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Comment vivre sa mort quand on a brûlé sa vie.  Essence

  « - Tu as l’air paumé, ça va ?
-          J’ai perdu mon chemin et…je commence à trouver ça long. Je voudrais juste retrouver ma chambre… Je ne sais pas ce que vous faites ici, mais moi j’ai perdu un morceau de ma mémoire, celui de ma mort… Et je dois le retrouver. Et pour ça je dois rouler encore et encore, enfin, c’est ce que dit mon ange… »
 
Essence est-il un livre écrit sous psychotropes ou à l’opposé à lire dans des vapeurs illicites ? Ni l’un, ni l’autre… A priori récit complètement barré, Essence décrit la mort, écrit la mort… Ne partez pas ! Essence n’est pas morbide. Au contraire. L’album raconte l’histoire d’un homme, Achille, dont on sait rapidement qu’il est décédé. Il conduit un bolide sur une route désertique. A ses côtés, une femme. C’est son ange gardien. Et régulièrement, ils s’arrêtent pour tenter de remettre…de l’essence.

 

 

 

© Flao, Bernard - Futuropolis

 

 

 

 
Lorsque l’on rêve, on passe d’un monde à un autre, dans des aberrations de localisations spatiales ou temporelles, dans des contradictions semblant naturelles. On se réveille dans un état d’esprit nébuleux en se rappelant de quelques scènes incohérentes, pourtant liées entre elles.
 
De cette manière, Fred Bernard raconte l’irracontable. Il construit une randonnée post-mortem, posant, à travers le personnage de l’ange gardien, la question de l’intérêt de l’immortalité. A quoi bon avancer s’il n’y a pas de but ? N’y a-t-il pas des choses qui valent plus le coup ? Sans déflorer la suite du récit, on peut annoncer qu’Essence est un album résolument optimiste dédramatisant la mort. Le sous-titre Pilote Paradise n’est pas anodin.

 

 

 

© Flao, Bernard - Futuropolis

 

 

 

 
Après le joli diptyque Kililana Song, Benjamin Flao peint l’irréel. Il donne consistance à l’inconscient. A travers la quête d’Achille, Flao rend hommage aux grands maîtres classiques de Marcinelle et de Bruxelles. On trouvera du Tillieux, pour les cascades de bagnoles, et surtout du Franquin, dont il reprend les ambiances urbaines, ainsi que la Turbotraction dont il met le volant dans les mains de son personnage. Achille conduit également la mythique Porche jaune de Ric Hochet, mais aussi la voiture de Tintin, au pays des Soviets. C’est plus qu’un clin d’œil que Flao adresse à Hergé en faisant d’Achille le témoin de la scène de couverture de L’affaire Tournesol et en lui faisant traverser la frontière entre la Syldavie et la Bordurie.

            Entre décors parfois fouillés et d’autres laissant place à de grands espaces, avec des couleurs parfois pop et des variations à base de blanc, le dessinateur montre une palette extrêmement étendue.

 

            Jusqu’à ce que mort s’en précède, Essence est un road-trip à tombeau ouvert.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Essence

Genre : Aventure psychédélique

Scénario : Bernard

Dessins & Couleurs : Flao

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 184

Prix : 27 €

ISBN : 9782754811798



Publié le 20/03/2018.


Source : Bd-best


Le Frelon Vert, Zorro, Vampirella et bien d’autres dans une ligue des gens steampunk extraordinaires qui nous fait retomber en enfance

On le disait pas plus tard que lors de notre chronique du TMNT Ghostbusters publié par les Éditions Flamival, en matière de crossover, l’heure et l’ère sont venues de tous les permis. Bien sûr, il y a les héros qu’on rapprocherait presque par réflexe. Pour d’autres, les choses se corsent et il y a certaines associations détonantes qui, pourtant, ne nous seraient pas venues à l’esprit. Alors, si je vous dis Vampirella, Zorro, le Frelon Vert, Le Fantôme, Steve Austin, Flash Gordon et, surtout, l’ombre de Red Sonja, vous n’en croirez sans doute pas vos yeux. Encore moins quand ils affronteront des Sinister… Seven formés par quelques gloires de la félonie (le Dr. Moreau, le général Tara, Kulan Gath et quelques autres, eux, sortis de l’imaginaire malsain des auteurs). Bienvenue dans Legenderry, un pays crossover baignée dans une aura steampunk dont vous nous direz des nouvelles.

 

 

 

 

 

 

 

Davila/Nunes © Dynamite

 

Résumé de l’éditeur : Dans un environnement speampunk, Magna Spadarossa, une mystérieuse jeune femme, est à la recherche de sa soeur Sonja. Dans sa quête, elle rencontrera force vilains mais elle sera heureusement aidée par des héros légendaires. On retrouvera dans ce livre tout l’univers steampunk où se croisent les personnages mythiques revisités de bandes dessinées américaines :Vampirella, Red Sonja, Zorro, The Green Hornet et Kato, Flash Gordon, le Phantom et bien d’autres…

 

 

 

 

© Willingham/Davila/Hartman/Bevard chez Dynamite

 

Pour une surprise, c’est une surprise, mais quand on sait qui est le marionnettiste derrière ces drôles de rencontres, on n’est guère étonné. Bill Willingham (et les éditions Dynamite, spécialisées dans les associations et adaptations de figures populaires en comics, dont le pendant français, Graph Zeppelin, fait l’écho de fort belle manière) a plus d’un sort et d’un tour dans son sac. Multi-récompensé pour ses Fables (on vous en parle, très vite, une superbe intégrale vient de sortir chez Urban Comics), le scénariste n’a pas son pareil pour faire des rapprochements aussi tonitruants qu’inattendus, audacieux et inconscients à la fois, dans des mondes forts et en péril.

