En images et en bulles
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“Le dessin est la base de tout.”, Alberto Giacometti.  Ana Ana 16 - L’étrange dessin

« - Tenez, les doudous! Des papiers et des crayons pour chacun. Demain, tout ce qu’on voudra dire passera par un dessin. Sans aucun mot. D’accord ?

- Oui !!!

- Chouette !

- Bonne idée ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Ana Ana, qui n’est jamais à court d’idées, vient d’en avoir une bien bonne sortie de derrière les fagots. Tous les doudous vont jouer avec elle. On ne parle plus. On dessine pour s’exprimer. Quand on est un pro du crayon, ce n’est pas trop compliqué. Mais quand on a, disons, quelques petites difficultés graphiques, c’est plus difficile. Touffe de poils va l’apprendre à ses dépens.

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

                « J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant. » disait Pablo Picasso. Par cette phrase anodine, le grand peintre a frappé fort. Mettre le dessin d’enfant à un niveau plus difficilement accessible que le dessin d’adulte, il fallait oser. Mais c’est si vrai. Grâce aux leçons d’Ana Ana, les enfants sont mis en garde. Il ne faut jamais arrêter de dessiner. Pourquoi, à un certain âge, la plupart des gens arrête de dessiner ? Ne jamais cesser, jamais… pour garder ainsi son âme.

 

                Cabu s’est toujours inspiré de ce qu’il voyait pour dessiner. On pourrait rajouter en suivant son trait que ce qui se voit aisément se dessine facilement. C’est peut-être pour cela que son graphisme universel s’adressait tantôt aux enfants tantôt aux adultes, toujours avec la même candeur.

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

                Pour l’actrice et écrivain canadienne Louise Portal, “Dessiner, c'est mettre des patins à son imagination, c'est réinventer les choses, des objets, c'est parler et dire à travers des formes, des ombres.” Avec cet album, Ana Ana met des patins à tous ceux qui en ont besoin. Le peintre Edgar Degas, quant à lui, permet aux doudous d’être décomplexés face à l’acte :  “C'est très bien de copier ce que l'on voit ; c'est beaucoup mieux de dessiner ce que l'on ne voit plus que dans sa mémoire.”

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

                Dominique Roques et Alexis Dormal ont encore écrit et dessiné un petit bonheur poétique. Ils prouvent que l’art du dessin est accessible à tous, et en particulier à ceux qui ont la chance d’être restés des grands enfants. N’est-ce pas le cas de tous les auteurs et de tous les lecteurs de bandes dessinées ?

 

Vive vive Ana Ana !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Ana Ana

 

Tome : 16 - Les doudous libraires

 

Genre : Petit bonheur poétique 

 

Scénario : Dominique Roques 

 

Dessins & Couleurs : Alexis Dormal 

 

Éditeur : Dargaud Jeunesse

 

Nombre de pages : 32 

 

Prix : 7,95 €

 

ISBN : 9782205084917

 



Publié le 10/10/2020.


Source : Bd-best


Un docu-fiction passionnant.  L’étrange cas Barbora S.

« - Andrea, tu sais qu’il y avait une réunion ?

- Ah, aujourd’hui ?

- Tu dors, des fois ? Viens en salle de réunion. Alors, cet article, ça avance ?

- Il faut que je vérifie quelques détails mais ce que j’ai déjà est incroyable…

- C’est un truc énorme. Plus je creuse, et plus c’est effrayant. La moitié de Brno est mouillée. Donne-moi quelques jours.

- Tu dis ça depuis deux semaines.

- Je touche au but, vraiment ! C’est la dernière fois. J’ai rendez-vous avec le mouvement du Graal… Je rédigerai cette nuit.

- Le mouvement du Graal ? Connais pas.

- C’est une piste essentielle. Par eux, je peux remonter jusqu’à ceux qui tirent les ficelles. Il faut que tu me donnes du temps ! Je commence juste à y voir clair ! C’est une équation à mille inconnues ! »

 

 

 

 

 

 

 

                 Andrea est journaliste pour la revue Media. Depuis quelques mois, elle enquête sur l’étrange cas Barbora S. Ses recherches commencent à porter leurs fruits. Une affaire de maltraitance familiale sordide est en train de prendre la dimension d’un complot aux ramifications complexes.

