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Spirou 4274 -  11 mars 2020

 

 

Walter Appleduck : 1 mariage, 2 enterrements

 

 

 

 

 

 

            Qu’il se taise maintenant ou qu’il se taise à jamais ! Ce ce qu’a dit Monsieur le curé lors de la messe de mariage de l’oncle de Walter. Chez les femmes en blanc, c’est rendez-vous en hôpital psychiatrique. Voilà les deux récits complets qui ouvrent le numéro de la semaine.

 

            Côté récits à suivre, c’est le final des Sœurs Grémillet et c’est à une séance choc dans Seuls à laquelle nous assistons.

 

            Mystère, brouillard, thé au citron et analyse d’urine sont au programme de Dog save the Queen, mini-récit de Jorge Bernstein (Willy Woob) et Rudy Spiessert qui inaugure la série des enquêtes de Virginia Woof.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Bernstein, Spiessert - Dupuis

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Black Squaw : Nighthawk

Seuls : Les révoltés de Néosalem

Sœurs Grémillet (Les) : Le rêve de Sarah

Spirou chez les Soviets

 

 

Récits complets :

 

Femmes en blanc (Les)

Walter Appleduck : Qu’il se taise maintenant ou qu’il se taise à jamais

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Matt

Millborough (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Passe-moi l’ciel

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Véro Cazot

En direct du futur : Verron & Sente, pour L’histoire de Juliette

Interview : Walter & Billy, par les Fabrice(s), reporters au Far West

Jeux : Le retour du fluide (Mouk)

Leçon de BD (La) : Nix

 

 

Supplément :

Mini-récit : Virginia Woof : Dog save the Queen

 

 

En kiosques et librairies le 11 mars 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 08/03/2020.


Source : Bd-best


L’amour n’est plus ce qu’il était mais il existe encore.  Torrents d’amour

 

« - Notre histoire doit tout à cette petite merveille. Nous nous sommes rencontrés grâce à cette application. Puis, nous avons choisi notre restau avec cette application. Enfin, nous avons réservé l’hôtel avec cette application. Enfin, nous avons réservé l’hôtel avec cette application. Et je t’ai fait l’amour.

- Sans application. »

 

 

 

 

 

 

               Vous souhaitez des torrents d’amour ? Vous en aurez en veux tu en voilà. Mais de l’amour moderne, de l’amour qui clashe, de l’amour 2.0. Intergenérationnel, l’amour XXIème siècle voit ses héros facilement contrariés et contrariables. Quelque soit son physique, quelque soit sa classe sociale, c’est un amour qui ose, autant dans les questions que dans les réponses.

 

 

 

 

© Mazurie - Delcourt

 

 

                Après Ni vu, ni lu, Jean-Christophe Mazurie revient dans l’hilarante et décapante collection Pataquès. Mazurie décrit les jeunes et les vieux. Et ce ne sont paas forcément ceux qu’on croît qui mettent le plus souvent les pieds dans le plat. Cette pauvre Dolores, dans des runnings gags, en fait les frais le rouge aux joues. Tout ça parce qu’un type veut juste lui mettre un p’tit coup de bite. Pas de quoi être choqué quand même. L’humour de Mazurie peut être gras, parfois, mais il n’est jamais noir, il reste rose.

 

 

 

 

© Mazurie - Delcourt

 

 

                Une autre des victimes de Mazurie est ce petit et adipeux chef de service lubrique qui ne pense qu’à conclure avec les secrétaires de la société dans laquelle il travail. Ce qu’il oublie, c’est qu’outre des charmes physiques certains, elles possèdent des arguments...percutants.

 

 

 

 

© Mazurie - Delcourt

 

 

                Les gags de Torrents d’amour forment une farce moderne que n’auraient pas renié Molière ou Marivaux. Mais les jeux de l’amour ne sont plus ceux du hasard. Et si l’on peut tirer une leçon de ces histoires d’hu-a-mour, c’est qu’il est certainement plus important d’écouter l’autre que de rester autocentré.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Torrents d’amour 

 

Genre : Humour d’amour 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Jean-Christophe Mazurie

 

Éditeur : Delcourt

 

Collection : Pataquès

 

Nombre de pages : 80

 

Prix :  15,95 €

 

ISBN : 9782413020004

 



Publié le 06/03/2020.


