Aucune femme ne s’oppose à Madame Thatcher, à part bien sûr... Lady Jane
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Aucune femme ne s’oppose à Madame Thatcher, à part bien sûr...  Lady Jane

 

« - Bonjour Madame, je suis Emma. Donald m’a dit de venir vous voir pour le… pour le travail.

- Nous avions dit seize heures… Il est seize heures trente. Bien… C’est réglé, n’est-ce pas ? Maintenant, enlevez ce casque du comptoir et passez par derrière. Mon nom est Jane… Enfilez ça et relever vos cheveux ! Je vais vous expliquer. »

 

 

 

 

 

 


                Jane, la quarantaine bien sonnée, tient une baraque à gaufres dans une station balnéaire, à Kingsdown, en Angleterre. Emma, dix-huit ans, vient faire son apprentissage chez elle. Ses parents tiennent un pub. Ce sont de bons amis de Jane. En conflit incessant avec ses parents, Emma a besoin d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Entre les deux femmes, des liens inattendus vont se tisser. Elles qui n’auraient jamais dû se rencontrer, elles qui ont des personnalités si différentes, se trouvent chacune à un tournant de leurs vies et celle de l’une va faire écho à celle de l’autre.

 

 

 

 

© Constant, Constant - Futuropolis

 

 

                Michel et Béa Constant traitent du difficile sujet des filles-mères dans une Angleterre thatcherienne qui a laissé des traces encore indélébiles aujourd’hui. La dame de fer, qui avait déjà donné son nom-titre au premier volume de la trilogie britannique de Constant dont Lady Jane est le tome 2, a fait voter une loi censée protéger l’enfance maltraitée, mais dont les dérives ont amené de nombreuses petites anglaises à franchir le Channel pour venir avorter en France. Quand on voit les ravages actuels des lois anti-IVG qui renvoient les Etats-Unis quelques décennies en arrière, tout cela fait froid dans le dos. Victime du Thatcherisme, Jane se sent investie d’une mission particulière. Alors, pas question pour elle que Emma souffre de la façon dont elle a souffert, ni elle, ni une autre.

 

 

 

 

© Constant, Constant - Futuropolis

 

 

                Michel Constant est un puriste de la ligne claire. Le dessinateur de Mauro Caldi et de Bitume s’affirme dans des one shots au ton politique. A ranger aux côtés de Mon traître et Retour à Killybegs, que Pierre Alary a adapté d’après Sorj Chalandon, La dame de fer et Lady Jane sont très explicites quant à l’ambiance outre-Manche de la seconde moitié du XXème siècle. Les couleurs de Béa Constant permettent aux flash-backs de s’insérer dans un jaune fin d’après-midi après la pluie typique à une Angleterre de mi-saison.

 

 

 

 

© Constant, Constant - Futuropolis

 

 

                Les histoire à la Ken Loach ne sont pas réservées qu’au cinéma. Les Constant le prouvent dans un album de bande dessinée aussi réaliste qu’émouvant. Remarquable.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Lady Jane

 

Genre : Emotion 

 

Scénario : Michel & Béa Constant 

 

Dessins : Michel Constant 

 

Couleurs : Béa Constant 

  

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 72

 

Prix : 15 €

 

ISBN : 9782754829663

 

 

 



Publié le 26/06/2022.


Source : Bd-best

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