 

 

 

 

© Willingham/Davila/Hartman/Bevard chez Dynamite

 

Ainsi, c’est par petites touches que l’auteur, associé à Sergio Fernandez Davila au dessin et au métissage des univers en présence (ce qui n’était pas gagné) nous mène vers ce qui sera sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires rien qu’à lui et résolument pop.

 

 

 

 

© Willingham/Davila/Hartman/Bevard chez Dynamite

 

C’est qu’il fallait être sacrément buté pour mettre dans le même mixeur des héros provenant autant de l’univers comics que de l’univers télé. Avec des surprises du chef, en prime. Il faut dire que le comics a des moyens illimités pour des risques plus limités, là où certains studios cinématographiques risquent parfois leur vie et leur pellicule dans des chantiers colossaux qui, au final, peuvent être des échecs fracassants (on se souviendra de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, justement, mais aussi de John Carter). Alors, raison de plus pour que des auteurs de BD lâchent la bride et fassent cinéma sur papier.

 

 

 

 

© Willingham/Davila/Hartman/Steen chez Dynamite

 

Ainsi dans les pas de la soeur (cachée jusqu’ici) de Red Sonja, nous voilà à tâtonner des terres de légendes. Et des légendes au mètre-carré, il y en a. Heureusement, appliquant le « pas tous à la fois », celles-ci ont la délicatesse de se montrer au fil des sept chapitres qui composent ce premier recueil et qui servent de base à des tomes d’ailleurs plus centrés sur un personnage en particulier. Le fil conducteur, c’est donc la naïve Magna qui ne semble pas avoir été dotée des mêmes qualités vengeresses que son illustre soeur. Ce qui en fait donc une proie traquée par des forces obscures qui n’en démordent pas.

 

 

 

 

© Willingham/Davila/Hartman/Bevard chez Dynamite

 

Une femme que les héros de Legenderry vont vite mettre un point d’honneur à protéger. Cette sorte d' »élue » pourrait bien être la clé de la gigantesque guerre qui s’annonce. Il y aura Vampirella d’abord, un peu par hasard, puis le Frelon Vert et son inséparable Kato, etc. Avec, aussi, deux héros de Jack Kirby un peu oublié : Silver Star et Capitaine Victoire. Les méchants ne sont pas en reste et le Docteur Moreau est en super-forme avec des créatures humano-anthropomorphe dont vous nous direz des nouvelles.

 

 

 

 

© Willingham/Davila chez Dynamite


 

Pour le reste, entre le pays des merveilles, l’esthétique steampunk et un vent pré-apocalyptique, les auteurs réussissent leur mission, domptant les héros et les égos pour les agencer dans le bon ordre et le calme… avant la tempête dans les airs comme sur la mer et la terre. L

 

 

 

 

© Willingham/Davila/Hartman/Bevard chez Dynamite

 

a succession des chapitres (surtout des derniers) manque peut-être d’un peu de jus et de lien pour consolider un tel étendard d’héros. Mais pas de quoi faire de l’ombre à des dessins splendides, sexy et efficaces, à un amalgame héroïque bien dosé et à une excitation qui n’a sans doute été telle en matière de crossover. De quoi réveiller notre âme d’enfant avec l’art et manière.

 

Alexis Seny

 

Série : Legenderry – L’Aventure Steampunk

Tome : 1

Scénario  : Bill Willingham

Dessin : Sergio Fernandez Davila

Couleurs : Wes Hartman et Robby Bevard

Couvertures : Joe Benitez et Ivan Nunes

Genre: Crossover, Steampunk, Fantastique, Aventure, Science-fiction

Éditeur: Graph Zeppelin

Nbre de pages: 240

Prix: 18€



Publié le 20/03/2018.


Source : Bd-best


Entre Walking Dead et Le seigneur des anneaux, le grand écart de :  King of Eden 2


            « - Les plaques d’argile ont été découvertes dans un village appelé Saba, au Nord-Ouest d’Iasi, près des frontières moldave et ukrainienne !
-          Je suppose que la plupart des chercheurs étaient roumains ?
-          Non, l’équipe était internationale !
-          Est-ce que l’un d’eux a survécu ?
-          Non, malheureusement…
-          Un éboulement, c’est ça ?
-          D’après mes sources, c’est plutôt une grippe maligne qui serait responsable ! Vous allez faire un saut au village ?
-          En effet ! »
 
 
            Le virus du Loup se négocie à prix d’or entre terroristes. L’énigmatique Oupyr le diffuse comme une araignée tissant son fil. Teze l’archéologue, les traque. Mais il est lui-même le gibier des services secrets. Son ex-camarade de classe Lua n’a qu’un but : chercher les origines de cette pandémie qu’il est plus qu’urgent d’enrayer.