 

 

 

 

© Sindelka, Masek, Pokorny – Denoël Graphic

 

 

                Tout commence à cause d’un babyphone. Un homme surveillant son bébé par caméra s’aperçoit que celle-ci est brouillée par des perturbations. A cause d’interférences de fréquences, il capte les images d’une maison voisine. En découvrant une enfant nue et menottée, il appelle la police qui se rend aussitôt sur place. La mère est arrêtée. L’enfant, Anna, est recueillie mais ne tarde pas à s’évader. On la retrouvera quelques mois plus tard en Norvège sous l’apparence d’un jeune garçon. Il s’agit en fait de Barbora S. et c’est une femme de 33 ans. L’enquête aux sources pédopornographiques et sectaires s’annonce complexe.

 

                Les scénaristes Marek Sindelka et Vojtech Masek ont travaillé six ans et demi pour présenter ce qui s’apparente à un docu-fiction. S’inspirant de faits réels, ils ont créé le personnage d’une journaliste, Andréa, pour s’intéresser au côté médiatique de l’affaire. Toutes les questions n’obtiendront pas de réponses mais « l’équation à mille inconnues » est partiellement résolue, comme ils l’expliquent dans leur préface. Le résultat est addictif, haletant. Ce « cas » est le genre de livre qu’on ne peut pas refermer avant de l’avoir terminé. Le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la dernière page, et quand on dit la dernière page, c’est vraiment la dernière page.

 

 

 

 

© Sindelka, Masek, Pokorny – Denoël Graphic

 

 

Déroutant au départ à cause de la distance qu’il impose, le parti pris d’un lettrage informatique se justifie par le traitement journalistique du récit. On est tellement pris par l’histoire qu’on en oublie vite ce qui aurait pu être gênant.

 

                Marek Pokorny est l’un des plus brillants dessinateurs tchèque. Cet album va certainement être pour lui le sésame d’une reconnaissance internationale. Il multiplie les traitements graphiques selon les points de vues ou les flashbacks. Si l’enquête actuelle d’Andréa a un trait réaliste commun mais un peu froid qui correspond bien au ton du récit, les résultats des recherches sur le passé des personnages, et en particulier Anna, se passent d’encrage dans des couleurs directes. Pour le passage d’un style à l’autre, il navigue entre planches classiques avec quelques cases et compositions plus complexes allant jusqu’à 48 cases dont certaines microscopiques. Les pages de cahier d’Anna ont le trait enfantin correspondant à son âge, ou plutôt à l’âge de celle dont elle prend l’identité. Ajoutons à cela des doubles planches aux points de vues originaux et des découpages d’un classicisme inédit (voir la scène des témoignages lors du procès).

 

 

 

 

© Sindelka, Masek, Pokorny – Denoël Graphic

 

 

La couverture démontre elle aussi que Pokorny marche sur les pas d’un Chris Ware. Elle est composée de cases indépendantes dont l’ensemble forme le visage de Barbora : un nœud, des ovnis, des cygnes formant un cœur, une guêpe, une route, un ravin. C’est la première fois que l’on voit une devanture de BD qui a la qualité, l’esthétique et la puissance d’un générique d’une série HBO.

 

                « L’étrange cas Barbora S. » a été élue meilleure bande dessinée 2018 en République Tchèque. C’est la première fois qu’un roman graphique de ce pays est exporté. Et il se pourrait bien que ce soir pour devenir le meilleur album de l’année 2020 chez nous.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : L’étrange cas Barbora S. 

  

Genre : Polar docu-fiction 

 

Scénario : Marek Sindelka & Vojtech Masek 

 

Dessins & Couleurs : Marek Pokorny

 

Traduction : Benoît Meunier 

 

Éditeur : Denoël Graphic

 

Nombre de pages : 208 


Prix : 23 €

 

ISBN : 9782207159729

 



Publié le 09/10/2020.


Source : Bd-best


Otto L’homme réécrit, Un roman graphique jubilatoire…

En ces temps difficiles, il est de bon ton de revenir sur des albums parus il y a quelques temps...

Une nuit polaire… Une foule rassemblée sur un lac gelé parmi laquelle se glisse un homme. Une énigme… Tout commence à Bilbao en Espagne. Otto, artiste reconnu, donne une série de performances résultant de ses derniers travaux que les spécialistes appellent une métaphysique du double. Son œuvre montre le mystère et la cruauté de l’être dans des tableaux vivants et éphémères. Il met en scène son propre corps dans un Musée-miroir.

Il en sort brisé et vit étonné la mort de ses parents qui lui lèguent une malle contenant des documents relatant les sept premières années de sa vie. La malle représente un miroir à travers lequel Otto peut s’explorer. Il se met à revivre avec une émotion vive un sentiment du passé, un cauchemar de sa prime enfance. Un jeu de miroirs issu des photos de la malle le bouleverse et en même temps le rend serein.

