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Fin d'année oblige, le nouveau MOOK apparaît dans les rayons de nos librairies préférées. Comme à chaque numéro, il nous invitera à une confrontation avec un des thèmes récurrents dans les aventures du petit reporter à la houppe !
Nous pouvions imaginer celui de la fête (période de saison) ou d'un autre aspect en lien avec décembre ... météo, neige, changement climatique, catastrophes naturelles, ...
C'est plutôt vers ce dernier que la rédaction de ce 22e numéro "Tintin, c'est l'aventure" va nous guider !
Tintin a arpenté, durant ses 24 albums, toutes les terres du globe. Fréquemment son premier adversaire n'était pas le Dr. Müller ou Rastapopoulos mais plutôt des phénomènes naturels : tempête, mer déchaînée, volcan, orage, neige, jungle, ...
Car bien que nous invitant à le suivre dans de superbes paysages naturels aux 4 coins du monde, Tintin n'était pas pour autant à l'abri des colères et déchaînements de Dame Nature !
Grandiose, spectaculaire, infinie dans sa beauté et son côté sauvage ici ; terrifiante, meurtrière, mystérieuse, envoûtante là ... La nature prend une place primordiale dans l'œuvre d'Hergé.
Regardons, pour nous en convaincre, le nombre de ses couvertures la mettant en avant ...
Du fond des océans avec "Le trésor de Rackham le Rouge" aux neiges éternelles de l'Himalaya, avec "Tintin au Tibet", des déserts arides aux jungles verdoyantes, d'une "Île Noire" à une "Etoile Mystérieuse", sans oublier le détour par la Lune, toutes ces couvertures mettent en avant une nature comme protagoniste à part entière des aventures à suivre.
La boucle est bouclée !

© Hergé - Tintinimaginatio 2024
Parmi les articles "tintinophiles", une enquête sur l'un des méchants les plus emblématiques de l'univers d'Hergé : le docteur Müller. Qui est-il ? Qui l'a inspiré ?
Ou encore, un passionnant dossier de Christophe Quillien sur les liens entre Tintin et les bouleversements de notre planète, ses colères, ses tempêtes. Hergé a permis à ses lecteurs de voyager de la Terre à la Lune ... un peu comme Jules Verne !
La BD comme porte ouverte sur le monde et son incomparable spectacle !
"La nature offre aux héros une occasion de s'y confronter et de se mesurer à l'adversité."

© Hergé - Tintinimaginatio 2024
Qui pense à Tintin, à ses aventures ne peut s'empêcher de voir en ce reporter l'infatigable voyageur arpentant tous les continents. Ceci inspirera de nombreux dessinateurs, comme Christian Cailleaux qu'il n'est plus utile de présenter !
C'est par un premier voyage au Congo, en 1987, à l'occasion de son service militaire, que Christian découvre sa passion, sa soif de découverte ... qui le fera se prendre pour un "Tintin reporter" durant des années.
Désormais, il l'avoue lui-même :
"Chaque projet est l'occasion d'un périple au bout du monde qui est aussi un voyage intérieur."
Une rencontre immersive avec un dessinateur-voyageur, amoureux de la mer, des voyages ... et de la couverture de "L'Île Noire" !

© Hergé - Tintinimaginatio 2024
Côté "Culture BD", la parole est cette fois-ci donnée à Jean Cremers. Auteur du roman graphique "Le Grand Large", il y raconte l'odyssée de 3 naufragés de la vie, souffrant chacun d'un handicap, Léonie, Balthazar et Agathe, qui se retrouvent dans un zodiac, perdus sur l'océan. Ils vont devoir apprendre à lutter contre les dangers de la mer et à se défendre contre les "rafleurs", pirates kidnappeurs d'enfants. Utilisant les éléments et leurs déchaînements comme allégories de sentiments ou d'émotions, la nature peut, comme dans les aventures de Tintin, représenter un réel danger pour les personnages.

© Hergé - Tintinimaginatio 2024
Un numéro déchaîné, tonitruant, illustré par d'extraordinaires photos, comme seul Geo peut nous en offrir ! Sans parler des planches, esquisses, croquis d'Hergé mettant tellement en valeur la Nature, sa beauté mais également sa sauvagerie !
Un numéro bien d'époque pour nous rappeler à quel point Hergé était aussi parfois précurseur dans les changements climatiques et leurs conséquences.
Et comme à chaque numéro, un supplément est éventuellement disponible. Il s'intéressera aux langages chez Hergé.
"Botus et mouche cousue - Tintin et les langages".
© Hergé - Tintinimaginatio 2024
Le prochain numéro sortira le 26 février 2025 ... Le thème ? Surprise mais un indice ? Tintin, le capitaine Haddock et Milou marchant au bord de l'océan avec des bagages ...
Thierry Ligot
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Revue : Tintin, c'est l'aventure
Numéro : 22 - Tintin face aux éléments déchaînés
Éditeurs : Geo / Moulinsart / Prisma Media
Parution : 27/11/2024 (Déc 2024 - Fév 2025)
Pages : 144
Format : 21 x 29 x 1,5 cm
ISBN : 978 2 81044 036 8 (978 2 81044 037 5 avec le supplément)
Prix : 19,99 € (23,98 € avec le supplément)
Mercredi 27 novembre, en route vers la Gare Centrale à Bxl, mon regard est attiré par cette drôle de "chose" qui semble émerger des pavés de la Place Poelaert, en face du Palais de Justice.
Impossible de ne pas s'y arrêter 5 minutes pour admirer, comme jaillissant des pavés, le Nauti-Poulpe du célèbre capitaine Nemo !
Mi-machine, mi-céphalopode tout droit sorti de l'imaginaire de François Schuiten et Pierre Matter, le voilà désormais en 3 dimensions, superbe et inquiétant à la fois !
La ville d'Amiens, désireuse de rendre un vibrant hommage à Jules Verne pour le 120e anniversaire de sa mort, sollicita François Schuiten et Pierre Matter afin de créer ce kraken hors du temps !
De là, avec la collaboration de son scénariste de toujours, naquit l'incroyable "Le Retour du capitaine Nemo" !

© Photo : Th. Ligot 2024
Après la bande dessinée, le spectacle-concert, voici donc la statue réalisée par le sculpteur Pierre Matter et François Schuiten. Elle a été fondue aux Fonderies de Saint Sauveur, en Haute-Saône !
12 T de bronze pour 6,5 m de haut et 9,5 m de long, le Nauti-Poulpe avec ses 5 tentacules est constitué de 7 pièces qu'il a fallu ensuite assembler sur place ...
Un remarquable travail de précision et de talent de la part de chacun des intervenants !