 

 

 

 

 

© Ignito, Nagasaki – Ki-Oon

 

            Après un premier tome introductif qui permettait d’entrer directement au cœur du sujet, Nagasaki éclaire son public par petites touches. On en apprend un peu plus sur le passé de Teze. On découvre que le loup est un virus qui se négocie entre terroristes. Lua se positionne en héroïne puissante à travers qui le lecteur est immergé au plus profond du drame. S’érigeant en Dan Brown du Manga, Takashi Nagasaki, après avoir appâté sa cible, la ferre pour ne plus la lâcher. Il utilise une tactique chère à Robert Kirkman, s’axant sur les relations humaines face au danger. Comme dans Walking Dead, King of Eden semble partie pour être une série de longue haleine, les zombies laissant leurs places aux loups garous. Tolkien est aussi une des références que l’on peut apparier à ce manga. Avec Oupyr et le mystérieux vieillard majordome sortant d’une énigmatique limousine, le scénariste tient son Frodon.

 

 

 

© Ignito, Nagasaki – Ki-Oon

 

 

 

 
            En deux tomes, Ignito fait déjà d’énormes progrès. Alors qu’on pouvait regretter à la lecture du premier tome qu’Urasawa n’ait pas dessiné la série, on ne le déplore plus. Le trait d’Ignito se réchauffe, s’assouplit. Le mangaka a réussi à se faire adopter.
 
            Le virus du « loup » est inoculé. Il est trop tard pour refermer ce manga. Avec King of Eden, pénétrez sur un site sécurisé, mais où il faut toujours se méfier du diable !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : King of eden

Titre : 2

Genre : Thriller fantastique

Scénario : Nagasaki

Dessins : Ignito

Éditeur : Ki-Oon

Nombre de pages : 208

Prix : 7,90 €

ISBN : 9791032701492



Publié le 19/03/2018.


Source : Bd-best


Hillbilly : ne regardez pas l’Appalache qui passe, regardez seulement quand il a hâché

Après avoir animé (de pas si bonnes intentions) un nain ultra-violent, c’est à un autre marginal que s’intéresse le virtuose Eric Powell. Un héros trouvé dans une légende urbaine… ou plutôt forestière… qui a traversé les temps pour arriver jusqu’à nous, celle des Hillbilly, habitants caricaturés des Appalaches. Pas méchant, vous savez, mais pas vraiment de notre monde. Et l’auteur de The Goon prête souffle et hâchoir au plus inquiétant de cette populace un peu crasse : Rondel, aveugle mais pas sourd aux maux qui risquent de s’abattre sur ce monde où les chiens parlent et où ça ne surprend personne que notre héros se trimbale un grand ours à l’allure préhistorique dans les jambes.

Du même auteur => Big Man Plans, l’ultra-violence dans laquelle baignent nos mains et nos… nains

 

 

 

 

 

 

© Eric Powell chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur : Rondel est un vagabond aveugle, qui en réalité comprend et voit le monde bien mieux  que le commun des mortels. Rondel est un solitaire, armé d’un hachoir géant qui est finalement plus à l’aise auprès des créatures magiques et des sorcières. Il est même devenu pour beaucoup un héros de folklore pour ceux qui errent à l’orée du monde des rêves. Mais Rondel est également bien plus que cela…

 

 

 

 

© Eric Powell chez Delcourt

 

Des chasseurs de monstres et de sorcières, c’est sûr, on en a vu de tous les poils. Même Vin Diesel, c’est dire. Mais en voilà un qui a bien plus de gueule et un look bien plus badass que le fast, bold and furious. Dès les premières planches, on trempe dans la fantaisy tendance dark, brunasse, faisant l’économie des couleurs (pour utiliser des tons unis plutôt bien réussis) mais faisant péter les ambiances, des roots aux étoiles.

 

 

 

 

© Eric Powell chez Delcourt

 

C’est d’ailleurs par petites touches narratives qu’Eric Powell établit son histoire et impose son héros, qui n’a pas besoin qu’on le lui dise très fort pour s’exécuter. Ce premier volume est ainsi une succession de quatre chapitres qui sont autant de contes macabres, fantastiques et machiavélique lorgnant autant du côté de Seignolle mais aussi de Wrightson, un peu de la Hammer aussi. Powell est sous influence mais pas que… et il en va de son style sanguinolent et à part, condamnant les p’tits Mickey (il y a aussi une part de Disney et son génie d’animation dans l’art de Powell, non ?) à la damnation perpétuelle.

 

 

 

 

© Eric Powell chez Delcourt

 

Au fil de ces quatre histoires qui peuvent tout à fait se lire indépendamment, l’auteur tisse son univers, convainquant le lecteur que dans cette forêt moribonde il ne doit surtout pas se fier aux apparences. Apparences dont l’hideusement attachant Mendel sera victime, pris à partie dans une guerre de sorcières qui n’aura de cesse d’en faire son bras armé. Loin d’utiliser son personnage comme un prétexte, pourtant, Eric Powell en fait l’élément-clé, celui qui surgit pour détricoter les situations mal embarquées. Rondel n’est pas à proprement parler un porte-bonheur. Que du contraire, il porte malheur et a l’énergie du désespoir qui a fait sa légende. Le temps est suspendu et le combat fait rage, les sorcières prennent toutes les formes et Rondel continue sa route. C’est vilainement bien foutu.

