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Viking un jour, viking toujours : la vie hilarante et poétique d’un guerrier…impitoyable  Hägar Dünor Intégrale 3 - 1976-1977

            « - Qu’y a-t-il ?

-          Hägar prend un bain !

-          Ouah ! Je n’ai pas vu l’année passer ! »

 

C’est un événement, le viking se lave. C’en est un autre, le troisième volume de l’intégrale de ses strips quotidiens vient de paraître.

 

            Allez, on le dit ? Hägar Dünor est la meilleure série de strips du monde. Tous ! Ils peuvent tous aller se rhabiller. A la garderie, les Peanuts ! Dans ta litière, Garfield ! Au fond de votre chambre, Calvin et Hobbes ! Le boss est là, c’est un viking et il s’appelle Hägar.

 

 

 

 

 

 

 

© Brown - Urban Comics

 

 

            Fainéant, menteur, misogyne, alcoolique, cet homme a tous les défauts mais on ne peut pas se passer de lui. Dirigeant d’une poigne de fer son équipage, il est loin de porter la culotte à la maison, où sa femme Hildegarde fait la loi. Elle a trois enfants à charge : sa fille Ingrid, son fils Homlet et son mari Hägar. Certes, Thorgal n’a pas ce genre de relations avec Aaricia, il n’est jamais chez lui.

Les situations les plus cocasses se succèdent, le plus souvent hilarantes, mais parfois aussi poétiques : en déplaçant un cadran solaire, Eddie le veinard et le docteur Zouk changent le jour en nuit. Et une terreur viking, fléau de l’Europe, ne peut pas terroriser les foules si de mignons petits animaux des bois se lovent contre lui.

 

 

 

 

© Brown - Urban Comics

 

 

 

            Dans une émouvante introduction, Chris Browne raconte les problèmes de vue de son père, les longues routes en voiture à travers l’Amérique. La motivation de la création aura été plus forte que tout et permettra à Dik de surmonter le mal. On sait que plus tard, son fils prendra les rênes de la série, mais pour l’instant le patriarche est encore au rendez-vous.

 

C’est déjà la fin du voyage pour cette intégrale des strips du viking le plus roublard du monde, dessinés par Dik Browne. Espérons vivement qu’elle sera complétée par l’intégrale des planches du dimanche, jadis publiées dans le journal de Mickey, puis plus tard par les strips signés par son fils.

 

Urban Comics, après ce merveilleux travail de réhabilitation pour Hägar Dünor, continuez à faire naviguer son drakkar en publiant le reste de ses aventures.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Hägar Dünor

Tome : Intégrale 3 - 1976-1977

Genre : Humour viking

Scénario & Dessins : Browne

Éditeur : Urban Comics

Nombre de pages : 256

Prix : 22,50 €

ISBN : 9791026810681



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best


En terres d’Arran, Elfes, Nains et désormais Orcs et Gobelins s’étripaillent joyeusement (ou pas) mais offrent un équilibre entre justesse et pur divertissement #1

Gold chantait les Îles d’Aran, la bande à Soleil a rajouté un « r » et décline depuis près de cinq ans les Terres d’Arran. Cinq ans dans le monde humain qui ont vu passer les décennies dans le monde des Elfes, des Nains et, désormais, des Orcs et des Gobelins. À la fin du mois de janvier (avec deux tomes attendus à la fin de ce mois de janvier), près de trente-deux albums auront été publiés, de la main d’auteurs confirmés et comme des poissons dans l’eau, pour décliner un univers bien plus foisonnant et évocateur que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Alors les Nains, les Elfes, les Orcs et les Gobelins usent-ils le genre, en pesant de tout leur poids, jusqu’à la corde ? Absolument pas. La preuve avec un coup d’oeil sur les deux dernières parutions et sur les prochains opus.

 
Nains 9, Dröh des Errants : l’art de la guerre… ou de ne pas la faire

 

 

 

 

 

© Jarry/Bordier

 

Résumé de l’éditeur : Dröh, le fils d’Oösram, a parcouru le monde afin d’apprendre le métier des armes, dans l’espoir de délivrer les Errants des ordres dominants. Mais quand il revient chez lui, sept ans plus tard, nul ne veut entendre parler de révolution. Le sang n’a que trop coulé. Il s’engage alors sur la construction d’une route traversant le pays des Vents. Le chantier avance mais l’hostilité des tribus Orcs grandit…

 

 

 

 

© Jarry/Bordier

 

C’est sur le registre du fils, pas forcément vu comme prodige, que Nicolas Jarry et Jean-Paul Bordier ramènent leur héros, Dröh avec son maigre baluchon et sa hache sur le dos chez les siens. S’il a vécu d’errance et d’une prétendue liberté, s’il s’est vu comme Muhammad Ali parfois, il a surtout forgé son caractère et son endurance combative afin de se mettre au service des siens et de les libérer de l’oppression… dont ils se sont plutôt bien accommodés durant l’absence de l’enfant terrible. De quoi mettre Dröh dans l’incompréhension puis la colère. Des baffes (et des coups de poing) s’échangent, des mots se perdent et Dröh quitte son pays natal aussi vite qu’il est revenu mais bientôt rattrapé par une guerre qui le dépasse et qui pourtant va lier son destin de nain à celui d’une… orc.

