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La mafia du café ne fait pas dans les sentiments.  Alto Plano 3- New-York.

 

            « -  Hernan, ça me fait plaisir de te revoir mon ami !

-          Moi aussi, Otavio ! ça fait une éternité !

-          Tu te souviens d’Estrella ?! Et je te présente Albane, une amie… Tu bois quelque chose avec nous ?

-          ça aurait été avec plaisir, mais je n’ai pas le temps… Ce commerce appartient à mon frère et il n’est pas très bon avec la paperasse ! Je suis débordé !

-          Alors j’irai droit au but… Que dirais-tu de t’associer avec nous dans l’acquisition d’une nouvelle exploitation ? »

 

 

 

 

 

 

Après l’empoisonnement des jacus, l’incendie d’une dizaine d’hectares et la perte de leur principal client, Hernan et Estrella espèrent redémarrer une exploitation de café ailleurs. Otavio, lui, est une victime collatérale du scolyte des grains, un petit coléoptère responsable de dégâts monumentaux dans les plantations de caféiers à travers le monde.

A Wall Street, une malversation boursière implique le directeur général d’Ethic Coffee. Albane va-t-elle continuer à travailler pour une société aux intentions louches ?

 

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

 

 

Clap de fin pour le polar caféiné. L’ensemble des trois albums forme un récit classique très bien construit. La lecture d’une traite de toute l’histoire fait l’effet d’un bon thriller américain.

Luc Brahy a fait le job. Avec Alto Plano, Etoilé et Irons, 2018 est définitivement l’année qui a fait de lui un des dessinateurs sur qui les équipes éditoriales peuvent compter. Ici, il livre quelques belles grandes planches à case unique et parvient à rendre beau un grisâtre ciel parisien dans lequel s’envolent des pigeons sous la pluie au-dessus des toits.

 

 

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

Corbeyran, dans les écritures à quatre mains comme ici avec Postec, trouve une émulation et un second souffle, rendant autant de services aux jeunes scénaristes que, eux, ne lui en rendent.

Alto Plano est une série bien plus économique qu’on ne pourrait le croire au premier abord. Elle démontre que la mafia n’est pas l’apanage de la Sicile, mais bien une engeance mondiale qui s’attaque à tous les marchés, quels qu’ils soient.

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

Après avoir fait la connaissance des jacus, oiseaux qui digèrent les grains de café, les scénaristes poursuivent notre instruction animalière en nous présentant le candiru, un poisson de la taille d’un stylo à bille, mais qui peut faire des dégâts considérables à qui se baigne avec eux.

 

Alors, après le vin et le café, est-ce qu’il est à présent l’heure du thé ?

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Alto Plano.

 

Tome : 3- New-York.

 

Genre : Thriller caféiné.

 

Scénario : Corbeyran & Postec.

 

Dessins : Brahy.

 

Couleurs : Saint-Blancat.

 

Éditeur : Delcourt.

 

Nombre de pages : 48.

 

Prix : 12 €.

 

ISBN : 9782756071978



Publié le 25/10/2018.


Source : Bd-best


Si on veut, on peut.     Louca 6 - Confrontations.

 

 

            « - Non.

-          Bon… Tu ne me laisses donc pas le choix ! Je te propose un duel, et si je le remporte, tu…

-          J’ai dit : Non.

-          Mais ! Non, attends ! Tu… Bah, mince alors… J’me suis pris un gros vent, là.

-          Ne t’inquiète pas, tout n’est pas perdu… S’il n’a pas changé, je sais comment tu vas pouvoir le coincer. »

 

 

 

 

 

 

 

Nathan est prêt à tout pour aider Louca à recruter les anciens membres du club de foot du lycée afin de constituer une nouvelle équipe. Mais pour cela, Louca doit les battre dans leurs nouveaux sports respectifs. Après le tennis, le footballeur va devoir se confronter à de nouveaux sports.

 

 

 

 

© Dequier – Guillo – Dupuis.

 

 

Duel n°2 : Face au basketteur Gervais, Louca parviendra-t-il à dunker ?

 

Duel n°3 : Contre l’athlète Mathis, Louca sera-t-il à la hauteur ?

 

Duel n°4 : Opposé au golfeur Jordan, Louca puttera-t-il dans la bonne direction ?