© Photo : Th. Ligot 2024
Il restera 3 mois à Bruxelles avant de rejoindre Amiens, le 24 mars 2025), sa destination finale. Il y émergera devant la Halle Freyssinet (où il sera complété par quelques tentacules supplémentaires). Ce sera l'événement phare de la célébration du 120e anniversaire de la mort de Jules Verne !
L'idée, née en 2020, a mobilisé à la Fonderie du Saint Sauveur, depuis septembre 2023 une équipe de 3 personnes à temps plein !
Cet événement exceptionnel se fait en collaboration avec les éditions Casterman et la Galerie Champaka. Cette dernière accueillera d'ailleurs, à partir de ce samedi 30 et jusqu'au samedi 28 décembre 2024, une exposition des remarquables planches du dernier opus des "Cités Obscures", "Le Retour du capitaine Nemo".

© Photo : Th. Ligot 2024
Bref, 2 occasions uniques de se plonger concrètement dans l'univers conjoint des Cités Obscures et de Jules Verne, dont nous fêterons l'an prochain le 120e anniversaire de la mort.
Thierry Ligot
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Liens :
- Chronique "Le Retour du capitaine Nemo"
- Lien concert-spectacle "Le Retour du capitaine Nemo" au Centre Culturel d'Uccle le 7 octobre 2024
En cette journée de commémoration de l'Armistice, comment ne pas avoir plus qu'une pensée émue pour ces hommes qui ont sacrifié leur vie dans ce qu'ils voulaient la "der des der" ?
"En temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères ;
en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils."
Hérodote
Un collectif de plus de 60 autrices/auteurs BD s'est donné comme "mission" de mettre en images les lettres, extraits de journaux personnels ou notes d'une centaine de Poilus, écrits sur le front, à l'arrière, avant un assaut, une déportation, ...
Les 2 tomes parus initialement en 2006 et 2012, rassemblés en une intégrale en 2015, ressortent aujourd'hui dans une nouvelle édition ...
Un témoignage unique sur la Grande Guerre vue de l'intérieur ... de ces Poilus jetés en pâtures sur des champs de batailles sanglants.
Une guerre après une ère de 20 ans de croissance et 40 de paix en France et en Europe ! Une "Belle Époque" marquée par les développements techniques, les innovations dans tous les domaines, les synergies intellectuelles, les fastes des expositions universelles et coloniales, ... illuminent les capitales européennes.
Une "Belle Époque" qui voit exploser une renaissance culturelle riche et variée ! Notamment en peinture avec ses divers courants, impressionnisme, fauvisme, expressionisme, cubisme, ... !

© Jean-Pierre Guéno - Bramanti - Soleil 2024
Mais pour maintenir cette croissance, de nouveaux empires sont nécessaires, de nouvelles ressources indispensables ! Les "pays modernes" ne se construisent pas sur des châteaux de sable mais sur des luttes sociales ! Et si personne ne veut la guerre, cette dernière devient inévitable avec les expansions des empires coloniaux ! Mais quelle guerre ! Une mondiale, la première ! Si des guerres coloniales se déroulaient en Afrique, en Asie, ... elles étaient loin du sol européen et passaient quasi "inaperçues" aux yeux du grand public !
Ainsi dans les hautes sphères, aussi bien en France qu'en Allemagne, on prépare lentement mais surement les populations à un affrontement direct ! Ils mettront 10 ans à faire sournoisement évoluer les mentalités, réussissant à convaincre, chacun de son côté du Rhin, que l'ennemi est sur l'autre rive !
Il est oublié le temps où l'ennemi héréditaire de la France était la perfide Albion !
En 1914, les esprits sont échauffés, prêts à se plonger dans l'horreur sans nom d'un conflit qui ne mettra personne à l'abri : l'enfer des tranchées, des gaz, les attaques aveugles et massives, véritables boucheries inutiles, ... l'appel aux contingents des colonies ...
Il n'y a plus qu'à attendre l'étincelle qui mettra le feu aux poudres ! Nous sommes le 28 juin 1914 et à Sarajevo quelqu'un l'allume !

© Jean-Pierre Guéno - Bajram - Soleil 2024
Les Poilus vont y être plongé ... 4 ans, 3 mois et 9 jours d'enfer !
Se remémorer l'enfer de leur quotidien, leurs espoirs, leurs déceptions, leur rage parfois, comme leurs horreurs face à un conflit où ils n'étaient finalement que de la chair à canon, sacrifiable pour gagner 5 m de tranchées.
"Je dis franchement. Un homme de 35 ans qui meurt, est un foyer détruit, avec toutes ses responsabilités et ses charges ; - mais, je ne puis ni m'empêcher de me demander si il n'y a pas encore plus de tristesse lorsque ce qui est brutalement détruit, c'est l'espoir même du foyer."
Lieutenant Albert-Jean Després, 35 ans - Lettre à son fils de 9 ans - 11 octobre 1916
Des millions de morts, plus encore de blessés et combien de mutilés à vie ! Pour un résultat qui changea peut-être la carte de l'Europe, mais jeta les fondations du suivant, plus apocalyptique encore s'il avait été possible de l'imaginer.

© Jean-Pierre Guéno - Démarez - Soleil 2024
A travers ce recueil des 3 tomes de "Paroles de Poilus - Lettres du front - 1914/1918" nous ne pouvons qu'effleurer ce que tant de Poilus ont souffert.
"Je suis trop sale et j'ai trop de poux. Je ne peux croire que c'est le fumier qui fait la rose - et que notre pourriture acceptée par le camp et la tranchée, que notre révolte, que notre douleur feront de la justice ou du bonheur."
Henri Aimé Gauthé - Lettre à sa correspondante de guerre
Vie (si nous pouvons appeler cela une "vie") dans les tranchées, attentes avant l'attaque, barrages d'artillerie, coup de filet et poussées d'adrénalines, attaques sous les tirs de mitrailleuses des boches, les blessures (si par chance, la mort ne veut pas de vous), l'hôpital voire le camp de prisonniers, sans omettre le sort réservé aux déserteurs ! Tant de mots cachant tant de souffrances !
"Sur le soir l'on nous apprend une horrible nouvelle : au-dessus de nous l'asile brûle ; les obus ont mis le feu, c'est un véritable brasier ; puis le feu tombe par les soupiraux et enflamme la paille sur laquelle nous sommes couchés. Alors c'est un véritable sauve-qui-peut, les femmes, les enfants, les vieillards et les moins blessés se sont enfouis et moi qui ne peux faire un mouvement, je reste abandonné avec plusieurs de mes camarades, le feu se rapproche de nous. Alors, je me traîne, jusqu'au bas des marches, mais quelle souffrance j'ai endurée ! Je crache du sang à pleine bouche."
Désiré, Lettre à sa fiancée, 22 août 1914

© Jean-Pierre Guéno - Collignon - Soleil 2024
Des témoignages directs, vrais, sensibles ou dures, insoutenables bien souvent, tendres et amoureux parfois ... des lettres de vie et de mort, admirablement mises en images par 60 autrices et auteurs du 9e Art tel Bailly, Bajram, Boucq, Démarez, De Metter, Jarbinet, Lepage, Lidwine, Guarnido, Parnotte, Pedrosa, Rossi, Mallié, Juan Gimenez, Vernay, ...
Chacun dans son style, avec sa sensibilité et son approche personnelles, parfois loin de ses univers de prédilection a réussi à transposer chacune de ces lettres en un court récits de 2 à 5-6 pages.
Toutes ces lettres sont authentiques. Ces tranches de vie ont pu être regroupées suite à un appel sur Radio France en 1998. Des dizaines d'enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de poilus y ont répondu en confiant lettres et journaux de guerre de leurs aïeux afin d'enrichir cet émouvant recueil d'après les ouvrages de Jean-Pierre Guéno.

