"Rei Sen pacifique, t 2" ou la Guerre du pacifique vue d'un cockpit japonais !
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1943, dans le Pacifique, Daisuke Tanaka, pilote de Zéro est désormais considéré comme un as de l'aviation japonaise. Ses victoires impressionnent mais la dureté des combats, les blessures et surtout la perte de nombreux de ses camarades l'ont affaibli et fatigué.

 

Sur le plan militaire, la supériorité des Alliés commence à se faire ressentir. Surpassé désormais en quantité de matériel, en équipement, en troupes, l'Empire du Soleil Levant a du mal à résister à leur avancée.

 

Et pour Daisuke, l'arrivée de nouveaux pilotes ne compense absolument pas les pertes. Ils sont trop jeunes, manque d'expérience et donc ne peuvent lutter à armes égales avec les pilotes alliés.

Malgré tout, grâce à leur courage et leur détermination, les Japonais infligent de lourdes pertes à l'ennemi. Mais au final, ils se voient contraints de reculer, de céder les îles qu'ils avaient conquises.

Après la défaite de Midway, de Guadalcanal, des îles Salomon, ... c'est désormais à Iwo Jima que les combats vont se jouer !

 

 

Victime d’un malaise en mission, Daisuke est déclaré inapte au combat. Néanmoins, l'honneur le poussant, il y retourne et est blessé.

 

"Plus que la douleur, c'est la honte qui m'était le plus insupportable ... honte de ne plus être bon à rien ... d'être aussi faible qu'un nouveau-né ! Je savais que la blessure était grave ! Si je ne pouvais plus piloter, je me jurais de mettre fin à mes jours !"

 

Ses supérieurs le contraignent alors à quitter le front. Rentré au Japon, il devient instructeur et forme de jeunes pilotes inexpérimentés. Formés en peu d'heures  et essentiellement au tir, Daisuke tente de leur inculquer également quelques notions et astuces du combat aérien. Mais sera-ce suffisant pour leur donner une chance de survivre à leur baptême du feu ?

Ces derniers illustrent le manque croissant d’aviateurs qualifiés dans une guerre que le Japon est en train de perdre.

 

 

"Leurs chasseurs Lightning et Wildcat sont aussi plus performants, mais ce n'est pas le problème. Nos Zéro le sont tout autant et même plus !

NON ... Le problème, ce sont nos jeunes pilotes sans expérience ... Nous nous en sommes bien tirés à Lae. Ce n'est pas le cas dans le reste du Pacifique. Nous savons maintenant, malgré la censure sévère de notre commandement, que nous avons perdu 4 de nos plus grands porte-avions et 250 pilotes, rien qu'à la bataille de Midway !"

 

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Avec "Rei Sen Pacifique", Olivier Speltens propose une plongée rare et immersive dans la Seconde Guerre mondiale côté japonais. Une fresque aéronautique spectaculaire, aussi rigoureuse historiquement qu’efficace narrativement.

 

Cependant, le récit ne se limite pas qu'aux combats aériens. Il réside dans son point de vue en s’intéressant également à la vie quotidienne, notamment celle des civils japonais, durement éprouvés par les bombardements américains mais aussi par les abus internes : pression militaire, réquisitions, racket. Cet aspect apporte une profondeur bienvenue et élargit la portée de l’album au-delà du simple récit de guerre.

 

Dès lors, c'est l’un des grands atouts de la série. Chose rare dans le 9e Art, là où la plupart des récits de la guerre du Pacifique adoptent une vision occidentale, "Rei Sen Pacifique" choisit de se placer du côté des vaincus. Ce renversement permet de mieux comprendre l’état d’esprit des pilotes japonais, leur loyauté totale envers l’Empereur, mais aussi les mécanismes culturels et idéologiques qui ont conduit à des stratégies jusqu’au-boutistes ... les fameux kamikazes en étant l'exemple parfait.

