Information générale concernant le monde de la BD
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Un bijou de Tintin.   Tintin – Les bijoux de la Castafiore Version du Journal de Tintin

 

"-Tchang m'écrit de Londres : tout va bien, et il vous adresse son meilleur souvenir.

-Quel charmant garçon, ce Tchang !

-Oui… et une autre lettre signée – vous ne le devineriez jamais – Bianca Castafiore…

-Bianca Castafiore !... Ha ! Ha ! Ha ! Ce cher rossignol milanais !... (…) Et que nous annonce-t-elle, cette charmante créature ? (…)

-Ce qu'elle nous annonce ?... Son arrivée pour demain !..."

 

 

 

 

 


A Moulinsart, Tintin, Haddock et Milou se promènent dans la campagne environnante du château. Ils rencontrent une enfant qui pleure en plein forêt. C'est une petite tzigane. Elle les conduit au campement où se trouve sa famille. Les lieux sont insalubres. C'est un véritable dépotoir. Le capitaine Haddock leur promet une belle pâture près de son domicile, auprès d'une rivière. De retour au château, après une chute de Tournesol dans l'escalier à cause d'une marche cassée, un coup de fil à l'artisan Monsieur Boullu après une mauvaise direction à la boucherie Sanzot, c'est l'heure de l'apéritif pour le propriétaire des lieux. Tintin en profite pour ouvrir le courrier qu'il vient de récupérer. Il y a une lettre de Tchang, et une autre de Bianca Castafiore… annonçant sa venue pour le lendemain, à la grande joie de Haddock.

© Hergé/Tintinimaginatio 2023

Le décor est en place. Les acteurs sont en place. Il ne reste plus qu'à la star, à la diva, à entrer en scène. Nous sommes dans le huis-clos le plus célèbre du Neuvième Art, celui qui est à la comédie ce que Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux est au polar. Nous sommes en train de lire les mythiques bijoux de la Castafiore. Le rossignol milanais débarque avec sa fidèle dame de compagnie Irma et son pianiste attitré Igor Wagner. Le séjour va être perturbé par une disparition : celle de ses bijoux. Il faudra toute la lucidité d'un Tintin qui, comme une didascalie sur la couverture originelle, fait le pont entre ses compagnons d'aventure et les lecteurs. On dit souvent que l'aventure est au coin de la rue. Là, elle est carrément à domicile. Coup de génie et coup de maître, Hergé fait une démonstration de virtuosité.

© Hergé/Tintinimaginatio 2023

La préface non créditée est signée Philippe Fontaine. Elle détaille la genèse de la vingt-et-unième aventure de Tintin présentée ici dans la version de sa parution dans le journal de Tintin, avec le grain et les couleurs de l'époque, un sublime travail éditorial. Après Tintin au Tibet, Hergé, empêtré dans Tintin et le thermozéro sur un scénario de Greg (qui restera inachevé), tombe sur un Paris Match avec Sophia Loren en couverture, annonçant le vol de ses bijoux sur le tournage d'un film. Un autre fait divers attira son attention : un camp de tsiganes était installé non loin de chez lui près d'une décharge. La problématique de départ était alors toute trouvée : les gens du voyage allaient être injustement accusés du vol des bijoux de la Castafiore. Entre autres anecdotes, on apprend qu'Igor Wagner s'est d'abord appelé Casimir, puis Wladimir. On admire le plan du château réalisé par les collaborateurs du maître pour mieux réaliser l'intrigue, dévoilant quelques contradictions avec des mises en place dans des albums précédents. Sont également mises en évidence quelques cases redessinées entre cette version et la parution en album.

© Hergé/Tintinimaginatio 2023

Pour accompagner la relecture de cet album exceptionnel, on ne peut que vous conseiller de (re)lire le truculent roman Meurtre à Mouliserre, signé Renaud Nattiez, paru chez 1000 sabords. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau. Ciel, mes bijoux !

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Tintin

Tome : Les bijoux de la Castafiore Version du Journal de Tintin

Genre : Aventure

Scénario & Dessins : Hergé

Dossier introductif : Philippe Fontaine

Éditeur : Moulinsart/Casterman

ISBN : 9782203254404

Nombre de pages : 80

Prix : 16,95 €


 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


L'esprit des lois.   Bobigny 1972 / Dans les couloirs du conseil constitutionnel

 

"-Laisse-moi entrer, Marie-Claire… Que je te voie. Savoir si je dois t'amener chez le Docteur. Chérie, que se passe-t-il ? Pourquoi tu pleures ? Ce n'est pas grave, voyons… Des coliques… Marie-Claire…. Marie-Claire. Tu dois me raconter ce qui s'est passé. Et tu dois me dire quand cela est arrivé."