© Jean-Pierre Guéno - Robin - Soleil 2024
Lectrices, lecteurs, rappelle-toi d'eux ! Ils avaient 17 ans ou 50 ans, étaient paysans, instituteurs, ouvriers, boulangers, bourgeois et devinrent pour "la plus grande gloire" de ... personne finalement ... mais pour notre liberté et la chance de pouvoir écrire ces mots librement de la chair à canon sous des uniformes d'artilleurs, de fantassins ou de brancardiers !
Un intégral d'hommages, humbles, sensibles, vrais, poignant de vie et d'espérance, de mort et d'abandon !
Un travail de mémoire remarquable pour des hommes, les plus de 2 millions de Poilus qui ne rentrèrent jamais chez eux, pour les 4 autres millions qui revinrent dans leur foyer blessés ou mutilés à vie !
Ils méritent notre respect éternel ... et cet ouvrage à mettre entre toutes les mains !
Thierry LIGOT
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Titre : Paroles de Poilus - Lettres du front 1914/1918
Scénariste : Jean-Pierre Guéno
Illustrateurs / Coloristes : collectif dont Pierre Alary, Bailly, Bajram, Bertail, Biancarelli, Boucq, David P., Démarez, De Metter, Drans, Adrien Floch, Juan Gimenez, Guarnido, Jarbinet, Lauffray, Lepage, Lidwine, Mallié, Thierry Martin, Emmanuel Moynot, Parel, Parnotte, Paty, Pedrosa, George Pratt, Rabaté, Thierry Robin, Rossi, Alrc Séverin, Florent Silloray, Béatrice Tillier, Varanda, Vernay, ...
Éditeur : Soleil
Thèmes : Histoire, 1ère GM
Genre : Biographie, tranches de vie, témoignages
Parution : 6/11/2024
Page : 288
Format : 20,9 x 28,7 x 3 cm
ISBN : 978 2 3021 0425 9
Prix : 39,95 €
Alors qu'Halloween pointe son nez, que St-Nicolas est encore loin dans les rayons mais que certaines communes (belges) ou municipalités (françaises) commencent à arborer leurs premières décos de Noël, il serait temps de penser à nos agendas, calendriers et almanach 2025 !
En parlant d'almanach, le "Grand Double belge dit de Liège" est à n'en pas douter LA référence.
Ami de l'agriculteur depuis plus de 2 siècles, nous en sommes à la 201e édition, aucune fête, aucun calendrier des plantations potagères n'y manquent !
Chaque mois est détaillé en travaux à réaliser, en phénomènes naturels à observer, les horaires solaires et lunaires, les pleines lunes, les marées, ... et évidemment le calendrier des saints/saintes !

© Casterman 2024
Et si cela ne suffisait pas, les journées internationales, les fêtes régionales, patronales, religieuses, ... ou encore les jours et lieux de marchés hebdomadaires, des tableaux de contenance et de conversion de poids et mesures, des informations sur la Belgique, notre dynastie, ... ou les horoscopes chinois, ...
Sans oublier 1945-2025 ... le 80e anniversaire de la libération de la Belgique !
Les gourmets ne sont pas oubliés avec quelques recettes bien belges, chicons et bières ...

© Casterman 2024
Bref une mine incroyable d'informations dans tous les domaines pour rendre 2025 plus intéressante, vivante et passionnante écologiquement et humainement !

© Geluck - Casterman 2024
Du côté agenda, de poche ou de bureau, comment passer à côté de ceux du Chat ? Pratique, clair et subtilement illustré, agréable en main (ce qui ne gâche rien !), le Chat illuminera par son humour, sa facétie et sa dérision chacune des 52 prochaines semaines.
Sur votre bureau ou dans votre poche, vous pourrez aisément gérer rendez-vous, dates de festivité, ... bref organiser vos journées, vos semaines, vos mois ... 2025 !
"C'est parce que l'avenir nous appartient qu'il nous appartient de le faire vivre !"

© Geluck - Casterman 2024
Plaisant, beau, on retrouve toutes ces qualités dans le grand calendrier mural du Chat. Douze mois, douze illustrations et de quoi égayer vos journées rien qu'en regardant la page du mois !
Pour soi ou pour un ami, un proche, 3-4 petites idées de cadeau à faire juste "comme ça", pour le plaisir de (se) faire plaisir en offrant ... en s'offrant de quoi voir en rose, en légèreté et en humour l'année qui vient !