 

 

 

 

© Jarry/Bordier

 

Toujours volubile (et c’est normal puisqu’il se sert de cette série pour vider son sac et appuyer les valeurs qui lui tiennent à coeur dans le monde qui est le nôtre), Nicolas Jarry livre sans doute le tome le plus écrit jusqu’ici, comme si Zola ou Hugo s’étaient mis en tête de faire concurrence à Tolkien. Voilà donc un opus avec la peau et de la chair sur les os, que notre Dröh met tout son coeur à marquer de son fer et de ses saignées. Au-delà des mots (peut-être un peu trop présents ?), Jarry laisse toute latitude à Jean-Paul Bordier pour exprimer sa virtuosité guerrière dans des cases où ce n’est plus un souffle, mais une tornade épique qui ravage tout sur son passage, des plaines à cette sorte de Mont Ruschm-orc. Le terrain de jeu est ample et cultive les bords noirs, les ambiances et les gueules cassées.

 

 

 

 

© Jarry/Bordier

 

C’est donc le pacte de lecture divertissant et belliqueux complètement rempli que Nicolas Jarry lance sa charge humaniste, mettant dans la balance le poids de la liberté et celui de la guerre, la haine et l’amour de l’autre, si différent soit-il. L’osmose est parfaite entre ce graphisme qui envoie le pâté et le texte qui, une nouvelle fois, cultive la finesse et un peu d’espoir. Pourvu que les torrents du ciel qui tombent sur Arran fassent office de pavé dans nos mares.

 

Alexis Seny

 

Série : Nains

Tome : 9 – Dröh des errants

Scénario : Nicolas Jarry

Dessin : Jean-Paul Bordier

Couleurs : Digikore Studios

Genre : Fantasy, Guerre

Éditeur : Soleil

Collection : Heroic Fantasy

Nbre de pages : 56

Prix : 15,50€



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best


Le duo Kerascoët vogue dans un univers lugubre avec grâce.  Jolies ténèbres

« - Bonjour, Aurore ! Comment se passe la cueillette ?

-          Euh, ça va… Et votre chasse ?

-          Elle se déroule à merveille ! Certes, il faut être patients… Cerfs et sangliers sont des animaux vifs et malins qui ne se laissent pas approcher facilement. Mais faites-moi confiance –chomp chomp- nous mangerons bientôt tous un excellent gigot !

-          Je n’en doute pas une seule seconde !

-          Aurore, je voulais vous dire… Nous n’avons pas eu l’occasion de nous voir autant que je l’aurais voulu ces derniers jours… Mais à chaque instant, je n’ai que vous en tête !... Même au plus chaud de notre chasse effrénée, mes pensées volent vers vous !! »

 

            Une belle histoire d’amour entre un prince et une princesse s’écrit dans la forêt. Animaux merveilleux et sentiments mielleux vont écrire devant nos yeux un conte à l’eau de rose…ou pas. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est à une tragédie dramatique que les auteurs nous invitent.

 

 

 

 

© Vehlmann, Pommepuy,  Kerascoët - Dupuis

 

 

            Huit ans après sa première publication, Jolies ténèbres, initialement paru hors collection, intègre la prestigieuse galaxie Aire Libre de chez Dupuis. Et ce n’est que justice pour cette histoire délicieusement morbide.

 

            Que les amateurs de Vehlmann ne soient pas surpris, cet album n’a rien à voir avec le reste de sa production. Quoi que… le thème principal en soit la mort, comme dans Seuls.

 

            Aux côtés et à l’intérieur du corps d’une petite fille gisant morte apparemment depuis plusieurs jours dans la forêt, de mignons (en apparence) petits personnages gravitent, vivent leur vie, dans une ambiance doucereuse et cruelle. On ne saura jamais comment cette gamine s’est retrouvée dans cette situation. Mais qu’importe. Là n’est pas le sujet.

