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2021 au pied du sapin. La sélection de l’année par BD-Best, Première partie.

 

 

            Comment choisir 10 albums sur une année de lecture de plus de 350 titres ? Forcément, le résultat est subjectif, mais il est là. Choisir, c’est renoncer. Voici donc, sans classement, la sélection des dix albums retenus dans la catégorie ONE SHOT (d’accord, il y a un diptyque) pour vous et qu’il est encore temps de déposer au pied du sapin.

 

 

 

 

© Gotlib - Dargaud

 

 

 

 

 

 

 

Une délicatesse.

Le jardin, Paris

 

   

Années 20, dans un cabaret parisien, un jeune homme danse tous les soirs. Il est le seul garçon de l’établissement. Fils de la patronne des lieux, la scène est sa vie. En ce lieu, chaque artiste a un nom de fleur. Celui de cet éphèbe est Rose. Subjugué par les talents du danseur, Aimé, habitué du cabaret, souhaite le rencontrer. L’homme travaille dans l’édition. Il va prendre Rose sous sa coupe et l’ouvrir au monde.

 

Près de deux ans après l’émouvant Les fleurs de grand-frère, Gaëlle Geniller revient avec un récit tout aussi beau, tout aussi fort. On ne saurait dire si ce jardin Paris est une histoire d’amour ou une histoire d’amitié. C’est certainement les deux à la fois. Tout au long de l’histoire l’autrice marche sur un fil, non pas parce qu’elle n’ose pas franchir le mur de l’interdit, mais parce qu’elle se positionne à l’époque du récit, dans des années 20 où les hommes sortaient avec des femmes et il ne pouvait pas en être autrement. Ses personnages sont pour certains d’une sensibilité étonnante, pour d’autres d’une réalité maupassantienne, l’un n’étant pas incompatible avec l’autre.

 

Geniller pose la question du genre au cœur de son histoire avec une finesse, une délicatesse, une discrétion et un respect comme on n’en n’avait jamais lu. Si depuis cent ans, les mentalités ont fortement évolué, la société est encore loin d’une évidence quant à l’acceptation d’amours naturelles entre des êtres, quels qu’ils soient. La force de Geniller est aussi de traiter Le jardin, Paris sans jamais parler de sexe. Alors qu’elle aurait facilement pu tomber dans cette facilité, elle préfère proposer une histoire d’innocence.

 

Graphiquement, la dessinatrice, issue de l’animation, fait danser son trait comme son personnage dans une fresque florale merveilleuse. Quand les raies de lumière traversent le rideau des coulisses jusqu’au devant de la scène, Geniller fait entrer le lecteur sur scène avec l’artiste. Certains passages parviennent à suspendre le temps dans un silence musical magique. On a la sensation d’évoluer avec Rose, d’être concentré sur les gestes gracieux et d’entendre de façon sourde les notes du pianiste réservées aux spectateurs.

 

Avec Le jardin, Paris, les éditions Delcourt frappent un grand coup tant scénaristique que graphique augurant d’une année BD 2021 exceptionnelle. Suspendant le temps pour l’amour de l’art de la danse et du spectacle, le jardin de Gaëlle Geniller est de ceux dans lesquels on souhaiterait rester enfermé.

 

 

One shot : Le jardin, Paris

Genre : Romantique

Scénario, Dessins & Couleurs: Gaëlle Geniller

Éditeur : Delcourt

Collection : Mirages

Nombre de pages : 224 

Prix : 25,50 €

ISBN : 9782413022534

© Geniller - Delcourt

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Noir dedans et...

Blanc autour

 

En 1832, les notables de Canterbury s’opposent à la décision de Prudence Crandall d’accueillir dans son école des jeunes filles de couleur. Mais c’est sans compter sur la détermination de l’institutrice. Au fin fond du Connecticut, Prudence Crandall applique son projet, quitte à perdre des élèves, certaines familles ne souhaitant pas que leur douce progéniture soit mélangée à des noirs ! L’Etat a depuis quelques années déjà aboli l’esclavage, mais l’ombre de Nat Turner plane dans les mémoires. Un an avant, en Virginie, l’esclave noir, instruit, a mené une révolte sanglante. « Il ne faudrait pas que ça arrive chez nous ! »

 

Wilfrid Lupano pose un pavé dans la mare d’une Amérique sortant d’une ère Trump rétrograde. Ce récit situé en 1832, basé sur des faits réels, résonne de façon inquiétante et moderne en 2021. Bien que les mentalités aient évolué, le chemin est encore long avant d’arriver à une harmonie et une tolérance universels. Avec Blanc autour, Lupano montre comment, par la volonté d’une seule personne, Prudence Crandall, ayant réellement existé, un pas de géant à été effectué. Crandall a été la première à proposer une éducation égalitaire et équitable. Et si tous les murs ne pourront pas tomber, la maîtresse d’école va donner de sacrés coup de masse dedans.

 

Stéphane Fert est l’une des révélations graphiques de ces dernières années. D’un esthétisme incroyable à la Cyril Pedrosa, ses planches sont peintes en couleurs directes. Quelques cases très grandes feraient de magnifiques tableaux. Avec émotion et délicatesse, Fert suspend les instants des scènes violentes qu’il assène comme des moments figés. Il en est de même sur la double page où Prudence attend l’arrivée des pensionnaires. Fert a dans son pinceau le pouvoir magique d’agir sur le temps qui passe. C’est une impression assez indescriptible qu’il est nécessaire de lire.

 

A ranger à côté de Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin, dessinée par Emilie Plateau chez le même éditeur il y a deux ans, et à l’instar de celui-ci, Blanc autour est un album incontournable alliant intelligence du scénario et beauté graphique. Noir dedans, blanc autour, pour un rendu non pas gris, mais éclaircissant les esprits. Indispensable.

 

                                                                                                                                                                                         

One shot : Blanc autour 

Genre : Drame historique 

Scénario : Wilfrid Lupano 

Dessins & Couleurs : Stéphane Fert

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 144 

Prix : 19,99 €

ISBN : 9782505082460

© Lupano, Fert - Dargaud

 

 

 

 

 

 

 

 


La bande originale de la vie de Michel Magne.

Les amants d’Hérouville, une histoire vraie.

 

Juin 1970, en faisant de l’auto-stop sur une route de campagne du Val d’Oise, Marie-Claude ne se doutait que la rencontre qu’elle allait faire allait bouleverser sa vie. L’homme qui l’embarqua ce jour-là n’était autre que Michel Magne, grand compositeur de musiques de film et propriétaire du château d’Hérouville. Quelques jours plus tard, Michel invite Marie-Claude dans sa propriété et lui propose d’habiter sur place et de devenir la baby-sitter de ses enfants. La nouvelle hôte va devenir la témoin privilégiée de soirées de folie, de fêtes somptueuses et démesurées. Magne a fait de son château un studio d’enregistrement. Les plus grandes stars du monde se pressent au portillon pour venir y jouer les notes et y poser les voix de leurs futurs tubes.

 

Avant d’être scénariste de bande dessinée, Yann Le Quellec est scénariste, réalisateur et producteur de cinéma. Il signe ici un biopic de Michel Magne, l’homme aux soixante-treize bandes originales de films. Fantômas, Angélique, Les tontons flingueurs et les premiers films de Jean Yanne figurent entre autres à son catalogue. Au-delà de l’artiste, c’est l’homme qui nous est présenté ici, un mégalomane aux amitiés magnifiques qui dépensait sans compter, qui organisait des orgies musicales incroyables. Pour ne citer que les plus célèbres, on retrouve au générique Johnny Hallyday, David Bowie, Elton John, Eddy Mitchell et Iggy Pop.

 

Le Quellec organise l’histoire de la vie de Michel Magne de manière passionnante. Si l’album commence par la rencontre avec celle qui deviendra sa muse, tout le passé du musicien est raconté dans des chapitres intercalés illustrés et richement iconographiés qui se lisent avec fluidité et qui permettent de comprendre comment un gamin de Lisieux est devenu, bien avant Eddie Barclay, celui chez qui il fallait venir travailler et festoyer, l’un n’allant pas sans l’autre.

