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Information générale concernant le monde de la BD
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Expo René Pétillon, le prince de la BD à Blois

René Pétillon est né en 1945 dans le Finistère. Dessinant depuis toujours pour le plaisir, c'est en autodidacte qu'il passe professionnel. Après avoir envoyé quelques dessins, il débute en 1968 dans "L'Enragé" et "Planète".

Il se lance dans la bande dessinée et frappe à la porte de "Pilote", où il publie aussitôt un récit en six pages. En 1974, il crée le détective Jack Palmer qui se baladera dans "Pilote", "L'Écho des savanes", "Télérama" et "VSD".

En 1976, il scénarise "Le Baron noir" dont Yves Got assure le dessin. En 1993, Pétillon entre au "Canard enchaîné" où il publie des dessins politiques. Grand Prix d'Angoulême en 1989, il reçoit, en 2001, toujours à Angoulême, le prix du meilleur album pour "L'Enquête corse".

En 2017, il reçoit le Grand Boum-Ville de Blois. Le père de Jack Palmer s'est éteint le 30 septembre 2018.

Entrée libre du mardi au samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 17h30.

Lieu : Maison de la bd de Blois

Contact : bdboum@bdboum.com

Web : www.maisondelabd.com/maison-de-la-bd/expos-temporaires/544-rene-petillon-grand-boum-ville-de-blois-2017


Pays : France

Date de l'événement : du 15/01/2019 au 23/02/2018.

Publié le 14/01/2019.


Source : Bd-best


Runberg et Guerrero à Bruxelles pour Jacob Kayne

A l’occasion de la sortie la nouvelle série Jacob Kayne, les auteurs Sylvain Runberg et Mateo Guerrero feront une boucle par Bruxelles avant d’aller à Angoulême.

Mercredi 23 janvier, ils dédicaceront à la librairie Skull à partir de 14h30. (Chaussée de Waterloo 336, 1060 Saint-Gilles)

Jacob Kayne :

Jacob Kayne et son frère Samuel sont les derniers survivants du peuple des Hippocrates. Jacob est un combattant, mais aussi un Mange-Mémoire, capable de s’introduire n’importe où grâce à un don qui est aussi une malédiction : nul ne peut se souvenir de son visage. Samuel est l’hériter du savoir des plus grands guérisseurs.

Ensemble, le guerrier et le médecin, ils sont devenus des mercenaires très prisés. Ils reçoivent la mission de guérir la fille malade d’un riche marchand. Mais celle-ci est coincée sur Isabela , une ville assiégée.

Un cocktail explosif d’aventure de cape et d’épée et d’héroic fantasy


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 23/01/2019 au 23/01/2019.

Publié le 14/01/2019.


Source : Bd-best


Y’a pas de miaouw à se faire du bien, y compris quand on s’appelle Franquin et Gotlib

Quand deux grands esprits se rencontrent, certaines collaborations changent le monde. D’autres sont juste plus expérimentales et sans aucune autre prétention que celle de divertir le peuple. Que pouvait-on donc attendre de la collaboration fracassante entre Gotlib et Franquin, complètement déprimé, à l’aube de l’année 1977? Tout ou rien. Ou plutôt tout et rien tant les deux génies de Fluide Glacial et Spirou allaient livrer un improbable gag.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Gotlib/Franquin chez Fluide Glacial

 

Un slowburn gag, un gag à retardement, doublé d’un exercice collaboratif, sorte de cadavre exquis réduit, dans laquelle Franquin devait faire entièrement confiance à son compère en admiration mais capable de tout. C’est ainsi que 20 dessins de Franquin ont trouvé onomatopées et phylactères dans les mains de Gotlib. Mais qu’ils ont aussi été transformés, inclinés, coupés pour devenir un ensemble de trois pages et 60 cases jamais publiées officiellement jusqu’ici.

 

 

 

 

© Gotlib/Franquin chez Fluide Glacial

 

Mais qu’est-ce que ça raconte alors? Tout et rien, on l’a dit. Ainsi le papa de Gai-Luron et celui de Gaston cherchent le point G de deux félins en pleins ébats. Les idées noires ne sont pas loin et l’esprit fluide bat son plein à fond la gomme… Ou plutôt le trait.