© Geluck - Casterman 2024
Thierry Ligot
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Le grand Double Almanach belge dit de Liège - 2025
Éditeur : Casterman
Genre : informations générales - almanach
Public : tout
Parution : 2/10/2024
Page : 192
Format : 11 x 14 cm
ISBN : 978 2 203 28411 1
Prix : 5,95 €
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Agenda de poche "Le Chat 2025"
Éditeur : Casterman
Scénario - Dessin : Philippe Geluck
Genre : humour - papeterie
Public : tout
Parution : 25/09/2024
Page : 136
Format : 9,8 x 16,6 cm
ISBN : 978 2 203 28109 1
Prix : 12 €
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Agenda de bureau "Le Chat 2025"
Éditeur : Casterman
Scénario - Dessin : Philippe Geluck
Genre : humour - papeterie
Public : tout
Parution : 25/09/2024
Page : 128
Format : 18,6 x 22,7 cm
ISBN : 978 2 203 28108 0
Prix : 17 €
Le "coup d'éclat", que dis-je, le "coup de maître" dans le petit monde du 9e art en ce début d'année est clairement l'annonce conjointe faite par la Galerie Huberty & Breyne et la maison de vente Christie's ! Une vente exceptionnelle, une exclusivité, une occasion unique ... pour les collectionneurs, et accessoirement les fans du cow-boy qui tire plus vite que son ombre !
Pour la première fois, 50 planches de Morris, l'homme qui créa Lucky Luke vont être mises aux enchères ce 15 novembre prochain à Paris.
Le "Lonesome cowboy" quittera donc pour la première fois les archives de la famille De Bevere afin de clore en beauté le centenaire de son créateur, Morris (1923 - 2001).
Imaginé en 1946, il apparaît pour la première fois dans "Arizona 1880". En 1947, "La Mine d'or de Dick Digger" (scénario de son frère Louis) est publié en feuilleton dans l'hebdomadaire "Spirou".
Père d'un seul "héros", Morris fit appel, tout au long de sa carrière, à plusieurs scénaristes pour faire vivre à son "enfant". D'abord son frère donc, puis un certain Goscinny, Xavier Fauche, Bob de Groot, Jean Léturgie, Vicq, Guy Vidal, ...
© Morris
Exposé d'abord à Bruxelles (les 9 et 10 octobre derniers), ce véritable trésor est actuellement, et jusqu'au 24 octobre, à Genève. Pour nos amis français, et surtout Parisiens, ils auront la chance de venir l'admirer du 9 au 15 novembre, date de la vente aux enchères ... qui verra chacune de ces planches, plus que certainement, s'en aller dans des collections privées ici et là !
Pour les estimations, les planches varient, en prix de lancement, entre 20 et 70.000 € (plus les frais évidemment) ! Je vous laisse le plaisir d'imaginer le montant total que cette première pourrait engranger ! Un record ???
Et pour celles et ceux qui rêvent d'une suite, désolé ! De l'avis même d'Alain Huberty, aucune autre "ouverture" de la caverne aux trésors de "Morris" n'est programmée, ou ne serait-ce envisagée. Cette vente serait ainsi bel et bien un one-shot ! Une manière de faire encore plus monter les enchères ??? L'avenir nous le confirmera ... ou non !

© Morris
BD Best était tout naturellement au cocktail de présentation de ces 50 chefs-d'œuvre chez Christie's Bruxelles. C'est ainsi que nous nous faisons une joie de vous les visionner, recto-verso ! Les admirer pour la première et probablement dernière fois de près nous offre cette chance d'apprécier tout le talent de Maurice De Bevere, à peine célébré dans sa ville natale, Courtrai !
Une plongée fracassante dans l'univers graphique de Morris, un des maîtres incontesté de la BD franco-belge !

© Morris
Vous souhaitez assister ... participer ... à cette première mondiale ? Les locaux de Christie's à Paris : 9 avenue Matignon !
Cocktail du lundi 7 octobre chez Christie's Bruxelles :
Thierry Ligot
Elle est jeune, blonde, avec un caractère bien trempé, téméraire et audacieuse, garçon manqué avec une féminité assumée et a réussi à faire chavirer le cœur du plus grand pilote américain de F1 du 9e Art, Steve Warson !
Née en 1976 du crayon de Jean Graton, Julie Wood a marqué son époque dans le monde de la BD automobile. Seule femme pilote de moto des années '70, elle connut 8 albums avec un certain succès en 4 ans !
De "Une fille nommée Julie Wood" au "Bol d'or", elle marqua les esprits des fans de Jean Graton, au point de réapparaître dans quelques albums de "Michel Vaillant". Le temps pour elle de faire succomber le charmeur de Steve Warson ... à moins que ce ne fut l'inverse !
Depuis de nombreuses années, une petite vague de fond semblait souhaiter, réclamer désirer, fantasmer son retour !
C'est désormais chose faite. Alors que la saison 2 de MV est désormais bien sur les pistes, tout comme les autres "franchises" ou spin off de la série, "Légendes" et "Histoires courtes", l'heure est venue pour l'équipe autour de Jean-Louis Dauger de s'attaquer à la résurrection de la jeune Californienne.

© Stassi - Pelaez - 2024
Il ne s'agira pas de la remettre dans "Michel Vaillant" mais bien de lui faire vivre de nouvelles aventures propres. A 18 ans (l'avantage du 9e Art pour les héros/héroïnes ... ne pas forcément vieillir avec les années !), elle a le monde à découvrir, une place à se faire, une famille dont nous allons enfin en savoir un peu plus, ...
Bref, elle est n'est pas encore championne du monde de motocross mais est déjà reconnue dans son monde !
C'est tout cela que le numéro 50 de Moto Heroes traite dans un fort long article "Julie Wood, retour en piste".

© Stassi - Pelaez - 2024
Retour sur Jean Graton, ses passions pour le dessin et le sport automobile et moto. N'a-t-il pas été "élevé à l'huile de ricin", comme il le dira lui-même ?
Après notamment Michel Vaillant en 1959, il donnera ainsi naissance à une héroïne de 18 ans en se servant comme modèle d'une amie de son fils Jean-Claude, rencontrée sur un campus universitaire. Elle a 17 ans, fait des études de médecine et se nomme Dominique Biarent !
Julie Wood fera quelques apparitions dans l'univers de Michel Vaillant à partir de l'album "Paris-Dakar" (1982), mais sans plus.
Petite question pour les vrais fans : pourquoi ce nom de famille de "Wood" ? (* réponse en bas de l'article)
Ici, la saison 2 de Julie Wood démarrera à la fin de l'album 8 de sa S1.
Au guidon, Philippe Pelaez au scénario et Claudio Stassi au dessin et comme guest star au storyboard ... Marc Bourgne.
Le titre de ce premier album de la S2 ? "Mortel Rodéo". Parution annoncée pour janvier 2025 ! Un tirage de 15.000 exemplaires et 3 albums "sous contrat" au départ : 2025 - 2026 & 2027.
Envie d'en savoir plus ? Alors n'hésitez pas ... "Moto Heroes, n° 50 / octobre - décembre 2024".
Pour recevoir un mail le jour du lancement de la saison 2 de Julie Wood, suivez ce lien : Julie Wood - S2
Et pour les impatients, c'est l'occasion de se replonger dans les 8 albums de la saison 1 ... cela tombe bien, ils sont justement réédités en intégral !

© Stassi - Pelaez - 2024
Maintenant pour le reste, ce numéro 50 offre de nombreux autres articles qui passionneront tous les bikers.
Parmi ceux-ci, une très longue rencontre avec Florent Pagny. Sa "liberté de rouler" a débuté avec une Triumph Thunderbird 650 6T des années 60 ! Plaisir de lecture non feint de ma part lorsque Florent parle de ses Harley ... L'Américaine évidemment, une Knucklehead de 1939, excusez du peu, modèle qui apportait tant d'améliorations et d'innovations pour la marque de Milwaukee, ou encore une Electra Glide de 1978 ...
Son épouse, elle, roule avec une Softail Deluxe ! Un modèle racé, élégant mais puissant ... tout à l'image toujours prônée par la marque !
D'autres entretiens nous présentent, par exemple, Olivier Laban. Ostréiculteur sur le bassin d'Arcachon, à côté de sa passion pour les huîtres, se développe celle des motos. Il en possède 3, dont une Harley également pour les balades entre copains ou en famille.