Source : Bd-best


Une perle de l’âge d’or.  Tif et Tondu—L’ombre sans corps Noir & Blanc

« - Eh bien, mes amis, un jour plus tôt, et vous ne me trouviez pas ici. Je viens de rentrer de vacances.

- Nous, nous y allons ! En Ecosse, exactement… Pour une quinzaine.

- Alors nous avons décidé de faire un patit crochet par Londres pour saluer notre vieil ami l’Inspecteur Ficshusset de Sctoland Yard.

DRIIING

- Ça me fait plaisir !... Vous permettez ?... Allô?... Allô?... Allô?...

- Grumph !

- Une blague probablement. J’entendais respirer, puis quelques grognements… Et on a raccroché... »

 

 

 

 

 

 

                Tif et Tondu font une halte à Londres pour rendre visite à leur ami l’inspecteur Ficshusset. Alors qu’ils prennent un « drink » auprès de l’âtre dans la maison de leur camarade britannique, c’est un bien étrange coup de téléphone que reçoit leur hôte. Contrairement à ce qu’il croît, ce n’est pas un canular. Mais d’où provient ce cri animal ? Pendant ce temps, dans les rues de Londres, une Morris Mini roule sans conducteur. Il semble bien que sa destination soit la maison de Ficshusset.

 

 

 

 

© Will, Tillieux - Niffle

 

 

                En 1969, premier scénario de Tif et Tondu écrit par Maurice Tillieux, L’ombre sans corps marque un tournant dans l’histoire de la série. Exit la fantaisie de Rosy et les affrontements permanents des deux compères avec leur ennemi juré Monsieur Choc. Place au mystère et aux enquêtes policières à la façon du créateur de Gil Jourdan. Le scénariste n’impose cependant pas une scission franche avec le passé des héros. La transition se fait en douceur, les fondamentaux sont là. La patte de Tillieux se remarque particulièrement par les poursuites en voiture et les dialogues savoureux rappelant les facéties verbales de Libellule.

 

 

 

 

© Will, Tillieux - Niffle

 

 

                Au sommet de sa forme, Will dépeint un Londres dans lequel il n’a jamais mis les pieds. Pourtant, les abords de la Tamise et les publicités anglo-saxonnes sur les murs de la ville contribuent à un dépaysement certain. Ses talents de décoristes font de chaque demie-planche, puisque c’est ainsi qu’est présentée cette édition, une pépite de ligne claire.

 

                Hugues Dayez commente l’album avec un professionnalisme pointu et instructif. Les anecdotes fusent dans le contexte de l’époque de la création du récit, que ce soit en rapport avec la BD et le journal Spirou, ou même d’un point de vue culturel plus large, voire historique.

 

 

 

 

© Will, Tillieux - Niffle

 

 

                Ça faisait trop longtemps que cette indispensable collection 50/60 réveillant les classiques de l’âge d’or était en sommeil. Frédéric Niffle la reprend à l’occasion de la sortie du Tif et Tondu de Blutch et Robber. Après La villa du Long-Cri, cette Ombre sans corps est la deuxième aventure du chauve et du barbu qui y est sublimée. Espérons que d’autres auteurs comme Jijé ou l’injustement oublié Maurice Remacle rejoindront cette magnifique anthologie dans laquelle siègent déjà Franquin, Peyo, Roba, Macherot, Rosy et, bien sûr, Tillieux et Will.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Tif et Tondu

 

Tome : L’ombre sans corps

 

Genre : Aventure policière 

 

Scénario : Maurice Tillieux 

 

Dessins : Will 

 

Éditeur : Niffle

 

Collection : 50/60

 

Nombre de pages : 96 

 

Prix : 25 €

 

ISBN : 9782873930769

 



Publié le 05/03/2020.