 

 

 

 

 

Chaque lumière de la malle est la naissance d’une vérité et la mort d’une illusion sur lui-même. Au risque de déflorer l’intrigue, faut-il aller plus loin ? Il faut seulement dire qu’Otto voulait revivre l’être objectif qu’il était. La malle le gave de révélations sur lui-même. Cela l’amène à s’isoler puis, à retrouver la confiance en lui dans l’univers où il se sent cruellement esseulé…
Une expérience existentielle  excitante…

 A chaque nouvel album, Marc-Antoine Mathieu (MAM) surprend de manière étonnante le lecteur. Il expérimente sans jamais rebuter le dit-lecteur. Seul son langage un peu hermétique a tendance à faire fuir ceux qui le lisent. On est séduit par le scénario dense qui raconte l’histoire un peu tragique d’un homme seul, un artiste esseulé. MAM n’en n’est pas à sa première œuvre et il est déjà très connu comme un auteur réputé dans le domaine difficile du roman graphique. Otto est un homme qui redécouvre sa vie occultée par ses parents et les premiers souvenirs poignants de son enfance. MAM se moque un peu de son anti-héros qui se détruit peu à peu pour mieux se reconstruire, et finalement disparaître complètement. L’essentiel de la démarche de Marc-Antoine Mathieu est de poser les questions vitales de savoir ce qui compose la pleine connaissance de soi-même.

 

 

 

 

Quelle méthode efficace avons-nous pour atteindre cet objectif ? Comment peut-on vraiment distinguer les faits réels par rapport aux souvenirs ? Graphiquement, MAM utilise un encrage avec des aplats principalement noir (gris-blanc), avec un découpage formel d’une à deux cases carrées par page avec le format à l’italienne fort plaisant à lire. MAM joue avec la géométrie des formes multiples, les différentes superpositions, les angles simples et doubles et l’appel du vide. Marc-Antoine Mathieu ravit le lecteur qui adore se poser des questions sur la vie et la mort. Il étonne fortement les autres et on peut parler d’une conclusion palpitante…

Marc Bauloye

Titre : Otto L’homme réécrit

Auteur : Marc-Antoine Mathieu

Editeur : Editions Delcourt

Année : 2016 

Prix : 19,50 euros

Pages : 82  

ISBN : 9782756080192



Publié le 09/10/2020.


Source : Bd-best


Poésie underground psychédélique.  Poochytown

 

Il y a des poésies qui s’écrivent avec des mots, d’autres s’écrivent avec des dessins. C’est le cas de Poochytown. L’auteur nous embarque dans des délires et des arabesques graphiques. Un rien de cruauté, un brin de sexe, un peu de tendresse et beaucoup d’amour. L’aventure est au bout du rêve.

 

 

 

 

 

 

 

 

A bord d’une montgolfière, un pacha gobe des boulettes et boit un nectar semble-t-il délicieux. Au sol, un homme-lune, perturbé par l’ombre que lui fait l’engin volant, lance une pierre qui perce la toile. Afin de ne pas s’écraser au sol, le passager déleste sa nacelle, dont une mystérieuse boîte que va ouvrir Frank qui habite à côté. A l’intérieur, un drôle d’instrument ressemblant à un cor créé un drôle de nuage quand on lui souffle dedans. De retour chez lui, Frank trouve un squatter. C’est un homme à l’allure porcine. Ensemble, ils vont vivre une aventure absurde, psychédélique et tendre.

 

 

 

 

© Woodring - L’association

 

 

Cousin zen du chat de Squeak the mouse par Mattioli, Frank n’a pas une once de méchanceté en lui. Cousin silencieux du chat de Chester, Frank demeure dans le monde de la chenille qui fume la chicha dans Alice au pays des merveilles. Frank vit des aventures muettes aux délires seventies. Même s’il en a l’allure, Frank n’est pas vraiment un chat. Avec sa queue courte et ses joues de hamster, il a des gants et des chaussures comme Mickey.

 

 

 

 

© Woodring

 

 

Jim Woodring est un auteur américain autodidacte. Il a commencé comme illustrateur dans un studio d’animation dans les années 70. Après l’aventure de l’autoédition, il décroche un contrat professionnel chez Fantagraphics Books en 1986. L’auteur de comics rencontre le succès avec sa série Frank, dont fait partie cet album indépendant. Woodring a obtenu le prix spécial du jury à Angoulême avec Frank et le congrès des bêtes en 2012.

 

 

 

 

© Woodring - L’association

 

 

Avec un album comme Poochytown, L’association montre l’intérêt et la qualité de son travail d’éditeur. Publier des auteurs américains comme Woodring en France, il faut un savoir-faire spécifique qu’ils possèdent.

