Rencontre avec Gérard Viry Babel
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Rencontre avec Gérard Viry Babel

Après avoir été un des piliers du journal Pilote aux côtés de Goscinny, puis après avoir participé à la création de l'Echo des Savanes, Gotlib monte en avril 1975 son propre journal, avec le succès qu'on connaît. Ainsi est né Fluide Glacial. Ce livre raconte cette belle histoire, en se focalisant sur l'oeuvre de Gotlib (BD, dessins, éditos, inédits, et beaucoup d'autres choses).

A l'occasion de la sortie chez Fluide Glacial de l'album "Gotlib et toute cette sorte de choses, nous sommes partis à la rencontre de que l'on connait déjà pour la création d'un Hors-Série spécial 80 ans de Marcel Gotlib et responsable de la direction du présent ouvrage édité le 18 juin dernier.

 

Bonjour Monsieur Viry Babel. Tout d'abord, pour nos lecteurs, décrivez nous s'il vous plaît votre parcours dans le neuvième art.

Bonjour Monsieur Gilson !
Mon parcours dans le 9è art est d’abord –et avant tout- celui d’un lecteur de bédé lambda. A ceci près que j’ai eu la chance d’avoir des parents très ouverts et cultivés qui ne nous interdisaient aucune lecture. J’ai donc lu simultanément Tintin, Gaston, les schtroumpfs ou Astérix et Gotlib, Edika,  Goossens et d’autres. Venant du monde cinématographique (j’ai travaillé longtemps dans une cinémathèque) j’ai atterri par accident à Fluide suite au décès Brutal d’un ami, Dylan Pelot, un jeune collaborateur de fluide dont je suivais le travail. Yan Lindingre, le rédac’chef de Fluide m’a proposé de mener au bout son travail quasi achevé et de publier son premier ouvrage « Les grands succès du cinéma introuvable (sorti début 2014).


Quelle est l’origine de votre intérêt pour Gotlib ?


Comme je l’ai dit plus haut, je l’ai lu très jeune, et j’étais un afficionado de Fluide dès l’âge de huit ans. C’est toujours Yan Lindingre, dans la foulée de mon travail pour Dylan Pelot qui m’a demandé si j’étais intéressé pour prendre la rédaction en chef du numéro spécial « Pilote-Fluide Glacial Spécial Gotlib » à l’occasion de ses 80 ans cette année. Après une réflexion intense d’un quart de seconde j’ai hurlé que « Yaahrgll, oui, un peu que je veux bien ! ». Après ce hors série, j’ai enchaîné sur « et toutes ces sortes de choses » qui était un ouvrage en préparation à Fluide. Puisque j’étais déjà dans Gotlib…


Quelle à été votre méthode de travail pour la recherche dans les archives de Fluide?


Je suis assez méthodique et méticuleux. Déformation professionnelle de mon ancienne vie. J’ai aussi puisé dans mon apprentissage universitaire. J’ai retrouvé les reflexes que j’avais lorsque je faisais mes recherches en histoire du cinéma au temps lointain où j’étais étudiant. Concrètement, j’ai compilé le plus pertinemment possible les numéros de Pilote et de Fluide, en essayant de retrouver, non pas forcément l’ « inédit-oublié-jamais republié» de Gotlib, mais plutôt les éléments les plus marquants de sa carrière. Je m’étais défini  une ligne éditorial particulière qui a guidé mes recherches (pour le Pilote-Fluide : raconter Gotlib, l’évolution de son trait, de son œuvre par son dessin et par ses représentations de lui-même, pour « et toutes ses sortes de choses » mon corpus était concentré sur fluide, sa baisse de production dessinée au profit de l’écrit et de la direction du journal)

 

 

 

 



Y avez-vous trouvé des articles rares, des inédits qui seraient impubliables à notre époque, que pouvez-vous nous révéler?


J’ai retrouvé quelques bricoles, mais rien qui ne soit pas publiable aujourd’hui.


Dans le recueil "Gotlib et toutes cette sorte de choses", nous découvrons après la préface de Léandri, votre introduction. Quelle à été votre niveau de participation dans cet album?


Je suis, comme on dit le directeur d’ouvrage sur ce livre. J’en ai dessiné les grandes lignes, les choix éditoriaux, en collaboration étroite avec Vincent Solé (l’éditeur) et Philippe Landaret, le directeur artistique de Fluide qui a donné « sa couleur » à l’ensemble car il n’était pas facile de faire cohabiter de manière cohérente des éditos, des petits dessins des planches de Gotlib et d’autres auteurs sur des scénarios de ce dernier. J’avais – il va sans dire- préalablement exposé mes idées à Marcel Gotlib.

 
On y découvre quelques planches de Franquin, avez-vous quelques détails encore inconnu à nous faire découvrir aux sujet de ces deux grands maîtres dans leur période de collaboration à Fluide Glacial ?


Oui : Franquin avait deux verrues plantaire sur le genou gauche, et Gotlib chantait la Traviata quand il dessinait la coccinelle. ;) Plus sérieusement, il y avait une relation forte entre Franquin et Gotlib. Ce dernier était extrêmement fier d’avoir pu publier dans son journal les  « idées noires », le chant du cygne de Franquin, et de le compter parmi ses collaborateurs. Il considérait Franquin –à juste titre- comme un maître. D’ailleurs il raconte souvent comment, jeune dessinateur débutant sa carrière, il faisait ses gammes en recopiant Spirou dans sa mansarde.


Gérer le double emploi de rédacteur chez FLuide et la direction d'un hors-série de Pilote, une expérience aisée ou difficile ?


Le Hors Série était une véritable collaboration à part égale de Fluide et Pilote. Le fait d’être chez Fluide n’a absolument pas impacté les relations avec Dargaud. Les conditions de travail ont été idéales –pour ne pas dire rêvée. Alors que j’étais un néophyte dans le métier, on m’a accueilli de part et d’autre comme un collaborateur lambda. C’était une première pour moi dans l’édition, et à aucun moment on ne m’a surveillé, ou chaperonné. C’était une expérience unique, j’y ai appris énormément, et j’en remercie encore aujourd’hui Philippe Ostermann et Yan Lindingre qui m’ont fait confiance dès le début et sur toute la ligne.

 

 

 

 

Revenons à "Gotlib, Gai Luron de 80 balais", quelle à été la source de l'idée à créer ce hors-série ?

 
C’est Yan Lindingre qui a eu l’idée de ce « cross-over » entre Pilote et Fluide. Ce devait être au départ un Hors Série de Fluide Glacial. Lindingre est un rédacteur en chef extraordinaire, qui a 10000 idées à la minute, et qui ne se ménage pas dans sa mission à la tête de Fluide.


Que pouvez-vous nous dire de plus à propos de Marcel Gotlib ?


Quand je l’ai rencontré chez lui, avec Lindingre et Vincent Solé, Il nous a mis « Stink foot » de Franck Zappa à Fond sur son ordi, en nous disant « tiens, écoute ça, ça déchire, non ? ». Ce Gotlib quand même, quel type !


Quels sont vos projets dans un futur proche?


Je prépare avec Fluide Glacial un hors série qui célèbrera ses 40 ans (1975-2015). Je suis né la même année que le journal. Je me prépare mon propre cadeau d’anniversaire !

 

 

 


 

 

Interview © BD-Best - Gilson 2014

Images © Fluide Glacial

Photo © Pierre Mathis



Publié le 24/06/2014.


Source : Bd-best

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