 

 

 

 

 


1971. Marie-Claire a 15 ans. Elle n'a pas fait l'amour. Il l'a forcée. Il l'a forcée. Elle est enceinte. Il l'a forcée... Il l'a forcée… Marie-Claire ne veut pas de cet enfant. Sa mère l'accompagne dans sa démarche. Comme des milliers de femmes, elle va aller voir une faiseuse d'anges… pour avorter. Début 1972, sur dénonciation du violeur, Marie-Claire et Michèle, sa mère, sont arrêtées et interrogées par la police. "Quiconque par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen aura procuré ou tenté de procurer l'avortement d'une femme enceinte ou supposée enceinte, qu'elle y ait consenti ou non, sera puni d'un emprisonnement d'un an à cinq ans, et d'une amende de 1800 F à 100 000 F…" Les deux femmes sont libérées en attendant le procès. Quelques mois plus tôt, 343 femmes ont lancé un appel réclamant l'avortement libre. Parmi elles, la célèbre avocate Gisèle Halimi. Michèle Chevalier décide d'aller la rencontrer pour qu'elle défende sa fille, mais elle n'a pas d'argent pour la payer. Pour Halimi, il n'y a pas de problème d'argent. Il n'y aura pas de frais si la famille la laisse agir. L'affaire sera médiatisée afin de pousser l'état à changer la loi. La société patriarcale est-elle prête à faire évoluer sa mentalité ?

 

© Maurel, Bardiaux-Vaïente - Glénat

 

Les allées du tribunal de Bobigny laissent place à celles d'une institution. Dans les couloirs du Conseil Constitutionnel, deux autrices nous prennent par la main pour visiter les lieux et comprendre le rôle de l'instance de la rue de Montpensier. Avant 1958, le régime politique de la France était marqué par la toute-puissance de la loi. Si celle-ci était en contradiction avec la constitution, on modifiait cette dernière, ce qui fragilisait le régime. A l'avènement de la Vème République, tout va changer grâce à la création du Conseil Constitutionnel, premier organe qui va contrôler la constitutionnalité. Le premier président en est Léon Noël. Il est composé de neuf membres, renouvelables par tiers tous les trois ans, ainsi que des anciens présidents de la République qui en sont membres de droit. Peu y siègeront, en particulier pour préserver la neutralité de l'institution. Chaque citoyen peut saisir le Conseil Constitutionnel pour une question prioritaire de constitutionnalité. Le Conseil veille également au bon déroulement des élections.

 

© Gally, Bardiaux-Vaïente - Glénat

 

Marie Bardiaux-Vaïente scénarise deux récits de lois. Avec Bobigny 1972, c'est tout le parcours du combattant pour l'IVG qui est raconté à travers une histoire basée sur des faits réels, le procès de Marie-Claire Chevalier. La loi Veil est en ligne de mire, mais avant d'en arriver là, il aura fallu tout le talent et la puissance d'une Gisèle Halimi, avocate qui réussit à embarquer l'opinion publique. Carole Maurel met en scène cet événement avec une pudeur incroyable. Son graphisme réunit les genres et transpire d'émotion. Pour rester dans la militance, Carole Maurel, futur Grand Prix d'Angoulême ! Marie Bardiaux-Vaïente montre à toutes les femmes du XXIème siècle qui l'ignoraient qu'il aura fallu se battre il y a cinquante ans pour qu'elles connaissent enfin la justice de leur liberté. Quand un bouquin comme ça sort dès janvier, on peut dire aux autres qu'ils n'ont plus qu'à repousser leurs sorties en 2025 s'ils veulent être élus meilleur album de l'année.

 

© Maurel, Bardiaux-Vaïente - Glénat

 

Dans les couloirs du Conseil Constitutionnel se range dans la catégorie des BD reportages, même si le livre se lit avec la même aisance qu'une fiction. La scénariste se met en scène aux côtés de sa dessinatrice Gally. On les voit dès la couverture, Marie toute guillerette à l'idée de rentrer dans l'immeuble de la Rue de Montpensier, Véro, traînant des pieds, se demandant dans quoi elle s'est embarquée. C'est instructif. C'est parfois drôle, contre toute attente. Le graphisme tout public contrebalance avec la solennité des lieux, permettant de mieux s'y faufiler. On comprend enfin l'utilité et l'indispensabilité du Conseil. Comme un trait d'union entre les deux albums, l'ombre de Simone Veil veille sur les autrices. Elle a été membre du Conseil Constitutionnel de 1998 à 2007.

 

© Gally, Bardiaux-Vaïente - Glénat


Bobigny 1972 et Dans les couloirs du Conseil Constitutionnel racontent des pans de la politique de la Vème République. Chacun dans son style explique comment les mentalités ont évolué dans le sens de la fraternité (et de la sororité), de la liberté et surtout surtout de l'égalité. Au-delà de ça, en 2024, les femmes prennent enfin le pouvoir dans le milieu de la bande dessinée et c'est tant mieux.

