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Simenon Le roman d'une vie - Meilleur qu'une blanquette de veau

 

"-Tu as l'air bien songeur, Georges ?

-Non, non, père… Juste que je pensais à ta question… Le métier que je ferai…

-Ah ! Et Alors ?

-Il y en a un autre que j'aimerais bien… C'est écrire des livres, inventer des histoires..." 

 

 

 

 

 

 

Liège 1915. Le jeune Georges Simenon joue aux soldats de plomb dans l'appartement familial. Il aime bien ces soldats mais ne souhaite pas pour autant être militaire. Sa mère voudrait qu'il soit prêtre mais il trouve le métier trop solitaire, sans femme. Ce que Georges aime par-dessus tout, c'est lire. Des Trois Mousquetaires à David Copperfield, il dévore tout ce qui lui tombe sous les yeux. Il n'en fallait pas moins pour déclencher une vocation, il sera raconteur d'histoires, il sera écrivain. Son père est assureur, sa mère, issue d'un milieu bourgeois, rêve d'une meilleure condition sociale. Georges grandit. Il fait l'enfant de chœur et baguenaude dans les pâturages, pour ne pas dire plus.

© Maucler, Rodolphe - Philéas

 

Plus tard, son père tombe malade. Il va falloir travailler. En 1918, il devient apprenti pâtissier (Bof !), puis commis chez un libraire (Ha !). Mais tout ne se passe pas comme prévu. Le jeune homme décide de pousser les portes de La Gazette et demande à son directeur un poste de reporter. C'est ainsi qu'il commence aux faits divers, puis se voit rapidement confier un billet d'humeur. Georges a trouvé sa place dans la société. Il s'épanouit dans son métier et il aime les femmes. Il aime beaucoup les femmes. En 1919, il débarque à Paris. Il écrit ses premiers romans, rencontre Joséphine Baker. 1929 sera une année charnière. Il créé un personnage qui deviendra emblématique, un certain Jules Maigret.

© Maucler, Rodolphe - Philéas

 

Rodolphe et Maucler n'en sont pas à leur première collaboration, Maucler ayant succédé à Jacques Ferrandez sur les enquêtes du Commissaire Raffini, qui avaient débuté avec L'homme au bigos. Les deux compères signeront neuf albums ensemble, de 94 à 2018. Ils se retrouvent aujourd'hui sur la vie de Georges Simenon, ou plutôt sur le roman d'une vie. En effet, l'homme aux 193 romans avaient une vie qui en était un. Et ça, Rodolphe l'a parfaitement compris. En scénariste méticuleux, il reste objectif quant au parcours du père de Maigret, homme aux penchants libertins et aux multiples conquêtes. Pour autant, cet aspect, bien que présent, reste au second plan derrière l'intérêt et l'objectif du futur romancier à succès, à savoir écrire des livres. Maucler joue sur le même tableau, avec toujours un maximum de respect pour Simenon. Soulignons le traitement bichromique très original de l'album en couleur chair se détachant de niveaux de gris.

© Maucler, Rodolphe - Philéas

 

Si la vie de chacun est un roman, celle de Simenon s'est écrite tout au long du XXème siècle. Rodolphe et Maucler arrêtent leur album au tout début de sa gloire comme pour mieux nous dire : "On vous a raconté l'essentiel, maintenant, lisez ses livres." Une biographie bien troussée.

 

Laurent Lafourcade

 


 

One shot : Simenon Le roman d'une vie

Genre : Biopic

Scénario : Rodolphe

Dessins & Couleurs : Christian Maucler

Éditeur : Philéas

ISBN : 9782491467173

Nombre de pages : 120

Prix : 20,90 €


 

 



Publié le 08/03/2023.


Source : Boulevard BD


Angela Davi - Vaincre le racisme

 

"-Bonjour, je m'appelle Angela Davis… Je viens d'arriver à San Diego pour étudier la philosophie à l'université. J'ai étudié à l'étranger ces deux dernières années, et aujourd'hui je veux contribuer au mouvement de défense de la cause noire ici… On m'a donné ton numéro… Allô ? Allô ?.... Allô, oui, ça a dû coup… Bien, bien, j'ai compris ! Pff !"

