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La vallée de la mort et autres histoires, Floyd Gottfredson est celui qui a hissé le « standard character » Mickey au faîte de sa popularité

Pour la période de noël, les éditions Glénat proposent de vous faire découvrir ou redécouvrir le Mickey Mouse de Floyd Gottfredson.
Il fut le principal dessinateur du Comic Strip Mickey de 1931 à 1975. Walt Disney lui confie la version papier en avril 1930. Un emploi qui à l'époque fut annoncé comme provisoire par la firme mais qui allait donc se prolonger pendant plus de 44 ans.

Résumé de l'éditeur : Floyd Gottfredson est celui qui a hissé le « standard character » Mickey au faîte de sa popularité en bande dessinée. Un auteur dont l’efficace simplicité du trait et le génie graphique a inspiré et continue d’inspirer les artistes du monde entier.Après L’Âge d’or de Mickey Mouse qui vous proposait une sélection des meilleures aventures de Mickey par Floyd Gottfredson, cette nouvelle collection réunit enfin, et de manière chronologique, l’intégralité de l’œuvre du maître ! Publiée en noir et blanc à raison de deux tomes par an, dans des albums luxueux à l’italienne pour respecter le format des strips d’origine, cette nouvelle édition deviendra à n’en pas douter le rendez-vous incontournable des amoureux du travail de l’auteur, autant que des fans de Mickey de la première heure !

 

 

 

 

© Floyd Gottfredson - Disney - Glénat

 

Il reprend par conséquent dans les années 30 un scénario abandonné par Walt Disney lui-même et ce jusqu'en novembre '75, date où il prend sa retraite. Le Mickey de Gottferdson est rapidement devenu la référence pour les auteurs qui se sont succédé ensuite. On lui doit également les version définitives de Pat Hinulaire, Dingo, Le Fantôme noir, Iga Biva ou encore Le Commissaire Finot. Gottferdson était un acharné de travail et très prolifique se couvrant de casquette multiples (scénariste, dessinateur).

Glénat propose donc le premier tome d'une œuvre restaurée à partir des originaux Disney et de pièces de collection qui raviront les fans inconditionnels de la souris la plus célèbre de tous les temps. Sont inclus 13 récits et un dossier bien détaillé riche de photographies et d'illustrations. Vous découvrirez le monde de Gottfredson, Le Renard Dévoilé par David Gerstein, la folie des crayonnés qui dévoile l'envers du décor, ainsi que pléthore de témoignages aussi intéressants les uns que les autres dont nous vous laissons la joie à découvrir au fil des pages.

 

 

 

 

© Floyd Gottfredson - Disney - Glénat

 

Deux ouvrages sont proposé par an par l'éditeur dans un très beau format à l'italienne afin de lui donner un aspect d'origine. Vous pourrez donc admirer le travail et le graphisme de façon optimal si vous êtes un fan inconditionnel ou même néophyte. Le travail d'adaptation en français est admirablement réalisé donnant à cet collection un cachet somptueux. Un voyage dans le temps somme toute bien confortable constituant à l'heure où nous écrivons cet article, un bien beau cadeau pour les fêtes.



Titre :  Mickey Mouse par Floyd Gottfredson N&B - Tome 01 : 1930 / 1931 - La Vallée de la mort et autres histoires

Tome : 1  

Collection :  Les Grands Maîtres

Scénario et Dessins :  Floyd Gottfredson

Couleurs : Drac

Éditeur : Disney - Glénat

Nombre de pages : 288

Prix : 29.50€

ISBN : 978-2-344-02314-3






Publié le 22/12/2017.


Source : Damien Caste


Dans ma hotte de Noël, il y a…  Episode 14 : Le premier scénario BD d’un écrivain célèbre  La brigade des cauchemars 1 - Sarah

« C’est dans cette immense forêt que le professeur Albert Angus m’a recueilli il y a trois ans. Je ne me souviens plus de mon passé. Ni qui je suis vraiment, ni d’où je viens… Albert m’a élevé comme son fils, et Tristan m’a accueilli comme son frère. Ils sont ma seule famille. Ensemble, on aide des jeunes comme nous à guérir de leurs terribles rêves. On forme la « Brigade des cauchemars ». »

 

            C’est une nouvelle vie qui démarre pour Esteban en étant pris en charge par un scientifique bien particulier. Il intègre un groupe d’action très spécial, une brigade composée de gamins, jeunes ados, auxquels les lecteurs peuvent facilement s’identifier, dans des aventures qu’ils auraient rêvé de vivre… « Rêvé de vivre… », on est dans le thème. Mais plutôt qu’à des rêves, c’est à des cauchemars que Tristan et Esteban s’attaquent. Ils pénètrent les songes. Dans ce premier épisode, la clinique du professeur Angus accueille Sarah, 14 ans, dont les parents sont en train de divorcer. Elle est harcelée toutes les nuits par un cauchemar récurrent. Pour la guérir, nos deux jeunes héros vont pénétrer dans son rêve où le temps n’est pas le même que dans la réalité.

 

 

 

 

© Franck Thilliez, Yomgui Dumont - Jungle

 

 

Avec « la brigade des cauchemars », on assiste au retour de la bande dessinée « Okapi », avec tout le respect que l’on peut accorder au genre, signée par le dessinateur des aventures de Raph et Potétoz, justement publiées dans ce magazine. Yomgui Dumont a un trait et des personnages bien à lui. Leurs grands yeux allongés sont vecteurs d’émotions. Aussi à l’aise dans l’histoire d’un peintre (Toulouse-Lautrec) que dans la BD jeunesse (L’école de Pan), il démarre une série tendre et sombre, montrant que la lumière est au bout du chemin. Entre des planches classiques, il signe de belles composition originales comme la planche 39 naviguant entre rêve et réalité.

 

 

 

© Franck Thilliez, Yomgui Dumont - Jungle

 

 

 

            Ce n’est pas à Franck Thilliez qu’on va apprendre à raconter une histoire. Auteur de thrillers à succès, il signe son premier scénario de BD. Dans une atmosphère de « nid de coucou », il campe ses personnages sans tout dire et en posant des jalons de mystère dans leurs passés. Intelligemment, il en garde sous le coude pour faire de « La brigade des cauchemars » une série qui raconte à chaque fois une histoire mais dont on attend la suite avec impatience pour en apprendre plus sur les principaux personnages. L’album se termine par un cliffhanger bien envoyé.