 

Laurent Lafourcade

 

 


One shot : Bobigny 1972

Genre : Histoire

Scénario : Marie Bardiaux-Vaïente

Dessins & Couleurs : Carole Maurel

Éditeur : Glénat

ISBN : 978234405

Nombre de pages : 164

Prix : 22 €

 


 

One shot : Dans les couloirs du Conseil Constitutionnel

Genre : Reportage

Scénario : Marie Bardiaux-Vaïente

Dessins & Couleurs : Gally

Éditeur : Glénat

ISBN : 978234405

 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


Extraire la lumière et le soleil…   Isidore et Simone Juifs en résistance

 

"-Mes pauvres parents…

-Ils arrêtent aussi les français… Je ne pensais pas que cela serait possible… Ce n'est pas ma France ! Qu'ont-ils fait de notre pays ? S'ils sont allés chercher tes parents, ils viendront nous chercher un jour…

-Nous devons protéger nos filles. Il faut absolument leur trouver un abri sûr. J'ai discuté avec nos voisins les Goldschild. Ils connaissent des gens. Des catholiques fidèles à leur foi…

-Très bien. Mais il faut que nous soyons discrets et organisés. Je dois justement voir nos amis éclaireurs pour avoir de l'aide."

 

 

 

 

 


                Isidore et Simone sont juifs en France en 1943. On ne peut pas dire que ce soit la meilleure situation au meilleur moment. Quelques années plus tôt, en 1910, Hayim et Rachel ont débarqué en France, pour fuir l'antisémitisme naissant dans leur pays, et dans le but de s'intégrer. Ils s'installent à Marseille où Isidore naquit deux ans plus tard. Ils se réfugieront à Barcelone pendant la Grande Guerre, avant de poser leurs valises à Paris en 1919. C'est chez les éclaireurs qu'Isidore rencontrera Simone. Elle est ashkénaze, il est séfarade. Qu'importe l'opinion du père de Simone, ils se marient en 1935 et ont une fille l'année suivante. 1939, la France déclare la guerre à l'Allemagne suite à l'invasion de la Pologne. Isidore est démobilisé. Simone, enceinte, abandonne son métier de sténodactylo pour se réfugier avec leur fils chez son oncle à Chartres. Isidore, sergent, les retrouvera à Toulouse en avril 1940. Ce n'est que le début des années sombres. Comment traverseront-ils la guerre ? Pas en restant passifs, c'est certain.

 © Remedium, Louvet – Ouest France

                Lorsqu'en janvier 2018, le journaliste Simon Louvet visite le camp de concentration d'Auschwitz en compagnie d'un groupe de lycéens rouennais, il découvre le lieu chargé d'émotion où sont morts dix membres de sa famille. Descendant direct de Simone et Isidore Adato, Simon se sent investi d'un devoir de mémoire lorsqu'il entend l'historien Olivier Lalieu expliquer qu'il fallait récolter un maximum de documents sur les déportés et leurs histoires avant que les derniers témoins de l'époque ne disparaissent. Louvet a trouvé en Remedium le dessinateur idéal pour raconter l'histoire de sa famille comme si elle était la sienne. Le dessinateur de Cas d'école et de Cas de force majeure avait démontré dans ses ouvrages précédents comment il avait la capacité de transposer des témoignages durs en bande dessiné. Ceux de Simone et Isidore, par la voie et la voix de Simon, s'y ajoutent dans cet album œuvre de mémoire.

 © Remedium, Louvet – Ouest France

                En postface, Olivier Lalieu éclaire chacun des chapitres de l'histoire. On apprend que ce ne sont pas les allemands qui les premiers ont exclu les juifs de certaines professions. C'est bien l'Etat français. Peu de catholiques comme Monseigneur Saliège, archevêque de Toulouse, ont dénoncé le sort réservé aux juifs. On apprend comment les familles de déportés ont découvert ce qu'il se passait. On y lit le rôle décisif de la première armée de libération venue d'Afrique. On comprend le rôle primordial du Mémorial de la Shoah. Photos et documents d'archives rendent la famille Adato encore plus proche de nous, comme s'ils étaient nos anges gardiens à nous tous pour qu'une telle histoire ne puisse plus jamais être écrite.

 © Remedium, Louvet – Ouest France

"On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'Histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter
L'ombre s'est faite humaine aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres tremblants dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent."

                Jean Ferrat le chantait dans Nuit et brouillard. Il ne faut jamais oublier les victimes des guerres. Notre avenir se base sur les erreurs du passé à ne pas reproduire. Pour cela, il faut des témoignages. Simon Louvet et Remedium ont apporté leur pierre à l'édifice.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Isidore et Simone Juifs en résistance

Genre : Histoire

Scénario : Simon Louvet

Dessins : Remedium

Éditeur : Ouest France

ISBN : 9782737388910

Nombre de pages : 188

 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


Exploration urbaine dans l'espace-temps.   Urbex 3 – La fin des cauchemars

 

"-Tu crois qu'on va de nouveau rencontrer les jumelles ?

-Va savoir ce qui peut arriver ici.