 

 

 

 

 

 

1967. C'est le début de l'année universitaire à San Diego. Parmi les étudiantes, une jeune femme revient aux Etats-Unis après avoir étudié à l'étranger. Pleine de ressources et de bonne volonté, Angela Davis, afro-américaine, compte s'impliquer dans la défense de la cause noire. Il va lui falloir bien du courage et de la détermination pour mener un combat pour lequel tout semblait perdu d'avance. Quelques années plus tard, en 1971, c'est dans une prison de Californie qu'elle apprendra l'assassinat de son compagnon George Jackson, tué par un gardien de prison. Elle se remémore sa vie de militante et n'a pas l'intention de cesser le combat.

© Zohar, Pesce - Des ronds dans l'O

 

A la fin des années 60, ce qui distingue Angela Davis de la majorité de ses compatriotes, c'est son pacifisme. Elle sait que la lutte pour la libération des noirs ne peut se faire dans la haine de tous les blancs. Elle est communiste, marxiste même, et pense qu'il faut s'inscrire dans un mouvement révolutionnaire de tous les prolétaires, dirigé par les noirs. Ce ne sont pas des manifestations épisodiques qui feront effet. Angela devra déployer des efforts considérables pour se faire entendre, tout d'abord parmi les siens qui ne partageaient pas tous sa méthode, notamment au sein des Black Panthers. Elle deviendra professeure de philosophie et écrivaine. Elle sera emprisonnée abusivement. Pourra-t-elle continuer à faire entendre sa voix ?

© Zohar, Pesce - Des ronds dans l'O

 

Avec ce biopic d'Angela Davis, les autrices italiennes Mariapaola Pesce et Mel Zohar racontent un pan de l'histoire des droits civiques aux Etats-Unis dans les années 70. Au même titre que Colette Colvin ou Rosa Parks, elle fait partie de ces femmes qui ont changé la face de l'Amérique, et par ricochet la face du monde. Angela Davis a été chanté par les Rolling Stones, John Lennon, Daniel Balavoine, Pierre Perret Yannick Noah, Juliette, Grand corps malade et bien d'autres. Elle a eu les honneurs du cinéma. Elle a des établissements scolaires à son nom. Mariapaola Pesce signe cet hommage argumenté. Mel Zohar dessine dans un sépia très seventies au format comics. On est dans l'Amérique, celle de la beat generation, de la Motown, de la guerre du Vietnam. Les autrices restent centrées sur Angela, sans jamais chercher le sensationnalisme, respectant ainsi la méthode de son combat. La couverture, formidable, donne le ton, montrant Angela Davis, debout, les bras croisés, les jambes bien raides, devant un point fermé.

© Zohar, Pesce - Des ronds dans l'O

 

Quand tout le monde comprendra qu'en s'unissant on a moins peur des loups qui guettent le trappeur, la face du monde changera peut-être. Angela Davis a aujourd'hui 79 ans. Noire, lesbienne, vegan, elle continue de lutter contre les injustices et démontre que la tolérance est la première solution vers la paix et le vivre-ensemble. J'en connais une à qui cet album aurait énormément plu.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Angela Davis

Genre : Biopic

Scénario : Mariapaola Pesce

Dessin & Couleurs : Mel Zohar

Éditeur : Des ronds dans l'O

ISBN : 9782374181332

Nombre de pages : 144

Prix : 22 €

 


 

 



Publié le 08/03/2023.


Source : Boulevard BD


La fabrique de héros, 100 ans d'édition chez Dupuis - Charleroi, berceau magique

 

"Lorsque Jean Dupuis démarra son activité d'éditeur en avril 1922 avec le magazine Les bonnes soirées, il y ajouta le sous-titre évocateur de Revue hebdomadaire illustrée des romans sensationnels. Mais il était sans doute loin de se douter à quel point il ouvrait un siècle d'édition sensationnel et exceptionnel." Julie Durot, directrice générale des éditions Dupuis

 

 

 

 

 


Jusqu'en juillet 2023, le Musée des Beaux-Arts de Charleroi accueille l'exposition Dupuis : La fabrique de héros, 100 ans de 9e art au pays noir. Afin d'accompagner cet événement immersif, l'éditeur publie un livre-catalogue qui compile cent anecdotes historiques de la maison Dupuis. Aux commandes, on retrouve deux individus qui ont eux-mêmes posé leurs empreintes à un moment de l'aventure : José-Louis Bocquet et Sergio Honorez.