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=f7pGF6lbFNA

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Poochytown 

 

Genre : Poésie psychédélique

 

Scénario & Dessins : Jim Woodring

 

Éditeur : L’association

 

Collection : Ciboulette

 

Nombre de pages : 104 

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782844147752

 



Publié le 08/10/2020.


Source : Bd-best


Un doux parfum de Garulfo.  Robilar ou le Maistre Chat 1 - Maou !!

« - Qu’est-ce que… Pôr mes sabots, en v’lô un gros matou !!

- Maou !

- Dis donc, c’est qu’tu serais gras comme un goret, tôa !!

- Maou !

- Ma foy, tu ferais un bon ragoût… Pis un beau col d’fourrure pour Môman… Viens voir un peu par…

- Maou !

- Ah, mauvaise bête !! Serpent !! Tu vô me l’payer !!... Aaaah !! Wouaah !!

- Ah ah ah ! Ih ih ih !! Ben alors le Léon ?!

- On tient d’jà plus sur ses cannes ?!

- L’heure du déjeuner a même pas sonné qu’il est d’jà rond comme une queue d’pelle !!

- Fermez donc vos clôque-merde !! Tout çô, c’est lô faute de ce foutu chôt !! »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Il estoit une foy… un royaume. Dans ce royaume, il y avait un château. Dans ce château, il y avait un roy, un chambellan, une fille à marier, toutes sortes de choses et un chat. Grassouillet et pantouflard, le greffier menait une existence de pacha. Robilar, puisque c’est ainsi qu’il s’appelle, vit sa vie bouleversée le jour ou un ogre écrasa malencontreusement le carrosse de sa maîtresse. Il fut le seul survivant. La découverte de la nature allait être pour lui un bouleversement. Après avoir été passé à tabac par une bande de matous, il fut recueilli par le fils d’un meunier. Robilar décida alors de prendre les choses en mains, ou plutôt en pattes, et de devenir maître de son destin.

 

 

 

 

© Chauvel, Guinebaud, Lou - Delcourt

 

 

                David Chauvel réinvente le conte de fées pour en faire le conte de chats. En Perrault-XXI, le scénariste utilise les codes du genre pour les réintégrer dans un récit nouveau aux dialogues d’époque savoureux. Il faut dire que depuis quelques années, Shrek étant passé par là au cinéma, Garulfo étant passé par ici en bande dessinée, on pensait le genre à présent éculé. Détrompons-nous. Avec ce chat bavard et déterminé, avec ce félin à qui, après une naissance avec une cuillère en argent dans la bouche, la vie n’a rien épargné, Chauvel s’en donne à cœur joie et le plaisir est transmis aux lecteurs. Le nom de Robilar vient de l’univers du jeu de rôles Donjons et Dragons. Il y est un puissant guerrier.

 

 

 

 

© Chauvel, Guinebaud, Lou - Delcourt

 

 

                Robilar ou le Maistre Chat est avant tout une relecture du chat botté. On y retrouve tous les passages obligés du conte. Le chat appartient à un meunier. Il est doué de parole. Il offre un lapin au Roi, soit disant de la part de son maître, ici Marquis de Carabia, au lieu de Carabas à l’origine. On y croise aussi un ogre qui peut se transformer en divers animaux. Chauvel s’approprie ces passages obligés et bien d’autres, puis ajoute son savoir-faire. Il s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux parents. Les discussions dans les carrosses ont plusieurs degrés de compréhension. On aperçoit Jean Dormelon, le grand chambellan du Roy, sous les traits facétieux du regretté Jean d’Ormesson. Deux souris parlent d’une certaine de leurs congénères verte. Bien d’autres clins d’œil sont disséminés.

 

 

 

 

© Chauvel, Guinebaud, Lou - Delcourt

 

 

                Sylvain Guinebaud est de la famille de ces dessinateurs que sont Bruno Maïorana, Didier Tarquin, Claire Wendling ou encore le récent prodige Félix Delep. Les décors sont somptueux, les mises en scènes dynamiques, les personnages parfaits, animaux comme humains, ce qui est assez rare. On n’avait pas vu un tel gang de chats depuis la première version de Billy-the-cat en 1982 sous les crayons de Colman. Guinebaud parodie la Cène, découpe des poursuites hilarantes, compose des transformations surprenantes pour l’ogre. Les cases pleines pages où un pied écrase quelqu’un sont des uppercuts. A fonds perdus et comme si elles étaient trop zoomées, elles accentuent l’effet de surprise et le côté trash-humour noir. Le dessinateur n’hésite pas à montrer des cadavres, mais il le fait de façon si drôle. Il faut le voir pour y croire.