 

Jungle ! a publié des albums populaires, surfant sur des succès télévisés, mais pas toujours d’une grande valeur. En signant des dessinateurs de qualité comme Yomgui Dumont, on ressent la volonté de la maison de se faire une place respectée dans la cour des grands éditeurs reconnus.

 

Lecteurs, dormez sur vos deux oreilles, la brigade des cauchemars veille sur vous.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : La brigade des cauchemars

Tome : 1 - Sarah

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Franck Thilliez

Dessins : Yomgui Dumont

Couleurs : Drac

Éditeur : Jungle !

Nombre de pages : 54

Prix : 11,95 €

ISBN : 9782822221603



Publié le 22/12/2017.


Source : Bd-best


Dans ma hotte de Noël, il y a…  Episode 13 : Un voyage dans le temps  Léo Loden 25 - Massilia Aeterna

« - Voilà, je soupçonne mon époux d’avoir une liaison… Depuis quelques semaines, il n’arrête pas de venir à Massilia, prétextant son combat contre le nouveau-port. Mais le soir, quand il rentre, toujours tard, il empeste le parfum de femme, du jasmin ! Et j’ai horreur de ça ! Il me faut des preuves. Le cas relève de vos compétences ?

-          Tout ce qui me permet de payer mon loyer relève de mes compétences… Je peux commencer tout de suite. Mon tarif est de quinze sesterces par jour, plus les frais, et quatre jours d’avance ! »

 

            Leo Lodanum est questeur privé à Massilia. (Tiens, Lodanum ? On a connu un camp romain qui s’appelait Laudanum) Il a la même fonction, les mêmes partenaires et les mêmes problèmes que son illustre descendant Léo Loden. L’ancêtre est chargé d’enquêter sur les infidélités de Claudius Vacumjtepus, propriétaire des thermes de la ville, opposé au projet de construction d’un nouveau port. Ce dernier ne va pas tarder à être victime d’un malencontreux accident. Leo Lodanum va se trouver au cœur d’une affaire politico-adultérine, aidé par la centurionne Marlena et Ulysse, son tonton marin.

 

 

 

 

©  Carrère, Arleston & Nicoloff - Soleil

 

 

 

            Faire de personnages de fiction des personnages de fiction, il suffisait d’y penser. Les scénaristes ne sont pourtant pas les premiers à utiliser cette stratégie ; les plus anciens se souviendront de la série mi-fiction mi-dessin animé Waldo Kitty mettant en scène des chats et des chiens à des époques différentes.

            Arleston et Nicoloff ont transposé leurs héros marseillais, au même endroit, mais quelques 2000 ans avant. Dans cette époque gallo-romaine, les protagonistes gardent leurs rôles respectifs pour nous amener dans une enquête policière classique. Et heureusement qu’il en reste des BD comme ça. Ça rassure, ça assoie les fondements qui font que le lecteur enfant se forge une famille de papier. Léo Loden, au même titre que Jérôme K.Jérôme Bloche, fait partie de ces séries qui, contre vents et marées, montre que la bande dessinée populaire a encore des histoires à raconter.

 

 

 

© Carrère, Arleston & Nicoloff - Soleil

 

 

            Avec ce « voyage dans le temps », Arleston étanche sa soif d’Astérix qu’il n’a pas pu assouvir. On connaît l’adoration du scénariste pour le petit monde de Goscinny et Uderzo. Cette enquête de Léo Loden transpire l’hommage aux irréductibles gaulois. Les pirates ne diront pas le contraire, ni Romainmontaigus, tout droit sorti du « Cadeau de César ».

 

            Serge Carrère semble aussi à l’aise dans la Gaule antique que dans la France du XXIème siècle. Les poursuites dans Massilia en char remplacent aisément celles en voiture dans Marseille. Un tout petit reproche : les ombres portées sur les visages des personnages sont trop souvent utilisées.

 

            On ne sait pas encore si les auteurs proposeront d’autres aventures de leurs héros à des époques différentes. Toujours est-il, que ce soit en 2017, en -50, en 800 ou en 1930, on sera ravi de les retrouver.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Léo Loden

Tome : 25- Massilia Aeterna

Genre : Policier/Humour

Scénario : Arleston & Nicoloff

Dessins : Carrère

Couleurs : Cerise

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782302059740



Publié le 21/12/2017.


Source : Bd-best


Dans In Bloom, Wanch traque la vie au-delà du deuil : « Sembler juste dans le propos, dans la vision de Jeremy, un gamin de 11 ans, avec toute sa naïveté et son inexpérience »

Ça y est, c’est la razzia. Sans rien envier aux rayons musicaux, cinématographique ou de gaming, celui des bandes dessinées est une valeur sûre des cadeaux de Noël. Et il y a du choix. À l’heure où les mastodontes de la presse font leurs tops 10 des albums à offrir (souvent les mêmes, ultra-populaires), on a voulu vous présenter le travail de Wanch, un auteur bien de chez nous. De ceux qui nous soignent aux petits oignons sans nous envoyer dans les roses même avec des personnages à fleur de peau. In Bloom, c’est le premier album de ce Montois qui a du talent à revendre. Rencontre.

Bonjour Wanch, la première chose qu’on voit de vous, c’est cette couverture minimaliste blanche, vide autour d’un personnage assis sur une chaise et face à un pot de fleur. Comment avez-vous conçu cette couverture ? Après beaucoup de recherches ? Là où certains jouent la surenchère, vous jouez la sobriété mystérieuse, non ?

Pour la couverture, il y a eu deux phases. Alors que j’y réfléchissais, un jour je suis tombé par hasard sur une photo dans un journal. Il s’agissait de la photo « Graine de pavé » du photographe Irving S.T. Garp, on y voit une petite fille assise sur une chaise et regardant une fleur pousser entre les pavés. J’ai tout de suite su que je voulais m’en inspirer pour la couverture de l’album, c’était une évidence, et quand j’ai vu que l’auteur de la photo était de ma région, ça n’a fait que renforcer mon élan. Je l’ai contacté pour avoir son autorisation et il a très gentiment accepté.

 

 

 

 

 

 

© Wanch

 

Ensuite, je ne voulais évidemment pas faire une pâle copie mais réinterpréter à ma sauce. Et le côté épuré qui devait appuyer l’isolement de Jeremy et de la fleur s’est imposé naturellement. Dans l’histoire, ils sont un peu seuls au monde et tout ce qui les entoure devient « effacé » pendant un moment. Le choix du blanc aussi était volontaire ; je voulais qu’on ne voie qu’eux et puis, en librairie, on voit beaucoup de couvertures avec pas mal de couleurs, je voulais trancher avec ça, me démarquer un peu.