© Dupuis

Le périple commence en 1896 lorsque Jean Dupuis achète à 21 ans sa première presse à pédale. C'est en 1922 qu'il se lancera dans l'impression de journaux et de livres avec Bonnes soirées. 1937, c'est l'invention de Spirou. L'année suivante, un hebdomadaire pour la jeunesse porte son nom. Le français Robert Velter alias Rob-Vel dessine le personnage. 1938, le club des ADS, les amis de Spirou, est un succès. On ne saurait que vous renvoyer à la série lancée par Evrard et Morvan. Rapidement, des recueils sont publiés, rassemblant les journaux et permettant de les conserver. On a tendance à penser que Franquin est le père fondateur d'un âge d'or éternel. C'est faux. Avant lui, il y a eu Jijé, Joseph Gillain, injustement passé au second plan, mais qui dans le genre humoristique avec Spirou, puis Blondin et Cirage, et dans le genre réaliste avec Jerry Spring et Valhardi, posa les bases de deux écoles graphiques fondamentales.

© Dupuis

1942, en plein conflit mondial, le théâtre de marionnettes du farfadet se balade de ville en ville. Là, c'est chez Bravo et l'espoir malgré tout que l'on peut développer. Tillieux, Peyo, Morris, Will, Hubinon, Roba, Macherot et tant d'autres vont faire les beaux jours de la maison. En 1950, la Mansarde, grenier d'un cinéma du centre-ville, accueille musiciens et artistes. Parmi eux, Yvan Delporte. Au look beatnik, il deviendra ce qui est peut-être à ce jour le plus grand rédacteur en chef du journal Spirou. 1951, pendant que le Marsupilami fait ses premiers bonds, l'Oncle Paul, la pipe à la main, raconte ses premiers récits historiques. Dès la fin des années 50, les mini-récits font le bonheur des lecteurs qui se construisent leur mini-bibliothèque aux héros qui deviendront mythiques dont Bobo, Le Baron, Le Flagada, pour ne citer qu'eux, sans oublier les Schtroumpfs et Boule & Bill qui sont nés sous ce format. Dupuis se lancera aussi dans le dessin animé.

© Franquin - Dupuis

Les années 70 virent l'émergence d'une nouvelle génération avec des auteurs comme Walthéry, Fournier, Lambil, Cauvin, De Gieter, Leloup, Gos, Seron, Jannin, Hislaire ou Frank. Début des années 80, les Schtroumpfs envahissent Hollywood. Les années 80 voient ensuite l'arrivée d'un nouveau type de héros où l'émotion se lie encore plus avec l'aventure. Broussaille, Théodore Poussin ou dans un autre style Jérôme Bloche en sont les fers de lance. 1988, Dupuis se lance avec brio dans la BD plus adulte avec la collection Aire Libre inaugurée par Cosey et son Voyage en Italie. 2007, Dupuis se lance encore une fois avec brio mais cette fois-ci dans la bande dessinée pour les tous petits avec Petit Poilu, série d'albums sans paroles signés Pierre Bailly et Céline Fraipont. Toutes ces années seront scandées par les différentes reprises des aventures de Spirou et Fantasio

Tout cela n'est qu'un survol mais il a pour mérite de donner une émouvante vue d'ensemble. La véritable histoire de Spirou, véritable somme en trois volumes dont deux sont parus, et signée Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, est le complément idéal pour rentrer plus profondément dans les détails. Pour ceux qui ne peuvent se déplacer pour voir l'exposition, ce livre-catalogue est un joli substitut qui permet de retenir l'essentiel dans un beau livre bénéficiant d'une superbe double-couverture signée Renaud Collin avec les têtes de bon nombre de héros mythiques. Merveilleux.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : La fabrique de héros, 100 ans d'édition chez Dupuis

Genre : Histoire

Sous la direction de : Didier Pasamonik

Commissariat général :

Éditeur : Dupuis

ISBN : 97910347

Nombre de pages : 152

Prix : 29 €

 

 



Publié le 08/03/2023.


