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Information générale concernant le monde de la BD
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Vincent Mallié et Clotilde Bruneau signent leur albums à la librairie jaune

Vincent Mallié, dessinateur de la série "Le Grand Mort" (et de "Aquanautes" ou encore d' "Avant La Quête de l'oiseau du temps") et Clotilde Bruneau, pour la collection "La Sagesse des mythes" dédicaceront à la librairie Jaune.

Inscription : info@librairie-jaune.com

Librairie Jaune

Rue Léopold 1er n ° 499 à 1090 Bruxelles (Jette)
!!! Zone de bleu !!! disque stationnement
Grand parking gratuit au magasin "Carrefour Market" (Rue Léopold 1er n ° 513)


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 25/11/2017 au 25/11/2017.

Publié le 21/11/2017.


Source : Bd-best


Le Rayon Fantastique pointe sa cinquième édition

Pour cette cinquième édition, les aliens, les robots, les vampires et les fantômes viennent hanter les rues d’Angoulême et s’invitent
au festival Rayon fantastique.


Au programme : une douzaine de films de genre, (The Rocky horror picture show, Le Jour où la terre s'arrêta...) dont la sixième Nuit fantastique (Jack Burton, Terminator 2 en 3D, Revenge, ...), des rencontres avec des auteurs de bande dessinée, un show burlesque, un spectacle jeune public, des concerts, des jeux, des contes...

Retrouvez la programmation complète dans le programme du Festival, sur www.rayonfantastique.com et sur facebook.

En partenariat avec Hidden Circle, le Pôle image Magelis, l'Alpha, la Nef, le LISA, le cinescop Mégarama, le Mars, Distorsion et l'AAJH.

 

Lieu : Cinéma de la cité, musée de la BD
LISA
Alpha
la Nef
Mégarama.

Contact : +33 (0)5.45.38.65.65  par mail contact@citebd.org

Web : www.citebd.org


Pays : France

Date de l'événement : du 23/11/2017 au 03/12/2017.

Publié le 20/11/2017.


Source : Bd-best


Halim derrière sa Petite Maman : « Je n’ai pas pu, ni voulu, « détourner les yeux » car les enfants, eux, ne peuvent pas se détourner de l’enfer dont ils souffrent »

Ça claque, ça fracasse, ça casse aussi la mécanique de notre coeur de beurre, ça fait mal mais à la fin, ça fait aussi du bien. Parmi les albums qui restent accrochés à votre rétine très longtemps, Petite Maman de Halim tient une place de choix, de poids et de choc. Car raconter aussi près, aussi justement, aussi crûment la violence et de maltraitance intra-familiales si horrible à s’acharner sur des têtes blondes qui n’ont rien demandé, cela n’avait rien d’évident. Brisant le mur du silence, ne cherchant pas de grand méchant mais se plaçant du côté des enfants, Halim réussit la mission en choquant et en amenant la discussion et la réflexion. Nous l’avons rencontré et ses réponses ne nous ont pas déçus.

 

 

 

 

 

 

 

© Halim chez Dargaud

 

Bonjour Halim. « Petite maman » comme titre, c’est doux, non ? Ça ne prépare pas à une telle dureté. Ce titre est-il arrivé comme une évidence ou avez-vous mis du temps à le trouver ? Pourquoi, ce titre, si simple et si évident à la lecture de votre album ?

En effet, c’est très doux comme titre ! Je comprends que cela puisse dérouter vu le contenu et la dureté de l’album. En fait, « Petite Maman », dans mon esprit c’est d’abord son héroïne, Brenda. Elle en est le fil rouge, le rayon de soleil, et on voit cette histoire à travers ses yeux à elle. Du coup, je ne me voyais pas utiliser un titre dur ou triste, qui ne porterait pas, en lui, ce regard d’enfant sensible et particulier sur les choses.

Ce titre s’est donc imposé à moi dès le début. Cela arrive quelques fois d’avoir le bon titre dès le départ. Ça m’est arrivé aussi avec mon 1er album, « Arabico ».

 

 

 

 

© Halim

 

Après Arabico, Brenda, un autre enfant. C’est du côté des enfants plus que du côté des grands que vous vous sentez à votre place ?

Bonne question ! Je ne saurai malheureusement pas y répondre clairement. Ou alors disons, que je me sens à ma place auprès des adultes qui sont redevenus les enfants qu’ils étaient.

Tour à tour, j’ai été cet enfant qui n’aimait rien de mieux que la liberté. Puis, en grandissant, je suis devenu cet adulte ne recherchant rien de mieux que la sécurité. Et maintenant, je vis entre ces deux extrémités. Je suis une sorte d’adulte-enfant qui aime juste vivre. Un peu comme le dit Michel Onfray à propos d’Henry David Thoreau : « L’Enfant qu’il fut, a bien été le père, de l’homme qu’il est à présent ».

 

 

 

 

© Halim

 

Votre tour de force, c’est de faire dans l’émotion en évacuant pourtant le pathos, ce que beaucoup d’œuvres peinent à faire.

C’est gentil, ça me fait extrêmement plaisir que vous ayez été sensible à cette exigence-là. Car oui c’était bien une volonté de ma part. Je suis trop souvent frustré en tant que lecteur, de voir des personnages en deux dimensions, comme si nous étions tous binaires, ou « facile à lire ». Or, on ne l’est pas. Même se lire, se comprendre soi-même est une sacrée gageure. Qui peut même prendre toute une vie !

Au-delà de la volonté, ce traitement s’est imposé de manière plutôt intuitive ?

Oui, je fonctionne intuitivement quand j’écris. Les personnages se mettent en place naturellement avec toute leur complexité et leur part d’ombre et de lumière. Concrètement, je les fais réagir, non pas en me demandant ce que je ferai à leur place, ou ce que je voudrais qu’il fasse ou qu’ils ressentent. Mais plutôt « Que peut-on ressentir dans un cas pareil ? ». Je reste en permanence fixé sur l’histoire. Le récit.

 

 

 

 

© Halim chez Dargaud

 

Et justement, que ce soit en BD, au cinéma ou ailleurs, la propension à sortir les violons, à faire dans le larmoyant quitte à passer à côté de son sujet, ça vous énerve ?

Au risque de vous décevoir, au cinéma, j’aime beaucoup les violons. Mais seulement si c’est justifié. Et trop souvent ça ne l’est pas, parce que le récit d’un film ou d’une œuvre est faible. Pour ce qui est des violons, prenons l’exemple de la peur dans les films d’épouvante. La peur étant une émotion, on pourrait penser que trop de peur dans tel film équivaut à sortir les violons. Comme avec les larmes pour un drame, ou le rire pour une comédie. Or, plus un film nous fait peur plus il est réussi, de même que l’on se souvient beaucoup mieux d’un film où on a ri du début à la fin. Bref, là on aime sans compter. On est « plongé » dans l’histoire.

 

 

 

 

© Halim chez Dargaud

 

Rien ne me met vraiment en colère, mais ce qui me déprime, totalement en revanche la quasi-absence de bons scénarios. De bonnes histoires. Alors que c’est la clé de voûte de toute œuvre. Quand on demande à John Lasseter la recette des succès de Pixar, il répond toujours la même chose : « L’histoire ! L’histoire ! L’histoire ! ». Pour David Fincher; par exemple, c’est l’émotion. Parce qu’au fond, tout est affaire de storytelling.

 

 

 

 

© Halim

 

Pas de pathos mais pas non plus de manichéisme. Vos personnages sont moins maîtres d’eux qu’il n’y parait. Ne se débattent-ils pas ? Ne sont-ils pas responsables de leurs gestes mais pas aussi conscients que ça ? Même Vincent, le tyran de cette histoire, a un autre visage, plus doux. Lui pardonneriez-vous ?

Encore merci, vos compliments me touchent sincèrement. D’autant que je prends vraiment soin d’écrire des histoires humaines avec toutes leurs nuances, cette bienveillance me tient très à cœur.