La parution d’un premier album, c’est toujours une aventure plus ou moins facilitée par divers facteurs. Mais, avant d’aborder In Bloom, qui êtes-vous ? Qu’est-ce qui vous a filé le virus de la BD ? Y’a-t-il un album, un auteur qui vous a donné envie d’en faire ? Avec quels maîtres ? Quel a été votre cursus ?

C’est cliché de dire ça mais j’ai toujours dessiné et, à l’âge où la plupart s’arrête, moi, j’ai continué. Pour la bande dessinée, il y a deux personnes qui ont été déterminantes dans mon parcours. Alors que j’avais 11 ans et que j’étais déjà bien atteint du virus de la bd, j’ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises le dessinateur vietnamien Vink par le biais de personnes de ma famille. J’ai passé chez lui quelques journées à le regarder travailler dans son atelier et à boire ses paroles. Cette rencontre a été déterminante dans mon parcours. Je suis sorti de là complètement émerveillé.

Vink a un talent immense mais, surtout, c’est une personne d’une grande gentillesse. Deux ans plus tard, j’ai fait ma seconde rencontre importante ; je me suis inscrit à un cours du soir de BD animé par Antonio Cossu. Je l’ai ensuite retrouvé quand j’ai entrepris mes études en bande dessinée et illustration aux Beaux-Arts de Tournai. Plus qu’un simple prof, Cossu a aussi pas mal influencé ma vision et ma culture en bd. Il a notamment participé à certaines « claques » artistiques que j’ai prises en me faisant découvrir des auteurs comme Breccia ou Prado.

Cela fait sept ans que vous dites vous être impliqué sérieusement dans la bande dessinée. Ça signifie quoi ? Ce sont des sacrifices ? En sept ans, que s’est-il passé ? Des bonnes surprises ? Des regrets ? La découverte d’un monde où il est difficile de parvenir à ses fins ? Une affaire de persévérance ? Qu’est-ce qui fait progresser ?

En fait, j’ai dû interrompre mon cursus aux Beaux-Arts et revoir ma trajectoire pour des raisons disons principalement alimentaires. Du coup, je me suis éloigné du dessin et de la bd pendant quelques années. Mais naturellement, ça a fini par tellement me re-démanger que je m’y suis remis il y a plus ou moins 7 ans. Mais la bd ne me nourrit pas et n’est toujours pas mon activité « principale », j’ai donc dû arranger mon temps en fonction de cela. Et donc oui, c’est pas mal d’efforts ; la bd est quelque chose d’assez chronophage déjà quand on la pratique à plein-temps. Mais quand on a une autre activité à côté, ça complique encore un peu les choses.

 

 

 

 

© Wanch

 

Alors, oui, en sept ans, pas mal de choses se sont passées. Même si je connaissais un peu le milieu via des amis qui font de la bd, j’ai vraiment appris à découvrir les difficultés du métier au cours de ces dernières années. On est loin du cliché de l’artiste bohème qui flâne. L’auteur bd est un bosseur, il bosse dur et pas toujours forcément pour une rétribution à la hauteur de ses efforts.

Malheureusement, j’ai aussi découvert la précarité du métier. Finalement, peu d’auteurs ou de dessinateurs vivent décemment de la bd. C’est presque étrange de dire ça mais je répète souvent que j’ai la « chance » que ce ne soit pas mon activité principale, celle qui me nourrit.

 

 

 

 

Un extrait d’un projet sur Mons, Van Gogh, Arne Quinze et les autres. © Wanch

 

Vous avez déjà quelques salons BD au compteur, outre vos dédicaces, mettez-vous ces événements aussi à profit pour aller à la rencontre d’autres auteurs de BD ? Des anecdotes ?

En fait, oui, comme la plupart du temps, on bosse comme un ermite dans son atelier, les salons sont la bonne occasion pour revoir les copains/collègues et justement échanger sur le boulot. Je n’ai pas vraiment d’anecdote avec d’autres auteurs bd si ce n’est que parfois, alors que j’étais assez intimidé de rencontrer certains maîtres de la bd, j’ai été assez positivement étonné de voir à quel point certains sont d’une grande humilité.

Notamment, Cauvin qui est une personne très simple et chaleureuse. Sinon, c’est plus avec le public que j’ai quelques anecdotes. J’ai, par exemple, lors de mon tout premier salon en tant qu’auteur, eu un monsieur qui m’a tendu sa carte d’identité. J’ai regardé la carte et lu qu’il s’agissait d’un Monsieur Bloom. Et là, il m’a dit avec un grand sourire : « Je vais prendre l’album et je veux une dédicace bien sûr ! ». Dans un style plus étrange, j’ai aussi eu droit à une personne qui m’a demandé de lui dédicacer avec un dessin … un marque-page. Les temps sont durs pour les lecteurs aussi apparemment !

 

 

 

 

© Wanch

 

Comment définiriez-vous votre trait ? Votre méthode de travail ?

C’est toujours difficile de définir son propre trait … Je dirais que je suis dans un style franco-belge réaliste. Étrangement, alors que j’en ai lu très peu, on me parle parfois d’influence manga dans mon dessin. J’imagine que ça doit être des réminiscences de mes visionnages de Goldorak et autres Albator que j’ai dessiné des milliers de fois quand j’étais enfant.

Je ne pense pas avoir de méthode de travail particulière ou en tout cas pas très différente des autres dessinateurs ou auteurs. Je dirais que je suis assez structuré. Du moins, en bd. Je laisse peu de place au hasard ou à l’impro. J’ai besoin que tout soit écrit, de savoir où je vais. Après, du point de vue du dessin, je m’adapte à l’histoire. Il faut que le graphisme serve l’histoire.

 

 

 

 

© Wanch

 

Pour « In Bloom », le travail des planches a été assez laborieux. Déjà, parce que l’histoire comporte deux ambiances, une colorée et une autre dans les tons sépia. Pour les planches en « sépia » notamment, il y a eu pas mal de boulot car j’ai travaillé en traditionnel en encrant les planches, puis en posant les ombres à l’aquarelle ( lavis ) et enfin, en rehaussant avec des couleurs via Photoshop. Pour la suite, je me suis promis de ne plus m’imposer autant de couches mais tout dépendra de l’histoire finalement.