 

            Au milieu de la nature, on suit le quotidien sans concessions de ces minuscules êtres imaginaires. Si l’un d’entre eux arrache la patte d’une coccinelle pour s’en faire une baguette, un autre n’hésite pas à gober l’une de ses camarades de jeu. Si l’un coupe les ailes d’un oiseau avec une paire de ciseaux, l’autre se délecte et se régale des vers qui se forment dans le corps abandonné. Mais la nature et les animaux montrent aussi leur sauvagerie. Un personnage se fera engloutir par un crapaud tandis qu’un autre se verra happé par une colonie de fourmi. Mais chez tous ces petits bonshommes, la mort fait tellement partie de la vie qu’elle est naturelle. La disparition de l’un d’entre eux ne les affecte nullement. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à faire attention.

 

 

 

© Vehlmann, Pommepuy,  Kerascoët - Dupuis

 

 

            Au milieu d’entre eux, la jolie Aurore, qui a volé son patronyme à la petite fille décédée, évolue dans ce monde malsain et étonnamment presque fascinant. Spectatrice tout au long de l’histoire, elle sera l’actrice d’un final…définitif.

 

            Le duo Kerascoët vogue dans cet univers lugubre avec grâce. Les personnages mignons et rondouillards vivent dans des décors proches du réalisme. Les lutins sont dessinés rapidement, esquissés presque, comme va leur vie.

 

 

 

© Vehlmann, Pommepuy,  Kerascoët - Dupuis

 

 

            Le couple de dessinateur donne au deux personnages humains (la petite fille décédée et l’homme de la forêt) des apparences réelles, contrebalançant avec l’imaginaire du monde minuscule.

            Avec cette réédition, ils passent d’une couverture bleue nuit, dans laquelle Aurore se fond devant le visage de la fillette dont on peut supposer qu’elle dort, à une couverture vert jardin mettant la princesse en évidence à côté de la main de ce que l’on suppose déjà être un cadavre. Cette nouvelle version est agrémentée de magnifiques illustrations pleine page.

 

            « - Ne t’inquiète pas. Je te promets qu’il ne t’arrivera plus rien de grave, maintenant. Je fais de mon mieux pour que les choses redeviennent comme avant, tu me crois ? »

 

            Si Tim Burton était invité chez les Minimoys, ça donnerait quelque chose de proche de cet oxymore, semblable à ces Jolies ténèbres.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Jolies ténèbres

Genre : Fantastique/ésotérique

Scénario : Vehlmann & Pommepuy

Dessins & Couleurs : Kerascoët

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 112

Prix : 24 €

ISBN : 9782800174587



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best


Nils 2 : bien sûr quon peut raconter une histoire aux enfants sans occulter l’obscurité et le désespoir et en excellant !

Souvent, quand on lit un premier tome qui nous scotche complètement, on n’a qu’une seule crainte : que la suite ébranle la bonne impression. Avec la première partie de Nils, on était restés la tête dans les étoiles (un brin amères, quand même), sur le cul de découvrir un propos tellement contemporain et pourtant emmené de jolie manière dans un monde de fantasy nourri (et pourri) par des influences multiples et sublimées. Le deuxième tome, Cyan, est arrivé, on n’est pas redescendus de notre nuage. Entre nous, il a même gagné en altitude, mettant la barre un peu plus haut.
Couverture de l’édition Canal BD



Résumé de l’éditeur : Selon de vieilles légendes, il existerait un monde au-delà de la matière. Un monde constitué d’êtres lumineux – les élémentaires, sans lesquels cette matière resterait inerte. Ainsi, quand les territoires du Nord, jadis fertiles et florissants, se muent en terres arides où plus rien ne pousse, ces légendes ressurgissent. Jeune garçon dans la fleur de l’âge, Nils, accompagné de son père, se lance dans une longue quête afin d’élucider ce mystère. Il doit, à présent, trouver Yggdrasil, l’arbre de vie qui fait le lien entre les neuf mondes et libérer les élémentaires. De son côté, Alba doit se rendre au royaume de Cyan afin de se confronter à l’ennemi…

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Avant toute chose, on est restés quelques minutes à fixer la superbe couverture réalisée par Antoine Carrion, subjugués par sa beauté, tentant de percer ses mystères. De prime abord, ça commence donc plutôt bien. Le plaisir est prolongé sur la double-page de titre où l’insouciance d’une nymphe contraste avec un décor bien glauque. Puis, vient le temps de se réengager dans l’aventure, celle d’Arun et Nils sur ce lac gelé et montagneux (si, si vous verrez), celle d’Alba et consorts dans des forêts naturelles puis urbaines, aussi. Le premier groupe atteint Yggdrasil tandis que l’autre arrive peu à peu, mais tout en se cachant de créatures steampunk malveillantes, de Cyan.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Une ville qui porte mal son nom tant elle est passée du bleu au gris et tant ceux qui y règnent sont loin d’être… scients. Ils pourraient être des magnats du pétrole, mais ici c’est l’ethernum qui est convoitée. Une source d’énergie qui rend invulnérable mais qui, ôtée de son biotope, cause aussi la mort de tout un petit monde. Le dilemme ne se pose même pas et les puissants, trop contents de leur invulnérabilité, préfèrent crâmer le monde plutôt que renoncer aux propriétés affolantes de l’éthernum. Ce, pendant que quelques déesses, aussi aidantes que ne reculant devant aucun sacrifice, tentent de guider nos jeunes héros dans ce monde au bord du chaos.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