 

Il pourra heureusement compter sur Nathan, mais un fantôme reste un fantôme et ses pouvoirs sont limités.

 

 

 

 

© Dequier – Guillo – Dupuis.

 

Parallèlement, on apprend que Ripaton, le proviseur, n’est pas tout blanc dans la mort de Nathan.

 

Bruno Dequier marche sur les pas de Raymond Reding. Mais là où il va plus loin, c’est quand il fait parler les sentiments. La naïveté de Louca et sa détermination sont d’excellents atouts face à la polyvalence sportive dont il aurait fallu qu’il ait la maîtrise.

 

 

 

 

 

© Dequier – Guillo – Dupuis.

 

 

Dequier a vu Olive et Tom (Captain Tsubasa en VO) ou autres productions japonisantes. Les scènes d’action sportives en sont imprégnées. Les visages sont parfois exagérés, juste ce qu’il faut, sur le fil entre un graphisme franco-belge et manga.

 

 

 

 

 

 

© Dequier – Guillo – Dupuis.

 

 

 

Le travers scénaristique de ce genre d’histoires, où un héros doit accomplir différentes tâches à la manière des travaux d’Hercule, est que ça se transforme vite en catalogue de situations. Alternées avec flash-backs ou scènes pénitentiaires, la pilule passe plus facilement et le jeune lecteur n’en tiendra pas rigueur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fonce, Louca, tu peux y arriver à constituer ton équipe de choc !

 

 

 

Laurent Lafourcade.


 

Série : Louca.

 

Tome : 6 - Confrontations.

 

Genre : Aventure sportive.

 

Scénario & Dessins : Dequier.

 

Couleurs : Guillo.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 56.

 

Prix : 12,50 €.

 

ISBN : 9782800174877



Publié le 25/10/2018.


Source : Bd-best


Y aurait-il pire que le bouton atomique ?  King of Eden 4

 

            « - Le « loup » est en train de bouleverser la politique internationale ?

-          Racontez-moi !

-          L’information reste à vérifier, mais les trois plus grandes puissances de la planète auraient passé un marché avec le roi-loup ! Les imbéciles !

-          Ce monstre ne veut pas d’une cohabitation pacifique. Seule la survie du virus l’intéresse ! Pour lui, l’être humain n’est qu’une enveloppe confortable à parasiter pour l’éternité !

-          Il faut vous mettre à l’abri… La chasse à l’homme a déjà commencé ! »

 

 

 

 

 

 

 

Teze Yoo joue une course contre la montre et contre la propagation du virus faisant des hommes de sanguinaires loups-garous. On apprend qu’après l’expédition meurtrière qui a libéré le « loup », Teze a été initié par un subbotnik pour affronter les infectés. Aujourd’hui, c’est à lui d’agir.

Lua Itsuki et Taizo Yamada vont faire une rencontre effrayante avec le « maître ». Le Roi-Loup veut leur montrer à qui ils ont à faire.

A présent, les heures sont comptées, il va falloir s’unir pour sauver l’humanité.

 

 

 

 

© Nagasaki, Ignito – Ki-Oon

 

 

Ignito a du mal à y croire, mais il est bel et bien dessinateur professionnel. Le modeste auteur s’en rend compte au gré des sorties de ses livres. Il en rêvait depuis tout petit. Et quand le rêve devient réalité, c’est que le pari est réussi. La rencontre avec le lectorat s’est faite et c’est mérité. Son graphisme réaliste rend le virus du loup aussi effrayant que le poison se trouvant dans les seringues d’Ikigami.

 

 

 

© Nagasaki, Ignito – Ki-Oon

 

            Takashi Nagasaki maîtrise l’alternance entre suspens, action et explications. King of eden n’est pas de ces mangas popcorn aussitôt lus, aussitôt oubliés, avec plaisir mais sans réflexion. King of eden est touffu, fouillé, complexe. Chaque personnage est la pièce d’un échiquier mortel sur lequel il est urgent de faire mat.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : King of Eden.

 

Tome : 4.

 

Genre : Thriller Fantastique.

 

Scénario : Nagasaki.

 

Dessins : Ignito.

 

Éditeur : Ki-Oon.

 

Nombre de pages : 192.

