Rotterdam, 1917. Jeanne Louise MacLeod apprend que sa mère est sur le point de mourir. Pour Jeanne, la tristesse est accompagnée d’un profond trouble : sa mère est connue sous le nom de Mata Hari, et s’apprête en réalité à être exécutée. Jeanne décide de fuir cette lourde hérédité, et de partir pour Java, l’île où elle est née. Lorsqu’elle embarque sur le bateau, elle n’a que rancoeur pour sa génitrice, mais tout changera à la lecture d’une mystérieuse lettre, et elle débarquera sur l’île avec l’envie de comprendre certaines énigmes. Ainsi, contrairement à ce à quoi elle aspirait, ce voyage la mènera sur les traces du passé de sa mère et scellera son destin, un destin hors du commun...
Grâce au scénario de François Debois et Cyrus, nous suivons le parcours de la fille de Mata Hari au travers de mystères, de fait paranormaux, d'étranges et de rebondissements inattendus. Le lecteur en sera donc aussi partagé entre deux genre, à savoir, le récit d'espionnage et l'histoire fantastique. Car il s'agit bien ici d'un mélange volontaire de la part des auteurs. Ce qui ne manque pas de titiller l'imaginaire qui se mêle à une vie qui semble se calquer sur celui de sa génitrice... avec en particulier une scène digne des x-files transposée au début du vingtième siècle, telles que la scène d'auto-combustion que nous découvrons vers la fin de ce premier tomes. Annabel, la dessinatrice renforce cette agréable confusion avec un trait et un graphisme net et précis agrémenté des couleurs de Roberto Burgazzoli. Elle fait partie de cette génération qui surprend par la qualité de son travail et apporte ses lettres de noblesse à la gente féminine d'auteure BD. La Javanaise est une série qui doit se lire avec méthode et parcimonie, pour en apprécier la moindre page, en appréhender toute la subtilité. Un parcours en somme, quasi initiatique pour une histoire intéressante si on se donne la peine de s'y plonger.