 

 

 

 

 

© Gotlib/Franquin chez Fluide Glacial

 

Une histoire anecdotique vue sous les angles les plus indécents et, pourtant, pour les jeunes comme moi qui ne l’avaient pas lue il y a quarante ans, obsédée et obsédante. Plaisir coupable? Rhâ lovely.

 

 

 

 

© Gotlib/Franquin chez Fluide Glacial

 

Avec, en prime, un petit éclairage sur les coulisses d’une collaboration qui n’en est pas restée à ce coup… de queue.

 

 

 

 

© Gotlib/Franquin chez Fluide Glacial

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Slowburn

Récit complet et analyse

Scénario : Gotlib

Dessin : Franquin

Adaptation et retouches : Gotlib

Préface : Gérard Vitry-Babel

Genre : Animalier,Coquin, Humour

Éditeur : Fluide Glacial

Nbre de pages : 56

Prix : 9,90€



Publié le 14/01/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4214 -  16 Janvier 2019

 

Raowl débarque !

 

            Shrek peut aller se rhabiller. Le nouveau héros des contes de fées détournés moyenâgeux, c’est une sorte de gros matou barbare : Raowl. Prêt à tout pour défendre les princesses esseulées, il ne faut surtout pas l’énerver. Ah, non, surtout pas !

 

 

 

 

 

            Le papa de ce matou tout punch, c’est l’homme qui faisait caca dans les cases de l’atelier Mastodonte : le grand, le seul, l’unique, le formidable Tebo.

 

 

 

 

 © Tebo – Dupuis 


 

            Les deux autres grands moments de la semaine sont la suite de Télémaque et la fin de Champignac, avec une dernière planche à ne pas manquer.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Enigma

Pebble’s Adventures

Télémaque : Aux portes de l’enfer

 

 

Récits complets :

 

Raowl : La belle et l’affreux

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boni

Cramés !

Crapule

Dessous marins

Entretien d’ébauche

Game Over

Millborough

Minions (Les)

Nelson

Page 2 (La)

Psy (les)

Tash et Trash

Zeu Bestioles

 

 

 

Rubriques :

 

Edito

Interview : Tebo

En direct de la Rédac

Jeu : Le cimetière des dragons (Ztnarf)

 

 

 

En kiosques et librairies le 16 Janvier.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 13/01/2019.


Source : Bd-best


Clap de fin pour Lanfeust Mag

 

 

 

            L’année 2019 commence aussi mal qu’a terminé l’année 2018 pour la presse BD. Après le Psikopat en Novembre, c’est Lanfeust Mag qui tire sa révérence.

 

 

 

 

 

 

 

            Finis, les coups d’estoc et de taille de Lanfeust.

            Tombé, le masque de Marlysa.

            Anéantis, les coups de poings des Trolls.

            Enflammées, les ailes des Dragons.

            Déplumés, les indiens de Luuna.

            Pas de retour pour Ehkö.

 

            Un périodique de BD qui meurt, ce sont des milliers de lecteurs orphelins. On ne le dira jamais assez, mais les revues permettent de lire et d’aimer des séries qui ne nous seraient jamais tombées sous les yeux sans cela.

 

 

 

 

© Soleil

 

 

            Lanfeust Mag est né en mai 98. Le magazine aura vécu un tout petit plus de 20 ans. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. », disait Paul Nizan. Ce malheureux adage se vérifie pour Lanfeust Mag.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 



Publié le 12/01/2019.


Source : Bd-best


Chacun cherche son chat.  Une terrifiante aventure de Mickey Mouse - Horrifikland

 

 

            « - Si vous m’expliquiez ce qui vous amène, Madame Gravier… Un vol ? Un mystère ? Une filature ?

-          J’ai perdu mon chat.

-          Ah… Un chat ? Euh… Nous sommes les spécialistes pour retrouver les chats !