Et donc oui, j’espère ne jamais avoir à écrire une histoire manichéenne, où la vie et les épreuves ne modifient pas les personnages. Ils se débattent tous, je crois que c’est le meilleur reflet qu’on puisse offrir à des lecteurs. Parce que nous cherchons tous à vivre et à faire de notre mieux. Même lorsque nous échouons à être qui nous voudrions. Je pense qu’il n’y a que des souffrances, et que la méchanceté gratuite (naturelle donc), ça n’existe pas. Même si ça fait de bonnes histoires.

 

 

 

 

Vincent, calme… © Halim chez Dargaud

 

Par ailleurs, le monde ne manque pas de juges, surtout depuis l’avènement d’internet, des commentaires anonymes, des règlements de comptes sur place publique. Tout cela n’encourage qu’à résumer des faits complexes, à étiqueter les gens et à distribuer des bons et des mauvais points. Désigner les bons des mauvais citoyens. Nous perdons un temps et une énergie folle dans cette « guerre de tous contre tous », et cela nous divise malheureusement. On ne s’attaque plus à des problèmes (qui nous concernent pourtant tous) mais à des personnes censées incarner à elles seules les maux de la société.

C’est aussi contre cela que j’écris des histoires intimes. Une façon de dire que l’on est tous pareils. Peu importe derrière quelle idéologie on se cache. Nous sommes faits du même bois, et éprouvons les mêmes (re)sentiments. Nous pouvons donc tout comprendre, même la méchanceté de Vincent.

 

 

 

 

… trois cases plus tard © Halim chez Dargaud

 

Avant de réellement entrer dans l’enfer quotidien de Brenda, vous relatez un autre enfer : cette expérience de Frédéric II, horrible. Ça aurait pu venir comme un cheveu dans la soupe, mais pas du tout. Vous teniez à intégrer cette expérience ? Pourquoi ?

Cette anecdote n’était pas un hasard. Je m’en serai beaucoup voulu sinon… Au-delà du fait que cette expérience soit incroyable en elle-même, et même insupportable à imaginer ; je tenais à l’intégrer pour prévenir le lecteur en quelque sorte. Pour lui dire qu’on allait parler d’interactions humaines ; et de la plus important d’entre elle : l’amour.

 

 

 

 

© Halim chez Dargaud

 

Ainsi vers la fin de l’album, on se rend compte que le langage inné recherché par Frédéric II chez les nourrissons, c’était l’amour. Et l’héroïne, Brenda, se raccroche à sa vie grâce à l’amour inconditionnel qu’elle éprouve pour sa mère. Elle aime sa mère comme s’il s’agissait de sa propre fille, et c’est pour cela qu’elle la protège quoiqu’il arrive. Stéphanie est une adulte, construite par ses échecs, ses doutes et ses blessures. Les enfants n’ont pas encore les névroses que nous avons, et je crois que c’est pour cela qu’ils n’abandonnent pas facilement. Qu’ils sont si forts…

Je crois que nous le sommes tous d’ailleurs, mais nous avons beaucoup perdu en chemin, un peu de notre capacité à rêver, je crois.

 

 

 

 

© Halim

 

Vous remerciez Loisel de vous avoir encouragé à trouver votre style.  Un style, c’est difficile à trouver ? Comment définiriez-vous le vôtre ? Vous l’avez fait évoluer pour vous attaquer à Petite Maman ? Quel apport a eu ce géant de la BD qu’est Loisel ?

Ho que oui, un style est difficile à trouver. Qu’il soit narratif ou graphique d’ailleurs. C’est surtout long. Très long. Ça prend des années, et c’est grâce aux années, au chemin qu’on prend, que l’on arrive, je ne sais trop par quelle magie, à arriver là où on voulait. Là où on s’était imaginer arriver, sans trop savoir comment. Exactement comme un scientifique qui aurait une vision (la relativité pour Einstein, etc.) et qui devait ensuite la prouver, la mettre au monde, la faire exister.

Par exemple, l’application en philosophie politique de la formule de Fibbonacci (théorie mathématique sur la suite d’entiers) illustre bien que nous atteignons toujours nos buts. Par l’intermède de suite non pas d’entiers, mais d’échecs et d’erreurs auto-correctrices, on parvient au but. Toujours ! En gros, l’échec est la voie royale vers la réalisation de nos idées ou de nos rêves.

 

 

 

 

© Halim

 

Quant à Régis Loisel, je ne le remercierai jamais assez. Il m’a apporté énormément. Artistiquement mais aussi humainement. C’est l’un des hommes les plus inspirants du monde, à tout point de vue. Je l’ai rencontré à Montréal et j’ai investi son atelier quelques temps, un vrai rêve. Je tâtonnais dans mon désir de faire de la BD, et Régis m’a soutenu indirectement. Notamment, en me disant que j’étais fait pour ça. Que j’allais faire de grandes choses. L’entendre de la part d’un géant comme lui, c’était un bonheur indescriptible, imposant, redoutable de pression… mais un bonheur inestimable.

Après concernant l’apport artistique, il m’a toujours dit de faire sortir ce que j’avais dans le cœur. Je n’ai jamais cherché à m’inspirer de son travail. Mais à travailler sur moi. Comme il me l’intimait. Et il avait raison.

 

 

 

 

© Halim

 

Comment faites-vous pour secouer à ce point les cases ?

Ça, je n’en sais rien non plus ! Je peux vous dire comment je m’y prends en revanche. Je trouve cet agencement sur un brouillon assez nerveux, et instinctif. Je rentre littéralement dans l’émotion, comme en transe. L’action et les gestes des personnages, le fait qu’ils sortent d’eux, font que j’ai eu ce besoin impératif de secouer les cases.  De « faire exploser le cadre ». De faire plier le support sous les pics d’émotions des personnages (et du lecteur du coup), ainsi du récit. Voir si cela ne nuisait pas à l’histoire. Et je l’ai gardé, en voyant que cela fonctionnait. Je tâtonne, j’échoue souvent, et je parviens à ce qui me trottait en tête, tout doucement.

 

 

 

 

© Halim

 

Cette histoire viscérale, pas anodine mais pas rare non plus, malheureusement, qu’est-ce qui vous l’a inspirée ?

C’est un ensemble de choses. Tout d’abord, le fait que j’ai grandi dans une banlieue populaire et pauvre. J’étais donc aux premières loges de la ghettoïsation socio-économique et de la précarité quotidienne terrible qui s’abat sur les gens qui y vivent. Ça se traduisait par des tas de souffrances d’adultes qui n’avait pas le temps, ni la sérénité ni la force, de ressembler à cette image inhumaine des « merveilleux parents » que la télé leur crachait au visage… Le mal-être et la misère ont tout brisé : les individus, et les liens familiaux en premier lieu. Il s’attaque à nos cœurs et à nos âmes. Et ce sont les femmes et les enfants qui sont au bout de cette oppression systémique. Donc voilà, je suis en quelque sorte, suffisamment habitué au malheur et aux mécanismes d’échecs et de répression pour en parler. Ça m’est malheureusement très familier, limite banal.

 

 

 

 

© Halim

 

Ensuite, il y a ces vagues d’infanticides qui ont défrayé la chronique encore très récemment. Des affaires sordides qui me faisaient froid dans le dos. D’autant plus lorsque l’on est parent soi-même, c’est insupportable à concevoir que l’on ne fasse pas tout pour prévenir ces drames, et juguler la souffrance humaine. L’État, au contraire, coupe les budgets, précarise et réprime les liens et acquis sociaux, tout en judiciarisant à outrance tout ce qu’il touche. C’est dans la ligne logique d’une gestion punitive et carcérale d’état, qui a choisi de mettre le profit et les intérêts privés immédiats des actionnaires au centre de ses priorités. Loin, très très loin devant l’humain… Notre société déresponsabilise tout, et les êtres humains qui la composent continuent d’oublier à quel point ils sont humains. Jusqu’à en perdre le pouvoir qu’ils ont sur leur propre vie. C’est le même processus que l’esclavage, la colonisation, le racisme ou le sexisme. Lorsque l’on est dépossédé de soi-même, ça s’appelle de l’aliénation. C’est la source de toute violence. La racine du mal.