 

Marie-Claude Magne a participé activement à la réalisation de ce qui, plus qu’un simple album de bande dessinée est le livre d’une vie. Celle de Michel Magne est tellement incroyable qu’il aurait été impossible de l’inventer. Comme dans toute bonne histoire, il y a des joies, il y a des drames. La conclusion en photos dans laquelle Marie-Claude revient sur les lieux est d’une charge émotionnelle inégalable.

 

Romain Ronzeau, dessinateur de la série Espions de famille, met en musique ce biopic. Dans un style à mi-chemin entre Moynot et Vivès, il fait défiler la vie de Michel Magne, intégrant parfois des photos d’époque. Des fastes du château jusqu’à parodier Le repas de noce de Brueghel l’Ancien à la déchéance dramatique d’un homme blessé dans son âme, Ronzeau compose l’album en posant des cases sur une portée comme le faisait Magne avec ses notes.

 

Cerise sur le gâteau, en fin d’album, un flash code amène sur une playlist musicale à écouter en lisant l’album.

 

Les amants d’Hérouville, une histoire vraie, est l’un des albums incontournables de l’année BD 2021.

 

 

One shot : Les amants d’Hérouville, une histoire vraie 

Genre : Biographie 

Scénario : Yann Le Quellec, avec la participation de Thomas Cadène

Dessins & Couleurs : Romain Ronzeau 

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 264 

Prix : 27,95 €

ISBN : 9782413003472

© Ronzeau, Le Quellec - Delcourt

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

L’amour de nos différences.

Plus près de toi

 

                Addi et Ibrahim ont fait le voyage du Sénégal à la France pour faire la guerre, contraints et forcés. Nous sommes en Mars 1942 et ils sont dans un camp de prisonniers dans un village de Bretagne. Leurs vies, comme celles des habitants et des habitantes du village, sont bouleversées par la tragédie de ce conflit qui a meurtri l’humanité à jamais. Avant de partir au front, Addi était à quelques mois de son ordination en tant que prêtre catholique. Devra-t-il choisir entre l’amour de Dieu et celui d’une femme ? La guerre tire les ficelles et personne n’est maître de son destin.

 

Au cinéma, en littérature, en bande dessinée, on ne compte plus les œuvres impérissables. Dans le septième art, on ne peut pas passer à côté du mythique Le jour le plus long, de la quête Il faut sauver le soldat Ryan, de l’incroyable La vie est belle par Roberto Begnini, et plus récemment de l’atypique Jojo Rabbit. A la télévision, la série Un village français fait figure de référence.

En littérature, il faut avoir lu Pilote de guerre de Saint-Exupéry, Week-end à Zuydcoote de Robert Merle, L’armée des ombres de Kessel et bien évidemment Le journal d’Anne Frank. En bande dessinée, à côté de Maus, Les enfants de la résistance et la série trop peu connue Une génération française, Plus près de toi s’ajoute à la liste des incontournables.

 

Kris écrit une histoire poignante sur un sujet peu exploité de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale, une histoire de guerre et d’amour, comme de celles qui sont les plus belles. L’époque est un sujet battu et rebattu en fiction, un thème passionnant et effrayant, fascinant et glaçant. La guerre est un des thèmes de prédilection de Kris. Il a abordé la Première avec Notre mère la guerre, la Seconde avec Violette Morris, et bientôt la guerre de Sécession avec Les Tuniques bleues.

Les personnages de Plus près de toi représentent le casting de ce qui aurait pu être une superproduction de Claude Berri comme Uranus. Addi et Ibrahim sont des victimes de la bêtise de l’humanité, mais Armand, de retour de camp de prisonniers, avec ses blessures profondes et son esprit détruit, est aussi un martyr du conflit. Jeanne et Simone démontrent les rôles prépondérants qu’ont joué les femmes, trop souvent considérées comme au Second Plan. A côté de ces personnages principaux, les gens du village, du Maire au Curé en passant par le goémonier, sont les pièces d’un puzzle dont l’assemblage forme l’armature solide d’une résistance qui a permis la victoire des Alliés.

 

                Le dessin estampillé jeunesse de Jean-Claude Fournier donne le même effet que celui de David Evrard sur Irena. Incontestablement, cela décuple la force des histoires. La méthode, si tant est que cela en soit une, est d’une efficacité redoutable. A la fois, ça fait « supporter » l’horreur et ça arrache des larmes, ça met en colère et ça émeut, ça décuple les sentiments. Dans des clins d’œil, le dessinateur se représente en prêtre missionnaire et montre son scénariste en résistant.

Après le diptyque Les chevaux du vent, avec Lax, ajoutant une pierre majeure à sa bibliographie allant de Bizu aux Crannibales en passant par la reprise courageuse et réussie de Spirou et Fantasio, Fournier est l’un des plus grands auteurs de bande dessinée, largement « grandprixmable ».

 

                Les balles et les roses, la guerre et la paix, le noir et le blanc, la haine et l’amitié, le musulman et le chrétien, le Sénégal et la France, Plus près de toi est une planche d’équilibre. La seule chose que l’on peut reprocher à l’éditeur et aux auteurs, c’est qu’il aura fallu attendre trois ans et demi entre les deux parties de l’histoire. Il faut absolument relire le début et considérer l’ensemble comme un tout qui aurait dû être édité en intégrale dès le début. Cela n’empêche pas de faire entrer Plus près de toi dans la liste des œuvres indispensables de l’année.

 

 

Série : Plus près de toi 

Titre : 2 – Seconde partie

Genre : Histoire/Seconde guerre mondiale 

Scénario : Kris 

Dessins & Couleurs : Jean-Claude Fournier

Editeur : Dupuis

Nombre de pages : 72

Prix : 17,50 €

ISBN : 9782800173702

 

© Fournier, Kris - Dupuis

 

 

 

 

 

 

 

 


Fait divers.

Crépuscule des pères

 

A Cestas, en 1969, l’hiver promettait d’être plus froid que jamais, non pas à cause d’une météo plus rude que les années précédentes, mais parce qu’un drame allait sourdre. André Fourquet s’apprête à prendre ses enfants en otage pour en obtenir la garde. Il passe à l’épicerie pour faire le stock de nourriture qui lui permettra de tenir un siège. Juste à côté, à Bordeaux, mais en 2016, Thomas Cessac est en pleine procédure de divorce. Aura-t-il la garde de sa fille ? Sans pour autant comparer sa situation à celle de Fourquet, entre deux rendez-vous avec son avocat ou un juge, Thomas découvre les détails du drame qui s’est déroulé quarante-sept ans plus tôt dans la région.

 

Le scénariste Renaud Cojo ne cherche en aucun cas à cautionner les actes désespérés d’André Fourquet, cet homme quitté par sa femme et qui séquestrera deux de ses enfants avec leurs consentements, l’aînée ayant réussi à s’échapper, pour en obtenir la garde. Par le prisme de Thomas, il a cherché à saisir les contours de ce fait divers et de comprendre les mécanismes qui ont conduit à l’inéluctable. Par ricochet, le scénariste aborde le dysfonctionnement du système judiciaire qui néglige le rôle du père dans l’éducation des enfants les privant souvent injustement de leur garde. Cojo réalise un travail méticuleux, respectant au plus près les paroles des protagonistes de l’époque. Christophe Hondelatte, prend garde à toi.

 

Sandrine Revel frappe très fort cette saison. Après l’adaptation des émouvantes Chroniques de San Francisco, Revel revient pour un doublé magistral : Grand silence, sur le sensible sujet des violences sexuelles commises sur les enfants, et Crépuscule des pères, témoignage journalistique d’un drame humain remettant en cause le fonctionnement de toute une société. Avec un trait mouvant, une grisaille sur les planches reproduisant celle qui est dans les âmes, quelques rares touches de rouge qui en disent long, sur le bureau d’un juge ou le plastron d’un gendarme ciblé, Revel s’affirme comme une très grande dessinatrice, avec une bibliographie conséquente qui mérite reconnaissance.