 

Prix : 7,90 €

 

ISBN : 9791032702604



Publié le 24/10/2018.


Source : Bd-best


Pas de pitié dans la vie de lycée.  Les profs 21 – Rentrée des clashs.

 

 

« - Les choses vont changer, ici !

-          Gladys proviseure : j’y crois pas !

-          Ça va être un carnage !

-          Je vais demander l’asile politique dans un autre bahut !

-          Moi, je vais me couper un bras pour être dispensé de cours ! Non, les deux ! »

 

 

 

 

 


 

Que l’on se rassure, inutile de s’affoler, Gladys proviseure, ça ne durera pas autant que le déluge. Sans casser le suspens, sa première conférence de presse dans la cour aura des effets dévastateurs sur sa carrière.

Les profs sont de retour pour une vingt-et-unième rentrée. Polochon est toujours aussi féru de Napoléon, Tirocu est plus que jamais fidèle à son nom et Eric, le prof de sport, a retrouvé sa chérie : la machine à café.

Les vieux briscards du lycée laissent un peu de place aux petits nouveaux que le dernier mouvement des enseignants a nommé au lycée fanfaron : une jeune prof de maths, qui surkiffe la nouvelle calculette graphique, le prof d’option, Robinson Crusoë pas vraiment de première fraîcheur, qui cherche à remplir sa salle de classe d’élèves, Madame Berthot, la jolie prof de comptabilité qui a un penchant malsain pour l’alcool, ou encore  le sorti de promo qui découvre les joies de l’exercice alerte attentats. N’oublions pas la femme de Polochon, prof d’allemand, mais qu’on ne voit pas en classe, permettant de s’amuser de la vie d’un couple d’enseignants.

 

 

 

© Léturgie, Sti, Erroc - Bamboo

 

 

Parmi tout ça, les rubriques habituelles « Vive les élèves ! » et « Bienvenue à Shopping prof !!! » se moquent gentiment des travers, qui des lycéens, qui de leurs précepteurs.

 

Erroc s’adjoint la complicité de Sti, se partageant les gags ou les écrivant à quatre mains. Le souffle nouveau est là, sans qu’on n’arrive pour autant à discerner lequel des deux compères est à l’origine de telle ou telle situation.

Au milieu de tant de rigolade, les scénaristes n’hésitent pas à ouvrir une parenthèse qui, sous couvert d’humour, traite du sujet sérieux de l’addiction à la boisson.

 

 

 

 

 

© Léturgie, Sti, Erroc - Bamboo

 

 

 

Simon Léturgie se lâche de plus en plus. Il intègre les nouveaux personnages dans un monde qu’il fait sien, avec un dynamisme certain dans les attitudes des personnages. Mentions spéciales à sa Gladys, terrifiante et ridicule, et à son Polochon à qui il attribue toute une panoplie d’expressions dont on pourrait faire une petite bible.

 

 

 

 

 

© Léturgie, Sti, Erroc - Bamboo

 

 

Après 21 albums, Les profs sont plus que jamais en forme. Dans la plupart des séries humoristiques, le lecteur sourit. Ici, il peut se surprendre à rire plus d’une fois à gorge déployée.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les profs.

 

Tome : 21 – Rentrée des clashs.

 

Genre : Humour pédagogique.

 

Scénario : Sti & Erroc.

 

Dessins : Léturgie.

 

Couleurs : Guénard.

 

Éditeur : Bamboo.

 

Nombre de pages : 48.

 

Prix : 10,95 €.

 

ISBN : 9782818946800

 



Publié le 23/10/2018.


Source : Bd-best


A moins d’un miracle…  Le cimetière des innocents 2 – Le feu de Saint-Anthelme.

 

 

            « - Imaginons que tu arrives à la sortir discrètement de la cellule… Tu en fais quoi, ensuite, de ta fiancée ? Je te rappelle que la ville est bouclée. Une recluse qui s’échappe, c’est pire qu’une sorcière ! Et son complice, c’est le diable en personne… Tu as les épaules un peu frêles pour jouer le rôle.

-          L’amour peut tout !