Et tous les personnages de mon albums sont aliénés de cette façon-là, ils sont dépossédés de ce qu’ils sont. Et agissent donc « inconsciemment » comme on dit…

 

 

 

 

© Halim chez Dargaud

 

Quand on est auteur face à une telle violence, est-ce que quelque part on ne veut pas tout faire pour l’arrêter ? Faut-il du coup s’interdire la facilité ? Se mettre dans la peau de cette jeune ado ?

S’interdire la facilité, pas jusque-là non, je pense que ce serait contre-productif. En création, il ne faut absolument rien s’interdire. Surtout pas la facilité. C’est elle qui permet ce que les neuroscientifiques nomment « l’absorption cognitive ». C’est-à-dire, le fait de se concentrer, de se connecter au travail que l’on est en train de faire. Ce n’est pas l’effort qui permet tout cela. L’effort c’est de la souffrance. Or, la création ne nait pas de la souffrance ou de l’effort ; mais de la facilité et du plaisir. Sinon, on ne met que des tensions sur ses pages, dans son art, ou dans sa vie. Et cela se ressent, chez un lecteur ou un interlocuteur. Car une histoire, un dessin ou une parole contient de la vie. Des signaux électriques comme le souffle ou l’énergie, qui permettent de communiquer de l’émotion.

 

 

 

 

recherches de couverture © Halim

 

Je crois qu’il faut donc « vivre » sincèrement, simplement, et facilement ce que l’on raconte. Lâcher prise en quelque sorte, prendre du recul et viser juste. C’est comme cela que je peux ressentir au mieux que cela fait qu’être à la place de Brenda par exemple. Et puis, c’est plus facile que de faire l’autruche ou de prendre de la hauteur sur un sujet que l’on serait, par conséquent, tenté de juger et de prendre de haut.

Au-delà de mes doutes et de mes peurs personnelles, j’essaie de ne jamais perdre de vue que je ne fais qu’un album. Mais que par contre, je me dois absolument y croire et le vivre corps et âme. Parce que lui, l’album, il se lira comme le nez au milieu de la figure.

 

 

 

 

recherches de couverture © Halim

 

Au fond, vous ouvrez les murs de l’intimité d’une famille. Comment avez-vous documenté tout ça ? Comment l’avez-vous représentée, au plus près des corps, des coups de sang et des déchirures ? Se force-t-on aussi, paradoxalement, à prendre du recul ?

Oui. Je pense que c’est par habitude. L’intimité m’est familière. Que ce soit celle d’un individu ou d’une famille, ou d’un pays. C’est un choix je pense, je ne pourrais pas parler d’un personnage ou d’un groupe, si je ne le connais/comprend pas intimement. Quoiqu’il vive, et quel que soit le sujet. Et même, à la limite, plus le sujet est délicat, et plus je serai tenté de l’aborder je crois.

Pour la documentation, j’ai trouvé certaines descriptions des blessures, par les enfants eux-mêmes. Ça m’a dévasté de lire tout cela. Et j’ai ensuite dessiné la meilleure façon de représenter ces blessures, parce qu’en noir et blanc, c’est assez difficile de dessiner un hématome, ou un cocard par exemple, ou encore la peau pliée de douleur sous des doigts qui nous pincent fort… Par contre, je ne me suis pas efforcé de prendre du recul pour ça. Je n’ai pas pu, ni voulu « détourner les yeux », en sachant que des enfants eux, ne peuvent pas se détourner de l’enfer dont ils souffrent.

Autre tour de force, la capacité de cette BD à être immersive. Notamment en frappant fort les esprits avec tous ses bruits. Les clics, les portes qui claquent, le chien, le bébé. Concevez-vous la BD comme un objet  sonore comme peut l’être un film ? Le fait d’exprimer ces bruits en dessin, de forcer le lecteur à les entendre, ne rend-il pas cet album encore plus percutant ? De ce « défaut » de la bd, ne tirez-vous pas une force ?

Encore une chose que je souhaitais que l’on ressente. Effectivement ! Je suis donc très content de ce que vous me dites là. En fait, j’ai ressenti cette expérience immersive chez Naoki Urasawa, dont j’ai lu Monster et 20th Century Boys à la suite, quand j’ai commencé « Petite Maman ». Et il y avait une permanence de bruits de porte ou de grillon en été. Ça m’a énormément plu, et contribué à me faire entrer dans ces histoires.

Et j’ai expérimenté un tas d’autres choses dans mon coin, sur ma table à dessin. Mais ce sont des choses que je n’ai jamais osé présenter à personne, car tout cela sort complètement du cadre habituel de la BD telle qu’on l’a connait aujourd’hui. Aussi, les bruits dans Petite Maman, les cases éclatés, le symbolisme etc. tout cela, c’est une proposition un peu timide de ma part, d’entrée immersive.  Bon, ce sujet-là ne se prêtait pas tellement à l’expérimentation donc j’ai eu raison d’y aller mollo. Mais là, je voudrais commencer à emmener mes prochains albums « ailleurs ». Dans d’autres dimensions… Parce que je pense que le monde de la BD n’a pas encore tiré tous les fantastiques trésors de possibilités qu’il recèle. Il y a encore des cadres, et des barrières ici et là. Mais c’est normal, les choses mettent du temps à s’installer. Comme tout dans la vie. Et chaque génération voit son lot d’auteurs arriver avec de nouvelles propositions de lectures et des visions qu’ils ont puisés dans la matrice de leur époque, pour renouveler le milieu de la BD. Donc le 9e art évolue et c’est très excitant ! J’espère que nous aurons le temps et le plaisir de reparler de ces expérimentations et immersions, dans un avenir pas trop lointain.

Il y a la musique aussi, des Goonies. Un film culte pour vous? Que vient amener cette référence à Petite maman ? L’insouciance que Brenda n’a pas ?

 

 

 

 

© Halim chez Dargaud

 

Ho que oui ! Les Goonies, c’est un film cultissime pour moi. L’un des meilleurs films jeunesse et tout public jamais réalisé. Peut-être le meilleur, je crois. En tout cas pour moi ! Et notamment, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c’est le seul film pour enfant (et tout public) où les héros sont des enfants qui n’arrêtent pas de jurer et de dire des gros mots. Même les personnages sont des univers à eux seuls. J’ai l’impression que ce film est libre, que c’est un peu un ovni dans la culture populaire. Je n’ai pas connu un cas similaire d’œuvre où les enfants juraient comme des charretiers. Ni au ciné, ni à la télé, ni en BD. Et puis, ça illustre bien la liberté de parole très décomplexée de l’époque, où on ne polémiquait pas autant, et surtout pas au mot près. Une époque où la surveillance généralisée depuis internet notamment, ne déterminait pas encore nos pensées, nos paroles et nos actes, comme de vulgaires algorithmes.

Et sinon, Les Goonies dans Petite Maman, c’est effectivement pour illustrer l’insouciance que Brenda n’a pas. D’ailleurs, le film l’amuse, mais on voit bien qu’elle ne rit pas spécialement, elle est comme impassible et absente. Elle est plus souriante et heureuse lorsqu’elle n’est pas seule et qu’elle va bien, comme lorsqu’elle regarde Karaté Kid 3 avec sa famille

Le dessin, il est important. C’est d’ailleurs par lui que Brenda va témoigner de sa détresse. Ce n’est pas/plus inoffensif un dessin ! Quand avez-vous d’ailleurs pris conscience de sa force de frappe ? Certains albums, certains auteurs vous ont fait vous rendre compte de cette force de frappe, de ce pouvoir à raconter le réel ?

Complètement ! Un dessin en dit long. Comme le dit l’adage, une image vaut parfois mieux qu’un long discours. Donc ce n’est pas du tout inoffensif en effet. Les structures d’aides à l’enfance, utilisent toutes les outils du dessin pour « faire parler » les enfants. Notamment parce que « parler », sortir le mal, mettre des mots sur des blessures, et surtout communiquer ; par le dessin ou n’importe quoi d’autre, c’est éminemment thérapeutique. C’est vital ! Alors, il était important pour moi que le mutisme, et la souffrance de Brenda possède une brèche qui permette d’entendre ce qu’elle ressent. En s’exprimant notamment par le dessin. De plus, étant dessinateur de presse, je connais assez bien l’importance d’une image seule. Et le fait que le dessin peut être constructif mais tout aussi destructeur, comme l’actualité nous l’a montré ces dernières années.