 

Le mardi 18 février 1969, le quotidien Sud-Ouest titrait « La France bouleversée par la tragédie de Cestas ». Eté 2021, Cojo et Revel bouleversent à leur tour les lecteurs en la retranscrivant en bande dessinée.

 

 

One shot : Crépuscule des pères 

Genre : Drame

Scénario : Renaud Cojo 

Dessins & Couleurs : Sandrine Revel

Éditeur : Les arènes BD

Nombre de pages : 168 

Prix : 20 €

ISBN : 9791037502209

© Cojo, Revel - Les arènes BD

 

 

 

 

 

 


 

Contemplations dans la forêt bleue.

Les grands cerfs

 

Pamina et Nils ont décidé de vivre au cœur de la montagne des Vosges, dans une ancienne métairie en pleine forêt. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils vont devoir apprendre à cohabiter avec un clan de cerfs. Initiée par Léo, photographe animalier de son état, Pamina va apprendre à les observer, les découvrir, les voir évoluer. Mais d’autres prédateurs hantent la forêt, d’une part les chasseurs, d’autre part les membres de l’ONF, l’office national des forêts. Les plus sauvages ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

 

Gaétan Nocq adapte le roman éponyme de Claudie Hunzinger. Après avoir entendu l’autrice dans l’émission de Laure Adler L’heure bleue sur France Inter, Nocq se procure le livre et c’est le coup de cœur. Il contacte Hunzinger, va à sa rencontre dans sa vallée. Avec une vue panoramique sur le vallon aux cerfs, Nocq s’immerge dans l’ambiance. Il se promène au milieu des arbres, il entend et voit le ruisseau couler. Il a troqué son manteau de citadin contre celui du campagnard.

 

On apprend que le clan des cerfs compte huit à vingt-deux mâles menés par un grand chef. Les biches sont plus haut. Le clan vit en harmonie jusqu’à la saison des amours où ils doivent s’affronter pour conquérir des femelles. Pour les observer, il faut se mettre à l’affût muni d’une arme spéciale : un téléobjectif. On comprend comment l’hiver les cerfs survivent à la famine, pouvant ravager des cultures. On est sensibilisé à la surpopulation du gibier et comment chasseurs et ONF ont des partis pris opposés.

 

La forêt de Nocq est bleue. Jamais on n’en est choqué. Ça semble si naturel, comme si toutes les forêts avaient toujours été de cette couleur. L’auteur se justifie par les différences d’incidence de la lumière sur les choses. Ce bleu laissera sa place à un magenta s’imposant avec la dramaturgie du récit. Les nuits quant à elles sont sensationnelles. La scène du comptage nocturne des animaux est incroyablement réalisée.

 

Quand Claudie Hunzinger s’est entretenue avec Laure Adler, elle lui a dit être venue avec les arbres de sa forêt, les cerfs, les salamandres, les papillons. Elle a dit être venue avec eux pour éviter qu’ils ne disparaissent avec ce monde qui change à grande vitesse. Grâce à son roman, elle leur a donné des mots pour prouver et préserver leur présence. Grâce à son album, Gaétan Nocq leur donne des images sublimes.

 

 

One shot : Les grands cerfs 

Genre : Emotion

Scénario, Dessins & Couleurs : Gaétan Nocq

D’après : Claudie Hunzinger

Éditeur : Daniel Maghen

Nombre de pages : 256 

Prix : 29 €

ISBN : 9782356741035

© Nocq – Daniel Maghen

 

 

 

 

 

 

 


 

Rendez-vous en terre inconnue.

Tananarive

 

Amédée est un notaire retraité. Il vient de perdre son ami et voisin Joseph, un aventurier dans l’âme qui passait ses soirées à lui raconter sa vie trépidante. Joseph est mort à présent. Il paraît qu’il aurait eu un enfant. Avec qui ? Aujourd’hui adulte, où se trouverait-il ? C’est la mission que va se donner Amédée, moins pour que la maison lui soit attribué, mais plus pour lui léguer la collection des albums de Pinpin de son père.

 

En enquêtant sur le passé de son ami, Amédée s’inscrit dans une quête initiatique où il va se chercher lui-même. Le fantôme de Joseph l’accompagne comme un ange gardien. Amédée a voyagé au travers des récits de Joseph. Ce dernier a fait ce que lui n’aurait jamais osé accomplir. Une vie pépère, marié, sans enfant,… Amédée a besoin de donner un sens à sa vie et c’est pour ça qu’il va se lancer dans ce « Perdu de vue ». Tananarive est la capitale de Madagascar. Le voyage d’Amédé l’amènera-t-il jusque-là ?

 

Dès qu’il est question de vieux dans une BD, on pense inévitablement aux Vieux Fourneaux. Il y a maintenant tellement d’albums mettant en scène le troisième âge qu’il est temps d’arrêter de faire des comparaisons. Si on devait parler de Lanfeust dès qu’il est question d’Heroïc Fantasy, on ne serait pas couchés. Bref, offrons à chaque album de vieux son autonomie. Et s’il en est un qui le mérite, c’est bien Tananarive.

 

En deux albums aussi différents l’un que l’autre, Mark Eacersall, scénariste de télévision, fait une entrée fracassante dans le monde de la BD. Après Gost 111, polar pur et dur dessiné par Marion Mousse paru en 2020, il joue la carte de l’émotion et de l’humour avec Tananarive. Le scénariste prouve que les plus beaux voyages se font dans les livres. Les titres des ouvrages qui composent la bibliothèque de Joseph parlent d’eux-mêmes : Monfreid, Kessel, Conrad, London, et une série de BD dont les titres sont inspirés d’albums mythiques. Hommage à Spirou, à Blake et Mortimer, et surtout à Tintin, Tananarive est l’histoire d’un homme qui a parcouru le monde dans sa tête sans bouger de chez lui. On croit que Joseph est le pivot de l’aventure. C’est faux. C’est bel est bien en Amédée que réside tout l’intérêt de l’intrigue.

 

Sylvain Vallée est l’un des meilleurs dessinateurs de sa génération. Après deux séries indispensables, Il était une fois en France et Katanga, il revient pour un one shot qui s’inscrit dans la short list des meilleurs albums de l’année.

 

Rarement un album parvient à balayer un tel panel de sentiments et d’émotions. Digne des meilleures comédies dramatiques dans lesquelles on prend autant de plaisir à rire qu’à pleurer, Tananarive nous cueille au plus profond du cœur.

 

 

One Shot : Tananarive

Genre : Emotion 

Scénario : Mark Eacersall 

Dessins : Sylvain Vallée

Couleurs : Delf

Éditeur : Glénat

Collection : 1001 feuilles 

Nombre de pages : 88

Prix : 19,50 €

ISBN : 9782344038390

© Vallée, Eacersall, Delf - Glénat

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le peintre mène la danse.

Degas, la danse de la solitude

 

                Samedi 29 septembre 1917, cimetière de Montmartre. Mary Cassatt se recueille sur la tombe d’Edgar Degas. Machiste, antidreyfusard, antisémite, le solitaire intransigeant a passé sa vie à peindre des danseuses, des blanchisseuses et des prostituées. Il ne s’est jamais marié. On ne lui a jamais connu d’aventure. Il était arrogant, insolent et désagréable. Pourtant, Mary Cassatt, peintre américaine, a, non pas partagé sa vie, mais l’a côtoyé de très près. Elle retrace sa carrière avec objectivité et émotion. Comme le lui a conseillé Ingres, Degas s’est consacré corps et âme à la peinture. Il a vécu pour sa peinture, en a fait sa maîtresse, sa fiancée, son épouse.

 

                Par le truchement de la peintre Mary Cassatt, Rubio raconte la vie d’Edgar Degas. On le découvre lycéen et on suit toute sa carrière, son accession à la gloire, ses derniers jours. Le scénariste a effectué un pointilleux travail d’historien pour coller au plus près à la réalité. Sans concession, sans flagornerie, il présente l’homme qu’il était, aigri, capable d’aimer mais pas d’être amant ni aimant. En postface, Salva Rubio revient sur la façon dont il a construit sa biographie, comment il a mené son enquête.