-          L’amour, qu’il soit de Dieu ou des hommes, ne sert qu’à excuser le pire ! »

 

 

 

 

 

 

1590, en plein Paris en proie à des conflits religieux, Jonas cherche à délivrer Oriane, recluse emmurée au cœur d’un cimetière. Le jeune protestant, aidé par un mercenaire déterminé, va tout mettre en œuvre pour que la fille de l’alchimiste pendu retrouve la lumière du jour. Possédant une pierre qui redonne la vie, Oriane a un atout pour faire trembler l’Eglise.

 

 

 

© Charlot – Fourquemin - Hamo

 

 

Philippe Charlot explore les tréfonds des croyances, mettant en garde contre ce que l’on voit, ce que l’on entend, ce que l’on croit voir et ce que l’on croit entendre.

Une mère dont le bébé pleure est persuadée qu’un miracle se produit lorsqu’Oriane lui donne un simple conseil de bon sens. Un prêtre harangue les foules, prétextant le souffle divin, demandant aux crédules un prix pour la guérison, une indulgence. Et lorsque Saint-Louis revient à la vie grâce à la pierre magique, l’ectoplasme se moque des petits bourgeois qui entraînent les faibles dans leur naïveté : « Rien n’a changé depuis trois siècles ! Ce sont toujours les mêmes arrogants qui donnent les ordres et méprisent les plus humbles. »

 

 

 

© Charlot – Fourquemin - Hamo

 

 

Charlot met de l’humour dans un scénario grave. Le fantôme de Saint-Louis pourrait intégrer sans complexe la bande des vieux fourneaux.

.

Xavier Fourquemin aurait pu être étriqué dans ce récit dont l’action ne se déroule essentiellement que sur quelques centaines de mètres carrés. Il dessine une Oriane terrifiée par les pouvoirs de résurrection qui lui tombent dessus, avant qu’elle ne s’en fasse une raison traduite par un visage fataliste. Il montre aussi la haine, l’intolérance et le racisme religieux du curé profiteur. Les ectoplasmes, dans des halos rosés, cherchent leurs raisons d’être. On l’aura compris, ne pouvant trouver une envergure d’expression graphique avec de grands espaces comme dans Le train des orphelins, Fourquemin mise sur les attitudes.

 

 

 

© Charlot – Fourquemin - Hamo

 

 

 

Le cimetière des innocents est une série théâtrale, fable d’expression et d’éloquence. Il y a du Molière dans les dialogues de l’histoire, dont une adaptation sur scène pourrait donner une dimension donnant vraiment à réfléchir. Les guerres entre catholiques et protrestants de ce XVIème siècle restent d’un écho actuel dans un XXIème perturbé par des attentats religieux

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le cimetière des innocents.

 

Tome : 2 – Le feu de Saint-Anthelme.

 

Genre : Aventure historique.

 

Scénario : Charlot.

 

Dessins : Fourquemin.

 

Couleurs : Hamo.

 

Éditeur : Bamboo.

 

Collection : Grand Angle.

 

Nombre de pages : 56.

 

Prix : 14,90 €.

 

ISBN : 9782818949924



Publié le 23/10/2018.


Source : Bd-best


Schizophrénie œnologique.  Ekhö monde miroir 8 – La sirène de Manhattan.

 

            « - Pourquoi je suis assis ? Qui êtes-vous ?

-          Ah, ça recommence… Restez calme. Il y a une explication. Il y en a toujours une.

-          D’accord, mais… Vous pourriez lâcher ma main, s’il vous plaît, Monsieur ?

-          Euh, oui, bien sûr. Tout va bien… Parfois, des personnes mortes se manifestent dans votre tête et…

-          Je sais ! Attendez ! J’étais là, j’ai servi un Tokay à la table 6, je suis descendu à la cave… Et là, on m’a… Je ne pouvais plus respirer… »

 

 

 

 

 


 

A la table d’un grand restaurant new-yorkais, Gratule est prise d’une crise de schizophrénie. Yuri est désespéré. Encore une fois, l’esprit d’un macchabée obstrue le cerveau de sa camarade. Cette fois-ci, il s’agit du sommelier des lieux, assassiné dans sa cave. Qui est l’instigateur de ce crime ? L’enquête commence pour nos globe-trotters.

 

            Dans cet épisode, en surfant sur la mode de la bande dessinée œnologique, Arleston taquine son camarade Eric Corbeyran.