Source : Boulevard BD


Casterman de Tintin à Tardi 1919-1999 - Une maison d'édition dans le siècle

 

"Le choix du chercheur trouve sa pertinence dans la richesse des archives de la maison Casterman, remarquablement préservées par les institutions belges et wallonnes, mais aussi, évidemment, dans la nature même de l'expérience historique délimitée par les quatre-vingts années qui s'échelonnent de la fin de la Première Guerre mondiale à la disparition d'une entreprise familiale, dont les origines remontent à rien moins que 1777." Pascal Ory, de l'Académie Française

 

 

 

 

 


1919. Les frères Louis et Gérard Casterman prennent la tête de l'entreprise qui porte leur nom. La famille restera à sa direction jusqu'en 1999. Voici sur quatre-vingts ans son histoire socio-économique, celle de ses dirigeants, de ses employés, ainsi que sa production éditoriale marquée par deux succès phénoménaux, celui de Tintin, on le sait, mais aussi celui de Martine, albums illustré signés Gilbert Delahaye et Marcel Marlier.

© Les impressions nouvelles

On verra donc comment deux frères ont pris en main le destin d'une vénérable maison catholique. Dans les années 20, le catalogue est essentiellement confessionnel. La morale catholique garde une place prépondérante dans le monde. En 1932, un homme va changer le destin de la maison d'édition. Cet homme, c'est Charles Lesne, bras droit de Louis Casterman. Il écrit à un certain Hergé, qu'il a connu au journal Le XXème siècle, pour lui proposer de travailler pour Casterman, tout d'abord en réalisant des couvertures et des illustrations de livres pour enfants. Quelques mois plus tard, la maison tournaisienne deviendra l'éditeur de Monsieur Georges Remy. La suite, on la connaît. On apprendra ensuite comment Casterman traversera la guerre, puis comment elle conquerra les marchés français et internationaux à son lendemain.

© Les impressions nouvelles

 

Les années 50 et 60, c'est l'avènement de Martine et le succès de la collection Farandole. La décennie suivante, c'est le développement des livres documentaires. On assiste également aux échecs dans les domaines de la vulgarisation des sciences sociales et dans le roman. A partir des années 70, s'ouvre la grande période (A suivre). Grâce à Pratt, Tardi et bien d'autres, Casterman s'installe en éditeur de bandes dessinées majeur. Puis c'est la gestion de l'après-Hergé, l'arrivée du manga, l'animation, avant de terminer par la crise qui amena à la fin de la direction familiale de la société.

 

© Les impressions nouvelles


Casterman de Tintin à Tardi n'est pas un livre comme les autres. C'est une thèse universitaire que propose Florian Moine. L'auteur a plongé au plus profond des archives de l'Etat à Tournai, dans celles des éditions Casterman. Il s'est entretenu avec des membres de la famille. Et qui mieux que Benoît Peeters, grand exégète de Hergé, scénariste de la mythique série Les cités obscures avec François Schuiten publiées chez Casterman, pour éditer cette somme de 524 pages ?

En trois parties et neuf chapitres, Florian Moine nous immerge au cœur d'une entreprise, mais aussi au cœur de l'Histoire avec un grand H de la bande dessinée franco-belge.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Casterman de Tintin à Tardi 1919-1999

Genre : Histoire d'une maison d'édition

Auteur : Florian Moine

Préface : Pascal Ory

Éditeur : Les impressions nouvelles

ISBN : 9782874499913

Nombre de pages : 524

Prix : 29,50 €

 


 



Publié le 08/03/2023.


Source : Boulevard BD


 

 

 

Mercredi 18 janvier 2023, galerie Champaka, à l'occasion de son exposition "Un art de la science-fiction", Marvano nous a accordé un interview pour "Derrière la palette ...". Une rencontre sans langue de bois, pleine de surprises entre anecdotes et franc-parler, un moment intense !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diapo exposition

 

Intervieuw : Thierry Ligot

 

Images : Thierry Ligot

 



Publié le 04/03/2023.


