Blake et Mortimer toujours vivants. Les amis de Jacobs
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Blake et Mortimer toujours vivants. Les amis de Jacobs

 

Les Amis de Jacobs est une Association Loi 1901 crée le 12 septembre 2005 par Christian Viard avec l'aide de Dominique Bréchoteau et Didier Bruimaud. Son principal but statutaire, entre autres, est de promouvoir la connaissance ou la découverte de l'œuvre d'Edgar Pierre Jacobs et sa continuité par les nouveaux auteurs et scénaristes. L’association édite revues, albums, livres, portfolios, marque-pages, cartes postales, affiches... De 7 adhérents en 2005, elle en compte plus de 500 aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

A l’instar d’Hergé, Edgar-Pierre Jacobs est l’un des pères fondateurs de la bande dessinée. En quelques mois, de nombreux ouvrages consacrés à l’auteur ou à ses personnages sont parus.

 

 

 

 

 

 

Il aurait rêvé mener une carrière glorieuse de baryton d’opéra. Le destin en décidera autrement. Ses notes les plus remarquables, il les couchera sur papier dans une œuvre inoubliable. Edgar P. Jacobs a signé un pacte avec Blake et Mortimer, héros de son opéra de papier. Dans une biographie riche et détaillée, la réédition augmentée de Edgar P.Jacobs, un pacte avec Blake et Mortimer, Benoît Mouchart et François Rivière nous content la vie de cet homme chic qui a contribué à faire de la bande dessinée un art.  

 

 

 

 

 


Dans Le mystère Edgar P.Jacobs, Jean Knoertzer, passionné de la vie et de l’œuvre du maître, n’offre pas une biographie comme on peut en lire tant. On n’y lira pas la genèse minutieuse de chacun des albums du maître, mais nous allons pénétrer dans son intimité, visiter sa maison, partir en vacances et admirer des expositions avec lui. Et ça, c’est complètement inédit. Plutôt solitaire (on le surnommait l’Hermite du Bois des Pauvres, en référence au lieu où il habitait), peu de gens ont eu l’occasion de l’approcher. Il a travaillé avec Hergé sur certains albums de Tintin. Cet ouvrage unique permet, à travers de nombreuses photos inédites et documents, de découvrir sa vie et ses projets.  

 

 

 

 

 

 

Plus récemment, avec Jacobs, Blake & Mortimer - Les pièges diaboliques, Xavier Mauméjean et Nicolas Tellop font une analyse introspective par un biais inédit et envoûtant. On découvre ainsi que, comme le souligne le titre de l’essai, la vie et l’œuvre d’Edgar P. Jacobs ont été parsemées de pièges diaboliques. S’il a connu la gloire essentiellement après sa mort, il laisse une œuvre magistrale dont toutes les reprises, même si certains albums sont fort honorables, n’arrivent pas à la cheville de l’original. 

 

 

 

 

 

 

                Côté bande dessinée, le trio Van Hamme, Beurserik et Van Dongen ont signé Le dernier Espadon. Situé après La vallée des immortels, l’histoire rebondit sur le premier récit d’Edgard-Pierre Jacobs : Le secret de l’Espadon. Jean Van Hamme avait juré qu’on ne l’y reprendrait plus, mais il y est retourné. Il pousse cette fois-ci le curseur tellement loin qu’on croirait presque lire une parodie. Lorsque l’on lit entre les lignes, on est parfois plus proche de Philip et Francis que de Blake et Mortimer. Les codes sont utilisés à l’extrême, ce qui donne une étrange impression d’être dans des chaussons mais d’avoir trop chaud dedans. Le scénariste se permet des choses que Jacobs n’aurait pas écrites. Certains dialogues entre Olrik et Mortimer sonnent faux. De même, Marge interrompant une réunion au sommet pour donner un message à Blake est une scène improbable. Reste le plaisir de retrouver au premier plan Nasir dans un rôle stratégique.