Source : Bd-best


Attentat terroriste: et après ... 14 juillet.

 

 

Peut-on sauver les gens malgré eux ?

Dans quelle mesure est-il forcément juste de vouloir jouer les justiciers ?

 

 

 

 

 

 



Scénarisée par Martin Quenehen, la nouvelle aventure illustrée par Bastien Vivès nous entraîne au côté d’un jeune homme proche de la trentaine. Gendarme en Isère, il vient de perdre son père. Lors d’un contrôle routier, il fait la connaissance de Vincent, un artiste-peintre ayant quitté la région parisienne pour s’installer avec sa fille Lisa dans le terroir. 

 

 

 

 

 

 

©  Martin Quenehen - Bastien Vivès- Casterman

 

 


Vincent a perdu son épouse, la mère de Lisa, victime d’un attentat terroriste à Paris. Entre Jimmy, notre gendarme et Vincent, se lie une relation de protecteur. Lorsque le second fabrique une bombe et la place de manière à se venger d’individus appartenant à une mouvance responsable de la mort de sa femme, le premier prends énormément de risque afin de la faire disparaître. Lorsque Jimmy va déjouer une tentative d’attentat, il va devenir le héros porté en exemple de tout un peuple. Et pourtant, quelques mois plus tard, sa vie va totalement basculer.

 

 

 

 

 

©  Martin Quenehen - Bastien Vivès- Casterman

 

 

 


Le livre s’attache à suivre le destin de plusieurs personnages fragiles, et même déboussolés suite à des événements tragiques étant survenus dans le cours de leurs vies. Le tout est présenté dans une ambiance morose comme on a l’a connu suite aux différents attentats meurtriers ayant touché l’Europe.

 

 

 

 

 

 

©  Martin Quenehen - Bastien Vivès- Casterman

 


Le récit semble ambigu, mais tient parfaitement la route. Quid de ce désir de vengeance, mais aussi de ce besoin de jouer les protecteurs. Situé entre action, drame psychologique et mystère, le récit donne à réfléchir sans pour autant nous apporter les solutions.

 

 

 

 

 

 

 

Haubruge Alain

 

 

Titre : 14 juillet

 

Genre : Polar

 

Scénario : Martin Quenehen

 

Dessins : Bastien Vivès

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 256

 

Prix : 22,00 €

 

ISBN : 9782203196834



Publié le 05/03/2020.


Source : Bd-best


Une œuvre qui se mérite.  L’incal

« - John Difool, eek… écoute ! Attends ! J’ai quelque chose pour toi !

- Ah ouais !Heu… Et… Mais… Dis donc, comment tu connais mon nom ?

- Prends ça ! J… John Difool !... C’est important.

- Alors, cette chose connaît mon nom… Ça, c’est la meilleure !

- Vite ! Garde-le précieusement !... De cet objet dépend non seulement le sort de cette planète, mais celui de cet univers !

- De cet univers ? Qu’est-ce qu’il y a dans cette foutue boîte ?

- L’inc… l’incal ! Arggh.

- L’incal !? Qu’est-ce que c’est que cet engin, encore ? »

 

 

 

 

 

 

 

                Un alien mourant confie à John Difool, minable détective de classe R, un petite boîte sans rien de particulier, à part une curieuse sensation… Le curieux l’ouvre et met  le doigt dans un engrenage à emmerdements d’une taille réellement cosmique.

 

 

 

 

© Moëbius, Jodorowsky - Les Humanoïdes Associés

 

 

                Quand on a l’Incal a soit, le métabolisme est modifié et la puissance vitale décuplée. On n’est plus tout à fait le même. L’Incal est fait ainsi. Tétraèdre lumineux, il ne parle jamais le premier. Il n’est pas un ordinateur, il est vivant. Il a uni ses lignes de forces avec celles de Difool pour que s’accomplisse la justice. Le détective est bien loin de ces considérations, mais l’entité lui renvoie devant ses questionnements existentiels en lui demandant qui est John Difool et combien sont-ils ?

