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 Tiens-toi bien, Robin, voilà Tosca.  Tosca des Bois 2

 

  « - Avez-vous froid ?
-    Du tout : ces habits d’homme sont chauds et très confortables… Oups !
-    Quelque chose ne va pas ?
-    J’ai oublié de laisser des revêtements de rechange au page. Voleuse et étourdie : je suis impardonnable !
-    Allons, ne soyez pas trop dure envers vous-même. Je suis sûr que vous trouverez le moyen de vous rattraper a votre retour.
-    Assurément : je lui ferai confectionner un habit neuf. Il sera de bonne étoffe, douce et épaisse ! Il pourra ainsi jeter cette vieille tunique et…
-    Navrée de contrarier tes projets, jeune demoiselle ! »

 

 

 

 

    Alors que les guerres internes perturbent l’Italie du quattrocento, Lucilla, fille d’un duc siennois, fugue de sa prison dorée. Dans les frusques d’un page, elle quitte le château de son père dans la carriole d’un vieux frère moine. Elle recroisera le chemin de son amie Tosca, orpheline des bois, et de son frère Rinaldo, dont elle rêve la vie sauvage et sans les contraintes de cour. Leur périple les amènera jusqu’à un monastère où certains d’entre eux renoueront avec leurs origines.

    Tosca des bois paraît chez Dargaud dans le label Dargaud Jeunesse. Mais le scenario de Teresa Radice est exigeant. Elle ne prend pas les jeunes lecteurs pour un public au rabais. Tirer vers le haut, voilà l’objectif de Tosca. Le vocabulaire est soutenu. Les tournures de phrases, traduites par Camille Singeot, sont travaillées.
    Une fois l’effort fait d’ingérer un début certes un peu lent, on est récompensé par un voyage initiatique tant pour soi que pour les personnages.

 

 

 

 

 

 

© Radice – Turconi - Dargaud

 

 

 

    Le graphisme de Stefano Turconi est un medium motivant le jeune lecteur à aller plus loin. Le monde présenté semble sorti de La belle au bois dormant, version chef d’œuvre d’animation des Studios Disney. Ainsi, les encarts narratifs explicitant le contexte historique et la présentation, ou le rappel, des principaux caractères mis en situation passent comme une lettre à la poste. Tout en couleurs directes, les décors somptueux des châteaux du XIVème siècle et des chemins forestiers sont un enchantement.  

    Les auteurs laissent les personnages dans une situation dramatique et les lecteurs dans un suspense insoutenable. Les cartes militaires de la guerre entre Sienne et Florence sont redistribuées.

 

 

 

 

© Radice – Turconi - Dargaud

 

 

 

    Tosca des Bois met les pieds des lecteurs jeunes (et des moins jeunes, ceux-ci n’étant pas laissés sur le bord du chemin) dans de la belle et grande aventure avec un A majuscule.


Laurent Lafourcade


Série : Tosca des Bois


Tome : 2


Genre : Aventure moyenâgeuse

 
Scénario : Radice


Dessins & Couleurs : Turconi


Éditeur : Dargaud


Nombre de pages : 48


Prix : 9,99 €


ISBN : 9782205077803



Publié le 21/06/2018.


Source : Bd-best


La force du collectif multicolore et des attaquants de pointe de crayon pour raconter les histoires incroyables de la Coupe du Monde

Alors voilà, c’est le moment, c’est l’instant où la planète foot va avoir les fesses plates devant une télé qui l’est tout autant mais reste le moyen le plus prisé pour observer les exploits des hommes du ballon rond. Les exploits ou les calamités d’un monde qui ne tourne pas toujours aussi rond que son « cuir » (même si ça fait longtemps que le ballon n’est plus de cette manière). Fidèle à leur collection Docu BD, les Éditions Petit à petit investissent le terrain et lâchent leurs joueurs (avec plein de nationalités représentées dont les Italiens qui n’auront pas tout raté pour cette Coupe du Monde) sur un terrain riche et fertile en enseignements sociaux et politiques, bien au-delà de l’aspect sportif et des goals.

 

 

 

 

 

 

 

© Marie/Ortiz

 

Résumé de l’éditeur : Un Docu-BD pour raconter l’histoire de la Coupe du monde de football, à travers trente moments d’anthologie en bandes dessinées ! Épisodes mythiques ou anecdotes inconnues du grand public retracent l’épopée sportive de 1930 à aujourd’hui, de Sindelar à Neymar, du Maracana à Maradona, ce livre vous emmène sur tous les terrains de la compétition internationale, qui se révèle autant un événement sportif qu’un enjeu économique et politique.