-Attention !! Ce couteau est tombé du plafond ? Mais ?! Nous sommes au plafond !

-Tais-toi ! Regarde en bas !"

 

 

 

 

 


                En faisant de l'urbex, Alex et Julie se sont rendus compte qu'ils avaient la faculté de voir les morts. A la villa Pandora, maison pourtant démolie depuis 5 ans et oubliée de tous, les deux adolescents affrontent en pleine nuit peurs inconnues et souffrances. Du haut du plafond, comme si rien n'avait de sens dans tous les sens du terme, ils voient se rejouer des scènes du passé. Marie-Jeanne traîne le corps sans vie de sa sœur jumelle Isadora pour l'enterrer dans le jardin. Une affiche leur apprend que cet événement se déroule en 1900. La meurtrière décide qu'elle sera tantôt elle, tantôt sa sœur. Elle brouillera les pistes pour dissimuler le crime. Lors d'une autre exploration, Alex et Julie découvrent un homme qui apprend sans cesse la mort de son fils, bloqué sans pouvoir faire son deuil. La résolution d'une énigme ne pourrait-elle pas donner une solution à l'autre ?

© Clarke, Dugomier, Mikl – Le Lombard

                L'urbex, est-ce un loisir, un sport ou une science ? L'activité est-elle légale ou illicite ? Toujours est-il qu’elle est cadrée par ses véritables adeptes, avec des codes bien définis. L'urbexeur commence en général sa "carrière" en visitant par curiosités des maisons abandonnées, des manoirs, des petits châteaux ou des friches industrielles. Hormis celles de ses pas, il ne laisse aucune trace, et surtout pas des détritus. Il ramène éventuellement des photos qu'il trouve mais ne vole aucun objet. Il ne divulgue pas les adresses qu'il visite. S'il se fait surprendre par quelqu'un, jamais l'urbexeur ne tentera de fuir mais préfèrera entrer dans le dialogue pour expliquer sa démarche. Indéniablement, l'urbexeur rêve de fantastique, mais il faut s'appeler Alex et Julie pour le rencontrer.

© Clarke, Dugomier, Mikl – Le Lombard

                Vincent Dugomier et Clarke ont écrit une histoire bien ficelée qui donne envie de se lancer dans l'exploration urbaine. Comme à son habitude, Dugomier s'attache tout autant aux personnes qu'aux événements. Ses personnages ne sont pas des observateurs. Ils sont acteurs, pas seulement dans le sens "agir", mais dans le sens "impliqués". Le scénariste creuse ses personnages pour leur donner une densité inattendue. Alors qu'on pensait ne s'intéresser qu'à Isadora et Marie-Jeanne, Alex et Julie prennent le pas. Avec son trait rapide et jeté, Clarke donne juste le ton qu'il faut pour accentuer le mystère ou l'émotion. Il n'y a qu'à voir comment il traite les sentiments du père apprenant la mauvaise nouvelle et réagissant de façon évolutive pour s'en rendre compte.

© Clarke, Dugomier, Mikl – Le Lombard

                La trilogie Urbex se clôt en démontrant que les cicatrices du passé, en se refermant, peuvent apaiser le présent. Urbex n'est pas qu'une histoire d'exploration urbaine. C'est aussi une aventure de généalogie. Alex et Julie vont éclaircir des pages inconnues de leurs histoires familiales.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Urbex

Tome : 3 - La fin des cauchemars

Genre : Fantastique

Scénario : Vincent Dugomier

Dessins : Clarke

Couleurs : Mikl

Éditeur : Le Lombard

ISBN : 97828082010270

Nombre de pages : 56

Prix : 12,95 €


 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


Les nouveaux chevaliers.   Strom 2 – Le collectionneur

 

"-Vous avez l'objet ?

-Vous êtes là. Oui, ce fut très difficile, mais je l'ai. Il…

-Posez-le sur la pierre.

-Voilà. Bien sûr, il est à vous, au prix nouvellement convenu.

-Vous ne serez pas déçu… si je ne le suis pas.

-Il est dans l'état où nous l'avons… trouvé."

 

 

 

 

 


                Mais qui est donc ce mystérieux être encapuchonné connu sous le nom du collectionneur ? Raphaëlle et Raphaël, les jumeaux en initiation dans la confrérie des chevaliers de l'insolite, vont devoir se rendre en Allemagne afin de résoudre le mystère de cet homme, mystère lié à l'ordinateur trouvé dans un sarcophage, énigme spatio-temporelle de 4000 ans. En attendant, leur parrain Tristan vient de les déposer au Louvre afin qu'ils découvrent les différentes salles de la commanderie, avec les autres jeunes initiés et leurs avatars anges-gardiens : les mouchards. Les adolescents vont découvrir leurs salles de cours et une bibliothèque imposante avec manuscrits, parchemins, livres et internet, tout ce qui pourrait leur être nécessaire pour leurs études.