 

 

 

 

© Moëbius, Jodorowsky - Les Humanoïdes Associés

 

 

                Flanqué de compagnons d’(in)fortune aux tempéraments aussi divers que variés, Difool mène une quête initiatique, à la fois chassé et chasseur, dont l’Incal est le mystérieux objet de toutes les convoitises. Deepo, sorte de mini-ptérodactyle, est son Milou. Un Méta-Baron, à la carrure d’armoire à glaces, cherche à récupérer son fils Solune, détenu par une Reine qui en fait une monnaie d’échange contre la tête de Difool. Un butor à tête de chien, dévoué à sa Reine, agit crocs devant, sûrement mais bêtement. Un Prince insouciant, l’Ophidité Majeure, ne songe qu’à préserver sa beauté. Animah, déesse sublime , détient des clefs qui permettront à tous d’avancer et de comprendre.

 

 

 

 

© Moëbius, Jodorowsky - Les Humanoïdes Associés

 

 

                John Difool est né de la rencontre entre Moebius et Jodorowsky. Après  l’échec du projet Dune sur lequel ils travaillaient ensemble, les deux hommes occupent les pages de Métal Hurlant avec ce personnage, héros de courts récits reliés entre eux et qui formeront la saga de ce qui est aujourd’hui l’Incal. A l’heure des séries-concept qui font florès depuis quelques années (Le triangle secret, Alter Ego, Le décalogue,…), l’Incal fait figure de dinosaure, de source, d’exemple. En effet, Jodo enchaînera par Avant l’Incal avec Janjetov et La caste des Meta-barons, avec Juan Gimenez, faisant de la série un univers tentaculaire, riche et  mystérieux.

 

                L’Incal est une œuvre qui se mérite. Il ne faut pas la lire trop tôt sous peine de n’en desceller qu’un grand n’importe quoi. Chaque personnage a son importance propre dont les agissements induisent des interactions avec lui-même et avec les autres, pouvant bouleverser des destins. En grand ordonnateur, Jodorowski maîtrise son univers ésotérique, spatial et spécial. L’Incal est à la bande dessinée ce que Star Wars est au cinéma : un principe fondateur sur lequel reposent bien de leurs successeurs.

 

 

 

 

© Moëbius, Jodorowsky - Les Humanoïdes Associés

 

 

                Cette intégrale en noir et blanc met en lumière le graphisme de Moëbius, qui, en parallèle à la rigueur et à l’exactitude d’un Jean Giraud, transpire la folie et la modernité.

 

                L’univers de L’Incal est tout sauf manichéen. Son essence est d’une richesse incroyable : aventure, quête de soi, politique-action. Son statut de chef-d’œuvre est loin d’être volé.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : L’Incal—Intégrale Noir & Blanc

 

Genre : Aventure fantastique

 

Scénario : Alexandro Jodorowsky

 

Dessins : Moëbius

 

Éditeur : Les Humanoïdes associés

 

Nombre de pages : 320

 

Prix :  69,99 €

 

ISBN : 9782731666953



Publié le 04/03/2020.


Source : Bd-best


Séance de rattrapage : Une histoire de disparition.  La mystérieuse affaire Agatha Christie

« - Nous allons devoir sonder l’étang inspecteur. Je crains qu’il ne faille en avertir le mari.

- Faut-il vraiment le lui annoncer avant que nous n’ayons les résultats, Monsieur ? A quoi bon faire encore monter l’angoisse d’un cran chez ce pauvre homme.

- Inspecteur, vous faites injure à notre arméee. Un héros de la Royal Air Corps n’est pas précisément une femelette. Je suis sûr que le colonel ne tient pas à être ménagé. En revanche, je ne m’avancerais pas à affirmer qu’il est angoissé.

- Vous croyez que… ?

- Tsss. Tsss… Je ne crois rien du tout. On dirait que vous débutez dans ce métier, Inspectaur.

- J’ai sept ans de maison, Monsieur le Superintendant, je ne suis pas un débutant naïf ! Mais j’ai pour principe en début d’enquête de laisser le bénéfice du doute aux suspects. A tous les suspects !