De la mythologie à nos jours en conviant des références culturelles très diverses, Jérôme Hamon et Antoine Carrion font de la haute et élégante couture pour que cette oeuvre, importante, ne ressemble pas à un patchwork mal fichu mais ait la puissance et l’intensité de ses ambitions. Et le duo est assez cruel (ou plutôt… réaliste ?) que pour faire souffrir, voire disparaître, certains de ses personnages, faire peser de tout leur poids les notions de vie et de mort, et ainsi brouiller les pistes quant à l’hypothétique apothéose de cette histoire, cette symphonie aussi éclairante que lugubre.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Comme le faisait le Petit Prince, et dans une vague d’auteurs désormais conscients qu’on peut raconter une histoire aux enfants sans occulter l’obscurité et le désespoir, Hamon et Carrion livrent une suite remarquable à tous les points de vue, animée (c’est le mot tant le graphisme de Carrion semble en mouvement) par l’envie de changer les choses, même depuis le monde merveilleux et infernal les plus éloigné de notre bonne vieille terre.

 

Série: Nils

Tome: 2 – Cyan

Scénario: Jérôme Hamon

Dessin et couleurs: Antoine Carrion

Genre: Fantastique, Conte

Éditeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Nbre de pages: 56 (+ cahier graphique de 6 pages)

Prix: 15,50€



Publié le 05/01/2018.


Source : Bd-best - Alexis Seny


Toutes les couvertures des recueils du journal Spirou par Franquin

            « - C’est lui !

-          Nous nous retrouverons, Champignac !

-          Il a avalé mon transistor miniature !

-          Au secours !

-          Je l’entends bien, moi… J’ai un bruit… »

 

Ah, quels délices que ces phrases extraites des plus belles aventures de Spirou et Fantasio. Ces plus belles aventures de Spirou et Fantasio sont celles signées André Franquin, le meilleur dessinateur du monde. Ce que l’on sait moins, c’est que pendant plus de trente ans, de 1945 à 1967, le dit André Franquin a réalisé des dessins originaux pour les couvertures des recueils du formidable journal de Spirou, ami, partout, toujours.

 

A compter du seizième recueil regroupant les invendus du journal, sauf exception, le maître Jijé passa la main à son disciple Franquin pour réaliser les illustrations inédites de couverture. Dans un premier temps dans les chaussons de son maître, Franquin dessina des compositions regroupant les héros du journal autour du groom. Très vite, il s’affranchit de la recette en extrayant des scènes tirées des aventures de son fils adoptif Spirou. Ainsi naîtront quelques-unes des plus belles images de la bande-dessinée franco-belge. L’ouvrage ici présent leur rend hommage, mettant le plus souvent possible en vis-à-vis les couvertures en couleurs des recueils avec le dessin original en noir et blanc, ainsi que parfois quelques bleus de coloriage.

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

 

Notons la présence d’une rareté avec la couverture de l’album 80, magnifique dessin représentant Benoît Brisefer bondissant par-dessus les toits de Vivejoie-la-Grande. Ce personnage de Peyo prend ici vie sous la plume de Franquin. On apprend dans l’introduction que le petit garçon à la force herculéenne a été créé en commun par ces auteurs lors d’une séance de brainstorming.

 

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

Par ailleurs, deux pages « bonus » compilent les couvertures de Rob-Vel et de Jijé. La page de titre, quant à elle, reproduit toutes les typographies ayant servi à écrire le nom de l’éditeur « Dupuis » des origines à nos jours.

 

            Lorsque Franquin cessa cet exercice de style, les recueils reprirent en couverture la une de l’un des magazines compris à l’intérieur. Quel dommage. Espérons que la publication de ce beau livre donnera aux éditions Dupuis l’idée de reproduire la recette, pourquoi pas avec divers auteurs, mais en utilisant des dessins inédits, pour les compilations du journal Spirou à venir.

 

            Eviv Uorips !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Toutes les couvertures des recueils du journal Spirou par Franquin

Collection : Dupuis Patrimoine

Genre : Beau livre

Dessins : Franquin

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 172

Prix : 30 €

ISBN : 9782800165783



Publié le 05/01/2018.