© Lylian, Christ, Vincent, Saint-Chamas - Nathan

                C'est dans ce Poudlard moderne que nous retrouvons nos héros pour la deuxième partie du premier cycle de Strom. A l'occasion de leur double anniversaire, leur parrain Tristan, qui les élève, va leur offrir un cadeau un peu spécial, une lettre de leurs parents qui va leur en apprendre plus sur le passé de leur famille et leur mission. Et oui, Papa et Maman étaient des Chevaliers de l'Insolite. Ils ont écrit ce courrier deux semaines avant leur naissance pour qu'ils la découvrent le jour de leurs douze ans. Ils savaient que leurs enfants commenceraient alors à éveiller le dragon d'or qui sommeille en eux. Avec leur parrain, où qu'ils soient, les parents promettent dans cette lettre à leurs enfants de les aider dans leur apprentissage. Il va être temps de partir sur les traces du collectionneur.

© Lylian, Christ, Vincent, Saint-Chamas - Nathan

                Lylian poursuit l'adaptation de la série de romans d’Emmanuelle & Benoît de Saint-Chamas. La fin de ce premier cycle continue la longue mise en place des personnages. Ce deuxième tome est composé de deux parties distinctes : d'une part, la suite de l'initiation, d'autre part, la suite de l'énigme de l'ordinateur semblant avoir traversé les âges. Le rythme assez lent et la quasi absence d'action ne rendent pas les choses faciles pour les adaptateurs du roman en bande dessinée. Peut-être aurait-il fallu aller plus vite dans certaines scènes, quitte à revenir plus tard sur certaines informations. Toujours est-il que la première partie, poussive, ralentit considérablement le rythme et fait que l'on tarde à entrer dans le vif du sujet. Le final émouvant rattrape les choses et le twist de conclusion relance l'intérêt pour la série. On sent que James Christ fait tout ce qui est en son pouvoir pour dynamiser le récit et on le rêve dans des scènes spectaculaires. Espérons que le second cycle nous les offrira.

© Lylian, Christ, Vincent, Saint-Chamas - Nathan

                Les souterrains du Louvre cachent bien des secrets. Et ceux-ci peuvent faire parcourir le monde et le temps. Bienvenu dans le voyage !

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Strom

Tome : 2 – Le collectionneur

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Lylian

Dessins : James Christ

Couleurs : Cyril Vincent

D’après : Emmanuelle & Benoît de Saint-Chamas

Éditeur : Nathan

ISBN : 9782095000141

 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


1,5 fois de Geluck en plus !   Le chat 24 – Le chat et les 40 bougies

 

"-Bonjour, installez-vous devant le lutrin.

-Vous avez 10 minutes pour exposer votre scénario.

-C'est l'histoire d'un type qui doit faire un pont et…

-Euh…

-Oui ?

-A-t-il rentré une demande de permis de bâtir ?

-Mais, vous savez… C'est juste un gag et…

-Il n'empêche que les choses doivent être faites dans les règles."

 

 

 

 

 


                Le chat de Philippe Geluck fait-il ses gags dans les règles ? N'en déplaise aux membres du bureau de validation des gags, la réponse est oui. Oui, oui, oui, trois fois oui ! A propos de trois, ça faisait trois ans que le chat nous avait laissé sans nouvel album. Ça lui fait plaisir de rentrer chez lui, et ça nous fait plaisir de l'avoir pour 64 pages au lieu de 48. Lui qui a gagné une course contre la montre la seule fois où celle-ci s'est arrêtée est prêt pour le départ d'un marathon de l'humour.

© Geluck, Dehaes - Casterman

                Quand le chat épluche des pommes de terre, il commence par enlever les yeux. Mais comment va-t-il trouver les patates à présent ? Savez-vous pourquoi le chat ne sourit jamais sur les photos ? Sinon, il les mange… les souris. Il faut parfois percuter, mais le chat en a toujours de bonnes à replacer en société ou sur le coin d'un zinc au bistro. L'animal sait aussi parler chinois. Ce n'est pas si difficile : ping, ça veut dire tennis, et pong, c'est "de table".  Le chat constate que l'appétit vient en mangeant, mais qu'il part aussi de la même façon, en mangeant… Bref, il reste toujours de bon conseil, comme lorsqu'il préconise de commencer à balayer son escalier en commençant par le haut.

© Geluck, Dehaes - Casterman

                Fidèle à ses habitudes, Philippe Geluck alterne strips et dessins du chat avec des images anciennes auxquelles il rajoute des bulles à se tordre de rire comme cette dame la tête dans une bassine qui attend l'invention de la cuillère à soupe ou ce malade dans un lit qui présente un aérateur à pets. N'oublions pas cette couverture du supplément littéraire illustré au Petit Parisien revisité façon Scrabble. L'humoriste n'a pas de filtre. Le chat peut faire rire de tout, et en particulier de toutes les religions. N'en déplaise à Saint-Sébastien, martyrisé plus d'une fois. Un poncif chez Geluck. Le belge innove avec des gags pleines planches (on en avait déjà lu quelques-uns) et surtout une histoire de trois planches mettant le chat face à un tribunal de gardiens du temple de l'humour… ou pas. L'auteur reste plus percutant dans le format (très) court.