- Ce qui est tout à votre honneur, mon cher. Allons, allons, vous voilà plus susceptible qu’une jeune demoiselle !

- Tout va bien, Inspecteur, tout va bien… Gardez votre sang-froid. »

 

 

 

 

 

 

 

                La célèbre romancière Agatha Christie a disparu. Devenant l’héroïne du type d’histoires qu’elle écrit, cet événement véridique de sa vie restera son secret. Coup de publicité ou vengeance envers un époux infidèle ? La reine du mystère organise la mise en abime de sa vie et de sa carrière.

 

 

 

 

© Jacqmin, Van Den Heuvel - Vents d’Ouest

 

 

                Trois actes rythment l’album : sa vie depuis l’enfance jusqu’à ses problèmes conjugaux, sa rencontre avec un autre homme et sa passion pour l’archéologie, puis une fin de vie sereine avec un regard nostalgique sur le passé.

 

                Chantal Van Den Heuvel ouvre chacun des chapitres par une citation. Finement choisies, elles résument à elles seules les différentes parties de l’histoire.

                « L’enfance, cette époque divine où l’on peut entrer dans la peau d’un personnage imaginaire, être son propre héros, danser et rêver en même temps. » Citation de Chesterton issue des Aventures formidables du Major Brown.

                « Nous étions ensemble pleins d’amour, à cause de l’élan des espaces ouverts, du goût des grands vents, du soleil et des espoirs dans lesquels nous travaillions. » Citation de Lawrence d’Arabie issue des Sept piliers de la sagesse.

                « Mais lointaine vous étiez, orgueilleuse et désabusée, lointaine aussi vous fûtes jusqu’au jour de votre mort. Echappant à toute compromission, à tout le monde et au monde. » Citation de François Rivière, issue d’Agatha Christie, duchesse de la mort. Cette conclusion ouverte par le plus grand spécialiste de la romancière, également scénariste de bandes dessinées (Albany, entre autres), fait figure d’hommage dans l’hommage.

 

                Intégrer le personnage d’Hercule Poirot à l’enquête sur la disparition de son autrice sème une confusion judicieuse entre fiction et réalité. Un petit coup de génie qui ajoute au mystère. On peut juste regretter que les trois parties du récit soient de longueurs disproportionnées, donnant un ensemble bancal.

 

 

 

 

© Jacqmin, Van Den Heuvel - Vents d’Ouest

 

 

                Nina Jacqmin dessine cette vie avec une délicatesse féminine mêlant le mystère christien à une ambiance à la Lewis Caroll. So British. Sa mise en couleurs légèrement brumeuse s’intègre dans l’époque et les lieux du récit, que ce soit dans les salons londoniens ou dans les fouilles du désert.

 

 

 

 

© Jacqmin, Van Den Heuvel - Vents d’Ouest

 

 

                Les autrices sont remontées à l’enfance d’Agatha Christie pour proposer leur version de sa mystérieuse disparition. Même si le déroulé de l’intrigue manque parfois un peu de solidité, elles le font avec une classe et un vif intérêt qui raviront les amateurs de la papesse du crime.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : La mystérieuse affaire Agatha Christie 

 

Genre : Biographie aventureuse 

 

Scénario : Chantal Van Den Heuvel 

 

Dessins & Couleurs : Nina Jacqmin 

 

Éditeur : Vents d’Ouest

 

Nombre de pages : 72

 

Prix :  15,50 €

 

ISBN : 9782749308968

 



Publié le 03/03/2020.


Source : Bd-best


Et si c’était vrai ?  Ma retraite

 « - Vous n’auriez pas dû vous laisser pousser la moustache monsieur, vous savez que c’est dangereux.

- Fichez-moi la paix, Frau Gorshkow ! Qui s’en soucie ? Je suis un mort-vivant ! Je n’existe même plus. Je ne suis plus qu’une fichue ombre. J’ai besoin d’être de nouveau « moi »… ou ce qu’il en reste. A ce rythme-là, le jour où je reviendrai, personne ne croira qui je suis !