 

 

 

 

© Halim

 

Il y  a beaucoup d’albums qui m’ont fait prendre conscience de la force de frappe et du pouvoir incroyable du dessin pour illustrer le réel. À commencer par Tintin, Yakari, ou toutes les BD qui m’ont décrit un monde auquel je n’avais pas accès. Et par la suite des albums comme « Là où vont nos pères » de Shaun Tann, « Quartier Lointain » de Jiro Taniguchi. « Sunny » de Matsumoto, et bien d’autres comme Fraise et Chocolat, Meteor Slim, Mauvais Genre, Bandonéon, Rebetiko etc. qui décrivent des réalités exceptionnelles, chacun dans leur domaine, leur sujet, et le traitement employé pour les aborder.

Quels sont vos projets désormais ?

En parallèle de mon activité de journaliste et dessinateur de presse, il y a un album d’humour et un essai qui sont prévus, autour du langage des images et de la liberté d’expression.

En BD, je suis en train de reprendre un mythe de la culture populaire mondiale. Je vais donc totalement changer de registre (narratif et graphique), et ce sera donc un conte fantastique, et social à la fois. Mais je ne peux pas en dévoiler davantage, car rien n’est encore signé.

À part ça, je commence tout juste à écrire des scénarios pour d’autres. Et juste en tant que scénariste, cette fois-ci.

Merci beaucoup Halim et à très vite.

Propos recueillis par Alexis Seny

 

Titre : Petite Maman

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Halim

Genre : Drame familial, Sociétal

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 192

Prix : 19,99€



Publié le 20/11/2017.


Source : Bd-best


6 Ateliers et 1 Fabrique, vous aussi, faites de la bande dessinée au SoBD

Outre ses master class et ses tables rondes (voir plus bas dans ce message), le SoBD vos propose 6 ateliers pour vous metttre le pied sur la pédale, et une uzine à fanzine. À l'aide de ses partenaires, les CMA, la maison Tetra et la Fabrique de Fanzines, SoBD vous mettra à contribution. Non contents de seulement voir de belles choses, vous viendrez sur le salon pour en faire aussi.

Les ateliers sont gratuits, mais un enregistrement préalable est demandé. Pour vous enregistrer, cliquez ici. Pour faire vos fanzines, il vous suffit de venir, et de sortir vos mains de vos poches.

Programme détaillé ci-dessous.
 
 

Gravure sur brique de lait

Tetra Éditions propose un atelier de gravure sur Tetra Pak. La brique de lait est un support à découper et graver, facile à se procurer et peu onéreux. La gravure utilisant ce matériaux est une technique alternative à l’impression manuelle traditionnelle, qui offre de nouvelles opportunités à la micro-édition. Mathilde Payen, membre du collectif Tetra, vous accompagnera dans la réalisation d’estampes, de la gravure à l’impression. La brique de lait, gravée à la pointe sèche, est encrée et essuyée. L’impression se fait à l’aide d’une presse taille-douce.

Vendredi 8 décembre - 15h30-17h30 - Hall
Dimanche 10 décembre - 15h30-17h30 - Hall

Pour vous inscrire, cliquez ici


Atelier bande dessinée

Au cours de cet atelier, menée par Sylvie Fontaine pour les CMA, différents exercices courts seront proposés : découverte du dessin du personnage et du visage, jeux des expressions, exercices à trous ou suites narratives brèves à partir de cartes postales ou d’images existantes chacun pourra y trouver son plaisir selon son caractère et son savoir faire. Technique libre : sur papier, mine de plomb, crayons de couleur, stylos, feutres.

Samedi 9 décembre - 11h30-13h00 - Salle 1

Pour vous inscrire, cliquez ici


Atelier illustration numérique

La bande dessinée a été influencée par l’arrivée du digital, aujourd’hui omniprésent dans le paysage de l’illustration. L’outil numérique peut être utilisé pour la colorisation, les retouches ou le placement des textes. Il est aussi possible de réaliser une composition entièrement avec la tablette numérique. Cet atelier proposé par Kei Lam pour les CMA présente les possibilité offertes par le numérique aux différents moments de la création d’une illustration ou d’une BD.

Samedi 9 décembre - 11h30-13h00 - Salle 2

Pour vous inscrire, cliquez ici

Atelier linogravure et illustration

Présentation proposée par Mélie Jouassin et Hélène Bautista (toutes deux des CMA) de l’utilisation de la gravure et principalement de la linogravure dans l’édition : livres d’artistes, édition jeunesse, fanzine. Suivi d’un mini atelier pour s’initier à la linogravure : réalisation d’une illustration par personne à partir de segments de phrases tirés au sort.
Attention, cet atelier ne peut accueillir qu'un nombre limité de participants. L'inscription est impérative et il faut venir avec son badge (sur papier ou téléphone).

Dimanche 10 décembre - 11h30-13h30 - Salle 1

Pour vous inscrire, cliquez ici


Atelier illustration et narration

La séquence d’images se construit par des mutations spatiales et temporelles. Sa cohérence narrative et graphique s’apprécie par des choix plastiques pertinents dans l’expressivité du trait et de la lumière. En BD comme en illustration, le rôle de la couleur est tout aussi important : elle sert à différencier les plans, à renforcer les ambiances et prend en charge une bonne part de la narration. Ces différents aspects seront explicités par Emmanuelle Robin, des CMA, à partir d’exemples puis mis en pratique par les participants sous forme d’un mini livre.

Dimanche 10 décembre - 11h30-13h30 - Salle 2

Pour vous inscrire, cliquez ici

LA FABRIQUE DE FANZINES

Portée par 5 ouvriers (Alex Baladi, Andréas Kündig, Yves Levasseur, Benjamin Novello et Pierre Schilling), la Fabrique de Fanzines vient de Suisse pour installer son atelier ouvert à tous sur le SoBD. C'est un espace de travail collectif dédié à la fabrication d'une sorte bien spécifique de fanzines. Vous aussi, venez faire votre fanzine à l'occasion du SoBD.

 

 

 

 

La Fabrique de Fanzines est installée dans le Hall du salon. Pas besoin de s'inscrire : tailler vos crayons et retrousser vos manches suffit.

Andréas Kündig explique comment procéder dans l'excellent titre La Fabrique de Fanzines par ses ouvriers mêmes, édité par la maison suisse Atrabile (ouvrage disponible sur le salon) 



Publié le 20/11/2017.


Source : Bd-best


Bienvenue dans l'Hyperhèdre, une exposition sur L'art techno de Simon Lejeune

Artiste illustrateur expatrié à Berlin depuis 2010, actif dans l’auto-édition et actuellement en résidence à la galerie "Rhiz[H]ome", Simon Lejeune alias "Haedre" vous présente la rétrospective de son travail: La conception de son roman graphique "Devlok, le techno-templier".

Vous êtes invité(e)s à venir découvrir un univers de science-fiction inspiré entre autres par les artistes phares du genre tels que Moebius, H.R. Giger, Enki Bilal, Philippe Druillet, Katsuhiro Otomo et Tsutomu Nihei à travers plus de 60 planches et oeuvres originales intégralement réalisées à l’aquarelle. Détails fouillés, couleurs dégénérées et formes torturées vous accompagneront dans une descente vers les profondeurs de l’Hyperhèdre, un monde dominé par des intelligences artificielles où l’humain n’a plus lieu d’être.

Vernissage de l'exposition le 25 Novembre à partir de 19:00.

L'exposition est ouverte du Lundi au Samedi de 13:00 à 18:00.

 

Lieu :  Galerie temporaire Rhiz[H]ome
rue puits-en-sock 32
4020 Liège

Contactinfo@haedre.com

Web : www.haedre.com


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 25/11/2017 au 13/12/2017.

Publié le 20/11/2017.


Source : Bd-best


Cosey, une quête d'épure, Hôtel Saint-Simon

Élu Grand Prix 2017 du Festival International de la Bande Dessinée, Cosey est consacré en janvier 2018 avec une exposition rétrospective de plus d’une centaine d’originaux.