© Geluck, Dehaes - Casterman

                Comment ne pas finir par la réflexion du chat dans l'un des strips ? "Le temps passé avec un chat n'est jamais perdu" (Sigmund Freud) "Ça, c'est bien vrai, ça ! Et ce ne sont pas les albums qui manquent" (Sigmund Casterman)

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Le chat

Tome : 24 – Le chat et les 40 bougies

Genre : Humour

Scénario & Dessins : Philippe Geluck

Couleurs : Serge Dehaes

Éditeur : Casterman

ISBN : 9782203222786

Nombre de pages : 64

 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


Always a fair lady.   Audrey Hepburn Un ange aux yeux de faon

 

"-Allez, plus souple ! Plus hautes les jambes ! Et souriez !

-Alors Monsieur Van Der Linden, y en a-t-il une qui vous plairait ?

-La grande là ! Quelle grâce… Et ce sourire… J'ai rarement vu une fille aussi parfaite.

-Edda ! Peux-tu venir une seconde ? Edda, Monsieur Van Der Linden aimerait te proposer du travail.

-Chouette ! C'est pour faire quoi ?

-Une hôtesse de l'air dans un film."

 

 

 

 

 


1948, au Pays-Bas, Edda Hepburn a dix-neuf ans lorsqu'elle est repérée en cours de danse classique par un réalisateur pour faire de la figuration dans un film. C'est la première fois qu'elle tourne, et ce ne sera pas la dernière, loin de là.

© Cornette, Innocente - Glénat

Bruxelles, Belgique, 4 mai 1929, les frères Hepburn entendent résonner le premier cri de leur petite sœur aux yeux de faon. Elle s'appellera Edda. Son père, anglais de pure souche, la déclare née là-bas. La famille bourgeoise déménagera aux Pays-Bas dans une grande propriété, avant que les parents n'envoient leur fille étudier dans une école anglaise pour apprendre la langue, sous le prénom Audrey. Joseph Hepbrun-Ruston, le papa, est fasciste et sympathisant d'Adolf Hitler. Dévoué à la cause nazie, un adultère scellera la séparation du couple. Le père part à Londres. Les enfants restent aux Pays-Bas avec leur mère mais dans une modeste maison de ville. On a vu comment la future star eut sa première proposition de tournage, avant des pas plus marqués, tant au cinéma qu'au théâtre. En 1951, Colette lui propose de jouer Gigi à Broadway.

© Cornette, Innocente - Glénat

De Vacances romaines à My fair lady, de la comédie musicale Funny Face à Comment voler un million de dollar, elle tourne avec les plus grands réalisateurs : Billy Wilder, John Huston, Blake Edwards, Stanley Donen ou encore Mel Ferrer dont elle partagera la vie et avec qui elle aura un enfant. Seule dans la nuit restera l'un de ses rôles les plus originaux. Elle y joue une aveugle poursuivie par des malfrats qui veulent récupérer une poupée remplie de drogue. Lorsque ses engagements humanitaires prennent le pas sur sa carrière, seul Steven Spielberg la sortira de sa retraite cinématographique en lui offrant un second rôle dans Always en 1989.

© Cornette, Innocente - Glénat

Onzième volume de la collection 9 ½ des éditions Glénat consacrée aux grandes stars du cinéma, Audrey Hepburn est seulement la deuxième femme à avoir les honneurs de la série après l'iconique Jayne Mansfield. Jean-Luc Cornette détaille sa vie de sa naissance à sa mort. Ses premières années démontrent comment son destin est lié à celui du XXème siècle. Son enfance est nécessaire pour comprendre ses choix de vie. De même, ses dernières années accompagnent une époque en mutation. Hepburn est une des premières actrices altruistes, tournée vers les autres, dans un engagement auprès de l'Unicef vers les enfants du monde, de l'Amérique du Sud à l'Asie. Que les cinéphiles se rassurent, Hollywood tient le haut du pavé dans l'album. Agnese Innocente dessine l'actrice avec une vive émotion. Ses grands yeux constamment écarquillés, ses yeux de faon, happent le lecteur comme elle le faisait avec la caméra, preuve en est cette sobre et sublime couverture où elle semble nous inviter dans sa vie.

Les étoiles brillent dans le ciel. Mais avant cela celle d'Audrey Hepburn a illuminé les planches et les plateaux de tournage. Cette biographie donne envie de se replonger dans ses films.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Audrey Hepburn Un ange aux yeux de faon

Genre : Biographie cinématographique

Scénario : Jean-Luc Cornette

Dessins & Couleurs : Agnese Innocente

Éditeur : Glénat

Collection : 9 ½

ISBN : 9782344056356

Nombre de pages : 164

 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


XIII thérapie.    Lettres mortes

 

"-Jodie ! Ça fait longtemps !

