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Pascal Bresson et René Follet se sont associés pour l'adaptation en BD de l'Affaire Dominici à paraître chez Glenat en septembre 2010. Jean-Jacques Procureur est allé à la rencontre de Pascal Bresson qui nous parle non seulement de cet album en question mais également de plusieurs projets dont un de taille en collaboration avec Nicolas Hulot que nous avons la joie d'interviewer dans un autre article. Pour commencer nous survolerons la carriere de Pascal bresson pour ensuite entrer dans le vifs des sujets.
Jean-Jacques Procureur : Peux-tu nous raconter en quelques lignes ta biographie ?
Pascal Bresson : Je suis né à Reims, le 22 décembre 1969. Marié, père de trois enfants. J'habite actuellement la Bretagne. J'ai découvert les enquêtes de Ric Hochet de Tibet et d'A.P Duchâteau dès 5 ans dans les pages du journal Tintin. A 11 ans, je me suis échappé de chez moi, un soir, pour rencontrer mon idole Tibet qui venait dédicaçait son dernier album à Reims. A 15 ans, lors du Festival du Film et du Roman Policier de Reims, je passais 3 jours formidables en compagnie de Tibet. Ce dernier m'apprit à dessiner Ric Hochet sous toutes les coutures et me prodigua ses meilleurs conseils, comme l'avait fait Hergé pour lui. La même année, je rencontrais une autre personne exceptionnelle; René Follet. Ayant une grande admiration pour ces deux « Maîtres », je pris la décision de devenir moi-même dessinateur. Tibet et René Follet sont mes « papas de métier ». En pur autodidacte (je n'avais pas le Bac pour entrer aux Beaux Arts), je dessinais chez moi comme un fou. J'envoyais pendant de longues années mes travaux à Tibet qui me les corrigea toujours avec gentillesse. Par la suite, j'ai eu la chance de croiser sur mon chemin, d'autres professionnels, devenus des amis, comme Mohamed Aouamri, François Plisson... Tous ces auteurs combinés m'apprirent : la rigueur, la modestie, la régularité et le travail bien fait... C'est important pour les jeunes débutants de rencontrer dès le départ les bonnes personnes. Ce sont des moteurs de patience et de bons conseillers, et surtout, ne jamais se décourager, toujours avoir la foi et ne jamais hésiter à montrer ses travaux aux grands de ce métier...
JJP : Te souviens-tu de tes débuts professionnels ?
P B : J'ai commencé à publier dès l'âge de 12 ans dans le quotidien régional de presse L'Union. J'illustrais les articles de presse et faisais des portraits au tribunal de Justice de Reims. Mon travail était médiocre et maladroit, mais le rédacteur de l'époque, me faisait confiance et tenait absolument à me donner ma chance. Chemin faisant, je réussissais à placer mes BD dans divers fanzines et quelques planches dans le journal « A Suivre » chez Casterman... Je suis devenu papa à 19 ans ! Et à ce moment, j'ai pris une autre direction, celle d'illustrateur de livres pour enfants ! A ce jour, j'ai illustré 25 livres et j'ai écrit 6 livres pour la jeunesse chez divers éditeurs : Nathan, Hemma, Tournesol, Ouest-France, Chadoré... Mais je me souviens de mes débuts très laborieux ! J'en ai vraiment bavé ! En plus, il me fallait gagner de l'argent pour nourrir la famille, j'ai dû alors bosser des jours, des nuits pour présenter un travail correct et gagner la confiance des éditeurs... Je n'aimerais pas revenir en arrière, car j'ai vécu des moments difficiles, des moments de doutes... J'ai surtout mal vécu le fait que mes parents ne m'ont jamais soutenu et toujours mis des bâtons dans les roues ! D'ailleurs, je devais avoir 13 ans, Mohamed Aouamri (dessinateur de la Quête de l'oiseau du temps), avait eu la gentillesse de téléphoner à mes parents afin de leur expliquer combien il était important pour moi de faire ce métier, car j'avais la passion et surtout la motivation pour aller jusqu'au bout ! Ils ne l'ont pas écouté ! J'ai dû me débrouiller seul ! Comme quoi, quand on veut on peut...
JJP : Après l'illustration pour la jeunesse, tu reviens donc à tes premiers amour, la BD en tant que scénariste. Pourquoi ce choix ?
P B : J'ai toujours aimé raconter des histoires. J'en regorge plein la tête et mes tiroirs en sont remplis. En même temps, le fait d'avoir dessiné sur de grandes surfaces pour l'illustration, je n'ai plus la patience ni le niveau pour passer du temps case par case. Je me rends compte combien c'est un métier, et qu'il faut-être très patient. C'est un boulot de fou ! Je suis admirateur devant mes collègues ! Certains passent plus de 3 jours sur une page. Moi, je ne peux plus. L'avantage d'une illustration c'est que ça va vite. Alors, j'ai voulu tenter le scénario et proposer mes idées. Scénariste, c'est aussi un métier ! Et c'est quand même plus facile...
JJP : Quels sont tes illustrateurs préférés ?
P B : René Follet, Georges Beuville, Pierre Joubert, Henri Dimpre...
