"Le dernier rivage" Il croyait avoir trouvé la paix. Son passé a retrouvé sa trace !
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Julien Chevalier, 50 ans, croyait avoir trouvé, au bord de l'océan, l'équilibre qui lui avait toujours échappé. 

 

" Il se croyait oublié. Ça l'arrangeait. Il se sentait perdu dans un présent qui ne l'intéressait pas, qui ne lui parlait pas."

 

Loin de son existence de gangster bordelais d'autrefois, il partage désormais son quotidien entre son restaurant, "La Passante", du Cap Ferret et la vie sereine qu'il tente de construire avec Valéria.

Pourtant, une nouvelle venue du passé fissure cette tranquillité patiemment acquise. L'ex-inspecteur Baroy lui annonce la mort du fils d'une ancienne connaissance, Alphonse Sebastiani. Avec lui ressurgit d'autres brides de son passé ... Anbach ... Rosemarie Anbach ! Ah Rosemarie ! Son grand Amour ... mort à 27 ans !

 

 

 

" - Alphonse Sebastiani a perdu son fils unique, Jérôme. celui-ci a été tué lors du cambriolage de leur villa près de Lormont. Un vilain fait divers qui a mal tourné. Il semble que Jérôme ait surpris les cambrioleurs. Un coup de feu a éclaté. Le gamin s'est ramassé une balle dans la tête, mort sur le coup.

- Sebastiani ... ça me semble loin, un autre monde.

- Vous étiez associés. Ce qui a failli te coûter très cher, s'il n'y avait pas eu le témoignage de ...

- Rosemarie. Elle ne m'a jamais trahi."

 

Avec ces vieux noms réapparaissent leur cortège de souvenirs, de regrets et de drames inachevés. Dont la tuerie du Garage de l'Orient, 6 victimes ... 6 exécutions plutôt ! Dont le père de Rosemarie, le patron du garage ... Klaus Anbach !

Tandis que resurgissent les ombres de ses anciennes fréquentations et le souvenir toujours douloureux de Rosemarie, Julien se retrouve confronté à ce qu'il cherchait depuis des années à laisser derrière lui.

 

Le retour inattendu de son fils Christian achève de bouleverser ses certitudes et lui rappelle qu'aucune fuite n'est assez longue pour se libérer complètement de son histoire.

Un retour qui ne serait peut-être pas "étranger" à la mort du fils de son vieil associé !

L'embrouille risque de raviver plus que des "souvenirs" ...

 

 

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

Avec "Le Dernier Rivage", Jean Dufaux signe un polar noir à la fois ample et intimiste où les règlements de compte mafieux, les coups de feu comptent parfois moins que les cicatrices qu'ils laissent. L'album met en scène des personnages qui avancent avec leurs regrets, leurs fidélités et leurs deuils, prisonniers d'événements qu'ils pensaient pourtant révolus.

Sous les apparences d'un thriller criminel, cette intrigue s'attache avant tout au destin d'un homme confronté à son histoire. Entre mémoire, regrets et liens de filiation, l'album interroge la difficulté de se réinventer lorsque le passé demeure omniprésent. Car si l'on peut changer de vie, il est souvent beaucoup plus difficile d'échapper à ce que l'on a été.

 

 

Jean Dufaux apparaît ici clairement au sommet de son art de scénariste. Figure majeure de la BD franco-belge depuis plusieurs décennies, il démontre une nouvelle fois son talent pour construire des récits où les destins individuels se heurtent au poids du passé.

 

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

Auteur d'une œuvre foisonnante, il affectionne les personnages tourmentés, les passions tragiques et les mécanismes implacables qui conduisent les êtres à affronter leurs propres démons.