Source : Bd-best


Hérauts T.2 Le Griffon

 

 

 

A la manière d’une enquête que n’aurait pas reniée Umberto Eco pour « Au Nom de la Rose », mais au sein du monde de la héraldique, nous retrouvons Landri, Mayeul et sa belle, Marie, dans une bien brumeuse affaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Toujours chargé par le roi de réaliser un recensement des armoiries du Royaume, Landri se voit confier une étrange mission par un seigneur local.

Deux seigneurs voisins avec le même blason ! Voilà une coïncidence bien mystérieuse et qui cacherait, à n’en pas douter, un secret oublié de tous.

Le seigneur d’Aigremont aimerait ainsi que son voisin, Yvain de Clotte, change ses armoiries. Car plus que tout autre symbole, elles marquent de son identité, sa lignée !

Mais avant tout, pourquoi et comment se fait-il que ces 2 seigneurs voisins aient le même blason ?

 

 

 

 

 

© Corbeyran – Bègue – Fernandez - Delcourt

 

 

 

Cependant, alors que l’enquête commence à peine, la disparition de Marie force Landri et surtout Mayeul à revoir leurs priorités … et finalement à revenir à leurs recherches initiales de de façon détournée.

 

 

 

 

 

© Corbeyran – Bègue – Fernandez - Delcourt

 

 

 

 

Si le Moyen-Âge est clairement source d’imagination avec ses chevaliers, ses tournois, ses héros légendaires, il a aussi nourri nos cours d’Histoire avec ses Croisades, invasions normandes, son système féodal et sa structure sociale en général.

Dans l’imagerie de chacun, difficile de ne pas avoir à l’esprit les armoiries et armes de tous ces seigneurs, chevaliers, .... Or ceci répondait à des règles très strictes. Impossible de faire ce que chacun voulait … c’est ce que Mayeul tente d’expliquer à Marie lorsque celle-ci désire comme blason un écureuil rose sur champ orange ! S’en suit une intéressante réflexion, poussée par Landri, sur la raison de toutes ces règles et l’intérêt éventuellement de les remettre en cause.

 

« Savoir questionner est souvent plus important que connaître les réponses ! »

 

 

 

 

 

© Corbeyran – Bègue – Fernandez - Delcourt

 

 

 

 

Ce nouveau tome de « Hérauts » commence ainsi de façon fort instructive pour tout amateur de héraldique moyenâgeuse … Un petit cours sur cette science du blason qui introduit cette intrigue passionnante, à rebondissements, croisée à l’un des plus grands mystères de l’alchimie … et des secrets qu’il pouvait engendrer dans une société où la religion était toute puissante.

 

 

 

 

 

© Corbeyran – Bègue – Fernandez - Delcourt

 

 

 

Eric Corbeyran nous régale à nouveau avec un scénario parfaitement ficelé, des dialogues adaptés tout en étant à la fois instructifs et soignés.

Une fin à tiroir laissant le lecteur sur plusieurs options, mais également un sous-entendu muet sur Marie … que son amoureux ignorera jusqu’à la fin des temps ! Des astuces scénaristiques innovantes qui offrent de ce nouvel opus toute la fraîcheur voulue pour éviter l’impression désagréable du « déjà lu ».

 

 

 

 

 

© Corbeyran – Bègue – Fernandez - Delcourt

 

 

 

 

Quant au dessin, celui de Nicolas Bègue fait merveille dans le cadre du Moyen-Âge. Réaliste jusqu’au bout de sa mine et de son curseur, ses portraits, gros plans et décors sont de toute beauté.

 

Comment dès lors ne pas adorer, après l’avoir dévoré, ce second opus de « Hérauts » … en attendant impatiemment le troisième … ?

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

Titre : Le Griffon

 

Série : Hérauts

 

Tome : 2

 

Éditeur : Delcourt

 

Collection : Histoire & histoires

 

Scénario : Éric Corbeyran

 

Dessin : Nicolas Bègue

 

Couleurs : Jean-Paul Fernandez

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 15,60 €

 

ISBN : 9782413029830

 



Publié le 04/03/2023.


Source : Bd-best


Indians ! L’ombre noire de l’homme blanc

 

 

 

Sur le même principe que « Go West Young Man », Tiburce Oger remet le couvert mais sous l’angle opposé : celui des Indiens.

