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Information générale concernant le monde de la BD
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Spirou 4221 -  6 Mars 2019

 

 

 

Special Edition : Brexit or not Brexit

 

            Ha, un numéro spécial de Spirou comme on les aime ! Alors, ces anglais, ils vont le faire ou non, ce Brexit ? Toute la rédaction de Spirou est mobilisée sur le sujet.

 

 

 

 

 

            Les héros habituels se sont mis sur le méridien de Greenwich : Dad, Harry, Lya, le Capitaine Anchois, et même La pause-cartoon.

 

            Bouzard, Terreur Graphique et Nicoby signent trois récits complets tout spécialement sur le sujet de la semaine.

 

            Enfin, le Mini-Guide du Brexit Time fait de nous de véritable petits british.

 

 

 

 

© Bernstein, Witko – Dupuis 

 

 

            My Spirou is rich.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Avant : Mumu la bâtarde

Dans les yeux de Lya : En quête de vérité

Six coups

 

 

Récits complets :

 

British exit (Bouzard)

Capitaine Anchois

N’est-il pas ? (Terreur Graphique)

Petit Brexit or not Petit Brexit ? (Nicoby)

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Dad

Dessous marins

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game Over

Harry

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Page 12 bis

Ob’sessions (La pause-cartoon)

XXIème siècle est parmi nous (Le) (La pause-cartoon)

 

Actua Lithos (Madaule)

A la derive (Berrtschy)

Brexit : qu’en pensent les Brits ? (Neidhardt)

Dans les yeux de Lya : Un week-end à Londres

Lapinot en 2033

Obladi-Oblada, England ! (Alfred)

 

 

Rubriques :

 

Coin du lecteur (Le) : Bienvenue dans mon atelier ! Charlie Adlard

En direct du futur : Gijé

Jeu : Save the Queen ! (Priou & MistaBlatte)

Made in England : Cinq auteurs anglais illustrent leur point de vue

Spirou et moi : Oiry

 

 

Supplément abonnés :

Mini-guide : Brexit time, voyagez à l’heure anglaise

 

 

En kiosques et librairies le 6 mars 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 03/03/2019.


Source : Bd-best


Final inattendu d’un manga choc.  King of Eden 6

 

 

« - J’ai quelque chose à te demander, Teze.

- Vas-y !

- Emmène-moi auprès de l’arbre…

- Vous n’êtes pas en état de marcher !

- il a raison. Soyez raisonnable, Lua !

- Je ne vais pas tarder à me transformer en bête. Qui sait… Ce fruit à peut-être la capacité de me guérir ? Ou à défaut de me donner l’inspiration nécessaire pour vaincre le virus !

- Sa chair pourrait tout aussi bien être toxique !

- Je préfère encore mourir plutôt que de devenir un monstre ! »

 

 

 

 

  Mordue par un « loup », Lua n’a plus rien à perdre. Au milieu de la zone dévastée par la bombe envoyée par les américains pour tenter d’éradiquer le virus, Teze et ses compagnons ont trouvé le jardin d’Eden au centre duquel trône un arbre fruitier miraculé, à l’aspect plutôt lugubre. Pour mettre fin à la malédiction du Loup, Teze le Subbotnik doit combattre le « Roi-Loup » et devenir le nouvel Adam. Lua quant à elle va-t-elle goûter un fruit ? Quelles en seront les conséquences ?

 

 

 

 

© Nagasaki, Ignito – Ki-Oon

 

 

  En associant une « simple » histoire de pandémie à une mythologie existante et connue de tous, King of Eden offre une nouvelle dimension à un genre de récits de nos jours classiques.

 

 

 

 

© Nagasaki, Ignito – Ki-Oon

 

 

Ignito remercie tous ceux qui l’ont accompagné dans la réalisation de cette série : son scénariste, son responsable éditorial et ses lecteurs. Ce sont plutôt eux qui pourraient le remercier. Avec cette série, le mangaka au trait réaliste s’est fait une carte de visite. S’il continue à s’associer à des collaborateurs de la qualité d’un Nagasaki, il restera dans la liste des auteurs à suivre dans le genre.

 

 

 

 

© Nagasaki, Ignito – Ki-Oon

 

 

  Pas besoin de 20, 30 ou 50 volumes pour faire un manga qui marque. Takashi Nagasaki clôt un récit haletant. Sans aucune longueur, King of Eden est un thriller biblique. De la genèse à l’arche de Noé, l’un des meilleurs scénaristes de mangas revisite l’histoire de la création du monde pour en écrire un nouveau chapitre, une suite, un reboot. Avec ce final, on le croit mettre la charrue avant les bœufs. Toute l’intrigue semble se clore dès les premières pages de cet épilogue. C’est sans compter sur la malice de l’auteur qui nous abat une carte supplémentaire avec un rebondissement qui remet tout en question.

 

 

 

© Nagasaki, Ignito – Ki-Oon

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : King of Eden

 

Tome : 6

 

Genre : Thriller Fantastique

 

Scénario : Nagasaki

 

Dessins : Ignito

 

Éditeur : Ki-Oon

 

Nombre de pages : 192

 

Prix : 7,90 €

 

ISBN : 9791032703878

 



Publié le 02/03/2019.


Source : Bd-best


16e Edition des Rencontres du 9e Art à Aix en Provence

Les Rencontres du 9e Art d’Aix-en-Provence proposent pour leur Festival de bande dessinée, un nouveau format de découverte des artistes invités. Un programme de rendez-vous qui s’étend sur un calendrier de deux mois autour de créations originales et de propositions imaginées avec les auteurs invités : expositions, rencontres, ateliers, performances, workshops, …

Au menu de cette nouvelle édition, vous pouvez découvrir :

« Andy Warhol by Typex », l’univers du roi du Pop Art revisité pour la première fois en bande dessinée par le dessinateur hollandais Typex. L’auteur crée l’événement avec cette biographie monstre d’Andy Warhol et imagine pour le Festival d’Aix-en-Provence une exposition inédite.

« Haircut Football Club », une équipe internationale de dessinateurs revisite les perruques des joueurs de ballon version « Panini ». Une iconographie du football entièrement relookée.

Un jeu en ville, l’auteure Sophie Guerrive imagine une série de personnages loufoques et crée une collection originale de cartes à collectionner et à recomposer. Petits et grands pourront s’amuser en réalisant un véritable jeu de piste dans la cité aixoise.