 

 

 

 

 

 

S’il est un album indispensable, c’est Edgar P. Jacobs le rêveur d’apocalypses. La vie de Jacobs est si riche que l’auteur a tout d’un héros de bande dessinée. Le scénariste François Rivière s’est entretenu des heures durant avec lui. Si quelqu’un connaissait bien l’ermite du Bois des Pauvres, c’est bien lui. Il était donc l’homme idéal pour raconter sa vie et faire qu’elle se lise « comme un roman ». On croisera bien sûr Laudy et Hergé, mais aussi Franquin et Martin, Leblanc et Duchâteau, pour ne citer qu’eux. La véritable surprise de l’album ne vient pas tant de Jacobs dont bon nombre de lecteurs connaissaient les grandes lignes de la vie, pas tant non plus de François Rivière qu’on savait excellent scénariste (Albany en particulier), mais de Philippe Wurm. Si le dessinateur n’en est pas à son coup d’essai, il publie depuis 1988, il est la révélation de ce Rêveur d’apocalypse. Wurm donne une ahurissante leçon de ligne claire. L’introduction est merveilleuse. Le final est magistral. Le cœur de l’album est un envoûtement.

 

 

 

 

 

 

                Avec La fiancée du Dr Septimus, la collection illustrée Le dernier chapitre est de retour grâce, toujours à François Rivière au récit, et à Jean Harambat au dessin. On a beau avoir été un savant fou ayant terrorisé jadis la perfide Albion et en particulier sa capitale, on n’en a pas moins eu un cœur. Le Docteur Septimus, celui-là même qui tirait les ficelles de la tristement célèbre Marque Jaune, avait une collaboratrice en la personne d’Ursula Phelps. Cette biologiste semble avoir eu des liens intimes avec Septimus. Au dessin, Jean Harambat pénètre avec délicatesse et sobriété dans l’univers jacobsien. Comme par timidité, il montre peu de visages. Les personnages sont très souvent de dos ou de trois-quart dos. Au niveau des décors et des ambiances, Harambat s’approche peut-être plus du Jacobs illustrateur de La guerre des Mondes d’H-G Wells. Wells-Whale, il est des coïncidences qui dépassent la compréhension de la création.

 

 

 

 

 

 

Paralèllement à toutes ces parutions, depuis le 23 avril et jusqu'au 27 novembre 2022, le Château de La Roche-Guyon célèbre en 2022 les 60 ans de l'album Le Piège Diabolique dont l'action se déroule dans ce village du Vexin et notamment dans son château millénaire coiffé de son donjon dominant la Seine. Cette exposition, imaginée par Thierry Bellefroid (journaliste, scénariste de bande dessinée et écrivain, membre de la fondation E.P.Jacobs) et Eric Dubois (professeur agrégé de design et enseignant à l'école Boulle, membre de la fondation E.P.Jacobs), met à l'honneur la sixième aventure de Blake et Mortimer. Dans MachinaXion, Mortimer est prisonnier du temps au Château de La Roche-Guyon.

 

 

 

 

© Affiche de l’exposition MachinaXion, Mortimer prisonnier du temps au Château de La Roche- Guyon & Le Piège diabolique (couverture édition 1962) Edgar P. Jacobs Première publication dans le Journal Tintin de 1960 à 1961 Première édition en 1962 aux Éditions du Lombard / Dargaud © Collection Fondation E.P. Jacobs Éditions BLAKE ET MORTIMER / Studio Jacobs

 

 

On le voit, on le lit, Jacobs est encore vivant. Tout cela justifie bien l’existence d’une association comme Les amis de Jacobs. Elle est basée à Angoulême. Pour 35 € annuels, vous recevez deux numéros des Amis de Jacobs, revue imprimée sur un papier de grande qualité et emplie d’informations, anecdotes, dessins, analyses de l’œuvre de Jacobs, et avez la possibilité de commander tous les autres ouvrages, cartes et autres édités par l’association. Outre marque-pages de Blake & Mortimer ou du Rayon U, portfolio « cartes de membre », parmi les dernières parutions, on trouve une édition dans son format et ses couleurs d’origine de S.O.S. météores, deux tomes de contes illustrés par Jacobs pour le journal Bravo et deux important volumes Esquisses et dessins, trésors jamais vus.

 

 

 

 

 

 

Toutes les informations pour adhérer et commander sont sur le site de l’association Les amis de Jacobs, association d’utilité bédéïque. http://www.amisdejacobs.org/fr/

 

Laurent Lafourcade

 

 

 


 

 

 


 



Publié le 13/09/2022.


Source : Boulevard BD

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