« Rien n’est mal qui est selon la nature. » Zaroff
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« Rien n’est mal qui est selon la nature. »                          Zaroff

 

 

«  - J’ai longtemps hésité à m’adresser à vous…. Mais la tournure des événements ne me laisse plus le choix. Comme vous le savez, l’expédition qui a été organisée en accord avec le gouvernement américain sur cette île où j’ai connu l’enfer n’a rien donné. Le château du général a été retrouvé vide. De même que l’île. Certains d’entre vous ont commencé alors à me décrire comme un affabulateur, un menteur qui ne cherchait qu’à attirer l’attention du monde pour mieux se mettre en avant. Mon nom, Sanger Rainsford, a depuis été traîné dans la boue et cela, je ne peux l’accepter, après toutes les souffrances que j’ai endurées ! Encore une fois, je répète que tout ce que j’ai vécu et raconté est la stricte vérité. »

 

 

 

 

 

            En plein cœur de Manhattan, le survivant Sanger Rainsford raconte comment une chasse au jaguar vers le Brésil s’est transformée en cauchemar après le naufrage de son bateau de croisière. L’homme a échoué sur une île habitée par un noble russe et ses sbires ayant fui la révolution de 1917 : le général Zaroff. Le fou est adepte lui-aussi de la chasse, mais de la chasse à l’homme. Devenu gibier, Rainsford a été traqué dans la jungle avant de réussir à fuir. C’est pour cela qu’il peut raconter son aventure aujourd’hui. Mais qu’est devenu Zaroff ? Le général a reconstruit son domaine sur une autre île. Fiona Flanagan a retrouvé sa trace. La jeune femme n’a qu’un but : se venger. Son père a été une des nombreuses proies du sanguinaire militaire. Elle a enlevé sa sœur et ses trois enfants et propose un marché à Zaroff. Elle les lâche sur la nouvelle île de Zaroff. Si elle les trouve en premier, elle les tue, si c’est lui, il devra les défendre pour les sauver.

 

 

 

 

© Miville-Deschênes, Runberg - Le Lombard

 

 

            Le dessinateur François Miville-Deschênes est à l’origine du projet. C’est lui qui en a soumis l’idée à son scénariste de Reconquêtes. Il dépeint une île au décor paradisiaque et aux pièges cauchemardesques. Dans le cahier graphique complémentaire, on peut profiter de recherches de personnages, des différents projets de couvertures, ainsi que des exemples de premiers découpages de planches que l’on peut comparer avec la version définitive publiée. A mi-chemin entre ceux de Swolfs et d’Aymond, ses personnages montrent qui leur sévérité, qui leur beauté froide. Classique et maîtrisé.

 

 

 

 

© Miville-Deschênes, Runberg - Le Lombard

 

 

            En réalisant une suite plutôt qu’une adaptation de l’histoire originelle racontée ici à New York par le survivant Sanger Rainsford, les auteurs surprennent et prennent un risque. Celui-ci s’avère payant. En introduisant des membres de la famille de Zaroff, ils ajoutent une âme au psychopathe. Il ne peut être insensible au sort de sa sœur et de ses neveux et nièces. La situation dans laquelle le général se trouve le confronte à ses démons intérieurs. Il ne sait plus lui-même s’il est un chasseur ou un gibier.

 

            Avec un final non conventionnel, Sylvain Runberg évite le piège d’une histoire dont on aurait pu penser connaître la fin dès le début.

 

 

 

 

© Miville-Deschênes, Runberg - Le Lombard

 

 

            En 1932, le film The most dangerous game sort sur les écrans américains. Deux ans plus tard, le film arrive au cinéma en France sous le titre Les chasses du Comte Zaroff. Réalisé par Ernest B.Schoedsack et Irving Pichel, le film bénéficie des mêmes décors que King-Kong. Joël Mc Crea incarne Robert Rainsford tandis que Fay Wray, déjà héroïne du film avec le singe géant, tient le rôle féminin principal. L’infâme comte Zaroff est interprété par Leslie Banks. Cette pépite est visible ci-dessous :

 

 

            Librement adapté de la nouvelle de Richard Connell parue en 1924,  le film est l’un des fleurons du cinéma hollywoodien des années 30. Il est surprenant qu’il n’y ait pas encore eu de remake. Le voir avant de lire l’album de Rinberg et Miville-Deschênes met dans l’ambiance dès la première page de l’album et donne l’impression de retrouver des personnages que l’on connaît.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Zaroff

 

 

Genre : Survival

 

Scénario : Runberg 

 

Dessins &  Couleurs : Miville-Deschênes

 

Éditeur : Le Lombard

 

Collection : Signé

 

Nombre de pages : 88 

 

Prix : 16,45 €

 

ISBN : 9782754827850

 



Publié le 20/05/2019.


Source : Bd-best

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