 

 

 

© Barbucci –Arleston – Soleil.

 

 

Ouvrons une parenthèse.

Là où le scénariste bordelais adopte un ton sérieux, polar ou historique, le pilier de chez Soleil reste dans l’humour la galéjade et le second degré. « On murmurait que la plupart de ses Bordeaux venaient carrément de France. »

Là où les deux auteurs se rejoignent, c’est qu’ils sont tous les deux aux manettes de séries à succès. Au même titre que Cauvin, Duchâteau, DeGroot, Van Hamme, Desberg, Corteggiani, Giroud, Cazenove, Goscinny, Greg ou Charlier (la liste est éclectique), ce sont des hommes qui assurent les fondements populaires du neuvième art. Trop souvent oubliées de la presse bien-pensante au profit de one-shots, certes de qualité, mais au pouvoir de fidélisation faible, les séries populaires sont bien la noblesse de la bande dessinée.

Fermons la parenthèse.

 

 

 

 

© Barbucci –Arleston – Soleil.

 

 

Arleston propose avec Ekhö un tour du monde un peu spécial, avec les mêmes villes que chez nous, mais sans électricité. Comme il est dit dans la page de présentation, Ekhö, c’est la terre mais en fait non. On peut y naître, ou y être amené depuis la Terre par de drôles de petits bonshommes, les Preshauns, dont personne ne sait exactement ce qu’ils veulent. C’est ainsi que Fourmille Gratule et Yuri Podrov y sont arrivés, à la (dé)faveur d’un voyage en avion.

La sirène de Manhattan traite de façon sous-jacente humoristique de la schizophrénie. Mais comment ça se passe quand on est plusieurs dans sa tête ?

 

Le dessin Disneyen d’Alessandro Barbucci a un côté cinémascope. Des sommets des gratte-ciel new-yorkais au rectangle vert de Central Park, qui a la particularité d’ouvrir sur un espace-temps différent, les personnages jouent leurs rôles avec envolée.

Pour rester dans les influences cinématographiques, Barbucci distord la scène finale de King-Kong pour l’adapter à un méchant hors du commun, avant de proposer un combat à faire pâlir de jalousie Godzilla ou même Dwayne Johnson dans Rampage, hors de contrôle.

 

 

 

 

 

 

© Barbucci –Arleston – Soleil.

 

 

Les couleurs de Nolwenn Lebreton illuminent chaque planche avec une variance de tons époustouflante. Elle est certainement l’une des meilleures coloristes sur le marché. Les scènes (semi-)aquatiques en témoignent.

 

Ekhö est une série (noblement populaire, enfonçons le clou !) méritant le succès et l’aura de Lanfeust. Qu’on en fasse l’écho !

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ekhö monde miroir.

 

Tome : 8 – La sirène de Manhattan.

 

Genre : Heroïc-Fantasy.

 

Scénario : Arleston.

 

Dessins : Barbucci.

 

Couleurs : Lebreton.

 

Éditeur : Soleil.

 

Nombre de pages : 48.

 

Prix : 14,50 €.

 

ISBN : 9782302069855

 



Publié le 19/10/2018.


Source : Bd-best


Le silence des canons. 14-18 T.10 La lune en héritage.

 

 

«  - Au fond, je crois que je n’ai pas très envie d’y aller.

-Personne n’en a envie … Il y aura tout le monde.

- Oui, tout le monde … Presque »

 

 

 

 

 

 

 

Début août 1914, huit amis âgés d’une trentaine d’années, originaires du même petit village, sont incorporés dans le même régiment d’infanterie pour un conflit qu’ils pensaient être de courte durée. Quatre années plus tard, le 11 novembre 1918 à 11 h, de nombreuses cloches résonnent sur les champs de bataille  annonçant la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et le retour des combattants dans leurs foyers. L’armistice signé à 5h15 du matin dans un wagon-restaurant en forêt de Compiègne (Rethondes) va mettre fin à un conflit ayant fait plus de 18,6 millions de victimes. Durant ces cinquante et un mois, Arsène et Louis sont revenus, blessés, le premier une jambe en moins, le second la "gueule cassée". Denis et Armand sont morts au combat, tandis que Jacques a été fusillé pour l'exemple. L'armistice permet enfin à Maurice, Pierre et Jules de rentrer au village. Ils sont les derniers à quitter le théâtre des champs de bataille. Mais cette guerre, même conclue, n'a pas fini de faire des victimes...

