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Coup de coeur : Libre de choisir
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Coup de coeur : Libre de choisir

Libre de choisir commence comme une chronique familiale et provinciale des années 50. L’histoire gravite autour de deux amies, Anna et Isa, de leurs copains d’école, de leurs familles respectives, et retrace les principales étapes de leurs années d’enfance et d’adolescence. Il flotte un parfum de bonheur simple et très moral – car la morale, dans ces années et ces milieux en pleine ascension sociale, est une chose qui compte. En 1971, Anna a quinze ans. Elle sort avec Julien, un étudiant un peu plus âgé qu’elle qui l’initie à la musique et à l’esprit communautaire du moment. Elle en est amoureuse, mais leur relation n’excède pas les limites du flirt adolescent. Mais un soir, au retour d’un concert, Julien la viole. Et Anna est enceinte. Terriblement traumatisée, la jeune fille veut se débarrasser du foetus. C’est le début du chemin de croix d’Anna. Elle va découvrir que dans cette France de la fin des années 60 et début des années 70, avorter n’est pas seulement illégal : aux yeux de presque toute la société, c’est un crime odieux…


Pour débuter, je vous conseille vivement de lire la préface signée par Gisèle Halimi. Voici un livre dont on ne sort pas sans indemne, entraînant le lecteur à la réflexion. Un livre qui devrait être intégré dans le programme scolaire avec possibilités données aux adolescents de s’exprimer sur le sujet délicat abordé (Interruption Volontaire de Grossesse). Scénariste et dessinateur choisissent de plonger le lecteur dans la France du début des années 70. Le scénario reflète parfaitement bien la réaction populaire de l’époque vis-à-vis de ce sujet (tabou). Le tout est remarquablement illustré par Wachs  qui nous transporte dans le personnage d’Anna.  Sans prendre position, nos deux complices arrivent à nous livrer un chef d’œuvre accessible à tous ! La note maximale et même plus pour ce livre qui ne laissera personnes sans avis. A noter que l’IVG est toujours moralement interdite par les principaux courants religieux.

 

 

 

En France, il y a annuellement environ 200 000 interruptions volontaires de grossesse (227 054 en 2007). L'avortement clandestin est resté un phénomène significatif jusqu'en 1995, date où il a commencé à régresser. Par contre, malgré la diffusion massive de la contraception médicale (pilule et stérilet), le recours à l’IVG est resté étonnamment stable depuis 1975. Cette stabilité globale masque cependant une hausse des taux chez les jeunes femmes de moins de 25 ans.

En Belgique, la loi dite « Lallemand-Michielsen » proposant la dépénalisation conditionnelle de l'avortement est adoptée le 3 avril 1990. Le roi Baudouin, inspiré par ses convictions religieuses, refuse de la signer. Pour éviter une authentique crise de régime et à la demande même du Souverain, le Parlement étudie différentes pistes en la matière. Sur base d'une interprétation de l'article 82 de la Constitution, le conseil des ministres du gouvernement Martens constate alors que le roi est « dans l'impossibilité de régner » ce qui permet de sanctionner la loi avant que les chambres réunies du parlement ne rétablissent le roi dans ses fonctions le 5 avril 1990. Le Roi venait de créer un dangereux précédent en faisant passer son objection de conscience personnelle avant son devoir constitutionnel de signer des textes de loi votés démocratiquement par les deux Chambres et voulus par une large majorité du pays. Une fois la loi sanctionnée, la Chambre et le Sénat réunis approuvèrent la proposition pour mettre fin à l'incapacité de régner du Roi, par 245 oui et 93 abstentions.

Petit rappel: L'article 317 du Code pénal français de 1810 déclare que l'avortement est un crime passible de la Cour d'assises. En 1923, il en fait un délit, afin de mieux le poursuivre. En 1942, la loi considère l'avortement comme un crime contre l'État passible de la peine de mort. ( Marie-Louise Giraud et Désiré Pioge sont guillotinés en 1943 pour avoir pratiqué des avortements). Le 29 décembre 1967, la loi Neuwirth autorisant la vente des produits contraceptifs est votée. Jusqu'à 21 ans (la majorité légale à l'époque), une autorisation parentale est nécessaire pour la délivrance de la pilule. Cette loi ne sera appliquée qu'à partir de 1972  à cause de nombreux freinages de l'administration. Publication dans Le Nouvel Observateur du 5 avril 1971 du « Manifeste des 343 salopes » dans lequel 343 femmes (des personnalités du spectacle, de la littérature et de la politique) déclarent avoir avorté. Aucune poursuite n'est engagée par le gouvernement Messmer. En juillet 1971, création de l'association Choisir, par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir dans le but de défendre les personnes accusées d'avortement. Le 28 juin 1974, l'Assemblée nationale vote le projet de Simone Veil, ministre de la Santé, qui libéralise totalement la contraception. La Sécurité sociale rembourse la pilule. Les mineures ont droit à l'anonymat. Fin novembre 1974, des débats houleux ont lieu à l'Assemblée nationale sur le projet de dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse présenté par Simone Veil. En janvier 1975, la loi Veil est mise en place pour une période de cinq ans et sera reconduite définitivement en novembre 1979. A partir de mars 2001, les infirmières scolaires sont autorisées à délivrer la pilule du lendemain (Norlevo). La loi Aubry de juillet 2001 dépénalise l'avortement, porte à 12 semaines le délai légal de l'IVG et supprime l'autorisation parentale pour les mineures. En décembre 2003 le gouvernement Raffarin repousse la proposition du député Jean-Paul Garraud (UMP) instituant un délit d'interruption involontaire de grossesse.



Publié le 26/10/2011.


Source : Graphivore

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