-          Parfait…. Il traîne souvent dans le vieux parc Horrifikland. Vous l’y trouverez certainement. »

 

 

 

 

 

 

L’agence de détectives associés Mickey-Dingo-Donald a du pain sur la planche. Nos amis vont devoir retrouver le greffier fugueur d’une pauvre mamie désœuvrée. Mais le hic est que l’animal traîne ses guêtres dans un parc d’attraction terrifiant abandonné. Brrrrr……

 

 

 

 

© Trondheim, Nesme, Disney - Glénat

 

 

 

Pour ce huitième opus de la série de créations originales Disney et le troisième dont il signe le scénario, Lewis Trondheim frappe fort. Il met en scène les trois personnages phares Disney ensemble, chose qui a rarement été faite. On pense à quelques courts métrages comme celui où les compères sont nettoyeurs d’horloge, ou plus encore Les revenants solitaires, datant de 1937. Le trio va si bien ensemble.

 

 

 

 

© Trondheim, Nesme, Disney - Glénat

 

 

Trondheim touche à la corde sensible en faisant dans la nostalgie, mais pas dans le regret. Mickey et ses amis vont avoir affaire avec le vrai Pat Hibulaire, celui à la jambe de bois, avec son acolyte l’historique Maître Ratineau. On assiste également au retour du Mad Doctor, méchant du dessin animé éponyme de 1933 réalisé par Dave Hand.

 

 

 

 

© Disney

 

 

Mickey est sûr de lui et déterminé. Donald est pleutre et couard. Dingo est hilarant. En particulier, la scène dans laquelle ce dernier se déguise en vieille dame et qu’il croît que personne ne va le reconnaître est un grand grand moment.

 

Alexis Nesme, dans un graphisme hors d’âge, offre un écrin sur mesure à cette histoire horrifiquement drôle. Il apporte une patte très personnelle au graphisme des personnages tout en respectant les codes de leurs personnalités et de leurs attributs. Les décors touffus donnent à voir dans tous les coins faisant de l’album un livre qui peut se lire et se relire sans lassitude. Là est la richesse du média bande-dessinée. Les en-têtes chapitrant l’histoire nous invitent dans les années 30 comme dans les plus beaux cinémas-théâtres de l’époque.

 

 

 

 

© Trondheim, Nesme, Disney - Glénat

 

 

Nesme place des clins d’œil au reste de l’univers Disney. Du poisson dragon des abysses aperçu dans Nemo aux arbres cauchemardesques de Blanche-Neige, des clowns du parc d’attraction de Pinocchio aux crocodiles cousins du Tic-Tac de Peter Pan, voulues ou impromptues, les références sont multiples.

 

            Entrez dans le parc Horrifikland. Quand vous en sortirez, vous n’aurez qu’une seule envie, reprendre un ticket.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Mickey Mouse 

 

Tome : Horrifikland 

 

Collection : Disney créations originales

 

Genre : Aventure humoristique 

 

Scénario : Trondheim 

 

Dessins & Couleurs : Nesme 

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 15 €

 

ISBN : 9782344024638

 

 



Publié le 10/01/2019.


Source : Bd-best


Vice, scandale, corruption, bière et fräulein au cœur de Weïmar.  Babylon Berlin

 

 

            « - Si tu veux faire ton chemin, ici, faut pas hésiter !

-          Mon chemin ? Aux mœurs ?

-          Oh, pardon ! Môssieur a des visées plus mabitieuses ?! On est pas si mal que ça, nous ! On se trimballe la nuit dans les boîtes de la ville la plus dépravée du monde, on entre gratuitement dans les maisons les plus chics et on a le meilleur café de l’Alexanderplatz ! »

 

 

 

 

 

            Berlin 1929, grâce à un coup de pouce et aux connaissances de son père, Gereon Rath a intégré la Préfecture de police, dans la brigade des mœurs. Son patron, Bruno Wolter, dit « Tonton », le guide dans ses premiers pas dans la ville du péché, au milieu des meurtres, des filles et de la nuit. Pas évident de se faire une place dans ce milieu où les relations entre les uns et les autres sont plus que troubles.