 

 

 

© Etienne le Roux – Loïc Chevalier – Jérôme Brizard – Delcourt.

 

 

Défi audacieux tenu par le scénariste (Corbeyran) de faire vivre aux lecteurs l’aventure de ces jeunes garçons impliqués malgré eux dans ce conflit. L’ensemble des dix albums nous entraine aux côtés des combattants, partageant les émotions, les peurs et les douleurs de ces derniers tout au long du conflit.

 

 

 

 

© Etienne le Roux – Loïc Chevalier – Jérôme Brizard – Delcourt.

 

 

Ce dernier opus aborde plus particulièrement l’après-guerre mettant en avant les difficultés pour ces combattants revenus de l’enfer de pouvoir se réinsérer dans une vie normale. Témoins de l’horreur absolue et victimes de nombreux troubles comportementaux dus au manque de sommeil mais aussi à l’obligation d’obéir à des ordres semblant inappropriés, ces derniers semblent incompris par leurs voisins et famille respective.

 

 

 

© Etienne le Roux – Loïc Chevalier – Jérôme Brizard – Delcourt.

 

 

Les illustrations ont été confiées à une équipe composée de plusieurs personnes : Etienne le Roux pour les dessins, Loïc Chevalier pour les décors et Jérome Brizard pour les couleurs. Le tout forme un résultat visuel mémorable dans les détails, l’esthétique, la composition et le dynamisme des images.

 

 

 

 

 

Alors que nos ancêtres pensaient que cette guerre serait la der des ders, la signature du traité de Versailles en 1919 allait entraîner la population allemande à faire confiance à un petit caporal, artiste raté, plongeant le monde dans les ténèbres pour une nouvelle période de cinq années.

 

Haubruge Alain.

 

Série : 14-18.

 

Tome : 10 – La lune en héritage.

 

Collection : Histoire & histoires.

 

Genre : Guerre.

 

Scénario : Corbeyran.

 

Dessins : Etienne le Roux - Chevalier Loïc.

 

Couleurs : Brizard Jérôme.

 

Éditeur : Delcourt.

 

Nombre de pages : 56.

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782756070391



Publié le 18/10/2018.


Source : Bd-best


Blanche-Neige et les deux baroudeurs.  Jérémiah 36 – Et puis merde !

 

 

            « - Ne te fais pas d’illusions, c’est la fille chérie du boss. Tu peux regarder…masi pas toucher. Tu vois… Toute cette dinguerie autour de toi ? C’est pour elle ! Alors, ta petite personne, elle ne vaut pas un pet de mouche. De plus, elle ne parle pas.

-          Et c’est pour me baver ça dans la nuque que tu me colles aux talons ?

-          J’adore… J’y passerais des journées. Et puis, y a que le boss veut vous voir, tous les deux. J’vois pas ce qu’il te trouve ! »

 

 

 

 

 


 

Jérémiah erre dans les coursives d’une villa futuriste. Un des sbires du chef des lieux surveille ses allées et venues. Dans les couloirs, navigue une jeune femme au teint d’albâtre, nymphe muette et fille du propriétaire. Comment se trouve-t-il en ces lieux, flanqué de son inséparable alter ego Kurdy ? Leurs motos ayant été détruites dans un incendie, ils ont dû quitter la ville dans laquelle ils étaient pour échapper à la milice locale. C’est ainsi qu’ils ont atterri dans ce palais sauvage où vivent Douliana, ses parents, quelques gardiens et un drôle de « gibier ».

 

 

 

 

© Hermann – Dupuis.

 

 

            Hermann est un dessinateur rapide, efficace et honnête avec ses lecteurs. Il maîtrise ses cadrages, ses gueules et ses dialogues. Si on peut regretter que certaines colorisations soient trop sombres, cet épisode est beaucoup plus lumineux qu’à l’accoutumée. Et pas qu’à cause de la bl       ancheur de Douliana. Le début reste grisâtre jusqu’à ce qu’une tempête illumine à proprement parler le décor, offrant une planche de transition hors du commun.

