On ne choisit pas sa famille, et encore moins sa mère. La fée assassine
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On ne choisit pas sa famille, et encore moins sa mère.  La fée assassine

 

«  - Bonjour, Mlle Duroy, Maître Garelle. Votre compagnon, le Dr Duval, m’a demandé de vous défendre dans cette terrible affaire. La première chose que je dois savoir, c’est si vous reconnaissez les faits pour lesquels vous êtes accusée ?

-   Oui, je les reconnais.

-   Les avez-vous prémédités ?

-   Bien sûr que non !

-   Que s’est-il passé ?

-   Je ne sais pas.

-   Comment ça vous ne savez pas ?

-   Non, je ne sais pas. Les choses sont enfouies en moi depuis tant d’années… »

 

 

 

 

 


 

Paris, décembre 2006, Fanny est en garde à vue. La jeune femme a commis l’irréparable, le soir du 24. Mariée à Thibault, un médecin ce soir là de garde, Fanny semblait avoir tout pour être heureuse. Pourtant, entre un père absent et une mère toxique, les blessures de jeunesse sont profondes. Sa sœur Tania, elle l’aimait sa sœur Tania. Et cet amour était réciproque. Malgré les différences d’affection de leur mère, cette dernière ayant une préférence revendiquée pour Tania, les deux sœurs ont toujours été fusionnelles. Alors, que s’est-il passé ce soir là ? Quel événement a déclenché le drame ?

 

 

 


© Grenson, Roge – Le Lombard

 

 

La fée assassine commence comme un thriller : un commissariat, un interrogatoire, une femme éclaboussée de sang. On ne sait pas vraiment ce qu’il s’est passé. Très vite, on se rend compte qu’on ne va pas être plongé dans une enquête policière banale, mais dans un drame psychologique profond. A la manière d’un thérapeute, la scénariste Sylvie Roge creuse les failles pour nous inviter dans les cicatrices morales de Fanny, meurtrissures d’enfance, qui ne se sont jamais refermées et qui, pour cause, ne peuvent pas être guéries parce que le mal est encore là. On ne choisit pas sa famille, et encore moins sa mère. S’il y a des gens toxiques, il y a des gens vénéneux. La mère de Fanny est une amanite à la personnalité complexe, bourreau elle-même meurtrie.

 

 

 

 

© Grenson, Roge – Le Lombard

 

 

Souvent, dans les histoires de gemmelité, l’une ou l’autre d’entre elles prend l’ascendant. Ici, les liens sont étroits. Il n’y a rien de malsain entre les deux jumelles. A une filiation compliquée, les auteurs opposent une relation bienfaisante et fusionnelle entre Fanny et Tania. Roge et Grenson ne signent pas une « simple » œuvre de fiction. Ils ont mis aussi beaucoup d’eux au travers des personnages de l’oncle et de la tante des jumelles.

 

Dans un découpage aéré, Olivier Grenson donne une place primordiale aux visages. Les regards, tristes, haineux, joyeux aussi parfois car il y en a dans toutes vies, aussi malheureuses puissent-elles être, suffisent pour tout comprendre. On pourrait presque suivre toute l’histoire sans rien lire. Impressionnant. 

 

 

 

 

 


© Grenson, Roge – Le Lombard

 

 

Au milieu de nuances à mi-chemin entre le gris et le sépia, Grenson pose des touches de rouge : du sang bien sûr, un manteau, des ballons, du vin…et des boules de Noël. Le dessinateur de Niklos Koda pense chacune de ses planches. Ce sapin qui clignote page 10, pourquoi cette planche ? Dans un écho en fin d’album, elle prend une autre dimension.

 

Entre Garde à vue de Claude Miller et Les liens du sang de Claude Chabrol, La fée assassine est un thriller psychologique dont les personnages puissants joués par des acteurs de choix ferait un excellent film.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : La fée assassine 

 

Genre : Thriller psychologique 

 

Scénario : Sylvie Roge

 

Dessins & Couleurs : Olivier Grenson 

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 192 

 

Prix : 22,50 €

 

ISBN : 9782803676200

 



Publié le 19/02/2021.


Source : Bd-best

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