- Je sais que c’est très difficile pour vous monsieur, mais le Docteur Hemprich dit que vous allez déjà beaucoup mieux. Faites un petit effort !

- Que pouvez-vous savoir de mon malheur, Frau Gorshkow ? J’ai eu le monde à mes pieds ! Il faut perdre un monde entier pour pouvoir comprendre ce que je ressens ! Je parlais, et tous étaient pendus à mes lèvres. Je faisais ce que je voulais et personne n’osait le contester.  Mes chers compatriotes, hommes et femmes allemands !Nous vaincrons les ennemis de l’Allemagne ! Longue vie au national-socialisme et au Labensstand ! »

 

 

 

 

 

 

 

                1945. Le IIIème Reich a été vaincu par les forces alliées. Mais contrairement à ce que l’on a voulu nous faire croire, Adolf Hitler, le führer, n’est pas mort au Nid d’Aigle. Il a fait passer un cadavre pour le sien et s’est expatrié en Amérique du Sud, avec quelques généraux fidèles, dans l’espoir de revenir un jour au pouvoir. Mais pour cet homme diminué et usé par la haine qu’il porte en lui et les exactions qu’il a fait commettre, c’est une lente descente vers la déchéance qui l’attend.

 

 

 

 

© Martinez - Bang

 

 

                Abraham Martinez revisite les événements post-Seconde Guerre Mondiale, comme la proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, à travers le prisme de son principal instigateur. Mais plutôt que d’en faire un éternel méchant, il fait d’Hitler un être qui devient une loque humaine, un chasseur qui devient gibier, mais pas de ces gibiers qui se battent avec panache, plutôt de ces cibles semblables aux faisans apprivoisés qui une fois dans la nature sont perdus devant le fusil de leur bureau, ne sachant fuir car on ne le leur a jamais appris. Sans en faire un livre drôle, Martinez n’hésite pas à insérer des notes d’humour, légères mais cinglantes, comme ce premier faux passeport sur lequel la profession de l’homme en fuite est boucher.

 

 

 

 

© Martinez - Bang

 

 

                Dans une colorisation volontairement triste et sombre, avec un trait froid, des décors rigides et des visages ridés, Martinez pose sur ses personnages le poids de leurs drames. Que ce soit sur Hitler avec sa figure sans moustache dont les traits semblent abriter les millions de morts qu’il a sur la conscience, ou bien sur sa sœur Paula Wolf dont la seule honte est d’avoir eu le frère qu’elle a, les années de guerre pèsent plus lourd que tout ce que l’on pourrait imaginer.

 

 

 

 

© Martinez - Bang

 

 

                Ma retraite est le livre qu’aurait pu écrire Hitler après Mein Kampf. C’est Martinez qui en imagine le contenu, faisant de son album un livre d’Histoire pas si imaginaire que ça.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Ma retraite 

 

Genre : Uchronie 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Abraham Martinez 

 

Traduction : Léa Jaillard 

 

Éditeur : Bang ediciones

 

Nombre de pages : 116

 

Prix :  20 €

 

ISBN : 9788417178864

 



Publié le 02/03/2020.


Source : Bd-best


Les combats de coqs ne se font pas que dans les tripots clandestins.  La Cagoule, un fascisme à la française 2 - La patience de l’araignée

 

 

« - C’est parfait. Les banlieues rouges sont en ébullition. Depuis une semaine, c’est l’appel à la mobilisation générale chez les communards de tout poil pour casser du patriote. D’après nos renseignements, la police est sur les dents. Autant vous dire que la situation sera explosive. Tant mieux ! Parce que nous allons tout faire pour qu’elle dégénère ! Sans même s’en rendre compte, ce vieil aristo de De La Rocque nous rend un immense service ! Vous n’êtes qu’une poignée mais ce sera suffisant pour allumer la mêche. C’est une occasion unique… Il est temps de frapper fort ! »

 

 

 

 

 

 

 

                1937. En semant la pagaille dans une manifestation du Parti Socialiste, la Cagoule provoque une émeute dans laquelle les forces de police sortent les armes provoquant des morts et des blessés. L’organisation anarchiste se positionne comme un dangereux et sournois réseau terroriste de la IIIème République. Pour le commissaire Mondanel et le Ministre Max Dormoy, l’objectif est commun : faire tomber la Cagoule. Mais les priorités des policiers ne sont pas toujours celles des politiciens.

