Cousin, Tonton, mais surtout Père, tout à la fois pour un indic’. Gost 111
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Cousin, Tonton, mais surtout Père, tout à la fois pour un indic’.  Gost 111

« -  Toi, t’as une tête qui plaît au malheur. Bon, t’as compris qu’ici c’était pas le commissariat du coin, c’est la PJ. On fait des grosses affaires, des trucs que tu vois à la télé après. T’es embarqué dans un machin, mon pauvre. T’as pas l’air de piger. Mais si t’es pas trop débile, t’as compris que c’est une affaire de stups, non ? Tu vas partir au trou. Ça va être ta première. Tu vas adorer.

- Mais j’ai rien fait, Monsieur !

- Hum… t’étais au volant d’une bagnole avec de la came dans le coffre !

- Oui mais…

- Discute pas, aucun avocat ne pourra contester ça ! Et puis joue pas les débiles, ça me saoûle. »

 

 

 

 

 

 

                Goran Stankovic traîne dans des trafics louches de banlieue. Pincé lors d’une descente de police, il est interrogé par un flic véreux de la PJ. Plutôt que de l’embastiller, ce dernier lui propose de devenir un indic. Il est bien implanté dans la cité, il connait bien les gens. Cette collaboration pourrait peut-être lui permettre d’améliorer son morne quotidien entre sa mère vieillissante et sa gamine malade.

 

 

 

 

© Scala, Eacersall, Mousse - Glénat

 

 

                Mark Eacersall écrit d’habitude pour la télévision. Henri Scala est le pseudo d’un ancien commissaire de police. Les deux scénaristes présentent un polar noir digne des meilleurs films d’Olivier Marchal. Plus qu’une histoire, Gost 111 est une chronique.  Le terme Gost vient des deux premières lettres du prénom et du nom de l’indic, suivi d’un nombre administratif. Ça se passe comme ça dans les renseignements. Les auteurs nous emmènent au cœur du trafic d’armes dans les cités. Personne n’est ni tout blanc ni tout noir. Les flics ne sont pas exempts de ripoux. Goran n’est pas un truand. Ce qui l’importe c’est le bonheur et la santé de sa fille. Et quand son ex-femme pointera le bout de son nez, il devra redoubler d’ingéniosité pour qu’elle ne s’immisce point trop dans la vie qu’il s’est faite.

 

 

 

 

© Scala, Eacersall, Mousse - Glénat

 

 

                Des couloirs de la PJ aux terrains vagues des louches rendez-vous, le dessinateur Marion Mousse dépeint les ambiances dans un graphisme gros nez. Les scènes de nuit et les descentes de police bénéficient de cadrages percutants et de clairs obscurs aveuglants. Il y a de la couleur mais l’album aurait pu se suffire en noir et blanc.

 

 

 

 

© Scala, Eacersall, Mousse - Glénat

 

 

                A l’instar d’un David Evrard sur Irena, Marion Mousse fait passer énormément d’émotion avec son trait non réaliste. Même si l’histoire de Scala et Eacersall n’est, elle, qu’inspirée de situations réelles, contrairement à la série extrêmement proche des faits d’Evrard, Morvan, Trefouël et Walter, cela fait de Gost 111 pour le monde des indics dans la police ce qu’Irena est pour la Shoah : un incontournable.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

 

One shot : Gost 111 

 

Genre : Polar 

 

Scénario : Henri Scala & Mark Eacersall 

 

Dessins & Couleurs : Marion Mousse 

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 200

 

Prix :  22,50 €

 

ISBN : 9782344026977

 



Publié le 26/03/2020.


Source : Bd-best

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