 

Ricard Efa transcende le scénario de Salva Rubio en fondant son graphisme dans le style de Degas, si bien que l’on ne sait pas parfois s’il s’agit de cases dessinées par l’auteur ou de fragments de toiles. Le dessinateur espagnol invite au voyage dans des décors lumineux, des coulisses de l’opéra à l’atelier du peintre, en passant par les expositions de refusés et les salons où cause le Tout Paris de l’époque. Tout en couleurs directes, chaque case est soignée dans les moindres détails. Les personnages respirent par leurs regards. Il n’y a qu’à voir la scène dans laquelle Degas se rend dans un lieu interlope masqué pour s’en rendre compte.

 

                Pour prolonger l’aventure, mêlant danse et dessin, un court-métrage réalisé en 2019 par Arnaud des Pallières, avec Michaël Lonsdale et Bastien Vivès (!) lève le voile sur la part d’ombre de l’artiste. On peut le voir en intégralité sur le net.

 

 

One Shot : Degas, la danse de la solitude

Genre : Biographie 

Scénario : Salva Rubio 

Dessins & Couleurs : Ricard Efa

Éditeur : Le Lombard

Collection : Contrechamp 

Nombre de pages : 88

Prix : 17,50 €

ISBN : 9791034731244

© Efa, Rubio – Le Lombard

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le jour le plus noir de l’histoire judiciaire de la Corée.

Un matin de ce printemps-là

 

Ce matin de 1974, en partant au travail, Woo Hong-Seon ne se doutait pas qu’il ne rentrerait jamais chez lui. Comme sept autres coréens du Sud, il sera exécuté le 9 avril 1975 au terme de plusieurs mois d’emprisonnement et de tortures et après un procès mascarade. Les huit hommes étaient accusés d’espionnage au profit de la Corée du Nord. Ils ne se connaissaient pas. Tous étaient innocents. Le coup était monté par les services secrets afin de détourner l’opinion publique de la crise que traversait le régime politique de Park Chung-hee.

 

L’histoire des huit victimes impliquées dans l’incident du PRP, le parti révolutionnaire populaire, est racontée dans « Un matin de ce printemps là ». Dix chapitres. L’introduction est poignante. Un uppercut. C’est l’exécution. Le Capitaine Park, officier chargé des services religieux dans la prison est appelé pour accompagner les derniers instants des condamnés. Il ne pourra leur adresser le moindre mot. Il priera en silence. La prime de 300 000 wons qu’il recevra pour service particulier lui donnera un sentiment de culpabilité.

 

Le cœur du manhwa est consacré au parcours de chacune des huit victimes. L’auteur, Park Kun-Woong a recueilli les témoignages des témoins de l’époque et essentiellement les familles des victimes. Ils étaient professeur, journaliste, étudiant, petit chef d’entreprise,…  Pourquoi la sanction est-elle tombée sur ces hommes irréprochables ? Le gouvernement de Park Chung-Hee n’a pas d’autre but que de montrer son autorité au peuple.

 

L’auteur coréen Park Kun-Woong écrit une œuvre majeure de sa carrière. Alors qu’en Occident, on ne connaît qu’Hitler, Mussolini, Staline et quelques autres, le chef d’Etat de Corée du Sud des années 70 ne vaut pas mieux que ces Vlad Tepes. Entouré d’un gouvernement complice, Chung-hee s’est imposé comme un dictateur impitoyable.

C’est vraiment sur la vie intime de chacune des victimes et de leurs familles que se concentre le livre. Le lecteur vit et vibre aux travers des femmes et des enfants qui se battent et espèrent le retour de leurs maris et de leurs pères. Kun-Woong reste dans une sobriété graphique poignante. Les personnages n’ont pas de visage, sauf le Président Chung-hee, comme si l’auteur disait : ces victimes, c’est eux, c’est vous, c’est moi, c’est n’importe qui, mais lui, le coupable, c’est lui, regardez-le, rappelez-vous en pour que l’Histoire ne se répète pas.

Chaque fin de chapitre est d’une poésie indescriptible. Il ne faut pas avoir de cœur pour ne pas avoir de larmes. Il y a des livres qui racontent, il y a des livres qui expliquent, il y a aussi des livres qui font tout ça en étant en même temps des œuvres d’art.

On passera sur le titre, sublime lui aussi. La maquette, magnifique. Un matin de ce printemps-là va sans nul doute faire parler de lui fin janvier lors d’un certain festival.

 

Le 9 avril 1975, à l’aube, dix-huit heures après avoir été condamnés à mort, huit hommes innocents sont exécutés dans la prison centrale de Séoul. L’art est un rempart à la dictature. A l’instar de Maus, Un matin de ce printemps-là est de ces œuvres mémorielles indispensables à la marche du monde.

 

 

One shot : Un matin de ce printemps-là 

Genre : Témoignage historique

Scénario & Dessins : Park Kun-Woong

Éditeur : Rue de l’échiquier

Nombre de pages : 390 

Prix : 29,90 €

ISBN : 9782374252957

© Park Kun-Woong - Rue de l’échiquier

 

 

 

 

 

 

 


 

Sous La guerre des mondes.

A fake story

 

30 octobre 1938, en pleine nuit, une voiture freine brusquement alors qu’un jeune homme ensanglanté, avec un masque à gaz sur le visage et armé d’un pistolet, s’écroule au beau milieu d’une route de campagne. Son sauveur le mène à l’hôpital. Son père se serait suicidé après avoir tué sa mère et lui avoir tiré dessus. A priori, ce serait pour leur éviter d’être massacrés par les Martiens qui débarquent sur Terre. C’est tout du moins ce qu’a annoncé Orson Welles sur les ondes de la CBS. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux dans tout cela ? La lecture de La guerre des mondes d’H.G. Wells à la radio a provoqué une panique générale, c’est certain. Les circonstances de la tuerie familiale, ça, c’est moins évident à définir.

 

Laurent Galandon adapte le roman de Douglas Burroughs. La célèbre émission de radio d’Orson Welles n’est que l’élément déclencheur de dommages collatéraux qui sont au cœur du récit. Evidemment, les causes de la mort de Joan et Robert Oates sont plus complexes qu’en apparence. Ornella Yates, la jeune amie de Ted, le fils Oates, est-elle impliquée de près ou de loin dans la tuerie. Dans une mise en abime, le romancier Burroughs mène l’enquête sur la voix d’Ella Fitzgerald. A fake story pourrait être racontée dans une saison de True Detective.

 

Après Mentawaï, Jean-Denis Pendanx quitte la jungle amazonienne pour celle plus urbaine des alentours de Grovers Mill. Et quand certains appelait les indigènes de la jungle des sauvages, ils auraient mieux fait de regarder leurs congénères car l’adjectif leur convenait mieux. Pendanx est un dessinateur d’ambiances. Ses couleurs directes très années 30 dépeignent parfaitement les ambiances glauques liées aux Oates et les recherches diurnes de Burroughs.

 

Dans tout ça, qu’est-ce qui est l’histoire fausse ? Celle racontée par Welles ? Celle racontée par Ted pour protéger quelqu’un ? Celle qui racontait la panique déclenchée par Welles et qui n’aurait au final pas été si importante que cela ? A fake story montre en tout cas que la presse, la radio, puis plus tard la télévision et internet, sont d’une puissance dangereuse et que toute information est à prendre avec sa part de subjectivité.

 

A fake story raconte une histoire de l’Amérique profonde, un épisode de racisme ordinaire, comme il y en a eu tant, comme il y en a encore trop. A fake story, c’est aussi l’histoire de la montée en puissance du quatrième pouvoir, celui des medias, toujours prêts à s’emparer des real ou des fake news pour en faire des stories.