Le festival 2019 c’est aussi l’œuvre de Cezanne revisité par Eric Lambé primé à Angoulême, une collection de sous-bocks dessinés par Laurent Lolmède et sa famille de copains, des spectacles et expositions jeunesse avec Saïd Sassine et Gaëtan Dorémus.

Les auteurs invités : TYPEX (PAYS-BAS) – ÉRIC LAMBÉ (BELGIQUE) - STÉPHANE DE GROEF (BELGIQUE) - CAROLINE SURY – LUDOVIC AMELINE - HUGUES MICOL – SOPHIE GUERRIVE – LAURENT LOLMÈDE – SAÏD SASSINE - GAËTAN DORÉMUS – PHILIPPE LECHERMEIER - THOMAS AZUELOS - ANTHONY PASTOR - FRANCK OMER - DOMAS - JORJ A MHAYA (LIBAN) – SAM PEETERS (PAYS BAS) –MAZEN KERBAJ (LIBAN)

 

Lieu : Centre ville

Contact : par tél +33(0)4 42 16 11 61 par mail infos@bd-aix.com

Web : www.bd-aix.com


Pays : France

Date de l'événement : du 06/04/2019 au 25/05/2019.

Publié le 01/03/2019.


Source : Bd-best


Humour coquin et malin en financement participatif. Le petit derrière de l’histoire

 

            Le « grand » public a découvert Katia Even, autrice reconnue de BD érotiques avec Le plastique, c’est fantastique, adaptation de chansons du groupe Elmer Food Beat (un deuxième volume est prévu).

            La rédactrice en chef de Blandice s’apprête à nous revenir l’année prochaine avec un album historico-erotico-comique : Le petit derrière de l’histoire. Marina Duclos s’occupe des couleurs.

 

 

 

 

 

            Citons le dossier présenté par l’éditeur :

 

            On dit qu’un grand homme se cache souvent derrière. Et si, depuis la nuit des Temps, les grands inventeurs n’avaient trouvé leur inspiration que dans les bras d’une même femme, venue de notre époque contemporaine ?...

 

 

 

 

© Even, Duclos – Editions du Chat

 

 

Ne cherchez pas à vous faire des noeuds au cerveau ! Le Petit Derrière de l’Histoire n’a pas du tout la prétention d’être une BD qui cherche à révolutionner le monde du Neuvième Art. Marie, jeune femme ouverte sous tous rapports, se retrouve catapultée aux temps préhistoriques dans le lit malodorant d’un homme des cavernes. Elle comprend vite qu’elle est victime d’un mauvais tour : la voilà assimilée à un cobaye pour la machine à remonter le temps que son amant d’un soir se vantait d’avoir inventée. Comment se sortir de là ? Bon gré mal gré, elle tente de s’adapter à son nouvel environnement selon ses besoins de femme moderne : créer des peintures sur les murs pour s’occuper, et surtout faire du feu pour éviter de mourir gelée. Une fois la déco de la grotte refaite et le feu maitrisé, Marie repart aussitôt dans les couloirs du Temps. Destination : le lit des grands inventeurs !

 

 

 

 

© Even, Duclos – Editions du Chat

 

 

Cet album vous propose de les redécouvrir sous un angle coquin, plus ironique qu’historique, car derrière ces grands inventeurs, il y a souvent une femme. Une maîtresse qui inspire, une muse, une femme qui motive, souvent aussi une femme dont on vole l’idée. Bref, une femme.

Marie finira-t-elle par retourner chez elle ?

 

L’album est en crowdfunding sur Ulule : https://fr.ulule.com/le-petit-derriere-de-lhistoire/

 

La campagne commence déjà fort.

 

L’album sortira au printemps 2020, et peut-être grâce à vous !

 

 

 

© Even, Duclos – Editions du Chat

 

 

On vous en reparlera lors de sa sortie.

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 28/02/2019.


Source : Bd-best


Robe noire pour un oiseau rouge.  Pur-Sang 1 - Red Bird

 

 

« - Miss ! Voyons ! Vous ne pouvez pas sortir comme ça !... Miss Claire !

- Alors, c’est vrai ?! Maë-West a eu une pouliche ?

- Qu’est-ce que tu fais dans cette tenue ? Tu ne pouvais pas t’habiller ?

- Oohh… Qu’elle est belle ! Comment on va l’appeler ?

- On n’a pas encore choisi. Tu as une idée ?

- Red Bird ?

- Elle n’a rien d’un oiseau !

- Et elle n’est pas franchement rouge non plus !

- Pourquoi ce nom-là ?

- Je ne sais pas. J’aime bien. »

 

 

 

 

« The rising sun », haras à l’Ouest du Zimbabwe, près du lac Kariba, est une exploitation de plus de quatre cents hectares spécialisée dans l’élevage de pur-sang. Elle est la propriété de la famille Wakefield dont la fille Claire est passionnée de chevaux. Une pouliche noire vient de naître : Claire la baptise Red Bird.

Les mois passent et le domaine a besoin de rénovations. Les frais sont importants. Il va falloir se séparer des animaux. Mais pas question pour la fille de la maison de se séparer de Red Bird. Mieux, la jument pourrait devenir une championne des champs de course et renflouer la famille.

 

 

 

 

© Faure, Rodolphe, Vercken - Glénat

 

 

Michel Faure a passé une bonne partie de sa carrière à rendre ses lettres de noblesse au cheval en bandes dessinées. Depuis l’adaptation de romans de la série l’Etalon Noir de Walter Farley, puis celle du film Crin-Blanc, Faure a toujours privilégié les histoires qui faisaient la part belle aux chevaux. Il en est le chantre. Pour preuve, il a terminé le dernier Poupée d’Ivoire, album inachevé de Franz, un autre maître du cheval dans le neuvième art. Pur-Sang a d’ailleurs été le titre d’un des albums de Franz consacré au monde hippique.

 

 

 

 

© Faure, Rodolphe, Vercken - Glénat

 

 

C’est la série de romans de Walter Farley qui a donné à Camille Vercken sa passion pour le cheval. C’est sa lecture en adaptation par Michel Faure qui l’a incitée à contacter le dessinateur. Directrice de la Fédération des Eleveurs pendant dix ans, elle signe sa première bande dessinée. Rodolphe, que l’on aperçoit en figurant planche 30, est venu enrichir et romancer son histoire. Pur-Sang est annoncé comme un triptyque.