 

 

 

 

© Marie/Meloni

 

Depuis que le foot régit nos débuts d’étés, tous les deux ans, les livres de ce type ne sont pas rare. Parce que la mine des histoires à raconter est inépuisable et qu’on ne s’en lasse pas. Sauf qu’ici, c’est en BD, un média qui se saisit de toutes les opportunités pour monter en attaque.

 

 

 

 

© Marie/Antiga/Di Francia chez Petit à Petit

 

Et ce nouveau Docu Bd paru il y a quelques semaines pour mieux annoncer cette Coupe du Monde a tout pour captiver. Parce que comme c’est bien plus que de la BD, c’est aussi bien plus que du foot que fait évoluer l’armada d’auteurs en première division. Au-delà de l’aspect documentaire, c’est un véritable guide qui est offert aux amateurs de foot, ou pas, de belles histoires, ou pas également. Des débuts de ce rendez-vous majeur de la vie populaire mondiale en mode mineur à sa professionnalisation et ses enjeux dépassant le plan seulement sportif.

 

 

 

 

© Marie/Derji chez Petit à Petit

 

Pour chaque édition de la Coupe du Monde, une ou plusieurs anecdotes se voient étoffées en trois planches de BD anglées, tout en étant défendue par trois autres pages recontextualisant les grands faits de l’année visitée (le buteur de l’édition, la composition de l’équipe de France – éh oui, c’est un ouvrage français -, les débuts ou les fins de règnes de quelques joueurs prestigieux…).

 

 

 

 

© Marie/Tamburo

 

Et c’est ainsi que la bicyclette nous envoie visiter le passé encore vibrant ou qu’on a préféré oublier. Dans la première catégorie, il y a Maradona, Just Fontaine ou encore l’inoubliable Roi Pelé Comme quand Matthias Sindelar payera de sa vie sa volonté de ne pas être confondu avec le régime nazi et son équipe de propagande ou quand l’Argentine échangeait la mort de prisonniers politiques du Pérou contre sa victoire en finale, quand Zidane chassa la belle image du sport d’un coup de tête ou que les piquouzes trainaient dans les vestiaires allemands, quand Neymar fut envoyé à l’hôpital et qu’Andrès Escobar fut envoyé au cercueil par des mafieux peu heureux de l’argent parié et perdu à cause d’un autogoal du joueur colombien. Du pain et des jeux, des rires et des larmes, de la sueur et de la stupeur.

 

 

 

 

© Marie/Xu/Di Francia chez Petit à Petit

 

Pour cadrer toutes ces histoires, c’est un seul et unique scénariste, Emmanuel Marie, qui prend le rôle de meneur, prouvant qu’on peut raconter le foot en s’aventurant au-delà des terrains battus pour mieux trouver l’essence et la profondeur des épisodes narrés. Ici, si les joueurs jouent (et bien, les 27 artistes internationaux conviés, toujours en pointe, jamais en retrait, esthétisant les gestes et sublimant les actions), les caméras s’envolent pour amener notre regard en hors-champ. Il s’agit moins de parler des détails qu’on voit sur les grands écrans (ou qu’on se repassera à l’envi sur You Tube, désormais) qu’un football de lucarne, précis et décloisonné.

 

 

 

 

 

© Marie/Sciuto/Di Francia chez Petit à Petit

 

Avec Emmanuel Marie aux commandes des scénarii, c’est toujours très bien amené dans la concision et la profondeur amenée alors que l’espace est compté (bien moins que 90 minutes), si ce n’est une petite faute de goût dans le traitement de la victoire française de 98, un peu poussive. Pour le reste, les auteurs font le bond et le petit pont pour aller plus loin que les chiffres et la liesse populaire, ne se privant pas de tacler qui de droit (hé non, ce n’est pas un ouvrage officiel où il faut être poli avec tout le monde et faire des courbettes, tant mieux !).