 

 

 

 

© Jysch, Kutscher – Glénat

 

 

Babylon Berlin est l’adaptation de romans de l’auteur allemand Volker Kutscher. Né en 1962, l’historien de Cologne a créé le personnage du commissaire Gereon Rath, héros de trois enquêtes : Le Poisson mouillé, La Mort muette et Goldstein, parus en France entre 2011 et 2013 aux éditions du Seuil. La BD s’axe essentiellement sur le premier volume.


            Arne Jysch, issu du milieu du cinéma, publie son deuxième album. En adaptant Kutscher, il nous plonge dans une Allemagne en crise morale dans laquelle la politique amène le pays sur une pente dangereuse. Du communisme à l’extrême-droite, nous sommes dans une ère qui s’apprête à mettre le nazisme sur un piédestal.

 

 

 

 

© Jysch, Kutscher – Glénat

 

 

Avec un graphisme réaliste proche de celui de Gérard Goffaux dans la série Max Faccioni, Jysch montre la ville dans des courses poursuites faisant la part belle aux vues sur Berlin. Tout en niveaux de gris, l’empreinte de l’album immerge dans une époque représentée dans les images d’alors dans ces tons.

 

 Comme l’a dit Holger Kreitling, journaliste à Die Welt, l’équivalent allemand du journal Le Monde, à propos du roman d’origine, « Ce livre marie intelligemment fiction et faits historiques sans tomber dans les travers de l‘érudition. »

 

 

 

 

© Jysch, Kutscher – Glénat

 

 

Babylon Berlin, c’est aussi une série télévisée.

En voici la bande annonce :

 

 

Babylone fut le prestige de la Mésopotamie au début de notre ère, avant de connaître le déclin, la chute et l’abandon. Berlin, fin des années 20, est le prestige du monde germanique. The place to be. Tout le monde sait aujourd’hui que viendront ensuite le déclin et la chute.

 

            Babylon Berlin, les plus pourris ne sont pas toujours ceux à qui l’on pense.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Babylon Berlin

 

Genre : Polar historique

 

Scénario & Dessins : Arne Jysch

 

D’après : Volker Kutscher

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 216

 

Prix : 15,50 €

 

ISBN : 9782344033104

 



Publié le 09/01/2019.


Source : Bd-best


Intrigues de cour et jalousies d’amours.  Alix Senator 8 – La cité des poisons

 

            « - Garde tes belles paroles pour d’autres, Sénateur Alix. Je sais que tu n’es pas venu ici juste pour renforcer les liens d’amitié entre Rome et mon royaume. Non, tu es venu aider Syllaios à s’emparer du trône ! Mon mari le considère comme son frère mais moi, je vois clair dans son jeu… C’est un sale serpent ! D’ailleurs, il mordra la main d’Auguste dès qu’il n’aura plus besoin de lui !

-          Votre ministre est déjà venu plusieurs fois au palatin, ô Reine. L’empereur sait très bien à qui il a affaire…et moi aussi. »

 

 

 

 

 

 

Alix et ses compagnons ont atteint la cité de Pétra, capitale cachée du royaume de Nabatène. Entre intrigues et séduction, on ne peut pas dire que la vie y soit un long fleuve tranquille. Syllaios, ministre opportuniste, cherche à s’emparer du trône. L’empereur Auguste est prêt à valider cette accession au pouvoir, en lieu et place d’Obodas, s’il lui divulgue les routes commerciales secrètes vers l’Inde et l’Arabie. Syllaios refuse et propose un autre échange en réponse à cet éventuel soutien. Mais la Reine Hagirû tente de déjouer les manigances en ralliant Alix à sa cause. Titus, quant à lui, se trouvera face à un rival de premier plan : Alexandre, le bellâtre fils de Syllaios, qui cherche à faire tomber la belle Camma sous son charme.

 

 

 

 

© Mangin, Démarez, Chagnaud - Casterman

 

 

            Huit albums et toujours la même puissance.  On a dit maintes fois qu’Alix Senator était un modèle de reprise réussie. On le confirme. Les auteurs évitent les pièges, séduisent de nouveaux lecteurs et parlent aux fans de Martin de la première heure. Le choix de placer l’action, avec un Alix dans la force de l’âge, plusieurs années après l’époque traitée par le créateur de la série a été un coup de génie.