 

 

One shot : A fake story 

Genre : Polar 

Dessins & Couleurs : Jean-Denis Pendanx 

Scénario : Laurent Galandon 

D’après : Douglas Burroughs 

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 96 

Prix : 17 €

ISBN : 9782754828833

© Pendanx, Galandon – Futuropolis

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

© Franquin - Dupuis



Publié le 15/12/2021.


Source : Bd-best


Spirou 4366 -  15 DĂ©cembre 2021

 

 

Petigré future REINE ou futur ROI ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Après le formidable numéro de Noël, retour au classique numéro hebdo. Un récit complet présente une bande de gamins dans un skate park et qui seront peut-être héros récurrents. Ils en ont le look. Au dessin, on y trouve un nouveau venu Stivo Chopin. Au scénario, c’est Aurélien Ducoudray, connu pour des scénarios plus adultes, qui vient tenter à la BD pour plus jeunes.

 

Les abonnés poursuivent leur collection de chapitres de l’étonnant manga signé Kenny Ruiz et regroupant les personnages de Tezuka.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Ruiz– Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Louca : Game over

Mort et déterré : Les derniers jours d’un zombie.

Roi Louve (Le) : La rébellion de Petigré

 

 

Récits complets :

 

Capitaine Anchois

Chichasu

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Crapule (La pause-cartoon)

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliot au collège

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Harry

Kid Paddle

Méthode Raowl (La)

Millborough (La pause-cartoon)

Nelson

Pernille

Petit Spirou (Le)

Poulettes (Les)

Spoirou & Fantasperge (Marges de Sti)

Strip dont vous êtes la star (Le)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Domecq

En direct du futur : Les épreuves d’A-Lan (Beka)

Jeux : Joyeuse Sanzamification ! (Berkati)

Leçon de BD (La) : Dutreix

 

 

Supplément abonnés :

Manga : Team Phoenix, par Kenny Ruiz (5/7)

 

 

En kiosques et librairies le 15 Décembre 2021.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 



Publié le 15/12/2021.


Source : Bd-best


Tu l’as vu ? Qui ?  Le petit derrière de l’Histoire 2

 

« - Oh non… Marie ! Réveille-toi ! On est sorti de l’espace-temps !

- Hum ? Mais qu’est-ce que tu as foutu ? On est retourné à la case départ ?!

- Comment ça qu’est-ce que j’ai foutu ! C’est encore toi qui a appuyé ton gros cul où il ne fallait pas !

- Hey ! Tu sais ce qu’il te dit mon gros cul ?! »

 

 

 

 

 

 


 

Marie et Ben se réveillent sur une île infestée de sauvages. Des sauvages, ça peut toujours s’apprivoiser, mais quand nos héros se rendent compte qu’ils sont tombés dans une tribu de cannibales ils prennent leurs jambes à leurs cous. Pas facile lorsqu’on est entouré d’eau. Néanmoins, ils réussissent à s’enfuir sur un frêle esquif qui va les propulser dans d’autres espaces-temps. Ben se trouve aux manettes de sa machine, maudite machine à explorer le temps tandis que Marie se voit transférée chez un Léonard qui ne pense qu’à s’envoyer en l’air, au propre comme au figuré.

 

 

 

 

© Even, Duclos - Les éditions du Chat

 

 

« On dit que derrière chaque grand homme, il y a eu une femme. Peut-être même une seule et unique femme. » Et si c’était Marie ? On n’en avait jamais autant appris sur l’Histoire depuis Il était une fois l’homme. On connaissait les découvertes de Léonard de Vinci et de Nikola Tesla. On va apprendre à connaître leurs véritables personnalités. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas de marbre.

 

 

 

 

© Even, Duclos - Les éditions du Chat

 

 

« Si vous voulez trouver les secrets de l’univers, pensez en termes d’énergie, de fréquence, d’information et de vibration ! » déclare Nikola. Des vibrations, Marie va en avoir en veux tu en voilà. Le très sérieux site Futura Sciences explique que le son est un phénomène physique décrit comme une onde. Il peut traverser tous les états de la matièregazliquidesolide ou plasma, à une vitesse dépendant du milieu. En traversant cette matière, il produit des vibrations qui sont à l'origine du procédé cymatique. La cymatique permet de visualiser le son par la mise en vibration d'un corps, comme le sable ou l'eau. En vibrant, celui-ci se déplace en fonction de la fréquence des oscillations, dessinant les mouvements qu'il subit. Avec Marie, Katia Even nous en dit long sur le sujet, mais rassurez-vous, avec humour et nudité.

 

 

 

 

© Even, Duclos - Les éditions du Chat

 

 

Un petit cours de rattrapage d’Histoire revue et corrigée complète l’album. Telle une prof, Marie nous amène dans les coulisses de la vie des grands inventeurs. Enfin, un Artbook montre Marie vue par quelques grands dessinateurs dont, entre autres, Crisse, Tripp et Peynet.

 

 

 

 

© Even, Duclos - Les éditions du Chat

 

 

Des voyages dans le temps comme ça, on en redemande. Le petit derrière de l’histoire démontre que l’érotisme c’est jouïssif quand c’est drôle. Katia Even l’a bien compris. 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=quilaYhc_Jc

 

 

 

 

 

 

Série : Le petit derrière de l’Histoire

 

Tome : 2

 

Genre : Humour érotique

 

Scénario & Dessins : Katia Even

 

Couleurs : Marina Duclos & Alicia Even Simon

 

Éditeur : Les éditions du Chat

 

Nombre de pages : 82

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9782953539578

 

 

 



Publié le 15/12/2021.


Source : Bd-best


Sexy Folies.  Les petites femmes - Intégrale

 

« - Que l’homme se lève, sinon je le tue !

- Incroyable ? Je rêve ? Elle est minuscule ?... C’est une naine ?

- Allons, debout !

- J’ai une entorse à la cheville !

- Menteur ! L’homme veut gagner du temps !... Debout !

- Que ma sœur reste sur ses gardes, tous les hommes sont fourbes ! »

 

 

 

 

 

 

 

Après un naufrage, un homme échoue sur la plage d’une île déserte. Déserte ? Non ! Elle est habitée par une tribu d’amazones de petite taille. Pour perpétuer l’espèce, l’arrivée providentielle d’un membre de la gent masculine à de quoi réjouir la tribu miniature. Mais encore faut-il que le gabarit, si vous voyez de quoi l’on parle, soit compatible. Ceci est la première des six aventures indépendantes qui composent l’intégrale des Petites femmes.

 

 

 

 

© Seron - Joker

 

 

Dans Les petites femmes… à plumes, ce sont deux aviateurs en panne d’essence qui vont affronter les nymphes nymphomanes.

Dans Les petites femmes et les têtes de nœuds, une malédiction, vieille de plusieurs siècles, qui pétrifiaient les individus, est en passe de trouver un désenvoûtement.

« Messie » le retour est un récit théologique… m’enfin, avec ses limites quand même. Rhésus, le second fils de Dieu le père et frère de Jésus, arrive sur Terre pour apporter la bonne parole. Heureusement, l’archange Gabriel va l’aider à trouver une famille d’accueil pour sa naissance terrestre. Et ça ne va pas être piqué des vers… mais plutôt piqué d’autre chose.

A la recherche du Saint-Grêle raconte les aventures d’un naufragé croyant arriver en Normandie mais qui débarque sur une côte apparemment sauvage mais dont le cheptel local fait une production de produits lactés excessive.

Enfin, V.D.Q.S. met en scène un peuple de sirènes amazones, les jambes couvertes d'écailles et les pieds palmés, en guerre froide permanente avec une société d'hommes veufs vivant à proximité dans des bulles de lave volcanique. Tom, vivant sur une île déserte, va être le témoin privilégié de ce conflit aquatique. V.D.Q.S. signifie à l’origine Vin délimité de qualité supérieure. Ici, on a à faire à des Vierges De Qualité Supérieure. Tom ressemble tellement à Renaud qu’on se croirait presque dans un cross-over entre les petits hommes et les petites femmes.

