Immersion pirate loin des poncifs hollywoodiens. La République du Crâne
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Immersion pirate loin des poncifs hollywoodiens.  La République du Crâne

 

« - Vous n’aurez jamais mon navire, infâmes sauvages !

- ‘l’est drôle, lui. Il n’a pas encore compris qu’il est à nous, son rafiot ?

- Celui-là, c’est un colérique. C’est les pires. Pas l’habitude qu’on leur désobéisse.

- C’est Sylla qui va être content. C’est le genre qu’il préfère.

- Sylla ?? Le capitaine Sylla ? »

 

 

 

 

 

 

 

                Bahamas, Lundi 28 juillet 1718, un brigantin battant pavillon anglais voit sa route coupée par le navire pirate du capitaine Sylla. La proie est alléchante après trois semaines de disette. Ça calmera l’équipage. Les pirates font main basse sur le navire, enrôlant pour l’occasion une partie des marins anglais. Ces derniers navigueront sous l’autorité d’Olivier de Vannes, second du capitaine Sylla. C’est un tout autre bateau qu’ils vont croiser ensuite, dans lequel une tribu de gaillards noirs est dirigée par la reine Maryam, déesse nue aux yeux de feu. Elle ne parle pas la même langue. La belle Abyeda sera son interprète. D’escales en abordages, ils navigueront ensemble sur les mers chaudes comme la sueur de la mort.

 

 

 

 

 © Toulhoat, Brugeas - Dargaud

 

 

                Plus qu’une aventure, Vincent Brugeas écrit une chronique. Il invite le lecteur au XVIIIème siècle. A un pirate héroïque, Sylla, beau comme un dieu et au panache majestueux, il oppose une reine noire, Maryam, sans doute rescapée du « bois d’ébène ». Tous deux sont des écorchés vifs. Tous deux veulent rétablir l’ordre en leur faveur. Olivier fait figure d’intermédiaire entre eux et le lecteur. Plus classique, il est le garant d’une loi pirate respectée, si loi il y a. La République du crâne est aussi un livre de politique pirate. Le titre n’est pas anodin. Si c’est le nom que Sylla a attribué à son bateau, c’est aussi la démonstration d’une instauration d’une certaine démocratie dans le cercle fermé de la piraterie.

 

 

 

 

 © Toulhoat, Brugeas - Dargaud

 

 

                2022 ne serait-elle pas l’année Ronan Toulhoat ? On ne présente plus le dessinateur du Roy des ribauds, Ira Dei et Chaos Team. Régulièrement invité dans les séries ou one shot collectifs, il a signé pour La Geste des chevaliers dragons, Conan le cimmérien ou encore Go West Young Man. Presqu’indissociable de son scénariste attitré Vincent Brugeas, ils alignent les séries sur fond historique. En quelques mois, ils signent Cosaques, une nouvelle série au Lombard, le quatrième tome du Roy des ribauds qui va paraître très prochainement chez Akileos, ainsi que cette dense République du crâne, chez Dargaud, one shot remarqué de ce début d’année. Toulhoat sert des abordages immersifs, souvent sur des double-pages plaçant le lecteur au cœur de l’action

 

 

 

 

 © Toulhoat, Brugeas - Dargaud

 

 

                Un cahier documentaire final signé Fadi El Hage sur des illustrations d’époque de Howard Pyle parachève l’album en racontant la colonisation dans les Amériques, la naissance de la piraterie moderne, l’histoire des grandes compagnies maritimes et celle de la reine Njinga, Ann Zingha, qui a inspiré le personnage de Maryam.

 

                La République du Crâne redore le blason des pirates et donne du réalisme à ces figures qui font rêver ou frissonner depuis l’enfance.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : La République du Crâne 

 

Genre : Pirate

 

Scénario : Vincent Brugeas 

 

Dessins & Couleurs : Ronan Toulhoat

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 224

 

Prix : 25 €

 

ISBN : 9782505087335

 

 

 



Publié le 06/04/2022.


Source : Bd-best

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