            L’introduction dure 14 planches, le bandeau titre, donnant une dimension cinématographique, n’apparaissant qu’en planche 15. C’est là que l’on va basculer dans la « communauté ».

 

 

 

 

© Hermann – Dupuis.

 

 

 

            Si certains pourraient reprocher à des histoires de se ressembler, c’est qu’ils n’ont pas compris qu’avant d’être une série, Jérémiah est un concept. Perdus dans un paysage apocalyptique austère, Jérémiah et Kurdy rencontrent une communauté complètement déjantée. Ça se finit en règle générale plutôt mal pour les détraqués. Résignés mais bien contents de reprendre leur route, les deux compères repartent comme two poor lonesome cow-boys.

            Y aurait-il donc un mystère Jérémiah ? On sait comment ça commence, on sait (à peu près) comment ça va se terminer, mais on en redemande. Etonnant, non ? En fait, Hermann a mis en place une structure narrative rassurante. Le tout, même après trente-six albums, fonctionne comme une madeleine de Proust.

Jérémiah se range dans la case des premières séries ados/adultes qui tombent dans les mains des ados qui en veulent plus que du Tintin, du Spirou ou de l’Astérix. Coup de génie ou coup de hasard, après un début éditorial chaotique, la série est publiée chez Dupuis, éditeur emblématique du tout public. Donc, sans faire exprès et sans que maman et papa qui ne lisent pas de BD ne fassent attention, le jeune bouquineur, pas trop petit quand même, se retrouve avec un Jérémiah sous les yeux.

 

 

 

© Hermann – Dupuis.

 

 

 

 

            De temps en temps, comme pour récompenser le lecteur de sa fidèlité, Hermann ressort un personnage secondaire, comme ici le cousin Lindford, humain sauvage fruit de manipulations génétiques, dont l’histoire était racontée dans le vingt-et-unième album.

 

            Tant que ce concept fonctionnera, Jérémiah et Kurdy ne sont pas près de voir le bout de leur route. Et puis merde ! Vive la bande dessinée qui ne se prend pas la tête.

 

            Pour ce trente-sixième album, au titre aussi énigmatique que percutant, une bande-annonce très originale a été concoctée. Elle est visible ci dessous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Jérémiah.


Tome : 36 – Et puis merde !

 

Genre : Aventure post-apocalyptique.

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Hermann.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 48.

 

Prix : 12,50 €.

 

ISBN : 9782800174372



Publié le 17/10/2018.


Source : Bd-best


Bienvenue chez Belouga, l’entreprise qui concrétise (enfin) le concept de bien-être au travail !

 

«  - Camarades !

-          Notre CEO a décidé d’annuler nos augmentations ! Ne laissons pas passer cette décision sans agir !

-          La grève ! La grève !

-          N’exagérons rien. Je pensais plutôt lui notifier notre surprise par mail. »

 

 

 

 

 

 

Bande dessinée créée à la demande du quotidien économique et financier belge L’Echo, « Les Moutons » plongent les lecteurs dans le monde de l’entreprise. New ways of working, télétravail, desksharing, happy management, burn-out, brown-out, ces mots n’auront plus aucun secret pour vous après la lecture de ce livre racontant avec humour les déboires connus par Roger, nouvel engagé dans la cellule familiale de la société Belouga.

 

 

 

 

© Alsy – Renaissance du livre.

 

 

À ce jour, plus de 400 aventures ont été publiées dans la presse belge. Signées par le tandem Alsy, on retrouve derrière ce pseudo, un journaliste de formation au scénario épaulé par une dessinatrice également diplômée en journalisme ayant suivi une formation en illustration-graphisme à Saint-Luc (Bruxelles).

 

 

 

 

 

© Alsy – Renaissance du livre.

 

 

 

Ce duo Bruxellois nous propose, à travers leurs analyses des concepts véhiculés dans le monde du travail, une vision humoristique et cynique des scènes de la vie quotidienne en entreprise.

 

 

 

 

© Alsy – Renaissance du livre.

 

Le produit final délivre ce livre au travers duquel de nombreuses personnes se reconnaîtront dans diverses situations vécues. Un livre à « s » offrir sans attendre sous peine de devenir l’un des personnages qui en font partie.