 

Alexis Seny

 

Série : Hillbilly

Tome : 1

Scénario, dessin et couleurs : Eric Powell

Traduction : Nick Meylaender

Genre : Fantasy

Éditeur VF : Delcourt

Collection : Contrebande

Éditeur VO : Albatross Funnybooks

Nbre de pages : 96

Prix : 15,95€



Publié le 19/03/2018.


Source : Bd-best


Un one shot signé par le talentueux Monsieur Rodolphe.  Je suis un autre

          « - Quelle terrible histoire, hein ?
-          Oui, notre pauvre île n’avait pas besoin de ça… »
 
Au petit port, le meurtre de la belle Edwige est l’unique sujet de conversation des pêcheurs. Peppo vivait une romance avec la peintre jusqu’à ce jour tragique. Ce drame est-il la conséquence de la jalousie de son frère Sylvio ? Mais ce dernier est dans sa tombe. Pourtant il n’arrête pas de harceler son frère. Peppo sait bien qu’il est là.

 

            Je suis un autre est un voyage au cœur de la schizophrénie. Sait-on qui on est ? Est-on seul dans son âme ? Tout au long de l’histoire, Rodolphe sème le trouble. Et alors qu’on croit avoir tout compris, le scénariste amène le lecteur à douter. Il faudra attendre l’épilogue pour savoir si on est dans un récit fantastique, une quête de soi ou un « simple » drame psychologique.

 

Phénomène étrange, c’est le deuxième album de Rodolphe intitulé « Je suis un autre ». Cette phrase était aussi le titre du deuxième tome de Dock 21 publié chez Dargaud en 1996, série rééditée et renommée Les abimes du temps en 2002 chez Albin Michel, puis Glénat, avec Alain Mounier au dessin.

 

 

 

© Gnoni, Rodolphe - Soleil

 

 

 

Incontestablement, le concept tient à cœur au scénariste et se trouve au centre de son œuvre. Jamais deux sans trois. Utilisera-t-il ce titre une nouvelle fois dans un troisième album ? Le thème du Doppelgänger, double d’une personne, est aussi le sujet de Dickens & Dickens, série de Rodolphe dessinée par Griffo.

 

Laurent Gnoni dessine ce roman avec mystère et délicatesse. Chacun des trois chapitres a un ton de couleurs. Le premier est dans une dominante orangée de fin d’après-midi d’été, d’amour naissant, virant vers un orange plus soutenu annonçant le drame. Le deuxième a des tons grisâtres. La couleur a quasiment disparu. C’est l’exil, la punition, la spirale infernale vers l’enfer. Peu à peu, la troisième partie réintègre de la lumière.

Le dessinateur réalise une magnifique couverture où le vide du pourtour blanc immerge immédiatement dans la tête de Peppo.

 

 

 

 

© Gnoni, Rodolphe - Soleil

 

 

 

Monsieur Ripley, roman de 1955 de Patricia Highsmith, porté deux fois au cinéma (sous le titre Plein Soleil, par René Clément, en 1960, avec Alain Delon et Marie Laforêt, puis sous le titre Le talentueux Monsieur Ripley, avec Matt Damon, Gwyneth Paltrow et Jude Law en 1999) a trouvé une variation bien différente avec Je suis un autre.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Je suis un autre

Genre : Drame psychologique

Scénario : Rodolphe

Dessins & Couleurs : Gnoni

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 144

Prix : 18,95 €

ISBN : 9782302066342



Publié le 16/03/2018.


Source : Bd-best


La marche inéluctable de l’Histoire.  Une génération française 5 – Vichy-capitale

Lorsque Vichy était capitale française !

Le panorama de la société française des années 40 que dresse la série invite à suivre trois jeunes gens, deux garçons et une fille, que le destin a placé de façon violente face à des choix urgents et cruciaux pour leur futur.  Alors qu’à Vichy on déplore le bellicisme des Anglais qui retarde la mise en œuvre des conditions d’armistice en vue de la victoire imminente de l’Allemagne d’Hitler, le père de Tanguy décide qu’il est temps de mettre à l’abri son fils, tout juste remis de sa blessure, et le fait muter dans les bureaux du Centre Départemental de la Mémoire. Mais ce n’est pas au goût de cet homme de terrain.

 

 

 

 

 

 

 

© Gloris, Garcia, Saint-Blancat – Soleil

 

 

22 juin 1940, forêt de Compiègne : une convention d’armistice est signée entre le représentant du gouvernement de Pétain et celui du troisième Reich mettant fin aux hostilités entre les deux pays. Celle-ci établit les conditions d’occupation par l’Allemagne de la France, divisant cette dernière en deux zones délimitée par une ligne de démarcation : une zone occupée par l’armée allemande et la zone dite  « libre », l’empire Français restant sous l’autorité du maréchal. Le gouvernement de Pétain s’installe à Vichy, ville choisie pour son offre de nombreux complexes hôteliers et son nouveau centre de communications téléphonique.