 

 

 

 

© Mangin, Démarez, Chagnaud - Casterman

 

 

            Valérie Mangin mêle intrigues de cour et histoire d’amour dans un décor magnifique dépeint avec maestria par Thierry Démarez.

 

            Le graphisme, celui des personnages en particulier, n’est pas tout à fait dans la veine de Martin. On est dans un réalisme plus pur. Mais les attitudes sont marquées par l’empreinte Martin. C’est là un des tours de magie de cette série séquelle. Par exemple, quand Titus, Enak et leurs compatriotes sont observés par une ombre légèrement penchée aperçue derrière un rocher, on pourrait croire qu’Arbacès serait de retour avec son rire sardonique. Un bonheur de lecture.

 

 

 

 

© Mangin, Démarez, Chagnaud - Casterman

 

 

            Visitez la cité des poisons. Comme d’autres, vous n’en reviendrez pas.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Alix Senator

 

Tome : 8 – La cité des poisons

 

Genre : Aventure historique 

 

Scénario : Mangin

 

Dessins : Démarez

 

Couleurs : Chagnaud 

 

D’après : Jacques Martin 

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 13,95 €

 

ISBN : 9782203159198

 



Publié le 09/01/2019.


Source : Bd-best


Expos Lombard au FIBD Angoulême

Pour cette édition 2019 du festival d'Angoulême, les éditions du Lombard proposent deux expostion

 

Exposition Thorgal du 23 au 24 janvier 2019

THORGAL est né en mars 1977, dans les pages du Journal Tintin, de la rencontre d’un scénariste encore méconnu du public Jean VAN HAMME et d’un dessinateur polonais Grzegorz ROSINSKI.

La série a d’emblée séduit par son mélange original et innovant de mythologie nordique, de fantastique et de science-fiction, et par la qualité de son scénario, de ses personnages, de ses dessins.

Après plus de 40 ans THORGAL reste l’une des séries les plus populaires du 9e art !

 

 

 

 

 

Exposition The Regiment du 24 janvier au 7 septembre 2019

Espace Mémoriel de la Résistance et de la déportation de la Charente

24 avenue Gambetta, Angoulême

Entrée Libre et Gratuite.

Vernissage : jeudi 24 janvier à 18h en présence des auteurs Thomas Legrain et Vincent Brugeas


Pays : France

Date de l'événement : du 23/01/2019 au 07/09/2019.

Publié le 09/01/2019.


Source : Bd-best


Léonard Chemineau conte Edmond, l’homme que cachait le nez de Cyrano : « On raconte, on écrit, on fixe dans le temps, on divertit; les modes changent, mais le fondamental reste »

« C’est un roc !… C’est un pic !… C’est un cap !… Que dis–je, c’est un cap ?… C’est une péninsule! » C’est surtout un fameux bouquin qui fait de la BD en théâtre et du théâtre en BD que nous a livré Léonard Chemineau en adaptant la pièce d’Alexis Michalik, Edmond. Comme Rostand, le papa de Bergerac. Ou son inspirateur lui-même inspiré et pris à la gorge par des délais intenables et un petit mensonge qui allaient le mener à se faire un nom, en lettres de noblesse théâtrale. Car, parfois, la réalité qui se cache au-delà du rideau est encore plus incroyable et réjouissante que ce qu’il se trame sur les planches. Interview avec cet auteur, passé de l’ombre à la lumière, des coulisses à l’idée lumineuse.  Interview avec Léonard qui a trouvé les tons, les décors et l’énergie pour animer cette aventure humaine et traghilarante. Avec du souffle, du panache et du nez pour marquer 2018.

 

 

 

 

 

 

 

© Chemineau

 

Bonjour Léonard, avec Edmond, vous adaptez non pas la pièce Cyrano de Bergerac mais celle d’Alexis Michalik qui se promenait dans les coulisses incroyables de la création de cette pièce majeure. Mais, vous, connaissiez-vous Cyrano ?