 

 

 

 

© Marie/Valentina/Di Francia chez Petit à Petit

 

Quitte à collectionner les grandes émotions de ce sport qui peut bien sûr être critiqué mais reste d’un pouvoir fédérateur hors-norme, cet album est bien plus passionnant et nuancé qu’un album Panini. Moins cher, aussi.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Histoires incroyables de la Coupe du monde

Recueil – Guide

Scénario  : Emmanuel Marie

Dessin : Yang Weilin, Valentina Pinti, Vincent Dutreuil, Fabio D’Auria, Ziran Xu, Damjan Stanich, Kent Yuen, Kyung Eun Park, Francesca Follini, Francesco Mucciacito, Rafael Ortiz, Paolo Raffaelli, Vincenzo Mercogliano, Liu Jun, Mario Sciuto, Thomas Balard, Cédric Benoist, Derji, Chiara Di Francia, Nico Tamburo, Paolo Antiga, Kan Takahama, Andrea Broccardo, Salvatore Bevacqua, Arjuna Susini, Michael Malatini, Andrea Meloni et Alain Paillou

Couleurs : Catherine Moreau, Chiara Di Francia, Salvatore Bevacqua, Kan Takahama, Liu Jun, Thomas Balard, Derji, Kyung Eun Park, Kent Yuen, Vincent Dutreuil, Yang Weilin

Genre: Chronique, Documentaire, Politique, Sport

Éditeur: Petit à petit

Collection : Docu BD

Nbre de pages: 192

Prix: 19,90€



Publié le 20/06/2018.


Source : Bd-best


Les loups courent de toutes leurs forces.  King of Eden 3

« - Ici Teze Yoo ! Je viens de dépasser les dix mètres.

-          Ici le professeur Shinonome… Décris-moi les caractères cunéiformes que tu vois !

-          Ils reprennent l’Avesta, le livre sacré de la religion mazdéenne…

-          De quels passages s’agit-il ?

-          Ici, du combat entre Ahura Mazda et le dieu du mal Ahriman ! »

 

En pénétrant dans le boyau d’étranglement permettant d’atteindre le tombeau, Teze Yoo ne se doutait pas qu’il allait se trouver face à un danger menaçant l’humanité. Un virus propagé par des rats transforme les humains en sortes de loups garous aux dents acérées et aux yeux assoiffés de sang. On sait pourtant depuis Indiana Jones que l’on ressort rarement indemne de ce genre d’endroit.

 

 

 

 

© Nagasaki, Ignito – Ki-Oon

 

 

 

            La première partie de ce tome 3 est un huis-clos oppressant dans une chambre funéraire secrète en Roumanie. Elle est de ces scènes que l’on ne peut pas interrompre avant d’en connaître l’issue.

            La suite montre de nos jours les protagonistes survivants de l’époque en proie à leur folie pour l’un, à ses mystères pour un autre et au questionnement pour la dernière.

 

            Sur le rabat de la couverture, Ignito déclare : « Le vrai et le faux cohabitent ici-bas. Il n’est jamais évident de séparer le bon grain de l’ivraie. J’ai néanmoins la certitude que la vérité finit toujours par triompher. J’espère qu’il en sera de même pour la sincérité que je mets dans mon travail. » Cette sincérité transparait dans sa traduction en dessins du récit de Takashi Nagasaki. Le dessinateur se positionne en premier fan du scénariste.

 

 

 

© Nagasaki, Ignito – Ki-Oon

 

 

 

 

            Nagasaki sème le trouble. Qui est Teze ? Quels secrets cache-t-il ? Le personnage lui-même sait-il qui il est ?

 

            King of eden est une histoire tout à la fois théologique et archéologique. Qui sortira vainqueur du dernier combat ? Le dieu du bien, évidemment… Ce n’est pas si sûr que ça.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : King of Eden

Tome : 3

Genre : Thriller Fantastique

Scénario : Nagasaki

Dessins : Ignito

Éditeur : Ki-Oon

Nombre de pages : 192

Prix : 7,90 €

ISBN : 9791032702604



Publié le 20/06/2018.


Source : Bd-best


Les porteurs d’eau : dopage en ligne de mire et ennuis sur le porte-bagage, sale temps pour les gregarios

Y’a pas que le foot dans la vie, et en été, il y a aussi le cyclisme. Les coureurs s’échauffent encore un peu les mollets avant le départ de la Grande Boucle mais Fred Duval et Nicolas Sure ont déjà quelques tours d’avance en compagnie d’un duo de bras cassés qui ferait tout pour avoir de bonnes jambes. De quoi occasionner un trip sur fond de dopage qui finit dans le sang. L’échappée n’était pas si belle mais est caustique.

 

 

 

 

 

 

 

© Duval/Sure chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur : Jérôme et Florian sont sur le point d’acheter des produits dopants lorsque la douane débarque, obligeant les deux jeunes espoirs du cyclisme à prendre la fuite, le coffre plein d’argent et de marchandise. Leur cavale va les mener de Dieppe jusqu’au Mont Ventoux. Une poursuite tragi-comique durant laquelle le petit Pignon devra également affronter le fantôme de son père, coureur professionnel mort à 37 ans d’une embolie pulmonaire.

