Dystopie Corse. Agughia
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Dystopie Corse.  Agughia

 

« - Alors ?

- Il y avait quoi dans ce sac ?

- Rien d’important. Vous inquiétez pas.

- Non ? Vous travaillez pour Radius, vous savez que c’est un sujet sensible ici. »

 

 

 

 

 

 

 

                Un vacancier vient de débarquer en Corse à l’aéroport de Figari. L’île a beaucoup évolué. Dans un futur où le maquis a été envahi par des constructions ultra-modernes, l’île est devenue un centre de vacances bétonné, convoitise de tous les promoteurs avides. Des opposants au progrès s’agitent sur les « résinfos », prêts à basculer dans la lutte armée. L’organisation écologiste, radicale et clandestine s’oppose à cette surenchère du tourisme. L’homme qui a débarqué en vacances travaille pour Radius dans une plateforme en orbite basse, oxygène en boîte et nuit perpétuelle. C’est cette société qui est chargée de transformer la Corse… dans le respect de l’environnement et des valeurs insulaires. T’as qu’à croire ! Bref, le nouvel arrivant se fait dérober un sac par Agughia, une militante écologiste. Les forces de l’ordre prennent les choses en main craignant la préparation d’un attentat terroriste alors que, curieusement, le voyageur ne semble pas trop préoccupé par le larcin dont il est victime. Ajoutons à  cela un tueur au visage métallique courant entre les flics et les rebelles et la chasse au sac volé peut démarrer.

 

 

 

 

 © Micol - Dargaud

 

 

                La Corse est si belle qu’elle corrompt les âmes les plus nobles. Agughia veut partir, quitter l’île pour ne pas assister au désastre en servant des paninis midi et soir. Radius est une entreprise cupide qui ne compte pas se laisser « emmerder » par les locaux. Les normes environnementales, les contraintes et les principes de précaution sont des règles archaïques que l’on peut contourner par des parades juridiques.

 

 

 

 

 © Micol - Dargaud

 

 

                Hugues Micol livre un album détonnant sur l’avenir sombre d’un coin de paradis. Il soulève la problématique du tourisme de masse régit par des sociétés dont l’argent est le nerf de la guerre. Les locaux sont des victimes dont le seul levier de survie est la rébellion. Et elle est motivée. Qu’est-ce qui est le plus beau ? Des brochettes de touristes bronzant par étage sur une plage cybernétique ou la jeune Agughia plongeant dans une rivière de montagne ?

                L’auteur tire un signal d’alarme dans une course-poursuite haletante. On le sent affligé par une situation qu’il est encore temps de maîtriser. En prenant l’exemple de la Corse, c’est le monde entier qui est alerté. Micol est un poète, un rêveur et le démontre dans cette comédie-dramatique, cette vision décapante.

 

 

 

 

 © Micol - Dargaud

 

 

                « C’est pas une bande de pouilleux qui va me manquer de respect. Je viens d’un endroit civilisé qui s’appelle le continent. » dit le chef des gendarmes, interrogeant les compagnons de la petite voleuse. Si c’est ça que la soi-disant civilisation veut apporter aux derniers coins de nature sauvage, le monde ne tourne pas rond.

 

                Agughia montre le pire de ce qui pourrait arriver à la Corse, mais comme dans toute sombre dystopie, ou presque, il y a une lueur d’espoir qui scintille et qui ne demande qu’à briller.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Agughia 

 

Genre : Anticipation

 

Scénario & Dessins : Hugues Micol

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 16 €

 

ISBN : 9782206088953

 



Publié le 18/09/2022.


Source : Boulevard BD

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