 

 

 

 

© Faure, Rodolphe, Vercken - Glénat

 

 

Les couleurs chaudes de Céline Labriet encrent le récit dans la douce chaleur des mi-saisons du sud de l’Afrique.

 

Pur-Sang n’est pas réservée aux seuls amateurs de chevaux. C’est une saga familiale tous publics dans un pays lointain. En traitant de sujets complexes comme la cohabitation des noirs et des blancs dans une Afrique sur la route de la décolonisation par le prisme des yeux d’une enfant, les auteurs parlent à plusieurs générations.

 

 

 

 

 © Faure, Rodolphe, Vercken - Glénat

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Pur-Sang

 

Tome : 1– Red Bird

 

Genre : Saga chevaline

 

Scénario : Rodolphe & Vercken

 

Dessins : Faure

 

Couleurs : Labriet

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 13,90 €

 

ISBN : 9782344028360

 



Publié le 28/02/2019.


Source : Bd-best


Une vie en dessin, une collection d'auteurs majeurs de la BD avec François Walthery qui ouvre la marche !  #1

Première partie d'une interview consacrée à François Walthery.

Un beau-livre dédié à l’art de la bande dessinée selon Walthéry et le dernier tome de Natacha paru fin 2018 marquent le retour depuis l'épervier bleu d'un des plus emblématiques auteurs de la maison Dupuis.

Une vie en dessins, ce premier beau-livre dédié à François Walthéry inaugure la collection « Une vie en dessins ». Il présente plus de 200 fac-similés de planches originales scannées et reproduites avec soin.

En vedette, Natacha, mais aussi les Schtroumpfs (Walthéry fut un des premiers collaborateurs de Peyo), Benoît Brisefer, le P’tit Bout d’chique et tous les autres personnages de Walthéry. Le triomphe du dessin via couvertures, séquences légendaires, originaux alternant castagne et mystère et, agrandissements de cases. Parce que Walthéry est devenu un « classique » de la bande dessinée, qu’il a connu tous les « Grands Anciens » et travaillé avec eux, et que son trait, reproduit avec soin, est somptueux. Mais surtout, voici enfin un vrai beau-livre pour mettre en avant le génie de ce baroudeur du dessin. Un nouveau regard sur l’art de Walthery.

La parution de cet imposant recueil de 352 pages et d' "à la poursuite de l'épervier bleu" est l'occasion rêvée en cette première partie d'interview pour notre stakhanoviste de la chronique BD, Laurent Lafourcade (la seconde sera effectuée par Alexis Seny)  de partir à la rencontre du maître et de recueillir son regard sur une carrière bien remplie et qui est visiblement loin d'être terminée !

 

Depuis 2 épisodes, Natacha a effectué son grand retour dans le journal de Spirou. Heureux d’être rentré à la maison ?

Natacha ne l'a jamais vraiment quittée. Marsu Productions était quand même une sous-marque de Dupuis. Mêmes traducteurs, mêmes coloristes, même imprimeur, même distributeur.

L’épervier bleu et sa suite sont l’adaptation d’un scénario de Sirius. Comment cette histoire, déjà dessinée avec d’autres héros dans les années 40, est-elle devenue une aventure de Natacha ?

C'est un excellent scénario. J'étais en vacances chez Max Mayeu, dit Sirius, en 1977 avec Maurice Tillieux. J'avais dit à Max que j'aimerais bien la retransposer. Ça a été assez simple à transformer en scénario de Natacha. Je l'ai réalisé en deux parties au lieu d’une seule car ça aurait fait un album d'une centaine de pages. C'est une aventure qui me plaisait.

 

 

 

© Sirius - Walthery - Dupuis 2018

 

 

Il n'y a actuellement plus de scénariste qui font des aventures. On dirait que ça leur casse les pieds ou que c'est trop long. Ils n’y croient plus, c'est dommage. Une bonne histoire est toujours une bonne histoire. Travailler avec quelqu'un comme Sirius était formidable. Les gens comme lui sont de grands raconteurs d'histoires. Ça manque cruellement dans la bande-dessinée de nos jours.

Les histoires ont tendance à être très “mangatisées”. Ça me déplaît souverainement. Je trouve ça moche. En général, il y a une pauvreté de dialogues. Sirius était un intellectuel qui savait écrire des textes off remarquables. Certains appellent ça désuet, moi j'appelle ça formidablement bien écrit. Les personnages parlaient naturellement et se moquaient d’eux-mêmes. Chez Sirius, l'humour est surtout verbal. Ses personnages étaient très réalistes, mais pour de l'humoristique ça convient très bien.

Tout comme Maurice Tillieux ou Peyo, Sirius était un raconteur d'histoires. Il a fait des choses poétiques, comme Bouldaldar, et des récits à la Mark Twain et Jack London avec L'épervier. Il excellait dans tous les sens. Ces trucs-là m'intéressent plus que tout ce qui se fait maintenant, sur des thèmes comme le football ou des âneries du genre.

 

 

 

© Sirius - Walthery - Dupuis 2018

 

 

Dans la scène d’ouverture, très drôle, Natacha se retrouve dans les couloirs d’un l’hôtel en tenue d’Eve. Une telle séquence aurait-elle été possible il y a quelques années ?

Oui, à condition de faire toutes les cases en noir. Moi, j'ai fait ça dans l'ombre. C'est une grosse blague. On voit ça, mais on ne voit rien. Dans les années 60, c'était plus difficile à cause de la commission de contrôle. Ils ont fait interdire des albums, comme Gil Jourdan. Ils ont fait changer une case dans Billy-the-Kid de Lucky Luke où Billy, dans son berceau, tête un revolver. Cette commission était une commission de censure française.

Les éditeurs étrangers belges, suisses ou autres devaient leur présenter des albums imprimés, édités, finis. Et eux décidaient si l'album passerait ou pas. Pour les éditeurs français, ils leur suffisaient de présenter des maquettes. Ça leur faisait moins d'investissements. Cela s'appelait du protectionnisme, ni plus ni moins. Maintenant, c'est toujours d'application. Mais il y a tellement de productions qu'ils ne savent plus où donner de la tête.

Natacha est une hôtesse de l’air. Pourtant nombreux sont les albums avec un décor maritime. Vous semblez prendre plaisir à dessiner la mer.

Oui, pourtant je ne suis pas un grand amateur. Quand on dessine des bateaux, il y a les vagues, les mouettes. Les oiseaux sont intéressants pour faire des avant-plans.
Il est bon de temps en temps de faire voyager Natacha autrement qu'en avion. Mais j'insiste à chaque début d'histoire sur le fait qu'elle est hôtesse.
Spirou est resté habillé en groom et jamais personne ne s'est étonné que Tintin garde son pantalon de golf.