L’occasion rêvée, pour les familiers de l’auteur suisse et pour l’ensemble des festivaliers, de découvrir certains thèmes récurrents de cette œuvre au long cours qui invite le lecteur au voyage.

Commissariat : Vladimir Lecointre et Stéphane Beaujean

Lieu : Hôtel Saint-Simon

 

Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême

71 rue Hergé
16000 Angoulême

Contact : +33 (0)5 45 97 86 50



Publié le 17/11/2017.


Source : Bd-best


Tango : Matz et Xavier passent à l’action dans ce petit coin de désert bolivien, entre lézards et lamas, était décidément trop tranquille

Tango, ce n’est pas une bière (belge, s’il vous plait) avec de la grenadine, encore moins du petit lait. Non, c’est du sérieux dans un cadre de rêve pour célébrer la rencontre entre Matz et le tandem Philippe Xavier/Jean-Jacques Chagnaud. Car même si vous fuyez les ennuis à l’autre bout du monde, dans un océan de pierre où ne vivent que quelques âmes, il y a de grandes chances qu’ils vous rattrapent et que les choses vous échappent. En un claquement de doigt et le fracas des détonations.

 

 

 

 

 

 

 

© Matz/Xavier/Chagnaud chez Le Lombard

 

Résumé de l’éditeur : Après avoir volé des millions à un cartel de la drogue, John Tango s’est installé dans un village perdu de Bolivie, pensant avoir trouvé le coin idéal pour prendre sa retraite. Mais le hasard fait bien mal les choses, son nouveau voisin et son fils semblent fuir eux aussi un passé compliqué. Quand ces derniers sont attaqués par trois hommes armés, Tango prend leur défense et tue les assaillants. Il l’ignore encore mais il vient d’attirer l’attention de deux puissants groupes armés. Le coin le plus tranquille de la Cordillère des Andes ne va pas le rester longtemps.

 

 

 

 

© Matz/Xavier/Chagnaud chez Le Lombard

 

 

 

 

© Philippe Xavier

 

Seul au monde ou presque. Tango, cet étranger dans cette Bolivie ensablée, n’a jamais eu peur de la solitude. On ne vogue pas sur les flots loin des terres, sinon… Troquant son eau contre le sable à perte de vue, Tango a gagné sa retraite, profitant de l’occasion pour s’éloigner du bruit du monde, pas forcément recommandable, pour commencer une seconde vie sereine et souriante, sincère et bénéfique face aux lamas, aux lézards et aux quelques vivants de ce village aéré (ça tranche avec ses buildings l’un sur l’autre) près de Potosi, la montagne d’argent.

 

 

 

 

© Matz/Xavier/Chagnaud chez Le Lombard

 

Tango se rachète une vie (il a de quoi voir venir après avoir filé entre les pattes de ses patrons) près de la belle et incendiaire Agustina mais aussi de Diego et son père, Anselmo. Ici, le coeur n’est pas aussi sec que son environnement. Ces existences au milieu de nulle part semblent être insoupçonnables et pourtant, sans doute ce trou perdu de toute beauté était-il trop petit et trop gros que pour accueillir deux hommes au passé trouble. Et forcément, ça va dégénérer.

 

 

 

 

© Matz/Xavier chez Le Lombard

 

Après l’Hyver et les croisades, le dépaysement est total dans ce rêve aride à perte de vue. Parce que mine de rien, c’est facile d’implanter une histoire à des lieues d’ici mais si on n’y croit pas. Ici, tous les éléments sont réunis pour croire et accéder à la réalité de ce western contemporain dans lequel les opposés s’attirent et où il n’est pas inscrit dans le marbre que les ennemis le seront à jamais.

 

 

 

 

© Matz/Xavier/Chagnaud chez Le Lombard

 

Et c’est quand le jeu de dupes tombe, que les protagonistes se retrouvent face à face et face à eux-mêmes, que la vraie partie commence. Éblouissante dans des paysages indomptables qu’aucun coup de fusil ne parviendra à ébranler. Les hommes peuvent s’entretuer, la montagne ne cillera pas. Mais le lecteur, lui, attendra avec impatience la suite.

 

Série : Tango 

Tome : 1 – Un océan de pierre

Scénario : Matz

Dessin : Philippe Xavier

Couleurs : Jean-Jacques Chagnaud

Genre : Aventure, Thriller

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 64 (+ 6 pages de carnet de voyage)

Prix : 14,45€



Publié le 17/11/2017.


Source : Alexis Seny


Festi'BD à Boulogne-sur-mer

27ème édition organisée par l'association Les Amis de la BD.

Au programme :

Cette année, le Festival BD de Boulogne-sur-Mer vous propose un joli "Colis de Noël" (et il n'y en aura que 10) pour vous faire plaisir ou faire plaisir à des amis eux aussi amateurs ou collectionneurs.
Dans ce colis vous trouverez 10 tirés à part grand format (5 signés et 5 non signés) de B. Tillier, R. Hausman, JC Cassini, E. Civiello....., 5 portfolios contenant au minimum 10 ex-libris signés des auteurs et les deux ouvrages publiés par l'association à l'occasion des 20 et des 25 ans. Le tout pour 100 euros le "colis". C'est certain il y a un côté "pochette surprise" mais vous ne serez pas déçus (on ajoutera certainement quelques bonus). Le tout tiré du stock de l'association.
Vous pouvez réserver le vôtre en envoyant un email à ghys.bruno@neuf.fr et vous pourrez retirer le "colis de Noël" lors du salon.


Auteurs invités :

Annabel, Baude, Brazao, Ch'Grand, Colorex, Demare, Dress, Federici, Frank Pé, Guénet, Hugonnard-Bert, Lacaf, Lemaitre, Libessart, Mika, Pellegrini, Rypert, Sotgiu, Souillard, Tillier, Toubab, Winoc.

Entrée gratuite

Horaires : 9h30 à 12h30 et 14h ç 18h30

Lieu : Salle d’honneur de l’Hôtel de ville

Contact : Bruno Ghys par tél au +33 (0)3 21 32 72 97 et au +33 (0)6 60 38 72 97  ou par mail ghys.bruno@neuf.fr

Web : https://www.facebook.com/events/799861153485242/


Pays : France

Date de l'événement : du 02/11/2017 au 03/11/2017.

Publié le 17/11/2017.


Source : Bd-best


Mirages, la biographie de Will en exposition chez Daniel Maghen

Commentés par Will lui-même, à travers une compilation d'interviews réalisées entre 1969 et 1998, neuf chapitres reprennent les grandes périodes de l'oeuvre de Will : ses années de jeunesse et son apprentissage auprès de Jijé, son maître en bande dessinée ; son éclosion dans les pages du Journal de Spirou, avec les célèbres Tif et Tondu et leur meilleur ennemi M. Choc ; ses années à la tête de la direction artistique du journal Tintin ; son échappée belle vers une bande dessinée poétique et sans contraintes, avec la série Isabelle qu'il invente avec Macherot, Franquin et Delporte ; ses peintures au lavis, à l'aquarelle puis à l'huile, d'abord exécutées dans le secret de l'atelier, puis exposées en France et en Belgique ; et enfin ses albums en couleurs directes pour lesquels, à soixante ans passés, il réinvente sa façon de dessiner et utilise dans un même album sa maîtrise de la bande dessinée et ses talents de peintre.

À l’occasion de la parution de Mirages, la Galerie Daniel Maghen a l'honneur de présenter une exposition dédiée à cet auteur incontournable du 9e Art, du 24 novembre au 16 décembre 2017.

Véritable pilier du Journal de Spirou, ce dessinateur belge, formé par Jijé a dessiné les aventures de célèbres personnages, Tif et Tondu, Isabelle et donné vie à l’un des plus célèbres méchants de l’Histoire de la BD, Monsieur Choc. Son immense talent l'a amené à collaborer avec les plus grands dessinateurs et scénaristes de BD dont Franquin, Macherot, Maurice Rosy, Maurice Tillieux, Stephen Desberg...