Au travers 17 courts récits de une à quelques pages maximum, nous survolons l’histoire, ou plutôt quelques moments précis, des Amérindiens de 1540 à février 1922. Quasi 4 siècles de combats, de trahisons, de luttes pour leur survie, de fuites désespérées pour finalement se voir à chaque fois volés ou exterminés. Mais également d’animosité et combats entre les différentes nations indiennes, la place des esclaves noirs, certains de leurs rites ou traditions, …

 

 

 

 

 

 

 

 

Si le « rêve américain » existait parfois pour l’homme blanc, il ne fut même jamais un espoir pour ceux qui vivaient là bien avant l’arrivée de cet homme blanc en 1492 !

Venant d’Asie par le détroit de Bering, il y a 15.000 ans, ils s’éparpillèrent peu à peu sur tout le continent. Nomades ou sédentaires, dispersés en quelque 300 dialectes ou langues, ces tribus s’appelaient les « êtres humains ». Ironie lorsque l’on sait que ce qualificatif leur fut refusé durant des siècles par le colonisateur européen. Proches de la Terre et des forces de la Nature, leurs droits et la nationalité américaine ne leur furent accordés qu’en 1922 !

 

 

 

 

 

© Tiburce – Collectif - Bamboo

 

 

 

 

 

Loin des stéréotypes des westerns hollywoodiens, voici des tranches de vie ou des événements marquants qui se basent à chaque fois sur des personnages ou des faits historiquement prouvés mais tournant autour d’un mythe central : celui du Grand Aigle !

 

 

 

 

 

© Tiburce – Collectif - Bamboo

 

 

 

 

Le fait de confier à 16 dessinateurs différents chacune des histoires courtes étaient également l’occasion pour tous de proposer leur Dpropre sensibilité, approche émotive et graphique à cet univers qui les rassemble néanmoins. Car le point commun qui les unit est bel et bien cette passion qu’ils ont tous en eux pour les Indiens d’Amérique.

 

 

 

 

 

© Tiburce – Collectif - Bamboo

 

 

 

Difficile aussi d’en mettre en avant un plus qu’un autre, tant leur style et leur trait collent au scénario qu’ils ont mis en images.

Encore fallait-il que l’ensemble soit cohérent en procurant à l’album une unicité logique. Ce fut notamment au travers les souvenirs de White Wolf, un chef Chippewa affirmant être né en 1783, devenu « bête de cirque » en 1922 et s’apprêtant à mourir que s’articulent ces petits récits. Son fil rouge narratif fait merveille : lier les héros-héroïnes les uns aux autres dans une généalogie assez large mais linéaire.

 

 

 

 

 

© Tiburce – Collectif - Bamboo

 

 

 

 

Ce défi qui avait déjà été relevé brillamment dans « Go West Young Man » l’est à nouveau ici.

Succès qui fait que de nombreux dessinateurs seraient désormais tentés par l’aventure d’un collectif pour un troisième volume dont le thème tournerait autour de la loi, des juges, marshalls et forcément hors-la-loi !

 

 

 

 

 

© Tiburce – Collectif - Bamboo

 

 

 

 

Bref en l’attendant, nous ne pouvons que vous conseiller de vous plonger dans ces 16-17 petits scénarios passionnants, dans cet « Indians ! L’ombre noire de l’homme blanc », cet hommage à ces « Premières Nations » si longtemps opprimées.

Avec en prime, une superbe couverture, signée Matthieu Lauffray.

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

 

Titre : Indians ! L’ombre noire de l’homme blanc

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Scénario : Oger Tiburce

 

Dessinateurs : Armand, Astier, Bazin, Bertail, Blanc-Dumont, Blasco-Martinez, Derib, Gastine, Hirn, Jef, Labiano, Lauffray, Meynet, Rossi, Corentin Rouge & Toulhoat  

 

Nombre de pages : 120

 

Prix : 19,90 €

 

ISBN : 9782818998229

 



Publié le 03/03/2023.


