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Skad, une rencontre avec des Barjes !
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Skad, une rencontre avec des Barjes !

Dans ce premier album 100% Made in Belgium, Barje parle de tout et profite d'un rien pour philosopher. Fredy, un ami autant bizarre que bilingue, la rejoint pour le plus grand malheur de ce dernier.

Puis tout s'emballe ! Split, Roger et Rémi, les petits lutins verts, débarquent dans l'aventure et c'est l'escalade...
Ce joyeux groupe, à l'alchimie étrange, confirme une simple chose: ils sont tous Barje !

Nous avons rencontré les auteurs Sylvie et Alex qui se présentent sous le pseudo "Skad". Un tandem bruxellois qui ne manque pas d'humour et qui à répondu avec tous le surréalisme que l'on peut attendre d'habitants du plat pays.

 

Décrivez-nous chacun votre parcours artistique.


Sylvie : J’ai toujours dessiné. A trois ans, je dessinais déjà des ronds parfaits (selon ma maman). Un peu plus récemment, j’ai suivi des cours de graphisme et illustration à l’Institut St Luc de Bruxelles en tant qu’élève libre.

Alex : Mon parcours artistique se confond avec la vie de Barje : ça fait 12 ans que ce personnage m’accompagne et me contamine un peu plus chaque jour par son état d’esprit burlesque et ravageur. A part ça, je suis artistiquement vierge.

Racontez-nous la genèse des aventures de Barje.


Alex : Barje est née en en 2000, la veille d’un examen de physique en première année de Médecine. J’étais noyé dans mes formules et je me suis mis à griffonner le visage de Barje entre deux exercices auxquels je ne comprenais rien. Au début, Barje était un personnage secondaire  mais rusée comme elle est, elle est devenue incontournable… dès le deuxième strip. Inutile de préciser que je ne suis pas devenu médecin !


Sylvie : Cela fait maintenant cinq ans qu’on travaille à deux sur ce projet. Il y a eu six remises en page différentes depuis que Barje a été créée. Le seul élément graphique d’origine qui n’a jamais bougé, ce sont les sourcils de Barje. Cet élément graphique constitue vraiment son identité visuelle. Il est d’ailleurs repris dans le logo de la série.

 

 

 

 

Barje rit donc de tout ?


Alex : Les sujets abordés sont extrêmement variés : la consommation, la vie des lutins, la famille, le côté obscur de la Force, les principes du management, etc. Mais l’essentiel, c’est d’essayer de parler de tout cela avec intelligence. Le rire est important mais il peut aussi laisser la place à la réflexion. Il se transforme aussi parfois en gros coups de gueule et quand Barje pique une crise, il vaut mieux ne pas s’interposer...        

                              
Sylvie : La force de Barje, c’est sa mine a priori renfrognée et piquante. C’est une accroche visuelle très forte qui permet d’aborder tous les sujets sans tabous. Si le visuel n’était pas si fort, on ne pourrait pas se permettre d’aller sur des terrains délicats comme la religion, le divorce ou la société de consommation. C’est parce que Barje à la « gueule de l’emploi » que cela sonne juste.  

Y-a-t-il quelque chose en particulier que vous aimeriez faire dire à Barje et dont vous n'avez pas encore osé en aborder le sujet ?


Alex : Barje adore se projeter dans l’avenir en faisant des flashbacks sur son passé, qui est donc… le présent, et en disant : « C’était dur mais je savais que je deviendrais une star de la BD ». C'est clair, non ?


Sylvie : Barje ose aborder tous les sujets, même si elle n’a pas encore eu l’occasion de tout passer au scalpel. Pourquoi ? Tout simplement parce que seuls les fous peuvent aborder les sujets osés sans qu’ils ne dérangent personne. Un fou peut tout dire… il est donc libre, puisqu’il est fou et inversement. Barje est vraie à travers sa folie de tout dire.