 

 

 

 

© Walthery

 

 

Ça fait plusieurs albums que la grand-mère de Natacha est l’héroïne de l’histoire (L’hôtesse et Mona Lisa, Le grand pari, Les culottes de fer, Le regard du passé). Avez-vous envisagé un moment donné de lancer une série parallèle ?

Non, parce que ça ne sert à rien. Le système du spin-off m'embête plutôt. On ne sait plus où on en est finalement.
C'est la même série. J'adopte le principe de la machine à remonter le temps. Natacha n'ira pas plus loin. La grand-mère n'a pas vécu en 1840. Je ne ferai pas non plus l'arrière-grand-mère et l'arrière arrière-grand-mère.

Vous avez déclaré à un rédacteur en chef de Spirou : « Je dessine vite mais je travaille lentement. » Rassurez-nous, devrons-nous attendre moins de quatre ans pour le prochain Natacha ?

Si on compte bien, le Natacha actuel a pris 3 ans et 2 mois. Quand je signe les planches, je mets toujours l'année où ça a été fait. J'ai commencé en décembre 2014 et j’'ai terminé en janvier 2018. Je ne travaille pas tout le temps. J'ai fait d'autres albums entre-temps. Il y a eu L'aviatrice avec Di sano par exemple.

 

 

 

© Borgers - Walthery -Di Sano - Paquet

 

 

Sur quelques planches ou quelques cases, on pense à Vol 714 pour Sydney. Vous êtes issu de l’école de Marcinelle, mais Hergé fait-il aussi partie de vos influences ?

Bien entendu. Hergé, c’est Dieu le Père de la bande dessinée belge, et même internationale. Tandis que Jijé, comme disait Tibet, c'est notre père. La ligne claire de l'école de Bruxelles, c'est un peu ennuyeux pour ceux qui n'aiment pas faire ça. Je préfère l'école dite de Marcinelle de Jijé, Franquin et tous ces gens-là. Aux studios Hergé, il y a eu des gens comme l'excellent Bob de Moor, Jacques Martin, Roger Leloup, ainsi que Jo-El Azara qui n’est pourtant pas de ce style-là.

Aïcha ressemble à une lointaine cousine du P’tit bout d’chique.

Oui, évidemment c'était pour le plaisir de faire ce moutard avec eux. Dans la version de Sirius, il y avait le petit Sheba avec Éric et Larsen. Mêler un enfant à une histoire est toujours bon. Ça rend plus dramatique certaines séquences. Ici, au lieu d'un petit garçon, j'ai fait une petite fille pour ne pas copier Sirius.
Aïcha a des cheveux un peu plus longs que le p’tit bout d’chique. Habillée comme elle l’est, ça passe. De même, Jane ressemble un peu à Rubine.

 

 

 

© Walthery - Marsu Production

 

 

Le P’tit bout d’chique est une série qui pourrait un jour revenir ?

Pour l'instant non, mais il est question d'une intégrale chez Dupuis. Il y a une histoire de 46 planches méconnue dessinée par Mittéï du P’tit bout d’chique en vacances. Il est question de la regrouper avec les deux premiers albums. Mais pour l'instant, les éditions Dupuis ont ralenti le rythme de parution des intégrales. Pour des raisons commerciales, ils privilégient les séries qui se vendent à coup sûr. Mais il est certain qu’il y a une intégrale prévue pour Le p’tit bout d’chique.

Y a-t-il déjà eu des projets de dessins animés ou de séries en live avec Natacha ?

Pas de dessins animés. Il y a eu des options au cinéma. Il y a même des contrats audiovisuels qui ont été signés. Le problème dans cette affaire est qu'il faut du temps pour le faire. Il est hors de question que je participe au casting. Et quand on va sur le terrain des gens du cinéma, on les ennuie.


Neuf adaptations sur dix sont des ratages. On l'a vu ces derniers temps, malheureusement. Une adaptation assez réussie est celle des Taxis rouges de Benoît Brisefer. Gérard Jugnot a porté le projet à bout de bras. À part le début pour la présentation des personnages, quand on suit le film avec l'album sur les genoux, l’histoire est respectée. Le scénario est très vif, mais le film est assez lent parce qu’il n'est pas formaté pour le cinéma. Ils auraient pu l'adapter autrement, mais ils ont été honnêtes et ont suivi le scénario.

Lire un nouveau Natacha, c’est comme lire un nouveau Scrameustache, un nouveau Tuniques Bleues, … C’est une délicieuse madeleine qui revient en bouche. Avez-vous conscience, lors de séances de dédicaces par exemple, de l’effet que vous faites sur les lecteurs maintenant quadras ou quinquas ?

Je vois bien les gens qui aiment ça. Je suis allé cette année à Angoulême dans la bulle du Para BD, pas dans la bulle des professionnels avec des bandes de fous qui se battent pour avoir des dédicaces.
J’ai des lecteurs fidèles que je vois un peu partout. Ils viennent de plusieurs pays. Il y a des allemands, des autrichiens, des français, des belges, ...  Ils connaissent tout de mon travail, plus que moi. C'est bien d'avoir un contact avec les gens. On peut parler avec eux pendant les séances de signature. Certains auteurs ne parlent pas en dédicaces, moi j'aime bien faire les deux à la fois. C'est plus amusant.

 

 

 

 

Photo © L. Meynsbrughen

 

 


Quand un nouveau Natacha sort, avec ou sans publicité, comme d’autres séries de l’école belgo-française, il y a un public qui saute dessus. Les libraires l'exposent en vitrine. On a la chance d'avoir une terrible longueur dans le métier, ce que malheureusement beaucoup de débutants n'ont pas. Les fidèles achètent, et parfois quelques nouveaux.

Vous avez eu la chance de bénéficier d'une époque où la presse était reine avant les albums, de travailler dans un journal et se faire la main.

La prépublication est toujours essentielle. Ceux qui lisent les journaux ou les revues n'achètent pas forcément les albums. Mais certains les achètent quand ils sortent après la prépublication, ou pendant, ce qui est maintenant souvent le cas.

Walter est fan de jazz. Walthéry aussi ?