Source : Bd-best


 

 

 

A l'occasion de la sortie du premier tome de son triptyque "Les Enfants perchés de la Révolution - L'affaire Réveillon", Jean-Sébastien Bordas a accordé à BD Best une interview de "Derrière la palette ..." ce vendredi 13 janvier 2023. Un long entretien pour mieux connaître cet auteur surprenant.

 

 

 

 

 

 

Les enfants perchés de la Révolution T.1

 

 

 

 

 

 

 

Interview : Thierry Ligot

 

Images : Alain Haubruge - Thierry Ligot

 

 



Publié le 28/02/2023.


Source : Bd-best


L’élixir de Dieu T.1… Spiritus Sancti

 

 

 

Etats-Unis, ou plus exactement Massachusetts au couvent bénédictin Saint-Patrick. Nous sommes en plein été 1929, un dimanche. La messe se termine et les rares paroissiens rentrent chez eux, laissant les nonnes et le père Matthew retourner à leur paisible vie monastique.

Image idyllique ? Le temps d’une planche car dès la suivante, la réalité s’embrase … Sœur Holly pique dans la quête, le prêtre semble autant attiré par elle que par la rédemption des péchés … de la chair et du vin en tout cas !

 

 

 

 

 

 

 

 

D’ailleurs, cette charmante sœur, tout juste arrivée au couvent, a visiblement d’autres projets que de passer le reste de sa vie à la dévotion de Dieu !

Il faut avouer que l’ambiance entre les nonnes, dont le passé n’est pas toujours très catholique, et dans le couvent en général n’est pas forcément des plus sereines et recueillies. Blagues, jalousie de certaines vis-à-vis de sœur Holly, la novice, paris sur les matchs de base-ball, cigarettes en cachette, voire bagatelle, … La vie est loin d’être austère, dirons-nous !

 

 

 

 

 

 

© Gihef – Galland - Bamboo

 

 

 

 

Mais les problèmes rôdent …

Car 1929 est aussi synonyme de prohibition et de Ku-Klux-Klan aux Etats-Unis. Un chef de pègre envoie deux hommes de couleur récupérer une cargaison d’alcool de contrebande à Cape Cod, à une vingtaine de miles du couvent ! Mauvaise idée ! Le convoi est intercepté par le KKK et seul un convoyeur, blessé, réussit à s’échapper pour se réfugier au couvent ! Remauvaise idée !

 

 

 

 

 

© Gihef – Galland - Bamboo

 

 

 

 

D’un autre côté, le propriétaire du terrain du couvent vient de mourir laissant derrière lui une dette astronomique. La banque envisage dès lors de vendre terrain et couvent ! Mauvaise nouvelle !

 

Mais finalement « moins » – « moins » ne feraient-ils pas « plus » ?

Et si les sœurs produisaient de la gnôle pour gagner l’argent nécessaire à racheter leur couvent ? Et même un « élixir de Dieu » avec les compétences de l’une et l’autre nonne.

Et si cela arrangeait de plus les affaires de « sœur » Holly dont le passé trouble pourrait bien ressurgir plus vite que prévu ?

On rentre dans cette histoire comme on rentre en religion, avec passion et humour.

 

 

 

 

 

© Gihef – Galland - Bamboo

 

 

 

 

Gihef s’en donne clairement à cœur joie dans ce scénario. Eléments de départ, personnages divers et surtout plein de surprises (bon d’accord, sœur Holly fait un peu penser à une certaine Sister Act … mais dans l’alcool à la place du chant !), cadre idyllique en apparence, rebondissements à volonté … mais avec une sacrée dose d’humour et des dialogues soignés aux petits oignons.

Une main divine planerait-elle au-dessus de sa plume ? A moins qu’il ne l’ait trempée dans de l’eau bénite pour distiller cet élixir à la fois comédie et thriller. Un mélange de genre qui rappelle le savoureux « Monsieur Vadim » précédent !

Bref entre les 10 Commandements et nécessités terrestres, pègre et KKK, ségrégation et prohibition, Gihef nous offre un cocktail détonnant, rythmé et soigné.

 

 

 

 

 

© Gihef – Galland - Bamboo

 

 

 

 

Côté dessin, Christelle Galland est à la hauteur du scénario. Son trait à la fois réaliste et ligne clair, son découpage de planche, le rythme donné aux cases d’action, … sont autant d’éléments essentiels au plaisir de la lecture du premier volume de ce diptyque explosif et jouissif !