 

 

 

 

© Duval/Sure chez Delcourt

 

 

 

 

© Duval/Sure chez Delcourt

 

La course à étapes ne devait pas en être une. Le plan était simple, un échange (pactole contre paquets de seringues) à la frontière franco-belge avec des gens qu’il vaut mieux ne voir qu’une fois. Après quoi, Jérôme Pignon et Florian Cornu (vous remarquerez qu’ils ont des vrais faux noms de coureurs cyclistes) pouvaient prendre la poudre d’escampette pour écouler leur camelote. Ils ne sont pas les premiers, pas les derniers, sauf que voilà, une opération de douane bien informée a fait tout capoter, et le tour de France a pu commencer entre petites frappes et truands, au milieu des vivants et face à un fantôme qui fait cauchemarder.

 

 

 

 

© Duval/Sure chez Delcourt

 

Avec Porteurs d’eau, il est certain que vous ne tenez pas la BD officielle du Tour 2018 dans les mains. Pas même un vrai album sur le cyclisme malgré trois premières planches qui donneraient envie de voir plus de dessins de Nicolas Sure dans ce milieu. Mais le sujet n’est pas là, Fred Duval et Nicolas Sure ont préféré le confort d’une bagnole à l’inconfort de la selle. Ce n’est pas pour autant que leurs deux héros ratés ne pédalent pas dans la semoule. La marchandise illégale qu’ils transportent est bien trop importante que pour les laisser filer et la poursuite s’engage sur les routes de France en cinq étapes et un prologue (oui c’est plus un Critérium qu’un vrai Tour) entre nos deux paumés, les forces de l’ordre et les truands du désordre. Jusqu’à l’apothéose sur les pentes du Ventoux, vers Chalet Reynard.

 

 

 

 

© Duval/Sure chez Delcourt

 

Évitant d’avoir le nez dans le guidon, les deux auteurs nous invitent à voir du pays et des paysages changeants dans ce polar soft et délirant sur les beaux vallons de France et qui force les rencontres avec une faune très diversifiées et souvent borderline. Les deux héros ne lèveront jamais les bras après avoir montré ostensiblement le sponsor qui orne leur maillot mais y gagnent finalement bien plus.

 

 

 

 

© Duval/Sure chez Delcourt

 

Nicolas Sure, dans cette succession de péripéties et de décors, oeuvre en parfait baroudeur pour donner du peps au récit.  Ménageant scènes d’action et moments de vérité où il vaut mieux être bien assis, Duval et Sure évitent le chasse-patate et saisissent le diable (celui des bords de routes cyclistes, qui d’autre ?) par les cornes pour proposer une variation plus comique que tragique sur ce fléau qu’est le dopage, ici tourné en ridicule. Pas besoin de photo-finish.

 

Alexis Seny

 

Titre : Les porteurs d’eau

Récit complet

Scénario : Fred Duval

Dessin et couleurs : Nicolas Sure

Genre : Polar

Éditeur : Delcourt

Collection : Mirage

Nbre de pages : 136

Prix : 17,95€



Publié le 19/06/2018.


Source : Bd-best


Entre hommage et parodie. XIII Mystery 12 – Alan Smith


    « - La médaille du Congres décernée a votre fils Alan Smith qui a combattu héroïquement au Vietnam… Avec les condoléances de l’armée américaine.
-    Merci.
-    Alan était leur seul enfant ?
-    Oui. Il a fait de brillantes études à l’Université de Princetown, dans le New Jersey, avant d’être mobilise pour la campagne d’Asie. Il a été tue deux mois après son arrivée au Vietnam. Sa mort reste mystérieuse. Une patrouille a retrouvé son cadavre carbonise au fond d’un ravin. Il était atrocement défiguré. On a pu l’identifier grâce à sa plaque de matricule militaire qu’il portait encore autour du cou.
-    Quel âge avait-il ?
-    Il venait d’avoir vingt-trois ans. »

 

 

 

 

Triste après-midi d’hiver pour Abe et Sally Smith. C’est l’enterrement de leur fils.
    Dans un long flashback et dans la cruelle jungle du Vietnam, les derniers jours d’Alan Smith sont une course contre la mort dont on sait que le jeune homme sortira les pieds devants. Le rôle qu’il joua bien malgré lui dans le destin de XIII s’écrit jusqu’au jour du soleil noir.
    Coup dans l’eau ou coup de bluff ? Daniel Pecqueur est trop intelligent pour servir un scénario facile, convenu et prévisible. Le scénariste fait d’Alan Smith un Jack Bauer, frôlant la mort toutes les quatre planches et se sortant des situations les plus improbables avec un cul bordé de nouilles comme ce n’est pas permis. Les ficelles sont des cordes pour extraire Smith des multiples pièges mortels dans lesquels il a le chic de se fourrer.