Source : Bd-best


coup de coeur : Le Suaire par  Gerard Mordillat,  Jerome Prieur  &  Eric Liberge

Champagne, février 1357. Henri, évêque de Troyes, chevauche vers le lazaret de Lirey, pour tenter de convaincre sa cousine Lucie, dont il est amoureux, de renoncer à ses vœux religieux. Dans la chapelle où ils sont réunis, les moines font cet amer constat : les caisses sont vides, et les travaux de l’abbatiale, qui doit accueillir un morceau de la Vraie Croix, seront bientôt arrêtés, faute de moyens… « Nous avons fait le serment de bâtir une abbatiale qui accueillera la relique, et nous serons fidèles à notre parole, quoi qu’il en coûte », s’exclame Thomas, le prieur de la communauté. Les ressorts de la tragédie, tant amoureuse que religieuse, sont désormais en mouvement…

Pour débuter cette année 2018, les Éditions Futuropolis nous proposent le premier volume d’un triptyque consacré au suaire de Turin. Le récit, partagé en trois volumes, va entraîner les lecteurs sur plusieurs siècles, dans plusieurs pays, dans des milieux très différents. D’abord en France, dans la campagne de Troyes au XIVe siècle, ensuite en Italie, à Turin, au XIXe siècle, dans la grande bourgeoisie, et pour terminer en Espagne, dans le désert de la Sierra Nevada au XXIe siècle. Les trois personnages principaux traversent le temps et l’espace au sein d’une même histoire. L’histoire des trois protagonistes (Lucie, Thomas et Henri) est celle d’une passion amoureuse dont le suaire dit « de Turin » est à la fois l’enjeu et l’emblème. La rivalité des deux hommes pour la conquête de la jeune femme joue dans l’intimité ce qui se joue en public pour la conquête du suaire. Mais qu’est-ce que le suaire ? Une authentique relique de la passion de Jésus ou une habile forgerie moyenâgeuse peinte au tampon.

 

 

 

 

 


Le scénario de cette histoire confié à Gérard Mordillat & Jérôme Prieur (réalisateurs des documentaires Corpus Christi, l’origine du christianisme, l’Apocalypse, Jésus et l’Islam) est richement documenté et parfaitement bien ficelé. Les deux acolytes nous délivrent une histoire d’amour impossible entre les différents protagonistes.

Le premier tome se déroule en Champagne (février 1357). Dans le but de récolter des fonds pour poursuivre les travaux de l’abbatiale, un ecclésiastique (Thomas, prieur de la communauté) va créer avec l’aide contrainte d’une jeune religieuse (Lucie) un faux suaire. Son cousin (Henri), qui est également évêque de Troyes, va tenter de convaincre Lucie de renoncer à ses vœux religieux.   

 

 

 

 

Côté dessin, Eric Liberge, en charge des représentations effectuées en noir et blanc, est certainement la personne la plus apte à transmettre les émotions vécues par chacun des personnages. Grace à son approche graphique, il nous plonge dans des superbes paysages enneigés. Veillant particulièrement aux divers détails, il nous délivre des personnages particulièrement bien typés.
NB : Le suaire de Turin est un drap de lin jauni d’une longueur de 4,42 mètres sur 1,13 mètre de largeur. Il  montre l'image d'un homme présentant les traces de blessures compatibles avec un crucifiement. La première mention documentée de ce drap provient de Lirey, en Champagne, en 1357. L'autorité ecclésiastique du lieu, l'évêque de Troyes, y interdit l'ostension de l'objet. Cet évêque a mené son enquête sur le linceul et en a conclu qu'il s'agissait d'un faux. En 1988, la datation par le carbone 14 démontre sans ambiguïté l'origine médiévale du suaire, qui ne peut donc pas être considéré comme une relique authentique. Dès leur publication, ces résultats sont acceptés par le pape Jean-Paul II. L'Église catholique, propriétaire du linceul depuis 1983, ne s'est jamais prononcée officiellement sur son authenticité.



Publié le 05/01/2018.


Source : Bd-best Alain Haubruge


Des coulisses de la République aux mines de diamants africaines, le blockbuster-BD du moment.  Katanga 2 – Diplomatie

« - Il va falloir que tu me dises où sont les cailloux, Charlie. Plus vite on les aura, plus vite on pourra repartir. De quoi t’as peur ? Forthys ne paiera que si c’est toi qui lui remets les pierres. Ta petite sœur te couvre, Charlie. L’astucieuse Alicia a fait de toi le nègre le plus précieux de toute l’Afrique, en ce qui me concerne.