 

 

 

 

© Chauvel, Guinebaud, Lou - Delcourt

 

 

                Chaque tome des aventures de Robilar sera une histoire complète. Ses tribulations s'annoncent comme l'un des succès des années 2020.  

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Robilar ou le Maistre Chat

 

Tome : 1 - Maou !!

 

Genre : Aventure humoristique moyenâgeuse

 

Scénario : David Chauvel 

 

Dessins : Sylvain Guinebaud 

 

Couleurs : Lou

 

Éditeur : Delcourt

 

Collection : Conquistador

 

Nombre de pages : 64 

 

Prix : 15,50 €

 

ISBN : 9782413037361 

 



Publié le 07/10/2020.


Source : Bd-best


Spirou 4304 -  7 octobre 2020

 

 

Joan Sfar et Mathieu Sapin balancent tout !

 

 

 

 

 

 

 

            Le ministère secret ouvre ses portes. Sfar et Sapin nous révèlent un incroyable secret de la République française. Sapin passe au détecteur de mensonges afin de tout dévoiler sur leur création. Cette série existe pour informer le public. Il a visité les lieux les mieux gardés de France. Les auteurs vont sûrement se payer des procès, mais c’est le prix de la vérité ! Et Sfar, où est-il ? Il a disparu ! C’est inquiétant, ça !

 

            Double dose de Family Life. Tout le monde a droit à un récit trendrôle (tendre et drôle), mais seuls les abonnés pourront coller les autocollants signés Jacques Louis. On rangera plus tard !

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Louis – Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Atom Agency : Petit Hanneton

Ministère secret (Le)

Tuniques bleues (Les) : L’envoyé spécial

Zombillenium : Vendredi noir

 

 

Récit complet :

 

Family life

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Aliens troubadours

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliot au collège

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Kakl & Pörth

Kermesse existentielle (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Velhman

En direct du futur : Les dilemmes de la science, Champignac (béka)

Interview : Sapin

Jeux : The spy games (Joan)

Leçon de BD (La) : Colpron

 

 

Supplément abonnés :

Autocollants : Family life

 

 

 

En kiosques et librairies le 7 octobre 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 06/10/2020.


Source : Bd-best


L’âge d’or existe encore.  Spirou chez les Soviets

« - Fantasio !

- Quoi encore?

- Spip a disparu ! Et figure toi que le Comte est également introuvable !

- Allons, Spirou, observe les environs… Prends de la hauteur de vue… Juste derrière toi ! Il y a leurs traces dans la neige !

- Fantasio ! Tu devrais venir voir ça de plus près… Les grandes traces font deux fois la pointure du Comte… Quant aux petites, ce ne sont pas des traces d’écureuil… Et là ! Des traces de lutte !

- Hmmm… ça m’a tout l’air d’un enlèvement... »

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors qu’il était en train de faire des recherches expérimentales sur le « Métodur », le Comte de Champignac est enlevé par une cohorte de militaires soviétiques. Seules traces du rapt, des traces de pas dans la neige de l’hiver champignacais et un Spip en hypothermie que Spirou ranime in extremis auprès d’un poêle,. Mais l’écureuil semble comme irradié par le GPS. C’est un rayon mis au point par les soviétiques qui annihile la volonté de ses victimes, ne leur fixant qu’un objectif : se rendre au point d’émission du rayon. Dans le journal intime de Champignac, Fantasio apprend que les russes ont proposé une collaboration au Comte sur un projet top secret à Moscou, mais il a refusé. Le KGB serait-il responsable de sa disparition ? Tout semblant lié, Spip serait le meilleur moyen pour amener Spirou et Fantasio jusqu’à l’endroit de détention du Comte.

 

 

 

 

© Tarrin, Neidhardt - Dupuis

 

 

Après Le tombeau des Champignac réalisé avec Yann en 2007, Fabrice Tarrin signe son deuxième Spirou, mais cette fois-ci avec Fred Neidhardt. Il adopte pour cette occasion un graphisme plus proche de celui de Franquin, époque Corne de rhinocéros. Sans atteindre le niveau du maître (mais est-ce seulement possible ?), Tarrin s’applique à faire au mieux et le résultat est déjà formidable. Il aura mis cinq ans à venir à bout de cet album.

 

Au cœur de l’immeuble des éditions Dupuis, on croisera Monsieur de Mesmaeker, Monsieur Boulier, Charles Dupuis himself. Il ne manque plus que Gaston. Certainement une histoire de droits.