 

 

 

 

 

 

© Pecqueur – Buchet - Dargaud

 

    De son côté, Philippe Buchet la joue space opéra. La première scène dans le tripot vietminh semble tout droit sortie d’un épisode de Sillage. Les personnages disproportionnés paraissent être originaires de planètes louches. Mais ce sont des humains. Là encore, il est impossible qu’un dessinateur de la trempe de Buchet fasse des erreurs de dessin. Tout au long de l’album, des personnages présentent des aberrations anatomiques comme provenant d’autres planètes.
    Le cahier graphique réservé a la première édition permet au dessinateur de montrer la qualité de son trait quand il se lâche et reste lui-même.

 

 

 

 

© Pecqueur – Buchet - Dargaud

 

 

 

 

 

Les deux auteurs signent un XIII Mystery hors norme, à la fois hommage et parodie à la série créée par Vance et Van Hamme. C’est un exercice de style inattendu pour cette collection qui, hormis le moyen Martha Shoebridge, propose d’excellents albums de la veine des meilleurs scenarii de Van Hamme.


Laurent Lafourcade


Série : XIII Mystery


Tome : 12 – Alan Smith


Genre : Thriller  


Scénario : Pecqueur


Dessins : Buchet


Couleurs : Marquebreucq


Éditeur : Dargaud


Nombre de pages : 64


Prix : 11,95 €


ISBN : 9782505069423



Publié le 19/06/2018.


Source : Bd-best


Zéropedia Tout sur tout (et réciproquement)

 

 

« - File faire tes géoglyphes tout de suite !

 
-    M’en fous des géoglyphes, je veux être flûtiste de rock… »

 

 

 

 

Les péruviens n’ont pas révélé les secrets des géoglyphes de Nazca. D’où viennent ces gigantesques formes géométriques tracées au sol ? Tout ça n’est pas très clair. L’office de tourisme extraterrestre va se faire tirer les oreilles.

    Quel est le point commun entre Archimède, Christophe Colomb, Fleming ou Spencer ? Leurs découvertes sont le fruit d’un hasard ou d’une erreur. Cela s’appelle la sérendipité.

    Et le syndrome de Stendhal ? C’est être en pamoison devant le rouge et le noir ? Que nenni ! Mais allez donc ouvrir Zéropedia pour le savoir.

 

 

 

 

 

 

© Julien CDM, Fabcaro - Dargaud

 

 

 

 

    De l’expansion de l’univers à l’homéopathie, de l’effet Larsen au taxon de Lazare, ou bien du phénomène des pierres mouvantes à la loi de la gravitation universelle, de nombreux sujets divers et variés n’auront plus aucun secret pour vous.

    Est-ce que 2018 ne serait pas l’année Fabcaro ? A côté de sa double entrée dans la collection Glénaaarg, les éditions Dargaud éditent ce recueil d’articles illustrés BD parus dans le magazine Sciences et Vie Junior. L’auteur joue au professeur mais d’une façon totalement différente de ce que fait Marion Montaigne avec son excellent Professeur Moustache. Les deux approches sont complémentaires. Fabcaro tutoie aussi les prix Nobel et les savants. Mais là où Moustache s’intéresse à des sujets précis, Fabcaro, qui n’a pas de héros dans sa BD, effectue plutôt un survol de thèmes plus larges.

 

 

 

 

© Julien CDM, Fabcaro - Dargaud

 

 

 

 

    Julien Solé semble s’amuser comme un petit fou pour illustrer les préoccupations scientifiques de son scénariste. Il dessine chaque explication en six images drôles et cocasses, mettant beaucoup de fantaisie dans un texte qui pourrait être sérieux, qui l’est, mais qui se veut détournable.

    Alors, pour briller en société, lisez Zéropedia car, comme le rappelle Blaise Pascal, ce sacré Blaise, en introduction : "Il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d’une chose. "


Laurent Lafourcade


Série : Zéropedia Tout sur tout (et réciproquement)


Tome : 1


Genre : Humour pédagogique


Scénario : Fabcaro


Dessins & Couleurs : Julien CDM


Éditeur : Dargaud


Nombre de pages : 108


Prix : 14,99 €


ISBN : 9782205077759



Publié le 18/06/2018.


Source : Bd-best


Nouvel espoir, arrivée du contingent américain – 14-18 Sur la terre comme au ciel.