 

 

 

 

© Seron - Joker

 

 

Revenons sur la genèse de cette série. Fin des années 90, pilier de l’honorable maison Dupuis avec Les petits hommes qu’il anime depuis 1967, Pierre Seron fait une infidélité à son éditeur en prenant le contre-pied de sa série à succès. Et pour cause, jamais Marcinelle ne publierait une bande dessinée érotique. A l’opposé de ses petits hommes, BD d’aventures tous publics, poussé par sa compagne, Seron se lance dans une série coquine avec Les petites femmes. De 1999 à 2009, six aventures érotico-comique vont être publiées. Gardant son trait fidèle, que d’aucuns accusent à tort d’être plagié sur Franquin, Seron s’en donne à cœur joie. Il se lâche, osant toutes les scènes sans retenue. Et quand le tout se passe dans des îles paradisiaques et des paysages de rêve, on ne va pas bouder notre plaisir.

 

 

 

 

© Seron - Joker

 

 

Les petites femmes ont été à la BD érotique ce que les petits hommes ont été à la BD franco-belge classique : un must pour des heures de plaisir !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les petites femmes

 

Tome : Intégrale

 

Genre : Aventures érotiques

 

Scénario & Dessins : Pierre Seron

 

Couleurs : Vittorio Leonardo

 

Éditeur : Kennes

 

Collection : Joker

 

Nombre de pages : 304

 

Prix : 35 €

 

ISBN : 9782931064139

 

 

 

 



Publié le 15/12/2021.


Source : Bd-best


Planète à sauver.  Maud et les aventuriers de l’océan 1

 

« - Bonjour ! Vous habitez dans le coin ?

- Oui. Vous êtes… perdus ?

- Non, non, pas d’inquiétude ! On nous a signalé un problème de pollution par ici, donc nous sommes venus voir si on pouvait faire quelque chose.

- Mais… Ce sont des enfants ! Comment ils pourraient agir contre la pollution ?

- On peut tous faire quelque chose contre la pollution ! Et ce ne sont pas des enfants ordinaires ! Ce sont les aventuriers de l’océan… Ils sauvent les mers !

- Vous m’en direz tant…

- Mais oui ! Je suis Maud Fontenoy. Je dirige les aventuriers de l’océan et tout ça est très sérieux... »

 

 

 

 

 

 


                En Polynésie, la maman de Samy envoie son fiston en vacances chez ses grands-parents. Le gamin n’est pas franchement ravis. Ils habitent en bord de mer mais la baignade est interdite pour cause de pollution. Mais une rencontre va changer le profil de son séjour. Samy fait la connaissance de la navigatrice Maud Fontenoy qui dirige une équipe de jeunes aventuriers à bord de son voilier. Samy et son grand-père vont intégrer l’équipage afin de mener leur enquête sur l’origine de la pollution en allant interroger des experts.

 

                Afin de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes à la préservation des océans, Maud Fontenoy, avec l’aide de Naïma Zimmermann, s’est mise en immersion dans une BD. Maud s’imagine en meneuse de troupe pour nous entraîner dans son combat nécessaire pour l’avenir de la planète. La côte polynésienne est en train de se transformer en désert de biodiversité. Les fonds marins sont presque vides. Bien que des efforts aient été faits par les autorités locales, la mer contient encore un grand nombre de particules de plastique et la vie sous-marine en pâtit.

 

 

 

 

© Fontenoy, Zimmermann, Vinci, Ferrari - Jungle

 

 

                Auteur de fumetti, Jean Claudio Vinci change de style pour du franco-belge classique dans un graphisme proche de celui de Marko. Le dessinateur insère de jolis cases pleines pages qui contribuent à l’immersion, que ce soit sur le Tahia, voilier de l’équipage, sous l’eau avec les statues en cercle ou au milieu de coraux et de poissons multicolores.

 

 

 

 

© Fontenoy, Zimmermann, Vinci, Ferrari - Jungle

 

 

                Didactique sans jamais être ennuyeux, l’album est une mine d’informations dévoilant des lieux méconnus comme le parc de sculptures sous-marines de Molinere au large de la Grenade ou encore l’institut de recherche pour l’étude et la préservation de la mer. Apprendre que des statues immergées offrent un écrin à la faune et à la flore ou que des murs comme des aquariums plats hébergent des microalgues qui accumulent la chaleur du soleil en hiver et rafraîchissent l’intérieur du bâtiment en été, n’est-ce pas faire un pas tous ensemble main dans la main vers un futur plus respectueux de l’environnement ?

 

 

 

 

© Fontenoy, Zimmermann, Vinci, Ferrari - Jungle

 

 

                Deux mini-fiches concluent l’album dans un court cahier didactique afin que les lecteurs soient incollables sur le biomimétisme et la grande barrière de corail.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Maud et les aventuriers de l’océan  

  

Titre : 1 

 

Genre : Aventure écologique 

 

Scénario : Maud Fontenoy & Naïma Zimmermann 

 

Dessins : Jean Claudio Vinci

 

Couleurs : Annalisa Ferrari 

 

Éditeur : Jungle

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 12,95 €

 

ISBN : 9782822234726

 

 

 



Publié le 15/12/2021.


Source : Bd-best


L’homme n’est pas un animal comme les autres.  L’incroyable histoire des animaux

 

« - C’est vrai que les hommes sont des singes ?

- Tu veux jeter la honte sur la famille ?! » 

 

 

 

 

 

 


 

                A l’aube des espèces, il y avait des bactéries. Si au fil de milliards d’années, certaines se sont transformées en oiseaux, en loups, en poissons ou en hommes, elles étaient à l’origine semblables. Alors pourquoi l’une de ces espèces, l’homme, s’est-elle arrogée le droit de se placer au-dessus des autres ?

 

 

 

 

© Martin, Matignon - Les arènes BD

 

 

                Dans ce grand récit des relations entre les animaux et les humains, les auteurs démontrent, tout simplement en le racontant, que sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Ils se placent du côté des animaux pour proposer un autre point de vue. Si l’histoire de l’Amérique était racontée par les Indiens, elle n’aurait pas le même ton que celle racontée par les cow-boys. En se plaçant du point de vue de l’animal, Karine Lou-Matignon et Olivier Martin nous invitent à reconsidérer la condition humaine et à nous interroger sur notre avenir.

 

                Tout commence avec le big bang et les milliards d’années qui ont suivi. On apprend qu’au stade embryonnaire les développements des vertébrés sont identiques. Les os, les neurones, les yeux,… Sur le plan génétique, tous les organismes vivants ont un ancêtre commun. On découvre comment le chimpanzé est devenu homme. Ce n’est pas pour rien qu’on partage 98,8 % du patrimoine génétique.

 

 

 

 

© Martin, Matignon - Les arènes BD

 

 

                Chaîne alimentaire oblige, l’homme est la proie de nombreux animaux. Des 22 espèces de l’évolution humaine, seul l’homo sapiens, qui a maîtrisé le feu, a survécu. Migrations, chasses, domestications, l’homme fait de l’animal un pilier de la civilisation qu’il se construit. On apprend comment, les animaux devenus domestiques se sont génétiquement modifiés au fil des ans : tailles diminuées, membres raccourcis, cornes rétrécies, couleurs de robes évoluant et même caractères plus dociles. L’homme et l’animal co-évoluent. De l’Antiquité aux temps modernes en passant par le Moyen-Age, des oies du Capitole à la girafe offerte à Charles X, les animaux prennent une place considérable dans l’Histoire avec un grand H. Mythologiques en Egypte ou en Grèce, mécaniques comme le canard de Vaucanson au siècle des Lumières, ils ont fait l’objet de toutes les adorations et de toutes les expériences. Les chevaux de cavalerie, les pigeons messagers, les premiers voyageurs dans l’espace, les animaux ont accompagné l’homme ou servis d’expérimentation pour le pire. On ira jusqu’au tri des poussins et les bêtes de laboratoires. On conclura sur les conditions animales au XXIème siècle avant un épilogue manichéen donnant à l’homme les clefs de son avenir.