© Moto Heroes - 2024
Un quatrième article qui a tout particulièrement notre attention, l'interview du réalisateur Kelly Blatz. Il nous parle de la genèse de son second long-métrage, "One Fast Move" dont l'histoire se déroule dans le monde des courses de ... moto évidemment !
Petit dossier "encyclopédique" sur les "livreurs de gaz", ces pilotes qui se sont faits un nom sur 2 roues avant de devenir des champions en F1 ... Jean-Pierre Beltoise, Patrick Depailler, Jean Behra, Jackie Ickx, Guy Ligier, ... et bien d'autres !

© Moto Heroes - 2024
Pour le reste, les sujets traditionnels, mais toujours innovants et des plus intéressants sur les nouveautés et innovations technologiques, l'équipement, ses concepteurs, ses adeptes, ...
Clairement quelques bonnes heures de lecture pour se remettre de cette météo plus qu'automnale !
Thierry Ligot
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Magazine : Moto Heroes
Numéro : 50 - Octobre à décembre 2024
Éditeur : SAS Heroes Publising
Parution : septembre 2024
Et donc, afin de pouvoir vous procurer plus facilement ce tonitruant n°50 de Moto Heroes, n'hésitez pas à vous rendre sur le site KIOSK de Heroes : Chapitre 50
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* Le nom de "Wood" fait référence au dessinateur de Julie au Studio Graton en 1976 : Robert Scott WOOD !!! Dessinateur américain spécialisé dans les motos, son divorce en 1979 l'incita à rentrer chez lui ... ce qui "provoqua" directement la fin de la série avec un 9e tome jamais achevé !
1939, a à peine 19 ans, le jeune Marcel Legrand est encore plein d'idéal et de rêves pour la France.
"On était une famille traditionnelle, catholique, aisée, stricte, et ma mère était pieuse. J'étais aussi croyant et je m'intéressais à la politique. J'étais proche d'un parti de centre-droit, le Parti démocrate populaire et sa branche jeunesse.
Ma mère aurait voulu que j'intègre le séminaire. Moi, je rêvais plutôt de Saint-Cyr, l'école des officiers de l'armée de terre, ou de Polytechnique. Je planchais en classe préparatoire.
Je ne savais pas encore à quel point les officiers de cette époque allaient faillir. Pour l'heure, les démocraties anglaises et françaises, avec leur Empire, paraissaient puissantes et invincibles.
La guerre semblait inévitable ... Mais à coup sûr, elle serait brève et victorieuse."
Ceci est son histoire ... enfin celle du père de Thomas Legrand qui pour ces besoins va le renommer "Jacques Leboy" !
Le 3 septembre, la guerre est déclarée et Marcel ... euh pardon, Jacques tient à s'engager sans tarder ... à devancer l'appel ! C'est ainsi que le 22 septembre, à Saint-Omer, il devient le seconde classe Leboy. Comme aspirant officier, il sera envoyé au front 3 mois plus tard !
A la tête de sa section de 40 tirailleurs algériens du 1er Régiment d'infanterie coloniale, il reçoit l'ordre de prendre position à une centaine de km de Paris. Il la tiendra pendant plusieurs semaines, sans voir l'ombre d'un Allemand et sans recevoir de nouveaux ordres ... Et ce sera la même chose lorsque l'ennemi arrivera devant sa position.
La dure réalité saute alors à ses yeux ! Eux, une armée du siècle passé, avec un équipement lourd, épais, rigide, armé d'un fusil Gras datant des années 1874 !
En face, une armée moderne, motorisée, sur-équipée, dans des uniformes confortables et pratiques au combat. Et que dire de leur stratégie ... ? La
Il était l'image d'une armée de 14-18 face à une armée de demain !
Comment encore croire en ses officiers supérieurs et en leur stratégie dans de telles conditions ?

© Legrand - Warzala - Rue de Sèvres 2024
A premier coup de feu, l'inéluctable lui saute aux yeux. Il ordonne à ses hommes de fuir comme ils le pourront et se rend sans lutter !
Il se retrouve ainsi, pendant plusieurs mois, au Stalag VI-D, près de Dortmund, lieu de "triage" des prisonniers belges et français.
Entretemps, la France de Pétain s'est rendue sans condition. Près de 2 millions de soldats français sont prisonniers. Pétain, via son ambassadeur Georges Scapini, obtient des autorités nazies que les aspirants officiers soient regroupés dans un camp "modèle" afin de poursuivre leur formation et devenir plus tard les futurs cadres de l'armée européenne qui naîtra avec la victoire totale du Reich ! Du moins, ils l'espèrent ! Une armée "européenne" nazie sous les ordres du Führer !
Ce sera au Stalag I-A, à Stalblac, en Prusse-Orientale, au-delà de la Pologne, à 1.500 km de la France. Ceci afin de refroidir toutes envies ou tentatives d'évasion de cette future élite !

© Legrand - Warzala - Rue de Sèvres 2024
Jacques y découvre la vie du Stalag, les dissensions d'opinions entre tous ces aspirants, ces prisonniers. Certains acceptent leur sort et décident de rester fidèles à Pétain, quitte à "collaborer".
D'autres, dont Jacques, refusent cette démission et désirent poursuivre la lutte. Surtout qu'ils apprennent qu'un certain général De Gaulle s'est enfuie à Londres pour regrouper les forces de la France Libre ...
Commence une longue et pénible captivité ... Même si certains avantages leur sont accordés pour les "encourager" dans leur "formation", "endoctrinement", l'idée de s'évader mûri lentement dans l'esprit de Jacques et d'un autre camarade, Pierre de Menlourd.
Néanmoins, dans ce camp où toutes les tendances politiques se retrouvent, comment faire confiance à l'un ou à l'autre ? Entre les pro-Pétains et les pro-De Gaulle, un jeu de sournois - hypocrites se met en place. Il est accentué par l'arrivée du général Didelet, ancien attaché militaire à l'ambassade de France à Berlin (avant la guerre). Il est désigné par Vichy et accepté par Berlin pour encadrer les aspis du camp I-A, bref pour s'assurer que l'Aspilag ne devienne pas un camp disciplinaire mais bien un camp "universitaire" modèle ... tourné vers la "rééducation idéologique" de ces aspis parfois fort turbulents.