 

 

 

 

© Gloris, Garcia, Saint-Blancat – Soleil

 

 

 

03 juillet 1940, rade nord-africaine de Mers el-Kébir: une escadre de la Royal-Navy se présente face à la base navale française remettant un ultimatum au vice-amiral d'escadre Gensoul, lui donnant le choix entre le ralliement au Royaume-Uni, un désarmement des navires dans un port de la Martinique ou un sabordage. Devant le refus de ce dernier, les bâtiments britanniques ouvrent le feu mettant plusieurs navires hors-service, tuant  mille deux cents nonante sept marins français et en blessant trois cent cinquante. Pour les Britanniques, il fallait éviter que la flotte française tombe aux mains des nazis.


24 octobre 1940, gare de Montoire : de retour d’une entrevue avec le général Franco devant entrainer l’Espagne dans la guerre aux côtés des forces de l’axe, Adolf Hitler rencontre Pétain sur les quais de la gare de Montoire. Les deux hommes échangent une poignée de main. L’entrevue fit les gros titres de la presse française et fut le sujet d'un discours radiodiffusé du chef de l’État français le 30 octobre 1940 où Pétain engage personnellement et officiellement le régime de Vichy dans la collaboration.

 

 

 

 

C’est au travers de ces différents événements que l’on suit Tanguy Brettin d’Arçonet accompagné de son père dans le giron du gouvernement de Vichy. Ce dernier, grand défenseur de la politique prônée par le maréchal (Travail, famille, patrie), décide de mettre son fils à l’abri du conflit. Profitant de sa position, Tanguy s’emploie à dissimuler des armes et d’autres marchandises afin qu’elles ne tombent pas dans les mains allemandes.

 

 

 

 

© Gloris, Garcia, Saint-Blancat – Soleil

 

 

 

L’armistice signé, les luttes internes afin d’obtenir le pouvoir politique au sein du régime de Vichy vont se mettre en branle. Pierre Laval, le premier rapace, va tout tenter afin de soustraire le pouvoir à Pétain. C’est le début de la politique de collaboration avec les nazis et l’instauration des lois antisémites. Mandaté par le ministre de l’intérieur du gouvernement de Vichy, Tanguy procède à l’arrestation de Paul Reynaud, lui reprochant « sa responsabilité » de  la défaite française (Pétain craignant qu’il quitte la France afin de rejoindre De Gaulle à Londres).  Blasé, Tanguy obtient sa mutation en Syrie et participe à l’opération « Exporter » lors de la défense de Damas contre les forces françaises libres. Les combats cessent le 12 juillet 1941. Un armistice est signé entre les Alliés et les Vichystes le 14 juillet 1941, à  Saint-Jean-d’Acre (Palestine). Le scénario signé par Thierry Gloris reste fidèle à la réalité. Les représentations réalisées par Manuel Garcia sont brutes mais audacieuses. En attente de la seconde saison afin de connaitre le devenir d’un Tanguy probablement fait prisonnier.

Haubruge Alain

 

 

L'avis de Laurent Lafourcade

 

 « -Vous pensez réellement que le Maréchal Pétain pourra nous sortir de la tourmente ?
-          Qui d’autre ? Il est le seul à pouvoir épargner à la population les tourments d’une occupation militaire. Il a très certainement un plan pour endormir les boches en attendant une revanche.
-          Vous croyez les allemands si naïfs ? Jamais ils ne nous laisseront l’opportunité de nous relever.
-          Mon fils ?! Pensez-vous être plus éclairé que le vainqueur de Verdun ? »
 
Tanguy Brettin d’Arçonet n’est pas du même avis que son père. Nous sommes en 1940. Va-t-il continuer à rester un pion aux mains de ses supérieurs ou s’affranchir pour devenir maître de son destin ? Entre un père obtus et une épouse qui ne sait que faire pour qu’il s’intéresse à elle, Tanguy pense que sa vie est un naufrage, mais il a des choses à accomplir. Il doit à la fois faire face et accompagner sa génération…française.
 
A travers le destin de Tanguy, Thierry Gloris raconte l’Histoire en mêlant les destins de personnages historiques avec ceux des véritables héros et salauds du quotidien. Sans didactisme, le malin scénariste explique comment le maréchal Pétain a mené la barque de la France en 1940, pensant prendre les bonnes décisions pour éviter qu’elle ne coule. Ses relations avec Pierre Laval sont au cœur de cette « Vichy-capitale ».

 

 

 

 

 
Manuel Garcia est un spécialiste du Comics. Il a travaillé sur Avengers, Justice Ligue, Star Wars. Il se trouve aussi à l’aise dans la BD historique, prenant en mains les personnages historiques Pétain, Laval et même l’ignoble Hitler, lui donnant dans une évanescence un regard noir comme les ténèbres.
 
Les couleurs de Cyril Saint-Blancat donnent une unité à cette série chorale aux deux dessinateurs et une dessinatrice. Ugo Pinson en donne une deuxième en signant les couvertures des deuxièmes parties de chacune des histoires : Ici Londres, Vichy-capitale et très prochainement Radio-Paris ment.
 
Intelligente et passionnante, Une génération française est une des séries qui redonne ses lettres de noblesse à la bande-dessinée historique.
 

           

 

Laurent Lafourcade


Série : Une génération française

Titre : 5 – Vichy-capitale

Collection : Quadrants

Genre : Drame historique

Scénario : Gloris

Dessins : Garcia

Couleurs : Saint-Blancat

Couverture : Pinson

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302068520



Publié le 15/03/2018.