JJP : Tes dessinateurs préférés ?
Tibet, Hergé, Franquin, Maurice Tillieux, Alain Dodier, Franck Le Gall, Frank Margerin, André Juillard, Jacques Ferrandez, Tardi...
Tes scénaristes préférés ?
P B : A.P. Duchâteau, Charlier, Raoul Cauvin, Jean Van Hamme (le plus grand), Jean Dufaux, Franck Giroux...
Planches de L'Affaire Dominici par René Follet
JJP : Tu viens de signer trois nouvelles séries aux Editions Glénat... Peux-tu nous en dire plus ?
P B : En effet, trois nouvelles séries : L'affaire Dominici, l'affaire Seznec, et Ushuaïa BD (les aventures de Nicolas Hulot)...
L'affaire Dominci (parution 8 septembre 2010) sera un album de 52 pages, dessiné par mon ami René Follet. C'est un rêve d'enfant que de partager un tel travail ensemble. René est un vrai professionnel, il résonne, réfléchit beaucoup, il donne comme à chaque fois le meilleur de lui-même. Je sais qu'il a fait ce livre pour moi, pour notre grande amitié, pour me tendre aussi la main dans ce métier. Ses planches sont traitées au lavis, c'est magnifique. Pour moi, ce sera le meilleur album. Merci René...
L'affaire Seznec (parution octobre 2010) est l'une de mes passions. Je connais cette tragique affaire depuis mon enfance. J'ai d'ailleurs fait un livre illustré « Guillaume Seznec, une vie retrouvée » (Editions Ouest-France). Là, encore, je scénarise pour un ami. C'est Guy Michel (auteur chez Soleil) qui dessinera cette histoire en 3 tomes.
Ushuaïa BD (Les aventures de Nicolas Hulot)... J'ai la chance de connaître Nicolas Hulot depuis longtemps. Ayant illustré pour lui, au fil du temps, nous sommes devenus des amis. C'est moi, qui ai eu l'idée d'adapter en BD l'équipe d'Ushuaïa. C'est une nouvelle série et chaque année il y aura un album de prévu. Au départ de cette aventure, j'allais 2/3 fois par mois pour lui montrer l'avancement. Il m'a guidé et surtout laissé carte blanche. J'insiste sur le fait, qu'il ne prend aucun centime, ni droits... Et pour ceux qui pensent qu'il est propriétaire des déodorants ou autres produits, il n'a rien à voir avec tout ça, car c'est TF1 qui est propriétaire de la marque Ushuaïa et non Nicolas. Dans notre BD, ce sera l'aventure avec grand A. Un mélange de Ric Hochet, Gilles Jourdan, Tintin... Que des bons ingrédients. Le dessin est assuré par mon ami Curd Ridel, qui se débrouille vachement bien. Il fait un travail superbe et lui aussi est très professionnel, très régulier, on peut lui faire confiance sur la qualité. Son public, risque d'être agréablement étonné, car il a un peu changé son style graphique pour bien coller à l'ambiance et au trait voulu. La couleur est réalisée par Pierre Schelle, coloriste de talent, régulier également et très professionnel. Il connaît bien son boulot.
Le premier tome « Le Secret des Moaï » paraîtra le 6 octobre 2010... Une aventure avec des spectres sur l'île de Pâques...
Planches d'Ushuaia par Curd Ridel
JJP : Et pourquoi ce choix de réaliser toutes ces séries aux Editions Glénat ?
P B : Ils me font confiance, ce sont des gens bien... Il y a une bonne équipe et une bonne ambiance. J'ai de très bons rapports humains avec eux.
JJP : As tu d'autres projets sur le feu ?
P B : Oui, avec Curd Ridel, nous avons déjà attaqué le tome 2 d'Ushuaïa. L'aventure se déroule sur la Banquise. C'est passionnant et là, encore des tonnes de rebondissements !... Puis, j'attaquerai pour Guy Michel, le tome 2 de l'affaire Seznec. Après, il y a bien d'autres projets, mais chut ! Je garde la surprise...
JJP : Un dernier petit mot pour conclure ?
P B : Juste te dire combien je suis heureux de faire de ma passion un métier. J'ai la chance d'être ami avec des auteurs qui m'ont fait rêver comme Uderzo, Tibet, Tranchand, Cauvin, etc... Juste te dire aussi combien je suis heureux d'avoir des amis proches comme René Follet, Mohamed Aouamri, Thierry Girod, Curd Ridel et beaucoup d'autres... Je me sens bien avec eux... Et je terminerai par une profonde pensée pour mon ami Tibet, qui est décédé en janvier. J'ai encore du mal à y croire, et à m'en remettre. C'était un homme gentil, généreux, toujours prêt à aider les autres. C'était un père pour moi, il le savait... Il me manque terriblement. Et une pensée aussi pour Nicole son épouse et Bibi son fils, que j'adore également, car ils ont le même humour...
Propos recueillis par Jean-Jacques Procureur avec le concours et l'extrême gentillesse de Pascal Bresson.
Interview © Graphivore 2010
Images © Pascal Bresson, René Follet, Curd Ridel et Glenat 2010
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