De vue. J’étais novice, en fait. Je n’avais jamais la pièce, ni le film. J’étais, du coup, super-content de la découvrir. Encore plus dans ce qu’elle a de récit fondateur et matriciel, comme L’Avare ou Roméo et Juliette. La problématique est humaine et Edmond me permettait de remonter à la source.

Mon éditeur a joué finement le coup en me disant d’aller voir la pièce avant de me proposer le projet. Je me suis demandé si j’étais bien l’auteur qui convenait. Mais j’ai énormément aimé la pièce de Michalik qui véhiculait la même sensation que celle que j’éprouvais : découvrir une histoire qu’on ne connaissait pas.

Vous l’avez vue, vous, cette pièce ?

Non, malheureusement.

Jusqu’ici, elle n’a pas été montée en Belgique. Mais c’est peut-être pas plus mal, du coup, votre regard posé sur la BD est donc neuf. Je me suis efforcé de réfréner ce que j’avais fait sur les albums précédents, qui baignaient dans un ton plus dramatique ou mystérieux. Avec Edmond, je devais tendre vers l’humoristique, dessiner des gueules.

Il est plus facile de faire pleurer que faire rire, c’est aussi vrai en BD ?

C’est évident. Dans une pièce, tout s’enchaîne, tout est très travaillé. Pour construire cette BD, je devais décortiquer les fils narratifs de cette histoire tragicomique, ma toute première distillant un peu d’humour noir. Mais c’est une histoire positive.

 

 

 

 

© Chemineau

 

 

 

 

© Chemineau chez Rue de Sèvres

 

Vous avez vu Cyrano, depuis ?

Non, toujours pas. Mais je crois qu’Edmond est beaucoup plus joyeux encore que la pièce qu’il a écrite. Plus chevaleresque même, bouffé par la grandeur, le panache, sa fidélité de parole.

Il y a des BD qui font du théâtre (on l’a encore vu récemment avec Le petit théâtre de Spirou). Deux arts faits pour s’entendre ?

En tout cas, Michalik est derrière cette BD, la même personne, les mêmes ressorts. Et ça fonctionne très bien. Alexis a une écriture très cinématographique, qui virevolte, proche finalement des mécanismes des séries avec des personnages qui ne s’arrêtent jamais, qui continuent d’évoluer, d’être virevoltant. Ça fonctionne très bien.

 

 

 

 

© Chemineau chez Rue de Sèvres

 

Un film sortira d’ailleurs le 9 janvier.

 

 

 

 

 

Vous n’aviez pas vu les précédentes versions de Cyrano, ça vous a donné quartier libre au niveau du casting de votre album ?

Je me suis affranchi des personnages. J’ai été très livre avec un casting comme je le voulais. Pour certains personnages de Cyrano, je suis reparti des grands acteurs qui les ont incarnés. Comme Constant Coquelin. Pour d’autres, j’ai laissé libre cours à mon imagination tout en veillant à bien les marquer. Beaucoup interviennent rapidement, je ne pouvais pas prendre le risque de la confusion. Comme les deux personnages féminins, Rose et Jeanne, une blonde et une brune, pour les distinguer directement.

 

 

 

 

© Chemineau

 

Il fallait rester dans l’énergie, dans le mouvement, pourtant, non ?

Dans un théâtre, le spectateur est enfermé dans une salle, contraint par l’espace en quelque sorte. Les personnages parlent les uns avec les autres, ce qui pourrait être d’un mortel ennui en BD. Au théâtre, le fil se déroule sans effort pour le faire avancer. Mais En BD, c’est un effort permanent, qui pourrait être fastidieux, le regard pourrait se décrocher. Il faut donc mettre les moyens et les efforts pour atteindre une narration fluide. J’y ai mis un an, voire un an et demi, et j’ai notamment poussé mon storyboard au maximum, c’était presque un crayonné. Pour être précis. Je me suis beaucoup relu, également.