 

 

 

 

© Tarrin, Neidhardt - Dupuis

 

 

Le subversif Fred Neidhardt a accouché d’un scénario digne de l’âge d’or. Comme quoi, quand on veut, celui-ci existe encore. Greg aurait été fier de lui. Depuis Yann justement, on n’avait pas fait mieux. Neidhardt attribue à Fantasio un rôle beaucoup plus « tête sur les épaules » qu’à l’accoutumée. C’est quand même lui qui comprend et dirige la situation au moment de la disparition du Comte.

 

Les deux compères s’en donnent à cœur joie avec des p’tits clins d’œil du groom au reporter à la houppe. Outre le titre faisant allusion à la première aventure de Tintin, un rêve de Spirou en plein désert rappelle un délire dans le désert dans le crabe aux pinces d’or. Les auteurs n’ont même pas peur d’avancer à découvert avec une couverture du Petit-Vingtième montrant Tintin et en faisant allusion à son voyage à l’Est. Le personnage de Charles Dupuis en profite pour évoquer l’aujourd’hui légendaire duel des magazines Tintin-Spirou.

 

 

 

 

© Tarrin, Neidhardt - Dupuis

 

 

Cocasserie éditoriale : le pitch de départ de ce Spirou chez les Soviets, à savoir le Comte est enlevé et nos héros partent le chercher, est similaire à celui du Spirou à Berlin , de Flix, publié l’année dernière. La comparaison s’arrêtera là. Les deux sont des réussites.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Spirou chez les Soviets

 

Genre : Aventure

 

Scénario : Neidhardt

 

Dessins & Couleurs: Tarrin

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 12,50 €

 

ISBN : 9782800169552

 



Publié le 06/10/2020.


Source : Bd-best


D’autres chronokids...  Le pass’temps - Les joyaux de la couronne

« - Au secours !! Non !

- Marie !

- Léo ! Ta main !

- Outch ! Aïe ! Mon coude !

- A part ton coude, ça va ?

- Je vais bien, mais, qu’est-ce qui s’est passé ?

- Aucune idée !

- J’ai rêvé ou on a été aspirés par cette chose ?

- Impossible ! Y’a un truc !  »

 

 

 

 

 

 


 

                Il vient d’arriver un truc hors du commun à Léo et Marie. Alors qu’ils s’amusaient à se déguiser dans le grenier de leur grand-mère costumière, un miroir les a aspirés et téléportés plus de cinq cents ans plus tôt, en 1514. Les enfants ont atterri dans une chambre d’un château. C’est celle de Claude de Bretagne. Elle se marie demain avec François d’Angoulême. Seul problème, le Côte-de-Bretagne, joyau de la couronne, a disparu. Malgré le réconfort de sa dame de compagnie Lison, la future Reine de France est désemparée.

 

 

 

 

© Carbone, Delrieu - Jungle

 

 

                On ne présente plus Carbone. Depuis quelques années, la scénariste aligne les succès, en particulier chez Dupuis : Dans les yeux de Lya, Les zindics anonymes, et le best seller La boîte à musique. Le pass’temps avait déjà été édité en 2016. Le récit aurait mérité un poil plus de densité. Surfant sur le succès de Carbone, l’album s’offre ici une deuxième chance méritée sous une nouvelle couverture. Il ne tient qu’aux lecteurs à ce qu’il devienne une série.

 

 

 

 

© Carbone, Delrieu - Jungle

 

 

                Carbone utilise une petite histoire pour raconter un morceau de la grande Histoire. Claude de Bretagne, fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne, s’apprête à épouser le futur François 1er. Le Côte de Bretagne fait partie des joyaux de la Couronne de France. Au même titre que le célèbre Régent. Le Côte fait partie de la dot de Claude. On l’appelle aussi le spinelle. Il est aujourd’hui au Louvre, comme le Régent.

 

                Ariane Delrieu est illustratrice et graphiste indépendante. Cet album est sa première bande dessinée. Son trait dans la mouvance de Gijé et Cunha sert l’histoire dans de grandes cases. La scène du miroir est dynamique et envolée.

 

 

 

 

© Carbone, Delrieu - Jungle

 

 

                Un cahier didactique complémentaire, simple et instructif, en dit plus sur les personnages réels de l’histoire et sur la Renaissance.

 

                Le pass’temps permet de passer le temps dans tous les sens du terme, et surtout un agréable moment tous publics.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Le pass’temps - Les joyaux de la couronne 

  

Genre : Aventure historique 

 

Scénario : Carbone 

 

Dessins & Couleurs : Ariane Delrieu

 

Éditeur : Jungle

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 12 €

 

ISBN : 9782822230599

 



Publié le 05/10/2020.


