Contemplations dans la forêt bleue. Les grands cerfs
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Contemplations dans la forêt bleue.  Les grands cerfs

 

« - Bonjour ! Je suis Léo.

-   Salut, moi c’est Nils.

-   Et moi, c’est Pamina.

-   Vous savez que c’est spécial ici…

-   Cette chaleur en avril, ce n’est pas normal en effet.

-   Ici, c’est spécial car vous êtes sur un passage…

-   Ah bon, on est venus s’installer ici pour l’isolement, vous savez.

-   Vous êtes sur leur passage. Le passage d’un clan… Le clan des cerfs. Des grands cerfs ! »

 

 

 

 

 

 

 

Pamina et Nils ont décidé de vivre au cœur de la montagne des Vosges, dans une ancienne métairie en pleine forêt. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils vont devoir apprendre à cohabiter avec un clan de cerfs. Initiée par Léo, photographe animalier de son état, Pamina va apprendre à les observer, les découvrir, les voir évoluer. Mais d’autres prédateurs hantent la forêt, d’une part les chasseurs, d’autre part les membres de l’ONF, l’office national des forêts. Les plus sauvages ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

 

 

 

 

© Nocq – Daniel Maghen

 

 

Gaétan Nocq adapte le roman éponyme de Claudie Hunzinger. Après avoir entendu l’autrice dans l’émission de Laure Adler L’heure bleue sur France Inter, Nocq se procure le livre et c’est le coup de cœur. Il contacte Hunzinger, va à sa rencontre dans sa vallée. Avec une vue panoramique sur le vallon aux cerfs, Nocq s’immerge dans l’ambiance. Il se promène au milieu des arbres, il entend et voit le ruisseau couler. Il a troqué son manteau de citadin contre celui du campagnard.

 

 

 

 

 

© Nocq – Daniel Maghen

 

 

On apprend que le clan des cerfs compte huit à vingt-deux mâles menés par un grand chef. Les biches sont plus haut. Le clan vit en harmonie jusqu’à la saison des amours où ils doivent s’affronter pour conquérir des femelles. Pour les observer, il faut se mettre à l’affût muni d’une arme spéciale : un téléobjectif. On comprend comment l’hiver les cerfs survivent à la famine, pouvant ravager des cultures. On est sensibilisé à la surpopulation du gibier et comment chasseurs et ONF ont des partis pris opposés.

 

La forêt de Nocq est bleue. Jamais on n’en est choqué. Ça semble si naturel, comme si toutes les forêts avaient toujours été de cette couleur. L’auteur se justifie par les différences d’incidence de la lumière sur les choses. Ce bleu laissera sa place à un magenta s’imposant avec la dramaturgie du récit. Les nuits quant à elles sont sensationnelles. La scène du comptage nocturne des animaux est incroyablement réalisée.

 

 

 

 

© Nocq – Daniel Maghen

 

 

Quand Claudie Hunzinger s’est entretenue avec Laure Adler, elle lui a dit être venue avec les arbres de sa forêt, les cerfs, les salamandres, les papillons. Elle a dit être venue avec eux pour éviter qu’ils ne disparaissent avec ce monde qui change à grande vitesse. Grâce à son roman, elle leur a donné des mots pour prouver et préserver leur présence. Grâce à son album, Gaétan Nocq leur donne des images sublimes.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Les grands cerfs 

 

Genre : Emotion

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Gaétan Nocq

 

D’après : Claudie Hunzinger

 

Éditeur : Daniel Maghen

  

Nombre de pages : 256 

 

Prix : 29 €

 

ISBN : 9782356741035

 



Publié le 13/10/2021.


Source : Bd-best

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