Très rarement exposés, près de 70 originaux de Will sont présentés à la Galerie Daniel Maghen : planches, couvertures d’albums, couvertures du Journal de Spirou, peintures, dessins… retraçant 40 ans de carrière (1955 à 1995). Le parcours de l’exposition plonge d’abord le visiteur au cœur des aventures de Tif et Tondu. Une trentaine de planches sont exposées dont celles d’albums cultes de l'âge d'or du Journal de Spirou comme Plein gaz. S’ensuit une immersion dans le monde poétique et fantastique d’Isabelle, série incontournable aux personnages attachants, fruit d’une créativité graphique sans cesse renouvelée. L’exposition permet également de découvrir un aspect plus intime et personnel du travail de Will. Elle rassemble une quinzaine d’illustrations issues de sa série des Belles de Will, et enfin ses toiles inspirées des paysages du sud de la France. Le parcours s’achève avec les trois derniers albums de Will, dessinés en couleur directe : Le Jardin des désirs, La 27e lettre et L'Appel de l'enfer. Dans ces ouvrages écrits par Stephen Desberg, Will libère toute la douceur et l’intimité de son dessin tout en révélant la force de sa palette de couleurs.

 

 

 

 

L’exposition permet d’admirer l'encrage et les couleurs de Will et d'offrir au public la plus grande exposition à ce jour d'un grand classique de la bande dessinée.

Vernissage le 23 novembre


Mirages, une biographie en images de Will

Par Will et Vincent Odin

402 pages, 30.6 X 22.9 cm, 2233 grammes
    
A paraître le 23 novembre

Prix : 59.00 €

 

Galerie Maghen

47 Quai des Grands Augustins, 75006 Paris, France

Téléphone : +33 1 42 84 37 39

 


Pays : France

Date de l'événement : du 24/11/2017 au 16/12/2017.

Publié le 16/11/2017.


Source : Bd-best


Henri Reculé danse avec le loup : « Dans Jack Wolfgang, il ne suffisait pas d’importer des animaux dans une histoire d’humains, elle ne devait fonctionner qu’en les mélangeant »

Quand les animaux s’élèvent et prennent la parole dans ce monde humain, tout ne se passe pas toujours comme sur la planète des singes. Ainsi, Jack Wolfgang, nouvelle série de Stephen Desberg, Henri Reculé et Kattrin, décrit un univers où hommes et femmes cohabitent avec les animaux autour d’un équilibre alimentaire trouvé dans le… tofu. Sauf que forcément, il y a un pépin et le prétexte est donné à une aventure à travers le monde qui n’oublie ni l’espionnage ni l’humour et les références sur le quai. Le loup est dans la place et Henri Reculé en est le témoin amusé. Interview enrichie à forte dose de bonus.

Bonjour Henri, on attendait la suite des Mille et autres nuits, vous nous revenez avec un agent secret loup. Jack Wolfgang. Mais quelle est sa genèse?

En fait, le premier tome des Mille et autres nuits est passé assez inaperçu sans que nous sachions trop pourquoi. D’autant plus que les gens qui l’avaient lu l’avaient apprécié, nous n’avons pas vraiment reçu d’avis négatif. La question s’est donc posée de continuer ou pas cette aventure. Il nous a vite semblé indispensable, à l’éditeur et à nous-mêmes, de terminer Les Mille et Autres Nuits mais sous un format différent. Ce sera donc une intégrale  regroupant  l’histoire complète qui était prévue en trois tomes. Pour le moment, j’ai terminé ce qui devait être le deuxième tome. Il ne me reste plus qu’à conclure un semblant de troisième tome, 20-30 planches, dont Stephen réalise encore le scénario.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin chez Le Lombard

 

Alors, comment Jack Wolfgang s’est pointé ? C’est la femme de Stephen qui a eu l’idée d’un univers animalier, anthropomorphe. Stephen a tout de suite trouvé l’idée intéressante.  « Pourquoi, tu ne ferais pas ça? ». J’étais partant mais il nous fallait quelque chose qui soit vraiment original.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin chez Le Lombard

 

De votre côté, un monde anthropomorphe, c’était une première, à peu de chose près.

J’avais quand même déjà fait ça dans les Immortels. Aussi dans le Dernier Livre de la Jungle, mais même si les animaux parlaient, ils restaient des animaux. Pour Jack Wolfgang, le scénario a connu plusieurs moutures. Au début, Jack était le seul animal qui parlait, le seul dans un monde d’hommes. Et nous racontions pourquoi : son enfance, une manipulation génétique, etc.

Dès le départ, il était prévu qu’il soit un agent secret, critique gastronomique, travaillant pour un journal. C’était assez sombre et il était question d’une mutation créée par l’homme, mais c’était un peu trop X-Men.

 

 

 

 

© Reculé

 

C’est vraiment en creusant l’idée originale que Stephen a décidé qu’il était plus intéressant d’avoir un monde où les animaux auraient évolués depuis le Moyen-Âge et les musiciens de Brême. Leurs corps s’étant humanisés, petit à petit. En tant que dessinateur, j’ai, du coup, dû faire des recherches approfondies. Il s’agissait moins de faire la différence entre le réalisme ou pas, entre le simple et stylisé et le sophistiqué, que de faire correspondre le dessin et l’histoire. En réalisant les premières planches, je l’ai trouvé ce style idéal qui fait passer l’histoire. Et de fait, il était devenu moins réaliste. J’ai opté finalement pour l’intérêt graphique.

Avec des difficultés pour certains personnages ?

J’ai beaucoup tourné autour d’Antoinette, le personnage féminin de ce premier tome. La faire trop animale dénaturait le propos. Peut-être un jour, reviendra-t-on à l’origine des personnages centraux ? Toujours est-il que j’ai cherché la meilleure manière graphique de les présenter. Il fallait trouver le bon compromis entre le mâle animal et l’humain et la femelle animale et humaine.  J’ai accentué le côté fin et félin de celle-ci.

 

 

 

 

© Reculé

 

C’est d’autant plus difficile quand des animaux et des humains sont mêlés dans une même histoire. Il y a des libertés graphiques à prendre. Après, c’est vrai que si un jour, je dois expliquer comment les animaux ont physiquement évolué, je vais avoir des difficultés ! L’important était de prendre cet univers comme le monde d’aujourd’hui ! D’ailleurs, il est sans doute plus simple de faire la Planète des singes, ce sont les animaux les plus proches de nous.

Vous avez également pris des libertés par rapport à l’échelle des grandeurs.

Oui, et ça ne va pas aller en s’arrangeant (rires) : dans le tome 2, vous aurez affaire à un pigeon « à taille humaine ».

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin chez Le Lombard

 

Cela implique, en tout cas, de laisser tomber les animaux de… compagnie !

Et j’ai dû y veiller plutôt deux fois qu’une. Cette fois, je ne pouvais pas dessiner d’humains avec un chat ou promenant un chien en laisse dans la rue. Des trucs que je rajoute assez facilement dans mes autres albums pour rendre l’espace et le décor plus vivant. Ici, j’ai failli tomber plusieurs fois dans le panneau ! De même que je ne pouvais pas faire d’oiseau posé sur un fil électrique, tous les animaux devaient être logiques et anthropomorphes.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé

 

Après, cela n’exclut pas un tome qui se passerait dans un pays où des chats veulent redevenir domestiques pour échapper à la pénibilité de gagner sa vie et de trouver un travail. Tout est possible.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin chez Le Lombard

 

Aussi, pour que les humains et les animaux cohabitent en harmonie, vous avez pensé à tout. Et encore plus à l’équilibre et l’harmonie alimentaire qui doit régner.

Oui, mais là encore, ça pourrait vaciller : certains animaux dits prédateurs pourraient vouloir revenir à cet esprit de chasseur. Je me souviens d’une illustration préparatoire que j’avais réalisée avec un tigre-chasseur assis dans un salon décoré avec une quantité phénoménale de têtes d’animaux sacrifiés. L’instinct prédateur peut resurgir à tout moment et pourquoi pas une histoire prochaine dans l’esprit du Comte Zaroff. Ça pourrait s’envisager.

 

 

 

 

© Reculé

 

En attendant, Jack Wolfgang, c’est surtout une histoire d’espionnage.