Oui, évidemment. C'est souvent prétexte à discussion. Les fanatiques de jazz sont pointilleux. Ils aiment la musique mais pas les trucs que l'on nous impose à coup de matraquage.
On aime la musique. Point.

 

 

 

Walthery à l'harmonica  (photo © Jean-Jacques Procureur)

 

 

Pourquoi les couvertures de Natacha et le Maharadjah et Un trône pour Natacha ont-elles été refaites ?

J'ai eu l'occasion de les refaire à l'occasion de leur passage en édition cartonnée.
Dans l'édition brochée de Natacha et le Maharadjah, Natacha était aussi grande que le Maharadjah, alors qu'il représente le danger dans l'histoire. En accord avec l'éditeur et Thierry Martens, lors de la réédition cartonnée, j'ai refait la couverture. Le Maharadjah est toujours aussi grand mais Natacha et Walter sont dessinés en tout petit en train de crever de soif dans le désert. C'était beaucoup plus dramatique avec ce personnage beaucoup plus imposant.

Dans le cas du Trône, j'avais commis l'erreur de faire une couverture qui ressemblait un peu trop à la première avec un fond rouge, classique, où Natacha fait son métier. On devine les personnages principaux derrière mais ce n'est pas très important. Les gens pouvaient penser que c'était le premier qu’ils avaient déjà.  Les Danois, eux, avaient agrandi une case où l’on voit un revolver à l'avant-plan. J'ai repris cette couverture et l’ai refaite parce que le dessin était trop petit. À l'époque, on ne pouvait pas faire d'arme sur une couverture. Mais les rééditions ne passaient pas devant la commission de censure.

Que feriez-vous aujourd’hui si un de vos camarades de classe ne vous avait pas prêté ce numéro d’Héroïc Albums où vous avez découvert Félix de Tillieux ?

Sûrement le même métier. Je les aurais vues à droite ou à gauche de toute façon. C'était aux Beaux-Arts de Liège. À l'époque, j'ai racheté pour 8000 francs belges, ce qui n'était rien, l'ensemble de la collection Heroic albums venant d’une bibliothèque publique qui évacuait des collections de journaux.

 

 

 

Maurice Tillieux (© photo d'archives Walthery)

 


Maintenant, les éditions de l'Élan rééditent très proprement Félix. Ils font un beau travail et publient les 67 épisodes dans l'ordre. C'est une œuvre formidable qui était un peu laissée à l'abandon. Il y a eu plusieurs tentatives de rééditions mais le public ne suivait pas. Présenté par les éditions de l'Élan, ça se vend plutôt bien.

Vous avez travaillé avec une multitude de scénaristes. Est-ce un moyen de ne jamais se lasser ?

Oui, ça pourrait être ça. Mais il y a beaucoup de scénaristes aussi qui ont aimé travailler avec moi. Mon idée était de changer d'ambiance à chaque coup pour ne pas se répéter sans arrêt. J'ai quand même travaillé plusieurs fois avec Tillieux, Mitteï, Gos ou Sirius.

Sans faire de jaloux, y en a-t-il avec qui vous vous êtes senti plus en osmose ?

À peu près tous. Mais s'il fallait en choisir un, ce serait Tillieux. Avec Peyo aussi, c’était du beau travail. C’était un raconteur d’histoires aussi.
Mes scénaristes m'ont apporté des aventures avec des points de vue différents. J'ai toujours adapté mon dessin à l’ambiance du scénario. Avec Cauvin, le scénario était plus comique. Chez Sirius, on s'approche d'une forme de réalisme, mais pas trop quand même. J'ai tendance à faire différemment malgré tout.

 

 

 

Franquin, Walthery & Peyo ( © photo d'archives Walthery)

 

 

Comment est né l'album “Mambo à Buenos Aires” avec Renaud ?

Il est fan de Natacha. C'est un grand amateur de BD et de planches originales. On le voyait dans les séances de signatures. Il chantait quelque part et on le voyait abouler avec sa clique. On lui a demandé de venir chanter dessus. Il a accepté.
“Mambo à Buenos Aires” était un conte musical. Une BD avec un disque, ça ne se faisait pas à l'époque. Ni les libraires ni les disquaires ne savaient où le ranger. Mais on s'est bien amusé à le faire.

 

 

 

© Notes en Bulles

 

 

Il paraît que vous disposez encore dans vos tiroirs d'une troisième grande aventure de l'hôtesse de l'air signée Borgers "African Express".

Comme son nom l'indique, ça se passe en Afrique. C'est un futur scénario probable. C'est un original, ce n'est pas un remake.

Vous avez d'autres cartouches dans vos tiroirs ?

J'ai encore un Tillieux et un double de Dusart aussi. Mais le prochain que je fais est la fin de L'épervier bleu qui est en fait en trois albums. Je suis en train de le mettre en page.

 

Une monographie intitulée “François Walthéry, une vie en dessins” va paraître en Mars chez Dupuis-Champaka. En quoi cet album va-t-il être différent du Natacha & Co réalisé par Jean-Paul Tibéri en 1987 ?

C'est très différent. Une sélection de planches a été faite par Champaka. C'est un bouquin de près de 400 pages au format Aire Libre. Je vous conseille de ne pas le lire au lit, sinon vous avez mal au bras le lendemain. Ha, ha ! S’il vous tombe dessus, vous avez tout gagné. Ce sont des planches et des dessins chronologiquement classés que je commente, depuis mes débuts jusqu’à nos jours. Ils m'ont fait parler dessus.


Il y a une très belle préface de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault. Quand je l'ai lue, je les ai appelés pour leur dire que je n'osais plus sortir de mon bureau parce que la porte était trop petite.

 

 

 

© Walthery - Champaka - Dupuis

 

 

 


Les studios IMPS ont participé également en fournissant beaucoup de matériel de ce que j'avais dessiné chez Peyo sur Benoît Brisefer et les Schtroumpf.
C’est un livre très complet où l’on trouve des extraits de tout ce que j'ai fait.

 

 

 

 

Photo © Réginald Muller

 

 

Merci Monsieur Walthéry.

 

Propos recueillis par Laurent Lafourcade

 

 

 

Une vie en dessin

Genre : Roman graphique

Collection : CHAMPAKA BRUSSELS

Pages : 384 en couleurs

Prix : 55 €

Dimensions : 235 x 320 mm

Sortie le 15 mars 2019

ISBN: 9782390410041




Publié le 28/02/2019.