-          Ok, chef, dès qu’on approche, je te dis. On y va vite, vite. Et on repart.

-          Exactement. Vite, vite. »

 

 

Charlie a planqué trente millions de dollars de diamants. André et sa bande de mercenaires ont bien l’intention de mettre la main dessus…surtout André. Mais armes, argent et politique ne sont pas les compagnons les plus paisibles pour mener à bien une telle mission.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Nury, Vallée - Dargaud

 

            Après « Il était une fois en France », Nury et Vallée signent une nouvelle collaboration de haut niveau avec (Il était une fois le) Katanga. Sauf que le Katanga n’existe pas. Mais, c’est tout comme. Pays diamantifère voisin du Congo, son territoire est la proie de toutes les convoitises.         

 

On ne peut s’empêcher de penser à Jimmy Tousseul, série jeunesse qui a fait les beaux jours de la maison Dupuis dans les années 90. Mais là où Desberg et Desorgher traitaient le sujet de l’Afrique coloniale et des mercenaires sous un angle tout public, Nury et Vallée adoptent une vision, certes fictive, mais semblant beaucoup plus proche des exactions qui se passaient dans ce genre de pays à cette époque.

 

            « Katanga » emmène le lecteur aux confins de la cruauté humaine. Dans cette série, il n’y a pas un personnage pour rattraper l’autre. C’est un véritable ramassis de pourritures, un aéropage de corrompus qui se côtoient dans la France-Afrique des années 60. Dans « Katanga », on empoisonne, on tue, on baise, on égorge, sans vergogne et sans scrupule. Il y a du Tarantino dans le scénario de Nury. La violence est si présente qu’elle en devient presque naturelle.

 

 

 

 

© Nury, Vallée - Dargaud

 

 

 

            Vallée donne à ses personnages des trognes toutes droit sorties d’« Un taxi pour Tobrouk » ou de « Cent mille dollars au soleil ». Cela a le mérite de rendre le propos plus supportable. Il maîtrise cadrages et compositions, comme dans la scène du verre empoisonné où l’œil du lecteur navigue autour de l’ombre de la mort. Les fusillades et poursuites sont menées à brides abattues.

 

Les auteurs accomplissent l’exploit, souvent tenté mais pas toujours réussi, de ralentir la lecture dans les scènes de fond et de l’accélérer dans les scènes d’action.

 

            Série que n’aurait certainement pas renié Bob Denard, un des derniers mercenaires de la République, décédé en 2007, « Katanga » est un excellent blockbuster-BD.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Katanga

Tome : 2 - Diplomatie

Genre : Aventure-Thriller

Scénario : Nury

Dessins : Vallée

Couleurs : Bastide & Perdriset

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 64

Prix : 16,95 €

ISBN : 9782205076875



Publié le 04/01/2018.


Source : Bd-best


Parmi vos bonnes résolutions, vous voulez devenir un vrai méchant ? On a quelques excellentes lectures pour vous y aider ! #3

Encore une fois et malgré que vous eussiez juré qu’on ne vous y reprendrait plus, vous avez passé 2017 à être trop bon et trop con. Le coeur sur la main tandis que les autres la gardaient en poche ? C’est tout vous, ça ! Mais, 2018 va voir de quoi vous vous chauffez ! Pour l’an neuf, vous avez décidé d’être méchant, simplement méchant, horrifiquement méchant. Pour entamer votre métamorphose, voilà quelques vilaines lectures dont vous nous direz des nouvelles.

Plus Méchants que ça, tu meurs !

 

 

 

 

 

 

 

© Dobbs/Menuel chez Hachette

 

Avec un Freddy jubilant et plus inquiétant que jamais (sous le dessin impérial de Guillaume Menuel) et un titre scintillant en lettres de sang, il était hors de question de ne pas commencer ce topic de fin d’année par Méchants. Véritable encyclopédie de bien belle facture sur Les grandes figures du mal au cinéma et dans la pop culture, Méchants est l’oeuvre d’un homme qui n’est pas tout neuf dans les jardins du diable : Dobbs. Celui qui aurait pu être sociologue émérite a plongé tout entier dans le monde des histoires, au cinéma, dans les jeux vidéo et, surtout dans la bande dessinée.

 

 

 

 

© Dobbs/Goinard chez Hachette

 

Celle-là même qui lui a offert des serial-killers et des univers forts (Allan Quatermain, Scotland Yard, Mister Hyde et Frankenstein) sur un plateau et lui a donné, en 2017, toute latitude pour adapter quelques bijoux de H.G. Wells (ici, là où encore là). S’en évadant un peu, celui qui est aussi conférencier en histoire du cinéma et analyse filmique termine l’année en force avec une irrésistible cerise sur le gâteau.

