La lettre maudite. Monsieur le Commandant
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La lettre maudite.  Monsieur le Commandant

 

« - J’ai beaucoup aimé votre roman l’escarmouche et votre recueil de poèmes Ode à Némésis.

- Alors, laissez-moi vous offrir L’épreuve. J’y raconte, à travers la splendide guerre du Capitaine Dandigny, la façon dont je perdis mon avant-bras, le 16 octobre 1918, en libérant Acy des vôtres.

- Je suis vraiment désolée.

- Non, votre beau pays n’est pas un problème. Les bolcheviks, les francs-maçons, les juifs… Ce sont eux, les vrais ennemis de la France !

- Père… Non… Pas ce soir. »

 

 

 

 

 

 


                Paul-Jean Husson est un fervent admirateur de Monsieur Hitler. L’écrivain a perdu un avant-bras au front en 14. Il est d’ailleurs inscrit comme membre participant au parti socialiste national depuis 1929. Nous sommes en 1932 et son fils Olivier présente à ses parents sa fiancée Ilse. Elle est juive allemande. Pour un antisémite notoire comme le père Husson, la pilule doit être dure à avaler. Il accepte pourtant sa future belle-fille, charmante, intelligente, ayant reçu à Berlin une éducation du plus haut niveau. Lorsque la guerre éclate et qu’Olivier est appelé à rejoindre Londres, Paul-Jean Husson prend Ilse sous sa protection. Il en est amoureux fou. Tiraillé entre son attirance pour la jeune femme et sa haine des juifs, il va devoir faire un choix.

 

 

 

 

© Bétaucourt, Oburie, Slocombe - Philéas

 

 

                Paru en 2011 dans la collection "Les Affranchis" des éditions du NiL, dont le principe est de proposer une fiction épistolaire, le roman de Romain Slocombe est adapté en bande dessiné par Xavier Bétaucourt et Etienne Oburie. Bétaucourt, journaliste de formation, a traité de divers sujets de société contemporains parmi lesquels Seidou en quête d’asile sur les migrants ou une biographie de Simone Veil. Il a raconté l’histoire véridique de Léo Frank, tragédie sur l’emballement de la presse, un album exceptionnel. Il a scénarisé tellement d’histoires vraies que l’on en vient à se poser des questions sur l’existence de Paul-Jean Husson. Quel chroniqueur n’est pas allé vérifier sur le net s’il avait existé ou pas ?

 

 

 

 

© Bétaucourt, Oburie, Slocombe - Philéas

 

 

                Etienne Oburie a un graphisme proche de celui de Clément Obrerie, un semi-réalisme ligne claire dans lequel le trait apporte une nuance à la dramatisation. Il n’en faut pas moins pour supporter l’âpreté d’un récit tel que Monsieur le Commandant. Le regard de Paul-Jean Husson en couverture est terrifiant. Sous un drapeau nazi, ses intentions semblent claires. L’homme s’annonce comme intransigeant. C’est un salaud et Oburie nous le fait sentir. Le dessinateur ne trompe pas le lecteur en lui faisant conserver son regard froid. L’amour, bien qu’interdit, lui apportera-t-il un semblant d’âme ? La conclusion n’y va pas par quatre chemins. Oburie termine l’album par une case en point final aussi incroyable que tragique.

 

 

 

 

© Bétaucourt, Oburie, Slocombe - Philéas

 

 

                Il a malheureusement été dans l’Histoire de France et du monde des tragédies qui ont dépassé toutes les fictions. Les auteurs montrent la sombre noirceur d’une âme humaine ayant signé un pacte avec le diable. Impitoyable.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Monsieur le Commandant 

 

Genre : Drame psychologique 

 

Scénario : Xavier Bétaucourt

 

Dessins & couleurs : Etienne Oburie

 

D’après : Romain Slocombe

  

Éditeur : Philéas

 

Nombre de pages : 88

 

Prix : 17,90 €

 

ISBN : 9782491467128

 



Publié le 02/05/2022.


Source : Bd-best

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