Source : Bd-best


L’aventure d’une vie, so fantastic, so british.  Le grand voyage de Rameau

« - C’en est assez ! Tout cela est hors de propos… Si nous sommes réunis ce soir, c’est avant tout pour savoir ce qu’il en coûte d’enfreindre nos interdits encore et encore.

- Oui, nous devons reconnaître que nous n’avons plus d’influence sur cette jeune, et cette nouvelle récidive met le conseil dans une position très délicate.

- Ainsi, devant tous, ce soir, nous vous soumettons le jugement suivant : toi, Rameau des Mille Feuilles, tu es exclue du bois ! Tu vivras désormais en exil. Mais si tu regrettes tes actes et que tu souhaites revenir au sein de la communauté, alors tu devras prouver ta bonne foi. Pour cela, il te faudra découvrir par toi-même pourquoi ces géants que tu aimes tant ont le cœur malade.

- Et pourquoi ils font le mal autour d’eux.

- Si tu ne trouves pas la réponse à cette question, alors tu devras rester en exil, hors des limites du bois, pour toujours… »

 

 

 

 

 

 

 

                 Rameau a bravé les interdits du petit peuple de la forêt auquel elle appartient. S’étant trop approchée du monde des humains, elle est envoyée dans leur civilisation afin de se rendre compte du danger qu’ils représentent. Rameau ne sera pas seule dans son périple. Un vieux sage aveugle décide de l’accompagner. L’homme est coiffé d’une grenouille qui a une dette envers lui et lui sert d’yeux. C’est ainsi que sur le dos de divers animaux, ils vont rejoindre la capitale britannique.

 

 

 

 

© Phicil - Soleil

 

 

                Le grand voyage de Rameau est un album qui porte bien son nom. Le lecteur n’est en aucun cas trompé sur la marchandise. Phicil emmène ses personnages et ses lecteurs dans une odyssée à la Nils Holgersson de la campagne anglaise jusqu’aux ruelles londoniennes. Le récit comporte pléthore de références victoriennes: Lewis Carroll, Oscar Wilde et Jack l’éventreur sont parmi les plus célèbres. On découvre aussi d’autres personnalités moins connues du grand public comme l’écrivain révolutionnaire William Morris.

                Dès que l’on met en scène un petit peuple, on ne peut s’empêcher de penser à Pierre Dubois, elficologue distingué, qui a notamment écrit pour René Hausman. On y retrouve quelques « codes » qui ont fait le sel de ses histoires. Nul doute qu’il apprécierait celle-ci.

 

 

 

 

© Phicil - Soleil


 

                Graphiquement, Phicil fait partie d’une mouvance allant de Guillaume Bianco à Grégory Panaccione, avec quelques incursions chez Anne Montel. Les grandes cases permettent de s’immerger à hauteur de Rameau, presque comme si on vivait l’aventure à sa hauteur. A Londres, Phicil intègre ses personnages dans quelques tableaux de maîtres dont il se sert de décor.  Mc Neill Whistler et Monet participent ainsi au voyage. D’autres cases sont inspirées d’illustrateurs de renom comme John Bauer ou Gustave Doré.

 

                Phicil a conçu son album comme bien plus qu’une bande dessinée. Il ose une introduction narrée, illustrée, à la manière de l’incipit du Seigneur des Anneaux, plaçant le petit peuple dans son contexte. Il en est de même pour la forme de l’épilogue.

 

 

 

 

© Phicil - Soleil

 

 

                Que dire du magnifique travail éditorial des éditions Soleil sur cet album ? La collection Métamorphose est déjà soignée, mais ce pavé de 216 pages est particulièrement beau. Les directrices de collection Barbara Canepa et Clotilde Vu, ainsi que les maquettistes, présentent un ouvrage magnifique. L’écrin est à la hauteur de l’histoire.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Le grand voyage de Rameau 

 

Collection : Métamorphose

 

Genre : Aventure fantastique 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Phicil 

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 216

 

Prix : 26 €

 

ISBN : 9782302090170

 



Publié le 04/10/2020.


Source : Bd-best


Donjon, baston et corruption.  Donjon Antipodes +10000 - Rubéus Khan

« - Désolé, oncle Stanislas… J’ai tout tenté mais je n’ai pas pu m’empêcher qu’ils fassent du dégât…

- Hmm… Ils ont détruit le prototype de séquenceur autonome ?

- Non, non ! Je sais que c’est un enjeu pour votre boîte… Pendant que je me battais, j’avais ça en tête : éviter qu’ils ruinent votre recherche !