Oui, lorgnant plus vers James Bond que vers Bourne et dégagé de thèmes déjà bien (et trop ?) présents dans nos vies. Nous ne voulions pas faire de la politic fiction !

Et le cinéma est bien présent !

Avec des clins d’oeil. Pas que cinématographique d’ailleurs. Avant les recherches sur cet univers, j’ai relu pas mal de comics, notamment Batman Le Long Halloween de Jeph Loeb et Tim Sale. Je me souviens avoir été marqué par ces double-pages d’action où quelques bulles venaient s’ajouter pour quand même faire avancer l’histoire. Forcément, ça marque ! J’ai voulu rendre Jack Wolfgang le plus cinématographique possible, dynamique, que les images ressortent. Au cinéma, une autre influence est celle de l’explosif Kingsman.

 

 

 

 

© Reculé



Vous disiez sur votre site (qui est un véritable making-of de votre travail) la difficulté de créer des personnages secondaires…

Alors que les héros ont plus de temps « à l’écran », les personnages secondaires apparaissent peu, il faut assez vite que le lecteur les distingue, qu’ils aient « de la gueule ». Car s’ils arrivent en planche 2 avant de disparaître et de revenir sur la planche 25, ils ne doivent pas être confondus. Ils doivent être directement identifiables.

À moins de jouer avec une caricature, typée, mais ce n’est pas toujours réussi. Le maître, c’est Uderzo, il a su user de ce gimmick avec une telle intelligence. Tout le monde a remarqué Kirk Douglas, Lino Ventura ou Sean Connery en agent secret dans Astérix.

Puis il y a John Travolta et Samuel L. Jackson, période Pulp Fiction !

On ne les voit pas beaucoup mais beaucoup de lecteurs me disent les avoir reconnus facilement. Les intégrer dans une histoire, c’est quelque chose que je n’aurais pas pu faire dans une série plus réaliste, cela aurait été du mauvais-goût. Jack m’en donnait la possibilité, un ton plus décontracté. En plus, dès qu’on les voit, on n’a pas besoin de les présenter, ils ont déjà une histoire, celle conférée par Tarantino, derrière eux.

 

 

 

 

© Reculé

 

D’autant plus que leur rôle dans Jack Wolfgang correspond à celui du film. Sans que cela gêne la lecture. C’est un jeu de référence et d’hommage. Comme je le fais avec une statuette de Tigresse (Kung Fu Panda) dans un coin d’une case. C’est un jeu avec le lecteur avec des hommages plus ou moins bien cachés dans l’album.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin chez Le Lombard

 

Y’aura-t-il d’autres clins d’œil, arrivées de personnages bien connus du grand écran, dans la série ?

 

Ce n’est pas calculé. Pour le moment, j’ai découpé une trentaine de pages du second tome, vingt sont finies et je ne pense pas qu’il y ait des personnages du genre de Travolta et Jackson. Encore une fois, je n’ai pas envie que ce soit du mauvais-goût, juste une distraction. Cela dit, dans les scènes de foule, il y a certainement des clins d’œil.

Et un peu de Batman aussi, dans l’ambiance, non ?

Je suis un fan de Batman. Alors, quand je peux, je glisse une petite allusion ici ou là. Pas vraiment dans Jack. Cela dit, la scène d’entrée d’Antoinette évoque clairement Catwoman. Et notamment, cet album de Loeb et Sale, Catwoman à Rome. C’est en découvrant cet album et la travail de Tim Sale en gris (avant mise en couleur) que j’ai voulu faire de même sur Jack. On peut voir plus précisément une partie de ce travail sur Jack Wolfgang dans le tirage de luxe édité aux éditions Khani.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin chez Le Lombard

 

C’est assez récurent avec moi. À chaque nouveau projet, avec Stephen, on essaye une méthode différente. La couleur directe sur les immortels, juste les crayonnés sur le Dernier Livre de la Jungle (tomes 1 et 2 encrés et mis en couleur par Johan De Moor). Sur Cassio j’étais revenu à un travail plus classique mais à l’ordinateur. Sur Jack, l’envie était de garder mon effet crayon, donner plus de profondeur à la couleur…

Des scénarii qui changent et sont modifiés autant de fois, vous en aviez vécu auparavant ?

Non, c’est la première fois que Stephen a dû revoir autant un scénario. Il y en a eu cinq ou six versions avant que nous en arrivions à un monde crédible où humains et animaux anthropomorphes cohabitaient. On a testé plusieurs approches car il nous importait d’aller au fond de la « bonne idée », à quelque chose qui avait tout son sens. Il ne suffisait pas d’importer des animaux dans une histoire d’humains.

 

 

 

 

Un extrait du tome 2, à l’opéra © Desberg/Reculé

 

Non, il fallait que l’histoire n’ait plus aucun sens si les animaux disparaissaient, s’ils étaient remplacés par des hommes. Le fait que des animaux soient nos héros devait donner la substance à l’histoire. Petit à petit, le fait que les animaux parlent et vivent dans un univers d’humains n’était plus un problème et il fallait surtout que le lecteur accepte ce postulat.

Entre-temps, il y a eu Zootopie.

Oui et on a un peu flippé. Quand j’ai eu vent de ce film Disney, notre projet était déjà bien avancé. Je ne me tiens pas toujours au courant des actualités cinéma et, à la sortie du film, je me suis rendu compte que les gens l’attendaient depuis… deux ans. Cette enquête dans un monde d’animaux qui ne se mangent plus entre eux, ça ressemblait à Jack Wolfgang. Stephen et moi-même, nous avons été le voir au cinéma… en gardant à l’esprit qu’en sortant de la salle, on abandonnerait peut-être notre projet. Ouf, l’aspect alimentaire était présent mais ils n’expliquaient pas de quoi les animaux se nourrissaient du coup. Nous, on a trouvé un substitut ! Et puis Zootopie c’est un monde purement animalier.

 

 

 

 

© Reculé/Kattrin

 

J’avais remarqué Sherlock Fox, paru chez Glénat en 2014, un autre album BD dans lequel la paix est de mise entre les animaux. Là encore, ce n’était pas comme dans notre histoire.

Cela dit, il y a plein d’autres dessins animés, BD avec des animaux…

… et arrive la difficulté de créer des personnages originaux. J’ai dû combattre ça. Après deux mois de recherches graphiques, je me suis ainsi rendu compte que je faisais mon loup comme je le faisais dans le Livre de la Jungle façon Disney… Notons que Jack Wolfgang est le seul loup de cette histoire et que je cherche des animaux plus rares : un tigre, un lion… Ceux qui auront des rôles importants.

 

 

 

 

© Reculé

 

Petit à petit, je me suis rendu compte que je ne devais pas enfermer mes personnages dans leur costume humanisés, les faire bondir, surgir, envoyer valser les chaussures et la cravate. Garder le côté animal, en fait ! Quant aux costards, c’est bien mais ça devait avoir un intérêt, pas juste être cool, encore plus quand nos personnages sont des animaux très poilus. Il ne fallait pas les enserrer. Sauf notre ours, l’un des méchants de l’histoire qui ajuste son costume pour jouer à l’humain !

J’ai eu pas mal de boulot pour le physique d’Antoinette, notre héroïne. J’ai beaucoup cherché, ça ne donnait rien. C’est en tombant par hasard sur une couverture de Tigresse Blanche de Didier Conrad, que j’ai été séduit par le côté moins réaliste et néanmoins élégant de son personnage féminin. Ça a été le déclic, la clé pour mieux développer notre panthère. On ne sait jamais d’où peut venir l’inspiration.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin

 

Et Blacksad ? Oui, non ?

J’avais lu les deux ou trois premiers tomes à l’époque de leur sortie. Je n’ai pas voulu les regarder à nouveau, de crainte d’être trop influencé. C’est une BD animalière plus réaliste que ce qu’on peut voir habituellement. Quand Stephen est arrivé avec son histoire d’animaux, je ne pouvais pas refuser, j’ai toujours aimé dessiner des animaux. Mais étant donné que Blacksad reste une référence dans la BD dite animalière, il fallait absolument éviter toute ressemblance sinon l’aventure n’avait que peu d’intérêt. Jack Wolfgang existe pour ce qu’il est. Il n’est pas là pour réinventer le genre comme… Canales et Guarnido l’ont fait avec Blacksad.