Source : Bd-best


Le retour d’un personnage culte.  Les Schtroumpfs 36 – Les Schtroumpfs et le dragon du lac

   « - Un monstre ? Dans le lac du barrage ! Tu… Tu es sûr, Schtroumpf Costaud ?

-          Allons, ne schtroumpfs pas de bêtises ! Tu étais fatigué, il y avait du brouillard… Tu as dû voir un arbre mort qui schtroumpfait au fil de l’eau.

-          Un arbre ? Non, mais, je ne suis pas comme toi, schtroumpfe comme une taupe ! C’était un monstre, je te dis !

-          De toute façon, la nuit tombe. On ne peut rien schtroumpfer maintenant !

-          Un monstre… Brrr ! Tu y crois, toi ?

-          Bah ! On n’a jamais schtroumpfé de monstre par ici… à part Gargamel ! Haha ! »

 

Et pourtant, si ! Le Schtroumpf costaud n’a pas eu la berlue. Il a bien vu un monstre dans la brume du lac. Les autres Schtroumpfs ne vont pas tarder à le croiser à leur tour. Ce monstre, le grand Schtroumpf le reconnaît : c’est Fafnir. Il l’a déjà rencontré avec Johan et Pirlouit, dans « Le pays maudit ». Le pauvre dragon est bien mal en point. Il n’est pas très en forme et ses ailes sont déchiquetées. A son coup, les Schtroumpfs trouvent un message. Fafnir appartient au baron Florimond de Jolival. Ce dernier est retenu prisonnier par son neveu qui l’a fait passer pour fou afin de faire main basse sur sa fortune. A charge aux lutins bleus de remettre chaque pièce du puzzle à sa place.

 

 

 

© De Coninck, Diaz, Jost, Culliford – Le Lombard

 

 

 

 

 

            Thierry Culliford et Alain Jost ont eu une idée imparable : remettre sur le devant de la scène un des éphémères et meilleurs personnages créés par le maître Peyo, à savoir le dragon Fafnir. Mais quelle joie ! On ne saurait que trop les en remercier.

            A l’origine, Fafnir est un personnage de la mythologie scandinave. C’est un nain qui prend la forme d’un dragon pour protéger le trésor qu’il a dérobé à son père. Ici, Fafnir a tout du bon vieux toutou. Il ne crache plus de feu, enfin pour l’instant, et est d’une docilité exemplaire. Les scénaristes en font le pivot de ce nouvel album. Il sert à la fois d’élément déclencheur et de solution au problème. Fafnir est sans contexte une création incontournable de la galaxie Peyo.

 

 

 

 

© De Coninck, Diaz, Jost, Culliford – Le Lombard

 

 

 

 

            Assisté par Miguel Diaz, Jeroen de Coninck en est, mine de rien, à son septième album des Schtroumpfs. Les dessinateurs sont comme dans des chaussons pour retranscrire un graphisme à la Peyo de manière impeccable. C’est paradoxalement un reproche que l’on pourrait leur faire : c’est si parfait que ça manque un peu de personnalité. Mais il faut savoir ce que l’on attend d’une reprise de Schtroumpfs. Bref, ça se discute.

 

            Cet album permet de revoir Johan et Pirlouit le temps d’une unique case de flashback. Augure-t-il d’un retour du jeune page et du lutin chanteur ? On le réclame en tous cas à cors et à cris.

            La série des Schtroumpfs est plus que jamais en forme mais manque de soutien de la part de son éditeur. Le Lombard ne met pas assez en avant les nouveautés et exploite insuffisamment le trésor dont ils détiennent les clefs.

 

            Vole, Fafnir, vole, et fais-nous voyager dans le Moyen-Age féérique du magicien Peyo.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les Schtroumpfs

Titre : 36 – Les Schtroumpfs et le dragon du lac

Genre : Aventure humoristique

Scénario : Jost et Culliford

Dessins : De Coninck et Diaz

Couleurs : © Nine Culliford

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 48

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782803672544



Publié le 14/03/2018.


Source : Bd-best


La cour des miracles, l’enfer du décor à vos risques et périls et sans héros auquel s’accrocher

On a tous une vision forcément encrassée de ce qu’a bien pu être la cour des miracles, sans doute nourrie par toutes les incarnations du Notre-Dame de Paris d’Hugo. L’incursion que nous proposent Stéphane Piatzszek, Julien Maffre et Laure Durandelle en est une autre, emmenée au pas de charge et nous forçant à vous prévenir que, dans ces recoins de Paris, dans l’ombre d’Anacréon, vous vous aventurez à vos risques et périls.

 

 

 

 

 

 

 

© Piatzszek/Maffre

 

Résumé de l’éditeur : Comme Louis XIV, Anacréon aime passionnément le métier de roi, et comme le roi  Soleil, il n’envisage le pouvoir que comme absolu. L’âge et la fatigue venant, il songe à sa succession. Il rêve de voir son fils devenir le nouveau roi de Thunes, mais face à une police qui gagne en efficacité et en intégrité, la canaille doit se professionnaliser. Une féroce guerre de succession s’engage…

 

 

 

 

© Piatzszek/Maffre

 

Alors, mes petits souillons, comme ça vous avez des envies de misère mais aussi de comédies humaines ? Vous quêtez la pièce ? celle qui vous permettra de tenir la journée dans ce grand bal encrassé du Paris XVIIe ? Si Louis XIV n’y peut et n’y fait rien, il faut bien un Roi pour s’élever sur la populace indigne des rayons du roi Soleil : le grand Coëstre est là pour veiller sur vous et faire sa loi, sur son trône sous un chien empalé depuis un bon bout de temps.