 

"-    Je m’appelle Sam. Une cigarette ?

 
-    Pas de refus. Mon nom est Mason. Je ne fais pas cela de gaieté de cœur Sam.

 
-    Je ne te juge pas. Inutile de me raconter ta vie.

 
-    Laisse-moi parler. J’adore voler, c’est toute ma vie. Mais parfois là-haut, il m’arrive d’être envahi par une sorte d’appréhension."

 

 

 

 

Déjà le neuvième épisode de cette saga nous emmenant à la rencontre du vécu des combattants originaires d’un même petit village au travers des grandes étapes de la Première Guerre mondiale. Maurice envoie régulièrement des dessins à son amie Nini. Il y partage son admiration pour les combats aériens.

 

 

 

 

 

© Corbeyran – le Roux – Chevalier.

 

 

 

 

 

Cette fois, on s’écarte du groupe que l’on connaissait antérieurement (Pierre et Maurice) pour aller à la rencontre de Mason et de Sam. Ce dernier fournit de la cocaïne à Mason, un as des combats aériens, qui avoue être incapable de voler sans être sous l’influence de substances hallucinogènes. On y fait aussi allusion aux premiers contacts avec les troupes américaines (entrées dans le conflit à partir du 6 avril 1917) sur le sol français. Une rencontre avec les Sammies apportant avec eux leur mode de vie et leurs traditions, réchauffant l’atmosphère de l’arrière-front français. C’est la confrontation entre deux mondes avec l’apparition du  chewing-gum, la découverte des diverses facettes de la culture américaine telle l’arrivée du blues et du jazz, mais aussi le patriotisme et la ferveur religieuse des combattants venus du Nouveau Monde.

 

 

 

© Corbeyran – le Roux – Chevalier.

 

 

 

 

Le scénario d’Éric Corbeyran  pour cet avant dernier épisode est le moins consistant de toute la série. Les dessins d’Étienne le Roux et Loïc Chevallier restent extraordinaires sur le plan graphique. On se rapproche lentement de l’ultime tome de cette saga captivante et du devenir de nos derniers survivants.



Haubruge Alain



Titre : Sur la terre comme au ciel (Juillet 1918)


Série : 14-18


Scénario : Éric Corbeyran


Dessin et couleurs : Étienne le Roux – Loïc Chevallier


Genre : Historique - Guerre


Éditeur : Delcourt


Collection : Histoire & histoires


Nbre de pages : 48


Prix : 14,50 €


ISBN : 9782756070384



Publié le 16/06/2018.


Source : Bd-best


Les contes de fées, miroir aux alouettes des mondes défaits pour ceux qui restent face à la disparition de leurs enfants

Alice au Pays des merveilles, Little Nemo à Slumberland, Wendy et les enfants perdus au pays imaginaire, Richard au pays des livres magiques ou encore Eustache, Polly, Susan et co dans le Monde de Narnia… Des enfants passés de l’autre côté du voile de la fantaisie et de la féérie, il y en a une armada partie à l’aventure dans des univers dont les grands ignorent tout. Et si justement, le temps passant, les adultes s’étaient rendu compte de l’absence omniprésente de leur progéniture ? Un seul être vous manque et, dans ce choc des mondes, la terre entière est dépeuplée, disait l’autre. C’est ce postulat rarement voire jamais évoqué que Josep Busquet et Alex Xoül explorent et creusent dans un récit où la sinistrose étouffe peu à peu le merveilleux.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur : Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

 

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

De conte de fées en monde défait, le jeu de mot est facile mais on ne peut plus évocateur de la situation vécue par Ceux qui restent, le nom tout trouvé et tellement bien choisi par les deux  auteurs restés sur le carreau quand la porte des mondes parallèles s’est ouverte. On leur a sans doute dit qu’ils étaient trop grands pour ces choses-là et se sont « vengés » en proposant une oeuvre plus sombre que ses pendants féeriques, interdite aux enfants et brocardant quelques-uns des monstres de notre société, bien pire qu’un Capitaine Crochet ou une Reine de Coeur.

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

Parce que forcément, devant l’inexplicable, des questions se posent. Encore plus quand on s’en prend à la chose la plus sacrée au monde : un enfant. Et quand celui-ci disparaît inopinément, c’est le drame inimaginable pour les parents qui, comme si cela ne suffisait pas, doivent faire face à une société qui les dévisage et ne peut s’empêcher de penser qu’ils ne sont peut-être pas aussi irréprochables que ce qu’ils veulent bien le dire… et le pleurer. Encore plus quand le gamin, comme s’il partait en voyages, revient un beau jour comme si de rien n’était pour mieux repartir et revenir, des mois voire des années plus tard. Sans que ses parents ne puissent le retenir, l’attrait du merveilleux étant toujours le plus fort (et on peut le comprendre).