Il ne fallait pas faire que ça, pas juste ouvrir une porte déjà ouverte. J’ai gardé ça à l’esprit dans mon approche graphique, plus personnelle, tandis que Stephen s’est efforcé d’approcher une histoire qui ne pouvait être racontée que dans cet univers mêlant humains et animaux.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin

 

Jack Wolfgang rassemblera donc des tomes qui se veulent être à chaque fois des histoires complètes.

Exact ! Il n’y aura pas nécessairement de fil rouge. Dans une série, si tout se passe bien, les tomes 1 sont rarement les mieux dessinés. Mais quand on arrive au tome 10 d’une série à suivre, on se retrouve bien embêté de conseiller aux lecteurs de commencer par le tome 1 qu’on a depuis un peu renié. Le but est quand même de s’améliorer d’album en album. Depuis 1996, je n’avais jamais fait une histoire complète en un album, il était temps.


Autre première, ce fameux tirage de luxe. Le premier de votre carrière. Une sorte de reconnaissance ?

Une reconnaissance, je ne sais pas. Mais c’est sympa d’avoir un bouquin qui soit plus grand que la normale. Puis, dedans, en plus de l’album, il y a un dossier de 20 pages de recherches, et d’illustrations préparatoires.

 

 

 

 

© Reculé

 

Autre matériel ajouté, les couvertures. Aux prémisses, j’avais un seul projet de couverture que je pensais être le bon. C’était sans compter mon éditeur. J’ai donc fait deux propositions supplémentaires, assez définitives. Là encore, elles ont été recalées, parce qu’elles ne donnaient pas une idée assez précise de ce que véhiculait la série. Polar, aventure, thriller ?  A partir de là le concept de la couverture, inspirée des James Bond des années 60 avec Sean Connery, est plus venu de l’équipe artistique du Lombard. Vous savez, ces affiches avec un personnage noir et blanc sur un décor dont la couleur était unie.

Du coup, il y avait le choix pour la couverture du tirage de luxe, avec une belle mise en valeur pour une des couvertures refusées. Sans doute donne-t-elle d’ailleurs mieux en grand format. Je dois avouer que j’aurais peut-être stressé si on m’avait demandé de créer directement une couverture pour le grand format.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé/Kattrin chez Le Lombard

 

La suite s’annonce chargée : un tome 2 en 2018 et deux tomes en 2019.

Le deuxième tome sera Le Nobel du pigeon qui mettra en relation le Prix Nobel et, forcément, un pigeon. On va se dégager de la thématique alimentaire du premier tome, donc. Il y a eu un quiproquo, et on s’en est rendu compte lors de nos rencontres avec des journalistes [le second tome était déjà écrit], beaucoup pensaient que nous allions rester dans ce champ. Le côté gastronome leur parlait beaucoup. Mais pas du tout. Il y aura toujours quelques éléments dus à la profession de Jack mais sans s’épancher.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé


Peut-être la recette présente en fin de tome et œuvre d’une candidate de Masterchef les a induit en erreur ?

La proposition initiale était de moi. Je trouvais ça chouette que, pour donner plus de vie à notre héros, on fasse comme si c’était vrai. En authentifiant son action via un article de critique, une recette. L’idée a fait son chemin et on s’est mis en tête de demander à quelqu’un dont c’était le métier d’intervenir. Et c’est ainsi qu’Audrey est arrivée dans l’aventure, a proposé sa recette de tofu qui s’est vue critiquer par Jack Wolfgang dans son prestigieux journal. L’idée au départ était de faire une recette par bouquin mais comme on se dégage de l’alimentation, peut-être devra-t-on trouver autre chose que l’alimentaire.

Ce deuxième opus va donc s’intéresser à la perception que l’on peut avoir des capacités d’un animal à l’autre. Un pigeon va être vu comme bête tandis qu’un renard sera rusé. Et un pigeon va vouloir changer les consciences… quitte à employer des méthodes radicales. On ne peut pas dire plus pour le moment.

 

 

 

 

© Desberg/Reculé

 

Enfin, vous nourrissez un autre projet très personnel : Kunoïchi, un webcomic.

Une Kunoïchi, c’est une femme-ninja. C’est un projet que j’écris depuis quinze voire vingt ans, autour de ma passion du Japon. Forcément, il y a eu plusieurs versions de cette histoire mais cela fait un an ou deux que j’ai ma version définitive ou presque.

 

 

 

 

© Henri Reculé

 

C’est un projet très « fanboy » et donc très complexe à proposer. Et s’il n’y avait que moi que ça intéressait ? Dans un premier temps, je ne l’ai pas proposé aux éditeurs, je pensais qu’ils ne seraient pas intéressés. Or, le temps passant, j’ai vu différentes séries naître sur ce thème japonais. Certains auteurs avaient eu « moins de scrupule » que moi ! (Rires)

 

 

 

 

© Henri Reculé

 

Du coup, je n’ai plus voulu remettre mon projet au lendemain, de peur que le jour où je le ressortirais, le marché soit bombardé de séries de ce genre, qu’il se soit épuisé. Après, j’ai donc présenté mon projet à gauche et à droite, je n’ai pas vraiment eu de réponse positive. D’autant plus que je ne suis pas encore un dessinateur dont on peut acheter les yeux fermés tout ce qu’il fait juste sur son nom. Pour que les lecteurs viennent à moi, les thèmes que je mets en récit doivent plaire et je ne peux pas me permettre de faire n’importe quoi. Donc je réalise Kunoïchi, pour le moment, sous forme de webcomic, je le fais quand je veux et le peux surtout. 35 planches sont disponibles sur le site dédié.

 

 

 

 

© Henri Reculé

 

Cela dit, c’est compliqué à envisager puisqu’en tout l’histoire devait compter un ou deux gros bouquins. En faisant plein de concessions j’arrivais à 280 pages. Mais finalement, j’ai envie de raconter mon histoire comme je le sens sans tenir compte d’une pagination. Des pavés dans la veine des graphic novel américains. Avec peut-être 200, 300, 400 ou 500 pages qui ne compteraient que quelques images par planches. En noir et blanc, et gris, a priori.

 

 

 

 

© Henri Reculé

 

J’aime bien cette idée même si depuis que j’ai vu le dessin animé Miss Hokusai, très beau dans ses couleurs et ambiances, je me demande si je ne pourrais pas intégrer des couleurs qui ne soient pas trop sophistiquées à mon projet. Le problème étant le nombre de pages. Je me suis renseigné sur la possibilité de le faire en autoédition, ce n’est pas impossible que je passe par là, ça limite les frais.

Et l’histoire ?

Nous ne serions ni dans l’aventure, ni dans le récit de samouraïs ni même dans la philosophie japonaise trop souvent rendue cliché par les albums s’y intéressant. La prémisse c’est: « une femme assassin fait équipe avec un policier non-violent pour arrêter un tueur en série et découvre la valeur de la vie humaine. »

 

 

 

 

© Henri Reculé

 

Sur un fond historique, Edo au début du XVIIème siècle, nous suivons une enquête sur des assassinats menée par un duo composé d’une kunoïchi et d’un policier. Au fil des pistes, des suspects, j’ai envie de montrer le Japon de cette époque à travers des détails peu connus. Notamment le fait que les policiers, samouraïs de classe inférieure, devaient arrêter un samouraï présumé coupable sans le blesser. D’où en quelque sorte les arts martiaux permettant de combattre à mains nues et sans utiliser son sabre. Dans mon esprit, c’est plus un polar qu’une histoire de samouraï.

On a hâte de découvrir ça en tout cas !

Propos recueuillis par Alexis Seny

 

 

Série : Jack Wolfgang

Tome : 1 – L’entrée du loup

Scénario : Stephen Desberg

Dessin : Henri Reculé

Couleurs : Kattrin

Genre : Anthropomorphe, Action

Éditeur : Le Lombard (édition de luxe chez Khani)

Nbre de pages : 64  (80 pour la version de luxe)

Prix : 13,99€ (150€ pour la version de luxe)

 



Publié le 16/11/2017.


Source : Bd-best


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