Flux RSS
" VRRR VRRR VRRR
- Pas maintenant ... c'est pas possible ! Allô !
- C'est Ox, j'ai un nouveau travail pour toi ! Tu pars demain. Ton vol est déjà réservé.
- Partir ? Mais pour où ? Et pendant combien de temps ?
- Je t'enverrai tes instructions bientôt par une autre voie.
- Qu'est-ce que tu veux que j'invente pour disparaître du jour au lendemain ?
- J'y ai déjà pensé."
Quelques heures plus tard, Ramba débarque à l'aéroport Adolfo-Suárez Madrid-Barajas. Direction la Sierra de Guadarrama et le mystérieux couvent des Sœurs de la Charité du Haut-Val, perdu dans les montagnes espagnoles.
Une nouvelle mission l'attend : vérifier l'état de santé d'une jeune femme dont les parents, de riches industriels italiens, sont sans nouvelles.
" S'assurer de la bonne santé d'une jeune femme ... parents inquiets ... un couvent isolé. Famille riche ... fille dévolue à Dieu ... Mmmmm"
Sur le papier, l'affaire semble relativement banale. Un établissement religieux isolé, une héritière partie consacrer sa vie à Dieu et des proches inquiets. Pourtant, dès les premiers instants, quelque chose sonne faux.
" - Le Saint couvent de Las Hermanas de la Caridad del Alto Valle ! Il est aussi sinistre que la renommée qui l'accompagne ..."
Et ce n'est encore rien par rapport à ce qui s'y déroule réellement derrière ces murs épais et sombres. Le monastère apparaît comme une forteresse austère dressée au milieu d'un paysage sauvage. Son atmosphère pesante et sa réputation inquiétante intriguent immédiatement la mercenaire. Mais ce qui se déroule réellement derrière ses murs dépasse largement les soupçons initiaux.
À la tête de l'institution règne l'énigmatique Torque Madré, abbesse aussi autoritaire que charismatique, qui applique une conception très personnelle du second vœu monastique : la chasteté.

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026
Dans ce décor oppressant, Ramba se retrouve confrontée à un univers clos où la dévotion affichée masque des pratiques bien plus troubles. La mission de sauvetage devient rapidement une plongée dans un environnement où se mêlent manipulation, domination et perversion. Fidèle à elle-même, l'héroïne devra une nouvelle fois s'impliquer corps et âme, quitte à payer de sa personne pour atteindre son objectif.
Une héroïne culte de la bande dessinée érotique italienne
Série emblématique de la BD érotique italienne, créée à la fin des années 1980 sous le titre "Ramba la Mercenaria", Ramba appartient à cette génération de personnages issus de l'âge d'or des fumetti pour adultes italiens. Sorte de réponse féminine aux héros d'action bodybuildés popularisés par le cinéma américain, elle combine violence, humour irrévérencieux et sensualité décomplexée.
La série n'a jamais cherché à rivaliser avec les grandes sagas d'aventure sur le terrain de la profondeur psychologique. Son attrait repose ailleurs : une héroïne au caractère volcanique, une liberté de ton totale et une succession d'aventures où l'action et l'érotisme avancent main dans la main. Cette identité forte lui a permis de conserver au fil des décennies un statut particulier parmi les grandes figures de la bande dessinée érotique européenne.

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026
Un récit plus ambitieux que le précédent album
Après "Une heure à tuer", qui proposait une intrigue relativement simple malgré ses qualités visuelles, "Pardonne mes offenses" gagne en ampleur grâce à son cadre gothique particulièrement inspiré. Le choix d'un monastère isolé offre un décor riche en possibilités narratives et visuelles.
Avec ces thèmes familiers mais efficaces, le scénario de Marco Delizia, créateur historique de la série, exploite efficacement l'opposition entre la liberté absolue incarnée par Ramba et l'autorité étouffante exercée par Torque Madré.
Sans chercher la complexité d'un thriller, l'intrigue maintient l'intérêt grâce à un rythme soutenu, des révélations régulières et un antagonisme bien construit.
L'abbesse constitue d'ailleurs l'un des principaux atouts de l'album. Son influence sur les pensionnaires du couvent, son aura inquiétante et son ambiguïté morale en font une adversaire bien plus mémorable que la plupart des ennemis croisés par Ramba jusque-là.