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

Cette mésaventure cauchemardesque, les époux Hawkins vont en faire l’amère expérience et n’en sortiront pas indemnes. Parce que Busquet et Xöul ont vite fait de dégager l’aspect magique des choses pour ne faire subsister que le drame intime et à la fois sociétal. Parce que le couple, déjà secoué de l’intérieur du cocon familial désormais brisé, va être secoué par l’extérieur. Quand la police s’en mêle, s’efforçant de bien faire son boulot mais ne pouvant pas ne pas remettre en question la version des parents. Parce que, surtout, au tapin des esprits, quelques esprits frappeurs et frappés se prenant pour des journalistes mais servant surtout la putasserie (comme il y en a de plus en plus à l’ère du buzz et des réseaux sociaux) la plus basse et crasse vont en remettre des couches, faisant de nos victimes des criminels en puissance.

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

Heureusement, si rien n’est rose, tout n’est pas noir non plus et les parents dans la tourmente vont pouvoir compter sur une association secrète aidant à faire le deuil de ces enfants aventuriers partis dans d’autres mondes plus palpitants et pouvant pourtant se montrer bien ingrats. Face au scénario sans appel de Josep Busquet, Alex Xoül (si les deux Espagnols ont déjà pas mal collaboré en Espagne, c’est leur premier album qui parvient jusqu’à nous, en français) fait tant bien que mal pour amener de la magie dans cet univers chamboulé et cette société tristounette. La couverture donne un petit aperçu de l’étincelance et de la finesse de son dessin, de sa chaleur mais aussi de sa froideur. Graphiquement, c’est fameux. De bout en bout, ne cachons pas que cet album manque une lueur d’espoir. La fée clochette ne passera pas. Mais pouvait-il en être autrement ?

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Ceux qui restent

Récit complet

Scénario : Josep Busquet

Dessin et couleurs : Alex Xöul

Traduction : Karine Beuzelin

Genre : Drame, Fantastique

Éditeur : Delcourt

Nbre de pages : 128

Prix : 19,99€



Publié le 15/06/2018.


Source : Bd-best


Au sommet de l’horreur bureaucratique : Wannsee où l’extermination des Juifs de façon industrielle.

 

" -    Suivez- moi, messieurs. Mettez-vous à l’aise, un buffet est à votre disposition. Des grands crus tout justes livrés de France vont vous être servis, et nous ne sommes pas limités par la quantité.

 
-    Dans la SS, on apprécie le luxe.

 
-    Toujours, et nous l’avons bien mérité. Pour ma part, il me faudra bien cela pour faire passer le gout de merde et de sang que je ramène de Lettonie.

 
-    Gardez ce genre de réflexion pour vous, tous les participants ne sont pas encore au courant de ces secrets."

 

 

 

 

Berlin, quartier de Wannsee, le 20 janvier 1942. Une conférence secrète réunit quinze hauts fonctionnaires du troisième Reich. Autour de H. Heydrich et d’A. Eichmann, ces hommes vont organiser et entériner le génocide de plus de six millions de Juifs (Shoah) en moins de quatre-vingt-dix minutes. Fabrice Le Henanff nous propose une vision neutre de cette conférence tenue à huis clos, nous transmettant un devoir de mémoire que révisionnisme et négationnisme cherchent à détruire. Il nous présente la banalisation de l’horreur ressentie chez les participants à cette réunion, seul le secrétaire d’État Kritzinger ayant tenté de résister (c’est aussi le seul qui s’est excusé et a exprimé des remords lors du procès de Nuremberg).

 

 

 

 

 

© Fabrice Le Hénanff – Casterman.

 

 

 

 

L’auteur revient sur l’épisode Babi Yar (à côté de Kiev), un ravin où des dizaines de milliers de Juifs furent exécutés par balle, montrant les limites techniques de ce système poussant le troisième Reich vers une solution industrielle prévoyant l’exécution de 60.000 Juifs par jour. Parmi les principaux protagonistes, Heydrich sera assassiné à Prague par un commando tchèque tandis qu’Eichmann sera exfiltré d’Argentine en 1960 par le Mossad. Jugé à Jérusalem, il sera condamné à mort le 11 décembre 1961 et exécuté par pendaison le 31 mai 1962. Avec un graphisme sépia parfois flouté, l’auteur signe un album restituant le mépris des dirigeants nazis vis-à-vis de la condition humaine. Les onze dernières pages sont consacrées aux portraits des différents participants et de leurs devenirs à la chute du Reich.