 

                Olivier Martin représente une quantité incroyable d’espèces animales avec le même talent qu’aurait pu le faire un François Boucq. Il ajoute des doses d’humour soit par le dessin, soit par quelques réflexions des animaux. On croisera même l’étrange créature du lac noir. Dans un graphisme réaliste, il pousse la représentation de certaines scènes difficiles jusqu’à la triste vérité, pour mieux éveiller les consciences.

 

 

 

 

© Martin, Matignon - Les arènes BD

 

 

                L’homme ne ressort pas glorieux de cette aventure d’entre les siècles, mais les auteurs lui mettent les cartes en main, afin que, avec tout le respect que l’on doit à cet animal, il ne soit plus un loup, ni pour lui-même, ni pour tous les autres animaux.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : L’incroyable histoire des animaux 

 

Genre : Documentaire 

 

Scénario : Karine Lou-Matignon 

 

Dessins & Couleurs : Olivier Martin 

 

Éditeur : Les arènes BD

 

Nombre de pages : 176

 

Prix : 21,90 €

 

ISBN : 9791037500618

 

 

 

 



Publié le 15/12/2021.


Source : Bd-best


La magicienne retrouvée.  Thorgal 39 - Neokora

 

« - Attends un moment, Louve ! Laissons Thorgal et Aaricia à la joie de se retrouver après cette longue absence aux îles Foroyar !

- Aaricia ! Aaricia ! Nous sommes de retour ! Avec Louve ! Aaricia ! Aaricia ?! Je t’en prie… Réponds-moi ! Par Thor ! Que t’est-il arrivé ? »

 

 

 

 

 

 


 

Accompagnés d’Ava et de son frère, Thorgal, Jolan et Louve sont de retour au bercail. Revenus des îles Foroyar, ils retrouvent les habitants du village, complètement hagards, comme lobotomisés, effectuant des tâches mécaniques, ne parlant pas. Seul le chien Elki réagit. Il raconte à Louve qui comprend les animaux que deux étrangers sont arrivés au village avec une charrette de fruits secs. Depuis que les villageois les ont mangés, ils sont devenus comme envoûtés et tous les jours vont casser des pierres dans une carrière proche. Thorgal va rapidement se rendre compte que c’est une de ses vieilles et très proche connaissance qui tire les ficelles de cet envoûtement.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann, Georges – Le Lombard

 

 

Après deux histoires indépendantes pour se faire la main, si tant est qu’il en ait eu besoin, Yann lance Thorgal dans un nouveau cycle. Qui dit cycle de plusieurs albums dit présence nécessaire de Kriss de Valnor. Quel plaisir de retrouver cette sublime tragédienne qui, si elle ne porte pas des valeurs de morale, montre qu’une femme déterminée peut faire sa place dans un milieu presqu’exclusivement masculin. Yann place Slive la magicienne aux sources de cette nouvelle intrigue. Celle que l’on n’avait plus vue depuis le tome 2 L’île des mers gelées, à part en souvenir dans La forteresse invisible, venait en fait des étoiles et vivait avec ses hommes dans un gigantesque vaisseau. Kriss va monter une expédition pour que Thorgal lui ouvre la porte de cette gangue de fer.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann, Georges – Le Lombard

 

 

Yann maîtrise tout l’univers de Jean Van Hamme et Gregorz Rosinski. Les clins d’œil aux albums mythiques se succèdent : L’île des mers gelées évidemment, mais aussi Alinoë. La séquence finale ne laissera pas non plus les fans de Ulysse 31 de marbre. Surtout, Yann n’oublie pas que Thorgal n’est pas qu’un viking comme les autres et relance un pan de la saga depuis longtemps inexploré. La suite du cycle nous en dira plus. Si bémol il devait y avoir ce sont sur les réflexions pseudo-écologiques du viking un peu trop convenues et pas forcément à propos ici.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann, Georges – Le Lombard

 

 

Fred Vignaux réalise un travail impeccable. L’entité fantomatique qui attaque l’équipage du bateau, l’arrivée au castel, puis Thorgal découvrant Kriss en furie et Aniel en implacable maître du jeu, le vaisseau de Slive et les alcôves de verre : chacune de ses scènes sont magistrales. Accompagné des couleurs feu-colère et bleu-gris-mystère de Gaëtan Georges, le trait de Fred Vignaux devient définitivement un socle de pierre inébranlable sur lequel Yann peut bâtir des récits solides. Preuve supplémentaire, les deux petites initiales F.V. en couverture démontrent que Rosinski est en train de lui faire de la place en façade. Le polonais, qui a réalisé jusqu’à présent seul toutes les couvertures, ne le fait certainement pas par obligation, mais parce qu’il sait qu’il peut faire confiance au talent de son successeur.

 

 Depuis le cycle de Qâ, on attendait un nouvel arc narratif puissant de plusieurs albums. Avec Neokora, celui-ci semble bien débuter. 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Thorgal

 

Tome : 39 - Neokora

 

Genre : Heroïc Fantasy 

 

Scénario : Yann

 

Dessins : Fred Vignaux

 

Couleurs : Gaëtan Georges

 

Couverture : Rosinski & Vignaux

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 12,45 €

 

ISBN : 9782803677184

 

 

 



Publié le 15/12/2021.


Source : Bd-best


A fond dans l’actualité, mais avec un voile légèrement « anticipation » pour mieux la crédibiliser ! … Le dernier livre

 

 

 

Lorsque vous croisez une couverture qui vous attire, un titre qui vous interroge, vous êtes impatient de le lire ! Hier, réception d’un nouveau colis « BD » et quel colis ! (Nous en reparlerons très vite !)

« Noël avant l’heure » m’a confié mon sapin jaloux !

Découverte de l’album « Le dernier Livre » avec François Durpaire au scénario et Brice Bingono au dessin !

 

 

 

 

 

 

 

A fond dans l’actualité, mais avec un voile légèrement « anticipation » pour mieux la crédibiliser !

Pandémie mondiale – confinement – couvre-feux - fermeture des écoles et donc nouvelle politique éducative ! Le monde est désormais régi par les Gafam qui ne tolèrent aucune opposition désormais à leur mainmise sur la vie et le privé du peuple, juste réduit au statut de « consommateur » !

L’individu n’est plus ! Son libre-arbitre passe à la trappe au profit du bien-être commun … soi-disant ! Mais surtout de son contrôle par l’éducation contrôlée et autorisée, la suppression des différences culturelles, de leur diversité, de leur richesse … au bénéfice unique de ces nouveaux maîtres du monde.

 

 

 

 

 

© Durpaire – Bigono – Glénat

 

 

 

Du simple masque (que nous portons quasi tous aujourd’hui), ces nouveaux dirigeants en ont fait un outil de contrôle ! Lié à un écran, toute information officielle y est instantanément projetée. Impossible d’échapper à ce lavage de cerveau incessant, car le livre, source de réflexion personnelle, est désormais interdit, hors-la-loi ! Le crayon et le papier pour écrire sont détruits ! Bibliothèques, librairies, maisons d’édition, … et tous les métiers qui y sont liés ont disparu !

Une police des écritures est créée afin de pourchasser tout réfractaire et brûler toute trace d’une littérature écrite. Les écritures, les alphabets eux-mêmes sont unifiés via un retour « émojiée » à l’idée de base de la pensée à exprimer.

Bref l’ensemble de la chaîne du livre n’est plus qu’histoire ancienne.

L’éducation se fait à la maison via des androïdes programmés.

Le savoir est tout simplement digitalisé pour en contrôler sa diffusion : censuré, filtré, aseptisé, linéarisé !

Seuls les centres commerciaux peuvent encore accueillir des foules.

Qui contrôle la culture, contrôle le peuple !

 

Bref, un monde « idéal » comme aurait pu l’imaginer un mélange d’Orwell dans son « 1984 » - de Ray Bradbury avec « Fahrenheit 451 » et d’Aldus Huxley pour son « Le Meilleur des mondes ».