 

 

 

 

Crayonné/Encrage/Lavis/Couleurs © Wanch

 

Quand on lit In Bloom, on pense à plein de choses. À commencer par Nirvana, que vous n’avez pas le temps de citer dans l’album. Que signifie-t-elle cette chanson pour vous ?

Haha, on me l’a déjà fait remarquer mais rien à voir avec la chanson du groupe grunge ! Je suis vraiment parti de l’expression en elle-même même si bien sûr je me doutais qu’on ferait le rapprochement avec la musique. La chanson n’évoque pas grand-chose pour moi. J’ai écouté Nirvana à l’époque mais de la vague grunge, je retiens plus des groupes comme Soundgarden ou Alice In Chains que j’écoute encore maintenant d’ailleurs.

La fleur, c’est le symbole majeur de cet album, réincarnation d’une maman partie beaucoup trop tôt. L’idée de la fleur s’est très vite imposée ?

Oui, très vite ! En fait, j’ai eu l’idée alors que j’étais encore aux Beaux-Arts. Je m’étais dit que l’idée avait du potentiel et que je devais la garder pour plus tard. Bon, je n’imaginais pas qu’il me faudrait autant d’années pour y revenir.

 

 

 

 

© Wanch

 

Qu’est-ce qui vous a inspiré cette histoire de triangle brisé entre un enfant, son père et cette maman disparue ?

Au départ, j’avais pensé à un vieil homme veuf qui s’occupe d’une fleur. Mais je me suis vite dit que ce couple où le seul à parler serait le vieil homme limiterait les interactions. De là m’est venue l’idée du triangle familial.

 

 

 

 

© Wanch

 

Ce triangle finalement destructeur, l’avez-vous forcé à s’ouvrir à d’autres personnages pas toujours positifs ? Comment conçoit-on un personnage ? Beaucoup de recherches ?

Pour rejoindre ma réponse précédente, je pense que pour être riche une histoire doit contenir des interactions, l’ajout des personnages entourant les héros s’est fait très naturellement à l’écriture. Il n’y a pas vraiment de formule pour créer un personnage.

 

 

 

 

© Wanch

 

Quand je suis au stade du scénario, en général dès que j’ai la trame de base, l’écriture est assez fluide et les personnages se construisent en même temps que le récit de façon presque inconsciente. Les personnages suivent en quelque sorte ma logique liée au récit. Au niveau du dessin, là c’est au cas par cas. Parfois, on galère, on dessine beaucoup pour trouver la bonne tête alors qu’à d’autres moments, on chope directement le physique du perso. Il n’y a pas de règle.

C’est un sujet fort. N’est-ce pas dur à appréhender quand on est encore un jeune auteur ?

Pour être honnête, quand je me suis remis à la bd, je pensais laisser « In Bloom » de côté pour un moment où je serais plus « mûr », je ne voulais pas que ce soit mon premier album. Je ne me sentais pas prêt pour être auteur complet et pas sur un sujet aussi fort justement. Je me suis donc mis en recherche d’un éventuel scénariste avec qui travailler.

 

 

 

 

© Wanch

 

Mais, même si un projet ou deux ont failli démarrer, ça a, à chaque fois, calé pour une raison ou autre. Un peu par dépit, je me suis attaqué au scénario de « In Bloom » et une fois que les choses ont été lancées, je n’ai plus vraiment réfléchi au poids du sujet. Mon seul objectif était de sembler juste dans le propos, dans la vision de Jeremy, un gamin de 11 ans, avec toute la naïveté et l’inexpérience que ça comporte face à une chose telle que le deuil.

Jérémy, votre héros fragilisé par un père éteint et des « camarades » d’école pas tendres passe dont le clair de son temps auprès de sa fleur, la soigne, lui parle… Impossible de ne pas penser au Petit Prince et à sa Rose, ça vous a effleuré ? Plus loin, on pense aussi à une imagerie populaire, un peu de Little Nemo, une pleine page qui évoque Jack et le haricot magique… ça vous parle ?

Hé bien, avant d’avoir terminé l’album et après même sa sortie, je n’avais rien relevé de tout ça … ou en tout cas, pas consciemment. C’est quand j’ai vu « Le Petit Prince » réalisé par Mark Osborne que j’ai eu un choc. Je me suis demandé comment j’avais pu zapper ça, un gamin et une fleur, et comment aucun lecteur avait pu ne jamais me le faire remarquer. Donc, bien vu, bravo à toi ! Après, bien sûr, quand j’y pense, oui, toutes ces oeuvres ont eu un impact sur moi, la preuve. Mais ça a vraiment été inconscient pendant l’élaboration du livre.

 

 

 

 

© Wanch

 

 

Il y a la fleur mais aussi un appareil photo. Celui, omniprésent, que le papa utilisait irrémédiablement… jusqu’à la mort de sa femme. Alors, l’appareil photo devient un objet perdu, perdurent juste deux ou trois clichés. Il représente quoi cet appareil photo ? Ce père a-t-il eu si peur de passer à côté de l’instant présent qu’il l’a capturé ?

Oui, avec l’appareil photo, il y a un peu de ça. Il y a aussi le fait qu’il idolâtre sa femme et, d’une certaine façon, pense n’exister qu’à travers elle. Mais l’appareil photo est aussi un instrument qui va créer le souvenir, le lien qui va continuer de nourrir Jeremy.

 

 

 

 

© Wanch

 

Je lis aussi dans les remerciements que vous vous êtes notamment inspiré du travail de deux photographes ?

Il y a le photographe Irving S.T. Garp dont j’ai parlé pour la couverture. Et je me suis aussi inspiré quelques photos de Thomas Sluys que je connais depuis quelques années et dont j’apprécie beaucoup le travail. Ce sont essentiellement des photos de nature. Je me sens très proche du travail de Thomas, de ses choix, de ses tons, de ses cadrages. Et c’est donc assez naturellement que j’ai eu envie prendre inspiration de certaines de ses images pour produire les miennes.

 

 

 

 

© Wanch

 

Entre photo et BD, il y a des liens, des allers-retours ? Que permet le dessin que la photo ne permet pas ?

Il y a clairement des liens. Je pratique la photo en amateur et, quand je prends une photo, je pense lumière, je pense cadrage, je pense ambiance, je pense composition. Autant de choses auxquelles je pense aussi quand je fais de la bd. Dans les deux cas, on doit faire les bons choix pour raconter ce qu’on veut.