© Legrand - Warzala - Rue de Sèvres 2024
Un récit sans "héros" au sens propre du terme ... Evasions ratées ou annulées, hésitations quant à savoir qui suivre, quelle tendance politique et morale sera la bonne en fonction de ses valeurs, ... Des années de conflits intérieurs qui déchireront Jacques !
Des aspis partagés entre ceux qui s'en foutent, ceux qui trahissent et sont prêts à collaborer, puis les autres, forcés de se méfier de tout et tous, qui décident de "résister" pour sauver l'honneur de la France !
Un récit poignant sur la détention d'un de ces aspis déçus et honteux de la défaite de la France vécu de l'intérieur lors de sa déportation loin de chez lui ! Réflexions sur ses choix qu'ils soient politiques ou moraux ... le poids et la valeur de sa parole donnée face à sa foi, à sa conscience !
Thomas Legrand réussit ainsi à nous présenter son père naturellement, sans le glorifier, ni le juger. Un récit issu d'une "confession" tardive de l'intéressé à la fin de sa vie. Une façon de rendre hommage au courage de son père, comme à celui des milliers de soldats qui refusèrent de baisser les bras après la désertion et l'abandon de la lutte d'une partie de leurs dirigeants.
Un titre résumant parfaitement toutes les désillusions qu'a vécues Marcel Legrand lors de sa captivité au fin fond de l'Allemagne.
... Les "illusions" perdues d'une France qui a perdu (dans un premier temps) la guerre avant même d'avoir tiré le premier coup de fusil !

© Legrand - Warzala - Rue de Sèvres 2024
Sortant clairement des fictions sur le thème des prisonniers de guerre et la Seconde Guerre Mondiale, ici pas d'actions spectaculaires ou autres faisant du personnage central le "héros" qui "gagne" à la fin !
Au contraire, Thomas Legrand traite ici d'un aspect ignoré de la guerre ... la vraie ! Rarement, pour ne pas dire, jamais repris en BD, la vie peu reluisante d'un fils de bonne famille, d'un bourgeois moyen qui face à la défaite de ses supérieurs se retrouve 5 longues années dans un camp où la collaboration montre un visage différent de celui fréquemment présenté au grand public.
Entre avantages accordés malgré tout et punitions, brimades, privations, la véritable vie dans ce aspilag "universitaire" de cette "élite" qui devait devenir le "maillon français" de la "nouvelle Europe" imaginée par Hitler !

© Legrand - Warzala - Rue de Sèvres 2024
Le récit est superbement servi par le dessin par François Warzala. Un trait ligne clair classique, épuré agréable pour les "bons" mais plus dur et anguleux pour les "méchants" ! Une palette de couleurs également sensible à l'atmosphère brunâtre des camps contrastant avec le gris vert des uniformes allemands.
Un récit touchant de sincérité et d'humilité d'un homme face à une situation qui le dépasse et pour qui il n'est qu'un pion.
Un petit dossier complémentaire clôture l'album avec des documents et photos d'époque de Marcel Legrand. Comme pour authentifier encore plus ce témoignage familial !
Thierry Ligot
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Titre : Les évasions perdues - Stablack, l'université de la collaboration
Scénario : Thomas Legrand
Dessin & couleurs : François Warzala
Éditeur : Rue de Sèvres
Tome : One shot
Genre : histoire, 2e guerre mondiale, réflexion morale & sociale
Public : ado - adulte
Parution : 18/9/2024
Page : 138
Format : 28,3 x 21,6 x 2,2 cm
ISBN : 978 2 81020 877 7
Prix : 22 €
"- Mon garçon, vous n'êtes pas taillé pour l'armée ...
- Mais ? ... Je veux en être !
- Allons ! Vous faites 1,58 m, vous êtes à peine plus grand qu'un fusil. Et très franchement, probablement pas beaucoup plus lourd. Rentrez chez vous !
- Mais ...
- Assez. Je vous refuse. Considérez-vous chanceux. Beaucoup aimeraient être à votre place."
Nous sommes dans la Drôme, en 1913. Le jeune homme qui vient de se faire réformer alors que son rêve est de s'engager se nomme Albert Roche.
Fils unique de paysan, sa petite taille est clairement l'obstacle majeur à son incorporation.
Pour son père, ses 2 bras seront nettement plus utiles à la ferme que dans l'armée.
Pourtant, c'est son rêve ! Servir son pays !
En 1914, la guerre éclate, c'est la mobilisation générale ... Générale, sauf pour Albert Roche qui est à nouveau refusé ! Obstiné, il force les portes. Mais son physique ne l'aide pas aux entraînements et après un coup de sang contre un camarade se moquant de lui, c'est à nouveau la décision de renvoi. Il sera démobilisé le lendemain.
Jouant alors le tout pour le tout, il s'enfuit durant la nuit ... Arrêté et accusé de "désertion en temps de guerre" ! Un comble !
Conseil de guerre ubuesque ! Contre le réquisitoire du tribunal, il se défend en accusant l'armée de lui refuser le droit d'aller au front pour se battre !
Renversant la situation en sa faveur, il est "condamné", malgré "qu'avec votre niveau, vous avez peu de chances d'en revenir" à partir en première ligne ! Comme "punition", les autorités militaires se voient forcées d'exaucer son vœu !
Ils l'envoient rejoindre le 27e bataillon de Chasseurs alpins, les fameux "Diables Bleus" !
© Hervieux - Stalner - Grand Angle 2024
L'homme dont l'armée ne voulait pas va alors faire mentir ses supérieurs et se se montrer un redoutable combattant ! Réalisant des exploits incroyables, il mène les opérations des plus dangereuses et risquées. Blessé à 9 reprises, il sera fait prisonnier avant d'inverser la situation en faisant lui-même prisonnier les Allemands l'ayant capturé ! A lui seul, en 4 ans de conflit, il libérera une cinquantaine de ses camarades, ramènera 1180 prisonniers dans ses lignes, prendra d'assaut des positions ennemies, ira récupérer des camarades, soldats et officiers, oubliés sur le champ de bataille, ...
Le 27 novembre, le maréchal Foch le présente à la population strasbourgeoise en liesse comme
"Alsaciens ! Je vous présente votre libérateur, Albert Roche. C'est le premier soldat de France !"
D'autres honneurs lui seront rendus dans les mois et années suivants. N'a-t-il pas été l'arme française la plus terrifiante de 14-18 ? Le soldat (tiens, c'est vrai, il n'a jamais monté en grade malgré ses faits d'armes) qu'il valait mieux avoir avec soi que contre soi !
Mais à 44 ans, lorsque Albert Fernand Séverin Roche meurt d'un "stupide accident de la route", c'est dans quasi une indifférence générale qu'il est enterré. Nous sommes le 14 avril 1939 ... et une autre guerre est aux portes de l'Europe, de la France !