 

 

 

 

© Chemineau chez Rue de Sèvres

 

Les personnages se devaient de bouger en permanence. C’est quelque chose que j’ai appris de Spielberg et Zemeckis dans un entretien que j’avais lu revenant sur le tournage de Retour vers le futur. Vous vous souvenez de cette scène où Doc et Marty sont arrêtés sur le bord d’une route, sans décor. Commence alors une longue discussion. Un dialogue nécessairement long pour que le spectateur comprenne bien ce qu’il se passe. Les personnages auraient pu rester statiques mais, non, Marty court d’un bout à l’autre, fait des allers-retours. Il n’y a aucune raison qu’il coure et pourtant ça maintient le stress du spectateur, la scène reste complètement dynamique. Je n’avais jamais pensé à ça.

 

 

 

 

© Chemineau chez Rue de Sèvres

 

Au niveau des cadres, des décors, des vêtements, cette BD devait être beaucoup plus variée et touffue. Parce que là où les personnages restent au théâtre dans le même apparat; ici, ils pouvaient sortir.

C’était l’intérêt de les faire sortir de cette scène carrée sur laquelle la lumière n’est pas réaliste. En BD, je pouvais embaucher autant de figurants que je voulais, faire passer des fiacres et des voitures à cheval. Ce fut un gros boulot de recherche, heureusement aidé par le fait qu’il y a beaucoup de documentation sur cette époque pas si éloignée, beaucoup de sources disponibles et notamment sur la pièce en elle-même. Ce qui me permettait une mise en abîme. J’ai ainsi mis la main sur une chronique de la première. Il n’y avait pas de photos à l’époque, du coup, le dessin l’illustrait déjà, avec une caricature. Pas mal de choses racontées par Alexis Michalik sont réelles forcément, comme Sarah Bernhardt, soutien inconditionnel d’Edmond, qui a précipité son spectacle, le soir de la première, pour arriver à la moitié de la pièce.

 

 

 

 

© Chemineau

 

Au niveau de la mise en scène de l’album,  au début et à la fin, aux extrémités de l’histoire, les équipes marketing ont créé un beau décorum, avec la quatrième de couverture. Pour nous plonger dans cette ambiance de début de siècle.

 

 

 

 

© Chemineau chez Rue de Sèvres

 

La typographie change aussi en fonction des intervenants.

C’est la difficulté, trouver un moyen de retranscrire la modulation de la voix, les intonations que permet le théâtre. Car, je ne vous apprends rien, on n’a pas le son en BD. Il me fallait un moyen de compréhension. La typo reliée permettait d’illustrer la fioriture des textes de théâtre, tandis que la typographie normale illustre les dialogues de BD comme on en a l’habitude.

Reste qu’il fallait trouver une façon de faire mal jouer Jean Coquelin (ndlr. le fils de Constant, celui-ci ayant obligé Edmond à trouver un beau rôle pour son fils). Du coup, j’ai déformé la typographie, j’ai volontairement mal écrit, de façon à ce qu’on comprenne mal ce qu’il dit. J’ai fait ça à la main, comme j’aime le faire, pour que le texte suive le dessin, devienne du dessin.

 

 

 

 

© Chemineau

 

Vous-même, vous avez fait du théâtre ?

Du théâtre grec lors de mes études de dessin. Mais, il y a deux ans, je ne m’en souvenais pas, je n’y ai pas tellement pensé en réalisant Edmond. Peut-être mon inconscient ? Notamment, sur le début de la pièce, avec cette impression d’arriver sur scène dans le silence pour déclamer un texte que normalement on connaît alors que la salle toute noire pourrait nous faire perdre nos moyens.

 

 

 

 

© Chemineau chez Rue de Sèvres

 

Pour créer les personnages de mes albums, je ne joue que rarement devant le miroir, comme certains le font, mais je joue sur les expressions, de manière à devenir la chose que je suis en train de dessiner. Les expressions n’en sont que plus réalistes, je trouve. Puis, il y a le jeu des corps par rapport aux autres corps. Le dos fier ou le dos voûté, ça ne veut pas dire la même chose et le personnage s’en déplacera différemment. J’imagine ainsi me faufiler dans des endroits, je fais des essais, je positionne les membres par rapport aux autres, étudie les possibilités d’interactions.

Vous avez visité un théâtre, aussi ?