-Pardonnez-moi, mais…

-Je m'appelle Narcisse… Et nous sommes des amis d'enfance, Jodie. Lili m'a tout raconté.

-Tout ?

-Enfin ! L'essentiel…"

 

 

 

 

 

                Amnésie complète, disait la lettre du médecin. Lorsque Jodie revient dans son village d'enfance, tout le monde sait déjà qu'elle a perdu la mémoire dans un accident de voiture. Retourner aux sources pour retrouver son passé, être attendu par ses souvenirs, replonger dans une vie avec ses plaisirs, ses doutes, ses bonheurs et ses peurs, Jodie prend rendez-vous pour une deuxième naissance. La jeune femme est accueillie par Narcisse, aujourd'hui facteur, jadis un de ses amis d'enfance. La grand-mère de Jodie vient de décéder. L'employé de la poste la connaissait très bien. Il va guider Jodie sur les pas de son passé, et, en premier lieu, l'installer dans la maison où elle habitait avec ses parents, morts depuis cinq ans déjà. Jodie est bien décidée à refaire le puzzle, mais tout le monde n'a pas envie qu'elle remette les pièces en place.

© Lallemand, Tangi – Editions du Tiroir

                L'histoire est une enquête tout ce qu'il y a de plus classique. On ne peut pas dire loin de là que Lettres mortes réinvente le polar. Lettres mortes est "le polar", genre en soi, polar campagnard, polar de petit village où tout le monde se connaît mais personne ne sait ce qu'il se passe chez son voisin quand la porte est fermée. Christian Lallemand au scénario et Tangi au dessin signent leur premier album. De grands personnages élancés, une pure ligne claire et des tons grisâtres,  le graphisme et la colorisation ne sont pas sans rappeler les débuts de Christian Durieux avec la série Avel. Quand on voit le chemin fait depuis par cet auteur, on souhaite le même destin à Tangi.

© Lallemand, Tangi – Editions du Tiroir

                Ce qu'il y a de bien avec les éditions du Tiroir c'est que, même quand elles publient des albums inédits d'auteurs contemporains, ceux-ci on la savoir des vieux récits oubliés, non pas qu'ils soient désuets, mais ils ont cet esprit et cette saveur dans le fond et dans la forme. Avec Lettres mortes, on ne peut s'empêcher de penser aux enquêtes de Félix par Maurice Tillieux. Nuages et scènes de pluie, 4L et bistro de village, tout est réuni pour se retrouver dans heroïc-albums si ça existait encore. Il y a même la page avec plus de textes que de dessins, comme dans toutes les histoires où Tillieux n'avait plus assez de place pour finir. Ici, ce n'est pas un fait exprès mais évidemment un clin d'œil.

© Lallemand, Tangi – Editions du Tiroir

                Lettres mortes montre que le polar "à papa", expression tout sauf péjorative, est encore vivant, et c'est tant mieux.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Lettres mortes

Genre : Polar

Scénario : Christian Lallemand

Dessins & Couleurs : Tangi

Éditeur : Editions du Tiroir

ISBN : 9782931027967

Nombre de pages : 56

Prix : 15 €


 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


La neige Crisse.    Anya 1 – L'oiseau bleu

 

"-Couvre-toi bien. Nous allons en ville, il va faire glacial pendant le trajet.

-Tu tousses beaucoup, Papouchka.

-Ce n'est pas grave… C'est à cause de mes bottes. Elles sont percées. Du coup, j'ai froid aux pieds."

 

 

 

 

 


                Dans une glaciale forêt soviétique, la petite Anya vient de trouver de jolies plumes sur la neige : des bleues, des rouges, des roses, … Elles sont très belles mais son grand-père n'aime pas qu'elle s'aventure dans les bois. Plein d'animaux sauvages y vivent : des loups, des ours, des lynx, et surtout Baba Yaga la sorcière. Anya n'est même pas impressionnée. Son chien Kozak la protègera. Aujourd'hui, Papouchka, son papi, l'emmène avec lui en ville à bord d'un traîneau tiré par un cheval de trait. Pendant que l'aïeul tente de vendre les jouets qu'il fabrique à la propriétaire d'une boutique, la petite fille va faire une drôle de rencontre dans la ruelle d'un bas-quartier.

© Crisse, Besson – La Gouttière

                Après le succès interplanétaire de La reine des neiges, revisitée par les studios Disney, on aurait pu penser qu'il n'était plus possible de raconter d'histoire féérique dans des paysages glacés. Crisse prouve ici le contraire. Lorsque l'oiseau bleu se métamorphose en jolie dame, la magie se dégage du livre pour atteindre le lecteur en plein cœur. On retrouve dans cette histoire toute la grâce des contes russes que l'on pouvait nous lire enfant dans les gros bouquins de chez Gründ. L'ombre de Babayaga plane au-dessus des steppes.