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026
Entre érotisme transalpin et imagerie gothique
L'un des grands intérêts de cet album réside dans son utilisation d'un imaginaire traditionnel de la littérature érotique européenne : le lieu clos, retiré du monde, où derrière une façade de vertu prospèrent les pulsions les plus inavouables.
Le monastère devient ainsi un espace de fantasmes, mais aussi de domination et de transgression. Cette atmosphère particulière donne une véritable personnalité au récit et lui permet de dépasser le simple enchaînement de scènes provocatrices. L'univers dépeint ici repose sur un contraste permanent entre apparence pieuse et réalité beaucoup plus trouble, créant une tension constante tout au long de la lecture.
Andrea Bulgarelli, l'atout maître de la série
Si le scénario remplit parfaitement son rôle, c'est surtout la prestation graphique d'Andrea Bulgarelli qui impressionne. Né en 1973, ce dessinateur et peintre italien autodidacte a longtemps travaillé dans les domaines du fantastique, de l'horreur et de la bande dessinée pour adultes avant de reprendre le personnage de Ramba.
Son travail se distingue par une précision remarquable et une maîtrise évidente de l'anatomie. Les personnages possèdent une présence physique constante, tandis que les décors bénéficient d'un souci du détail qui enrichit considérablement l'ambiance du récit.
Les scènes d'action gagnent en intensité grâce à une mise en scène énergique et parfaitement lisible. Quant aux séquences sensuelles, elles s'inscrivent pleinement dans la tradition du classicisme érotique italien. Plusieurs compositions évoquent d'ailleurs l'héritage de John Buscema, notamment dans le traitement des corps, la dynamique des poses et le sens du mouvement.
Bulgarelli parvient à trouver un équilibre séduisant entre réalisme, exagération et efficacité narrative. Ses planches donnent tout leur relief à un univers qui oscille constamment entre aventure populaire, humour excessif et fantasme assumé.

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026
Une confirmation réussie
Une suite supérieure au premier volume (c'est un avis personnel), avec "Pardonne mes offenses", Ramba poursuit son retour de manière convaincante. Le monastère espagnol et son inquiétante abbesse offrent un terrain de jeu idéal à cette héroïne indomptable, tandis que Marco Delizia affine sa formule narrative en proposant une aventure plus ambitieuse que la précédente.
Surtout, Andrea Bulgarelli confirme album après album qu'il est aujourd'hui l'un des meilleurs interprètes graphiques du personnage. Son dessin élégant, puissant et généreux apporte à cette série patrimoniale une nouvelle jeunesse particulièrement séduisante.

© Delizia - Bulgarelli - Xan - Tabou BD 2026
Un univers pervers caché dans un lieu clos enveloppé par une image pieuse, de dévotion que nul ne mettrait en doute.
Entre classicisme érotique transalpin, ambiance gothique, action musclée et provocations assumées, cette aventure de Ramba s'adresse clairement à un public averti.
Les amateurs du genre y trouveront un divertissement solide, porté par une héroïne toujours aussi excessive et par un dessinateur dont le talent éclate à chaque planche.
Thierry Ligot
______________________________________________________________________________________________________________
Série : Ramba
Tome : 2 - Pardonne mes offenses
Scénario : Marco Delizia
Dessin : Andrea Bulgarelli
Couleurs : Niina Xan
Traduction : Master Tabou
Éditeur : Tabou BD
Public : adulte
Genre : aventure érotique (poussée)
Parution : 19 février 2026
Format : 23,5 x 32,3 cm
Page : 48
ISBN : 978 2 35954 225 7
Prix : 17 €
| © BD-Best v3.6 / 2026 |