 

 

 

 

 

 

 

Haubruge Alain.

 

Titre : Les Moutons.

 

Tome : 1 Make management great again !

 

Éditeur : Renaissance du livre.

 

Scénario & dessins : Alsy.

 

Nombre de pages : 64.

 

Prix :  16,00 €.

 

ISBN :  9782507056087



Publié le 17/10/2018.


Source : Bd-best


Le rire de l’ogre par Sandrine Martin: superbe adaptation du roman de Pierre Péju chez Casterman

Après le succès de Niki de Saint Phalle, Sandrine Martin s’est emparée de l’histoire de Pierre Péju pour la sublimer… ou du moins la matérialiser sous forme de bande-dessinée. Le rire de l’ogre est une belle réussite tant au niveau de la narration que de l’émotion transmise par les personnages. Le scénario solide n’est pas étranger à son succès.


Au début des années soixante, Paul séjourne chez son correspondant allemand dans la ville de Kehlstein, en Bavière. Il y rencontrera son premier amour en la personne de la très mystérieuse Clara, qu’il n’aura de cesse de fuir et de retrouver. Il sera aussi confronté au terrible secret que renferme la forêt voisine qui, même si la guerre est terminée depuis vingt ans, porte encore en elle les stigmates de cette folie meurtrière. Tout au long de sa vie, des personnages troubleront la vie de Paul et sa relation à autrui. De quoi nourrir sa réflexion sur l’ambigüité de l’homme et le recommencement du mal qui, inlassablement, resurgit…
Une retranscription fidèle du roman de Pierre Péju?

Le roman de Pierre Péju, dont s’inspire la bande dessinée, se divise en deux récits principaux. Un prologue sous forme de conte noir et fantastique où les thèmes du mal, de la guerre, de la métamorphose des hommes sont introduits. Une deuxième partie qui s’intéresse plus aux relations entre humains. Il s’agit d’un récit plutôt anxiogène et dont l’ambiance est sombre. Alors que la période couverte s’étale de 1941 à 1963 et ensuite de 1964 à 2037 dans le roman, la bande dessinée ne débute qu’en 1963 et elle s’arrête avant la mort de Paul.

 

 

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Sandrine Martin a fait le choix de s’intéresser principalement à la période où Paul, le personnage principal de l’intrigue, décide de partir quelques mois en Bavière. C’est là bas qu’il fait la rencontre de la mystérieuse et passionnante Clara. Cette fille pas comme les autres le pousse à s’interroger sur la vie, sa vie, le monde, les rapports entre les hommes et plus encore.

 

 

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Oscillant entre le drame et la romance, la réussite du pari de Sandrine Martin tient dans le fait que l’immersion est totale, et ce dès le début. On se transpose aisément dans la peau de Paul et l’on ressent véritablement les émotions qu’il vit à travers ses diverses expériences de vie. Le choix de narration à la première personne n’est pas anodin et il renforce encore un peu cette sensation.

 

 

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Qu’est-ce que le bien et le mal? Jusqu’où peut aller le mal? Comment l’amour entre deux personnes se manifeste-t-il? Quelle forme peut-il prendre? Quelle est l’effet du temps sur les sentiments? Comment le passé a-t-il une incidence dans le présent? Autant d’introspections qui me furent proposées durant la lecture des 124 pages de ce volume unique cartonné et en couleur. Le style crayonné et les couleurs pastels utilisées m’ont vraiment plu et elles ajoutent encore un peu de mystère à la trame générale.

 

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Au final, si l’histoire n’est finalement pas si originale qu’on peut l’imaginer, c’est une belle épopée que nous offre Casterman par l’intermédiaire de Sandrine Martin. Cette auteure de bande dessinée et illustratrice n’est plus une novice et on ressent toute son expérience dans les traits.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Le rire de l’ogre

Récit complet

D’après le roman de Pierre Péju

Scénario, dessin et couleurs : Sandrine Martin et Pierre Péju (les dessins de Paul)

Genre: Histoire, Récit de vie, Romance

Éditeur: Casterman

Conception graphique: Studio Casterman BD

Nbre de pages: 124

Prix: 20 €



Publié le 16/10/2018.


Source : Bd-best


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