Mention spéciale pour la couverture splendide … tout à l’image de l’album … entre élixir et sulfateuse, une prière dans la lumière du Bon Dieu !

 

 

 

 

© Gihef – Galland - Bamboo

 

 

 

Ce premier brassin est donc succulent, onctueux et se termine en apothéose … pour nous promettre un second cru des plus millésimés !

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

 

Titre : Spiritus Sancti

 

Série : L’Elixir de Dieu

 

Tome : 1

 

Collection : Grand Angle

 

Éditeur : Bamboo

 

Scénario : Gihef

 

Dessin / Couleurs : Christelle Galland

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 16,90 €

 

ISBN : 9782818988725

 



Publié le 25/02/2023.


Source : Bd-best


Les Woodrow T.1 Réunion de famille

 

 

 

Envie d’un western décalé et déjanté ? Alors suivons le clan Woodrow …

Trois frères, une sœur, Joséphine, et l’oncle Emmet … que de bons p’tits gars pourrions-nous croire … juste une seconde !

 

 

 

 

 

 

 

Dès les premières pages, les présentations sont faites !

Bobby et Grat sont recherchés. Leur joli portrait orne les murs ici et là !

Le 3e frère, lui, ne vaut pas mieux. Il adore braquer les banques … mais sans armes et sans violence ! Mais n’empêche …

Quant à l’oncle, il vend le fameux « Elixir du Docteur Dexoy » qui guérit … presque tout, mais notamment les aphtes et les hémorroïdes ! Bon d’accord, il l’a volé à un bon docteur et visiblement certains « patients » auraient eu des séquelles.

Point commun, ils ont chacun un pendentif avec un « w » gravé dessus.

Toujours est-il qu’ils se retrouvent dans un but bien précis !

 

 

 

 

 

© Courty – West – Ralenti - Kennes 

 

 

 

 

Libérer leur père, Nathanaël Woodrow et se lancer dans une chasse au trésor. Pour cela, la première étape est de réussir à se faire emprisonner pour découvrir un nom gravé dans une cellule.

Et c’est là qu’ensemble, ils ratent toutes leurs tentatives … bagarre dans le saloon, attaque de banque, évasion, … Pas très doués les Woodrow !

 

 

 

 

 

© Courty – West – Ralenti - Kennes 

 

 

 

 

Leur piste les mènera à bien des embûches parfois plus burlesques les unes que les autres ! Car il faut bien l’avouer, en plus d’être attachants, ils ont tous un sens de la famille des plus développés et pas à une idiotie près !

 

 

 

 

 

© Courty – West – Ralenti - Kennes 

 

 

 

Un scénario mêlant humour, légèreté, enquête, course au trésor dans un Far-West sauvage, Courty semble s’amuser avec ses personnages sans se prendre au sérieux. Pourtant tout y est fluide et cohérent, dans le ton si bien qu’on rit à chaque page quasiment.

Sans oublier les nombreux clins d’œil graphiques à quelques classiques du western … ciné ou BD. De Blueberry aux Daltons, à moins que ce ne soit Bobo, en passant par le sergent Garcia, Arnü West les distille au gré de ses cases. Dans un dessin propre, savant mélange de ses mentors notamment Quino, Jeff Smith, Lewis Trondheim ou encore Gotlib, son crayon fait merveille pour souligner aussi bien l’action que le comique de certaines scènes.

 

 

 

 

 

© Courty – West – Ralenti - Kennes 

 

 

 

 

En conclusion, nous avons aimé dévorer ce premier tome des aventures du clan Woodrow et sommes impatients d’en découvrir la suite dans leur chasse au trésor.

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

 

Titre : Réunion de famille

 

Série : Les Woodrow

 

Tome : 1

 

Genre : Humour

 

Éditeur : Kennes

 

Scénario : Courty

 

Dessin : Arnu West

 

Couleurs : Albertine Ralenti

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 13,95 €

 

ISBN : 9782380758580

 



Publié le 24/02/2023.


Source : Bd-best


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