 

 

 

 

Une évocation du Joker… © Wanch

 

Je peux me tromper mais je pense que le dessin doit parfois avoir plus un rôle d’évocation sans forcément retranscrire complètement la réalité. Il doit pouvoir faire plus appel à l’imaginaire du spectateur. Bien que certaines photographies aient ce pouvoir là aussi. Comme j’aime énormément les deux arts, j’avoue que j’ai du mal à les départager, d’ailleurs le faut-il ?

 

 

 

 

… et de Batman © Wanch

 

Oh que non ! Quand on parle de photo, on parle aussi de traitement des couleurs qui n’est pas absent dans votre album. Avec des passages sépia pour le présent (si ce n’est pour la fleur, toujours en couleurs) et marquer l’absence et de la couleur pour évoquer le passé quand la famille était unie et joyeuse. C’est un peu à contre-courant de l’utilisation des couleurs pour les flashbacks, en général, non ?

Je vais clairement à l’inverse de ce qui se fait habituellement. Mais pour moi, plus que d’une contradiction, c’est parti d’un constat logique de ce qui se passe dans le récit : « Avant on était heureux, il y avait des couleurs et maintenant, la vie est morne, terne ». Maintenant, je ne vais pas mentir, j’aime bien casser les codes, sortir un peu des conventions. Et je pars aussi du principe que le lecteur est intelligent, il n’a aucun souci à sortir des courants et à s’adapter pour autant que la lecture lui en donne l’opportunité.

 

 

 

 

© Wanch

 

Vous fonctionnez à l’économie des mots, non ? Avec des séquences « muettes ». Est-ce naturel où vous forcez-vous à faire passer le plus de chose par votre trait ?

Ce n’est pas calculé. Le récit est vu du point de Jeremy, un enfant renfermé et introverti. Son père est enfermé dans sa dépression, presque muet. Tout ça me paraissait logique. Et oui, j’avais envie que beaucoup de choses passe par les regards, les émotions, les gestes. Dans ce deuil, ils sont clairement tous les deux dans le non-dit, on ne se parle plus dans cette famille.

 

 

 

 

© Wanch

 

Et en même temps, ils sont à fleur de peau, l’essentiel devait passer par l’émotionnel retenu ou explosif. Évidemment, l’économie de mots signifie aussi un certain challenge au niveau dessin ; il faut pouvoir tout faire passer de façon juste et c’est un exercice que j’aime assez. Peut-être qu’un jour, je m’attaquerai à un album complètement muet, qui sait !

Dans les moments les plus expressifs, il y a ces passages fantastiques. Comment négocie-t-on cette incursion paranormale ? Faut-il éviter d’en faire de trop ?

Quand j’ai commencé « In Bloom », dans le cahier des charges, je voulais dessiner de l’onirisme, du fantastique. Comme le sujet est assez grave, je voulais une histoire qui respire malgré tout. Le fantastique y participe, je l’espère. Après, ce n’est pas à moi de dire s’il y en a trop ou pas assez.

 

 

 

 

© Wanch

 

L’écriture de l’histoire a été assez « automatique » et certaines choses ne me sont d’ailleurs apparues clairement qu’après coup ( ex : la référence au Petit Prince ). Je savais juste que Jeremy était un gamin isolé, introverti et rêveur et que l’histoire devait être perçue à travers ses yeux et son imaginaire. Et j’avais aussi envie de passer au lecteur cette ambiguïté qu’on retrouve dans l’enfance, cette limite entre ce qui est réel et ce qui est rêvé, ce qui se passe et ce qu’on fantasme. On ne sait finalement pas ce qui s’est réellement passé ou pas, on sait juste ce qu’a vécu ou cru vivre Jeremy.

Finalement, l’album que nous tenons en main, il est semblable aux premières planches que vous avez dessinées pour ce projet ? Ou, au contraire, y’a-t-il eu d’autres versions ?

Vu mon emploi du temps non complètement dédié à la bd, l’élaboration de l’album a pris près de 3 ans et demi. Du coup, pendant ce temps, mon dessin a évolué et, arrivé au tiers de l’album, quand je regardais les premières pages, je me disais que la différence de niveau était trop grande. J’ai donc refait quelques pages et cases du début mais pas tant que ça au final. Il faut savoir s’arrêter.

 

 

 

 

© Wanch

 

Ce n’est pas déprimant de devoir œuvrer face à des personnages qui tirent la gueule (et on ne voit pas comment ils pourraient faire autrement, les pauvres) durant la majorité de l’histoire ?

Ha, il y a des jours où on est moins enthousiaste de les retrouver, c’est sûr. Ceci dit, je pense que même les dessinateurs de personnages joyeux qui bossent plus d’un an sur un album doivent aussi avoir des bas. Maintenant, soyons honnêtes, je dessine rarement des gens heureux et j’éprouve même un certain plaisir à les faire galérer. Et ce qui m’a un peu sauvé, c’est que même si le sujet est grave, je pense qu’il y a une part d’espoir dans cette histoire.

 

 

 

 

© Wanch

 

Réaliser un album, c’est une chose, ensuite il faut le publier ? Ce fut compliqué ?

Oui, assez compliqué. Je suis passé par pas mal de déboires. D’abord, pas mal de refus. Puis, parmi les intéressés, quelques cas de figure différents. L’éditeur qui aime votre histoire … mais veut tout changer. L’éditeur qui veut vous publier mais ne vous répond plus quand vous lui demandez le contrat. L’éditeur qui vous signe mais s’avère être un escroc, ne vous paie pas et finit par mettre la clé sous le paillasson. Bref, ce n’était pas gagné pour « In Bloom ». J’ai même failli complètement abandonner le projet.

 

 

 

 

© Wanch

 

Qu’est Rodelbas ? Vous êtes aussi passé par BDLabo, une nouvelle structure pour les auteurs BD. Que permet-elle ?

Après mes déboires, un éditeur a signé « In Bloom » et l’album est sorti une première fois. Mais la collaboration n’a pas été optimale. Nous n’étions pas d’accords sur divers points dont le plus important pour moi: le livre ne ressemblait pas à ce que je souhaitais. Après quelques temps, j’ai donc décidé de casser le contrat et de récupérer mes droits. C’est à ce moment que j’ai créé les éditions Rodelbas pour sortir un artbook et aussi tenter une auto-édition de « In Bloom » tel que j’aurais voulu qu’il sorte la première fois. Pour l’impression des albums, je me suis adressé à l’imprimerie Stimanne qui était justement occupée à créer BDLabo.

