"Coppelia" Quand une machine apprend à ressentir, c'est l'humanité qui vacille
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Dans un futur lointain, au sein d’une colonie spatiale isolée, Coppelia est un robot expérimental créé par le scientifique Coppelius.

 

" Qui je suis ? Un robot ... plus exactement une gynoïde. Je ne sais depuis combien de temps je suis là ... On m'a dit d'attendre et j'attends ... Mais attendre quoi ? Je ne sais pourquoi je suis ici ... Je suis là, c'est tout ..."

 

Conçue à l’origine pour remplir une fonction précise, elle développe pourtant une conscience propre dès son activation. Capable de ressentir des émotions, des désirs et des questionnements, elle s’affranchit progressivement de sa programmation et entreprend un voyage à travers l’espace à la recherche de son créateur, mais aussi de sa propre identité.

 

 

 

 

Au fil de ses rencontres avec des humains, des mutants et diverses espèces extraterrestres, Coppelia découvre un univers complexe où les frontières entre l’artificiel et le vivant, entre la création et le créateur, deviennent de plus en plus floues.

 

" - Tu aurais dû être produite en masse ... mais tandis que tu prenais forme ... Coppelius t'a modifiée pour que tu sauves l'humanité ... Coppelia, créatrice d'humains ..."

 

Cette quête initiatique l’amène à s’interroger sur sa nature profonde et sur ce qui définit véritablement l’humanité.  

 

 

© Livio Labuz - Tabou BD 2026

 

Sous ses apparences de récit de science-fiction pour adultes, Coppelia aborde plusieurs thématiques classiques du genre. La plus évidente est celle de la création qui échappe à son créateur. À l’image de nombreuses œuvres de science-fiction, l'album questionne les limites de la science et les conséquences imprévues de l’émergence d’une conscience artificielle.

 

Le principal intérêt du scénario réside dans le parcours identitaire de son héroïne. Coppelia cherche à comprendre qui elle est, pourquoi elle a été créée et quelle place elle peut occuper dans un monde qui la considère avant tout comme un objet. Les questions autour du libre arbitre, de la conscience et de l'humanité sont donc au cœur du récit.

 

 

© Livio Labuz - Tabou BD 2026

 

Cependant, l’album ne convainc pas toujours sur le plan narratif. L’intrigue reste relativement simple et que certains éléments de l’univers auraient mérité un développement plus approfondi.

Les motivations des personnages secondaires, les relations entre Coppelia et Coppelius ou encore certains aspects du contexte politique et social demeurent parfois superficiels.

Le récit privilégie davantage l’atmosphère et l’exploration de son héroïne que la construction d’un scénario riche et complexe.

 

Malgré ces limites, l’album parvient à proposer une aventure originale et dépaysante, qui évoque par moments l’imaginaire de la science-fiction populaire des années 1970 et 1980. On y retrouve un goût prononcé pour l’exotisme spatial, les créatures étranges et les mondes mystérieux.

 

 

© Livio Labuz - Tabou BD 2026

 

C’est incontestablement sur le plan visuel que Coppelia impressionne le plus. Livio Labuz livre un travail remarquable en noir et blanc, avec un encrage précis et des contrastes très marqués qui donnent une forte personnalité à l’ensemble.

 

Son style évoque plusieurs grands noms de la bande dessinée italienne, notamment Magnus ou Baldazzini. Le trait est épais, élégant et extrêmement lisible. Les personnages bénéficient d’un soin particulier, tandis que les jeux d’ombres et de lumière renforcent l’atmosphère rétro-futuriste de l’album.

 

Le choix du noir et blanc légèrement ombré n’a rien d’anodin. Il permet à l’auteur d’aller à l’essentiel et accentue le côté intemporel du récit. Cette esthétique rend hommage aux pulps et aux bandes dessinées de genre des années 1970-1980 tout en conservant une identité moderne. Certaines planches frappent par leur efficacité graphique et leur composition soignée.

 

On pourra toutefois regretter que les décors et les arrière-plans soient parfois moins développés que les personnages, ce qui donne parfois une impression de dépouillement. Mais cette approche contribue aussi à centrer l’attention sur le parcours de Coppelia et sur la dimension symbolique de son voyage.

 

 

© Livio Labuz - Tabou BD 2026

 

Coppelia est une bande dessinée de science-fiction qui séduit avant tout par son esthétique élégante et son superbe noir et blanc ombré. Si son scénario reste relativement simple et parfois superficiel dans le développement de ses idées, il propose néanmoins une réflexion intéressante sur l’identité, la conscience artificielle et la relation entre créateur et création.

 

Un album dont la principale force réside dans la qualité graphique exceptionnelle de Livio Labuz et dans son hommage assumé à la science-fiction classique.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Coppelia

Scénario & dessin : Livio Labuz

Couleur : Noir & blanc

Éditeur : Tabou BD

Genre : érotique, S.-F. rétro

Public : averti

Parution : 18 juin 2026

Format : 23,5 x 32,3 cm

Page : 48

ISBN : 978 2 35954 249 3

Prix : 17 €



Publié le 02/08/2026.


Source : Bd-best

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