 

 

 

 

© Damour, Brugeas, Herzet, Scarlet - Glénat

 

 

 

                Emmanuel Herzet et Vincent Brugeas présentent un groupe radical qui absorbe les pires sympathisants d’extrême-droite. Contrairement à leurs homologues européens dirigés par un Hitler ou un Mussolini, la Cagoule n’a que le but basique d’éviter l’invasion rouge. Politiquement incompétents, ils n’auraient pas été capables de diriger le pays s’ils avaient accédé au pouvoir. Cela rappelle étrangement une conversation durant laquelle, entre les deux tours des élections présidentielles de 2002, Jean-Marie Le Pen avait secrètement répondu à la question « Que ferez-vous si vous êtes élu ? » : « Dieu m’en garde. », signifiant  que le Front National n’était absolument pas prêt à prendre le pouvoir.

 

 

 

 

© Damour, Brugeas, Herzet, Scarlet - Glénat

 

 

 

                Les scénaristes jouent avec les personnages réels et imaginaires. Ils ne prétendent pas avoir fait un travail journalistique, mais ont écrit une œuvre de fiction dépeignant une époque dans la plus grande fidélité de son ambiance. Avec eux, l’Histoire se lit comme un roman, avec des personnages que l’on aime détester, d’autres à qui l’on s’attache mais dont on n’aurait pas dû.

 

 

 

 

© Damour, Brugeas, Herzet, Scarlet - Glénat

 

 

 

                Damour, aidé par les couleurs tendance sépia de Scarlett Smulkowski, immerge le lecteur dans une époque révolue mais dont il faudrait se méfier qu’elle ne revienne à grands pas.

 

                Les combats de coqs ne se font pas que dans les tripots clandestins. Police, politique et anarchisme sont les trois sommets d’un triangle explosif.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : La cagoule, un fascisme à la française

 

Tome : 2 - La patience de l’araignée

 

Genre : Aventure historique 

 

Scénario : Brugeas et Herzet 

 

Dessins : Damour 

 

Couleurs : Scarlet 

 

Éditeur : Glénat

 

Collection : 24x32

 

Nombre de pages : 64 

 

Prix : 14,95 €

 

ISBN : 9782344028841

 



Publié le 02/03/2020.


Source : Bd-best


Spirou 4273 -  4 mars 2020

 

 

 

 

Bessie Coleman est Black Squaw

 

 

 

 

 

 

            Vous regrettiez Dent d’ours ? Vous adorerez Black Squaw. Yann et Henriet ne nous laissent pas en reste et lancent une nouvelle série qui racontent les exploits de Bessie Coleman, première femme noire au monde à avoir obtenu sa licence de pilote, dans les années 1920. A l’époque, être noire, croisée avec du sang indien et vivre au Texas, patrie du Ku-Klux-Klan, il fallait avoir les reins bien accrochés. Elle a réussi à se construire un incroyable destin. Elle obtint son brevet de pilote en France avant de regagner les Etats-Unis où elle organisa des shows aériens et donna des cours de pilotage.

 

            Dans la collection Objectif Terre, Tristan Roulot et Brice Cossu signent un court récit su-bli-me ! Cossu, ce n’est pas que Frnck, c’est un grand auteur en plein développement.

 

            Les abonnés pourront décorer leur chambre, ou pourquoi pas leur salon, avec un nostalgique poster du Petit Spirou offrant une grande pensée à l’inoubliable Philippe Tome.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

 

© Janry - Dupuis

 

 

Histoires à suivre :

 

Black Squaw : Nighthawk

Seuls : Les révoltés de Néosalem

Sœurs Grémillet (Les) : Le rêve de Sarah

Spirou chez les Soviets

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Devenir vieux

Objectif Terre : Le planeur (Cossu & Roulot)

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Cramés !