 

 

 

 

© Piatzszek/Maffre/Durandelle chez Soleil

 

 

 

 

© Piatzszek/Maffre/Durandelle chez Soleil

 

Le temps se fait d’ailleurs long pour Anacréon, et s’il n’a rien du vieillard chétif qu’on pourrait voir en lui au premier abord, le 84e Roy de tunes veut remettre les clés (façon de parler quand on est né et qu’on vit dans la rue) de son palais à ciel ouvert. Mais si Anacréon verrait bien son fils accéder au trône, les choses vont vite se compliquer, alors que le pouvoir en place est bien décidé à sévir et à nettoyer la ville.

 

 

 

 

© Piatzszek/Maffre/Durandelle chez Soleil

 

Après avoir dynamité, dès le deuxième tome, les aventures de son croque-mort, à lui et à son frère, Julien Maffre éclabousse, cette fois, de sa frénésie de chien fou, le Paris de 1667. Et ça lui réussit vraiment bien. D’autant plus que Stéphane Piatzszek a concocté un scénario de fou furieux dans lequel bien fortiche sera le dernier personnage à rester debout. Car, si le lecteur se retrouve guilleret dans le ventre de la bête, l’inquiétude va vite poindre, il ne peut se fier à personnes.

 

 

 

 

© Piatzszek/Maffre/Durandelle chez Soleil

 

Il n’y a pas de héros dans cette Cour des Miracles, juste des fripouilles qui tentent de vivre (si vivre est le mot) comme ils le peuvent, et les deux auteurs brouillent les pistes et les fausses pistes, donnant des cordes auxquelles s’accrocher avant de les sectionner, diaboliquement.

 

 

 

 

© Piatzszek/Maffre/Durandelle chez Soleil

 

Si bien qu’on est perdu, on croit tenir le bon bout en suivant le père, puis le fils, Petit-Jean, puis la fille, « La Marquise »; avant de se rendre compte que cette histoire ne se lit pas en cherchant les vivants, mais les survivants. L’heure est grave et l’ombre de Piatzszek, Maffre et Durandelle (les deux derniers font décidément toujours aussi bien la paire) qui plane sur Paris donne à la ville pas encore vraiment Lumière toute sa densité et sa ferveur quelque part assassine. Un premier tome qui coupe les vivres et le souffle.

 

Alexis Seny

 

Série : La cour des miracles

Livre : 1 – Anacréon, Roi des Gueux

Scénario  : Stéphane Piatzszek

Dessin : Julien Maffre

Couleurs : Laure Durandelle

Genre: Historique, Aventure

Éditeur: Soleil

Collection : Quadrants

Nbre de pages: 64

Prix: 15,50€



Publié le 13/03/2018.


Source : Bd-best


 	1912 au cœur des Orfèvres. Une enquête de l’Ecluse et la Bloseille 1 – Le vendangeur de Paname

 

« - Monsieur euh… l’Ecluse ?
-          T’es une bleusaille, toi…
-          Inspecteur Pierre Caillaux, fils de Joseph Caillaux !
-          Je vois… Une bleusaille avec de l’oseille. Assieds-toi, la Bloseille. Ton paternel, c’est peut-être un millésime du vignoble Poulaga, mais toi t’es une nouvelle cuvée.
-          Je suis votre nouveau partenaire, monsieur ! »
 
Quand un fils de ministre, fraîchement diplômé, rencontre un inspecteur placardisé dans le Paris du début XXème, on pourrait s’attendre à un duo explosif. Pas du tout, une complicité complémentaire va s’installer entre les deux aimants aux polarités opposées. Les deux éléments mis sur la touche du quai des orfèvres vont mettre leurs nez, et ils ne sont pas petits, dans l’enquête du « vendangeur de Paname », tueur en série qui a sur le dos tous les condés de la capitale. Les crimes sont particulièrement horribles. Chacun est relié au précédent par un objet appartenant à la victime précédente.

 

 

 

© François, Bagères, Périmony - Delcourt

 

 

 

 
Le scénario de Frédéric Bagères s’inscrit dans la plus pure tradition du feuilleton populaire. Le duo de policiers qu’il introduit dans ce premier tome fonctionne sur le même principe que Pierre Richard/Gérard Depardieu dans les films de Veber, Astérix/Obélix ou encore Bérurier/San Antonio : deux tempéraments antagonistes qui s’entendent pour installer une connivence dans laquelle le lecteur, ou le spectateur, est invité.

 

 

 

 

© François, Bagères, Périmony - Delcourt

 

 

 
David François dépeint le Paris d’un siècle où les calèches roulent sur le pavé, où le métro s’appelait encore le métropolitain et où les putes des maisons closes côtoyaient flics et voyous. Avec un encrage effet crayons et des couleurs d’une dominante jaune-beige lorgnant vers le sépia, réalisées par François avec la complicité de David Périmony, le voyage dans le temps fonctionne à merveille.
Les décors, comme celui de la brasserie le Bouillon Chartier, encore ouverte aujourd’hui, nous invitent dans un Paname chargé d’Histoire.
Le dessinateur ose des originalités phylactériques avec bulles intégrées aux dessus des tonneaux.
Enfin, le découpage classique contribue à un ensemble plaçant l’histoire dans son époque. Et puis, un album sans planche à fond perdu, qu’est-ce que c’est reposant parfois !

