Polar noir pour Lune bleue. Pigalle, 1950
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Polar noir pour Lune bleue.  Pigalle, 1950

 

« - Qui c’est celui-là qui baie aux corneilles ?

- Tu le reconnais pas ? C’est Antoine, notre homme à tout faire.

- Ah ouais…

- Et pourquoi pas lui ?

- D’où il sort ?

- De nulle part. Personne ne le connaît. Il ne connaît personne. Et vous avez besoin d’un quatrième homme pour faire le guet. Au cas où.

- Il faut réfléchir.

- Réfléchissons. »

 

 

 

 

 

 


                Pile le jour de ses dix-huit ans, Antoine, dit Toinou, quitte sa campagne pour la capitale. Nous sommes en 1950 et le jeune homme a tout plaqué pour venir travailler à Paris. Alric, le cousin bougnat, l’attend. Toinou va travailler comme charbonnier. Dès demain, il va livrer en boulettes La lune bleue, l’un des cabarets les plus connus de Pigalle. Il y est accueilli par Poing-Barre, homme à tout faire de l’établissement : aboyeur, videur, veilleur, et même nettoyeur. Le patron, c’est le Beau Beb. Antoine va régulièrement se retrouver à livrer, entre autres des bouteilles d’alcool, à la Lune Bleue. Ce ne sont pas que des filles qu’il va croiser là-bas. Antoine y rencontre le grand banditisme, les truands pour qui la vie de leur ennemi n’est rien à côté d’une valise de billets.

 

 

 

 

© Arroyo, Christin - Dupuis

 

 

                Dans une narration très polar américain avec des cartouches à la première personne du singulier, Pierre Christin fait de Toinou un narrateur homodiégétique. Le lecteur partage son point de vue tout au long de l’album. Christin rend hommage a une époque révolue et à un genre que l’on aurait pu croire éculé. Les bandits parisiens s’opposent aux bandits corses. Les tontons flinguent, mais ceux-ci ne font pas rire. Ils sont bien trop réalistes. Christin invite Georges Simenon et James Ellroy dans son Paris libéré mais gangréné par la pègre.

 

 

 

 

© Arroyo, Christin - Dupuis

 

 

                Jean-Michel Arroyo délaisse les avions de Buck Danny pour un voyage parisien dans les années 50. L’album est tout en niveaux de gris, comme pour mieux nous immerger dans l’époque. On a l’impression que, comme c’était le cas autrefois à la télévision, le monde était en noir et blanc. De Montmartre au Boulevard de Clichy, du Sacré Cœur au Moulin Rouge, Arroyo recréé les rues, les places, les ambiances. Une danseuse aux seins nus se maquille en loge devant un miroir bordé d’ampoules. Des hommes en costumes préparent un mauvais coup autour d’une table devant leurs whiskies. Et puis une effeuilleuse, et puis un combat de catch. Pigalle, 1950, on ne le lit pas, on y est. Le cinéma Gaumont Palace, le Museum d’histoire naturelle, le cirque Médrano, les usines Citroën Quai de Javel, le café de Flore, le parc des Buttes-Chaumont, l’île Saint-Louis, les usines à gaz de la Plaine-Saint-Denis et le Pont-Royal se retrouvent sublimés dans un portfolio final qui parfait l’album.

 

 

 

 

© Arroyo, Christin - Dupuis

 

 

                Suivez Antoine dans les rues de Pigalle. Vous y croiserez des girls et des brigands dans une histoire signée par deux grands auteurs de bande dessinée.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Pigalle, 1950

 

Genre : Polar 

 

Scénario : Pierre Christin

 

Dessins & niveaux de gris : Jean-Michel Arroyo 

  

Éditeur : Dupuis

 

Collection : Aire Libre

 

Nombre de pages : 152

 

Prix : 25,95 €

 

ISBN : 9791034737697

 

 

 



Publié le 26/06/2022.


Source : Bd-best

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