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"Parce que le temps n'est assassin que pour ceux qui le redoutent, les jours avaient glissé en vain sur son visage, se désespérant de n'affecter que quelques fractions de peau aux commissures de ses lèvres et sur le contour de ses yeux bleus."
Toute l'élégance tragique de "Printemps à la Charité" mêle l'horreur historique de l'incendie du Bazar de la Charité, le 4 mai 1897 à une narration imprégnée de théâtralité classique. Tragédie qui provoqua la mort de près de 130 personnes venues assister à une projection cinématographique de Georges Méliès et enquête sur la mort accidentelle ou pas d'un homme au Museum d'Histoire naturelle quelques jours plus tard.
Y aurait-il un lien entre ces événements ? Surtout que d'autres morts inexpliquées semblent frapper certains survivants du drame de la Charité.
A ce sujet, une rumeur circulerait ... certains des survivants se seraient aidés de leurs pieds, de leur canne pour écraser femmes et enfants afin de sortir rapidement du brasier !
Et pourquoi toutes ces araignées sur les lieux ? Serait-ce un indice pour mieux comprendre les événements ?

© Pelaez - Chabert - Grand Angle 2026
Apparu dès le premier opus de la série, "Automne en baie de Somme", l'inspecteur Amaury Broyan refait surface pour couler dans le second tome, "Hiver à l'Opéra".
Quoi de plus "normal" dès lors de le retrouver une 3e fois ! Figure centrale de ce récit, il incarne parfaitement l'archétype du héros naturaliste : un homme brisé par la perte de sa fille, hanté par le fantôme de celle-ci, naviguant entre les paradis artificiels de l'opium et la cruauté sociale de la Belle Époque. Son passé tragique en fait le héros qui pourrait élucider cette énigme en espérant une rédemption salvatrice à son propre malheur.
"Il était prêt à sacrifier quelques tristes nuits sans sommeil pour garder le souvenir de ce petit rire éthéré, de ce murmure si doux à l'oreille et tellement bouleversant au cœur. La peur qui le tiraillait était celle de l'oubli qui vient toujours après la peine. La peur d'une mémoire lacunaire qui effacerait le souvenir d'un regard, du parfum d'une chevelure, de la fossette d'une joue."
Une enquête qui le conduira dans des lieux aussi variés que les réserves du Muséum d'Histoire Naturelle, des fumeries d'opium, des bas-fonds parisiens, ...

© Pelaez - Chabert - Grand Angle 2026
Quant aux autres protagonistes, certains sont aussi clairement à la psychologie torturée. Pour n'en citer qu'une, celle de la venimeuse entomologiste Blanche Dambreville qui avoue d'ailleurs elle-même :
"Contrairement à ce qu'affirment les philosophes, la mort n'a rien d'exemplaire ... il faut vivre, et vivre encore, tant qu'on nous en laisse la chance."
Mais que cache-t-elle derrière son envoûtant sourire ? Une veuve blanche ?
Une femme au caractère fort, envoûtante, tissant lentement sa toile afin de prendre au piège ses proies ! Un régal !

© Pelaez - Chabert - Grand Angle 2026
Dans ce Paris 1897 emblématique, Philippe Pelaez applique à son scénario une structure digne d'une tragédie classique. Un prologue et 3 parties, tels 3 actes de théâtre, introduites chacune par un texte de Rimbaud pour "La nuit de l'enfer", de Baudelaire pour "Le poison" et de Victor Hugo pour "La Veuve Blanche".
Poursuivant sur la même vague que les 2 premiers tomes, le scénario intègre dans son fil des personnalités de l'époque. Ici, nous croiserons évidemment le génie Méliès, ou encore le dandy parisien Robert de Montesquiou.

© Pelaez - Chabert - Grand Angle 2026
Côté graphisme, Alexis Chabert est au sommet de son talent. Son trait et sa palette d'aquarelles nous immergent dans cette ambiance, cette atmosphère pesante de mystère arachnéen, de spiritisme latent.
Une sublime et somptueuse plongée dans les lignes sinueuses, les courbes élégantes, les formes organiques de cette époque illumine chaque planche.
Et tout cela commence, une fois de plus, par une couverture empreinte d'une douceur mystérieuse aux teintes vertes ... comme le serait la nature à sa renaissance, au printemps !
Après les somptueux "Automne en Baie de Somme" et "Hiver à l’Opéra", Philippe Pelaez et Alexis Chabert confirment la singularité de leur tétralogie.

© Pelaez - Chabert - Grand Angle 2026
Entre vengeance et culpabilité, un sombre thriller, un one-shot policier, à la fois sensuel, mystique et mystérieux aux traits et teintes Art Nouveau.

© Pelaez - Chabert - Grand Angle 2026
Impatient d'en découvrir le 4e et ultime opus, "Été sous la lune bleue" ... le dernier volet de cette interprétation très addictive des 4 saisons d'Alfons Mucha !

© Les 4 saisons - Alfons Mucha
Thierry Ligot
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Titre : Printemps à la Charité
Scénario : Philippe Pelaez
Dessin et couleurs : Alexis Chabert
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
Genre : policier, mystère
Thème : art, vengeance, rédemption
Public : adulte
Parution : 25/2/2026
Page : 72
Format : 24,3 x 32,1 cm
ISBN : 979 1 0411 0633 2
Prix : 17,9 €
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