 

 

 

 

Immortan Joe © Dobbs/Salaun chez Hachette

 

Une cerise de 320 pages, excusez du peu, pour sembler un rien exhaustif car des méchants, il y en a autant que des héros. C’est dire la tâche herculéenne qui attendait « double-B » (B comme dans Biff Tannen, Boba Fett ou Beetlejuice forcément présents dans ce livre), qu’une pléthore de dessinateurs (cinquante au total, de tous les horizons mais que le talent n’a pas épargné pour mettre en lumière et en sombreur ces figures du crime et de la peur) vient aider à surfer ce vaste sujet, avec rigueur, machiavélisme mais aussi concision.

 

 

 

 

© Dobbs/Saviori chez Hachette

 

Aux délices du vice, Dobbs a ainsi dû calmer ses ardeurs pour susciter l’imaginaire et les souvenirs du lecteur et coucher sur une seule page l’essentiel de ces personnages cultes qui pourraient faire l’objet de longs essais. Sans oublier pour autant de se parer d’une cinquantaine de pages d’introduction et de clés de compréhension, didactique et utile à nous remettre les idées en place (avant qu’Hannibal trifouille dedans ?). Méthodique et présentant ses héros maléfiques en quelques mots-clés comme on en trouve sur les cartes à jouer ou dans les jeux vidéo, le passionné livre une petite bio, les origines, l’évolution et la fin du méchant (attention spoilers) ainsi que des anecdotes et des punchlines qui ne ratent jamais leur cible.

 

 

 

 

© Dobbs/El Gunto chez Hachette

 

Ça flingue à tout berzingue, d’Adam Sutler (de V for Vendetta) à Zorg (du Cinquième élément) en passant par Ben (de C’est arrivé près de chez vous), Peterbilt 281 (le camion fou de Duel, le premier Spielberg), Pinhead (de Hellraiser) ou l’inoubliable Sentenza (du Bon, la brute et le truand) …

 

 

 

 

© Dobbs/Bannister chez Hachette

 

Bref, s’il n’est bien sûr pas exhaustif, Dobbs ratisse large, nous bombarde de références et de souvenirs et réveille chez nous une furieuse envie de revoir une des pelletées de films. Et, dans l’antre du Malin, sans lui vendre leur âme, les artistes conviés excellent tous plus les uns que les autres, évoquant moins que réinventant toutes ces fabuleuses figures majeures qui n’ont pas fini de nous éprouver et nous épouvanter. Et, pourtant, on en redemande. Même si on va mettre cet ouvrage dans un coffre-fort, pour sa richesse émanante mais aussi de peur que tout cet arsenal malveillant en sorte un jour.

 

Titre : Méchants

Sous-titre : Les grandes figures du mal au cinéma et dans la pop culture

Auteur : Dobbs

Illustrateurs : Chaiko Tsai, Simon Goinard, Stefano Carloni, Sabrina Miramon, Chris Regnault, Mathier Leysenne, Valp, Xavier Roth-Fichet, Didier Casegrain, Jon lam, Patxi Pelaez, Maba, Dimitri Armand, Max Grecke, Ricardo Tércio, Marc Simonetti, Guillaume Menuel, Marco Castiello, Mara, Jaouen Salaün, Fabio Lai, Clémence Perrault, Chloe Veillard, Florent Auguy, El Gunto, Nicola Saviori, Emilio Laiso, Mirka Andolfo, Aly fell, Alberto Varanda, Roberto Ricci, Marguerite Sauvage, Otto Schmidt, Mathieu Reynes, Grelin, Elia Bonetti, Nicolas Bannister, Carlos Valenzuela, Pierre Loyvet, Djet, Vicent Cifuentes, Caza, Olivier Vatine, Stéphane Perger, Anders Lazaret, Jon lankry, Emmanuel Bazin, Mathieu Moreau, Lorenzo de Felici et Gaspar Tamas

Genre : Dictionnaire, Anthologie, Encyclopédie

Éditeur : Hachette

Collection : Heroes

Nbre de pages : 320

Prix : 35 €



Publié le 04/01/2018.


Source : Bd-best - Alexis Seny


De la BD intelligente pour les Tout-petits, mais pas que.  Petit Poilu 21 – Chandelle-sur-Trouille

« Il est petit, il est poilu. C’est Petit Poilu ! Le v’là parti de bon matin. Le v’là parti et tout va bien. Mais ?... Que se passe-t-il ? ça se bouscule et tout bascule ! »

 

            Voici le point de départ de chacune des aventures de ce petit bonhomme au nez rouge et à la combinaison verte. Dans chacune d’entre elles, les auteurs délivrent un message à destination des tout-petits mais qui fait aussi réfléchir leurs parents, en particulier dans cette histoire-ci.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Fraipont, Bailly - Dupuis

 

 

            Allume et Allumette sont un couple de bâtonnets à l’embout en chlorate de potassium. Ils doivent s’exiler de leur pays où le climat hostile met leur vie quotidiennement en danger. Petit Poilu va les accompagner jusqu’à Chandelle-sur-Trouille où les habitants ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de ces migrants. Les Chandellains vont-ils finir par les accepter ?