Que ce soit dans ses one-shot comme "Le Chien de Dieu", "Nez-de-Cuir" ou son dernier "La légende de Salomé" ou ses séries-cultes "Barracuda", "Croisade", Complainte des landes perdues", "Double Masque", "Djinn" sans oublier "Jessica Blandy" ... 11 one-shots, plus de 50 séries ... Jean Dufaux nous prouve à chaque parution son immense talent de raconteur et de metteur en scène du 9e Art.

 

Dans "Le Dernier Rivage", son écriture se distingue par une narration particulièrement fluide qui entremêle les époques sans jamais perdre le lecteur. Les révélations arrivent progressivement, au fil des souvenirs qui remontent à la surface. Ce découpage habile permet de maintenir le suspense tout en développant la psychologie des personnages. Dufaux ne se contente pas de raconter une histoire de truands ; il livre avant tout le parcours d'un homme en quête de paix, rattrapé par une existence qu'il croyait révolue.

 

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

L'un des grands mérites du scénario réside également dans la richesse de ses protagonistes. Julien Chevalier apparaît comme une figure complexe, tiraillée entre son désir d'oubli et les responsabilités héritées de son passé. Autour de lui gravitent des personnages qui possèdent chacun leurs motivations, leurs blessures et leur part d'ombre. Cette galerie de figures contribue largement à l'épaisseur du récit.

 

Julien va rapidement comprendre que si on peut fuir sa vie, on ne peut jamais le faire avec son passé car même au bout du monde, les fantômes attendent toujours.

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

Le dessin de Jean-Michel Arroyo constitue l'autre atout principal de l'album. Son trait réaliste sublime l'atmosphère du récit en s'appuyant sur un remarquable travail au lavis qui enveloppe chaque planche d'une ambiance sombre et presque crépusculaire. Les nuances de gris remplacent les couleurs avec une efficacité redoutable, renforçant le caractère noir du récit.

 

Jean-Michel excelle dans la représentation des ambiances. Qu'il s'agisse des paysages du Cap Ferret, des intérieurs chargés de souvenirs ou des scènes plus urbaines liées au passé criminel de Julien, chaque décor possède une véritable présence. Les jeux d'ombre et de lumière traduisent parfaitement la dualité qui habite les personnages et soulignent le climat de tension permanente.

 

Les visages sont particulièrement expressifs et permettent de ressentir les émotions sans qu'il soit nécessaire de les expliciter. Arroyo maîtrise également très bien le rythme visuel des séquences d'action, offrant un découpage dynamique qui renforce l'intensité dramatique. Son lavis apporte enfin une dimension presque intemporelle au récit, comme si les souvenirs et le présent coexistaient constamment dans la même image.

 

Un polar noir élégant et captivant

 

Avec "Le Dernier Rivage", Jean Dufaux retrouve le genre policier avec une remarquable réussite. Porté par une intrigue solide, des personnages profondément humains et un dessin somptueux, l'album s'impose comme un polar sombre où les blessures intimes comptent autant que les règlements de comptes.

 

 

© Dufaux - Arroyo - Anspach 2026

 

On retient particulièrement l'atmosphère lourde et mélancolique qui traverse chaque page, la construction habile entre passé et présent, ainsi que la richesse d'une galerie de personnages composée de criminels, de policiers, de femmes marquantes et d'hommes hantés par leurs erreurs. Une œuvre mature et touchante qui rappelle avec justesse qu'aucun rivage n'est assez lointain pour éloigner définitivement les fantômes du passé.

 

 

Le passé ne meurt jamais. Il change seulement de rivage.

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Le dernier Rivage

Scénario : Jean Dufaux

Dessin & couleurs : Jean-Michel Arroyo

Éditeur : Anspach

Genre : policier, polar

Thèmes : mémoire, amour perdu, filiation, rédemption, poids du passé, héritage, Cap Ferret

Parution : 11 septembre 2026

Format : 32,1 x 24,1 x 1,3 cm

Page : 96

ISBN : 978 2 931105 58 0

Prix : 22 €



Publié le 17/09/2026.


Source : Bd-best

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