 

 

 

 

© Durpaire – Bigono – Glénat

 

 

 

Mais tout comme dans ces romans, le grain de sable existe. L’homme reste lui-même et a difficile à accepter cette pensée unique. Des enfants disparaissent. Comment ? Pourquoi ? Par qui ? Mystère ! Un homme au masque de Victor Hugo semble mêlé à ces disparitions.

Est-ce lié aux livres ? A une transmission interdite du savoir ? A une gigantesque bibliothèque secrète ? Un germe de renaissance ?

Paris 2040 semble peu enchanteur et pasteurisé dans cette vision réaliste d’un monde où l’humain aurait abandonné au digital ce qui fait sa substantifique moëlle : sa pensée !

 

 

 

 

 

© Durpaire – Bigono – Glénat

 

 

 

François Durpaire (scénariste) nous offre ici un récit prenant, gentil au premier abord mais profond. Un monde sans livre, sans culture, sans liberté … En sommes-nous réellement si loin lorsque nous regardons les programmes TV ? Culture réduite à des reality shows de plus en plus « vulgaires », basiques, faisant la part belle à l’inculture, à des émissions fast-food intellectuellement.

Ce thriller d’anticipation réaliste est une déclaration d’amour, une ode (plus qu’une oraison) funéraire aux livres, au papier, à l’écriture. Le scénariste nous retrace un historique de ce support, de ces grands moments, de ces grandes œuvres.

 

 

 

 

 

© Durpaire – Bigono – Glénat

 

 

 

Le tout sous le crayon inspiré de Brice Bingono et les couleurs parfaites de Scarlett. L’ambiance sombre du récit, l’aspect dramatique à certains moments, la peur et la joie des personnages transpirent à chaque page.

Nous nous laissons facilement entraîner dans ce récit … où finalement, chacun, au fond de soi, sent qu’il pourrait être la réalité de demain !

 

 

 

 

Le Dernier Livre

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

 

 

Titre : Le dernier livre

 

 

Genre : Documentaire - Histoire

 

 

Éditeur : Glénat

 

 

Scénario : François Durpaire

 

 

Dessin : Brice Bigono

 

 

Nombre de pages : 72

 

 

Prix : 16,50 €

 

 

ISBN : 9782344033425



Publié le 15/12/2021.


Source : Bd-best


Behind the show … Access All Aeras

 

 

Homme de médias - radio, télévision et de presse écrite -, Rudy Léonet a traversé quatre décennies en promenant son micro dans les coulisses de festivals, les backstages de concerts, les studios d’enregistrement et les rendez-vous codés dans des hôtels confinés.  

 

 

 

 

 

 

 « AAA » - Access All Areas, (le laisser-passer qui donne accès aux quartiers privés des célébrités), raconte ses rencontres avec des personnalités surprenantes, excentriques, charismatiques, sous un angle inattendu.

 

 

 

 

 

Clarke & Rudy Léonet

 

 

Avec « AAA », on assiste à des conversations off, à des échanges recueillis par l’auteur pendant plus de 40 ans. Ces instantanés où l’on croise Björk, Depeche Mode, The Cure, Bowie, Nick Cave, Peter Gabriel, Françoise Hardy, Etienne Daho, INXS, U2 et beaucoup d’autres, sont autant de séquences toujours réjouissantes et jubilatoires, qui éclairent la part d’ombre de célébrités avec un sens particulier de l’observation. Chacune de ces brèves de rencontres est illustrée par Clarke. 

 

 

 

 

 

© Clarke – Léonet – Éditions Lamiroy

 

 

L’équipe de Bd Best a rencontré pour vous ce duo musique - BD et vous livre leurs confessions ci-dessous

 

 

 

 

 

 

 

 

Remerciements à la librairie Brüsel Waterloo

 

 

 

 

Brüsel Waterloo

225 Chaussée de Bruxelles

1410 Waterloo

+32 2 511 08 09

 

 

 

Propos recueillis par Thierry Ligot

Images : Axelle Coenen

 

 

 

Titre : Acces All Aeras

 

Genre : Musique

 

Scénario : Rudy Léonet

 

Dessin : Clarke

 

Éditeur : Éditions Lamiroy

 

Nombre de pages : 88

 

Prix : 18,00€

 

ISBN : 9782875955005   

 



Publié le 14/12/2021.


Source : Bd-best


La crème de la crème des auteurs de Western.        Go West Young Man

 

« - Sergent Austin, celui-là vient d’ouvvrir les yeux ! Viens voir par-là, mon salaud ! Qu’est-ce que tu as dans les poches ?!

- Alors, il est pas crevé, ce rebelle ?! Tu lui feras les poches après. Écarte-toi que j’achève ce bouseux ! Inutile d’encombrer l’hôpital !

- M… Ma montre !... Non…

- Dis-donc, soldat, tu sais que le pillage est interdit par le colonel ! Donne-moi cette montre… Et toi, la racaille, passe le bonjour à Satan ! »

 

 

 

 

 

 

 

1863, aux Etats-Unis, des yankees fouillent un camp confédéré qu’ils viennent d’attaquer. Ils lorgnent sur la montre d’un officier sudiste qui est en train d’agoniser. Cette montre est le relai entre la quinzaine d’histoire qui se déroulent en Amérique entre 1763 et 1938, de la Pennsylvanie au Nouveau-Mexique, en passant par le Wyoming, le Montana, le Texas et bien d’autres territoires apaches et cow-boys. Un trappeur achète une indienne, un jeune garçon en soif d’aventures transporte le courrier à cheval, un roi du pétrole étrangle des prostituées, un Texas ranger recherche deux sœurs enlevées par des indiens,… et toujours, toujours, cette montre.

 

 

 

 

© Oger, Gastine - Bamboo

 

 

 

Tiburce Oger a réussi l’exploit de réunir tous les meilleurs dessinateurs actuels de Western. Il ne manque que Derib et Hermann. Ce dernier a décliné l’invitation. Tant pis pour lui. Dommage pour nous. Mais ce n’est pas bien grave tant le niveau de l’ensemble est élevé, rarissime pour un album collectif.

 

 

 

 

© Oger, Prugne - Bamboo

 

 

Chacun des dessinateurs choisis a connu le succès, entre autres, dans le genre Pour n’en citer que quelques uns, Boucq a signé Bouncer, Ralph Meyer Undertaker, Dominique Bertail l’iconoclaste Mondo Reverso, Blanc-Dumont la jeunesse de Blueberry, Rossi Jim Cutlass, Gastine le one shot inoubliable Jusqu’au dernier,… Tiburce Oger a tenu compte de leurs envies, modifiant les histoires à la demande des dessinateurs. Une saine émulation entre eux a fait le reste. Oger désacralise la légende de l’Ouest en tordant le coup à certaines idées reçues véhiculées par le cinéma hollywoodien de l’âge d’or. Les cow-boys n’avaient pas tous les mêmes origines que John Wayne et ne se promenaient pas tous avec un colt à la ceinture. Il y avait 50 % de noirs et de mexicains parmi eux. En face, les indiens ne gesticulaient pas en rond autour des carrioles de pionniers avec des plumes sur la tête.

 

 

 

 

© Oger, Marini - Bamboo

 

 

Le titre fait écho à un album mythique Go West de Derib et Greg paru au Lombard à la fin des années 70. Dessiné dans un style humoristique, il reste l’un des albums fondateurs du genre en bande dessinée. Avec les meilleurs dessinateurs de Western du monde et un scénariste qui a su créer l’événement avec une idée scénaristique originale, Go West Young Man fera certainement à son tour école pour une génération future.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

Edition Collector

 

 

One shot : Go West Young Man 

 

Genre : Western

 

Scénario : Tiburce Oger

 

Dessins : Gastine, Prugne, TaDuc, Blasco-Martinez, Meyer, Meynet, Bertail, Labiano, Boucq, Hérenguel, Blanc-Dumont, Cuzor, Rossi, Rouge, Toulhoat, Marini

 

Couleurs : Divers

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Nombre de pages : 110 

 

Prix : 19,90 €

 

ISBN : 9782818983201

 

 

 

 



Publié le 13/12/2021.


Source : Bd-best


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