors de dîners pour disserter sur les codes et techniques du genre littéraire qu’ils pratiquent. L’un de leurs membres, le père Ronald Knox, rédigea un code de déontologie permettant de donner aux lecteurs des chances de démasquer le coupable. Ce « cahier des charges » en dix règles d’or est repris ici par Harambat. Dans l’histoire ici présente, on retrouve certains des membres fondateurs : Chesterton, Christie, Orczy, ainsi que le premier prêtre écrivain de romans policiers qui a justement rédigé le fameux code, auxquels se sont joints Dorothy L. Sayers, le major Mason et John Dickson Carr, le premier auteur non britannique à intégrer le groupe. Ce « club » existe encore aujourd’hui.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Après le remarquable et remarqué Opération Cooperhead, Jean Harambat change son fusil d’épaule pour rendre hommage à un genre qu’il affectionne tout particulièrement : le roman policier anglo-saxon. En utilisant des créateurs pour protagonistes principaux, Harambat prend du recul  et analyse le genre. Il se complexifie la tâche car il ne peut se permettre aucune erreur. Au final, il offre une enquête originale de laquelle il se sort avec brio, pouvant grâce à cela prétendre à intégrer lui-même le cercle du Detection Club. Qui plus est, il manie l’art du dialogue avec un grand talent. S’il y avait un prix du dialogue, quelque chose qui serait tout à fait justifié de créer, Jean Harambat l’emporterait cette année.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Le graphisme juste essentiel de l’auteur est d’une finesse et d’un charme british incroyables. Dans une ligne claire qu’on pourrait penser enfantine, il utilise des codes particulièrement efficaces. Les vaguelettes de la mer, les ustensiles de laboratoire, tout prend vie et place sans surcharge et avec précision. Les personnages jouent et se déplacent comme des acteurs de théâtre afin de mieux attirer le lecteur. Les couleurs de Jean-Jacques Rouger rendent à merveille les tons des salons où l’on cause , des nuits d’orage et des après-midi aux abords d’une falaise.

 

Un décor digne des Dix petits nègres, une énigme à la hauteur d’une certaine Chambre jaune, Le Detection Cub est une élégie à tous les maîtres du mystère. On n’avait jamais vu et lu une telle « ambiance » depuis Albany de Floc’h et Rivière.

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Le detection club

 

Genre : Polar

 

Scénario, Dessins : Harambat

 

Couleurs : Rouger

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 138

 

Prix : 19,99 €

 

ISBN : 9782205079432

 



Publié le 09/10/2019.


Source : Bd-best


Ars longa, vita brevis ! L’art est long, la vie est brève !  Bouvaert, élégie pour un âne

« - Aah ! Très cher ! Approchez, approchez ! J’ai de bonnes nouvelles, très cher ! Réflexion faite, il nous a plu de vous envoyer à Rome.

- Vo… Votre Grâce ?

- Pour continuer à couler, un fleuve doit se renouveler à sa source. Allez donc vous renouveler auprès des maîtres d’antan ! Michel-Ange, Raphaël et euh… les autres.

- Ils vous inspireront peut-être des sujets plus relevés. Votre répertoire à notre cour nous semble plutôt limité.

- Votre Grâce ? Je ne comprends pas, Sa Gr…

- Bon, bon… En ces temps mouvementés, il n’est pas inutile de renforcer notre représentation auprès du Pape. Nous avertirons notre homme à Rome de votre visite. Le signor Malegnani règlera les aspects pratiques de votre séjour... » 

 

 

 

 

 

 

 

 

Italie, en plein cœur de la Lombardie, Jan Bouvaert est le peintre officiel de Vincent de Gonzague, Duc de Mantoue. L’artiste flamand né à Anvers en 1577 rêve d’entreprendre un voyage d’étude à Rome. Après hésitation, le Duc lui octroie ce droit. Bouvaert va y réaliser le retable de l’église Santa Maria in Vallicella, la partie arrière décorée de l’autel.

Pendant ce temps, à Anvers, son frère Pieter s’occupe de leur vieille mère malade de la phtisie. Son cas s’aggrave. Jan va prendre la route pour la ville flamande. Il y restera. Il vivra de son art et les années passeront jusqu’à sa mort en 1640.

 

 

 

 

© Spruyt - Casterman

 

 

  Simon Spruyt sème le trouble avec cette biographie imaginaire. D’aucuns taperont dans un moteur de recherche le nom de Jan Bouvaert. Ce sera en vain. Ce peintre chrétien de tradition classique hissé au rang des peintres baroques les plus en vue du début du XVIIème siècle n’existe pas. A travers lui, Spruyt rend hommage à l’école flamande et à Rubens dont les œuvres inspirent plusieurs de ses cases. Quant à l’âne, il sert à l’auteur pour écrire une légende d’Anvers car il paraît que le lait d’ânesse changea la face de la ville. Véridique ou pas, comme le dit Pieter, elle était trop belle pour rester dans l’oubli.

 

 

 

 

© Spruyt - Casterman

 

 

Entre Pieter Bruegel et Jérôme Bosch en passant par Jan Van Eyck, l’école flamande est mise à l’honneur jusqu’à un final percutant qui embarque jusqu’aux démons de Goya qui n’apparaîtront qu’un siècle plus tard en Espagne.

 

Spruyt prétend écrire une œuvre de fiction et ne dépeindre nulle autre réalité que celle construite par son récit. Paradoxal. Si son récit a une réalité, où est la fiction ? Les pistes sont brouillées dès l’introduction. La supercherie (ou pas) s’étend jusqu’à la dernière ligne de la dernière page, en dessous des œuvres du même auteur et des tableaux dont il s’est inspiré. Ode à l’âne et Epilogue seraient adaptés d’un manuscrit de Godfried Bouvaert à l’abbaye de Bornem vers 1760.

 

 

 

 

© Spruyt - Casterman

 

 

Graphiquement, le style de Simon Spruyt ne s’apparente à aucun autre. Avec un magnifique crayon gras, l’auteur offre un voyage dans le temps dans lequel il adopte un style théâtral. Il invite le lecteur dans des gaufriers dans lesquels des personnages s’adressent à d’autres comme si le spectateur interprétait le hors champ. Spruyt joue avec les contre-jours n’hésitant pas à dissimuler des visages en gros plan si une lumière extérieure vient du fond de la case. La couverture, dans un relief étonnant, donne l’impression de tenir en mains un retable en bois sculpté.

 

Cette élégie exprime avant tout l’expression d’une souffrance amoureuse due à une absence, celle d’un fils pour une mère, absent afin de s’épanouir dans une carrière pour l’amour de l’art, mais qui reviendra dans son berceau fort d’une expérience incroyable.

 

 

 

 

© Spruyt - Casterman

 

 

Supercherie réussie, Bouvaert, élégie pour un âne, en traitant de l’art de cette façon, contribue à ce que la bande dessinée en soit un.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Bouvaert, élégie pour un âne

 

Genre : Fausse biographie de peintre

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Simon Spruyt

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 200

 

Prix : 25 €

 

ISBN : 9782203164390

 



Publié le 08/10/2019.


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