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Inde, au début des années 1960. L’expédition archéologique menée par le professeur Tumulus tourne court de bien étrange façon. Ce dernier se voit contraint de prendre la fuite à bord de sa Mini Cooper, emmenant avec lui les étranges inscriptions que son assistant a gravées sur le capot… Deux ans plus tard, c’est à Saint-Germain-sur-Orge que ce curieux passé va refaire surface !
Tel est le pitch de cette histoire menée tambour battant par Régric, un auteur français peut être moins connu du grand public mais qui est pourtant très actif dans le milieu de la BD. Après avoir fait ses classes chez Jacques Martin, Régric s’est vu confié l’animation de la série Lefranc.
De passage en Belgique à l’occasion du festival BD de Saint-Gilles, Régric avait accordé une interview à votre webzine préféré.
propos recueillis par Christian Missia.
Quel est le pitch de cette histoire ?
Régric : On pourrait résumer cela comme étant les misères du marché de la voiture d’occasion. C’est l’histoire d’une Mini qui porte un secret . Cette voiture sera vendu à Ana Purna, l’héroïne de l’histoire, et celle-ci découvrira que sa voiture est convoitée par d’autres personnes à cause de ce qu’elle recele. Et ces individus ne reculeront devant rien pour récupérer ce que renferme l’automobile. Il y aura donc une gigantesque course poursuite.
D’où vous est vous est venu l’inspiration de cette histoire ?
J’ai toujours eu pour idée fixe de réaliser un album dans le style ligne claire. Au cours d’une discussion avec mon camarade Olivier Marin, dessinateur chez Paquet, celui-ci m’a parlé d’un projet BD autour de la Mini Cooper. Le projet m’inspirait, d’autant plus que je possède une Mini ! J’ai donc accepté le défi et je me suis mis au travail. J’ai élaboré un scénario qui m’est venu assez vite. L’éditeur a accepté mon histoire et j’ai ensuite attaqué le dessin. Tout s’est fait assez vite. De manière naturelle.
Mais le postulat de départ était de faire ce projet dans le style graphique que je voulais et avec les personnages que je voulais. La seule contrainte était de faire une histoire tournant autour de la Mini.
Est-ce votre première BD originale ?
Oui, c’est mon premier projet original et premier album solo ! J’ai tout fait seul, sauf les couleurs qui ont été exécuté par ma compagne.
Votre style graphique est très influencé par le style ligne claire d’Hergé ou encore Bob de Moor. Si la société Moulinsart décidait de produire de nouvelles aventures de Tintin, postuleriez-vous comme dessinateur ?
Oui ! Reprendre Tintin serait possible pratiquement mais la difficulté se situerait dans la restitution du charme qu’Hergé avait donné à son œuvre.
Dans l’album que j’ai fait, on retrouve le style d’Hergé mais mes histoires sont plus comiques qu’un Tintin.
Mon but n’était pas de faire un pastiche de Tintin. Le style est là mais le propos est complètement différent.
Vous avez aussi croqué Louis de Funes en gendarme de Saint Tropez… Hommage ?
Oui ! C’est vrai que dans cette album, on retrouve non seulement mes influences graphiques mais aussi un certain cinéma, des années soixante à nos jours. Il y a une influence de Louis de Funès mais je fait aussi référence à Indiana Jones. Ce sontdes films que j’affectionne et qui collait bien à mon sujet. Et je n’exclu pas dans l’avenir à mettre d’autres références d’acteurs ou de films que j’ai adoré.
Au-delà de ça, avez-vous d’autres références qui vous inspirent ? Par exemple dans la musique ?
Non, c’est principalement le cinéma et la BD qui me sert de terreau pour mes histoires. Je ne suis pas influencé par le théâtre ou la musique.
Quel est votre parcours ?
Depuis tout jeune, je suis passionné par l’école de Bruxelles. C'est-à-dire Hergé, Bob de Moor, Jacques Martin, Jacobs. Et je suis exactement là ou j’ai toujours voulu être !
J’ai commencé à collaborer avec Jacques Martin suite à une lettre que je lui avait envoyé. Je lui avait proposé ma collaboration, tout simplement. Je suis allé comme ça, la fleur au fusil et j’ai été étonné de recevoir une réponse de sa part, d’autant plus qu’il me proposait de faire des tests sur des dessins d’automobiles et des dessins d’avions. Car il avait en projet de développer des albums didactiques qui seraient intégré dans la collection des Voyages de Lefranc.
Je me suis donc retrouvé à réaliser trois albums sur l’histoire de l’aviation. Puis, Casterman m’a proposé de reprendre le personnage de Lefranc en bande dessinée. Tout cela s’est fait par étapes.
A aucun moment j’ai l’impression de faire un travail de commande par ce que je suis un passionné de Lefranc ! Je me suis complètement approprié le personnage de Jacques Martin, comme si c’était le mien.
Est-ce que vous vous autorisez à faire évoluer le personnage ou bien respectez vous scrupuleusement le canvas de départ ?
Quand on reprend une série comme celle-ci, on a quand même un cahier des charges à respecter. Il faut s’inspirer du travail de Jacques Martin et reproduire à l’identique ce qu’il avait fait. Mais cela ne me pose pas de problèmes parce que je connais son style par cœur. Il n’y a pas de soufrance dans ce travail.
Le dessinateur qui anime les Schtroumpfs ou celui qui dessine Boule & Bill ont les même contraintes et ils se plient aux règles sans quoi, les lecteurs vous le font savoir rapidement !
J’ai vu que vous avez un blog. Etes vous très actif dessus ? Est-ce important pour vous ce contact permanent avec vos lecteurs ?
C’est vrai que j’essaie de l’alimenter régulièrement pour faire passer quelques petites infos mais en même temps, je ne participe à aucune discussions ou forums. Je crois qu’il est bon pour un auteur de rester un petit peu en retrait. Pourtant, je rencontre beaucoup de monde dans le festivals et je prend du plaisir à discuter avec eux. Mais sur les blogs, j’évite de discuter car j’ai souvent beaucoup de travail à côté.
Quels sont vos futures projets ?
Je dois terminer un Lefranc en vu d’un album qui sortira l’année prochaine et je dois en commencer un autre qui sortira en 2013.
Interview ® Graphivore-Christian Missia 2011
Photos © Christian Missia 2011
Images @ Regric-Paquet 2011
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