Source : Bd-best


Règlement de conte à Fairyland : OK qu’on râle

Sainte Marie, mère d’odieux, il fallait bien que ça arrive. Toutes les sucettes ont une fin… et un bâton dans les roues. Gertrude est morte, vive l’ex-reine… dont la punition infernale est de retourner à Fairyland, pays imaginaire plus vrai que nature qu’elle hait tellement. Même morte, voilà qu’on l’enpetitbeurre (hé oui, dans ce conte défait et ce décor de Candy Crush, on sucre les gros mots.

 

 

 

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Urban Comics



Résumé de l’éditeur : Après avoir instauré un règne de terreur à Fairyland pendant de si longues années, Gert a subitement pris la décision de changer de mode de vie et de devenir quelqu’un de bien. Un moyen, peut-être, d’effacer ses dettes karmiques et d’enfin rentrer chez elle. Sur le point de toucher au but, il n’aura suffi que d’un malheureux accident de sucette pour anéantir tous ses espoirs et finir six pieds sous terre, dans le royaume des Enfers dirigé par son ennemie jurée : Happy !

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Image Comics

 

Pour les six derniers épisodes (et un bonus, cinglant, qui anéantit le Image Comics Universe, dont les Walking Dead et Spawn) de sa saga fairytrash, I hate Fairyland, Skottie Young met les bouchées doubles et amène de nouveaux monstres (le diable !!!) et quelques retours fracassants (un dragon pas comme les autres et la Dark Cloudia « shifaitpeur »).

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Urban Comics

 

« La pire contre-attaque » et ce n’est jamais pour le meilleur, sauf pour le lecteur. Sans doute y’a-t-il toujours plus d’hémoglobine que de nitro-glycémie, mais le ton reste joyeux et fun, bubble-gum, sarcastique et irrévérencieux.

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Urban Comics

 

C’est fou et sous les couleurs dégoulinantes de Jean-François Beaulieu, les contes et leurs personnages de plus en plus agaçants font leur crise de foi. Et nous, de foie. Pourtant, on aurait bien repris un gros morceau de ce gâteau gâteux et qui fait péter les bougies dans une explosion de saveurs immorales.


Heureusement, la fin n’en est pas tout à fait une et Skottie Young laisse entendre qu’il pourrait y avoir des prolongements par mini-séries ! Et on a envie d’y croire. Pourtant, on ne croit plus du tout aux « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Urban Comics

 

 

Alexis Seny

 

Série : I hate fairyland

Tome : 4 – La pire contre-attaque (#16 – #20 + FCBD new edition)

Scénario et dessin : Skottie Young (Facebook)

Couleurs : Jean-François Beaulieu

Traduction : Julien Di Giacomo

Genre : Parodie, Conte de fée, Horreur

Éditeur : Urban Comics

Collection : Urban Indies

Éditeur VO : Image Comics

Nbre de pages : 168

Prix : 15,50 €



Publié le 27/02/2019.


Source : Bd-best


Les 11ème Rencontres de la BD à Longvic

L'édition 2019 des Rencontres de la BD de Longvic ( Ville de Dijon Métropole ) a pour thème «Retour aux années 80’ » et est parrainées par Lapuss’

Comme à chaque édition de cette biennale, une trentaine d'auteurs sont conviés à ces rencontres sous le signe de la fête aux 9ème art et à ses "artisans - artistes" ! Le programme des réjouissances s'installe : expositions, interventions dans les écoles, ateliers, conférence pro, échanges et dédicaces, BD concert, remise de prix, soirée inaugurale ... Le tout dans un esprit ouvert aux familles et aux non spécialistes en plus des amateurs éclairés du 9e art.

Les auteurs invités : Baba, Baloo, Jean Barbaud, Laurent Battistini, Didier Bontemps, Pascal Bresson, Michel Burdin, Paul Drouin, Pierre Glesser, Elizabeth Holleville, Eric Ivars, Marc Jakubowski, Josepe, Julie_M, Lapuss, Franck Margerin, Armelle Modéré, Marie Moinard, Marie Morgane, Greg Newman, Fragan Paunovic, Laura Perez, François Plisson, Romain Pujol, Isa Python, Eric Rückstühl, Shalinka, Tartuff, Tiffanie Vande-Ghinste, Charline, Séverine Treffouel, Mayana Itoïz ...

Soirée inaugurale animée par Nostalgie à l'espace Jean Bouhey de Longvic le Vendredi 29 Mars à partir de 19h30, petite restauration sur place.

Dédicaces de 10h à 18h samedi 30 mars 2019 de 10h à 17h dimanche 31 Mars 2019 Entrée Gratuite
renseignements : Direction de l'action culturelle au 03 80 68 44 07

Lieu : Espace Jean Bouhey

Contact : par tél +33(0)3 08 68 44 07  par mail   culturel@ville-longvic.fr ville-longvic.fr/

Web :  www.facebook.com/villelongvic/


Pays : France

Date de l'événement : du 30/03/2019 au 31/03/2019.

Publié le 27/02/2019.


Source : Bd-best


Quelque part dans l’espace, Adrián a retrouvé L’orphelin de Perdide de Stefan Wul : « La science-fiction est exigeante avec le lecteur »

Il y a une vie après la mort. Et quelques monstres sacrés des mots et de la littérature nous le rappellent bien souvent au fil des adaptations qu’ils inspirent. Stefan Wul nous a quittés il y a une quinzaine d’années, pourtant il continue d’être très présent dans l’inconscient collectif et la culture populaire. Et notamment en BD : il y a au sein du label Comix Buro quelques héritiers indéfectibles pour remettre au goût du jour (si besoin était) et à leur mode les mondes que l’écrivain français a imaginé. Nouvelle preuve est donnée avec L’orphelin de Perdide qu’adaptent avec brio et éclat Régis Hautière et Adrián. Un dessinateur espagnol francophile que nous avons rencontré à la Foire du Livre de Bruxelles.

 

 

 

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

Bonjour Adrián, vous nous revenez avec un double-album de science-fiction, L’Orphelin de Perdide. Un roman de Stefan Wul que vous avez adapté avec Régis Hautière.

Somme toute logique, j’ai commencé par lire cette histoire courte – elle se lit en un jour. Sans doute y’avait-il trop peu de matière pour trois tomes et trop pour un seul. Du coup, on a divisé en deux. On n’en a pas vraiment discuté, ça s’est fait assez naturellement.

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

Régis Hautière, vous le connaissiez ?