 

 

© Fabrice Le Hénanff – Casterman.

 

 

 

Avec « Wannsee », Le Henanff nous délivre un album digne d’être placé au côté du « Maus » de Spiegelman et d’ « Auschwitz » de Croci.


Haubruge Alain


Titre : Wannsee

Genre : Historique - Guerre

Scénario : Fabrice Le Henanff

Dessins : Fabrice Le Henanff

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 88

Prix : 18,00 €
 
ISBN : 9782203149632



Publié le 15/06/2018.


Source : Bd-best


Aborder un triste phénomène de société avec émotion et simplicité.  Chaque jour Dracula

 

  « - Arrêtez, mais qu’est-ce que vous faites ?

 
-    On est sympas. On améliore ton repas avec un peu d’ail !

 
-    Ouais, avec un zeste d’eau bénite, tu vas adorer…

 
-    Faites gaffe, le pion arrive… Je serais toi, j’éviterais de sourire. T’as de l’épinard coincé entre les dents ! Tu devrais aller te voir dans un miroir pour l’enlever… Oooh, mais je suis bête. J’oubliais que les vampires n’ont pas de reflet…»

 

 

 

 

Le jeune Dracula est petit garçon (presque) comme les autres. Mais il est sans cesse embêté par certains de ses camarades de classe. Un soir, à table, il va se confier à son père qui va l’aider à montrer aux autres qu’il est plus intelligent qu’eux. Le papa ne compte pas laisser pourrir la situation. Il faut agir sans tarder : son fils est victime de harcèlement scolaire.

    Invisible, fourbe, pernicieux, ce mal est destructeur. Le silence est la victoire des agresseurs. Alors, si des livres comme celui-ci sauvent ne serait-ce qu’une seule victime, le pari est gagné. Mais Dracula en sauvera plus d’un.

 

 

 

 

 

 

 


© Lefèvre, Clément - Delcourt

 

 

    L’album n’est pas seulement à mettre dans les mains des harcelés, même s’il peut les soulager en leur montrant qui ils ne sont pas seuls dans ce cas, même si cela les aide à parler. Il est aussi à faire lire aux bourreaux pour les mettre face à leurs exactions. Il peut enfin servir d’outil aux enseignants pour aborder le thème en classe, aider les langues à se délier et faire que l’école soit un lieu où tous les élèves arrivent avec la banane, car c’est le seul moyen pour progresser dans les apprentissages.

    Loïc Clément choisit un héros hors normes pour traiter d’un sujet trop souvent banalisé. Il démontre que l’on peut se sortir d’une enfance difficile et devenir quelqu’un qui compte (même si les actes du Dracula adulte sont discutables, mais Dracula est un acteur de cinéma, n’est-ce pas ?). Avec un discours à la portée des jeunes lecteurs et une sensibilité douce et compatissante, le scénariste rentre avec classe dans les chaussons de la collection Delcourt jeunesse, trop souvent négligée par son éditeur.

    Le titre est extrêmement bien choisi. Chaque jour, accolé à Dracula, résonne comme une habitude affiliée à une chose hors norme ou qui ne devrait pas exister. Et là où est la malice des auteurs, c’est que ce n’est pas Dracula, sympathique et mignon, qu’on n’a pas envie d’affronter, mais Chaque jour. C’est ça qui n’est pas normal et c’est la situation qu’il faut redresser.

 

 

 

 


© Lefèvre, Clément - Delcourt

 

 

    Le trait crayons de couleurs de Clément Lefèvre apporte une délicatesse au récit. Le dessinateur joue avec les visages et les yeux de ses personnages pour faire passer les sentiments. Pour cela, chose rare, il utilise également les décors comme dans la scène où Dracula marche au fil des saisons lorsque sa vie continue son cours chaotique. Lefèvre signe une couverture efficace positionnant les méchants en tant que cibles à montrer du doigt.

Avec Seule a la récré, paru il y a quelques mois chez Bamboo, Chaque jour Dracula est un medium épatant pour aider les écoliers et les collégiens à sortir de la situation inadmissible du harcèlement scolaire.


Laurent Lafourcade


Titre : Chaque jour Dracula


Genre : Fantastique


Scénario : Clément


Dessins & Couleurs : Lefèvre


Éditeur : Delcourt


Collection : Jeunesse


Nombre de pages : 40


Prix : 10,95 €


ISBN : 9782413001669



Publié le 15/06/2018.


Source : Bd-best


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