© Crisse, Besson – La Gouttière

                Des années après Nahomi, la petit princesse japonaise, Crisse semble avoir de nouveau la fibre tous publics qui toque à sa porte. On l'a vu et lu récemment avec Uluru une odyssée australe dessinée par Christian Paty. Voici cette fibre universelle encore plus développée dans Anya, petit album merveilleux à lire le soir dans le lit avec son enfant, ou petit-enfant à côté de soi. Loin d'être mièvre, le scénario est malin et l'on ne comprend bien la fin que si l'on a été très attentif aux discussions du début. Graphiquement, l'auteur est aussi au meilleur de sa forme. Ses animaux sont en particuliers incroyables. Aux couleurs, Crisse fait appel au talentueux Fred Besson dont les tons violacés se reflétant sur la neige enveloppent le récit d'une doucereuse bienveillance.

© Crisse, Besson – La Gouttière

Une famille pauvre, un hiver rigoureux, la maladie qui frappe à la porte, mais aussi la féérie, la recette est éternelle. Encore faut-il un metteur en scène de talent. C'est fait grâce à lui : la neige crisse, c'est la neige Crisse.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Anya

Tome : 1 – L'oiseau bleu

Genre : Conte russe

Scénario & Dessins : Didier Crisse

Couleurs : Fred Besson

Éditeur : La Gouttière

ISBN : 9782357960985

Nombre de pages : 32

Prix : 10,70 €

 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


C'est l'histoire de la vie.   Les merveilles

 

"-Bonjour à tous. Merci de votre présence pour ce XXIème congrès. Nous sommes réunis ce jour pour célébrer la bonne santé de l'économie. Nous aurons bientôt asphalté tous les recoins du monde. Mais il nous reste quelques problèmes à résoudre. La grande forêt résiste !"

 

 

 

 

 

 


                Un arbre pousse à l'intérieur d'une bulle. Ses branches grandissantes explosent cette gangue pour qu'il continue de croître. Mais voilà que des flammes viennent lécher son tronc. L'arbre se consume et il n'en reste plus rien. Dans une ville polluée par des usines tournant à plein régime, des hommes en rouge traquent des individus. Ils ne les trouvent pas, mais sont certains qu'ils ne sont pas loin. Il y a de l'extermination dans l'air. C'est pour cela que ces gibiers se cachent. On les voit apparaître dans une pièce sombre. Cachés derrière des feuilles d'arbre qui se matérialisent, des lutins sortent de leurs habits des boules lumineuses. Ce sont des "Merveilles". Elles semblent saines et sauves. Ils les protègent. Il y en a de moins en moins. Chacun de ces réceptacles contient un arbre en devenir. La grande forêt est en feu. Des soldats la brûlent pour qu'elle disparaisse. Il n'y aura pas de marche arrière possible. Il n'y a pas de temps à perdre. Il faut continuer à planter des merveilles.

 © Cunill - Bang

                Au XXIème congrès mondial d'économie, les grands industriels ne sont pas du même avis. Leur but est d'asphalter le monde pour détruire les forêts qui les empêchent d'extraire l'eau de son sol. Les technocrates veulent contrôler l'eau de la planète. Il va leur falloir pour ça éviter que les sauvages qui la protègent continuent à planter. L'assemblée est d'accord. Il faut mettre le paquet et prendre des mesures strictes. Pendant que les lance-flammes crachent leur venin dévastateur, les lutins recueillent les merveilles qui feront les arbres de demain. Y aurait-il des humains qui pourraient les aider à sauver la planète ?

 © Cunill - Bang

                C'est un message fort que délivre l'autrice espagnole Marta Cunill dans cet album en tous points merveilleux. On ne passera jamais assez de messages écologiques aux générations grandissantes, et ce livre en est un. En s'adressant aux plus jeunes, c'est ainsi que l'on touche leurs parents. La préservation de la nature n'est pas qu'une question de beauté, c'est aussi une question de vitalité. Cunill oppose un yin et un yang avec des économistes dont les cœurs sont remplacés par des porte-monnaies contre des enfants portant l'avenir du monde. Cunill oppose la mort avec le feu à la vie avec l'eau. Le graphisme ligne hyper-claire est de toute beauté, de la famille d'une Domitille de Pressensé, autrice des aventures du quotidien d'Emilie, la petite fille habillée en rouge.

 © Cunill - Bang

                Avec Les merveilles, les éditions Bang frappent un grand coup. Fable écologique, cet album est l'un des premiers événements de l'année. Par son message, par sa narration, par son graphisme, et même par sa maquette, Les merveilles est en tous points merveilleux.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Les merveilles

Genre : Emotion

Scénario, Dessins & Couleurs : Marta Cunill

Traduction : Léa Jaillard

Éditeur : Bang

Collection : Caos

ISBN : 9788413715032

Nombre de pages : 96

Prix : 20 €


 



Publié le 27/02/2024.


Source : Boulevard BD


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