© Hervieux - Stalner - Grand Angle 2024
"Expert d'inconnus célèbres" à (re)mettre en lumière, Julien Hervieux quitte son "Petit Théâtre des opérations" pour s'attaquer non plus à une anecdote ou un exploit militaire isolé mais carrément à une vie de héros.
Pour la petite histoire, elle, dans le premier volume du "Petit Théâtre", un chapitre était déjà consacré à Albert Roche, le soldat de plus décoré de la 1ère Guerre ...
BA de l'album :
Un héros, un chasseur alpin parmi d'autres ... ? Non, un chasseur alpin d'1m58, trop petit, trop chétif, trop ... qui par sa volonté, son courage, son abnégation face aux dangers réussira des "coups" plus qu'héroïques !
Par sa narration, son sens du récit, sans dramatiser mais sans s'apitoyer non plus, Julien Hervieux nous relate de façon haletante le parcours de ce petit "grand" soldat de France !
Des actes hors du commun, un "Steve Rogers" français avant l'heure ! Mais sans programme expérimental pour le transformer en "Captain France" !
Pourtant, ici tout est vrai, authentique, historique. Pas de "super-héros" à la française ! Un "p'tit gars d'la Drôme" qui en voulait !
Julien Hervieux s'est, comme à l'accoutumée, longtemps documenté avant d'écrire son scénario. Un exploit également que de réussir à résumer ce parcours en 64 pages !
Mais le style reste identique à celui du "Petit Théâtre", léger, héroïque, vrai !

© Hervieux - Stalner - Grand Angle 2024
Côté dessin et couleurs, le talent d'Eric Stalner fait merveille. Son trait réaliste illustre parfaitement les atmosphères sombres et pâles, pluvieuses et brumeuses ici, hivernales là.
Un dessin faisant la part belle aux expressions, aux visages mais également explosant dans les scènes de combat et d'action. Une mise en page au plus proche de cette action quand il le faut, des cadrages virevoltant autour des sujets, des décors et détails impressionnants ... Un art de mettre la narration en images au point d'y transporter le lecteur dès les premières cases !
Bref une association idéale entre un scénario captivant et un dessin parfait !

© Hervieux - Stalner - Grand Angle 2024
Premier opus de cette nouvelle collection "Héros de guerre", un homme, un scénariste et un dessinateur à chaque album ... Qui sera le sujet du second ??
Pour les collectionneurs, une édition spéciale existe également. Publiée en 600 exemplaires pour les librairies "Tribulles" (Mulhouse) et "Ça va Buller" (Strasbourg), elle a un frontispice numéroté et signé par Eric Stalner. Enrichie de 8 pages supplémentaires (recherches, crayonnés et travaux préparatoires), elle se caractérise également par une superbe couverture alternative.
Thierry Ligot
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Série : Héros de guerre
Titre : 1 - Albert Roche
Scénario : Albert Roche
Dessin & couleurs : Eric Stalner
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
Genre : biographie - guerre
Public : ado - adulte
Parution : 25/9/2024
Page : 64
Format : 24,3 x 32 cm
ISBN : 979 1 0411 0374 4
Prix : 16,9 €
Plus de 60 ans de lutte, de combat ... de défaites parfois, souvent, longtemps ... mais finalement d'importantes victoires pour la préservation des ressources de notre planète, de nos océans !
La peur ? Non, elle reconnaît qu'elle ne l'a jamais connue ... Mais la TERREUR, oui !
"Quand déferle une mer souvent creuse qui arrive de 1.000 km sur vous qui naviguez dans une pirogue de bois, sortie d'un arbre ... Eh bien vous êtes très léger, très vulnérable ... Vous luttez avec la confiance que vous avez en votre destin !"
Celle qui prononce ces mots lors d'une conférence à Saint-Malo en 1994, est Anita Conti, la redoutable "Dame de la mer" !
Première véritable écologiste de France, elle l'est en défendant la relation entre les humains et l'environnement, leur environnement car "oikos" signifie bien "maison" en grec ! Défendre sa "maison".
Née le 17 mai 1899, son destin est la "mer" ... Et tout l'y conduira !
Son prénom "Anita", en l'honneur de la grand-mère de Jésus qui aurait voyagé jusqu'en Bretagne pour devenir la sainte patronne des mères.
Son baptême que son père fait en la lâchant, au sens propre, dans la mer afin de lui apprendre à nager avant de marcher ! Ce sur quoi un marin lui répondra :
"Nous autres, ici, on ne sait pas nager. Quand la mer vous prend, à quoi bon vouloir lutter ?"
Et si cela ne suffisait pas ... à 10 ans, elle pêche en pleine mer, dans une barquette, avec son petit frère et un ami. Un requin les fait chavirer ... Recueillie par des marins, qui se moquent d'eux, convaincus qu'ils ne sont pas près de remonter dans une barque, Anita rétorque :
"Si ! Dès que nous aurons écopé.
Je ne suis pas un garçon manqué, je suis une jeune fille réussie !"
Elle est définitivement atteinte du virus de la mer ... d'autant plus qu'elle trouve triste tous ces poissons morts ramenés par les pêcheurs !

© Catel - Bocquet - Casterman 2024
Pourtant, entrant dans la vie active, c'est comme relieuse d'art de talent que le Tout-Paris bibliophile se l'arrachera d'abord ! Elle sera même perçue comme novatrice en la matière.
Tempérament faisant, son travail d'atelier qui ne lui suffit cependant plus. Elle recherche plus d'action, plus d'un engagement qu'elle ne définit pas encore exactement ! Elle entre donc, en 1931, chez "Eve", hebdomadaire féminin, et entraîne ses lectrices dans les mystères des siphonophores (animaux marins en forme de plantes) ici ou aux origines de certains mots comme "mirobolants" !
L'année suivante, elle embarque sur l'aviso "La Ville-d'Ys" comme reporter-photographe. Elle approche pour la première fois les pêcheurs morutiers.

© Catel - Bocquet - Casterman 2024
A partir de ce moment, elle ne cessera d'enchaîner les campagnes de pêche, d'exploration et de recherche sur les fonds marins et la vie sous-marine.
C'est ainsi qu'elle dénonce, dès les années '30, les méfaits et conséquences de la surpêche !
Une prise de conscience qu'elle ne cessera de partager autour d'elle.
"Tous les bateaux ramassent le poisson à l'aveuglette. Tous rejettent des tonnes de "faux" poissons : les inutiles, les sales gueules, les indésirables, les traînards, les hors-la-loi. Ailleurs, des pays sont privés de nourriture ... quel gâchis !"
Dénoncé sera une fois, proposer des solutions et les expérimenter sera la suite de combat.
Femme libre des carcans sociaux de son époque, lanceuse d'alerte avant l'heure, pionnière océanique bien avant le commandant Cousteau, documentaliste, conférencière hors pair, réalisatrice de films, ... elle devra lutter pour se faire entendre, pour se faire reconnaître !
Malgré une Légion d'Honneur tardive, les honneurs de festivals, ... elle finira sa vie dans un quasi-dénuement général.
Et aujourd'hui encore, son nom est souvent ignoré du grand public !