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Millborough (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Passe-moi l’ciel

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

 

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Cunha

En direct du futur : Gilles & Yannick, pour Bancs publics

Hommage à Claire Brétécher

Interview : Yann & Henriet

Jeux : Contrebande des airs (Garouste)

Spirou et moi : Léa Mazé

 

 

Supplément abonnés :

Poster : Le Petit Spirou

 

 

En kiosques et librairies le 4 mars 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 01/03/2020.


Source : Bd-best


La nouvelle claque Urasawa.  Asadora ! 1

 

« - Satsuki ! Où vas-tu comme ça, toute excitée ?! Un typhon approche, rentre vite chez toi !

- J’ai un plus gros souci pour le moment !! Maman va accoucher !!!

- Quoi ? Encore ?! Ça fait combien ?!

- Et puis… Moi, c’est pas « Satsuki »… C’est Asa !! »

 

 

 

 

 

 

 

                1959, soixante-et-un ans avant qu’un monstre ne détruise Tokyo pendant les Jeux Olympiques de 2020, une petite fille court sur le port de Nagoya. Un typhon se lève. La maman d’Asa, la petite fille qui court, est sur le point d’accoucher. Elle va chez le médecin pour qu’il se rende auprès de sa mère. Celui-ci file sur son vélo pendant que la petite fille rentre à pied chez elle. Le typhon commence à se déchaîner. Alors que certains se barricadent dans leurs frêles habitations de bois, d’autres profitent des événements. Et quand Asa se fait enlever par un voleur qu’elle surprend, tout ne va pas se passer comme prévu...pour le malfaiteur qu’Asa va, en quelques sortes, psychanalyser.

 

 

 

 

ASA DORA! ©2019 Naoki URASAWA/N WOOD STUDIO

 

 

                Comment fait donc Naoki Urasawa pour enchaîner les séries exceptionnelles ? Après Master Keaton, le sublime Monster (peut être le meilleur manga de tous les temps), 20th Century Boys, Pluto ou encore Billy Bat pour ne parler que des plus célèbres, préparez-vous à une nouvelle claque avec Asadora !

 

 

 

 

 

ASA DORA! ©2019 Naoki URASAWA/N WOOD STUDIO

 

 

                Asadora est le surnom d’un soap-opera japonais, NHK : Renzoku Terebi Shôsetsu, diffusé depuis 1961 mettant en scène, dans diverses séries, une héroïne qui doit se battre pour accomplir ses rêves. Urasawa s’empare de ce concept pour créer sa nouvelle saga. Il mûrit son projet depuis sept ans. Dès le départ, il prend les lecteurs à contre-pied en les embarquant plusieurs années avant les premiers événements chocs qu’il élude. Ensuite, il distord ce que l’on serait en droit d’attendre des personnages pour montrer des personnalités originales, fortes et ayant matière à être exploitées dans des situations particulières. Asa n’est ni affolée par la tempête qui se lève, ni par son ravisseur. En Forrest Gump nippone, elle fonce vers son destin et celui des autres. Altruiste, elle est plus mûre que quantités d’adultes qui l’entourent.

 

 

 

 

ASA DORA! ©2019 Naoki URASAWA/N WOOD STUDIO

 

 

                Graphiquement, on aurait peut-être aimé plus d’envolées de la part d’Urasawa. Mais le mangaka, avec des dialogues savoureux et un suspens crescendo, prouve en quelques chapitres qu’il n’a nullement besoin de ça pour happer le lecteur.

 

                Dans un final cliffhanger, Urasawa recolle la fin de l’épisode avec le début, faisant attendre la suite avec impatience.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Asadora !

 

Tome : 1

 

Genre : Aventure Seinen 

 

Scénario & Dessins : Naoki Urasawa 

 

Éditeur : Kana

 

Collection : Big Kana

 

Nombre de pages : 200 

 

Prix : 7,45 €

 

ISBN : 9782505085249

 



Publié le 01/03/2020.


Source : Bd-best


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