Méditer et se faire son chemin ou comment des gens et des pommiers ont donné la foi. Johnny Appleseed
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Méditer et se faire son chemin ou comment des gens et des pommiers ont donné la foi.  Johnny Appleseed

 

 

« - Vous voulez prendre ces semences ?

- Nous n’avons pas d’argent mais nous en avons besoin !

- C’est bon. Vous paierez la prochaine fois que je passerai.

- C’est John Chapman. On dirait qu’il ne fait rien comme tout le monde. Pourquoi il n’a pas de couteau ni de fusil ?

- C’est parce que Dieu est avec Johnny Appleseed. Tout le monde sait ça ! »

 

 

 

 

 

 

Né le 26 septembre 1774 à Leominster dans une campagne du Massachusetts,  John Chapman perd sa mère deux ans plus tard. Son père se remarie et fonde une famille nombreuse. En 1796, direction la Pennsylvanie. Avec l’un de ses jeunes frères, John fuit la ferme familiale. Son but est de rejoindre la véritable Nature, demeure de Dieu. Il va rencontrer des pionniers et parcourir le pays dans une philosophie de vie humaniste et bucolique. Plus il s’éloignait des colonies blanches, plus les communautés étaient pacifistes, familiales et vivaient sans esclaves. Sur sa route, John apprenait aux populations à planter et à cultiver des pommiers. C’est tout un symbole pour des gens si proches de Dieu que de faire de la pomme, fruit du péché originel,  l’emblème de leur renouveau.

 

 

 

 

© Van Sciver, Buhle - Revival

 

 

« Not much of a businessman but quite a dreamer. ». Ainsi peut-on définir John « Appleseed » Chapman qui trouva en Emmanuel Swendenborg un maître à penser. L’homme est à l’origine d’un courant religieux proche de la nature, nature qu’il ne faut pas brusquer et qu’il faut respecter.

 

Les auteurs ont conçu ce livre comme une graine plantée, un arbre qui pousse, qui grandit et qui meurt pour faire une nouvelle graine. La graine, c’est Johnny. L’arbre, c’est sa vie. La nouvelle graine, ce sont ses successeurs qui ont adopté son courant de pensée.

 

 

 

 

© Van Sciver, Buhle - Revival

 

 

Paul Buhle, le scénariste, maître de conférences à la Brown University, est spécialiste de la culture populaire nord-américaine. Noah Van Sciver, le dessinateur, est une valeur sûre de la bande dessinée indépendante américaine. Son graphisme underground ne cherche pas à faire beau, mais à faire bien. L’important, ce n’est ni Johnny lui-même, ni les auteurs, ni la façon dont sont représentées les choses, mais bien l’esprit de sa vie qui est véhiculé.

 

 

 

 

© Van Sciver, Buhle - Revival

 

 

Rejet de la violence, non-violence, pardon, refus de haïr, culte végétarien, abolition de l’esclavage sont autant de commandements que l’on retiendra.

 

Après la mort de Johnny, comment Abraham Lincoln a basé sa politique sur sa vie, comment John Muir, en s’installant dans le Yosemite, est devenu le nouveau Chapman, on apprendra la façon dont une graine a laissée place à des nouvelles. Tous les pépins que ses mains ont répandus ont donné des fruits une fois qu’il a disparu.

 

 

 

 

© Van Sciver, Buhle - Revival

 

 

A l’ère de la sur-connexion, de la course perpétuelle comme si les gens étaient tout le temps pressés et avaient quelque chose à rattraper, qu’il est bon de suivre la trajectoire d’un Johnny Appleseed. Au-delà de toute considération religieuse, il faut voir dans la vie de cet homme l’exemple d’un retour à la terre revigorant. On n’a qu’une envie après avoir lu cette biographie dessinée : se coucher près d’une mare formée par un ancien barrage de castors, la nuit, pour regarder les rats musqués s’ébattre et se nourrir.

 

« C’est un cadeau d’être simple, c’est un cadeau d’être libre. » Thank you, Mister Appleseed.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Johnny Appleseed

 

Genre : Biographie

 

Scénario : Buhle

 

Dessins : Van Sciver

 

Éditeur : Revival

 

Nombre de pages : 112

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9791096119264

 



Publié le 11/11/2019.


Source : Bd-best

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