 

 

 

 

C’est une structure qui permet justement à des auteurs comme moi d’imprimer des livres de qualité sans tomber dans des budgets à risque en utilisant notamment l’impression numérique qui peut se faire en quantité réduite et à la demande. La structure permet aussi de vendre les livres sur leur site web. Ce qui n’est pas négligeable quand on est auto-édité et forcément très peu diffusé en librairie. Je suis très content de ma collaboration avec eux. C’est une équipe sérieuse et dynamique qui a fait du très bon boulot sur mes livres. J’en profite d’ailleurs pour glisser le lien où il est possible d’acheter « In Bloom ».

L’ouvrage publié, il y a des rencontres avec le lecteur, des dédicaces ? Qu’en retirez-vous ?

Beaucoup ! Les rencontres avec les lecteurs sont clairement enrichissantes et un boost pour moi. Et c’est bien de mettre un visage sur les personnes qui vous lisent. Au début, j’avais tendance à me dire que de par son sujet l’album allait me donner un public restreint mais finalement, je rencontre des gens de tous horizons. Et la cerise sur le gâteau, ce sont les retours que me donnent les lecteurs qui sont jusqu’à présents très positifs et sont aussi souvent assez émouvants parce que beaucoup me disent s’être retrouvés d’une façon ou d’une autre dans « In Bloom ». Quand on fait des livres, c’est la meilleure récompense. Vu la difficulté du métier, ce lien-là est essentiel pour garder l’énergie.

 

 

 

 

© Wanch

 

Quelle est la suite pour vous ? D’autres projets ? Avec de la neige, si j’en crois votre page Facebook ?

Les pages de neige sur Facebook sont en fait d’anciennes pages. Elles sont issues d’une histoire courte réalisée avant « In Bloom » en forme d’échauffement.

 

 

 

 

© Wanch

 

En projet, il y a un autre album BD, un one-shot également. Une histoire assez sombre ( on ne se refait pas ! ). C’est une histoire de famille, encore une, assez torturée et conflictuelle. Là, par contre, exit l’onirisme, on est sur du réalisme assez dur. J’ai réalisé près de la moitié des pages pour l’instant.
 

Et en parallèle, je travaille sur un livre jeunesse, une sorte de conte, que j’espère pouvoir sortir au printemps 2018.

Pour finir, y’a-t-il des BDs, des lectures qui vous ont marqué dernièrement ? Pourquoi ?

La dernière BD que j’ai vraiment beaucoup aimé est « Russian love to red king » de K. Et S. Immonen. Une belle histoire qui parle de la séparation, du manque, de l’absence ( je ne l’ai pas fait exprès ). J’ai lu cette bd deux fois d’affilée et j’ai tout aimé. Le texte est juste, la narration sans faille, le dessin beau. Vraiment un très beau livre que je recommande vivement.

Bonne route et courage pour la suite ! Et joyeux Noël, surtout !

 

Propos recueillis par Alexis Seny

 

Titre : In Bloom

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Wanch (Page Fb)

Genre : Drame, fantastique

Auto-édité chez Rodelbas

Nbre de pages : 66

Prix : 15,09€



Publié le 21/12/2017.


Source : Bd-best


Décès d'Anne Goetzinger

 

C’est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès d’Annie Goetzinger survenu ce mercredi 20 décembre 2017, à l’âge de 66 ans.
 
Annie Goetzinger était une très grande dame de la bande dessinée. Après des études aux Arts Appliqués où elle étudie le dessin de mode, elle publie dans ‘Circus’, ‘L’Écho des savanes’, ‘Fluide glacial’, ‘Métal hurlant’ et surtout ‘Pilote’.
 
Son premier album, “Casque d’or” (Glénat, 1976), remporte deux prix au festival d’Angoulême. Elle dessine ensuite “Aurore, une vie de George Sand” (Éditions des femmes, 1978), d’après un scénario d’Adela Turin, et “Félina” (Glénat, 1979), pour Victor Mora. Elle enchaîne ensuite costumes de théâtre, illustrations, histoires courtes (collection “Fripon” des Humanoïdes associés), dessins de presse, notamment pour le journal ‘Le Monde’ et plus récemment pour le journal ‘La Croix’.
 
C’est avec Pierre Christin qu’elle réalise “La Demoiselle de la Légion d’honneur” (Dargaud, 1980), “La Diva et le Kriegsspiel” (Dargaud, 1981), “La Voyageuse de la petite ceinture” (Dargaud, 1985), “Charlotte et Nancy” (Dargaud, 1987), “Le Tango du disparu” (Métaillé, 2008), “Le Message du simple” (Le Seuil, 1994), “La Sultane blanche” (Dargaud, 1996) et “Paquebot” (Dargaud, 1999). Les deux complices travailleront de concert sur la série “L’agence Hardy” (Dargaud).
 
Après avoir signé le dernier album de la collection ”Portraits souvenirs” (Les Humanoïdes associés, “L’Avenir perdu”, 1992), avec Jon S. Jonsson et Andreas Knigge, Annie Goetzinger publie “Marie-Antoinette, la reine fantôme », avec Rodolphe au scénario (Dargaud, 2011).
 
En 2013, Annie se lance dans une nouvelle belle histoire : “Jeune fille en Dior” (Dargaud), un roman graphique retraçant la carrière fulgurante du grand couturier Christian Dior.
 
En 2014, elle est « Grand Boum » du 31e festival BD Boum de Blois, qui rend hommage à l’ensemble de son œuvre en lui consacrant une très belle exposition.
 
En 2017, elle publie un nouveau roman graphique "Les apprentissages de Colette" (Dargaud), qui narre la vie mouvementée et libre de la célèbre écrivaine.
 
Avec son dessin raffiné, élégant et distingué, Annie Goetzinger a enchanté tant de lecteurs. Son art du détail, des moindres détails, pour dessiner un visage, une silhouette, un corps ou une toilette, sa calligraphie soignée, ses couleurs directes subtiles, sa mise en scène stylée, son exigence constante, sa féminité absolue et son intelligence toujours mises au service de la narration, pour mieux nous faire comprendre et aimer ses personnages, demeureront associés à son nom.
 
Toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches.

 



Publié le 20/12/2017.


Source : Dargaud


Dans ma hotte de Noël, il y a…  Episode 12 : Une déclaration d’amour à la bande dessinée Variations

« - C’est quand même chic, ici !

-          Oui, ça fait plaisir d’avoir une situation stable et de ne plus être obligés de courir d’aventure en aventure pour gagner notre vie…

-          Bonsoir Marquis. Comment allez-vous ?