 

 

 

 

© Fraipont, Bailly - Dupuis

 

 

Le terme est dit. Les Allumettes sont des migrants au pays des Chandelles. Petit Poilu ne pouvait pas être plus dans l’actualité qu’avec un tel sujet. Bailly et Fraipont mettent les points sur les « i ». Si chacun n’y met pas du sien, il va être compliqué de trouver une solution pour l’avenir du monde. Dans un tel problème, les enfants sont le meilleur vecteur pour faire prendre conscience à leurs parents que tolérance, acceptation et solidarité sont les piliers de la politique internationale du XXIème siècle. Ce sont peut-être des « gros mots » qui sont employés ici, mais c’est bien le thème sous-jacent à cette aventure de Petit Poilu.

 

Vas-y, Petit Poilu, fonce ! Le monde à besoin de toi.

 

Série : Petit Poilu

Tome : 21 – Chandelle-sur-Trouille

Collection : Première BD

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Fraipont

Dessins : Bailly

Couleurs : Mel

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 32

Prix : 9,50 €

ISBN : 9782800171586



Publié le 04/01/2018.


Source : Bd-best Laurent Lafourcade


Parmi vos bonnes résolutions, vous voulez devenir un vrai méchant ? On a quelques excellentes lectures pour vous y aider ! #2

De drôles de rencontres aux abords du bureau des destins perdus

Un pacte avec le diable, ça vous dit ? Parfait mais vous allez peut-être déchanter. Et parce qu’il n’y a pas que Goethe dans la vie, c’est Nancy Vilbajo qui nous entraîne dans les arcanes du bureau des destins perdus.

 

Un changement de genre radical pour celle qui nous avait entraînés dans les turpitudes infernales des trains de notre SNCB nationale plus souvent en retard qu’à leur tour. Se dégageant de son quotidien (quoique, qui sait ce sont peut-être des légendes urbaines qu’elle vient nous relater), la Binchoise a donc osé vaciller dans des nouvelles fantastiques et un brin horrifiantes.
© François Bouton

Surréaliste, aussi, car on ne changera pas l’ADN de la fière Belge qu’elle est. Et voilà qu’on redécouvre une écrivaine bien habile à sortir des rails pour se confronter le paranormal sans pour autant perdre pied et en restant en contact avec le monde tragi-comique qui nous entoure.

    Ah, la nuit ! Inquiétante boite de Pandore, engrais de la noirceur de notre âme.

Tragi-comique comme cette langouste en costume-cravate (une oeuvre de François Bouton, déjà présent dans SNCB mon amour et qui change de style pour mieux accompagner ce nouvel opus) qui ouvre le bal et donne le ton sur la couverture. Dans ces 233 pages de délire jouissif, Nancy nous fait donc côtoyer ces destins perdus, qu’ils soient voulus ou subis. Tantôt bien wallons, tantôt héritier de noms anglo-saxons qui en jettent (Maddox, c’est mieux que René et Janis bien mieux que Josiane), les voilà à tituber, à trébucher dans les couloirs qui mènent à la damnation et au bureau du diable.

 

 

 

 

© Nancy Vilbajo aux Éditions du Chat Ailé

 

Ou peut-être n’est-ce que le destin fatidique et facétieux. Un bureau qui a ses entrées n’importe où, d’une plage aux chiens mystérieuse à des rêves cauchemardesques en passant par des wagons en route vers la destination et la solution finale ou encore dans la rue d’un SDF qui fait de l’humanité son héritière. Dans l’écriture de Vilbajo, il y a du Kafka mais aussi du Ray. À mesure que passent les histoires, en quelques pages ou des dizaines, Nancy a surtout un sens particulier et bien à elle de battre et rabattre les cartes tout en restant toujours maîtresse d’un jeu machiavélique mais aussi inspirant et très prenant.

 

Titre : Le bureau des destins perdus

Auteur : Nancy Vilbajo

Illustrateur : François Bouton

Genre : Nouvelles, Polar, Horreur, Fantastique

Éditeur : Le chat i

Collection : Polar

Nbre de pages : 231

Prix : 18 €



Publié le 02/01/2018.


Source : Bd-best - Alexis Seny


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