Oui, le théâtre où Cyrano a été joué pour la première fois. Une source documentaire super-importante. Il me fallait capter l’envers du décor pour réaliser cet album. Entre la salle allumée qui s’éteint et les loges, le décor, le timing pour que tout prenne place. Comment ressent-on la vie de derrière ?

 

 

 

 

© Chemineau

 

Un de vos personnages dit d’ailleurs: « Mais il est un endroit, un seul, où nous sommes tous côte à côte dans l’ombre… c’est au théâtre. »

Du côté de la salle, il y a pas mal de communion, on est tous assis sans faire de bruit, coincés. De l’autre côté, c’est l’inverse, les pas sont feutrés, mais il y a de la lumière, des acteurs volubiles, un espace plus ouvert. Une certaine euphorie.

Autre passage et deux citations qui fusent dans la bouche des personnages : « Quand Molière vivait, les comédiens étaient enterrés hors des cimetières. Vous êtes en marge de cette société bourgeoise. Vous êtes des artistes, des hors-la-loi. » et « … Mais ce soir, on ne nous oubliera pas. Pour nous autres, acteurs, demain n’existe pas. Nous sommes des artisans de l’éphémère, mon coq. Allons leur montre notre art. »

Ce qu’amène Alexis Michalik, c’est une réflexion profonde sur ce que sont jouer et créer. Et du côté des acteurs, force est de constater qu’on se rappelle très peu d’eux quand les années sont passées. Comme si la lumière était tellement forte, qu’elle nous aveuglait et nous faisait oublier. Coquelin, c’était le Depardieu de l’époque, riche, imposant. Il produisait ses spectacles, possédait un théâtre. Il a oeuvré aussi pour son art et ses pairs en créant des maisons de retraite pour acteurs. Pourtant, il y en a peu pour s’en rappeler, aujourd’hui. Les artistes et les oeuvres n’ont pas le même genre de postérité. Au-delà de l’homme, les récits sont éternels. Et Cyrano récupère des mythes fondateurs qui perdurent constamment, des problématiques fondatrices.

 

 

 

 

© Chemineau chez Rue de Sèvres

 

Avec sa pièce et désormais la BD, Michalik montre la création bordélique et accidentelle de cette oeuvre, des circonstances durant lesquelles Edmond Rostand a puisé dans tout son inconscient, qui a rejailli sans faire exprès.

Et, finalement, on a parfois présagé la mort du théâtre face au cinéma, là où d’autres arts se sont affaiblis, le théâtre est resté fier et fort.

Le théâtre, la BD ne mourront jamais, je pense. Quoi qu’on veuille, les histoires sont vitales pour les gens. Le théâtre, c’est un lien impossible qui se crée entre des gens qui sont devant d’autres gens. Le symbole reste, les supports changent depuis l’éternité. À un moment, peut-être qu’on ne sera plus que dans le numérique, mais ça va s’enrichir. On raconte, on écrit, on fixe dans le temps, on divertit. Déjà du temps de l’homme préhistorique. Les modes changent, mais le fondamental reste.

 

 

 

 

© Chemineau

 

Il est aussi question de l’importance d’avoir une muse.

J’en ai une ! Ma femme. Mais je ne vous dirai pas ce qu’elle m’a inspiré. Mais elle le sait. Je pense que pour créer, il faut vivre, que si on reste enfermé, on ne peut pas créer le lien. Il faut trouver sa muse et ce qui nous passionne, en permanence, connaître les personnes qui nous entourent. Ça aide à créer plus riche. Cyrano, c’est l’extérieur qui vient le créer, la richesse de la vie.

La suite, pour vous, c’est quoi ?

J’ai signé pour un album avec Lupano chez Dargaud. On partira dans l’Espagne musulmane de l’an mil. Une histoire sur l’amour du livre et la transmission des savoirs.

 

 

Propos recueillis par Alexis Seny

 

Titre : Edmond

Récit complet

D’après la pièce de théâtre d’Alexis Michalik

Scénario, dessin et couleurs : Léonard Chemineau

Genre : Biographie, Comédie dramatique, Théâtre

Éditeur : Rue de Sèvres

Nbre de pages : 120

Prix : 18€



Publié le 09/01/2019.


Source : Bd-best


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