 

 

Les grandes maisons d'éditions semblaient frileuses à l'idée d'éditer votre premier tome, pourquoi selon vous?


Alex : Il y a sept ans, avant de travailler avec Sylvie sur le projet, je l’avais envoyé à plusieurs maisons d’éditions « pour le fun » mais comme il n’était absolument pas abouti graphiquement, j’ai eu droit à des refus polis mais néanmoins encourageants. La qualité du scénario était saluée à l’époque par plusieurs éditeurs. 


Sylvie : Ensuite, après la remise en page totale de la maquette et l’évolution graphique qu’a connue Barje, on a pris beaucoup de contacts avec des professionnels de la BD. Un diffuseur nous a notamment dit que le projet était tout à fait publiable, mais qu’il serait sans doute noyé dans la masse des sorties et perdu dans le catalogue de la maison d’édition. Du coup, on s’est orientés vers l’auto-publication, sur les conseils notamment d’une association ayant vocation à aider les jeunes auteurs de BD.

Vous êtes donc entrés dans le monde de l'auto-édition... un pari risqué?


Alex : oui et non. C’est comme si on s’était offert deux semaines à Las-Vegas dans un Palace cinq étoiles sauf qu’au lieu d’aller au casino en plein désert, on s’est payé un voyage dans le monde de la BD. Au final, c’est encore plus exotique. 


Sylvie : Et heureusement, on a une activité rémunérée sur le côté pour payer nos sandwichs et nos crayons. Cela confère donc à notre projet une totale liberté artistique. Et puis, plutôt que de parler d’auto-édition, on préfère utiliser le terme d'auto-mécénat : comme on trouve que Barje est géniale,  on a décidé de se financer... nous-mêmes.


Alex : Barje est géniale : je répète ce point de vue capital des auto-mécènes que nous sommes ! Il s’agit du postulat de départ que doivent avoir constamment à l’esprit les lecteurs, comme clé de lecture centrale de notre album !

Certains vous comparent à l'humour du Chat de Geluck, que pensez-vous de cette comparaison?


Sylvie : On prend ça comme un compliment mais c’est à lui qu’il faudrait poser la question (au Chat, je précise).


Alex : En tous les cas, Barje nous a avoué qu’elle avait pris contact avec Le Chat pour lui demander si son papa (Philippe Geluck) ne voulait parrainer notre premier album « On est tous Barje ! ». Rien n'est joué mais on espère que Barje et Le Chat se rencontreront un jour.

 

 

 

 

Que pensez-vous du format numérique en BD ?


Alex : Tout se numérise : les comptes en banque, la vie amoureuse, les livres. Pour paraphraser le Schtroumpf grognon (que je salue), "moi, j’aime pas les chiffres".


Sylvie : D’un autre côté, ça permet de rendre les strips de Barje disponibles sans couper (encore plus) d'arbres inutilement ! Comme dirait la Schtroumpfette (que je salue), "c'est schtroumpf". Je me permets ici de préciser aux lecteurs qu’on a tenu à imprimer la BD avec du papier FSC.

Avez-vous d'autres projets dans vos cartons ?


Alex : Le secret de l’Univers selon Barje vous sera bientôt dévoilé. Encore un peu de patience et elle vous dira tout.


Sylvie : On travaille aussi depuis peu pour Jef, le magazine belge du Conseil de la Jeunesse. On illustrera un article dans le numéro d’avril. Et je peux vous assurer que ça chauffe beaucoup, dans la tête d’Alex ! En parallèle, je suis également en train de développer un projet de livre pour enfant dont le héros est mon filleul Ethan. Mais graphiquement, cela n’a rien à voir !

 

On est tous Barje ! Par Skad

84 pages

ISBN: 978-2-9601398-0-8

Prix: 12,95 € en librairie - 14 € par la poste

http://barje.be/index.html

 

Interview © BD-Best 2014

Images © Skad



Publié le 21/02/2014.


Source : Bd-best

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