-          Très bien, mes chers amis… Et vous-mêmes ?

-          Voilà les trois types dont je vous parlais… Repérez-les bien.

-          On les a photographiés, patron. Vous pouvez compter sur nous ! »

 

Les pieds nickelés ont bien raison. Il est chic, ce bel album de Blutch. Composé de la revisite des trente planches qui ont marqué la destinée de Blutch, qui ont tracé un sillon dans sa future carrière d’auteur professionnel, ce livre est une déclaration d’amour. Quand on aime, on n’arrive pas forcément à parler. Alors, certains chantent, certains écrivent des lettres ou des poèmes. Blutch, lui, dessine. Il ne cherche pas à dupliquer. Il traduit les planches des meilleurs auteurs du monde en langage Blutch.

 

 

 

 

 

© Blutch - Dargaud

 

 

Recopier, c’est comprendre. Alors, Blutch parfois recopie, mais parfois aussi adapte, distord, remodèle. Et entre ses mains, sous son pinceau, dans son encre de Chine, passent des planches d’inconnus dont les noms vous disent peut-être quelque chose : Hergé, Jijé, Jacobs, Mézières, Hermann et autres gribouilleurs. La plupart des références datent des années 70 et du début des années 80. La planche de « La grande traversée » est aussi différente et aussi belle que celle d’Uderzo. Dans l’univers de Graton, des voitures, des voitures, uniquement des voitures ; coup de génie : à quoi bon y mettre autre chose. Chez Martin, il travaille une scène de nu que l’on avait oublié chez le pudibond auteur d’Alix. Il a même fallu aller vérifier qu’elle existait bel et bien. Là où la mise en abyme atteint son paroxysme, c’est lorsque Blutch parodie Gotlib parodiant Morris dans un Lucky Luke spaghetti paru à l’origine dans Pilote, ou encore lorsqu’il inverse les rôles de De Mesmaeker et du gaffeur le plus célèbre du monde dans une planche de Gaston.

 

 

 

 

 

 

            Il aurait été intéressant que Dargaud publie les véritables planches de leurs auteurs, non pas en vis-à-vis ce qui aurait gâché la beauté des retranscriptions de Blutch, mais dans un fascicule complémentaire. C’est certainement une question de droits qui les en empêche, les albums dont elles sont issues venant d’éditeurs divers et variés.

 

On attend à présent Blutch dans sa reprise de Tif et Tondu prévue pour le printemps prochain chez Dupuis.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Variations

Genre : Hommage

Auteur : Blutch

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 64

Prix : 29,99 €

ISBN : 9782205063592



Publié le 20/12/2017.


Source : Bd-best


Dans ma hotte de Noël, il y a…  Episode 11 : Une madeleine de Proust  Le petit Nicolas, la bande dessinée originale

« - Et ceci, c’est pour toi, mon petit Nicolas.

-          Vous n’auriez pas dû… Qu’est-ce qu’on dit, Nicolas ?

-          On dit : Merci Madame pour ce joli tambour !

-          Un tambour ! Vous n’auriez pas dû… »

 

C’est sûr qu’elle n’aurait pas dû la gentille dame. Le petit Nicolas va rabattre les oreilles de tout le quartier avec son tambour. Et c’est son père qui en fera les frais ! Comme souvent d’ailleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Goscinny - Sempé - Imav

 

Mais comment se fait-il que ces merveilleuses planches du Petit Nicolas soient restées inédites en album si longtemps ? Péché de jeunesse de ses auteurs, ce recueil est une délicieuse madeleine de Proust. D’une part, on retrouve un personnage qui fait partie de l’imaginaire collectif. D’autre part, on y découvre un graphisme désuet, très marqué années 50, les planches ayant été publiées dans l’hebdomadaire Le Moustique en 1955 et 1956.

 

Les scenarii de René Goscinny, qui signait à l’époque Agostini, font la part belle aux facéties du petit garçon. Ce qui est drôle, c’est que Nicolas ne cherche pas à faire des bêtises. Toutes ses actions, tous ses choix, toutes ses décisions sont régis par l’innocence de l’enfance. On y retrouve également un élément qui a fait le sel des gags de Modeste & Pompon ou d’Achille Talon : les relations avec son voisin, dans un quartier résidentiel.

 

 

 

 

© Goscinny - Sempé - Imav

 

 

Le trait de Jean-Jacques Sempé n’a pas encore l’élégance de celui qui a fait son succès, mais il a quand même un charme fou. Il sent bon les sucettes Pierrot Gourmand et les goûters de maman.

 

La carrière du Petit Nicolas s’arrêtera là, au terme de ces 28 trop courtes planches. Les nouvelles de Goscinny prendront le pas sur les cases des planches de Sempé. La collaboration entre les deux hommes restera fusionnelle puisque les illustrations de Sempé compteront autant que la verve de Goscinny dans le succès des histoires du Petit Nicolas. A ce propos, cet album est complété de deux nouvelles illustrées directement tirées de planches de la BD.

 

Le Petit Nicolas est la BD qui donne envie de redevenir (ou de rester) un enfant.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Le petit Nicolas, la bande dessinée originale

Genre : Humour

Scénario : Goscinny

Dessins & Couleurs : Sempé

Éditeur : IMAV

Nombre de pages : 48

Prix : 12,90 €

ISBN : 9782365901369



Publié le 19/12/2017.


Source : Bd-best


Fluide Glacial au musée du Louvre pour un Série Or d'exception

Un Série-Or Fluide Glacial s'invite au Louvre. La mag culte à lâché ses dessinateurs au musée pour un numéro spécial qui sort le premier jour de l'hiver !
Pour précéder le numéro 500 qui sera publié en janvier 2018, événement sur lequel nous reviendrons, voici venir donc "le choc des titans et des totos" comme le dit Yan Lindingre, le rédacteur en chef.

Avec l'idée de s'inspirer de la collection du Louvre, les auteurs s'en donnent donc à coeur joie.

Sur la page facebook de Fluide nous pouvions lire ceci :

"Quand on lâche 50 zozos de Fluide Glacial au musée du Louvre, un jour de fermeture au public, et qu'on les fait ensuite picoler (jusqu'au petit matin pour certains!), ça nourrit sacrément l'inspiration !
RDV en kiox fin décembre pour un Hors-Série Fluide Glacial/Musée du Louvre exceptionnel !!"

Avec un édito agrémenté par le graphisme de Diego Aranega (Victor Lalouz, Oggy et les cafards...) ce numéro exceptionnel sort le 21 décembre au prix de 6.50 € les 96 pages.