- Robert… La police va nous interroger, il faut qu’on accorde nos violons. Ça m’arrangerait qu’on en reste à ma théorie : la batterie et le labo où on la fabriquait sont détruits ! Tu comprends, ce genre de boulot est soumis à un appel d’offres. Et mes équipes sont en retard… On n’aura jamais le contrat. Si c’est détruit, il y a les assurances. Tu dis ce que je t’ai dit, et tout ira bien ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Entre autres petits boulots, Robert de Vaucanson est veilleur de nuit dans l’usine de son oncle pour un salaire de misère. Un soir, les locaux sont assaillis par un Diabolo dans un exosquelette. Tel un Bruce Willis en marcel, Robert défend bec et plumes son lieu de travail… pour se rendre compte quelques heures plus tard que c’est son propre oncle qui a organisé l’attaque. Refusant de se faire complice de l’escroquerie, Robert se retrouve en prison, éloigné de son fils pour qui il est tout. Il y côtoie la violence et la réalité du monde des « vrais » truands. A la faveur d’une évasion, il va profiter de son nouveau carnet d’adresses pour infiltrer les bas-fonds. Désormais, il est Rubéus Khan. Cela lui permettra-t-il de déjouer les magouilles de son oncle, retrouver son fils Tommy et prouver son innocence ?

 

 

 

 

 © Vince, Trondheim, Sfar - Delcourt

 

 

Au départ, il y avait Donjon, série moyenâgeuse racontant la geste d’un canard, à l’origine humble sous-fifre au service du gardien du donjon, qui se trouve embarqué dans des aventures héroïco-fantastiques. Ce sera la période Zénith. Très vite, sont apparues les séries Donjon Potron-Minet et Donjon Crépuscule racontant respectivement les origines et la déchéance du Donjon. Donjon Parade  s’est incrustée entre les deux premiers albums originels pour des aventures humoristiques. Donjon Monster s’est ajoutée comme séries de one shot, chaque album étant dessiné par un auteur différent. Ajoutez à cela quelques bonus, un compte twitter, instagram et facebook. On croyait en avoir fini jusqu’à ce que le duo géniteur Trondheim/Sfar ne lance Donjon Antipodes + et –, se déroulant respectivement 10000 ans après la destruction et 10000 ans avant la construction du Donjon. Alors qu’Antipodes - est dessiné par Grégory Panaccione, Antipodes + est mis en images par Vince.

 

 

 

 

 © Vince, Trondheim, Sfar - Delcourt

 

 

Même si le Donjon lui-même est fatalement absent de l’histoire, Sfar et Trondheim sont parvenus à conserver l’essence même de leur série. Les amateurs de jeux de rôles et de canards y trouveront leur compte. L’histoire est rapide, enlevée, efficace. Les scénaristes ont adopté la méthode Van Hamme qui consiste à tailler dans le lard pour ne raconter que l’essentiel. Il n’y a pas une longueur. Ça se lit sans interruption comme se regarde une série télé addictive. Les geeks quadra apprécieront particulièrement un combat type  « Golgoth » qui aurait pu se trouver dans un épisode de Goldorak.

 

 

 

 

 © Vince, Trondheim, Sfar - Delcourt

 

 

Au dessin, Vince va également vite, très vite, parfois même trop vite. Le job est fait mais on aurait aimé un peu plus de soin dans certaines planches. On est clairement dans de la BD pop-corn, avec tout le respect qu’on doit au genre. Peut-être qu’il manque seulement une petite touche de Stan pour faire un rendu aussi parfait que dans Les Chronokids. Auteurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour la suite.

 

A part ça, Delcourt soigne ses lecteurs aux petits oignons. L’album est en réalité augmentée. L’application Delcourt Soleil + vous permettra de profiter du scénario dessiné de chacune des planches. On peut y apprécier toute l’évolution du découpage et s’amuser à comparer la prévision du final.

 

 

 

 

 

 © Vince, Trondheim, Sfar - Delcourt

 

 

On savait que Donjon était une série. On savait que Donjon était un concept hydrocéphale décliné sur papier et sur la toile. Avec Donjon Antipodes, on s’aperçoit que c’est une galaxie.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Donjon Antipodes

 

Tome : +10000 - Rubéus Khan

 

Genre : Aventure fantastique

 

Scénario : Joann Sfar & Lewis Trondheim 

 

Dessins : Vince

 

Couleurs : Walter

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 11,95 €

 

ISBN : 9782413016861

 



Publié le 04/10/2020.


Source : Bd-best


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