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Coup de cœur : Millenium
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Coup de cœur : Millenium

Mis à l'écart du magazine Millenium, Mikael Blomkvist est engagé pour reprendre l'enquête sur l'héritière Vanger disparue 44 ans plus tôt. Le journaliste accepte contre la promesse d'informations sur les cartels suédois. Son chemin croise alors celui de Lisbeth Salander. Pirate informatique surdouée, experte en close-combat et totalement asociale, Lisbeth applique aux « hommes qui n'aiment pas les femmes » sa propre notion de la justice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Difficile d’évoquer ce premier tome de l’adaptation BD de la trilogie best seller de Stieg Larsson quand on a, justement, apprécié ces romans. Alors, aborder ça avec curiosité, ou, plus facilement, quelque part, attendre les auteurs au tournant ? C’est la première solution que j’ai choisi, en me demandant, dès le départ, comment Homs et Runberg allaient pouvoir tirer l’essentiel du très épais « les hommes qui n’aimaient pas les femmes » pour le faire rentrer dans deux albums de BD, de 64 pages, soit, mais quand même… Et ils y sont parvenus, justement, en allant chercher les faits marquants du bouquin. Certes, les amateurs de polars nordiques n’y retrouveront sans doute pas l’atmosphère lourde et froide qu’ils affectionnent particulièrement, mais Sylvain Runberg reconstruit le scénario du roman en l’articulant sur tous les faits marquants. Et ce qui n’apparaît pas dans le texte est illustré, et de quelle manière, par le dessin de José Homs. Ainsi, bien des longues descriptions peuvent se résumer à une case, ou au visage d’un des nombreux personnages. Mieux, le scénariste met en avant certains éléments (ce qui n’est pas forcément le cas dans le roman, ce premier bouquin pouvant vraiment être lu indépendamment des deux autres) qui constitueront des ponts vers « la fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette ». Et même en construisant l’album de cette manière, on a l’impression que Runberg prend son temps pour exposer toute l’intrigue. Ainsi, à l’issue de ces 64 premières pages, Lisbeth Salander et Michael Blomkvist ne se sont pas encore directement rencontrés, et lui, le journaliste, dispose seulement d’un premier indice solide, partant pourtant d’une intuition. J’avais adoré le dessin de José Homs pour l’Angélus paru sous le label de la collection Secrets. Ici, il choisit un rendu moins « peinture » et la virtuosité de son trait éclate véritablement. Ainsi, le dessinateur ibérique accentue l’expressivité des personnages et aide à (essayer de) situer leur personnalité. On aimera ou pas le résultat, mais force est de constater que cette double démarche, scénaristique et graphique, atteint son but. Il n’y a pas que les 75 ans de Spirou chez Dupuis en 2013… L’annonce de cette audacieuse adaptation constituait, en soi, un petit événement, ce premier tome (chaque roman sera adapté en deux albums) en est un, tout court ! Nul doute cependant que le lecteur lambda se retrouvera face aux mêmes écueils qu’avec le roman. Le tout sera de « rentrer » dedans, de s’y retrouver parmi les multiples personnages d’une intrigue complexe, mais après y avoir goûté…

Après les romans, les films et la série télé, l’éditeur promettait un « Millenium comme vous ne l’avez jamais lu », promesse tenue, et c’est une incontestable réussite qui conduit déjà à attendre le tome 2 de la BD avec impatience et à plaindre le dessinateur du second cycle (chacun des trois cycles étant confié à un dessinateur différent) s’il veut s’attacher à atteindre le même niveau que Homs. Le mythe Millenium compte un jalon de plus, et il est époustouflant !

 

Pierre Burssens

 

Millenium T.1, Runberg et Homs d’après la trilogie de Stieg Larsson, Dupuis, 14,50 €



Publié le 09/04/2013.


Source : Graphivore

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