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Dans ce deuxième tome, le lecteur retrouve Daisuke, pilote japonais fictif mais construit à partir de témoignages authentiques. À travers lui, Speltens donne corps à toute une génération de combattants façonnée par une culture du devoir absolu et du sacrifice. Si le personnage est recomposé, les faits, eux, reposent sur une documentation solide, ce qui ancre le récit dans une réalité historique crédible et convaincante.

 

 

"Nous étions comme des chiens dressés au combat. Notre éducation depuis l'enfance nous inculquait l'obéissance, l'honneur et le respect de la patrie.

Par la suite, notre entraînement militaire a renforcé notre combativité ! De nombreux soldats trop blessés pour pouvoir accomplir leur devoir, se donnaient la mort plutôt que de vivre dans le déshonneur.

Nous ne vivions que pour nous battre !"

 

Cette approche inversée du conflit, Olivier l'avait déjà appliquée à ses séries précédentes, comme "L'Armée de l'ombre" (4 tomes) et "Afrikakorps" (3 tomes).

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Narrativement, l’ensemble est solide et maîtrisé. Les séquences d’action s’enchaînent efficacement, tout en laissant place à des moments plus introspectifs. Le lecteur s’attache au héros, dont la passion du vol contraste avec la brutalité du conflit. Cette dualité constitue le véritable cœur émotionnel du récit.

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Graphiquement, Olivier Speltens confirme tout son savoir-faire. Son trait hyperréaliste impressionne, notamment dans la représentation des avions et des combats aériens, d’une précision remarquable. Les planches fourmillent de détails, avec un rendu quasi photographique, sans jamais perdre en lisibilité. Les scènes de vol sont particulièrement immersives et donnent parfois le vertige. Par leurs découpages et cadrages virevoltants, le lecteur a clairement l’impression d’être directement dans le cockpit.

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Pour résumer, Olivier Speltens poursuit ainsi notre immersion dans ce second conflit mondial du XXe siècle avec le regard des "perdants".

Partant d'une sérieuse et nombreuse documentation, son dessin hyperréaliste est impressionnant et parfaitement crédible.

 

Mais comme à son habitudes, Olivier ne s'arrête pas aux uniques séquences de combat. Il accorde une place importante à l'humain, aux pensées et sentiments de chacun de ses personnages. Ceux-ci évoluent dans leur mentalité et leurs idées. Une approche qui se veut dès lors également psychologique, mais sans tomber dans la caricature ou les stéréotypes manichéens.

 

Au final, Rei Sen Pacifique T2 s’impose comme une référence du genre. Entre rigueur historique, qualité graphique exceptionnelle et angle narratif original, la série offre une vision nuancée et captivante de la guerre du Pacifique. Une lecture incontournable pour les amateurs d’aviation comme pour les passionnés d’histoire.

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Et pour les plus fans, tout comme pour le tome 1, une version "plus grande" existe également .... Elle insère 4 planches supplémentaires dans le récit et offre un poster A2. Collector assuré car édité en 1800 exemplaires seulement !

 

Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre le final de cette trilogie ... Olivier ? Une date ? Une fourchette d'estimation ?

Entre mars et ami 2027 ?

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

Lien podcast Boulevard BD : ici

Lien Olivier découvre ... : ici

 

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Série : Rei Sen - Pacifique

Scénario - dessin - couleurs : Olivier Speltens

Éditeur : Paquet

Collection : Cockpit

Genre : guerre, aviation

Thèmes : 2e GM, Pacifique, Japon

Public : ado - adulte

Parution : 17/9/2025

 

Version "classique"

Format : 24 x 32,1 x 1 cm

Page : 46

ISBN : 978 2 88932 486 6

Prix : 14,90 €

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Version collector

Format : 28,5 x 37,8 cm

Page : 54

ISBN : 978 2 88932 490 3

Prix : 39 €



Publié le 11/06/2026.


Source : Bd-best

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