De nom. C’est sur Facebook – où tout le monde est connecté – que nous avons noué contact. Puis, j’ai eu la chance de le rencontrer en Espagne, on a pu discuter, se connaître un peu et voir que le courant passait assez que pour collaborer et passer des heures à lui donner vie.

La BD, vous vous en êtes tenu éloigné pendant quelques années, entre 2014 et 2018. Pourquoi ?

Je savais qu’il y avait eu une interruption mais je ne savais plus dire quand exactement. Cette période correspond à mon boulot d’animation pour Ankama. Je faisais du storyboard mais également plein d’autres choses, du characdesign, de la recherche pour des affiches pour le film Dofus. Puis pour le film Wakfu. Un univers que je connaissais puisque j’avais travaillé sur la série BD Wakfu Heroes. J’avais créé des personnages qui sont revenus en animation. Je me suis vraiment retrouvé chez moi, aux côtés de gens que je ne connaissais pas mais dont j’admirais le travail.

Ce que vous y avez appris a-t-il servi dans L’Orphelin de Perdide ?

On m’a dit que ça se voyait que je venais de l’animation. Mais si j’ai étudié cette matière, je n’avais jamais vraiment exercé. J’ai appris plein de choses : le dynamisme, le cadrage, la façon de construire une esthétique mais aussi de penser en ambiance à chaque fois. Tout ce que tu apprends dans un domaine sert à l’autre.

Comment avez-vous abordé l’univers de Wul, du coup ?

J’ai appris qu’il y avait un film d’animation, donc je l’ai regardé. Avec des dessins de Moebius. C’était super-fou. Mais, à choisir, le roman m’a mieux plu. Plus profond, plus existentiel.

Faire de la science-fiction, ça vous botte ?

Carrément ! J’ai toujours aimé ce genre même si je me suis plus retrouvé dans la fantasy. Quand j’étais plus jeune, tout ce qui était labellisé s-f, je l’ai dévoré, sans filtre. C’est un genre qui est exigeant avec le lecteur.

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

Vous avez vu le film Les maîtres du temps, donc. Mine de rien, cela ne met-il pas des images en têtes qui pourraient entraver le pouvoir de création au moment de dessiner la BD ?

Inconsciemment, je crois que j’ai ignoré ce que j’avais vu. Mais comme Moebius est un de mes auteurs favoris, j’ai tendance à vouloir penser comme lui. Sa façon de faire était déjà dans mes gènes. C’est pourquoi j’ai fait plein de characdesign, j’ai créé plein de personnages, j’ai mis beaucoup de temps à trouver. Pour m’apercevoir, une fois cette étape terminée, que le perso et le design que j’avais choisis étaient très semblable à l’affiche du film. Mais, en toutes circonstances, je crois qu’il faut toujours faire son truc à soi !

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

Comment crée-t-on un héros ?

Olivier Vatine et moi, on le concevait très différemment, justement. Ce fut un combat d’idées, chacun avec ses arguments. Certains ont été validés, d’autres pas. S’il y avait un élément à respecter, c’était les cheveux bleus que portent le personnage principal, Max. Plutôt cool d’ailleurs.

 

 

 

 

© Adrián

 

Il y a un peu de Kurt Russel, là dessous, non ?

Oui, mais j’ai aussi pensé à Albator, le pirate de l’espace. Pour le reste, je ne voulais pas qu’il ait la peau blanche. Dans le roman, Max est d’ailleurs décrit comme étant black. Il était hors-de-question que je fasse du white-washing. Du coup, s’il n’était pas possible de le faire noir, je lui ai donné un côté Gipsy. En plus, j’adore la BD de Marini, dure et sexy.

 

 

 

 

© Adrián

 

Il y a des animaux, aussi, de science-fiction.

Et, face à eux, c’est le moment d’inventer. Le monde est différent, il faut l’habiter. Du coup, je me suis mis à chercher des insectes que je pouvais combiner, rendre monstrueux. Ce n’était pas très agréable. J’ai détesté ça !

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

Cela valait bien un petit remontant. Heureusement, il y a l’Incal, le bar rempli de truands, qui a des airs de Cantina de Star Wars.

C’était l’idée de Régis, ça, un bel hommage à Moebius et sa série. Pour le créer, j’ai passé en revue plein de bars futuristes. Puis, comme j’ai beaucoup joué à Starcraft. Ça m’a servi.

Il est question, dans ce diptyque, de voyage dans le temps et l’espace. Et vous, vous iriez où ?

J’y ai beaucoup pensé, j’irais dans le passé, pas trop loin, les années 60-70. Mais le passé peut être très dangereux. Tant pis, j’irais bien aussi visiter l’aube des temps, les dinosaures.

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

Comment avez-vous élaboré les couvertures ?

Pour le tome 1, c’est une proposition d’Olivier Vatine. Il est super-fort ! On est tombé sur une case du tome 1, c’était la couverture, avec le vaisseau dans le fond. C’est plus contemplatif. Celle du tome 2, est plus dans l’action, dans la tradition pure de la s-f, avec une sensation plus classique.

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

La fin du tome 2, en une planche, change toute la perception de l’histoire. C’est bluffant. Sans elle, tout chute. Ça met la pression, non ?

La fin est très surprenante, c’est vrai. Mais n’en disons pas plus. C’est vrai que j’ai eu un peu peur. Mais c’est logique, ça a du sens.


Il y a de l’énergie dans votre trait. Comme souvent chez les dessinateurs espagnols.

Je ne sais pas s’il y a des caractéristiques communes. Munuera est devenu un ami. On s’est connu via internet. C’est un maître. Quand j’ai commencé, il m’a proposé de venir chez lui, un jour par semaine, pour m’exercer, apprendre. Je pense que mon trait est tout de même plus manga, plus comics.

Comment se porte la BD en Espagne ?

C’est un marché qui aime les adaptations, acheter les titres qui ont bien fonctionné. Nous produisons très peu, et sommes très mal payé. Certains auteurs très connus peuvent le faire, prendre le risque. Puis, force est de constater que les Espagnols lisent très peu, tant en BD qu’en littérature classique.

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

Et vous ?

Quand j’étais petit, on lisait beaucoup plus, en Espagne. Notamment, le TBO, une revue qui rassemblait différents séries. Puis il y avait les histoires pour enfants ans les journaux. Les enfants lisaient beaucoup plus, c’était avant la télé, les jeux vidéo, avant What’s App. Moi aussi, je suis depuis tombé dans la technologie, j’en ai un peu honte. C’est sûr que lire, c’est bien plus exigent que de regarder des séries ou d’être sur Facebook.