 

            L’album souffre d’un léger défaut : une typographie au trait parfois trop fin, avec certaines lettres trop légères, pas assez appuyées. Dommage, c’est un paradoxe pour un album dont un des principaux atouts consiste en des dialogues au cordeau, ciselés, retranscrivant les palabres des rues populaires et des caves miteuses.

           

            Au-delà du polar, cette histoire est un des plus beaux hommages depuis la chanson de Léo Ferré à un Paris oublié. Un couplet de sa chanson pourrait lui servir de carte de visite :

 

Paname,
Quand tu t'ennuies tu fais les quais,

Tu fais la Seine et les noyés,

Ça fait prend' l'air et ça distrait,

Paname,
C'est fou c' que tu peux fair' causer,

Mais les gens n'sav'nt pas qui tu es,

lls viv'nt chez toi mais t' voient jamais.

 

 

            Vignerons, venez faire vos vendanges à Paname, mais méfiez-vous du rouge du vin, il pourrait avoir un goût de sang.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Une enquête de L’Ecluse et La Bloseille

Titre : 1 – Le vendangeur de Paname

Genre : Polar humoristique

Scénario : Bagères

Dessins : François

Couleurs : François & Périmony

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 64

Prix : 15,50 €

ISBN : 9782756079431



Publié le 13/03/2018.


Source : Bd-best


Une famille pour qui les carottes ne sont pas cuites.  Les Rabbit - Intégrale

   « - Salut, Antoine !

-          ‘Paaa, je t’ai dit mille fois de m’appeler Tony !! « Antoine », ça craint !... Tiens, tu t’es mis à dessiner ? Tu veux changer de boulot ?

-          Ouais, regarde, je fais des BD sur notre famille ! On va devenir des stars ! Hé, hé.

-          Héé mais t’as vu la tronche de débile que tu m’as faite !!

-          Elle est terrible, hein ?

-          Attends mais moi aussi je vais raconter des trucs sur nous ! Je vais faire un blog ! »

 

Voici défini le concept des Rabbit : la vie de famille vue d’un côté par le père Ronan, de l’autre par le fils Tony. Comme leur nom l’indique, les Rabbit sont des lapins. Qui plus est, Ronan est le véritable prénom de Sti, le géniteur de cette série parue à l’origine chez Paquet, avant que ne soit créée leur filiale Kramiek. Comme le lapin Ronan, Sti a aussi changé de métier puisqu'il était ingénieur en informatique avant de tout plaquer pour vivre de la BD.

 

 

 

© Sti, Gonzàles - Kramiek

 

 

 

 

Après Carotte Power, Le coup du lapin, Show lapin et Pas du matin !, les quatre albums parus de 2008 à 2012 et que l’on pouvait retourner pour lire tête-bêche les gags du père ou ceux du fils, l’intégrale donne une nouvelle vie bien méritée à cette famille rigolote de lapins vivant, comme nous tous, leur quotidien. Le père va au bureau en traînant des pieds, la mère, lucide, gère la maison. Le gamin va à l’école, sa sœur est pour lui un boulet. Mais entre le fiston et le pater, on se demande parfois qui est le plus gamin des deux.

 

 

 

 

© Sti, Gonzàles - Kramiek

 

 

 

 

            Sti a un sens du gag à la fois classique et moderne. Il se situe à la frontière entre le génial Raoul Cauvin et Midam. Avec les Rabbit, il créé un concept original qui rassemble les générations. Cette série est idéale à lire en famille.

 

            Depuis quelques temps, après un démarrage sur les chapeaux de roues, ou plutôt sur les ronds de carottes, avec plusieurs séries éditées chez Paquet, le dessinateur se fait (trop) discret au profit du scénariste. Si L’île carrément perdue avec l’épatant et trop méconnu en France Luc Cromheecke (remember Tom Carbone) n’a pas eu le succès mérité, la série Mes premières fois, chez Bamboo avec Juan an dessin, remet Sti sur le devant de la scène.

            Si l’on veut revoir le dessinateur Sti, il faut se référer au journal de Spirou dans lequel il est en charge d’animations, notamment la malédiction de la page 13. Espérons que la nouvelle rédactrice en chef Florence Mixhel lui fera plus de place et lui permettra de lancer une série en tant qu’auteur complet. Et pourquoi pas un revival des Rabbit ? L’île carrément perdue a bien fait le chemin en sens inverse. Ce serait un joli retour à l’envoyeur.

 

            Meilleurs qu’en civet ou à la moutarde, les Rabbit en intégrale vous feront râper de rire.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les Rabbit

Tome : Intégrale

Genre : Humour familial

Scénario & Dessins : Sti

Couleurs : Gonzàles & Ruiz

Éditeur : Kramiek

Nombre de pages : 192

Prix : 25 €

ISBN : 9782889330713



Publié le 12/03/2018.


Source : Bd-best


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