© Catel - Bocquet - Casterman 2024
C'est tout cela qui justifie amplement son "entrée" dans la collection des "Clandestines de l'Histoire" de Catel et José-Louis Bocquet.
L'envie de remettre en lumière le parcours de celle qui consacra sa vie aux océans est amplement mérité. Sa passion, son énergie, son jusqu'au-boutisme fera d'elle la première océanographe française.
Une biographie claire, vivante, rythmée, loin d'un académisme morne, José-Louis Bocquet utilise les recettes qui ont fait le succès des tomes précédents (Joséphine Baker, Olympe de Gourges, Kiki de Montparnasse et Alice Guy). Se centrant sur les dates et événements clés de l'existence de son héroïne, il relate sa vie par de petits chapitres de maximum une quinzaine de pages. Un ton léger, des dialogues efficaces, tout est fait pour faciliter la lecture.
Second atout de cette série, le dessin de Catel. Toujours aussi rond et jovial, il accentue le côté "positif" et agréable de la narration. Il nous donne ainsi "envie" de lire cette brique de plus de 300 pages.
Un trait n&b nuancé laisse une belle place aux dialogues, sans les écraser, ni les minimaliser. Un juste équilibre "texte" - "dessin" exclusivement au service du récit !
Tout comme les dossiers "Chronologique" et "Notices biographiques" ! Ce dernier présente les principales personnalités ayant simplement croisés ou au contraire joués un quelconque rôle dans la vie d'Anita Conti. Là, la lecture est toutefois plus "compacte". Indispensable pour bien comprendre "qui est qui" mais qui sera peut-être un rien trop "encyclopédique" pour certains !

© Catel - Bocquet - Casterman 2024
Nul doute du plaisir que les auteurs auront pris dans leurs recherches puis dans l'écriture du scénario et dans sa mise en dessin ! Un plaisir qu'ils réussissent parfaitement à nous partager au fur et à mesure des pages.
Maintenant que nous en savons plus sur Anita Conti, la "Dame de la mer", la seule question est : qui sera la prochaine "Clandestine de l'Histoire" ?
Thierry Ligot
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Série : Les Clandestines de l'Histoire
Tome : 5 - Anita Conti
Scénario : José-Louis Bocquet
Dessin : Catel Muller
Conseiller historique : Laurent Girault-Conti
Éditeur : Casterman
Genre : biographie, historique, roman graphique
Parution : 18/9/2024
Pages : 368
Format : 17 x 24 cm
ISBN : 978 2 203 24163 3
Prix : 24,95 €
Les océans, berceaux et sources de la vie, font que notre Terre se surnomme si joliment la "planète bleue" !
72 % de sa surface ne sont-ils pas recouverts par les océans ?
Milieu à la fois rassurant et inquiétant, invitant à l'aventure et au mystère, devant lequel l'homme se retrouve obligatoirement confronté à lui-même, la mer ne permet pas de tricher !
Dépassant largement l'individu, elle représente par ailleurs bien souvent des enjeux mondiaux tels qu'économiques, politiques, sociaux ... De petits pays ont dominé le monde grâce à leur maîtrise des océans. Aujourd'hui, 90 % du commerce mondial s'effectuent via les voies maritimes. Des cargos, des porte-conteneurs, des pétroliers toujours plus grands, plus imposants sillonnent le globe dans tous les sens.
Ainsi, il était inimaginable qu'Hergé n'y fasse pas régulièrement allusion dans les aventures de Tintin. Il suffit tout simplement de penser à l'acolyte, au partenaire, au faire-valoir (?) préféré de son reporter, j'ai cité le capitaine Haddock !
Apparu dans "Le Crabe aux Pinces d'or" (1941), loin d'être à son avantage, le piteux capitaine mais futur ami indéfectible sera la facette "bon vivant" de Tintin.
Ses qualités sont aussi vitales à la série que ses défauts. Un langage "verdoyant et fleuri", un humour parfois déjanté, une fidélité à toutes épreuve, il apprendra rapidement à mieux "gérer" son penchant pour certains breuvages dorés !

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024
A côté de cela, il apportera sa science et son savoir maritime, sa maîtrise des océans à de nombreuses occasions. Rappelez-vous "Le Secret de La Licorne", "Le Trésor de Rackham Le Rouge" (mes 2 préférés !), "Coke en stock" ou encore "L'étoile mystérieuse" !
Nous avions déjà pu nous immerger dans l'univers maritime d'Hergé, et donc de son capitaine au long cours, avec le numéro 10 de "Tintin, c'est l'aventure" (nov 2021 - jan 2022).
Ainsi thème déjà abordé mais qui mérite largement un Hors-série spécial !
C'est chose faite avec ce numéro-ci ...
Centré en partie sur le capitaine Archibald Haddock et ses différents visages, il nous invite par ailleurs à une meilleure compréhension de l'importance de la préservation de nos océans ... et de leurs grands fonds !

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En plus des traditionnels articles et rubriques consacrés au monde hergéen et à ses archives, petits trésors parfois méconnus, nous trouvons un fort intéressant entretien avec Jean-Luc Van den Heede, vainqueur de la "Golden Globe Race" en 2018, recordman du tour du monde en solitaire d'est en ouest et du nombre de passage du terrifiant Cap Horn !
De son côté, Cyrille P. Coutansais, directeur du Département Recherches du Centre d'Études Stratégiques de la Marine, nous dresse un état des lieux de la situation géopolitique des mers ainsi que des nouveaux rapports de force entre États. Les océans et leur maîtrise sont plus que jamais au centre des enjeux militaires. Le réarmement naval de certaines grandes puissances en est la preuve évidente.

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024
Autre question également abordée dans ce numéro : au XXIe siècle est-elle toujours propice à l'aventure ? La réponse ? Page 82 ...
"Haddock, un homme à la mer !", un hors-série qui évoque à la fois le personnage ayant le plus de panache dans l'univers d'Hergé, et son univers maritime.
Alors, larguez les amarres et bon vent, mille millions de mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest !

© Prisma Media – Tintinimaginatio 2024
Autrement dit, bonne lecture !
Thierry Ligot
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Série : Tintin c’est l’aventure
Titre : Haddock, un homme à la mer !
Tome : HS 5
Éditeur : Éditions Moulinsart – Géo – Prisma Media
Parution : 19/7/2024
Nombre de pages : 96
Format : 21 x 29 cm
ISBN : 978-2-8104-4029-0
Prix : 16,99 €
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©BD-Best v3.5 / 2026 |