Publié le 19/12/2017.


Source : Damien Caste


Dans ma hotte de Noël, il y a…  Episode 10 : Un grand classique de demain  Undertaker 4 – L’ombre d’Hippocrate

« - Eh oui… Je vois tout plus vite et plus loin que mes congénères. C’est précisément pourquoi les règles communes ne s’appliquent pas à moi ! Les lois des cafards ne s’appliquent pas aux lions…

-          Rien ne peux justifier ça ! C’est…monstrueux !

-          Ah, Rose… Je pourrais vous dire que j’ai vu des milliers de morts pour rien et qu’au moins, les miens, serviront à quelque chose. Que la science sera à mes pieds quand je réussirai ma première greffe0 Mais la vérité est que quand les gens cous prenne pour un monstre, il ne vous reste qu’une chose à faire…Dépasser leurs attentes ! »

 

Otage de Jeronimus Quint, Rose est contrainte d’accompagner son bourreau qui lui seul peut la soigner. La technique de l’ogre de Sutter Camp est de blesser ses proies pour en faire des pantins dépendants de lui, car lui-seul a les compétences médicales requises pour les soigner. Il passe ainsi pour un bon samaritain aux yeux du peuple. Mais Jonas Crow n’est pas dupe et poursuit sa quête de justice à la recherche du si bon Docteur Quint. 

 

Xavier Dorison compose un suspens croissant jusqu’à un final émouvant. C’est à un véritable scénario horrifique auquel il nous convie. Rarement un personnage aura été aussi détestable et ambigu. Pourri jusqu’aux tréfonds de son âme, Jeronimus Quint, tel un gourou de secte, parvient à mettre le monde à ses pieds. La séquence la plus cruelle n’est pas une scène de boucherie ou de fusillade, c’est celle où un petit garçon montre au médecin un dessin de cheval qu’il a fait après une blessure à la main.

 

 

 

 

 

La principale qualité du scénariste est d’aller directement à l’essentiel. Si des ellipses peuvent sembler brutales, elles sont toutes justifiées, prouvent l’inutilité de ce qui n’est pas montré et assurent un rythme et une densité à l’histoire. Il n’y a pas une page qui ne fasse pas avancer l’action. Par ailleurs, Dorison ne cède jamais à la facilité et fait évoluer le destin des personnages principaux.

 

Dans ce quatrième tome, aidé par Caroline Delabie pour les couleurs, Ralph Meyer conduit le road-movie entre fleuve et montagne boisée, où les ambiances font ressentir l’humidité des nuits en forêt ou la sécheresse des poussières de cavalcades.

            Le dessinateur est devenu en quatre albums LE maître du western du moment. Si Giraud a pris des leçons avec Jijé, si Rossi s’est appuyé sur le travail de Giraud, si Meyer lui-même a fait ses gammes sur ses prédécesseurs, nul doute que l’auteur de l’ouest de demain aura à son chevet les albums d’Undertaker.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Undertaker

Tome : 4 – L’ombre d’Hippocrate

Genre : Western

Scénario : Dorison

Dessins : Meyer

Couleurs : Delabie & Meyer

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 48

Prix : 13,99 €

ISBN : 9782505068204



Publié le 17/12/2017.


Source : Bd-best


Case, strip, action ! Lauréat du Prix Papiers Nickelés SoBD 2017

Attribué depuis 2013, le Prix Papiers Nickelés SoBD récompense chaque année un ouvrage sur la bande dessinée et le patrimoine graphique. Décerné en 2017 à partir d'une liste d'un peu moins de 70 titres ( liste complète des ouvrages consultable ici) recensés entre novembre 2016 et octobre 2017, puis d'une short liste de 12 nominés ( liste des nominés consultable ici), le Prix Papiers Nickelés SoBD a été attribué cette année à l'ouvrage collectif Case, strip, action !, écrit par Alain Boillat, Marine Borel, Raphaël Oesterlé et Françoise Revaz et édité chez In Folio.

Résultat d'un travail d'analyse portant sur un fond déposé par un collectionneur, et présentant un bel échantillonnage de revues populaires de bandes dessinées pour enfants des années cinquante et soixante, Case, Strip, Action ! est organisé en quatre grandes parties abordant successivement quatre questions importantes concernant le 9e art : sa dimension feuilletonesque, la représentation du temps et du mouvement et son rapport au cinéma.

« Case, strip, action ! est l'exemple idéal d'un travail universitaire portant sur la bande dessinée, estime Renaud Chavanne, fondateur du SoBD et membre du jury. Il regroupe des interventions réellement collaboratives, il aborde des questions théoriques importantes pour la bande dessinée sans tomber dans le jargonnage, pratique fréquente des études universitaires. Ce livre est aussi une reconnaissance institutionnelle de l'apport des collectionneurs, puisqu'il porte sur le fonds Ghebali. Enfin, il témoigne d'une pensée généreuse car il prend en compte d'autres travaux sur la BD, avec une véritable intelligence de leur propos, sans se contenter d'une simple citation pour faire bonne figure. »

« Après les grands classiques de l'illustration (Bofa, Töpffer), le maîtres des super-héros (Kirby) et les images populaires dans les emballages de bubble gum (Malabar), il était judicieux de rappeler l'importance de la littérature dessinée pour enfant de l'après-guerre dans la formation du patrimoine graphique contemporain », explique Yves Frémion, rédacteur en chef de la revue Papiers Nickelés et également membre du jury.

A propos du Prix Papiers Nickelés SoBD

Le SoBD s'est associé avec la revue Papiers Nickelés pour décerner chaque année le prix du meilleur ouvrage sur la bande dessinée et le patrimoine graphique. Depuis 5 ans, ce prix met en lumière une production riche et abondante, malheureusement trop peu visible. Comme toutes les disciplines artistiques, le 9e art dispose d'un abondant corpus savant témoignant de son importance et de sa vivacité.

Le prix Papiers Nickelés SoBD a récompensé les ouvrages suivants : [2013] Gus Bofa, l'enchanteur désenchanté, d'Emmanuel Pallaud-Dulian chez Cornélius. [2014] M. Töpffer invente la bande dessinée, de Thierry Groensteen aux Impressions nouvelles. [2015] Jack Kirby, super-héro de la bande dessinée, de Jean Depelley, chez Neofelis. [2016] Malabar, histoires de bulles d'Alain Lachartre, chez Dupuis.

 



Publié le 15/12/2017.


Source : Bd-best


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