Puis, il y avait Mickey, Donald, l’univers Disney, un peu partout. Dans les Peliculas qui venaient d’Italie. Un format très gros, avec plein d’histoires, qu’il fallait une semaine pour l’épuiser. Très tôt, j’ai aussi adopté Dragon Ball. Toutes les semaines, je devais l’avoir. Jusqu’à ce qu’il n’arrive pas, une fois. J’en ai été malade. Dans ma maison, il y avait aussi Astérix et Tintin, des albums récoltés et donnés via diverses opérations.

 

 

 

 

© Hautière/Adrián chez Glénat/Comix Buro

 

Les années sont passées, j’ai aussi adhéré à Fluide Glacial. J’étais un peu petit mais je finissais toujours mort de rire devant Edika. Dans les années 80, Metal Hurlant arrivait aussi jusqu’à nous. Plus adulte et avec un coup de foudre : Moebius.

Mon père adorait la France, il y avait travaillé, du coup, il en ramenait des BD.

Qu’est-ce qui vous attend, maintenant ?

J’ai différents projets mais n’ai rien signé. Avec d’autres scénaristes. Le projet que je travaille pour le moment me permet de revenir dans la fantasy.

Si, j’ai une autre actualité, une collaboration pour le huitième tome de Magic 7 de Kid Toussaint, aux côtés de Mathieu Reynes, Jose Luis Munuera, Kenny Ruiz et Noiry.

Merci beaucoup Adrián et belle odyssée de l’espace !


propos recueillis par Alexis Seny

 

Série : L’orphelin de Perdide

D’après le roman de Stefan Wul

Tomes : 1 – Claudi; 2 – Silbad

Statut : Terminé

Scénario  : Régis Hautière

Dessin et couleurs : Adrián

Genre : Science-fiction

Éditeur : Glénat/Comix Buro

Nbre de pages : 54

Prix : 14,50€



Publié le 27/02/2019.


Source : Bd-best


Événements Glénat au Salon Livre Paris

Les éditions Glénat vous donnent rendez-vous au Salon Livre Paris.

Créé en 1981 par le Syndicat national de l'édition, le Salon du livre de Paris, devenu Livre Paris en 2016, est une manifestation consacrée au livre et à l'écrit, organisée au parc des expositions de la porte de Versailles.

Le programme :

VENDREDI 15 MARS 2019

14h00-15h00

L'heure limite: La BD : une machine à stéréotypes ?

L’époque actuelle est au combat contre les discriminations, qu’elles soient racistes, sexistes, homophobes, antisémites, etc. Dans quelle mesure la bande dessinée, elle-même grande productrice de stéréotypes, favorise-t-elle ou au contraire déconstruit-elle leur perpétuation ?

Avec THIMOTHÉ LE BOUCHER (Ces jours qui disparaissent)

16h00-17h00

    
Le Grand Portrait: Yslaire : le chantre du romantisme

Créée il y a 33 ans, la série la Guerre des Sambre écrite par Yslaire, est semblable à une cathédrale dont il ne manque que les dernières pierres. Cette série raconte l’histoire d’une malédiction qui couvre plusieurs générations au cours de neuf tomes et de nombreuses séries dérivées. Elle est littéralement « un roman d’apprentissage ». Yslaire fait de cette bande dessinée une métaphore de son existence.
Avec YSLAIRE (Sambre)


SAMEDI 16 MARS 2019

14h00-15h00

L'heure limite: Le retour des Pères La Pudeur

Plaintes contre des ouvrages, pressions sur les réseaux de distribution, censure normalisée des GAFA et le « politiquement correct » imposent de nouvelles règles. Quelles sont-elles ?
Avec entre autres, CELINE TRAN éditrice de la collection Porn’ Pop


DIMANCHE 17 MARS 2019

11h00-12h00

Tendances: Gangsta Fascination

C’est une des tendances de l’année 2019, l’apparition de scénaristes ayant évolué dans des milieux interlopes : enquêteurs infiltrés dans la mafia, compagnons de route de yakuzas, anciens « mauvais garçons » ou juges antiterroristes. Tous rapportent leurs expériences, l’inspiration s’en trouve-t-elle renouvelée ?
Avec OLIVIER BERLION (Agata)

12h00-13h00

    
Face A/Face B: Le champ fertile de la BD de reportage

Avec des revues comme XXI, La Revue Dessinée ou Topo, des auteurs comme Joe Sacco, Étienne Davodeau, ou Mathieu Sapin, la BD de reportage a acquis ses lettres de noblesse. Deux BD-reporters échangent leur expérience dans ce domaine.
Avec FRANCOIS VIGNOLLE (Les Bijoux de la Kardashian )

15h00-16h00

    
Tendances: Manga made in France

Quand de jeunes auteurs français dessinaient dans le style des mangas, les amateurs esquissaient un sourire un peu méprisant. Jusqu’au jour où les ventes des « global mangas » commencèrent à rivaliser sinon à dépasser bon nombre celles de bon nombre de mangas japonais. Dans quelle mesure ces créations sont encore des mangas ? Est-ce une mode, une tendance de fond ou un effet des frontières abolies ?
Avec KALON (Versus Fighting Story)

16h00-17h00

Le Grand Portrait: Jacques Glénat : 50 ans d'éditions

Jacques Glénat célèbre cette année ses cinquante ans d’édition. En 1969, à dix-sept ans, il fonde Les Cahiers de la bande dessinée, revue de référence toujours en activité. C’est la première étape d’un travail de valorisation de la BD qui porte ses fruits. Glénat devient par la suite un des éditeurs les plus importants de son époque, pionnier dans le domaine de la bande dessinée pour adultes, précurseur de l’édition de manga en France et découvreur de Titeuf.
Avec JACQUES GLÉNAT

RENCONTREZ LES AUTEURS EN DÉDICACE :

Alfio Buscaglia
Malo Kefrieden
Grégory  Mardon
Stéphane Betbeder
Gregory Charlet
Mr Fab  
Patrick Mallet
Olivier Berlion
Bernard Hislaire

LES AUTEURS JEUNESSE :

Stan Manoukian
Roland Garrigue

LES MANGAKA :

Kan Takahama
Vanrah
Kalon


Pays : France

Date de l'événement : du 15/03/2019 au 08/03/2019.

Publié le 27/02/2019.


Source : Bd-best


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